Présidentielle américaine/2012: Les vacances de Monsieur Obama (Anything but prep: Obama believed he had actually won)

https://i2.wp.com/static01.mediaite.com/med/wp-content/uploads/2013/02/golf.jpghttp://wordwarriorsandiego.files.wordpress.com/2013/03/obama-playing-nuclear-golf-77907740145_xlarge.jpgC’est un terrible avantage de n’avoir rien fait, mais il ne faut pas en abuser. Rivarol
Je sers d’écran blanc sur lequel les gens de couleurs politiques les plus différentes peuvent projeter leurs propres vues. Barack Obama
En fait, je crois mes propres conneries. Barack Obama
En 2008, on ne se rappelle que de la victoire, mais on ne se souvient pas toujours des bosses sur la chaussée. Les choses paraissent toujours bien avec le recul. Mais quand on est au milieu (…) on fait toutes sortes d’erreurs. On bousille le travail. J’ai bousillé le travail. Mais le peuple américain nous a permis d’aller, de continuer. Barack Obama
Si l’on veut être président, on doit la vérité aux Américains. Quand je suis monté sur la scène, j’ai rencontré cet individu très en forme qui prétendait être Mitt Romney. Mais ce ne pouvait pas être Mitt Romney! Le vrai Mitt Romney fait le tour du pays depuis l’année dernière en promettant 5000 milliards de dollars de cadeaux fiscaux bénéficiant aux plus riches. Le vrai Romney disait que nous n’avions pas besoin de davantage d’enseignants dans nos classes. Mais l’individu sur la scène a dit qu’il aimait les professeurs. L’homme qui était sur la scène hier soir ne veut pas assumer la responsabilité de ce que le vrai Romney dit depuis l’année dernière. Barack Obama
Vous aviez annoncé que vous réduiriez le déficit de moitié. Quatre ans ont passé. Nous avons toujours des déficits de plusieurs billions de dollars. Vous avez trouvé 4 000 milliards de dollars pour réduire ou pour vous rapprocher d’un budget équilibré, sauf que nous avons toujours des déficits de plusieurs billions chaque année. Le travail n’a pas été pas fait. Mitt Romney
Je dois admettre que je me gratte la tête face à la capacité du président à consacrer régulièrement quatre heures de son temps pour aller jouer au golf. Mitt Romney
Chaque fois qu’Obama joue, il reste sur le parcours pendant six heures. Ainsi, depuis sa première partie en 2009, le président des Etats-Unis a passé l’équivalent de quatre mois de travail sur le green. Slate
Un problème plus sérieux pour notre nation aujourd’hui est que nous avons un président dont la bénigne – et donc désirable – couleur l’a exempté du processus politique d’individuation qui produit des dirigeants forts et lucides. Il n’a pas eu à risquer sa popularité pour ses principes, expérience sans laquelle nul ne peut connaître ses véritables convictions. A l’avenir il peut lui arriver à l’occasion de prendre la bonne décision, mais il n’y a aucun centre durement gagné en lui à partir duquel il pourrait se montrer un réel leader. Shelby Steele
Obama looks like a tourist reading a map. William Jensen
La dure vérité est que le Président Obama n’avait pas l’air préparé à ce débat. Il est arrivé comme quelqu’un qui n’avait pas vraiment envie d’être là, qui se demandait au nom de quoi il devrait subir les attaques impertinentes, et les contrevérités lancées sans cesse par son rival. Les millions de supporters d’Obama qui rêvaient de voir leur candidat s’enflammer pour eux -un Président qui se battrait vraiment pour leur cause- n’ont récolté qu’une profonde déception. (…) Il y aura d’autres débats. Et les élections sont loin d’être jouées. Mais les supporters d’Obama doivent montrer que le temps des excuses est fini. Le président n’a aucun droit de se présenter à un débat pas préparé et d’offrir une prestation si peu convaincante qu’elle en devient embarrassante. Les chefs progressistes qui représentent la frange la plus forte et la plus fidèle de ses soutiens doivent absolument lui faire parvenir ce message de façon claire. Le Président a déçu son peuple. Et s’il est capable de le faire dans une élection pourtant cruciale, cela signifie qu’il pourra le refaire s’il remporte un second mandat. Bob Herbert
Obama plays tourist at Hoover Dam (…) The president did not respond to shouted press questions about debate preparations. Obama might be hoping to use the dam as an example of American engineering and ingenuity in Tuesday’s first 2012 presidential debate. But given that President Herbert Hoover was soundly defeated after failing to bring the country back from an economic crisis, it might not be the best reference. The Washington Post
With President Obama holed up in a Nevada resort for debate practice, things can get pretty boring on the White House beat right now. Pretty boring for Obama too, apparently. « Basically they’re keeping me indoors all the time, » Obama told a supporter on the phone during a visit to a Las Vegas area field office. « It’s a drag, » he added. « They’re making me do my homework. » Too arrogant to take a core campaign responsibility seriously. Too arrogant to give his supporters what they deserve. (…) A sitting president does not recover from being obliterated on substance, style and likability in the first debate and get much of a chance to come back. He has, at a critical moment, deeply depressed his base and his supporters and independents are flocking to Romney in droves. I’ve never seen a candidate self-destruct for no external reason this late in a campaign before. Gore was better in his first debate – and he threw a solid lead into the trash that night. Even Bush was better in 2004 than Obama last week. Even Reagan’s meandering mess in 1984 was better – and he had approaching Alzheimer’s to blame. I’m trying to see a silver lining. But when a president self-immolates on live TV, and his opponent shines with lies and smiles, and a record number of people watch, it’s hard to see how a president and his party recover. Andrew Sullivan
