Immigration: Quelle alternative à l’assimilation? (From ‘melting pot’ back to ‘separate but equal’?)

D’où sont venues toutes ces personnes ? Ils sont un mélange d’anglais, d’écossais, d’irlandais, de français, de hollandais, des Allemands, et des Suédois… Quel, alors, est l’Américain, ce nouvel homme ? Il n’est ni un Européen ni le descendant d’un Européen ; par conséquent qui mélange étrange de sang, que vous trouverez dans aucun autre pays. Je pourrais préciser à toi une famille dont le père était un Anglais, dont l’épouse était hollandaise, dont le fils ai épousé une femme française, et dont les fils du présent quatre ont maintenant quatre épouses de différentes nations. Il est un Américain, qui, laissant lui tous ses préjudices et façons antiques, reçoit des neufs du nouveau mode de la vie où il a embrassé, du nouveau gouvernement il obéit, et du nouveau rang il se tient. . . . Les Américains étaient par le passé partout l’Europe dispersée ; les voici qui sont incorporés à un des systèmes les plus fins de la population qui est jamais apparue.  Hector John de Crevecoeur (« Lettres d’un fermier américain », Londres, 1782)
Comprenez que l’Amérique est le creuset de Dieu, le grand Melting pot  dans lequel tous les peuples d’Europe se fondent, se transforment (…) Ce sont les feux de Dieu. Au diable  vos querelles et vos vendettas! Allemands et Français, Irlandais et Anglais, Juifs et Russes. Au fond du creuset avec vous tous, Dieu fabrique l’Américain. Israël Zangwill (« The Melting pot« , Londres, 1908)
Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
Selon un recensement de 1990, un Américain sur sept, quel que soit son âge, ne maîtrise pas l’anglais, Aussi, le fameux melting-pot dont les Etats-Unis étaient si fiers se revèle être un mythe de moins en moins agréable. Le cas de Los Angeles est à cet égard exemplaire. Rassemblant 140 nationalités, la plus grande ville des Etats-Unis n’est plus qu’une succession d’îlots ethniques (…) où chaque groupe vit en vase clos et préserve son identité d’origine. Chaque communauté y dispose de sa chaîne de télévision, de ses journaux, de ses restaurants et de ses épiceries regorgeant de produits étiquetés en espagnol, en coréen, en arabe ou en vietnamien. G. Olivier (1997)
Robert Putnam a découvert que plus la diversité dans une communauté est grande, moins les gens votent et moins ils donnent à des associations caritatives et travaillent à des projets communautaires. (…) Dans une étude récente, Glaeser et son collègue Alberto Alesina ont démontré qu’à peu près la moitié de la différence dans les dépenses sociales entre les Etats-Unis et l’Europe — l’Europe dépense bien plus — peut être attribuée à la diversité ethnique plus grande de la population américaine. Michael Jonas
En ceci Putnam remet en cause les deux écoles dominantes de la pensée sur la diversité ethnique et raciale, la théorie du “contact” et la théorie du “conflit”. Selon la théorie du contact, plus de temps passé avec des gens issus d’autres milieux mène à plus de compréhension et d’harmonie entre les groupes. Selon la théorie du conflit, cette proximité produit la tension et la discorde. (…) Les résultats de Putnam rejettent les deux théories. Dans les communautés plus diverses, il n’y avait pour lui ni de grandes obligations formées à travers des lignes de groupe ni des tensions ethniques intensifiées, mais un malaise civique général. Et dans peut-être le résultat le plus étonnant de tous, les niveaux de la confiance étaient non seulement plus bas entre les groupes dans des arrangements plus divers, mais même parmi les membres du même