Génocide arménien/97e: L’ultime preuve des victimes de l’islamisation forcée (Forced conversion is genocide)

La démocratie et ses fondements jusqu’à aujourd’hui peuvent être perçus à la fois comme une fin en soi ou un moyen. Selon nous la démocratie est seulement un moyen. Si vous voulez entrer dans n’importe quel système, l’élection est un moyen. La démocratie est comme un tramway, il va jusqu’où vous voulez aller, et là vous descendezErdogan
On ne peut pas être musulman et laïque en même temps (…). Le milliard et demi de musulmans attend que le peuple turc se soulève. Nous allons nous soulever. Avec la permission d’Allah, la rébellion va commencer” Erdogan  (1992)
Notre démocratie est uniquement le train dans lequel nous montons jusqu’à ce que nous ayons atteint notre objectif. Les mosquées sont nos casernes, les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les croyants nos soldats. Erdogan (1997)
L’existence d’Israël pose le problème du droit de vivre en sujets libre et souverains des nations non musulmanes dans l’aire musulmane. L’extermination des Arméniens, d’abord par l’empire ottoman, puis par le nouvel Etat turc a représenté la première répression d’une population dhimmie en quête d’indépendance nationale. Il n’y a quasiment plus de Juifs aujourd’hui dans le monde arabo-islamique et les chrétiens y sont en voie de disparition. Shmuel Trigano
Au VIIe siècle, quand l’islam est arrivé, tout l’espace correspondant à l’Orient arabe, à la Turquie et à la péninsule arabique était habité, à l’exception des communautés juives, par des populations chrétiennes. De nos jours, sur 17 pays et 350 millions d’habitants, les chrétiens sont 14 millions. La Turquie, notamment, comptait 20% de chrétiens vers 1900; ils sont moins de 1% aujourd’hui. (…) Les chrétiens sont porteurs de valeurs universelles, comme la gratuité, le don, l’amour et le pardon. Ils le prouvent par leurs œuvres sociales, écoles ou hôpitaux, qui sont ouvertes à tous, sans distinction de religion. (…) C’est bien d’accueillir les blessés irakiens, mais la compassion n’est pas une politique. Notre crédibilité est en jeu: le monde musulman nous respectera si nous prenons la défense des chrétiens d’Orient, qui sont nos coreligionnaires. Annie Laurent
De ce tour d’horizon, il ressort que 75 % des cas de persécution religieuse concernent les chrétiens, dont la condition se détériore en de nombreux endroits. En tête de liste, outre le Moyen-Orient, l’AED place la Corée du Nord, la Chine, le Vietnam, l’Inde, le Pakistan, le Soudan et Cuba. Si l’on tente de classer ces phénomènes de christianophobie en fonction de leur origine, il ressort que leur premier vecteur, à l’échelle de la planète, est constitué par l’islam politique ou le fondamentalisme musulman.  Jean Sévillia
L’historien Ara Sarafian estime qu’entre 100.000 et 200.000 femmes et enfants arméniens ont échappé à la mort ou à la déportation dans le désert durant le génocide de 1915. Les uns cachés –par des «Justes» turcs—, les autres kidnappés, adoptés ou épousées. Pour parler de ces survivants, les Ottomans utilisaient une formule glaçante: «les restes de l’épée». Mais pendant des années, les historiens turcs et arméniens n’ont dit mot de ces «crypto-Arméniens». Ariane Bonzon

Oui, M. Erdogan, la conversion forcée est aussi une forme de génocide!

A l’heure où, dans une large indifférence et après celles des juifs, les persécutions et l’épuration  ethnico-religieuse des chrétiens se poursuivent partout dans le monde et notamment là où l’islam a pris et reprend, avec le prétendu « printemps arabe« , le pouvoir …

Pendant que, dans le déni et la même indifférence, les mollahs nous préparent leur version nucléaire de la solution finale …

Retour, en cette 97e commémoration et avec la journaliste française Ariane Bonzon, sur l’ultime preuve du génocide chrétien (arménien mais aussi assyrien et grec) toujours nié par les autorités turques et pas explicitement reconnu par un président américain qui en avait pourtant fait la promesse …

