Affaire Descoings: Le directeur de Sciences Po jouait au jeu du foulard et nous ne le savions pas ? (Was Ritchie D victim of a rough-trade encounter that went wrong ?)

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Le week-end, il distribue des préservatifs dans les bars et boîtes de nuit, la semaine, il reprend son costume gris […] Passionné, angoissé, ambitieux, l’homme déborde d’excès. Boulimique, à la fois de travail, d’amour et d’affection, il recherche le regard des autres. Il agit comme si demain était son dernier jour […] Provocateur, il s’amuse à repousser les limites. Enfermé le jour dans les codes parisiens, il se montre dans l’univers de la nuit. Avide de liberté, il assume sa vie privée. Le Nouvel économiste (07.11.03)
Certains jurent l’avoir vu danser nu comme un ver sur une table, dans une boîte de nuit de Berlin, lors d’un voyage de fin d’études. Un témoin rectifie : « Il faisait chaud. On avait un peu trop bu. Il a dansé torse nu. Ce n’est quand même pas l’enfer ». Rien de sulfureux en tout cas pour qui connaît l’ambiance soirées des grandes écoles… Sauf quand on est à Science-Po et que l’homme est conseiller d’Etat. Le Nouvel observateur (07.11.02)
Silhouette longiligne et élégante, regard pénétrant, barbe de trois jours, longs cheveux plaqués en arrière : Richard Descoings cultive un look de dandy romantique qui ne passe jamais inaperçu … Le Parisien (16.11.05)
Où s’arrêtera Richard Descoings, l’irrésistible directeur de Sciences po Paris ? (…) là où les autres réfléchissent, Richard Descoings fonce, et ça marche. (…) Attitude très exceptionnelle dans le monde universitaire, et inattendue de la part de cet énarque, conseiller d’Etat, formé dans la forteresse élitiste qu’est la Montagne-Sainte-Geneviève, à Paris. Mais visiblement Descoings a souffert pour entrer dans le moule du bon élève, et aujourd’hui il ne s’interdit plus rien. Ainsi, il y a deux ans, celui qui n’hésitait pas à déclarer en amphi qu’il était « le premier pédé de sciences po » épouse sa collaboratrice Nadia Marik. Politiquement, c’est un coup de théâtre. Richard Descoings passe pour un homme de gauche : il a commencé sa carrière dans les cabinets de Michel Charasse, puis de Jack Lang. Mais sa femme, elle, est adhérente à l’UMP, où elle a été nommée par Alain Juppé secrétaire nationale chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche. Le Point (09.03.06)
A la surprise générale elle l’épouse [Richard Descoings], lui qui n’avait jamais caché son homosexualité. Le Monde (12.01.12)
Je refuse toute paranoïa. C’est possible, mais je préfère être naïf que conjurationniste. Ce que je vois, c’est qu’à un moment donné, on s’est mis à parler sexe, argent et culture générale. On a fait mon outing forcé dans les colonnes du Monde. Je ne vois pas ce que ma prétendue homosexualité a à voir. C’est en plus survenu à l’occasion de mon mariage.Que répondre ? Que je ne suis pas homosexuel ? Non, rien. Lorsque vous n’êtes pas marié, personne n’a le droit de mentionner que vous êtes avec quelqu’un, c’est le secret de la vie privée. Quand je publie mes bans de mariage, on peut dire des horreurs sur ma femme, personne d’une grande compétence, et sur moi. Richard Descoings (Libération, 31. 01.12)
En 2007, il a été décidé que les cadres dirigeants auraient dans leurs salaires une part fixe et une part variable, car c’est la seule possibilité pour faire baisser un salaire en France. Il a aussi été décidé que nous n’aurions pas d’augmentation à l’ancienneté et que nous ne bénéficierions pas des accords d’entreprise. (…) Je gagne 27 000 euros brut, soit 23 000-24 000 net. La part variable peut aller de zéro à un montant pouvant être très élevé et baisser aussi très vite. (…) Je laisse à chacun le soin de juger si, en quinze ans, j’ai fait deux-trois choses qui ont changé l’institution. Avec les organisations syndicales, j’ai mis en place progressivement un 13e mois entre 2009 et 2012. Quelle entité publique ou privée a créé, comme moi, 170 emplois nets depuis 2007, à un moment où, dans l’administration, on ne remplace pas un départ à la retraite sur deux ? Je n’ai pas d’occupation à côté, pas de cabinet d’avocat, je ne fais jamais payer mes conférences. Mon avis d’imposition est la même chose que ma feuille de paie. Je crée de l’emploi, du pouvoir d’achat, je prends des risques… (…) Si l’on compare ma rémunération aux 4 500 euros d’un président d’université, que faut-il penser : qu’ils sont mal payés ou que je le suis trop ? (…) La dotation de l’Etat assure le financement de 85% de la masse salariale. Et rien d’autre. Si on veut flécher des ressources à des dépenses – ce qui ne se fait pas normalement -, 15% ne sont donc pas financés. Autrement dit, les cadres dirigeants ne sont pas rémunérés par l’Etat. (…) Un étudiant peut-il me dire droit dans les yeux que quand il sera cadre dirigeant, il n’espère pas gagner quatre fois plus que dans son premier emploi ? Ensuite, ai-je amélioré sensiblement la qualité des études et l’insertion sur le marché du travail ? Pour la promotion 2010, 33% des diplômés ont été recrutés avant même leur diplôme. De plus, 1 700 boursiers ne paient pas de droits de scolarité et, seul en France, j’ai créé un complément de bourse de 75% du montant de la bourse. (..) Comme mes amis conseillers d’Etat, j’aurais pu partir dans un cabinet comme partenaire et on ne serait pas en train de discuter 25 000 euros. J’ai choisi de rester, sachant que je serai beaucoup moins payé. Richard Descoings
Ce qui m’intrigue dans cette sombre histoire, ce qui me met la puce à l’oreille et ce qui me choque est tout autre : l’annonce du cadavre de Descoings retrouvé nu dans une chambre d’hôtel de New York, avec de l’alcool et des médicaments à proximité, un certain désordre, des témoins qui disent avoir entendu des bribes de conversation, des « garçons » qui lui auraient rendu visite, un ordinateur portable et un téléphone jetés quelques étages plus bas… N’importe quel gay, à l’annonce de ces quelques indices, sait très bien de quoi il en retourne. Même si on peut se tromper, évidemment. Patrick Thévenin
L’écho dans la presse cette semaine est lié au fait qu’une grande partie des journalistes parisiens a étudié sur les bancs de Sciences Po Paris. Cette école n’est plus républicaine au sens propre, selon moi, car elle instaure la connivence entre les futurs acteurs de milieux de pouvoir. Ce que je démontrais dans mon livre Les élites contre la République, Sciences Po et l’ENA (2001). Elle mélange des élèves qui deviendront banquiers, hauts fonctionnaires et journalistes… sans que cela ne pose de problème à personne. Alain Garrigou (professeur de science politique de l’Université de Nanterre)
Regardez, je sais pas moi, j’ai des copains, ils étaient à Sciences Po avec des hommes politiques. Ils ont connu les mêmes filles. Ils ont, bon… L’un devient journaliste, l’autre devient homme politique. Ils vont quoi, arrêter de se voir ? C’est dur aussi. David Pujadas (journaliste à France 2)
Contrairement à des pays où les écoles d’exception sont concurrentes et disséminées, Sciences Po réalise une intégration des élites assez poussée pour constituer une classe dirigeante où responsables politiques, patrons, experts, journalistes, sondeurs se fréquentent, s’entraident – et même s’aiment. Pour que les gens partagent les mêmes visions du monde, on n’a jamais trouvé mieux que de les amener à partager leur jeunesse. Et plus si affinités. Alain Garrigou

Acteurs (Albert Dekker, David Carradine), présentateur de la BBC (Kristian Digby), artistes (Vaughn Bodé),  musiciens (Kevin GilbertMichael Hutchence), politiciens (le ministre argentin Ivan Heyn, le membre du Front national britannique Kristian Etchells) …

Le président de Sciences Po jouait au jeu du foulard et nous ne le savions pas?

Après le patron du FMI et futur président français qui jouait au jeu du « troussage de soubrette d’hôtel » …

Et la récente révélation des mirobolantes rémunérations de son équipe (quelque 500 000 euros annuels pour lui seul: soit plus que nos DSK ou Lagarde à Washington – certes avec les bonus et non déductibles d’impôts -, cinq fois plus qu’un président d’université – ce qui en dit probablement plus long sur l’indigence des conditions de rémunération de ces derniers -, trois fois plus qu’un ministre – il est vrai souvent multi-cumulard -, sans compter l’embauche de sa femme!) …

Alors qu’on venait de nous apprendre, sondage à l’appui (payé par Hot vidéo, s’il vous plait!), que « les électeurs de droite et du centre ont une vie sexuelle « plus stable » et « moins intense » que ceux de gauche ou ceux votant pour les extrêmes …

Retour, derrière les émouvants hommages et l’exemplaire discrétion de nos principaux médias,  sur l’apparent dernier secret de polichinelle de la République  …

Du moins si l’on en croit le site homosexuel Minorités.org et un site britannique  …

Tribune : Descoings, homo pour les puissants, hétéro pour les autres

Richard Descoings – le coming-out à 2 vitesses

Patrick Thévenin

Minorites.org

Rue 89

08/04/2012

J’ai lu pour la première fois le nom de Richard Descoings il y a quelques mois dans une interview de ce dernier dans Libération.

Le directeur de Science-Po, celui dont on raconte qu’il a donné une dimension internationale à l’institution, qu’il l’a ouverte aux minorités, qu’il a su lui donner un twist de modernité quitte à s’attirer les foudres de l’intelligentsia en supprimant l’épreuve de culture générale, répondait plutôt sèchement, et avec la morgue qu’ont les gens, qui comme lui se sentent supérieurs aux autres, à la polémique concernant ses émoluments :

« Quel exemple je ne montre pas ? Le fait que je sois payé comme je le suis est-il une atteinte aux valeurs ? Si je ne faisais rien, si je me battais pour rien, si je n’avais aucun résultat, on pourrait dire que ce n’est pas moral.

Comme mes amis conseillers d’Etat, j’aurais pu partir dans un cabinet comme partenaire, et on ne serait pas en train de discuter 25 000 euros. J’ai choisi de rester, sachant que je serai beaucoup moins payé. »

Le collectif Minorités

L’équipe de notre partenaire Minorités, dont Rue89 reprend régulièrement des textes, scrute le traitement qui est appliqué aux minorités (religieuses, culturelles ou de genre), les discours qui les définissent, les exclusions et discriminations dont elles font l’objet. Engagé pour les droits de ces minorités, leur site décrypte et dénonce les hypocrisies qui entretiennent racisme et homophobie. L’auteur de cet article, Patrick Thevenin, est journaliste, auteur du « Petit Livre rose », recueil de 400 phrases culte sur les homos (Nova éditions).

Qu’importe si le bilan de Descoings à la tête de Science-Po est plutôt positif et si ses anciens élèves la larme à l’œil tiennent mordicus à lui rendre hommage.

Ce qui m’intrigue dans cette sombre histoire, ce qui me met la puce à l’oreille et ce qui me choque est tout autre : l’annonce du cadavre de Descoings retrouvé nu dans une chambre d’hôtel de New York, avec de l’alcool et des médicaments à proximité, un certain désordre, des témoins qui disent avoir entendu des bribes de conversation, des « garçons » qui lui auraient rendu visite, un ordinateur portable et un téléphone jetés quelques étages plus bas…

N’importe quel gay, à l’annonce de ces quelques indices, sait très bien de quoi il en retourne. Même si on peut se tromper, évidemment.

La presse française marche sur des œufs

Bien sûr, comme toujours dans ces cas-là, et l’affaire François-Marie Banier l’a bien prouvé, la presse française s’est bien gardé de dévoiler le principal élément de l’histoire, qui, malgré ce que certains essaient de nous faire croire, a plus que son importance : Richard Descoings était gay.

Il faut avouer que depuis quelques années, celui dont on dit qu’il aurait un jour déclaré en amphi comme une boutade, « Je suis le premier pédé de Science-Po », a redessiné les cartes de son CV. Il s’est marié en 2004 avec sa collaboratrice, Nadia Marik, directrice-adjointe de l’école et mère de deux enfants.

Dans l’article de Libération dont il est question, alors qu’on ne lui pose même pas la question, il déclare, couteau entre les dents :

« Je refuse toute paranoïa. C’est possible, mais je préfère être naïf que conjurationniste. Ce que je vois, c’est qu’à un moment donné, on s’est mis à parler sexe, argent et culture générale. On a fait mon outing forcé dans les colonnes du Monde. Je ne vois pas ce que ma prétendue homosexualité a à voir. C’est en plus survenu à l’occasion de mon mariage.

