Prophètes: En observant la méthodologie d’un prophète moderne, nous comprenons mieux la manière dont Dieu a utilisé des hommes et des femmes dans le passé (In her writing Ellen White used sources more extensively than we have heretofore been aware of or recognized)

7 septembre, 2012
Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses; retenez ce qui est bon. Paul (I Thessaloniciens 5: 20-21)
Dieu vit (…) qu’ils revenaient de leur mauvaise voie. Alors Dieu se repentit du mal qu’il avait résolu de leur faire, et il ne le fit pas. Cela déplut fort à Jonas, et il fut irrité. Il implora l’Éternel, et il dit: Ah! Éternel, n’est-ce pas ce que je disais quand j’étais encore dans mon pays? C’est ce que je voulais prévenir en fuyant à Tarsis. Car je savais que tu es un Dieu compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et qui te repens du mal. Jonas 3: 10 – 4: 1-2
Soudain je parle, sur une nation, sur un royaume, D’arracher, d’abattre et de détruire; Mais si cette nation, sur laquelle j’ai parlé, revient de sa méchanceté, Je me repens du mal que j’avais pensé lui faire. Et soudain je parle, sur une nation, sur un royaume, De bâtir et de planter; Mais si cette nation fait ce qui est mal à mes yeux, Et n’écoute pas ma voix, Je me repens du bien que j’avais eu l’intention de lui faire. Jérémie 18: 7-10
En ce temps-là, Ézéchias fut malade à la mort. Le prophète Ésaïe, fils d’Amots, vint auprès de lui, et lui dit: Ainsi parle l’Éternel: Donne tes ordres à ta maison, car tu vas mourir, et tu ne vivras plus. Ézéchias tourna son visage contre le mur, et fit cette prière à l’Éternel: O Éternel! souviens-toi que j’ai marché devant ta face avec fidélité et intégrité de coeur, et que j’ai fait ce qui est bien à tes yeux! Et Ézéchias répandit d’abondantes larmes. Ésaïe, qui était sorti, n’était pas encore dans la cour du milieu, lorsque la parole de l’Éternel lui fut adressée en ces termes: Retourne, et dis à Ézéchias, chef de mon peuple: Ainsi parle l’Éternel, le Dieu de David, ton père: J’ai entendu ta prière, j’ai vu tes larmes. Voici, je te guérirai; le troisième jour, tu monteras à la maison de l’Éternel. J’ajouterai à tes jours quinze années. Je te délivrerai, toi et cette ville, de la main du roi d’Assyrie; je protégerai cette ville, à cause de moi, et à cause de David, mon serviteur. Ésaïe dit: Prenez une masse de figues. On la prit, et on l’appliqua sur l’ulcère. Et Ézéchias guérit. 2 Rois 20:1-7  
Michée, de Moréscheth, prophétisait du temps d’Ézéchias, roi de Juda, et il disait à tout le peuple de Juda: Ainsi parle l’Éternel des armées: Sion sera labourée comme un champ, Jérusalem deviendra un monceau de pierres, Et la montagne de la maison une haute forêt. Ézéchias, roi de Juda, et tout Juda l’ont-ils fait mourir? Ézéchias ne craignit-il pas l’Éternel? N’implora-t-il pas l’Éternel? Alors l’Éternel se repentit du mal qu’il avait prononcé contre eux. Jérémie 26:18-19
Les prophètes qui ont paru avant moi et avant toi, dès les temps anciens, ont prophétisé contre des pays puissants et de grands royaumes la guerre, le malheur et la peste; mais si un prophète prophétise la paix, c’est par l’accomplissement de ce qu’il prophétise qu’il sera reconnu comme véritablement envoyé par l’Éternel. Jérémie 28: 8-9
Il leur dit encore: Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance. Marc 1: 9
Ensuite, nous les vivants, qui seront restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. Paul (1 Thessaloniciens 4: 17)
Ce sont les hommes, non les mots de la Bible, qui sont inspirés. L’inspiration agit, non sur les mots et les expressions, mais sur l’écrivain à qui le Saint-Esprit communique des pensées. Ellen White
J’ai reçu l’instruction que je suis la messagère du Seigneur… Dans ma jeunesse, on m’a souvent demandé : Es-tu un prophète ? J’ai toujours répondu : Je suis la messagère du Seigneur. Je sais que beaucoup de gens m’ont appelée une prophétesse mais je ne revendique pas ce titre… Pourquoi je n’ai pas clamé être un prophète ? Parce qu’à cette époque là, la plupart de ceux qui prétendaient être des prophètes étaient une opprobre pour la cause du Christ. C’est aussi parce ce que mon œuvre inclut bien plus que le mot prophète. Ellen White
La prophétie de malheur est faite pour éviter qu’elle ne se réalise; et se gausser ultérieurement d’éventuels sonneurs d’alarme en leur rappelant que le pire ne s’est pas réalisé serait le comble de l’injustice: il se peut que leur impair soit leur mérite. Hans Jonas
(Noah was tired of playing the prophet of doom and of always foretelling a catastrophe that would not occur and that no one would take seriously. One day,) he clothed himself in sackcloth and put ashes on his head. This act was only permitted to someone lamenting the loss of his dear child or his wife. Clothed in the habit of truth, acting sorrowful, he went back to the city, intent on using to his advantage the curiosity, malignity and superstition of its people. Within a short time, he had gathered around him a small crowd, and the questions began to surface. He was asked if someone was dead and who the dead person was. Noah answered them that many were dead and, much to the amusement of those who were listening, that they themselves were dead. Asked when this catastrophe had taken place, he answered: tomorrow. Seizing this moment of attention and disarray, Noah stood up to his full height and began to speak: the day after tomorrow, the flood will be something that will have been. And when the flood will have been, all that is will never have existed. When the flood will have carried away all that is, all that will have been, it will be too late to remember, for there will be no one left. So there will no longer be any difference between the dead and those who weep for them. If I have come before you, it is to reverse time, it is to weep today for tomorrow’s dead. The day after tomorrow, it will be too late. Upon this, he went back home, took his clothes off, removed the ashes covering his face, and went to his workshop. In the evening, a carpenter knocked on his door and said to him: let me help you build an ark, so that this may become false. Later, a roofer joined with them and said: it is raining over the mountains, let me help you, so that this may become false. Günther Anders
To make the prospect of a catastrophe credible, one must increase the ontological force of its inscription in the future.But to do this with too much success would be to lose sight of the goal, which is precisely to raise awareness and spur action so that the catastrophe does not take place. Jean-Pierre Dupuy (The Paradox of Enlightened Doomsaying/The Jonah Paradox]
Annoncer que la catastrophe est certaine, c’est contribuer à la rendre telle. La passer sous silence ou en minimiser l’importance, à la façon des optimistes béats, conduit au même résultat. Ce qu’il faudrait, c’est combiner les deux démarches : annoncer un avenir destinal qui superposerait l’occurrence de la catastrophe, pour qu’elle puisse faire office de dissuasion, et sa non-occurrence, pour préserver l’espoir. C’est parce que la catastrophe constitue un destin détestable dont nous devons dire que nous n’en voulons pas qu’il faut garder les yeux fixés sur elle, sans jamais la perdre de vue. Jean-Pierre Dupuy
Despite the prejudices and theological preconceptions of the evangelists, they record many incidents that mere inventors would have concealed—the competition of the apostles for high places in the Kingdom, their flight after Jesus’ arrest, Peter’s denial, the failure of Christ to work miracles in Galilee, the references of some auditors to his possible insanity, his early uncertainty as to his mission, his confessions of ignorance as to the future, his moments of bitterness, his despairing cry on the cross; no one reading these scenes can doubt the reality of the figure behind them. Will Durant (In Christ and Caesar, The Story of Civilization)
 The essence of the criterion of embarrassment is that the early church would hardly have gone out of its way to « create » or « falsify » historical material that only embarrassed its author or weakened its position in arguments with opponents. Rather, embarrassing material coming from Jesus would naturally be either suppressed or softened in later stages of the Gospel tradition. This criterion is rarely used by itself, and is typically one of a number of criteria, such as the criterion of discontinuity and the criterion of multiple attestation, along with the historical method. The crucifixion of Jesus is an example of an event that meets the criterion of embarrassment. This method of execution was considered the most shameful and degrading in the Roman world, and advocates of the method claim it is therefore the least likely to have been invented by the followers of Jesus. Wikipedia
L’embarras ecclésiastique : est en faveur de l’authenticité ce qui se trouve dans les textes alors que cela constitue une difficulté pour les rédacteurs du Nouveau Testament. (exemples : la parole de Jésus sur la croix (Mc 15, 34), le baptême de Jésus par Jean qui le place dans une position inférieure) Critères d’historicité (Wikipedia)
In some cases where a historian has so grouped together events as to afford, in brief, a comprehensive view of the subject, or has summarized details in a convenient manner, his words have been quoted; but in some instances no specific credit has been given, since the quotations are not given for the purpose of citing that writer as authority, but because his statement affords a ready and forcible presentation of the subject. In narrating the experience and views of those carrying forward the work of reform in our own time, similar use has been made of their published works. Ellen G. White (The Great Controversy, p. xi.4, 1911 edition)
On January 28 and 29, G. Ralph Thompson, a General Conference general vice-president, chaired a 19-member committee composed of Biblical and other scholars, Seventh-day Adventist professionals, and administrative leaders. The committee met in the conference room of the Glendale Adventist Hospital in California to review not only the quantity but the quality of the work done by Elder Rea. The initial report from this very competent committee indicates that in her writing Ellen White used sources more extensively than we have heretofore been aware of or recognized. (…) How she used her editorial assistants and other people in her effort to present her mate rials to the public, free from literary and factual inadequacies, is a fascinating story. In observing the methodology of a modern prophet, we are able to understand better how God used men and women in the past when He revealed His gracious will to the lost, needy world. Neal Wilson (The Adventist Review, March 20, 1980)
In the March 20 1980, Adventist Review in an article entitled « This I Believe About Ellen G. White  » Neal Wilson informed the church about the Rea [Glendale] Committee. The initial report indicates that « in her writing Ellen White used sources more extensively than we have heretofore been aware of or recognized…. » [italics added.] The statement is a most significant article to appear in the Review in this century. The president of the General Conference is openly and honestly acknowledging the facts about Ellen White’s use of sources and pointing the church toward a definition of inspiration that will be new to most Adventists and threatening to some. Donald R. McAdams (Spectrum, 1980)

Enième application du bon vieux principe qui veut que le plus intéressant dans les scandales, c’est souvent (à l’instar de la fameuse affaire Perrier qui en 1990 avait contraint la compagnie à révéler qu’elle rajoutait son gaz après), ce qu’ils nous révèlent sur ce qui jusque là passait pour la normalité …

A l’heure où, pour la première fois dans l’histoire américaine, un membre de l’église mormone pourrait faire son entrée à la Maison Blanche …

Retour sur l’intéressant cas d’un des nombreux prophètes ayant contribué au remarquable foisonnement de mouvements réformistes ou religieux qui a marqué les Etats-Unis de la deuxième moitié du 19e siècle, à savoir la prophétesse de l’église adventiste du septième jour Ellen G White

Dont le début de déboulonnage un siècle plus tard en particulier sur des questions de plagiat  avait le mérite, comme le reconnaissait lui-même l’un des dirigeants de ladite église, de faire voir presque expérimentalement le fonctionnement d’un prophète et, rétroactivement, de jeter une lumière nouvelle sur le processus de l’inspiration biblique …

This I believe about Ellen G White

Neal Wilson

The Ministry

April 1980

Interesting study and research has been going on in our church in the past several years. Among the areas being examined is the role of Ellen White in the life of the Seventh-day Adventist Church. In this area, as in all others, we want to know all that can be known, because truth has a way of invigorating the believer.

For some time there have been reports circulating that in her special writing ministry Ellen White drew an « alarming » amount of material from non-inspired books. Most, if not all, such books are known to have been in Ellen White’s library, and some of them have been mentioned in her books and letters. Those who have been investigating this matter include Walter Rea, one of our pastors in the Southern California Conference. Over the past few years he has spent a great deal of time and effort in researching this subject. On January 28 and 29, G. Ralph Thompson, a General Conference general vice-president, chaired a 19-member committee com posed of Biblical and other scholars, Seventh-day Adventist professionals, and administrative leaders. The commit tee met in the conference room of the Glendale Adventist Hospital in California to review not only the quantity but the quality of the work done by Elder Rea. The initial report from this very competent committee indicates that in her writing Ellen White used sources more extensively than we have heretofore been aware of or recognized. The committee, however, cautions against the loose use of such terms as « literary dependency, » and « extensive borrowing and paraphrasing. » When such phrases are not clearly and precisely defined their use can result in irresponsible and misleading conclusions.

Even though I have carefully read the report and listened to the proceedings of this committee, it is not my purpose in this communication to evaluate the helpful comments of the members of the committee. That will follow, in due time, along with certain positive recommendations. Instead, I write in order to give my personal reaction to this and other developments that must be faced honestly and openly. I can identify with the members of the special committee and with the apostle Peter when he affirmed, « For we have not followed cunningly devised fables » (2 Peter 1:16).

In spite of what some would have you believe, there is no internal upheaval or major crisis in the Seventh-day Advent ist Church. This is God’s church, and He has made Himself responsible for its success. There is no reason to become alarmed, unnerved, or panicky. On the other hand, I do not want to lull you into false and comfortable spiritual security. There are still lessons of truth and faith that we will be called upon to learn and exercise. It is evident that the individual members of the church need to under stand more clearly the doctrine of inspiration and just how God reveals Himself to His people, so that their confidence in the Bible and the Spirit of Prophecy will remain unshaken.

The articles by Arthur L. White in the Adventist Review (January, February, 1978; July and August, 1979, now avail able in reprint) were especially helpful. In the 1978 articles Elder White re viewed the doctrine of inspiration as generally understood by the Seventh-day Adventist Church. The second (1979) series reviewed Ellen White’s method of preparing her publications. How she used her editorial assistants and other people in her effort to present her mate rials to the public, free from literary and factual inadequacies, is a fascinating story. In observing the methodology of a modern prophet, we are able to under stand better how God used men and women in the past when He revealed His gracious will to the lost, needy world.

Other Adventist researchers have made their studies available to us in various periodicals. Several viewpoints have been expressed, but all seem to be contributing to our storehouse of under standing. In fact, my heart rejoices with every new study that gives us a fresh look at how God used Ellen White as His last-day messenger. I would like to share with you what these studies are saying to me. No doubt my understanding will continue to broaden and deepen, but several points seem clear:

1. Originality is not a test of inspiration. A prophet’s use of sources other than visions does not invalidate or diminish the prophet’s teaching authority. Ellen White’s comment that the Holy Spirit « guided the mind [of the Bible writer] in the selection of what to speak and what to write » (The Great Controversy, p. vi) explains also how she was assisted in selecting or rejecting information from existing materials. In the marvelous operation of revelation God gives the thought « in many and various ways » (Heb. 1:1, R.S.V.), and then in spires the human messenger with perceptions whereby he or she fills out the « message » with the information avail able. This assisting function of the Holy Spirit guards the messenger from using materials that would misrepresent the intent of the message given directly to the messenger.

The Bible writers have also given us an insight into how they wrote their works that eventually were recognized as inspired documents. In Luke’s pref ace to his Gospel, he explains to Theophilus his burden. Apparently many re ports were being written regarding the life and teachings of Jesus, and he felt the compulsion, after « having followed all things closely . . . , to write an orderly account . . . , that you may know the truth concerning the things of which you have been informed » (verses 3, 4, R.S.V.).

Luke was not an eyewitness. He used the materials available. One of his source materials, though he did not mention his indebtedness to it, was Mark’s Gospel, much of which was directly copied, often word for word. Luke’s final product was an extended, more complete life of Jesus, which included material not found in Matthew, Mark, or John. Luke’s insight as a physician is reflected in the way he describes some events (Luke 4:38; 5:12; 8:43, etc.).

The compilers of the books of Kings and Chronicles note extra-Biblical sources for their work (1 Kings 11:41; 1 Chron. 9:1). Other Bible authors such as Jude and Isaiah give evidence of borrowing from either other inspired sources or non-Biblical sources.

In other words, Bible writers frequently used the materials of others as the need arose. The Holy Spirit assisted them in the selection of appropriate materials. And that same principle of guarding and guiding by the Holy Spirit is seen in the experience of God’s messenger in these last days.

2. God inspires people, not words. Seventh-day Adventists are not verbal inspirationists. They have never believed that the Holy Spirit, in some way, has dictated to the prophet the actual words that appeared in the autographs. They identify with those who believe that God inspires thoughts through visions, dreams, or direct address, but, except in rare instances, not the forms of expression by which those thoughts are to be conveyed to others. The messenger operates within his or her mental and spiritual capacity, and uses his or her style of expression, skilled or common, guarded always by the Holy Spirit from misrepresenting the revealed message.

This principle, of course, relieves all anxiety when it is learned that a messenger of the Lord has used existing materials, even another’s phrases. We are not alarmed when we discover that a prophet uses editors to improve style, or specialists in certain areas to review pertinent information.

This principle of thought inspiration is one example of the fact that God does not do for people what they can do for themselves. God made men and women who could respond to Him in love and appreciate Him for the freedom implicit in love. He could have created us so that we could not sin, but then we could not love. After sin, He could have over powered our rebellious will to prove His sovereign power, but that would not have left us as responsible beings. He simply appeals to us to respond to His gracious offer of love and pardon, to accept His power to do what He asks. The responding is up to us. God makes it possible for us to breathe, but we must do the breathing. God makes it possible for us to have faith, but we must do the trusting and submitting.