groupe. (…) Alors, comment expliquer New York, Londres, Rio de Janiero, Los Angeles — les grandes villes du creuset qui tirent les économies créatrices et financières du monde ? L’image de la lassitude civique entrainant vers le bas des communautés plus diverses contredit la vigueur souvent liée aux centres urbains, où la diversité ethnique est la plus grande. (…) Pour le chercheur en sciences politiques de l’Université du Michigan, Scoot Page, dans les lieux de travail de haut niveau, les différentes manières de penser parmi des personnes de différentes cultures peuvent être un avantage. “puisqu’elles voient et appréhendent le monde différemment que vous, c’est provocant. Mais la fréquentation de personnes différentes peut stimuler la créativité de tous. Les équipes diverses tendent à être plus productives.” (…) Autrement dit, les membres de communautés plus diverses peuvent faire plus de bowling seuls, mais les tensions créatrices lâchées par ces différences dans le lieu de travail peuvent propulser ces mêmes endroits à la pointe de l’économie et de la culture créatrice. (…) Page appelle ça le “paradoxe de diversité.” Il pense que les effets à la fois positifs et négatifs de la diversité peuvent coexister dans les communautés, mais qu’il doit y avoir une limite. Si l’investissement civique tombe trop bas, il est facile d’imaginer que les effets positifs de la diversité puissent tout aussi bien commencer à s’affaiblir. Michael Jonas
Peut-être tous ceux qui sont arrivés dans le gratte-ciel des possibles ne vont-ils pas arriver jusqu’au sommet; le sommet est aujourd’hui très loin pour la majorité… Mais même si certains ascenseurs ne montent qu’au dixième étage et que d’autres commencent seulement au 50ème, il y a pour tout le monde un voyage vers le haut. Et puis il y a ceux qui n’atteignent même pas le rez-de-chaussée de l’immeuble des possibles. Ralf Dahrendorf
Quelle est alors l’alternative à l’assimilation ? Le  » panier à salade  » du soi-disant multiculturalisme ne présente pas une alternative sérieuse parce qu’il ne propose pas le ciment nécessaire à l’union des communautés. Tous les ingrédients restent dès le départ séparés. La seule alternative viable pour laquelle nous avons des exemples est probablement celle de Londres ou New York. La principale caractéristique de cette alternative est la coexistence d’une sphère publique commune partagée par tous et un degré considérable de séparation culturelle de la sphère  » privée « , notamment dans les zones résidentielles. L’espace public est multiculturel du fait de l’origine des gens qui le forme mais reste gouverné par des valeurs consenties et même une langue commune, tandis que la vie privée des gens reste ghettoisée, pour employer un vocable désagréable. (…) Personne n’a encore trouvé de nom pour cette nouvelle version de la doctrine  » séparés mais égaux  » que certains d’entre nous ont si ardemment combattue dans les années 1960 : des vies privées séparées dans un espace public qui est égalitaire pour tous. Cela est clairement plus simple à Londres et à New York que ça ne l’est dans des villes plus petites ou même dans les capitales de pays où la langue mondiale qu’est l’anglais n’est pas parlée. La communauté turque de Berlin et les communautés nord-africaines autour de Paris semblent toujours plus dissociées, avec leurs propres sphère publique et souvent leur propre langue. Là où cela se produit se créent des situations explosives, une sorte de séparatisme interne qui n’est pas le résultat de groupes historiquement séparés mais celui des nouveaux arrivants opposés aux natifs du lieu. Ralf Dahrendorf

