Attentats d’Oslo: Comment délivrer un temple qui n’a jamais existé? (Truth is the first victim)

Il n’y a jamais eu de temple ici. (…) C’est tous des menteurs. Gardien musulman de l’Esplanade du Temple (pardon: « des mosquées« , discussion avec l’auteur, Jérusalem, juillet 2011)
Il n’y a pas de preuve tangible qu’il y ait la moindre trace ou le moindre vestige juif que ce soit dans la vieille ville de Jérusalem ou dans le voisinage immédiat. Communiqué du ministère palestinien de l’Information (10 décembre 1997)
Le mur d’Al-Buraq [Mur des Lamentations] et sa place sont une propriété religieuse musulmane…[Il fait] partie de la mosquée Al Aqsa. Les Juifs n’ont aucun lien avec cet endroit. Mufti de Jérusalem (nommé par Yasser Arafat, Al Ayyam [journal de l’Autorité palestinienne], 22 novembre 1997)
Le mur d’Al-Buraq est une propriété musulmane et fait partie de la mosquée Al Aqsa. Hassan Tahboob (Ministre des Affaires religieuses de Yasser Arafat, dans interview accordée à l’agence de presse, IMRA, le 22 novembre 1997)
Ce n’est pas du tout le mur des Lamentations, mais un sanctuaire musulman. Yasser Arafat (Maariv, 11 octobre 1996)
Tous les événements liés au roi Saul, au roi David et au roi Rehoboam se sont déroulés au Yémen, et aucun vestige hébreu n’a été trouvé en Israël pour la bonne et simple raison qu’ils n’y ont jamais vécu. Jarid al-Kidwa (historien arabe, au cours d’un programme éducatif de l’OLP, juin 1997, cité dans Haaretz le 6 juillet 1997)
Jérusalem n’est pas une ville juive, en dépit du mythe biblique qui a été semé dans certains esprits…Il n’y a pas d’évidence tangible de l’existence juive d’un soi-disant « Temple du mont Era »…on doute de l’emplacement du mont du Temple…il se peut qu’il ait été situé à Jéricho ou ailleurs. Walid Awad (directeur des publications pour l’étranger du ministère de l’Information de l’OLP, interviewé par l’agence de presse IMRA, le 25 décembre 1996)
Abraham n’était pas juif, pas plus que c’était un Hébreu, mais il était tout simplement irakien. Les Juifs n’ont aucun droit de prétendre disposer d’une synagogue dans la tombe des patriarches à Hébron, lieu où est inhumé Abraham. Le bâtiment tout entier devrait être une mosquée. Yasser Arafat (Jerusalem Report, 26 décembre 1996)
[La Shoa] est un mensonge des Sionistes concernant de soi-disant massacres perpétrés contre les Juifs. Al Hayat Al Jadeeda ( journal de l’Autorité palestinienne, 3 septembre 1997)
[Notre but est] d’éliminer l’Etat d’Israël et d’établir un Etat qui soit entièrement palestinien. Yasser Arafat (session privée avec des diplomates arabes en Europe, 30 janvier 1996)
La lutte contre l’ennemi sioniste n’est pas une question de frontières, mais touche à l’existence même de l’entité sioniste. Bassam-abou-Sharif (porte-parole de l’OLP, Kuwait News Agency – Agence de presse koweïtienne, 31 mai 1996)
A document found in the Cairo Geniza describes the way in which Umar I brought a group of Jews to the site of the Temple in order to clean it. The Jewish elders were asked to identify the stone known as the Foundation Stone. When it was found and identified, Umar ordered « a sanctuary to be built and a dome to be erected over the stone and overlaid with gold. » As a reward, Umar permitted the Jews to return to Jerusalem and establish the Jewish Quarter. Reuven Hammer
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
Le choix du lieu lui-même est extrêmement symbolique : lieu sacré juif, où restent encore des ruines des temples hérodiens, laissé à l’abandon par les chrétiens pour marquer leur triomphe sur cette religion, il est à nouveau utilisé sous l’Islam, marquant alors la victoire sur les Chrétiens et, éventuellement, une continuité avec le judaïsme. (…) Enfin, l’historien Al-Maqdisi, au Xe siècle, écrit que le dôme a été réalisé dans la but de dépasser le Saint-Sépulcre, d’où un plan similaire, mais magnifié. De cette analyse on a pu conclure que le dôme du Rocher peut être considéré comme un message de l’Islam et des Umayyades en direction des chrétiens, des Juifs, mais également des musulmans récemment convertis (attirés par les déploiements de luxe des églises chrétiennes) pour marquer le triomphe de l’Islam. Wikipedia 
Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Si Israël commençait à parler et à évoquer des négociations à mener sur la base de la vérité historique , paroles et négociations pourraient commencer à avoir un sens et à ne plus ressembler à un jeu truqué dans lequel l’alternative est entre une forme de pile ou face digne d’un escroc de bas étage. Pile, les « Palestiniens » gagnent. Face : Israël perd. Guy Millière
Aucune avenue, aucune impasse ne sera nommée Breivik dans une capitale occidentale. Son acte fou ne sera jamais donné en exemple à des générations d’élèves. (…) Ce qui s’est passé la semaine dernière en Norvège est une horreur, mais quantitativement, ce n’est et ne peut être qu’un épiphénomène incapable de déstabiliser nos sociétés. (…) Le syndrome de Stockholm, en passe de devenir celui d’Oslo, n’existe que dans nos sociétés libérales. Pour le moment, nous continuons à nous auto-flageller, à nous reprocher de sécréter des Breivik, alors que nous nous abstenons de juger les sociétés musulmanes et leur islam médiéval qui encouragent le terrorisme de façon large et à ciel ouvert. Primo (août 2011)
 Behring Breivik ressemble à Ted Kaczynski, surnommé Unabomber, qui a utilisé la violence comme un moyen de promotion pour son manifeste de 1995 intitulé Industrial Society and Its Future (La société industrielle et son avenir). (…) Si on ajoute à ces deux cas, ceux de Timothy Mc Veigh (l’auteur des attentats à la bombe d’Oklahoma City en 1995) et Baruch Goldstein (l’auteur du massacre d’Hébron en 1994), on obtient les quatre exceptions marquantes à la règle quasi générale des massacres perpétrés par les islamistes. Un site internet, TheReligionOfPeace.com, dénombre 17 500 actes terroristes commis au nom de l’Islam ces dix dernières années ; en extrapolant, on arrive à 25 000 actes depuis 1994. Nous sommes donc en présence de deux phénomènes d’ampleurs très différentes. Comme l’observe David P. Goldman, « il y a un monde de différence entre l’usage organisé de l’horreur par les terroristes et les actions dépravées d’individus. » Certes, nous devons nous inquiéter aussi de la violence non-islamiste, mais l’islamisme dans toutes ses variantes est prédominant et le restera étant donné sa nature extrémiste. (…) Comme je le soutenais dans une analyse de 2007, (…) un mouvement d’irritation se fait jour en Europe, moins parmi les élites qu’au sein des masses, qui proteste bruyamment devant l’évolution en cours. » Bien qu’il ait attaqué des socialistes, et pas des musulmans, Behring Breivik s’inscrit clairement dans ce mouvement d’irritation. Daniel Pipes
Les Norvégiens se demandent aujourd’hui comment la Norvège, paradis policé du politiquement correct, a pu produire un Anders Breivik : je dirai que précisément, en étant un paradis policé du politiquement correct, de la pensée unique et de la bouillie susdite, et en se laissant gagner par des enclaves de non droit, par la développement de bandes ethniques et par des poussées islamistes sans pouvoir répondre, Norvège constituait un terrain fertile pour qu’un Anders Brevik puisse y émerger. Guy Millière
Public perceptions of crusading are still based on early 19th-century attitudes, epitomised by the novelist Sir Walter Scott and the historian Joseph-François Michaud. Scott’s The Talisman (1825), painted a picture of unsophisticated and fanatical crusaders encountering civilised and modern-minded Muslims, whose most attractive representative was the sultan, Saladin. On the other hand, Michaud’s Histoire (1812-22), portrayed the crusaders as imperialistic heroes whose achievements heralded the rebirth of the West. These attitudes passed into the Muslim world after the Ottoman sultan Abdulhamid II, under pressure from Russia, Austria, Britain and France, publicised in the 1890s his conviction that the West had re-embarked on the crusades. His argument was picked up by Arab nationalism, and in the past 30 years by a pan-Islamist revival which has globalised the nationalist conception of crusading. For jihadis like Osama bin Laden “crusaderism”, the ambition of the old Christian enemy to destroy the faithful, has been manipulating even surrogate aggression from Zionists and Marxists.
Kingdom of Heaven will feed the preconceptions of Arab nationalists and Islamists. The words and actions of the liberal brotherhood and the picture of Palestine as a Western frontier will confirm for the nationalists that medieval crusading was fundamentally about colonialism. On the other hand the fanaticism of most of the Christians in the film and their hatred of Islam is what the Islamists want to believe. At a time of inter-faith tension, nonsense like this will only reinforce existing myths. Jonathan Riley-Smith (professor of Ecclesiastical History at Cambridge)

