Moyen-Orient: Derrière le printemps arabe et l’automne américain, l’hiver iranien (Iranian winter could chill the Arab spring while Washington dithers)

Empty suited ObamaSi l’administration américaine rejette désormais clairement toute idée de maintien du colonel Kadhafi au pouvoir à Tripoli, il n’en n’était pas ainsi début février, c’est-à-dire dix jours seulement avant le début de la fronde contre le régime. « A cette époque, les Américains jouaient encore les fils Kadhafi pour succéder au père », nous affirme un diplomate au fait de la situation à Tripoli. Pour preuve : le 1er février dernier, Khamis, un des fils Kadhafi en pointe aujourd’hui dans la répression des rebelles, partait pour Washington à l’invitation du Pentagone. Khamis est resté plus d’une semaine aux Etats-Unis lors d’une visite préparée par l’attaché de défense américain à Tripoli. Les manifestations contre le régime Kadhafi ont commencé alors que Khamis venait de rentrer en Libye. Il a dirigé ensuite un bataillon d’élite, la 32ème Brigade, plutôt bien équipée, et considéré comme la plus performante des trois « unités de protection du régime », constituées de 10 000 hommes, selon des sources américaines. En mars, les Etats-Unis se sont d’abord opposés à l’adoption par l’ONU de la résolution autorisant le recours à la force en Libye, avant finalement d’accepter de voter un texte, qui a permis à la coalition de protéger les populations civiles contre les exactions perpétrées par le régime libyen. Georges Malbrunot
Of all the current global conflicts where innocents are being massacred, couldn’t the administration at least narrow it down to helping one of the many groups that does not have al-Qaeda ties and was not fighting Americans in Iraq? How about « doing what’s right » in Darfur, where countless non-Muslims have been butchered by the Islamist regime in Khartoum for these many years? How about « doing what’s right » regarding the persecuted, indigenous Christians of the Islamic world? (…) In sum, as he explained it, not only does Obama’s decision to intervene militarily in Libya not serve any tangible American interests; it may directly serve the interests of the Islamist enemy. Raymond Ibrahim
Au Maghreb et au Machrek, les élites prédatrices et meurtrières qui gouvernent depuis cinq décennies les « républiques de la Peur » ou les « États de barbarie » sont désormais taraudées par le doute. Pour qu’elles ne subissent pas le sort des présidents Ben Ali et Moubarak, leurs appareils de sécurité redoublent déjà d’efforts pour étouffer toute velléité de manifestation. C’est ce qu’illustre les vagues d’arrestations opérées dans les rangs de l’opposition et au sein des quelques ilots de société civile en Syrie, en Algérie et également en Iran, État non arabe, mais acteur central dans le système régional du Moyen-Orient. (…) Les nuages ne manquent pas sur le « Printemps arabe », mais, pour la première fois depuis des dizaines d’années, ils se dissipent et ne bouchent plus l’horizon des sociétés du Maghreb et du Moyen-Orient. Mieux, s’émancipant des grands récits et comme éreintées par des décennies de répression et de violences « laïques » et « islamistes », ce sont les sociétés arabes elles-mêmes qui, pacifiquement et quasiment sans encadrement politique, ont tenté de dissiper ces nuages. À ce propos, si l’on n’a pas assisté en 2011 à une réédition des carnages algériens, irakiens et syriens évoqués ci-dessus, c’est peut-être parce que ces régimes brutaux, mais vieillissants et immobiles, ont éprouvé quelque difficulté à appliquer ces modus operandi expéditifs face à des sociétés plus multiformes et mobiles que jadis, notamment via les secteurs mondialisés et « digitaux » de leurs jeunesses. Les mois et les années à venir diront si les mouvements conservateurs les plus importants se réclamant de l’islam politique ont, comme l’assurent de nombreux experts, opéré leur conversion aux principes du pluralisme et de la démocratie parlementaire, sur le modèle désormais prisé de l’AKP turc. L’on saura également si les lourds, prébendiers et pléthoriques appareils sécuritaires se laisseront bousculer et accepteront de rendre des comptes. L’on saura enfin si les plus prêtes à tout parmi les élites militaro-policières contestées et les organisations islamistes armées seront parvenues à torpiller ces processus fragiles par lesquels les sociétés révoltées tentent littéralement de « se constituer » politiquement. Pascal Fenaux (février 2011)
Il pourrait s’avérer que le printemps arabe tourne en un hiver iranien. Ce que nous espérons voir, c’est le printemps européen de 1989. Mais (…) en période de chaos, un groupe islamiste organisé peut s’emparer de l’Etat. C’est arrivé en Iran et cela peut aussi arriver ailleurs. (…) Si on retire son venin à l’Iran ou si son régime est soumis à la même pression que les autres régimes dans la région, alors il y aura une chance de paix et de progrès. (…) L’Iran s’est déjà emparé de la moitié de la société palestinienne par le biais de son intermédiaire, le Hamas. Et si le régime iranien tombe, il ne faudra pas longtemps avant que le Hamas ne tombe à son tour. Netanyahu