The description of Obama – so disdainful, he didn’t feel he needed to really interact with Romney – seems to fit the demeanor we saw in the president, and other descriptions of the mood within Obama’s Chicago campaign headquarters. The problem is that this sets up a darned-if-you-do, darned-if-you-don’t decision for Obama in the next presidential debate next week. If Obama tears into Romney from the opening moments, he comes across as a man who realizes he’s losing, and who’s desperate to change the dynamic. He may look harsh, angry, and divisive. His base will probably love it, but all of the voters who have shifted to Romney in the past week will probably feel better about their choice. The tone of Obama’s performance last week was that he’s spent – he’s out of energy, out of ideas, out of hope and now just hoping to plod along for the next four years. Ninety minutes of Obama trying to recite his attack ads’ greatest hits before a town hall audience will only reinforce the perception, “this guy’s done, he’s got nothing else left to offer.” Keep in mind that Romney proved in the first debate to be much more nimble, persuasive, and personable than almost anyone expected. Obama could very well go on the attack and lose the exchange. But if Obama plays Mr. Nice Guy, his base is likely to be irate and depressed once again, since attacks on Romney are like catnip to them. In a way, failing to take on Romney would only reinforce the perception that Obama thinks he’s above this, that he thinks these debates are silly wastes of time, and that he doesn’t think his opponent is worth taking seriously. Ideally, Obama would defend his own policies and decisions and point out risks in Romney’s approach, while taking a respectful and perhaps even gracious tone. Unfortunately, it’s hard to imagine Obama doing that; he would need to show respect for an opponent he clearly doesn’t respect. In a way, Obama’s problem is that he’s too honest: he doesn’t take Romney seriously, and he cannot imagine how anyone else ever could. Jim Geraghty
A l’issue d’une heure et demie d’un débat télévisé dense et poli, le candidat républicain, Mitt Romney, s’est débarrassé de la caricature que ses adversaires démocrates dessinaient de lui depuis des mois. Il a habilement négocié son glissement au centre sans pour autant se renier vis-à-vis de la base plus à droite du Parti républicain, celle des meetings où l’on siffle Washington DC, celle du port d’armes, de la théologie des baisses d’impôts et de la nostalgie d’une Amérique où réussir était plus facile qu’aujourd’hui. (…) A l’issue de ce premier débat nettement remporté, le camp républicain sort galvanisé par la performance d’un champion dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’avait pas été choisi dans l’enthousiasme. Car, à bien des égards, Mitt Romney ne ressemble pas à la campagne qu’il a menée ni au parti qui le porte. Lui qui n’est pas fondamentalement un idéologue est le candidat d’un parti qui n’a jamais été autant marqué par l’idéologie. Lui dont on retient la gestion sage du Massachusetts et l’adoption de réformes consensuelles, notamment en matière de santé, s’est laissé embarquer à la tête d’une croisade populiste comme on en a rarement vu lors d’une campagne présidentielle américaine. Les Echos
D’après le décompte de Politifact , le site de «factchecking» lancé par le quotidien Tampa Bay Times, 27% des propos de Barack Obama sont faux ou plutôt faux, 1% sont même un mensonge éhonté. Pour Romney cette proportion monte à 32% et 9% en ce qui concerne les contrevérités les plus audacieuses. (…) Au rayon des bobards les plus endurants, les démocrates ont affirmé que Romney ne payait pas d’impôts et était contre l’avortement en cas de viol et d’inceste. Chez les républicains, on a répété à l’envi que Barack Obama avait supprimé l’obligation de travail pour certains allocataires des aides de l’État. Ce qui est inexact. Pour Bill Adlair, ces pourcentages ne signifient pas forcément que les équipes de campagne mentent plus, mais que leurs mensonges se propagent davantage et durablement, malgré des démentis. Les candidats et leurs soutiens ont investi les réseaux sociaux et Internet, «des moyens de communication qui prêtent la main à exagérer, à répandre des mensonges», estime Bill Adlair. Le Figaro
Romney est-il trop nul pour être élu ? Rue 89
Les Américains, bien plus intelligents et sages que les Européens, feront la différence entre l’honnêteté et le calme d’un côté, et l’assaut à coups de haches verbales contre la vérité, de l’autre. Il reste un mois jour pour jour avant que Romney ne retourne à ses comptes en banques off shore. Jean-Sébastien Stehli (Correspondant américain du Figaro)
Le Président Obama ne sera pas aussi mauvais dans les deux autres débats. Je refuse de l’imaginer. Ayant constaté les dégâts causés par son attitude détachée et professorale à Denver, il aura à coeur d’être chaleureux, précis et tranchant dans les deux autres confrontations. Il va devoir aussi être plus aggressif. C’est un risque car il aime passer pour un grand calme. S’il est trop aggressif, certains « indépendants », c’est à dire des indécis souvent centristes, en particulier des femmes, pourraient s’en offusquer.(…)  La prise en compte de la participation est toujours délicate et fait toute la différence. Sur ce point le Président Obama a un problème sérieux: la mobilisation de la droite contre lui est colossale. Les républicains sont remontés à bloc. La victoire très nette de leur candidat lors du premier débat leur a redonné espoir et énergie. Elle facilite aussi la levée de fonds pour leur candidat. Le Tea Party est déchaîné. Ses activistes jouent un rôle mal mesuré par les sondeurs. En revanche la mobilisation des « indépendants » qui avait fait gagner Barack Obama en 2008, ne sera probablement pas aussi bonne en 2012. Il avait promis d’être « post partisan ». Mais il n’a jamais pu séduire ou rallier plus qu’une petite poignée de sénateurs républicains. En outre, il n’est pas tellement populaire auprès des leaders démocrates du Capitole. Pierre-Yves Dugua

