Noël/2011e: Non, Coca Cola n’a pas inventé le Père Noël (When in doubt, blame Coca Cola)

 Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent.  Jésus (Luc 18:16)
Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Jésus (Mathieu 25 : 40)
Une légende russe raconte qu’il existe un 4e Roi mage, qui conduit sur la steppe un traineau tiré par des rennes et rempli de cadeaux pour les enfants. Depuis 2000 ans il a renoncé à trouver l’enfant Jésus, alors il comble de cadeaux les enfants qu’il rencontre en cours de route. Joyeux Noël
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la “victime inconnue”, comme on dirait aujourd’hui le “soldat inconnu”. Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
Petits enfants qui dormez là, Je suis le grand Saint Nicolas. Le grand saint étendit trois doigts, Les trois enfants ressuscitèrentJoseph Guix (XIIIe?)
Old Santeclaus with much delight His reindeer drives this frosty night. O’er chimney tops, and tracks of snow,To bring his yearly gifts to you… (…) He was dress’d all in fur, from his head to his foot, And his clothes were all tarnish’d with ashes and soot ; A bundle of toys was flung on his back, And he look’d like a peddler just opening his pack His eyes–how they twinkled! his dimples how merry, His cheeks were like roses, his nose like a cherry ; His droll little mouth was drawn up like a bow. And the beard of his chin was as white as the snow ; The stump of a pipe he held tight in his teeth, And the smoke it encircled his head like a wreath. He had a broad face, and a little round belly That shook when he laugh’d, like a bowl full of jelly: He was chubby and plump, a right jolly old elf … William Gilley (1821)
‘Twas the night before Christmas, when all thro’ the house, Not a creature was stirring, not even a mouse; The stockings were hung by the chimney with care, In hopes that St. Nicholas soon would be there … Henry Livingston (1823)
The sterling old Dutchman, Santa Claus, has just arrived from the renowned regions of the Manhattoes, with his usual budget of knickknacks for the Christmas times. Journal de Cincinnati (1844)
Ce que je n’ ai pas oublié, c’ est la croyance absolue que j’ avais à la descente par le tuyau de la cheminée du petit père noël, bon vieillard à barbe blanche, qui, à l’ heure de minuit, devait venir déposer dans mon petit soulier un cadeau que j’ y trouvais à mon réveil. Minuit ! Cette heure fantastique que les enfants ne connaissent pas et qu’ on leur montre comme le terme impossible de leur veillée ! Quels efforts incroyables je faisais pour ne pas m’ endormir avant l’apparition du petit vieux ! J’ avais à la fois grande envie et grand’ peur de le voir : mais jamais je ne pouvais me tenir éveillée jusque-là, et le lendemain, mon premier regard était pour mon soulier, au bord de l’âtre. Quelle émotion me causait l’enveloppe de papier blanc, car le père noël était d’ une propreté extrême, et ne manquait jamais d’ empaqueter soigneusement son offrande. Je courais pieds nus m’ emparer de mon trésor. Ce n’ était jamais un don bien magnifique car nous n’ étions pas riches. C’était un petit gâteau, une orange, ou tout simplement une belle pomme rouge. Mais cela me semblait si précieux que j’ osais à peine le manger. L’imagination jouait encore là son rôle, et c’ est toute la vie de l’ enfant. Je n’ approuve pas du tout Rousseau de vouloir supprimer le merveilleux, sous prétexte de mensonge. La raison et l’ incrédulité viennent bien assez vite d’ elles-mêmes. Je me rappelle fort bien la première année où le doute m’ est venu sur l’ existence réelle du père noël. J’ avais cinq ou six ans, et il me sembla que ce devait être ma mère qui mettait le gâteau dans mon soulier. Aussi me parut-il moins beau et moins bon que les autres fois, et j’ éprouvais une sorte de regret de ne pouvoir plus croire au petit homme à barbe blanche. J’ ai vu mon fils y croire plus longtemps ; les garçons sont plus simples que les petites filles. Comme moi, il faisait de grands efforts pour veiller jusqu’ à minuit. Comme moi, il n’y réussissait pas, et comme moi, il trouvait, au jour, le gâteau merveilleusement pétri dans les cuisines du paradis ; mais, pour lui aussi, la première année où il douta fut la dernière de la visite du bonhomme. Il faut servir aux enfants les mets qui conviennent à leur âge et ne rien devancer. Tant qu’ ils ont besoin du merveilleux, il faut leur en donner. Quand ils commencent à s’ en dégoûter, il faut bien se garder de prolonger l’ erreur et d’ entraver le progrès naturel de leur raison. George Sand (Histoire de ma vie, 1856)
Dans nos villes et dans nos campagnes, c’est l’usage de faire déposer aux enfants un soulier ou un sabot auprès de l’âtre, afin d’y recueillir le lendemain le joujou où le bonbon que le bonhomme Noël y apportera dans la nuit. Dictionnaire de la conversation (1875)
C’est le 1er janvier; deux enfants, deux petites filles appartenant aux classes extrèmes de la société, se trouvent en présence. L’une est comblée de joujoux et sort d’un luxueux et confortable coupé; elle a sa mère; l’autre est abandonnée sur le pavé boueux, et repait ses yeux, ses yeux seulement, hélas! des jouets qui passent. Mais ce qui fait le lien entre ces deux êtres, c’est la charité de l’enfant riche, présentant ses mains pleines à l’enfant pauvre, en lui disant: Choisis! Monde Illustré
The jolly old St. Nick that we know from countless images did not come from Macy’s department store, neither did he originate in the imaginations of Moore and Nast not did it come  from West European folklore. He came from the yearly advertisements of the Coca-Cola Company. (…) He wears the corporate colors — the famous red and white — for a reason: he is working out of Atlanta not out of the North Pole. James Twitchell (1996)
Saint Nicolas a été importé aux Etats-Unis au XVIIe siècle par les immigrés allemands ou hollandais où il aurait pris une l’ampleur commerciale que nous connaissons actuellement, subit des transformations vestimentaires et culturelles pour se transformer en un Père Noël plus convivial et serait ensuite revenu en Europe. Pour les Américains, Saint Nicolas est Sinter Klaas qui devint Santa Claus. En 1821 : un pasteur américain, Clément Clarke Moore écrivit un conte de NOËL pour ses enfants dans lequel un personnage sympathique apparaît, le Père Noël, dans son traîneau tiré par huit rennes. Il le fit dodu, jovial et souriant. Il remplaça la mitre du Saint Nicolas par un bonnet, sa crosse par un sucre d’orge et le débarrassa du Père Fouettard. L’âne fut remplacé par 8 rennes fringuants. Mais c’est à la presse américaine que revient le mérite d’avoir réuni en un seul et même être les diverses personnifications dispensatrices de cadeaux. 1823 : L’événement qui contribua certainement le plus à l’unification de ces personnages fut sans aucun doute la publication du fameux poème de Clement Clarke Moore. Intitulé « A Visit From St. Nicholas », ce poème fut publié pour la première fois dans le journal Sentinel, de New York, le 23 décembre 1823. Repris les années suivantes par plusieurs grands quotidiens américains, ce récit fut ensuite traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier. En 1860, Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste au journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weekly, revêt Santa-Claus d’un costume rouge, garni de fourrure blanche et rehaussé d’un large ceinturon de cuir. En 1885, Nast établissait la résidence officielle du père Noël au pôle Nord au moyen d’un dessin illustrant deux enfants regardant, sur une carte de monde, le tracé de son parcours depuis le pôle Nord jusqu’aux États-Unis. L’année suivante, l’écrivain américain George P. Webster reprenait cette idée et précisait que sa manufacture de jouets et « sa demeure, pendant les longs mois d’été, est cachée dans la glace et la neige du pôle Nord ». C’est en 1931, que le père Noël prit finalement une toute nouvelle allure dans une image publicitaire, diffusée par la compagnie Coca-Cola. Joyeux Noël
Les grands enfants n’en ont pas fini avec le Père Noël. Même s’ils ne croient plus en son existence, celui-ci fait encore l’objet d’une idée reçue, celle selon laquelle il serait la création d’une grande firme américaine de cola. Telle n’est pourtant pas la généalogie de celui qu’ils appellent Outre-Atlantique Santa Claus. Le père du Père Noël n’est autre qu’un émigré des pays protestants de l’Europe célébré le 6 décembre, le canonisé Saint-Nicolas, en néerlandais Sinterklaas, de son vrai nom Nicolas de Myre, évêque de son état. Nul besoin d’aller chercher plus loin une consonance familière avec le « Santa Claus » des petits Américains. L’image du Père Noël a également suivi celle de sa dénomination. Longue barbe blanche, vêtu d’un long manteau et coiffé de sa mitre, le St Nicolas s’est mis à prendre du poids au 19° siècle, a troqué la mitre pour un bonnet, sa crosse pour un sucre d’orge et se débarrassa du Père Fouettard, ceci sous l’œil bienveillant d’un pasteur, auteur de contes de Noël, Clément C. Moore. Mais il doit le tournant de sa carrière à un illustrateur du journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weekly, Thomas Nast. Celui-ci, en 1860, l’habilla de son manteau dans lequel il se sent bien au chaud puisqu’il l’a gardé jusqu’à ce jour. Ce n’est ensuite qu’en 1931 que le Père Noël devient ambassadeur de la société Coca-Cola, notamment parce que son costume était aux couleurs de la marque. L’hiver étant une période moins propice à la consommation de la célèbre boisson gazeuse, quoi de mieux qu’un symbole mondialement connu et immédiatement reconnu ? Tatoufaux
Il est fréquent en ces périodes de fêtes d’entendre que le Père Noël, sous sa forme actuelle, a été inventé par Coca Cola qui l’aurait habillé aux couleurs de la marque dans les années 30. Dans deux articles parus il y’a un an le blog La boîte à images démontrait que le Père Noël avait commencé à prendre sa forme actuelle dès 1863, soit plus de 60 ans avant les pubs de Coca Cola, dessiné par un illustrateur américain, Thomas Nast. Il n’est pas prouvé qu’il lui ait donné ses couleurs (rouge et blanc) même si certains l’affirment, cependant on trouve des cartes postales dès 1886 représentant ce Père Noël en rouge et blanc ainsi que pas mal de pubs dès 1902 (Les illustrations de Nast en couleur dans ce lien auraient par contre peut-être été colorisées ultérieurement). Et récemment on apprenait qu’une autre marque de boissons américaine, White Rock, à utilisé dès 1915 (et dès 1923 en couleurs) cette image du Père Noël pour ses pubs. Donc Coca Cola a certainement contribué à propager cette image par ses nombreuses campagnes de pub mais en aucun cas ne l’a inventée, donc non, en fêtant Noël on ne fête pas Coca Cola. Junk food
A l’origine, Saint-Nicolas n’était pas forcement représenté en vert comme on l’entend un peu partout. On pouvait en effet rencontrer, selon les pays, des illustrations où le Saint-Patron des enfants (des étudiants, des enseignants, des marins, des vitriers…) était représenté avec un costume noir de suie, vert, rouge, et même bleu en Russie. Inspiré des poèmes de Clément Clarke Moore, pasteur de son état et auteur de divers contes pour enfants, Thomas Nast illustra le Père Noël sous la forme d’un bonhomme bedonnant, vêtu de fourrure et fumant la pipe dans le journal ‘Harper’s Weekly’ dès le 3 janvier 1863. Ce n’est qu’à partir de 1885 qu’un artiste nommé Louis Prang (qui inventa la première « Christmas Card » en 1875) représenta le Père Noël tel qu’on le connaît. Suchablog
En fait, Coca-Cola est sérieusement en manque de souffle à cette époque et se cherche une icône aux couleurs de la marque pour redynamiser les ventes. Il se trouve que depuis 1866, ce bon vieux Père Noël fait un véritable carton en publicité (notamment chez Michelin et Colgate)… tout de rouge vêtu depuis qu’un illustrateur et caricaturiste du journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weeklyde, Thomas Nast, l’a ainsi relooké en 1860 ! Ce n’est qu’en 1931 que Coca-Cola offre à Haddon Sundblom l’opportunité de créer son porte-drapeau : un Santa Claus (Père Noël américain) à « l’air jovial et l’attitude débonnaire ». La résonance extraordinaire que put avoir cette campagne publicitaire fît que l’image moderne du bonhomme rouge dans notre culture s’en trouva transformée. La firme n’a donc pas « réinventé » le Père Noël, ni même changé la couleur de ses vêtements. Elle a par contre grandement participé à la vision que l’on se fait du personnage aujourd’hui dans le monde occidental. Voila pourquoi circule l’idée reçue que le Père Noël était vert avant que Coca-Cola ne le relooke pour ses besoins publicitaires. (…) La société Coca-Cola est devenue un des symboles de l’Amérique et pour qui souhaite critiquer le système, pourquoi ne pas utiliser une démarche imagée que tout le monde peut comprendre ? Et c’est ainsi que pour illustrer leur point de vue, d’aucuns estiment pouvoir faire feu de tout bois pour servir leur cause quitte à s’accommoder avec la réalité. Comme toute multinationale dominante, la compagnie est en proie aux critiques et victime d’un nombre incalculable de rumeurs, à tel point qu’est apparu récemment outre-Atlantique le terme Cokelore : un concentré de rumeurs, légendes et affabulations autour de la marque. Mais la multinationale en pâtit-elle vraiment ? Certainement pas, sa domination est incontestable dans le secteur des sodas et il est probable que le résultat de toutes ces attaques ne fait que renforcer sa position de dominant du marché. Grâce à ces rumeurs infondées, elle peut communiquer à loisir sur sa marque. La légende urbaine du Père Noël Coca-Cola est encore plus profitable puisqu’elle lui permet de ressortir ses anciennes campagnes et ainsi d’exploiter son patrimoine historique (les marques adorent étaler leurs vieilles affiches…). Hoaxbuster
Les démystifications du père Noël se multiplient, mais depuis l’an 2000, elles se muent parfois en remystifications! Les moins graves disent que le mot « Santa Claus » a été inventé par Washington Irving en 1809, alors que l’expression semble être apparue entre 1821 et 1844. Plus grave, il se dit que le Père Noël est apparu en France en 1945, apporté par les Américains pour remplacer Saint Nicolas. Pire, la rumeur court que la représentation moderne du père Noël, avec ses vètements rouges, est une invention de Coca Cola! C’est tout juste si on n’accuse pas Coca Cola d’avoir inventé Santa Claus. Oncle Dom

Attention: un mythe peut en cacher un autre!