Après le printemps arabe et l’automne américain,… l’hiver iranien!

Subversion tous azimuths, renversement au Liban du premier régime démocratique depuis le départ des Syriens, fourniture continue et flagrante d’armes (par bateaux entiers!) à des mouvements terroristes tels que le Hezbollah ou le Hamas, frères musulmans qui se frottent les mains  …

Après, avec l’actuel prétendu « printemps arabe », la magistrale démonstration de la totale absence de responsabilité d’Israël dans un Monde arabe qui apparaît de plus en plus clairement comme un véritable accident industriel …

Et, avec l’actuel fiasco libyen et la chute historique du crédit américain, la confirmation, chaque jour un peu plus convaincante, du bien-fondé comme de la  remarquable qualité d’exécution du renversement de Saddam …

Retour, avec l’ancien représentant américain à l’ONU John Bolton, sur les vrais gagnants derrière les actuelles gesticulations, à savoir les mollahs de Téhéran …

Que la pusillanimité du monde libre derrière son prétendu leader rapproche chaque jour un peu plus de la capacité nucléaire qui, sans compter les risques d’une course aux armements régionale, les rendra alors intouchables …

Iranian Winter Could Chill the Arab Spring

From nukes to terrorist proxies, Tehran’s power grows—and Washington dithers.

John Bolton

The WSJ

April 15, 2011

Since the « Arab Spring » began four months ago in Tunisia, U.S. media have focused constantly and generally optimistically on the turmoil in the Middle East. Unfortunately, the rising threat of an Iranian Winter—nuclear or otherwise—is likely to outlast and overshadow any Arab Spring.

Iran’s hegemonic ambitions are embodied in its rapidly progressing nuclear-weapons program and its continued subversion across the region. In a case that emphasizes the fragility of aspiring democracies, Iranian Winter has already descended upon Lebanon, where Iran’s influence has helped replace a pro-Western government with a coalition dominated by Tehran’s allies, including Hezbollah. Last week, departing Lebanese Prime Minister Saad Hariri condemned Iran’s « flagrant intervention » in his country. 

In Syria, despite substantial opposition to the Assad dictatorship, regime change is highly unlikely. Iran will not easily allow its quasi-satellite to be pried from its grasp, and is reportedly helping the Assad regime quell this week’s protests.

Then there’s the Victoria, a ship containing tons of weaponry bound for Hamas that the Israeli navy seized last month. The episode recalls the Karine A, a weapons shipment from Iran to the Palestine Liberation Organization seized by Israel in 2002. Clearly Iran has a penchant for arming Sunni and Shiite terrorists alike.

Iran’s support for Hamas is even more important now that Egypt’s blockade of the Gaza Strip, porous as it sometimes was, has now effectively ended with the fall of Hosni Mubarak. Hamas, a wholly owned subsidiary of the Muslim Brotherhood, is now free to transfer arms and operatives between Gaza and Egypt, sowing trouble in both places.

The real tip of the spear in the Middle East may be Bahrain, home of the U.S. Fifth Fleet. No longer oil-rich, the tiny monarchy is separated from Saudi Arabia only by a causeway. Popular protests in Bahrain, a Sunni monarchy ruling a 70% Shiite population, pose the starkest potential conflict between U.S. principles and strategic interests. Iran would happily welcome a « free » election in Bahrain, which would likely bring to power a pro-Tehran leadership.