Que répondre ? Que je ne suis pas homosexuel ? Non, rien. Lorsque vous n’êtes pas marié, personne n’a le droit de mentionner que vous êtes avec quelqu’un, c’est le secret de la vie privée.

Quand je publie mes bans de mariage, on peut dire des horreurs sur ma femme, personne d’une grande compétence, et sur moi. »

Les prétendues horreurs dont Le Monde s’est fait l’écho, excusez-moi, consistaient en ces quelques lignes, lors d’un portrait consacré à Nadia Marik :

« A la surprise générale elle l’épouse [Richard Descoings], lui qui n’avait jamais caché son homosexualité. »

En fait, le seul média à affirmer ouvertement que Richard Descoings était gay, à la suite de son décès, fut un site anglais. Rien d’étonnant : les British sont bien plus à l’aise que nous avec le fait de mettre les mots sur les choses, le communautarisme ne leur a jamais fait peur et le militantisme homosexuel non plus, merci Peter Tatchell…

Pendant ce temps-là, la presse française marchait sur des œufs, il fallait fouiller loin sur le Web pour trouver une trace où Descoings parlait de son homosexualité dans un article (Le Point en 2006). Dans sa nécro, Libé le traitait d’iconoclaste (ah, ah, ah)…

Les principaux sites gay d’information quant à eux, se contentaient de reprendre les dépêches AFP, certainement angoissés par l’idée de donner une image pas très reluisante de l’homosexualité, mais surtout déboussolés par le parcours d’un pédé qui avait roulé plutôt à gauche jusque-là, vivait en couple avec un grand ponte de l’industrie, avant de s’inventer une virginité hétérosexuelle et de fricoter avec Sarkozy…

Des raisonnements ressortis de la naphtaline

Le plus fascinant dans cette nouvelle sordide, c’est que sur les réseaux sociaux, ou dans les commentaires relatifs à l’affaire, les homos eux-mêmes prirent le parti de défendre le droit de Descoings à cacher sa sexualité.

Ce qui, pour un homme à la tête d’une institution censée former les élites de demain, et payé avec nos impôts, a de quoi faire peur.

On se serait cru revenu aux années 80, avec les mêmes raisonnements ressortis de la naphtaline. Ce qui n’était guère étonnant : même surpris la tête dans leur caca, certains homos ont encore le culot de vous expliquer qu’ils ont glissé. On a donc eu droit aux arguments habituels de la dépouille encore fumante, du droit à la vie privée, du choix de ne pas avoir à déclarer sa sexualité, bla bla bla…

Certains osaient même sans ciller, déclarer que l’homosexualité de Descoings n’avait jamais été un mystère. Un ancien élève :

« Je me souviens l’entendre faire des allusions à ça dans des discours en petit comité à l’école. Il était engagé, et plus encore dans les dernières années. Je crois qu’il avait été sur le char de l’école durant une Gay Pride, et si je me souviens bien le journal de Sciences-Po l’avait relayé en référence direct à son homosexualité…

Nous savions aussi qu’il était marié […], mais il n’y a pas nécessairement contradiction, si ? On peut dire des choses différentes à différentes audiences, certes, mais Descoings n’a jamais été planqué, tout le moins de mon point de vue. »

Gay auprès des puissants, hétéro ailleurs

Désolé les gars de vous décevoir là-dessus, mais oui, il y avait contradiction et non, Richard Descoings n’a jamais vraiment fait son coming-out, du moins de manière publique.

Que les choses soient claires : il présentait toutes les caractéristiques de la pédale planquée. Il était gay avec ses amis proches (ceux qui méritaient de savoir), il s’amusait à faire la folle avec ses étudiants, les soi-disant futures élites de la République, mais il n’était pas gay pour le « gros du peuple » (ceux dont il n’avait rien à foutre en fait).

Comme beaucoup de pédés blancs, friqués, haut placés dans l’ascenseur social, Descoings semblait parfaitement à l’aise avec la notion de coming-out à deux vitesses : « homo for those who know, hétéro for those who don’t need to know » (« homo pour ceux qui savent, hétéro pour ceux qui n’ont pas besoin de savoir »). Gay à la cour des puissants parmi ceux qui décident, straight dans le monde réel, au milieu de ceux qui subissent.

Un coming out élitiste en somme ; comme tout ce que Descoings représentait et défendait si bien…

Comment expliquer alors que l’évocation de ce secret de polichinelle dans les colonnes du Monde ait tellement perturbé Descoings, qui a cru bon dégainer les grands mots de complot, horreur et de outing, lui « le premier pédé de Science-Po » ?

Le choix de rester caché (on ne sait jamais)

Mais surtout comment ne pas être dégoûté par tous ces homos qui croient bon de défendre les gays planqués quand ils sont riches et puissants en se retranchant derrière cette notion bâtarde de vie privée.

Alors qu’on sait très bien qu’il est tellement plus facile d’être ouvertement homosexuel quand on a le trio gagnant : éducation, argent et position sociale ou qu’on gagne plus de 25 000 euros (et je ne compte pas les primes) par mois comme Descoings !

Je me fous de savoir la manière dont Descoings est mort, si les causes sont naturelles ou non, s’il était partouzeur ou pas, si des escorts sont montés dans sa chambre d’hôtel.

Ce qui me terrifie le plus est de constater que les plus fidèles défenseurs de la vie prétendûment privée de Descoings sont eux-mêmes des pédés blancs, bourgeois, friqués, bien installés, qui vont voter à gauche alors que leur manière de se conduire est fondamentalement de droite.

Pas besoin de se pencher beaucoup pour attraper le fond de leur pensée dans la cuvette : tous ces homos qui se disent contre l’outing et pour le respect de la vie privée, ne pensent en fait qu’à leur gueule car dans leur petite tête, finalement ils font l’équation suivante :

« Si un jour, j’étais amené à avoir un poste haut placé, faudrait voir à ce qu’on sache pas trop que j’en suis une (de tapette, of course), on ne sait jamais, ça pourrait me jouer des tours… »

Comme par hasard, au moment même où Descoings n’était plus gay, il se murmure que le grand homme avait des ambitions ministérielles…

Je n’aurai pas aimé être le mec de Descoings

A tous ces gays nombrilistes, qui ont le don de rejeter leur propre violence et leurs contradictions sur les autres, et notamment sur les pédés comme moi qui se posent la question morale de l’entretien de la honte qui pèse sur nous par certains personnages publics, j’ai juste envie de répondre que je n’aurais pas aimé être le mec, voire l’ami, d’un mec comme Richard Descoings.

Que je n’aurais pas souhaité dans une épreuve aussi difficile qu’un deuil que les médias et la famille me présentent comme « un ami très proche ».

C’était ce qu’on disait dans les années 80, quand les pédés crevaient comme des mouches du sida. Qu’on en soit réduit à la même hypocrisie plus de trente ans après me fout la gerbe parce que tous ces mecs sont morts pour rien.

Mais aussi parce que comme le résume, mieux que je ne le ferais, mon amie Amélie Couture :

« Finalement l’attitude de Descoings équivaut à dire au monde, à la société, que les histoires homosexuelles ne comptent pas, que son couple ne comptait pas, que l’amour ne compte pas.

Je ne vois pas la vie privée protégée là-dedans, je vois une vie publique et une carrière protégée. »

Tout pour ma pomme, CQFD !

Voir aussi:

ENQUETE

Sciences Po : le mandat de trop de Richard Descoings ?

Nadia Marik, l’épouse qui « faisait tomber les têtes »

Le Monde

12.01.12

Elle se dit « flattée » mais dément aussitôt : « Non ! Je ne suis pas numéro deux de Sciences Po mais l’un des cinq directeurs adjoints de l’école. » Numéro 2, c’est pourtant ce que disent de nombreuses voix à l’intérieur de l’école à propos de Nadia Marik.

Entrée en 2000 pour s’occuper de la section service public et de la préparation au concours de l’ENA – épreuve qu’elle avait elle-même passée en 1993 par la voie réservée aux salariés du secteur privé -, elle s’est rapidement imposée. Elle a gravi les échelons jusqu’à être nommée en 2002 par Richard Descoings directrice adjointe chargée de la direction de la stratégie et du développement. Deux ans plus tard, à la surprise générale, elle l’épouse, lui qui n’avait jamais caché son homosexualité.

Cette ancienne professionnelle de la communication a notamment travaillé chez RSCG (avant la fusion avec Eurocom). Aujourd’hui, à Sciences Po, c’est « madame argent privé » : elle est chargée de trouver de l’argent par l’intermédiaire de levée de fonds, de mécénats d’entreprise ou encore de dons auprès des anciens de l’école. « Nous avons lancé une campagne de levée de fonds qui se terminera en 2013, explique Nadia Marik. Notre objectif est de lever 100 millions d’euros, dont 25 % auprès de personnes physiques et 75 % auprès d’entreprises. »

Déjà 75 millions d’euros auraient été collectés, dont 65 millions en provenance d’entreprises. Et elle assure que les frais engagés n’excèdent pas 20 % du total des fonds levés. « Elle a été recrutée pour son profil. Elle a un côté entrepreneurial très intéressant pour l’école », explique Jean-Claude Casanova, président de la Fondation nationale des sciences politiques.

Dans les couloirs de Sciences Po, certains apprécient sa forte personnalité et sa franchise. « J’aime son franc-parler et son côté rentre-dedans », reconnaît Philippe Braud, professeur émérite. D’autres soulignent son autoritarisme forcené. « Lorsque j’étais encore à Sciences Po, il y avait une valse des chargés de mission. Nadia faisait tomber les têtes. C’est simple, avec elle, soit vous vous soumettez, soit vous dégagez », se souvient un ex-salarié, parti au milieu des années 2000.

Une autre ancienne, qui, elle aussi, préfère rester anonyme : « Elle ne pourrait pas se comporter ainsi si elle n’était pas la femme de Richard Descoings. » Cette forme de népotisme fait grincer des dents. « Il serait anormal qu’elle soit obligée de démissionner parce qu’elle s’est mariée avec lui, mais c’est clair qu’en terme de gouvernance, ce n’est pas idéal », reconnaît un proche.

Nadia Marik objecte : « Quoi de plus banal qu’un homme et une femme se rencontrent sur leur lieu de travail ? Nous ne sommes pas le premier couple à travailler ensemble ! »

Sur le plan politique, on dit qu’elle lui a ouvert son carnet d’adresses de l’UMP. Elle ne confirme pas. Elle avait été nommée par Alain Juppé secrétaire nationale chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche.

N. Bn

Voir également:

Descoings : «Si je trouve que je suis trop payé ? La réponse est non»

Interview Le directeur de Sciences-Po Paris, Richard Descoings, revient sur les polémiques qui l’ont visé : son salaire et la suppression de l’épreuve de culture générale au concours d’entrée.

 Véronique Soulé

 Libération

31 janvier 2012

Richard Descoings, le patron de Sciences-Po Paris, est dans la tourmente. La décision de supprimer, à partir de 2013, l’épreuve de culture générale au concours d’entrée a provoqué une levée de boucliers contre ce qui est perçu comme un mépris de la culture. Les révélations du site Mediapart sur sa rémunération et ses superbonus ont également égratigné l’image d’un homme déjà régulièrement contesté. Il s’explique sur ces questions.

Pourquoi avez-vous décidé de supprimer l’épreuve de culture générale ?

Ce n’est pas moi qui l’ai supprimée. C’est le conseil d’administration de Sciences-Po qui, après trois séances de délibération, a voté pour modifier le contenu du concours. Qu’avons-nous décidé ? Que l’histoire serait la principale discipline où les candidats devront faire la preuve de leurs connaissances et de leur réflexion. La deuxième épreuve obligatoire est, au choix, littérature et philosophie – avec un commentaire de texte -, une épreuve de sciences économiques et sociales – faisant appel à la rigueur et au raisonnement -, ou de mathématiques – les humanités sont scientifiques. Le conseil a aussi baissé le coefficient de l’épreuve de langue et supprimé la note éliminatoire – le quart des candidats chutait dessus. Ensuite, on a systématisé un oral d’admission. Au-delà de la motivation, on va plutôt juger la capacité de discernement. Ce sera un oral de culture au sens large. On a enfin ajouté un oral de langue. Dans les générations actuelles, l’apprentissage passe par la musique et la parole au moins autant que par le lycée et l’écrit. Cela permettra à des jeunes de montrer qu’ils s’expriment bien à l’oral même s’ils sont mauvais à l’écrit.

Le fait que l’épreuve de culture générale soit discriminante socialement n’est pas entré en ligne de compte ?

La raison principale est que nous voulons revenir aux fondamentaux enseignés au lycée. L’épreuve de culture générale avait tout son sens quand on avait 20% de bacheliers qui partageaient des références communes. Aujourd’hui, nous avons besoin de lycéens bien formés dans les disciplines fondamentales. La culture générale n’est pas une discipline. Où est-elle enseignée aujourd’hui? Dans les entreprises de soutien scolaire ou de prépa aux concours, payantes – et là, la question de la diversité se pose. Ces sociétés proposent des manuels et des fiches techniques, 150 sujets de culture générale ou 1 500 citations à apprendre par cœur. La culture générale s’ancre dans les disciplines et se construit tout au long d’une vie. La meilleure façon de l’évaluer est d’en revenir aux fondamentaux. Sinon, le risque est d’avoir l’apparence d’une culture sans avoir lu, sans avoir médité sur la pensée d’un philosophe, sans perspective historique.

