Diplomatie française: Ne vous inquiétez pas de ma vie, j’irai droit au ciel (For France’s diplomacy Jerusalem is well worth a mass)

https://i2.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b3/Old_Jerusalem_Saint-Anne_church_french_flag.jpghttps://i0.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3b/Old_Jerusalem_Domaine_National_Fran%C3%A7ais_de_Saint-Anne_sign.jpgErrare humanum est, perseverare diabolicum. Proverbe médiéval
On ne saurait comprendre l’obsession constante d’une instrumentalisation des sionistes par le Royaume-uni (jusqu’à la naissance de l’Etat d’Israël) développée par le Quai d’Orsay sans prendre en compte l’élément catholique. Comme l’écrit l’ambassadeur Puaux : « Tandis que nous nous complaisions dans le rôle d’héritiers des croisés obscurément remués par la conscience de je ne sais quel devoir envers la chrétienté, les Britanniques ne songeaient qu’à occuper des bastions pour protéger l’Egypte, le canal et les Indes. » David Pryce-Jones
Il faut rompre avec cette hypocrisie qui consiste à croire que la France a une quelconque sympathie pour İsraël, cela nous gêne dans notre raisonnement. Nous sommes, il faut le savoir, un pays allié aux pays arabes qui est hostile à la politique d’İsraël et qui la combat l’action de ses agents diplomatiques. Alexandre Adler (information juive, 2002)
Pour de nombreux diplomates français, ne pas accabler Israël, c’est déjà faire le jeu des Etats-Unis et s’aliéner le monde arabe. La « politique arabe » du Quai d’Orsay , bien avant d’être anti-israélienne, est antiaméricaine. David Pryce-Jones
Ne vous inquiétez pas de ma vie, j’irai droit au ciel. Chirac (au service de sécurité israélien, Jérusalem, 22.10.96)
Le président Chirac a dû subir ce que la population palestinienne subit tous les jours depuis 29 ans. Leila Chahid (déléguée générale de la Palestine)
Ce protectorat chrétien fait, en quelque sorte, partie de notre domaine méditerranéen (…) une tradition sérieuse, une puissance morale. Jules Ferry
D’après l’Apocalypse, la reconstitution du royaume de Jérusalem sera le signal de la fin du monde. Paul Cambon (1919)
Il serait inadmissible que le « pays du Christ » devienne la proie de l’hérésie juive et anglosaonne. Il doit demeurer l’héritage inviolable de la France et de l’Eglise. L’Oeuvre d’orient (journal catholique)
Nos communautés (…) fondent (…) maintenant tout leur espoir sur le maintien du protectorat catholique français pour sauvegarder le catholicisme appelé à être battu en brèche par l’élément juif ou protestant. Consul de France (Haïfa, 1921)
Nous devrions sans aucun doute profiter des circonstances pour accroitre la portée de ce protectorat et l’étendre aux musulmans que nous ne pouvons laisser seuls et sans armes face aux sionistes. Henri Gouraud (1920)
Notre auto a été portée par la population criant « Vive la France ! » « A bas les Juifs »! Durieux (consul de Haïfa, suite à des émeutes antijuives, 1921)
Se basant sur des conceptions plus raciales que religieuses, les Juifs aspirent à instaurer sur les deux rives du Jourdain un Etat juif conçu sur le modèle fasciste. Jules Laroche (ambassadeur de France en Pologne, 1935)
Antisioniste quand je suis arrivé en Orient, je suis devenu sioniste, ou plutôt jaloux du haut-commissaire britannique en Palestine de ce que lui apportent les sionistes. Henry de Jouvenel (haut-commissaire en Syrie, après une visite à Jérusalem, 1926)
Le nationalisme juif est une erreur et Israël ne peut trouver la paix que dans l’assimilation. Louis Canet (Quai d’Orsay, après un entretien avec Chaim Weismann, 1927)
Nous autres chrétiens ne pourront jamais pardonner aux Juifs la crucifixion de Jésus. Clémenceau (à Chaïm Weizmann, 1919)
Le bec de l’aigle allemand , c’est notre nez. Personnage juif d’une œuvre de Jean Giraudoux (commissaire de l’information sous Vichy)
Et nous sommes d’accord avec Hitler pour proclamer qu’une politique avec Hitler pour proclamer qu’une politique n’atteint sa forme supérieure que si elle est raciale. Jean Giraudoux (De pleins pouvoirs à sans pouvoirs, 1950)
Je comprends difficilement que vous niiez l’action de la juiverie dans cette affaire. J’ai vécu dans tous les pays du monde et et partout j’ai vu les journaux et l’opinion dans les mains des Juifs. J’étais à Jérusalem en décembre 1899 et j’ai vu, au moment de la seconde condamnation us], la rage de ces punaises à face humaine qui vivent en palesine des azzias que leurs congénères opèrent sur la chrétienté. Paul Claudel (lettre à Charles Péguy, 1910)
Me voici qui représente la République française dans cette capitale de la juiverie internationale. Claudel (consul, Francfort, 1910)
L’horrible Israël des cosmopolites, des banquiers sans patrie, qui se sont servis de l’impérialisme anglo-saxon (Sassoon, sir Herbert Samuel, lord Reading, lord Rothschild, Schiff, etc.), vous ronge jusqu’aux os. Louis Massignon (membre de la mission Georges Picot à Jérusalem, 1920)
Ce sont des Ashkenazim germanisés qui on pris en main l’affaire palestinienne, avec la technique parfaite et implacable du plus exaspérant  des colonialismes : refoulant les « indigène » arabes vers le désert. Massignon (1939)
Ma patrie, c’est le monde arabe. Massignon
C’est en arabe, sans doute, qu’Il lui plait que je Le serve. Massigon (lettre à Claudel)
Le monde n’aura pas de paix dans la justice tant qu’Israël ne révisera pas le procès de la mère de Jésus. Massignon
Le grand mufti a certainement trahi la cause des Alliés, mais il a surtout trahi celle de l’Angleterre sans nous atteindre directement. Rien ne nous oblige donc – semble-t-il – à entreprendre nous mêmes une action à son encontre qui ne pourrait que nous nuire dans les pays arabes. Jean Lécuyer (ambassadeur de France, Le Caire, 1945)
[Les villes de Saint Jean d’Acre et de Nazareh] ne sont que rien que deux camps de concentration pour les Arabes et même les étrangers. Pierre Landy
Israël, démocrate chez les autres, est chez lui le plus raciste et le plus totalitaire des gouvernants. René Neuville (1948)
Est-ce que tenter de remettre les pieds chez soi constitue une agression imprévue ? Michel Jobert («3 jours après le déclenchement de la guerre du Kippour, 1973)
Chacun ses choix, je n’irai jamais à Jérusalem. Michel Jobert
Idi Amin est un chef d’état souverain et Israël n’avait pas le droit de violer son territoire. Jean-François-Poncet (ministre des affaires étrangères, après l’opération israélienne de libération des pasagers d’un avion d’Air France détourné par le groupe teroriste palestinien FPLP sur l’aéroport d’Entebee, 1976)
Cet attentat odieux a voulu frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue, il a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic. Raymond Barre (le 3 octobre 1980, TFI, suite à l’attentat de la synagogue parisienne de la rue Copernic, 4 morts, 20 blessés)
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique de Villepin (Paris, automne 2001)
Israël est un petit pays de merde … Pourquoi accepterions-nous une troisième guerre mondiale à cause de ces gens? Daniel Bernard (ambassadeur de France, ancien porte-parole du Quai d’Orasy et directeur de cabinet de Roland Dumas,  à l ‘épouse du magnat de la presse Conrad Black, Londres, décembre 2001)
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, au moment où nos chères têtes blondes communiaient en défilant dans les rues contre la guerre en Irak aux cris de « Mort aux Juifs! », avril 2003)
Les Israéliens se sont surarmés et en faisant cela, ils font la même faute que les Américains, celle de ne pas avoir compris les leçons de la deuxième guerre mondiale, car il n’y a jamais rien de bon à attendre d’une guerre. Et la force peut détruire, elle ne peut jamais rien construire, surtout pas la paix. Le fait d’être ivre de puissance et d’être seul à l’avoir, si vous n’êtes pas très cultivé, enfant d’une longue histoire et grande pratique, vous allez toujours croire que vous pouvez imposer votre vision. Israël vit encore cette illusion, les Israéliens sont probablement dans la période où ils sont en train de comprendre leurs limites. C’était Sharon le premier général qui s’est retiré de la bande de Gaza car il ne pouvait plus la tenir. Nous défendons absolument le droit à l’existence d’Israël et à sa sécurité, mais nous ne défendons pas son droit à se conduire en puissance occupante, cynique et brutale … Michel Rocard (Al Ahram, 2006)
A l’encontre des annonces claironnées depuis trois ans, l’Europe est impuissante, l’Afrique nous échappe, la Méditerranée nous boude, la Chine nous a domptés et Washington nous ignore ! Dans le même temps, nos avions Rafale et notre industrie nucléaire, loin des triomphes annoncés, restent sur l’étagère. Plus grave, la voix de la ance a disparu dans le monde. Notre suivisme à l’égard des Etats-Unis déroute beaucoup de nos partenaires. Pendant la guerre froide, nous étions dans le camp occidental, mais nous pesions sur la position des deux camps par une attitude originale. Aujourd’hui, ralliés aux Etats-Unis comme l’a manifesté notre retour dans l’OTAN, nous n’intéressons plus grand monde car nous avons perdu notre visibilité et notre capacité de manœuvre diplomatique. Collectif de diplomates français
Nous sommes inquiets des conséquences pour la France d’un affaiblissement sans précédent de ses réseaux diplomatiques et culturels. (…) l’instrument est sur le point d’être cassé, cela se voit dans le monde entier. Tous nos partenaires s’en rendent compte. Pourtant, dans la compétition multipolaire, où tout se négocie en permanence avec un grand nombre d’interlocuteurs qu’il faut connaître avec précision, la France a plus que jamais besoin de moyens d’information et d’analyse. (…) Les autres grands pays ne détruisent pas leur outil diplomatique: les effectifs du département d’Etat américain augmentent de 4 % à 5 % par an. Ceux du Foreign Office sont désormais supérieurs aux nôtres. Les pays émergents, pour leur part, construisent et consolident rapidement leur réseau: le Brésil, sous le président Lula, a ainsi ouvert une trentaine d’ambassades. Alain Juppé et Hubert Védrine (anciens ministres des affaires étrangères d’un pays qui, avec 267 représentations diplomatiques dans le monde, ne dispose en effet que de 8 postes de moins qu’une première puissance mondiale 17 fois plus grande et près de 5 fois plus peuplée)
Le Quai d’Orsay gère au début du XXIe siècle 267 ambassades et consulats, soit huit postes de moins seulement que les Etats-Unis – un chiffre qui indique l’importance donnée à sa recherche d’une influence internationale, au Moyen-Orient en particulier. Comme le notent deux journalistes incisifs: « Outre le coût financier, cette présence a une conséquence néfaste: elle entretient l’illusion. Puisque la Franc est présente partout, c’est donc qu’elle doit être importante … » David Pryce-Jones (citant R. Gubert et E Saint Martin, « L’Arrogance française », 2003)