In much the same way, God gives His messenger the message, but not as a heavenly telex; He gives the thought, but not the encyclopedia to check out all the historical dates, or the dictionary on how to spell words. God does not necessarily provide that which men and women can provide for themselves. But He does guide and guard His messenger by the Holy Spirit, who will protect the integrity of the message intended.

3. The Holy Spirit helps the messenger to select his material carefully. Frequently, while tracing Ellen White’s use of such men as William Hanna or John Harris in writing The Desire of Ages, we find that she would not only not use much of what they wrote, but that at times, after using a part of a paragraph, would go on to take positions contrary to their writings. This selective skill is another instance of the guiding, guarding role of the Holy Spirit. There is no question about it—prophets, ancient or modern, selected their material well. Ellen White used authors of recognized quality such as Geikie, Farrar, Hanna, Clarke, and Edersheim. This says to me that where they helped to fill out what she had been shown to be true, she wisely used them; when they gave evidence that they did not see the whole truth, she plainly stated the facts as they had been revealed to her by the Holy Spirit.

4. The prophet’s use of existing mate rials does not necessarily mean that the prophet is dependent upon these sources. No; the prophet begins with the message received; the messenger knows what must be said; in general his or her thought structure has been given by God. But the responsibility for finding historical background, descriptive amplification, and thought clarification is left up to the messenger. The employment of other authors to make the mes sage attractive and convincing should not imply that the prophet is dependent upon others for his or her message.

5. Whenever we recognize similarities we must also see the dissimilarities. This is probably the most important discovery that I have made, over the years, when I think about how Ellen White has made use of existing sources. The principle also applies to Biblical writers.

Biblical writers, as well as Ellen White, set forth a theological contribution that is more expansive, more complete, and more integrated than the authors they used for descriptive amplification. The dissimilarities be tween Ellen White and the authors she at times used are of kind and not degree.

She did more than merely gather together those gems of thought that had lain rather disconnected through the centuries. Ellen White’s theological system, her organizing principle—the great controversy theme—is unique in the continuum of historical theology. Her concept of truth regarding how sin developed; why Jesus came to earth; the integral role of the Holy Spirit in His life and in the believer’s; the sanctuary doctrine, illustrating how the plan of redemption operates—all this gives special character to her prophetic, teaching authority in these last days.

Our responsibility is to listen to truth from wherever God speaks. And we are not left to wonder whether we are listening to the Word of God. John wrote, « He who receives his testimony sets his seal to this, that God is true » (John 3:33, R.S.V.). The psalmist spoke out of experience: « The unfolding of thy words gives light; it imparts understanding to the simple » (Ps. 119:130, R.S.V.). God has made us with the ability to hear Him, either through the inner word of His Holy Spirit (1 John 3:24; 4:13) or the exterior word of the Bible (2 Tim. 3:15, 16).

After 25 years of translating the New Testament into modern English, J. B. Phillips wrote a remarkable testimony to his experience as a translator, called Ring of Truth. He pitied the modern generation, which knows so little about genuine Christianity, primarily because they have never given the Bible a fair hearing.

I agree with Dr. Phillips « that we have in the New Testament, words that bear the hallmark of reality and the ring of truth » (page 125). Such has been my experience and the experience of many people I have known. The same experience applies to those who have heard « the ring of truth » in the writings of Ellen White. No one can take that « ring » from the soul. No « new » information can shake that self-authenticating experience.

But if one’s knowledge of the Bible or of Ellen White is only theoretical, as it would be with an anatomy book or the evening newspaper, then most any allegation against the Bible or Ellen White would be either alarming or just another reason to doubt.

It may be that certain things I have written in this article will sound new to some. I recognize that we are not all at the same place on the road of information or even experience. But I assure you, the confidence we may have in these agencies God has used to reveal truth to men and women will be in pro portion to how much we learn and accept from the Bible and Ellen White.

I have heard the ring of truth in the Bible and the writings of Ellen White. Our mandate is to preach from the Bible, enriching our sermons by insights on the gospel found in the writings of the Spirit of Prophecy. I believe with all my heart that Ellen White was an inspired messenger of God. Based on my under standing of revelation and inspiration as taught by the Seventh-day Adventist Church, I must conclude that she is a reliable teaching authority and that she is a part of God’s continuing revelation and corroboration of doctrine and truth.

As the psalmist said, « O taste and see » (Ps. 34:8, R.S.V.). As Samuel responded,  » ‘ « Speak, Lord, for thy servant hears » ‘  » (1 Sam. 3:9, R.S.V.). As Jehoshaphat challenged Israel, « ‘Believe in the Lord your God, and you will be established; believe his prophets, and you will succeed' » (2 Chron. 20:20, R.S.V.).

Ce que je crois sur Ellen White (traduction automatique)

Neal Wilson

The Ministry

Avril 1980

Notre église a été l’objet d’intéressantes études et recherches ces dernières années. Parmi les zones étudiées est le rôle d’Ellen White dans la vie de l’église adventiste du septième jour. Dans ce domaine, comme dans tous les autres, nous voulons savoir tout ce qui peut être connu, parce que la vérité a une façon de revigorer le croyant.

Pour certains témoins il y a eu des rapports qui circulent selon lesquels que je n son spec i al wr i t i ng m i n i stère Ellen Wh i te a une «alarme i ng « quantité de mater i al de la non- i nsp i livres rouges. La plupart, i f n’est pas tout, ces livres sont connus pour avoir été i n Ellen Wh i te de l i thèque, et certains d’entre eux ont été ment i onné i n ses livres et de lettres. Ceux qui ont été i Nvest i gat i e ng i s affaire i nclude Walter Rea, l’un de nos pasteurs i n du Sud Cal i Forn i une conférence. Au cours des dernières années, il a passé une grande partie de t i moi et effort i n la recherche i e ng i s sujet. Le 28 Janvier et 29, G. Ralph Thompson, un général Conférence générale v i ce-pres i dent, cha i rouge un 19 membres comm i té com posé de B i bl i cal et d’autres savants, du septième jour Avent i st professer i onals et adm i n i strat i ve dirigeants. La comm i t-shirt a rencontré i n la salle de conférence de l’Avent Glendale i er Hosp i tal i Cal n i Forn i a à rev i ew non seulement le quant i té mais la qualité i té du travail accompli par l’aîné Rea. L’ i n i t i al e rapport de i est très compétent comm i té i e i Cates que i n sa wr i t i ng Ellen Wh i te utilisé des sources plus extens i vement que nous avons jusqu’à présent été au courant ou reconnu. La comm i té, cependant, caut i ons aga i ntssp cette utilisation peu rigoureuse de termes tels que « l i terary dépendance »et« Extens i ve emprunter i ng et paraphras i ng.  » Lorsque de telles phrases ne sont pas clairement et prec i sely def i nie l’ i r utilisation peut entraîner i n i rrespons i ble et m i Slead i ng Conclus i ons.

Même si j’ai lu attentivement le rapport et écouté la procédure, i ons de e i comm s i té, i t i n’est pas mon but i n e i s commun i cat i à évaluer les précieux commentaires des membres de la comm i té. Que w i suivrons, i n t en raison i moi, le long w i e certa i n pos i t i ve recommandat i ons. J’ai nstead, je wr i te i our g i ve mon personnel réagissent i à e i s et d’autres développements qui doivent être relevés honnêtement et ouvertement. J’ai peut i dent i fy w i -ième les membres de la spec i al comm i té et w i e l’apôtre Pierre quand il a aff i rmé, «Car nous n’avons pas suivie cunn i ngly dev i sed fables »( 2 Pierre 1:16 ).

Je n sp i te de ce que certains voudraient vous faire bel i veille, il i s pas i nterne bouleversement majeur ou cr i s i s i n de l’Avent du septième jour i er Eglise. E i s i s l’église de Dieu, et Il a fait de H i mself RESPONS i ble pour i ts succès. Il i a aucune raison de s’alarmer, énervé, ou un panoramique i cky. D’un autre côté, je ne veux pas vous endormir i nto faux et confortable sp i r i tuel sécur i té. Il ya st i ll leçons de vérité et de fa i Þ que nous w i serez appelés à apprendre et l’exerc i soi. Je t i s ev i dent que les i nd i v i double membres de l’église doivent en vertu support plus clairement la doctr i ne de i nsp i rat i et juste comment Dieu révèle H i mself à H i s les gens, de sorte que l’ i r conf i dence i n B i ble et la Sp i r i t de la Prophétie w i ll rema i n inébranlable.

L’art i cles par Arthur L. Wh i te i n l’ Avent i er Rev i ew (Janvier, Février, 1978; Juillet et Août, 1979, maintenant ava i l peut i n repr i nt) étaient spéc i allié utile. Je n l’art 1978 i cles Elder Wh i te re v i ewed la doctr i ne de i nsp i rat i sur l’entend généralement par l’avènement du septième jour i Eglise st. Le second (1979) ser i es rev i ewed Ellen Wh i te méthode de prépa i ng son publ i cat i ons. Comment elle a utilisé ses ed i tor i al ass i constantes et d’autres personnes i n son effort pour présenter son compagnon r i als au publ i c, sans l i terary et factuelle i nadequac i es, i sa fasc i nat i ng histoire. Je n observateurs i ng la méthodologie d’un prophète moderne, nous sommes en mesure de mieux tenir dans la façon dont Dieu a utilisé des hommes et des femmes i n le passé, quand il a révélé H i s grac i ous w i ll de la perte, de monde dans le besoin .

Autres Avent i st chercheurs ont fait l’ i r goujon i es ava i ble à nous i n var i Ous par i od i chimiques. Plusieurs v i ewpo i nts ont été exprimées, mais tous semblent être contr i mais i ng à notre entrepôt de support sous i ng. Je n fait, mon cœur rejo i CES w i -ème chaque nouvelle étude que g i ve nous nouveau regard sur la façon dont Dieu s’est servi de Ellen Wh i te que H i la dernière journée messager. Je ne l i ke de partager avec i -ème-vous ce que ces montants i es sont dites i ng pour moi. Sans doute mon comprendre i ng w i ll cont i nuer à élargir et à approfondir, mais plusieurs po i nts semblent claires:

1. Ou i g i nal i té i n est pas un test de i nsp i rat i sur . Un prophète utilisation de sources autres que v i s i ons ne i nVal i date ou d i m i n i sh du prophète enseigner i ng auteur i té. Ellen Wh i commentaire te que le Saint-Sp i r i t « gu i ded la m i e [de la B i ble wr i ter] i n la sélectionner i sur de quoi parler et quoi wr i te « ( Le Grande Controverse , p. v i ) explication i ns aussi comment elle était ass i sted i n sélectionner i ng ou rejeter i ng i nformat i à partir d’ex i st i ng mater i als. Je n l’opérat merveilleuse i sur des revelat i sur Dieu g i ve la pensée  » i n et de nombreux var i façons Ous »( Héb. 1:01 , LSG), puis i n sp i res les humains messager w i ème percept i ons par lequel il ou elle f i lls sur le « message » w i -ième l’ i nformat i sur ava i l avec mesure. E i cul i er i ng fonct i sur des Saintes Sp i r i t gardes du messager de notre part i ng mater i als qui m i srepresent l’ i ntent du message g i d ven i rectement au messager.

Les B i bles wr i tres ont aussi g i ven-nous un i ns i ght i nto comment ils ont écrit les i travaux r qui ont été finalement reconna i zed que i nsp i documents rouges. Je n Luc pref ace à h i Evangile s , il explication i ns à Theoph i lus h i s fardeau. Ports re apparemment beaucoup ont été soit i ng wr i tten ce qui concerne i ng L i fe et enseigner i ons de Jésus, et il sentit les oblig. i sur, après « hav i ng suivi tous les e i END près …, wr à i te un compte ordonnée …, que vous savez peut-être la préoccupation la vérité i ng ème i ons de wh i ch vous avez été i nformed « (versets 3, 4, LSG).

Luc n’était pas un témoin oculaire. Il a utilisé la dure- i als ava i ble. L’un des h i mater source s i als, bien qu’il d i d non ment i sur h i s i ndebtedness à i t, est l’évangile de Marc, une grande partie de wh i ch était d i rectement flic i ed, souvent mot pour mot. F Luc i produit interne était étendu, plus complet l i fe de Jésus, qu i ch i nclus mater i al introuvable i n Matthieu, Marc, ou John. Luc i ns i ght comme phys i c i un i s reflété i n la façon dont il descr i bes certains événements ( Luc 4:38 ; 5:12 ; 8:43 , et . c ).

La maquette i geurs des livres de K i ngs et Chron i cles noter extra-B i bl i ques sources pour l’ i r travail ( 1 K i END 11:41 ; . 1 Chroniques 09:01 ). B Autres i bles auteurs tels que Jude et j’ai sa i ah g i ve ev i dence d’emprunt i ng de e i utres autres i nsp i sources rouges ou non B i bl i ques sources.

Je n d’autres termes, B i ble wr i tres souvent utilisé la dure- i als des autres que le besoin s’en fait sentir. Le Saint-Sp i r i t ass i les sted i n la sélectionner i sur des appropr i mangé mater i als. Et que même pr i nc i exemple de la garde i ng et gu i d i ng par le Saint-Sp i r i t i s vu i n l’exper i rence de messager de Dieu i n ces derniers jours.

2. Dieu i nsp i res des gens, pas des mots . Septième jour Avent i m ne sont pas verbales i nsp i rat i sur i m. Ils n’ont jamais bel i eved que le Saint Sp i r i t, i n quelque sorte, a d i ctated au prophète les mots mêmes qui semblaient i n des autographes. Ils i dent i fy w i -ème bel ceux qui i que Dieu veille i nsp i res pensées par v i s i ons, des rêves ou d i rect adresse, mais, à l’exception i n rares i nstances, et non pas les formes de expresse i par wh i ch ces pensées doivent être transmis à d’autres. Le messager fonctionne w i e i nh i s ou son mental et sp i r i tuel capacité i té, et utilise h i s ou d’exprimer son style i sur, sk i lled ou conjoint, garde toujours par le Saint-Sp i r i t de m i srepresent i ng du message révélé.

E i s pr i nc i ple, bien sûr, rel i veilles tout anx i ciété quand i t i s a appris qu’un messager du Seigneur a utilisé ex i st i ng mater i als, même encore de phrases. Nous ne sommes pas inquiets quand nous d i scover qu’un prophète utilise ed i teurs à i mprove style, ou spec i al i m i n certa i n zones de rev i ew pert i nent i nformat i sur.

E i s pr i nc i exemple de la pensée i nsp i rat i sur i s un exemple du fait que Dieu ne fait pas pour les gens ce qu’ils peuvent faire pour eux-mêmes. Dieu a fait les hommes et les femmes qui pourraient répondre à H i m i love n et appréc i mangé H i m pour la liberté i mpl i c i t i n amour. Il aurait pu nous a créés pour que nous ne pouvions pas s i n, mais on ne pourrait pas aimer. Après s i n, il aurait pu plus alimenté notre rebell i ous w i ll prouver H i s souvera i gn pouvoir, mais qui ne nous ont laissé que responsab i ble être i ngs. Il s i mply appel à nous pour répondre à H i s grac i ous offre de l’amour et de pardon, d’accepter H i s pouvoir de faire ce qu’il demande. La réponse i ng i s à nous. Dieu fait i t poss i ble que nous respirons, mais nous devons faire la respiration i ng. Dieu fait i t poss i ble pour nous d’avoir fa i e, mais nous devons faire la confiance i ng et soum i tt i ng.

Je n de la même façon, Dieu g i ves H i s messager du message, mais pas comme un télex céleste, Il g i ve la pensée, mais pas le ENCYCLOPED i une de vérifier tous les h i stor i ques dates, ou d i ct i . coronarien sur la façon d’orthographier les mots Dieu ne veut pas nécessairement i ly prov i de ce que wh i ch hommes et les femmes peuvent prov i de par eux-mêmes. Mais il ne gu i de garde et H i messager s par le Saint-Sp i r i t, qui w i ll protéger l’ i ntegr i té du message i ntended.

3. Le Saint-Sp i r i t permet le messager pour sélectionner h i s mater i al attentivement . Souvent, wh i le trac i ng Ellen Wh i usage te d’hommes tels que W i ll i am Hanna ou John Harr i s i n wr i t i ng L Des i re-Christ, nous avons f i e qu’elle ne serait pas ne pas utiliser une grande partie de ce qu’ils ont écrit, mais à l’instant t i mes, après nous avoir i on d’une partie d’un paragraphe, allait prendre pos i t i ons contraires aux i r wr i t i ons. E i s sélectionner i ve sk i ll i s un autre i occurrenceB de la gu i d i ng, garde i ng rôle du Saint-Sp i r i t. Il i s pas de quête i sur environ i t-prophètes, anc i ent ou moderne, a choisi le i mater r i al bien. Ellen Wh i te utilisé auteurs de reconna i zed qualité i té tel que Ge i k i e, Farrar, Hanna, Clarke, et Edershe i m. E i s me dit que là où ils ont aidé à f i ll ce qu’elle avait été montré pour être vrai, elle w i sely les ont utilisés, quand ils ont donné ev i dence qu’ils Ð i serais pas toute la vérité, elle pla i nly a déclaré les faits tels qu’ils ont été révélés par le Saint-Sp i r i t.

