Polémique Vanneste: Attention, une légende peut en cacher une autre (French lawmaker expelled for debunking homosexual WWII deportation myth)

Il y a la fameuse légende de la déportation des homosexuels (…) En Allemagne, il y a eu une répression des homosexuels et la déportation qui a conduit à peu près à 30.000 déportés. Et il n’y en a pas eu ailleurs (…) Et en dehors des trois départements annexés, il n’y a pas eu de déportation homosexuelle en France. Christian Vanneste
 De France, il n’y a pas eu de déportation d’homosexuels. Un déporté homosexuel a bien témoigné, mais il est parti d’Alsace, territoire qui se trouvait régi par les lois allemandes. (…)  Les lois allemandes n’ont pas été étendues à d’autres pays. Il n’a jamais été question de déporter des homosexuels français. Je n’ai jamais entendu dire que l’on arrêtait des gens parce qu’ils étaient homosexuels. (…) Les personnes homosexuelles qui ont pu être arrêtées en France ne l’ont pas été en raison de leur homosexualité. Il y a certainement eu des homosexuels déportés mais pour d’autres raisons. Cela pouvait être pour non-respect du couvre-feu ou pour fait de résistance ou tout simplement des condamnés de droit commun. Serge Klarsfeld
 Que M. Christian Vanneste soit homophobe et même légèrement obsessionnel est bien possible, mais ce n’est pas un délit. Et force est de constater que ses déclarations, telles qu’elles sont reproduites, peuvent parfaitement être soutenues historiquement, quitte à faire l’objet d’un raisonnable débat. L’unanimité condamnatrice qui les accueille, en particulier au sein de l’UMP, n’a donc aucune espèce de raison d’être d’un point de vue moral, juridique ou historique. Elle ne peut avoir d’autre cause que la volonté de complaire à une “communauté” après tant d’autres, quitte à la prendre — à tort, il faut l’espérer — pour imbécile. Renaud Camus (ex-chroniqueur de Gai pied et candidat à la présidentielle de 2012)
C’est l’alliance des ignorants et des lâches. Des ignorants qui crient au révisionnisme historique alors que ce sont eux qui falsifient  l’histoire. Des lâches qui crient avec les loups de peur d’être accusés d’homophobie. Jamais les homosexuels français n’ont été envoyés dans des camps de concentration pour leur orientation sexuelle. En Allemagne, si. En France, non. Les seuls Français qui aient témoigné dans ce sens furent des Alsaciens, à l’époque citoyens du Grand Reich, donc allemands. (…) Serge Klarsfeld qui a consacré sa vie à l’étude des camps de concentration confirme les propos de Vanneste sans l’ombre d’une hésitation . Il y eut sûrement des homosexuels dans les camps mais parce qu’ils étaient résistants, communistes, gaullistes,  juifs ou tziganes. Le reste est manipulation, propagande, réécriture par l’idéologie d’une histoire de plus en plus ignorée, élaboration idéologique d’une fierté homosexuelle qui aurait besoin de se fonder sur une grande persécution.  Eric Zemmour
La chasse au Vanneste est relancée. L’UMP se couvre de ridicule en affirmant haut et fort qu’elle va l’exclure et lui retirer son investiture pour les futures législatives. (…) D’autant plus que Serge Klarsfeld a confirmé dans l’après-midi la validité des propos de Vanneste furieusement pourfendus le matin. Des homosexuels ont pu être arrêtés et déportés en France mais pas en tant qu’homosexuels (…) Cependant, à supposer même que Christian Vanneste, individu singulier, esprit indépendant, parlementaire iconoclaste, dise du mal de l’homosexualité s’il en a envie, où serait le scandale, sinon pour une droite stupide cherchant à compenser ses positions extrêmes sur le plan politique et social par une démagogie et une révérence culturelles, une soumission lâche à l’air du temps ? Mais contrairement à ce que répètent comme des perroquets ceux qui préfèrent détester que connaître, Christian Vanneste s’est contenté de mettre en cause le « lobby gay » – qui peut de bonne foi prétendre qu’il est sans pouvoir au sein du Pouvoir et dans les élites ? – et de souligner les incidences possibles, pour une société et un Etat, de l’homosexualité aspirant à une totale égalité institutionnelle et familiale. Philippe Bilger
Mais c’est vrai, comment défendre un député qui a déjà tenu, rappelle la meute des politiciens et des journalistes lancée à ses trousses, des propos homophobes qui lui ont valu d’être poursuivi dans le passé. Poursuivi, certes, mais aussi… blanchi de ces accusations par la Cour de cassation ! Ses procureurs se gardent bien de le rappeler… Robert Ménard
Considérer que l’arrestation de six personnes en zone occupée, sans doute parce qu’elles étaient homosexuelles, justifie de parler de « déportation des homosexuels en France », relève là d’une construction rhétorique dont la justification se situe dans les débats du présent et non dans les situations d’hier. Quand bien même on prend la précaution de préciser que cette déportation serait différente des autres, on créé une catégorie sans pertinence historique pour un usage politique, fut-il légitime. Henry Rousso (historien)
 Depuis ce colloque, nous ne pouvons plus parler impunément de déportation pour motif d’homosexualité en France sans prendre la mesure de la complexité du phénomène. Des homosexuels ont certes été déportés dans des camps de concentration mais peu l’ont été réellement pour motif d’homosexualité. Afin d’éviter les amalgames et les excès regrettables qui n’ont que trop duré, il me semble qu’il faut désormais êtres plus précis dans le vocabulaire utilisé. Un homosexuel déporté n’est pas un déporté homosexuel. Nous savons maintenant que les déportés homosexuels français sont en fait beaucoup moins nombreux que nous ne l’avions imaginé jusqu’à présent. Cela ne signifie pas pour autant que des homosexuels français n’ont pas été déportés. Mickaël Bertrand
A l’heure actuelle, on recense 7 Français arrêtés sur le territoire national. Parmi ces 7 cas, si l’homosexualité est un facteur mentionné dans l’arrestation, la plupart ne fut toutefois pas déportée exclusivement pour ce motif. (…) Entre les années 1960 et 1990, les premières approches furent essentiellement le fait de « journalistes et de militants largement préoccupés par des questions de discrimination et de conquête de droits sociaux pour une communauté en quête d’identité fédérative » (…). Leur action eut le mérite de créer le débat en produisant une représentation faussée de la déportation homosexuelle. Dans les années de l’après-guerre, dans un contexte qui restait marqué par l’homophobie, des homosexuels victimes de persécution ont préféré se taire plutôt que de réclamer une reconnaissance qui rendait publique leur préférence sexuelle. Il n’y eut ainsi que 5 demandes de titre de déporté auprès du ministère des Anciens Combattants. Toutes furent rejetées sauf celle de Pierre Seel qui a publié une autobiographie en 1994(Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel, Paris, Calmann Lévy). De ce témoignage est née l’idée que des homosexuels alsaciens et mosellans avaient été arrêtés sur la base d’un fichier établi par les autorités françaises qui aurait été cédé à la Gestapo. Mickaël Bertrand s’est attelé à déconstruire le mythe que constitue ce fichier des homosexuels. Il s’est intéressé aux origines de cette information dans la presse militante. Une surveillance policière a bien eu lieu mais celle-ci fut ponctuelle (concernant notamment des lieux sensibles comme le port de Toulon) et ne constitua pas le support d’une traque des homosexuels. Isabelle Ernot

Surtout ne pas désespérer le Marais …

Où l’on découvre (confirmé par Klarsfeld et les historiens) non seulement l’inexistence d’aucune déportation proprement homosexuelle en France …

Mais aussi  le mythe du fichier homosexuel de Vichy …

Et même l' »évacuation » d’homosexuels en zone libre pour « affaiblir le pays » par  « la perversion et la décrépitude de la société qu’ils étaient censés représenter !