Jérusalem vaut bien une messe!

A la veille du dépôt, par des Palestiniens dont les chartes appellent toujours à l’élimination d’Israël, de leur demande de reconnaissance pour un Etat indépendant le mois prochain à une ONU qui disposera pour l’occasion d’une double présidence arabe (le Liban à la présidence du Conseil de sécurité et le Qatar à celui de l’Assemblée générale) …

Comme peut-être d’une nouvelle intifada prétendument pacifique via les marches de soutien annoncées de la demande palestinienne à l’ONU aussi bien en Cisjordanie et à Jérusalem-Est que probablement aux frontières avec le Liban et la Syrie voire l’Egypte …

Alors que, remis de leur coup de blues du printemps (arabe), nos ambassadeurs se réjouissent du retour au Quai d’Orsay du chiraquien Juppé qui vient d’annoncer que la France allait désormais discuter avec les courants islamiques qui ne prônent pas la violence dans les pays arabes et imposer la reconnaissance d’Israël comme préalable à la reconnaissance de l’Etat palestinien …

Pendant que, neuf ans après le tristement célèbre scandale du programme « Pétrole contre nouriture », la justice fait enfin mine de s’occuper du cas certains de leurs ex-collègues au plus haut niveau

Comment ne pas repenser, devant une telle persévérance dans l’erreur et cette sorte d’ « attraction fatale » pour les leaders du Moyen-Orient les plus délétères (grand moufti de Jérusalem, Khomeyni, Saddam, Arafat, Assad, Khadafi, Abbas, le Hamas), à la lumineuse analyse de David Pryce-Jones de la diplomatie française depuis un siècle (« Un siècle de trahison. La diplomatie française et les Juifs, 1894-2007 », 2006) ?

