Libye: Il ne faut pas résister face à la volonté des peuples (You know something ‘s wrong when Ahmadinejad defends human rights in Libya)

Joker AhmadinejadC’est inimaginable que quelqu’un tue ses citoyens (…) C’est inacceptable. Laissez les peuples parler, être libres, décider, imposer leur volonté, il ne faut pas résister face à la volonté des peuples. Ahmadinejad
En « omettant » de mentionner les avancées de la Tunisie dans le domaine socioéconomique et en insistant lourdement sur la moindre chose qui ne va pas, en « omettant » également de mentionner que l’écrasante majorité de ces prisonniers que l’on utilise pour salir l’image d’un des meilleurs régimes du monde arabe, est en fait une bande d’islamistes illégaux, les organisations des droits de l’homme et les médias deviennent les complices de ces islamistes.  Antoine Sfeir
C’était plus un coup de gueule qu’autre chose. Je trouvais très facile de tomber sur la Tunisie à ce moment là, alors qu’on ne critiquait jamais le roi d’Arabie saoudite ni les chefs des pétromonarchies. (…) Je n’avais pas pris la mesure des conséquences de la corruption des Trabelsi. Je l’avoue sans problème : je me suis trompé lourdement sur la Tunisie. Antoine Sfeir

Pétrole, lutte contre l’immigration, islamisme,  expatriés, pays limitrophes …

 A l’heure où, sur fond de condamnation de Téhéran et de silence gêné de l’Occident, Khadafi menace de défendre son pays contre les foules de crieurs d’Allah Akbars jusqu’à la dernière goutte du sang de sa population …

Pendant que nos médias se font la peau facile de notre dhimmi de service national Antoine Sfeir pour avoir tenté, avec certes des méthodes de travail probablement courantes dans le métier et au prix d’un certain aveuglement plus ou moins volontaire sur le niveau de corruption du système Ben Ali, de rappeler le danger islamiste en Tunisie il y a quelques années contre les bondieuseries habituelles des droitsdel’hommistes …

Retour avec des spécialistes de la Libye interrogés par le site Rue 89.

Qui, au-delà d’étonnantes omissions (comme l’intérêt et le rôle manifestes de l’Iran dans la déstabilisation des minorités chiites de nombre de pays pétrolifères dont notamment Bahrein et surtout l’Arabie soudite) ou de facilités (« Ce type de diplomatie n’est utilisé que quand ça nous arrange »)

Ont le mérite de bien montrer tant la complexité des situations que les limites, si facilement exploitables par les autocrates de tous bords, de la diplomatie des droits de l’homme …

Pourquoi l’Occident ne vole pas au secours des Libyens

Marie Kostrz

Rue89

23/02/2011

Pétrole, lutte contre l’immigration et l’islamisme… Kadhafi exploite les limites de la diplomatie des droits de l’homme. Explicateur.

Depuis lundi, une avalanche de condamnations officielles s’abat sur le régime libyen. Pourtant, les puissances occidentales n’ont aucune emprise sur le cours des événements. Et ne cherchent pas forcément à en avoir.

Selon Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cernam) à Genève et spécialiste de la Libye, certains actes commis par le régime ces derniers jours peuvent pourtant être qualifiés de crimes de guerre.

Au moins cinq éléments expliquent les atermoiements des pays occidentaux.

La rente pétrolière a muselé les pays importateurs

La Libye, quatrième producteur en Afrique, dispose des plus importantes réserves de pétrole du continent. Elle exporte 85% de son or noir vers l’Europe occidentale. Premier client, l’Italie, dont 22% de ses importations proviennent du pays nord-africain.

Selon Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales et professeur à Sciences-Po, cette forte dépendance explique l’inertie des puissances occidentales :

« Le marché pétrolier est extrêmement tendu actuellement. La situation est suffisamment critique pour que les Etats exercent eux-mêmes une autocensure sans que Kadhafi ne les menace de fermer le robinet de brut. »

Depuis la fin de l’embargo sur la Libye déclaré en 1999, Kadhafi a attisé la compétition entre les puissances occidentales gourmandes en pétrole. Le Guide a abandonné ses habits de terroriste et ouvert ses exploitations pétrolières aux pays étrangers. Le régime est alors devenu fréquentable aux yeux des Occidentaux. L’Italie, la France, l’Allemagne et surtout la Grande-Bretagne ont sauté sur l’occasion.

Le régime jouit ainsi d’une manne financière colossale. Il encaisse chaque année 35 milliards de dollars. Une opulence dont s’est servi Kadhafi pour asservir la communauté internationale, selon Hasni Abidi :

« Il a mis en place une politique d’arrosage visant à faire taire toute contestation au niveau national, mais aussi international : il a financé des groupes d’amitié franco-libyens par exemple.