Enième illustration, après les calamiteuses lois mémorielles, du climat liberticide qui traverse actuellement nos sociétés comme de la fragilité de la candidature à sa propre réélection du président sortant …

La toute récente excommunion du député Christian Vanneste par son propre parti de l’UMP et sa condamnation explicite par Nicolas Sarkozy et même le Front national.

Pour avoir eu le mérite de lancer le débat sur le mythe, créé de toutes pièces par des militants homosexuels, d’une déportation proprement homosexuelle en France …

Comptes rendus

Mickaël Bertrand (dir.), La déportation pour motif d’homosexualité en France. Débats d’histoire et enjeux de mémoire, Dijon, Mémoire active, 2011, 176 p.

Isabelle Ernot

Genre & Histoire

Printemps 2011

Issu d’un colloque organisé à Dijon en 2007 sous l’impulsion de Mickaël Bertrand, l’ouvrage constitue une mise au point sur la question de la déportation pour motif d’homosexualité en France durant la Seconde Guerre mondiale. Cette rencontre scientifique s’inscrit dans le sillage de deux autres organisées à Lyon en 2005 et Angers en 2006. L’ouvrage présente quatre contributions dues à Mickaël Bertrand, Florence Tamagne, Arnaud Boulligny, Marc Boninchi et deux postfaces. La première est de Jean le Bitoux, fondateur de la revue Gai Pied et du Mémorial de la Déportation Homosexuelle (1989) qui, outre l’aide apportée à la rédaction de l’autobiographie de Pierre Seel (1994), a publié en 2002 Les Oubliés de la Mémoire – première synthèse sur le sujet ; la seconde postface est de Romain Chappaz, président de l’association CIGaLes, co-organisatrice de l’événement dijonnais.

Mickaël Bertrand considère que les connaissances apportées par ces actes constituent une « petite révolution » tant elles bousculent les représentations dominantes (p. 12). « Depuis ce colloque, nous ne pouvons plus parler impunément de déportation pour motif d’homosexualité en France sans prendre la mesure de la complexité du phénomène. Des homosexuels ont certes été déportés dans des camps de concentration mais peu l’ont été réellement pour motif d’homosexualité. Afin d’éviter les amalgames et les excès regrettables qui n’ont que trop duré, il me semble qu’il faut désormais êtres plus précis dans le vocabulaire utilisé. Un homosexuel déporté n’est pas un déporté homosexuel. Nous savons maintenant que les déportés homosexuels français sont en fait beaucoup moins nombreux que nous ne l’avions imaginé jusqu’à présent. Cela ne signifie pas pour autant que des homosexuels français n’ont pas été déportés », écrit-il (p. 18).

Le faible intérêt que portèrent à ce sujet, à la fois, les autorités politiques et le monde universitaire, confina celui-ci dans une négation de sa réalité historique quand, parallèlement, le mouvement associatif, s’en saisissant à des fins revendicatives, en forgeait une représentation erronée. Si l’idée d’une persécution systématique des nazis à l’encontre des homosexuels a dominé à partir des années 1970-1980, les études menées récemment tendent à corriger celle-ci. Dans le cadre français, le travail historique s’ouvre ainsi sur deux chantiers : celui de la réalité de la déportation et celui de l’histoire de l’investissement mémoriel sur le sujet de la déportation par le mouvement gay.

Une première contribution de Florence Tamagne replace le sujet dans le contexte européen. Elle s’intéresse tout d’abord aux modalités de contrôle de l’homosexualité dans la première moitié du XXe siècle, particulièrement sous le régime nazi, puis à la construction de la mémoire de la déportation homosexuelle durant la seconde moitié du XXe siècle dans différents pays européens. L’aspect juridique de la répression de l’homosexualité sous le régime de Vichy est éclairé par Marc Boninchi à travers notamment une présentation de la loi du 6 août 1942 qui instituait un « délit d’homosexualité » et des textes qui servirent de base à une politique répressive.

Arnaud Boulligny qui mène une recherche pour la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD) dresse l’état actuel des connaissances pour la France. Les recherches sont menées depuis les années 1990 : « En 1997, sous la pression toujours plus forte des militants associatifs » et « afin de pacifier les tensions récurrentes qui s’exercent autour des cérémonies commémoratives » (p.13), le ministère des Anciens Combattants avait commandé une étude à la FMD dont les résultats furent rendus publics en 2001. La première recherche a été dirigée par Claude Mercier ; son rapport évoquait alors 210 hommes arrêtés et déportés1. La recherche poursuivie par Arnaud Boulligny a affiné ces données. A l’heure actuelle, le bilan s’établit à 62 hommes de nationalité française, persécutés pour motif d’homosexualité durant la Seconde Guerre en France. Parmi les 210 hommes identifiés par la première recherche en 2001, seuls 14 étaient en fait de nationalité française, les autres, de nationalité allemande, avaient été envoyés d’Allemagne au camp de Natzweiler. Pour les 62 hommes français persécutés désormais identifiés, plusieurs situations sont à considérer en fonction du statut du territoire. Les peines varient entre emprisonnement, déportation/internement dans un camp – différence provenant ici du passage d’une frontière

22 hommes furent arrêtés dans les provinces annexées (Alsace, Lorraine, Moselle). Dans ces régions, la législation allemande fut appliquée : le dispositif répressif est incarné par le « § 175 » qui datait de 1871 et qui fut renforcé par les nazis en 19352. 4 de ces 22 hommes ont été emprisonnés, les autres furent internés à Natzweiler ou Schirmeck, camps situés sur le territoire annexé.

32 Français furent arrêtés sur le territoire du Reich : il s’agit d’hommes jeunes qui travaillaient en Allemagne, la plupart dans le cadre du STO. 30 sont condamnés à la prison en Allemagne et 2 envoyés à Natzweiler.

A l’heure actuelle, on recense 7 Français arrêtés sur le territoire national. Parmi ces 7 cas, si l’homosexualité est un facteur mentionné dans l’arrestation, la plupart ne fut toutefois pas déportée exclusivement pour ce motif. 6 d’entre eux sont déportés à Buchenwald et Neuengamme.

Français fut arrêté dans un lieu qui reste indéterminé et transféré à Natzweiler. 13 de ces 62 hommes sont morts en détention. Outre les peines de déportation, internement, emprisonnement, les nazis ont aussi « évacué » des homosexuels vers la France dite « libre ». D’une manière générale, il n’y a donc pas eu de persécution systématique. A noter qu’à ce jour, tous les dossiers de déportés ne sont pas dépouillés – 40000 des 68000 dossiers conservés au Bureau des Archives des Victimes des Conflits Contemporains (BAVCC) ont été ouverts. De nouveaux cas sont donc susceptibles d’apparaître.

