Présidentielle américaine/2012: Retour sur l’envers de la canonisation de Barack Obama (Will Romney finally break the anti-Republican spell?)

In George Orwell’s brilliant « 1984 », there’s a character named Emmanuel Goldstein, the « Enemy of the People ». Every night, in this totalitarian society, Oceania, Goldstein’s face was flashed on the TV screen for the « Two minutes Hate » employed for the citizenry to vent its hostility. « All subsequent crimes against the Party, all treacheries, acts of sabotage, heresies, deviations, sprang directly out of his teaching »… To some degree Nixon has become Goldstein to many in our society and this is bad. Nick Thimmesch (1974)
Bien que Goldstein fût haï et méprisé par tout le monde, bien que tous les jours et un millier de fois par jour, sur les estrades, aux télécrans, dans les journaux, dans les livres, ses théories fussent réfutées, écrasées, ridiculisées, que leur pitoyable sottise fût exposée aux regards de tous, en dépit de tout cela, son influence ne semblait jamais diminuée. Il y avait toujours de nouvelles dupes qui attendaient d’être séduites par lui. Pas un jour ne se passait que des espions et des saboteurs à ses ordres ne fussent démasqués par la Police de la Pensée. 1984
Je vois s’approcher, avec la montée d’un séparatisme non seulement ethnique mais sexuel, la fin d’une certaine unité qui, jusqu’à présent, a fait la force principale de ce pays. J’y vois une rage nouvelle, y compris parmi les minorités ethniques qui ont le plus bénéficié de la prospérité et des campagnes antiracistes aujourd’hui démodées ou même discréditées. Je vois monter une nouvelle intolérance, un nouvel appel à la violence ente hommes et femmes, et une très étrange tendance à l’autocensure, dans ce pays où la liberté de l’information est sacrée. Edward Behr (1995)
The problem Mr. Obama poses for Republicans is that there has always been a disconnect between his actual performance and his appeal. If Hurricane Katrina irretrievably stained George W. Bush, the BP oil spill left no lasting mark on this president. Mr. Obama’s utter confusion in the face of the « Arab spring » has nudged his job-approval numbers down, but not his likability numbers, which Gallup has at a respectable 47.6%. In the mainstream media there has been a willingness to forgive this president his mistakes, to see him as an innocent in an impossible world. Why? There have really always been two Barack Obamas: the mortal man and the cultural icon. If the actual man is distinctly ordinary, even a little flat and humorless, the cultural icon is quite extraordinary. The problem for Republicans is that they must run against both the man and the myth. In 2008, few knew the man and Republicans were walloped by the myth. Today the man is much clearer, and yet the myth remains compelling. What gives Mr. Obama a cultural charisma that most Republicans cannot have? First, he represents a truly inspiring American exceptionalism: He is the first black in the entire history of Western civilization to lead a Western nation—and the most powerful nation in the world at that. And so not only is he the most powerful black man in recorded history, but he reached this apex only through the good offices of the great American democracy. Thus his presidency flatters America to a degree that no white Republican can hope to compete with. He literally validates the American democratic experiment, if not the broader Enlightenment that gave birth to it. He is also an extraordinary personification of the American Dream: Even someone from a race associated with slavery can rise to the presidency. Whatever disenchantment may surround the man, there is a distinct national pride in having elected him. All of this adds up to a powerful racial impressionism that works against today’s field of Republican candidates. This is the impressionism that framed Sen. John McCain in 2008 as a political and cultural redundancy—yet another older white male presuming to lead the nation. The point is that anyone who runs against Mr. Obama will be seen through the filter of