4. utilisation du prophète de l’ex i st i ng compagnon r i als n’est pas nécessairement i ment dire que le prophète i s dépend de ces sources . Non, le prophète prie i ns w i ème le message rece i ved; le messager sait ce qui doit être sa i j; i n général h i s ou sa structure a été pensée g i ême par Dieu. Mais les responsab i b i l i té de f i e i ng h i stor i cal fond, descr i pt i ve ampl i f i cat i sur, et j’ai pensé clar i f i cat i sur i s laissée à l’ messager. L’emploi d’autres auteurs à faire le sage message d’attirer i ve et conv i nc i ng ne devrait pas i mply que le prophète i s dépendant des autres pour h i s ou son message.

5. Lorsque nous reconna i ze s i m i lar i t i es, nous devons aussi voir la d i ss i m i lar i t i es . E i s i s probablement le plus i mportant d i Scovery que je ont fait, au fil des années, quand je ième i nk sur la façon dont Ellen Wh i te a eu recours à des ex i st i ng sources. La pr i nc i sonnes également appl i es de B i bl i ques wr i lettres.

B i bl i ques wr i tres, ainsi que Ellen Wh i te, énonce un theolog i cal contr i mais i ce i s agrand plus i ve, plus complète et plus i ntégrée que les auteurs ont utilisés pendant les descr i pt i ve ampl i f i cat i sur. Le d i ss i m i lar i t i es en tre Ellen Wh i te et les auteurs-elle à l’instant t i mes utilisés sont des k i ème degré et non.

Elle d i d plus que simplement rassembler ces joyaux de la pensée qui ont eu la i n d plutôt i sconnected à travers le centur i es. Ellen Wh i te de theolog i cal système, son organe i z i ng pr i nc i -ple la grande controverse thème- i s non i that i n de la suite i Nuum de h i stor i théologie cal. Son concept de ce qui concerne la vérité i ng comment s i n développés; pourquoi Jésus est venu sur la terre, le i rôle ntegral du Saint-Sp i r i t i n H i sl i fe et i n le bel i est jamais; la doctr sanctuaire i ne, i llustrat i ng comment le plan de Redempt i fonctionne sur tous les e- i sg i ves spéc i al caractère à son prophète i c, enseigner i ng auteur i té i n ces derniers jours.

Nos responsab i b i l i té i s à l i Sten à la vérité, peu importe où Dieu parle. Et nous ne sommes pas à se demander si nous sommes l i sten i ng à la Parole de Dieu. Jean a écrit: «Celui qui recevo i ve h i s essai i met mony h i joint s à e i s, que Dieu i est vrai »( Jean 3:33 , LSG). Le psaume i er parlé de exper i rence: «Le dépliage i ng de tes paroles g i ves l i ght; i t i mparts comprendre i ng à la s i mple »( Ps 119:130. , LSG). Dieu nous a faits avec i -ième l’ab i l i té d’entendre H i m, e i ther travers la i nner mot de H i s Saint Sp i r i t ( 1 Jean 3:24 ; 4:13 ) ou l’ exter i ou un mot de la B i ble ( 2 T i m. 3:15 , 16 ).

Après 25 ans de TRANSLAT i ng le Nouveau Testament i nto moderne angl i sh, JB Ph i ll i ps a écrit un essai remarquable i mony à h i s exper i rience en tant que traducteur, appelé R i ng de la Vérité . Il p i t i ed la générat moderne i sur, wh i ch sait si l i TTLE sur genu i ne Chr i st i un i té, pr i mar i ment parce qu’ils n’ont jamais g i ême B i ble une fa i r entendre i ng.

Je suis d’accord avec i e r Ph i ll i ps « que nous avons i n le Nouveau Testament, les mots qui portent la marque de la vraie i té et le r i ng de la vérité »(page 125). Telle a été mon expertise i rence et l’exper i rence de beaucoup de gens que je j’ai connus. L’expertise même i rence appl i es de ceux qui ont entendu « le r i ng de la vérité  » i n les wr i t i ons de Ellen Wh i te. Nul ne peut prendre que «r i ng « de l’âme. Aucune «nouvelle» i nformat i le peut ébranler cette auto-authent i cat i ng expertise i rence.

Mais i f sa connaissance de la B i ble ou d’Ellen Wh i te i s seulement théo i cal, comme je l serait w i -ième un livre d’anatomie ou de la même i ng journal, puis plus aucune allegat i sur aga i nst B i ble ou Ellen Wh i te serait e i ther alarme i ng ou juste une autre raison de douter.

Je t se peut que certa i n e i NGS je avoir wr i TTEN i n e i l ‘art i cle w i ll sembler nouveau pour certains. J’ai reconna i ze que nous ne sommes pas tous au même endroit sur ​​la route de i nformat i ou même sur Exper i rence. Mais je vous assure, la conf i dence nous pouvons avoir i n ces agenc i es Dieu a utilisé pour révéler la vérité aux hommes et aux femmes w i serai bientôt i n port de pro i à quel point nous apprendre et à accepter de la B i ble et Ellen Wh i te.

J’ai entendu le r i ng de la vérité i n B i ble et les wr i t i ons de Ellen Wh i te. Notre mandat i s à prêcher du B i ble, enr i ch i ng nos sermons par i ns i dro sur l’Évangile trouve i n les wr i t i ons de la Sp i r i t de la Prophétie. J’ai bel i veille w i -ième tout mon cœur que Ellen Wh i te était un i nsp i rouge messager de Dieu. D’après mon titre se i ng de revelat i et le i nsp i rat i sur tel qu’enseigné par l’avènement du septième jour i er Eglise, je dois conclure qu’elle i sa rel i pouvoir enseigner i ng auteur i té et qu’elle i partie de sa divine cont i nu i ng revelat i et sur ​​corroborat i sur des doctr i ne et de la vérité.

Comme le psaume ier dit, «Goûtez et voyez» ( Ps. 34:8 , LSG). Comme Samuel a répondu, « ‘ Parle, Seigneur, ton serviteur écoute pour « ‘ » ( 1 Sam.. 03:09 , LSG). Comme Josaphat contesté , je SRAËL »,« Bel i veille i n le Seigneur votre Dieu, et vous w i serez établ i versé; bel i veille h i s prophètes, et vous w i ll réussir »( 2 Chron 20:. 20 , LSG).

Voir enfin:

Enlightened Doomsaying and the Concern for the Future

Jean-Pierre DUPUY

It has now at last become plain that the same spirit of Promethean humanism that gives our world its astonishing and unprecedented dynamism also imperils the future of human society itself. We are living today in the shadow cast by the prospect of catastrophes that, separately or in combination, threaten to bring about the disappearance of the human race from the earth. Our responsibility is all the more enormous as we are the sole cause of what will happen to us. And yet there is a danger that our sense of our own responsibility will increase, rather than diminish, the very arrogance that gave rise to it. Once we have persuaded ourselves that the salvation of the world is in our hands, that humanity owes it to itself to be its own savior, there is a risk we will throw ourselves with renewed energy into a headlong rush toward the abyss–that fatal impulse compounded of pride and panic, which with every passing day comes nearer to being the outstanding emblems of our age.

The German Jewish philosopher Günther Anders (1902-1992) was the most profound and the most daring of the thinkers who contemplated the great catastrophes of the twentieth century. He is less well known than two of his classmates at Marburg, his friend Hans Jonas and his future wife Hannah Arendt, no doubt a consequence of both his own stubbornness and the fragmented character of his writings. Anders abjured great systematic treatises in favor of topical investigations that not infrequently resorted to parable. More than once, for example, he recounted the biblical tale of the flood in a distinctive and original way. [[Noah, in his telling, had grown tired of being a prophet of doom, forever announcing a catastrophe that never came and that no one took seriously.

One day, he clothed himself in sackcloth and covered his head with ashes. Only a man who was mourning [the death of] a beloved child or his wife was allowed to do this. Clothed in the garb of truth, bearer of sorrow, he went back to the city, resolved to turn the curiosity, spitefulness, and superstition of its inhabitants to his advantage.

Soon he had gathered around him a small curious crowd, and questions began to be asked. He was asked if someone had died and who the dead person was. Noah replied to them that many had died, and then, to the great amusement of his listeners, said that they themselves were the dead of whom he spoke. When he was asked when this catastrophe had taken place, he replied to them:

“Tomorrow.”

Profiting from their attention and confusion, Noah drew himself up to his full height and said these words:

“The day after tomorrow, the flood will be something that has been. And when the flood will have been, everything that is will never

have existed. When the flood will have carried off everything that is, everything that will have been, it will be too late to remember, for there will no longer be anyone alive. And so there will no longer be any difference between the dead and those who mourn them. If I have come before you, it is in order to reverse time, to mourn tomorrow’s dead today. The day after tomorrow it will be too late.

”With this he went back whence he had come, took off the sackcloth [that he wore], cleaned his face of the ashes that covered it, and went to his workshop. That evening a carpenter knocked on his door and said to him:

“Let me help you build an ark, so that it may become false.”

Later a roofer joined them, saying:

“It is raining over the mountains, let me help you, so that it may become false.”

1)

The tragedy that awaits anyone who dares to prophesy catastrophe is beautifully condensed in this magnificent parable, which nevertheless indicates to us the way out from an apparently paralyzing impasse.

The prophet of doom is not heard because his words, even if they issue from sound knowledge and true information, do not manage to penetrate the system of beliefs held by those to whom they are addressed. It is not enough to know in order to accept what one knows and then to act on it. This fundamental reality is foreign to the so-called precautionary principle, which maintains that we do not act in the face of catastrophe because we are not sure of knowing enough to act effectively. It is plain, however, that even when we know something with certainty, we may be incapable of believing what we know. The existence and dramatic consequences of global warming were known, and made known to the world, more than a quarter-century ago. But scientists were crying out in the wilderness. It is true that their predictions suffer from one great imprecision: nobody can exactly locate the average rise in global temperature, by the end of the twenty-first century, within a broad range of between two and six degrees Celsius (or about four and eleven degrees Fahrenheit). And yet it seems not to be generally understood that half of this uncertainty is the result of uncertainty about the type of action that will be taken to reduce greenhouse-gas emissions. Is it really because we do not know how we would react to a forecast of impending doom that we do not act? The suggestion is absurd. Moreover, there is this one thing of which we are quite certain: if China, India, and Brazil go on pursuing the course of development that we have given them as a model to be imitated, we will enter into a looking-glass world in which surprises (not only regarding the climate, but many other things as well) will be routine, in which the exception will be the rule and our capacity to act in and on the world will have become a power of destruction.

Searching for the reason why many European Jews refused until the very end, even on the railway platform at Auschwitz-Birkenau, to believe in the reality of industrial extermination, Primo Levi quoted an old German adage:

“Things whose existence is not morally possible cannot exist.”

Our ability not to see when faced with the obviousness of suffering and atrocities is the principal obstacle that the prophet of doom must at least find a way around, if he cannot actually overcome it.

The precautionary principle is ritually invoked not only in support of the view that more must be known, and therefore more research carried out, before we can act; it is also accompanied by an appeal to our sense of ethical obligation. But ethics, if it is to be of any help to us, must prompt us to call into question an idea that is so commonly accepted it has already become a cliché, namely, that we are obliged to answer to future generations for our actions.

The recourse to the language of rights, duties, and responsibility in examining our moral relationship to future generations presents conceptual difficulties that Western philosophy has proved incapable for the most part of clearing up. A recent and eloquent example of this failure may be found in John Rawls’s magnum opus, A Theory of Justice, imagined by its author and his admirers to have both summed up and superseded all previous works of modern moral and political philosophy. Having rigorously stated and established, at least to his own satisfaction, the principles of justice that must order the basic institutions of a democratic society, Rawls nevertheless cannot avoid concluding that these principles do not apply to questions of intergenerational justice. He is aware that this is a serious problem, but the remedy he proposes is vague and, at best, provisional.

The source of Rawls’s difficulty is the irreversibility of time. A theory of justice based on contractual obligation embodies, by definition, the ideal of reciprocity. But there can be no reciprocity between generations, at least not after some rather brief interval, for whereas later generations inherit the works of those who have gone before, they are unable to give anything in return. But the trouble goes deeper than this. In the Western perspective of linear time, itself inseparable from eighteenth-century ideas of progress, it is assumed that future generations will be happier and wiser than previous generations. But Rawls’s theory of justice, precisely because it formalizes a fundamental moral intuition, that priority should be given to the most disadvantaged members of society, leads to the paradox that the first in a line of generations is the worst off and yet its members are the only ones able to confer benefits on those who come after them.

2)

Kant, who had already detected the problem in Idea for a Universal History from a Cosmopolitan Point of View (1784), found it inconceivable (rätselhaft) that the course of human history could be imagined to resemble the construction of a home that only the last generation would have the privilege of inhabiting. And yet he was unable to free himself from the spell cast by the ruse of nature, or perhaps of history, by which prior generations are led to sacrifice themselves for later generations– the height of the very same instrumental conception of practical reason he rejected.

Our situation today is very different, for our main concern is how to avoid global catastrophe. Is this to say that we must substitute for the idea of human advancement one of decay and decline?

Stating the matter in this way, as a choice between progress and decadence, has not the least interest. One can say the most opposite things about the age in which we live and they will be equally true–itself an exhilarating and frightening thing. We must keep two things in mind at once, the possibility of catastrophe and the possibly cosmic responsibility that falls to humanity of trying to avert this catastrophe. At the table where the parties to Rawls’s social contract sit, all generations are equal according to him: the claims of no one generation have greater weight than those of others. But plainly generations are not equal from the moral point of view. Ours and the ones that will follow us have a considerably higher moral standing than previous generations, of whom it may be said today, by contrast with our present situation, that they did not know what they were doing. We are now witnessing the emergence of humanity as a quasi-subject, the dawning awareness that its destiny is self-destruction, and the birth of an absolute responsibility to avoid this self-destruction.

As for our own responsibility, it is not addressed to future generations–these anonymous beings whose existence is purely potential, and in whose happiness and welfare it will never be possible to believe that we shall have any reason at all to take a genuinely personal interest. To cast our responsibility in terms of a requirement to achieve distributive justice across generations lands us in a dead-end.

3)

It is in relation to the fate of humanity that our duty must be conceived, which is to say in relation to ourselves, here and now. Thus Dante, in the tenth canto of the Inferno: So you understand how our awareness will die completely at the moment when the portal of the future has been shut.

4)

If the door to the future were to close, as a result of our own actions, the very meaning of human history would be forever destroyed, not only in prospect but in retrospect as well:

“The day after tomorrow, the flood will be something that has been. And when the flood will have been, everything that is will never have existed.”

Can we find the conceptual resources we need by looking outside the Western tradition?

Amerindian wisdom literature has bequeathed to us this very fine saying:

“The earth is loaned to us by our children.”

5)

It expresses a cyclical conception of time that seems strange to our way of thinking. And yet the maxim takes on even greater force in a linear perspective, I believe, once the necessary mental adjustment has been made. Notwithstanding that our children–that is, the children of our children, and their children, and so on indefinitely–have neither physical nor legal existence, we are enjoined to reverse the flight of time’s arrow and imagine that it is they who bring us the earth–which is to say everything that we value. We do not own nature, we have only the usufruct of it. From whom have we received it? From the future! Anyone who objects,“ But the future is not real–it does not yet exist! ”will have done nothing more than draw our attention to the stumbling block that confronts every philosophy of future catastrophe: we fail to recognize, or do not recognize as we should, and as we must, the reality of the future.

Notice that the maxim is not content to reverse time; it reconfigures time into a loop. The maxim invites us to project ourselves into the future and to look back at the present from a point of view that we will ourselves have created, since we are the ones who make our children, biologically and, above all, morally. Through this act of imagination, by splitting time into two parts and then joining them together in the form of conscious experience, it may perhaps be possible to establish the reciprocity between present and future that is wanting. Whether or not the future has any need of us, we, for our part, need the future, for it is the future that gives meaning to everything that we do.

Noah’s purpose in Anders’s parable is to devise just such a reciprocity. In mourning deaths that have not yet occurred, it reverses time, or better it gives it the shape of a loop, and so, in effect, denies the future by transforming it into an eternal present. But the doomsayer’s misfortunes have not yet come to an end. Either his prophecy proves to be true, and yet we show him no gratitude for having given us warning (if we do not actually accuse him of being the cause of the calamity he has rightly foreseen); or his forecast goes unfulfilled, the predicted catastrophe does not take place, and afterward he is mocked and ridiculed for having struck the pose of a Cassandra. But it was Cassandra’s fate that her prophecies were never to be heeded. It seems not to have occurred to anyone that, if a catastrophe does not take place, it may be because warning was given beforehand and the warning was heeded.

“The prophecy of doom is made to avert its coming,” Jonas observes, “and it would be the height of injustice later to deride the ‘alarmists’ because ‘it did not turn out [to be] so bad after all.’ To have been wrong may have been their merit.”

6)

The paradox of doomsaying arises from the fact that the prospect of catastrophe can be made credible only if we can be persuaded first of its reality–of its existence as part of a fixed future. In this conception, the predicted sufferings and deaths will inevitably occur; they are the unmistakable marks of an implacable destiny. The present preserves the memory of them, as it were, as a result of the mind’s having projected itself into the time following the catastrophe, conceiving of the event in the future perfect tense: there exists a moment in the future that we may look forward to, and say of the prophesied catastrophe that at that moment it will have taken place; thus, for example, in Anders’s parable, the flood is something that will have been, the day after tomorrow. If we succeed too well in doing this, however, we risk losing sight of our purpose, which is to heighten public awareness and bring about concerted action so that the catastrophe does not occur:

“Let me help you build an ark, so that it may become false.” The same paradox is at the heart of a classic figure of literature and philosophy, the killer judge, who “neutralizes” all those of whom it is written that they shall commit a crime–with the result that their crimes will not be committed.