Autre sujet de polémique : votre salaire. Vous vous êtes bien répartis, au sein du comité exécutif, 295 000 euros de primes en 2011 ?

D’abord, qui répartit ? Sept membres du conseil d’administration de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), qui constituent la commission des rémunérations. Eux seuls décident. En 2007, il a été décidé que les cadres dirigeants auraient dans leurs salaires une part fixe et une part variable, car c’est la seule possibilité pour faire baisser un salaire en France. Il a aussi été décidé que nous n’aurions pas d’augmentation à l’ancienneté et que nous ne bénéficierions pas des accords d’entreprise. Vous trouvez cela opaque ? Pour moi, c’est plutôt de la transparence. De plus, les sept personnes qui décident ne sont pas sous ma coupe. Cela dit, je vous confirme qu’en 2011, la commission des rémunérations a décidé de répartir 292 000 euros de primes entre les 11 personnes du comité exécutif. Ce qui veut dire que la part variable des cadres dirigeants est importante et qu’ils peuvent perdre beaucoup d’argent d’une année à l’autre. En mai 2011, bien avant qu’éclate le prétendu scandale, la commission a baissé très sensiblement les rémunérations par rapport à 2010.

Et vous avez touché combien, personnellement ?

La commission refuse de révéler les primes individuelles.

Elles sont fonction de résultats : lesquels pour vous ?

On me demande de développer Sciences-Po à l’international, ensuite d’assurer le développement des ressources – j’ai une équipe dédiée à cela – et le partenariat avec les entreprises, de convaincre les donateurs, de veiller à ce que les conditions d’études et de travail soient les meilleures.

Et votre salaire, sans la part variable, est bien de 25 000 euros par mois?

Je gagne 27 000 euros brut, soit 23 000-24 000 net. La part variable peut aller de zéro à un montant pouvant être très élevé et baisser aussi très vite.

Vous ne trouvez pas que c’est trop ?

Je laisse à chacun le soin de juger si, en quinze ans, j’ai fait deux-trois choses qui ont changé l’institution. Avec les organisations syndicales, j’ai mis en place progressivement un 13e mois entre 2009 et 2012. Quelle entité publique ou privée a créé, comme moi, 170 emplois nets depuis 2007, à un moment où, dans l’administration, on ne remplace pas un départ à la retraite sur deux ? Je n’ai pas d’occupation à côté, pas de cabinet d’avocat, je ne fais jamais payer mes conférences. Mon avis d’imposition est la même chose que ma feuille de paie. Je crée de l’emploi, du pouvoir d’achat, je prends des risques… Si le jugement est que je suis trop payé, je le respecte. Si la question est : «Vous trouvez-vous trop payé ?» La réponse est non. Ensuite, je refuse que l’on s’en prenne aux cadres dirigeants de l’école. Le directeur financier, qui a 50 ans, gagne, tout compris, moins de deux fois plus qu’un jeune diplômé la première année de son CDI dans le même secteur. En moyenne, ces cadres, tous ultra-diplômés, gagnent quatre fois ce que gagne un jeune diplômé sortant de Sciences-Po.

Mais les présidents d’université sont très loin de votre rémunération…

C’est une honte pour la République. J’ai une immense admiration pour eux et je plaide pour qu’ils soient mieux payés. Si l’on compare ma rémunération aux 4 500 euros d’un président d’université, que faut-il penser : qu’ils sont mal payés ou que je le suis trop ?

L’ensemble, salaire et super-bonus, vous ne trouvez pas que c’est trop ?

La part variable a été zéro pendant des années. Et au fur et à mesure que j’ai eu des résultats, elle a varié de façon très sensible d’une année sur l’autre.

Donc vous trouvez cela normal ?

Je trouve normal de gagner de l’argent, moins certaines années que d’autres, car j’ai été moins actif, moins bon. Oui, je trouve normal d’être évalué. Oui, je trouve normal que les évaluateurs puissent décider de baisser ma rémunération globale.

Mais Sciences-Po est majoritairement financé par l’Etat…

La dotation de l’Etat assure le financement de 85% de la masse salariale. Et rien d’autre. Si on veut flécher des ressources à des dépenses – ce qui ne se fait pas normalement -, 15% ne sont donc pas financés. Autrement dit, les cadres dirigeants ne sont pas rémunérés par l’Etat.

Certains critiquent aussi le fait que les frais de scolarité, qui ont beaucoup augmenté, pourraient financer votre salaire ?

Un étudiant peut-il me dire droit dans les yeux que quand il sera cadre dirigeant, il n’espère pas gagner quatre fois plus que dans son premier emploi ? Ensuite, ai-je amélioré sensiblement la qualité des études et l’insertion sur le marché du travail ? Pour la promotion 2010, 33% des diplômés ont été recrutés avant même leur diplôme. De plus, 1 700 boursiers ne paient pas de droits de scolarité et, seul en France, j’ai créé un complément de bourse de 75% du montant de la bourse. Ma réponse est : jugez-moi sur les faits.

Et l’argument moral selon lequel le directeur doit montrer l’exemple ?

Quel exemple je ne montre pas ? Le fait que je sois payé comme je le suis est-il une atteinte aux valeurs ? Si je ne faisais rien, si je me battais pour rien, si je n’avais aucun résultat, on pourrait dire que ce n’est pas moral. Comme mes amis conseillers d’Etat, j’aurais pu partir dans un cabinet comme partenaire et on ne serait pas en train de discuter 25 000 euros. J’ai choisi de rester, sachant que je serai beaucoup moins payé.

Voyez-vous un «complot» contre vous ?

Je refuse toute paranoïa. C’est possible, mais je préfère être naïf que conjurationniste. Ce que je vois, c’est qu’à un moment donné, on s’est mis à parler sexe, argent et culture générale. On a fait mon outing forcé dans les colonnes du Monde. Je ne vois pas ce que ma prétendue homosexualité a à voir. C’est en plus survenu à l’occasion de mon mariage. Que répondre ? Que je ne suis pas homosexuel ? Non, rien. Lorsque vous n’êtes pas marié, personne n’a le droit de mentionner que vous êtes avec quelqu’un, c’est le secret de la vie privée. Quand je publie mes bans de mariage, on peut dire des horreurs sur ma femme [directrice de la stratégie à Sciences-Po, ndlr], personne d’une grande compétence, et sur moi.

Certains, comme le président de Paris-Dauphine, Laurent Batsch, vous accusent d’être favorisé financièrement par l’Etat…

Il a juste dit la différence entre lui et moi quant à la capacité d’avoir un projet et de convaincre les autorités publiques de le financer. Ce n’est pas un cadeau que l’on m’a fait. C’est énormément de travail. Je voudrais, moi, lui rendre hommage, car il a été l’un des vainqueurs de l’Idex [initiative d’excellence] au premier tour. Je m’en réjouis et j’espère qu’ils auront beaucoup d’argent. Bravo Laurent !

Tout cela ne déstabilise pas votre école ?

Non, Sciences-Po va très bien. La rentrée a eu lieu lundi. Il ne s’est rien passé. Bien sûr, il y a des étudiants d’extrême gauche qui trouvent cela scandaleux. Mais le débat porte plutôt sur la culture générale. Pour la droite notamment, Sciences-Po étend la «discrimination positive». Il y a aussi des intérêts économiques en jeu – ceux des auteurs de manuels, des éditeurs, etc. J’avoue qu’ici, je n’ai rien vu venir – ça va peut-être peser dans mon évaluation. J’aurais dû anticiper une attaque qui vise plus généralement notre politique de recrutement.

 Voir encore:

Sciences Po Lille, Sciences Po Paris: des inégalités insupportables

Bixente Etchecaharreta

Mediapart

30 Janvier 2012

«Là où Sciences Po Paris bénéficie d’un financement étatique de 8 000 € par étudiants et par an, Sciences Po Lille doit se contenter de 2 800 €», dénonce Bixente Etchecaharreta, étudiant à Sciences Po Lille. Il demande au ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche de mettre «fin à l’inégalité de traitement» entre ces établissements.

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A l’heure où Le Monde et Mediapart divulguent des informations sur le salaire extraordinaire –près de 500 000 euros par an, soit cinq fois le salaire d’un président d’université et facilement trois fois celui d’un ministre– de Richard Descoings, directeur de Sciences Po Paris (lire ici), sur les primes hallucinantes touchées par plusieurs membres du comité exécutif –jusqu’à 100 000 €– on peut légitimement s’étonner de la manière dont d’autres grandes écoles et universités de province sont (mal)traitées par l’Etat, parfois à un point –a priori– inimaginable.

L’Institut d’études politiques (IEP) de Lille, tel un vétéran, exhibe ses blessures de guerre et brandit ses médailles: blessures parce que l’IEP est de loin l’institut le plus mal doté par l’Etat, médailles parce qu’il obtient des résultats spectaculaires dans bien des domaines. Sciences Po Lille a le recrutement le plus sélectif de tous les IEP de France, très près de celui de Paris. Il rencontre des succès probants dans des domaines aussi divers que l’intégration au Collège de Bruges, les concours de la haute fonction publique, la préparation au Capes et à l’agrégation de sciences économiques et sociales, la gestion de partenariats attractifs en particulier avec l’ESJ. De surcroît, Sciences Po Lille assure un maximum de missions de service public, notamment en portant un programme de démocratisation aux statistiques impressionnantes (PEI) qui concerne 700 élèves de collèges et lycées de la région.

Cependant, là où Sciences Po Paris bénéficie d’un financement étatique de 8 000 € par étudiants et par an, Sciences Po Lille doit se contenter de 2 800 €, beaucoup moins que les autres IEP de région et bien moins que la plupart des universités lilloises. La situation est aujourd’hui grave. L’iniquité de traitement est d’autant plus insupportable qu’elle est hors de proportion –un «écart» de dotation publique de 5 000 à 6 000 € par étudiant et par an avec Sciences Po Paris, totalement immérité et lourd de menaces pour l’avenir immédiat.

La politique mise en place à l’IEP de Lille constitue une réussite très fragile car elle repose sur le sur-investissement d’un personnel (enseignant et administratif) dont le faible nombre est une menace permanente pour le fonctionnement de l’école. La seule rémunération du directeur de Sciences Po Paris permettrait de renforcer Sciences Po Lille d’au moins 20 personnes.

Aujourd’hui, le budget annuel consolidé de l’IEP de Lille s’élève à 7,1 millions d’euros quand celui de Bordeaux est de 14,6 millions, celui d’Aix-en-Provence de 14 millions, celui de Grenoble de 13 millions et, ce, alors même que l’IEP de Lille compte un nombre supérieur ou équivalent d’étudiants. Sa dotation publique globale (DGF + emplois statutaires) est la moins élevée, et de loin, de tous les IEP et également inférieure à celle des universités spécialisées dans le domaine des sciences humaines et sociales.

Lors du Conseil d’administration (CA) du mercredi 14 décembre 2011, et face à un budget à ce point sous contrainte pour l’exercice 2012, les élus étudiants unanimes ont décidé de présenter une motion visant au report de l’examen et du vote du budget à la prochaine réunion du CA, de manière à ce que l’Etat entende les difficultés de l’IEP de Lille et apporte une réponse rapide et précise à cette situation d’inégalité manifeste.

Sciences Po Lille est une école publique attachée aux valeurs méritocratiques et de promotion sociale. Elle ne souhaite pas entrer dans le jeu de Sciences Po Paris consistant à faire financer pour plus de moitié son budget par l’Etat et de l’autre à imposer à ses étudiants des frais d’inscription pouvant grimper jusqu’à 13 500 € (soit davantage que la quasi-totalité des écoles de commerce).

En conséquence, nous en appelons avec solennité au ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche afin qu’il mette fin au scandale de l’inégalité de traitement entre ces établissements d’enseignement supérieur.

Bixente Etchecaharreta, étudiant élu au conseil d’administration de Sciences Po Lille.

Voir de plus:

Surpris par les réactions à la mort de Descoings, un sociologue explique

MCE

6 avril 2012

Quelques jours après le décès à New York de Richard Descoings, directeur de Sciences Po Paris pendant 16 ans, le professeur de science politique de l’Université de Nanterre, Alain Garrigou, réagit aux réactions attristées. Elles proviennent à la fois des étudiants, des anciens et de nombreux journalistes. Interviewé en exclusivité par MCE, l’auteur de Les élites contre la République, Sciences Po et l’ENA, émet les premières critiques de son action

Selon vous, Alain Garrigou, pourquoi le décès du directeur d’école a suscité autant de réactions de tristesse de là part des élèves et des élites en général ?

