Réseaux sociaux: Attention, une émeute peut en cacher une autre (Vancouver rioters face unprecedented tyranny of social networks)

We gonna be burning an a-looting tonight (…) burning all illusion tonight … Bob Marley
Les vrais fans ne font pas d’émeutes. Page Facebook
J’ai participé aux émeutes, j’ai renversé une voiture, fracassé la Banque de Montréal, les arrêts d’autobus… Une grosse soirée! Sienna St-Laurent (14 ans)
Je ne sais pas, je voulais me sentir cool. Sienna St-Laurent
Près d’une semaine après les émeutes de Vancouver — pour une vulgaire histoire de hockey et de défaite — la Toile s’est mise en mouvement, à l’appel de la police, pour se transformer en immense espace de délation des émeutiers. Une justice populaire, numérique, instantanée, nominative, faisant fi des cadres légaux en place qui inquiète quelques juristes, protecteurs des droits civiques et pourfendeurs des dérives contemporaines. Alors que la jeunesse branchée qui a accepté d’alimenter ce nouveau travers des réseaux sociaux ne semble pas vraiment s’en formaliser. Le Devoir

Jeune vandale contraint de se livrer aux autorités et de s’excuser publiquement, déménagement de la famille d’un vandale sous la pression publique, adolescents victime de messages haineux après s’être vantée sur son blog de sa soirée d’émeutes, émeutière perdant son emploi à temps partiel après avoir été reconnue sur des images sur l’internet, arrestations d’émeutiers reconnus par leurs voisins et amis à partir d’images diffusées sur les réseaux sociaux …

Les réseaux sociaux, en  cette véritable société orwellienne où l’on ne peut même plus casser en paix, ont encore frappé !

En ces temps étranges où, pour avoir l’aval des médias ou être élus, nos responsables politiques se félicitent comme à New York de voter des aberrations du type droit au « mariage homosexuel » …

Où le maire d’une ville de nos banlieues françaises ravagée par le trafic de drogue et prise les échanges de tirs entre gangs de trafiquants en appelle démagogiquement à la fois à l’envoi de casques bleus et à une dépénalisation de l’usage du cannabis qui ne peut que pousser les trafiquants à passer à d’autres drogues plus dures et plus lucratives …

Et où , dans la Région Centre , une rectrice se voit contrainte à la rétractation pour avoir osé évoque le secret de polichinelle du rapport entre une immigration non choisie et la baisse des résultats du système éducatif français dans les comparaisons internationales …

Véritable « émeute » de bons sentiments chez nos courageuses belles âmes …

S’inquiétant suite à la mise à sac de la ville de Vancouver (117 arrestations, 150 blessés hospitalisés, pillages de magasins, voitures brûlées, des millions de dollars de dégats dans la nuit du 14 au 15 juin) par de jeunes émeutiers en furie après la perte par leur équipe du championnat de Hockey de …

la réaction citoyenne d’internautes outrés par un tel déferlement gratuit de violence gratuite !

Émeutes : le rôle des médias sociaux et des internautes

Le Devoir

21 juin 2011

Des témoins des émeutes ont capté des images des évènements

Près d’une semaine après les émeutes qui ont suivi la finale de la Coupe Stanley à Vancouver, Internet est devenu la plaque tournante des témoignages entourant les événements. La chasse aux malfaiteurs se poursuit dans les médias sociaux, et plusieurs Vancouvérois l’apprennent à leurs dépens.

Alors que certains utilisent Internet pour excuser leurs méfaits, la majeure partie d’entre eux dénoncent et publient les photos et les identités des suspects. Depuis mercredi dernier, la police de Vancouver a reçu des centaines de photos, de vidéos et d’images des émeutes.

Le professeur de sociologie à l’Université de la Colombie-Britannique, Christopher Schneider, parle d’une tyrannie des médias sociaux sans précédent.

C’est problématique parce que la protection de l’identité des présumés délinquants mineurs n’existe plus.

— Christopher Schneider, professeur de sociologie

Par voie de communiqué, la police de Vancouver a d’ailleurs demandé aux citoyens lundi de résister à la tentation de se faire justice eux-mêmes, en raison du danger grandissant des médias sociaux.

Aucune vengeance physique n’a été rapportée pour le moment, mais les menaces sont bien réelles pour ceux qui figurent sur ces images.

En quelques heures seulement, le nom de Nathan Kotylak, 17 ans, s’est retrouvé partout sur Internet, en plus de l’adresse de sa famille et de son numéro de téléphone. L’étoile montante de l’équipe canadienne junior de Water Polo s’est livrée aux autorités vendredi et s’est excusée publiquement d’avoir commis des actes de vandalisme.

