Egypte: Vers une personne, une voix, une seule fois? (Looking back at the Muslim brotherhood’s eight decades of tailoring messages to separate audiences)

Supposer que l’Ayatollah Khomeiny est un dissimulateur est presque iconcevable. Son style politique est d’exprimer son point de vue réel d’une manière provocante  et sans concession. Peu importe les conséquences. Il a peu d’incitations pour devenir brusquement sournois pour flatter l’opinion publique américaine. Ainsi, le dépeindre comme fanatique, réactionnaire et porteur de préjugés bruts apparait heureusement et certainement faux. Aussi, ce qui est encourageant, c’est que son entourage de proches conseillers est uniformément composé d’individus modérés et progressistes. (…) En dépit de ces turbulences, beaucoup d’Iraniens non religieux parlent de cette période comme l’heure de gloire de l’Islam. Après avoir créé un nouveau modèle de révolution populaire fondée, pour l’essentiel, sur les tactiques nonviolentes, l’Iran pourrait bien finalement nous fournir le modèle de gouvernance humaine dont ont désespérément besoin  les pays du tiers-monde. Richard Falk (universitaire de Princeton et conseiller de Carter, « Trusting Khomeini », NYT, February 16, 1979)
Ni la gauche, ni les syndicats, ni les Frères musulmans ne peuvent s’arroger le droit de représenter exclusivement un mouvement de masse qui les dépasse et qu’ils doivent servir. L’avenir du monde arabe dépendra beaucoup de l’intelligence des oppositions qui l’animent : à terme, celles-ci ne pourront blâmer qu’elles-mêmes. On a même entendu des représentants religieux (à l’instar du mufti d’Egypte) se placer du mauvais côté de l’Histoire en condamnant les protestations populaires : si l’islam institutionnel, l’islam serviteur de l’Etat, ne peut (ou n’a pas le courage de) s’opposer au gouvernement qui l’emploie, alors il est préférable qu’il se taise et n’instrumentalise point la religion. L’avenir dépendra de la capacité à mettre sur pied des plates-formes réunissant les voix d’opposition plurielles ; et les élections démocratiques décideront plus tard de qui a la légitimité de représenter le peuple. Tarik Ramadan
La démocratie ne m’intéresse pas, l’islam n’est pas la démocratie, l’islam est l’islam. Hadi Hawang (Malaisie)
La loi islamique est ce que tous les musulmans veulent et la règle de la majorité, c’est la démocratie. Ahmad al-Qutash Azayida (député islamiste de la Chambre basse, Jordanie)
Quand nous serons au pouvoir, il n’y aura plus d’élections parce que Dieu gouvernera. Ali Belhadj (chef de file du Front islamique du salut, Algérie)
(La démocratie est contestable car elle traite à égalité) les vertueux et les débauchés, les forts et les faibles, les croyants et les infidèles. Muhammad al-Ghazali
L’Islam est la forme la plus moderne du message de Dieu, il est la religion la plus démocratique …le message de Dieu nous ordonne de donner, de partager, tout -…. Pouvoir, savoir, propriété, richesse. Ce partage total, c’est la démocratie poussée dans le moindre recoin de la vie quotidienne. Hasan at-Turabi (Soudan)
Resistance is the only solution against the Zio-American arrogance and tyranny. The improvement and change that the [Muslim] nation seeks can only be attained . . . by raising a jihadi generation that pursues death just as the enemies pursue life. Muhammad Badie (the Brotherhood’s supreme guide, October 2010)
Beaucoup de téléspectateurs occidentaux s’identifient aux milliers de manifestants – pas seulement en Egypte, mais aussi en Tunisie, en Jordanie, au Yémen et ailleurs – pour exiger la fin de la dictature. D’innombrables commentateurs ont dressé des comparaisons avec les révolutions de 1989 en Europe de l’Est. Or, cette comparaison méconnaît la profonde différence entre une foule occidentale et musulmane. Les motivations qui poussent les peuples d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à envahir les rues sont multiples. Mais rien ne les réunit mieux que la prière collective, en particulier celle du vendredi. La mosquée autant que la rue : voilà une clef d’intelligibilité de ce soulèvement. (…) Ceux qui s’attendent à une issue du style 1989 – une transition pacifique vers une démocratie laïque et le multipartisme – ne voient pas à quel point les partisans de la démocratie manquent d’expérience. Les Frères musulmans, eux, sont dans le paysage depuis 1928 et prolongent une tradition de mille quatre cents ans de soumission. Ayaan Hirsi Ali
Nous avons tous les doutes vis-à-vis de ceux qui n’utiliseraient le processus démocratique que pour arriver au pouvoir et détruire ce processus même afin de conserver le pouvoir et la domination politique. (…) Alors que nous croyons au principe d’une personne, une voix ‘, nous ne soutenons pas celui d’une personne, une voix, une fois. Edward Djerejian (Sous-secretaire d’Etat, 1992)
Certains islamistes dénoncent la démocratie comme une hérésie et une trahison des valeurs de l’islam mais les plus intelligents d’entre eux, remarquant l’étendue de leur popularité, ont adopté la démocratie comme un moyen pour s’emparer du pouvoir. Leur réussite, comme c’est le cas en Turquie, ne transforme pas les islamistes en démocrates (c’est-à-dire le fait de se montrer prêt à céder le pouvoir) mais démontre leur volonté d’adopter n’importe quelle tactique susceptible de les mener au pouvoir.
Les Occidentaux débattant de la question de l’islam et la démocratie feraient bien d’écouter ces voix, car ils représentent le discours hégémonique dans le mouvement islamiste. Lorsque les islamistes parlent entre eux plutôt que les propos destinés à l’extérieur, le discours est clairement et sans ambiguïté anti-démocratique. Et cela serait leur comportement s’ils s’emparaient du pouvoir. Emmanuel Sivan (chercheur israélien, enquête sur les cassettes audio enregistrées par 30 principaux prédicateurs musulmans sunnites)
La faiblesse modère les islamistes. C’est la distance et l’exclusion du pouvoir qui ont créé la possibilité pour une nouvelle réflexion. Kramer (spécialiste sur la Syrie)
Si par démocratie on entend une élection qui a lieu de temps en temps, avec un choix limité de candidats qui ne peuvent pas parler librement, ni voter pour le mieux placé – alors c’est sûr, l’islamisme n’a aucun problème avec la démocratie. Mais si le terme se réfère à un système dans lequel les citoyens ont ces droits (liberté d’expression, la primauté du droit, les droits des minorités, un système judiciaire indépendant), nécessaires pour prendre des décisions libres et intelligentes, qu’ils ont un véritable choix de candidats, et qu’ils peuvent voter pour le meilleur leader- alors non, l’islamisme est catégoriquement non démocratique. Daniel Pipes
Adolf Hitler et Salvatore Allende, il y a des décennies, ont montré comment un non-démocrate peut exploiter le processus démocratique. Les islamistes ont également bien fait lors des élections. Ils ont emporté les élections municipales en Algérie en 1991 et installé un premier ministre en fonction dans la Turquie laïque en 1996-97. Ils ont réussi dans les élections libanaises et jordaniennes et ont remporté un vote important en Cisjordanie et à Gaza. Ils n’ont pas encore pleinement pris la charge d’un gouvernement, cependant. S’ils arrivaient à le faire, nous avons une idée de ce qu’ils feraient à partir de régimes islamistes existant en Iran, Pakistan, Afghanistan, Soudan, qui sont tous hautement autocratiques avec des tendances totalitaires: ils contrôlent le domaine politique et visent à contrôler tous les autres aspects de la vie de leurs sujets. Daniel Pipes