Joseph Guix (XIIIe), George Sand (1807),  Washington Irving (1809), Thomas Nast (1863), George P. Walker (1870), Louis Prang (1875), Star soap (1890), Lyman Frank Baum (1902),  Oldsmobile (1905),  Norman Rockwell (1913), Saturday Evening Post (1918), Michelin (1919), Colgate (1920), White rock (1923) …

En ce nouvel anniversaire (probablement 2015e du fait des erreurs de calcul et sans doute  pas en décembre) de Celui qui a donné à notre ère de « chrétiens qui s’ignorent » non seulement son nom mais son si caractéristique souci des plus petits

Et 60 ans après la mémorable autodafé de Dijon

Petite remise des pendules à l’heure avec le site Hoaxbuster et le magistral travail de compilation du site Oncle Dom (sans compter les illustrations)

Montrant la longue évolution, de l’anniversaire de la mort du généreux évèque et légendaire protecteur des enfants d’Asie mineure (Saint Nicolas de Myre, actuelle Turquie) du 4e siècle après Jésus-Christ  à la fête du « cambrioleur à l’envers »  que nous connaissons aujourd’hui …

Via notamment les traditions nord-européennes et hollandaises (Sinterklaas) avant sa transplantation américaine par les colons hollandais de la Nouvelle Amsterdam (et future Nouvelle York) puis au reste du monde.

Comme la longue marche, notamment publicitaire (habit rouge compris), de la figure du Père Noël avant sa providentielle reprise, en ce premier hiver – saison creuse s’il en est pour les boissons rafraichissantes – de la Grande Dépression des années 30, par une boisson dont le nom doublement sulfureux la cantonnait jusque là dans les pharmacies …

Mais surtout comment nos enfants à qui on ne la fait plus n’ont en fait avec l’aide de médias peu regardants et l’antiaméricanisme ambiant…

Remplacé, preuve ultime de la redoutable efficacité des publicitaires de la célèbre firme d’Atlanta,.. qu’un mythe par un autre!

Coca et le Père Noël

Nico

Hoaxbuster

Type : Légende urbaine

En circulation depuis: Décembre 2002

Statut:Faux

Carton rouge et blanc !

Si le Père Noël est rouge et blanc c’est parce que Coca-Cola l’a habillé à ses couleurs dans une pub. En vrai… il est vert !

Le sujet est de circonstance et comme à l’accoutumée, le message refait son apparition en cette saison propice aux cyber-marronniers hivernaux. Même le très sérieux LeMonde.fr le dit dans son édition du 15 décembre « Le Père Noël est américain. On le sait depuis que Washington Irving a créé le personnage, en 1809, et que Coca-Cola lui a donné sa houppelande rouge et son air débonnaire, plus d’un siècle plus tard. » (passage modifié depuis la publication de notre article).

Alors Coca-Cola est-il responsable du changement de costume du Père Noël ou avons-nous affaire à un effet cigogne ?

Une idée très répandue

Il n’est pas rare lors d’un repas entre amis d’assister à ce type de scène : une convive pensant avoir l’esprit plus aguerri que les autres apostrophe l’assemblée avec un postulat :

– « Saviez-vous que c’est depuis une pub Coca-Cola que le Père Noël est habillé en rouge ? Avant, il portait des habits verts. »

Le locuteur avance cet exemple concret pour développer sa vision du monde et assoir sa théorie :

– « Nous sommes victimes de l’américanisation des esprits ! Tout est merchandising, maintenant. »

Chacun qualifiera cette pensée de lui-même, qu’elle soit fondée ou non.

Il est de bon ton en société de laisser la rumeur se répandre pour concentrer toutes les attentions mais ce qui nous intéresse, c’est comment la personne biaise son raisonnement avec une hypothèse douteuse.

Quels sont les faits ?

En effet, que savons-nous qui ne soit formellement avéré ?

•Le Père Noël a bien été mis en scène dans une publicité mondiale pour Coca-Cola pendant l’entre-deux-guerres.

•A une autre époque, le Père Noël portait des habits verts (mais aussi blancs et parfois bleus comme en Russie).

De là à en déduire que notre bonhomme a revu sa garde-robe lors de la campagne marketing de Coca-Cola en 1931, il y a un énorme pas à franchir. Selon les spécialistes, ce serait même l’inverse qui se serait produit.

Mise en contexte

En fait, Coca-Cola est sérieusement en manque de souffle à cette époque et se cherche une icône aux couleurs de la marque pour redynamiser les ventes. Il se trouve que depuis 1866, ce bon vieux Père Noël fait un véritable carton en publicité (notamment chez Michelin et Colgate)… tout de rouge vêtu depuis qu’un illustrateur et caricaturiste du journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weeklyde, Thomas Nast, l’a ainsi relooké en 1860 !

Ce n’est qu’en 1931 que Coca-Cola offre à Haddon Sundblom l’opportunité de créer son porte-drapeau : un Santa Claus (Père Noël américain) à « l’air jovial et l’attitude débonnaire ». La résonnance extraordinaire que put avoir cette campagne publicitaire fît que l’image moderne du bonhomme rouge dans notre culture s’en trouva transformée.

La firme n’a donc pas « réinventé » le Père Noël, ni même changé la couleur de ses vêtements. Elle a par contre grandement participé à la vision que l’on se fait du personnage aujourd’hui dans le monde occidental.

Voila pourquoi circule l’idée reçue que le Père Noël était vert avant que Coca-Cola ne le relooke pour ses besoins publicitaires.

Le phénomène du « Cokelore »

La société Coca-Cola est devenue un des symboles de l’Amérique et pour qui souhaite critiquer le système, pourquoi ne pas utiliser une démarche imagée que tout le monde peut comprendre ? Et c’est ainsi que pour illustrer leur point de vue, d’aucuns estiment pouvoir faire feu de tout bois pour servir leur cause quitte à s’accommoder avec la réalité.

Comme toute multinationale dominante, la compagnie est en proie aux critiques et victime d’un nombre incalculable de rumeurs, à tel point qu’est apparu récemment outre-Atlantique le terme Cokelore : un concentré de rumeurs, légendes et affabulations autour de la marque.

Mais la multinationale en pâtit-elle vraiment ?

Certainement pas, sa domination est incontestable dans le secteur des sodas et il est probable que le résultat de toutes ces attaques ne fait que renforcer sa position de dominant du marché. Grâce à ces rumeurs infondées, elle peut communiquer à loisir sur sa marque. La légende urbaine du Père Noël Coca-Cola est encore plus profitable puisqu’elle lui permet de ressortir ses anciennes campagnes et ainsi d’exploiter son patrimoine historique (les marques adorent étaler leurs vieilles affiches…).

Mais au fait, le Père Noël existe-t-il ?

Vaste question, qui a nécessité que nous fassions le tour des sites scientifiques chevronnés. C’est celui de la Zététique qui a attiré toute notre attention et leur démarche intellectuelle nous a convaincu. Petit résumé de leurs conclusions :

•Le Père Noël a pour objectif de livrer près de 1000 domiciles par seconde. Pour remplir sa mission, il doit donc atteindre des vitesses de 3000 km par seconde.

•Et si le Père Noël a jamais existé, en se déplaçant à cette allure, nous sommes au regret de vous annoncer qu’il a été pulvérisé !

D’après l’enquête zététique sur le Père Noël par Richard Monvoisin qui vient de lancer un site plein de promesses, CorteX : Esprit critique et sciences.

Il ne manque rien ?

Ah si, l’effet cigogne, lui-même décrit dans un article du fameux CorteX… C’est un sophisme qui consiste à prétendre que si deux événements sont corrélés alors il y a un lien de cause à effet entre les deux.

En ce qui concerne le Père Noël et ses habits rouge, il peut être résumé par : « Avant le Père Noël était vert, Coca-Cola a fait une pub avec un Père Noël rouge, donc Coca-Cola a changé la couleur du Père-Noël ! »

Et ainsi, la boucle est bouclée ! Lorsqu’on vous sort sur un ton péremptoire qu’il est de notoriété publique que le Père Noël est rouge parce que Coca-Cola l’a relooké à son image… Vous pouvez désormais sans rougir prendre la parole et affirmer haut et fort que les faits démontrent que cette légende urbaine est infondée [Thomas Nast – 1860 vs Coca Cola – 1931] et que Coca-Cola n’a fait que populariser mondialement l’image du bonhomme rouge parce que les couleurs qu’il arborait correspondaient aux siennes !

Sources :

– Tatoufaux

– Culture.gouv.fr

– Wikipedia

– Snopes

– Suchablog

– Joyeux Noël

Voir aussi:

Histoire du Père Noël

(Chronologie de l’élaboration du mythe du Père Noël)

Nicolas de Myre, ancêtre du Père Noël

vers 270, à Patara, en Lycie (Asie mineure)

Naissance de Nicolas, fils d’Euphémius, et d’Anne, soeur de l’archevèque de Myre

Pieux et vertueux, il perd ses parents assez jeune, dans une épidémie de peste, mais hérite de leur fortune

Généreux comme son père, il aurait, offert de quoi doter une de ses filles à un noble ruiné de la ville. cela lui vaudra une réputation de générosité qui ne le quittera plus.

La légende dit qu’il apprit que ce noble envisageait de livrer ses trois filles à la prostitution, et que nuitamment, trois fois de suite, Nicolas lança chez lui, une bourse pleine d’or, par une fenètre ouverte. Cette légende auraient été à l’origine des trois sacs d’or qui auraient ensuite figuré sur les enseignes des préteurs sur gages

La piété de Nicolas incita son oncle, l’archevèque à l’ordonner prètre. On dit qu’il le nomma supérieur du monastère de Sainte-Sion, et même qu’il lui laissa la charge de son diocèse, pendant qu’il allait en terre sainte.

A la mort de l’évèque de Myre, Nicolas fut nommé évèque

en l’an 303, l’empereur Dioclétien entreprit de lutter contre le christianisme, et Nicolas fut emprisonné

Dès 311, à l’initiative de l’empereur Galère, puis de l’empereur Constantin, la liberté de culte fut rendue aux chrétiens, et Nicolas put revenir exercer ses fonctions à Myre, où il lutta contre l’idolatrie, encore vivace

Il dut aussi lutter contre la famine qui sévissait à l’époque, ce qui génèrera d’autres légendes

Une chronique affirme qu’en 325, Nicolas aurait participé au premier concile oecuménique, à Nicée. Mais son nom ne figure pas sur la liste officielle des participants

On fixe officiellement la mort de Nicolas au 6 décembre 343

« Saint » Nicolas ne fut jamais canonisé. Il fait partie des saints dont l’Eglise tolère le culte, parce le peuple les vénère ainsi depuis des siècles, mais dont certains n’ont jamais existé

Mais Saint Nicolas était devenu tellement populaire, qu’on l’invoquait en de nombreuses occasions, ce qui permit de lui attribuer de nombreux miracles:

Devenus légendaires, ces miracles susciteront en se racontant d’autres légendes de miracles. C’est ainsi que plusieurs miracles de Saint Nicolas semblent inspirés de la légende des trois officiers de Constantin:

Une révolte ayant éclaté en Phrygie, l’empereur Constantin y envoya trois officiers de son armée pour remettre de l’ordre.

Parvenus en Phrygie. Ils rétablirent l’ordre et revinrent devant l’empereur. Mais entretemps, des courtisans jaloux avait corrompu le préfet impérial pour qu’il les accuse et l’empereur les fit condamner à mort. Les officiers implorèrent Saint Nicolas, et celui ici apparut en rêve à l’empereur et au préfet et les convainquit de les relâcher. Le lendemain, ils furent graciés par l’empereur.

Comme les bénéficiaires des miracles de Saint Nicolas vont souvent par trois, on peut se demander s’il ne s’agit pas de la transformation progressive d’une même légende

Saint Nicolas ressuscite les enfants, sauve les marins, protège les innocents mal jugés. Chaque miracle lui vaudra un patronage: Il sera donc le patron des enfants, des marins, etc…

On peut même remarquer qu’à coté des miracles de Saint Nicolas, ceux du Christ lui même font pale figure

Les miracles du Christ                                                                                  Les miracles de St Nicolas

Le Christ guérit, un malade, un aveugle, un paralytique…                  A Alexandrie, St Nicolas guérit tout un groupe de malades

Le Christ multiplie les pains, suffisamment pour toute une foule    St Nicolas multiplie les sacs de grain, suffisamment pour toute une ville pendant deux ans

Le Christ calme la tempête                                                                         St Nicolas avertit de la future tempête, calme la tempête, et répète ce miracle plusieurs fois

Le Christ ressuscite Lazare, mort depuis 2 jours                                     St Nicolas ressuscite 3 enfants, coupés en morceaux depuis 7 ans

La légende de Saint Nicolas

Xème siècle

Le culte de St Nicolas est introduit en Allemagne, par Théophano, nièce de l’empereur byzantin Jean Ier Tzimiskès, et femme de l’empereur d’Allemagne, Otton II

Son fils, Otton III, fonda, près d’Aix-la-Chapelle, Saint-Nicolas-de-Burtscheid

XIème siècle

Comme certains personnages entrés dans la légende, tels Gengis Khan ou Christophe Colomb, St Nicolas est enterré en deux endroits différents: A Demré (autrefois Myre) et à Bari, ou en 1087, des marins auraient emporté ses ossements

De Plus, vers 1098, Albert de Varangéville aurait ramené l’un de ses doigts (où même toute sa main droite), de Bari, à St Nicolas de Port, ou l’on édifia une chapelle, puis une église, puis au XVème siècle, une basilique, en même temps que Saint Nicolas devenait le patron de la Lorraine. Des pélerinages eurent lieu et des miracles se produisirent

On comprend qu’avec deux tombeaux, plus un reliquaire, Saint Nicolas peut bien être affublé d’une légende de première grandeur à St Nicolas de Port

XIIème siècle

Le trouvère Wace, dans LI LIVRES DE SAINT NICHOLAY, raconte l’histoire de trois écoliers ressuscités

Treis clercs alouent escole , n’en frei une longe parole

Li ostes par nuit les occist , les cors musçat, le aver prist.

Seint Nicholas par Deu le solt , s’emprès fu la si cum Deu plout.

Les clercs à l’oste demandat , nel pout celé qu’il les mustrat;

Seint Nicholas par sa preere , mist les almes enz el cors arere

Por ceo que al clercs fit cel honur , funt li clercs la feste à son jur,

de ben lire et ben chanter et des miracles réciter.