this racial impressionism, in which white skin is redundant and dark skin is fresh and exceptional. This is the new cultural charisma that the president has introduced into American politics. Today this charisma is not as strong for Mr. Obama. The mere man and the actual president has not lived up to his billing as a historical breakthrough. Still, the Republican field is framed and—as the polls show—diminished by his mere presence in office, which makes America the most socially evolved nation in the world. Moreover, the mainstream media coddle Mr. Obama—the man—out of its identification with his exceptionalism. Conversely, the media hold the president’s exceptionalism against Republicans. Here is Barack Obama, evidence of a new and progressive America. Here are the Republicans, a cast of largely white males, looking peculiarly unevolved. Add to this the Republicans’ quite laudable focus on deficit reduction and spending cuts, and they can be made to look like a gaggle of scolding accountants. How can the GOP combat the president’s cultural charisma? It will have to make vivid the yawning gulf between Obama the flattering icon and Obama the confused and often overwhelmed president. Applaud the exceptionalism he represents, but deny him the right to ride on it as a kind of affirmative action. A president who is both Democratic and black effectively gives the infamous race card to the entire left: Attack our president and you are a racist. To thwart this, Republicans will have to break through the barrier of political correctness. (…) there must be a Republican message of social exceptionalism. America has more social mobility than any heterogeneous society in history. Isn’t there a great Republican opportunity to be had in urging minorities to at last move out of their long era of protest—in which militancy toward the very society they struggled to join was the way ahead? Aren’t Republicans uniquely positioned to offer minorities a liberation from both dependency and militancy? In other words, isn’t there a fresh new social idealism implicit in conservative principles? Why not articulate it and fight with it in the political arena? Such a message would show our president as unevolved in his social thinking—oh so 1965. The theme: Barack Obama believes in government; we believe in you. Shelby Steele
La diabolisation de Bush – et de Reagan, et de Nixon – est simplement le miroir de la canonisation de Barack Obama. (…) Comme dans toutes les affaires de ce genre, la haine envers Bush implique plusieurs facteurs sur lesquels les historiens débattront pendant les prochaines décennies. Mais l’un de ces facteurs, l’idéologie, ne doit pas être minimisé. Plus spécifiquement, la tournure idéologique de la politique américaine. Ce n’est pas par accident que les trois présidents les plus haïs soient Républicains. Ces campagnes sont un autre symptôme de l’effondrement de la gauche américaine dans une sorte de stupeur idéologique amorphe, caractérisée par des élans quasi-religieux, une division du monde en noir et blanc, et un embrasement émotionnel au-delà de tout contrôle conscient. La diabolisation de Bush – et de Reagan, et de Nixon – est simplement le miroir de la canonisation de Barack Obama. Il n’y a rien de nouveau là-dedans. Ce phénomène était déjà illustré dans 1984 de George Orwell, lors des « Cinq Minutes de la Haine » contre le personnage imaginaire d’Emmanuel Goldstein, lui-même basé sur Léon Trotski. La seule nouveauté vient de l’adoption délibérée de cette tactique dans la politique d’une démocratie – un fait sans précédent, porteur de grandes inquiétudes. En tant que démocrate, Obama n’a guère de raisons de s’inquiéter, même avec les éléments d’extrême-gauche de sa coalition commençant à déverser leur bile sur lui. La machinerie idéologique est trop peu maniable pour s’orienter contre un individu à gauche. Même si les circonstances l’amenaient à violer les convictions les plus profondes de ceux qui le soutiennent, des facteurs personnels – qui ne se limitent pas à la couleur de peau – serviraient à le protéger. J.R. Dunn