Mickaël Bertrand, quant à lui, à l’image du sous-titre de l’ouvrage, s’intéresse particulièrement dans l’introduction et sa propre contribution à la rencontre entre mémoire et histoire, rencontre entre l’univers militant gay et la question de la persécution durant la Seconde Guerre mondiale. Entre les années 1960 et 1990, les premières approches furent essentiellement le fait de « journalistes et de militants largement préoccupés par des questions de discrimination et de conquête de droits sociaux pour une communauté en quête d’identité fédérative » (p. 12). Leur action eut le mérite de créer le débat en produisant une représentation faussée de la déportation homosexuelle. Dans les années de l’après-guerre, dans un contexte qui restait marqué par l’homophobie, des homosexuels victimes de persécution ont préféré se taire plutôt que de réclamer une reconnaissance qui rendait publique leur préférence sexuelle. Il n’y eut ainsi que 5 demandes de titre de déporté auprès du ministère des Anciens Combattants. Toutes furent rejetées sauf celle de Pierre Seel qui a publié une autobiographie en 1994(Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel, Paris, Calmann Lévy).

De ce témoignage est née l’idée que des homosexuels alsaciens et mosellans avaient été arrêtés sur la base d’un fichier établi par les autorités françaises qui aurait été cédé à la Gestapo. Mickaël Bertrand s’est attelé à déconstruire le mythe que constitue ce fichier des homosexuels. Il s’est intéressé aux origines de cette information dans la presse militante. Une surveillance policière a bien eu lieu mais celle-ci fut ponctuelle (concernant notamment des lieux sensibles comme le port de Toulon) et ne constitua pas le support d’une traque des homosexuels.

Mickaël Bertrand a conscience que les conclusions de cet ouvrage « peuvent paraître à certains égard comme un revers pour les militants qui travaillent depuis des années à la reconnaissance d’une déportation homosexuelle évaluée approximativement à plusieurs milliers d’individus » (p. 23). Il souligne que la diminution des chiffres ne signifie pas une minimisation de la souffrance endurée et s’efforce d’ouvrir des axes de recherche. Retenons la voie proposée de mettre à distance la « perspective victimaire » et de « […] s’extraire maintenant de la bataille des chiffres pour s’intéresser plus sereinement à une histoire sociale et culturelle des homosexuels dans le cadre plus général de la guerre et de l’occupation » (p. 20).

Notes

1 Claude Mercier, Rapport concernant la déportation d’homosexuels à partir de la France dans les lieux de déportation nazis durant la Seconde Guerre mondiale au titre du motif d’arrestation, n°175, 15 décembre 2001. La CNIL s’était opposée à la publication des noms des personnes concernées.

2 Cette législation a survécu après la guerre : la RFA a gardé la version de 1935 jusqu’en 1969 ; la RDA revint à la version d’avant 1935 qui resta en vigueur jusqu’en 1968.

Voir aussi:

Klarsfeld défend Vanneste : « En France, il n’y a pas eu de déportation d’homosexuels »

Pierre de Bellerivele

Nouvelles de France

15 fév, 2012

EXCLUSIF ! Serge Klarsfeld, avocat de la cause des déportés en France, défend Christian Vanneste sur Nouvelles de France.

Serge Klarsfeld, une polémique est survenue suite à une déclaration de Christian Vanneste selon laquelle il n’y a pas eu de déportation d’homosexuels de France. Qu’en pensez-vous ?

De France, il n’y a pas eu de déportation d’homosexuels. Un déporté homosexuel a bien témoigné, mais il est parti d’Alsace, territoire qui se trouvait régi par les lois allemandes.

Des homosexuels ont-ils été déportés pendant la Seconde guerre mondiale ?

En Allemagne oui, mais pas en France. Les lois allemandes n’ont pas été étendues à d’autres pays. Il n’a jamais été question de déporter des homosexuels français. Je n’ai jamais entendu dire que l’on arrêtait des gens parce qu’ils étaient homosexuels.

Les personnes homosexuelles qui ont pu être arrêtées en France ne l’ont pas été en raison de leur homosexualité. Il y a certainement eu des homosexuels déportés mais pour d’autres raisons. Cela pouvait être pour non-respect du couvre-feu ou pour fait de résistance ou tout simplement des condamnés de droit commun.

S’il n’y a pas eu d’homosexuels déportés en France en raison de leur homosexualité, qu’est-ce qui pousse les lobbies homosexuels à vouloir l’imposer comme une vérité ?

Les homosexuels ont été victimes des nazis en Allemagne, peut-être imaginent-ils que cela correspondait aux prémisses de ce qui les attendait ailleurs. Ainsi ils élargissent la déportation des homosexuels alors qu’elle n’a touché que le Reich. Pour ma part je n’ai jamais vu un document faisant état de la déportation d’homosexuels en France.

Voyez-vous là une instrumentalisation du drame concentrationnaire ?

S’ils disent que la déportation d’homosexuels a eu lieu ailleurs que dans le Reich et notamment en France, soit ils se trompent de bonne foi, soit ils trompent de mauvaise foi.

On ne peut absolument pas comparer ce type de déportation avec la déportation des Juifs. La question qui est intéressante, c’est de savoir comment et pourquoi en Allemagne, alors que des nazis étaient homosexuels, on arrêtait des homosexuels.

Vous soutenez donc Christian Vanneste lorsqu’il affirme qu’en « Allemagne, il y a eu une répression des homosexuels et la déportation qui a conduit à peu près à 30.000 déportés. Et il n’y en a pas eu ailleurs (…) Il n’y a pas eu de déportation homosexuelle en France » ?

Oui absolument parce que c’est la vérité. Ceux qui soutiennent qu’il y a eu une déportation diront qu’il y en a eu 2 ou 3 mais en Alsace ! Or, l’Alsace était considérée comme allemande à l’époque !

Vous paraît-il justifié de demander l’exclusion de Christian Vanneste de l’UMP pour ces propos ?

Demander son exclusion de l’UMP pour ce motif me paraît tout à fait ridicule car ce qu’il a dit n’est pas inexact ! C’est la vérité qui m’intéresse et je dirais cela à tous les médias, qu’ils soient de gauche ou de droite.

Voir aussi:

Déportation des homosexuels, la réalité des chiffres

Diane Saint-Réquier

L’Express

15/02/2012

Le député du Nord Christian Vanneste a suscité mercredi un vif émoi par les propos homophobes qu’il tient dans une vidéo. Il affirme entre autre « en dehors des trois départements annexés, il n’y a pas eu de déportation homosexuelle en France ». Ce n’est pas tout à fait vrai…

« Il y a la fameuse légende de la déportation des homosexuels. Il faut être très clair là aussi, manifestement Himmler avait un compte personnel à régler avec les homosexuels. En Allemagne il y a eu une répression des homosexuels et la déportation qui a conduit à peu près à 30 000 déportés et il n’y en a pas eu ailleurs. Notamment en dehors des trois départements annexés, il n’y a pas eu de déportation homosexuelle en France. »

Voilà ce qu’affirme le député UMP Christian Vanneste. Depuis les années 80, le sujet de la déportation de Français en raison de leur homosexualité réelle ou supposée est l’objet d’un double tabou. D’une part, il y a ceux qui voudraient nier le fait que de tels actes ont eu lieu. En face, les associations militantes souhaitent faire reconnaître les souffrances endurées par les homosexuels, quitte à gonfler les chiffres. Quant aux historiens et universitaires, ils ont fait montre d’un certain désintérêt pour la question jusqu’aux années 2000.