7)

Intuitively one feels that the paradox derives from the failure of the past prediction to be joined with the future event in a closed loop. But the very idea of such a loop makes no sense in our ordinary metaphysics, as the modal logic of prevention shows.

Prevention consists in taking action to ensure that an unwanted action is relegated to the ontological realm of non-actualized possibilities. The catastrophe, even though it does not occur, retains the status of a possibility, not in the sense that it would still be possible for it to take place, but in the sense that it will forever remain true that it could have taken place. When one announces that a catastrophe is imminent, in order to avert it, this announcement does not possess the status of a prediction, in the strict sense of the term: one does not claim to say what the future will be, onlywhat it would have been had preventive measures not been taken. There is no need for any loop to close here. The announced future does not have to coincide with the actual future, the forecast does not have to come true–for the announced “future” is not in fact the future at all, but a possible world that is, and will remain, non-actual.

8)

The temporal logic of prevention makes sense to us because it corresponds to what might be called common-sense metaphysics, in which time assumes the form of a branching tree within which the actual path of events can be traced. Time is a garden of forking paths, to quote Jorge Luis Borges, the most metaphysical of poets and the most poetic of metaphysicians.

The metaphysics implicit in Günther Anders’s parable is obviously of another type. There time takes the form of a loop in which the past and the future reciprocally interact and determine each other. On this view, the future is no less fixed than the past:

“When he was asked when this catastrophe had taken place, he replied to them: ‘Tomorrow’. . . . The day after tomorrow, the flood will be something that has been”. One of the consequences of likening the future to destiny or fate is that any event which belongs neither to the past nor the future is impossible. From this it follows that precaution cannot take the form of prevention. Prevention supposes that an undesirable event, once prevented, is a non-actualized possibility; in other words, an event must be possible in order for us to have a reason to act to prevent it; but if our reaction is effective, the event does not occur.

Such a state of affairs is impossible in the time-world of the prophet of doom.

The paradoxical character of catastrophe under the interpretation that I am urging is highly paradoxical, but it resonates with patterns that are familiar to the western mind. The idea that a catastrophic event not only belongs to the future as something that is fated to happen, but at the same time is contingent and accidental, something that might not happen–even if, from the perspective of the future perfect, it appears to be necessary–is perfectly familiar to the man in the

COMPLEMENT:

Simplismes de l’écologie catastrophiste
Les « collapsologues », ces militants écologistes qui prophétisent l’effondrement certain de la civilisation industrielle, ont le vent en poupe comme en témoigne le succès populaire de leurs livres. Mais s’il y a effectivement péril en la demeure, ceux qui le clament sont parties prenantes de la panique qui désormais s’installe selon Jean-Pierre Dupuy. Le théoricien du « catastrophisme éclairé » remet ici les choses au point face à ce qu’il considère comme un flou conceptuel dangereux.
Jean-Pierre Dupuy
Philosophe
AOC
21.10.2019

De plus en plus de gens croient que l’humanité court de graves dangers et que les décennies à venir seront décisives pour sa survie. De là à prétendre qu’avant 2030 il est certain que la civilisation industrielle se sera « effondrée », au sens qu’une série de catastrophes, principalement climatiques, auront éliminé la moitié de la population mondiale en moins d’une décennie, il y a un gouffre avant tout conceptuel qu’il est très risqué de franchir.

Certains en France n’ont pas hésité à le faire et ils en ont été récompensés par un succès public important. Leurs livres se vendent par centaines de milliers d’exemplaires et l’on se bouscule à leurs conférences comme on pouvait le faire jadis pour entendre, au Collège de France ou ailleurs, des stars de l’intellect comme Michel Foucault ou Jacques Lacan. Ce qu’ils ont à dire n’est hélas pas du même niveau et l’impact que cette littérature médiocre a sur les gens ajoute au risque d’« effondrement » qu’elle-même prophétise. Il y a effectivement péril en la demeure mais ceux qui le clament sont parties prenantes de la panique qui s’installe.

Critiquer ces militants qui se désignent eux-mêmes par l’horrible sobriquet de « collapsologues » n’est cependant pas facile. Ils attirent l’attention générale sur des problèmes considérables que les optimistes béats et le marais des indifférents qui forment encore la majorité de la population française balaient trop facilement sous le tapis. Je suis ici obligé de me mettre en scène. Certains de ces collapsologues me citent abondamment et disent m’approuver, et ils vont même jusqu’à prendre, dans le livre qui a lancé le mouvement, une citation de moi comme « leitmotiv » de celui-ci[1]. Certes, ils n’en ont pas vraiment compris le sens mais le fait qu’ils estiment ainsi me devoir quelque chose m’amène à me demander ce qui, dans mes propos, a pu prêter à confusion.

Beaucoup plus grave est le flou conceptuel dans lequel baignent ces livres.

Nos auteurs ont un talent certain pour influencer sinon le climat, du moins le climat de l’opinion publique. Ils connaissent les ficelles du marketing et certaines sont franchement déplaisantes. Le message que nous portons, nous disent-ils, est très dur, puisqu’il s’agit de la fin du monde tel que nous le connaissons, et nous prévoyons que plus d’un lecteur aura de ce fait beaucoup de mal à nous lire. « J’avoue avoir rédigé cet ouvrage d’une main tremblante », nous confie Yves Cochet, dans son dernier livre[2].

Quant à Servigne, il fait montre d’une obligeance qui mérite d’être saluée : « Si une personne n’est pas (encore) capable de parler d’effondrement, il ne faut probablement pas l’y forcer. C’est un appel à accepter que chacun·e chemine à son rythme dans ce type de processus. »[3] Le tour de passe-passe est évidemment que la mise en garde fait accepter subrepticement son présupposé, à savoir que le message dit vrai. Je pense au lancement du film d’horreur de Tobe Hooper, Massacre à la tronçonneuse (1974). Attention, il vous faudra un mois pour vous en remettre, prévenait la publicité. Et la foule accourait.

Beaucoup plus grave est le flou conceptuel dans lequel baignent ces livres. Les auteurs ont beaucoup lu mais pas forcément les bonnes sources, ou bien ils ne les ont pas bien comprises. Le concept de « système complexe » occupe à juste titre une place importante dans leurs écrits. Tandis que la France inventait le structuralisme, ailleurs dans le monde se développait la science des systèmes, reconnue aujourd’hui comme indispensable dans nombre de disciplines de pensée. Dès le départ (1948), le concept de complexité a été défini de manière très spécifique et distingué de celui de complication, et la question a été posée : la complexité favorise-t-elle la stabilité des systèmes ou est-ce le contraire ?

Les collapsologues présentent une version caricaturale de cette discussion, qui se conclut ainsi : « la structure de plus en plus globalisée, interconnectée et verrouillée de notre civilisation la rend non seulement très vulnérable à la moindre perturbation interne ou externe, mais la soumet désormais à des dynamiques d’effondrement systémique. (…) nous en déduisons que notre société peut s’effondrer dans un avenir proche[4]. »

Cependant, tant l’observation que la théorie montrent que les écosystèmes, pour ne parler que d’eux, présentent une résistance aux chocs, nommée résilience ou robustesse, fantastique. Comme le dit un maître du domaine, « il semble que la nature s’efforce d’atteindre la robustesse au moyen de réseaux complexes hautement interconnectés. » Comment expliquer la bévue des collapsologues ?

Je ne peux que résumer ici une discussion ardue. Un grand nombre de systèmes naturels, techniques et sociaux, mais pas tous, présentent une structure très caractéristique. Formés de nœuds et de liens entre ces nœuds – disons, comme les neurones du cerveau et les synapses qui les relient –, ils sont tels qu’un nombre relativement faible de nœuds concentrent l’essentiel des liens et jouent le rôle de plaques tournantes (hubs), tandis qu’un nombre considérable de nœuds ne sont liés aux autres que par un ou deux liens. Sur la Toile, 80 pour cent des liens sont dirigés sur seulement 15 pour cent des sites.

Obéissent à cette structure de nombreux écosystèmes dont les réseaux trophiques (qui mange qui), le système nerveux, le réseau des relations chimiques qui constituent le métabolisme d’une cellule, le réseau Internet, la Toile, les réseaux de distribution d’électricité, le réseau des liaisons aériennes, de nombreux réseaux d’influence sociale. Si ces systèmes sont si abondants, c’est par la grâce de la loi quasi universelle selon laquelle « on ne prête qu’aux riches » : lorsqu’un réseau se constitue et qu’un nœud nouveau s’agrège à l’ensemble, les liens qu’il tisse avec les nœuds existants s’adressent de préférence à ceux qui attirent déjà beaucoup de liens.

Cela explique que ces systèmes soient en même temps robustes et vulnérables. Ce n’est pas, comme le prétendent les collapsologues, qu’ils soient destinés à passer de la résilience à l’effondrement. C’est la place des plaques tournantes qui explique l’une comme l’autre. Lorsque des défaillances touchent au hasard les nœuds du système, les nœuds les moins reliés, étant de loin les plus nombreux, ont beaucoup plus de chance d’être affectés que les plaques tournantes. La disparition d’un nœud peu relié n’a qu’une incidence minime sur le fonctionnement global du réseau. En revanche, si une ou plusieurs plaques tournantes sont attaquées, le système s’effondrera tout d’un coup.

Beaucoup plus graves encore sont les très nombreuses incohérences du propos. Je m’attacherai à l’une d’entre elles, celle qui me conduira à ma conclusion. En fin de compte, l‘effondrement est-il si certain que cela ? D’un livre à l’autre, la progression est visible, comme si le mouvement s’alimentait à sa propre dynamique. On passe de la possibilité (écrit Servigne en 2015) à la probabilité (Servigne, en 2018), de celle-ci à la certitude, et de la certitude à l’inéluctabilité datée (selon Cochet, en 2019). Souvent, c’est dans le même livre qu’on lit une chose et son contraire, parfois dans la même page.

Dans son ouvrage de 2019, Cochet bat tous les records. On apprend d’une part que « l’effondrement de la société mondialisée est … certain vers 2030, à quelques années près (sic) » (p. 40). Cochet n’a pas réfléchi au fait que si le monde – disons, celui des « décideurs » – était assez dérangé pour prendre au sérieux cette prophétie, c’est aujourd’hui que l’effondrement aurait lieu, rendant la prophétie fausse. Le raisonnement dit par « inférence rétrograde » (backward induction) s’applique alors classiquement : en 2029, la valeur des créances, y compris la monnaie, tomberait à zéro, puisqu’aucun remboursement ne serait possible ; pour la même raison, il en irait de même en 2028 et dans toutes les années antérieures.

Cochet n’en démord pas : « … les humains, quelle que soit leur situation de pouvoir, ne peuvent plus modifier que marginalement la trajectoire fatale qui conduit [à l’effondrement]. » (p.116). Quelques pages plus loin, on lit cependant ceci : « Je ne cesse d’agir pour tenter d’éviter la catastrophe » (p.120). Et, plus loin encore : « Attention ! Les catastrophistes – dont je suis – ne peuvent pas prétendre à une certitude absolue quant à la survenue de l’effondrement. Ils estiment simplement que, à l’heure actuelle, c’est le scénario le plus probable. » (p.197). Et comment l’estiment-ils ? Tous les collapsologues invoquent ici l’« intuition[5] ». C’est ce sixième sens qui les met en rapport direct avec l’avenir. C’est prendre ses lecteurs pour des débiles mentaux.

On peut rêver d’un manuel de collapsologie qui serait débarrassé de toutes ces scories, bévues, incompréhensions, incohérences et autres je-m’en-foutismes. Il n’en buterait pas moins sur un obstacle insurmontable, qui tient à la situation paradoxale du prophète de malheur que les collapsologues veulent incarner et qu’ils échouent à concevoir. Me citant[6], Servigne reprend, mais incomplètement, la formule du philosophe allemand Hans Jonas : « La prophétie de malheur est faite pour éviter qu’elle ne se réalise ; et se gausser ultérieurement d’éventuels sonneurs d’alarme en leur rappelant que le pire ne s’est pas réalisé serait le comble de l’injustice : il se peut que leur impair soit leur mérite. »

Nos auteurs, cependant, entendent « faire un pas de plus », au motif qu’il leur paraît « très difficile » d’éviter l’effondrement – ils se réfèrent à ce qu’ils ont compris du « catastrophisme éclairé », à savoir qu’il fallait faire comme si l’effondrement était certain, ce que, encore une fois, je n’ai jamais dit. Ce pas de plus est un de leurs leitmotive : la catastrophe est certaine, mais on peut en atténuer les effets.

Les collapsologues, comme tous les prophètes, entendent donc avoir un impact sur la marche du monde. Ils comptent sur le fait que leur parole sera entendue et que les gens, prenant ce qu’ils disent de l‘avenir pour la vérité, réagiront en conséquence et dans la bonne direction. Comme l’écrit Jonas, cela veut dire que le prophète après tout n’aura pas dit la vérité, qu’il aura été un faux prophète et qu’il aura dupé ceux qui l’écoutent. Notons que cela ne pose aucun problème dans le cas d’une institution comme « Bison futé » : elle annonce un retour de vacances très chargé sur telles autoroutes entre telle et telle heure, de façon à modifier les comportements.

Ce n’est pas l’« à-venir » qu’elle prédit, mais un futur possible qui se produirait si les automobilistes n’étaient pas informés de la situation. Cela, tout le monde le sait et l’accepte. Mais ce n’est pas ainsi que l’entendent tant Jonas [?] que les collapsologues. Ce qu’énonce le prophète, ce n’est pas un avenir possible, c’est l’avenir tel qu’il sera, indifférent – on l’a vu dans Devant l’effondrement (Cochet, 2019) – aux réactions que sa prévision entraîne, ayant la forme du destin. De là une contradiction, une impasse que les collapsologues n’ont ni vue, ni su résoudre, ce qui explique leurs errements.

Annoncer que la catastrophe est certaine, c’est contribuer à la rendre telle. La passer sous silence ou en minimiser l’importance, à la façon des optimistes béats, conduit au même résultat. Ce qu’il faudrait, c’est combiner les deux démarches : annoncer un avenir destinal qui superposerait l’occurrence de la catastrophe, pour qu’elle puisse faire office de dissuasion, et sa non-occurrence, pour préserver l’espoir. Dans d’autres disciplines, cette superposition serait la marque d’une indétermination. On voit que l’indétermination de la catastrophe future n’est pas du tout la même chose que la conviction que son occurrence est certaine.

Je peux maintenant citer la phrase que les collapsologues ont choisie pour « leitmotiv » en espérant que je serai cette fois mieux compris : « C’est parce que la catastrophe constitue un destin détestable dont nous devons dire que nous n’en voulons pas qu’il faut garder les yeux fixés sur elle, sans jamais la perdre de vue. »

[1] Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer : petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, Paris, Seuil, coll. « Anthropocène », 2015, p.253.
[2] Cochet, Devant l’effondrement. Essai de collapsologie, Les Liens qui libèrent, Paris, 2019, p.120.
[3] Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle, Une autre fin du monde est possible : Vivre l’effondrement (et pas seulement y survivre), Paris, Seuil, coll. « Anthropocène », 2018, p.86.
[4] Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer : petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, Paris, Seuil, coll. « Anthropocène », 2015, p.128-129 et 130.
[5] Par exemple, Servigne, dans son ouvrage de 2015, p. 142.
[6] Servigne, 2015, p. 253.

Jean-Pierre Dupuy

Philosophe, Professeur à Stanford University

Voir enfin:

1Spécialiste des courants gnostiques, peu connu du grand public, Hans Jonas (1903-1993) a 76 ans et déjà une longue carrière derrière lui quand il fait paraître Le Principe Responsabilité en 1979. L’ouvrage connaît un immense succès en Allemagne où il devient un best-seller philosophique. Face à un texte long, sinueux, souvent aride, un tel écho peut surprendre. Il témoigne des attentes vis-à-vis d’une question encore peu pensée alors par la philosophie : celle des menaces qui pèsent sur la survie de l’homme et de la nature. Le Principe Responsabilité devient en quelques années le livre de chevet de nombreux écologistes.

Repenser la responsabilité morale

2Pour H. Jonas, les éthiques traditionnelles sont désormais caduques. Il n’entend donc rien moins que proposer « une éthique pour la civilisation technologique ». Le titre Le Principe Responsabilité fait référence au Principe Espérance du marxiste Ernst Bloch qui réhabilitait l’utopie. Au-delà d’E. Bloch, cible directe de son livre, c’est plus généralement au marxisme que s’attaque H. Jonas. Et notamment son rapport « naïf » à la technique, survalorisée sans véritable conscience des dangers qu’elle recèle.

3Le constat dont part H. Jonas fait l’objet d’un consensus de plus en plus large : le développement des sciences et des techniques est tel qu’il constitue une menace et met en péril la nature et l’homme lui-même. Dans une folle fuite en avant, il semble devenu immaîtrisable. Or, l’éthique traditionnelle ne peut répondre à ce problème. Elle souffre selon lui de plusieurs insuffisances. Tout d’abord, elle est trop anthropocentrique, c’est-à-dire qu’elle est centrée sur les rapports qu’ont les hommes entre eux alors qu’il faut désormais songer aussi à nos rapports à l’environnement. du reste, ce n’est pas seulement lui qui est menacé mais aussi la nature humaine elle-même – notamment par les manipulations génétiques – et les conditions d’une existence digne de ce nom.