Arab states, led by the Saudis, have assisted Bahrain in harshly suppressing Shiite protests. These pro-U.S. monarchies, shaken by Washington’s casual dismissal of longtime ally Hosni Mubarak, also worry about President Obama’s withdrawal from Iraq and planned reductions in forces in Afghanistan. And there is no evidence that the president has a strategy to deal with Iran’s continuing threat in the Gulf region—which extends to Yemen, where Iran could use Shiite tribes to gain influence, even as al Qaeda in the Arabian Peninsula also strengthens.

Inside Iran, we now have confirmation—thanks to disclosures this month by an Iranian opposition group, which have been confirmed by Iranian officials—that the regime has the capability to mass-produce critical components for centrifuges used to enrich uranium to weapons-grade levels. That news proves again the inefficacy of U.N. Security Council resolutions and sanctions against a determined adversary.

Thus Iran’s weapons program proceeds full steam ahead, which only emphasizes to would-be proliferators that persistence pays. Moammar Gadhafi surrendered his nuclear weapons program in 2003-04 because he feared becoming the next Saddam Hussein, but he is now undoubtedly cursing his timidity. Had he made seven years of progress toward deliverable nuclear weapons, there would surely be no NATO bombing of his military today.

An Iranian nuclear capability would undoubtedly cause Saudi Arabia, Egypt, Turkey and perhaps others to seek their own deliverable nuclear weapons. We would therefore see a region substantially more in Iran’s thrall and far more unstable and dangerous for Washington and its allies.

Moreover, America’s failure to stop Iran’s nuclear ambitions—which is certainly how it would be perceived worldwide—would be a substantial blow to U.S. influence in general. Terrorists and their state sponsors would see Iran’s unchallenged role as terrorism’s leading state sponsor and central banker, and would wonder what they have to lose.

The Arab Spring may be fascinating, and may or may not endure. Sadly, Iran’s hegemonic threat looks far more sustainable.

Mr. Bolton, a senior fellow at the American Enterprise Institute, is the author of « Surrender Is Not an Option: Defending America at the United Nations » (Simon & Schuster, 2007).

Voir aussi :

Libya Is Not Iraq

Victor Davis Hanson

National Review Online

April 18, 2011

 

The Left is terribly embarrassed about the US intervention in Libya. We have preemptively attacked an Arab Muslim nation that posed little threat to the national-security interests of the United States. President Obama did not have majority support among the American people. Nor did he even attempt to gain approval from Congress — especially egregious because he seems to be the first president since Harry Truman who sought and obtained sanction for military action from the United Nations without gaining formal authorization from his own Congress.

The administration offered no rationale for judging, on humanitarian grounds, that Qaddafi was more egregiously murderous than, say, the killers in the Congo or Ivory Coast. Nor, in terms of national security, did the relatively sparsely populated and isolated Libya pose a threat comparable to those posed by either Iran or Syria — concerning which we carefully steered clear when similar domestic unrest threatened both regimes.

Stranger still, the Qaddafi regime of over four decades’ duration had since 2003 courted Western nations, after promising to give up its sizable WMD arsenal in the light of Saddam Hussein’s fate. The Western response, if sometimes cynical and oil-driven, nevertheless was increasingly institutionalized, at least if we can gauge by the number of Western intellectuals who wrote encomia on behalf of Qaddafi, and by the institutions that, perhaps in return for sizable donations, gave degrees to his Westernized son and sponsored exhibitions of his artwork. The nadir of the Western outreach effort was the British release of the Lockerbie bomber, Abdelbaset al-Megrahi, in apparent exchange for future oil concessions and intelligence cooperation.

Why, then, did we begin bombing? Apparently, the Obama administration had been stung by criticism of its confused reactions to the protests against the two pro-American authoritarian regimes that quite abruptly crashed in Egypt and Tunisia. After days of calibrating the chances of success of the Libyan rebellion — and weighing the growing criticism of such tardy opportunism — it jumped in, convinced that in a matter of days Tripoli would be the third autocratic Arab regime to fall — now all the better with an eleventh-hour helpful push from high-profile American bombers and cruise missiles. Our landmark adventure in Libya would subordinate US military power to international humanitarian concerns as adjudicated by the UN and the Arab League, prevent the embarrassment of being shown up by the interventionist French and British, and prove a cakewalk, given that Qaddafi was isolated, on the verge of being overthrown, and ruling over a weak country of less than seven million. So the Nobel Peace laureate Obama gave the go-ahead, on the prompting of Samantha Power, Hillary Clinton, and Susan Rice, turned to the NCAA basketball tournament, golf, and vacationing in Rio — and outsourced the messy details to a reluctant Pentagon.