Après le candidat sans bilan et le président accidentel, le président candidat touriste?

Antisèche de Romney, altitude (Gore), rapport des services secrets sur une menace ou problème personnel (Woodward), charge présidentielle,  envie d’un « come-back » des médias, format du débat, anniversaire de mariage …

Alors que, malgré une légère amélioration des chiffres du chômage, les sondages confirment les uns après les autres (y compris, là où ça compte le plus, dans les états les plus disputés) le véritable désastre du premier débat de la présidenteille américaine d’il y a une semaine pour l’équipe démocrate  ….

Et qu’au risque de confirmer sa réputation de girouette et au prix de quelques arrangements avec les faits lui aussi, l’ancien gouverneur républicain d’un des états les plus à gauche du pays et longtemps trop modéré pour sa base semble avoir réussi son recentrage …

Les rumeurs et les pires élucubrations vont bon train sur le prétendu « mystère de la défaillance » de leur poulain …

Le Daily Mail (merci james) sort une révélation (d’un proche de l’équipe démocrate) qui en dit long sur la suffisance du président-candidat:

Préférant une virée au barrage Hoover, le touriste Obama n’avait tout simplement pas préparé sérieusement son débat

Et en plus il lui avait fallu plus de 24 heures pour reconnaitre qu’il avait en fait perdu son débat contre Romney!

Obama ‘believed he had BEATEN Romney’ in Denver debate – after ignoring advice of top aides on preparation

Obama believes he’d got the better of Romney as he walked off stage to the dismay of his aides, according to a Democrat close to the campaign

The President failed to prepare properly, opting instead to visit the Hoover Dam the day before the showdown

Democrat claims he was so disdainful of Romney that he didn’t think he needed to even engage with him

Had one-liners on 47% prepared but chose not to use them

Toby Harnden

The Daily Mail

9 October 2012

When President Barack Obama stepped off the stage in Denver last week the 60 million Americans watching the debate against Mitt Romney already knew it had been a disaster for him.

But what nobody knew, until now, was that Obama believed he had actually won.

In an extraordinary insight into the events leading up to the 90 minute showdown which changed the face of the election, a Democrat close to the Obama campaign today reveals that the President also did not take his debate preparation seriously, ignored the advice of senior aides and ignored one-liners that had been prepared to wound Romney.

The Democrat said that Obama’s inner circle was dismayed at the ‘disaster’ and that he believed the central problem was that the President was so disdainful of Romney that he didn’t believe he needed to engage with him.

‘President Obama made it clear he wanted to be doing anything else – anything – but debate prep,’ the Democrat said. ‘He kept breaking off whenever he got the opportunity and never really focused on the event.

‘He went into the debate armed with a number of one-liners to throw at Romney, including at least two about Romney not caring about 47 per cent of the country. But he decided not to use them.

The Democrat, who is aligned with the Obama campaign and has been an unofficial adviser on occasions, said that David Axelrod, Obama’s chief strategist, was stunned that the President left the stage feeling that he had won the debate.

‘To his credit, the President believes that debates are about substance rather than performance. He felt that his argument about the direction this country should take was much stronger than Romney’s. Unfortunately, that’s not the way modern debates work.’

During his debate preparation in Henderson, Nevada, Obama broke off to visit a campaign field office. There, he joked with a volunteer about how his advisers were ‘keeping me indoors all the time’ to practice. ‘It’s a drag. They’re making me do my homework.’

Obama also decided to take a break to visit the Hoover Dam. ‘Its spectacular, and I’ve never seen it before,’ he told reporters during the visit, which came about because an aide had mentioned the dam was nearby. I said, ‘Well, we’ve got to go check it out ».’

Even before the debate, some advisers were worried that Obama, who had been distracted and detached during some of the sessions in which Senator John Kerry had played Romney, would have an off night.