Le premier rapport de référence parait en France en 2001. Il a été commandé par le ministère des Anciens Combattants à la Fondation pour la mémoire de la déportation (FMD). Ce rapport Mercier (du nom de Claude Mercier, qui dirigea les recherches) parle de 210 hommes français arrêtés et déportés au titre du motif d’arrestation n°175. Plus précisément: « 206 étaient des résidants dans les trois départements annexés du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de Moselle; 4 étaient des Français d’autres départements, volontaires pour le STO, arrêtés en Allemagne. »

Le paragraphe 175 du Code pénal allemand y est inscrit depuis 1871 puis renforcé par le régime nazi en 1935 (il ne sera adouci qu’en 1969 avant d’être abrogé qu’en 1994). Il prévoit des peines de prison pour les personnes s’adonnant à « la fornication contre nature, pratiquée entre personnes de sexe masculin ». Sous le IIIe Reich, cette loi s’applique dans l’ensemble des territoires annexés, y compris, en France, le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et la Moselle. Pour le reste des territoires, les homosexuels sont plutôt tolérés, les nazis considérant qu’ils participent au déclin du pays ennemi.

Plus récemment, un colloque interdisciplinaire a eu lieu en 2007 à Dijon autour de la question de la déportation des homosexuels français. Elle réunissait Jean Vigreux (maître de conférence en histoire contemporaine), Florence Tamagne (maîtresse de conférence en histoire contemporaine, spécialiste de l’histoire de l’homosexualité), Marc Boninchi (chercheur post-doctorant en droit et chargé), Arnaud Boulligny (au nom de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation) et Mickaël Bertrand, qui était alors étudiant en Master d’histoire contemporaine.

A l’issue de ce colloque, Mickaël Bertrand s’attèle à la rédaction d’un livre collaboratif où sont rassemblées ses conclusions, ainsi que celles d’Arnaud Boulligny, de Marc Boninchi et de Florence Tamagne. L’ouvrage paraît en janvier 2011, et bouleverse les croyances sur ce sujet sensible. Il démonte entre autres la thèse voulant qu’une persécution systématique des homosexuels ait été mise en place grâce à des fichages préalablement établis par le régime de Vichy. Après avoir revérifié les registres examinés pour le rapport Mercier, il apparaît que le nombre de déportés français pour motif d’homosexualité n’était que 62, dont :

« 7 sont arrêtés en zones occupées (en France, ndlr)

-6 sont déportés comme « politiques » à Buchenwald et Neuengamme

-1 est incarcéré dans des prisons en Allemagne

22 sont arrêtés en Alsace-Moselle, territoires annexés au Reich

-8 sont internés à Schirmeck (dont 1 est ensuite transféré à Natzweiler)

-10 sont internés à Natzweiler

-4 sont incarcérés dans des prisons en Allemagne

32 sont arrêtés au sein du Reich (hors l’Alsace-Moselle)

-30 sont internés dans des prisons allemandes

-2 sont internés à Natzweiler

1 est arrêté dans un lieu indéterminé et transféré à Natzweiler

Au moins 13 trouvent la mort en déportation dont 12 dans un camp de concentration ou un Kommando extérieur. »

A noter que tous n’ont pas été déportés au seul motif d’homosexualité. D’autre part, le chiffre de 62 est sujet à augmenter au fur et à mesure que les archives sont ouvertes et le taux de mortalité des homosexuels dans les camps de concentration est parmi les plus élevés. Si le chiffre reste pour l’instant limité, difficile pour autant de parler de « légende »…

Voir également:

Homosexuels déportés : derrière les propos de Vanneste, un fait historique complexe

LE PLUS. Un nouveau dérapage pour Christian Vanneste. Le député UMP du Nord a évoqué la « légende » de la déportation des homosexuels pendant la Seconde Guerre mondiale en France dans un entretien accordé au site LibertéPolitique.com. Des propos qu’il faut nuancer selon Mickaël Bertrand, historien et co-auteur de « La déportation pour motif d’homosexualité en France ».

Mickaël Bertrand Historien

Edité par Sébastien Billard

Le Nouvel Observateur

15-02-2012

La question de la déportation des homosexuels pendant la Seconde Guerre mondiale est bien plus complexe que les propos de Christian Vanneste ne le laissent entendre.

Il est impossible de nier la déportation d’homosexuels par les nazis, y compris en France. Dans l’ouvrage collectif que j’ai dirigé, nous avons prouvé que ce régime avait employé tous les moyens possibles pour éliminer l’homosexualité de la société. La déportation a été l’un de ces nombreux outils. Certains ont été déportés pendant que d’autres étaient emprisonnés, envoyés en hôpital psychiatrique, soumis à des expériences médicales… ou même parfois envoyés vers la France libre pour certains Alsaciens et Mosellans. Les nazis, qui considéraient que l’homosexualité conduisait à la perversion et à la décrépitude de la société, pensaient ainsi affaiblir le pays.

En tenant des propos visant à nier la déportation de cette population, Christian Vanneste tente de tirer profit de la complexité inhérente à ce sujet pour nourrir son combat contre l’homosexualité. Or, insinuer que la déportation des homosexuels n’a jamais existé est bien historiquement faux. Nul ne peut le nier aujourd’hui.

Une question taboue

Les estimations du Mémorial de l’Holocauste des Etats-Unis sont actuellement les plus fiables et elles évoquent entre 5.000 et 15.000 homosexuels déportés en Europe même si un certain flou entoure aussi les motifs de déportation de nombreux individus.

Des résistants homosexuels ont par exemple été conduis dans des camps de concentration. Comment alors déterminer la raison exacte de leur déportation ? Ces personnes ont-elles été conduites en raison de leurs faits de résistance ou pour leur orientation sexuelle ? Difficile de le savoir. D’autres ont aussi pu par exemple être déportés après avoir entretenu une relation homosexuelle avec un officier nazi.

Ce sujet est complexe car ce fait historique a longtemps été passé sous silence par la société et par les survivants des camps eux-mêmes, en raison de blocages psychologiques, politiques et sociétaux.

Les survivants de nombreux camps (en France et en Allemagne) ont notamment longtemps rechigné à rendre hommage aux victimes homosexuelles lors des cérémonies commémoratives. Les souvenirs de promiscuité entre hommes, les rapports sexuels parfois non-consentis ont rendu cette mémoire difficile, pénible. La question est restée tabou après-guerre et la Libération n’a pas suffi à lever le déni.

Il ne faut pas oublier que l’homosexualité était jusqu’en 1981 discriminée par le législateur français lui-même. Une loi, adoptée en 1942 et reprise en 1945, différenciait la majorité sexuelle pour les homosexuels (21 ans) et les hétérosexuels (18 ans). Cette loi fut abrogée avec l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir.

Quelques déportés avaient bien tenté de faire reconnaître par l’Etat leur déportation pour fait d’homosexualité à partir des années 1950 mais ils ont généralement vu leurs dossiers retoqués.

Voir enfin: 

RAPPORT CONCERNANT LA DEPORTATION D’HOMOSEXUELS à partir de la FRANCE

DANS LES LIEUX DE DÉPORTATION NAZIS DURANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE

au titre du motif d’arrestation n°175.

Claude Mercier,

Chargé de mission pour la réalisation du livre-Mémorial de la Déportation.