The Left, as I said, was humiliated, since its former criticism of Iraq had lived on the principle that George Bush had precipitously taken us to war against a Middle East oil-producing nation and now died with the principle that Barack Obama far more precipitously took us to war against a Middle East oil-producing nation. Worse still, Libya occurred amid a series of Obama flip-flops that cemented the notion of a partisan rather than principled Left: as vociferous in its criticism of President Bush’s Guantanamo, renditions, tribunals, Predators, Patriot Act, intercepts, wiretaps, Iraq presence, and preventive detention as it was abruptly silent once President Obama embraced, or indeed trumped, all these policies and protocols.

Now, in exasperation, many on the left have suggested that they are no more hypocritical than those on the right, who supported the removal of the dictator Saddam Hussein, but now oppose bombing the dictator Qaddafi, supposedly because a liberal Obama, not a conservative Bush, is commander-in-chief. But here are some reasons why Iraq in 2003 made sense, and Libya in 2011 makes no sense.

1. There was no ambiguity about our mission in Iraq: remove Saddam, and stay on to foster a consensual government. In Libya we have no mission, since we want Qaddafi gone in theory, but apparently can neither synchronize that aim with international sanctions nor pursue it openly by military means.

2. In Iraq, we were taking the lead in setting up a consensual government; in Libya to this day we have no idea who the rebels are, except that a few spoke good English in their impassioned interviews on CNN.

3. Qaddafi had viciously killed perhaps a few thousand rebels to prompt our humanitarian outrage; Saddam had killed perhaps a million at home and abroad before we intervened. Perhaps we were properly anticipatory with Qaddafi and unduly reactive with Saddam — but nevertheless, Qaddafi’s record of genocides simply was not comparable to Saddam’s.

4. The Bush administration made it clear, despite a growing insurgency and Democratic criticism, that it would not leave Iraq in defeat, but was intent on finishing the mission by removing Saddam’s Baath party from power, stabilizing the country, and ensuring an elected government. In Libya, the Obama administration intervened and then in less than two weeks abruptly quit military operations, outsourcing them to Britain and France. The administration apparently was not worried that Qaddafi is still in power and killing his opponents — to prevent which we intervened in the first place. Success in Iraq sent a signal; so did quitting in Libya. Now we can anticipate an endless cycle of horse-trading with a resilient Qaddafi, much as Saddam once made a mockery of UN resolutions.

5. When we went into Iraq, Saddam was in a virtual war with the United States, which was enforcing a twelve-year-long no-fly zone after the full-fledged 1991 Gulf War, and he was still sponsoring terrorism in the post-9/11 climate. Qaddafi was a similar nefarious dictator but, unlike Saddam, the subject of intense and ongoing Western outreach. And there had been no direct American hostilities against him in over 20 years.

6. Libya is a tiny country of less than 7 million people, of far less geostrategic interest to the United States than Iraq. Iraq, a country of 26 million, was central to the stability of the Gulf region, from which 40 percent of the world’s oil was shipped. While Saddam Hussein’s desire, past and present, to sponsor terrorism was arguably matched by Qaddafi’s prior to 2003, his ability to do so, given his more ample resources, larger population, and central location, was far greater.

7. Bush was careful to obtain authorization (on 23 grounds) from both houses of Congress in October 2002, more than five months before he went in. Yet Obama has still not even attempted anything similar.

8. Bush attempted to go to the UN and was rebuffed, and then fell back to the (dubious) position that he was at least enforcing UN resolutions. Obama indeed got UN and Arab League approval for a no-fly zone and for unspecified action to help the rebels, but then de facto exceeded it by bombing ground targets and apparently inserting operatives among the rebels to coordinate air assaults — far in excess of the UN’s notion of no-fly zones or efforts to prevent a humanitarian disaster. The US was immediately put in a box of bragging about having obtained international sanctions, and then discovering that it could not remove Qaddafi without violating the spirit and letter of just those international authorizations.

