Laïcité: Pas de Pâque cette année pour ses inventeurs! (French media denounce alleged double standard for Jewish exam takers)

Gezer calendar (10 BC)Et s’ils avaient été musulmans ? (…) On entend d’ici le concert… Quoi ! L’Etat cède devant l’Islam, la République recule devant l’intégrisme, l’Elysée se fait complice du communautarisme, vade retro, mahometas ! Avec Marine Le Pen au créneau, ligues laïques en bataille, Guéant au parapet d’une laïcité intransigeante, Copé avec son débat en bandoulière, Zemmour déchaîné, Ménard éructant, bref tout le toutim des grandes orgues anti-musulmanes sonnant à plein jeu. Ainsi ces examens nocturnes apparaissent pour ce qu’ils sont : une boulette supplémentaire qui laisse à penser qu’il y a deux poids deux mesures dans la République, que les juifs sont favorisés, que la laïcité est à géométrie variable, que l’Elysée hiérarchise les religions. Laurent Joffrin
Fêtes catholiques et protestantes Les principales fêtes sont prises en compte au titre du calendrier des fêtes légales.
Fêtes orthodoxes – Théophanie :- calendrier grégorien : jeudi 6 janvier 2011- ou calendrier julien : mercredi 19 janvier 2011.- Grand Vendredi Saint : vendredi 22 avril 2011.- Ascension : jeudi 2 juin 2011
Fêtes arméniennes- Fête de la Nativité : jeudi 6 janvier 2011.- Fête des Saints Vartanants : jeudi 3 mars 2011.- Commémoration du 24 avril : dimanche 24 avril 2011.
Fêtes musulmanes- Al Mawlid Ennabi : mardi 15 février 2011.- Aïd El Fitr : mardi 30 août 2011.- Aïd El Adha : dimanche 6 novembre 2011.Les dates de ces fêtes étant fixées à un jour près, les autorisations d’absence pourront être accordées, surdemande de l’agent, avec un décalage en plus ou en moins. Ces fêtes commencent la veille au soir.
Fêtes juives : Chavouot (Pentecôte) : mercredi 8 juin et jeudi 9 juin 2011.- Roch Hachana (Jour de l’an) : jeudi 29 septembre et vendredi 30 septembre 2011.- Yom Kippour (Jour du Grand pardon) : samedi 8 octobre 2011.Ces fêtes commencent la veille au soir.
Fête bouddhiste : Fête du Vesak (« jour du Bouddha ») : mardi 17 mai 2011.La date de cette fête étant fixée à un jour près, les autorisations d’absence pourront être accordées, sur demandede l’agent, avec un décalage de plus ou moins un jour. Fêtes protégées

Tous les coups seraient-ils décidément à nouveau permis, à l’approche des échéances présidentielles de l’an prochain, pour se débarrasser de notre Sarkozy national?

Sessions ultra-secrètes de nuit, confinement préalable des candidats, passe-droit, deux poids deux mesures, absence d’équité flagrante, juifs favorisés, laïcité à géométrie variable, Elysée qui hiérarchise les religions….

Ou l’on découvre …

A l’heure où « la bien-pensance médiatique commence déjà à dresser ses listes de suspects » …

Et où nos maitres censeurs n’hésitent pas à monter au créneau pour un prétendu passe-droit pour une dizaine de candidats de religion juive à des concours des grandes écoles …

Une « pratique banale et ancienne de composition en horaires décalés » (mise au secret pendant quelques heures comprise) pour un nombre infime de candidats, en particulier dans les centres d’examen situés dans les DOM-TOM du fait du décalage horaire …

Comme, outre la possibilité d’aménagements pour les candidats membres de certains groupes religieux, l’existence de fêtes protégées pour les principales religions représentées dans notre pays (soit, outre les religions catholique et protestante dont les fêtes sont déjà pour la plupart fêtes légales, les dénominations orthodoxes, arméniennes, musulmanes, juives et bouddhistes) …

Mais aussi, question qui ne paraît même pas effleurer nosdits censeurs, que la principale fête religieuse juive – à la fois fondatrice et de leur peuple mais aussi de notre propre fête chrétienne de Pâques – ne semble pas, cette année ou certaines années, être incluse dans lesdites fêtes protégées, d’où ledit projet de procédure particulière …

« Les juifs, les concours et la République »

Laurent Joffrin

Le Nouvel Observeur

14 avril 2011

Et s’ils avaient été musulmans ? A priori l’organisation d’une séance d’examen spéciale pour les grandes écoles à l’intention de candidats juifs très pratiquants est une peccadille. La loi prévoit déjà qu’on puisse adapter les dates d’examen à certaines contraintes des différents cultes. En intervenant, l’Elysée aurait seulement apporté un assouplissement supplémentaire en faveur d’une poignée d’étudiants. Mais imaginons que les bénéficiaires de ce petit passe-droit aient été, non des fondamentalistes juifs, mais des fondamentalistes musulmans.

On entend d’ici le concert… Quoi ! L’Etat cède devant l’Islam, la République recule devant l’intégrisme, l’Elysée se fait complice du communautarisme, vade retro, mahometas ! Avec Marine Le Pen au créneau, ligues laïques en bataille, Guéant au parapet d’une laïcité intransigeante, Copé avec son débat en bandoulière, Zemmour déchaîné, Ménard éructant, bref tout le toutim des grandes orgues anti-musulmanes sonnant à plein jeu. Ainsi ces examens nocturnes apparaissent pour ce qu’ils sont : une boulette supplémentaire qui laisse à penser qu’il y a deux poids deux mesures dans la République, que les juifs sont favorisés, que la laïcité est à géométrie variable, que l’Elysée hiérarchise les religions. On voudrait embarrasser la communauté juive et favoriser en même temps, à force de désignation publique depuis un an, un communautarisme musulman qui n’existe pas encore, qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Voir aussi:

Grandes Ecoles : l’Elysée accusé d’avoir fait un concours spécial pour des juifs

Selon Mediapart, l’Elysée aurait organisé dans le plus grand secret des sessions privées pour des étudiants juifs aux concours de quatre écoles. Une démarche périlleuse dans un temps où la majorité se targue de défendre la laïcité.

Une dizaine d’étudiants juifs devraient bénéficier de sessions nocturnes aux concours des grandes écoles (AFP)

Des sessions ultra-secrètes au concours commun (Mines et Ponts), et au concours de Centrale et Supélec pour une dizaine d’étudiants juifs ? C’est l’idée qui serait née dans l’esprit du chef de l’Etat, au moment même où il organisait le débat sur la laïcité, apprend-on, mardi 12 avril, sur Mediapart.

 

D’après le site d’information, c’est ce qui devrait se passer les 20 et 26 avril prochains, jours de la Pâque juive. La première date correspond au premier jour du concours commun (du 20 au 22 avril) et la seconde au premier jour des concours de Centrale et Supélec (du 26 au 29 avril).

Alors que 13.000 autres candidats au concours plancheront le 20 avril dès 8 heures du matin, une dizaine d’étudiants juifs, en ayant fait la demande, seront confinés jusqu’au soir sous étroite surveillance afin qu’aucune information concernant le concours de la journée ne leur parvienne.

Ils débuteront leur épreuve à 22 heures et la termineront à 2 heures du matin. Ils assisteront au deuxième jour d’examen le lendemain, à 8 heures du matin. Le système est censé être identique le 26 avril.

Arielle Schwab, présidente de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), affirme à Nouvelobs.com que « c’est un problème qui concerne quatre à sept élèves juifs très pratiquants qui se trouvaient dans une situation compliquée avec d’un côté la volonté de suivre la Pâque juive et de l’autre leur désir très présent de réussir leurs études ».

Elle ajoute que ces quelques étudiants étaient animés par une volonté d’équité « d’où la composition décalée sur le même sujet et la quarantaine pendant que les autres étudiants seront en examen ». Ils pourront ainsi suivre la pratique, très contraignante, de leur culte qui leur interdit de travailler, donc d’écrire, ces deux jours de la Pâque juive.

Contraire à la loi ?

La loi et la jurisprudence française encadrent strictement le déroulement et l’organisation des concours aux grandes écoles.

Les dates des concours sont fixées en fonction des jours fériés officiels (fêtes catholiques) mais aussi des « dates religieuses protégées ». Chaque année, une circulaire définit ces jours durant lesquels des « autorisations d’absence peuvent être accordées à l’occasion des principales fêtes religieuses des différentes confessions »

Ainsi, la circulaire du 2 décembre 2010 signée par François Baroin, ministre du Budget, et Georges Tron, secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique, signale les « dates religieuses protégées » pour 2011. Les 20 et 26 avril ne sont pas mentionnés en tant que fêtes religieuses juives « protégées ». Elles correspondent à la Pâque juive (Pessah) qui se déroule du 18 au 26 avril.

Voir enfin:

Grandes écoles : des organisations juives dénoncent un « procès en laïcité »

Le grand rabbin de France et le président du consistoire central assurent que le « confinement » au moment de la Pâque juive de quelques étudiants juifs « ne met pas en cause les principes de laïcité républicaine ».

Une dizaine d’étudiants juifs devraient bénéficier de sessions nocturnes aux concours des grandes écoles (AFP)

Le grand rabbin de France Gilles Bernheim et le président du consistoire central Joël Mergui ont dénoncé jeudi 14 avril un « procès en laïcité instruit » à propos d’une demande d’aménagement d’épreuves de concours à certaines grandes écoles d’ingénieur pendant la Pâque juive.

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier, avait assuré auparavant que « le confinement » au moment de Pessah (la Pâque juive) de quelques étudiants juifs « ne mettait pas en cause les principes de laïcité républicaine ».

D’après le site d’informations Mediapart, l’Elysée a suggéré aux responsables des concours des grandes écoles Mines-Pont et Centrale-Supelec un aménagement des épreuves prévues pendant deux jours au moment de la Pâque juive, du 18 au 26 avril, pour des étudiants juifs très pratiquants, ce que démentent les intéressés.