4Il faut donc repenser le concept de responsabilité. Il faut d’abord changer d’horizon temporel. La responsabilité ne concerne pas seulement les actes déjà commis, mais porte aussi sur nos actions à venir. D’autant que le rapport au temps de l’éthique traditionnelle est trop étroit : elle envisage le présent ou le futur proche là où il est devenu indispensable de penser notre responsabilité par rapport à l’avenir et même à un avenir lointain. Les effets néfastes de la technique ne touchent pas seulement notre génération mais ont également un impact à long voire à très long terme (c’est le cas des déchets nucléaires par exemple). En ce sens, c’est proprement une « éthique du futur » que propose H. Jonas. Elle engage une responsabilité immense qui ne porte pas seulement sur nos actes immédiats : « L’avenir de l’existence entière, par-delà l’influence directe du responsable et, par le fait même, par-delà la possibilité d’un calcul concret, devient un objet complémentaire de tous les actes individuels de responsabilité qui à chaque fois se soucient de l’immédiat le plus proche. » Même si l’idée peut sembler contre-intuitive, c’est de l’avenir même lointain que procède aussi notre responsabilité.

Un nouvel impératif catégorique

5Emmanuel Kant affirmait « Tu dois, donc tu peux ». H. Jonas retourne ce principe et dit « Tu peux, donc tu dois ». Le pouvoir technique nous oblige à la hauteur de ses effets potentiels. Aujourd’hui, notre responsabilité est aussi immense et immaîtrisée que l’est notre pouvoir technique. Cette responsabilité ne se limite guère aux effets que nous avons voulus. H. Jonas propose donc un nouvel impératif catégorique qu’il formule de quatre manières différentes : « Un impératif adapté au nouveau type de l’agir humain et qui s’adresse au nouveau type de sujets de l’agir s’énoncerait à peu près ainsi : “Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur Terre”, ou pour l’exprimer négativement : “Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d’une telle vie” ; ou simplement : “Ne compromets pas les conditions pour la survie indéfinie de l’humanité sur Terre” ; ou encore, formulé de nouveau positivement : “Inclus dans ton choix actuel l’intégrité future de l’homme comme objet secondaire de ton vouloir.” » Est-ce pour la survie de l’homme qu’il faut préserver la nature ou bien cette dernière doit-elle aussi être respectée pour elle-même ? L’impératif tel qu’il est formulé laisse clairement entendre que la fin de cette éthique est la survie et l’intégrité de l’espèce humaine. La préservation de la nature n’est-elle alors qu’un moyen sur cette voie ? H. Jonas dans plusieurs passages semble aller au-delà d’une conception purement instrumentale : « Un appel muet qu’on préserve son intégrité semble émaner de la plénitude du monde de la vie, là où elle est menacée », reconnaît-il.

6L’éthique du futur doit en outre rompre avec l’idée de droits et de devoirs fondée sur la réciprocité. De même que des parents ont une responsabilité non réciproque vis-à-vis de leur nourrisson, nous sommes responsables à l’égard de l’humanité à venir : d’abord de son existence mais aussi d’une existence digne de ce nom. Comme pour le nourrisson, c’est la vulnérabilité de l’homme et de la nature, le périssable en tant que tel, qui crée ce devoir.

Une « heuristique de la peur »

7Face aux dangers, il est indispensable d’anticiper les effets même lointains de l’action technique. Il faut donc constituer une « futurologie comparative » qui s’attache à faire des prédictions hypothétiques. H. Jonas défend l’idée d’une « heuristique de la peur ». Non seulement la peur nous pousse à anticiper et mieux connaître la menace, mais elle constitue l’aiguillon de la nouvelle éthique à construire : « La philosophie morale doit consulter nos craintes préalablement à nos désirs, afin de déterminer ce qui nous tient réellement à cœur. » Elle n’est pas la peur qui encourage l’inaction, mais au contraire celle qui oblige à agir. Elle n’est pas pusillanimité, elle est fondée et rationnelle. Thomas Hobbes dans sa théorie du contrat social avait déjà donné une place centrale à la peur. Mais elle était égoïste : c’est la peur d’une mort violente qui poussait les hommes à s’associer. La peur que promeut H. Jonas est au contraire une « crainte désintéressée » : elle a pour objet le futur, l’existence de l’humanité à venir.

Vers une « tyrannie bienveillante » ?

8H. Jonas n’a pas la naïveté de penser que le problème éthique posé par le développement de la civilisation technologique peut être simplement résolu à un niveau individuel. Seul le pouvoir politique peut imposer des restrictions à des innovations techniques dangereuses et amener la société à changer de mode de vie, notamment à réduire sa consommation. S’il ne propose pas à proprement parler de théorie politique, il évoque à de nombreuses reprises le problème et émet sans détour des doutes sur la capacité des gouvernements libéraux représentatifs à mettre en œuvre cette éthique de la responsabilité. Car qui représente l’avenir ? « Ce qui n’existe pas n’a pas de lobby et ceux qui ne sont pas encore nés sont sans pouvoir : c’est pourquoi les comptes qu’on leur doit ne sont pas encore adossés à une réalité politique dans le processus actuel de décision et quand ils peuvent les réclamer nous, les responsables, nous ne sommes plus là. » L’horizon temporel de ceux qui exercent un mandat politique est bien trop limité. Ils ne peuvent en outre se risquer à aller contre la volonté du peuple, même pour son bien. Le processus démocratique est à ce titre difficilement compatible avec l’éthique du futur qu’il appelle de ses vœux. H. Jonas croit davantage en « une tyrannie bienveillante, bien informée et animée par la juste compréhension des choses ». Une vision politique qui rencontrera, sans surprise, de nombreuses critiques ! Ce ne sont pas les seules. Beaucoup jugent rétrograde et pessimiste la vision de la technique qu’a H. Jonas, perçu comme un nouveau prophète de malheur. À quoi celui-ci par avance rétorque dans son ouvrage : « La prophétie de malheur est faite pour éviter qu’elle se réalise ; et se gausser ultérieurement d’éventuels sonneurs d’alarme en leur rappelant que le pire ne s’est pas réalisé serait le comble de l’injustice : il se peut que leur impair soit leur mérite. »

 


Elections américaines: Une invraisemblable servilité à l’égard de l’islamisme (Doctrine Obama: Four more years of they’re jihadists but they’re our jihadists?)

4 septembre, 2012
C’est peut-être un salaud, mais c’est notre salaud. Roosevelt (ou Dulles?)
ll y a charia et charia. Et il faut, avant d’entonner le grand air de la régression et de la glaciation, savoir de quoi on parle. Charia, d’abord, n’est pas un gros mot. Comme “djihad” (qui signifie “effort spirituel” et que les islamistes ont fini par traduire en “guerre sainte”), comme “fatwa” (qui veut dire “avis religieux” et où le monde, à cause de l’affaire Rushdie, a pris l’habitude d’entendre “condamnation à mort”), le mot même de charia est l’enjeu d’une guerre sémantique sans merci mais continue de signifier, heureusement, pour la majorité des musulmans, quelque chose d’éminemment respectable. BHL
Dans le monde musulman d’aujourd’hui, peut-être certains s’interrogent sur l’attitude de la France à l’égard de l’islam, probablement à cause de l’attitude de certains de nos prédécesseurs immédiats. Eh bien je veux vous dire clairement que la page est tournée. Laurent Fabius (ministre des Affaires étrangères, devant les 57 ambassadeurs de l’OCI (organisation de la coopération islamique, 23.07.12)
Quand un occupant commence à frapper ses anciens alliés, la fin est proche. L’occupation ba’asiste du Liban dure depuis 30 ans et même la fin de l’ère soviétique n’a pas mis fin à l’Anschluss syrien. Relique de l’ère soviétique, le régime Assad a annihilé ses opposants chrétiens et a coincé les sunnites entre sa terreur et celle du Hezbollah. (…) La Syrie est perdue dans une fuite en avant apocalyptique qui risque de laisser le Liban en cendre. Walid Phares (2005)
En bref, l’administration Obama a malheureusement échoué à venir à la rescousse d’une population menacée par un allié de l’Iran. Certains font remarquer que cela pourrait être une politique, plutôt qu’une absence de politique, qui évoque en nous l’attitude envers les manifestants iraniens en juin 2009. Des observateurs suggèrent ainsi qu’une doctrine Obama non déclarée pour le Moyen-Orient souhaite laisser l’Afrique du Nord aux Frères musulmans et le Levant à l’influence iranienne. Walid Phares
Dans le monde arabo-islamique, l’Occident reste en fait la référence absolue : l’exemple même d’une société libre, pacifique, développée, puissante. Mais les Occidentaux ne s’en rendent pas compte, ou ne veulent pas s’en rendre compte. Une sorte de tropisme les conduit à soutenir systématiquement les régimes les plus archaïques, les moins démocratiques, les plus antioccidentaux, puis, quand ceux-ci s’effondrent, à se tourner vers les révolutionnaires les plus extrémistes. Un exemple accablant de ce comportement a été fourni par Barack Obama, qui est allé prononcer au Caire un discours d’une invraisemblable servilité à l’égard de l’islamisme en juin 2009, au mo­ment même où la société civile ira­nienne se révoltait contre la dictature des mollahs. Walid Pha­res

Quatre ans de plus de « c’est des jihadistes mais nos jihadistes »?

A l’heure où, à deux mois de l’élection de novembre, l’écart entre « l’Acheteur en chef des voix des uns avec l’argent des autres » (pour 15.000 milliards quand même de dette publique soit 7,6 % du PIB) et son adversaire républicain est entré dans la marge d’erreur …

Et où, à l’instar de l’imbroglio syrien et des suites catastrophiques de l’opération libyenne, le prétendu « printemps arabe » a largement commencé à montrer ses limites et ses vraies couleurs  …

Retour, avec le géopolitologue et conseiller du candidat Romney libano-américain Walid Phares, sur cette sorte de nouvelle doctrine Eisenhower non déclarée que menace de perpétuer une réélection Obama, consistant, tout en ayant maintenu l’essentiel du dispositif antiterroriste de son prédécesseur – Guantanamo compris – et même intensifié les éliminations ciblées, à  « laisser l’Afrique du Nord aux Frères musulmans et le Levant à l’influence iranienne ».

De même qu’une « ‘invraisemblable servilité », hélas partagée par une bonne part des pays occidentaux, à l’égard de l’islamisme, les « conduisant à soutenir systématiquement les régimes les plus archaïques, les moins démocratiques, les plus anti-occidentaux, puis, quand ceux-ci s’effondrent, à se tourner vers les révolutionnaires les plus extrémistes » …

L’échec syrien de l’administration Obama

 Walid Pharès (conseiller de Mitt Romney)

L’Orient le jour

28/08/2012

Conseiller auprès du Congrès américain pour le terrorisme et le Moyen-Orient ; conseiller en matière de politique étrangère et de sécurité nationale de Mitt Romney.

Conseiller auprès du Congrès américain pour le terrorisme et le Moyen-Orient ; conseiller en matière de politique étrangère et de sécurité nationale de Mitt Romney.

OPINION

L’effusion de sang en Syrie a presque atteint les proportions d’un génocide. Depuis le printemps 2011, les massacres perpétrés par le régime d’Assad ont emporté des dizaines de milliers de civils, dont des enfants, des femmes et des personnes âgées. S’il est un fait que des milices jihadistes ont émergé, et dans certains cas ont effectivement perpétré des abus, la grande majorité des Syriens qui manifestent contre le régime baassiste ne cherche pas à édifier un émirat du style taliban. Cette réalité politique, clairement comprise par les observateurs chevronnés et les experts compétents, continue d’échapper à une bonne partie de l’opinion publique internationale. Le conflit en Syrie est interne, régional et international, et il est maintenant sur le point de provoquer une catastrophe humaine, obligeant la communauté internationale à agir pour la défense d’une population en voie de disparition. Non seulement le droit international mais également la Charte de l’ONU exigent un plan de sauvetage pour des millions de civils innocents, pris au piège dans une guerre qui n’a cessé d’élargir son spectre.

Comme je l’avais prédit dans mon livre The Coming Revolution : Struggle for Freedom in the Middle East, publié quelques mois avant le printemps arabe et six mois avant la révolution syrienne, la société civile en Syrie a atteint un niveau critique de rejet du régime répressif et sécuritaire des Assad. Dans ma projection, j’avais soigneusement fait valoir que les Syriens finiraient par se soulever contre le régime baassiste, certains en raison de la répression passée, comme les sunnites, d’autres en raison du traitement à l’égard des minorités ethniques, comme les Kurdes… mais une majorité populaire finirait par imiter le soulèvement de la révolution du Cèdre au Liban en 2005 contre l’occupation syrienne, ainsi que la révolution Verte à Téhéran contre le régime khomeyniste, principal allié d’Assad dans la région. Les Syriens ont finalement brisé le mur de la peur et ont déferlé dans les rues à partir du printemps 2011. Les insurgés de Deraa, dans le Sud, et de Homs, au centre, ont suivi l’exemple des Égyptiens, qui venaient de renverser Moubarak, et des Tunisiens, qui avaient poussé Ben Ali à l’exil. Beaucoup pensaient à l’époque qu’il suffirait que des manifestations de masse prennent les rues d’assaut pour que la communauté internationale, emmenée par les États-Unis, force Assad à démissionner. Les Syriens et les Arabes avaient été témoins de l’escalade des pressions diplomatiques menée par le président Obama contre Le Caire et Tunis, et pensaient qu’il en serait de même avec Damas. Et lorsque Kadhafi a lancé ses chars sur Benghazi et les quartiers de Tripoli en 2011, Washington a mené, à partir d’une position d’arrière-garde il est vrai, la campagne aérienne et maritime de l’OTAN visant à épuiser l’armement stratégique du dictateur, donnant à l’opposition l’occasion de livrer sa bataille au sol, ce qui a ultimement conduit à la chute de l’homme fou, comme Sadate avait l’habitude de l’appeler.

Entre-temps, les manifestants syriens avaient été brutalisés, les enfants torturés et des centaines de citoyens tués par semaine. L’administration Obama n’a pas été à la mesure du niveau d’espoir et de la tragédie qui se déroulent dans toute la Syrie. Des mois se sont écoulés avant que les pressions diplomatiques américaines ne soient devenues suffisamment sérieuses et les sanctions économiques appliquées. Le temps que les pressions à l’égyptienne, et plus, aient été adoptées en Syrie, la situation était déjà devenue similaire à celle de la Libye. Washington était en retard, très en retard. Les troupes de Bachar el-Assad massacraient déjà des milliers de civils dans les villes et villages et une « Armée syrienne libre » avait déjà vu le jour et défié le régime.

Au moment où la révolution était devenue une quasi-guerre civile, les États-Unis saisirent le Conseil de sécurité pour une initiative sur la Syrie. Mais parce que les dirigeants russes ont prétendu avoir été dupés sur la Libye avec la résolution 1973, le veto de Moscou – soutenu par la Chine – bloqua toute référence à une résolution fondée sur le chapitre 7, condition sine qua non pour une action militaire contre le régime. Encore une fois, malheureusement, l’administration Obama était en retard pour obtenir un mandat en faveur de l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne ou même de couloirs humanitaires pour aider les civils. Et pour cause : toute enclave de sauvetage doit être protégée par les forces de l’ONU, en vertu d’une décision autorisée sous l’égide du chapitre 7, désormais rendue impossible.

Au printemps dernier, l’équation sur le terrain s’est modifiée avec des conséquences dramatiques. Les rebelles ont remporté des victoires plus tactiques, pénétrant dans nombre de villes et de villages, saisissant des points de contrôle aux frontières et, comme nous l’avons vu dernièrement, portant des coups durs au directoire d’Assad. Ainsi, l’opposition progressa, grâce à sa propre force et avec un soutien minimal des acteurs régionaux. Mais sans une initiative internationale ou arabo-occidentale stratégique, l’opposition interne risque le massacre aux mains d’une armée puissante qui, en dépit des défections multiples, continue d’écraser les enclaves rebelles émergentes et d’élargir le spectre de la violence contre les civils.

Pourquoi l’administration Obama n’a-t-elle pas agi fermement et de façon stratégique sur la question syrienne, quand bien même elle aurait pu profiter d’un soutien européen – surtout français –, turc et arabe ? La raison principale qui a freiné une telle action – raison non déclarée, mais généralement admise – réside dans les craintes de la Maison-Blanche de ce qu’elle appelle une escalade régionale. En fait, Assad est un allié du régime iranien et du Hezbollah au Liban, et beaucoup au sein du gouvernement irakien soutiennent discrètement cet axe. Washington craint qu’une action militaire contre la Syrie, sous quelque forme que ce soit, provoque une contre-offensive non pas d’un seul, mais de quatre régimes. Dans le cadre d’une année électorale, comme il apparaît dans l’esprit des stratèges d’Obama, un président en exercice pourrait ne pas vouloir risquer une campagne militaire contre un pays dont le régime fait partie d’une alliance régionale menée par l’Iran. Et comme l’administration n’a aucun plan d’endiguement pour l’Iran, elle se trouve par conséquent incapable de commencer, en Syrie, une série d’actions qui pourraient déboucher sur une confrontation dans le Golfe, en Irak et au Liban, sans compter qu’elle pourrait impliquer Israël à une plus grande échelle.