Certains supposent qu’il s’agirait d’une mésinterprétation d’une image montrant les trois officiers de Constantin implorant le saint, que la perspective aurait fait ressembler à trois enfants

D’autres avancent l’hypothèse d’une image de trois marins, dans une nef

Il est probable que dans cette légende, il existe un (ou plusieurs) « chainon manquant »

XIIIème siècle

Dans un sermon attribué à saint Bonaventure, deux écoliers nobles et riches, faisant route vers Athènes, s’arrêtent à la ville de Myre. L’hôte qui les héberge, après les avoir occis dans leur sommeil, « les taille en morceaux comme viande de porc et met leurs chairs au saloir ». Saint Nicolas, averti par un ange, vient les ressusciter.

Un vitrail de la cathédrale de Bourges, montre une scène du même genre: A gauche, poussé par sa femme, un homme s’apprète à tailler trois jouvenceaux en pièces. A droite Saint Nicolas les ressuscite

Ces différentes versions vont aboutir à la légende chantée des trois petits enfants, qui s’en allaient glaner aux champs. Une légende qui imposera définitivement Saint Nicolas comme protecteur des enfants

Les temps modernes inventent les cadeaux aux enfants

Il est bien difficile de connaitre les anciennes coutumes vis à vis des enfants, puisqu’elles n’étaient ni codifiées, ni même écrites. On sait cependant que lors des processions profanes qu’étaient les cortéges, mascarades et autres charivari, c’étaient les participants qui quémandaient des offrandes

Vers le XVIème siècle, la tendance va s’inverser, en même temps qu’on va s’intéresser davantage à l’éducation des enfants, en leur octroyant lors des fêtes, récompenses ou punitions

Les cadeaux, comme le reste, sont distribués par des entités merveilleuses, chrétiennes ou païennes, variant selon le pays et la fète.

Dans le cadre de la Tradition Chrétienne, ce sont des saints très populaires pour leur générosité légendaire, comme Saint Martin ou Saint Nicolas, qui vont s’en charger

Dans le tradition païenne, ce seront des fées ou des lutins.

1535

La réforme a balayé l’Europe. Martin Luther veut lutter contre le culte des saints, trop proche de l’idolatrie. Il abolit la fète de Saint Nicolas, avec sa distribution de cadeaux. Désormais, ce sera l’enfant Jésus qui distribuera les cadeaux le jour de Noël. Et tant pis si un nouveau né, tout juste capable de vagir dans sa crèche, ne peut pas apporter de cadeaux. On le vieillira d’une dizaine d’années pour en faire le Christkind, vétu comme un ange. Cette réforme va susciter plusieurs formes de résistance

En Allemagne, on réintroduira, plus tard, Saint Nicolas, en le désanctifiant. Ce sera Pelznickel, vétu de fourrure, ou Ascheklas, au vétement couleur de cendre, qui distribue selon les cas jouets ou coups de martinet.

Aux Pays Bas, si les hollandais se convertissent en majorité au protestantisme, ils refusent d’abandonner leur bon St Nicolas, alias Sinterklaas. Encore aujourd’hui, ils l’attendent le soir 5 décembre, ou il arrive d’Espagne en bateau, et dépose des cadeaux pour les enfants

milieu du XVIème siècle

Parallèment aux distributeurs de cadeaux, d’autres entités vont se charger de punir les enfants désobéissants. Ils sont de deux types: le fouettard, avec des verges, et le croquemitaine, avec un grand sac pour emporter les enfants

En Lorraine c’est le père fouettard. Il est à Saint Nicolas ce que l’enfer est au ciel, et d’ailleurs, noir comme le diable. En Lorraine, ce sont ses vètements qui sont noirs.

En Alsace, c’est Hans Trapp, inspiré, parait il du terrifiant seigneur Hans von Drodt

En Hollande, c’est Zwarte Piet. Sa peau est noire, mais ses vètements sont colorés. En fait, c’est le « maure », tel qu’on le concevait à l’époque

En Allemagne, c’est Knecht Ruprecht, ou Belzebub, ou Hans Muff, Leutfresser, Böser Klaus… (il a des dizaines d’appellations)

En Autriche, c’est Krampus, avec son grand sac

C’est dire si les méchants garnements n’ont qu’à bien se tenir!

XVIIème siècle

En 1625, les dirigeants de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales décident de construire une enceinte fortifiée, au sud de l’ile de Manhattan, pour y regrouper les activités des comptoirs commerciaux. C’est l’origine de La Nouvelle Amsterdam. Des colons s’y installent, sous la direction de Peter Minnewit, qui en 1626, réalise la meilleure opération immobilière de tout les temps, en achetant aux indiens l’ile de Manhattan, pour 60 florins de marchandises.

Les peuples, en migrant, emportent avec eux leur folklore, et c’est ainsi que les colons hollandais durent apporter Sinterklaas en Amérique, quoiqu’on n’aurait pas trouvé de preuve de son culte à la Nouvelle Amsterdam.

Prise par les anglais en 1664, la ville changea son nom en New-York, en l’honneur du duc d’York, mais n’en conserva pas moins ses traditions.

Pendant que les français croient au Père Noël, Les Américains inventent Santa Claus

C’est à New-York, hé oui, que le Saint Nicolas européen, s’est laïcisé, voire paganisé, en Santa Claus, ancètre , avec le bonhomme Noël, de notre père Noël actuel.

1773

le New York Gazette parle de Sinterklaas sous la forme dialectale Sante Klaas, qu’il abrège en St. A Claus, d’ou plus tard, Santa Claus

1804

John Pintard, brillant patriote américain, descendant d’un Huguenot de la Rochelle, fonde la New York Historical Society

Il la place sous le patronage de Saint Nicolas. Ce patronage sera à la base de la légende de Santa Claus, quand il sera récupéré par le cousin de Pintard, Washington Irving.

1807 à 1809

George Sand, qui a alors entre 3 et 5 ans, croit au Père Noël. Elle racontera plus tard, dans Histoire de ma vie, comment enfant, elle croyait à à la descente par le tuyau de la cheminée du petit père noël, bon vieillard à barbe blanche, qui, à l’ heure de minuit, devait venir déposer un cadeau dans son petit soulier.

son récit montre bien que les français n’avait pas attendu les américains pour imaginer un Père Noël de petite taille, à barbe blanche, passant par les cheminées. Il semble bien plutôt que les américains nous l’aient copié

1809

Diedrich Knickerbocker Parution de A History of New York, fiction historico-satirique, prétenduement écrite par Diedrich Knickerbocker, un vieil hollandais excentrique.

En réalité, ce n’est qu’un « procédé littéraire » pour mieux faire passer la fantaisie, et Diedrich Knickerbocker est lui même fictif. L’oeuvre est de Washington Irving.

Il y raconte comment l’équipage d’un navire hollandais, la Goede Vrouw dont la proue s’orne de la figure de St Nicholas, s’installe à l’embouchure de l’Hudson et y fonde la ville de Communipaw, future Nouvelle Amsterdam, qui sera placée sous la protection de St Nicholas.

6 décembre 1810

la New York Historical Society tient son premier banquet d’anniversaire

Un occasionnel imprimé à cette occasion, s’orne d’une gravure du Dr.Alexander Anderson, à la demande de John Pintard, qui montre un Saint Nicolas… plutôt sévère, mais que les enfants attendent.

deux semaines plus tard, Un journal de New-York publiera à cette occasion ce petit poème:

« Saint Nicholas, my dear good friend!

To serve you ever was my end,

If you will, now, me something give,

I’ll serve you ever while I live. »

1812

Washington Irving, qui était à l’anniversaire de la New York Historical Society, enrichit sa nouvelle édition:

Il y ajoute le rève du commodore Oloffe Van Kortlandt: Saint Nicholas arrive au dessus de la cime des arbres, dans le chariot qu’il utilise pour distribuer des jouets aux enfants. De sa pipe, il sort un nuage de fumée qui recouvre bientôt toute la région, et prend la forme de palais, de domes et de flèches, avant de s’évanouir. Alors St Nicholas, mettant le doigt à son nez, fait un signe à Oloffe, et remonte dans son chariot, qui s’élève dans les airs, et disparait

Il y ajoute aussi qu’aux temps bénis des premiers habitants, St Nicholas se montrait souvent les soirs de fètes, caracolant au dessus des arbres et des toits, pour larguer des cadeaux dans les cheminées de ses protégés, chose qu’il ne fait plus maintenant, qu’une fois par an, pour les seuls enfants

Ce Saint Nicholas, avec son grand chapeau et sa pipe n’a plus grand chose à voir avec le saint evèque, mais on attribue faussement à Irving cette appellation de « Santa Claus », et cette apparence de Lutin, qui n’apparaitra qu’ensuite

1821

Dans un poème d’une publication pour enfants, The Children’s Friend, attribué à William B. Gilley, apparait pour la première fois, le traineau de « Sante Claus ». Il est tiré par un seul renne

Le poème commence ainsi:

Old Santeclaus with much delight

His reindeer drives this frosty night.

O’er chimney tops, and tracks of snow,

To bring his yearly gifts to you…

23 décembre 1823

texte du poëme Le magazine Sentinel, de Troy (USA), publie un poème intitulé Account of a Visit From St. Nicholas, (aujourd’hui connu sous le nom de The Night Before Christmas).

Saint Nicholas y est décrit comme un vieux petit lutin grassouillet qui fume la pipe. Mais cette fois, il a huit rennes nains, nommés Dasher, Dancer, Prancer, Vixen, Comet, Cupid, Donder et Blitzen. Un siècle plus tard, les rennes garderont les mêmes noms, mais auront une taille normale

Ce poème, apparait ensuite dans un recueil de poèmes de 1837, ou il est attribué à Clement Clarke Moore

Il a été réédité de nombreuses fois, et ses illustrations permettent de suivre l’évolution de la représentation de Santa Claus, notamment l’augmentation de sa taille

1844

Un journal de Cincinnati annonce que:

« the sterling old Dutchman, Santa Claus, has just arrived from the renowned regions of the Manhattoes, with his usual budget of knickknacks for the Christmas times. »

Cette mention dans un journal local montre qu’à cette époque, l’appellation Santa Claus, et l’origine hollandaise du personnage était déja bien connues

3 janvier 1863

Thomas Nast, dessine la première representation moderne de Santa Claus, comme un lutin corpulent, mais avec une taille à peu près humaine, dans le magazine Harper’s Weekly

Il en publiera d’autres jusqu’à 1886. On remarque que Santa Claus distribue ses cadeaux dans un camp militaire unioniste. Nous sommes en effet en pleine guerre de Sécession, et il s’agit de maintenir le moral des troupes (Claus mit uns, aurait dit les allemands)

Sa veste couverte d’étoiles, et son pantalon à larges rayures, tirées du « star & stripes », nous renseignent sur les couleurs: veste bleue et pantalon rouge et blanc

25 décembre 1866

Sur une double page de Harper’s Weekly, intitulée Santa Claus and His Works, Thomas Nast, représente l’ensemble des activités de Santa Claus, qui est à nouveau de petite taille.

Santa fabrique lui même les jouets et repère les enfants sages au télescope. Son atelier est situé au pole nord

On peut quand même se demander comment il fait pour voir les enfants, à plusieurs milliers de km de distance… et sous l’horizon (puisque la terre est ronde)

1870

George P. Walker, reprend les images de Santa Claus and His Works, en cinq chromolthographies.

Reprenant les couleurs de l’édition de 1869 du poème de Sentinel, il habille de rouge le personnage de Thomas Nast, toujours basé au pole nord.

1875

Selon le Dictionnaire de la conversation:

Dans nos villes et dans nos campagnes, c’est l’usage de faire déposer aux enfants un soulier ou un sabot auprès de l’âtre, afin d’y recueillir le lendemain le joujou où le bonbon que le bonhomme Noël y apportera dans la nuit.

23 décembre 1880

Santa Claus franchit la frontière et vient se montrer au Canada

Le voici, entouré de ses elfes, sur une page de l’hebdomadaire canadien L’opinion publique. On ignore malheureusement, la couleur de son costume

24 décembre 1881

Les enfants ne croiraient ils déja plus au Père Noël? Voila qu’ils offrent les cadeaux eux-mêmes!

Du moins si l’on en croit cette chromolithographie du Monde Illustré, et l’explication qui va avec:

C’est le 1er janvier; deux enfants, deux petites filles appartenant aux classes extrèmes de la société, se trouvent en présence. L’une est comblée de joujoux et sort d’un luxueux et confortable coupé; elle a sa mère; l’autre est abandonnée sur le pavé boueux, et repait ses yeux, ses yeux seulement, hélas! des jouets qui passent. Mais ce qui fait le lien entre ces deux êtres, c’est la charité de l’enfant riche, présentant ses mains pleines à l’enfant pauvre, en lui disant: Choisis!

1885

Louis Prang, un des promoteurs de la chromolithographie, a inventé la carte postale de Noël en couleurs en 1875.

A partir de 1885, il y fait apparaitre Santa Claus

Sur cette image, non seulement Santa est en rouge, mais il utilise la technique moderne, en prenant les commandes des enfants par téléphone

(on se demande, d’ailleurs, quel pouvait bien être son numéro de téléphone)

1886

Nouvelle édition en chromolthographies de Santa Claus and His Works, par George P Webster.

Santa Claus est toujours chaudement vétu (au pole nord, vous pensez!) mais il n’est plus habillé en rouge.

Ce Santa Claus vétu de fourrure n’aura pas de suite. Le rouge prévaudra

1889-1895

Un certain éclectisme règne dans les revues françaises. Les numéros de Noël publient des contes où apparaissent, le petit homme de Noël, le petit Jésus, Saint Nicolas et le bonhomme Janvier

Dans Le petit Français illustré du 21 décembre 1889, Wigg, un petit garçon suédois est emmené en traineau par le petit homme de Noël, dont les minuscules chevaux s’appellent Le rapide, l’éveillé, l’élégant, et le dégourdi

Le petit Français illustré du 20 décembre 1890, publie un conte de françois Coppée, ou le petit Wolf rencontre un enfant endormi et pieds nus, devant lesquel les enfants riches ont passé indifférents. Il lui offre un de ses sabots, et rentrant à cloche pied, est vertement tancé par sa tante. Mais le lendemain, devant ses sabots réunis, la cheminée déborde de jouets, pendant que les enfants riches n’ont trouvé que des verges. Et tous de comprendre que l’enfant endormi était le petit Jésus

L’écolier illustré du 5 décembre 1895, explique comment un mauvais sentier s’est appelé chemin de St Nicolas: Un 5 décembre au soir, deux enfants miséreux y ont rencontré un homme à barbe blanche, vétu d’un large manteau sombre qui leur conseilla d’implorer Saint Nicolas. Au petit matin, ils trouvèrent des pièces d’or dans leurs souliers

Le numéro du 26 décembre 1895, raconte comment un sympathique grand-père, nommé justement Mr Janvier, s’amuse à distribuer des cadeaux achetés dans les bazars du coin, déguisé en bonhomme Janvier et monté sur un traineau

1890

La publicité récupère Santa Claus.