Comment délivrer un temple qui n’a jamais existé ?

Colonialisme, fanatisme et haine de l’islam du croisé, tolérance, générosité et ouverture d’esprit du musulman …

A l’heure où, obsédés par la certes terrible et inquiétante exception du pétage de plombs meurtrier à la Kaczynski, Mc Veigh ou Goldstein que vient d’infliger à son pays le « chevalier » – autoproclamé – de l’Ordre des templiers d’Europe » norvégien Anders Breivik, nos belles âmes et nos médias oublient commodément, comme le rappelle Daniel Pipes, la règle quasi générale des massacres perpétrés par les islamistes (quelque 1000 actes par an depuis 25 ans, dont une nouvelle tentative heureusement avortée au sein même des forces armées américaines!) …

Comment ne pas repenser, au retour d’un voyage en « Terre sainte » où nous avons pu le (re)voir à l’oeuvre et de près dans les temples et les tombeaux dont il justifie l’occupation depuis des siècles, au négationnisme des représentants d’une religion et d’organisations appelant littéralement au génocide tout en en niant le précédent nazi avec lesquels nos belles âmes somment depuis des décennies Israël de négocier ?

Mais aussi, avec le professeur d’histoire ecclésiastique de Cambridge Jonathan Riley-Smith, à un exemple particulièrement illustratif de cette vision, systématiquement tronquée et issue de notre propre XIXe siècle, de l’histoire des relations entre l’Occident et l’Islam que sous prétexte de tolérance nos belles âmes comme nos islamistes eux-mêmes tentent de nous imposer jusque dans nos œuvres de fiction ou de divertissement ?

A savoir le film de Ridley Scott sur les croisades de 2005 (« Kingdom of heaven »).

Qui, au delà d’un savoir-faire certain et d’un non moins certain courage de toucher à un tel sujet en pleine guerre d’Irak comme hélas les nombreuses erreurs ou libertés factuelles, oublie systématiquement la nature essentiellement défensive des actes en question (le terme de « croisade » lui-même n’apparaissant d’ailleurs qu’à partir de la 7e et avant-dernière croisade) face à un expansionnisme musulman dont le jihad était une réalité permanente et qui avait non seulement conquis une bonne part de l’Europe avec notamment la péninsule ibérique mais détruit les lieux de culte non islamiques et sérieusement entravé le pèlerinage non islamique en « Terre sainte », la prétendue générosité ou tolérance des musulmans ayant pour l’essentiel, au gré des circonstances et des rapports de force, des motivations tactiques.

Tout comme, outre l’anachronisme inhérent à juger avec les valeurs d’aujourd’hui des actes et comportements près d’un millénaire après les faits, les coûts exhorbitants en argent comme en risques personnels et donc la dimension bien évidemment non prioritairement économique de l’entreprise, les croisés ne partant pas en Orient, comme il nous est constamment répété (y compris de la part de certains historiens dont hélas Riley-Smith lui-même), faire fortune (comme avaient tout à perdre les républiques maritimes italiennes à la désorganisation des marchés existants) et c’étaient d’ailleurs non les cadets sans terre, autre idée reçue, mais les ainés qui partaient soulignant justement l’importance tant honorifique que religieuse de l’entreprise …

Truth is the First Victim

Kingdom of Heaven has got it dramatically wrong, according to a professor of Ecclesiastical History at Cambridge

Jonathan Riley-Smith

The Times

May 5, 2005

Public perceptions of crusading are still based on early 19th-century attitudes, epitomised by the novelist Sir Walter Scott and the historian Joseph-François Michaud. Scott’s The Talisman (1825), painted a picture of unsophisticated and fanatical crusaders encountering civilised and modern-minded Muslims, whose most attractive representative was the sultan, Saladin. On the other hand, Michaud’s Histoire (1812-22), portrayed the crusaders as imperialistic heroes whose achievements heralded the rebirth of the West.

These attitudes passed into the Muslim world after the Ottoman sultan Abdulhamid II, under pressure from Russia, Austria, Britain and France, publicised in the 1890s his conviction that the West had re-embarked on the crusades. His argument was picked up by Arab nationalism, and in the past 30 years by a pan-Islamist revival which has globalised the nationalist conception of crusading. For jihadis like Osama bin Laden “crusaderism”, the ambition of the old Christian enemy to destroy the faithful, has been manipulating even surrogate aggression from Zionists and Marxists.

The actuality was different. If crusades to the Levant were imperialistic, they were expressing a form of imperialism very different from the 19th-century variety, because it was governed by the need to regain or hold the ruined fragments of a cave in the middle of Jerusalem. For most crusaders there was no prospect of material gain, only great expenditure on enterprises that were arduous and dangerous. Christian holy war is abhorrent to us, but we have to accept that fact that our ancestors were attracted by a vibrant ideology, based on a coherent theology which to some extent constrained it. Crusades cannot be defined solely in terms of inter-faith relations as many of them were waged against opponents who were not Muslim, but, what- ever the theatre of war, an expedition could not be launched to spread Christianity or Christian rule, but had to be a defensive reaction to an injury perpetrated by another.

Some of the arguments used by the propagandists look specious to us, but the fact remains that they had to make a good case, because crusading depended on the recruitment of volunteers and the public had to be convinced that a particular cause was worth while. No one could have got away with a justification as thin as that presented for the invasion of Iraq in 2003.