A l’heure où, face à l’implosion et à la fragmentation de nos Etats-providence sous leur propre poids de dettes et de la simple masse des problèmes d’intégration qu’on leur demande de résoudre …

Nos belles âmes appellent à toujours plus  de renoncement sur ce qui nous reste de dimension nationale (à quand, derrière l’appel à la reconnaissance du Kippour et de l’Aïd,  la suppression de Noël et de Pâques?) …

Et où, nouvelle tyrannie du politiquement correct oblige, nos concitoyens ne jurent plus, du chauffeur de salle socialiste et évadé fiscal Noah aux ex-footballeur  Zidane et comédien Omar Sy, que par les plus multiculturels des héros …

Pendant que près de Versailles on se bat contre l’implantation du premier temple mormon de France …

Retour sur une particulièrement éclairante tribune de 2004 du modèle de cette nouvelle classe globale de penseurs que le spécialiste du conflit social décédé il y a deux ans, le feu Lord Dahrendorf.

Britannique d’origine allemande, sociologue et philosophe de renommée mondiale, homme politique (député libéral au parlement allemand puis du Lib Dem britannique annobli par la Reine et siégeant à la Chambre des Lords), universitaire ayant dirigé les plus grandes institutions (LSE, Oxford),  ex-commissaire européen …

Dahrendorf a effectivement le mérite de pointer l’impasse, pour cause de dissolution de tout ciment social, du multiculturalisme ou « salad bowl » (retraduit par « mosaïque » au Canada des « accommodements raisonnables » et dénoncé en France sous le terme de « communautarisme », lui faisant de fait perdre toute la connatation positive qu’il conserve en anglais et le réduisant en fait à sa seule dimension de « ethnic separatism »)   …

Mais aussi, pour les villes ne disposant ni de la taille ni d’une langue à vocation planétaire comme New York ou son Londres d’adoption, les formidables obstacles à la troisième voie qu’il propose comme remplacement à la désormais défunte assimilation (le fameux creuset du franco-américain Crèvecoeur ou « melting pot » du juif britannique Zangvill) sous la forme d’une sorte de modèle hybride fait de développement séparé au niveau privé et de mise en commun de la sphère publique autour de la langue et des valeurs démocratiques ….

Même s’il reste étrangement silencieux, dans le cas des Etats-Unis, tant sur la part de la religion que de la délinquance ou du terrorisme post 11/9 dans l’équation générale de l’intégration …

Ou la menace que pourrait présenter, dans les régions frontalières  et les grandes métropoles telles que Los Angeles ou Miami, la part toujours plus grande (14% de la population mais 22% des naissances en 2003) et plus concentrée mais aussi, notamment pour des questions de non-connaissance de la langue commune, plus pauvre et sous-éduquée d’une minorité comme celle des Hispaniques

Après l’assimilation

Ralf Dahrendorf

Project Syndicate

 10.09.04

English

La migration des personnes est aussi vieille que l’histoire de l’humanité. Même la migration vers des lieux éloignés et des cultures retirées n’est pas nouvelle. Au dix-neuvième siècle, des millions d’Européens ont cherché la liberté et la prospérité aux Amériques, notamment aux Etats-Unis. Ce qui est nouveau aujourd’hui, c’est l’échelle à laquelle se produit cette migration, souvent par delà d’importantes divisions culturelles et bien souvent sans but défini.

Les boat people africains de la Méditerranée sont rarement décidés quant au pays où ils veulent aller : l’Italie, l’Allemagne ou la Grande-Bretagne. Même ceux qui sont décidés, comme les Nord-Afridains en France ou en Espagne ou les Turcs en Allemagne, avaient comme priorité d’échapper au désespoir de leur pays d’origine plutôt que de se rendre dans un pays précis.

Cette forme moderne de migration soulève d’importantes questions pour les pays d’accueil. En Europe, c’est probablement la question sociale la plus sérieuse aujourd’hui parce que personne n’a une vision claire de la gestion possible du clash des cultures qui en résulte.

Autrefois, l’Amérique du Nord et plus particulièrement les Etats-Unis semblaient à même de proposer une solution. Celle du melting pot : différents peuples apportaient leur propre contribution à la culture américaine mais, par dessus tout, déployaient tous les efforts nécessaires pour accepter ce qu’ils trouvaient sur place pour s’y intégrer.  » Non  » répondit la femme russe arrivée aux Etats-Unis au début du vingtième siècle à son petit-fils qui lui demandait si ses ancêtres étaient arrivés avec les pèlerins du Mayflower.  » Notre bateau portait un nom différent mais aujourd’hui, nous sommes tous Américains. « 

Plus récemment, cela a changé pour donner naissance à un processus décrit par Arthur Schlessinger, historien et ancien secrétaire du Président John F. Kennedy, dans son livre The Disuniting of America (la désunion de l’Amérique). Les citoyens américains ne sont plus tous des Américains. Ils sont devenus des Américains à trait d’union. Italo-Américains, Afro-Américains, Hispano-Américains, etc. Les ingrédients du melting pot se dissocient.

Même en Israël, dernier véritable pays d’immigration, du moins pour les Juifs, l’assimilation ne se fait plus aussi facilement. Les nouveaux migrants de Russie ont formé leur propre parti politique et ceux de la vieille Europe sont devenus une minorité distincte.