Sur cette image publicitaire, pour le savon Star soap, Il est à nouveau en rouge, et a toujours la pipe que lui avait donné Washington Irving, mais il n’a pas encore son gros ceinturon. Il faut dire qu’il n’a pas son gros ventre non plus.

1897

Santa Claus existe-t-il vraiment, ou non? La petite Virginia O’Hanlon, agée de 8 ans, s’en ouvre au New York Sun. La réponse du journaliste Francis Pharcellus Church est entrée dans la légende.

« … Oui, Virginia, Santa Claus existe. Il existe aussi certainement que l’amour, la générosité et la dévotion existent… »

On remarquera qu’après avoir fait croire, deux générations auparavant, aux habitants de la lune, le New York Sun pouvait bien faire croire à Santa Claus

1900

Le Nouveau Larousse illustré, qui marque l’état des connaissances au changement de siècle, ne connait pas encore le père Noël, mais témoigne de la tradition du bonhomme Noël, associé au père fouettard

Décembre 1901

Dur, le progrès technique. Le Père Noël, qui, dans Le Monde illustré, n’est déja plus le bonhomme Noël, n’a pas attendu les calculs des scientifiques pour comprendre la difficulté de sa mission

Allez donc distribuer des jouets en passant par des cheminées de 40 mètres de haut, et qui sont en activité, en plus. C’est à donner sa démission

(au fait, à qui?)

1902

Santa Claus est maintenant assez célèbre pour faire l’objet d’un livre entier: The Life and adventures of Santa Claus, par Lyman Frank Baum, l’auteur de la série du magicien d’Oz

1905

Et pourquoi Santa Claus ne bénéficierait il pas du progrès, lui aussi, hein?

Et voila Santa Claus qui fait sa tournée en voiture, dans cette publicité pour Oldsmobile.

… Et avec chauffeur, s’il vous plait!

entre 1903 et 1908

Et toujours plus loin dans le progrès: C’est maintenant en aéroplane que Santa Claus fait sa tournée!

Cette carte de la collection Summersdarling n’est pas datée, mais la représentation de l’aéroplane est celle de celui des frères Wright, ce qui permet d’en situer la date entre 1903 et 1908, époque ou les aéroplanes avaient l’empennage à l’arrière.

Santa Claus traverse l’Atlantique

1910

En France et en Belgique, commencent à cohabiter deux types de Sr Nicolas: Le Saint Nicolas traditionnel, habillé en évèque, avec mitre et crosse, qui est aidé d’un âne pour transporter les jouets, et le Saint Nicolas d’importation, habillé en Santa Claus, sans âne.

Au total, avec le Père Noël (ex bonhomme Noël), cela nous fait trois distributeurs de jouets. Dommage pour les enfants qu’ils ne passent pas simultanément

1913

Premiere illustration de Santa Claus par Norman Rockwell, probablement le meilleur illustrateur de son temps. Il en fera plus d’une trentaine

Noël 1913

Napoléon aurait rencontré le Père Noël! Du moins c’est l’historien G. Lenotre qui le dit.

Enfin… plus exactement, c’est le journaliste d’histoire Théodore Gosselin, dit G. Lenotre, qui signe dans la revue Lectures pour tous, un joli conte:

l’histoire se passe à Nasielsk, en Pologne en 1806. Une petite émigrée, de 8 ans rédige sa lettre au petit Jésus, qu’elle confie au Père Noël, qui lui sert de facteur. Elle y demande de rendre ses biens à son père, dépouillé par la révolution. Ce soir là, Napoléon est à Nasielsk. Intrigué par le Père Noël, il examine son panier de lettres, y découvre celle de la petite fille, et, ému, prend un décret rétablissant la famille émigrée dans ses droits

G. Lenotre

1914

Pendant qu’on s’active beaucoup, sur Terre et sur mer, Santa Claus surveille tout cela aux jumelles… en dirigeable. Be aware: Santa Claus is watching you

7 décembre 1918

La guerre est finie: Santa Claus qui a troqué son bonnet contre un casque, peut retrouver ses activités de Noël sur cette illustration de Joseph Christian Leyendecker pour le Saturday Evening post

Noël 1918

Les « sammies », les soldats de l’Oncle Sam, sont encore en France. L’entrée en guerre des USA, en avaient envoyé jusqu’à deux millions. Arrivés avec leur culture et leur folklore, ils organisent dans certaines villes de Bourgogne, des distributions de cadeaux, avec sapin et Santa Claus

à Cruzy, « II » était là, en personne, pour distribuer les cadeaux… On avait confié son rôle à un sous-officier habitué à tirer de sa pipe de grosses volutes de tabac, on l’avait vêtu de pantalons de femmes bouffants en flanelle rouge dérobés sur la corde à linge où ils séchaient, on l’avait chaussé des bottes du colonel réquisitionnées pour la circonstance. Tel apparut pour la première fois en Tonnerrois le Père Noël, inconnu, mystérieux, mais tout de suite sympathique.

(Jean-Pierre Fontaine, Les nouveaux mystères de l’Yonne, Editions de Borée, 2007)

12 décembre 1923

Première publicité en couleur pour un soda, dans le magazine Life.

Non ce n’est pas Coca cola, mais White Rock, qui avait déja récupéré Santa dès 1915, mais dans des publicités dessinées en gravure au trait

décembre 1930Les temps sont durs (c’est l’époque de la grande dépression économique).

Depuis 1922 Coca Cola essaie de persuader ses clients qu’il n’y a pas de saison pour la soif. Sept ans après White rock, la firme décide de récupérer le jovial Santa Claus, dont la couleur rouge lui siérait bien.

Une première publicité dessiné par Fred Mizen, l’illustrateur habituel de la firme, montre un Père Noël de grand magasin, pendant la pause. Le succès de cette image encourage la firme à continuer dans cette voie

décembre 1931

Sur les conseils d’Archie Lee, Coca Cola demande à Haddon Sundblom des illustrations publicitaires, sur le modèle du Santa Claus de Fred Mizen. Cette fois ci, il s’agit de représenter le « vrai » Père Noël, et non plus un vulgaire figurant.

Les illustrations de Sundblom sont tellement réussies que plus tard, on croira que c’est lui qui a créé cette représentation de Santa Claus, en rouge avec un gros ceinturon

1939

Un nouveau renne vient aider Santa Claus dans sa tournée: Rudolph, dont la particularité est d’avoir la truffe rouge et lumineuse, ce qui lui permet de guider le traineau quand on n’y voit goutte. Il apparait dans un poème de Robert L. May, un employé de la Montgomery Ward company, agé de 34 ans.

Le poème de May sert de thème à un album pour enfants, qui, malgré la guerre, sera tiré à 6 millions d’exemplaires

1941

Aaaarrgh… On aurait assassiné le père Noël?

Non, rassurons nous, dans le film de Christian-Jaque, L’Assassinat du Père Noël, le Père Noël n’est pas vraiment assassiné. c’est un voleur déguisé qui l’est à sa place. Y’a quand même une morale.

1944

Et voici Rudolph sur nos écrans.

Avec le dessin animé Rudolph the red nosed reindeer, Max Fleischer porte à l’écran la version la plus achevée du mythe de Santa Claus. Même la possibilité de collision avec les avions y est évoquée

23 décembre 1951

Feu le Père Noël Ils ont brulé le Père Noël!

Jeanne d’Arc et Michel Servet ne leur suffisait pas. Voila que des prètres intégristes, outrés du consumérisme que professe le père Noël, en cette période de privations, décident de le bruler

Devant plus de 200 enfants, un Père Noël de 2.5 m est brulé sur le parvis de la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon.

Cet acte va provoquer une flambée d’étonnement. Le lendemain, le chanoine Kir, maire de Dijon, préfère le faire oublier et montrer le père Noël sur les toits de l’hotel de ville, comme chaque année

décembre 1954

Son premier timbre Le premier timbre poste à l’effigie de Santa!

On se demande d’ailleurs pourquoi il a fallu attendre aussi longtemps, pour faire un timbre à l’effigie d’un personnage aussi célébre, alors qu’il existe des quantités de timbres à l’effigie d’illustres oubliés. Et ce ne sont ni les français, ni les américains qui y ont pensé, mais les cubains

Du coup, on s’attendrait à voir un Santa Claus le cigare aux lèvres…

décembre 1955

Norad tracks Santa A la hotline du Continental Air Defense Command, on fut bien étonné d’entendre une petite voix enfantine qui demandait à parler à Santa Claus!

En fait, un magasin de Colorado Springs avait passé une publicité dans le journal local, en proposant aux enfants d’appeler le Père Noël sur une ligne téléphonique spéciale. Malheureusement, il y eut une erreur d’impression…

Comprenant ce qui se passait, le directeur des opérations, le Colonel Harry Shoup, décida de jouer le jeu, et demanda à son personnel d’examiner les données radar, pour voir si on pouvait trouver des enregistrements pouvant correspondre au passage du traineau de Santa Claus. On en trouva, et depuis, le NORAD guette chaque mois de décembre, le passage de Santa

1958

Agrandir Toujours à la pointe du progrès, Santa Claus fait désormais sa tournée en soucouoe volante!

Comment ça, les soucoupes volantes n’existent pas?

Les soucoupes volantes existent tout autant que Santa Claus, enfin quoi!

1962

Où la poste peut elle envoyer une lettre adressée au Père Noël, rue des nuages, au pole nord? Au centre de tri de Libourne, qui s’occupe des correspondances à l’adresse invalide. C’est pourquoi le ministre des PTT, Jacques Marette, crée à Libourne un service spécialement chargé du courrier du Père Noël. Il faut dire que sa soeur, la psychanalyste Françoise Dolto, fut aussi la première secrétaire du père Noël, en rédigeant sa première réponse

1964

Agrandir Alerte! Les martiens ont capturé Santa Claus!

Constatant que leurs enfants sont devenus dépendants des emissions TV terriennes montrant Santa Claus, les martiens montent une expédition sur Terre pour le capturer. Heureusement, c’est du cinéma et ça se termine bien.

Les couleurs de l’affiche sont affreuses, mais il faut se rappeler qu’à l’époque, pour le grand public, Mars était une planète rouge habitée par des hommes verts

Quant aux martiens, heu…

1972

Horreur! La science s’en mèle.

En voulant montrer qu’il est possible de réfuter un phénomène, rien que sur son hypothèse de départ, Carl Sagan démontre l’impossibilité de la distribution des jouets par Santa Claus, la nuit de noël. Sa démonstration parait imparable. C’était bien la peine que Francis P. Church se donne du mal…

1982

Le Père Noël est une ordure!

Non! C’est pas vrai? On ose diffamer le Père Noël? Ben si. Mais, dans le film, de Jean-Marie Poiré, ce n’est qu’un ivrogne habillé en Père Noël. S’y ajoute toute une galerie de marginaux, et de situations cocasses, avec des dialogues savoureux.

Devenu avec le temps un film culte, comme « les tontons flingueurs, il s’inspire d’une comédie sortie en 1979.

Et encore, on avait parlé de l’appeler: « Le père Noël s’est tiré une balle dans le cul ».

Ils ne respectent plus rien! Tout fout l’camp, mon bon monsieur…

1983

Les Canadiens respectent la croyance au Père Noël, eux!

Depuis 1974, des employés de la Société Canadienne des Postes répondaient bénévolement au courrier du père Noël. Ils furent bientôt submergés quand leur activité fut connue, et durent demander de l’aide

Finalement, en 1983, la Société Canadienne des Postes créa, comme l’avait la France 21 ans plus tôt, un service spécial destiné au courrier du Père Noël, qui recut un code postal spécial: « HOH OHO »

Le service répond dans la langue des enfants, soit une vingtaine de langues, et même en braille!

janvier 1990

Après les scientifiques, les humoristes.

Répondant 93 ans après à la question de la petite Virginia O’Hanlon (qui aurait eu alors 101 ans), Richard Waller, dans un article mémorable de Spy magazine, de janvier 1990, « is there a Santa Claus? », entreprend de réfuter lui aussi l’existence de Santa Claus. Sur la base d’une argumentation scientifique et technique en 5 points, il démontre que dans de pareilles conditions, si le père Noël a jamais fait sa distribution de cadeaux, il ne peut être que mort

Son argumentation désopilante sera reprise chaque année à l’époque des fètes, surtout après le développement du Web, et d’Usenet

1993

Enfin, un timbre français!

Il a fallu attendre qu’arrivent à La Poste des cadres qui avaient autrefois reçu une réponse du Père Noël, pour qu’on se décide enfin à lui consacrer un timbre

On se demande bien pourquoi il a des patins à glace? Ca ne doit pas ètre pratique pour évoluer sur des toits en pente.

21ème siècle

Les démystifications du père Noël se multiplient, mais depuis l’an 2000, elles se muent parfois en remystifications!

Les moins graves disent que le mot « Santa Claus » a été inventé par Washington Irving en 1809, alors que l’expression semble être apparue entre 1821 et 1844

Plus grave, il se dit que le Père Noël est apparu en France en 1945, apporté par les américains pour remplacer Saint Nicolas

Pire, la rumeur court que la représentation moderne du père Noël, avec ses vètements rouges, est une invention de Coca Cola!

C’est tout juste si on n’accuse pas Coca Cola d’avoir inventé Santa Claus

Une chose est sûre, ce n’est pas Santa Claus qui a inventé le Coca Cola!

24 décembre 2008

Abomination! Santa Claus est un fou criminel!