Malheureusement, l’incapacité à déboulonner Assad est due à un manque de décision stratégique US concernant l’Iran et le Hezbollah, attitude qui a envoyé un message clair au dictateur syrien : il peut agir en toute impunité au moins jusqu’au 6 novembre, ce qu’il est en train de faire, sans pitié. L’un des résultats majeurs de cet échec est la croissance spectaculaire du nombre de victimes civiles à l’intérieur de la Syrie : l’on peut voir la mort et le chaos via Internet et YouTube au quotidien. Un autre effet de l’incapacité étatsunienne est l’inquiétante pénétration par des réseaux jihadistes armés de l’opposition en Syrie. Bien qu’à une échelle réduite, les partisans d’el-Qaëda ont revendiqué des victoires tactiques contre le régime, convainquant un plus grand nombre d’islamistes de rejoindre leurs rangs. À l’origine libéral et laïque, le directoire de l’opposition est désorienté entre l’absence de décision de l’Ouest et la brutalité du régime. Pendant ce temps, les pro-Iraniens se renforcent en Irak et les partisans du régime syrien passent à l’action contre la coalition pro-occidentale du 14 Mars au Liban.

En bref, l’administration Obama a malheureusement échoué à venir à la rescousse d’une population menacée par un allié de l’Iran. Certains font remarquer que cela pourrait être une politique, plutôt qu’une absence de politique, qui évoque en nous l’attitude envers les manifestants iraniens en juin 2009. Des observateurs suggèrent ainsi qu’une doctrine Obama non déclarée pour le Moyen-Orient souhaite laisser l’Afrique du Nord aux Frères musulmans et le Levant à l’influence iranienne.

On peut espérer que Washington change rapidement d’orientation dans sa politique au Moyen-Orient, en improvisant une stratégie qui produirait un affaiblissement d’Assad et un renforcement progressif de l’opposition, tout en s’assurant que le camp laïque et libéral dans les rangs des rebelles reçoive la plus grande partie du soutien. L’élaboration d’une telle stratégie est-elle aujourd’hui envisagée ? Les plans d’urgence existent toujours à Washington, mais la question qui se pose est celle de la décision politique. Existe-t-elle ? Si nous ne voulons pas voir les Syriens souffrir de manière irréversible jusqu’à ce que les élections soient terminées aux États-Unis, des pressions réelles doivent être exercées en Amérique et dans le monde entier sur l’administration afin d’initier au moins une campagne alternative pour la protection de la société civile en Syrie. En résumé, pour que la Syrie soit libérée, Washington doit changer d’orientation. Sinon, il faudra attendre un changement d’administration pour bénéficier de l’alternative Romney à la réticence d’Obama à défier l’Iran, principal soutien de Bachar el-Assad.

Voir aussi:

Proche-Orient

Printemps arabe. Rien n’est joué

Michel Gurfinkiel

Valeurs actuelles

28/06/2012

Régimes militaires ou théocraties ? Contrairement à ce que laissent penser les élections égyptiennes, l’avenir des pays arabes et islamiques ne se réduit pas à ce choix simpliste. Entretien avec le géopoliticien ­­­Walid Phares.

Né au Liban, Walid Pha­res a étudié en France, et vit aux États-Unis depuis 1990. Professeur à la National Defense University américaine, auteur de nombreux ouvrages en arabe et en anglais, il est expert officiel du Congrès sur les questions de terrorisme et conseiller spécial du candidat républicain Mitt Romney sur les questions liées à l’islamisme et au Proche-Orient.

Va-t-on en Égypte vers un “compromis historique” entre l’armée et les islamistes ? En fait, ce compromis est déjà en place depuis plus d’un an. Mais c’est un compromis instable, où chaque partenaire tente de l’emporter sur l’autre.

Sur quoi repose ce compromis ? Au début, il s’agissait de faire face à un ennemi commun : la jeunesse libérale, qui aspire à un mode de vie de type occidental, fondé sur les libertés individuelles. Les militaires, “propriétaires” du pays depuis Nasser, ont longtemps traité cette opposition par le mépris. Jusqu’au choc de janvier 2011 : les jeunes libéraux réussissent à mobiliser des foules de plus en plus grandes sur la place al-Tahrir, au Caire, en recourant à des techno­logies de communication difficiles à contrôler, comme les réseaux sociaux.

Le choc n’est pas moindre pour les islamistes : ils croyaient constituer la principale force d’opposition et voilà que des pans entiers de la société, les cadres, les intellectuels, les femmes, les coptes, les ouvriers et même la paysannerie, se rallient aux libéraux et les rejoignent sur la place al-Tahrir. Tant pour les militaires que les islamistes, il est alors impératif, vital, de marginaliser les libéraux. Une alliance tacite se noue, qui permet aux islamistes de gagner les législatives.

Mais ensuite les islamistes évoquent de plus en plus ouvertement leur but véritable : remplacer le régime militaire par une théocratie. Ce qui entraîne un ren­versement d’alliance pour l’élection présidentielle : le candidat des mili­taires, l’ancien général d’aviation Ahmad Chafik, tente de s’appuyer sur une partie au moins des libéraux. En définitive, c’est le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi, qui l’emporte, quoi­que de justesse. Les militaires se sont prémunis par une série de décrets constitutionnels qui leur octroient des pou­voirs exceptionnels, surtout en matière de défense, de sécurité et de souve­raineté. Et par un arrêté du Tribunal constitutionnel qui dissout le Parlement à majorité islamiste. Un nouveau compromis s’instaure, bien différent du premier : une sorte d’équilibre de la terreur, où les uns menacent de recourir à une répression impitoyable et les autres de déclencher un “méga-Tahrir”.

Y a-t-il vraiment eu un “printemps arabe”, en Égypte et ailleurs ? As­surément, même s’il a été suivi par un “hiver islamique” glacial. Le schéma égyptien se retrouve un peu partout : ce sont les libéraux qui renversent la dictature, ou initient le renversement, mais ils sont rapidement évincés par les islamistes et les salafistes. Ou, pour reprendre l’observation d’un intellectuel égyptien : une démocratisation trop rapide donne toujours le pouvoir, dans un premier temps, aux forces antidémocratiques, parce que celles-ci disposent de réseaux militants mieux structurés. En terre d’islam, les islamistes contrôlent les mos­quées : le principal lieu public – sinon le seul, dans la mesure où tous les autres sont quadril­lés par la police et les services secrets. C’est un énorme avan­tage lors des premières élections libres. On l’a vu en Algérie dès 1992. On le voit aujour­d’hui en Égypte, en Tunisie…

Mais à terme, le printemps arabe – ou arabo-islamique – reviendra. D’ailleurs, sa véritable date de naissance n’est pas 2011, mais 2005 : quand le peuple libanais a contraint l’occupant syrien au départ. Il a rejailli en 2009, avec la révolte populaire iranienne contre le trucage des élections. Aujour­d’hui, les sociétés civiles arabes et islamiques s’organisent, apprennent à se structurer et reconstituent leurs réseaux afin de résister à la montée islamiste.

Quelles ressemblances et quelles dif­férences entre les divers “printemps” ? En Tunisie, les laïques du centre et les progressistes ont formé une opposition solide face au parti islamiste Ennahda et à ses alliés salafistes. Cet exemple aura une grande influence sur les autres pays arabes, de la même façon que la “révolution du jasmin”, en janvier 2011, a inspiré d’autres soulèvements.

Une victoire totale des islamistes en Égypte pourrait conduire à la création d’un espace islamiste géant de Gaza au Maroc, mais les libéraux égyptiens n’ont pas encore dit leur dernier mot.

En Libye, l’échec est total. Paradoxa­lement, le pays où les Occidentaux ont le plus investi en termes militaires et fi­nanciers est en passe de devenir le pays le plus antioccidental du “printemps arabe”. Les milices islamistes et les groupes djihadistes liés à Al-Qaïda qua­drillent le pays, les tribus importantes sont entrées en dissidence, les minorités africaines et amazighs se soulèvent. À terme, nous risquons de nous trouver devant une version nord-africaine de l’Afghanistan sous les talibans.

Bahreïn se situe sur une ligne de confrontation entre l’Iran et l’Arabie Saoudite. En raison de sa sociologie : population à majorité chiite, monarchie sunnite.

Le Yémen connaît des divisions en­core plus profondes : clivage Nord-Sud qui risque de scinder à nouveau le pays en deux, comme c’était le cas jusqu’en 1990 ; au Nord-Yémen, rébellion chiite appuyée par l’Iran, considérée comme un risque stratégique majeur par l’Ara­bie Saoudite ; dans le centre du pays, prolifération des cellules d’Al-Qaïda. Ce qui rend problématique une solution durable, en dépit des efforts de la classe politique de Sanaa pour trouver un successeur à Ali Abdallah Saleh.

Le cas le plus complexe, c’est évidemment la Syrie. À la différence de la Libye de Kadhafi, le régime d’Assad dispose du soutien de trois autres puissances régionales : l’Iran, une partie de l’Irak et le Hezbollah libanais. Mais l’opposition syrienne dispose elle aussi de soutiens extérieurs, si bien que le régime ne par­vient plus à la dompter. Une sorte de “statu quo violent” s’est donc installé, avec pour corollaire un nombre croissant de victimes civiles. Une intervention occidentale est impossible sans un soutien américain, ce qui la rend hau­tement improbable, sauf cataclysme, avant novembre : les États-Unis étant bridés, jusque-là, par l’élection présidentielle. Mais là encore, la question se répète : si Assad tombe, qui le remplacera ?

La crise peut-elle atteindre d’autres pays du Moyen-Orient ? La crise couve dans l’ensemble de la région. Nous assisterons vraisemblablement à de graves difficultés au Liban et en Irak, par porosité avec la Syrie. La Jordanie verra une montée des islamistes, l’Algérie sera confrontée à une nouvelle vague islamiste, mais aussi au séparatisme kabyle. Les salafistes se renforcent déjà au Mali ; leur influence va s’étendre en Mauri­tanie, au Niger et bien sûr au Nigeria. Le Soudan fait face à de nouveaux soulèvements non arabes, au Darfour, en Nubie ou dans les tribus bejas, à l’est du pays. L’opposition libérale peut se manifester à nouveau en Iran, et toucher les minorités ethniques.

Les pays occidentaux ont-ils encore un rôle à jouer dans cette région du monde ? Incontestablement. Dans le monde arabo-islamique, l’Occident reste en fait la référence absolue : l’exemple même d’une société libre, pacifique, développée, puissante.

Mais les Occidentaux ne s’en rendent pas compte, ou ne veulent pas s’en rendre compte. Une sorte de tropisme les conduit à soutenir systématiquement les régimes les plus archaïques, les moins démocratiques, les plus antioccidentaux, puis, quand ceux-ci s’effondrent, à se tourner vers les révolutionnaires les plus extrémistes. Un exemple accablant de ce comportement a été fourni par Barack Obama, qui est allé prononcer au Caire un discours d’une invraisemblable servilité à l’égard de l’islamisme en juin 2009, au mo­ment même où la société civile ira­nienne se révoltait contre la dictature des mollahs.

Propos recueillis par Michel Gurfinkiel

Voir également:

Mauvaise tournure au Liban »

Walid Phares

The Washington times

traduction Réseau Voltaire

21 février 2005

Quand l’explosion a frappé Beyrouth, massacrant l’ancien Premier ministre Rafic Hariri et ses compagnons, l’Histoire a pris une nouvelle tournure au Liban. Les sunnites se sont détournés de Bachar El Assad et une alliance sunnites-druzes-chrétiens s’est formée, se tournant vers les chiites.

Comment le pouvoir syrien, connu pour son habileté, a-t-il pu commettre une telle erreur, un tel suicide ? Toute ceux qui ont étudié le régime syrien ont conclu la même chose : plus personne n’est aux commandes de la Syrie. Quand un occupant commence à frapper ses anciens alliés, la fin est proche. L’occupation ba’asiste du Liban dure depuis 30 ans et même la fin de l’ère soviétique n’a pas mis fin à l’Anschluss syrien. Relique de l’ère soviétique, le régime Assad a annihilé ses opposants chrétiens et a coincé les sunnites entre sa terreur et celle du Hezbollah. En ne plaçant pas ce régime terroriste dans l’« Axe du mal » on lui a laissé une chance d’évoluer et de quitter le Liban, mais il ne l’a pas saisie.

Aujourd’hui, Saddam est tombé et Yasser Arafat est mort. La Syrie se retrouve seule. Après la résolution 1559, l’opposition libanaise a commencé à se rassembler et la Syrie a attaqué. Damas ne peut pas abandonner le Liban sous peine de voir le « Reich » s’effondrer à l’intérieur de ses frontières. La Syrie est perdue dans une fuite en avant apocalyptique qui risque de laisser le Liban en cendre.

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Radical Islam

The Candidate Who Can See the Enemy, Can Defeat It

Walid Phares

2/1/2008

The post 9/11 era has changed the rules of engagement for national security experts and for those who can read the mind of the Jihadists, when it comes to US Presidential elections. While the principle was that the counter Terrorism community should let the voters choose their candidates and select their chief executive first, then offer the expert advice to the President later, unfortunately for that principle, things have changed.

Indeed, since the attacks against New York and Washington and the engagement of the nation in the war with Jihadism since 2001, the selection of the US President can fundamentally affect the survival of the American People. Who would occupy the White House in 2009 will have to make decisions for four to eight years with cataclysmic consequences on the physical security and the freedom of 300 million citizens in this country and eventually on the free world as a whole: For the leader of the most powerful democracy in the world has to be able to know who the enemy is so that all resources are put into action. Short of this ability to be very clear and precise on the nature of the danger and the processes to address it, a next US President could cause a major disaster to this nation. American voters cannot afford to install a man or a woman who can’t identify and define the enemy. If you can’t see that enemy, you simply cannot defeat it.

In the 2004 Presidential election, the real choice was not between Parties and socio economic platforms. It was between the option of resuming the war against what was called then “Terrorism,” and the option of retreating from the confrontation. Everything else was decoration. Americans were agonizing on the direction to adopt before their numerical majority resettled President Bush in the White House. Some argued that Americans do not change Presidents during a War. I think that the country was influenced by the two aforementioned directions and chose one over the other; but at the same time I do think though that an overwhelming majority of voters wasn’t fully informed as to the real stakes. Less than half of the country was told that the war in Iraq was wrong, and that there was no war on terror, and more than half of the country was not even told who the enemy was or what it really wanted.

The 2004 Presidential elections took place in quasi popular ignorance. The sitting — and fighting — President was reelected by basic instincts not by enlightened citizens, which if compared to the opposing agenda were a sophisticated choice.

In 2008, America is quite different and the outlook of the forthcoming confrontation is by far more dramatic. US forces are still deployed in Afghanistan and Iraq and the Jihadists — of all types, regimes and organizations — are still committed to reverse democracy in these two countries. The war there is not over rather the greater challenges are yet to begin. Al Qaeda got beaten badly in the Sunni Triangle and in Somalia but a younger generation of Jihadists is being put into battle across the region. Not one single Sunni country will escape the rise of Salafi Terror in the next US Presidential term. Iran’s regime is speeding up its strategic armament, testing American resolve when possible; Syria is surviving its isolation and bleeding our allies in Iraq and Lebanon; Hezbollah is about to seize Lebanon; Hamas has seized Gaza; Turkey’s Islamists are reversing secularism; and Pakistan’s Jihadists are eying the nuclear missiles. But worse, three generations of Jihadists have penetrated the social and defense layers of Western Europe and the United States. In few years from now, the next President may have to witness European cities burned by urban warfare in his (or her) first term, and could be forced to arm the doom day devices for the first time in this century by the following presidential term. These images from a not so distant future may become the reality to face the leaders we will select in the primaries and the one who will be sitting in the oval office next January. The prospects are really serious. Thus the choice of the best candidate at Party and national levels is not a matter of routine or a regular exercise of US politics.

Never as before Americans must scrutinize the agendas of their candidates and find out which platform is the best suited for what is to come, who among them can face off with the lethal enemy, shield the economy, manages the daily lives while building the vital coalitions the world has ever needed? Who can withstand the pressure, understand the nature of the enemy and bring into the decision making posts the men and women who can win the conflict. And it is from a simple reading of these platforms — as posted and published — as well as from the public speeches of the candidates that anyone among us can shop around for the best suitable of the candidates. At this point of US and world history, Party, gender, race, and social class affiliations only can’t offer the right choice for the forthcoming Presidential election. At the end it is a personal selection act for each citizen. In democracies and certainly in the United States this year one can make many choices and select the appropriate candidates:

1. Decide to withdraw unilaterally from the war and let the next generation struggle with the consequences

2. Think that if we mind our business as a nation the world as it exists today will simply comply.

3. Commit to continue the confrontation by maintaining the status quo and awaiting for things to get better by themselves

4. Engage the enemy deeper, smarter and wider and end the war faster.

All depends on how we were educated about the conflict and what is it that we consider priorities in our lives. If we were misinformed about the events that have bled this country and will bring the world into dramatic times, before they recede, we would vote for the candidates who sees no threat to America and who practice politics as if Peace is secure. But if we know where we are in the world we’re living in, we’d look at survival first before we argue about everything else. I am among those who believe — and see — that this country (and other democracies) are marked for aggression and Terror. All our concerns about economy, social justice, cultural harmony, wealth, and technological advancement are dramatically pending on the ability of the rising menace to crumble this country’s national security and all what would collapse with that fall.