The makers of the Kingdom of Heaven follow a modified version of the constructs of Scott and Michaud. A cruel, avaricious and cowardly Christian clergy preaches hatred against the Muslims and most of the crusaders and settlers are equally stupid and fanatical. At the same time the Holy Land is portrayed as a kind of early America, a New World welcoming enterprising immigrants from an impoverished and repressive Europe. And in the midst of all the bigotry a brotherhood of liberal-minded men has vowed to create an environment in which all religions will co-exist in harmony and is in touch with Saladin, who shares its aim of peace.

This is invention. There was no brotherhood of free thinkers. There did not need to be, because within a decade or two of their occupation of Palestine the crusaders had adopted a policy of toleration, based on the Muslim treatment of subject Christians and Jews. Muslim and Jewish shrines, mosques and synagogues were open. Muslims worshipped even in Christian shrines and churches and there was at least one mosque-church. Of course the toleration was necessary if the natives were to be kept quiet, but it is a different reality from that portrayed in the film.

No one can object to romantic fiction, but the film-makers have boasted that “authenticity coloured every facet of the production”. If so, they have not had good advice; not even the city of Jerusalem is sacrosanct, with a non-existent mountain, supposedly denoting Calvary, rising incongruously out of the town. Worse, where they could have created fictional characters they have opted for real historical personalities whom they have distorted ruthlessly. The characters and careers of the hero, his lover, her husband, the king and Saladin have been re-manufactured to suit the needs of the script.

Kingdom of Heaven will feed the preconceptions of Arab nationalists and Islamists. The words and actions of the liberal brotherhood and the picture of Palestine as a Western frontier will confirm for the nationalists that medieval crusading was fundamentally about colonialism. On the other hand the fanaticism of most of the Christians in the film and their hatred of Islam is what the Islamists want to believe. At a time of inter-faith tension, nonsense like this will only reinforce existing myths.

HACKING THROUGH THE CRUSADER FACT AND FICTION

The Kingdom of Jerusalem

Fact: by the year 1186, when Kingdom of Heaven takes place, the crusaders had been in control of Jerusalem since 1099.

Fiction: The film opens with Muslims and crusaders coexisting in a fragile peace, but skirmishes were continuing in the region.

Balian of Ibelin (Orlando Bloom)

Fact: Balian served King Baldwin IV and helped to organise the city’s defence against Saladin.

Fiction: Balian is first depicted as a humble artisan, but he was an established lord. There is no evidence that he fell in love with Sibylla, played by Eva Green.

Godfrey of Ibelin (Liam Neeson)

Fact: Many French noblemen travelled to the Holy Land to make their fortune during the crusades.

Fiction: The man who is supposed to be Balian’s real father never actually existed.

King Baldwin IV (Edward Norton)

Fact: The ailing King of Jerusalem did indeed suffer from leprosy from childhood.

Fiction: Not only did Baldwin not cover his face in public, but he died a year before the events of the film take place.

Saladin (Ghassan Massoud)

Fact: The Muslim leader was generous to the enemies he respected, including Richard I.

Fiction: That didn’t stop him hacking off the heads of his Christian foes when it suited.

Voir aussi :

Le terrorisme norvégien en contexte

Daniel Pipes

National Review Online

27 juillet 2011

Version originale anglaise: Norway’s Terrorism in Context

Adaptation française: Johan Bourlard

Vue de loin, la Scandinavie, dont les familles royales et les Premiers ministres vivent pratiquement sans protection rapprochée, peut sembler idyllique. Toutefois, cette région a eu sa part de violence, notamment les assassinats, en Suède, du Premier ministre Olof Palme et de la ministre des Affaires étrangères Anna Lindh, ou encore les massacres dans deux écoles de Finlande, perpétrés en l’espace d’un an, l’un tuant huit personnes, l’autre dix. Pour le dire autrement, la folie meurtrière d’Anders Behring Breivik n’est pas tout à fait sans précédent.

Dans le passé, on savait, et c’était commode, que des actes fous tels que ceux de Breivik étaient le fait d’individus sous l’emprise d’idéologies extrémistes. Ce n’est pas le cas de Breivik. Ce terroriste compte parmi ses auteurs favoris George Orwell, Thomas Hobbes, John Stuart Mill, John Locke, Adam Smith, Edmund Burke, Ayn Rand et William James. La rupture entre le conservatisme politique classique de Breivik et sa démence présente un dilemme et un défi aussi neufs que choquants.

Behring Breivik a plagié Ted Kaczynski, surnommé Unabomber.

Ceci dit, il n’y a aucune raison de penser que Behring Breivik ait un quelconque émule ni qu’aucun autre conservateur classique cherche à l’imiter dans le massacre de socialistes. Cela n’est jamais arrivé et cela ne se reproduira probablement plus jamais. Cette folie macabre constitue une exception.

Et pourtant, cette exception nous montre, à nous conservateurs, que nous devons être conscients d’un danger auquel nous n’avions pas pensé. Nous pouvons certes nous opposer aux socialistes mais nous ne pouvons pas les dénigrer.

Compte tenu du soin méticuleux avec lequel Breivik a planifié non seulement ses attentats à la bombe et sa fusillade mais aussi la mise en ligne d’un manifeste et d’une vidéo et compte tenu de son projet de faire de son procès une mise en scène politique, son terrorisme apparaît finalement comme destiné surtout à attirer l’attention sur ses opinions politiques. En effet, lors de sa comparution initiale le 25 juillet, il a, selon l’Associated Press, présenté la violence « comme du « marketing » pour son manifeste » intitulé 2083 – A European Declaration of Independence (2083 – Une déclaration d’indépendance européenne).

En ce sens, Behring Breivik ressemble à Ted Kaczynski, surnommé Unabomber, qui a utilisé la violence comme un moyen de promotion pour son manifeste de 1995 intitulé Industrial Society and Its Future (La société industrielle et son avenir). En effet, le lien entre les deux est très étroit : Hans Rustad montre, documents à l’appui, à quel point Behring Breivik a plagié Kaczynski et n’en a changé que certains mots-clés.

Si on ajoute à ces deux cas, ceux de Timothy Mc Veigh (l’auteur des attentats à la bombe d’Oklahoma City en 1995) et Baruch Goldstein (l’auteur du massacre d’Hébron en 1994), on obtient les quatre exceptions marquantes à la règle quasi générale des massacres perpétrés par les islamistes. Un site internet, TheReligionOfPeace.com, dénombre 17 500 actes terroristes commis au nom de l’Islam ces dix dernières années ; en extrapolant, on arrive à 25 000 actes depuis 1994. Nous sommes donc en présence de deux phénomènes d’ampleurs très différentes. Comme l’observe David P. Goldman, « il y a un monde de différence entre l’usage organisé de l’horreur par les terroristes et les actions dépravées d’individus. » Certes, nous devons nous inquiéter aussi de la violence non-islamiste, mais l’islamisme dans toutes ses variantes est prédominant et le restera étant donné sa nature extrémiste.