A Covina, en Californie, une trentaine de personnes réveillonnaient. Santa Claus se présente. Confiante, une petite fille de 8 ans va lui ouvrir…

Et soudain, c’est l’enfer. Santa Claus tire sur le petite fille, tire sur les invités, en abat plusieurs de sang froid, puis il allume une bombe incendiaire et s’enfuit

Après son suicide, on retrouvera son corps et son costume de Santa Claus. Dans les décombres de la maison, on retrouvera 9 cadavres (laissant 16 orphelins)

Il n’y a vraiment qu’aux USA qu’on puisse voir des choses pareilles. Les Américains avaient créé Santa Claus, les Américains sont en train de le tuer

Pauvre Santa Claus, pauvre Père Noël…

Dernière mise à jour: 28/12/2008

Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent.  Jésus (Luc 18:16)
Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Jésus (Mathieu 25 : 40)
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la “victime inconnue”, comme on dirait aujourd’hui le “soldat inconnu”. Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
Petits enfants qui dormez là, Je suis le grand Saint Nicolas. Le grand saint étendit trois doigts, Les trois enfants ressuscitaJoseph Guix (XIIIe?)
Old Santeclaus with much delight His reindeer drives this frosty night. O’er chimney tops, and tracks of snow,To bring his yearly gifts to you… (…) He was dress’d all in fur, from his head to his foot, And his clothes were all tarnish’d with ashes and soot ; A bundle of toys was flung on his back, And he look’d like a peddler just opening his pack His eyes–how they twinkled! his dimples how merry, His cheeks were like roses, his nose like a cherry ; His droll little mouth was drawn up like a bow. And the beard of his chin was as white as the snow ; The stump of a pipe he held tight in his teeth, And the smoke it encircled his head like a wreath. He had a broad face, and a little round belly That shook when he laugh’d, like a bowl full of jelly: He was chubby and plump, a right jolly old elf … William Gilley (1821)
‘Twas the night before Christmas, when all thro’ the house, Not a creature was stirring, not even a mouse; The stockings were hung by the chimney with care, In hopes that St. Nicholas soon would be there … Henry Livingston (1823)
The sterling old Dutchman, Santa Claus, has just arrived from the renowned regions of the Manhattoes, with his usual budget of knickknacks for the Christmas times. Journal de Cincinnati (1844)
Ce que je n’ ai pas oublié, c’ est la croyance absolue que j’ avais à la descente par le tuyau de la cheminée du petit père noël, bon vieillard à barbe blanche, qui, à l’ heure de minuit, devait venir déposer dans mon petit soulier un cadeau que j’ y trouvais à mon réveil. Minuit ! Cette heure fantastique que les enfants ne connaissent pas et qu’ on leur montre comme le terme impossible de leur veillée ! Quels efforts incroyables je faisais pour ne pas m’ endormir avant l’apparition du petit vieux ! J’ avais à la fois grande envie et grand’ peur de le voir : mais jamais je ne pouvais me tenir éveillée jusque-là, et le lendemain, mon premier regard était pour mon soulier, au bord de l’âtre. Quelle émotion me causait l’enveloppe de papier blanc, car le père noël était d’ une propreté extrême, et ne manquait jamais d’ empaqueter soigneusement son offrande. Je courais pieds nus m’ emparer de mon trésor. Ce n’ était jamais un don bien magnifique car nous n’ étions pas riches. C’était un petit gâteau, une orange, ou tout simplement une belle pomme rouge. Mais cela me semblait si précieux que j’ osais à peine le manger. L’imagination jouait encore là son rôle, et c’ est toute la vie de l’ enfant. Je n’ approuve pas du tout Rousseau de vouloir supprimer le merveilleux, sous prétexte de mensonge. La raison et l’ incrédulité viennent bien assez vite d’ elles-mêmes. Je me rappelle fort bien la première année où le doute m’ est venu sur l’ existence réelle du père noël. J’ avais cinq ou six ans, et il me sembla que ce devait être ma mère qui mettait le gâteau dans mon soulier. Aussi me parut-il moins beau et moins bon que les autres fois, et j’ éprouvais une sorte de regret de ne pouvoir plus croire au petit homme à barbe blanche. J’ ai vu mon fils y croire plus longtemps ; les garçons sont plus simples que les petites filles. Comme moi, il faisait de grands efforts pour veiller jusqu’ à minuit. Comme moi, il n’y réussissait pas, et comme moi, il trouvait, au jour, le gâteau merveilleusement pétri dans les cuisines du paradis ; mais, pour lui aussi, la première année où il douta fut la dernière de la visite du bonhomme. Il faut servir aux enfants les mets qui conviennent à leur âge et ne rien devancer. Tant qu’ ils ont besoin du merveilleux, il faut leur en donner. Quand ils commencent à s’ en dégoûter, il faut bien se garder de prolonger l’ erreur et d’ entraver le progrès naturel de leur raison. George Sand (Histoire de ma vie, 1856)
Dans nos villes et dans nos campagnes, c’est l’usage de faire déposer aux enfants un soulier ou un sabot auprès de l’âtre, afin d’y recueillir le lendemain le joujou où le bonbon que le bonhomme Noël y apportera dans la nuit. Dictionnaire de la conversation (1875)
C’est le 1er janvier; deux enfants, deux petites filles appartenant aux classes extrèmes de la société, se trouvent en présence. L’une est comblée de joujoux et sort d’un luxueux et confortable coupé; elle a sa mère; l’autre est abandonnée sur le pavé boueux, et repait ses yeux, ses yeux seulement, hélas! des jouets qui passent. Mais ce qui fait le lien entre ces deux êtres, c’est la charité de l’enfant riche, présentant ses mains pleines à l’enfant pauvre, en lui disant: Choisis! Monde Illustré
Les grands enfants n’en ont pas fini avec le Père Noël. Même s’ils ne croient plus en son existence, celui-ci fait encore l’objet d’une idée reçue, celle selon laquelle il serait la création d’une grande firme américaine de cola. Telle n’est pourtant pas la généalogie de celui qu’ils appellent Outre-Atlantique Santa Claus. Le père du Père Noël n’est autre qu’un émigré des pays protestants de l’Europe célébré le 6 décembre, le canonisé Saint-Nicolas, en néerlandais Sinterklaas, de son vrai nom Nicolas de Myre, évêque de son état. Nul besoin d’aller chercher plus loin une consonance familière avec le « Santa Claus » des petits Américains. L’image du Père Noël a également suivi celle de sa dénomination. Longue barbe blanche, vêtu d’un long manteau et coiffé de sa mitre, le St Nicolas s’est mis à prendre du poids au 19° siècle, a troqué la mitre pour un bonnet, sa crosse pour un sucre d’orge et se débarrassa du Père Fouettard, ceci sous l’œil bienveillant d’un pasteur, auteur de contes de Noël, Clément C. Moore. Mais il doit le tournant de sa carrière à un illustrateur du journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weekly, Thomas Nast. Celui-ci, en 1860, l’habilla de son manteau dans lequel il se sent bien au chaud puisqu’il l’a gardé jusqu’à ce jour. Ce n’est ensuite qu’en 1931 que le Père Noël devient ambassadeur de la société Coca-Cola, notamment parce que son costume était aux couleurs de la marque. L’hiver étant une période moins propice à la consommation de la célèbre boisson gazeuse, quoi de mieux qu’un symbole mondialement connu et immédiatement reconnu ? Tatoufaux
Il est fréquent en ces périodes de fêtes d’entendre que le Père Noël, sous sa forme actuelle, a été inventé par Coca Cola qui l’aurait habillé aux couleurs de la marque dans les années 30. Dans deux articles parus il y’a un an le blog La boîte à images démontrait que le Père Noël avait commencé à prendre sa forme actuelle dès 1863, soit plus de 60 ans avant les pubs de Coca Cola, dessiné par un illustrateur américain, Thomas Nast. Il n’est pas prouvé qu’il lui ait donné ses couleurs (rouge et blanc) même si certains l’affirment, cependant on trouve des cartes postales dès 1886 représentant ce Père Noël en rouge et blanc ainsi que pas mal de pubs dès 1902 (Les illustrations de Nast en couleur dans ce lien auraient par contre peut-être été colorisées ultérieurement). Et récemment on apprenait qu’une autre marque de boissons américaine, White Rock, à utilisé dès 1915 (et dès 1923 en couleurs) cette image du Père Noël pour ses pubs. Donc Coca Cola a certainement contribué à propager cette image par ses nombreuses campagnes de pub mais en aucun cas ne l’a inventée, donc non, en fêtant Noël on ne fête pas Coca Cola. Junk food
Les démystifications du père Noël se multiplient, mais depuis l’an 2000, elles se muent parfois en remystifications! Les moins graves disent que le mot « Santa Claus » a été inventé par Washington Irving en 1809, alors que l’expression semble être apparue entre 1821 et 1844. Plus grave, il se dit que le Père Noël est apparu en France en 1945, apporté par les Américains pour remplacer Saint Nicolas. Pire, la rumeur court que la représentation moderne du père Noël, avec ses vètements rouges, est une invention de Coca Cola! C’est tout juste si on n’accuse pas Coca Cola d’avoir inventé Santa Claus. Oncle Dom

Attention: un mythe peut en cacher un autre!

Joseph Guix (XIIIe), George Sand (1807),  Washington Irving (1809), Thomas Nast (1863), George P. Walker (1870), Louis Prang (1875), Star soap (1890), Lyman Frank Baum (1902),  Oldsmobile (1905),  Norman Rockwell (1913), Satruday Evening Post (1918), White rock (1923) …

En ce nouvel anniversaire (probablement 2015e du fait des erreurs de calcul et sans doute  pas en décembre) de Celui qui a donné à notre ère de chrétiens qui s’ignorent non seulement son nom mais son si caractéristique souci des plus petits

60 ans après l’autodafé de Dijon …

Remise des pendules à l’heure avec le site Hoaxbuster et le magistral travail de compilation du site Oncle Do (sans compter les illustrations)

Montrant la longue évolution, de l’anniversaire de la mort du généreux évèque et légendaire protecteur des enfants d’Asie mineure(Saint Nicolas de Myre, actuelle Turquie) du 4e siècle après Jésus-Christ  à la fête du cambrioleur à l’envers  que nous connaissons aujourd’hui via notamment les traditions nord-européennes et notamment hollandaises (Sinterklaas) avant sa transplantaion américaine par les colons hollandais de la Nouvelle Amsterdam (et future Nouvelle York) puis au reste du monde

Comme la longue marche, y compris publicitaire, de la figure du Père Noël avant sa reprise par le célèbre vendeur d’eau sucrée colorée d’Atlanta, au début de la Grande Dépression des années 30 …

Mais surtout comment nos enfants à qui on ne la fait plus ont avec l’aide de médias peu regardants et l’antiaméricainisme ambiant…

Remplacé le mythe du père Noël …

Par celui de la création du mythe du Père Noël par Coca Cola!

Carton rouge et blanc !

Nico

Hoaxbuster

 

Si le Père Noël est rouge et blanc c’est parce que Coca-Cola l’a habillé à ses couleurs dans une pub. En vrai… il est vert !

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Le sujet est de circonstance et comme à l’accoutumée, le message refait son apparition en cette saison propice aux cyber-marronniers hivernaux. Même le très sérieux LeMonde.fr le dit dans son édition du 15 décembre « Le Père Noël est américain. On le sait depuis que Washington Irving a créé le personnage, en 1809, et que Coca-Cola lui a donné sa houppelande rouge et son air débonnaire, plus d’un siècle plus tard. » (passage modifié depuis la publication de notre article).

Alors Coca-Cola est-il responsable du changement de costume du Père Noël ou avons-nous affaire à un effet cigogne ?

Une idée très répandue

Il n’est pas rare lors d’un repas entre amis d’assister à ce type de scène : une convive pensant avoir l’esprit plus aguerri que les autres apostrophe l’assemblée avec un postulat :

– « Saviez-vous que c’est depuis une pub Coca-Cola que le Père Noël est habillé en rouge ? Avant, il portait des habits verts. »

Le locuteur avance cet exemple concret pour développer sa vision du monde et assoir sa théorie :

– « Nous sommes victimes de l’américanisation des esprits ! Tout est merchandising, maintenant. »

Chacun qualifiera cette pensée de lui-même, qu’elle soit fondée ou non.

Il est de bon ton en société de laisser la rumeur se répandre pour concentrer toutes les attentions mais ce qui nous intéresse, c’est comment la personne biaise son raisonnement avec une hypothèse douteuse.

Quels sont les faits ?

En effet, que savons-nous qui ne soit formellement avéré ?

•Le Père Noël a bien été mis en scène dans une publicité mondiale pour Coca-Cola pendant l’entre-deux-guerres.

•A une autre époque, le Père Noël portait des habits verts (mais aussi blancs et parfois bleus comme en Russie).

De là à en déduire que notre bonhomme a revu sa garde-robe lors de la campagne marketing de Coca-Cola en 1931, il y a un énorme pas à franchir. Selon les spécialistes, ce serait même l’inverse qui se serait produit.

Mise en contexte

En fait, Coca-Cola est sérieusement en manque de souffle à cette époque et se cherche une icône aux couleurs de la marque pour redynamiser les ventes. Il se trouve que depuis 1866, ce bon vieux Père Noël fait un véritable carton en publicité (notamment chez Michelin et Colgate)… tout de rouge vêtu depuis qu’un illustrateur et caricaturiste du journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weeklyde, Thomas Nast, l’a ainsi relooké en 1860 !

Ce n’est qu’en 1931 que Coca-Cola offre à Haddon Sundblom l’opportunité de créer son porte-drapeau : un Santa Claus (Père Noël américain) à « l’air jovial et l’attitude débonnaire ». La résonnance extraordinaire que put avoir cette campagne publicitaire fît que l’image moderne du bonhomme rouge dans notre culture s’en trouva transformée.

La firme n’a donc pas « réinventé » le Père Noël, ni même changé la couleur de ses vêtements. Elle a par contre grandement participé à la vision que l’on se fait du personnage aujourd’hui dans le monde occidental.

Voila pourquoi circule l’idée reçue que le Père Noël était vert avant que Coca-Cola ne le relooke pour ses besoins publicitaires.

Le phénomène du « Cokelore »

La société Coca-Cola est devenue un des symboles de l’Amérique et pour qui souhaite critiquer le système, pourquoi ne pas utiliser une démarche imagée que tout le monde peut comprendre ? Et c’est ainsi que pour illustrer leur point de vue, d’aucuns estiment pouvoir faire feu de tout bois pour servir leur cause quitte à s’accommoder avec la réalité.

Comme toute multinationale dominante, la compagnie est en proie aux critiques et victime d’un nombre incalculable de rumeurs, à tel point qu’est apparu récemment outre-Atlantique le terme Cokelore : un concentré de rumeurs, légendes et affabulations autour de la marque.

Mais la multinationale en pâtit-elle vraiment ?

Certainement pas, sa domination est incontestable dans le secteur des sodas et il est probable que le résultat de toutes ces attaques ne fait que renforcer sa position de dominant du marché. Grâce à ces rumeurs infondées, elle peut communiquer à loisir sur sa marque. La légende urbaine du Père Noël Coca-Cola est encore plus profitable puisqu’elle lui permet de ressortir ses anciennes campagnes et ainsi d’exploiter son patrimoine historique (les marques adorent étaler leurs vieilles affiches…).