 A savoir après le massacre de centaines de milliers et l’effacement  toutes les traces de présence culturelle des Arméniens via la destruction ou la saisie des établissement scolaires, religieux ou sociaux …

Les survivants ou descendants de ces dizaines de milliers de femmes, jeunes filles et  enfants enlevés puis convertis et mariés de force …

Dont certains tentent aujourd’hui de retrouver leurs racines …

Les «Arméniens cachés», secret de famille, secret d’Etat

Lors du génocide de 1915, des dizaines de milliers d’Arméniens, femmes et enfants, ont été kidnappés, convertis et mariés de force. De nombreux Turcs découvrent aujourd’hui que l’une de leur aïeule était arménienne.

Ariane Bonzon

Slate

24.04.12

Un secret d’Etat, l’existence de ces «Arméniens cachés». L’évoquer, c’est ébranler le mythe national de «l’identité turque et musulmane», fondement de la République turque. La première fois que j’ai entendu parler de «crypto-arméniens», je n’y ai d’ailleurs pas vraiment cru.

C’était au début des années 2000, Mesrob II Mutafyan, le patriarche des Arméniens de Turquie, recevait dans le cadre solennel et légèrement kitch de sa résidence de Kumkapi, sur la Corne d’Or à Istanbul. Portant la croix et l’habit ecclésiastiques, copie conforme de la tenue de ses prédécesseurs depuis cinq siècles —dont la longue série de portraits, pas toujours très avenants, ornaient les murs—, Sa Béatitude évoquait ses tournées anatoliennes. Il racontait sa visite au village de «Cibinli, près d’Urfa où les Arméniens en fuite en 1915 avaient abandonné leurs filles, des adolescentes de 12 -14 ans».

Mesrob II Mutafyan s’y était entretenu avec un homme et de nombreux petits-enfants issus des unions forcées contractées par ces jeunes filles avec des Turcs.

L’historien Ara Sarafian estime qu’entre 100.000 et 200.000 femmes et enfants arméniens ont échappé à la mort ou à la déportation dans le désert durant le génocide de 1915. Les uns cachés –par des «Justes» turcs—, les autres kidnappés, adoptés ou épousées. Pour parler de ces survivants, les Ottomans utilisaient une formule glaçante: «les restes de l’épée». Mais pendant des années, les historiens turcs et arméniens n’ont dit mot de ces «crypto-Arméniens».

Ma recherche des crypto-Arméniens

«Jusqu’il y a 10-15 ans, c’était une sorte de tabou, confirme le chercheur Bared Manok. Question de dignité pour les Arméniens; méfiance et mépris des convertis par les Turcs. Des deux côtés, on n’évoquait pas cette réalité dérangeante». «On le savait mais on ne pensait pas que c’était aussi important et peut-être ne voulait-on pas le savoir non plus», reconnaît le philosophe français d’origine arménienne Michel Marian. Car admettre qu’il peut exister des Arméniens musulmans est très déconcertant pour ceux de la diaspora dont l’identité était jusqu’ici étroitement liée au christianisme.

Peu de temps après ma conversation avec Mesrob II Mutafyan, je suis allée voir Hrant Dink, qui dirigeait le journal bilingue turc-arménien Agos, fondé cinq ans plus tôt, en 1996 —il a été assassiné en 2007. La page de petites annonces d’Agos rencontre un fort succès. Elle permet aux membres de la diaspora arménienne de lancer un «avis de recherche» pour tenter de retrouver un parent éloigné qui vivrait toujours en Turquie et dont les aïeuls auraient survécu au génocide.

J’ai exposé à Hrant Dink mon projet: me rendre en Anatolie pour y retrouver et filmer des Arméniens islamisés. Il n’a pas été très encourageant. Selon lui, il me serait très difficile de retrouver ces «crypto-Arméniens» qui ne veulent absolument pas se dévoiler. Ils n’accepteront jamais de parler devant une caméra, par peur des représailles, m’a-t-il averti.

Lui-même n’avait pas encore osé publier dans Agos son enquête sur Sabiha Gökçen, la fille adoptive de Mustafa Kemal, le fondateur de la république turque, une Arménienne qui avait perdu ses parents durant le génocide. Un secret d’Etat, comme celui encore des racines chrétiennes supposées du Président Abdullah Gül, un islamo-conservateur, dont la grand-mère aurait été, elle aussi, arménienne.

