Statue de la Liberté/125e: Mais les petits chiens mangent les miettes (How a tiny lonely group of Frenchmen finally got a reluctant America to accept its greatest national symbol)


Il répondit: Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la communauté d’Israël. Mais elle vint se prosterner devant lui et dit: « Seigneur, secours-moi! Il répondit: « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. »  « Oui, Seigneur, dit-elle, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Alors Jésus lui dit: «Femme, ta foi est grande. Sois traitée conformément à ton désir. Mathieu 15: 24-28
Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité. Jean 4: 21-28
Donnez-moi vos pauvres, vos exténuésQui en rangs serrés aspirent à vivre libres, Le rebut de vos rivages surpeuplés Envoyez-les moi, les déshérités, que la tempête m’apporte, De ma lumière, j’éclaire la porte d’or ! Emma Lazarus
Entre la France et les Etats-Unis, il y a les liens du sang et il y a l’amour de la liberté. Lorsque vous avez connu votre révolution, il y a des Français qui sont venus, qui ont traversé l’Atlantique et qui ont cru dans la révolution américaine. A l’époque, nous étions 18 millions et vous étiez 2 millions. Mais ils ont traversé l’Atlantique et ils ont dit « là-bas, sur ce territoire immense qu’allaient devenir les États-Unis d’Amérique, les femmes et les hommes qui s’y trouvent vont construire un pays libre ». Et petit à petit, vous, les Américains peut-être que vous ne vous en rendez pas compte, mais vous êtes devenus pour le monde entier le symbole de la liberté, première nation du monde. Et cette statue, dans le monde entier, tout le monde sait ce que cela signifie : un pays libre où les gens sont libres et où ceux qui y viennent sont accueillis. (…) Et encore cette statue, elle parle. Elle parle aux jeunes de Libye, elle parle aux jeunes de Tunisie, elle parle aux jeunes d’Egypte. Cette statue donnée par la France au grand peuple américain, elle peut être la statue de tous ceux qui à travers le monde préfèrent la liberté à la dictature. Ce n’est pas simplement une statue, c’est une idée et ce qu’ils ont voulu dire les Français et les Américains, c’est que cette idée de liberté, elle n’est pas simplement pour les Américains, elle n’est pas simplement pour les Français, elle l’est pour tous les peuples du monde. D’ailleurs, M. le Maire, 5 millions de visiteurs par an pour la Statue. Ils viennent du monde entier. Quand ils reviennent chez eux, ils disent « j’ai vu la Statue de la Liberté et je la veux aussi pour chez moi ». ‘…) les Français et les Américains, nous avons une responsabilité particulière, montrer que la liberté est pour tout le monde.  (…) quand un jeune Américain meurt, je veux que vous sachiez que pour chaque Français, cela lui rappelle tous ces jeunes Américains qui reposent dans nos cimetières. Quand l’un des vôtres est tué, cela fait écho à notre histoire commune : à ces jeunes qui étaient vos grands-parents que vous nous avez envoyés, qui sont morts, qui sont dans nos cimetières et qui ont fait ce pacte du sang entre les Etats-Unis d’Amérique et la France. Nicolas Sarkozy (New York, 26 septembre 2011)

En cette 72e  Journée internationale des étudiants et commémoration des étudiants tchèques qui donnèrent leurs vies pour protester contre l’occupation de leur pays par les nazis en 1939  …

Quand, pour récupérer les milliards chinois dont ils ne peuvent désormais plus se passer, les Occidentaux se préparent une fois de plus à s’aplatir devant les bouchers de Tienanmen et à abandonner à leur sort le peuple chinois ainsi que leurs compatriotes démocrates de Taiwan

Retour, en son 125e anniversaire, sur ce plus américain des symboles de l’Amérique, la Statue de la liberté, pour laquelle des centaines d’étudiants chinois étaient prêts à donner leurs vies un certain jour de juin 1989 …

Et pour qui, un siècle plus tôt, un petit groupe isolé de Français avait dû tant se démener avant  qu’avec les guerres mondiales et ses campagnes de recruitement et de récolte de fonds l’Amérique daigne enfin se l’approprier  …

Yet the dogs under the table eat of the children’s crumbs

How a tiny lonely group of Frenchmen finally got a reluctant America to accept its greatest national symbol

JC Durbant

Nov. 17, 2011

Can you imagine an America without the Statue of Liberty ?