Ravi Shankar, rédacteur en chef du New Indian Express, écrit que « ce qui s’est passé à Oslo vendredi peut être le germe d’une nouvelle guerre civile – opposant les Européens musulmans et chrétiens entre eux. » Il pourrait bien avoir raison. Comme je le soutenais dans une analyse de 2007, « Les options peu engageantes de l’Europe », l’avenir du continent consistera probablement soit en une islamisation soit en un conflit civil de longue durée. J’évoquais alors la possibilité selon laquelle « les Européens indigènes – qui constituent toujours 95% de la population du continent – se réveillent un jour et imposent leur volonté. « Basta ! », diront-ils, en restaurant leur ordre historique. Cela n’est pas si improbable ; un mouvement d’irritation se fait jour en Europe, moins parmi les élites qu’au sein des masses, qui proteste bruyamment devant l’évolution en cours. »

Bien qu’il ait attaqué des socialistes, et pas des musulmans, Behring Breivik s’inscrit clairement dans ce mouvement d’irritation. Plus largement, il s’inscrit dans le cadre d’une violence grandissante entre chrétiens et musulmans que l’on observe du Nigéria aux Philippines, en passant par l’Irak.

Comme on pouvait s’y attendre, Behring Breivik appartient à l’école de pensée selon laquelle « l’Islam est le mal », ce qu’il indique d’ailleurs à plusieurs reprises dans son manifeste :

« … un Islam tolérant est une contradiction et la « création » d’un passé tolérant de l’Islam en vue d’apaiser la position des musulmans libéraux est un leurre.

… pour extraire la violence de l’Islam il faudrait lui faire renoncer à deux choses : au Coran en tant que parole d’Allah et à Mahomet en tant que prophète d’Allah. En d’autres termes, pour pacifier l’Islam il faudrait le transformer en ce qu’il n’est pas.

L’Islam aujourd’hui est ce qu’il est depuis quatorze siècles : violent, intolérant et expansionniste. C’est une folie de croire que nous serons, en l’espace de quelques années ou décennies, en mesure de changer la conception fondamentale du monde qui est celle d’une civilisation étrangère. La nature violente de l’Islam doit être acceptée comme un fait.

Beaucoup, du côté des conservateurs modérés, ont suggéré que l’interdiction de la charia résoudrait tous nos problèmes et forcerait les musulmans à s’intégrer. Malheureusement, l’Islam est un peu plus résistant qu’on le pense souvent… Extraire la charia (et tous les aspects politiques) de l’Islam est tout simplement impossible. »

Cette position diffère fondamentalement de la mienne puisque selon moi « l’islam radical est le problème, l’islam modéré est la solution ». Bien qu’elles aient des adversaires communs, ces deux conceptions divergent sur la nature de l’islam, ses capacités de changement et la possibilité de s’allier à des musulmans.

Outre le fait d’avoir massacré des Norvégiens innocents, Behring Breivik a porté un coup au conservatisme, à l’antidjihad et (surtout) aux auteurs – dont je fais partie – qu’il cite dans ses écrits. Une lecture attentive de son manifeste laisse supposer qu’il y a eu préméditation. Observant que son ancienne affiliation au parti conservateur, le Parti du Progrès, nuirait à celui-ci, il se montre satisfait, pensant que cela favorisera ses objectifs révolutionnaires :

« Je me réjouis à l’idée que les médias norvégiens persécutent et enfoncent le Parti du Progrès pour le fait que j’ai adhéré à celui-ci par le passé. Ce n’est pas une chose négative de voir qu’un nombre croissant de Norvégiens verra alors ses « illusions de changement démocratique » brisées (si le Parti du Progrès est anéanti par les médias multiculturalistes) et préférera recourir à la résistance armée. »

Dans le même esprit, il écrit : « L’Amérique en tant qu’État est bai*ée, et que les dieux en soient remerciés. »

Par extension, Behring Breivik peut très bien avoir voulu faire du tort aux analystes de l’Islam cités dans son manifeste. Ainsi il me qualifie de « modéré », ce qui n’est bien sûr pas un compliment, et rejette jusqu’aux critiques de l’Islam les plus durs qu’il accuse de manquer de courage :

« Si les auteurs qui écrivent sur des sujets liés à Eurabia et à l’islamisation de l’Europe – Fjordman, Spencer, [Bat] Ye’or, Bostom, etc. – ne parlent pas ouvertement d’expulsion, c’est parce que cette méthode est jugée trop extrême (et pourrait dès lors ternir leur réputation)… Si ces auteurs ont trop peur de propager une révolution conservatrice et une résistance armée, alors c’est à d’autres auteurs qu’il reviendra de le faire. »

Behring Breivik espère nuire à toute personne qu’il perçoit comme un obstacle à la révolution dont il rêve. Pour le moment, du moins, il a réussi.

Voir également :

Le mal européen et la Norvège

Guy Millière

Drzz

1er août 2011

Une semaine après les faits, un regard d’ensemble sur la réaction des médias français et européens face aux actes abominables commis par Anders Breivik s’impose, et montre une cécité consternante et, hélas, significative.

Anders Breivik est « chrétien », s’obstine-t-on à dire quasiment partout. En dehors d’une vague référence à l’ordre des Templiers, le rapport de Breivik au christianisme est pourtant très mince : il semble que la volonté d’incriminer un « chrétien », même s’il n’est pas chrétien soit la plus forte. Pourquoi cette haine du christianisme ? Le christianisme repose sur le respect de l’être humain, la compassion, l’éthique : tout ce que Breivik est venu fouler aux pieds.

Anders Breivik est d’« extrême-droite », continue-t-on à lire. Les références que Breivik donne dans le galimatias de mille cinq cent pages qu’il a rédigé sont hétéroclites, et vont d’Hitler à l’extrême gauche en passant par l’écologisme radical, mais, puisqu’il cite aussi des auteurs d’extrême droite, et divers auteurs conservateurs, il est clair que la volonté de pointer du doigt l’«extrême droite », et d’en profiter pour amalgamer extrême-droite et conservatisme, ressemble pour certains à une véritable aubaine. Pourquoi cette haine du conservatisme et cette volonté perverse de l’associer à l’« extrême-droite » ? Pourquoi, surtout, cette ignorance de ce qu’est le conservatisme du monde qui parle anglais (celui que cite Breivik) ? Le conservatisme du monde qui parle anglais respecte l’individu, la vie, est partisan d’un gouvernement limité à ses fonctions régaliennes : il n’a strictement rien à voir avec l’embrigadement militariste, collectiviste et belliciste du fascisme ou du national-socialisme que cite obsessionnellement Breivik.

Anders Breivik est « islamophobe », est-il ajouté sans cesse, et Breivik cite effectivement presque tous ceux qui ont écrit de manière critique sur l’islam dans le monde occidental aujourd’hui. Breivik dit aussi qu’il est prêt à passer des alliances avec les islamistes pour détruire l’ordre ancien et établir un ordre figé du chacun chez soi, les islamistes en terre d’islam et les Templiers en terre d’Europe : mais cela, les médias français et européens ne l’ont pas remarqué. Et ils ne disent, à ce jour, strictement rien des alliances que Breivik envisageait de passer avec les islamistes. Pourquoi cet aveuglement sur les alliances que Breivik évoquait avec les islamistes ? Et pourquoi ne pas dire que les islamologues cités par Breivik proposent d’adopter une démarche très différente, et qui n’a strictement rien à voir avec ce qu’écrit Breivik : combattre l’islam radical par la force s’il le faut, mais surtout par les idées, assumer la globalisation, dire que ce que sera l’islam en Europe dépendra de ce qu’est l’islam mondial. Breivik cite des islamologues dont il ne reprend fondamentalement en rien les analyses.