L’Italie et l’Allemagne forment la police libyenne, car le régime paye cash. Les pays étrangers se retrouvent prisonniers de cette relation avec le pouvoir. »

Selon Bertrand Badie, la situation libyenne actuelle montre que la mondialisation a permis à n’importe quel pays de se doter de moyens de pression :

« Dans un contexte d’interdépendance croissante, les puissances sont condamnées à la prudence : chaque Etat a une influence grâce à sa capacité de déstabilisation. »

La Libye, un verrou contre l’immigration…

Depuis plusieurs années, la Libye a été érigée en rempart contre les flux migratoires. Elle empêche les centaines de milliers de migrants d’Afrique sub-saharienne de rejoindre les côtes européennes de la Méditerranée. Bertrand Badie précise :

« La possibilité que le verrou libyen saute est une grande angoisse, quasiment obsessionnelle, de l’Occident. »

Cela inquiète particulièrement l’Italie : le pays craint un nouvel afflux massif d’immigrés, après l’arrivée à Lampedusa de plusieurs milliers de Tunisiens suite à la chute de Ben Ali.

… et contre l’islamisme

Autre peur : l’islamisme. Les puissances étrangères se sont aussi accommodées d’une dictature ferme envers ses partisans, très présents dans le Sahel et à l’Ouest de la Libye. Elles ménagent ainsi un régime qui a maté la contestation islamiste.

Instabilité tribale et absence d’opposition

Dans son discours-fleuve prononcé mardi, Kadhafi a brandi la menace tribale :

« Aucune tribu ne peut en dominer une autre et nous plongerons dans la guerre civile. »

L’organisation particulière de la Libye, structurée autour de grandes tribus alliées à Kadhafi, est également prise en compte par les puissances étrangères. Certaines viennent de prendre leurs distances avec le régime. La Warfalla, allié historique de Kadhafi et pilier du régime, a ainsi condamné lundi la répression.

Contrairement aux autres pays arabes, comme la Tunisie ou l’Algérie, le pays n’a pas de mouvements d’opposition, de diaspora active constituant un contre-pouvoir indirect. Hasni Abidi regrette :

« La Libye est le seul pays qui n’a de compte à rendre à personne. »

Dans ce contexte, les pays étrangers observent prudemment l’évolution des alliances tribales. Une source diplomatique française détaille :

« Les Occidentaux maîtrisent très peu la structure et les rapports inter-tribus. Ils attendent d’en savoir un peu plus avant d’agir, car ils ne connaissent pas vraiment les forces en présence.

Sur qui exactement s’appuyer en Libye ? Est-ce une révolution contre Kadhafi ou le fait d’une tribu qui cherche à s’imposer sur les autres ? Si oui, laquelle et quel est son projet politique ? »

Les expatriés pris au piège

Kadhafi a choisi de combattre les protestataires « jusqu’à la dernière goutte de sang ». Des paroles qui obligent les pays étrangers à la plus grande prudence.

Selon notre source diplomatique, la France ne tentera rien tant que ses 750 ressortissants présents sur le sol libyen n’auront pas été évacués. L’imprévisibilité de Kadhafi, son passé terroriste et les menaces brandies lors de son discours inquiètent :

« En cas d’agression, on ne sait pas de quoi Khadafi est capable, ni quelles sont exactement ses capacités militaires ou ses alliances dans la région. Dans la mesure où il est prêt à sacrifier son propre peuple, on ne sait pas jusqu’où il peut aller et ce n’est pas pour rassurer les Occidentaux. »

Les pays limitrophes, cantonnés dans un rôle inférieur par Kadhafi, s’inquiètent aussi du sort de leurs ressortissants en cas d’intervention étrangère. D’après les sources officielles de chaque pays, il y aurait entre 50 000 et 80 000 Tunisiens et environ 1,5 million d’Egyptiens en Libye.

Et les Tunisiens ont été formellement accusés par le régime de fournir de la drogue aux contestataires. La Tunisie essaye donc de faire comprendre à la France qu’elle ne souhaite pas d’intervention qui risquerait de mettre en danger ses citoyens.

Avec l’exemple libyen, un constat s’impose. La diplomatie des droits de l’homme, qui a eu le vent en poupe après la chute du mur de Berlin, est aujourd’hui délaissée. Les interventions humanitaires et le rétablissement des droits de l’homme en cas d’agression sont aujourd’hui des actions qui ne mobilisent plus la communauté internationale. Bertrand Badie conclut :

« Ce type de diplomatie n’est utilisé que quand ça nous arrange et il a en plus montré ses faiblesses. Aujourd’hui, plus personne ne croit sincèrement en elle. »

Voir aussi:

Enquête

Auteur d’une apologie de Ben Ali, Antoine Sfeir fait son mea culpa

Mathieu Deslandes

Rue89

18/02/2011

Dans la bibliographie d’Antoine Sfeir, il y a un intrus à 19,95 euros. Un mauvais livre, bourré de lourdeurs, d’arguments d’autorité et de raisonnements par l’absurde, qui ne sont pas du niveau du directeur des Cahiers de l’Orient.