Qui, contre ceux qui faisaient remonter la politique arabophile de la France au Général de Gaulle, en démontrait brillamment l’antériorité dès le Second Empire avec l’idée d’une France « destinée à accomplir le destin des musulmans » ou le rêve d’un « empire franco-arabe« .

Mais qui surtout, en en rappelant aussi la dimension souvent négligée de la religion (catholique jusqu’à la création de l’Etat d’Israël ou son succédané tiers-mondiste plus tard), permettait de comprendre, au-delà d’un certain antisémitisme résiduel et incompressible d’une partie de son personnel diplomatique ou des profits plus terre à terre de certains en popularité ou en enrichissement personnel, des gestes aussi aberrants que le tristement célèbre incident du souk mis en scène par le président Chirac dans la vieille ville de Jérusalem un an à peine après le début de son premier mandat en octobre 1996 pour s’imposer définitivement aux yeux du monde comme le défenseur attitré des Arabes en général et des Palestiniens en particulier .

Car comment comprendre autrement en effet cette sorte de démonstration par l’action de la violence supposée des forces de sécurité israéliennes contre les Palestiniens à laquelle s’était alors livré le président français devant les caméras de télévision que ses services avaient pris soin de faire venir, faisant vivre au public en direct et via sa propre personne (une véritable Via Dolorosa! – « Ne vous inquiétez pas de ma vie, j’irai droit au ciel », se serait-il un moment écrié avant de menacer de rentrer immédiatement en France) ce que, selon les mots de la déléguée générale de la Palestine Leila Chahid dont il n’avait pas manqué de se faire accompagner, « la population palestinienne subit tous les jours depuis 29 ans »?

Puis peu après lors de la visite, apparemment non-prévue au programme et d’ailleurs jamais montrée à la télévision, de l’Eglise Sainte-Anne, cette invraisemblable démonstration à la fois du rôle de la France comme protecteur historique des « Lieux saints » et du statut hors norme de cette véritable petite enclave française en plein Jérusalem reçue (comme il nous a tout récemment été donné de le découvrir, intrigué que nous étions par le drapeau français – le seul endroit du monde probablement où le 14 juillet se fête avec une messe, mais imagine-t-on le tollé que soulèverait, flottant en plein Paris sur le toit de la synagogue de la place de la Victoire par exemple, un drapeau israélien? – et la plaque « Domaine National Français République Française » apposée à l’entrée) des mains mêmes du Sultan Abd-al-Majid après la guerre de Crimée en 1856 en remerciement de l’aide de la France à la Turquie, en refusant de rentrer pendant 10 longues minutes tant que les soldats israéliens ne l’auraient pas quittée  et contraignant au bout du compte le gouvernement Netanyahou, ultime cerise sur le gâteau pendant que lui-même engrangeait les félicitations de l’ensemble du Monde arabe mais aussi de l’opinion publique française et mondiale, à se confondre en excuses pour un comportement qui avait en fait largement dépassé les limites de la goujaterie?

Comme une sorte d’écho fossile de la problématique proprement religieuse (mais que l’on qualifierait aujourd’hui d’idéologique, voir son indifférence pour la situation actuellement désespérée des chrétiens en « terre d’Islam »), si bien décrite par Pryce-Jones mais souvent oubliée, sans laquelle on ne peut comprendre « l’obsession d’une France républicaine (mais travaillée de surcroit aujourd’hui de l’intérieur par une population croissante issue de l’immigration musulmane) pour la protection des Lieux saints » …

Cette inconsolable nostalgie pour le temps béni  d’avant le funeste mandat britannique et surtout la plaie apparemment jamais refermée de la création d’Israël  où « la Fille aînée de l’Eglise » s’affrontait entre deux querelles de sacristie sur ce « poste avancé de la France en Orient » avec les autres puissances européennes prises à leur tour dans l’emballement mimétique (voir l’entrée en grande pompe de Guillaume II dans la vieille ville de Jérusalem en 1898 qui se verra offrir pour l’occasion le démontage d’une partie du mur de la Porte de Jaffa) à coup de fondations, constructions religieuses, communautés, hôpitaux, dispensaires, écoles et instituts de recherche …

D’où l’on comprend mieux cette autrement incompréhensible propension à l’échec et à l’aveuglement, comme ce véritable acharnement, jusqu’à s’allier systématiquement avec ceux qui en prônent la disparition, contre la seule démocratie pluraliste du Moyen-Orient qualifiée au sein même du Quai d’Orsay de « parenthèse » mais aussi de « faux nez de l’impérialisme anglo-saxon ».

Et ce, comme le montre bien Pryce-Jones, bien avant le fameux renversement d’alliances du Général De Gaulle de 1967 qui, à l’instar de l’alliance de revers de François Ier avec Soliman le magnifique contre Charles Quint au XVIe siècle, avait tant choqué l’Occident …

Un livre à découvrir : « Un siècle de trahison, La diplomatie française et les Juifs, 1894-2007 » de David Pryce-Jones