Anders Breivik s’en prend au « multiculturalisme », est-il noté enfin. Et c’est exact. Mais il tient aussi des propos antisémites et énonce un regret très explicite qu’Hitler n’ait pas expulsé tous les Juifs d’Europe, et ait commis « l’erreur » d’en tuer beaucoup, sans quoi il serait un « grand homme » : cela les médias français et européens ne l’ont pas vu. Certains journalistes le présentent, au contraire, comme un ami d’Israël, quasiment un « sioniste ». Y aurait-il chez eux une volonté d’assimiler « sionisme » à « extrême-droite » ? Je le pense. Y aurait-il une dimension antisémite dans la réaction médiatique française et européenne. Pourquoi, sinon, avoir décrit Breivik comme un ami de la cause israélienne ? Breivik est fondamentalement antisémite et accepte Israël comme un moyen de vider l’Europe de toute présence juive : il n’a rien d’un philosémite ou d’un ami d’Israël.

***

Il semble évident qu’Anders Brevik est mentalement malade et vecteur d’une forme de psychose paranoïaque : celle-ci ne l’empêchant pas du tout d’être très déterminé, et d’avoir une logique dans son délire et d’avoir écrit un galimatias. C’est ce qui se dit dans la presse conservatrice américaine, analyses à l’appui, et je pense que c’est exact.

Il semble évident qu’Anders Breivik est un homme isolé, qui a conçu son plan et rédigé son manuscrit tout seul, même s’il semble avoir rencontré des membres de la (plutôt fasciste) British Defense League. C’est ce qui se dit dans la presse conservatrice américaine toujours, analyses à l’appui, toujours. Et je pense que, jusqu’à preuve du contraire, cela correspond aux faits.

Il semble évident, ajouterai-je, que nul ne pourrait suivre la logique d’Anders Breivik, sauf, peut-être un autre homme atteint du même dérangement mental : nul, sauf un malade dans un état grave ne peut imaginer susciter un soulèvement de « Templiers » en massacrant des adolescents et en posant une bombe dans un centre ville.

Il semble que si on veut tenter de trouver un sens dans le galimatias écrit par Anders Breivik, ce sens soit à chercher dans une référence délirante aux Templiers, mais pas du tout dans le christianisme, dans des relents fascistes, nationaux socialistes, mais pas du tout dans le conservatisme (et surtout pas dans le conservatisme qu’il cite), dans une idée du chacun chez soi et d’alliances tactiques avec les islamistes, et pas du tout dans un rejet de l’islam en lui-même, dans une idée de la pureté des cultures teintée d’antisémitisme, et pas du tout dans le philosémitisme.

***

Il semble évident aussi, ce doit être précisé en ce contexte, que le délire d’Anders Breivik s’est trouvé alimenté par une réalité : la dérive de l’Europe vers une police de la pensée généralisée qui annihile la réflexion, et la remplace par une bouillie informe, faite de détestations vagues vis-à-vis de tout ce qui serait extérieur à une pensée unique génériquement social-démocrate, et le glissement parallèle de l’Europe vers l’émergence de zones de non droit, de bandes ethniques et de poussées islamistes.

Dans une démocratie fonctionnant normalement, il existe une liberté de parole, des débats logiques et rationnels, et tous les problèmes peuvent être abordés en regardant la réalité en face.

Dans les sociétés européennes, qui n’ont plus rien de démocratique et qui ressemblent, comme vient de le rappeler à juste titre Caroline Glick, à la « démocratie totalitaire » décrite par Jacob Talmon dans ses analyses de la Terreur sous la Révolution française, la liberté de parole est asphyxiée, les débats disparaissent au profit des anathèmes et des amalgames, et il est impossible d’aborder certains problèmes sans recourir à une langue de bois, qui voile soigneusement certains faits et rend tabou de les évoquer. Cela n’incite pas ceux qui souffrent de cette situation d’ensemble, ou qu’elle révolte, à adopter un comportement violent.

Mais une telle situation d’ensemble, lorsqu’elle croise la trajectoire d’un malade mental peut alimenter certains délires et entraîner certains comportements.

Les Norvégiens se demandent aujourd’hui comment la Norvège, paradis policé du politiquement correct, a pu produire un Anders Breivik : je dirai que précisément, en étant un paradis policé du politiquement correct, de la pensée unique et de la bouillie susdite, et en se laissant gagner par des enclaves de non droit, par la développement de bandes ethniques et par des poussées islamistes sans pouvoir répondre, la Norvège constituait un terrain fertile pour qu’un Anders Brevik puisse y émerger.

Les médias français et européens se demandent gravement ce qui s’est passé, et leurs réponses biaisées, faussées, falsifiées par le politiquement correct, la pensée unique et la bouillie ne permettent pas de comprendre, au contraire. Elles témoignent de l’ampleur du mal européen qui plonge ce continent vers l’agonie et un lent chaos.

***

C’est en détruisant la démocratie et la liberté de parole, en installant une police de la pensée, une pensée unique, et une bouillie qui empêche de comprendre quoi que ce soit, qu’on produit des malades mentaux qui se conduisent comme Anders Breivik. Celui-ci est une abominable exception. Il pourrait y avoir d’autres exceptions, hélas.

Les médias français et européens, en continuant obstinément à aller dans la même direction, mettent en place les conditions faisant qu’il peut risquer effectivement d’y avoir d’autres abominables exceptions. Les dirigeants politiques parlent globalement comme les médias.

***

Au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale, des dirigeants européens ont construit, au nom du rejet du fascisme et du national-socialisme, un édifice absolutiste reposant fondamentalement sur la défiance vis-à-vis de la démocratie, sur la défiance vis-à-vis du marché, sur la remise du pouvoir à des technocrates censés être « éclairés » et avoir les « bonnes idées », sur des orientations de type social-démocrate.

La suite est connue : constitution d’Etats providence hypertrophiés, prise en main des médias, des universités, de tout le secteur de l’enseignement par les tenants des « bonnes idées », dissémination par ce biais d’un rejet graduel de tout ce que la civilisation occidentale a produit de plus fécond, et que christianisme, conservatisme au sens où je l’ai défini plus haut, et judaïsme, préservent et incarnent, diffusion d’un relativisme généralisé.

Les résultats sont là : la démocratie est très largement abolie en Europe, ce qui entraîne des révoltes des peuples, les marchés dirigés sont asthéniques, les « bonnes idées » des technocrates ont construit un château de carte en train de s’effondrer, les Etats providence sont en faillite, les « bonnes idées » sont hégémoniques, la haine du christianisme, du conservatisme, du judaïsme, se disséminent, le relativisme produit tout à la fois la non intégration de fragments vastes des communautés musulmanes, et la crispation symétrique de gens qui glissent vers l’extrémisme de droite, pour certains, vers l’extrémisme de gauche pour d’autres.

A l’intersection de la crispation et de la maladie mentale, il peut y avoir un Anders Breivik et des atrocités.

***

L’Europe qui s’est construite ressemble à une grande fuite en avant vers un précipice.