And yet conceived by a group of French republicans, designed by a French sculptor and built around a frame from the father of the Eiffel tower himself, this most American of American symbols turns out to be, on its 125th anniversary, the result of an incredible and now largely forgotten series of international exchanges.

A GIFT FROM FRANCE?

First, contrary to what many people think, the Statue was not originally a gift of France to America, but the idea of an obscure French university professor, Edouard de Laboulaye.

And in those days admiration for America and its political system was not that popular in France even if the author of a three-volume history of America had been appointed at the prestigious Collège de France as a specialist of comparative politics.

Second, the liberty that the monument was supposed to celebrate was at the time in grave danger in America itself as the country was just coming out of four terrible years of civil war over the question of slavery.

And as an anti-slavery activist himself and the head of the French Anti-Slavery Society, Laboulaye had been quite a lonely supporter of the Union when an officially neutral France had largely sided with the secessionists (in a war accordingly known in France as the « War of Secession »).

Hence the idea for the monument at the end of the conflict in 1865 which was in fact meant to celebrate not so much American liberty but its relieved return a century after Lafayette had come to its help against the British.

Third, Laboulaye was a liberal member of the opposition to Emperor Napoleon III and, far from representing the will of France, the monument represented in fact the hope for a liberty still unknown in France and an indirect and hidden criticism of the repressive policies of the Second Empire.

Fourth, the French-American Union which was to implement the project didn’t get founded until ten years later in 1875 and with the funding delays, the Statue did not commemorate the Declaration of Independence’s centennial it was originally meant to celebrate but was inaugurated ten years late in 1886.

And thus three years after Laboulaye’s own death who sadly never got the chance to see the actual realization of his dream.

TO AMERICA ?

Fifth, Miss Liberty’s sculptor, Frédéric Bartholdi was indeed an exile from his native Alsace after its 1870 occupation by the Germans and seemed therefore the ideal artist to carry out the dream of Laboulaye and his friends.

Yet it seems like his motivation had somehow more to do with his extraordinary ambition and fascination for the monumental sculptures he discovered during his visit of Egypt with painter Jean-Léon Gérome in 1856.

And, after the king of Egypt’s refusal of his proposal to build a new « Colossus of Rhodes » at the entrance of the just completed Suez canal, the unique chance to design, at 93 meters, the then tallest monument in the world.

Sixth, he nevertheless spared no effort to bring the project to completion, enlisting the assistance of world famous engineer Gustave Eiffel for the construction of the inside frame and selling small-size models (the famous « gadgets » made by the Gaget company) to the public to help finance it.

Seventh, far from being grateful for this colossal gift, Americans were rather embarrassed at its sheer enormity and cost (although they were only to pay for its huge pedestal). And Bartholdi had to make several transAtlantic trips to America, recruiting among others the help of newspaper magnate Joseph Pulitzer and Jewish-American Emma Lazarus, the author of the famous « New Colossus » poem, to convince a reluctant America of its importance.

And it wasn’t until the world wars when the statue was massively used for recruitment and fundraising purposes as well as the  ultimate consecration of parody and advertisement that it truly became for Americans the most cherished national symbol that we know today.