Pierre Itshak Lurçat

Israel magazine n° 86

2008

« La Politique arabe de la France » : cette expression désigne une ligne constante de la diplomatie française depuis plusieurs décennies, qui se traduit par un soutien appuyé aux régimes les plus rétrogrades du monde arabo-musulman et par une hostilité presque permanente envers Israël et le sionisme. A quand remonte cette politique ? Certains font de la guerre des Six Jours le grand « tournant » de la politique française envers l’Etat juif, autrefois considéré comme l’ami et l’allié de la France, et soudainement devenu l’empêcheur de tourner en rond… Depuis la fameuse déclaration du général De Gaulle sur le « peuple .sûr de lui et dominateur », jusqu’aux propos de table d’un ambassadeur de France sur le « petit Etat de m…», l’opposition à Israël est devenue un élément central de la politique étrangère française. Pourquoi ? Le livre de David Pryce-Jones apporte un éclairage inédit et passionnant sur cette question qui taraude de nombreux Juifs et amis d’Israël. Il montre que la «politique arabe de la France» est bien antérieure à la création de l’Etat juif, et qu’elle s’inscrit dans une tradition anti-juive profondément ancrée chez les acteurs de la diplomatie française. Historien, né à Vienne en 1936, Pryce-Jones a en effet choisi d’aborder ce thème sous un angle nouveau : celui des relations entre le Quai d’Orsay et les Juifs. Comme il l’explique dans son introduction, « la notion de politique arabe de la France a pris une importance démesurée dans la conduite de la diplomatie française depuis De Gaulle », mais « rien n’a été écrit sur la manière don! les diplomates français ont perçu les Juifs en tant que Juifs ». C’est cette lacune étonnante que comble le livre de Pryce-Jones : au-delà des considérations de « Realpolitik » et des intérêts économiques de la France dans le monde arabe, il montre que la politique française dans notre région obéit aussi – et peut-être surtout – à des choix dictés par l’image négative que les hommes du Quai d’Orsay ont des Juifs et du peuple d’Israël. L’auteur dresse ainsi des portraits stupéfiants (et peu flatteurs) des hommes qui font la politique étrangère de la France depuis un siècle.

Les préjugés anti-juifs de l’élite française

On reste abasourdi en lisant les descriptions des Juifs sous la plume des plus illustres diplomates français, qui «aiment à se piquer de littérature» -comme fait remarquer Pryce-Jones avec ironie – mais dont le ton évoque plus celui de Gringoire et de la presse vichyste que les classiques des Lettres françaises. Ainsi, Jules Laroche, ambassadeur de France à Varsovie dans les années 1930, parle des « Juifs malpropres » qui « grouillent dans chaquee bourg polonais », et affirme qu’en Pologne. « le seul moyen contre les Juifs parait être le pogrome »… On pourrait multiplier les citations de ce genre. Cette prose nauséabonde n’est pas, précisons-le, l’œuvre de sous-fifres ou d’employés subalternes, mais celle d’éminents représentants du Quai d’Orsay, qui occupent des postes clés et se considèrent comme l’élite de la France.

Le tour de force de l’auteur – qui confère à son livre la valeur d’un document exceptionnel – est de montrer comment les préjugés antijuifs des hommes du « Quai » ont joué un rôle essentiel dans la fixation des grandes lignes de la politique française au Moyen-Orient, depuis la fin du 19e siècle et jusqu’à nos jours. On pourrait croire en effet que les ministres des Affaires étrangères savent mettre de côté leurs préjugés et leurs opinions personnelles, lorsqu’il est question des intérêts supérieurs de la France… Or il n’en est rien : ces préjugés anti-juifs entrent en ligne de compte de manière déterminante dans la prise de décisions qui vont souvent à l’encontre des intérêts bien compris de la France. Pryce-Jones démontre notamment comment cette hostilité aux Juifs explique l’attitude de la diplomatie française à l’égard du mouvement sioniste, considéré avec circonspection, sinon avec mépris, alors même que l’Angleterre parvient à jouer un rôle important dans la région, en utilisant son soutien – très éphémère – au sionisme, lors de la Déclaration Balfour. Aveuglés par leurs sentiments et par la piètre opinion qu’ils ont des Juifs, les diplomates français privent la France de sa place légitime dans les affaires du Moyen-Orient. Cette remarque reste valable après la création de l’Etat d’Israël, que la France – après une brève « lune de miel » – considérera toujours comme un Etat voué à disparaître, rejoignant ainsi la conception arabe et islamiste de l’Etat croisé.

La lecture de ce livre est indispensable pour comprendre la politique française à l’endroit d’Israël et du sionisme, et pour apprécier les motivations de ceux qui ont toujours soutenu les pires ennemis de l’Etat juif, du Mufti pronazi AI-Husseini à Arafat et Abou Mazen.

Voir aussi:

Une messe pour la République !

Catherine Dupeyron

27 juillet 2009

La tradition est immuable. A Jérusalem, le consul fête le 14 juillet dans la magnifique église Sainte-Anne au cœur de la vieille ville, un édifice croisé qui fait partie du domaine national français. Après tout la République vaut bien une messe ! Après tout la Fête Nationale, qui commémore la Révolution de 1789 contre la noblesse et le clergé, vaut bien une célébration eucharistique ! C’est là, dans le paisible jardin où se déroule la garden-party de la Fête Nationale, qu’avait eu lieu l’incident entre le Président de la République Jacques Chirac et les forces de l’ordre israéliennes en 1996.

La nef de Sainte-Anne est toujours pleine le 14 juillet ! Il y a des rendez-vous qui ne se manquent pas. Cette année n’a pas fait exception. Les fidèles rassemblés sont essentiellement des Français expatriés et des religieux catholiques appartenant aux communautés de Terre Sainte. Au premier rang, le Consul de France à Jérusalem, Alain Rémy et son épouse, assis dans de larges fauteuils Louis XV. L’office, qui fait partie d’un programme annuel de vingt deux messes consulaires, est l’un des vestiges de la longue et influente présence française en Terre Sainte. Pour certains diplomates, c’est un plaisir, pour d’autres c’est une corvée, mais quelles que soient les convictions personnelles il est impossible aux consuls d’échapper à cette tâche républicaine baignée d’encens !

Monseigneur Michel Sabbah, ancien Patriarche Latin de Jérusalem, parfait francophone, dirigeait l’office de ce cru 2009. A l’issue de la messe, empruntant l’allée centrale, il a salué tous ces visages qu’il n’avait pas vu depuis longtemps. L’évêque, patriarche pendant 21 ans, déclare être désormais « en retrait du monde » installé entre Jérusalem et Taybe, un village palestinien totalement chrétien au nord-est de la ville sainte.

La France, « la Fille aînée de l’Eglise »

Dans son sillage, un cortège de religieux représentant les différentes communautés catholiques dont la France est officiellement la puissance protectrice depuis plusieurs siècles. Franciscains, Dominicains, Bénédictins, Pères Blancs, … ils étaient tous là. Tout ce petit monde, religieux et laïcs, s’est retrouvé dans le jardin de Sainte-Anne à l’ombre des cyprès pour boire à la santé de la République française qui est aussi la Fille aînée de l’Eglise même si le terme n’est plus guère revendiqué par les représentants de la France laïque et républicaine.