A l’heure où après l’incroyable raclée subie par leur poulain et les premiers effets dans les sondages, les stratèges démocrates comme leurs relais médiatiques des deux côtés de l’Atlantique ont repris leur travail de sape contre le candidat républicain …

Comment ne pas voir avec deux tribunes particulièrement éclairantes de JR Dunn de l’American thinker il y a trois ans (merci james) et de Shelby Steele dans le WSJ l’an dernier …

Que l’indéfectible canonisation du « Noir magique » porteur de rédemption n’est en fait que l’envers d’une tout aussi formidable haine, à l’instar du Goldstein d’Orwell et ses « Deux minutes de la Haine » quotidienne et selon le principe vieux comme le monde du bouc émissaire, pour ses adversaires républicains?

Et comment ne pas se poser la question, face à la véritable montagne à laquelle s’est attaqué Mitt Romney …

De savoir si le candidat républicain trouvera la force de finalement briser le charme qui est aussi un sortilège contre les successeurs de Lincoln, Nixon, Reagan et l’honnissime Bush?

De la haine anti-Bush

J.R. Dunn

Le Meilleur Des Mondes

31 Jan 2009

Avant d’être un bon ou un mauvais président, George W. Bush a été avant tout un président haï.

Il a quatre ans vers la même époque, juste avant la cérémonie d’investiture du Président, les grands titres des journaux étaient très différents:

– « Les Républicains dépensent 42 millions de dollars pour l’inauguration pendant que les soldats meurent dans des Humvees sans blindage »

– « L’Extravagance de Bush dépasse l’entendement pendant cette période économique difficile »

– « Les gros matous s’offrent une fête d’inauguration à 42 millions, les Américains ordinaires payent la note »

Et quatre ans plus tard, alors qu’Obama est le président investi:

– « L’investiture historique d’Obama ne coûtera que 120 millions de dollars »

– « Obama dépense 120 million sur la cérémonie d’investiture; l’Amérique a bien besoin d’une grande fête »

– « Obama montre à chacun comment faire la fête »

– « Les directeurs de Citibank contribuent à hauteur de 8 millions de dollars à l’investiture d’Obama » (après qu’ils ont été sauvé par l’argent public, naturellement.)

Le ton est différent, pourrait-on dire. Mais je ne suis pas la meilleure personne pour parler de l’atmosphère de haine palpable qui a baigné les huit ans à la tête des Etats-Unis du président sortant, et qui a largement traversé l’Atlantique. Je l’ai compris à la lecture d’une tribune de J.R. Dunn sur American Thinker que je me permets de traduire ici. Je me suis autorisé à souligner une phrase.

Bush et les anti-Bush

Une pensée a certainement traversé l’esprit de Barack Obama pendant la cérémonie d’inauguration: à un moment ou un autre, en regardant George W. Bush, il aura pensé à la façon dont celui-ci a été perçu en tant que président et aura prié Dieu en son for intérieur pour ne pas souffrir pareil traitement.

On peut affirmer sans craindre d’objection sérieuse qu’aucun président précédent n’a été traité aussi brutalement, vicieusement et injustement que George W. Bush.

Le 43e président des Etats-Unis a enduré des attaques continues et délibérées sur toutes les valeurs qu’il a défendues, tout ce dans quoi il était impliqué, et tout ce qu’il a tenté d’accomplir. Ceux qui ont travaillé avec lui en ont pratiquement souffert autant que lui (et certains plus encore – un au moins, Scooter Libby, a été jugé coupable sur des charges tellement spécieuses que le procès entier a ressemblé à une farce.)

Ses détracteurs n’ont pas hésité à mettre en danger la sécurité du pays, sa santé économique, et l’équilibre délicat d’un système démocratique simplement pour en découdre. Ils voulaient l’abattre à n’importe quel prix, ou au moins détruire sa réputation personnelle et la réputation de sa présidence. Ils ont à moitié atteint leur but, à un prix élevé pour le pays et son gouvernement.

Bien que chacun souligne qu’il s’en abstient, il est impossible de juger Bush, ses succès ou ses échecs sans prendre en compte ces attaques. Avant que la moindre analyse sérieuse de la présidence Bush ne puisse être faite, il faudra essayer de saisir l’entier de la campagne négative dont il a été l’objet. J’espère que personne ne retient son souffle.

D’autres présidents, il est vrai, ont souffert d’attaques gratuites. Lincoln était généralement décrié comme un imbécile, un rustaud mal dégrossi, voire un orang-outang. Une caricature confédérée tristement célèbre le montre avec des cornes démoniaques, un pied sur la Constitution. Personne en ce temps-là n’aurait imaginé la stature que Lincoln atteindrait finalement.