FONDATION pour la MÉMOIRE de la DÉPORTATION

ÉTABLISSEMENT RECONNU D’UTILITÉ PUBLIQUE (décret du 17 octobre 1990)

PLACÉ SOUS LE HAUT PATRONAGE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le 15 novembre 2001

l/ QUEL EST LE PROBLÈME POSÉ CONCERNANT LA DÉPORTATION PARTIE DE FRANCE POUR LE MOTIF 175 ?

L’Internement par les Nazis de ressortissants du IIIème Reich pour des motifs d’homosexualité est

une réalité. Si la répression de l’homosexualité était inscrite dans le code pénal allemand, en son article

175, bien avant l’instauration du régime hitlérien, ce dernier l’utilisa systématiquement à partir d’août 1937 sous couvert de la loi de « la protection de la race » et dans le cadre de l’élimination des « éléments nuisibles à la société ». Dans les lieux d’internement, les «asociaux» portaient un triangle noir sur leurs vêtements, les « témoins de Jéhovah » un triangle violet, et les personnes arrêtées comme « homosexuels un triangle rose, voire une barrette bleue au camp de Schirmeck.

Depuis la libération des camps de concentration nazis et la fin de la seconde guerre mondiale, l’ensemble des associations de déportés était d’accord pour affirmer qu’il n’y avait pas eu de déportés partis de France au titre de ce motif. Cette affirmation s’appuyait sur deux constatations : la première étant que toutes les personnes déportées au titre des mesures de répression portaient un triangle rouge, la seconde que seul Pierre Seel avait revendiqué son homosexualité comme motif de son arrestation.

Même s’il était possible d’admettre à priori cette affirmation pour ce qui concerne l’ensemble du territoire français resté sous l’autorité, même théorique, du régime de Vichy, il pouvait paraître quelque peu contradictoire que le régime hitlérien ait réprimé l’homosexualité sur la quasi totalité du même Reich à l’exception des trois départements français annexés par lui : le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle. Mais cette question, souvent abordée, était toujours l’occasion de prises de position de principe négatives, souvent irréfléchies et toujours passionnées.

Aussi, dans le cadre de son travail de mémoire, la Fondation pour Sa Mémoire de la Déportation avait-elle le devoir d’apporter sa contribution historique à cette question, hors de toute passion et apriorisme, à l’occasion de ses recherches devant aboutir à la publication du Livre-Mémorial de la déportation partie de France.

Le présent rapport, après avoir présenté les résultats de l’étude de la Fondation menée par son équipe de Caen placée sous l’autorité de François Perrot, vice-président, et la direction de Claude Mercier, chargé de mission ; rappelle les données de cette recherche, son environnement actuel de société comme son contexte émotionnel au sein du monde de la déportation en particulier, tout en soulignant à la fois le caractère confidentiel de ces résultats pour ce qui concerne la protection des personnes, ainsi que la nécessité d’obtenir un nihil obstat des associations de déportés ; propose les mesures qui pourraient être adoptées par le gouvernement pour ce qui concerne le cérémonial des manifestations nationales de commémoration de la déportation, les représentants des associations des homosexuels de France ayant donné leur accord de principe à leur sujet.

2/ LE BILAN DE L’ÉTUDE À LA DATE DE REMISE DE CE RAPPORT.

Le document confidentiel joint au présent rapport, et qui ne peut être communiqué qu’aux autorités du Secrétariat d’Etat à la Défense chargé des anciens combattants, donne la liste de ces personnes.

Nous ne pouvons affirmer que ce chiffre est à considérer comme définitif à partir du moment où nous ne sommes pas certains d’avoir eu accès à toutes les archives du monde combattant comme des Archives de France. Par contre, il nous paraît devoir être pris comme un chiffre minimum significatif d’une réalité, en premier lieu parce qu’il correspond, pour 206 des personnes considérées, au total des inscriptions des registres allemands du K.L.(camp de concentration) Natzweiler-Struthof et du Sicherungslager (camp de sûreté) Schirmeck, mais aussi pour les raisons qui sont développées au cours de ce rapport.

Il faut observer que les recherches faites au service des archives du monde combattant à Caen et à Val de Fontenay, ainsi que les recherches complémentaires réalisées aux Archives départementales du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle ne nous permettent pas d’avoir une vue exhaustive de cet aspect de la déportation. En effet, il n’existe que 10 dossiers-statut seulement au service des archives du monde combattant d’une part, et après consultation des directeurs des archives départementales concernées, le devenir des personnes incarcérées en maison d’arrêt pour le motif 175 n’est quasiment jamais indiqué dans les registres d’écrou.

Nous ne pouvons savoir la raison de l’inexistence des dossiers-statut des autres personnes. Il n’est pas impossible que les déportés pour motif d’homosexualité, ou leurs familles, n’aient pas voulu revendiquer cette réalité à leur retour, mais il n’est pas impossible non plus que les services compétents aient montré une attitude suffisamment hostile dans le contexte social de l’époque pour que les intéressés aient été découragés d’avance.

Par contre, en conclusion de l’étude des dossiers-statut existants nous pouvons affirmer que la déportation pour le motif d’homosexualité est un fait réel : d’une part, dans 5 dossiers il est bien confirmé par les intéressés et/ou les services de Police; d’autre part, 3 personnes ont été évacuées de Schirmeck vers Gaggenau (qui figure dans le catalogue des camps et prisons), 1 vers Buchenwald et 1 vers Dachau, et enfin 2 sont décédées à Allach pour l’une et à Natzweiler pour l’autre. Deux d’entr’elles ont obtenu le titre de déporté politique.

En l’état des documents d’archives que nous avons pu consulter, il a été relevé 210 noms de personnes ayant été arrêtées, puis déportées par les nazis, au titre du motif 175,dont : 206 étaient des résidants dans les trois départements annexés du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de Moselle; 4 étaient des Français d’autres départements, volontaires pour le STO, arrêtés en Allemagne.

Ainsi, au bout de quatre années de recherches historiques, la Fondation pour la Mémoire de la Déportation peut affirmer que la déportation pour motif officiel avancé d’homosexualité a bien existé pour un nombre relativement peu important de personnes (210 sur 161 000 environ), et que parmi les personnes concernées certaines ont bien été envoyées dans d’autres camps et y sont mortes.

3/ HISTORIQUE DE L’ÉTUDE DE LA FONDATION POUR LA MÉMOIRE DE LA DÉPORTATION.

31/ Décision d’entreprendre une étude sur la déportation possible d’homosexuels à partir de la France, dont les 3 départements annexés.

C’est en 1995, à l’occasion du cinquantenaire de la libération des camps de concentration, que la Fondation pour la Mémoire de la Déportation a pris l’initiative de réaliser un Livre-Mémorial de la déportation partie de France concernant toutes les personnes déportées dans tous les sites répertoriés comme tels par les Nazis, et non arrêtées en tant que juives, le Mémorial de Serge Klarsfeld ayant déjà pris en compte ces personnes.

D’emblée, il a été décidé que notre étude recouvrirait tous les aspects possibles de cette déportation, ne serait ce que pour faire la lumière sur l’exactitude des chiffres avancés dans les revendications catégorielles d’associations ou de communautés. L’Abbé de La Martinière avait déjà entamé cette démarche pour ce qui concernait le clergé d’une part, et les NN d’autre part. La Fondation elle même avait aussi participé à cette recherche de la vérité historique en soutenant dès 1992, avec le ministère des anciens combattants, le CNRS, l’IHTP et le Secrétariat général à l’Intégration, l’étude de Denis Peschanski sur la déportation des Tsiganes, à un moment où leur communauté française revendiquait un chiffre de plusieurs centaines de milliers et le terme de génocide. En l’état des archives qu’il avait pu consulter, Denis Peschanski avait ramené ce chiffre à 145 et publié ses résultats dans le livre. Les Tsiganes en France -1939-1946- Contrôle et exclusion.