Dans cette fuite en avant, il y a d’autres ingrédients dont il faut parler : une attitude d’apaisement vis-à-vis de l’islam radical qui a pour pendant des réactions de haine globale pour les populations musulmanes. La montée d’un « antisionisme » qui n’est qu’un masque supplémentaire pour le nouvel antisémitisme européen et permet, au nom de l’apaisement, à cet antisémitisme de se mêler à l’antisémitisme islamique.

La Norvège est un pays qui incarne la quintessence de la fuite en avant européenne, même si elle n’est pas dans l’Union Européenne. L’économie y garde une apparence de prospérité parce qu’existe l’effet de rente venu d’exploitations pétrolières : ce n’est pas une prospérité reposant sur la création entrepreneuriale. La Norvège est aussi l’un des pays européens qui vont le plus loin dans la direction de l’apaisement vis-à-vis de l’islam radical. C’est l’un des pays les plus antisémites d’Europe, et c’est le pays le plus « antisioniste » d’Europe.

Les jeunes socialistes norvégiens sur lesquels Anders Breivik a tiré étaient réunis dans un camp de formation très politiquement correct, très « pensée unique », très porteur d’apaisement vis-à-vis de l’islam radical, et très imprégné d’antisémitisme déguisé en « antisionisme ».

Ces jeunes très politiquement corrects et très « pensée unique » rêvaient de soutien au terrorisme arabe pourvu qu’il tue des Juifs, et ne craignaient donc pas un attentat islamiste. C’est un autre type d’attentat auquel ils ne s’attendaient pas, qui a pris leur vie.

Avoir vu, quelques jours plus tard, l’ambassadeur de Norvège en Israël donner un entretien à un quotidien israélien, le Maariv, et justifier le terrorisme « palestinien », incriminer Israël, soutenir le Hamas, dire que les attentats d’Oslo n’étaient pas justifiés mais que ceux qui tuent des Juifs en Israël le sont, a montré ce qu’est la Norvège aujourd’hui, et ce que pourrait devenir l’Europe si on continue à y dire et à y écrire ce qu’on y dit et ce qu’on y écrit.

PS : Les « jeunes du Fatah » viennent de publier un communiqué condamnant les attentats d’Oslo. Perdre des compagnons de lutte est toujours triste. Ils ne pourront plus rêver ensemble de tuer des Juifs. Les « jeunes du Fatah » avaient été invités l’an dernier sur l’île d’Utoya par les jeunes travaillistes norvégiens. Aucun communiqué n’a été publié par les « jeunes » du Hamas.

Voir enfin :

« 2083, Une déclaration européenne d’indépendance » ou le petit manuel du néo-croisé

Libération

25/07/2011

Manifeste, pamphlet, utopie réactionnaire, ouvrage d’anticipation, guide pratique du terroriste ou délire narcissique? Le volumineux texte (1518 pages) envoyé à 5700 personnes par le tueur norvégien Anders Behring Breivik est un peu tout ça à la fois. Intitulé 2083, Une déclaration européenne d’indépendance, il se veut le manuel de référence du néo-croisé.

La couverture est ornée de la croix des Templiers et d’un incipit emprunté à Bernard Clairvaux, moine cistercien français du XIIe siècle, resté célèbre pour avoir joué un rôle actif dans la seconde croisade et dans le projet de guerre sainte de la chrétienté contre l’islam. Le texte daté de 2011 est signé d’Andrew Berwick, pseudo anglicisé du tueur norvégien.

Plagiant sans le citer un ouvrage du théoricien paléo-conservateur (par opposition à néo-conservateur) américain William.S.Lind, Breivik commence par définir l’ennemi, le «politiquement correct». Il est incarné par ce qu’il nomme le marxisme culturel et ses figures supposées que sont George Lukacs, Antonio Gramsci ou les membres de l’école de Francfort (Marcuse et Adorno). Leur tort présumé: avoir sapé les fondements de la civilisation européenne en favorisant l’émergence du multiculturalisme. Et avec lui de l’islam. Car c’est bien là l’obsession de Breivik et presque toutes les pages de son surnommé «compendium 2083» font part de l’inquiétude et de l’urgence de l’auteur à combattre «l’islamisation de l’Europe» et son allié le «marxisme culturel».

Guerre de reconquête

Toute la première partie est un amas de textes conservateurs plus ou moins bien articulés et empruntés à toutes les mouvances de la droite et de l’extrême droite. Un seul objectif: convaincre le lecteur que face à la menace islamiste, la guerre de reconquête est inéluctable. Et passe par des attaques ciblées contre les tenants du multiculturalisme accusé d’avoir orchestré une invasion et de nier la dangerosité de l’islam en Europe, aidés en cela par les gouvernement nationaux et européens.

Pour appuyer cette démonstration, sont notamment convoqués – de façon plus ou moins honnêtes, certaines libertés étant prises avec les textes d’origines et les auteurs n’étant pas toujours cités – l’orientaliste paganiste Koenrad Elst, le terroriste technophobe Theodor Kaczynski, le néoconservateur Daniel Pipes ou Robert Spencer. Ce dernier, tient un site, Jihad Watch, critiqué pour ces positions islamophobes, et auquel Breivik fait référence à de nombreuses reprises.

Un nom revient sans cesse au fil des pages, celui du blogueur norvégien anonyme Fjordman qui ressasse au fil de ses chroniques la menace que font peser l’immigration et l’islam sur la société occidentale et fait sien le concept d’Eurabia (emprunté à l’essayiste conservatrice anglaise Bat Ye’Or). Plusieurs médias se sont demandés si Fjordman et Breivik n’étaient pas une même personne, cela est démenti par l’auteur du Compendium 2083 à la fin de l’ouvrage. Combattant déclaré d’un négationnisme historique, Breivik revisite ensuite l’histoire ancienne et récente de l’islam sous le seul prisme du jihad. Il rappelle également les heures glorieuses de l’Europe; de Charles Martel aux croisades en passant par la Reconquista sans oublier les Vikings. Pour pointer la décadence occidentale, le tueur norvégien reprend à son compte de nombreux topoï de l’extrême droite: féminisme, disparition de la figure paternelle, baisse de la natalité, emprise d’une culture de masse, médiatique ou sociologique.

Breivik, qui se définit comme un libéral économique proche des idées de l’Ecole de Vienne (Friedrich Hayek) dénonce néanmoins le capitalisme globalisé qui ferait le jeu de l’immigration. On peut noter que la très grande majorité des textes cités sont consultables sur le net et circulent sur plusieurs sites ce qui laisse à penser que c’est en grande partie par ce biais que Behring s’est informé et a construit son idéologie meurtrière.

Cette idéologie part du constat que l’ère du dialogue avec les marxistes culturels est révolue et qu’il convient désormais de passer à la guerre. Le début des hostilités est fixé à 1999, date des bombardements de l’Otan sur la Serbie. Un événement considéré par Breivik comme déterminant dans son engagement. Il se présente comme un nouveau chevalier de l’Ordre du Temple qui aurait été refondé à Londres en 2002 et compterait entre 15 et 80 membres en 2008. Puis sont définis les objectifs et les cibles de cette organisation en vue d’une reconquête européenne.