Richard M. Nixon est probablement le deuxième président le plus haï après Bush. Mais cette place était largement due à une coterie relativement restreinte de gauchistes de la côte est et de leurs relais, irrités par l’anticommunisme initial de M. Nixon (qui devint bien plus « nuancé » au moment où il prit place dans le Bureau Ovale, comme le montre clairement son ouverture vers la Chine en 1970.) Nixon bénéficiait du soutien de la plupart du pays, la fameuse « majorité silencieuse », pendant son premier mandat. S’il n’avait pas été rattrapé par des échecs personnels, il aurait sans aucun doute prévalu contre ses ennemis. Aussi difficile à croire que cela semble, cela se joua à un accès de paranoïa près pour que Nixon soit considéré comme un grand président.

Avec Reagan, la coterie était encore plus resserrée et isolée. Ses adversaires le décriaient continuellement comme un « acteur de série B » (ce qui montre, au passage, une grave méconnaissance de la façon dont les studios fonctionnaient alors), et furent sans cesse balayés par son humour, son intelligence, et son talent sans égal dans l’art de la communication. Comme l’a démontré le débordement d’émotion publique lors de ses funérailles officielles, Reagan se pose aujourd’hui comme l’un des présidents les plus aimés de l’époque récente.

Seul Bush est attaqué de toutes parts et totalement privé de soutien – même de la part des membres de son propre parti. Pas un seul média, à l’exception des radios privées, n’était dans son camp. Des acteurs et des comiques médiocres ont donné un second souffle à leurs carrières en s’en prenant à Bush. Une femme dérangée, pas loin de ressembler à une clocharde, se gara près de sa résidence de Crawford pour l’insulter et lui lancer des imprécations. Non seulement on ne l’envoya pas se faire pendre ailleurs, mais elle fut rejointe par des centaines d’autres âmes désoeuvrées et l’événement fut couvert en détail, minute par minute, par les plus grands réseaux d’information.

Au moins deux films, une pièce et un roman (par l’odieux Nicholson Baker, un écrivain descendant toujours plus bas sur l’échelle de la décence à chaque nouvelle oeuvre – du porno chic de Vox jusqu’à l’avilissement de la guerre contre Hitler dans son Human Smoke de l’an dernier) appelèrent publiquement à son assassinat, une nouvelle étape dans la critique présidentielle, que la gauche regrettera. Et n’oublions pas le tribun des masses, Michael Moore, dont le film Fahrenheit 911 a été le fin du fin de la satire politique, mais qui semble totalement oublié aujourd’hui.

Alors que Franklin Delano Roosevelt fut accusé d’avoir monté l’attaque contre Pearl Harbor (comme si une tentative d’attaque n’avait pas été suffisante pour jeter le pays dans la Seconde Guerre Mondiale), aucun président avant Bush ne fut autant au centre des machinations d’une conspiration tentaculaire. Les 9/11 Truthers, un mélange de doux-dingues et d’arnaqueurs décidés à tirer un maximum de leur escroquerie, ont accusé Bush et son administration de crimes faisant pâlir les attaques contre Roosevelt, sur une base encore plus irrationnelle. Ces hallucinations ont été reprises dans les médias de masse, jouant le rôle de courroie de transmission, et par divers personnages aux franges de la politique comme Cynthia McKinney.

Mais même cela s’efface à la lumière des actions menées par le New York Times qui, le long de sa route déclinante vers un rôle de papier d’emballage pour poisson, a sérieusement mis en danger la sécurité nationale dans le seul but de satisfaire ses pulsions anti-Bush. Des comptes-rendus d’écoutes téléphoniques, des techniques d’interrogatoire, les trajets utilisés pour transporter les terroristes capturés, la traque des finances des terroristes… Pas un seul programme de sécurité nationale visant l’activité djihadiste qui ne soit révélé dans les pages du Times et – pour n’oublier personne – qui ne soit repris dans le monde entier par les médias traditionnels. A un moment, les journalistes du Times ont publié une analyse détaillée des méthodes employées par le gouvernement pour traquer les armes atomiques en déshérence, un article qui a sans doute été lu avec un grand intérêt au nord de Lahore et que quelqu’un pourrait chèrement payer dans quelques années. Que Bush soit parvenu à déjouer toute nouvelle attaque alors que l’ensemble des médias luttaient pour miner ses efforts a quelque chose de miraculeux.