C’est dû au sentiment d’appartenance très fort des élèves et anciens de Sciences Po Paris. Cet « esprit d’école », renforcé par Richard Descoings durant ses seize années à la direction, fait partie d’un mouvement général qui touche les business schools. C’était aussi le cas à l’ENA, comme l’avait montré justement Jean-Michel Eymeri dans l’ouvrage La fabrique des énarques. Il est devenu important pour les élèves de revendiquer « l’esprit d’école », voire « l’esprit de corps », montrer que l’on fait partie des « happy few ». Durant ses mandats Richard Descoings a renforcé cet esprit, notamment en instaurant une cérémonie de remise de diplômes formelle et un certain nombre de rituels. L’émotion en est un résultat.

Ne trouvez-vous pas étonnant que les élèves aillent jusqu’à reprendre le blason de Sciences Po sur leur profil Facebook le lendemain du décès ?

Ces blasons rappellent justement ce sentiment d’entre soi, comme une marque de fabrique. C’est un nouveau rituel dans la lignée de ceux qui ont été instaurés en 16 ans. De plus, il y a toujours eu un côté frime, ce n’est pas nouveau. Dans une société où les valeurs primordiales sont liées à la réussite sociale, il est logique de mobiliser tous les titres de réussite, dont le fait d’être passé par Sciences Po Paris. Les étudiants se sentent aussi concernés car c’était un chef charismatique bien évidemment…

Plus généralement, que pensez-vous de l’écho médiatique élogieux qui fait suite à sa disparition ?

L’écho dans la presse cette semaine est lié au fait qu’une grande partie des journalistes parisiens a étudié sur les bancs de Sciences Po Paris. Cette école n’est plus républicaine au sens propre, selon moi, car elle instaure la connivence entre les futurs acteurs de milieux de pouvoir. Ce que je démontrais dans mon livre Les élites contre la République, Sciences Po et l’ENA (2001). Elle mélange des élèves qui deviendront banquiers, hauts fonctionnaires et journalistes… sans que cela ne pose de problème à personne.

Pourquoi critiquez-vous la transformation de l’école ces seize dernières années ?

J’avais effectivement préparé un article critique pour Le Monde diplomatique sur ce que Richard Descoings avait fini par faire de Sciences Po…qui ne sortira peut-être pas aujourd’hui. Il faisait suite aux révélations sur son salaire de 27 000 euros bruts mensuels et sur les rémunérations en général. Avec les super-bonus des cadres dirigeants de l’école, il avait introduit les principes de l’économie de marché dans une école publique. En choisissant de conserver l’adresse rue Saint-Guillaume alors que le loyer plombe les finances de l’école, il souhaitait mettre en avant le prestige de l’institution et rester proche des centres de pouvoir. Pour moi, Richard Descoings a réinstauré l’Ecole libre de sciences politiques, une institution de production et surtout de reproduction des élites… avec pour stratégie de légitimation l’ouverture aux boursiers et aux élèves des lycées de banlieues.

Quels étaient vos rapports avec Richard Descoings ?

Il est vrai que nous n’étions pas particulièrement amis, mais j’étais surtout un adversaire de sa politique – un opposant à la discrimination positive – et du culte autour de sa personnalité… L’homme était très cordial par ailleurs. Mais est-il seulement sympathique d’être appelé par son surnom – «Richie» – par ses étudiants ?

Il y avait des choses obscures autour de Richard Descoings et de ses réseaux de pouvoir. Avec ce triste décès dans des circonstances mystérieuses, elles vont peut-être apparaître…

Propos Recueillis par Léa Lejeune pour MCEtv.fr

Voir aussi:

Sciences Po Inc.

Alain Garrigou

Le Monde diplomatique

novembre 2006

« Non, trois fois non, Sciences Po n’est pas une business school, et elle ne le sera jamais. » Ces propos de M. Richard Descoings, directeur de l’établissement de la rue Saint-Guillaume à Paris, se retrouvent dans le numéro de Challenges consacré aux écoles de commerce (1). Un numéro dont la couverture est occupée par la photographie de… M. Descoings.

Sciences Po est bien une business school par les métiers préparés (direction des ressources humaines, banque, notamment), par le nombre des enseignants vacataires issus de l’entreprise (il n’y a que soixante-six enseignants titulaires sur un total de mille quatre cents), par la place accordée aux liens avec des entreprises partenaires (BNP Paribas, L’Oréal, Accor, Andersen, Schlumberger, etc.), par l’attention portée au placement des diplômés ou aux classements nationaux et internationaux des business schools.

Dans son bilan présenté au conseil de direction du 21 mars 2006, M. Descoings a énuméré une longue liste de changements et d’initiatives : allongement de la durée des études, diversification du recrutement, stages obligatoires hors de France, accueil d’étudiants étrangers, accords avec des universités d’autres pays, création d’annexes provinciales. Sans oublier l’ouverture d’une filière de sélection tournée vers les zones scolaires défavorisées, à l’origine les lycées de zone d’éducation prioritaire (ZEP), par un système de conventions d’éducation prioritaire (CEP). La liste, incomplète, manifeste la détermination de la direction de l’établissement à servir de levier pour la transformation de la société française.

Résolument tournée vers la croissance, Sciences Po réaffirme sa vocation originelle de formation des élites. Pour assumer ce rôle dans un temps d’effacement de l’Etat, l’école s’efforce de s’adapter aux transformations de la mondialisation, et à l’empire du marché. Jusqu’à viser l’ubiquité sur tous les terrains du pouvoir. Elle assure sa mainmise sur la science politique, dont les épreuves du concours d’agrégation se sont déroulées en 2006 dans ses locaux. Une formation commune la rattache également à l’université de sciences Paris-VI. Enfin, forte d’une expertise multiforme – qui paraît confiner à l’omniscience – et de besoins financiers grandissants, l’école a créé une antenne de conseil qui la rapproche d’une entreprise privée. Sciences Po Développement n’affiche pas moins de trois cent soixante-dix domaines d’expertise : la croissance, le civisme, la Libye, Cuba, la question sociale, mais aussi la musique, le cancer, le sport ou l’obésité. L’humilité n’est plus une vertu de ce monde.

Quelle que soit la part des vanités, l’entreprise Sciences Po constitue désormais ce qu’on appelle en économie une concentration horizontale. En l’espèce, cette évolution n’intéresse pas seulement l’entreprise mais également le bien public, car elle est au fondement d’un système de connivences entre les milieux de l’économie, de la politique, du journalisme, du sondage et d’autres. Il se voit mieux dans le domaine des médias, même si celui-ci n’est pas forcément le plus stratégique. Constatant la crise des écoles traditionnelles de journalisme, la direction demanda un rapport à Mme Michèle Cotta. Laquelle préconisa, sans surprise, la création par Sciences Po… d’une école de journalisme. Ouverte en 2004, sa première promotion adopta, sur le modèle énarchique, un nom de promotion, celui de Michèle Cotta, selon un réflexe de reconnaissance polie, et signant ainsi l’affinité avec un journalisme intimement mêlé aux jeux politiciens.

Les étudiants en journalisme sortaient souvent d’un institut d’études politiques. Dorénavant, leur recrutement, déjà verrouillé par des conventions d’exclusivité entre écoles et médias, n’en sera qu’un peu plus standardisé. Et accrue la proximité qu’évoquait David Pujadas, journaliste à France 2, pour excuser d’éventuelles connivences : « Regardez, je sais pas moi, j’ai des copains, ils étaient à Sciences Po avec des hommes politiques. Ils ont connu les mêmes filles. Ils ont, bon… L’un devient journaliste, l’autre devient homme politique. Ils vont quoi, arrêter de se voir ? C’est dur aussi (2). » On conçoit la part d’irresponsabilité des individus pris dans un système. Existe-t-elle aussi pour ceux qui s’emploient à le renforcer ?

L’intérêt pour Sciences Po bénéficie d’un traitement médiatique hors du commun. En interviewant ses enseignants et chercheurs, bien des journalistes ne font qu’un retour à leur école, économique et rapide, et écrivent parfois en interrogeant les chercheurs du même couloir. Nul ne s’y entend mieux que Sciences Po pour effectuer sa propre promotion. Cette capacité agace un peu les écoles de commerce concurrentes. Cela nécessite cependant une vraie organisation : des attachés de presse, des enseignants et des chercheurs sommés de paraître, mais qui, le plus souvent, ne se font pas prier. Tout comme il est des intellectuels médiatiques, Sciences Po est devenue une école médiatique, toujours prompte à occuper les plateaux de télévision et les colonnes des journaux ou à s’associer aux opérations de promotion.

Le traitement privilégié de Sciences Po produit une personnalisation de la direction qui n’est pas sans rappeler le culte de la personnalité. Son directeur aime prendre la pose, si l’on en juge par le nombre de photographies qui le campent devant l’entrée de l’école ou d’un amphithéâtre. Origines modestes, brillante scolarité, belle carrière de conseiller d’Etat…, la louange s’étend aux qualités physiques : « Silhouette longiligne et élégante, regard pénétrant, barbe de trois jours, longs cheveux plaqués en arrière : Richard Descoings cultive un look de dandy romantique qui ne passe jamais inaperçu (3)… »

Au moment des émeutes de banlieue, le directeur dispensait une leçon à ses collègues en leur suggérant d’aller au-delà du périphérique. Quand un autre quotidien reprit sur-le-champ l’injonction, le panégyrique se déplaça du look vers le message : « Il existe un professeur pour ces leçons de vie. Il s’appelle Richard Descoings (…). Patron de Sciences Po, il a fait entrer dans son saint des saints des jeunes des banlieues en 2001. La prochaine étape, à ses yeux, sera d’installer des universités de l’autre côté du périph (4). » Comme personne ne l’ignore, il existe déjà plusieurs universités importantes « de l’autre côté du périph ». Et puis, devant une telle assurance, qui penserait à se demander en quoi l’ouverture d’institutions élitistes constitue une réponse appropriée à la violence urbaine ?

En 2001, les conventions ZEP ont donné lieu à un lancement médiatique qui suggérait qu’il ne s’agissait pas seulement de démocratiser le recrutement, mais aussi de faire parler de soi. En juillet 2006, plus de deux cents articles avaient été publiés dans la presse écrite, dont cinquante-trois dans Le Monde, quarante-neuf dans Le Figaro, quarante-trois dans Les Echos, trente-cinq dans Libération, seize dans Le Point, treize dans L’Express. On y célébra sans discernement. Consécration d’une initiative concrète modeste, M. Nicolas Sarkozy a adopté le projet d’une « discrimination positive à la française » et a confié une « mission de réflexion » au directeur de Sciences Po. Lequel est apparu à un meeting de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) présidé par M. Sarkozy. Assuré de son influence, M. Descoings a lancé l’initiative d’un lycée d’excellence dans le « 9-3 ». Là encore, nul n’a paru surpris que le directeur d’un établissement d’enseignement supérieur de Paris lance un projet important pour l’enseignement secondaire.

Le réseau des anciens élèves explique une telle latitude d’action. Des conditions politiques aussi. En 2001, le ministre de l’éducation, M. Jack Lang, découvrit l’initiative des CEP dans la presse, où il publia vite un bref article pour dire que, bien sûr, il l’approuvait. Cette façon de faire ressemble aux pratiques de la mal-aimée IVe République : l’instabilité gouvernementale laissait alors l’initiative à de hauts fonctionnaires couverts par un ministre de passage.

Avec une base si forte, il ne s’agit pas seulement de lancer des idées, mais également de veiller à leur mise en œuvre. Un programme d’expansion nécessite néanmoins des moyens financiers accrus. En 2003, pour la première fois, la Cour des comptes a formulé des observations critiques. Ces cinq dernières années, l’Etat a augmenté de 25 % un financement dont M. Descoings admet qu’il est déjà « considérable » et « envié par beaucoup d’universités ». Le conseil régional d’Ile-de-France n’est pas avare non plus. Et les apports privés augmentent avec la taxe d’apprentissage octroyée par les entreprises dirigées par d’anciens élèves. Le dynamisme de Sciences Po illustre une nouvelle fois cette loi selon laquelle l’argent va d’abord aux mieux nantis : un élève de Sciences Po coûte d’ailleurs plus de dix fois le prix d’un étudiant « ordinaire ».

Contrairement à des pays où les écoles d’exception sont concurrentes et disséminées, Sciences Po réalise une intégration des élites assez poussée pour constituer une classe dirigeante où responsables politiques, patrons, experts, journalistes, sondeurs se fréquentent, s’entraident – et même s’aiment. Pour que les gens partagent les mêmes visions du monde, on n’a jamais trouvé mieux que de les amener à partager leur jeunesse. Et plus si affinités.