« Une messe pour le 14 juillet c’est surprenant ! Mais de toute façon, ici tout est étonnant », remarque en souriant Hervé Ponsot, directeur de l’Ecole biblique de Jérusalem. Vêtu de sa bure blanche, le Dominicain, originaire de la région de Toulouse et ancien HEC, sait de quoi il parle. L’Ecole Biblique créée en 1890 et devenue l’Ecole archéologique française en 1922 dont il a la charge depuis l’été 2008 est installée au couvent Saint-Etienne et elle est subventionnée par le Ministère des Affaires étrangères. Amusé de ce paradoxe, il commente : « Une école religieuse à la charge de la république, cela n’est pas banal non plus ! »

Sainte-Anne : domaine national français

Quant à Sainte-Anne, son sort est lui aussi hors du commun. La magnifique église croisée transformée en madrasa (école religieuse musulmane) par Saladin au 12ème siècle, retombe dans le giron de la France en 1856. C’est un cadeau du Sultan pour remercier Paris de son soutien pendant la Guerre de Crimée contre les Russes. Dès lors, Sainte-Anne devient un ‘domaine national français’ ce qu’elle reste jusqu’à aujourd’hui – statut réservé à trois autres lieux (le Tombeau des Rois et l’Eléona à Jérusalem, plus connu sous le nom du Pater ainsi que l’abbaye bénédictine à Abou Gosh) – mais qui n’a pas pour autant le statut d’extra-territorialité d’une représentation diplomatique. Depuis la fin du 19ème siècle, elle a été confiée à la communauté des Pères Blancs.

C’est dans les jardins de Sainte-Anne que Jacques Chirac avait eu, en 1996, une altercation avec les services de sécurité israéliens trop présents au goût du Président, soucieux de préserver les privilèges de la France. Car la France laïque conserve en Terre Sainte quelques traditions aussi vivaces que surprenantes de sa grandeur catholique passée. Ainsi, chaque Consul de France de Jérusalem lorsqu’il prend ses fonctions est accueilli par le Custode de Terre Sainte devant le Tombeau du Christ dans la basilique du Saint-Sépulcre. Cette « entrée au Saint-Sépulcre » marque formellement la prise de fonctions du fonctionnaire de la République à Jérusalem ! Pas très laïc tout ça ! Un nouveau Consul étant attendu à la fin de l’été, cette cérémonie étonnante ne saurait plus tarder …

Voir enfin:

FRANCE AND THE JEWISH HERITAGE IN JERUSALEM

Elliott A. Green

THINK-ISRAEL

Nov-Dec 2005

A brass plaque rested for many years on the wall of an imposing stone building just inside the Lion’s Gate in Jerusalem’s Old City. Israeli troops came through this gate when they recaptured the Old City in the 1967 Six Day War. The plaque read « Domaine National Français République Française, » French National Domain, French Republic. In other words, the French state has been claiming that certain real estate within Jerusalem is part of France. The label National Domain asserts that this is French sovereign territory. Un morceau de notre pays en Terre Sainte (a piece of our country in the Holy Land), as Jacques Chirac put it when he addressed an audience at the location, known as Saint Anne’s Church, during his visit in 1996 (22 October).[1]

Lionel Jospin, the socialist prime minister, met local Arab leader Faisal Husseini there in 2000 (25 February). He was meeting Husseini and other prominent Arabs on French soil — in French eyes at least — rather than at Husseini’s Orient House headquarters, which might be considered a victory for Israeli diplomacy. On the other hand, Chirac had wanted to show Israel « that France was mistress ‘in her own country’ when … on his official visit to Jerusalem, » he « demanded that Israeli troops » guarding him at Saint Anne’s « evacuate this national domain during his meeting with the Latin Patriarch. »[2] The site is not a consulate or embassy, and thus should not have diplomatic exterritoriality, if that was in anyone’s mind. According to Christian tradition, Mary’s parents’ home was here, and this is where Mary was born. Be that as it may, the monks who administer the site on behalf of the French state have conscientiously excavated, so it seems, what were two massive pools built by Jews in Second Temple times, together called Beit Hisda (Bethesda). Now, Saint Anne’s is only one of four sites in and around Jerusalem claimed as French. Each one has its story of how it became Domaine National. Saint Anne’s was a Crusader church 850 years ago, then a Muslim school. After the Crimean War (1854) in which Britain and France defended the Ottoman Empire against Russia, the sultan of the day gave the ruined Saint Anne’s site as a reward to his European ally (1856).

Tomb of the Kings, where Queen Helene is buried.

Another site, however, has no Christian associations. And it came into the hands of the French state in a different manner. This is the Tombeau des Rois (Tomb of the Kings), believed by archeologists to be the tomb of Queen Helen of Adiabene in Kurdistan, and her family, converts to Judaism in the first century. The Talmud describes them as generous benefactors of the Temple and the Jerusalem poor. The tomb and the surrounding construction are impressive. Stone beautifully carved in floral and vegetal patterns — like that below the surface of the Temple Mount, and on some remnants outside the Mount — adorns the stage-like entryway to the tomb. The tomb is unique too in its engineering. In fact, identification of the tomb as Helen’s was made through a match between the hydraulic system for moving the round stone block that closed the entrance (not working today) and that described by the second century Greek Pausanias: « The Hebrews have a grave, that of Helen… in the city of Jerusalem, which the Roman Emperor razed to the ground.

Entrance stone to Tomb of the Kings

There is a contrivance in the grave whereby … the mechanism, unaided, opens the door… » (Description of Greece, Loeb ed., 8:16:4-5). The tomb’s beauty was recognized long ago and has been depicted in eighteenth century etchings and often since. Regrettably, the sharpness and beauty of the stone carving is less today than then. The tomb goes down two levels below ground and contains dozens of burial niches.

Whereas Jerusalem Jews called the site Kalba Savua after the father-in-law of Rabbi Akiba, the traditional Arabic name was Qubur al-Mulk, meaning graves of the kings. Some investigators thought that the kings referred to were the House of David, increasing the site’s importance in their eyes. The French archeologist, Félicien de Saulcy, held this view. He was able to get the agreement of the Sultan and the Arab real estate owner to his excavating the site and removing his findings. It was on this aspect that De Saulcy ran into opposition from the local Jews. They objected to his removal of Jewish sarcophagi from the site.