Pour ceux qui n’auraient pu assister à l’intervention, accompagnée de celles de Guy Millière  et de Michel Gurfinkiel, de Daniel Pipes à Neuilly il y a deux jours …

A l’heure où ceux qui avaient tant dénoncé la révolution irakienne pour le fait qu’elle était assistée par l’armée américaine se gargarisent à présent du nouveau printemps arabe largement assisté lui aussi par les armées locales  en liaison avec leurs homologues américains …

Et où, après leurs voisins néerlandais avant eux, nos amis démocrates belges sont en train de prendre une très sérieuse option pour  rattraper le record irakien pour la mise en place d’un gouvernement …

Retour, à quelques mois d’élections présidentielles égyptiennes plus que problématiques, sur un article particulièrement éclairant d’il y a 11 ans de l’islamologue américain Daniel Pipes

Qui avait  le mérite de remettre les pendules à l’heure sur le groupe politique égyptien le mieux organisé.

Et dont les membres se trouvent aussi être les derniers prétendants en date au principe du « une personne, une voix, une seule fois », à savoir les Frères musulmans …

Les mouvements islamiques d’aujourd’hui sont-ils compatibles avec la démocratie?

Daniel Pipes

Insight

14 août 2000

Version originale anglaise: Are Today’s Islamic Movements Compatible with Democracy?

Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

[Cet article est la moitié d’un débat dans lequel Geneive Abdo de The Economist a répondu à la question dans le titre par oui et moi par non.