9. When we went into Iraq, we were already involved in one war, in Afghanistan, but a war that at that point had cost less than 100 American lives in over 18 months of fighting. The United States’ annual deficit was less than $400 billion. When we went into Libya we had nearly 150,000 troops stationed in Afghanistan and Iraq, and the government, facing an imminent shutdown, was running a $1.6 trillion deficit — four times as large in dollars as in 2003, and almost three times in terms of GDP.

10. When Islamists inevitably tried to hijack the US removal of Saddam, we moved to prevent that; in Libya, if and when the removal of Qaddafi happens, we have no ability to govern events and are far more likely to foster than to prevent Islamic radicalism.

11. In Iraq, we were faulted for being unilateral despite having far more allies than we do at present in Libya, when we are praised for being multilateral.

12. Stabilizing Afghanistan proved far more difficult than the brilliant six-week removal of the Taliban, stabilizing Iraq far more difficult than the brilliant three-week removal of Saddam. Such lessons teach us that Libya would probably follow the same course, or conceivably worse, given that we have not yet brilliantly removed Qaddafi. The United States might be able to stabilize two post-war constitutional governments, but probably not three — and the third attempt could very well endanger the earlier two.

To be fair, in Obama’s defense, it perhaps soon may be said that we suffered greatly in victory in Iraq and, by comparison, far less in defeat in Libya.

Voir également:

Ideals Trump Interests in Obama’s Libya Policy

Raymond Ibrahim

April 15, 2011

Hudson New York

President Obama’s recent explanation for militarily engaging Libya is yet another example of how US leaders increasingly rationalize their policies via sentimental and idealistic platitudes, rather than reality or the long view — or just plain common sense.

In a speech replete with moralizing intonations, Obama did manage to evoke US « interests » — six times — though he never explained what these are. Instead, we were admonished about « our responsibilities to our fellow human beings » and how not assisting them « would have been a betrayal of who we are. » Further, by juxtaposing America’s « interests » with its « values » — Obama did so twice in his Libya speech — indicates that he may see the two as near synonymous, though they certainly are not.

The closest thing to a fuzzy « interest » that Obama posited is the need to contain Libyan rebels from fleeing to and disrupting nearby nations, such as Egypt, a country of « democratic impulses » where « change will inspire us and raise hopes » — so an overly optimistic Obama observed. While there certainly are liberal, secular elements in Egypt’s revolution, increasing evidence — from an Islamist-inclined military that opens fire on its Christian minority, to the recent referendum which serves the Muslim Brotherhood — indicates that, left to itself, Egypt is poised to look more like Iran than America.

Of course, the Obama administration is not against Islamists rising to power — so long as it is through the « will » of the people. As the Los Angeles Times put it, the administration « supports a role for groups such as the Muslim Brotherhood, a banned Islamist organization, in a reformed Egyptian government. » Even in his speech, Obama said the US must support « the freedom for people to express themselves and choose their leaders »; must support « governments that are ultimately responsive to the aspirations of the people. » The underlying assumption is that people always choose liberal forms of governments — a demonstrably false notion: Nazis, Hamas, the mullahs — all came to power through the « aspirations of the people. »

As for Libya’s nebulous opposition, even before Obama decided to support them, the Washington Post had reported that « the administration knows little about Libya’s well-armed rebels, [and] cannot predict the political system that might replace Qaddafi’s bizarre rule. » More recent evidence indicates that the US is arming the same jihadists who four years earlier were trying to kill Americans in Iraq.

Yet Obama bypasses all these obstacles by engaging in moral posturing, asserting, for example, that a massacre in eastern Libya’s Benghazi « would have reverberated across the region and stained the conscience of the world. It was not in our national interest to let that happen. I refused to let that happen. » Again, no clarification exactly how an intertribal massacre — regular occurrences the world over — is « not in our national interest. » Moreover, as Jihad Watch director Robert Spencer soberly puts it:

Eastern Libya [Benghazi], where the anti-Qaddafi forces are based, is a hotbed of anti-Americanism and jihadist sentiment. A report by West Point’s Combating Terrorism Center reveals that during the last few years, more jihadists per capita entered Iraq from Libya than from any other Muslim country — and most of them came from the region that is now spearheading the revolt against Qaddafi.

Perhaps Obama simply sees the rebels as « freedom-fighters » — as a recent Examiner headline phrases it: « U.S. supports Al Qaeda ‘freedom fighters’ against Qaddafi in Libyan civil war. » If so, it is well to reflect that the US has been down this road before, when it supported Afghanistan’s « freedom-fighting » mujahidin against the Soviet Union in the 1980s, only for Afghanistan to become a terrorist haven and al Qaeda’s headquarters, where the strikes of 9/11 were devised.

As opposed to today, however, it was less evident during the Reagan era that Islamists would become a global headache; plus, the reason for supporting the mujahidin was less idealistic and more to do with actual US interests — containing Soviet expansion and influence.

Conversely, in Obama’s Libyan adventure, we know for a fact that Islamist forces are involved; we know for a fact what happens when Islamists assume power — whether the mullahs in Iran, Hamas in the Palestinian Authority, or the Taliban in Afghanistan: they become anti-American, terrorist breeding grounds. Finally, as Obama explained it, no US interests are being served either way.

Indeed, even Obama’s humanitarian argument for Libyan intervention is full of holes: if the opposition overthrows Qaddafi, it will likely be they, the opposition, who inflict a bloodbath on their countrymen — the usual denouement of intertribal warfare. In this context, whereas US intervention will have saved the lives of eastern Libyans, it will be seen as complicit in the killing of western Libyans — and, as usual, used as fodder to incite further anti-Americanism in the region.

Further, Obama’s point that, though many people around the world are being oppressed by their governments, « that cannot be an argument for never acting on behalf of what’s right, » also raises questions: Of all the current global conflicts where innocents are being massacred, couldn’t the administration at least narrow it down to helping one of the many groups that does not have al-Qaeda ties and was not fighting Americans in Iraq?

How about « doing what’s right » in Darfur, where countless non-Muslims have been butchered by the Islamist regime in Khartoum for these many years? How about « doing what’s right » regarding the persecuted, indigenous Christians of the Islamic world? (Whereas one of Obama’s reasons for intervening in Libya was that mosques were unintentionally being destroyed — he has been silent in word and deed regarding the numerous churches intentionally being destroyed in the Muslim world.)

In sum, as he explained it, not only does Obama’s decision to intervene militarily in Libya not serve any tangible American interests; it may directly serve the interests of the Islamist enemy. More ironic, the humanitarian argument is full of holes. One is left hoping that, for strategic purposes, Obama is not being fully transparent, but does have concrete US interests in mind — which, of course, is exactly how practically every Arab interprets US intervention.

Hence, the final irony: While Obama’s fine platitudes to justify war may satisfy some Americans, they are far from achieving their objective: winning over the much coveted Arab « hearts-and-minds, » two quantities that — as evinced from the Arabic media to the Arab street — are thoroughly cynical, and thus reject the notion that nations ever militarily intervene out of sheer altruism.

Voir enfin:

Du « Printemps arabe » à son automne ?

Pascal Fenaux

CETRI

18 février 2011

Les manifestations tunisiennes, déclenchées après la tentative de suicide par immolation de Mohammed Bouazizi [1], et l’incapacité des BOP (Brigades de l’ordre public ou Kataëb) à les étouffer ont abouti à la fuite sans gloire du président Zine el-Abidine Ben Ali en Arabie saoudite, le 14 janvier 2011. L’insurrection tunisienne et le renversement de Ben Ali semblaient devoir s’étendre d’abord et avant tout au reste du Maghreb et en particulier à l’Algérie, voire au Maroc.

Contre toute attente, c’est en Égypte que la « Révolution tunisienne » a eu un impact immédiat. En invitant la population à se rassembler le 25 janvier 2011 sur la place de la Libération pour participer à une « Journée de la Colère » (Yôm al-Ghadab), les cyberactivistes ont vu leurs espoirs les plus fous se concrétiser. Le précédent tunisien a, semble-t-il, permis à un nombre croissant et impressionnant d’Égyptiens de surmonter la peur de l’arbitraire brutal des services de sécurité pour exprimer le malaise et les aspirations démocratiques d’une société confrontée à des problèmes sociaux majeurs.

Sommes-nous en train d’assister à un « Printemps des peuples arabes » ? La réponse est positive. Ce « printemps » va-t-il s’installer dans la durée en Égypte et essaimer ailleurs au Maghreb et au Moyen-Orient ? Ou va-t-il céder rapidement la place à un automne précoce et sombre ? Il est bien trop tôt pour le savoir, d’autant qu’à l’heure où ces lignes sont écrites, la transition tunisienne reste chaotique, tandis que nul ne sait quelle tournure va prendre en Égypte la transition promise par le Conseil suprême des forces armées qui exerce désormais directement le pouvoir depuis la démission forcée du président Hosni Moubarak, le 11 février dernier.

Par contre, il existe une certitude. Au Maghreb et au Machrek, les élites prédatrices et meurtrières qui gouvernent depuis cinq décennies les « républiques de la Peur » ou les « États de barbarie [2] » sont désormais taraudées par le doute. Pour qu’elles ne subissent pas le sort des présidents Ben Ali et Moubarak, leurs appareils de sécurité redoublent déjà d’efforts pour étouffer toute velléité de manifestation. C’est ce qu’illustre les vagues d’arrestations opérées dans les rangs de l’opposition et au sein des quelques ilots de société civile en Syrie, en Algérie et également en Iran, État non arabe, mais acteur central dans le système régional du Moyen-Orient.

La première onde de choc de la « révolution tunisienne » a donc touché le plus peuplé des États arabes et, surtout, un rouage essentiel dans le dispositif stratégique et diplomatique des États-Unis [3], notamment depuis le traité de paix conclu avec Israël en 1978 et l’implication des Renseignements égyptiens dans les affaires intérieures palestiniennes. À ce propos, l’Autorité palestinienne est profondément déstabilisée par la crise politique que traverse son allié stratégique égyptien. De son côté, l’État d’Israël, engagé dans un lent processus de pétrification de son espace sociopolitique et persuadé de l’imminence de l’ouverture d’un nouveau front « islamiste » à ses frontières, se montre désorienté par un « Printemps arabe » qui risque de le contraindre à de sérieuses révisions de sa stratégie militaire, voire de le soumettre à de nouvelles pressions américaines.

C’est dire que le choc est violent pour des Occidentaux qui, obnubilés par la Révolution iranienne de 1979 et l’instauration consécutive de la République islamique, se sont laissés convaincre par les « républiques de la Peur » que seules ces dernières pourraient « nous » prémunir contre la « menace islamiste ». Comme le regrettait Antoine Basbous dans les colonnes du Figaro, en intégrant le Partenariat euro-méditerranéen, « la principale préoccupation de ces dirigeants [arabes] n’est pas d’intégrer un club de démocraties méditerranéennes, mais de sanctuariser leurs régimes et de maintenir leurs clans au pouvoir. […] Donner la liberté à leur peuple, instaurer un État de droit ou offrir à leur jeunesse une véritable perspective, cela n’est pas à l’ordre du jour [4] ».

C’est au nom de cette « menace islamiste » que des régimes dictatoriaux « laïques » ont pu se maintenir si longtemps au pouvoir, détruire leurs espaces politiques et écraser leurs sociétés civiles en Algérie, en Syrie, en Égypte et en Irak (jusqu’en mars 2003), le tout dans l’indifférence ou avec le soutien des États occidentaux (et le soulagement d’Israël) et avec l’assentiment enthousiaste de certains de leurs plus éminents intellectuels et faiseurs d’opinion.

En Syrie, confrontée à une agitation politique (islamiste, nationaliste et gauchiste) en 1981-1982, la dictature militaire baasiste avait ainsi pu profiter de ce que l’Occident avait l’attention détournée par la guerre civile libanaise et était déstabilisé par la Révolution iranienne pour réprimer dans le sang toute contestation, au prix de plusieurs dizaines de milliers de morts [5]. Le comble de l’horreur avait été atteint à Hama, où au moins vingt-mille civils furent assassinés. En Algérie, après avoir écrasé dans le sang les émeutes d’octobre 1988, l’armée avait, en janvier 1992, procédé à un putsch pour mettre fin à un processus électoral qui risquait de la renvoyer dans ses casernes. La conséquence en avait été une répression impitoyable, le déclenchement et le pourrissement d’une guerre civile de dix ans qui allait causer la mort d’au moins cent-mille Algériens au terme d’une « sale guerre » opposant armée, paramilitaires, maquis islamistes et groupes jihadistes [6]. En Irak, après avoir délogé du Koweït l’armée de Saddam Hussein en février 1991, les Occidentaux, encouragés par les régimes égyptien et saoudien, avaient laissé les troupes d’élite du Baas irakien commettre un bain de sang sans précédent pour mater les insurrections anti-baasistes [7]. On estime à cent-mille le nombre de civils irakiens assassinés en mars 1991.