Probably I am among the few who see the clouds gathering around the globe and thus have been urging leaders to act fast, decisively and early on to avoid the future Jihad –that has began already. If what I see wasn’t there I would be fully excited — like any citizen — to argue forcefully about the crucial matters of our existence: health, environment, nutrition, scientific discoveries, animal protection, and why not space exploration. Had I not realized that all that debate was hinging on what Bin laden and Ahmedinijad were preparing, I would have been looking at a whole different roaster of Presidential candidates. But that is not the world I see ahead of us, in the immediate future.

Hence, I’ll leave the debate about the best economic and technological directions to their experts and I would postpone the social and philosophical dreams to better times. Right now and right here I am interested in who among the candidates can simply understand the tragic equation we’re in and may be able to use the resources of this nation to cross the bridge ahead of us. President Bush was elected before 9/11 neither on the grounds of avoiding the Jihadi wars nor winning them. Very few even knew that we were already at war. He was reelected on the ground of being a better choice than the defeatist political alternative. This year I suggest that Americans deserve a more daring choice. They need to see and certify that the next occupant of the White House lives on this Planet, at this age, knows that we are at war and above all knows which war we are fighting. The margin of error is too slim to allow hesitations.

By 2012 the Jihadists may recruit one million suicide bombers and could align two nuclear powers. By 2016 they would deploy 10 million suicide bombers and seize five regimes equipped with the final weapon. In the next eight years NATO’s European membership could be battling urban intifadas and US task forces lacking shelters worldwide. To avoid these prospects of apocalypse the offices on Pennsylvania Avenue must catch up with the lost opportunities as of next winter.

Thus, and unlike traditional commentators in classical US politics I am not looking at who said what and who flipped flopped when. Frankly, it doesn’t matter at this stage if it is a he or a she, of this or other race, of this or other church, and if the President is single, has a large family or has divorced twice. The stakes are much higher than the sweet but irrelevant American usual personality debate. I want to know if the candidates are strong willed, smart, educated about the world, informed about the threat, can define it, can identify it, can fight it, are not duped by their bureaucracy, cannot be influenced by foreign regimes, have the right advisors, can run an economy while commanding a war and still see the threats as they handle daily crisis and take drastic measures as the hard times are approaching. I want to know if the candidates are very specific when they inform their public about the menace. Yes, it is indeed a vital function of national security that we need to insure for the next few years, so that all other issues can be addressed thoroughly. In short I don’t want to see the fall of Constantinople being repeated on these shores in the next decade or two. Humanity will not recover from such a disaster.

And that potential hyper drama hinges on the mind and the nerves of the next President of this country. At this stage three men and a woman, all remarkable politicians, are the finalists (or so it seems) for the ultimate job. Their skills are rich, their past and present are colorful, their images are attractive to many and the dreams they inspire are equally powerful: A minority symbol, a successful woman, a war hero and a bright entrepreneur. If there was no Jihadi menace, meaning a different Planet, I would hardly be able to choose. Senator Obama would be an amazing choice to end the wounds of the past. Senator Clinton, as a woman, would break the gender taboo. Senator McCain, as a man who suffered for his country would epitomize the faithfulness of this nation. Governor Romney, the family man and the successful businessman can be the symbol of a hopeful America. As beautiful as these tales can be, my search for the best choice is not as dreamful as the descriptions the candidates inspire, unfortunately. I am looking at the scariest item on any Presidential agenda andrds and Kucinich (before they quit the race) acknowledge that a “war on terror” is on. Both have pledged to pursue al Qaeda relentlessly instead of blaming their country as their mates have stated. Also, Obama and Clinton, to the surprise of their critics have enlisted good counter terrorism experts as advisors. But from there on, the findings gets darker. The Senator from Illinois wants to end the campaign in Iraq abruptly, which would lead to the crumbling of the democratic experiment and a chain of disasters from Afghanistan to Lebanon opening the path for a Khomeinist Jihadi empire accessing the Persian Gulf and the Eastern Mediterranean: Too many sufferings and devastating results. Obama’s campaign need to radically transform its agenda on world view so that the voices of the oppressed peoples in that part of the world, can be heard. Maybe a trip to Darfur and Beirut can help rethinking his agenda. Unfortunately the latest news from the campaign isn’t encouraging. The Senator wants to shake the hands of Dictator Assad, authoritarian Chavez, apocalyptic Ahmedinijad and perhaps even the Khartoum bullies of Sudan’s Africans. No need for further evidence: such an agenda in the next White House is anathema to the sense of human history.

Senator Clinton has a powerful political machine and happens to have enlisted top national security experts in her team. She will commit to stand by Israel and would not visit the oppressors of women in Tehran. But beyond these two red lines her foreign policy agenda (despite the knowledgeable expertise available to her) is (using ironically the words of Obama in other fields) “a bridge back to the twentieth century.” Indeed, the plan is to withdraw from Iraq without defeating the Jihadists, without containing the Iranians and without solidifying Democracy. It is an asphalted path to the Obama pull out, with some decorations and consolation prizes. A retreat from the Middle East will be paved with fabulous commitment not to let Israel down. A commitment which would lose its teeth, once the Pasdarans will be marching through Iraq and Syria and would install Armageddon’s Shahhab missiles in the hands of Hezbollah. On the Senator’s agenda there is no definition of the enemy or commitment to contain it, reverse it or defeat it. There are no policies of solidarity with oppressed peoples and there is no alliance with the democratic forces of the region. Mrs Clinton won’t befriend Ahmedinijad but she would let him — and other Islamists — crush her own gender across the continents.

But more important perhaps, from an American perspective would the crisis be expected in Homeland Security if one or the other agendas advanced by the two Senators would enter the White House. If no drastic reforms would take place within their projected policies of non confrontation of Jihadism, an army of experts, activists and lobbyists is expected to invade all levels of national security and reinstall the pre 9/11 attitudes. In short Jihadophilia would prevail, even without the knowledge or the consent of that future White House. It already happened in the 1990s and led to what we know. The reading of political genomes has no margin for error. The electoral platforms of the two senators are enemy-definition-free. Not identifying the enemy is equal to not defining the threat. Thus, and unless the good advisors rush to fill that gap before the national election, Democratic voters will lack their chance to bring in a solid defender of the nation.

On the other side of the spectrum, Republicans are struggling with a different choice, nonetheless as challenging and with long term consequences. Aside from Congressman’s Paul isolationist program which calls for striking deals with bloody dictatorships, disengaging from any containment of Jihadi threats, abandoning peoples in jeopardy, and giving free ride to penetration and infiltration within the US homeland (all clearly and unequivocally stated in the open); aside from this anomalistic agenda, all other platforms had a minimum baggage of resistance to Terror forces, each one with a different rhetoric.

McCain, Romney, Huckabee, as well as Giuliani and Thompson (before they pulled out) were all ready to engage battle with “the” enemy, pursue the so-called War on Terror and agreed on fighting al Qaeda in Iraq and Afghanistan. Their agendas attempted to define the threat, leaping ahead of their competitors on the other side of the aisle. Their statements and posted documents are irrefutable evidence that if they gain the White House there would neither surrender the country to domestic infiltration nor they would disengage from the confrontation overseas. On this ground alone, and unless the Democratic contenders and their final nominee change their counter Terrorism approach (which is not that likely), the final choice American voters will have to make — on national security — will be dramatically different and irreversibly full of consequences.

But at this stage of the primaries the grand choices seems to have to be made by Republicans. Indeed, in what I consider the single most important ingredient in the War with Jihadism, the identification of the threat is at the heart of the success or the failure. All four leading Republican candidates were equal in fingering what they perceived as the enemy: They called it “radical Islam” and gave it different attributes, “Islamo-fascism,” “extremist Islamism,” “Islamic terrorism,” and other similar descriptions. In that regard they are at the opposite end of their Democratic contenders. But in my analysis, after more than 25 years of study and observations of the phenomenon, and seven years after 9/11, the term “radical Islam” is not enough when a US President (or other world leaders) wants to define the danger and build strategies against it: Without delving into the deeper layers of academic research (at least not in this article), the term used outside a doctrine is too general, doesn’t pin down the actual forces acting against democracies and can be easily overturned and manipulated by skilled operatives in the War of ideas. So, the slogan of “Radical Islam” could be a linguistic indicator to the direction from where the menace is coming from, but falls short of catching the actual threat doctrine: Jihadism. Hence in my judgment those candidates who take the ideological battle lightly are not equipped as those who have done their homework fully and offered the voters, and perhaps the public, a comprehensive doctrine on counter Jihadism.

We’re not dealing with semantics here, but with keys to unlock the stagnation in the current conflict. Short of having a future president who knows exactly who the enemy is, how it thinks, and how to defeat it, the conflict cannot be won. There can be no guesses, no broad drawings, no general directions, no colorful slogans, and no good intentions alone. This next president has to understand the Jihadist ideology by himself (herself as well) and not rely on advisors to place descriptions in the speeches, and change them at the wish of lobbyists. This nuance in understanding the threat and in articulating the rhetoric has gigantic consequences. All strategies related to fighting al Qaeda in Afghanistan, in Iraq and within the West, and related to containing Khomeinist power in the region and beyond emanates from a US understanding of their ideologies, key elements of the foe’s global strategies. Hence when I examine the agendas of the Republican candidates and analyze their speeches I look at indicators showing the comprehension of the bigger picture. All four leaders, McCain, Romney, Giuliani and Huckabee have developed common instincts as to where it is coming from; but that is not enough. Americans need to see and know that their future president can man sophisticated rhetoric, is ready to go on the offensive, and move against the enemy before the latter jumps at American and allies targets. Being just tough and willing to strike back heavily is not anymore an acceptable threshold. We need the next president to be aware of what the other side is preparing, preempt it and do it faster than any predecessor. The next stage in this war is not about sitting in the trenches and increasing the level of troops wherever we currently are. It will be about moving swiftly and sometimes stealthily and reaching the production structure of the enemy. And to do this, our projected leaders need to identify and define the threat doctrine and design a counter doctrine, a matter the US Government has failed to achieve in the first seven years of the war.

The two leading contenders on the Republican side, McCain and Romney, both recognize that there is an enemy, are committed to defeat it, but identify it in different intensities. Senator McCain says it is “Radical Islam,” and pledges to increase the current level of involvement. On Iraq, the former Navy Pilot says he will continue to fight till there are no more enemies to fight. To me that is a trenches battlefield: We’ll pound them till they have no more trenches. Governor Romney says the enemy is Global Jihadism, and it has more than the one battlefield of Iraq. And because the Jihadists are in control of regimes, interests and omnipresent in the region and worldwide, the US counter strategies cannot and should not be limited to “entrenchment” but to counter attacks, preemptive moves and putting allies forces on the existing and new battlefields. Besides not all confrontations have to be militarily. The difference in wording between the general term “radical Islam” and the focused threat doctrine “Jihadism” says it all. One leads to concentrate one type of power in one place, regardless of what the enemy is and wants to do, and the other concept lead to pinch the foe from many places on multiple levels and decide over the ending process of the conflict.

I am sure Senator McCain can follow the same reasoning and catch up with the geopolitics of the enemy but so far Governor Romney has readied himself better in the realm of strategizing the defeat this enemy. The next stage of the war has to do with a mind battle with the Jihadists. The latter aren’t a just a bunch of Barbarians set to bloodshed. They have a very advanced strategy, projecting for decades, and they are ready to confront our next president and defeat the United States. This is why I have come to the conclusion that -based on what was provided to the public by the four leading candidates- Governor Romney has the capacity of managing the counter strategies against the Jihadists, only because he stated to the public that he sees the enemy as to who they are. And if a President can see them, he can defeat them. His Republican contender, now leading the polls, can sense them but haven’t shown them. The leading candidates on the other side are making progress in the opposite direction: One wants to end the War unilaterally and the other wants to make Peace with the oppressors. In short, if elected, Romney will try to destroy the mother ship, McCain will supply the trenches, Clinton will pull the troops back to the barracks and Obama will visit the foes’ bunkers.

Hence, as is, I have recommended Governor Romney for the Republican Primaries as first among equals while considering Senator McCain as a genuine leader. If Romney is selected I believe America may have a chance to try new strategies. If his contender is selected, we will have four or eight more years of the past seven years. On the other side, I have suggested to counter-Terrorism experts to help Democratic candidates restructure their agendas on national security in line with the reality of the enemy: For I would like to see both parties presenting a united vision of the threat while differing on how to confront it. That would be the ideal situation America can be in and a response to the deepest will of the American public.

(PS: This analysis represents my personal views and not the views or position of any of the NGOs I am affiliated with.)

 Voir enfin:

La Libye, la charia et nous

Bernard-Henri lévy

Le Point

03/11/2011

Que faut-il penser de cette affaire de charia ? Et se pourrait-il que l’on n’ait soutenu les insurgés de Benghazi que pour se retrouver avec, à l’arrivée, un État interdisant le divorce et réinstaurant la polygamie ? Précisions. Explications.

1. Tout est parti d’une phrase. Une seule phrase. Elle n’a certes pas été prononcée, cette phrase, par le premier venu puisqu’il s’agit de Mustafa Abdeljalil, président du Conseil national de transition et père de la victoire. Mais, président ou pas, Abdeljalil est membre d’un Conseil dont les décisions sont collégiales. Et ce Conseil est, comme son nom l’indique, un organe de transition qui n’a pas vocation à édicter les lois de la future Libye.

Abdeljalil a exprimé une opinion.

Peut-être un voeu.

Peut-être n’était-ce même pas un voeu mais un gage donné à la minorité de combattants islamistes qui ont payé le tribut le plus lourd à la libération.

Et, quand bien même il aurait exprimé le fond de sa pensée, quel poids cela aurait-il quand on sait qu’il s’est engagé, comme tout le CNT, à ne pas briguer de poste dans la Libye d’après la transition ?

Il faudra, pour savoir à quoi ressemblera cette Libye, attendre la Constituante dans huit mois. Puis les élections générales. Puis le type de gouvernement qui en sortira. Faire comme si une petite phrase prononcée, dans la chaleur d’un meeting, par un homme estimable mais en train de quitter la scène suffisait à « faire basculer » le pays relève de la malveillance, du parti pris.

2. Il y a charia et charia. Et il faut, avant d’entonner le grand air de la régression et de la glaciation, savoir de quoi on parle.

Charia, d’abord, n’est pas un gros mot.

Comme « djihad » (qui signifie « effort spirituel » et que les islamistes ont fini par traduire en « guerre sainte »), comme « fatwa » (qui veut dire « avis religieux » et où le monde, à cause de l’affaire Rushdie, a pris l’habitude d’entendre « condamnation à mort »), le mot même de charia est l’enjeu d’une guerre sémantique sans merci mais continue de signifier, heureusement, pour la majorité des musulmans, quelque chose d’éminemment respectable.

C’est un terme qui apparaît cinq fois dans le Coran et que les traductions françaises rendent par « voie ».

Ce n’est pas le nom d’un « code », encore moins d’un « carcan » exhaustif de règles, mais d’un ensemble de « valeurs » soumises à l’interprétation des docteurs.

C’est un terme générique, autrement dit dont il appartient aux législateurs de proposer une application plus ou moins évolutive, plus ou moins stricte.

Moyennant quoi la quasi-totalité des pays musulmans font référence à la charia.

La plupart, y compris la Libye de Kadhafi à partir de 1993, en font l’une des sources de la loi.

Quand, comme au Maroc, ils ne le font pas, c’est parce que l’islam y est déjà religion d’État.

Et tout le problème est de savoir, alors, ce que l’on met sous ce vocable : la lapidation de la femme adultère, comme en Iran ? l’amputation des voleurs, comme en Arabie saoudite ? ou bien une somme de préceptes moraux que l’on s’efforce de combiner, comme en Égypte, avec le Code Napoléon ?

3. Que la question se pose, à partir de là, de la « voie » que choisira la Libye, soit.

Qu’une nouvelle bataille s’annonce, idéologique celle-là, où il s’agira d’arbitrer entre la minorité de ceux qui entendent la charia au sens des fanatiques et ceux qui veulent la voir composer avec l’idéal démocratique, cela va de soi.

Que, dans cette seconde bataille, nous ayons un rôle à jouer, qu’il appartienne aux amis de la nouvelle Libye, aux alliés qui ont contribué à ce qu’elle se libère d’une des dictatures les plus sanglantes de l’époque, de l’aider à ne pas tomber sous le joug d’une autre tyrannie, évidemment.

Mais, de grâce, pas de mauvaise foi.

Ne refaisons pas aux Libyens le coup, version civile, de ce fameux « enlisement » qui, au bout de huit jours de frappes aériennes, faisait déjà trouver le temps long.

Et ne demandons pas à cette Libye cassée par quarante-deux ans de despotisme, ne demandons pas à ce pays sans État, sans tradition juridique, sans vraie société civile, de devenir, en trois mois, une patrie des droits de l’homme.

La démocratie polonaise, trente ans après Solidarnosc, se cherche toujours.

La Russie en est encore à Poutine.

Il a fallu à la France une Terreur, une Restauration, deux Empires et plusieurs bains de sang pour donner corps à l’idéal républicain de 1789 puis à l’idée de laïcité.

Et l’on voudrait que la Libye passe, elle, de la nuit à la lumière ?

La bataille sera rude.

Elle connaîtra des embardées, des retours en arrière, des moments d’égarement.

Mais je connais assez les hommes et femmes qui, à Benghazi ou Misrata, ont voulu cette révolution pour savoir qu’ils ne se laisseront pas confisquer leurs droits conquis de si haute lutte.

Du grand schisme qui traverse le monde musulman, de l’affrontement historique (et, désormais, démocratique) entre les deux islams, celui des Lumières et celui des ténèbres, celui des modérés et celui des extrémistes, celui de la main tendue à l’Europe et celui de la guerre des civilisations, la Libye postkadhafiste est devenue une scène majeure – et je forme le pari que, sur cette scène, la victoire reviendra aux amis de la liberté.