Il a été publié en 2006 aux éditions de l’Archipel sous un titre un peu hypocrite : « Tunisie, terre de paradoxes ». Quelque chose comme « Défense et illustration de la Tunisie de Ben Ali » aurait été plus fidèle au contenu.

« Salir l’image d’un des meilleurs régimes du monde arabe »

Morceaux choisis :

« Comment un pays qui accueille plus de 6 millions de touristes par an, la plupart sans visa, peut-il être qualifié de régime policier ? »

« Y a-t-il donc lieu de penser que la Tunisie est un pays corrompu ? Objectivement, non. »

« Les islamistes ont gravement troublé l’ordre public. Peut-on aujourd’hui imaginer l’existence légale d’un parti nazi en France ? Peut-on rejeter l’existence de l’holocauste sans subir de sanctions ? En Tunisie comme ailleurs, les idées des islamistes sont jugées dangereuses.

En « omettant » de mentionner les avancées de la Tunisie dans le domaine socioéconomique et en insistant lourdement sur la moindre chose qui ne va pas, en « omettant » également de mentionner que l’écrasante majorité de ces prisonniers que l’on utilise pour salir l’image d’un des meilleurs régimes du monde arabe, est en fait une bande d’islamistes illégaux, les organisations des droits de l’homme et les médias deviennent les complices de ces islamistes. »

« La situation de la « maison Tunisie » s’améliore et on ne modifie pas une manière de travailler lorsqu’elle donne de bons résultats. »

Comment ce spécialiste autoproclamé du Moyen-Orient a-t-il pu écrire de telles lignes ?

Depuis 2006, pour l’ancienne opposition tunisienne, une seule explication était envisageable : Antoine Sfeir s’était forcément fait payer par le régime de Ben Ali via l’ATCE (Agence tunisienne de communication extérieure), l’organe officiel de promotion du pays. Des documents portent d’ailleurs la trace de plusieurs transactions financières entre l’ATCE et les Cahiers de l’Orient

Quand on appelle Antoine Sfeir à ce sujet, il lâche :

« Je suis un peu étonné… Enfin, non, je m’y attendais. »

Livraisons à l’ambassade de Tunisie

Puis il s’explique sur les sommes perçues. Selon lui, « elles ne sont pas liées au livre ». Il sait que l’ATCE a acheté quelques centaines d’exemplaires de « Tunisie, terre de paradoxes » directement auprès de l’éditeur. Il assure ne s’en être pas « mêlé ». L’ouvrage s’est vendu au total à 2 500 exemplaires.

En revanche, Antoine Sfeir révèle que depuis sa création, en 1990, l’ATCE (« très contente du contenu » des Cahiers de l’Orient, dixit un ancien dirigeant, renversé dans la foulée de la révolution de janvier) commandait de nombreux exemplaires de chaque numéro consacré à la Tunisie : « 500 exemplaires la première fois, 1 000 les fois suivantes » – des quantités importantes pour une publication tirée à 4 000 exemplaires environ.

Il se rappelle avoir assuré lui-même les livraisons à l’ambassade de Tunisie « à la demande du directeur de l’ATCE ». Il précise que les revues ont été réglées « au prix public » (tarif actuel : 18 euros).

« Vendre mon âme aux Saoudiens »

Son livre était-il un moyen d’entretenir ces bonnes relations avec le régime de Carthage ? Ce soupçon fait s’indigner Sfeir :

« Je n’ai jamais écrit quoi que ce soit contre rémunération. Je vous propose de venir à la banque où je suis depuis 24 ans, le Crédit Lyonnais, et de voir tous mes comptes.

Si je voulais faire fortune, cher confrère, j’aurais accepté de vendre mon âme aux Saoudiens. Ils payent beaucoup plus. Des officiels du régime saoudien m’ont proposé des sommes à sept chiffres pour un numéro des Cahiers ou un livre sur l’Arabie.

J’ai répondu – et on m’a traité d’idiot – que venant d’un village à 1 200 mètres d’altitude, j’étais plus proche du ciel qu’eux et que je coûtais donc trop cher pour eux. »

« Je me suis trompé lourdement sur la Tunisie »

Reste ce livre étrange. « Il peut paraître complaisant, il peut paraître flatteur », admet-il :

« C’était plus un coup de gueule qu’autre chose. Je trouvais très facile de tomber sur la Tunisie à ce moment là, alors qu’on ne critiquait jamais le roi d’Arabie saoudite ni les chefs des pétromonarchies. »

Certes. Mais ce style, si différent de sa production habituelle ? L’essayiste finit par reconnaître, « en gros », qu’il s’est fait « aider » (comme on dit pudiquement) par des « collaborateurs », puis qu’il a « affiné le tout » :

« Mais je ne veux pas rejeter la faute sur eux. J’assume. Je n’avais pas pris la mesure des conséquences de la corruption des Trabelsi. Je l’avoue sans problème : je me suis trompé lourdement sur la Tunisie. »

2 Responses to Libye: Il ne faut pas résister face à la volonté des peuples (You know something ‘s wrong when Ahmadinejad defends human rights in Libya)

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