Quant à son propre parti, un bon nombre de Républicans (pas tous apparentés à la fraternité RINO) prirent pour habitude de faire plonger leur leader. Beaucoup refusèrent d’être pris en photo avec lui, certains prirent des mesures pour être hors de la ville lorsqu’il avait planifié une visite dans leur district, et quant à ceux qui prirent sa défense… Eh bien, disons que les noms ne viennent pas facilement à l’esprit. Cette pusillanimité à l’état pur joua un grand rôle dans les débâcles électorales républicaines de 2006 et 2008. Tant que le parti ne l’aura pas compris, que personne ne s’attende à un retour au premier plan du camp républicain.

Dernier élément mais non le moindre (je pense que nous pouvons passer sur l’épisode du lancer de chaussure, couvert en long, en large et en travers), Bush est le seul chef du pouvoir exécutif américain – et peut-être le seul leader de l’histoire mondiale – à avoir donné son nom à un désordre de la personnalité, l’inénarrable Bush Derangement Syndrome. A ce stade, peu de gens se rappellent encore que ce syndrome est le résultat des efforts des gauchistes du pays pour diagnostiquer une maladie mentale au président. Y a-t-il eu un Syndrome Hitler? Un Syndrome Staline? L’existence du BSD en dit bien plus long sur la gauche en général que sur le président Bush.

Quelles furent les raisons de toute cette haine et de la campagne qui en découla? On peut tourner la question dans tous les sens sans obtenir de réponse rationnelle. Tout ce dont on peut être sûr, c’est que la politique et la personnalité réelles de Bush n’avaient pas grand-chose à voir avec elles. L’attaque mégalomaniaque d’Al Gore pour tenter de défier les règles constitutionnelles de l’élection présidentielle à son avantage fut certainement un déclencheur, ouvrant le champ à la gauche pour s’attaquer au président. On peut dire la même chose de la longue rancoeur qui a suivi la mise en accusation de Bill Clinton. Mais bien que ce soit là des facteurs, ils ne suffisent pas à une explication complète. Après tout, le Parti Républicain des années 70 s’est-il vengé de la démission de Richard Nixon en s’acharnant sur Jimmy Carter? Ils firent la meilleure chose à faire, laisser Monsieur Cacahouète se griller tout seul.

Comme dans toutes les affaires de ce genre, la haine envers Bush implique plusieurs facteurs sur lesquels les historiens débattront pendant les prochaines décennies. Mais l’un de ces facteurs, l’idéologie, ne doit pas être minimisé. Plus spécifiquement, la tournure idéologique de la politique américaine. Ce n’est pas par accident que les trois présidents les plus haïs soient Républicains. Ces campagnes sont un autre symptôme de l’effondrement de la gauche américaine dans une sorte de stupeur idéologique amorphe, caractérisée par des élans quasi-religieux, une division du monde en noir et blanc, et un embrasement émotionnel au-delà de tout contrôle conscient. La diabolisation de Bush – et de Reagan, et de Nixon – est simplement le miroir de la canonisation de Barack Obama.

Il n’y a rien de nouveau là-dedans. Ce phénomène était déjà illustré dans 1984 de George Orwell, lors des « Cinq Minutes de la Haine » contre le personnage imaginaire d’Emmanuel Goldstein, lui-même basé sur Léon Trotski. La seule nouveauté vient de l’adoption délibérée de cette tactique dans la politique d’une démocratie – un fait sans précédent, porteur de grandes inquiétudes.