Les nuages ne manquent pas sur le « Printemps arabe », mais, pour la première fois depuis des dizaines d’années, ils se dissipent et ne bouchent plus l’horizon des sociétés du Maghreb et du Moyen-Orient. Mieux, s’émancipant des grands récits et comme éreintées par des décennies de répression et de violences « laïques » et « islamistes », ce sont les sociétés arabes elles-mêmes qui, pacifiquement et quasiment sans encadrement politique, ont tenté de dissiper ces nuages. À ce propos, si l’on n’a pas assisté en 2011 à une réédition des carnages algériens, irakiens et syriens évoqués ci-dessus, c’est peut-être parce que ces régimes brutaux, mais vieillissants et immobiles, ont éprouvé quelque difficulté à appliquer ces modus operandi expéditifs face à des sociétés plus multiformes et mobiles que jadis, notamment via les secteurs mondialisés et « digitaux » de leurs jeunesses.

Les mois et les années à venir diront si les mouvements conservateurs les plus importants se réclamant de l’islam politique ont, comme l’assurent de nombreux experts, opéré leur conversion aux principes du pluralisme et de la démocratie parlementaire, sur le modèle désormais prisé de l’AKP turc. L’on saura également si les lourds, prébendiers et pléthoriques appareils sécuritaires se laisseront bousculer et accepteront de rendre des comptes. L’on saura enfin si les plus prêtes à tout parmi les élites militaro-policières contestées et les organisations islamistes armées seront parvenues à torpiller ces processus fragiles par lesquels les sociétés révoltées tentent littéralement de « se constituer » politiquement [8].

En guise de conclusion provisoire, il n’est pas question ici de céder à la tentation de l’angélisme, ni de la diabolisation. Ce serait être angélique que d’ignorer les défis prométhéens auxquels sont confrontées des sociétés arabes profondément violentées et travaillées à leurs marges par des mouvements extrémistes et violents. Mais il serait insensé d’accepter le chantage faussement moral auxquels certains voudraient soumettre les Européens : la démocratisation arabe est impossible, elle ne peut être que la porte ouverte aux « islamistes » et, plus spécieux encore, « nous » ne pouvons faire courir aux démocrates arabes le risque d’un tel « pari ».

D’une part, la diplomatie européenne semble se satisfaire de la nature ultraconservatrice d’un régime saoudien qui arrose financièrement les mouvements islamistes extrémistes, à l’exception des… Frères musulmans. D’autre part, les Occidentaux seraient autrement plus crédibles dans les préoccupations « démocratiques » qu’ils expriment quant au risque futur (et par définition, hypothétique) de dictatures islamistes, s’ils n’avaient jusqu’ici imposé aux sociétés arabes la certitude présente (et bientôt dépassée ?) de totalitarismes « laïques ».

Ce chantage, La Revue nouvelle s’y est, articles après articles, opposée depuis vingt ans et elle continuera de s’y opposer. Le dossier du numéro d’avril sera d’ailleurs consacré au « printemps arabe ».

Pascal Fenaux (15 février 2011)

[1] Immolé par le feu le 17 décembre 2010, il a succombé à ses blessures le 4 janvier 2011.

[2] Samir al-Khalil, Republic of Fear. The politics of Irak, University of California Press, 1989. Michel Seurat, L’État de barbarie, Seuil, 1989.

[3] Et de l’Union européenne… L’Union pour la Méditerranée (UPM) qui refonde depuis 2008 le processus de Lisbonne est en effet coprésidée par la l’Égypte et la France.

[4] Le Figaro, 17 avril 2008.

[5] Pascal Fenaux, « La Terreur promise », La Revue nouvelle, octobre 2002.

[6] Pascal Fenaux, « Barbarismes algériens », La Revue nouvelle, mars 1998.

[7] Pascal Fenaux, « La Terreur promise », La Revue nouvelle, octobre 2002.

[8] Olivier Mongin, « Pour la Tunisie », Esprit, février 2011.

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