Des Arméniens qui vont à la mosquée

«Un converti arménien, suggère l’universitaire Etienne Copeaux, l’un des meilleurs connaisseurs du nationalisme turc, est perçu comme un traitre puisque c’est cette épithète qui colle aux Arméniens.» L’injure «Ermeni dölü» («graine d’Arménien») est courante. «Vu le mépris contenu dans cette injure, poursuit Etienne Copeaux, il est certain que s’il s’avérait qu’une part notable de la population turque descend d’Arméniens (convertis ou non), ce serait un ébranlement, une vérité difficilement acceptable.»

Un peu comme un mensonge ethnique courant de l’apartheid, dans les années 90, lorsqu’il était si difficile aux Afrikaners blancs de reconnaitre qu’ils avaient aussi du sang noir, celui de l’employée de la ferme séduite par l’aïeul par exemple.

Après avoir essuyé des dizaines de refus, j’ai enfin pu réaliser ce reportage, en 2007. Pour la première fois, une famille arménienne islamisée a parlé à visage découvert devant une caméra. Comme on le voit dans cette vidéo, rien ne distingue ces «Arméniens cachés» des autres villageois: mêmes pantalons bouffants, même foulard sur les cheveux pour les femmes, même nourriture.

Ils ne parlent même pas l’arménien, à peine le turc et surtout le kurde. Ils vont à la mosquée, leurs enfants fréquentent les écoles de la république turque et leurs morts sont enterrés dans des cimetières musulmans. Mais leurs tombes sont parfois profanées, sans parler des jalousies tenaces vis-à-vis de cette famille d’«infidèles», plus riche que les autres.

«Les restes de l’épée»

En prolongement de cette histoire singulière, d’autres Arméniens islamisés ont commencé de parler. Dans Les restes de l’épée (éditions Thaddée, 2012), la journaliste française Laurence Ritter mène l’enquête. Les portraits et les récits qu’elle a récoltés rompent enfin le silence, cette «règle élémentaire de survie», dans lequel ces Arméniens cachés s’étaient murés. Tandis qu’au centre du livre, les photos de Max Sivaslian donnent un visage à la mémoire, vécue ou transmise, du génocide.

Turcs et Arméniens s’affrontent toujours sur le nombre de victimes en 1915: 300.000 morts, disent les premiers, plus d’un million, répondent les seconds. Doit-on comptabiliser les survivants, les ancêtres de ces crypto-Arméniens? Et si oui, où, dans quelle catégorie?

«Celle des morts», puisqu’ils ne sont comptabilisés nulle part, suggère la sociologue turque Ayse Gül Altinay dans la postface du livre Les petits enfants (Actes sud, 2011). Celle des disparus? L’islamisation forcée vient-elle renforcer la thèse du génocide? Ou au contraire l’atténuer? Questions délicates qui expliquent en partie pourquoi ces secrets de famille sont devenus secret d’Etat.

Autre question: en 2012, combien sont-ils, ces Turcs musulmans qui ont des origines arméniennes, parfois même sans le savoir? En Turquie, au minimum 10 millions, selon une série d’historiens cités par Bared Manok:

«Le chiffrage est d’autant plus difficile que l’islamisation n’a pas concerné que les Arméniens […] [et que] les minorités musulmanes, arabes, kurdes et alévis, ont de leur côté subi une turquification imposée. […] Le discours officiel en Turquie est qu’il y a un seul peuple, caractérisé par l’Islam et le sunnisme: tous les autres ont dû rentrer d’une façon ou d’une autre dans ce cadre.»

L’un des fils de la famille arménienne cachée que j’ai filmée en 2007 ne vit plus au village mais à Istanbul. Dans l’anonymat de la grande ville, il a décidé de se «reconvertir» au christianisme. Ce qui serait impossible, bien trop risqué, pour les siens restés vivre dans la campagne anatolienne.

«Le nombre de “re-conversions” s’est accru», me confirme Luiz Bakar, avocate turque d’origine arménienne qui vit à Istanbul. Elle plaide pour que ces Arméniens reconvertis reprennent des noms arméniens, gardent leur propre langue, leur religion et puissent ainsi revivre leur identité au grand jour en Turquie.