But in his closing statement in Denver, Obama said that it had been ‘a terrific debate and I very much appreciate it’ – an upbeat comment that reflected his view that he had at the very least held his own against Romney.

But he then delivered a line that bemused his advisers: ‘You know, four years ago, I said that I’m not a perfect man and I wouldn’t be a perfect president. And that’s probably a promise that Governor Romney thinks I’ve kept.’

The Democrat said: ‘It was as bad as « likeable enough ». The President thought he was being bitingly sarcastic about what he saw as Romney’s overly-aggressive performance. But to your swing voter it was as if he was waving the white flag of surrender.’

His ‘likeable enough’ allusion was a reference to a Democratic primary debate in 2008 when Obama had said to his rival Hillary Clinton: ‘You’re likeable enough, Hillary’. At the time, Obama felt he was being light-hearted and casual but viewers saw it as Obama being arrogant and condescending.

The Democrat would not reveal what the attack lines were that Obama failed to deliver ‘because we may well see the Vice President using them against Ryan’.

You liked my debate right? Obama and his team are desperately trying to repair the damage

Disaster: A poll out yesterday showed that three times more people thought Romney won than Obama

Vice President Joe Biden faces Representative Paul Ryan, the Republican vice-presidential nominee, in a debate in Danville, Kentucky on Thursday. It will be the only time the two men – one of who was born in 1942, the other in 1970 – will debate.

Biden, 69, is vastly more experienced that the 42-year-old Ryan. The Obama campaign is counting on him to vigorously attack the Romney-Ryan ticket in a way that the President did not.

Although it took Obama more than 24 hours, the Democrat said, to concede that Romney had soundly beaten him, the President’s aides realised immediately they had a major problem.

Almost immediately, the campaign’s central message that Romney was a captive of the hard-Right wing of his party was shifted to portraying him as a flip-flopper.

At the same time, the campaign decided to accuse Romney of lying in the debate and also sought to highlight his comments about cutting public funding of the PBS network by making hay with the republican’s quip that ‘I love Big Bird’.

The Romney campaign believes that the result has been disjointed and reeks of panic.

On a press conference call the day after the debate, Axelrod said the campaign would take ‘a hard look’ at what had happened and would ‘make some judgements about where to draw the lines in these debates and how to use our time’.

He is understood to have taken charge of debate preparation and be planning on longer, more streamlined sessions with fewer people present.

Voir aussi:

La mystérieuse contre-performance de Barack Obama lors du débat

Corine Lesnes (Denver, Colorado, envoyée spéciale)

Le Monde

05.10.2012

Quinze heures après sa spectaculaire contre-performance lors de son premier débat télévisé avec Mitt Romney, Barack Obama est apparu tout requinqué. Devant 12 500 personnes, réunies jeudi 4 octobre dans un parc de Denver, il a repris son ton percutant, retrouvé son téléprompteur, et asséné – un peu tard – quelques coups bien sentis à l’adversaire.

« Quand je suis monté sur la scène , j’ai rencontré ce type très animé qui prétendait être Mitt Romney, a-t-il lancé, vêtu d’un blouson sportswear. Mais cela ne pouvait pas être lui. » Pourquoi ? Parce que le « vrai Mitt Romney » promet aux riches 5 000 milliards de dollars (3 860 milliards d’euros) d’allégements d’impôts et que le « type sur la scène » a dit qu’il « ne savait rien de tout ça ». Le vrai Romney veut réduire le nombre de professeurs par classe, et le « type sur la scène » adore tellement les profs qu’il « en redemande », etc.

UN PRÉSIDENT PLUS COMBATIF LORS DU PROCHAIN DÉBAT

Au lendemain du débat, qui a été suivi par 67,2 millions de téléspectateurs, un record depuis 1992, l’équipe Obama a tenté d’allumer des contre-feux. Elle a diffusé une vidéo sur les « mensonges » de Mitt Romney. Et elle a fait fuiter les chiffres de collecte de fonds pour septembre : plus de 150 millions de dollars, le montant le plus élevé recueilli par un candidat depuis le début de l’année.

Côté stratégie, David Axelrod, l’un des principaux conseillers de M. Obama, a reconnu que des « réajustements » s’imposaient, mais il n’a pas caché que c’est le président lui-même qui avait décidé de ne pas répondre aux attaques pour ne pas donner un spectacle de pugilat. Selon lui, le prochain débat, le 16 octobre, à Hempstead (New York), verra un président plus combatif. D’ici là, Barack Obama va avoir droit à des répétitions dans un nouveau « camp » d’entraînement, cette fois en Virginie. Il n’est pas acquis que le « coach » sera encore le sénateur John Kerry.

A petites touches, la presse a fait le portrait d’un homme impatient, qui n’aime pas l’exercice et n’avait que peu répété. « La dernière fois que quelqu’un l’a contredit en public, c’est le 13 octobre 2008 », date du dernier débat avec le républicain John McCain, a persiflé un journaliste. Selon David Axelrod, le président voulait s’adresser directement aux Américains, plutôt que de poursuivre attaques et petites phrases préparées d’avance dans les échanges avec Mitt Romney.