Israël et les Etats-Unis continuent d’avoir des mécanismes pour intégrer les nouveaux migrants. La langue est un important facteur prioritaire. En Israël, c’est l’armée, tandis qu’en Amérique, les valeurs incarnées par la Constitution représentent encore un principe laïque largement partagé.

Mais ces mécanismes s’affaiblissent partout et sont quasi inexistants dans les pays européens. Les sociétés modernes se caractérisent par des problèmes aigus d’appartenance. Elles n’offrent pas les liens implicites et inconscients d’une communauté dont les citoyens faisaient l’expérience par le passé. Ainsi, les gens ont commencé à s’accrocher à d’autres identités de groupes, plus primordiales. Ils résistent à l’assimilation, de crainte que cela ne leur enlève leur identité sans rien leur offrir en échange.

Quelle est alors l’alternative à l’assimilation ? Le  » panier à salade  » du soi-disant multiculturalisme ne présente pas une alternative sérieuse parce qu’il ne propose pas le ciment nécessaire à l’union des communautés. Tous les ingrédients restent dès le départ séparés.

La seule alternative viable pour laquelle nous avons des exemples est probablement celle de Londres ou New York. La principale caractéristique de cette alternative est la coexistence d’une sphère publique commune partagée par tous et un degré considérable de séparation culturelle de la sphère  » privée « , notamment dans les zones résidentielles. L’espace public est multiculturel du fait de l’origine des gens qui le forme mais reste gouverné par des valeurs consenties et même une langue commune, tandis que la vie privée des gens reste ghettoisée, pour employer un vocable désagréable.

Théoriquement, c’est là la deuxième meilleure solution aux conséquences culturelles de la migration et en pratique, c’est la meilleure réponse dont nous disposions. Mais on ne peut y accéder sans sacrifice. Même le strict nécessaire de la langue commune requiert un effort délibéré sans parler de certaines règles de bonne conduite.

Vivant à Londres, je m’émerveille de la façon dont nous, les londoniens, avons fini par accepter les petites boutiques indiennes familiales et les transports publics aux mains des Antillais, sans se poser trop de questions sur des quartiers entiers devenus chinois ou bangladais. Personne n’a encore trouvé de nom pour cette nouvelle version de la doctrine  » séparés mais égaux  » que certains d’entre nous ont si ardemment combattue dans les années 1960 : des vies privées séparées dans un espace public qui est égalitaire pour tous.

Cela est clairement plus simple à Londres et à New York que ça ne l’est dans des villes plus petites ou même dans les capitales de pays où la langue mondiale qu’est l’anglais n’est pas parlée. La communauté turque de Berlin et les communautés nord-africaines autour de Paris semblent toujours plus dissociées, avec leurs propres sphère publique et souvent leur propre langue. Là où cela se produit se créent des situations explosives, une sorte de séparatisme interne qui n’est pas le résultat de groupes historiquement séparés mais celui des nouveaux arrivants opposés aux natifs du lieu.

Si nous sommes forcés à abandonner l’espoir de l’assimilation, nos efforts devraient se concentrer sur la création d’un espace public auquel nous devrons tous contribuer pour tous l’apprécier. L’idéal serait que ce soit un espace public en expansion puisque finalement, l’élément de l’unité d’une société moderne reste la garantie de la liberté de ses citoyens.

Ralf Dahrendorf, auteur de nombreux ouvrages reconnus, ancien Commissaire européen pour l’Allemagne, ancien directeur de la London School of Economics, et ancien directeur du St. Antony’s College d’Oxford, est membre de la Chambre des Lords britannique.

Copyright : Project Syndicate/Institute for Human Sciences, septembre 2004.

Traduit de l’anglais par Catherine Merlen.

Voir aussi:

How to Integrate Europe’s Muslims

Jonathan Laurence

The NYT

January 23, 2012

Chestnut Hill, Mass.

TWO weeks ago, dozens of cars were set alight in the French city of Clermont-Ferrand after a 30-year-old truck driver, Wissam El-Yamni, was roughed up and then died while in police custody. The uproar underscored the hostility of young minority men toward authority across communities in Europe, an antipathy that has at times led to deadly violence.