Nous savions donc que nous devions poursuivre une démarche identique de rigueur scientifique et historique pour ce qui concernait la déportation des « témoins de Jéhovah » et des « homosexuels », alors que de façon tout à fait conjoncturelle des associations représentatives des homosexuels en France commençaient à revendiquer leur participation en tant que telles aux cérémonies de commémoration.

32/ La demande du ministère des anciens combattants.

En effet, des manifestations publiques bruyantes, voire provocatrices, de certaines de ces associations ont eu lieu en 1995 tant au Mémorial de l’île de la Cité qu’en province. Au cours des années suivantes, à la suite de dispositions prises en commun entre le ministère des anciens combattants et ces associations, les commémorations de l’Ile de la Cité n’ont plus été perturbées. En province par contre, comme c’est le cas avec l’association des « Flamands roses » à Lille, des manifestations continuent de se produire de façon épisodique provoquant chaque fois des réactions véhémentes et passionnées des déportés.

En 1997, le gouvernement, par le biais de Serge Barcellini, directeur de cabinet du Secrétaire d’Etat aux anciens combattants, avec notre accord, chargea officiellement la Fondation d’une étude concernant « la matérialisation de la déportation homosexuelle ».

L’initiative de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation devenait ainsi une « mission de service public » accomplie au nom du ministre de tutelle. La Fondation fit alors savoir au ministre que la réponse qui pourrait être proposée au gouvernement découlerait des résultats des recherches qu’elle avait entreprises sur la réalité de ce type de déportation à partir de la France.

Cette position du ministre des anciens combattants a été confirmée en 2000 par Philippe Lamy, directeur de cabinet succédant à ce poste à Serge Barcellini, lorsqu’il a demandé aux représentants des associations homosexuelles en France de prendre contact avec la Fondation qui constituait une banque de données sur la déportation partie de France.

33/ La position des associations de déportés.

Parallèlement, la Fondation pour la Mémoire de la Déportation avait entrepris une étude sur le Mémorial de l’île de la Cité afin de moderniser ce site historique de mémoire dont la symbolique disparaissait derrière le vieillissement du monument et son aspect caché au public, l’inexactitude des chiffres gravés, l’exclusivité de la matérialisation de la déportation par le triangle rouge portés par les déportés résistants.

A la suite d’une fructueuse concertation avec la Fondation, au mois de février 2001 l’ensemble des associations de déportés s’accordèrent sur les propositions à faire au gouvernement pour ce qui concernait la rénovation du Mémorial et l’actualisation du cérémonial des commémorations. Mais pour la matérialisation de la déportation des homosexuels, et des témoins de Jéhovah, elles décidaient d’attendre les résultats des études historiques entreprises par la Fondation. Dans le rapport transmis au Secrétariat d’Etat à la Défense chargé des anciens combattants (D.M.P.A.), elles lui demandaient donc de surseoir à toute décision. En effet, toute décision hâtive, quel que soit son contenu, aurait pu être contredite par les chiffres que la Fondation pourrait avancer sans crainte de contradiction. Matérialiser la déportation de témoins de Jéhovah, comme d’homosexuels, sur les monuments de mémoire de notre pays n’aurait aucun sens si l’existence de ces types de déportation à partir de la France ne pouvait être prouvée.

Compte tenu à la fois des contacts de coopération qu’elle avait déjà entrepris de mettre sur pied avec les associations représentatives des homosexuels en France et des résultats partiels obtenus dans cette recherche spécifique, la Fondation décidait dans le même temps de remettre les conclusions de cette dernière à la fin de l’année 2001 au ministre en charge des anciens combattants.

34/ Les relations de la Fondation avec les associations représentatives des homosexuels en France.

Dès l’accord unanime des associations de déportés acquis par la Fondation, la D.M.P.A. ayant donné son aval sur cette démarche, nous avons alors entrepris de nouer des relations officielles et permanentes de concertation avec les représentants de la communauté homosexuelle en France afin de la tenir informée de notre démarche et de ses modalités d’exécution dans un premier temps, puis d’engager une coopération pour la poursuite des recherches sur la base des résultats acquis par la Fondation, si cela s’avérait souhaitable et nécessaire.

C’est ainsi que des contacts suivis se sont instaurés avec messieurs Philippe Lasterle, de l’association Homosexualité et socialisme ; René Lalement, président du Conseil Lesbian et Gay Pride Ile de France ; Jean Le Bitoux, président du Mémorial de la déportation homosexuelle (MDH).

Dans un premier courrier datant du 20 octobre 2000, Philippe Lasterle nous faisait parvenir le dossier qu’il avait constitué sur « La déportation des homosexuels en Alsace-Moselle occupée (1940-1945) ». Ce dossier se divise en trois parties : les faits historiques; l’état de la question ; les objectifs à atteindre. Les premières réunions informelles de travail et d’information se sont tenues au cours du premier semestre 2001 et une réunion officielle a eu lieu au cours du mois d’octobre au siège de la Fondation. Au cours de cette réunion, le rapport intermédiaire réalisé à la date du 5 octobre 2001 par Claude Mercier, Secrétaire général chargé de mission, leur a été remis comme aux autres participants, à l’issue d’un large échange de vues cordial et approfondi concernant à la fois l’étude proprement dite, et ses prolongements ultérieurs dans le cadre d’un groupe de travail commun entre la Fondation et le MDH.

Il leur a été confirmé que le présent rapport leur serait aussi remis comme aux associations de déportés, après qu’il ait été soumis au conseil d’administration de la Fondation, et que l’auteur du présent rapport les tiendrait en permanence au courant des progrès de l’étude avant la remise de ses conclusions.

35/ La position de la Commission Nationale pour l’Informatique et les Libertés. (CNIL).

En 1996, dès la mise en place de l’équipe qui aurait à conduire les travaux de recherches historiques au sein du Service des archives du monde combattant, et parallèlement à ces travaux, la Fondation pour la Mémoire de la Déportation a créé une banque de données multimédias devant lui permettre de mettre à la disposition du plus grand nombre, et en particulier du corps enseignant, le maximum de données concernant la déportation et l’internement.

Consciente du caractère confidentiel de certaines de ces données, en total accord avec le Ministère de la Culture (Direction des Archives de France) et le Secrétariat d’Etat aux Anciens Combattants, la Fondation a soumis son projet à la CNIL dès 1997, en y incluant bien évidemment la banque de données particulière concernant le Livre-Mémorial.

Le motif d’arrestation ayant entraîné l’internement ou la déportation des personnes étant la donnée qui paraissait la plus critique, en dehors même de toute autre considération, il était nécessaire de connaître sa position de principe. Au cours de plusieurs réunions de travail, nous avons pu lui exposer notre projet et recueillir ses conseils et avis. En 1999, la Commission a fait connaître sa position favorable, tout en appelant notre attention sur cette question délicate des motifs d’arrestation dans les termes suivants :

« S’agissant de la constitution du fichier informatique, la Commission a pris note (…) qu ‘il ne serait accessible que dans les conditions prévues par la loi du 3 janvier 1979 sur les archives. Dès lors, la Commission a estimé que l’enregistrement du motif de l’arrestation des personnes, tel qu’il résulte des documents établis à l’époque, était pertinent au regard de la finalité historique du fichier.

