Présidentielle 2012: Au secours la droite enterre la culture! (Let them eat culture!)

Césaire's pantheonization (April 2011) On me parle de progrès, de « réalisations », de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes. Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, des cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées. On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer. Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse. Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. Aimé Césaire
Et aujourd’hui nous ne savons pas encore si la vie culturelle peut survivre à la disparition des domestiques. Alain Besançon
Personne n’aspirerait à la culture si l’on savait à quel point le nombre des hommes vraiment cultivés est finalement et ne peut être qu’incroyablement petit; et que cependant ce petit nombre d’hommes vraiment cultivés n’était possible que si une grande masse, déterminée au fond contre sa nature et uniquement par des illusions séduisantes, s’adonnait à la culture; (…) on ne devait donc rien trahir publiquement de cette ridicule disproportion entre le nombre des hommes vraiment cultivés et l’énorme appareil de la culture; que le vrai secret de la culture était là: des hommes innombrables luttent pour acquérir la culture, travaillent pour la culture, apparemment dans leur propre intérêt, mais au fond seulement pour permettre l’existence d’un petit nombre. Nietzsche
On sait qu’un objet culturel est d’autant plus « scolaire » qu’il est enseigné et exigé à un niveau plus bas du cursus scolaire (…) et que l’institution scolaire accorde un prix d’autant plus élevé à la culture « libre » et refuse de plus en plus les mesures les plus « scolaires » de la culture (comme l’interrogation directe et fermée sur des auteurs, des dates et des évènements) à mesure que l’on va vers les ordres d’enseignement les plus élevés. Pierre Bourdieu
Exprimer ses regrets pour l’esclavage, le colonialisme, la Shoah, manifester son respect pour les gens — pour leur culture, leur histoire, leur sexualité, leurs goûts vestimentaires, et ainsi de suite —, tout cela revient bien moins cher que de leur verser un salaire décent. (…) la première chose à faire lorsqu’on décide de mettre en place une politique de discrimination positive, c’est de le faire par classes et non par races. La seconde — mais de loin la plus importante — chose à faire serait de commencer à réduire les inégalités du système éducatif américain dès le primaire. Tant que ça ne sera pas fait, les meilleures universités américaines continueront à être réservées aux enfants de l’élite comme le sont, pour l’essentiel, les meilleures grandes écoles françaises. Même si, bien sûr, vos grandes écoles ainsi que vos universités les plus sélectives, puisqu’elles sont gratuites ou bien moins chères que leurs homologues américaines, apportent un avantage supplémentaire aux riches — c’est une redistribution des richesses, mais à l’envers. Walter Benn Michaels
Les concours administratifs vont être débarrassés des questions qui pénalisent les couches populaires au sein desquelles les minorités sont très nombreuses. Quoi de plus républicain que de garantir l’égalité en évitant de détourner ces concours de leurs objectifs réels : l’évaluation de la capacité à remplir efficacement une fonction ? Patrick Lozès (président du CRAN)
Le CRAN milite pour qu’on supprime la culture générale aux concours de la fonction publique. L’idée c’est : pour que les Noirs aient une promotion, il ne leur faut pas de culture. Autrement dit on rejoint là les pires préjugés racistes : pas de culture pour les Noirs. Pierre Jourde
J’imagine mes arrière-grands-parents, paysans auvergnats illettrés, chiffonniers miséreux, militer au nom des Auvergnats de France pour qu’il n’y ait surtout pas de littérature dans les concours de postier, d’assistante sociale ou de gendarme. Ils n’en ont rien fait. Peut-être comprenaient-ils qu’un homme n’est pas seulement sa profession. Qu’il a à devenir homme et citoyen avant tout, à exercer son métier non pas comme un esprit étroit qui ne connaît que les problèmes de la gendarmerie et de la poste, mais comme un homme et un citoyen. Peut-être comprenaient-ils que la littérature, ce n’est pas un luxe, un accessoire de brio social, sauf pour les imbéciles, mais ce condensé d’expérience humaine dont la fréquentation nous permet de devenir nous-mêmes, et des hommes. Peut-être comprenaient-ils qu’on est d’autant plus un bon professionnel, et qu’on est d’autant plus heureux dans sa vie qu’on a eu accès à cette culture-là. Peut-être aspiraient-ils obscurément, avec respect, à la culture, au lieu de la considérer comme un obstacle. La culture n’est pas l’ennemi de l’ascension sociale : elle en est la substance, et la signification. Sinon, pourquoi vouloir de l’ascension sociale? Pour s’acheter un écran plasma et regarder le feuilleton? Pierre Jourde
Est-il normal que tant de gens (chauffeurs de taxi, gardiens de la paix, fonctionnaires de la Ratp etc) soient handicapés lorsqu’ils cherchent une rue sur un plan parce ce qu’ils n’ont aucune idée de la manière dont s’écrit un nom historique pour n’en avoir jamais entendu parler ? Pierre Assouline
L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur “La Princesse de Clèves”. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de “La Princesse de Clèves”… Imaginez un peu le spectacle ! Nicolas Sarkozy (février 2006)
Avoir fait du bénévolat devrait être une expérience reconnue par les concours administratifs, car après tout, ça vaut autant que de savoir par cœur “La Princesse de Clèves”. Enfin… j’ai rien contre, mais enfin, mais enfin… parce que j’avais beaucoup souffert sur elle. Nicolas Sarkozy
Ces épreuves ont été dévoyées et servent maintenant à coller les candidats, par ailleurs bien trop nombreux. On leur pose des questions trop académiques et ridiculement difficiles qui n’indiquent rien de leurs réelles aptitudes à remplir un poste. (…) Elles éliminent tous ceux qui n’ont pas ces codes, souvent hérités du milieu familial. C’est une forme de discrimination invisible. Or la fonction publique doit jouer son rôle d’ascenseur social, d’intégration et se montrer à l’image de la population. Nous tenons à conserver les concours, qui sont le moins pire des systèmes de sélection. Mais, pour les améliorer, nous signons la charte de l’égalité, qui est un engagement moral et concret, pour que tous les publics soient informés de leur contenu. Ensuite, nous veillons à mieux valoriser l’expérience, la compétence et moins les connaissances théoriques. (…) La question reste celle de l’efficacité. À quoi nous sert d’avoir une épreuve d’histoire pour les pompiers. Ou des gardiens de la paix à bac + 4. Nous avons atteint les limites d’un élitisme stérile. J’espère au contraire que l’on trouvera des candidats aux compétences ajustées au poste et non des surdiplômés qui ne sont pas forcément à leur place. André Santini

Attention: un enterrement peut en cacher un autre!

Au lendemain de la panthéonisation (virtuelle?) du chantre de la dénonciation systématique de la culture occidentale tueuse des cultures et religions des autres et inculcatrice de larbinisme à laquelle il devait accessoirement sa propre célébrité …

Comme de la promesse PS, en ces temps où Cuba en est elle-même à annoncer la suppression de plus d’un million de postes de fonctionnaires et où la médecine redécouvre les vertus des belles lettres, de 300 000 emplois jeunes pour 2012 …

Quelle meilleure illustration de ces guerres picrocholines dont va être faite la campagne présidentielle qui commence que ces empoignades éternellement renouvelées sur la culture et notamment les concours administratifs

Surtout lorsque l’on redécouvre …

Derrière les revendications des descendants autoproclamés du pourfendeur du larbinisme (un certain CRAN) pour les postes subalternes pour les minorités qu’ils disent représenter…

Comme derrière les sauts au plafond un peu rapides de certains défenseurs de la culture française (« On assassine la culture« , Pierre Jourde) …

… des concours, dans un pays où l’Etat reste le premier employeur, de secrétaires administratifs à 1 000 postes pour 65 000 candidats!

… une inflation du niveau d’instruction des candidats parallèle à celle de leur nombre (diplômés en pagaille, titulaires de master, doctorants là où le texte prévoit un niveau bac) !

Et répondant à ladite inflation.. une sélection plus stricte et plus absurde chaque année!

Dont ni notre CRAN ni nos Jourde ni même notre ministre ne semblent vouloir rappeler la principale cause, à savoir tout simplement le chômage massif de tous et notamment des jeunes …

Contre lequel on ne voit d’ailleurs pas trop ce que peuvent faire, après les succès que l’on sait du gouvernement actuel certes sérieusement plombé par une crise qu’il n’avait pas comme les autres vu venir…

Ni les emplois jeunes,  retour à la retraite à 60 ans ou autres formes de protectionnisme qu’ils soient labélisées socialistes, mélenchonistes, besançonistes ou même marinistes!

La culture générale chassée des concours administratifs

Cécilia Gabizon

Le Figaro

02/12/2008

Trop «discriminantes», les épreuves vont être remplacées dès 2009 par des questions censées mieux détecter les aptitudes des candidats.

L’année dernière, près de 800 000 Français se sont présentés aux grilles de la fonction publique. Beaucoup voulaient devenir enseignants. Mais ils étaient aussi 65 000 inscrits au concours de secrétaires administratifs. Pour 1 000 postes. Des diplômés en pagaille, des titulaires de master, là où le texte prévoit un niveau bac. Des doctorants se sont même présentés pour être agent d’accueil au Sénat.

À cette inflation de candidats répond une sélection plus stricte et plus absurde chaque année. Un candidat garde champêtre s’est vu demander la différence entre le crétacé et le jurassique. Or l’élimination se fait sur épreuve écrite. La fonction publique recrute «des copies», «sans jamais s’interroger sur les aptitudes et les besoins réels», tranche le décapant rapport de révision des concours qu’ont rédigé cette année deux inspecteurs. La réforme en cours vise donc à diminuer le poids de la culture générale dans ces épreuves.

En effet, les exigences théoriques croissantes ont peu à peu dévoyé les concours de leurs objectifs concrets et éliminé des publics particulièrement sensibles à ces marqueurs culturels. À commencer par les classes populaires et parmi elles les enfants d’immigrés. Autrefois garants de l’égalité, les concours participent maintenant à la reproduction de l’administration.

Pour rouvrir la fonction publique sur la société et assurer la diversité des recrues, la présence de handicapés et d’agents de toutes les couleurs et de tous les âges, le secrétaire d’État André Santini signe demain une charte de l’égalité avec son ministre de tutelle, Éric Woerth, et le président de la Halde, Louis Schweitzer. Cette fois, l’administration entend se donner les moyens de révolutionner son recrutement en s’attaquant aux contenus des concours d’accès. Un enjeu de taille puisque l’État reste le premier employeur de France.

Les filières techniques de la fonction publique ont déjà fait leur mue et sélectionnent largement sur épreuves pratiques. En revanche, les concours plus administratifs, et notamment les catégories B (intermédiaires) et C, vont voir les épreuves de culture générale, si hexagonales, évoluer vers «des questions de bon sens, en rapport avec la matière, plutôt qu’un académisme ridicule», assume André Santini, ajoutant : «C’est la volonté du président.» Et de rappeler comment la secrétaire de Nicolas Sarkozy, fonctionnaire de catégorie C (la moins qualifiée), a échoué à un concours interne parce qu’elle ne savait qui avait écrit La Princesse de Clèves,«un sujet qui divise jusqu’aux spécialistes», selon André Santini.

Gabegie de moyens

La révolution culturelle est donc lancée. En janvier, la liste des concours réformés, ceux de la filière administrative, de l’inspection du travail, de l’École de la magistrature sera diffusée.

«Il s’agit de remettre le service public au service du public», assure André Santini. Rendre le maquis des concours, avec près de 3 000 voies d’accès, plus rationnel et plus transparent. Aujourd’hui, chaque ministère fourbit ses propres questionnaires. Policiers, gendarmes, douaniers, tous séparés. Une gabegie de moyens pour des postes qui se ressemblent souvent. Des milliers de jurys concoctent donc des épreuves, sans trop de directives. «J’ai finalement demandé au candidat au poste d’accueil qui avait gagné Roland-Garros, histoire de voir s’il suivait un peu l’actualité», explique un ancien membre du jury du Sénat. Désormais, «nous allons former les jurys pour qu’ils recrutent en fonction de compétences et pas seulement de connaissances», dit-on à la direction des ressources humaines de la Fonction publique.

Plus que la culture générale, c’est son dévoiement, notamment au travers de QCM aux allures de questions pour un champion, qui froisse aujourd’hui. «Il faut éliminer les aberrations et stopper l’inflation des connaissances demandées, comme du droit public pour des concours de catégorie B ouverts aux bacheliers», estiment les inspecteurs. Car les lauréats, les trois quarts surdiplômés, ne s’épanouissent pas toujours dans les tâches d’exécution qui leur incombent. Des rapports de l’administration dénoncent depuis des années ce système d’autant plus périlleux qu’un mauvais recrutement dans la fonction publique se paie pendant quarante ans.

Voir aussi:

« Nous avons atteint les limites d’un élitisme stérile »

Propos recueillis par C. G.

01/12/2008

INTERVIEW – Le secrétaire d’État à la Fonction publique André Santini entend réformer les concours pour gagner en compétence.

LE FIGARO. – Pourquoi réduire l’importance de la culture générale pour les concours d’accès ?

André SANTINI. – Ces épreuves ont été dévoyées et servent maintenant à coller les candidats, par ailleurs bien trop nombreux. On leur pose des questions trop académiques et ridiculement difficiles qui n’indiquent rien de leurs réelles aptitudes à remplir un poste.

Ces épreuves handicapent-elles spécialement les enfants d’immigrés ?

Elles éliminent tous ceux qui n’ont pas ces codes, souvent hérités du milieu familial. C’est une forme de discrimination invisible. Or la fonction publique doit jouer son rôle d’ascenseur social, d’intégration et se montrer à l’image de la population. Nous tenons à conserver les concours, qui sont le moins pire des systèmes de sélection. Mais, pour les améliorer, nous signons la charte de l’égalité, qui est un engagement moral et concret, pour que tous les publics soient informés de leur contenu. Ensuite, nous veillons à mieux valoriser l’expérience, la compétence et moins les connaissances théoriques.

Ne craignez-vous pas que le niveau baisse ?

La question reste celle de l’efficacité. À quoi nous sert d’avoir une épreuve d’histoire pour les pompiers. Ou des gardiens de la paix à bac + 4. Nous avons atteint les limites d’un élitisme stérile. J’espère au contraire que l’on trouvera des candidats aux compétences ajustées au poste et non des surdiplômés qui ne sont pas forcément à leur place.

Souhaitez-vous également rendre l’ENA plus accessible ?

Nous souhaitons la fin d’un système qui récompense les meilleurs élèves, parfois au détriment des besoins de l’administration. Nous avons annoncé la fin du classement de sortie de l’ENA, car c’était finalement les candidats qui choisissaient leur administration et non l’inverse. C’est absurde. Nous examinons également l’actuelle pratique, qui consiste à nommer dans des grands corps des gens sans expérience.

Êtes-vous favorable à un concours commun aux différentes administrations ?

L’année dernière, on a loué le Zénith juste pour un concours de Bercy ! Il est évident qu’il faut mutualiser un certain nombre de concours.

Voir enfin:

Doctor and PatientStories in the Service of Making a Better Doctor

Pauline W. Chen, M.D.

The NYT

October 24, 2008

 

The white-coated crowd with stethoscopes slung casually around their necks would have looked familiar to anyone who has attended morning hospital rounds. Resident physicians and medical students milled about, chatting animatedly, and at the appointed hour, the attending physician signaled to begin.

But instead of filing toward a patient’s room, the group at Saint Barnabas Medical Center in Livingston, N.J., settled into a conference room at the end of the hall, not to recite details of patient cases but to read “Empty Pockets,” a personal essay by Dr. Kevan Pickrel from The Annals of Internal Medicine. In the piece, Dr. Pickrel describes being unable to save a 36-year-old woman, then going to the waiting room to inform the woman’s family of her death:

“The youngest daughter sat on Dad’s lap looking at pictures in an outdoors magazine. The older sat watching her hands rest in her lap. [The] husband’s eyes lifted to me and met mine. I didn’t, couldn’t, say a word…. He turned back toward his daughters, a single father, and they lifted their eyes to his. As he drew a breath to begin, his eldest daughter knew.”

After the reading, the attending physician, Dr. Sunil Sapru, looked up at the group assembled. “Do you identify with any of these situations?” he asked.

“Yes, it happens all the time,” a resident responded immediately. Others nodded in agreement, and one resident flicked a tear away.

The next morning, in a similar room at New York-Presbyterian Hospital in upper Manhattan, a group of obstetrics and gynecology residents gathered to read E.B. White’s short story “The Second Tree From the Corner.” Told from the perspective of an anxiety-ridden patient, the story ends with the main character finding meaning in his life and suddenly feeling liberated:

“He felt content to be sick, unembarrassed at being afraid; and in the jungle of his fear he glimpsed (as he had so often glimpsed them before) the flashy tail feathers of the bird courage.”

As the reading ended, one of the young doctors commented on how personally fulfilling it was to help her patients and how those feelings invigorated her, even after many hours of work. Other doctors in the room nodded in agreement.

While it has long been understood that clinical practice influenced the youthful writing of doctor-authors like Chekhov and William Carlos Williams, there is now emerging evidence that exposure to literature and writing during residency training can influence how young doctors approach their clinical work. By bringing short stories, poems and essays into hospital wards and medical schools, educators hope to encourage fresh thinking and help break down the wall between doctors and patients.

“We’re teaching the humanities to our residents, and it’s making them better doctors,” said Dr. Richard Panush, a rheumatologist and chairman of the department of medicine at Saint Barnabas.

The idea of combining literature and medicine — or narrative medicine as it is sometimes called — has played a part in medical education for over 40 years. Studies have repeatedly shown that such literary training can strengthen and support the compassionate instincts of doctors.

Dr. Rita Charon and her colleagues at the program in narrative medicine at Columbia University’s College of Physicians and Surgeons found, for example, that narrative medicine training offered doctors opportunities to practice skills in empathy. Doctors exposed to literary works were more willing to adopt another person’s perspective, even after as few as three or four one-hour workshops.

“You want people to be able to leave their own individual place,” Dr. Charon said, “and ask what this might be like for the child dying of leukemia, the mother of that child, the family, the hospital roommate.”

Over the last 15 years, an ever-increasing number of medical schools have begun offering narrative medicine to medical students. These courses often involve writing, reading and discussing works by authors as diverse as Leo Tolstoy, Virginia Woolf, Lori Moore and various doctor-authors. Students then explore the relevance of these texts, and their own writing, to their clinical work.

But until recently, few educators have attempted to bring such literary training into residency programs.

Residency is the most intense period of a young doctor’s life. The years spent squirreled away in hospitals and clinics are rich in clinical learning, but the wealth of that experience comes at the cost of free time.

And with time at a premium, residency program directors and clinical educators have been hesitant to add narrative medicine to their curricula, particularly since it has never been clear that such an addition would have any effect other than further overworking the trainees.

That could be changing.

For over a year now, Dr. Panush, a tall, bespectacled, soft-spoken man with the lean physique of a runner, has been systematically incorporating literature into the daily rounds of every one of the internal medicine residents at Saint Barnabas Medical Center.

As part of the Accreditation Council for Graduate Medical Education’s Education Innovations Project, Dr. Panush and his faculty colleagues bring poetry, short stories and essays to rounds each day and discuss them in the context of the patients they see. These daily discussions, supplemented by offsite weekly conferences, form the core of the residents’ narrative medicine experience.

One year into the program, Dr. Panush and his colleagues looked at the effect of these daily discussions on the residents and their patients. What they found were significant improvements in patient evaluations of residents and patients’ health and quality of life, from hospital admission to discharge.

A handful of other residency programs across the country have taken steps toward establishing narrative medicine training for their residents, including Vanderbilt University’s Department of Surgery and New York/Presbyterian Hospital-Columbia’s Department of Obstetrics and Gynecology. As with the program at Saint Barnabas, it has been the doctors within these departments who have initiated the workshops, sessions and lectures.

“As we improve the technology of medicine, we also need to remember the patient’s story,” said Dr. A. Scott Pearson, an associate professor of surgery at Vanderbilt University Medical Center.

To that end, Dr. Pearson has completed a pilot study examining the feasibility of incorporating narrative medicine into Vanderbilt’s surgical residency and has plans to make such training available eventually to all surgical residents at his medical center. Dr. Pearson believes that narrative medicine will not only help residents reflect on what they are doing and how they might do better, but may also aid surgical educators in teaching professionalism and communication skills.

“Narrative medicine changed my entire approach to medicine,” said Dr. Abigail Ford, a senior resident in obstetrics and gynecology at New York-Presbyterian Hospital/Columbia who studied under Dr. Charon as a medical student. “As a doctor you are really a co-author of patients’ experiences and need to hear their story and take it on.

With her former professor’s guidance, as well as the support of Dr. Rini Ratan, the residency program director, Dr. Ford has initiated a narrative medicine program for her fellow obstetrics and gynecology residents. While the program is still in its first year, “we’ve always run over,” said Dr. Ford. “People have to be dragged away.”

“Our hope is to look at it in terms of physician empathy,” added Dr. Ratan, “Does it add anything? Does it prevent natural jadedness over the course of the busy training process? Does it prevent burnout?”

In the near future, Dr. Ratan and Dr. Ford also hope to begin doing the kind of patient outcome evaluations that Dr. Panush and his colleagues have begun.

“To do what we’re doing is pretty simple,” said Dr. Panush. “But the measurement stuff is harder. The program needs to be supported institutionally and internally.”

Despite such challenges, the effects of these programs are striking. Dr. Benjamin Kaplan, a second-year resident at Saint Barnabas, remarked on the transformation he saw in fellow resident physicians during the first year of the humanities program.

“Their management of patients changed,” Dr. Kaplan said. “They remembered to do things that I don’t think they would have otherwise done, like always talking to the family, gently touching patients, and continually explaining the course of treatment and what the doctors are thinking so patients know.”

And the time commitment? “It does get pretty busy,” Dr. Kaplan conceded. “But if you want to make time for it, you can. Spending a half hour a day to remember that we are all human, not just doctors or pharmacists or nurses or patients, is important enough that I think you should do it.”

Although it is still too early to determine the long-term effects of narrative medicine on doctors in training, residents were quick to note that certain essays, short stories and poems they have read on rounds continue to influence their work.

Dr. Ramesh Guthikonda, a second-year resident at Saint Barnabas, spoke about a poem called “When You Come Into My Room,” by Stephen A. Schmidt. In the poem, published in The Journal of the American Medical Association, a man struggling with chronic illness lists all that he believes a doctor meeting him should know:

“When you come into my hospital room, you need to know the facts of my life

that there is information not contained in my hospital chart

that I am 40 years married, with four children and four grandchildren….

that I love earthy sensuous life, beauty, travel, eating, drinking J&B scotch, the theater, opera, the Chicago Symphony, movies, all kinds, water skiing, tennis, running, walking, camping…

that I am chronically ill, and am seeking healing, not cure.”

The poem so affected Dr. Guthikonda that he began regularly asking his patients about their hobbies and families, and he enrolled in a Spanish class so he could learn to better pronounce their names. “My rapport with patients, especially with my Hispanic patients, was not up to the mark,” he said. “I never asked about the patients’ lives, about who they are. I am much more sensitive to those issues now.”

Reflecting on the changes in Dr. Guthikonda, Dr. Panush said, “We changed the way he thinks and does medicine. You can’t put a p-value on that.”

Have literary works made you a better caregiver or patient? Click here and join the discussion on the Well blog, “Combining Literature and Medicine.”

One Response to Présidentielle 2012: Au secours la droite enterre la culture! (Let them eat culture!)

  1. jcdurbant dit :

    DON’T STUDY TOO HARD (Lack of social life and extracurricular activities can actually keep lower class students from elite schools and jobs)

    Whether intentionally or not, elite parents expose their children to different experiences and styles of interacting that are useful for getting ahead in society. Many of these are taken for granted in upper and upper-middle class circles, such as how to prepare a college application (and having cultivated the right types of accomplishments to impress admissions officers), how to network in a business setting in a way that seems natural, and how to develop rapport with teachers, interviewers, and other gatekeepers to get things you want from those in power. Basically, if we think of economic inequality as a sporting competition, elite parents give their kids a leg up, not only by being able to afford the equipment necessary to play but also by teaching them the rules of the game and giving them insider tips on how to win.

    Working and lower-middle-class children are less likely to participate in structured extracurricular activities than their more privileged peers while growing up (and when they do, they tend to participate in fewer of them). This hurts their job prospects in two ways. First, it affects the types of schools students attend. Elite universities weigh extracurricular activities heavily in admissions decisions. Given that these employers—which offer some of the highest-paying entry-level jobs in the country—recruit almost exclusively at top schools, many students who focus purely on their studies will be out of the game long before they ever apply to firms. Second, employers also use extracurricular activities, especially those that are driven by “passion” rather than academic or professional interest and require large investments of time and money over many years, to screen résumés. But participation in these activities while in college or graduate school is not a luxury that all can afford, especially if someone needs to work long hours to pay the bills or take care of family members. Essentially, extracurriculars end up being a double filter on social class that disadvantages job applicants from more modest means both in entering the recruiting pipeline and succeeding within it.

    Quite simply, we like people who are similar to ourselves. Ask anyone what constitutes a good driver, leader, or parent, and chances are they will describe someone like themselves. The same is true for how people think of merit in the working world. Most employees in these firms are graduates of highly elite undergraduate or graduate programs and believe that’s where talent really resides. In addition, given how segregated our society has become socioeconomically, people who grow up in upper-middle or upper-class communities where college attendance is the norm may not realize structural factors that influence educational pathways and erroneously view university prestige as a reflection of ability alone. Finally, national rankings matter. Rankings provide an easily quantifiable, presumably “scientific” way of making sense of the myriad of educational institutions out there. They both reinforce beliefs that school prestige equals student quality (even though things having nothing to do with students’ abilities factor into a university’s rank) and serve as a convenient justification for limiting recruitment to a small number of elite schools with strong alumni ties to firms.

    The purpose of the book was to reveal how taken-for-granted ideas about what merit is and how best to measure it contribute to class inequalities at the top of the U.S. economic ladder. I certainly did not intend for the book to be interpreted as a how-to manual. However, given rising levels of anxiety about class position among the relatively advantaged and the high stakes of getting jobs in these firms, I’m not entirely surprised that some people are using it as a tool to try to game the system. I have mixed feelings about this. On one hand, it can help groups currently disadvantaged in the hiring process, such as working class students and racial minorities, break into these jobs. On the other hand, it can benefit the already advantaged and reinforce the types of inequalities documented in the book. My hope, however, is that the research will open employees’ eyes about inequities and inefficiencies in the way hiring is currently done in these firms and motivate change in a positive direction.

    https://www.washingtonpost.com/blogs/monkey-cage/wp/2015/09/23/why-are-working-class-kids-less-likely-to-get-elite-jobs-they-study-too-hard-at-college/

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