Significantly, if we judge by our own time, the local Jews won the support of the local Muslim leaders for their position, much to the annoyance of De Saulcy. The governing pasha arrived at the location, « accompanied by the mufti, the qadi, and a rabbi » representing the Jews.[3]

In other words, Muslim political and religious leaders recognized the tomb as a Jewish site. Today, few Muslim clergy anywhere would recognize any Jerusalem site as Jewish. It may be that the Muslims at that time saw the Jews as allies against encroaching European Christian powers, whose influence in the Holy City had dramatically increased after the Crimean War, as above. Indeed, Chirac pointed out in his speech at Saint Anne’s that France, whether under a monarchy or empire or republic, had « an age-old tradition of active participation in the life of this part of the world, » protecting the holy places, etc. This goes back to the medieval Charlemagne and through the Crusades and France’s Capitulations agreements with the Ottoman Empire starting in 1535, which made France the protector of Roman Catholic persons in Ottoman lands and of Catholic interests in the Christian holy places in Jerusalem.

De Saulcy called his Jewish opponents « scoundrels » and other pejoratives. Especially since they were blocking his schemes. Nevertheless, he extracted several ornate sarcophagi from the tomb, sending them to the Louvre in Paris, where they are to this day. One intact sarcophagus bore similar inscriptions in two scripts, Hebrew and Palmyrene, both in the Aramaic language, which strengthen the link of the tomb to Helen for several reasons. The inscription says: « TSada the Queen, » presumably Helen’s non-Greek, Aramaic name.

De Saulcy decided to use the natural Jewish interest in the site to his own advantage. He came back to France and persuaded the Jewish banking family, the Péreires, to buy the site from the Arab real estate owner. The purchase was made in 1874.

Several years after the Péreires bought the site, they were apparently persuaded that they could not care for and protect it from their home in France. They agreed to transfer it to the French state. Nevertheless, the transfer was made contingent on several stipulations. It was of utmost importance to the Péreires that reverence be shown for « the faithful of Israel. » In fact, a brass plaque at the site proclaims this purpose. The deed of assignment (1886) states: « Article B. The French government commits itself hereby to a) not bring about in the future any change in the present purpose of this memorial monument… c) to maintain forever the abovementioned inscription, the text of which will be in French, Hebrew, and Arabic: ‘Tombs of the Kings of Judah’ and underneath this text will be written: ‘This site was purchased… for the sake of science, for the sacred memory of those perfect in the faith of Israel, Amiel and Isaac Péreire »[4]

The transfer of possession to the French state was a conditional one.

How has France kept its commitments to the Péreire family? In recent years, France has used the site to promote — Arab nationalism, obviously violating the conditions of the transfer. In this endeavor, the Arab group enjoying the French consulate’s favor disregarded any Jewish connection to Kings’ Tomb — indeed to anywhere in Jerusalem. The group’s director told Le Monde that Jerusalem had an « Arab and international heritage. »[5]

No Jewish heritage in Jerusalem was acknowledged. This stance is in line with PLO/Palestinian Authority practice of course. On the other hand, the consulate states on its own website: « Tomb of… Helen of Adiabene… Converted to Judaism 30 years after J.C. »[6]

Yet the Tomb of the Kings has been used to promote Arab nationalism by allowing an Arab body, apparently associated with the PLO and PA, to hold an « Arab Music Festival » every summer starting in 1997 at this ancient Jewish tomb and archeological site. The festival (renamed « Jerusalem Festival ») has enjoyed broad support over the years, not only from France, but from the European Union, various European governmental agencies, international organizations, « non-governmental » bodies, etc. The 2002 festival brochure lists funding support from Swedish International Development Agency, UN Development Program, Swiss Agency for Development and Cooperation, South African Representative Office, Ford Foundation, Pontifical Mission for Palestine, etc.

The festival brochures that I have seen avoid any explicit mention of Jews or Israel. Thus, the 2002 brochure writes as follows: « The history of the Tombs of the Kings goes back to 45 AD when Queen Helen, Queen of Adiabin [sic!] or Mesopotamia, came to this region accompanied by her children. She chose the site 500 meters north of the the Old City and ordered the digging of the tombs so that she could bury her son… » Helen is presented as coming to Jerusalem for no particular reason, nor is her Judaism disclosed in any way. Note that the queen’s Kurdistan origin is not specified either, also in keeping with Arab nationalist sentiment.

To be sure, the brochures and web site of the festival are shot through with hostile remarks about Israel, although it is not mentioned by name — only by insinuation — nor is the presence of Jews in Jerusalem at any time in history acknowledged. The Jewish majority in Jerusalem in Helen’s time as now, just as when the Péreires bought the site in 1874, cannot be mentioned.

Indeed, one-sided complaints suffuse the material written by the festival’s organizers and supporters. One complaint, made by an Arab public relations man, is that Israeli checkposts made it difficult for Arabs to come to Jerusalem for the festival.[7]

Of course, between 1948 and 1967, Jews could not get to the Tomb of the Kings (or the Temple Mount/Western Wall or other Jewish religious and archeological sites under Jordanian control) because Arabs excluded Jews in principle, not merely blocking them according to the security situation. This obviously cannot be mentioned.

Further, the glossy covered 1998 brochure states: « The difficult situation of Jerusalem envisaged in dispossession and usurpation… » The gripe about « dispossession and usurpation » stands reality on its head, particularly in the historical and geographical context of this tomb.

This context includes three nearby Jewish residential quarters whence the Jewish residents were driven out in the early months of the War of Independence when the Arabs had the upper hand. Of course, the festival organizers do not mention these neighborhoods, and they are regularly forgotten even by Israeli historians, so a brief review is relevant. Mere hours after the UN General Assembly Partition Plan recommendation (29 November 1947), Arab irregular forces began shooting at Jewish civilian targets in Jerusalem, Tel Aviv, and elsewhere in the country. Automobile travelers were murdered in Sh’khem (Nablus) that night; and an ambulance was shot at on its way to Hadassah Hospital on Mount Scopus. Throughout December 1947, the Shimon haTsadiq and Nahalat Shimon neighborhoods, close to the Tomb, on the way to Mount Scopus, came under attack, as did south Tel Aviv and elsewhere in the country.