Alain Garrigou

Professeur de science politique à l’université Paris-X-Nanterre, auteur de Les secrets de l’isoloir, Thierry Magnier, Paris, 2008, d’une Histoire sociale du suffrage universel en France, Paris, Seuil, 2002, et de l’essai Les Elites contre la République : Sciences Po et l’ENA, La Découverte, Paris, 2001.

(1) Challenges, Paris, 15 décembre 2005. Lire « Comment Sciences Po et l’ENA deviennent des “business schools” », Le Monde diplomatique, novembre 2000.

(2) Emission « Tam, tam, etc. », France Inter, 14 janvier 2003. Cité dans Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, Raisons d’agir, Paris, 2005, p. 34.

(3) Le Parisien, 16 novembre 2005.

(4) Le Monde, 17 novembre 2005.

Voir par ailleurs:

Descoings-DSK, le raccourci surprenant de la presse anglophone

Slate

04.04.12

Le directeur de l’IEP de Paris Richard Descoings a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel à Manhattan le 3 avril dans l’après-midi, heure de New York.

Un universitaire français, une chambre d’hôtel new-yorkaise… Il n’en fallait pas plus pour que les principales agences de presse anglophones établissent un lien avec un autre universitaire français célèbre outre-Atlantique, Dominique Strauss-Kahn, dont l’affaire au Sofitel avait fait les gros titres de la presse à l’été 2011. Des dépêches ensuite reprises par de nombreux titres de presse.

C’est par exemple la dépêche de Reuters que reprend le Business Insider pour expliquer:

«Dans le sillage du scandale de l’été dernier autour de Dominique Strauss-Kahn dans la chambre d’hôtel du Sofitel de New York, un deuxième incident impliquant une figure française d’envergure surprend.»

Et pour permettre à ses lecteurs de mieux remettre en contexte le personnage de Richard Descoings, il est également précisé que «l’ancien président déchu du FMI Dominique Strauss Kahn travaillait à l’IEP en tant que professeur».

Un détail également relevé par le New York Post, tabloïd américain prompt à se moquer de DSK en une l’été dernier, qui reprend une répêche d’Associated Press en mentionnant le lien universitaire qui unit les deux hommes.

Le Daily Mail britannique choisit même de titrer sur ce lien: «Le directeur de l’université française où DSK enseignait retrouvé mort», annonce-t-il, à la manière d’un New York Daily News qui titre également: «l’universitaire français Richard Descoings retrouvé mort et nu dans sa chambre d’hôtel du Midtown».

A noter que si l’AFP a été la seule agence de presse à ne pas mentionner Dominique Strauss-Kahn dans sa dépêche (anglophone ou francophone) et que les Français n’ont probablement pas besoin du point de repère DSK, cela n’a pas empêché la presse française de faire elle-même le lien.

Le site de 20minutes parle par exemple d’un «air de déjà-vu» pour décrire les camions de police et les journalistes massés devant l’hôtel à l’occasion d’une deuxième affaire impliquant un Frenchman.

Voir par ailleurs:

DEATH IN NEW YORK: Victim, Sarkozy advisor Richard Descoings, was gay

 April 4, 2012

Odd French behaviour in the US, Episode 4,910: Descoings found dead, Lagarde still at large.

Senior Conseil d’Etat member and pro-Sarkozy educational reformer Richard Descoings was found dead in his New York hotel room around 1pm NY time yesterday (Tuesday). Drugs, and evidence of alcohol consumption, were found in his suite. Descoings himself was in the nude.

“We are satisfied that more than one other person was in the room with Mr Descoings,” said a senior NYPD source. The victim – the man chosen by Nicolas Sarkozy in 2009 to reform French lycee education – was openly gay, although he seems to have tried to hide this in 2004 with a heterosexual marriage. A comment thread among students at his college at the time refers to the event, asking “What will now happen to Ritchie’s ex-husband?”, while another comments “Is this a white wedding or a whitewash wedding?” (mariage en blanc ou mariage blanc)

In fact, by September 2009, Descoings felt relaxed enough to write about being gay – «Tout est plus compliqué quand on est un étudiant gay » – he observed. By late Tuesday, the site had been taken down, but around 2007 Descoings became a vaguely controversial figure when he argued for positive discrimination in favour of ‘des jeunes bacheliers’ in the professions.

A quick look at his page on social website Profile Engine shows a selection of friends with similar interests to Richard Descoings, known in homosexual circles as ‘Ritchie D’, a French jeux de mots on the words ‘riches idees’.

His sexuality would be irrelevant were it not for the fact that the state of his hotel room has all the hallmarks of a rough-trade encounter that went wrong. Descoings’ wallet was missing, but his credit cards were found, said the NYPD informant. Doubtless more will emerge shortly.

Still disturbingly alive in America is French person Christine Lagarde, who yesterday gave a speech playing her own little role in the game of hot-potato passing.

The story so far: last week Mario Draghi opined publicly about the need for EU member State exchequers to cough up more firewall bricks. The EU FinMins then cobbled together an amount of building materials and doubled it, but unfortunately the doubling up was in the form of mental arithmetic rather than anything concrete. ‘Mental arithmetic’ as a phrase, in fact, sums up EU financial goings-on rather well.

The FinMins then passed the steaming spud to the IMF – saying it should lend a lot more – so yesterday Chrissie in turn hurled it in the direction of the G20. She told the annual meeting of The Associated Press that last week’s move by eurozone countries to boost their own rescue fund had strengthened her case to ask other large economies to expand the IMF’s financial war chest.”We need more firepower,” she said, desperately.

Part of the problem here is too many parallels in the eurozone’s parallel Universe. Geithner wanted a bazooka, Lagarde started off wanting a war-chest, but the FinMins insisted on a firewall, so now Christine The Guardianette wants ammo for the bazooko. Everyone’s confused, especially as none of the participants wants to part with any of the alleged monetary substances.

It’s been a long day. I’m going to lie down now. I may be some time.

Voir de même:

‘Gay hookup’ link in French scholar’s Manhattan hotel room death: sources

Doug Auer and Cynthia R. Fagen

The NY Post

April 5, 2012

Cops found gay-hookup Web sites on the laptop computer of a married French scholar whose naked corpse was found in a posh Midtown hotel room, law-enforcement sources said yesterday.

Richard Descoings, 53, director of the prestigious Paris Institute of Political Studies — and a friend of French President Nicolas Sarkozy — was “really into men,” his widow told cops, according to the sources.

Nadia Marik-Descoings flew in from France yesterday and told cops she was aware of her husband’s homosexual interests “before she met and married him,” the sources added.

Detectives are looking to question two men who visited Descoings’ room Monday evening.

Descoings’ body was discovered Tuesday afternoon after he failed to appear at a conference at Columbia University.

An autopsy performed yesterday was inconclusive pending toxicology tests.

Descoings’ seventh-floor Michelangelo Hotel room on West 51st Street wasn’t broken into and there were no signs of trauma on the body. Alcohol and prescription drugs were found in the room.

Descoings’ laptop and cellphone were found on a third-floor ledge, possibly tossed from his window.

Sarkozy yesterday paid homage to his friend, who he said gave underprivileged students the chance to study at the revered Paris university.

Voir aussi:

Gay Hook-Up Connection Emerges In Bizarre NYC Death Of Esteemed French Prof

The naked corpse of a prominent Parisian professor named Richard Descoings was found in his NYC hotel room Tuesday afternoon. Bizarrely, there was no sign of forced entry nor any trauma on the body, but alcohol and prescription pills were found.

Evan Mulvihill

Queerty

Apr 5, 2012

After an autopsy proved “inconclusive,” Bloomberg News says more toxicology tests will be needed.

According to the New York Post:

Cops found gay-hookup Web sites on the laptop computer of a married French scholar whose naked corpse was found in a posh Midtown hotel room, law-enforcement sources said yesterday.

Richard Descoings, 53, director of the prestigious Paris Institute of Political Studies—and a friend of French President Nicolas Sarkozy—was “really into men,” his widow told cops, according to the sources.

Nadia Marik-Descoings flew in from France yesterday and told cops she was aware of her husband’s homosexual interests “before she met and married him,” the sources added.

Detectives are looking to question two men who visited Descoings’ room Monday evening.

Toxicology reports were not available yet, but if there was no sign of trauma on the body, that means that Descoings probably died from an overdose on pills or alcohol… So how do the two visitors figure in? It’s possible he could’ve committed suicide after hooking up with them, or been doing too much drugs with them, or they drugged him, but it’s still confusing to me.

The other odd part of evidence in this case is the fact that Descoings’ cell phone and laptop were found on the third-floor balcony, although his room was on the seventh floor. Cops presume he flung those things off the balcony, but if these two visitors were out to shag and rob Descoings, wouldn’t they take the most valuable things?

The New York Times reports, less sordidly, that investigators “haven’t determined that there was foul play,” and no other outlets have confirmed the Post‘s gay hook-up connection.

If we are to believe the Post, this might continue a dangerous trend of one or two presumably younger guys showing up at an older guy’s place for a hookup and then preying on him.

If you’re an older man looking for sex on Manhunt, Grindr, Rentboy—especially if you’re looking to hook up with younger guys that could probably overpower you—Queerty urges you to be safe and meet in a public place first. That way, if you decide they’re shady or not worth your time, you can avoid the tragic fate of John Laubach and George Weber.

Voir enfin:

French scholar found dead in Midtown hotel

 Doug Auer, Larry Celona and Jennifer Bain

New York Post

Apr. 3, 2012

The NYPD is investigating the mysterious death of a French scholar found dead today in a Midtown hotel room, The Post has learned.

The nude body of Richard Descoings, the 54-year-old director of the prestigious Institute of Political Studies in Paris and a member of France’s Council of State, was discovered around 1 p.m. by staffers at the Michelangelo Hotel on West 51st Street, said police spokesman Paul Browne.

Although the room was initially found in disarray, it was later determined that EMS workers had made the mess pulling Descoings from his bed and trying to revive him, Browne added.

« There is no criminality at this time and no obvious signs of trauma. We are awaiting the medical examiner’s determination for the cause of death, » Browne said.

A law enforcement source said that empty booze bottles and antidepressants were also in the room.

« We are looking at the possibility of another person having been in room with him at some point, » said another source.

Descoings, who is married, was in town to attend a conference at Columbia University, but never showed in the lobby to leave for the school with colleagues.

At first, his friends thought he had gone ahead of them, or had perhaps overslept.

Hotel staff went to his room at around 9 a.m., and could hear him sleeping, Browne said.

However, four hours later, when Descoings still didn’t show at the seminar, workers staff visited his room a second time and opened the door.

That’s when they discovered his dead body.

« We are deeply saddened by the sudden death of our colleague Richard Descoings, the Director of Sciences Po, one of the world’s top universities. He was a global leader on education policy, recognized and honored both in France and around the world for his contributions to research and policy. He focused much of his energy on expanding access to the university, » read a joint statement released by United Nations Secretary-General Ban Ki-moon and Columbia University President Lee C. Bollinger.

This is the second high-profile investigation in a year that the NYPD has headed into a French bigwig.

Police last year busted Dominique Strauss-Kahn, the former head of the International Monetary Fund, on allegations that he sexually assaulted maid Nafissatou Diallo at the Sofitel Hotel. The charges were later dropped.

He was then accused of raping writer Tristane Banon in France in 2003.

Although prosecutors found evidence of a sexual assault, they ruled that the statute of limitations had passed.

Recently, allegations have linked Strauss-Kahn to a prostitution ring in northern France.

In an interesting twist, Strauss-Kahn was once a professor at the institute which Descoings headed.

His wife, Anne Sinclair, is president of the US Sciences Po Foundation’s board of directors. Descoings’ wife, Nadia Marik, is a director in charge of partnerships and business development.

Voir également:

Sciences Po Lille, Sciences Po Paris: des inégalités insupportables

 30 Janvier 2012

 Mediapart

«Là où Sciences Po Paris bénéficie d’un financement étatique de 8 000 € par étudiants et par an, Sciences Po Lille doit se contenter de 2 800 €», dénonce Bixente Etchecaharreta, étudiant à Sciences Po Lille. Il demande au ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche de mettre «fin à l’inégalité de traitement» entre ces établissements.

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A l’heure où Le Monde et Mediapart divulguent des informations sur le salaire extraordinaire –près de 500 000 euros par an, soit cinq fois le salaire d’un président d’université et facilement trois fois celui d’un ministre– de Richard Descoings, directeur de Sciences Po Paris (lire ici), sur les primes hallucinantes touchées par plusieurs membres du comité exécutif –jusqu’à 100 000 €– on peut légitimement s’étonner de la manière dont d’autres grandes écoles et universités de province sont (mal)traitées par l’Etat, parfois à un point –a priori– inimaginable.