Mais au fait, le Père Noël existe-t-il ?

Vaste question, qui a nécessité que nous fassions le tour des sites scientifiques chevronnés. C’est celui de la Zététique qui a attiré toute notre attention et leur démarche intellectuelle nous a convaincu. Petit résumé de leurs conclusions :

•Le Père Noël a pour objectif de livrer près de 1000 domiciles par seconde. Pour remplir sa mission, il doit donc atteindre des vitesses de 3000 km par seconde.

•Et si le Père Noël a jamais existé, en se déplaçant à cette allure, nous sommes au regret de vous annoncer qu’il a été pulvérisé !

D’après l’enquête zététique sur le Père Noël par Richard Monvoisin qui vient de lancer un site plein de promesses, CorteX : Esprit critique et sciences.

Il ne manque rien ?

Ah si, l’effet cigogne, lui-même décrit dans un article du fameux CorteX… C’est un sophisme qui consiste à prétendre que si deux événements sont corrélés alors il y a un lien de cause à effet entre les deux.

En ce qui concerne le Père Noël et ses habits rouge, il peut être résumé par : « Avant le Père Noël était vert, Coca-Cola a fait une pub avec un Père Noël rouge, donc Coca-Cola a changé la couleur du Père-Noël ! »

Et ainsi, la boucle est bouclée ! Lorsqu’on vous sort sur un ton péremptoire qu’il est de notoriété publique que le Père Noël est rouge parce que Coca-Cola l’a relooké à son image… Vous pouvez désormais sans rougir prendre la parole et affirmer haut et fort que les faits démontrent que cette légende urbaine est infondée [Thomas Nast – 1860 vs Coca Cola – 1931] et que Coca-Cola n’a fait que populariser mondialement l’image du bonhomme rouge parce que les couleurs qu’il arborait correspondaient aux siennes !

Histoire du Père Noël

(Chronologie de l’élaboration du mythe du Père Noël)

Nicolas de Myre, ancêtre du Père Noël

vers 270, à Patara, en Lycie (Asie mineure)

Naissance de Nicolas, fils d’Euphémius, et d’Anne, soeur de l’archevèque de Myre

Pieux et vertueux, il perd ses parents assez jeune, dans une épidémie de peste, mais hérite de leur fortune

Généreux comme son père, il aurait, offert de quoi doter une de ses filles à un noble ruiné de la ville. cela lui vaudra une réputation de générosité qui ne le quittera plus.

La légende dit qu’il apprit que ce noble envisageait de livrer ses trois filles à la prostitution, et que nuitamment, trois fois de suite, Nicolas lança chez lui, une bourse pleine d’or, par une fenètre ouverte. Cette légende auraient été à l’origine des trois sacs d’or qui auraient ensuite figuré sur les enseignes des préteurs sur gages

La piété de Nicolas incita son oncle, l’archevèque à l’ordonner prètre. On dit qu’il le nomma supérieur du monastère de Sainte-Sion, et même qu’il lui laissa la charge de son diocèse, pendant qu’il allait en terre sainte.

A la mort de l’évèque de Myre, Nicolas fut nommé évèque

en l’an 303, l’empereur Dioclétien entreprit de lutter contre le christianisme, et Nicolas fut emprisonné

Dès 311, à l’initiative de l’empereur Galère, puis de l’empereur Constantin, la liberté de culte fut rendue aux chrétiens, et Nicolas put revenir exercer ses fonctions à Myre, où il lutta contre l’idolatrie, encore vivace

Il dut aussi lutter contre la famine qui sévissait à l’époque, ce qui génèrera d’autres légendes

Une chronique affirme qu’en 325, Nicolas aurait participé au premier concile oecuménique, à Nicée. Mais son nom ne figure pas sur la liste officielle des participants

On fixe officiellement la mort de Nicolas au 6 décembre 343

« Saint » Nicolas ne fut jamais canonisé. Il fait partie des saints dont l’Eglise tolère le culte, parce le peuple les vénère ainsi depuis des siècles, mais dont certains n’ont jamais existé

Mais Saint Nicolas était devenu tellement populaire, qu’on l’invoquait en de nombreuses occasions, ce qui permit de lui attribuer de nombreux miracles:

Devenus légendaires, ces miracles susciteront en se racontant d’autres légendes de miracles. C’est ainsi que plusieurs miracles de Saint Nicolas semblent inspirés de la légende des trois officiers de Constantin:

Une révolte ayant éclaté en Phrygie, l’empereur Constantin y envoya trois officiers de son armée pour remettre de l’ordre.

Parvenus en Phrygie. Ils rétablirent l’ordre et revinrent devant l’empereur. Mais entretemps, des courtisans jaloux avait corrompu le préfet impérial pour qu’il les accuse et l’empereur les fit condamner à mort. Les officiers implorèrent Saint Nicolas, et celui ici apparut en rêve à l’empereur et au préfet et les convainquit de les relâcher. Le lendemain, ils furent graciés par l’empereur.

Comme les bénéficiaires des miracles de Saint Nicolas vont souvent par trois, on peut se demander s’il ne s’agit pas de la transformation progressive d’une même légende

Saint Nicolas ressuscite les enfants, sauve les marins, protège les innocents mal jugés. Chaque miracle lui vaudra un patronage: Il sera donc le patron des enfants, des marins, etc…

On peut même remarquer qu’à coté des miracles de Saint Nicolas, ceux du Christ lui même font pale figure

Les miracles du Christ                                                                                  Les miracles de St Nicolas

Le Christ guérit, un malade, un aveugle, un paralytique…                  A Alexandrie, St Nicolas guérit tout un groupe de malades

Le Christ multiplie les pains, suffisamment pour toute une foule    St Nicolas multiplie les sacs de grain, suffisamment pour toute une ville pendant deux ans

Le Christ calme la tempête                                                                         St Nicolas avertit de la future tempête, calme la tempête, et répète ce miracle plusieurs fois

Le Christ ressuscite Lazare, mort depuis 2 jours                                     St Nicolas ressuscite 3 enfants, coupés en morceaux depuis 7 ans

La légende de Saint Nicolas

Xème siècle

Le culte de St Nicolas est introduit en Allemagne, par Théophano, nièce de l’empereur byzantin Jean Ier Tzimiskès, et femme de l’empereur d’Allemagne, Otton II

Son fils, Otton III, fonda, près d’Aix-la-Chapelle, Saint-Nicolas-de-Burtscheid

XIème siècle

Comme certains personnages entrés dans la légende, tels Gengis Khan ou Christophe Colomb, St Nicolas est enterré en deux endroits différents: A Demré (autrefois Myre) et à Bari, ou en 1087, des marins auraient emporté ses ossements

De Plus, vers 1098, Albert de Varangéville aurait ramené l’un de ses doigts (où même toute sa main droite), de Bari, à St Nicolas de Port, ou l’on édifia une chapelle, puis une église, puis au XVème siècle, une basilique, en même temps que Saint Nicolas devenait le patron de la Lorraine. Des pélerinages eurent lieu et des miracles se produisirent

On comprend qu’avec deux tombeaux, plus un reliquaire, Saint Nicolas peut bien être affublé d’une légende de première grandeur à St Nicolas de Port

XIIème siècle

Le trouvère Wace, dans LI LIVRES DE SAINT NICHOLAY, raconte l’histoire de trois écoliers ressuscités

Treis clercs alouent escole , n’en frei une longe parole

Li ostes par nuit les occist , les cors musçat, le aver prist.

Seint Nicholas par Deu le solt , s’emprès fu la si cum Deu plout.

Les clercs à l’oste demandat , nel pout celé qu’il les mustrat;

Seint Nicholas par sa preere , mist les almes enz el cors arere

Por ceo que al clercs fit cel honur , funt li clercs la feste à son jur,

de ben lire et ben chanter et des miracles réciter.

Certains supposent qu’il s’agirait d’une mésinterprétation d’une image montrant les trois officiers de Constantin implorant le saint, que la perspective aurait fait ressembler à trois enfants

D’autres avancent l’hypothèse d’une image de trois marins, dans une nef

Il est probable que dans cette légende, il existe un (ou plusieurs) « chainon manquant »

XIIIème siècle

Dans un sermon attribué à saint Bonaventure, deux écoliers nobles et riches, faisant route vers Athènes, s’arrêtent à la ville de Myre. L’hôte qui les héberge, après les avoir occis dans leur sommeil, « les taille en morceaux comme viande de porc et met leurs chairs au saloir ». Saint Nicolas, averti par un ange, vient les ressusciter.

Un vitrail de la cathédrale de Bourges, montre une scène du même genre: A gauche, poussé par sa femme, un homme s’apprète à tailler trois jouvenceaux en pièces. A droite Saint Nicolas les ressuscite

Ces différentes versions vont aboutir à la légende chantée des trois petits enfants, qui s’en allaient glaner aux champs. Une légende qui imposera définitivement Saint Nicolas comme protecteur des enfants

Les temps modernes inventent les cadeaux aux enfants

Il est bien difficile de connaitre les anciennes coutumes vis à vis des enfants, puisqu’elles n’étaient ni codifiées, ni même écrites. On sait cependant que lors des processions profanes qu’étaient les cortéges, mascarades et autres charivari, c’étaient les participants qui quémandaient des offrandes

Vers le XVIème siècle, la tendance va s’inverser, en même temps qu’on va s’intéresser davantage à l’éducation des enfants, en leur octroyant lors des fêtes, récompenses ou punitions

Les cadeaux, comme le reste, sont distribués par des entités merveilleuses, chrétiennes ou païennes, variant selon le pays et la fète.

Dans le cadre de la Tradition Chrétienne, ce sont des saints très populaires pour leur générosité légendaire, comme Saint Martin ou Saint Nicolas, qui vont s’en charger

Dans le tradition païenne, ce seront des fées ou des lutins.

1535

La réforme a balayé l’Europe. Martin Luther veut lutter contre le culte des saints, trop proche de l’idolatrie. Il abolit la fète de Saint Nicolas, avec sa distribution de cadeaux. Désormais, ce sera l’enfant Jésus qui distribuera les cadeaux le jour de Noël. Et tant pis si un nouveau né, tout juste capable de vagir dans sa crèche, ne peut pas apporter de cadeaux. On le vieillira d’une dizaine d’années pour en faire le Christkind, vétu comme un ange. Cette réforme va susciter plusieurs formes de résistance

En Allemagne, on réintroduira, plus tard, Saint Nicolas, en le désanctifiant. Ce sera Pelznickel, vétu de fourrure, ou Ascheklas, au vétement couleur de cendre, qui distribue selon les cas jouets ou coups de martinet.

Aux Pays Bas, si les hollandais se convertissent en majorité au protestantisme, ils refusent d’abandonner leur bon St Nicolas, alias Sinterklaas. Encore aujourd’hui, ils l’attendent le soir 5 décembre, ou il arrive d’Espagne en bateau, et dépose des cadeaux pour les enfants

milieu du XVIème siècle

Parallèment aux distributeurs de cadeaux, d’autres entités vont se charger de punir les enfants désobéissants. Ils sont de deux types: le fouettard, avec des verges, et le croquemitaine, avec un grand sac pour emporter les enfants

En Lorraine c’est le père fouettard. Il est à Saint Nicolas ce que l’enfer est au ciel, et d’ailleurs, noir comme le diable. En Lorraine, ce sont ses vètements qui sont noirs.

En Alsace, c’est Hans Trapp, inspiré, parait il du terrifiant seigneur Hans von Drodt

En Hollande, c’est Zwarte Piet. Sa peau est noire, mais ses vètements sont colorés. En fait, c’est le « maure », tel qu’on le concevait à l’époque

En Allemagne, c’est Knecht Ruprecht, ou Belzebub, ou Hans Muff, Leutfresser, Böser Klaus… (il a des dizaines d’appellations)

En Autriche, c’est Krampus, avec son grand sac

C’est dire si les méchants garnements n’ont qu’à bien se tenir!

XVIIème siècle

En 1625, les dirigeants de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales décident de construire une enceinte fortifiée, au sud de l’ile de Manhattan, pour y regrouper les activités des comptoirs commerciaux. C’est l’origine de La Nouvelle Amsterdam. Des colons s’y installent, sous la direction de Peter Minnewit, qui en 1626, réalise la meilleure opération immobilière de tout les temps, en achetant aux indiens l’ile de Manhattan, pour 60 florins de marchandises.

Les peuples, en migrant, emportent avec eux leur folklore, et c’est ainsi que les colons hollandais durent apporter Sinterklaas en Amérique, quoiqu’on n’aurait pas trouvé de preuve de son culte à la Nouvelle Amsterdam.

Prise par les anglais en 1664, la ville changea son nom en New-York, en l’honneur du duc d’York, mais n’en conserva pas moins ses traditions.

Pendant que les français croient au Père Noël, Les Américains inventent Santa Claus

C’est à New-York, hé oui, que le Saint Nicolas européen, s’est laïcisé, voire paganisé, en Santa Claus, ancètre , avec le bonhomme Noël, de notre père Noël actuel.

1773

le New York Gazette parle de Sinterklaas sous la forme dialectale Sante Klaas, qu’il abrège en St. A Claus, d’ou plus tard, Santa Claus

1804

John Pintard, brillant patriote américain, descendant d’un Huguenot de la Rochelle, fonde la New York Historical Society

Il la place sous le patronage de Saint Nicolas. Ce patronage sera à la base de la légende de Santa Claus, quand il sera récupéré par le cousin de Pintard, Washington Irving.

1807 à 1809

George Sand, qui a alors entre 3 et 5 ans, croit au Père Noël. Elle racontera plus tard, dans Histoire de ma vie, comment enfant, elle croyait à à la descente par le tuyau de la cheminée du petit père noël, bon vieillard à barbe blanche, qui, à l’ heure de minuit, devait venir déposer un cadeau dans son petit soulier.

son récit montre bien que les français n’avait pas attendu les américains pour imaginer un Père Noël de petite taille, à barbe blanche, passant par les cheminées. Il semble bien plutôt que les américains nous l’aient copié

1809

Diedrich Knickerbocker Parution de A History of New York, fiction historico-satirique, prétenduement écrite par Diedrich Knickerbocker, un vieil hollandais excentrique.

En réalité, ce n’est qu’un « procédé littéraire » pour mieux faire passer la fantaisie, et Diedrich Knickerbocker est lui même fictif. L’oeuvre est de Washington Irving.