 Voir aussi:

‘Grandma’s Tattoos’: A Riveting Film About the Forgotten Women of Genocide (Trailers)

– Armenian Weekly

September 7, 2011

Director: Suzanne Khardalian

Producer: HB PeA Holmquist Film

Length: 58 min., Sweden

Date of release: September 2011

STOCKHOLM, Sweden—“Grandma Khanoum was not like everyone else. As a child I remember her as a wicked woman. She despised physical contact. This was a grandma who never hugged, gave no kisses. And she wore those gloves, which hid her hands and the tattoos. They hid her secret.” This is how Suzanne Khardalian describes her grandmother.

0901khanoum 229×300 ‘Grandma’s Tattoos’: A Riveting Film About the Forgotten Women of Genocide (Trailers)

Grandma Khanoum

Khardalian is the director and producer of riveting new film called “Grandma’s Tattoos” that lifts the veil of thousands of forgotten women—survivors of the Armenian Genocide—who were forced into prostitution and tattooed to distinguish them from the locals.

“As a child I thought these were devilish signs that came from a dark world. They stirred fear in me. What were these tattoos? Who had done them, and why? But the tattoos on grandma’s hands and face were a taboo. They never spoke about it,” explains Khardalian.

“Grandma’s Tattoos” is a journey into the secrets of the family. Eventually, the secret behind Grandma Khanoum’s blue marks are revealed.

“Grandma was abducted and kept in slavery for many years somewhere in Turkey. She was also forcibly marked—tattooed—as property, the same way you mark cattle. The discovery of the story has shaken me. I share the shame, the guilt, and anger that infected my grandma’s life. Grandma Khanoum’s fate was not an aberration. On the contrary, tens of thousands of Armenian children and teenagers were raped and abducted, kept in slavery,” she explains.

In 1919, just at the end of World War I, the Allied forces reclaimed 90,819 Armenian young girls and children who, during the war years, were forced to become prostitutes to survive, or had given birth to children after forced or arranged marriages or rape. Many of these women were tattooed as a sign that they belonged to abductor. European and American missionaries organized help and saved thousands of refugees who were later scattered all over the world to places like Beirut, Marseille, and Fresno.

The story of “Grandma’s Tattoos” is a personal film about what happened to many Armenian women during the genocide. It is a ghost story—with the ghosts of the tattooed women haunting us—and a mystery film, where many taboos are broken. As no one wants to tell the real and whole story, and in order to bring the pieces of the puzzle together, the director makes us move between different times and space, from today’s Sweden to Khardalian’s childhood in Beirut.

0 ‘Grandma’s Tattoos’: A Riveting Film About the Forgotten Women of Genocide (Trailers)

In the film we meet Grandma Khantoum’s sister, 98-year-old Lucia, who lives in Hollywood. Lucia, too, has those odd tattoos. She is willing to tell us only a part of the story. We also meet with Aunt Marie, Grandma’s only still-living child in Beirut. But Aunt Marie doesn’t know the whole story either. Grandma has never told it to her. It was forbidden to talk about the “unspeakable.” Aunt Marie has the same unpleasant memories as the rest of the family.

It’s finally Khardalian’s mother who tells the story about Grandma Khanoum, and about the Kurdish man who was supposed to help her grandma escape the killings but instead decided to abduct her and keep her as his concubine. Grandma was only a child then. She had just turned 12 The words “Mummy, mummy help me” is the sentence that haunts Suzanne and her family.

0 ‘Grandma’s Tattoos’: A Riveting Film About the Forgotten Women of Genocide (Trailers)

About the Director

Suzanne Khardalian is an independent filmmaker and writer. She studied journalism in Beirut and Paris and worked as a journalist in Paris until 1985, when she started to work on films. She also holds a master’s degree in international law and diplomacy from the Fletcher School at Tufts University, and contributes articles to different journals. She has directed more than 20 films that have been shown both in Europe and the U.S. They include “Back to Ararat” (1988), “Unsafe Ground” (1993), “The Lion from Gaza” (1996), “Her Armenian Prince” (1997), “From Opium to Chrysanthemums” (2000), “Where Lies My Victory” (2002), “I Hate Dogs” (2005), “Bullshit” (2006), and “Young Freud in Gaza” (2009).