Or, from fascist Italy to islamist Iran, its enemies’ most hated object of loathing until, with the the failed 1989 revolt of China’s students willing to give their lives for it, the execration finally turned to universal devotion  …

Voir aussi:

125e anniversaire de la Statue de la Liberté

DISCOURS DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

New York — Jeudi 22 septembre 2011

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

J’ai été honoré de votre invitation à venir célébrer ce 125e anniversaire. J’ai voulu venir avec le ministre d’État, Alain Juppé, parce que les anniversaires doivent être célébrés. Les anniversaires, ce n’est pas simplement de la nostalgie, les anniversaires nous rappellent d’où nous venons, pourquoi nous sommes ce que nous sommes devenus.

Entre la France et les Etats-Unis, il y a les liens du sang et il y a l’amour de la liberté. Lorsque vous avez connu votre révolution, il y a des Français qui sont venus, qui ont traversé l’Atlantique et qui ont cru dans la révolution américaine.

A l’époque, nous étions 18 millions et vous étiez 2 millions. Mais ils ont traversé l’Atlantique et ils ont dit « là-bas, sur ce territoire immense qu’allaient devenir les États-Unis d’Amérique, les femmes et les hommes qui s’y trouvent vont construire un pays libre ». Et petit à petit, vous, les Américains peut-être que vous ne vous en rendez pas compte, mais vous êtes devenus pour le monde entier le symbole de la liberté, première nation du monde. Et cette statue, dans le monde entier, tout le monde sait ce que cela signifie : un pays libre où les gens sont libres et où ceux qui y viennent sont accueillis.

Et quand il est arrivé, il y a dix ans, cet épouvantable attentat qui a fait tant de morts dans cette ville, si des barbares, si des criminels s’en sont pris, M. le Maire, à New York, c’est parce que New York est le symbole de la liberté. Et il y a un lien entre cette statue et ce qui s’est passé le 11 septembre ici.

Ce n’est pas simplement New York qui a été martyrisé, c’est l’idée que vous incarnez de la liberté à travers le monde et les 3 000 morts que vous pleurez encore.

Je voudrais vous dire que pour le peuple français, ils sont aussi nos morts. Parce que ce qui vous est arrivé, aurait pu nous arriver. Parce que nous partageons la même idée de la liberté. Et c’est pour cela qu’il faut célébrer les anniversaires, pour que les plus jeunes sachent ce qui s’est passé, pour que personne n’oublie ce qui s’est passé et que pour vous, grand peuple d’Amérique, vous continuiez à incarner cette idée de la liberté.

Et vous savez, on a commencé le siècle avec la tragédie de New York, mais aujourd’hui, nous connaissons l’appel à la liberté des peuples arabes. Et encore cette statue, elle parle. Elle parle aux jeunes de Libye, elle parle aux jeunes de Tunisie, elle parle aux jeunes d’Egypte. Cette statue donnée par la France au grand peuple américain, elle peut être la statue de tous ceux qui à travers le monde préfèrent la liberté à la dictature. Ce n’est pas simplement une statue, c’est une idée et ce qu’ils ont voulu dire les Français et les Américains, c’est que cette idée de liberté, elle n’est pas simplement pour les Américains, elle n’est pas simplement pour les Français, elle l’est pour tous les peuples du monde.

D’ailleurs, M. le Maire, 5 millions de visiteurs par an pour la Statue. Ils viennent du monde entier. Quand ils reviennent chez eux, ils disent « j’ai vu la Statue de la Liberté et je la veux aussi pour chez moi ».

Je crois vraiment, je voudrais terminer par cela, que, les Français et les Américains, nous avons une responsabilité particulière, montrer que la liberté est pour tout le monde. Ne jamais combattre les adversaires de la liberté avec les méthodes des adversaires de la liberté. Défendre nos valeurs, rester ouverts, tolérants, la main tendue, rester deux peuples qui veulent vivre en paix avec les autres, prêts à défendre leurs valeurs, mais avec les convictions qui sont les nôtres.