Universitaires, journalistes, politiques, musulmans

Il s’agit dans un premier temps de mener des attaques ciblées visant à faire connaître la cause et à créer de la division au sein des sociétés européennes. Sont visés en premier chef les universitaires, les journalistes, les partis de gauche et plus globalement tous les politiques soupçonnés d’adhésion à l’idéologie multiculturaliste. Les musulmans sont également une cible mais il faut, écrit-il, que les attaques soient massives de sorte qu’ils soient nombreux s’engager dans le jihad. Prétendant agir au nom de la seule efficacité de sa cause, Breivik préconise de s’attaquer en priorité à ce qu’ils ont de plus cher, leurs femmes.

Dans une espèce de délire de classification, présent tout au long du manifeste, le terroriste liste les pays les plus exposés en fonction du pourcentage de musulmans dans la population; la France arrive en tête avec une évaluation à 13,5% (bien au-delà des estimations du ministère de l’Intérieur qui évoque 5 à 6 millions de musulmans en France soit 8 à 10%). Cette phase d’attaques ciblées n’est qu’une première étape avant des actions de plus grande ampleur qui doivent conduire à une guerre civile qu’il voit synonyme de libération. Laquelle promet Breivik, aura lieu avant 2083.

Le texte se révèle être une véritable déclaration de guerre qui fixe à l’avance les conditions de la capitulation et la mise en place de tribunaux pour les traîtres multiculturalistes. Il prévoit également la déportation des musulmans d’Europe moyennant 25.000 euros par personne. Un peu plus loin, Breivik évoque 1 kilo d’or par personne. Mais ce manifeste se veut surtout un guide pour les néo-croisés. Des centaines de pages sont consacrées à la préparation des attentats, à l’armement souhaitable ou à la préparation psychologique du chevalier. Breivik suggère notamment d’écouter la chanteuse nationaliste Suédoise Saga ou de réciter…des Sourates du Coran pour discipliner son esprit sur la durée.

Le «chevalier» va jusqu’à détailler les marques d’anabolisants à prendre pour la préparation physique et envisage comme une solution crédible d’avoir un jour accès à l’arme nucléaire grâce à l’aide de nationalistes russes, serbes ou israéliens. Le choix de l’armure (différents gilets pare-balles) est détaillé sur plusieurs dizaines de pages. Soit presque autant que les passages consacrés à l’Europe libérée où Breivik convoque de nouveau des auteurs pour proposer une utopie qui prévoit la destruction des mosquées et l’abandon de la langue arabe. Il envisage aussi la refonte de l’Eglise (par une réintégration du protestantisme dans le catholicisme).

On peut d’ailleurs noter que le tueur norvégien initialement présenté comme un fondamentaliste religieux confesse une foi timide mais une croyance forte dans l’ordre incarné par l’Eglise. Autre point étonnant de la société idéale selon Breivik, la place des immigrés qui auraient le droit de venir exercer certains métiers (jardinage, bâtiment, taxis…) pour des contrats de six à douze mois et vivraient dans des quartiers communautaires. Malgré une conception martiale de la société, Breivik se défend de tout fascisme ou nazisme (se déclarant notamment allié des Juifs) et dit s’inspirer de la démocratie russe et des modèles monoculturels japonais ou sud-coréens.

Enfant privilégié, icône hip hop, ancien graffeur

La dernière partie, plus personnelle, retrace la vie de l’auteur sous la forme de questions/réponses. Breivik se présente comme un enfant privilégié, né dans une famille divorcée. Le portrait qu’il fait de son père qu’il n’a pas vu depuis 16 ans ou de son beau père, ancien militaire qui passe son temps à visiter la Thaïlande et ses prostituées, a des accents Houellebecquiens. On découvre aussi que le tueur fou est une ancienne icône du milieu hip-hop osloïte, ex graffeur, engagé à 16 ans aux jeunesse du Progress party.

Ses convictions d’extrême droite seraient nées très tôt. Il relate notamment l’histoire d’un de ses amis d’enfance, d’origine pakistanaise qui a toujours rejeté la culture norvégienne. Et mentionne aussi des filles, camarades de classe, qui auraient été renvoyées dans leur pays d’origine par leurs parents. Etrangement (ou pas), Breivik liste et décrit dans le détail les 8 agressions plutôt mineures dont il a été victime. Il évoque à chaque fois des «bandes musulmanes». Lui qui a abandonné ses études d’économie au bout de deux ans, se déclare autodidacte et calcule le nombre d’heures qu’il a consacré à la lecture dans sa vie…

Télé-opérateur puis chef d’une entreprise d’import export, il détaille ses revenus afin de ne pas passer pour un «loser nazi, malade, consanguin et pédophile». De même, Breivik tient à démentir une homosexualité que lui prêtent certains de ces amis et s’autorise même un «LOL, je suis 100 % hétéro». Cet autoportrait est très surprenant car plusieurs fiches sur l’auteur y sont compilées où il mentionne son admiration pour Churchill, Bismarck ou Radovan Karadzic et se qualifie d’ambitieux, optimiste, créatif et travailleur. Parmi ses livres de chevet: 1984 de George Orwell et le Léviathan de Thomas Hobbes.

Le manifeste s’achève par le journal de bord du tueur qui, depuis plusieurs mois, notait scrupuleusement ses pensées et ses actions quotidiennes jusqu’au jour fatidique. Sur les dernières pages, des photos couleur d’Anders Behring Breivik. La dernière le représente, accompagné de deux femmes, un collier de fleurs autour du cou.

Voir enfin:

Oslo and the Dangers of Moral Equivalence

Bruce Thornton

Frontpage Magazine

July 31, 2011

The revelation that the perpetrator of the terrorist attacks in Oslo, Anders Behring Breivik, is a self-described Christian and conservative is sure to provoke an outburst of the moral equivalence favored by apologists for jihadism. Ever since 9/11, those unwilling to confront the theology of violence in Islam have relied on the tu quoque fallacy — “you do it too” — to dismiss the role of Islamic doctrine in Muslim terrorism. In this argument, all religions have violent extremists, and so it is irrational bigotry to suggest that there’s something in Islam that makes such violence more acceptable and legitimate.

After 9/11, for example, the fact that the Oklahoma City bomber Timothy McVeigh was a nominal Methodist was presented as evidence for Christian terrorism — even though he died a self-professed unrepentant agnostic — or used as an example of how religious affiliation had nothing to do with Muslim violence, as Greg Easterbrook did in his book The Progress Paradox. The tendentious depiction of the Crusades in popular culture, as in Ridley Scott’s historically ignorant Kingdom of Heaven, went even further, suggesting that Christianity’s record of religiously inspired violence was worse than Islam’s. More recently, during Representative Pete King’s hearings into Muslim extremism in America, Representative Sheila Jackson Lee scolded King for ignoring “Christian militants.”

 Or consider the six-hour CNN documentary, God’s Warriors, which appeared in 2007. Its host Christine Amanpour not only equated the tiny number of Christian and Jewish terrorists with the vastly greater number of jihadists, but also implied that Jewish militants were the cause of Muslim violence: “The impact of God’s Jewish warriors goes far beyond these rocky hills [i.e. Jewish West Bank settlements]. The Jewish settlements have inflamed much of the Muslim world.” So, too, historian of religion Philip Jenkins, who told NPR that “the Islamic scriptures in the Quran [concerning war] were actually far less bloody and less violent than those in the Bible.” The serial apologist for jihad John Esposito wrote in his book Unholy War, “Terrorists can attempt to hijack Islam and the doctrine of jihad, but that is no more legitimate than Christian and Jewish extremists committing their acts of terrorism in their own unholy wars in the name of Christianity and Judaism.” An atheist Richard Dawkins makes the same argument, alleging that Christian fundamentalists “fuel their tanks at the same holy gas station” as Muslim terrorists.