L’Institut d’études politiques (IEP) de Lille, tel un vétéran, exhibe ses blessures de guerre et brandit ses médailles: blessures parce que l’IEP est de loin l’institut le plus mal doté par l’Etat, médailles parce qu’il obtient des résultats spectaculaires dans bien des domaines. Sciences Po Lille a le recrutement le plus sélectif de tous les IEP de France, très près de celui de Paris. Il rencontre des succès probants dans des domaines aussi divers que l’intégration au Collège de Bruges, les concours de la haute fonction publique, la préparation au Capes et à l’agrégation de sciences économiques et sociales, la gestion de partenariats attractifs en particulier avec l’ESJ. De surcroît, Sciences Po Lille assure un maximum de missions de service public, notamment en portant un programme de démocratisation aux statistiques impressionnantes (PEI) qui concerne 700 élèves de collèges et lycées de la région.

Cependant, là où Sciences Po Paris bénéficie d’un financement étatique de 8 000 € par étudiants et par an, Sciences Po Lille doit se contenter de 2 800 €, beaucoup moins que les autres IEP de région et bien moins que la plupart des universités lilloises. La situation est aujourd’hui grave. L’iniquité de traitement est d’autant plus insupportable qu’elle est hors de proportion –un «écart» de dotation publique de 5 000 à 6 000 € par étudiant et par an avec Sciences Po Paris, totalement immérité et lourd de menaces pour l’avenir immédiat.

La politique mise en place à l’IEP de Lille constitue une réussite très fragile car elle repose sur le sur-investissement d’un personnel (enseignant et administratif) dont le faible nombre est une menace permanente pour le fonctionnement de l’école. La seule rémunération du directeur de Sciences Po Paris permettrait de renforcer Sciences Po Lille d’au moins 20 personnes.

Aujourd’hui, le budget annuel consolidé de l’IEP de Lille s’élève à 7,1 millions d’euros quand celui de Bordeaux est de 14,6 millions, celui d’Aix-en-Provence de 14 millions, celui de Grenoble de 13 millions et, ce, alors même que l’IEP de Lille compte un nombre supérieur ou équivalent d’étudiants. Sa dotation publique globale (DGF + emplois statutaires) est la moins élevée, et de loin, de tous les IEP et également inférieure à celle des universités spécialisées dans le domaine des sciences humaines et sociales.

Lors du Conseil d’administration (CA) du mercredi 14 décembre 2011, et face à un budget à ce point sous contrainte pour l’exercice 2012, les élus étudiants unanimes ont décidé de présenter une motion visant au report de l’examen et du vote du budget à la prochaine réunion du CA, de manière à ce que l’Etat entende les difficultés de l’IEP de Lille et apporte une réponse rapide et précise à cette situation d’inégalité manifeste.

Sciences Po Lille est une école publique attachée aux valeurs méritocratiques et de promotion sociale. Elle ne souhaite pas entrer dans le jeu de Sciences Po Paris consistant à faire financer pour plus de moitié son budget par l’Etat et de l’autre à imposer à ses étudiants des frais d’inscription pouvant grimper jusqu’à 13 500 € (soit davantage que la quasi-totalité des écoles de commerce).

En conséquence, nous en appelons avec solennité au ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche afin qu’il mette fin au scandale de l’inégalité de traitement entre ces établissements d’enseignement supérieur.

Bixente Etchecaharreta, étudiant élu au conseil d’administration de Sciences Po Lille.

Voir aussi:

Surpris par les réactions à la mort de Descoings, un sociologue explique

MCE

6 avril 2012

Quelques jours après le décès à New York de Richard Descoings, directeur de Sciences Po Paris pendant 16 ans, le professeur de science politique de l’Université de Nanterre, Alain Garrigou, réagit aux réactions attristées. Elles proviennent à la fois des étudiants, des anciens et de nombreux journalistes. Interviewé en exclusivité par MCE, l’auteur de Les élites contre la République, Sciences Po et l’ENA, émet les premières critiques de son action

Selon vous, Alain Garrigou, pourquoi le décès du directeur d’école a suscité autant de réactions de tristesse de là part des élèves et des élites en général ?

C’est dû au sentiment d’appartenance très fort des élèves et anciens de Sciences Po Paris. Cet « esprit d’école », renforcé par Richard Descoings durant ses seize années à la direction, fait partie d’un mouvement général qui touche les business schools. C’était aussi le cas à l’ENA, comme l’avait montré justement Jean-Michel Eymeri dans l’ouvrage La fabrique des énarques. Il est devenu important pour les élèves de revendiquer « l’esprit d’école », voire « l’esprit de corps », montrer que l’on fait partie des « happy few ». Durant ses mandats Richard Descoings a renforcé cet esprit, notamment en instaurant une cérémonie de remise de diplômes formelle et un certain nombre de rituels. L’émotion en est un résultat.

Ne trouvez-vous pas étonnant que les élèves aillent jusqu’à reprendre le blason de Sciences Po sur leur profil Facebook le lendemain du décès ?

Ces blasons rappellent justement ce sentiment d’entre soi, comme une marque de fabrique. C’est un nouveau rituel dans la lignée de ceux qui ont été instaurés en 16 ans. De plus, il y a toujours eu un côté frime, ce n’est pas nouveau. Dans une société où les valeurs primordiales sont liées à la réussite sociale, il est logique de mobiliser tous les titres de réussite, dont le fait d’être passé par Sciences Po Paris. Les étudiants se sentent aussi concernés car c’était un chef charismatique bien évidemment…

Plus généralement, que pensez-vous de l’écho médiatique élogieux qui fait suite à sa disparition ?

L’écho dans la presse cette semaine est lié au fait qu’une grande partie des journalistes parisiens a étudié sur les bancs de Sciences Po Paris. Cette école n’est plus républicaine au sens propre, selon moi, car elle instaure la connivence entre les futurs acteurs de milieux de pouvoir. Ce que je démontrais dans mon livre Les élites contre la République, Sciences Po et l’ENA (2001). Elle mélange des élèves qui deviendront banquiers, hauts fonctionnaires et journalistes… sans que cela ne pose de problème à personne.

Pourquoi critiquez-vous la transformation de l’école ces seize dernières années ?

J’avais effectivement préparé un article critique pour Le Monde diplomatique sur ce que Richard Descoings avait fini par faire de Sciences Po…qui ne sortira peut-être pas aujourd’hui. Il faisait suite aux révélations sur son salaire de 27 000 euros bruts mensuels et sur les rémunérations en général. Avec les super-bonus des cadres dirigeants de l’école, il avait introduit les principes de l’économie de marché dans une école publique. En choisissant de conserver l’adresse rue Saint-Guillaume alors que le loyer plombe les finances de l’école, il souhaitait mettre en avant le prestige de l’institution et rester proche des centres de pouvoir. Pour moi, Richard Descoings a réinstauré l’Ecole libre de sciences politiques, une institution de production et surtout de reproduction des élites… avec pour stratégie de légitimation l’ouverture aux boursiers et aux élèves des lycées de banlieues.

Quels étaient vos rapports avec Richard Descoings ?

Il est vrai que nous n’étions pas particulièrement amis, mais j’étais surtout un adversaire de sa politique – un opposant à la discrimination positive – et du culte autour de sa personnalité… L’homme était très cordial par ailleurs. Mais est-il seulement sympathique d’être appelé par son surnom – «Richie» – par ses étudiants ?

Il y avait des choses obscures autour de Richard Descoings et de ses réseaux de pouvoir. Avec ce triste décès dans des circonstances mystérieuses, elles vont peut-être apparaître…

Propos Recueillis par Léa Lejeune pour MCEtv.fr

Gay Hook-Up Connection Emerges In Bizarre NYC Death Of Esteemed French Prof

The naked corpse of a prominent Parisian professor named Richard Descoings was found in his NYC hotel room Tuesday afternoon. Bizarrely, there was no sign of forced entry nor any trauma on the body, but alcohol and prescription pills were found.

After an autopsy proved “inconclusive,” Bloomberg News says more toxicology tests will be needed.

According to the New York Post:

Cops found gay-hookup Web sites on the laptop computer of a married French scholar whose naked corpse was found in a posh Midtown hotel room, law-enforcement sources said yesterday.

Richard Descoings, 53, director of the prestigious Paris Institute of Political Studies—and a friend of French President Nicolas Sarkozy—was “really into men,” his widow told cops, according to the sources.

Nadia Marik-Descoings flew in from France yesterday and told cops she was aware of her husband’s homosexual interests “before she met and married him,” the sources added.

Detectives are looking to question two men who visited Descoings’ room Monday evening.

Toxicology reports were not available yet, but if there was no sign of trauma on the body, that means that Descoings probably died from an overdose on pills or alcohol… So how do the two visitors figure in? It’s possible he could’ve committed suicide after hooking up with them, or been doing too much drugs with them, or they drugged him, but it’s still confusing to me.

The other odd part of evidence in this case is the fact that Descoings’ cell phone and laptop were found on the third-floor balcony, although his room was on the seventh floor. Cops presume he flung those things off the balcony, but if these two visitors were out to shag and rob Descoings, wouldn’t they take the most valuable things?

The New York Times reports, less sordidly, that investigators “haven’t determined that there was foul play,” and no other outlets have confirmed the Post‘s gay hook-up connection.

If we are to believe the Post, this might continue a dangerous trend of one or two presumably younger guys showing up at an older guy’s place for a hookup and then preying on him.

If you’re an older man looking for sex on Manhunt, Grindr, Rentboy—especially if you’re looking to hook up with younger guys that could probably overpower you—Queerty urges you to be safe and meet in a public place first. That way, if you decide they’re shady or not worth your time, you can avoid the tragic fate of John Laubach and George Weber.

Full story here: http://www.queerty.com/gay-hook-up-connection-emerges-in-bizarre-nyc-death-of-esteemed-french-prof-20120405/#ixzz1xXfcQu5V

COMPLEMENT (2015):

« Richie » et le sexe des puissants
Mathieu Magnaudeix
Je pensais comme ça
29 avr. 2015

Le 3 avril 2012, « un peu avant 13 heures », Richard Descoings est retrouvé mort dans la chambre 723 de l’hôtel Michelangelo de New York, étendu sur son lit. Quelques heures plus tôt, deux escorts boys recrutés sur le site Planet Romeo avaient quitté sa chambre. Une maladie cardiaque liée à l’hypertension, diront les légistes américains. La France est stupéfaite. A Sciences-Po, les étudiants pleurent une rock star.

Il faut lire « Richie » (Grasset), l’enquête que la journaliste du Monde Raphaëlle Bacqué vient de consacrer à Richard Descoings. L’histoire bien française d’un « Rastignac » des beaux quartiers, fils de médecins parisiens, énarque qui a coché toutes les cases de la réussite scolaire, devenu le patron audacieux, fantasque et mégalo de l’usine à élites de la rue Saint-Guillaume. On suit Descoings dans les bureaux feutrés du Conseil d’Etat, dans les cabinets ministériels du mitterandisme finissant. On le voit partir à la conquête de Sciences-Po, avec les codes et les appuis qui conviennent. Propulsé à 38 ans, en 1996, la tête de l’école du pouvoir, il modernise, dépoussière, déménage, plein de bagout et de charme, adulé « comme un Jim Morrisson ». Il internationalise, vend la marque à l’étranger, instaure les conventions ZEP pour les lycéens des quartiers populaires.

Raphaëlle Bacqué raconte aussi sa rencontre avec Nadia Marik, épousée en 2004 qui l’introduira dans les réseaux RPR, et dont il fait son bras droit. Elle détaille la fuite en avant, la gestion népotique, les « faveurs et les défaveurs » accordées par le prince Descoings, la folie des grandeurs, révélées par les enquêtes au scalpel de Jade Lindgaard, ma (presque) voisine de bureau à Mediapart. Le livre pourrait s’appesantir davantage sur les faillites du système Descoings, et c’est sans doute une faiblesse, même si ce n’était pas vraiment l’objet du livre, raconté comme une saga – on aime ou on n’aime pas ce genre, c’est un autre débat.

Mais « Richie », c’est aussi une preuve. Une preuve de la façon simple dont le journaliste peut parler la vie privée des puissants. Pas pour racoler, ni pour violer l’intimité. Mais bien pour faire son travail: informer. En l’occurrence, « Richie » n’est pas un livre voyeur. Mais c’est un livre sur tout Descoings. Pas juste le Descoings des portraits laudateurs dans la presse, tel qu’il se donnait à voir – au point que longtemps, bien des journalistes aveuglés n’ont pas vu sa part de folie, et la folie du système qu’il avait mis en place. « Richie » parle avec simplicité et justesse de sa longue relation amoureuse avec le patron de la SNCF Guillaume Pépy, rencontré au Conseil d’Etat, dont il ne faisait pas mystère, rappelle que l’intéressé s’est lui-même décrit, devant un ampli plein, comme « le premier pédé de Sciences-Po ». Son homosexualité ne fut pourtant jamais évoquée de son vivant par la presse, à part dans deux portraits du Monde et du Point. Peu, très peu, pour un homme public qui fut l’objet de tant d’articles.