La Commission a cependant jugé indispensable que l’attention des personnes qui pourront avoir accès à ce fichier (…) soit appelée sur le fait que ces motifs doivent être interprétés avec précaution et à la lumière de la recherche historique.

La Commission a par ailleurs relevé que plusieurs de ces motifs pouvaient révéler directement ou indirectement les appartenances religieuses, les opinons politiques, syndicales ou les moeurs, réelles ou supposées, des personnes concernées. L’enregistrement et la conservation dans le fichier projeté d’informations de cette nature sont subordonnés, en application de l’article 21 de la loi du 6 janvier 1978, à une autorisation par décret pris après avis conforme de la CNIL et du Conseil d’Etat. (…)

S’agissant enfin de la diffusion sur CD-ROM et sur Internet de la liste des personnes déportées, expurgée de certaines information et tout particulièrement du motif d’arrestation des personnes, la Commission a estimé que (…) l’intérêt que revêt votre projet justifiait pleinement le recours à ces nouveaux modes de diffusion. (…) ».

Par suite, il était évident que nous ne pouvions mettre à l’information de tous, y compris des associations représentatives des homosexuels en France, que le résultat quantitatif de nos recherches historiques à l’exclusion de toutes listes nominatives.

36/ La conduite de l’étude historique spécifique par l’équipe de la Fondation en charge du Livre-Mémorial.

Cette étude historique est une oeuvre de collaboration de l’ensemble de l’équipe en charge de la réalisation du Livre-Mémorial.

C’est en septembre 1996 que Messieurs Perrot, Mercier, Allais et Rodrigues de Oliveira, ont conçu une grille de recherche de plus de 54 champs nécessaires aux recherches historiques devant être menées pour la constitution du Livre-Mémorial. Constituant la base de données la plus complète possible de notre étude sur la déportation, en concordance avec la banque de données multimédia créée au même moment à Paris par une équipe d’ingénieurs informatique de l’EPITA effectuant leur service national, elle comporte 5 ensembles de champs concernant respectivement l’état civil de la personne concernée, son arrestation, son internement, sa déportation, enfin l’issue de cette dernière et ses conséquences. Dans cette perspective, son contenu est passé de 54 champs en 1996 à plus de 65 en 2000.

Cette grille comporte le motif d’arrestation.

Ce n’est qu’à partir de septembre 1998, à la suite de nos réunions de travail avec la CNIL, que l’équipe en place a déterminé, sous l’impulsion de Thomas Fontaine, la composition de la grille de publication, composée de 13 des 65 champs de la grille de recherche. Cette grille de publication, base du document probatoire que la Fondation a mis en lecture des déportés comme des historiens au cours de l’année 2001 dans les ONAC départementaux, en application des avis de la CNIL ne comporte donc pas la mention du motif 175 pour les personnes concernées par une arrestation pour homosexualité.

L’étude spécifique sur la déportation d’homosexuels est réalisée uniquement par Claude Mercier, Thomas Fontaine et Guillaume Quesnée.

Cette étude a pris en compte tout d’abord les documents existant sur la question : dossier de Philippe Lasterle ; mémoire de maîtrise d’Eric Sébastiani de l’université de Paris VIII- Saint-Denis d’octobre 1996, sur «Les déportés du camp de concentration de Natzweiler-Struthof (1941-1945) et communiquée par la F.N.D.I.R.P. ; note de Pierre Durand, président du comité international de Buchenwald-Dora, intitulée « Des triangles de toutes les couleurs ».

Mais l’équipe n’a centré ses recherches sur les trois départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle qu’après avoir exploité l’ensemble des documents d’archives consultables au service des archives du monde combattant à Caen pour l’ensemble du territoire français non annexé et non rattaché au IIIème Reich.

Si l’on peut être quasiment certain, comme l’écrit Maurice Voutey, qu’il n’y a pas eu de déportation pour motif invoqué d’homosexualité hors des trois départements annexés, par contre il paraissait évident que la répression au titre du motif 175 avait dû s’exercer dans ces trois départements où les lois allemandes étaient en vigueur. La Fondation a donc focalisé ses recherches sur les archives de tous les lieux de déportation créés dans ces départements, et recensés comme tels dans le document édité par le SERVICE INTERNATIONAL DES RECHERCHES D’AROLSEN. the catalogue of camps and prisons in Germany and german-occupied territories (September, lst, 1939 – May, 8 th 1945). Il s’agit des camps de  Natzweiler-Struthof et de Schirmeck.

Les listes de noms portant mention du numéro 175 sont jointes à ce rapport. Elles sont extraites des registres d’entrée de ces deux camps. La Fondation, comme nous l’avons écrit dans le préambule du document probatoire du Livre-Mémorial, n’a pas à se prononcer sur la validité d’une déportation ou d’un motif d’arrestation. Elle ne peut que s’en tenir aux mentions manuscrites portées sur les registres à l’arrivée au camp sans se prêter à une quelconque exégèse.

Il est certain que pour connaître l’ensemble de la question de la répression des Nazis à l’égard des homosexuels, en dehors même de la déportation, il restera à exploiter les archives départementales des trois départements annexés, comme les archives allemandes situées à Coblence, en République Fédérale Allemande.

4 / LES INCERTITUDES QUI NE POURRONT PROBABLEMENT PAS ÊTRE LEVÉES

S’il n’est pas certain que les travaux de la Fondation aient permis de relever la liste de la totalité des déportés arrêtés au titre du motif 175, il est certain par contre que l’examen des 10 seuls dossiersstatut existants pour les personnes déjà recensées nous permet de confirmer l’exactitude de cette mention apposée à côté de leur nom.

Certes, comme cela a été dit plus haut, pour toutes les autres personnes la véracité même du motif 175 comme motif réel d’arrestation reste à prouver. En dehors même de toute mise en garde de la CNIL comment pourrait-il en être autrement ? Pour effectuer des arrestations de personnalités irréprochables, aurait-il été concevable pour les Nazis d’avancer un autre motif que l’homosexualité dans ces trois départements très religieux, où le concordat était en vigueur, et dont il fallait à nouveau conquérir les bonnes grâces de la population ?

Que sont devenues ces personnes après leur arrestation ?

Si elles ont été déportées dans les camps de Natzweiler-Struthof ou de Schirmeck, il paraît peu probable que revenant de déportation elles aient fait état de ce motif d’arrestation pour faire valoir leurs droits à réparation dans le contexte social et moral de l’époque encore très rigoriste par rapport à celui des années actuelles. Comme nous l’avons écrit au début de ce rapport, cela peut être une explication à l’absence de dossiers-statut de cette catégorie de déportés. Par suite, l’examen de ces dossiers ne devait pas nous apporter, sauf exception, d’élément dirimant.

Comment ensuite déterminer la véracité de cette inscription pour les déportés non revenus des camps ? On ne peut, aussi dans ce cas, que s’en tenir à l’inscription des registres d’entrée.