Producer

PeA Holmquist Film is a production company established in 1973.The company has been producing films mostly for Scandinavian TV channels often with Scandinavian co-producers. Several films have been sold all over the world.

Article printed from Armenian Weekly: http://www.armenianweekly.com

 Voir enfin:

FORCED CONVERSION IS GENOCIDE: The tale of Aintoura’s Armenian orphans

Ninety-three years after the end of World War I, a Lebanese Armenian researcher has discovered additional proof of the first genocide of the 20th century at the Aintoura Lazarist College in Mount Lebanon. A visit to the college of Saint Joseph Aintoura reveals the history of the Jesuits who settled in Aintoura over 350 years ago; in addition to a magnificent monastery, there is also tragic evidence of the Armenian genocide of 1915. The remains of more than 300 children, now only bones, lie in a small grave behind Aintoura’s grand 19th-century chapel, which has been brought to light over five years of research by Missak Kelechian, an electrical engineer from California, who began the project as a pastime. The children buried in the grave were Armenian orphans who, having survived the genocide, were transferred by Turkish authorities to Aintoura, only to suffer neglect and violence. “It has been recorded and written how the children were beaten with the falaqa [a rod to discipline children], and many of them died from starvation, cholera and forceful attempts to ‘Turkify’ them,” said Kelechian.

The tale of Aintoura’s Armenian orphans

Van Meguerditchian

The Daily Star

April 29, 2011

AINTOURA: Ninety-three years after the end of World War I, a Lebanese Armenian researcher has discovered additional proof of the first genocide of the 20th century at the Aintoura Lazarist College in Mount Lebanon.

A visit to the college of Saint Joseph Aintoura reveals the history of the Jesuits who settled in Aintoura over 350 years ago; in addition to a magnificent monastery, there is also tragic evidence of the Armenian genocide of 1915.

The remains of more than 300 children, now only bones, lie in a small grave behind Aintoura’s grand 19th-century chapel, which has been brought to light over five years of research by Missak Kelechian, an electrical engineer from California, who began the project as a pastime.

The children buried in the grave were Armenian orphans who, having survived the genocide, were transferred by Turkish authorities to Aintoura, only to suffer neglect and violence.

“It has been recorded and written how the children were beaten with the falaqa [a rod to discipline children], and many of them died from starvation, cholera and forceful attempts to ‘Turkify’ them,” said Kelechian.

While hundreds of orphans, aged 3 to 15, survived the systematic massacres of the Armenians in 1915, many of them arrived in Ottoman-controlled Aintoura to be given new Turkish names and forcefully converted to Islam.

The infamous architect of the genocide, Jamal Pasha, walked on the stairs that still stand at the gate of Aintoura College and was responsible for assigning Halide Edip Adivar to oversee the program of “Turkification.”

Adivar was Turkey’s first feminist and a famous novelist who was elected to Turkey’s Parliament in 1950.

Kelechian told The Daily Star that he came across a photograph of Adivar and Pasha in Stanley Kerr’s book, The Lions of Marash.

“This picture triggered [in me an interest] to visit the Aintoura College,” he said.

Over the past five years, Kelechian has been on a quest to locate the grave and meet descendants of survivors. He is still working with several archivists in Lebanon and the United States to track down and study more documents related to fate of the surviving orphans.

“To my surprise, during my visit to Aintoura in 2005, the archivist of the school had gathered and stored all documents related to the occupation of the college by the Turks and the arrival of around 1,200 orphans, among them Armenians and Kurds,” he noted.

The book by Kerr, who was a volunteer of the American Near East Relief agency, did not provide enough information for Kelechian to locate the burial place of the Armenian orphans. “The documents I found at the library of the Aintoura College led me to another finding: accounts written in a book by Karnig Panian,” said Kelechian.

Kelechian said that Panian’s writings helped him locate the mass graves of around 350 Armenian orphans. A survivor of the Armenian genocide and the “Turkification” at the Aintoura orphanage, Panian described how the Turkish authorities buried several children per week behind the college chapel.