Malgré tout, les menaces se poursuivent. Craignant des représailles, la famille Kotylak a même dû quitter son domicile de Maple Ridge le week-end dernier.

Des feux brûlent sur la rue Georgia à Vancouver

De son côté, Sienna St-Laurent, 14 ans, a elle aussi appris à ses dépens l’effet pervers des médias sociaux. En rentrant chez elle le soir des émeutes, elle a publié un message sur son blogue. « J’ai participé aux émeutes, j’ai renversé une voiture, fracassé la Banque de Montréal, les arrêts d’autobus… Une grosse soirée! », a-t-elle écrit.

Des dizaines de messages haineux ont ensuite rempli sa boîte de courrier électronique. « Trouve un pont et saute en bas. […] Tu es la honte du pays », disaient certains d’entre eux. D’autres ont demandé l’adresse de sa résidence.

« Je ne sais pas, je voulais me sentir cool, dit-elle. Je sais très bien maintenant que ce ne l’était pas. » Elle se dit aujourd’hui navrée pour ses gestes.

Pour sa part, Camille Cacnio a créé un blogue pour exprimer ses regrets et reconnaître ses torts. L’étudiante en biologie à l’Université de la Colombie-Britannique a notamment été prise en photo en train de s’amuser au milieu des émeutiers et a avoué avoir volé une paire de pantalons. Ces images lui ont fait perdre son emploi à temps partiel chez un concessionnaire automobile.

Quoi qu’il en soit, les images publiées sur Internet ont grandement aidé la police de Vancouver. Cette dernière a reçu près de 3500 courriels de gens qui dénoncent des participants aux émeutes de mercredi dernier à l’adresse de courriel robbery@vpd.ca et plus de 900 autres courriels ont été envoyés à son bureau de relations publiques.

Il reste toutefois beaucoup à faire, car même s’il y a eu plus d’une centaine d’arrestations, des mises en accusation formelles ne sont toujours pas garanties.

Voir aussi :

http://blogs.hbr.org/samuel/2011/06/in-vancouver-troubling-signals.html

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4122

Cyber-délation à grande échelle, après des émeutes à Vancouver

Une défaite en hockey avait provoqué pillages, affrontements et arrestations

Gilles Klein

Arrêt sur images

24/06/2011

Polémique au Canada : après les violentes émeutes qui ont choqué Vancouver (117 arrestations, 150 blessés hospitalisés, pillages de magasins, voitures brûlées, des millions $ de dégats dans la nuit du 14 au 15 juin après un match de hockey) des internautes via blogs, Twitter et Facebook se sont lancés à la chasse aux images d’émeutiers pour les identifier, répondant à l’appel lancé par la police. Certains approuvent, d’autres sont choqués par le procédé.

La page Facebook « Vancouver riot pics: post your photos » (Photos des émeutes de Vancouver : mettez en ligne vos images) illustrée par un slogan tagué sur un mur « Les vrais fans ne font pas d’émeutes » a attiré plus de 100 000 fans.

Sur son blog VanCity Justice, un internaute présente « une galerie d’images de ces salauds, ces déchets impliqués dans les émeutes de la Stanley Cup le 15 juin 2011 ».

Exemple avec « Est-ce quelqu’un peut identifier ce type ? »

On trouve de très nombreuses vidéos sur YouTube montrant les incidents.

Ici un jeune homme (chauve, sac à dos, tee-shirt noir) essaie de protéger sa camionnette entourée par la foule qui crie « brulez le camion ». Il finit par frapper celui qui vient de jeter un cocktail molotov dans son véhicule, mais il est aussitôt submergé par des manifestants qui le rouent de coups.

Les commentaires sur YouTube sous la vidéo saluent son courage et dénoncent ceux qui l’attaquent « comme un troupeau de singes sans cerveaux »

« Les médias sociaux rassemblent les images pour aider la police à épingler les émeutiers » constate le quotidien 24 Hours Vancouver qui estime que près de 70 000 personnes ont envahi les rues dans la nuit du 14 au 15 juin après la défaite de l’équipe de Vancouver, puis tout a dégénéré en émeutes pendant plusieurs heures.