Si nous prenons en compte le seul motif d’arrestation, la question la plus préoccupante pour nous était de savoir si ces personnes étaient bien des résidants en France avant la capitulation, et non des ressortissants du IIIème Reich envoyés dans les prisons de Colmar, Mulhouse ou Strasbourg, par calcul politique. En effet, il ne pouvait y avoir d’autre solution que l’application de la disposition retenue pour la construction du Mémorial de l’De de la Cité qui est dédié à tous les déportés partis de France, si ces personnes étaient bien des résidants en France.

La réponse ne peut qu’être affirmative. Les personnes arrêtées au titre du motif 175 étaient bien des résidants en France avant l’annexion de ces trois départements par les Nazis.

5/ LES QUESTIONS AUXQUELLES DOIVENT RÉPONDRE LES DÉPORTÉS.

Par suite, dès lors que les associations de déportés doivent se déterminer, elles ne peuvent le faire que sur la base de leur intime conviction, les questions présentées ci-après ayant pour but de leur permettre de susciter leur réflexion sur la base des conclusions du présent rapport.

Le Mémorial de la déportation de l’île de la Cité a été construit pour porter témoignage du sacrifice de tous les déportés morts dans les camps de concentration nazis sans aucune distinction. Lors de la consultation qui a été faite auprès d’elles, au début de l’année 2001, l’ensemble des associations de déportés en étaient convenues.

Elles étaient aussi convenues que tous les « types » de déportation concernant des personnes parties de France seraient matérialisés par le symbole de leur triangle au Mémorial de l’île de la Cité, dans la mesure où les travaux de la Fondation en démontrerait l’existence. Et, comme cela a été écrit plus haut, elles avaient décidé de subordonner toute prise de décision concernant la matérialisation de la déportation homosexuelle aux résultats de ces travaux.

Les réflexions qui doivent guider aujourd’hui les déportés se posent donc dans les termes ci-après

Q 1 . Peut-on estimer que le chiffre de 210 noms concernés par la déportation pour homosexualité

est suffisamment important pour être pris en considération, considérant que le nombre de tsiganes recensés jusqu’à présent n’est que de 145, et que la matérialisation de cette déportation n’a jamais été mise en cause ?

Q 2 . Ces déportés étaient tous des résidante en France, soit dans les trois départements annexés en dehors de tout consentement de la population et avant l’annexion datant du 22 juin 1940, soit dans les autres départements. Peut-on alors envisager de ne pas leur réserver le même traitement que celui de tous les autres déportés partis de France dont les déportations sont matérialisées dans les commémorations du Mémorial de l’Ile de la Cité ?

Q 3 . Si l’on considère que les déportés pour le motif 175 à partir de ces trois départements n’étaient pas des Français, ou des résidants en France, ne faut-il pas appliquer la même mesure pour tous les déportés à partir de ces départements, pour quelque motif que ce soit, y compris la résistance ?

Q 4 . Le fait que ces déportés aient porté le triangle rouge et non le triangle rose (dans la mesure où ils en aient porté un) est-il un élément qui permette de nier l’existence de ce type de déportation? Ne peut-on s’en tenir au constat de données historiques neutres et incontestables ? Ne peut-on rester objectifs sans commencer à vouloir faire un tri quelque peu indécent, non à partir du comportement de chacun dans les camps, mais sur la base d’une appréciation personnelle subjective d’une situation personnelle avant la guerre?

6 / L’INSCRIPTION DES RÉSULTATS DANS LE LIVRE-MÉMORIAL

Bien entendu, les noms des personnes arrêtées au titre du motif 175 seront portés dans les listes du Livre-Mémorial, mais le motif, comme aucun d’entre eux, n’apparaîtra pas.

Le caractère confidentiel de ce champ de recherche explique pourquoi la Fondation ne peut pas autoriser une personne extérieure à son équipe de recherche à consulter et à utiliser sa banque de données sur la déportation de répression tant que son dépôt tant aux Archives de France qu’à la D.M.P.A. n’aura pas été réalisé après publication du Livre-Mémorial.

Un abus de référence, même involontaire, à cette banque a déjà été constaté et signalé par le service des archives du monde combattant, avec justement la citation d’un motif d’arrestation. Certes il s’agit de la mention juif et cette dernière se trouve dans tous les documents publiés par Serge Klarsfeld, mais la Fondation a l’obligation pour sa part de s’en tenir à la lettre des textes en vigueur.

7 / LES CONSÉQUENCES DANS LE DOMAINE DE LA MATÉRIALISATION DE LA DÉPORTATION POUR LE MOTIF 175 DANS LE CÉRÉMONIAL DES MANIFESTATIONS DE COMMÉMORATION.

Il appartiendra au gouvernement de prendre la décision des modalités de la matérialisation de la déportation d’homosexuels à partir de la France dès lors que les associations de déportés, consultées par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, auront fait connaître leur position commune.

Mais d’ores et déjà il peut être affirmé que la mise en place du triangle rose, si telle était la décision, sur l’oriflamme des triangles actuels et avec les autres triangles qui seraient gravés sur le monument de l’Ile de la Cité, serait considérée par les associations d’homosexuels comme une décision de justice et d’équité. En effet, de cette façon la réalité de ce type de déportation à partir de la France serait officiellement reconnue sur le Mémorial national comme l’ont été en 2001 sur proposition de la Fondation, les triangles bleu, rouge sur jaune, marron ainsi que le double triangle jaune de l’étoile de David. Les tensions seraient apaisées dans l’union de tous et les commémorations pourraient alors se dérouler dans le recueillement nécessaire au souvenir.

Certes, le dossier remis par Philippe Lasterle évoque d’autres possibilités. Mais ce faisant il se base dans son argumentation sur des données erronées qui ne peuvent être prises en compte. Ces dernières sont retranscrites ci-dessous.

* Tout d’abord, il n’est pas exact d’écrire que « les fédérations de déportés résistants revendiquent le monopole de la mémoire de la déportation ». En effet, les deux fédérations existantes à ce jour sont multiples de par leurs adhérents qui ne sont pas tous des résistants.

Même si elles ont des sensibilités certes diverses dans l’approche de certains problèmes, elles se retrouvent dans une appréciation identique au sein de la Fondation lorsqu’il s’agit de la mémoire de la déportation.

*II n’est pas exact non plus d’avancer qu’ « à côté des hommages rendus à divers groupes de victimes de la déportation ont lieu à Paris deux cérémonies particulières. La première au Mémorial du Martyr Juif inconnu, la seconde au Mémorial de la Déportation de l’Ile de la Cité ». En effet, il existe bien deux cérémonies, qui n’ont rien de particulières, mais sont en réalité les deux seules cérémonies nationales : la première a fait l’objet d’une loi ; elle a lieu à Paris et se compose de deux parties successives et complémentaires, l’une étant dédiée aux victimes de la Shoah, l’autre à toutes les victimes de la déportation sans aucune exception. La deuxième cérémonie se déroule sur le site du camp du Struthof, seul camp de concentration installé en France ; elle est aussi dédiée à toutes les victimes du système concentrationnaire nazi. Et c’est bien pourquoi la revendication d’un dépôt de gerbes particulières n’a jamais été accepté puisque l’unique gerbe est déposée au nom du gouvernement par le ministre à la mémoire de tous les déportés et que telle est l’inscription qu’elle porte. Il n’y a pas en France de mémorial particulier pour les déportés résistants.

3 Responses to Polémique Vanneste: Attention, une légende peut en cacher une autre (French lawmaker expelled for debunking homosexual WWII deportation myth)

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