Si par démocratie on entend une élection qui a lieu de temps en temps, avec un choix limité de candidats qui ne peuvent pas parler librement, ni voter pour le mieux placé – alors c’est sûr, l’islamisme n’a aucun problème avec la démocratie. Mais si le terme se réfère à un système dans lequel les citoyens ont ces droits (liberté d’expression, la primauté du droit, les droits des minorités, un système judiciaire indépendant), nécessaires pour prendre des décisions libres et intelligentes, qu’ils ont un véritable choix de candidats, et qu’ils peuvent voter pour le meilleur leader- alors non, l’islamisme est catégoriquement non démocratique.

Les Islamistes croient à la souveraineté divine et expriment un franc et profond mépris pour la souveraineté populaire, qui se trouve être l’idée maîtresse de la démocratie. Au lieu de cela, ils estiment que les musulmans n’ont besoin de rien d’autre que de la loi islamique (la chari’a) telle qu’elle est appliquée par un dirigeant islamiste: « Un homme libre est celui qui obéit à aux règles et aux ordres d’Allah et adore Dieu seul. » Comment le souverain reçoit le pouvoir a à voir avec la volonté de Dieu, et pas avec celle de l’homme. Hadi Hawang de la Malaisie ne mâche pas ses mots à ce sujet: «la démocratie ne m’intéresse pas, l’islam n’est pas la démocratie, l’islam est l’islam. »Ahmad al-Qutash Azayida, un député islamiste de la Chambre basse en Jordanie, est concis: « la loi islamique est ce que tous les musulmans veulent et la règle de la majorité, c’est la démocratie. » Dans les fameuses (même si pas complètement vérifiées) paroles de ‘Ali Belhadj, un chef de file du Front islamique du salut de l’Algérie, « Quand nous serons au pouvoir, il n’y aura plus d’élections parce que Dieu gouvernera. »

Muhammad al-Ghazali, l’un des penseurs islamistes de premier plan de l’Egypte, explique plus longuement qu’il rejette la démocratie, car elle donne aux êtres humains le pouvoir d’ignorer les lois de l’Islam. Si le Parlement, par exemple, abolit la peine capitale, ceci« violerait le texte islamique qui dit que les assassins doivent être exécutés. Cette démocratie doit donc être rejetée parce qu’elle viole un texte religieux qui a existé tout au long du développement de la religion : du judaïsme, au christianisme, à l’islam « .

Certains penseurs acceptent une consultation au sein de la famille-des-experts islamiques (shura en arabe) tout en rejetant la liberté pour tout ce qui est la démocratie. Ghazali appelle consultation « le pouvoir de Dieu » et la démocratie est «le pouvoir du peuple. » Il accepte le premier parce qu’il implique la consultation des pieux, les gens craignant Dieu, alors que la démocratie implique l’avis de ceux qui « commettent des crimes [au regard de la religion]et la débauche. » La démocratie est contestable car elle traite à égalité « les vertueux et les débauchés, les forts et les faibles, les croyants et les infidèles. »

Les Islamistes insistent également pour que les musulmans n’aient pas besoin de s’embêter avec toutes les choses inutiles qui sont en surabondance dans la démocratie politique, car ils possèdent déjà quelque chose de beaucoup mieux. L’Islam, Hasan at-Turabi du Soudan l’affirme allègrement, est intrinsèquement démocratique et n’a pas besoin de l’attirail de la démocratie de style occidental. Il « est la forme la plus moderne du message de Dieu, il est la religion la plus démocratique …le message de Dieu nous ordonne de donner, de partager, tout -…. Pouvoir, savoir, propriété, richesse. Ce partage total, c’est la démocratie poussée dans le moindre recoin de la vie quotidienne. « 

Une logique si particulière (qu’est-ce que le partage a à faire avec choisir un leader?) conduit Turabi à la conclusion que les partis politiques sont des «pièges pour la chasse aux voix qui garantissent l’exercice du pouvoir au profit de quelques personnes. » En d’autres termes, la démocratie est vraiment une forme de dictature!

Dans son enquête sur les cassettes audio enregistrées par trente principaux prédicateurs musulmans sunnites (et destinées à être entendues seulement par des coreligionnaires), l’éminent chercheur israélien Emmanuel Sivan parvient à cette conclusion sans équivoque:

Pas de quartier pour la démocratie: c’est le verdict des trente plus populaires prédicateurs islamistes sunnites. Pas de quartier pour le pluralisme, la liberté et l’égalité devant la loi, à moins d’être subordonnées et limitées par la charia. Leur multitude de fans semble d’accord.