The failure of Islamic integration in Europe is often attributed — especially by right-wing parties — to an excess of tolerance toward the large-scale Muslim immigration that began in the mid-1970s. By recognizing Muslim religious requirements, the argument goes, countries like France, Britain and the Netherlands have unwittingly hindered assimilation and even, in some cases, fostered radicalism. But the unrest in gritty European suburbs stems not from religious difference, but from anomie.

Europeans should not be afraid to allow Muslim students to take classes on Islam in state-financed schools and universities. The recognition and accommodation of Islamic religious practices, from clothing to language to education, does not mean capitulation to fundamentalism. On the contrary, only by strengthening the democratic rights of Muslim citizens to form associations, join political parties and engage in other aspects of civic life can Europe integrate immigrants and give full meaning to the abstract promise of religious liberty.

The rise of right-wing, anti-immigrant parties has led several European countries to impose restrictions on Islamic dress, mosque-building and reunification of families through immigration law. These policies are counterproductive. Paradoxically, people for whom religion is otherwise not all that important become more attached to their faith’s clothing, symbols and traditions when they feel they are being singled out and denied basic rights.

Take, for example, the French debate over whether to recognize the Jewish Day of Atonement, Yom Kippur, and the Muslim festival of Eid al-Adha as official holidays. Yes, the French state clings to the principle of “laïcité,” or secularism — but the state’s recognition of Easter and Christmas as official holidays feels, to some Jews and Muslims, like hypocrisy. It is Islam’s absence in the institutions young European Muslims encounter, starting with the school’s calendar, classroom and canteen, that contributes to anger and alienation.

In the last few months, there have been some signs that the right-wing momentum has slowed. A French bill to ban headscarves from day care centers was killed in committee. The Dutch Parliament voted down a bill to outlaw Islamic animal slaughter. And Germany’s most populous state helped offset a judicial ban on school prayer by announcing equal access to religion courses for Muslim students.

European countries could use a period of benign neglect of the Islam issue — but only after they finish incorporating religion into the national fabric. For too long, they have instead masked an absence of coherent integration policy under the cloak of “multiculturalism.” The state outsourced the hard work of integration to foreign diplomats and Islamist institutions — for example, some students in Germany read Saudi-supplied textbooks in Saudi-run institutions.

This neglect of integration helped an unregulated “underground Islam” to take hold in storefronts, basements and courtyards. It reflected wishful thinking about how long guest workers would stay and perpetuated a myth of eventual departure and repatriation.

In Britain, for example, race-based equality laws protected Sikhs and Jews as minorities, but not Hindus and Muslims, since they were still considered “foreign.”

Institutional exclusion fueled a demand for religious recognition, and did much to unite and segregate Muslims. Islamist organizations became the most visible defenders of the faith. It is crucial now to provide the right mix of institutional incentives for religious and political moderation, and the most promising strategy for doing that is for governments to consult with the full range of law-abiding religious institutions that Muslims have themselves established.

The French Council for the Muslim Faith, the German Islam Conference, the Committee for Italian Islam and the Mosques and Imams National Advisory Board in Britain — all state-sanctioned Islamic organizations set up in the past decade — represent a broad cross-section of mosque administrators in every country. They have quietly begun reconciling many practical issues, from issuing mosque permits to establishing Islamic theology departments at public universities to appointing chaplains in the military and in prisons.

Ultimately, however, elected democratic institutions are the place where the desires of individual Muslims should be expressed. Ever since 1789, when a French legislator argued that “the Jews should be denied everything as a nation, but granted everything as individuals,” Europeans have struggled to resolve the tension between rights derived from universal citizenship versus group membership.

Over the next 20 years, Europe’s Muslim population is projected to grow to nearly 30 million — 7 to 8 percent of all Europeans — from around 17 million. Granting Muslims full religious freedom wouldn’t remove obstacles to political participation or create jobs. But it would at least allow tensions over Muslims’ religious practices to fade. This would avoid needless sectarian strife and clear the way for politicians to address the more vexing and urgent challenges of socioeconomic integration.

Jonathan Laurence, an associate professor of political science at Boston College, is the author of “The Emancipation of Europe’s Muslims: The State’s Role in Minority Integration.”

6 commentaires pour Immigration: Quelle alternative à l’assimilation? (From ‘melting pot’ back to ‘separate but equal’?)