The Tomb is located in what became « East Jerusalem » after Israel’s War of Independence. It is about 40 meters west of the Orient House compound, the erstwhile PLO headquarters in Jerusalem. The American Colony Hotel is some 60 meters to the north, whereas Nahalat Shimon is about 160 meters north of the Tomb, and Shimon haTsadiq less than a kilometer to the northeast. They are also in the area from which the Jews were driven out by Jordan early in the 1948 war, becoming Jewish refugees before there were Arab refugees. The Arab « squatters » who dispossessed the Jews and usurped their homes in 1948 have continued to live in them even though Israel took control of the eastern part of Jerusalem in 1967.

Only about 50 meters to the west were the Siebenbergen Houses (where three new hotels are now located) along the Mt Scopus route. On their ruins to the west was built the later Mandelbaum Gate, the famous passage between Israeli Jerusalem and the Jordanian-held eastern sector in the armistice period between 1949 and 1967.

Residents fled or were compelled by Arab and British forces to evacuate all three Jewish neighborhoods early in the war. Arab attacks with knives and guns were assisted, in the case of Nahalat Shimon, by British troops who forced the Jews to give up their weapons after the Jews had repelled an Arab attack. All but one of the Jewish families fled Shimon haTsadiq on the night of 29 December 1947. The remaining family fled on 7 or 8 January 1948 (exactly which day is missing from a diary shown to me by a family member). The British evacuated the now defenseless Jews from Nahalat Shimon on 17 January. Shimon haTsadiq became the first neighborhood in the country from which the population was driven out and did not return after the War. Jews had likewise fled south Tel Aviv in December 1947, but returned after the War, whereas Shimon haTsadiq remained under Arab control, as did Nahalat Shimon and the Siebenbergen Houses. Hence, precisely in the surroundings of the Tomb, Arabs and British dispossessed Jews from their homes in late 1947 and early 1948. This history does not appear among the suffering featured in the publicity of Yabous Productions, the Arab body organizing the music festival.

Rather, advocating political militancy, if not violence by insinuation, the 2002 brochure exhorts in somewhat Stalinist tones: « Let Art & Culture be a weapon for the future! » Consider too: « The fight for the freedom of a country… » and « …this international event, where the music and songs ring out the messages of love and hate, fear and strength… »

Now, holding any entertainment at a tomb seems offensive — violating the dignity of the dead — as well as somewhat macabre. But the music festival at Kings’ Tomb is all the more repugnant. It is clearly an Arab nationalist celebration at a Jewish tomb of much historical interest. A Jewish site is used for an anti-Jewish call to arms, thus violating the site’s deed of transfer to France. Moreover, France (and other Western states and agencies) have tolerated or collaborated with — if not sponsored — several Arab falsifications of history in the Festival publicity, even if not agreeing with these falsifications.

Furthermore, the French state has caused damage to antiquities on its self-proclaimed National Domain sites, thus violating the Israeli Antiquities Law. Jon Seligman, Jerusalem Regional Archeologist of the Antiquities Authority, notified Israel’s Foreign Ministry (22 January 2001): « The French Consulate has conducted works at these sites, causing irreversible damage to antiquities and contravening the provisions of the law governing the right to conduct archeological work, using the claim that the sites are under French ‘sovereign’ control. » A consular representative told Seligman that « the decision to restart the works without documenting the damaged ancient remains had been taken in the Foreign Ministry in Paris. » Concerning Kings’ Tomb, Seligman had complained directly to the consulate on 4 August 1996, about incorrect installation of a lighting system (perhaps for the purpose of the Festival) that had « damaged the rock » and might cause « progressive but intensive deterioration of the rock over time. »

He again complained to the consulate about work at Kings’ Tomb on 4 September 2000. « The ancient tombs and miqva’ot (ritual baths) excavated by de Saulcy in 1863 are some of the most significant tombs found in the city of Jerusalem. Careful preservation and maintenance of these finds is important for the conservation of a site which clearly is of universal significance… » He mentioned the « severe damage » to the tombs caused by the electrical work in 1996. This scoffing at the antiquities law by the French consulate occurred not only at Kings’ Tomb, St. Anne’s, and the Pater Noster (Eleona) Church on the Mount of Olives — all under Jordanian control from 1948 to 1967 — but at a monastery in Abu Ghosh within the Green Line, under Israel’s jurisdiction since 1948, and also claimed as French National Domain.

On the other hand, the French consulate has not always been hostile to Jews, and this too should be remembered. In 1948, Arab forces — local Arab irregulars, Transjordan’s Arab Legion, and Iraqi troops (Iraq then ruled by a Hashemite, like Transjordan) joined later by Egyptians — besieged the Jewish majority in Jerusalem. Food could not be brought in by road. Hunger was increasing. During the first truce (June 11 to July 9, 1948), « the Arabs prevented the flow of fresh water to Jerusalem, » in violation of the truce.[8]

As to the amount of food to be allowed through the Arab blockade for Jerusalem Jews, « Jewish representatives had to conduct weary negotiations with Count Bernadotte and the Consular Truce Commission (made up of the US, French and Belgian consuls in the city), who wished to ensure at all costs that Jerusalem would be no stronger at the end of the truce than at its beginning. »[9]

In this spirit, the US consul considered that 2,800 calories per day per Jewish inhabitant would be sufficient. On this issue, the French consul (and the Belgian) agreed with Dov Joseph, the Jewish Agency delegate to the Commission, that each Jewish inhabitant was entitled to 3,400 calories per day. Conversely, the US consul, John MacDonald, justified his position by pointing out that millions of Chinese were living on the verge of starvation. MacDonald’s demand for only 2,800 calories won over the Frenchman and Belgian in the end (June 25). However, after protests, the daily ration permitted the Jews was raised to 3,100 calories per day a week later (July 1).[10]

In this instance, the French consul momentarily supported the Jews against representatives of other powers. One sometimes wonders if the French since De Gaulle have been trying to live down this episode in Arab eyes

On the issue of respecting archeological sites, France today is clearly hypocritical. The French government finances Patrimoine sans Frontières (Heritage without Borders), a body whose objective is « to perform operations to save the international cultural heritage, material or immaterial, and in particular, neglected, even forgotten, buildings, objects, skills, [and] sites. »[11]

In fulfilling its purpose, this agency has undertaken salvage projects in Albania, Lebanon, Belarus, and Afghanistan. Yet sites under French government control have been abused, particularly the Tomb of the Kings.