J’entends déjà les récriminations. « Mais on s’en moque!» « Pourquoi savoir? ». « Il couche bien avec qui il veut ». Oui, bien sûr. Et quand elle n’a pas d’intérêt pour le lecteur, la vie privée doit bien sûr être protégée, ce que prévoit d’ailleurs le droit. Mais avec les personnalités publiques, la sphère de la vie privée se réduit forcément. Les réseaux du pouvoir sont à la fois des entrelacs d’intérêt, d’entr’aide, de rivalités, d’amitiés, d’amour ou de sexe. « Au sein du pouvoir, les gens mêlent leur vie privée et publique tout le temps », explique Raphaëlle Bacqué dans un entretien réalisé par l’auteur de ce billet et publié sur le site de l’Association des journalistes lesbiennes, gays, bis, trans (AJL), qui a pour but de de sensibiliser les médias à un traitement plus juste des questions liées aux LGBT.

Et c’est peu dire qu’avec Richard Descoings, vie privée et vie publique ont été sans cesse mêlées. Dès 1985, alors que Michel Foucault vient de mourir, le jeune conseiller d’Etat fait partie aux côtés d’autres homosexuels, dont Daniel Defert, l’ancien compagnon du philosophe, des pionniers d’Aides, l’association de lutte contre le sida. Il y a urgence, les amis meurent, certains se savent condamnés, et Descoings les aidera à structurer un peu l’organisation, avant de prendre ses distances. A Sciences-Po, lors des soirées étudiantes, il n’était pas rare que le président, dont l’homosexualité assumée n’était pas étrangère à la popularité, danse sanglé de cuir au vu et au su de ses élèves. Marié, il a fait de sa femme, Nadia Marik, sa personne de confiance à la direction de l’école, gérant avec elle seule. Descoings avait deux alliances, l’une d’or et l’autre d’argent, pour les deux amours de sa vie. Après son décès, Nadia Marik et Guillaume Pépy figuraient ensemble sur le faire-part publié dans la presse. Devant toute la République réunie, le jour des obsèques, le prêtre de l’église Sainte Clotilde débuta ainsi son sermon: « Chère Nadia, cher Guillaume… » Du privé très public.

Le public, pourtant, n’avait pas à être au courant « Je suis homosexuel pour ceux qui savent et hétérosexuel pour ceux qui n’ont pas besoin de savoir », théorisait lui-même Descoings. Une formule incroyable qui dit tout le cynisme des puissants — je suis l’un ou l’autre, selon ce qui m’est utile. Et, au passage, l’absence totale de conscience que son homosexualité publiquement assumée aurait pu être utile à d’autres, par exemple des jeunes homos qui cherchent des références ou des modèles. On répondra qu’il n’y était pas obligé, que ça le regarde. Certes. Mais on peut aussi trouver que c’est dommage.

Raphaëlle Bacqué raconte comment, au moment de l’enterrement de Descoings, Guillaume Pépy a appelé les patrons du Monde pour que sa relation avec Descoings ne soit pas mentionnée. « Cela se passe comme ça chez les puissants: on ne vous dit rien, on appelle l’actionnaire. Avant la sortie du livre, la responsable de la communication de Pépy s’est assurée auprès de grands patrons de presse qu’ils n’en parleraient pas », raconte la journaliste. L’omerta pour le grand public, seuls les initiés doivent savoir.Mais nous, journalistes, n’avons pas forcément à se plier à cette règle non écrite. Bien sûr, la vie privée est une affaire complexe. Il faut, à chaque fois, soupeser, distinguer ce qui doit être écrit de ce qui est futile, ou inutile. « Je distingue plusieurs sphères, nous dit Raphaëlle Bacqué. Il y a l’intimité, à protéger. Dans l’intimité, il y a la sexualité, la chose la plus intime qui soit. Mais il faut garder en tête que la sexualité peut avoir un impact politique. La sexualité de Dominique Strauss-Kahn, par exemple, était un problème politique ! (…) Et puis il y a la vie privée, qui est beaucoup plus large. Là, je fais au cas par cas. (…) Le rôle du journalisme, c’est quand même de raconter la réalité, et si possible un peu de son époque. »

Au lieu de brandir « vie privée! » systématiquement, comme un réflexe, on en oublie parfois notre métier d’informer. Là est la leçon journalistique du « Richie » de Bacqué.

Voir enfin:

Raphaëlle Bacqué (Le Monde): « Dans les rédactions, l’homosexualité fait peur »
AJL
28/04/2015

Raphaëlle Bacqué, grand reporter au Monde, vient de publier « Richie » (Grasset), un livre sur la vie de l’ancien président de Sciences-Po, Richard Descoings, décédé en 2012. Dans ce livre, la journaliste raconte tout Descoings, y compris son homosexualité, que les médias ont toujours tue de son vivant, au nom de la protection de la vie privée. L’Association des journalistes LGBT a souhaité rencontrer Raphaëlle Bacqué car son ouvrage est au cœur des problématiques que nous soulevons régulièrement. Elle nous explique les appréhensions des journalistes français à parler de l’homosexualité des personnages publics, même lorsque celle-ci est largement connue, et les pressions subies par celles et ceux qui s’y risquent. Ce silence prouve aussi, selon la journaliste du Monde, une « angoisse de l’homosexualité » dans les rédactions, au détriment du devoir d’informer. Car oui, il y a des informations privées qui valent le coup d’être écrites. Entretien.

AJL: “Richie”, sorti le 13 avril, a été tiré à 50.000 exemplaires. Comment est-il reçu? Êtes-vous parfois surprise par les questions des journalistes?

Raphaëlle Bacqué: Les nombreux lecteurs qui m’écrivent ou tweetent après avoir lu “Richie” ne paraissent absolument pas gênés. Ils lisent ce livre comme l’histoire d’un individu flamboyant, d’un Rastignac symbole de nos élites, et aussi comme une double histoire d’amour. La réception des médias, c’est autre chose. Je vois bien que certains journalistes aimeraient me faire dire qu’il existe un “lobby gay” dans les élites françaises. Cette question revient tout le temps dans les interviews, c’est dire l’ampleur des préjugés! Pourtant l’histoire de Descoings n’est pas l’histoire d’un “lobby gay”. C’est celle d’un homme issu des grands corps de l’Etat: ça, c’est un véritable réseau de solidarité! Le réseau que je raconte dans ce livre, ce sont juste des amis qui s’entraident. Il y a aussi des journalistes pour qui le simple fait de parler d’homosexualité est une angoisse majeure. Quand elle m’a interrogée sur France Inter, Léa Salamé n’osait même pas prononcer le nom de Guillaume Pépy. Elle m’a laissé le soin de le dire! Pourtant, même Wikipedia parle de sa relation avec Descoings…

Pourquoi tant de précautions?

Les médias sont encore très angoissés à l’idée de parler d’homosexualité, surtout quand il s’agit de personnalités connues. Dans les questions qu’on me pose, il y a aussi cette idée que les homos sont tous les mêmes, qu’ils sont forcement infidèles, fêtards, de gauche. Descoings, ce n’est pas tous les gays, c’est une histoire parmi d’autres. Il a eu lui-même plusieurs façons de vivre sa sexualité. Les gays, ce n’est pas un bloc. Et les énarques gays ressemblent d’abord à des énarques.

Richard Descoings est une personnalité dont la vie privée et la vie publique sont sans cesse mêlées. Jusqu’à sa mort, annoncée dans le faire-part paru dans la presse par les deux amours de sa vie, Nadia Marik et Guillaume Pépy. Pourtant, de son vivant, il y a eu très peu de portraits évoquant son homosexualité. Un dans Le Monde, de la spécialiste éducation Nathalie Brafman…

Oui, et elle pensait d’ailleurs dire une banalité!

… Un autre dans Le Point, et c’est à peu près tout. D’où ma question: ce livre qui parle simplement de son homosexualité, n’avez-vous pu l’écrire que parce que Descoings était mort?

Je n’ai pas essayé avant. C’est une erreur d’ailleurs: moi qui m’intéresse au pouvoir, j’aurais dû m’intéresser à lui. Mais une fois de plus, l’homosexualité fait peur dans les rédactions. Par exemple, avant que Closer ne publie les photos de Florian Philippot, le numéro deux du Front national, avec son copain en week-end à Vienne, je voulais faire au Monde une enquête sur les gays au Front national. Je considérais que c’était un sujet politique car Marine Le Pen n’est pas allée dans les manifestations contre le mariage des couples de même sexe, et c’est par ailleurs un sujet de divisions internes. On m’a répondu qu’il y a toujours eu des homosexuels au FN, ou alors on m’a dit « on le sait déjà », cette phrase si typique des journalistes. Je me souviens d’une réunion avec la rédaction en chef où on m’a dit « tu peux raconter comment Marine Le Pen a décidé de ne pas aller aux manifestations, mais tu ne fais pas quelque chose sur les gays qui l’entourent ». Mais c’est indissociable!

Dans ce cas, on est typiquement, comme sur beaucoup de sujets qui traitent du pouvoir et de la politique, dans une sorte d’entre-deux. La distinction entre “vie privée” et “vie publique” est parfois difficile à discerner: au sein du pouvoir, les gens mêlent leur vie privée et publique tout le temps, qu’ils soient hétéros ou homos. Que Philippot passe le week-end avec son petit ami, on est d’accord, c’est une question de vie privée. Mais qu’il y ait plusieurs homosexuels autour de Marine Le Pen, dont lui, qui l’ont convaincue de rester en retrait au moment du débat sur le mariage des couples de même sexe, ça, c’est une question politique.

Et à la fin, c’est Closer qui publie les photos de Philippot, comme si la mission de dire l’homosexualité des puissants était sous-traitée par les journalistes de la “grande presse” à la presse people

Oui, et d’ailleurs j’ai été stupéfaite de la réaction de solidarité de nombreux journalistes ou éditorialistes avec Philippot après l’article de Closer, sur le mode « pas touche à la vie privée, c’est abject ». C’est encore une fois la preuve de cette angoisse face à l’homosexualité, et cela ne concerne pas que la presse conservatrice, loin de là! C’est terrible à dire, mais Closer m’a ouvert la porte: cela a été plus simple d’écrire mon enquête sur les gays du FN.

Pour parler de l’homosexualité des personnalités publiques, les journalistes usent souvent de périphrases: « Charlus », « Bel-Ami » , « célibataire endurci » etc. , qui ne parlent qu’aux initiés. Faut-il bannir ce genre de formules?

Alors que Guillaume Pépy figure sur le faire-part de décès de Richard Descoings, tous les portraits faits de lui ce jour-là le présentent comme un « très proche ». Quand Léa Salamé m’interroge sur France Inter, elle dit au sujet de sa relation avec Pépy « vous révélez ce qui était un secret connu des initiés mais pas du grand-public ». Mais quand les auditeurs entendent ça, ça les rend dingues! Ils se disent: « Comment ça, nous on ne sait pas? On n’aurait pas le droit de savoir? ». Raconter une fausse réalité, par des périphrases que seuls les initiés comprendront, je trouve que ce n’est pas bien, ça entretient la défiance vis-à-vis des médias. La limite, c’est l’”outing”. Dans mon livre, je n’”oute” personne. Tous les gens que je cite, je leur ai demandé si je pouvais le faire. Les autres, qui sont peu nombreux, je ne cite pas leur nom. Je n’ai pas enfreint les règles.

Au Parlement, il y quatre homosexuels “out” sur près de 1000 députés et sénateurs. Est-ce que le rôle du journaliste n’est pas de poser les questions qui permettraient à certains de faire leur coming-out?

C’est toujours difficile. Vous ne pouvez pas assigner un rôle militant ou un engagement à quelqu’un parce qu’il est homosexuel. Je suis féministe, j’ai déploré mille fois le manque d’engagement de femmes connues, je le regrette mais je pense que ça relève de la liberté de chacun.

Oui, mais en tant que journaliste, on peut toujours poser la question, non?

Mais vous voyez bien qu’il y a un débat parmi les gays. Quand l’ancien président de Radio France Jean-Paul Cluzel encourage les homos connus à sortir du placard, il est minoritaire. Personne ne fait ça dans les milieux du pouvoir, par peur que ce ne leur soit préjudiciable.

Quand j’ai fait le portrait du président de Radio France Mathieu Gallet, j’ai parlé au détour d’une phrase des « garçons ». Illico, son conseiller en communication, le fameux Denis Pingaud payé 90.000 euros par an, m’a appelée pour me dire « c’est scandaleux vous avez “outé” Mathieu ». D’abord je tombais un peu des nues parce que je pensais que ça avait déjà été écrit, je n’avais pas du tout le sentiment de l’avoir “outé”. Eh bien, il en a discuté avec le directeur général du Monde. Au moment de l’enterrement de Richard Descoings, Guillaume Pépy a appelé mes actionnaires. Il ne voulait pas que l’on parle de sa relation avec Descoings. Cela se passe comme ça chez les puissants: on ne vous dit rien, on appelle l’actionnaire. Avant la sortie du livre, la responsable de la communication de Pépy s’est assurée auprès de grands patrons de presse qu’ils n’en parleraient pas…

La France, et les médias français, ne sont-ils pas particulièrement en retard avec cette conception très maximaliste de ce qu’est la vie privée?