En tant que démocrate, Obama n’a guère de raisons de s’inquiéter, même avec les éléments d’extrême-gauche de sa coalition commençant à déverser leur bile sur lui. La machinerie idéologique est trop peu maniable pour s’orienter contre un individu à gauche. Même si les circonstances l’amenaient à violer les convictions les plus profondes de ceux qui le soutiennent, des facteurs personnels – qui ne se limitent pas à la couleur de peau – serviraient à le protéger.

Pour le pays dans son ensemble, les perspectives sont plutôt lugubres. La gauche est convaincue que la haine fonctionne, que c’est une excellente tactique, et qu’elle fonctionnera à tous les coups. Ils ont déjà commencé le travail de sape contre Sarah Palin, cible suivante dans leur longue liste de personnes à haïr. Ils se trompent, bien entendu. Dans une démocratie, la haine n’est pas une garantie, comme les ignorants, les Républicains radicaux, les ségrégationnistes, les Birchers et bien d’autres l’ont appris à leurs dépens. Mais le processus de désintégration peut prendre des années, pratiquement un siècle dans le cas de la ségrégation, et bien des dommages surviennent entre-temps. L’encouragement aux djihadistes et aux baasistes en Irak, croyant dans l’assurance d’une répétition de Saigon en 1975 dès que Bush le 43e serait hors de leur chemin, est un des sous-produits de la campagne contre lui. Cette fois-là, le prix a été payé par la population irakienne. Mais dans le futur, la facture pourrait atterrir plus près des foyers américains.

Quant au « Pire président de l’histoire » lui-même, George W. Bush n’a montré rien d’autre que sa retenue habituelle. Malgré tout ce que ses ennemis ont pu jeter contre lui, sa réhabilitation a déjà commencé (comme on peut le lire ici, ici, ici, ou là). Il sera finalement perçu comme un homme qui a reçu la pire main jamais distribuée à un président depuis Roosevelt, et la joua de la plus admirable manière. Comme Barack Obama semble l’avoir réalisé, il y a bien des choses à apprendre de Bush, un homme qui incarne le juste milieu, jamais trop abattu, jamais trop rempli de joie, et jamais submergé par les évènements.

D’autres présidents pourront essuyer la même haine irresponsable et gratuite, d’autres pourront souffrir d’abus comparables, mais nous pouvons être sûr qu’aucun ne les affrontera avec plus de sérénité que George W. Bush.

Voir aussi:

Obama’s Unspoken Re-Election Edge

This presidency flatters America to a degree that no white Republican can hope to match.

Shelby Steele

The WSJ

May 25, 2011

Many of the Republican presidential hopefuls should be able to beat President Obama in 2012. This president has a track record now and, thus, many vulnerabilities. If he is not our « worst president, » as Donald Trump would have it, his sweeping domestic initiatives—especially his stimulus package and health-care reform—were so jerry-built and high-handed that they generated a virtual revolution in America’s normally subdued middle class.

The president’s success in having Osama bin Laden killed is an exception to a pattern of excruciatingly humble and hesitant leadership abroad. Mr. Obama has been deeply ambivalent about the application of American power, as if a shameful « neocolonialism » attends every U.S. action in the world. In Libya he seems actually to want American power to diminish altogether.

This formula of shrinking American power abroad while expanding government power at home confuses and disappoints many Americans. Before bin Laden, 69% of Americans believed the country was on the wrong track, according to an Ipsos survey. A recent Zogby poll found that only 38% of respondents believed Mr. Obama deserved a second term, while 55% said they wanted someone new.

And yet Republicans everywhere ask, « Who do we have to beat him? » In head-to-head matchups, Mr. Obama beats all of the Republican hopefuls in most polls.

The problem Mr. Obama poses for Republicans is that there has always been a disconnect between his actual performance and his appeal. If Hurricane Katrina irretrievably stained George W. Bush, the BP oil spill left no lasting mark on this president. Mr. Obama’s utter confusion in the face of the « Arab spring » has nudged his job-approval numbers down, but not his likability numbers, which Gallup has at a respectable 47.6%. In the mainstream media there has been a willingness to forgive this president his mistakes, to see him as an innocent in an impossible world. Why?