Radical Islam

The Candidate Who Can See the Enemy, Can Defeat It

The post 9/11 era has changed the rules of engagement for national security experts and for those who can read the mind of the Jihadists, when it comes to US Presidential elections. While the principle was that the counter Terrorism community should let the voters chose their candidates and select their chief executive first, then offer the expert advice to the President later, unfortunately for that principle, things have changed.

Indeed, since the attacks against New York and Washington and the engagement of the nation in the war with Jihadism since 2001, the selection of the US President can fundamentally affect the survival of the American People. Who would occupy the White House in 2009 will have to make decisions for four to eight years with cataclysmic consequences on the physical security and the freedom of 300 million citizens in this country and eventually on the free world as a whole: For the leader of the most powerful democracy in the world has to be able to know who the enemy is so that all resources are put into action. Short of this ability to be very clear and precise on the nature of the danger and the processes to address it, a next US President could cause a major disaster to this nation. American voters cannot afford to install a man or a woman who can’t identify and define the enemy. If you can’t see that enemy, you simply cannot defeat it.

In the 2004 Presidential election, the real choice was not between Parties and socio economic platforms. It was between the option of resuming the war against what was called then “Terrorism,” and the option of retreating from the confrontation. Everything else was decoration. Americans were agonizing on the direction to adopt before their numerical majority resettled President Bush in the White House. Some argued that Americans do not change Presidents during a War. I think that the country was influenced by the two afore mentioned directions and chose one over the other; but at the same time I do think though that an overwhelming majority of voters wasn’t fully informed as to the real stakes. Less than half of the country was told that the war in Iraq was wrong, and that there was no war on terror, and more than half of the country was not even told who the enemy was or what it really wanted.

The 2004 Presidential elections took place in quasi popular ignorance. The sitting — and fighting — President was reelected by basic instincts not by enlightened citizens, which if compared to the opposing agenda were a sophisticated choice.

In 2008, America is quite different and the outlook of the forthcoming confrontation is by far more dramatic. US forces are still deployed in Afghanistan and Iraq and the Jihadists — of all types, regimes and organizations — are still committed to reverse democracy in these two countries. The war there is not over rather the greater challenges are yet to begin. Al Qaeda got beaten badly in the Sunni Triangle and in Somalia but a younger generation of Jihadists is being put into battle across the region. Not one single Sunni country will escape the rise of Salafi Terror in the next US Presidential term. Iran’s regime is speeding up its strategic armament, testing American resolve when possible; Syria is surviving its isolation and bleeding our allies in Iraq and Lebanon; Hezbollah is about to seize Lebanon; Hamas has seized Gaza; Turkey’s Islamists are reversing secularism; and Pakistan’s Jihadists are eying the nuclear missiles. But worse, three generations of Jihadists have penetrated the social and defense layers of Western Europe and the United States. In few years from now, the next President may have to witness European cities burned by urban warfare in his (or her) first term, and could be forced to arm the doom day devices for the first time in this century by the following Presidential term. These images from a not so distant future may become the reality to face the leaders we will select in the primaries and the one who will be sitting in the oval office next January. The prospects are really serious. Thus the choice of the best candidate at Party and national levels is not a matter of routine or a regular exercise of US politics.

Never as before Americans must scrutinize the agendas of their candidates and find out which platform is the best suited for what is to come, who among them can face off with the lethal enemy, shield the economy, manages the daily lives while building the vital coalitions the world has ever needed? Who can withstand the pressure, understand the nature of the enemy and bring into the decision making posts the men and women who can win the conflict. And it is from a simple reading of these platforms — as posted and published — as well as from the public speeches of the candidates that anyone among us can shop around for the best suitable of the candidates. At this point of US and world history, Party, gender, race, and social class affiliations only can’t offer the right choice for the forthcoming Presidential election. At the end it is a personal selection act for each citizen. In democracies and certainly in the United States this year one can make many choices and select the appropriate candidates:

1. Decide to withdraw unilaterally from the war and let the next generation struggle with the consequences
2. Think that if we mind our business as a nation the world as it exist today will simply comply.
3. Commit to continue the confrontation by maintaining the status quo and awaiting for things to get better by themselves
4. Engage the enemy deeper, smarter and wider and end the war faster.

All depends on how we were educated about the conflict and what is it that we consider priorities in our lives. If we were misinformed about the events that have bled this country and will bring the world into dramatic times, before they recede, we would vote for the candidates who sees no threat to America and who practice politics as if Peace is secure. But if we know where we are in the world we’re living in, we’d look at survival first before we argue about everything else. I am among those who believe — and see — that this country (and other democracies) are marked for aggression and Terror. All our concerns about economy, social justice, cultural harmony, wealth, and technological advancement are dramatically pending on the ability of the rising menace to crumble this country’s national security and all what would collapse with that fall.

Probably I am among the few who see the clouds gathering around the globe and thus have been urging leaders to act fast, decisively and early on to avoid the future Jihad –that has began already. Had what I see wasn’t there I would be fully excited — like any citizen — to argue forcefully about the crucial matters of our existence: health, environment, nutrition, scientific discoveries, animal protection, and why not space exploration. Had I not realized that all that debate was hinging on what Bin laden and Ahmedinijad were preparing, I would have been looking at a whole different roaster of Presidential candidates. But that is not the world I see ahead of us, in the immediate future.

Hence, I’ll leave the debate about the best economic and technological directions to their experts and I would postpone the social and philosophical dreams to better times. Right now and right here I am interested in who among the candidates can simply understand the tragic equation we’re in and may be able to use the resources of this nation to cross the bridge ahead of us. President Bush was elected before 9/11 neither on the grounds of avoiding the Jihadi wars nor winning them. Very few even knew that we were already at war. He was reelected on the ground of being a better choice than the defeatist political alternative. This year I suggest that Americans deserve a more daring choice. They need to see and certify that the next occupant of the White House lives on this Planet, at this age, knows that we are at war and above all knows which war we are fighting. The margin of error is too slim to allow hesitations.

By 2012 the Jihadists may recruit one million suicide bombers and could align two nuclear powers. By 2016 they would deploy 10 million suicide bombers and seize five regimes equipped with the final weapon. In the next eight years NATO’s European membership could be battling urban intifadas and US task forces lacking shelters worldwide. To avoid these prospects of apocalypse the offices on Pennsylvania Avenue must catch up with the lost opportunities as of next winter.

Thus, and unlike traditional commentators in classical US politics I am not looking at who said what and who flipped flopped when. Frankly, it doesn’t matter at this stage if it is a he or a she, of this or other race, of this or other church, and if the President is single, has a large family or has divorced twice. The stakes are much higher than the sweet but irrelevant American usual personality debate. I want to know if the candidates are strong willed, smart, educated about the world, informed about the threat, can define it, can identify it, can fight it, are not duped by their bureaucracy, cannot be influenced by foreign regimes, have the right advisors, can run an economy while commanding a war and still see the threats as they handle daily crisis and take drastic measures as the hard times are approaching. I want to know if the candidates are very specific when they inform their public about the menace. Yes, it is indeed a vital function of national security that we need to insure for the next few years, so that all other issues can be addressed thoroughly. In short I don’t want to see the fall of Constantinople being repeated on these shores in the next decade or two. Humanity will not recover from such a disaster.

And that potential hyper drama hinges on the mind and the nerves of the next President of this country. At this stage three men and a woman, all remarkable politicians, are the finalists (or so it seems) for the ultimate job. Their skills are rich, their past and present are colorful, their images are attractive to many and the dreams they inspire are equally powerful: A minority symbol, a successful woman, a war hero and a bright entrepreneur. If there was no Jihadi menace, meaning a different Planet, I would hardly be able to choose. Senator Obama would be an amazing choice to end the wounds of the past. Senator Clinton, as a woman, would break the gender taboo. Senator McCain, as a man who suffered for his country would epitomize the faithfulness of this nation. Governor Romney, the family man and the successful businessman can be the symbol of a hopeful America. As beautiful as these tales can be, my search for the best choice is not as dreamful as the descriptions the candidates inspire, unfortunately. I am looking at the scariest item on any Presidential agenda and check out if they are conscious about it: national security. Here is what I found so far.

Senators Obama and Clinton, unlike their colleagues Edwards and Kucinich (before they quit the race) acknowledge that a “war on terror” is on. Both have pledged to pursue al Qaeda relentlessly instead of blaming their country as their mates have stated. Also, Obama and Clinton, to the surprise of their critics have enlisted good counter terrorism experts as advisors. But from there on, the findings gets darker. The Senator from Illinois wants to end the campaign in Iraq abruptly, which would lead to the crumbling of the democratic experiment and a chain of disasters from Afghanistan to Lebanon opening the path for a Khomeinist Jihadi empire accessing the Persian Gulf and the Eastern Mediterranean: Too many sufferings and devastating results. Obama’s campaign need to radically transform its agenda on world view so that the voices of the oppressed peoples in that part of the world, can be heard. Maybe a trip to Darfur and Beirut can help rethinking his agenda. Unfortunately the latest news from the campaign isn’t encouraging. The Senator wants to shake the hands of Dictator Assad, authoritarian Chavez, apocalyptic Ahmedinijad and perhaps even the Khartoum bullies of Sudan’s Africans. No need for further evidence: such an agenda in the next White House is anathema to the sense of human history.

Senator Clinton has a powerful political machine and happens to have enlisted top national security experts in her team. She will commit to stand by Israel and would not visit the oppressors of women in Tehran. But beyond these two red lines her foreign policy agenda (despite the knowledgeable expertise available to her) is (using ironically the words of Obama in other fields) “a bridge back to the twentieth century.” Indeed, the plan is to withdraw from Iraq without defeating the Jihadists, without containing the Iranians and without solidifying Democracy. It is an asphalted path to the Obama pull out, with some decorations and consolation prizes. A retreat from the Middle East will be paved with fabulous commitment not to let Israel down. A commitment which would lose its teeth, once the Pasdarans will be marching through Iraq and Syria and would install Armageddon’s Shahhab missiles in the hands of Hezbollah. On the Senator’s agenda there is no definition of the enemy or commitment to contain it, reverse it or defeat it. There are no policies of solidarity with oppressed peoples and there is no alliance with the democratic forces of the region. Mrs Clinton won’t befriend Ahmedinijad but it would let him — and other Islamists — crush her own gender across the continents.

But more important perhaps, from an American perspective would the crisis to expect in Homeland Security if one or the other agendas advanced by the two Senators would enter the White House. If no drastic reforms would take place within their projected policies of non confrontation of Jihadism, an army of experts, activists and lobbyists is expected to invade all levels of national security and reinstall the pre 9/11 attitudes. In short Jihadophilia would prevail, even without the knowledge or the consent of that future White House. It already happened in the 1990s and led to what we know. The reading of political genomes has no margin for error. The electoral platforms of the two Senators are enemy-definition-free. Not identifying the enemy is equal to not defining the threat. Thus, and unless the good advisors rush to fill that gap before the national election, Democratic voters will lack their chance to bring in a solid defender of the nation.

On the other side of the spectrum, Republicans are struggling with a different choice, nonetheless as challenging and with long term consequences. Aside from Congressman’s Paul isolationist program which calls for striking deals with bloody dictatorships, disengaging from any containment of Jihadi threats, abandoning peoples in jeopardy, and giving free ride to penetration and infiltration within the US homeland (all clearly and unequivocally stated in the open); aside from this anomalistic agenda, all other platforms had a minimum baggage of resistance to Terror forces, each one with a different rhetoric.

McCain, Romney, Huckabee, as well as Giuliani and Thompson (before they pulled out) were all ready to engage battle with “the” enemy, pursue the so-called War on Terror and agreed on fighting al Qaeda in Iraq and Afghanistan. Their agendas attempted to define the threat, leaping ahead of their competitors on the other side of the aisle. Their statements and posted documents are irrefutable evidence that if they gain the White House there would neither surrender the country to domestic infiltration nor they would disengage from the confrontation overseas. On this ground alone, and unless the Democratic contenders and their final nominee change their counter Terrorism approach (which is not that likely), the final choice American voters will have to make — on national security — will be dramatically different and irreversibly full of consequences.

But at this stage of the primaries the grand choices seems to have to be made by Republicans. Indeed, in what I consider the single most important ingredient in the War with Jihadism, the identification of the threat is at the heart of the success or the failure. All four leading Republican candidates were equal in fingering what they perceived as the enemy: They called it “radical Islam” and gave it different attributes, “Islamo-fascism,” “extremist Islamism,” “Islamic terrorism,” and other similar descriptions. In that regard they are at the opposite end of their Democratic contenders. But in my analysis, after more than 25 years of study and observations of the phenomenon, and seven years after 9/11, the term “radical Islam” is not enough when a US President (or other world leaders) wants to define the danger and build strategies against it: Without delving into the deeper layers of academic research (at least not in this article), the term used outside a doctrine is too general, doesn’t pin down the actual forces acting against democracies and can be easily overturned and manipulated by skilled operatives in the War of ideas. So, the slogan of “Radical Islam” could be a linguistic indicator to the direction from where the menace is coming from, but falls short of catching the actual threat doctrine: Jihadism. Hence in my judgment those candidates who take the ideological battle lightly are not equipped as those who have done their homework fully and offered the voters, and perhaps the public, a comprehensive doctrine on counter Jihadism.

We’re not dealing with semantics here, but with keys to unlock the stagnation in the current conflict. Short of having a future President who knows exactly who the enemy is, how does it think, and how to defeat it, the conflict cannot be won. There can be no guesses, no broad drawings, no general directions, no colorful slogans, and no good intentions alone. This next President has to understand the Jihadist ideology by himself (herself as well) and not rely on advisors to place descriptions in the speeches, and change them at the wish of lobbyists. This nuance in understanding the threat and in articulating the rhetoric has gigantic consequences. All strategies related to fighting al Qaeda in Afghanistan, in Iraq and within the West, and related to containing Khomeinist power in the region and beyond emanates from a US understanding of their ideologies, key elements of the foes global strategies. Hence when I examine the agendas of the Republican candidates and analyze their speeches I look at indicators showing the comprehension of the bigger picture. All four leaders, McCain, Romney, Giuliani and Huckabee have developed common instincts as to where it is coming from; but that is not enough. Americans need to see and know that their future President can man sophisticated rhetoric, is ready to go on the offensive, and move against the enemy before the latter jumps at American and allies targets. Being just tough and willing to strike back heavily is not anymore an acceptable threshold. We need the next President to be aware of what the other side is preparing, preempt it and do it faster than any predecessor. The next stage in this war is not about sitting in the trenches and increasing the level of troops wherever we currently are. It will be about moving swiftly and sometimes stealthily and reaching the production structure of the enemy. And to do this, our projected leaders need to identify and define the threat doctrine and design a counter doctrine, a matter the US Government has failed to achieve in the first seven years of the war.

The two leading contenders on the Republican side, McCain and Romney, both recognize that there is an enemy, are committed to defeat it, but identify it in different intensities. Senator McCain says it is “Radical Islam,” and pledges to increase the current level of involvement. On Iraq, the former Navy Pilot says he will continue to fight till there are no more enemies to fight. To me that is a trenches battlefield: We’ll pound them till they have no more trenches. Governor Romney says the enemy is Global Jihadism, and it has more than the one battlefield of Iraq. And because the Jihadists are in control of regimes, interests and omnipresent in the region and worldwide, the US counter strategies cannot and should not be limited to “entrenchment” but to counter attacks, preemptive moves and putting allies forces on the existing and new battlefields. Besides not all confrontations have to be militarily. The difference in wording between the general term “radical Islam” and the focused threat doctrine “Jihadism” says it all. One leads to concentrate one type of power in one place, regardless of what the enemy is and wants to do, and the other concept lead to pinch the foe from many places on multiple levels and decide over the ending process of the conflict.

I am sure Senator McCain can follow the same reasoning and catch up with the geopolitics of the enemy but so far Governor Romney has readied himself better in the realm of strategizing the defeat this enemy. The next stage of the war has to do with a mind battle with the Jihadists. The latter aren’t a just a bunch of Barbarians set to bloodshed. They have a very advanced strategy, projecting for decades, and they are ready to confront our next President and defeat the United States. This is why I have come to the conclusion that -based on what was provided to the public by the four leading candidates- Governor Romney has the capacity of managing the counter strategies against the Jihadists, only because he stated to the public that he sees the enemy as to who they are. And if a President can see them, he can defeat them. His Republican contender, now leading the polls, can sense them but haven’t shown them. The leading candidates on the other side are making progress in the opposite direction: One wants to end the War unilaterally and the other wants to make Peace with the oppressors. In short, if elected, Romney will try to destroy the mother ship, McCain will supply the trenches, Clinton will pull the troops back to the barracks and Obama will visit the foes’ bunkers.

Hence, as is, I have recommended Governor Romney for the Republican Primaries as first among equals while considering Senator McCain as a genuine leader. If Romney is selected I believe America may have a chance to try new strategies. If his contender is selected, we will have four or eight more years of the past seven years. On the other side, I have suggested to counter-Terrorism experts to help Democratic candidates restructure their agendas on national security in line with the reality of the enemy: For I would like to see both Parties presenting a united vision of the threat while differing on how to confront it. That would be the ideal situation America can be in and a response to the deepest will of the American public.

(PS: This analysis represents my personal views and not the views or position of any of the NGOs I am affiliated with.)


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