C’est en train d’évoluer très vite. J’ai relu récemment à des étudiants La femme fatale, le livre sur Ségolène Royal coécrit en 2007 avec ma consœur du Monde, Ariane Chemin. Nous glissions en deux paragraphes qu’elle et François Hollande, alors premier secrétaire du PS, étaient séparés pendant la campagne présidentielle et qu’ils ne se parlaient pas, ce qui a quand même été un gros problème! On n’écrivait même pas le nom de la nouvelle compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler, on ne disait pas qu’elle travaillait à Paris-Match! C’était “Claudine à l’école”! Quand je relis ça, j’ai un peu honte, c’était d’un nunuche! Et pourtant, ça a été un scandale énorme. Des confrères nous ont éreintées, Ségolène Royal nous a attaquées en justice, avant de se rendre compte qu’ayant fait un entretien elle-même à la radio sur ses déboires conjugaux, ça ne servait à rien de nous poursuivre…

Quels conseils donneriez-vous aux journalistes pour aborder ces questions de vie privée? Vous, quelle est votre doctrine?

Je distingue plusieurs sphères. Il y a l’intimité, à protéger. Dans l’intimité, il y a la sexualité, la chose la plus intime qui soit. Mais il faut garder en tête que la sexualité peut avoir un impact politique. La sexualité de Dominique Strauss-Kahn, par exemple, était un problème politique ! Après l’affaire du Sofitel, certains journalistes ont soutenu qu’on s’en moquait, que tout ce qui compte c’est sa pensée économique. On part quand même de très loin!

Et puis, il y a la vie privée, qui est beaucoup plus large. Là, je fais au cas par cas. Je considère par exemple que les dîners mondains organisés par le secrétaire général de l’Elysée Jean-Pierre Jouyet et son épouse Brigitte Taittinger doivent être racontés, comme nous l’avons fait avec Ariane Chemin, parce qu’ils mêlent toute l’élite économique et politique. Ou, dans un autre registre, qu’un gay qui prendrait des positions très anti-homo, ça s’écrit parce qu’il y a contradiction entre les pratiques et les prises de position publique. Le rôle du journalisme, c’est quand même de raconter la réalité, et si possible un peu de son époque.

Propos recueillis par Mathieu Magnaudeix
« Richie »,
Grasset, 18 euros

13 Responses to Affaire Descoings: Le directeur de Sciences Po jouait au jeu du foulard et nous ne le savions pas ? (Was Ritchie D victim of a rough-trade encounter that went wrong ?)

  1. Il faut stopper le liberalisme le plus vite possible http://stop-liberalisme.blogspot.com/ m; le liberalisme est anti francais par essence et detruit le role de l’etat au profit des americains http://stop-liberalisme.blogspot.com/

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  2. Olga Fernandez dit :

    Sombre fin pour un Directeur d’Ecole des Elites qui, certes, a fait progresser son Ecole mais qui n’a pas su partager ces progrès, notamment salaires et primes, avec ses collègues laissés pour compte, la plupart des vacataires mal payés.

    Ses choix politiques et sexuels s’orientaient plutôt vers l’opportunisme, peut être cela explique sa disparition abrupte et inattendue ?

    Il faut rappeler que la même scène finale s’est dèjà produite avec d’autres acteurs de la même communauté…

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  3. jcdurbant dit :

    Oui, sans connaitre les détails du dossier, il n’est pas question pour moi de jeter la pierre à quelqu’un qui s’est de toute évidence beaucoup démené pour hisser son établissement au niveau qui devrait être le sien et qui était le premier à déplorer l’indigence des conditions de ses collègues des universités (96% des effectifs pour 70% des ressources, sans compter le paiement des élèves de certaines grandes écoles, siphonage des meilleurs éléments vers la haute administration ou la gestion au lieu de la recherche).

    Non, ce qui m’avait comme beaucoup intrigué, c’est, bien au-delà du légitime respect dû à une personne disparue et à sa famille, la singulière discrétion des médias français concernant sa mort.

    Surtout quand on la met en parallèle avec l’hyper-consanguinité (même nos éternels repoussoirs américains ne font pas aussi bien!) des élites françaises telle que l’ont montré notamment les travaux de Garrigou ou le touchant cri du coeur d’un Pujadas:

    Voir:

    Regardez, je sais pas moi, j’ai des copains, ils étaient à Sciences Po avec des hommes politiques. Ils ont connu les mêmes filles. Ils ont, bon… L’un devient journaliste, l’autre devient homme politique. Ils vont quoi, arrêter de se voir ? C’est dur aussi.

    David Pujadas (journaliste à France 2)

    Contrairement à des pays où les écoles d’exception sont concurrentes et disséminées, Sciences Po réalise une intégration des élites assez poussée pour constituer une classe dirigeante où responsables politiques, patrons, experts, journalistes, sondeurs se fréquentent, s’entraident – et même s’aiment. Pour que les gens partagent les mêmes visions du monde, on n’a jamais trouvé mieux que de les amener à partager leur jeunesse. Et plus si affinités.

    Alain Garrigou

    Actuellement, c’est la nation qui s’endette pour payer les études des riches. Donc la question est trop simple. On n’est absolument pas dans le système américain, pour une raison très simple, c’est que le système américain est une organisation en pyramide : il y a une base très large, avec les Community Colleges de deux ans et les Colleges habituels de quatre ans, et c’est à partir de ces collèges que se fait la sélection vers les formations plus longues. En France, la sélection se fait à 14 ans, j’exagère. Mais en tout cas, elle se fait avant le bac. Donc quelles que soient les tares du système américain, il est moins inégalitaire que le nôtre.

    Je pense qu’en France l’élitisme existe déjà, car on peut considérer que les dix vraies grandes écoles fournissent l’essentiel des hauts cadres de la nation, c’est-à-dire, mettons, pas plus de trois mille à quatre mille diplômés par an. Si vous comptez qu’un diplômé formé dans ces conditions a une activité professionnelle pendant trente ans, cela fait un bassin de cent vingt mille personnes, sur une nation de 60 millions d’habitants. Si vous comparez cela à la génération des six cent mille jeunes qui finissent chaque année la scolarité obligatoire, on est plutôt dans une monarchie que dans un système républicain.

    Le système français est incroyable, puisque les élèves les plus doués pour les sciences sont orientés vers des filières de management, de business, etc., et que les filières scientifiques, conduisant à la recherche, manquent de candidats.

    C’est très difficilement comparable avec le système français où, sous couvert d’égalitarisme, en réalité, l’Etat subventionne les études de tout le monde mais, comme nous savons très bien que les couches les moins favorisées accèdent le plus difficilement à l’enseignement supérieur et acquittent l’impôt sous forme de taxe (TVA), puisqu’en France l’impôt direct ne représente pas les revenus principaux de l’Etat, sans trop de risque de se tromper, on peut dire qu’en France les moins favorisés financent les études des plus favorisés.

    Gilbert Béréziat
    (vice-président, Paris VI)

    En revanche, n’étant hélas pas hispanophone, j’aurais bien voulu avoir vos lumières sur les conditions de la récente disparition du ministre argentin Ivan Heyn

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  4. […] https://jcdurbant.wordpress.com/2012/04/08/affaire-descoings-le-directeur-de-sciences-po-jouait-au-je… PartagerShareShare on TumblrJ'aimeJ'aime  Cette entrée a été publiée dans Uncategorized et taguée apostasie, apostasy, arab, arabe, banlieue, barbarie, barbarity, charia, coran, Descoings, dhimmi, djihad, eurabia, europe, fatwa, france, french, hadith, halal, hollande, homo, homosexuality, homosexuel, immigration, islam, islamisation, islamism, islamisme, islamization, islamo collabo, islamophobia, islamophobie, jihad, koran, lepen, melenchon, muslims, musulmans, new york, occident, paris, racaille, religion, salafi, salafisme, sarkozy, science spo, sciences politique, shariah, terrorism, terrorisme, usa, violence, Wahhabism, wahhabisme par republicdemocratic. Ajouter aux Favoris le permalien. […]

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    • schneider dit :

      Ces articles sur un mort salissent plutôt celui qui les écrit. Mais dégoutent tout le monde et ne présentent aucun interêt pour quiconque.

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  5. jcdurbant dit :

    C’est effectivement un peu limite mais la personne en question ne semble pas s’en être tellement caché et le fait semble avoir été connu depuis un certain nombre d’années de la presse officielle (Monde, Express, Point) qui l’avait d’ailleurs jugé assez important pour l’évoquer.

    Ce qui me paraissait intéressant, c’est, derrière le déluge d’eulogies, le soudain accès de réserve de la même presse alors qu’il y a des chances que la chose ressorte au moment des conclusions de l’enquête …

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  6. jcdurbant dit :

    Alors que l’hypothèse de mort non complètement naturelle semble infirmée par l’annonce des conclusions de l’enquête policière deux mois après les faits assignant la mort de Richard Descoings à des « causes naturelles » de « maladie d’hypertension cardiaque », certains continuent à évoquer une éventuelle association amphétamine/viagra, mais qui alors n’aurait pas laissé de traces dans le sang du monsieur en question?

    Voir aussi:

    LE POPPERS

    Le ” poppers ” est un accélérateur du rythme cardiaque qui s’inhale et possède un effet de courte durée : quelques minutes.

    C’est aussi un désinhibiteur psychologique permettant de faire reculer ses limites tout en intensifiant le plaisir ressenti. Il est notamment employé par les mecs passifs car il a comme vertu de permettre une meilleure dilatation anale. Par contre, il peut faire un peu débander dans un second temps, ce qui n’est pas le top du top pour un actif endurant.

    A l’origine, c’est un médicament destiné aux défaillances cardiaques & la molécule initiale n’est plus vendue comme “arôme” sur le territoire français. Tu peux t’en procurer à l’étranger mais fais alors attention au dosage car il est plus puissant que ses dérivés actuels, vendus en France.

    Si tu as des problèmes cardio-vasculaire évite d’en consommer ! Tu dois aussi faire gaffe aux effets secondaires qui varient suivant la marque et sa qualité : migraines, brûlures des muqueuses nasales etc.

    Les poppers qui ” passent ” bien (pas de sensation de brûlures) t’incitent à en inhaler plus & tu peux te retrouver avec une migraine violente (barre frontale) qui te casse ton plan cul ! Maîtrise donc ta consommation! Si tu en prends trop souvent tu peux endommager durablement tes muqueuses nasales.

    Les marques sont nombreuses et nous te recommandons de les tester pour trouver celle qui te convient le mieux. Deux molécules, dérivées de l’initiale, les constituent : l’une est plus forte que l’autre, à toi de composer suivant ta sensibilité (strong ou light!)…

    Les délires hard avec mèches imbibées de poppers ou utilisant un masque sont des pratiques dangereuses à éviter !

    Des accidents cardio-vasculaires mortels sont arrivés et le mélange poppers + viagra est Mortel.

    N’oublie pas que le poppers s’évapore et vieillit vite, conserve le dans un endroit frais et rebouche le bien. N’oublie pas que son effet, même s’il dure peu, peut te conduire à un mauvais contrôle de tes pratiques Safer-sex & ce comme toute drogue.

    LE VIAGRA®

    Arrivé depuis plus d’un an en France, le Viagra a déjà fait des victimes.

    En effet, si le Viagra est associé au poppers (nitrites) l’hypertension produite devient intolérable pour l’organisme et crée, à coup sûr, un accident cardio-vasculaire souvent mortel. Il y a bien Danger de Mort.

    Il semble que notre communauté utilise peu ce médicament. Ne vous laissez pas tenter par sa vente sur Internet. Ce n’est pas un produit anodin.

    Si tu as besoin de plus d’information appelle, en France, SIDA INFO SERVICE 0800 840 800
    Si tu as besoin de recommandant appelle, au Québec, INFO SIDA 514 521 74 3

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  7. […] une éventuelle association amphétamines-viagra (qui n’auraient pas laissé de traces?), que l’ex-président de Sciences Po décédé dans une chambre d’hôtel new-yorkais il y a deux mois après son apparente […]

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  8. […] pas laissé de traces et quid de ces “médicaments” trouvés sur place?), que l’ex-président de Sciences Po décédé dans une chambre d’hôtel new-yorkais il y a deux mois après son apparente […]

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  9. […] pas laissé de traces et quid de ces “médicaments” trouvés sur place?), que l’ex-directeur de Sciences Po décédé dans une chambre d’hôtel new-yorkais il y a deux mois après son apparente […]

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  10. […] pas laissé de traces ? Et quid de ces “médicaments” trouvés sur place?), que l’ex-directeur de Sciences Po décédé dans une chambre d’hôtel new-yorkais il y a deux mois après son apparente […]

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