Après avoir lancé un appel aux témoignages, selon l’agence La Presse Canadienne, le 20 juin, la police a déjà « reçu quelque 3500 courriels du public, qui contenaient 53 vidéos en pièce jointe, 676 liens vers YouTube, 708 images et 1011 hyperliens pour aider à identifier les émeutiers. L’émeute a fait l’objet d’une forte réprobation du public, et plusieurs casseurs ont également été identifiés par des amis et des connaissances dans des photos publiées sur divers sites web. Dans certains cas, les adresses et les informations personnelles sont également accessibles à tous. La policière Lindsey Houghton a indiqué que la police était au courant de l’existence de sites comprenant des messages de ces défendeurs de l’ordre, mais qu’elle ne les condamnait pas. »

« Nous recevons encore des centaines d’informations et d’images concernant les émeutes. Voci comment nous faire parvenir vos images et vidéos au Vancouver Police Department » (VPD) explique un Tweet sur le compte officiel de la police de Vancouver

Sur son site la VPD demande, le 20 juin, aux émeutiers de se rendre eux-mêmes à la police. Puis le 21 juin souligne le « Danger d’une justice expéditive » :

« Vu l’émotion provoquée par les émeutes dues au hockey, il y a un danger croissant que les outils du réseau social soient utilisés pour mettre en place une justice sommaire. »

« Le Vancouver Police Departement et son équipe d’enquête demandent au public de résister à la tentation de faire la justice eux-mêmes. Nous vous demandons d’être patients et de continuer à vous comporter en citoyens responsables alors que l’enquête avance »

Une « tyrannie des médias sociaux »

Le professeur de sociologie à l’Université de la Colombie-Britannique, Christopher Schneider, parle d’une tyrannie des médias sociaux sans précédent : « C’est problématique parce que la protection de l’identité des présumés délinquants mineurs n’existe plus. » souligne Radio-Canada.

« Aucune vengeance physique n’a été rapportée pour le moment, mais les menaces sont bien réelles pour ceux qui figurent sur ces images.En quelques heures seulement, le nom de Nathan Kotylak, 17 ans, s’est retrouvé partout sur Internet, en plus de l’adresse de sa famille et de son numéro de téléphone. L’étoile montante de l’équipe canadienne junior de Water Polo s’est livrée aux autorités vendredi et s’est excusée publiquement d’avoir commis des actes de vandalisme. Malgré tout, les menaces se poursuivent. Craignant des représailles, la famille Kotylak a même dû quitter son domicile de Maple Ridge le week-end dernier. »

« De son côté, Sienna St-Laurent, 14 ans, a elle aussi appris à ses dépens l’effet pervers des médias sociaux. En rentrant chez elle le soir des émeutes, elle a publié un message sur son blogue. «J’ai participé aux émeutes, j’ai renversé une voiture, fracassé la Banque de Montréal, les arrêts d’autobus… Une grosse soirée!», a-t-elle écrit. Des dizaines de messages haineux ont ensuite rempli sa boîte de courrier électronique. « 

Camille Cacnio, étudiante en biologie à l’université de Colombie-Britannique, a été brièvement filmée, joyeuse, sortant du magasin Black & Lee pillé, un pantalon volé à la main (1mn30 à 1mn33 dans cette vidéo).

Cacnio a perdu son emploi à temps partiel dans une concession automobile, Burrad Acura, dont le patron, comme il l’a expliqué à CBC News, a reçu une série d’appels téléphoniques et d’e-mails furieux et/ou menaçants évoquant la présence d’une de ses employées dans l’émeute. Elle a ouvert un blog pour publier un message d’excuse, après avoir rapporté le pantalon, et s’être présentée à la police.

Elle s’excuse auprès des habitants de Vancouver, du magasin, de son employeur, et de son université.

Certains n’apprécient pas du tout cettte chasse aux délinquants via Internet.

« « Je ne crois pas que j’ai envie de vivre dans une société qui transforme les réseaux sociaux en outil de contrôle et de surveillance sociale et collective. Ça me rend d’autant plus inconfortable quand je pense que cela pourrait être repris par le lobby pro-vie pour dénoncer les femmes sur le point d’avorter, des régimes totalitaires ou des patrons homophobes pour traquer les employés qui participent au défilé de la Gay Pride ». « écrit dans la Harvard Business Review Alexandra Samuel, directrice du Centre des médias sociaux et interactifs de l’Université Emily Carr