Vous savez, les Français et les Américains, nous sommes engagés dans bien des conflits ensemble : en Afghanistan, en Libye. Mais, grand peuple d’Amérique, quand un jeune Américain meurt, je veux que vous sachiez que pour chaque Français, cela lui rappelle tous ces jeunes Américains qui reposent dans nos cimetières. Quand l’un des vôtres est tué, cela fait écho à notre histoire commune : à ces jeunes qui étaient vos grands-parents que vous nous avez envoyés, qui sont morts, qui sont dans nos cimetières et qui ont fait ce pacte du sang entre les Etats-Unis d’Amérique et la France. C’est pour cela, M. le Maire, que c’était le devoir du chef de l’Etat français d’être ici avec vous pour ce 125e anniversaire.

Mes chers amis, Croyez à une chose : le peuple de France n’oubliera jamais ce qu’a fait le grand peuple d’Amérique pour lui. Entre la France et les Etats-Unis, c’est plus que de l’amitié, nous avons nos morts en commun. Et nos morts, ils nous obligent, ils nous obligent à rester des amis pour les siècles qui viennent.

Je vous remercie.

8 Responses to Statue de la Liberté/125e: Mais les petits chiens mangent les miettes (How a tiny lonely group of Frenchmen finally got a reluctant America to accept its greatest national symbol)

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  4. JFM dit :

    Let’s distinguish France (ie the state) and the French. France, headed by Napoleon III, sided with the Confederacy. A strong, perhaps overwhelming majority of the French sided with the Union. And the French government ordered the press to start the first large scale campaign of antiamericanism.

    It was after Napoleon III’s fall that pro-American French became increasingly isolated when the Republicans began to slide towards antiamericanism: for one part because they no longer needed America as proof that Republicanism worked for countries larger than Switzerland, for another because they wanted to avoid embarrassing comparisons between democracy in America and the largely fake one in France and finally because the rise of a socialist movement led naturally to hostility towards America

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  5. jcdurbant dit :

    La situation était effectivement bien plus complexe et, « selon le degré d’adhésion au régime impérial », partagée et donc mon allusion bien trop rapide.

    Et ce, au-delà de l’aversion en effet unanime pour l’esclavage dans la population et sur le Vieux Continent en général, y compris dans la presse, comme le montre bien l’article de Farid Ameur dans un récent numéro spécial de L’Histoire, la campagne de presse gouvernementale dont vous parlez (via notamment Le Moniteur, Le Pays et Le Constitutionnel) se voyant opposer la presse libérale et orléaniste (La Revue des deux mondes, Le Journal des débats, Le temps, Le Siècle et L’Opinion nationale) …

    http://www.histoire-pour-tous.fr/actualite/230-magazines/3461-la-guerre-de-secession-mensuel-lhistoire.html

    Et jusqu’aux volontaires qui s’engagèrent des deux côtés, des princes d’Orléans opposés au second Empire et exilés en Angleterre (comte de Paris et son frère le duc de Chartres, petit-fils de Louis-Philippe) naturellement pro-nordistes au « Lafayette du Sud », le prince Camille de Polignac, fils d’un ancien ministre de Charles X …

    Voir aussi:

    Déplorée par quelques humanistes chagrins et une poignée de républicains inconsolables, la « Civil War » apparait comme une aubaine aux calculateurs « réalistes » ou qui se croient tels. Aussi reçoit-elle en français un nom qui sonne comme une promesse : non pas « guerre civile américaine » mais « guerre de Sécession ». Ce grand dessein a priori n’était pas à clamer sur la place publique. Son succès même requérait plutôt le silence, la prudence et la patience. Rêve de Chancellerie, songe doré de Bourse et de Chambre de commerce, ce pari sur la désunion américaine n’avait pas vocation à susciter le débat. Et la mobilisation de la presse et de l’opinion en effet viendra d’ailleurs : d’une opposition qui saisit là une chance d’exister.

    Phillippe Roger

    https://jcdurbant.wordpress.com/2011/04/14/guerre-civile-americaine150e-quand-la-france-pariait-sur-la-desunion-americaine-in-lafayettes-footsteps-frances-ambivalent-involvement-in-us-civil-war/

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