Quand même, cette désapprobation philosophique a ses exceptions. Sivan demande: «les islamistes pourraient-ils, alors, avoir recours au processus électoral tant décrié lorsqu’il est disponible? Malgré les réserves des prédicateurs en matière de » gouvernement par la majorité ignorante », ils répondent par un« oui »écrasant. Ils peuvent mépriser la démocratie mais ils sont prêts à l’exploiter pour la recherche du pouvoir. « 

Autrement dit, comme les autres non-démocrates à l’extérieur du pouvoir, les islamistes aiment la démocratie. Ils développent même des schémas théoriques justifiant la démocratie comme méthode islamique pour choisir ses dirigeants.

Oui, les islamistes parlent parfois comme des démocrates, mais il n’y a aucune raison de croire que ces belles paroles sont un véritable guide de leurs intentions, par contre c’est un moyen de gagner en légitimité et d’améliorer leurs chances de prendre le pouvoir.. Les bulletins de vote sont très bien tant que les islamistes sont à l’extérieur. Une fois installés au pouvoir, ils n’abandonneront pas le pouvoir de bonne grâce (une attitude que le Secrétaire d’Etat adjoint Edward Djerejian a caractérisé en 1992 comme «une personne, une voix, une seule fois »). Beaucoup d’éléments indiquent que leurs douces paroles sur la démocratie sont temporaires. Hans Guenter Lobmeyer, un spécialiste de la Syrie, conclut sur les Frères musulmans dans ce pays: «Il est hors de question de dire que la démocratie n’est pas l’objectif politique de la confrérie des Frères musulmans, mais c’est un moyen conduisant à une autre fin:la prise du pouvoir » Ahmad Nawfal, un Frère musulman de la Jordanie, résume avec franchise cette double dynamique: « . Si nous avons le choix entre la démocratie et la dictature, nous choisissons la démocratie, mais si c’est entre l’Islam et la démocratie, nous choisissons l’Islam. »

Martin Kramer, un des principaux analystes de l’islamisme, a clairement établi que comme les islamistes approchent les allées du pouvoir, leur enthousiasme pour la souveraineté populaire , on n’en parle plus; on le voit en regardant trois importants penseurs islamistes: Rashid al-Ghannushi, un exilé tunisien; Muhammad Husayn Fadlallah, chef du puissant mouvement du Hezbollah au Liban ; et Turabi, éminence grise incontournable au Soudan (jusqu’à sa récente disgrâce).

Ghannushi, en exercice à Londres, aussi loin du pouvoir qu’il peut l’être, fait une reformulation en parlant au moins d’un système multipartiste. Fadlallah est au Liban, à mi-chemin sur la route vers le pouvoir, comme l’est le mouvement Hezbollah, qui a un certain poids dans la politique libanaise et qui ne permet qu’ un système de gouvernance fondé sur l’Islam. Les partis politiques musulmans sont autorisés, mais pas les partis communistes, laïques, nationalistes, parce qu’ils ne peuvent imaginer un parti politique légitime qui ait pour objectif la privation des droits de l’Islam. Turabi, qui est au pouvoir, a fait la rationalisation la plus cohérente pour exclure tous les autres de l’exercice du pouvoir. C’est un système sans parti.

Cet éventail politique, constate Kramer, plaide contre l’idée séduisante que le pouvoir modère les Islamistes. Bien au contraire, il estime, «La faiblesse modère les islamistes. C’est la distance et l’exclusion du pouvoir qui ont créé la possibilité pour une nouvelle réflexion. »

Adolf Hitler et Salvatore Allende, il y a des décennies, ont montré comment un non-démocrate peut exploiter le processus démocratique. Les islamistes ont également bien fait lors des élections. Ils ont emporté les élections municipales en Algérie en 1991 et installé un premier ministre en fonction dans la Turquie laïque en 1996-97. Ils ont réussi dans les élections libanaises et jordaniennes et ont remporté un vote important en Cisjordanie et à Gaza. Ils n’ont pas encore pleinement pris la charge d’un gouvernement, cependant.

S’ils arrivaient à le faire, nous avons une idée de ce qu’ils feraient à partir de régimes islamistes existant en Iran, Pakistan, Afghanistan, Soudan, qui sont tous hautement autocratiques avec des tendances totalitaires: ils contrôlent le domaine politique et visent à contrôler tous les autres aspects de la vie de leurs sujets.