“I was informed by the college’s administration that construction workers in 1993 had unearthed many decaying bones in the area described by Panian in his book,” Kelechian explained.

In his book, Panian also described how more than 1,000 orphans had to recite daily “Long Live General Pasha,” as the Turkish flag was lowered in the school’s courtyard. An article from 1947 written by the head priest at the Lazarite Aintoura College, Emile Joppin, described how Armenian orphans were forcefully converted to Islam. According to accounts recorded by Lazarist teachers at Aintoura, children received punishments for speaking Armenian or Kurdish.

According to Kelechian, he recently discovered that the bishop of Saint Jacob’s Church in Achrafieh is the son of another Armenian orphan from Aintoura. “It’s as odd as it can get; the bishop’s father, Sarkis Kerkezian, was given a Turkish name [Antakli Ibrahim] and was chosen to be a muezzin [a chosen person to lead the call to prayer],” Kelechian added.

While Turkey continues to deny the genocide against the Armenians, describing the massacres as part of brutal reality of World War I, “Turkifying” children and depriving them of their identity alone is considered genocide by Article II of the 1951 UN Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide.

According to the convention, genocide is “to destroy in whole or in part, a national, ethnical, racial or religious group,” including “forcibly transferring children of the group to another group.”

More than 150,000 Armenian children became orphans as a result of Ottoman policies. Many of these orphans continued their lives in several “Turkification” centers throughout the Middle East.

In a letter to his father in the United States, the former president of the American University of Beirut, Bayard Dodge, also described how hundreds of Armenian and Kurdish orphans were brought down from the north and settled at Aintoura College.

Another survivor of the orphanage, Haroutioun Alboyadjian, was 11 when he managed to escape from Aintoura. According to Kelechian, Alboyadjian has also written extensively on his experience and has disclosed how a Turkish medical officer disobeyed orders on the eve of Ottoman withdrawal from Aintoura to poison the last dinner of the orphans.

For Kelechian, despite the systematic plans to carry out atrocities against the Armenians, there were many Turks who helped save hundreds of Armenian lives.

“After the withdrawal of Turkish troops, the Turkish officer [Reza Bey], who refused to poison the children, helped them to recover their original Armenian names.

“When he asked one of the orphans, ‘Enver, tell me your real name, the child replied: Toros,’ and many others recovered their names as well.”

Kelechian also said that Turkey’s continued denial of the genocide is hurting the country’s image and is a disservice to the new generation of Turks.

“The Turkish government’s policy is denying Armenians [the chance] to praise the good work of the Turkish people,” Kelechian added.

The head of Saint Joseph College in Aintoura, Father Antoine Pierre Nakad, told The Daily Star that even when he was still a student at the school, the priests and the teachers talked about the Armenian orphans who had once crowded the dormitory.

“This is a historical fact and everyone should know what happened at this historic college,” he said.

According to Nakad, the Turkish blockade resulted in diseases such as cholera and many orphans died from starvation. “There are currently around 4,000 students in Aintoura College and apart from their regular classes, they are taught about the history of the school,” Nakad added.

Today, a giant traditional Armenian stone cross and a bronze statue of a 10-year-old boy stands on the site of the mass grave of the Armenian orphans at Aintoura College, which was donated by Harout Katchadourian, the founder of the Armenian Choir, Kohar.

Earlier this week, a group of more than 200 Armenian Lebanese headed by Ararat Association’s President Krikor Keushgerian, visited the site to mark the 96th commemoration of the Armenian genocide. An official delegation of Lebanese ministers and MPs will join the Armenian Catholic community on May 7 for a Mass at Aintoura.

A version of this article appeared in the print edition of The Daily Star on April 29, 2011, on page 3.

Read more: http://www.dailystar.com.lb/Apr/29/The-tale-of-Aintouras-Armenian-orphans.ashx#ixzz1szjIkqBx

(The Daily Star :: Lebanon News :: http://www.dailystar.com.lb)

One Response to Génocide arménien/97e: L’ultime preuve des victimes de l’islamisation forcée (Forced conversion is genocide)

  1. […] en cette 97e commémoration et avec la journaliste française Ariane Bonzon, sur l’ultime preuve du génocide chrétien (arménien mais aussi assyrien et grec) toujours nié par les autorités […]

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