Il y raconte comment l’équipage d’un navire hollandais, la Goede Vrouw dont la proue s’orne de la figure de St Nicholas, s’installe à l’embouchure de l’Hudson et y fonde la ville de Communipaw, future Nouvelle Amsterdam, qui sera placée sous la protection de St Nicholas.

6 décembre 1810

la New York Historical Society tient son premier banquet d’anniversaire

Un occasionnel imprimé à cette occasion, s’orne d’une gravure du Dr.Alexander Anderson, à la demande de John Pintard, qui montre un Saint Nicolas… plutôt sévère, mais que les enfants attendent.

deux semaines plus tard, Un journal de New-York publiera à cette occasion ce petit poème:

« Saint Nicholas, my dear good friend!

To serve you ever was my end,

If you will, now, me something give,

I’ll serve you ever while I live. »

1812

Washington Irving, qui était à l’anniversaire de la New York Historical Society, enrichit sa nouvelle édition:

Il y ajoute le rève du commodore Oloffe Van Kortlandt: Saint Nicholas arrive au dessus de la cime des arbres, dans le chariot qu’il utilise pour distribuer des jouets aux enfants. De sa pipe, il sort un nuage de fumée qui recouvre bientôt toute la région, et prend la forme de palais, de domes et de flèches, avant de s’évanouir. Alors St Nicholas, mettant le doigt à son nez, fait un signe à Oloffe, et remonte dans son chariot, qui s’élève dans les airs, et disparait

Il y ajoute aussi qu’aux temps bénis des premiers habitants, St Nicholas se montrait souvent les soirs de fètes, caracolant au dessus des arbres et des toits, pour larguer des cadeaux dans les cheminées de ses protégés, chose qu’il ne fait plus maintenant, qu’une fois par an, pour les seuls enfants

Ce Saint Nicholas, avec son grand chapeau et sa pipe n’a plus grand chose à voir avec le saint evèque, mais on attribue faussement à Irving cette appellation de « Santa Claus », et cette apparence de Lutin, qui n’apparaitra qu’ensuite

1821

Dans un poème d’une publication pour enfants, The Children’s Friend, attribué à William B. Gilley, apparait pour la première fois, le traineau de « Sante Claus ». Il est tiré par un seul renne

Le poème commence ainsi:

Old Santeclaus with much delight

His reindeer drives this frosty night.

O’er chimney tops, and tracks of snow,

To bring his yearly gifts to you…

23 décembre 1823

texte du poëme Le magazine Sentinel, de Troy (USA), publie un poème intitulé Account of a Visit From St. Nicholas, (aujourd’hui connu sous le nom de The Night Before Christmas).

Saint Nicholas y est décrit comme un vieux petit lutin grassouillet qui fume la pipe. Mais cette fois, il a huit rennes nains, nommés Dasher, Dancer, Prancer, Vixen, Comet, Cupid, Donder et Blitzen. Un siècle plus tard, les rennes garderont les mêmes noms, mais auront une taille normale

Ce poème, apparait ensuite dans un recueil de poèmes de 1837, ou il est attribué à Clement Clarke Moore

Il a été réédité de nombreuses fois, et ses illustrations permettent de suivre l’évolution de la représentation de Santa Claus, notamment l’augmentation de sa taille

1844

Un journal de Cincinnati annonce que:

« the sterling old Dutchman, Santa Claus, has just arrived from the renowned regions of the Manhattoes, with his usual budget of knickknacks for the Christmas times. »

Cette mention dans un journal local montre qu’à cette époque, l’appellation Santa Claus, et l’origine hollandaise du personnage était déja bien connues

3 janvier 1863

Thomas Nast, dessine la première representation moderne de Santa Claus, comme un lutin corpulent, mais avec une taille à peu près humaine, dans le magazine Harper’s Weekly

Il en publiera d’autres jusqu’à 1886. On remarque que Santa Claus distribue ses cadeaux dans un camp militaire unioniste. Nous sommes en effet en pleine guerre de Sécession, et il s’agit de maintenir le moral des troupes (Claus mit uns, aurait dit les allemands)

Sa veste couverte d’étoiles, et son pantalon à larges rayures, tirées du « star & stripes », nous renseignent sur les couleurs: veste bleue et pantalon rouge et blanc

25 décembre 1866

Sur une double page de Harper’s Weekly, intitulée Santa Claus and His Works, Thomas Nast, représente l’ensemble des activités de Santa Claus, qui est à nouveau de petite taille.

Santa fabrique lui même les jouets et repère les enfants sages au télescope. Son atelier est situé au pole nord

On peut quand même se demander comment il fait pour voir les enfants, à plusieurs milliers de km de distance… et sous l’horizon (puisque la terre est ronde)

1870

George P. Walker, reprend les images de Santa Claus and His Works, en cinq chromolthographies.

Reprenant les couleurs de l’édition de 1869 du poème de Sentinel, il habille de rouge le personnage de Thomas Nast, toujours basé au pole nord.

1875

Selon le Dictionnaire de la conversation:

Dans nos villes et dans nos campagnes, c’est l’usage de faire déposer aux enfants un soulier ou un sabot auprès de l’âtre, afin d’y recueillir le lendemain le joujou où le bonbon que le bonhomme Noël y apportera dans la nuit.

23 décembre 1880

Santa Claus franchit la frontière et vient se montrer au Canada

Le voici, entouré de ses elfes, sur une page de l’hebdomadaire canadien L’opinion publique. On ignore malheureusement, la couleur de son costume

24 décembre 1881

Les enfants ne croiraient ils déja plus au Père Noël? Voila qu’ils offrent les cadeaux eux-mêmes!

Du moins si l’on en croit cette chromolithographie du Monde Illustré, et l’explication qui va avec:

C’est le 1er janvier; deux enfants, deux petites filles appartenant aux classes extrèmes de la société, se trouvent en présence. L’une est comblée de joujoux et sort d’un luxueux et confortable coupé; elle a sa mère; l’autre est abandonnée sur le pavé boueux, et repait ses yeux, ses yeux seulement, hélas! des jouets qui passent. Mais ce qui fait le lien entre ces deux êtres, c’est la charité de l’enfant riche, présentant ses mains pleines à l’enfant pauvre, en lui disant: Choisis!

1885

Louis Prang, un des promoteurs de la chromolithographie, a inventé la carte postale de Noël en couleurs en 1875.

A partir de 1885, il y fait apparaitre Santa Claus

Sur cette image, non seulement Santa est en rouge, mais il utilise la technique moderne, en prenant les commandes des enfants par téléphone

(on se demande, d’ailleurs, quel pouvait bien être son numéro de téléphone)

1886

Nouvelle édition en chromolthographies de Santa Claus and His Works, par George P Webster.

Santa Claus est toujours chaudement vétu (au pole nord, vous pensez!) mais il n’est plus habillé en rouge.

Ce Santa Claus vétu de fourrure n’aura pas de suite. Le rouge prévaudra

1889-1895

Un certain éclectisme règne dans les revues françaises. Les numéros de Noël publient des contes où apparaissent, le petit homme de Noël, le petit Jésus, Saint Nicolas et le bonhomme Janvier

Dans Le petit Français illustré du 21 décembre 1889, Wigg, un petit garçon suédois est emmené en traineau par le petit homme de Noël, dont les minuscules chevaux s’appellent Le rapide, l’éveillé, l’élégant, et le dégourdi

Le petit Français illustré du 20 décembre 1890, publie un conte de françois Coppée, ou le petit Wolf rencontre un enfant endormi et pieds nus, devant lesquel les enfants riches ont passé indifférents. Il lui offre un de ses sabots, et rentrant à cloche pied, est vertement tancé par sa tante. Mais le lendemain, devant ses sabots réunis, la cheminée déborde de jouets, pendant que les enfants riches n’ont trouvé que des verges. Et tous de comprendre que l’enfant endormi était le petit Jésus

L’écolier illustré du 5 décembre 1895, explique comment un mauvais sentier s’est appelé chemin de St Nicolas: Un 5 décembre au soir, deux enfants miséreux y ont rencontré un homme à barbe blanche, vétu d’un large manteau sombre qui leur conseilla d’implorer Saint Nicolas. Au petit matin, ils trouvèrent des pièces d’or dans leurs souliers

Le numéro du 26 décembre 1895, raconte comment un sympathique grand-père, nommé justement Mr Janvier, s’amuse à distribuer des cadeaux achetés dans les bazars du coin, déguisé en bonhomme Janvier et monté sur un traineau

1890

La publicité récupère Santa Claus.

Sur cette image publicitaire, pour le savon Star soap, Il est à nouveau en rouge, et a toujours la pipe que lui avait donné Washington Irving, mais il n’a pas encore son gros ceinturon. Il faut dire qu’il n’a pas son gros ventre non plus.

1897

Santa Claus existe-t-il vraiment, ou non? La petite Virginia O’Hanlon, agée de 8 ans, s’en ouvre au New York Sun. La réponse du journaliste Francis Pharcellus Church est entrée dans la légende.

« … Oui, Virginia, Santa Claus existe. Il existe aussi certainement que l’amour, la générosité et la dévotion existent… »

On remarquera qu’après avoir fait croire, deux générations auparavant, aux habitants de la lune, le New York Sun pouvait bien faire croire à Santa Claus

1900

Le Nouveau Larousse illustré, qui marque l’état des connaissances au changement de siècle, ne connait pas encore le père Noël, mais témoigne de la tradition du bonhomme Noël, associé au père fouettard

Décembre 1901

Dur, le progrès technique. Le Père Noël, qui, dans Le Monde illustré, n’est déja plus le bonhomme Noël, n’a pas attendu les calculs des scientifiques pour comprendre la difficulté de sa mission

Allez donc distribuer des jouets en passant par des cheminées de 40 mètres de haut, et qui sont en activité, en plus. C’est à donner sa démission

(au fait, à qui?)

1902

Santa Claus est maintenant assez célèbre pour faire l’objet d’un livre entier: The Life and adventures of Santa Claus, par Lyman Frank Baum, l’auteur de la série du magicien d’Oz

1905

Et pourquoi Santa Claus ne bénéficierait il pas du progrès, lui aussi, hein?

Et voila Santa Claus qui fait sa tournée en voiture, dans cette publicité pour Oldsmobile.

… Et avec chauffeur, s’il vous plait!

entre 1903 et 1908

Et toujours plus loin dans le progrès: C’est maintenant en aéroplane que Santa Claus fait sa tournée!

Cette carte de la collection Summersdarling n’est pas datée, mais la représentation de l’aéroplane est celle de celui des frères Wright, ce qui permet d’en situer la date entre 1903 et 1908, époque ou les aéroplanes avaient l’empennage à l’arrière.

Santa Claus traverse l’Atlantique

1910

En France et en Belgique, commencent à cohabiter deux types de Sr Nicolas: Le Saint Nicolas traditionnel, habillé en évèque, avec mitre et crosse, qui est aidé d’un âne pour transporter les jouets, et le Saint Nicolas d’importation, habillé en Santa Claus, sans âne.

Au total, avec le Père Noël (ex bonhomme Noël), cela nous fait trois distributeurs de jouets. Dommage pour les enfants qu’ils ne passent pas simultanément

1913

Premiere illustration de Santa Claus par Norman Rockwell, probablement le meilleur illustrateur de son temps. Il en fera plus d’une trentaine

Noël 1913

Napoléon aurait rencontré le Père Noël! Du moins c’est l’historien G. Lenotre qui le dit.

Enfin… plus exactement, c’est le journaliste d’histoire Théodore Gosselin, dit G. Lenotre, qui signe dans la revue Lectures pour tous, un joli conte:

l’histoire se passe à Nasielsk, en Pologne en 1806. Une petite émigrée, de 8 ans rédige sa lettre au petit Jésus, qu’elle confie au Père Noël, qui lui sert de facteur. Elle y demande de rendre ses biens à son père, dépouillé par la révolution. Ce soir là, Napoléon est à Nasielsk. Intrigué par le Père Noël, il examine son panier de lettres, y découvre celle de la petite fille, et, ému, prend un décret rétablissant la famille émigrée dans ses droits

G. Lenotre

1914

Pendant qu’on s’active beaucoup, sur Terre et sur mer, Santa Claus surveille tout cela aux jumelles… en dirigeable. Be aware: Santa Claus is watching you

7 décembre 1918

La guerre est finie: Santa Claus qui a troqué son bonnet contre un casque, peut retrouver ses activités de Noël sur cette illustration de Joseph Christian Leyendecker pour le Saturday Evening post

Noël 1918

Les « sammies », les soldats de l’Oncle Sam, sont encore en France. L’entrée en guerre des USA, en avaient envoyé jusqu’à deux millions. Arrivés avec leur culture et leur folklore, ils organisent dans certaines villes de Bourgogne, des distributions de cadeaux, avec sapin et Santa Claus

à Cruzy, « II » était là, en personne, pour distribuer les cadeaux… On avait confié son rôle à un sous-officier habitué à tirer de sa pipe de grosses volutes de tabac, on l’avait vêtu de pantalons de femmes bouffants en flanelle rouge dérobés sur la corde à linge où ils séchaient, on l’avait chaussé des bottes du colonel réquisitionnées pour la circonstance. Tel apparut pour la première fois en Tonnerrois le Père Noël, inconnu, mystérieux, mais tout de suite sympathique.

(Jean-Pierre Fontaine, Les nouveaux mystères de l’Yonne, Editions de Borée, 2007)

12 décembre 1923

Première publicité en couleur pour un soda, dans le magazine Life.

Non ce n’est pas Coca cola, mais White Rock, qui avait déja récupéré Santa dès 1915, mais dans des publicités dessinées en gravure au trait

décembre 1930Les temps sont durs (c’est l’époque de la grande dépression économique).

Depuis 1922 Coca Cola essaie de persuader ses clients qu’il n’y a pas de saison pour la soif. Sept ans après White rock, la firme décide de récupérer le jovial Santa Claus, dont la couleur rouge lui siérait bien.

Une première publicité dessiné par Fred Mizen, l’illustrateur habituel de la firme, montre un Père Noël de grand magasin, pendant la pause. Le succès de cette image encourage la firme à continuer dans cette voie

décembre 1931

Sur les conseils d’Archie Lee, Coca Cola demande à Haddon Sundblom des illustrations publicitaires, sur le modèle du Santa Claus de Fred Mizen. Cette fois ci, il s’agit de représenter le « vrai » Père Noël, et non plus un vulgaire figurant.