There have really always been two Barack Obamas: the mortal man and the cultural icon. If the actual man is distinctly ordinary, even a little flat and humorless, the cultural icon is quite extraordinary. The problem for Republicans is that they must run against both the man and the myth. In 2008, few knew the man and Republicans were walloped by the myth. Today the man is much clearer, and yet the myth remains compelling.

What gives Mr. Obama a cultural charisma that most Republicans cannot have? First, he represents a truly inspiring American exceptionalism: He is the first black in the entire history of Western civilization to lead a Western nation—and the most powerful nation in the world at that. And so not only is he the most powerful black man in recorded history, but he reached this apex only through the good offices of the great American democracy.

Thus his presidency flatters America to a degree that no white Republican can hope to compete with. He literally validates the American democratic experiment, if not the broader Enlightenment that gave birth to it.

He is also an extraordinary personification of the American Dream: Even someone from a race associated with slavery can rise to the presidency. Whatever disenchantment may surround the man, there is a distinct national pride in having elected him.

All of this adds up to a powerful racial impressionism that works against today’s field of Republican candidates. This is the impressionism that framed Sen. John McCain in 2008 as a political and cultural redundancy—yet another older white male presuming to lead the nation.

The point is that anyone who runs against Mr. Obama will be seen through the filter of this racial impressionism, in which white skin is redundant and dark skin is fresh and exceptional. This is the new cultural charisma that the president has introduced into American politics.

Today this charisma is not as strong for Mr. Obama. The mere man and the actual president has not lived up to his billing as a historical breakthrough. Still, the Republican field is framed and—as the polls show—diminished by his mere presence in office, which makes America the most socially evolved nation in the world. Moreover, the mainstream media coddle Mr. Obama—the man—out of its identification with his exceptionalism.

Conversely, the media hold the president’s exceptionalism against Republicans. Here is Barack Obama, evidence of a new and progressive America. Here are the Republicans, a cast of largely white males, looking peculiarly unevolved. Add to this the Republicans’ quite laudable focus on deficit reduction and spending cuts, and they can be made to look like a gaggle of scolding accountants.

How can the GOP combat the president’s cultural charisma? It will have to make vivid the yawning gulf between Obama the flattering icon and Obama the confused and often overwhelmed president. Applaud the exceptionalism he represents, but deny him the right to ride on it as a kind of affirmative action.

A president who is both Democratic and black effectively gives the infamous race card to the entire left: Attack our president and you are a racist. To thwart this, Republicans will have to break through the barrier of political correctness.

Mr. McCain let himself be intimidated by Obama’s cultural charisma, threatening to fire any staff member who even used the candidate’s middle name. Donald Trump shot to the head of the Republican line by focusing on Mr. Obama as a president, calling him our « worst » president. I carry no brief for Mr. Trump, but his sudden success makes a point: Another kind of charisma redounds to those willing to challenge political correctness—those unwilling to be in thrall to the president’s cultural charisma.

Lastly, there must be a Republican message of social exceptionalism. America has more social mobility than any heterogeneous society in history. Isn’t there a great Republican opportunity to be had in urging minorities to at last move out of their long era of protest—in which militancy toward the very society they struggled to join was the way ahead? Aren’t Republicans uniquely positioned to offer minorities a liberation from both dependency and militancy?

In other words, isn’t there a fresh new social idealism implicit in conservative principles? Why not articulate it and fight with it in the political arena? Such a message would show our president as unevolved in his social thinking—oh so 1965. The theme: Barack Obama believes in government; we believe in you.

Mr. Steele is a senior fellow at Stanford University’s Hoover Institution. Among his books is « White Guilt » (Harper/Collins, 2007).

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  1. […] magique » porteur de rédemption n’est en fait que l’envers d’une tout aussi formidable haine, à l’instar du Goldstein d’Orwell et ses « Deux minutes de la Haine » quotidienne et selon […]

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