The absurdity of these arguments is patent. First, the number of attacks attributable to self-professed Christian terrorists is miniscule compared to the toll of Islamic jihadists — 17,489 since 9/11, as counted and documented by Religion of Peace. More important, though the former terrorists may call themselves Christian, only a tiny handful of Christians would accept that label, contrary to the wide acceptance and approval of jihadist terrorism that can be found throughout the Muslim world. For example, a recent Pew survey found that one in five people in Egypt view al Qaeda favorably, the same percentage in supposedly moderate Indonesia, figures representing over 60 million people. It is unimaginable that a similar survey about Breivik would generate anything more than a rounding-error’s worth of Christians supporting him.

This fact reflects the most obvious fallacy behind the moral equivalence argument: the complete lack of anything remotely resembling a theology of violence in the Bible. Yes, there is plenty of blood and guts in the Old Testament, but as Raymond Ibrahim points out, the references to those battles are “descriptive, not prescriptive,” and reflect history rather than theology. There is nothing in the Bible remotely similar to the numerous commands to wage war against the infidel that can be found in the Koran, the hadiths, the biographies of Mohammed, and 14 centuries of Islamic jurisprudence, commentary, history, and theology.

Nor can one find Christian clerics or scholars praising and justifying religious violence, whereas numerous respected Muslim religious leaders do so on a regular basis, for the obvious reason that it is doctrinally legitimate and traditional. The continuity of this 14-century-long tradition can be traced starting with Mohammed’s farewell address in 642, when he said, “I was ordered to fight all men until they say, ‘There is no god but Allah.’” This incitement to religious violence was repeated by the Ayatollah Khomeini in 1979: “Until the cry ‘There is no God but God’ resounds over the whole world, there will be struggle.” It was repeated by bin Laden in 2001: “I was ordered to fight the people until they say there is no god but Allah, and his prophet Muhammed.” And it was quoted by the Fort Hood murderer Nidal Malik Hassan, in a power-point presentation at Walter Reed Hospital. No such tradition exists in Christianity or Judaism, because theological violence is not part of those faiths.

This reliance on moral equivalence not only obscures the causes of Muslim violence. It also leads to misunderstanding the true significance of European extremism. Rather than the expression of Christian or conservative pathology, acts like the Oslo bombing expose the bankruptcy of the EU utopian dream and its notion that nationalist loyalty and Christian identity are at best passé, at worst an expression of xenophobia or racism. EUtopia has marginalized legitimate nationalist and religious identity and exalted in its place some mythic transnational cosmopolitanism and sentimentalized multiculturalism alien to the lives of most ordinary Europeans. As such it creates the conditions in which extremist, if not neo-fascist varieties of nationalism, can flourish, particularly given the growing problems of marginalized and unassimilated Muslim immigrants.

This is not to suggest that anything is responsible for the Oslo bombing other than the actions of the bomber. But it is important to understand the correct context of those actions. As EUtopia continues to unravel, both economically and as a politico-social ideal, we can expect to see extremist parties in Europe grow larger, and violence be increasingly regarded as a legitimate response to the EUtopian assaults against national identity and cultural traditions.

29 commentaires pour Attentats d’Oslo: Comment délivrer un temple qui n’a jamais existé? (Truth is the first victim)

  1. […] de Cambridge Jonathan Riley-Smith), à cet exemple particulièrement illustratif de cette vision, systématiquement tronquée et issue de notre propre XIXe siècle, de l’histoire des relations entre l’Occident et […]

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  2. jcdurbant dit :

    Voir aussi:

    L’intérêt de la manœuvre est évident : disqualifier et même criminaliser toute critique des transformations des sociétés induites par l’immigration – ou plus précisément dans le cas de la France par le renoncement à assimiler les immigrés. S’il existe un fil rouge menant d’Alain Finkielkraut à Breivik en passant par l’électeur de Wilders ou de Marine Le Pen, toute réticence à l’égard du multiculturalisme tel qu’il s’installe en Europe mène au meurtre. Bien sûr, vous avez le choix : ou vous pensez que les changements culturels produits par les flux migratoires sont une bénédiction pour nos sociétés sclérosées et, par conséquent, qu’il serait monstrueux de demander aux populations fraîchement installées de s’adapter aux mœurs locales, ou vous êtes un salaud prêt à sortir son revolver dès qu’il entend le mot « différence ».

    Je ne sais absolument pas dans quelle mesure un discours ambiant peut expliquer un passage à l’acte. Mais si c’est le cas, on peut soutenir que ce ne sont pas les propos dans lesquels il croyait entendre un écho de ses propres obsessions qui ont enragé Breivik, mais le conte de fées qui sert de discours officiel aux médias sur l’immigration et les bienfaits de la coexistence. Peut-être n’a-t-il pas basculé parce qu’il se croyait compris, comme le proclament mes estimables confrères, mais parce qu’il se sentait isolé dans un monde indifférent à ses angoisses.

    Elisabeth Levy

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  3. Jennifer dit :

    I’m having difficulty sending reading or sending messages to you on another site.

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  4. […] n’y a jamais eu de temple ici. (…) C’est tous des menteurs. Gardien musulman de l’Esplanade du Temple (pardon: « des mosquée » , discussion avec l’auteur, Jérusalem, juillet […]

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  6. […] de la Maison Blanche que le zozo de l’Elysée n’ont d’yeux assez doux pour les nouveaux génocidaires et de mots assez durs pour les descendants de Mardochée et d’Esther qui tentent […]

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  7. […] Blanche que le sauveur africain de l’Elysée n’ont d’yeux assez doux pour les nouveaux génocidaires et de mots assez durs pour les descendants de Mardochée et d’Esther qui tentent […]

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  8. […] Blanche que le sauveur africain de l’Elysée n’ont d’yeux assez doux pour les nouveaux génocidaires et de mots assez durs pour les descendants de Mardochée et d’Esther qui tentent […]

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  9. […] que le Sauveur de l’Afrique à l’Elysée n’ont d’yeux assez doux pour les nouveaux génocidaires et de mots assez durs pour les descendants de Mardochée et d’Esther qui tentent […]

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  10. […] des disciples de Mahomet, les juifs ne peuvent toujours prier sur l’esplanade de leur ancien temple […]

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  11. […] de l’emplacement du mont du Temple…il se peut qu’il ait été situé à Jéricho ou ailleurs. Walid Awad (directeur des publications pour l’étranger du ministère de l’Information de l’OLP, […]

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  12. […] de l’emplacement du mont du Temple…il se peut qu’il ait été situé à Jéricho ou ailleurs. Walid Awad (directeur des publications pour l’étranger du ministère de l’Information de l’OLP, […]

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  13. […] où, après plus de 1300 ans d’occupation, les islamistes multiplient non seulement les affirmations négationnistes mais à présent les provocations physiques contre ce qui reste du temple détruit par Titus il y a […]

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