  1. […] Etats-Unis, tant sur la part de la religion que de la délinquance ou du terrorisme ou même sur la menace que présente la part toujours plus grande et plus concentrée mais aussi plus pauvre et […]

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  2. jcdurbant dit :

    Voir aussi (par un central-américain aux yeux bleux – et pas dénommé Jesus ou Momo, lui! – qui défend son bout de gras multiculturaliste):

    How will babies named Jesus save the economy?
    Charles Garcia
    CNN
    January 27, 2012

    Editor’s note: Charles Garcia is the CEO of Garcia Trujillo, a business focused on the Hispanic market, and the author of « Leadership Lessons of the White House Fellows. » A native of the Republic of Panama, he now lives in Florida.

    (CNN) — For the last 20 years, what name is always in the top 100 most popular baby names given to boys in the United States? Jesus (pronounced hey-seus). And among 4,500 boys names in England in 2009, what was the No. 1 most popular baby name? Mohammed. In Brussels? Mohammed. Oslo? Mohammed. Amsterdam? Mohammed. And what do babies and their names have to do with the global economy? Everything.

    The currency of the future is babies, because babies grow up to be taxpaying workers. Let’s do Demography 101, which is basically the study of baby-making. Demographers have a fancy term called « total fertility rate, » which measures the average number of babies a woman has over her childbearing years.

    The magic number you need to remember is 2.1. This is the average number of babies a country needs to remain at equilibrium. It makes sense, too. When a mother and father die, they need to be replaced by two babies, or else the population declines. A rich powerful country needs lots of babies to project geopolitical power and increase its productivity. If you won’t multiply, who will fight your wars? Who will pay Social Security to support grandpa? Who do you think will start the next Facebook, Amazon or Google?

    The U.S. total fertility rate is at 2.09, and at that level we just replace our population. That’s not good. But wait a minute, why do we keep growing? Simple: immigration.

    Our favorable immigration policy and liberal treatment of the millions of people working without legal documents means our population will grow from 312 million today to 439 million in 2050. Hispanic babies, 83 million of them, will account for 65% of that growth. This is where the total fertility rate comes into play again, 2.84 for Hispanics, but only 1.84 and trending much lower for non-Hispanic whites who will only add 4 million babies to the melting pot. Keep in mind that those Hispanic babies born here to Mitt Romney’s « self-deportation » candidates are all red-blooded American citizens — our future Navy SEALs, entrepreneurs, middle-class working Americans and maybe even a president.

    Demography will shape the geopolitics of the two largest economies of the 21st century: the United States and the European Union. They will maintain their status as world powers principally through immigration.

    U.S. politicians voted Thursday to possibly saddle our grandkids with $16.4 trillion in debt, but European politicians trying to fix their debt quagmire don’t have grandkids to stick it to. Europe is dying as its nations run out of babies. Three-quarters of Europeans live in societies with fertility rates below 1.5. In the 14th century, the bubonic plague wiped out 75 million people; and in the 21st century, a larger number will be lost in Europe through demographic suicide.

    Europe’s demographic meltdown means it has to turn to immigrants for its workforce, and the vacuum is being filled by Muslims. From 1990 to 2010, the Muslim population of Europe grew from 30 million to 44 million. It will reach 58 million by 2030 and 10 European countries will be more than 10% Muslim.

    While a spirit of integration and tolerance is central to the beliefs of the vast majority of Muslims, a radical, well-funded Islamist minority rejects tolerance, democracy and women’s rights. This militant Islamist tumor has metastasized to intimidate, marginalize and silence moderate Muslims who share the values of a democratic culture.

    Without baby Mohammeds, Europe will die. To survive, its leaders need to work with moderate Muslims to neutralize fundamentalist views and challenge anti-immigration voices. If Europe is unable to reform its immigration policies, then the geopolitical ramification is obvious: a neutered NATO alliance unable to project military and economic power.

    The United States faces its own evolving relationship with immigrants, one that is defined by widely contrasting views as to how they should be integrated into society — or not. Fears that immigrants will not assimilate are not new. We certainly have not lost our capacity to welcome and absorb newcomers, as America has since its birth. A recent survey by Public Agenda asked immigrants in America how long it took them to feel comfortable and part of the community. Seventy-seven percent said it took less than five years.