France has claimed a special status in Jerusalem going back to rights granted to Emperor Charlemagne by Caliph Harun al-Rashid. Today it claims four sites in and around the Holy City, on both sides of the Green Line, as National Domain, that is, French sovereign territory. This tells us that France has symbolic interests embodied in territory — albeit token — in Jerusalem where « our roots are deep, » as Chirac remarked at St Anne’s. These roots are felt as part of France’s national identity, That attitude might interfere with Israel’s needs and interests even without the Arab element. Further, at Kings’ Tomb, France seems to again pander to Arab prejudices, as in the 1840 Damascus Affair, whether because of interests — realpolitik or intangible — or its own prejudices.

We learn several lessons from France’s treatment of the Tomb. France has interests in the Holy City other than « peace » between Jews and Arabs. It too makes territorial claims in Jerusalem. Now, by encouraging Arabs who demonstrate a refusal to make peace with Israel by denying any Jewish heritage in Jerusalem, the EU (which has also collaborated in the Arab Festivals at Kings’ Tomb) shows that it too is driven by interests beyond bringing peace (or human rights, self-determination, etc.). It favors one side at the expense of respect for the dignity of the other side and respect for that side’s history and heritage. Finally, Israel and the Jewish people cannot rely on solemn agreements, as France showed (with EU and other Western help) by its violation of the terms of transfer of Kings’ Tomb to the French state.

Footnotes

1. http://www.elysee.fr/documents/discours/1996/ISRA9607.htm

2. Dominique Trimbur, « Sainte Anne: lieu de mémoire et lieu de vie française à Jérusalem, » http://www.univ-lyon3.fr/ihc/publicat/bulletin/2000/trimbur.pdfTrimbur is a researcher at the French Research Center in Jerusalem

3. Félicien de Saulcy, Voyage en Terre Sainte (Paris 1865), pp 190, 364, 394, 401-402, 406-409; Idem., Carnets de Voyage en Orient (Paris: PUF, 1955), pp 163, 165

4. Reuben Kashani, Historic Sites in Source and Tradition throughout the Ages (Jerusalem: BaMa`arakhah, 1968; Heb.) pp 74-75.

5. Rania Elias of Yabous Productions, interviewed in Le Monde, 23 August 2001; p 22.

6. http://www.consulfrance-jerusalem.org/religieux/domaines.ht

7. Daoud Kuttab in Jerusalem Post, 15 July 1999

8. Menahem Kaufman, America’s Jerusalem Policy: 1947-1948 (Jerusalem: Institute of Contemporary Jewry, 1982), p 58.

9. Ibid

10. Kaufman, p 59-60. Dov Joseph, Faithful City: The Siege of Jerusalem, 1948 (London: Hogarth, 1962), pp 228-230

11. Figaro, 6 June 2004; see under « Culture — Patrimoine.

Documentation added after publication in Midstream:

Yehoshu`a ben Arieh, Painting the Holy Land (Jerusalem: Ben Zvi Institute, 1997), Etchings of Tomb of the Kings appear on pp13 & 16, painting of it on p 267.

Yonah Cohen, Hakham Gershon miNahalat Shim`on (Jerusalem: Reuben Mas, 1968).

M. Gabrieli, Gabrieli’s Jerusalem Guide (Jerusalem: Marcus 1978). For Saint Anne’s Church and Kings’ Tombs.

Levi, Yits’haq (Levitsah), Tish`ah Qabin: Yerushalayim b’Qrabot Milhemet ha`Atsma’ut (Jerusalem 1986 or 1987)

Palestine Post [forerunner of Jerusalem Post], read through issues for December 1947 and January 1948 for information on attacks on and flight from Shimon haTsadiq, Nahalat Shimon, Siebenbergen Houses.

Ze’ev Vilna’i, Entsiklopedyat Vilna’i l’Yrushalayim (Jerusalem: Ahiever, 1993; in Heb.), see articles on « Qivrey haM’lakhim, » « Knesiyat Sent An, » « Shim`on haTsadiq, » « Nahalat Shim`on, » etc.

Ze’ev Vilnay, Israel Guide (Jerusalem 1984), see on Tombs of the Kings, pp 152-154.

Elliott A Green is a translator, writer, and researcher. His blog

http://ziontruth.blogspot.com/ showcases significant passages from ancient sources relating to ancient Jewish history and from Jewish poets writing about the glory of Zion and their hatred of Arab oppression, etc.

This article was originally published in Midstream (New York) July-August 2005.

6 Responses to Diplomatie française: Ne vous inquiétez pas de ma vie, j’irai droit au ciel (For France’s diplomacy Jerusalem is well worth a mass)

  1. […] qui surtout, en en rappelant aussi la dimension souvent négligée de la religion (catholique jusqu’à la création de l’Etat d’Israël, tiersmondiste plus tard), permettait […]

    J'aime

  2. adimante dit :

    Vos montagnes de citations sont d’une connerie impressionnante…

    J'aime

  3. jc durbant dit :

    Mais vous savez pas ce que vous avez raté, j’en ai encore bien plus en magasin …

    J'aime

  4. […] Le Quai d’Orsay gère au début du XXIe siècle 267 ambassades et consulats, soit huit postes de moins seulement que les Etats-Unis – un chiffre qui indique l’importance donnée à sa recherche d’une influence internationale, au Moyen-Orient en particulier. Comme le notent deux journalistes incisifs: ‘Outre le coût financier, cette présence a une conséquence néfaste: elle entretient l’illusion. Puisque la France est présente partout, c’est donc qu’elle doit être importante’ …  David Pryce-Jones […]

    J'aime

  5. […] nous refait, via notre Rocky national et face aux champions de la solution finale de Téhéran, le coup obamien de la […]

    J'aime

  6. […] Le Quai d’Orsay gère au début du XXIe siècle 267 ambassades et consulats, soit huit postes de moins seulement que les Etats-Unis – un chiffre qui indique l’importance donnée à sa recherche d’une influence internationale, au Moyen-Orient en particulier. Comme le notent deux journalistes incisifs: ‘Outre le coût financier, cette présence a une conséquence néfaste: elle entretient l’illusion. Puisque la France est présente partout, c’est donc qu’elle doit être importante’ …  David Pryce-Jones […]

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :