Affaire Galliano: Attention, un scandale peut en cacher un autre (From Carter to Galliano: Antisemitism for dummies)

Foreign policy for dummies (Obama cartoon)

J’ai tellement entendu les propos de M. Gollnisch à Lyon que cela finissait par ne plus m’émouvoir. Quand on entend à longueur de journée tout ce qui se dit à droite et à gauche, à la fin on n’y porte plus attention. Raymond Barre
Cet attentat odieux a voulu frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue, il a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic. Raymond Barre (1980)
Ce n’est pas une politique de tuer des enfants. Chirac (à Barak, 2000)
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Villepin (2001)
Pourquoi accepterions-nous une troisième guerre mondiale à cause de ces gens là? Daniel Bernard (ambassadeur de France, après avoir qualifié Israël de « petit pays de merde », Londres, décembre 2001)
Les Israéliens se sont surarmés et en faisant cela, ils font la même faute que les Américains, celle de ne pas avoir compris les leçons de la deuxième guerre mondiale, car il n’y a jamais rien de bon à attendre d’une guerre. Et la force peut détruire, elle ne peut jamais rien construire, surtout pas la paix. Le fait d’être ivre de puissance et d’être seul à l’avoir, si vous n’êtes pas très cultivé, enfant d’une longue histoire et grande pratique, vous allez toujours croire que vous pouvez imposer votre vision. Israël vit encore cette illusion, les Israéliens sont probablement dans la période où ils sont en train de comprendre leurs limites. C’était Sharon le premier général qui s’est retiré de la bande de Gaza car il ne pouvait plus la tenir. Nous défendons absolument le droit à l’existence d’Israël et à sa sécurité, mais nous ne défendons pas son droit à se conduire en puissance occupante, cynique et brutale … Michel Rocard (2006)
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, suite à des manifestations anti-guerre d’Irak marquées par nombre de cris d' »A mort les juifs! », avril 2003)
Sur la question des chambres à gaz, il est vraisemblable que la totalité de celles projetées par les nazis n’ont pas été construites. Abbé Pierre
Comment comprendre le passage du juif persécuté à l’Israélien persécuteur? Edgar Morin (1997)
Pour moi, l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie. L’armée israélienne ripostait au soulèvement palestinien par l’utilisation massive de tirs à balles réelles. (…) Du 29 septembre à la fin octobre 2000, 118 Palestiniens sont morts, parmi eux 33 avaient moins de 18 ans. Onze Israéliens ont été tués, tous adultes. Charles Enderlin
A Gaza et dans les territoires occupés, ils ont [les meurtres de violées] représenté deux tiers des homicides (…) Les femmes palestiniennes violées par les soldats israéliens sont systématiquement tuées par leur propre famille. Ici, le viol devient un crime de guerre, car les soldats israéliens agissent en parfaite connaissance de cause. Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, 2001, démenti par la suite)
Comment la puissance américaine a-t-elle été contestée le 11 septembre 2001? Sujet de géographie du brevet francais (2005)
Aucun avion ne s’est écrasé sur le Pentagone.Thierry Meyssan
Moi j’ai tendance à être plutôt souvent de l’avis de la théorie du complot.(…) Parce que je pense qu’on nous ment sur énormément de choses: Coluche, le 11-Septembre. (…) c’était bourré d’or les tours du 11-Septembre, et puis c’était un gouffre à thunes parce ce que ça a été terminé, il me semble, en 73 et pour recâbler tout ça, pour mettre à l’heure de toute la technologie et tout, c’était beaucoup plus cher de faire les travaux que de les détruire. Marion Cotillard
[Est-ce que tu penses que Bush peut être à l’origine de ces attentats (les attentats du 11-Septembre) ?] Je pense que c’est possible. Je sais que les sites qui parlent de ce problème sont des sites qui ont les plus gros taux de visites. (…) Et donc je me dis, moi qui suis très sensibilisée au problème des nouvelles techniques de l’information et de la communication, que cette expression de la masse et du peuple ne peut pas être sans aucune vérité. (…) Je ne te dis pas que j’adhère à cette posture, mais disons que je m’interroge quand même un petit peu sur cette question.(…) C’est la responsabilité de chaque blogueur de se faire son idée. Christine Boutin (nov. 2006)
Je suis allée voir l’ambassadeur iranien à l’époque et il a dit que bien sûr c’était vrai.  (…) Elle affirme donc que la CIA et d’autres agences étaient au courant qu’il y aurait quelque chose le 11 septembre? « Absolument ». Doit-on comprendre qu’il s’agit d’un complot interne US ou que al-Qaïda est le responsable? « Tout le monde est responsable. Si seulement vous en saviez plus, c’est encore plus déprimant.  Juliette Binoche (sept. 2007)
Il est sûr et certain maintenant que les deux avions qui sont écrasés soit disant dans la forêt et au Pentagon n’existent pas, il n’y a jamais eu d’avions, ces deux avions volent encore, c’est un mensonge absolument énorme (…) et l’on commence à penser très sérieusement que ni al Qaida et ni aucun ben Laden n’a été responsable des attentats su 11 Septembre (…) Non, c’est un missile américain qui frappe le Pentagone, tout simplement donc ils ont provoqué eux mêmes, ils ont tué des Américains. (…) c’est une démolition programmée les tours du World Trade Center (…) tous les spécialistes de la terre sont d’accord là-dessus. Jean-Marie Bigard
Goebbels a dit: plus le mensonge est gros plus il passe. Donc on doit se poser la question de ce qui s’est passé le 11 septembre 2001. Matthieu Kassovitz
[Et tu penses qu’en France le Mossad pourrait attaquer les synagogues …?] Je ne sais pas si c’est le cas. Simplement, ce que je dis, c’est qu’il faut savoir à qui peut profiter le crime. José Bové (à Karl Zéro, Canal plus, avril 2002)
A la limite, c’est eux qui l’ont fait, mais c’est nous qui l’avons voulu. Jean Baudrillard (sept. 2001)
La plus grande oeuvre d’art jamais réalisée … Karlheinz Stockhausen (nov. 2001)
J’aurais été bien plus content si, le 11 septembre, le Pentagone avait été mis à terre et s’ils n’avaient pas manqué la Maison Blanche – au lieu de voir s’effondrer les Twin Towers remplies de milliers de travailleurs américains, parmi lesquels, paraît-il, se trouvaient presqu’un millier de clandestins. Toni Negri
On est des Arabes et des Noirs, faut qu’on se soutienne. (…) Les juifs sont les rois car ils bouffent l’argent de l’Etat et, moi, comme je suis noir, je suis considéré comme un esclave par l’Etat. Yousouf Fofana (février 2006)
Il y a un grand nombre de gens mis en cause dans l’affaire d’Ilan (vingt-sept en tout), à qui il faut ajouter les amis, les petits-amis et petites-amies et parfois les parents. On arrive à une quarantaine de personnes qui, elles, savaient pertinemment qu’un jeune homme était détenu, nourri à l’aide d’une paille, ficelé, baillonné, voire frappé. Et toutes ces personnes se sont tues (…) [alors qu’] un simple coup de fil anonyme aurait mis en quelques heures fin au calvaire d’Ilan Halimi. Alexandre Lévy
Dans cette histoire, on retrouve tous les ingrédients du fonctionnement des ghettos : la logique du groupe qui fait commettre des actes qu’on ne commettrait pas individuellement, la présence d’un leader charismatique, la loi du silence, la peur, l’absence de solidarité avec des gens extérieurs au quartier et l’antisémitisme qui circule dans le groupe et d’une certaine façon le cimente, donnant à chacun l’illusion d’exister et d’être en possession d’une forme de compréhension supérieure qui échappe au commun des mortels. On est sur des logiques collectives assez classiques. (…) La focalisation sur les événements du Proche-Orient vient du fait que les gens sont antisémites, pas l’inverse. L’antisémitisme puise ses racines dans les conditions sociales et le vide politique qui règnent dans certaines banlieues. C’est une forme de ‘socialisme des imbéciles’ . Quand on écoute les gens tenir des propos antisémites, ils font leur portrait à l’envers : les juifs sont puissants, je suis faible ; ils sont partout, je suis nulle part; ils sont solidaires, je suis seul ; ils ont le droit de revendiquer leur identité, nous, au contraire, n’avons aucun droit, etc. Didier Lapeyronnie (sociologue)
Je suis un partisan du fascisme : notre unique chance de nous sortir de ce libéralisme répugnant, c’est l’extrême droite, tyrannique et dictatoriale. Les rock-stars sont fascistes aussi et Hitler était l’une des premières. Ce n’était pas un politicien mais un grand artiste moderne. Il a utilisé la politique et le théâtre pour créer cette chose qui allait gouverner et contrôler le spectacle pendant ces douze années-là : il a mis en scène un pays. David Bowie (Playboy, 1976)
Les juifs sont responsables de toutes les guerres dans le monde. Est-ce que vous êtes juif? Mel Gibson (août 2006)
Deutschland, Deutschland über alles… Pete Doherty (concert à Munich retransmis en direct à la télévision allemande, décembre 2009)
Mais il n’y a pas de doute qu’à l’intérieur des territoires occupés palestiniens on a affaire à un exemple effarant d’apartheid. Jimmy Carter
Si je parle d’Auschwitz, ce n’est pas pour dire qu’il y a chambre à gaz, qu’il y a… non, c’est l’esprit ! José Saramago (2002)
(L’armée israélienne) continue fidèlement (…) les doctrines génocidaires de ceux qui ont torturé, gazé et brûlé ses ancêtres. José Saramago
(…) ces experts en cruauté, ces diplômés en mépris, qui regardent le monde du haut de leur insolence qui est à la base de leur éducation. Nous comprenons mieux leur dieu biblique lorsque nous observons ses disciples. Jéhova, ou Yahvé, quel que soit le nom qui le désigne, est un dieu rancunier et féroce, un dieu que les Israéliens actualisent en permanence. José Saramago
Le blond David d’antan survole en hélicoptère les territoires occupés de Palestine. Il lance des missiles sur des innocents désarmés. Le délicat David d’antan conduit les tanks les plus puissants du monde et rase et détruit tout ce qu’il trouve sur son chemin. Le David lyrique qui chantait les louanges de Bethsabée, incarné à présent dans la figure gargantuesque d’un criminel de guerre nommé Ariel Sharon, lance le message ‘poétique’ qu’il faut au préalable en finir avec les Palestiniens pour après négocier avec ceux qui restent. » (…) (…) Mentalement intoxiqués par l’idée messianique du grand Israël qui leur permettra de concrétiser enfin les rêves expansionnistes du sionisme le plus radical ; contaminés par la ‘certitude’ monstrueuse et indéracinable que, dans ce monde catastrophique et absurde, il existe un peuple élu de Dieu et que, de ce fait, et au nom des horreurs du passé et des peurs du présent, toutes les actions inspirées d’un racisme obsessionnel, psychologiquement et pathologiquement exclusiviste, sont automatiquement justifiées et autorisées ; éduqués et endoctrinés dans l’idée que toute souffrance déjà infligée, ou en cours d’infliction, ou qui sera infligée, à n’importe qui d’autre, mais en particulier aux Palestiniens, sera toujours inférieure aux souffrances qu’eux-mêmes ont vécues pendant l’Holocauste, les juifs grattent sans cesse leur propre plaie pour qu’elle n’arrête pas de saigner, pour la rendre incurable, et ils l’exhibent au monde comme s’il s’agissait d’un drapeau. Israël s’approprie les terribles paroles de Dieu dans le Deutéronome : « à moi la vengeance, à moi la rétribution ». Israël veut que nous nous sentions, directement ou indirectement, tous coupables des horreurs de l’Holocauste ; Israël veut que nous renoncions à notre plus élémentaire faculté de jugement critique pour que nous nous transformions en un docile écho de sa volonté ; Israël veut que nous reconnaissions de jure ce que pour eux constitue déjà un exercice de facto : l’impunité absolue. Du point de vue des juifs, parce qu’ils ont été torturés, gazés et incinérés à Auschwitz, Israël ne pourra jamais être soumis à la loi. Je me demande si les juifs qui sont morts dans les camps de concentration nazis, ceux qui furent persécutés tout au long de l’histoire, ceux qui sont morts dans les pogroms, ceux qui furent oubliés dans les ghettos, oui, je me demande si cette immense multitude de malheureux n’aurait pas eu honte des actes infâmes que leurs descendants commettent. Je me demande si le fait d’avoir tant souffert ne serait pas la meilleure raison de ne pas faire souffrir autrui. José Saramago
J’ai été profondément bouleversé lors de ma visite en Terre Sainte ; cela m’a tant rappelé ce que qui nous est arrivé à nous les noirs d’Afrique du Sud. J’ai vu l’humiliation des palestiniens aux check-points et aux barrages routiers, je les ai vus souffrir comme nous quand de jeunes officiers de police blancs nous empêchaient de nous déplacer. (…) Les gens ici [aux USA] sont paniqués à l’idée de dire que ce qui est mal est mal, parce que le lobby juif est puissant – très puissant. Desmond Tutu (2002)
Hitler a fait bien plus de mal au peuple russe qu’au peuple juif», avant de verser dans la théorie du complot en déclarant que la «domination juive des médias» explique le fait que l’Holocauste est plus médiatisé que les millions de morts russes pendant la Seconde guerre mondiale. (…) Il y a un lobby majeur. Ce sont de gros travailleurs. […] C’est le lobby le plus puissant à Washington. Israël a [fichu en l’air] la politique étrangère des Etats-Unis depuis des années. Oliver Stone (juillet 2010)
Oubliez le truc sur les juifs. Julian Assange
Let me suggest two possible answers. The first is that little about the nature of prejudice has really changed, but technology has brought private prejudices into the public arena. (…)The pervasiveness of cellphone videos and the widespread use of the social media have blurred the line between private and public expression. What used to be only whispered to friends at a bar is now broadcast around the world. There is a second, a far more troubling answer to « Why the Jews? » Prominent public figures have blurred another line as well — the line between anti-Zionism and anti-Semitism, between attacking the Jewish state and attacking the Jewish people. (…) By thus blurring the line between legitimate political criticism and illegitimate bigotry, widely admired people like Tutu and Carter legitimize the kind of anti-Semitic attitudes that manifest themselves in the rants of celebrities like Galliano, Sheen and Gibson. This blurring has also affected the tone on university campuses around the world, where Tutu and Carter are particularly admired and imitated. I speak at universities and had never, until recently, heard and seen the kind of language now being directed against Jewish students and faculty who support Israel. So I was not as surprised as some by the recent celebrity rants. The oldest prejudice has never quite disappeared. It just went underground — waiting for the right moment to fester. Alan Dershowitz
Casual antisemitism appears to be having a « moment » right now. Casual antisemitism is « hot » and seemingly nowhere « hotter » than in the US entertainment industry. (…) With all the terrible problems going on in the world, some involving Jewish issues, does it matter if some well-known types, some of whom, frankly, aren’t the brightest, let their masks slip? Yes, it does. (…) this is the kind of thing ordinary people around the world can relate to. Gossipy, accessible, easy to understand, full of scandal and famous faces. Its antisemitism for dummies – for people who otherwise would probably barely be aware of what antisemitism is. Just as some say marijuana is a gateway to harder drugs, so could such incidents serve as gateways to much nastier, more-focused antisemitism. « Hmm, says here, Jews control Hollywood »; « Duh, just read that Jews cause all the wars. » People unable to grasp the complexities of the Middle East, or WikiLeaks, or even Two and a Half Men, can come in on this lower intellectual rung – absorbing, repeating, and spreading antisemitic bilge without even realising it. At a time when Jewish people can barely even point out antisemitism without being shouted down as over-sensitive, paranoid or enthralled by their own victimhood, such exposure, unchecked, could become incredibly powerful. Natalie Portman was not only brave to speak out, without hesitation, about the Galliano incident, but this Harvard-educated actress was also bright enough to realise that she effectively had no choice. Barbara Ellen
Attention: un scandale peut en cacher un autre! 

Propos antisémites, apologie du nazisme, promotion des théories du complot sur le 11 septembre …

 

Barre, Chirac, Rocard, Abbé Pierre, Morin,  Baudrillard, Boutin, Bové, Carter, Tutu, Farrakhan … 

Dieudonné, Kassovitz, Cotillard, Bigard, Prince Harry, Mosley, Stone, Assange, Sheen, Galliano …  

Où l’on (re)découvre…
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Derrière le dérapage alcoolisé ou amphétaminé d’une énième célébrité
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La réalité quotidienne de la population de tout un quartier de Paris.

Mais aussi, derrière la banalisation voire l’instrumentalisation (le dernier chic pour choquer le bourgeois et créer le buzz, sans parler des passages à l’acte à la Fofana!) du véritable « socialisme des imbéciles » qu’est devenu, comme alternativement sa variante anti-américaniste, le  discours antisémite.

Les décennies de levée des tabous de la part de nos dument nobélisés Carter, Tutu et compagnie … 

Jewish people in the French capital live in the shadow of hatred
Antisemitic comments allegedly made by the designer John Galliano come as no surprise in the Marais quarter of Paris
Kim Willsher
The Observer
Sunday 6 March 2011   
 
Orthodox Jews in the Marais district of Paris where John Galliano allegedly made his comments. Photograph: Alamy Like most Paris schools, the Ecole des Hospitalières-Saint-Gervais bears a sombre plaque. It reads: « 165 Jewish children from this school, deported to Germany during the second world war, were exterminated in the Nazi camps. Do not forget.
 
 In this district, known as the Marais, the heart of Paris’s oldest Jewish quarter, gay bars rub shoulders with falafel cafés, kosher restaurants, synagogues and prayer rooms. Its labyrinthine streets have been home to Jews on and off since the 13th century. Ten days ago, however, it also played host to John Galliano.
 
The alleged infamous outburst of the Dior designer, who has now been sacked, in which he is said to have abused a Jewish woman and her Asian boyfriend, was offensive on many levels – not only because of what he allegedly said, but because of where he said it. It was in a bar just a few paces from the Hospitalières-Saint-Gervais that the couturier, who is British but has lived in the French capital for two decades, was arrested. And it was also where, last year, he was filmed telling two women he believed to be Jewish that he loved Hitler.
 
His reported behaviour has shocked France and the fashion world. Yet in what locals call the pletzl – « little place » in Yiddish – it provoked little surprise. Local residents and traders say that the insult « sale juif » (dirty Jew) is a fact of daily life; asking a local if they have suffered abuse provokes a quizzical stare as if you are trying to be funny. « Bien sûr » (« of course ») is the most common reply.
« It’s stating the obvious, » says one kippah-wearing youngster in the Rue des Rosiers, the Jewish quarter’s main street. « We hear what Galliano said, or versions of it, every day, sometimes several times every day. » Like many I speak to, he prefers not to be named.
 
Standing in the doorway of a grocery shop, Dan points to his wide-brimmed black hat. « My 80-year-old neighbour told me that when she was growing up they used to say we Jews wore these hats to hide our horns, and long black coats to hide our tails, » he says, laughing.
« She would tell me not to let my boys wear their [skull] caps in case ‘they’ come back. More than 50 years after the war, she still thought it could happen again. »

At the Sacha Finkelsztajn pastry shop, famous for its apple strudel and cheesecake, two women shrug when Galliano’s alleged antisemitic diatribe is mentioned. Over the road in the Panzer, a grocery store, the shop assistant refuses to talk about Galliano. « We’re always being called ‘dirty Jews’; there’s always been antisemitism here and there always will be. It upsets me, but it doesn’t shock me. » Galliano was filmed telling the two women he thought were Jewish that their relatives would have been « fucking gassed ».

In La Perle, the trendy bar where the designer – who denies being antisemitic – was arrested after another alleged outburst, Jérôme says: « France invented the term ‘antisemitism’. »
He says he would like to write a book on « happy » events in Jewish history, but adds that he would need time to research some. « I find it depressing that whenever I talk to my son about Jewish history it’s just one long list of terrible events. »
 
Like a sore that never completely heals, antisemitism erupts in France, which has the biggest Jewish community in Europe, with depressing regularity. Toni Kamins, the American author of The Complete Jewish Guide to France, observes that since Roman times Jews have been subject to vilification and humiliation. It is a history scarred with mass expulsions, forced conversions to Christianity, crippling taxation, segregation and « both systematic and random physical violence and murder ».
 
The French revolution and the early 19th century saw the country’s Jewish citizens emancipated. But the undercurrent of hatred persisted, culminating in the Dreyfus affair in 1894, with the trial and false conviction of Alfred Dreyfus, a French military officer of Jewish descent, which is often described as one of the most influential events in the modern history of French Jewry. Dreyfus became a byword for antisemitism.
At the time of Nazi occupation in 1940, as many as 9,000 Jews lived in the Marais. Many of them were among the estimated 76,000 French Jews who were deported between 1942 and 1944 to Auschwitz-Birkenau, where most were exterminated on arrival.
 
In 1982, after a terrorist bomb planted outside the Copernic synagogue in Paris killed four people – only one of them Jewish — the then prime minister, Raymond Barre, spoke of « a heinous act » that had struck « innocent French people ». When a British-born rabbi, Michael Williams, tried to visit the injured in hospital, he says he was told: « Get the hell out of here. You’re responsible for this. »
 
Then, in 2006, a 23-year-old mobile-phone salesman was kidnapped and horrifically tortured for three weeks before being left for dead because he was Jewish and his Muslim attackers assumed his family had money.
Until recently the extreme-right Front National of Jean-Marie Le Pen was the political face of antisemitism in France. Since his daughter, Marine, became leader, it has moved away from historical revisionism and has its sights on France’s Muslim population.

In the Marais, many Jews now blame antisemitism on immigrants from France’s former north African colonies, and on the country’s traditional special relationship with Arab countries.

The Jewish community’s Protection Service documented 466 reported antisemitic incidents in 2010 – down from a 10-year peak of 974 in 2004 – but says many more go unreported. It says most attacks can be linked to Muslim fundamentalists.

Politically, the « Jewish question » is often a scratch from the surface in France. A fortnight ago Le Monde reported that French internet surfers searching for information on politicians typed a name followed by « Juif » (« Jew ») more frequently than in any other nation. Olivier Ertzscheid, an internet specialist at Nantes University, said this could « reveal the mentality » of the country.

A French newspaper website recently asked: « Is France ready for a Jewish president? » Dominique Strauss-Kahn, head of the International Monetary Fund and a potential candidate in next year’s presidential elections, was recently described by an opponent as « cosmopolitan » and « not the image of rural France », both well-known French euphemisms for being Jewish.

Jérôme believes the idea of the « enemy within » – epitomised by the Dreyfus case – is a cause of antisemitism that is unique to France. « I think it makes some people angry that Jewish people are so well integrated that, while they know we are here, they don’t know who we are. »

He describes a Gallic attitude to its Jewish population that is two-faced: « The Jews who were deported and died during the second world war were mostly denounced by French people, but those French Jews who remained in France and lived were saved by French people. »

It is 4.30pm, and across the other side of the Marais from La Perle the bell rings at the Jewish school. Pupils do not stream out of the door. Instead, a nervous-looking man with a walkie-talkie propels them into waiting cars.

In his grocery store, not far from Goldenbergs, the restaurant that was targeted by terrorists in 1982 and is now a men’s clothing shop, Dan says that local people live in fear of attack. But he adds: « It’s a peaceful place on the whole. We have a Jewish saying: you can tell what’s in the heart of a man by how he behaves when he’s drunk, when he’s angry and when he has money. I think we have seen what’s in the heart of Galliano. »

Voir aussi:

Why the Jews?
Anti-Semitism never went away — it just went underground
Alan M. Dershowitz
March 5, 2011
 
When celebrities are drunk, on drugs or just high on their own egos, they often engage in rants. These days many such rants are captured on cellphone videos or audio tapes and go viral on the Internet. Nothing surprising there. What is surprising to many is that the rant du jour seems to be directed against Jews.
 
Consider the former Dior designer, John Galliano, who was sitting in a bar in a Jewish section of Paris and announcing his love for Hitler and smiling as he told the people at an adjoining table, who he apparently assumed to be Jewish, that « People like you would be dead. Your mothers, your forefathers, would all be f – – – ing gassed. »
   
Or Charlie Sheen, who claims to be high on Charlie Sheen, attacking his producer by emphasizing the Jewish nature of his original name, Chaim Levine.
 
Or Oliver Stone telling an interviewer last year that too much attention is paid to the Holocaust because of « Jewish domination of the media. » And that Hitler wasn’t all that terrible to the Jews.
 
Then there is the Reverend Louis Farrakhan, ranting and raving about Satanic Jews controlling the world.
This is not an entirely new phenomenon. Mel Gibson delivered a similar rant when he was stopped by Los Angeles police in 2006. « F – – – ing Jews . . . The Jews are responsible for all the wars in the world. » Gibson then asked the deputy, « Are you a Jew? »
  
Generally, sobriety results in apology, but the damage has been done.
The question is: « Why the Jews? » There’s an old joke about a Nazi rally in Nuremberg where Hitler is screaming, « Who causes all of Germany’s problems? » An old man in the crowd shouts back, « The bicycle riders. » Hitler’s taken by surprise and asks, « Why the bicycle riders? » To which the old man replies, « Why the Jews? » That was the 1930s — we’re still asking the question in the 21st century.
Let me suggest two possible answers. The first is that little about the nature of prejudice has really changed, but technology has brought private prejudices into the public arena. In commenting on the Galliano outburst, Michel Gaubert, a French DJ and music designer, observed that « virulent views like those expressed by [Galliano] are not rare. » But « the public expression » of intolerance is unusual and particularly troubling, according to patrons of the bar in which Galliano expressed his bigoted views. The pervasiveness of cellphone videos and the widespread use of the social media have blurred the line between private and public expression. What used to be only whispered to friends at a bar is now broadcast around the world.
 
There is a second, a far more troubling answer to « Why the Jews? » Prominent public figures have blurred another line as well — the line between anti-Zionism and anti-Semitism, between attacking the Jewish state and attacking the Jewish people.
 
Consider widely publicized remarks made by Bishop Desmond Tutu, winner of the Nobel Peace Prize and the American Medal of Freedom, and a man openly admired and praised by President Obama. He has called the Jews « a peculiar people » and has accused « the Jews » of causing many of the world’s problems. He has railed against « the Jewish Lobby, » comparing its power to that of Hitler and Stalin.
 
He has said that « the Jews thought they had a monopoly of God: Jesus was angry that they could shut out other human beings. » He has said that Jews have been « fighting against » and being « opposed to » his God. He has « compared the features of the ancient Holy Temple in Jerusalem to the features of the apartheid system in South Africa. » He has complained that « the Jewish people with their traditions, religion and long history of persecution sometimes appear to have caused a refugee problem among others. » Tutu has minimized the suffering of those murdered in the Holocaust by asserting that « the gas chambers » made for « a neater death » than did apartheid. He has demanded that its victims must « forgive the Nazis for the Holocaust, » while refusing to forgive the « Jewish people » for « persecute[ing] others. »
He has has accused Jews — not Israelis — of exhibiting « an arrogance — the arrogance of power because Jews are a powerful lobby in this land and all kinds of people woo their support. »

Tutu has acknowledged having been frequently accused of being anti-Semitic, to which he has offered two responses: « Tough luck » and « my dentist’s name is Dr. Cohen. »

Former President Jimmy Carter too has contributed to this new legitimization of Jew-bashing, by echoing Tutu’s derisive talk about the Jewish domination of America (« powerful political, economic and religious forces . . . that dominate our media ») and his use of the term « apartheid » in his book about Israel.

By thus blurring the line between legitimate political criticism and illegitimate bigotry, widely admired people like Tutu and Carter legitimize the kind of anti-Semitic attitudes that manifest themselves in the rants of celebrities like Galliano, Sheen and Gibson.

This blurring has also affected the tone on university campuses around the world, where Tutu and Carter are particularly admired and imitated. I speak at universities and had never, until recently, heard and seen the kind of language now being directed against Jewish students and faculty who support Israel.

So I was not as surprised as some by the recent celebrity rants. The oldest prejudice has never quite disappeared. It just went underground — waiting for the right moment to fester.

Alan Dershowitz’s latest novel is « The Trials of Zion. »

Voir également:

If only John Galliano’s hate rant was a one-off.
The fashion designer’s outburst is just one example of a growing casual antisemitism
Barbara Ellen
The Observer
Sunday 6 March 2011
 
It’s interesting that John Galliano could just have got away with his antisemitic ravings, some caught on video in a Paris bar, had it not been for Jewish actress Natalie Portman.
 
Nicole Kidman and Sharon Stone still wore Dior to the Oscars. It was Portman, the « face » of Dior perfumes, who wore Rodarte. It was Portman who immediately stated she was « shocked and disgusted » and « would not be associated with Mr Galliano ». She added: « I hope these terrible comments remind us to reflect and act upon combating these still-existing prejudices that are the opposite of all that is beautiful. »
 
« The opposite of all that is beautiful » – a melodramatic, very actressy statement? Perhaps it was de trop considering this isn’t the Middle Eastern conflict, darling, just a sloshed fashion designer, slurring vilely, but also fashion enfant terrible-style, about « dirty Jews », « gassing » and « I love Hitler ».
 
However, Portman wasn’t being melodramatic. She was what she said she was and had every right to be: « shocked and disgusted ». Since when was casual antisemitism something to be taken casually?
Casual antisemitism appears to be having a « moment » right now. Casual antisemitism is « hot » and seemingly nowhere « hotter » than in the US entertainment industry. This is the very industry everyone is always moaning about being « controlled by Jews », making the whole thing even more bizarre or, arguably, more understandable, if you stir envy and resentment into the mix.
There’s Charlie Sheen with his comment about Two and a Half Men creator Chuck Lorre’s « real name » being « Chaim Levine »; Sheen’s other alleged comments about his manager, Mark Burg, being a « stooped Jew pig »; Mel Gibson’s « Jews responsible for all the wars in the world » outburst; Oliver Stone’s « Jewish domination of the media ».
 
Nearer to home, there are Julian Assange’s « Jewish conspiracy » comments, as reported by Ian Hislop in Private Eye; also Assange’s friendship with Holocaust-denier Israel Shamir (not his real name).
Burg points out that his client has several personal and professional Jewish relationships. (Sheen has relationships with women – that doesn’t stop him abusing them.) Assange claims to have been misrepresented by Hislop (but still buddies with Shamir?). And so it goes on. Oliver Stone is half-Jewish. Galliano was pissed and now claiming Jewish roots. Gibson is (sigh) just Gibson.
And these are just the « breakthrough performances ». Saying that, does it matter? With all the terrible problems going on in the world, some involving Jewish issues, does it matter if some well-known types, some of whom, frankly, aren’t the brightest, let their masks slip? Yes, it does.
Upbringing, personal experiences, business deals gone awry – all, or some, of these could lie behind the sudden ooze of antisemitism in Hollywood. It almost doesn’t matter. What truly matters is that this is the kind of thing ordinary people around the world can relate to. Gossipy, accessible, easy to understand, full of scandal and famous faces. Its antisemitism for dummies – for people who otherwise would probably barely be aware of what antisemitism is.
Just as some say marijuana is a gateway to harder drugs, so could such incidents serve as gateways to much nastier, more-focused antisemitism. « Hmm, says here, Jews control Hollywood »; « Duh, just read that Jews cause all the wars. » People unable to grasp the complexities of the Middle East, or WikiLeaks, or even Two and a Half Men, can come in on this lower intellectual rung – absorbing, repeating, and spreading antisemitic bilge without even realising it.
At a time when Jewish people can barely even point out antisemitism without being shouted down as over-sensitive, paranoid or enthralled by their own victimhood, such exposure, unchecked, could become incredibly powerful.
Natalie Portman was not only brave to speak out, without hesitation, about the Galliano incident, but this Harvard-educated actress was also bright enough to realise that she effectively had no choice.
(…)
Voir enfin: 
Quand les people dérapent
Le Nouvel Observateur
03/03/2011
 
Propos antisémites, apologie du nazisme, promotion des théories du complot sur le 11 septembre… John Galliano, qui sera jugé d’ici quelques mois pour injures antisémites, n’est pas la première star à sérieusement déraper sur des sujets sensibles.
 
1976 David Bowie déclare dans une interview au magazine Playboy : « Je suis un partisan du fascisme : notre unique chance de nous sortir de ce libéralisme répugnant, c’est l’extrême droite, tyrannique et dictatoriale. Les rock-stars sont fascistes aussi et Hitler était l’une des premières. Ce n’était pas un politicien mais un grand artiste moderne. Il a utilisé la politique et le théâtre pour créer cette chose qui allait gouverner et contrôler le spectacle pendant ces douze années-là : il a mis en scène un pays. »
 
Janvier 2005 Le quotidien The Sun publie en première page une photographie montrant le prince Harry, âgé de 20 ans, habillé en uniforme nazi, avec un brassard portant une croix gammée, lors d’une fête costumée. Quatre ans plus tard, l’hebdomadaire News of the World publie sur son site web une vidéo datant de 2006, tournée par le prince lui-même lors d’un voyage à Chypre avec son unité militaire. On y voit Harry qualifier un élève officier de « Paki » (terme péjoratif désignant Indiens ou Pakistanais) et un autre de « raghead » (« enturbanné », terme raciste désignant les arabes).
 
Août 2006 Mel Gibson est arrêté au volant en état d’ivresse. Le comédien déclare au policier qui l’a interpellé: « Les juifs sont responsables de toutes les guerres dans le monde. Est-ce que vous êtes juif? »
 
Février 2007 Dans une émission diffusée sur Paris Première, Marion Cotillard se dit « souvent de l’avis de la théorie du complot », notamment au sujet des attentats du 11 septembre. « Je pense qu’on nous ment sur énormément de choses : Coluche, le 11 septembre. On peut voir sur internet tous les films du 11-Septembre sur la théorie du complot. C’est passionnant, c’est addictif, même », affirme-t-elle. Et de poursuivre:  » Parce que c’était bourré d’or les tours du 11-Septembre. Et puis c’était un gouffre à thunes parce qu’elles ont été terminées, il me semble, en 1973 et pour recâbler tout ça, pour le mettre à l’heure de toute la technologie et tout, c’était beaucoup plus cher de faire des travaux etc. que de les détruire… »
 
Novembre 2007 Dieudonné est condamné par la cour d’appel de Paris à 5.000 euros d’amende pour avoir comparé les « juifs » à des « négriers ». Le 26 juin 2008, la cour d’appel confirme sa condamnation à 7.000 euros d’amende pour avoir assimilé la mémoire de la Shoah à de la « pornographie mémorielle ». En octobre 2009, il est à nouveau condamné à 10.000 euros d’amende pour injures antisémites lors de la remise d’un « prix de l’infréquentabilité » à l’historien négationniste Robert Faurisson, par quelqu’un déguisé en déporté juif.
 
Mars 2008 Un tabloïd britannique diffuse une vidéo montrant le président de la fédération internationale de l’automobile (FIA), Max Mosley, dans une orgie SM nazie avec cinq prostituées, dont certaines sont vêtues d’un uniforme rayé de prisonnier. Max Mosley s’y exprime en allemand, et joue tour à tour le rôle d’un détenu et d’un gardien de camp de concentration.
 
Septembre 2008 Jean-Marie Bigard remet en cause la version officielle du 11 septembre et défend la théorie du complot sur les attentats du World Trade Center, au micro de Laurent Ruquier sur Europe 1. « Il n’y a jamais eu d’avion, ces deux avions volent encore, c’est un mensonge absolument énorme », affirme-t-il. Devant le scandale, il ajoutera un peu plus tard : « Je ne nie pas cet attentat qui a fait près de 3.000 morts, j’émets simplement de gros doutes ».
Septembre 2009 Dans l’émission « Ce soir ou jamais » sur France 3, Mathieu Kassovitz estime « questionnables » les conclusions officielles de la commission d’enquête américaine sur les attentats du 11 septembre et évoque différentes thèses conspirationnistes. 
 

Décembre 2009 Lors d’un concert à Munich retransmis en direct à la télévision allemande, le chanteur britannique Pete Doherty entonne le début de « Deutschland, Deutschland über alles », l’hymne allemand abandonné car il avait été récupéré par les nazis.

3 commentaires pour Affaire Galliano: Attention, un scandale peut en cacher un autre (From Carter to Galliano: Antisemitism for dummies)

  1. jcdurbant dit :

    Voir aussi:

    Bien sûr qu’ils sont contre la politique israélienne dans les territoires. Bien sûr, que vous ne pouvez pas dire qu’il n’y a aucun problème. Mais ce n’est pas un problème politique.

    Jacques Attali

    Pour M. Attali, l’antisémitisme en France est un « non-problème »
    Stéphanie Le Bars
    Le Monde
    21.10.09

    Il parle de « propagande dangereuse » dans un entretien au quotidien israélien « Haaretz ».

    Zéro, bullshit, peanuts » : est-il besoin de traduire en bon français les propos de Jacques Attali qualifiant dans le journal israélien Haaretz du 16 octobre l’ampleur de l’antisémitisme en France ? Au cours de cet entretien, l’ancien conseiller de François Mitterrand s’agace de l’insistance du journaliste à l’entreprendre sur un sujet qu’il considère pour sa part comme un « non-problème ».

    « Ce n’est pas un problème au niveau national. C’est un mensonge. Je pense qu’il s’agit de propagande, de propagande israélienne », assure M. Attali, récusant l’idée d’une immigration massive des juifs de France vers Israël. « Des juifs français achètent des appartements en Israël comme des Anglais achètent une maison dans le sud de la France, pour les vacances. »

    Ces propos, confirmés par M. Attali, ont « choqué » l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) qui, avec le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), veille à la dénonciation de tout acte antisémite. « S’il est important de dire que la France n’est pas antisémite, nous considérons que l’antisémitisme est un problème. Nous allons lui proposer de rencontrer des victimes d’antisémitisme », nous a déclaré Arielle Schwab, la nouvelle présidente de l’association étudiante, qui devrait croiser M. Attali cette semaine lors d’un colloque à Jérusalem.

    Celui que le journal israélien présente comme « un intellectuel juif français arrivé d’Algérie à l’âge de 12 ans » insiste : « Ces dix dernières années, les Israéliens se sont installés dans une sorte d’auto-conviction que la situation en France est un désastre. C’est une propagande très dangereuse. C’est ridicule. Je suis un exemple que cela n’est pas vrai. Je suis parti de rien et j’y suis arrivé », défend M. Attali, aujourd’hui président de PlaNet Finance, une organisation à but non lucratif développant le microcrédit.
    « Survie d’Israël »

    En 2004, mettant en avant « un antisémitisme déchaîné », Ariel Sharon, alors premier ministre israélien, avait appelé les juifs français à immigrer en Israël. Après une hausse observée au début des années 2000, le nombre de Français faisant leur aliya (montée en Israël) est stable, voire en légère baisse. S’établissant aux environs de 2 000 personnes par an (dont une grande partie de retraités et d’étudiants), ce chiffre ne prend pas en compte les retours.

    Décidément en porte-à-faux avec une opinion répandue dans la communauté juive française, M. Attali rejette également l’idée d’un « antisémitisme musulman » en France. « Bien sûr qu’ils sont contre la politique israélienne dans les territoires [palestiniens occupés]. Bien sûr, que vous ne pouvez pas dire qu’il n’y a aucun problème. Mais ce n’est pas un problème politique. »

    Enfin, au risque de choquer l’orthodoxie juive, M. Attali défend l’idée de faciliter les conversions au judaïsme. « La survie d’Israël nécessite 200 millions de juifs à travers le monde », juge-t-il. Ils sont aujourd’hui quelque 13 millions.

    Voir également:

    Certains trouvent encore intolérable d’admettre que le peuple juif se soit trouvé, à trois reprises, plus ou moins volontairement, un élément essentiel au patrimoine de l’humanité: le monothéisme, le marché et les lieux saints. Car il n’est pas faux de dire, même si c’est schématique, que les juifs ont été mis en situation d’avoir à prêter aux deux autres monothéismes, et à les partager avec eux, leur dieu, leur argent et leurs lieux saints.

    Et comme la meilleure façon de ne pas rembourser un créancier, c’est de le diaboliser et de l’éliminer, ceux qui, dans le christianisme et l’islam, n’acceptent toujours pas cette dette à l’égard du judaïsme, se sont, à intervalles réguliers, acharnés à le détruire, attendant pour recommencer que le souvenir de l’élimination précédente se soit estompé.

    Soixante ans après la Shoah, il redevient possible (…) pour des hommes [Alliot-Marie et surtout Villepin apprécieront !] politiques français de dire en privé (et de démentir en public) que l’Etat d’Israël n’a pas de légitimité historique. Il devient possible de banaliser la collaboration. Il devient possible, lors de l’anniversaire du Débarquement, d’embrasser des anciens combattants allemands portant le même uniforme que ceux qui, à la même minute, faisaient fonctionner les chambres à gaz. Il devient possible de mêler dans un même discours confus une opposition à Bush et à Sharon avec un antisionisme et un antisémitisme global, devenu réponse mythique à toutes les humiliations.

    De l’ingratitude
    Jacques Attali
    L’Express
    28/06/2004

    Voir enfin:

    Dans certaines régions de France, l’islam est là avant la chrétienté …

    Jacques Attali
    BFM
    03.03.11

    J'aime

  2. Thot Har Megiddo dit :

    John Galliano aurait des origines juives et en serait très fier. Apparemment, un alcoolique doublé d’un dépressif très versé dans la provocation. Pour le reste, rien à dire. Les Palestiniens paraîtraient moins persécutés si les médias parlaient également des persécutions de minorités religieuses par les musulmans dans le monde, notamment des chrétiens. Mais étant donné que la conférence des évêques de France et notamment Mgr 23 n’en parlent jamais, il n’y a pas de raison qu’ils le fassent.
    Les élites françaises dans leur ensemble se comportent comme dans les années 30

    J'aime

  3. […] Mentalement intoxiqués par l’idée messianique du grand Israël qui leur permettra de concrétiser enfin les rêves expansionnistes du sionisme le plus radical ; contaminés par la ‘certitude’ monstrueuse et indéracinable que, dans ce monde catastrophique et absurde, il existe un peuple élu de Dieu et que, de ce fait, et au nom des horreurs du passé et des peurs du présent, toutes les actions inspirées d’un racisme obsessionnel, psychologiquement et pathologiquement exclusiviste, sont automatiquement justifiées et autorisées ; éduqués et endoctrinés dans l’idée que toute souffrance déjà infligée, ou en cours d’infliction, ou qui sera infligée, à n’importe qui d’autre, mais en particulier aux Palestiniens, sera toujours inférieure aux souffrances qu’eux-mêmes ont vécues pendant l’Holocauste, les juifs grattent sans cesse leur propre plaie pour qu’elle n’arrête pas de saigner, pour la rendre incurable, et ils l’exhibent au monde comme s’il s’agissait d’un drapeau. Israël s’approprie les terribles paroles de Dieu dans le Deutéronome : « à moi la vengeance, à moi la rétribution ». Israël veut que nous nous sentions, directement ou indirectement, tous coupables des horreurs de l’Holocauste ; Israël veut que nous renoncions à notre plus élémentaire faculté de jugement critique pour que nous nous transformions en un docile écho de sa volonté ; Israël veut que nous reconnaissions de jure ce que pour eux constitue déjà un exercice de facto : l’impunité absolue. Du point de vue des juifs, parce qu’ils ont été torturés, gazés et incinérés à Auschwitz, Israël ne pourra jamais être soumis à la loi. Je me demande si les juifs qui sont morts dans les camps de concentration nazis, ceux qui furent persécutés tout au long de l’histoire, ceux qui sont morts dans les pogroms, ceux qui furent oubliés dans les ghettos, oui, je me demande si cette immense multitude de malheureux n’aurait pas eu honte des actes infâmes que leurs descendants commettent. Je me demande si le fait d’avoir tant souffert ne serait pas la meilleure raison de ne pas faire souffrir autrui. José Saramago […]

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