IL « TRAVAILLE ASSIDÛMENT À ÉVITER D’ÊTRE QUESTIONNÉ »

Les conseillers n’ont pas réussi à éclaircir ce qui est devenu le mystère de la défaillance de Barack Obama. Les hypothèses les plus variées ont circulé. « L’altitude », selon Al Gore, relevant que Denver, la « ville haute d’un mile » (« mile-high city »), se trouve à 1 609 m d’altitude. Le président a eu le tort, selon l’ancien vice-président, de se préparer à Henderson, dans le Nevada, qui n’est qu’à 600 m.

David Plouffe, un autre des conseillers de M. Obama, a suggéré que les médias avaient envie d’un « come-back » et avaient été prompts à déclarer M. Romney vainqueur. Dana Milbank, dans le Washington Post, a rétorqué que le président ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même : cela fait quatre ans qu’il « travaille assidûment à éviter d’être questionné » ou contredit par les médias, a-t-il critiqué. Il évite les conférences de presse, pour privilégier les interviews avec Michelle dans les magazines familiaux. Ou les entretiens individuels, plus faciles à gérer parce qu’il « contrôle le sujet et que les journalistes veulent être réinvités ».

Le format a été mis en cause, qui privilégiait les réponses erratiques. L’anniversaire de mariage ? Barack Obama n’a pas caché qu’il aurait préféré être ailleurs, pour fêter cette vingtième année avec Michelle. Le président raconte souvent qu’il est enfermé dans la « bulle » et privé d’intimité. En même temps, sa campagne exploite sans retenue les anniversaires, Saint-Valentin et autres occasions privées, pour lancer des appels à contributions financières.

« QU’IL ENLÈVE SES GANTS »

Bob Woodward, le doyen du journalisme d’investigation, a été appelé à la rescousse. Il a dit qu’il n’avait pas encore enquêté sur le sujet mais a subodoré qu’il s’était « passé quelque chose » pour que Barack Obama soit à ce point distrait : soit un rapport des services secrets sur une menace quelque part, soit un problème personnel. « On saura un jour », a-t-il assuré.

A Denver, dans la foule venue affronter un froid brutal, les avis étaient partagés. Certains affirmaient comprendre que la charge de la présidence impose des limites. « Barack Obama est un gentleman, assurait Lisa Young, qui suit des cours de théâtre. J’aime son approche mesurée. Il nous représente correctement. » Jim Smithwick, qui travaille pour une ONG, faisait la même analyse : « Il est obligé de se comporter en président, avec une certaine dignité. Un président ne peut pas jeter de la boue à la tête de l’adversaire. »

D’autres étaient franchement mécontents, comme Shelly Volkman, vendeuse en parfumerie. « Ce n’est pas le moment dans un débat comme celui-là de rester sur ses hauteurs présidentielles, dit-elle. J’étais énervée. » La jeune femme était bénévole dans la campagne Obama en 2008. Un conseil ? « Qu’il enlève ses gants. » L’absence de combativité n’explique cependant pas que Barack Obama ait eu autant de peine à défendre son bilan.

Voir également:

Pourquoi l’économie est contre Romney

Jean-Sébastien Stehli

6 octobre 2012

Mitt Romney n’arrive jamais à tenir la route deux jours de suite. Après avoir remporté le duel avec Barack Obama, à Denver, il pouvait se réjouir d’avoir retrouvé un peu de vent favorable. Boom! vendredi les chiffres de l’emploi sont tombés: 7,8%. C’est le taux de chômage le plus bas depuis plus de quatre ans. Il y a désormais autant d’emplois aux Etats-Unis quau moment où Barack Obama a pris les commandes et depuis son élection, 4,3 millions d’emplois ont été créés. Dans un pays qui vote avec son portefeuille, cette nouvelle est évidemment bonne pour Obama. Surtout après les contre-vérités de Pinocchio Romney lors du débat, devant l’oeil éteint du soit disant modérateur, Jim Lehrer, qui s’était mis en pilote automatique et voguait loin de Denver. Et comme si cela ne suffisait pas, le mois de septembre a été particulièrement fructueux pour 44th: 181 millions de dollars. Plus de la moitié des dons sont inférieurs à 200 dollars. Romney peut se réjouir d’avoir remporté le débat dans l’esprit des spin meisters, mais ce n’est pas gagné pour lui — loin de là.

Pourtant, Barack y a mis du sien pour aider la campagne du Républicain. A tel point que le grand historien anglais Simon Schama se pose publiquement la question de savoir si Obama ne s’est pas volontairement sabordé. Comment comprendre, en effet, qu’Obama n’ait pas réagi lorsque Romney l’a accusé de mentir en affirmant que le candidat Républicain proposait de diminuer les impôts des riches, quand il s’agit de la politique des conservateurs depuis plus de 40 ans? Inexplicable.

Evidemment, Romney, qui croit maintenant avoir partie gagnée et encouragé par la passivité du président devant tant de contre-vérités (euphémisme), accuse maintenant le Bureau of Labor Statistics d’avoir tripatouillé les chiffres du chômage. C’est la première fois que de telles accusations sont portées contre une branche du Labor Department dont la crédibilité est inattaquable, comme le rappelle Matthew Yglesias, de Slate. Mais les bonnes statistiques minent l’argument principal de la campagne de Mr. 47% selon lequel sous la conduite de Barack Obama l’économie s’est dégradée. Obama ne peut pas le rappeler lui-même, mais on attendrait un peu plus de modestie de la part du parti qui a mis le pays sur les genoux et a travaillé de manière honteuse contre l’intérêt même des citoyens en s’opposant aux investissements du gouvernement fédéral dans des grands projets, comme, par exemple, le train à grande vitesse entre Tampa et Orlando qui aurait créé plusieurs milliers d’emplois dans un Etat, la Floride, parmi les plus touchés par la crise causée par les administrations républicaines successives appuyées par l’inénarrable Mr. Greenspan, adorateur d’Ayn Rand lui aussi, qui mériterait, si les citoyens avaient de la mémoire, d’être pendu par les pieds.

Les Américains, bien plus intelligents et sages que les Européens, feront la différence entre l’honnêteté et le calme d’un côté, et l’assaut à coups de haches verbales contre la vérité, de l’autre. Il reste un mois jour pour jour avant que Romney ne retourne à ses comptes en banques off shore.

Voir encore:

Obama et les sondages

Pierre-Yves Dugua

9 octobre 2012

Si je mets le mot Obama dans le titre, j’obtiens plus de clics de lecteurs…c’est fou non ?

Je prends connaissance depuis quatre jours d’une série de sondages qui montrent que la défaite très nette de Barack Obama lors du débat télévisé de la semaine passée a effacé son avance dans les sondages. Certains sondages donnent même désormais Mitt Romney en tête.

Ce phénomène appelle plusieurs commentaires.

1) Les sondages nationaux sont d’un intérêt moyen

Le Président des États-Unis est élu par un collège de grands électeurs issus de 50 scrutins dans 50 États. Il faut donc s’intéresser aux sondages par État. Et surtout aux sondages dans les États traditionnellement coupés en deux. Les fameux « swing states » censés faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Pour faire simple il faut suivre avant tout: la Floride, la Virginie et l’Ohio. Si Mitt Romney ne remporte pas une majorité dans ces trois États là, il devient très difficile pour lui de gagner. Les indications pour le moment sont que sa bonne performance dans le premier débat lui profite surtout en Floride et en Virginie. Mais la qualité des sondages étatiques est douteuse…

2) Il reste deux débats

Le Président Obama ne sera pas aussi mauvais dans les deux autres débats. Je refuse de l’imaginer.

Ayant constaté les dégâts causés par son attitude détachée et professorale à Denver, il aura à coeur d’être chaleureux, précis et tranchant dans les deux autres confrontations. Il va devoir aussi être plus aggressif. C’est un risque car il aime passer pour un grand calme. S’il est trop aggressif, certains « indépendants », c’est à dire des indécis souvent centristes, en particulier des femmes, pourraient s’en offusquer.

N’oublions pas que Mitt Romney est conscient que les termes du second débat, prévu le 16 octobre, ont changé. Le candidat républicain aura certainement tenu compte de la plus grande difficulté qu’il devra affronter face à un adversaire désormais sur ses gardes. Et surtout Mitt Romney devra se montrer à la hauteur de sa première performance. Un troisième et dernier débat est prévu le 22 octobre.

3) Les sondages n’élisent pas les présidents

Les électeurs élisent. Les sondeurs sondent. La prise en compte de la participation est toujours délicate et fait toute la différence.

Sur ce point le Président Obama a un problème sérieux: la mobilisation de la droite contre lui est colossale. Les républicains sont remontés à bloc. La victoire très nette de leur candidat lors du premier débat leur a redonné espoir et énergie. Elle facilite aussi la levée de fonds pour leur candidat. Le Tea Party est déchaîné. Ses activistes jouent un rôle mal mesuré par les sondeurs.

En revanche la mobilisation des « indépendants » qui avait fait gagner Barack Obama en 2008, ne sera probablement pas aussi bonne en 2012. Il avait promis d’être « post partisan ». Mais il n’a jamais pu séduire ou rallier plus qu’une petite poignée de sénateurs républicains. En outre, il n’est pas tellement populaire auprès des leaders démocrates du Capitole.

Côté démocrate, la gauche sera-t-elle aussi motivée qu’en 2008 ? C’est possible car sa peur de Mitt Romney est grande.

Historiquement les présidents sortants sont presque toujours réélus. George Bush père et Jimmy Carter sont les seuls exemples récents de défaites après un seul mandat.

4) Il est faux de dire que la situation économique détermine l’élection du président.

Ce qui compte est la perception de la tendance de la conjoncture dans les mois qui précèdent l’élection.

Or Barack Obama aujourd’hui profite d’une remontée relative de l’optimisme des Américains. La situation reste assez mauvaise. Mais elle est perçue comme moins mauvaise qu’il y a six mois. Cela suffit à faire la différence. Si la confiance des Américains avait chuté depuis trois mois, Mitt Romney serait clairement en tête.

Il faut cesser de répéter qu’aucun président ne peut gagner si le chômage est au dessus de x%. Ces précédents historiques n’ont guère de valeur. Le taux de chômage est lui-même très dépendant du taux de participation à la population active. Or ce taux a plongé depuis 4 ans. Le « vrai taux de chômage », de ce point de vue, est aujourd’hui clairement supérieur à 10%.

5) Les républicains ont de bonnes chances de garder la majorité à la Chambre

Le resserrement de l’écart entre les deux candidats, voire sa disparition, est de bon augure pour les républicains. Si l’Amérique voulait balayer la majorité républicaine de la Chambre, il est probable que les sondages le diraient déjà. Or ce n’est pas le cas. Plus le jeu sera serré entre Barack Obama et Mitt Romney, plus les républicains auront le sourire.

Une courte victoire du Président Obama a de bonnes chances de reconduire une majorité républicaine modestement affaiblie. Quelques extrémistes du Tea Party semblent en difficulté. Mais les républicains disposent de 50 sièges d’avance sur un total de 435.

Une reconduction de la majorité républicaine à la Chambre des représentants serait un casse tête humiliant pour le Président sortant: il devrait alors faire des compromis avec un parti qu’il traîne dans la boue depuis 4 ans et qui le lui rend bien. La différence est que pour sauver son second et dernier mandat, car la constitution américaine lui interdit de se présenter trois fois, Barack Obama sera obligé cette fois-ci de faire des compromis. Notamment en matière fiscale…

Un tiers du Sénat est par ailleurs renouvelé le 6 novembre. Les démocrates semblent en mesure de conserver leur courte majorité à la chambre haute. Mais des suprises sont possibles.

Voir de même:

Barack Obama: la grande désillusion

Ivan Rioufol

4 octobre

L’échec de Barack Obama devant Mitt Romney, à l’issue de leur premier débat, vient rappeler que le grand favori des médias n’est pas si bon et que le républicain, si critiqué, n’est pas si mauvais…

Barack Obama ironise sur son débat raté

Adèle Smith

08/10/2012

De notre correspondante à New York

L’ancien vice-président Al Gore avait invoqué l’altitude, d’autres la Syrie ou encore son anniversaire de mariage, Joe Biden avait même prétendu que Barack Obama avait été bon, mais le président a choisi l’autodérision dimanche soir à Los Angeles pour parler de sa contre-performance au débat de Denver. S’exprimant pour la première fois sans s’épancher sur le sujet lors d’un concert de levée de fonds, il est monté sur scène après Katy Perry, Bon Jovi et Stevie Wonder pour s’extasier de leurs performances infailliblement parfaites. Avant de lancer: «Je ne peux pas en dire autant» devant une salle hilare. Il a aussi rappelé ses erreurs de 2008. «En 2008, on ne se rappelle que de la victoire, mais on ne se souvient pas toujours des bosses sur la chaussée, a-t-il lancé. Les choses paraissent toujours bien avec le recul. Mais quand on est au milieu (…) on fait toutes sortes d’erreurs. On bousille le travail. J’ai bousillé le travail. Mais le peuple américain nous a permis d’aller, de continuer.»

«Tout le monde est sous le choc»

C’est un fidèle partisan – George Clooney – qui a annoncé le président au Nokia Theatre devant 6000 invités. Chacun s’était acquitté de 250 dollars. Barack Obama participe à sa dernière tournée en quête d’argent à Hollywood avant le scrutin du 6 novembre. D’ici là, il aura battu le record historique de levée de fonds à une élection présidentielle américaine avec une cagnotte de 1 milliard de dollars. L’industrie du cinéma et de la musique à Hollywood ainsi que la Silicon Valley auront été instrumentales. Dimanche, Barack Obama s’est également rendu à un dîner de «fundraising» dans le restaurant chic de Los Angeles WP24 où le droit d’entrée était de 25.000 dollars. Auparavant, il avait remercié douze de ses plus gros donateurs lors d’une réception privée à laquelle a participé Bill Clinton. Selon le Hollywood Reporter, sa mauvaise performance reste le premier sujet de conversation dans les cercles politiques de Hollywood. Le président devait rassurer ses donateurs. «Tout le monde est sous le choc a confié un militant démocrate au journal. Personne ne comprend ce qu’il s’est passé.»

Le président participera à trois autres levées de fonds à San Francisco ce lundi avant de retourner en campagne dans l’Ohio, puis en Floride. Ces deux États pivots font partie des plus importants de cette élection. À quelques heures du discours de politique étrangère de Mitt Romney, très attendu ce lundi en Virginie, Barack Obama a commencé le sien à Los Angeles précisément sur ce sujet. «Je vous avais dit en 2008 qu’on mettrait un terme à la guerre en Irak. On l’a fait. Qu’on arrêterait la guerre en Afghanistan. On est sur le point de le faire. Qu’on trouverait les responsables des attaques du 11 Septembre. Oussama Ben Laden n’est plus parmi les vivants.»

 Voir enfin:

Did Obama Just Throw The Entire Election Away?

 Andrew Sullivan

8 Oct 2012

The Pew poll is devastating, just devastating. Before the debate, Obama had a 51 – 43 lead; now, Romney has a 49 – 45 lead. That’s a simply unprecedented reversal for a candidate in October. Before Obama had leads on every policy issue and personal characteristic; now Romney leads in almost all of them. Obama’s performance gave Romney a 12 point swing! I repeat: a 12 point swing.

Romney’s favorables are above Obama’s now. Yes, you read that right. Romney’s favorables are higher than Obama’s right now. That gender gap that was Obama’s firewall? Over in one night:

Currently, women are evenly divided (47% Obama, 47% Romney). Last month, Obama led Romney by 18 points (56% to 38%) among women likely voters.

Seriously: has that kind of swing ever happened this late in a campaign? Has any candidate lost 18 points among women voters in one night ever? And we are told that when Obama left the stage that night, he was feeling good. That’s terrifying. On every single issue, Obama has instantly plummeted into near-oblivion. He still has some personal advantages over Romney – even though they are all much diminished. Obama still has an edge on Medicare, scores much higher on relating to ordinary people, is ahead on foreign policy, and on being moderate, consistent and honest (only 14 percent of swing voters believe Romney is honest). But on the core issues of the economy and the deficit, Romney is now kicking the president’s ass:

By a 37% to 24% margin, more swing voters say Romney would improve the job situation. Swing voters favor Romney on the deficit by a two-to-one (41% vs. 20%) margin…. Romney has gained ground on several of these measures since earlier in the campaign. Most notably, Obama and Romney now run even (44% each) in terms of which candidate is the stronger leader. Obama held a 13-point advantage on this a month ago. And Obama’s 14-point edge as the more honest and truthful candidate has narrowed to just five points. In June, Obama held a 17-point lead as the candidate voters thought was more willing to work with leaders from the other party. Today, the candidates run about even on this (45% say Obama, 42% Romney).

Lies work when they are unrebutted live on stage. And momentum counts at this point in the election.

Now look at Pew’s question as to who would help the middle class the most:

10-8-12-6

Look: I’m trying to rally some morale, but I’ve never seen a candidate this late in the game, so far ahead, just throw in the towel in the way Obama did last week – throw away almost every single advantage he had with voters and manage to enable his opponent to seem as if he cares about the middle class as much as Obama does. How do you erase that imprinted first image from public consciousness: a president incapable of making a single argument or even a halfway decent closing statement? And after Romney’s convincing Etch-A-Sketch, convincing because Obama was incapable of exposing it, Romney is now the centrist candidate, even as he is running to head up the most radical party in the modern era.

How can Obama come back? By ensuring people know that Romney was and is a shameless liar and opportunist? That doesn’t work for a sitting president. He always needed a clear positive proposal – tax reform, a Grand Bargain on S-B lines – as well as a sterling defense of his admirable record. Bill Clinton did the former for him. Everyone imaginable did what they could for him. And his response? Well, let’s look back a bit:

With President Obama holed up in a Nevada resort for debate practice, things can get pretty boring on the White House beat right now. Pretty boring for Obama too, apparently. « Basically they’re keeping me indoors all the time, » Obama told a supporter on the phone during a visit to a Las Vegas area field office. « It’s a drag, » he added. « They’re making me do my homework. »

Too arrogant to take a core campaign responsibility seriously. Too arrogant to give his supporters what they deserve. If he now came out and said he supports Simpson-Bowles in its entirety, it would look desperate, but now that Romney has junked every proposal he ever told his base, and we’re in mid-October, it’s Obama’s only chance on the economy.

Or maybe, just maybe, Obama can regain our trust and confidence somehow in the next debate. Maybe he can begin to give us a positive vision of what he wants to do (amazing that it’s October and some of us are still trying to help him, but he cannot). Maybe if Romney can turn this whole campaign around in 90 minutes, Obama can now do the same. But I doubt it. A sitting president does not recover from being obliterated on substance, style and likability in the first debate and get much of a chance to come back. He has, at a critical moment, deeply depressed his base and his supporters and independents are flocking to Romney in droves.

I’ve never seen a candidate self-destruct for no external reason this late in a campaign before. Gore was better in his first debate – and he threw a solid lead into the trash that night. Even Bush was better in 2004 than Obama last week. Even Reagan’s meandering mess in 1984 was better – and he had approaching Alzheimer’s to blame.

I’m trying to see a silver lining. But when a president self-immolates on live TV, and his opponent shines with lies and smiles, and a record number of people watch, it’s hard to see how a president and his party recover. I’m not giving up. If the lies and propaganda of the last four years work even after Obama had managed to fight back solidly against them to get a clear and solid lead in critical states, then reality-based government is over in this country again. We’re back to Bush-Cheney, but more extreme. We have to find a way to avoid that. Much, much more than Obama’s vanity is at stake.

Un commentaire pour Présidentielle américaine/2012: Les vacances de Monsieur Obama (Anything but prep: Obama believed he had actually won)

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