Sous le titre « Vancouver: après les émeutes, les réseaux sociaux livrent leur pire côté »le quotidien francophone Le Devoir s’inquiète le 21 juin : « Près d’une semaine après les émeutes de Vancouver — pour une vulgaire histoire de hockey et de défaite — la Toile s’est mise en mouvement, à l’appel de la police, pour se transformer en immense espace de délation des émeutiers. Une justice populaire, numérique, instantanée, nominative, faisant fi des cadres légaux en place qui inquiète quelques juristes, protecteurs des droits civiques et pourfendeurs des dérives contemporaines. Alors que la jeunesse branchée qui a accepté d’alimenter ce nouveau travers des réseaux sociaux ne semble pas vraiment s’en formaliser. »

Voir enfin:

After a Loss in Vancouver, Troubling Signals of Citizen Surveillance

Alexandra Samuel

Harvard Business Review

June 16, 2011

Last night’s post-Stanley Cup riots left me disappointed in my community. Not my local community in Vancouver: after a decade living here, I can no longer be surprised by the intensity of this city’s hockey madness. And to be fair, most of my fellow Vancouverites took the loss in stride. It was only a handful of drunken hooligans who turned the let-down into a crime spree.

The community that disappointed me was my community online. No sooner were the riots underway than the tweets began:

One thing. Social media should be used to arrest all the idiots being, well, idiots. #canucks #riots

So anyone going through their PVR when they get home and posting screenshots of rioters? Website idea: « Identify this Idiot »

Hey riot dummies: social media didn’t exist in ’94. You’re gonna get busted, and I hope you do #canucksriot

Dear Vancouver, #riot degenerates are still out. I hope with social media, these douchebags are identified by their own family and friends.

This enthusiastic embrace of social media’s potential role in identifying the trouble-makers immediately troubled me. I wasn’t alone. As one widely-retweeted message put it:

This is the downside of smartphones and social media: douchebags taking pics and tweeting about being in the midst of the riot.

But the worrying thing about social media users turning into riot documentarians wasn’t (just) the way they contributed to the crowding of Vancouver’s streets. I was deeply disturbed to see the community of social media enthusiasts embrace a new role: not in observation, not in citizen journalism, but in citizen surveillance.

Documentation and narration is a core part of social media culture. There’s nothing wrong with social media users snapping photos or video as part of their organic experience of an event. Whether it’s for a Facebook update now or a blog post you’re writing tomorrow, posting live images is a routine part of telling a story online.

But it’s one thing to take pictures as part of the process of telling your story, or as part of your (paid or unpaid) work as a citizen journalist. It’s another thing entirely to take and post pictures and videos with the explicit intention of identifying illegal (or potentially illegal) activity. At that moment you are no longer engaging in citizen journalism; you’re engaging in citizen surveillance.

And I don’t think we want to live in a society that turns social media into a form of crowdsourced surveillance. When social media users embrace Twitter, Facebook, YouTube and blogs as channels for curating, identifying and pursuing criminals, that is exactly what they are moving toward. It may seem constructive to post photos of someone burning a car in a hockey riot, and it certainly satisfies the online community’s craving to show that yes, social media can have a tangible impact. (See! The cops got a measurable ROI from their investment in Twitter!)

I am much less comfortable when I think about other ways that crowdsourced surveillance has been or might be put to use: By pro-life demonstrators posting photos of women going into clinics that provide abortions. By informants in authoritarian states tracking posts and tweets critical of the government. By employers that scan Facebook to see which of their employees have been tagged in photos on Pride Day or 4/20.

Social media users need to decide whether surveillance is going to be part of our collective mission and culture online. We need to distinguish between the opportunity (and perhaps even responsibility) that comes with widespread ownership of camera phones, and the decision to post what we snap or film. Beginning with Rodney King, we’ve learned that citizens with cameras may often capture the footage that is key to addressing an injustice or resolving a crime, and it’s in that spirit that the Vancouver Police wisely tweeted this request last night:

Anyone with photos of people committing criminal acts, please hold onto them. With the situation on-going we will need them later. thnx

But passing along the odd photo isn’t the same as turning yourself into a security camera. And it’s certainly not the same as tweeting, Facebooking or blogging your way to a comprehensive portfolio of public crimes and misdemeanours.

What social media is for — or what it can be for, if we use it to its fullest potential — is to create community. And there is nothing that will erode community faster, both online and off, than creating a society of mutual surveillance.

2 commentaires pour Réseaux sociaux: Attention, une émeute peut en cacher une autre (Vancouver rioters face unprecedented tyranny of social networks)

  1. […] une voiture, fracassé la Banque de Montréal, les arrêts d’autobus… Une grosse soirée! Sienna St-Laurent (14 ans, Vancouver, Canada, […]

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