    Hispanics are every bit as American as anyone else — they are white, brown and black. They are self-reliant with strong family values and highly religious. For 92% of Hispanics, God is an active force in their daily lives: 66% are Catholic, 25% are Evangelical Christians and 1% are Jewish or other denominations. Hispanics are also very patriotic. More than 25% of the 58,195 names on the Vietnam War Memorial are Hispanic, and one of the first people to die in the Iraq War was Lance Cpl. Jose Gutierrez, who entered the United States illegally and was granted citizenship posthumously.

    While Hispanic immigrants are accused of driving down wages, economic studies have found the opposite to be true. Conducting research on the effects of immigration on wages over the span of a decade for the National Bureau of Economic Research, Gianmarco Ottaviano, of the University of Bologna, and Giovanni Peri, of the University of California, Davis, found that nearly 90% of native born American workers actually enjoy higher wages because of immigration. They found that immigrants have a positive impact on the U.S. economy because they differ in their educational and skill levels from U.S. natives, and because more workers in the labor force increases productivity and stimulates the creation of businesses.

    The sustainable competitive advantage of America over any other country is that we do immigration best. No one can touch our capacity to integrate and assimilate people from all cultures. It keeps us young, strong and dynamic.

    The benefits of immigration are often taken for granted. Immigrants work hard. They form strong families. They live longer. They set up businesses. They spend money and pay taxes. They take care of children so parents can work. And the number of immigrants on welfare is far lower than anti-immigration advocates would have us believe.

    As the arrows fly about immigration reform, legislators and voters alike can either accept immigrants, of all faiths, as the incontrovertible engines for economic growth they are — or we can fight the future and the facts and shoot ourselves in the foot instead.

    Some choose to believe that we are being overrun by lazy immigrants that strain our welfare system. Yet every American should know by now that immigrants are the lifeblood of our future strength and economic power. And for that, we should thank a baby named Jesus.

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  3. jc durbant dit :

    Voir aussi:

    Beaucoup de nos interlocuteurs disent qu’ils acceptent les invitations chez des gens qui ne mangent pas halal, ils se débrouillent, par exemple en mangeant des légumes. Là où le problème est beaucoup plus préoccupant, c’est à l’école où un grand nombre d’enfants désertent la demi-pension sous prétexte qu’elle n’est pas halal. Il y a 25 ans, cette revendication était absente ; aujourd’hui, elle est prise en main par des groupes d’islam politique qui voient là la possibilité de contrôler la communauté et aussi de faire une bonne affaire – c’est un marché de 5 milliards d’euros. Cela contribue à maintenir les enfants hors du système scolaire. Et c’est absurde car en fait une grande partie de la nourriture de la restauration collective est halal, parce que les abattoirs font des économies sur les chaines de production. Cela ne change rien car en France, les bêtes sont égorgées, halal ou pas. Les seules différences tiennent à l’endormissement des bêtes et à la formule rituelle prononcée pour que la viande soit halal. Le résultat, c’est qu’une grande partie des enfants qui vont à la cantine mangent de la viande halal sans le savoir alors que beaucoup n’y vont pas sous prétexte qu’elle ne l’est pas alors qu’elle l’est effectivement. Et cela crée entre ces enfants et l’école une distance très dommageable.

    Gilles Kepel

    En dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité.

    Elisabeth Badinter

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  4. Et si, les mêmes causes produisant les mêmes effets, on ne s’acheminait tout simplement pas vers le bon vieux « separate but equal » qu’on a si longtemps dénoncé aux EU sous le terme de « communautarisme » (ou « cultural separatism » en anglais)?