« Pratique apaisée de la laïcité »

Dans un communiqué, le grand rabbin et le président du consistoire central s’élèvent contre un « procès en laïcité » et rappellent que « les autorités religieuses de tous les cultes ont transmis, comme chaque année, les dates des principales fêtes de leurs calendriers respectifs au ministère de la Fonction publique »

« Les dates transmises sont des dates protégées où la tenue d’examens et de concours nationaux doit être évitée. Cette protection s’inscrit dans une pratique apaisée de la laïcité. Elle prend en compte le fait que les principales fêtes catholiques et protestantes correspondent dans notre pays à des jours fériés », selon le communiqué.

Concernant le judaïsme, les dates protégées, soumises à de nombreuses règles, incluent les fêtes de Pessah les 19, 20, 25 et 26 avril. Il est notamment interdit d’écrire et de se déplacer autrement qu’à pied, ces jours-là.

Un oubli ?

Au ministère de l’Enseignement supérieur, on explique que c’est une erreur au moment de la fixation des « dates religieuses protégées » où la Pâque juive aurait été oubliée. Le ministère aurait ainsi décidé d’organiser des compositions décalées comme c’est le cas pour les étudiants ultra-marins, le report des concours étant trop compliqué. Pourtant Nouvelobs.com expliquait mercredi que les circulaires transmises aux directeurs des Grandes écoles chaque année où indiquées les dates religieuses protégées, n’évoquait pas la Pâque juive, ni en 2010, ni en 2007, ni en 2006

Une pratique banale et ancienne

Comme les organisations juives (Crif et l’Union des étudiants juifs de France, UEJF), MM. Bernheim et Mergui relèvent que la pratique de la composition en horaires décalés pour un nombre infime de candidats est une pratique banale et ancienne, en particulier dans les centres d’examen situés dans les Départements et Territoires d’Outre-mer du fait du décalage horaire.

« Elle permet à tous les enfants de la République, quel que soit leur lieu de résidence et quelle que soit leur religion, de prétendre accéder aux grandes écoles », font-ils valoir, ajoutant qu' »il est anormal que les étudiants juifs soient pénalisés alors qu’ils ont préparé pendant deux à quatre ans les concours aux grandes écoles ».

Le grand rabbin et le président du consistoire central « vont demander qu’une réflexion soit menée pour que cette fête soit prise en compte comme c’était le cas pendant de longues années ».

Arielle Schwab explique que cette circulaire n’est pas contraignante. « Si les organisateurs des concours ne veulent pas respecter les dates protégées, ils peuvent programmer les concours comme cela les arrange ».

Quid de la laïcité et de l’égalité ?

Mediapart pointe toutes les incohérences d’un tel système. Une absence d’équité flagrante: comment choisir les étudiants qui pourront bénéficier de ces sessions ? Comment proposer aux étudiants juifs d’y participer puisqu’aucun fichier d’étudiants juifs n’existe.

Mais surtout, ce « système contrevient aux principes de laïcité et d’égalité entre candidats ». Alors que le chef de l’Etat s’est toujours défendu de viser une quelconque communauté à travers sa politique, cet argument risque d’être sérieusement ébranlé par cette révélation

Un rabbin à l’origine de la demande ?

Les sources du site Internet justifient cette démarche par une demande officielle d’une « organisation représentative juive ». Le site du Point, qui a également enquêté sur cette affaire, affirme que la demande émanait du rabbin Haïm Korsia, aumônier général de l’armée de l’air et proche de Nicolas Sarkozy, qui « a utilisé son entregent pour faire avancer sa cause ».

Au ministère de l’Enseignement supérieur, on explique que c’est une erreur au moment de la fixation des « dates religieuses protégées » où la Pâque juive aurait été oubliée. Le ministère aurait ainsi décidé d’organiser des compositions décalées comme c’est le cas pour les étudiants ultra-marins (le report des concours étant trop compliqué).

Or, lorsqu’on lit les circulaires des années précédentes, que ce soit pour l’année 2010, en 2007, ou en 2006, la Pâque juive n’apparaît pas dans les « dates religieuses protégées ». L’argument du ministère tomberait donc à l’eau. La personne contactée au ministère affirme n’avoir aucune indication sur l’organisation des sessions secrètes.

Plus étonnant encore, Richard Milis, secrétaire général du concours commun, organisateur des concours de l’école des Mines et Ponts affirme : « Il n’y a aucune session décalée, aucun arrangement. Nous sommes dans un pays laïc ».

« Trouver un compromis entre la religion et les études »

Pourtant Arielle Schwab, présidente de l »UEJF, confirme que ces compositions décalées existent bien ». Elle s’inquiète « de la déduction qui pourrait être faite dans l’esprit des gens entre d’un côté une communauté musulmane stigmatisée, et une communauté juive passe droit. Ce n’est pas le cas, il s’agissait d’aider des étudiants dans une situation inextricable ». Et d’ajouter : « Ce n’est pas un privilège. La République française est laïque, elle impose donc une neutralité vis à vis des religions, mais aussi le respect des pratiques. Ce n’est ni un passe-droit, ni du clientélisme ».

Sophie Noachovitch – Nouvelobs.com

http://www.scribd.com/doc/52790581/Les-dates-religieuses-protegees

 

 

 

 

 

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