Les illustrations de Sundblom sont tellement réussies que plus tard, on croira que c’est lui qui a créé cette représentation de Santa Claus, en rouge avec un gros ceinturon

1939

Un nouveau renne vient aider Santa Claus dans sa tournée: Rudolph, dont la particularité est d’avoir la truffe rouge et lumineuse, ce qui lui permet de guider le traineau quand on n’y voit goutte. Il apparait dans un poème de Robert L. May, un employé de la Montgomery Ward company, agé de 34 ans.

Le poème de May sert de thème à un album pour enfants, qui, malgré la guerre, sera tiré à 6 millions d’exemplaires

1941

Aaaarrgh… On aurait assassiné le père Noël?

Non, rassurons nous, dans le film de Christian-Jaque, L’Assassinat du Père Noël, le Père Noël n’est pas vraiment assassiné. c’est un voleur déguisé qui l’est à sa place. Y’a quand même une morale.

1944

Et voici Rudolph sur nos écrans.

Avec le dessin animé Rudolph the red nosed reindeer, Max Fleischer porte à l’écran la version la plus achevée du mythe de Santa Claus. Même la possibilité de collision avec les avions y est évoquée

23 décembre 1951

Feu le Père Noël Ils ont brulé le Père Noël!

Jeanne d’Arc et Michel Servet ne leur suffisait pas. Voila que des prètres intégristes, outrés du consumérisme que professe le père Noël, en cette période de privations, décident de le bruler

Devant plus de 200 enfants, un Père Noël de 2.5 m est brulé sur le parvis de la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon.

Cet acte va provoquer une flambée d’étonnement. Le lendemain, le chanoine Kir, maire de Dijon, préfère le faire oublier et montrer le père Noël sur les toits de l’hotel de ville, comme chaque année

décembre 1954

Son premier timbre Le premier timbre poste à l’effigie de Santa!

On se demande d’ailleurs pourquoi il a fallu attendre aussi longtemps, pour faire un timbre à l’effigie d’un personnage aussi célébre, alors qu’il existe des quantités de timbres à l’effigie d’illustres oubliés. Et ce ne sont ni les français, ni les américains qui y ont pensé, mais les cubains

Du coup, on s’attendrait à voir un Santa Claus le cigare aux lèvres…

décembre 1955

Norad tracks Santa A la hotline du Continental Air Defense Command, on fut bien étonné d’entendre une petite voix enfantine qui demandait à parler à Santa Claus!

En fait, un magasin de Colorado Springs avait passé une publicité dans le journal local, en proposant aux enfants d’appeler le Père Noël sur une ligne téléphonique spéciale. Malheureusement, il y eut une erreur d’impression…

Comprenant ce qui se passait, le directeur des opérations, le Colonel Harry Shoup, décida de jouer le jeu, et demanda à son personnel d’examiner les données radar, pour voir si on pouvait trouver des enregistrements pouvant correspondre au passage du traineau de Santa Claus. On en trouva, et depuis, le NORAD guette chaque mois de décembre, le passage de Santa

1958

Agrandir Toujours à la pointe du progrès, Santa Claus fait désormais sa tournée en soucouoe volante!

Comment ça, les soucoupes volantes n’existent pas?

Les soucoupes volantes existent tout autant que Santa Claus, enfin quoi!

1962

Où la poste peut elle envoyer une lettre adressée au Père Noël, rue des nuages, au pole nord? Au centre de tri de Libourne, qui s’occupe des correspondances à l’adresse invalide. C’est pourquoi le ministre des PTT, Jacques Marette, crée à Libourne un service spécialement chargé du courrier du Père Noël. Il faut dire que sa soeur, la psychanalyste Françoise Dolto, fut aussi la première secrétaire du père Noël, en rédigeant sa première réponse

1964

Agrandir Alerte! Les martiens ont capturé Santa Claus!

Constatant que leurs enfants sont devenus dépendants des emissions TV terriennes montrant Santa Claus, les martiens montent une expédition sur Terre pour le capturer. Heureusement, c’est du cinéma et ça se termine bien.

Les couleurs de l’affiche sont affreuses, mais il faut se rappeler qu’à l’époque, pour le grand public, Mars était une planète rouge habitée par des hommes verts

Quant aux martiens, heu…

1972

Horreur! La science s’en mèle.

En voulant montrer qu’il est possible de réfuter un phénomène, rien que sur son hypothèse de départ, Carl Sagan démontre l’impossibilité de la distribution des jouets par Santa Claus, la nuit de noël. Sa démonstration parait imparable. C’était bien la peine que Francis P. Church se donne du mal…

1982

Le Père Noël est une ordure!

Non! C’est pas vrai? On ose diffamer le Père Noël? Ben si. Mais, dans le film, de Jean-Marie Poiré, ce n’est qu’un ivrogne habillé en Père Noël. S’y ajoute toute une galerie de marginaux, et de situations cocasses, avec des dialogues savoureux.

Devenu avec le temps un film culte, comme « les tontons flingueurs, il s’inspire d’une comédie sortie en 1979.

Et encore, on avait parlé de l’appeler: « Le père Noël s’est tiré une balle dans le cul »

Ils ne respectent plus rien! Tout fout l’camp, mon bon monsieur…

1983

Les Canadiens respectent la croyance au Père Noël, eux!

Depuis 1974, des employés de la Société Canadienne des Postes répondaient bénévolement au courrier du père Noël. Ils furent bientôt submergés quand leur activité fut connue, et durent demander de l’aide

Finalement, en 1983, la Société Canadienne des Postes créa, comme l’avait la France 21 ans plus tôt, un service spécial destiné au courrier du Père Noël, qui recut un code postal spécial: « HOH OHO »

Le service répond dans la langue des enfants, soit une vingtaine de langues, et même en braille!

janvier 1990

Après les scientifiques, les humoristes.

Répondant 93 ans après à la question de la petite Virginia O’Hanlon (qui aurait eu alors 101 ans), Richard Waller, dans un article mémorable de Spy magazine, de janvier 1990, « is there a Santa Claus? », entreprend de réfuter lui aussi l’existence de Santa Claus. Sur la base d’une argumentation scientifique et technique en 5 points, il démontre que dans de pareilles conditions, si le père Noël a jamais fait sa distribution de cadeaux, il ne peut être que mort

Son argumentation désopilante sera reprise chaque année à l’époque des fètes, surtout après le développement du Web, et d’Usenet

1993

Enfin, un timbre français!

Il a fallu attendre qu’arrivent à La Poste des cadres qui avaient autrefois reçu une réponse du Père Noël, pour qu’on se décide enfin à lui consacrer un timbre

On se demande bien pourquoi il a des patins à glace? Ca ne doit pas ètre pratique pour évoluer sur des toits en pente.

21ème siècle

Les démystifications du père Noël se multiplient, mais depuis l’an 2000, elles se muent parfois en remystifications!

Les moins graves disent que le mot « Santa Claus » a été inventé par Washington Irving en 1809, alors que l’expression semble être apparue entre 1821 et 1844

Plus grave, il se dit que le Père Noël est apparu en France en 1945, apporté par les américains pour remplacer Saint Nicolas

Pire, la rumeur court que la représentation moderne du père Noël, avec ses vètements rouges, est une invention de Coca Cola!

C’est tout juste si on n’accuse pas Coca Cola d’avoir inventé Santa Claus

Une chose est sûre, ce n’est pas Santa Claus qui a inventé le Coca Cola!

24 décembre 2008

Abomination! Santa Claus est un fou criminel!

A Covina, en Californie, une trentaine de personnes réveillonnaient. Santa Claus se présente. Confiante, une petite fille de 8 ans va lui ouvrir…

Et soudain, c’est l’enfer. Santa Claus tire sur le petite fille, tire sur les invités, en abat plusieurs de sang froid, puis il allume une bombe incendiaire et s’enfuit

Après son suicide, on retrouvera son corps et son costume de Santa Claus. Dans les décombres de la maison, on retrouvera 9 cadavres (laissant 16 orphelins)

Il n’y a vraiment qu’aux USA qu’on puisse voir des choses pareilles. Les Américains avaient créé Santa Claus, les Américains sont en train de le tuer

Pauvre Santa Claus, pauvre Père Noël…

Dernière mise à jour: 28/12/2008

Voir enfin:

Coca-Claus

Did a soda-pop company invent Santa?

Seeta Pena Gangadharan

The Boston Phoenix

December 9 – 16, 1999

Santa Claus is the result of a Coke deal.

No joke. Fat, jolly Santa — the guy with the red suit and cap, the thick black belt and sooty boots, the rosy cheeks, the luminous eyes, the brighter-than-white teeth — is the spawn of an advertising campaign by Coca-Cola back in the 1930s.

Surprised? Don’t be. As far as Coca-Cola is concerned, this is public knowledge. The company is open about its role in popularizing Santa; it has even sponsored gallery exhibitions on « Advertising as Art » that explain how it all happened, one of which was held at the Carrousel du Louvre, in Paris, in 1996. Here’s the story:

Back in the late 19th century, when Coca-Cola was new, the whole purpose of the beverage was medicinal. If you were feeling « low » or if you suffered from headaches, a Coke was the perfect remedy. The featured ingredient — cocaine, or coca-bean extract — guaranteed a renewed agility and acuity. Indeed, many people found out about Coke from their pharmacists; the company paid pharmacists a commission if drugstores allowed them to install a carbonation tap on the premises.

By the 1930s, Coca-Cola needed to re-evaluate its business plan. The more controversial aspects of the beverage had long been dealt with (as early as 1903, coca-bean extract was removed and caffeine took its place), but it was the Depression; beverage sales were slow — especially in the wintry months — and Coca-Cola needed a new hook and line to attract the American market.

So, in 1931, Coca-Cola changed its target audience: from the adult looking for a pharmaceutical pick-me-up to the whole family. Coca-Cola was now a great taste to be enjoyed by everyone! To bring the point home, the company launched an extensive advertising campaign that pioneered the use of well-known artists as ad designers. Coca-Cola blitzed pharmacies and stores with promotional material suitable for the whole family.

The most successful illustrations were by a Swedish artist named Haddon Sundblom, whose work depicted a portly white man in a red suit bringing joy to family and friends with a bottle of Coke. The figure in the illustrations was the first modern Santa.

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Naturally Coke can’t take full credit for bringing Santa into the homes and hearts of Americans everywhere; the full history of Santa Claus is much longer than the history of the Coca-Cola company. Various folk traditions incorporate mysterious holiday gift givers: St. Nicholas, loosely based on a fourth-century bishop of Asia Minor; a Scandinavian dwarf or a goat; Kolyada, the white-robed girl of pre-revolutionary Russia who arrived atop a sleigh with accompanying carolers; and the many religious gift bearers associated with the Magi.

In the United States, the Dutch were primarily responsible for spreading the idea of Sante Klaas, whose character was based on one of their revered bishops. Sante Klaas gave form to the current myth of Santa and fleshed out his reputation as a gift giver: eight flying reindeer, living near the North Pole, filling socks with presents, arriving through the chimney.

Two people are usually given credit for creating the American version of Santa: Clement C. Moore and Thomas Nast. In 1823, Moore wrote « A Visit from St. Nicholas, » the poem we generally think of as  » ‘Twas the Night Before Christmas. » His description of Santa is suggestive of a fat man, in the gnomish fashion of the earlier European versions.

The poem reads:

His eyes how they twinkled! His dimples how merry!

His cheeks were like roses, his nose like a cherry;

His droll little mouth was drawn up like a bow,

And the beard on his chin was as white as the snow . . .

He had a broad face, a little round belly

That shook when he laughed, like a bowl of jelly.

He was chubby and plump, a right jolly elf . . .

Nearly 40 years later, political cartoonist Thomas Nast drew a version of St. Nicholas for Harper’s Illustrated Weekly. Nast’s Santa, now a famous image, wears a woolly suit and resembles a stout elf with whiskers and a beard. But still, he doesn’t look quite like Santa. Most of Nast’s illustrations were black and white, but even in his color renditions, Santa prefigures the modern, commercial image only vaguely. Most notably, his trademark bright red color is missing.

As a jolly man in a red suit, Santa Claus is pure Coke. The company found that Haddon Sundblom’s image of Santa Claus — modeled, incidentally, on a retired salesman named Lou Prentice — hit the right buttons in terms of stirring the hearts and quenching the thirsts of consumers everywhere. The company contracted with Sundblom to continue making Coke ads with this model for the next 35 years.

Using Sundblom’s version of Santa, Coca-Cola orchestrated a full frontal attack on the market. Santa-Coke propaganda was everywhere. Magazine advertisements were particularly popular, as were point-of-purchase promotional items. Collectibles, too, were another way that Coca-Cola expanded its presence — a strategy that is standard today for any advertiser, from Camel to Nike.

Coca-Cola also patented a formula for the bright red color used for Coke packaging and for Santa’s suit. Any artist working for Coca-Cola was required to use this color red; every Santa in every Coke ad was the exact same red color as the Coke label. As with its famous bottle, Coke had given birth to a nearly universal American icon.

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A marketing campaign, of course, can be too successful for its own good. We no longer associate the Coca-Cola company with Santa, even a Santa dressed in the exact color of a Coke can. In becoming ubiquitous, the two icons have become independent again. Now the link is a matter of advertising history, something to be studied by marketing students and maybe the slew of tourists and French citizens who saw Coke’s exhibit at the Louvre. Occasionally, Coca-Cola revives Sundblom’s Santa in a nostalgic appeal to its loyal consumers, but the story is rarely told.

As Mark Pendergrast, author of For God, Country and Coca-Cola, concluded:

Prior to the Sundblom illustrations, the Christmas saint had been variously illustrated wearing blue, yellow, green, or red. . . . After the soft-drink ads, Santa would forever more be a huge, fat, relentlessly happy man with broad belt and black hip boots — and he would wear Coca-Cola red. . . . While Coca-Cola has had a subtle, pervasive influence on our culture, it has directly shaped the way we think of Santa.

Seeta Pena Gangadharan is a freelance writer living in London

2 commentaires pour Noël/2011e: Non, Coca Cola n’a pas inventé le Père Noël (When in doubt, blame Coca Cola)

  1. merci pour cet article ! j’apprécie beaucoup le poème de Moore (que j’ai découvert il y a peu de temps), je le trouve vraiment dans l’esprit de noël
    Disney a adapté ce poème en 1933 dans un cartoon Silly Symphonies, The Night Before Christmas (L’Arbre de Noël) qui est vraiment réussi et qui s’inspire de l’histoire « Twas the Night Before Christmas » http://tresorsdisney.blogspot.fr/2013/12/the-night-before-christmas-larbre-de.html

    J'aime

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