    Voir Dahrendorf:

    Quelle est alors l’alternative à l’assimilation ? Le ” panier à salade ” du soi-disant multiculturalisme ne présente pas une alternative sérieuse parce qu’il ne propose pas le ciment nécessaire à l’union des communautés. Tous les ingrédients restent dès le départ séparés. La seule alternative viable pour laquelle nous avons des exemples est probablement celle de Londres ou New York. La principale caractéristique de cette alternative est la coexistence d’une sphère publique commune partagée par tous et un degré considérable de séparation culturelle de la sphère ” privée “, notamment dans les zones résidentielles. L’espace public est multiculturel du fait de l’origine des gens qui le forme mais reste gouverné par des valeurs consenties et même une langue commune, tandis que la vie privée des gens reste ghettoisée, pour employer un vocable désagréable. (…) Personne n’a encore trouvé de nom pour cette nouvelle version de la doctrine ” séparés mais égaux ” que certains d’entre nous ont si ardemment combattue dans les années 1960 : des vies privées séparées dans un espace public qui est égalitaire pour tous. Cela est clairement plus simple à Londres et à New York que ça ne l’est dans des villes plus petites ou même dans les capitales de pays où la langue mondiale qu’est l’anglais n’est pas parlée. La communauté turque de Berlin et les communautés nord-africaines autour de Paris semblent toujours plus dissociées, avec leurs propres sphère publique et souvent leur propre langue. Là où cela se produit se créent des situations explosives, une sorte de séparatisme interne qui n’est pas le résultat de groupes historiquement séparés mais celui des nouveaux arrivants opposés aux natifs du lieu.

    Ralf Dahrendorf […]

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  5. jcdurbant dit :

    Voir aussi:

    Starting in the Sixties, however, another vision of American pluralism arose, captured in the metaphor of the salad bowl. Rather than assimilating, now different ethnic groups would coexist in their separate identities like the ingredients in a salad, bound together only by the “dressing” of law and the market. This view expresses the ideology of multiculturalism, which goes far beyond the demand that ethnic differences be acknowledged rather than disparaged.

    Long before multiculturalism ever existed, Americans wrestled with the conflicts and clashes immigrants experienced in their lives. A book from the Forties on “intercultural education” announced its intent “to help our schools to deal constructively with the problem of intercultural and interracial tensions among our people” and to alleviate “the hurtful discrimination against some of the minority groups which compose our people.” One recommendation was to create school curricula that would “help build respect for groups not otherwise sufficiently esteemed.” Modern multiculturalism takes that idea but goes much farther by endorsing a species of identity politics predicated on victimization.
    In the Sixties, another vision of American pluralism arose: the salad bowl.

    And that, in fact, is what multiculturalism is really about — not respecting or celebrating the “salad bowl” of cultural or ethnic diversity, but indicting American civilization for its imperial, colonial, xenophobic, and racist sins. Multiculturalism idealizes immigrant cultures and ignores their various dysfunctional practices and values. But at the same time, it relentlessly attacks America as a predatory, soulless, exploitative, war-mongering villain responsible for all the world’s ills.

    Worse still, the identity politics at the heart of multiculturalism directly contradicts the core assumption of our liberal democracy: the principle of individual and inalienable rights that each of us possess no matter what group or sect we belong to. Multiculturalism confines the individual in the box of his race or culture — the latter often simplistically defined in terms of clichés and stereotypes — and then demands rights and considerations for that group, a special treatment usually based on the assumption that the group has been victimized in the past and so deserves some form of reparations. The immigrant “other” (excluding, of course, immigrants from Europe) is now a privileged victim entitled to public acknowledgement of his victim status and obeisance to the superiority of his native culture, equally a victim of American historical malfeasance.

    The common identity shaped by the Constitution, the English language, and the history, mores, and heroes of America has been replaced by multifarious, increasingly fragmented micro-identities. But without this loyalty to the common core values and ideals upon which national identity is founded, without a commitment to the non-negotiable foundational beliefs that transcend special interests, without the sense of a shared destiny and goals, a nation starts to weaken as its people see no goods beyond their own groups’ interests and successes.

    The problems of illegal immigration are worsened by multicultural identity politics. Many immigrants, legal or otherwise, are now encouraged to celebrate and prefer the cultures they have fled to the one that has given them greater freedom and opportunity. Our schools and popular culture reinforce this separatism, encouraging Americans to relate to others outside our own identity group not as fellow citizens, but either as rivals for power or influence, or as oppressors from whom one is owed reparations in the form of government transfers or preferential policies. The essence of being an American has been reduced to a flabby “tolerance” that in fact masks a profound intolerance and anti-Americanism, for the groups multiculturalism celebrates are all defined in terms of their victimization by a sinful America.

    Bruce Thornton

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