La République islamique d’Iran fournit le plus important cas. Tant que le shah a gouverné, les islamistes iraniens ont promis de remplacer son autocratie par un système ouvert et démocratique. Alors même qu’il a pris le pouvoir, l’ayatollah Ruhollah Khomeini a promis une démocratie réelle (une assemblée « sur la base des votes du peuple», pour reprendre ses mots). Une fois en charge, il a partiellement rempli cet engagement: les élections iraniennes sont très disputées et le Parlement dispose du pouvoir réel. Mais il y a des limites importantes. Tout d’abord, seuls les candidats (y compris les non-musulmans) qui souscrivent à l’idéologie officielle islamiste peuvent se présenter aux élections, de sorte que les parlementaires représentent un échiquier politique étroit de l’opinion iranienne. Deuxièmement, Guide suprême non élu (dans l’ancien temps, Khomeiny, aujourd’hui Ali Khamenei) a de loin plus de pouvoirs que le gouvernement élu, y compris le contrôle de l’armée, la police, les services de renseignement, les tribunaux, les médias électroniques, et les écoles . Le régime de Téhéran offre donc une version très restreinte – presque symbolique- de la démocratie

Ces dernières années, comme la population iranienne est devenue de plus en plus difficile à contrôler, les autorités ont permis un tableau un peu plus large de candidats à se présenter aux élections, Muhammad Khatami en particulier. Mais la faction de Khatami est encore beaucoup dans le bercail, essayant de ne pas se défaire de l’idéologie islamiste qui gouverne l’Iran, mais seulement de l’améliorer. Ce sont des réformateurs, pas des révolutionnaires, qui espèrent améliorer la République islamique pour la faire durer plus longtemps.

De l’écoute de trente prédicateurs islamistes discutant de la démocratie, Sivan conclut que «les Occidentaux débattant de la question de l’islam et la démocratie feraient bien d’écouter ces voix, car ils représentent le discours hégémonique dans le mouvement islamiste. Lorsque les islamistes parlent entre eux plutôt que les propos destinés à l’extérieur, le discours est clairement et sans ambiguïté anti-démocratique. Et cela serait leur comportement s’ils s’emparaient du pouvoir. « 

Ce ne sont pas seulement les islamistes eux-mêmes qui rendent cela clair; les musulmans modérés tentent d’alerter le monde sur la nature anti-démocratique de l’islamisme. On devrait en tenir compte. Zazie Sadou, porte-parole du Rassemblement algérien des femmes démocrates, explique que «les musulmans fondamentalistes, leurs bailleurs de fonds, et tous leurs partisans… ne veulent pas ce qui est le mieux pour nous. Ce qu’ils veulent, c’est avoir tout pouvoir d’établir un Etat fasciste et théocratique. » El Mahdi Abas Allalu, un dirigeant politique de l’Algérie, estime que les islamistes « n’acceptent pas la démocratie parce que, à leur avis, la démocratie équivaut à l’athéisme. » Ou, dans les sages paroles de Khalid Duran, un analyste américain : ils ne peuvent pas « Être jugés sur ce qu’ils disent ou écrivent, mais uniquement sur ce qu’ils font».

Voir aussi:

Understanding the Muslim Brotherhood

 

In 1979, Western thinkers were quick to call the Ayatollah Khomeini ‘moderate’ and ‘progressive.’
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Bret Stephens
The WSJ
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

FEBRUARY 15, 2011
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

It’s what the good people on West 40th Street like to call a « Times Classic. » On Feb. 16, 1979, the New York Times ran a lengthy op-ed by Richard Falk, a professor of international law at Princeton, under the headline « Trusting Khomeini. »

« The depiction of [Khomeini] as fanatical, reactionary and the bearer of crude prejudices seems certainly and happily false, » wrote Mr. Falk. « What is also encouraging is that his entourage of close advisers is uniformly composed of moderate, progressive individuals. »

After carrying on in this vein for a few paragraphs, the professor concluded: « Having created a new model of popular revolution based, for the most part, on nonviolent tactics, Iran may yet provide us with a desperately needed model of humane governance for a third-world country. »

Whoops.

The Times is at it again. Last week, the paper published an op-ed from Essam El-Errian, a member of the Muslim Brotherhood’s Guidance Council, who offered this soothing take on his organization: « We aim to achieve reform and rights for all: not just for the Muslim Brotherhood, not just for Muslims, but for all Egyptians. » Concurring with that view, Times reporter Nicholas Kulish wrote on Feb. 4 that members of the Brotherhood « come across as civic-minded people of faith. »

It’s easy to be taken in by the Brotherhood: Eight decades as a disciplined, underground organization, outwardly involved in charitable social work, have made them experts at tailoring messages to separate audiences. The Brotherhood has also been careful to distinguish itself from the Salafist followers of Sayyid Qutb, himself a Muslim Brother who developed the concept of takfir, which allows one Muslim to denounce another Muslim as an apostate and treat him accordingly. « The thought of the Brotherhood doesn’t have the tendency to . . . take violent measures, » Muhammad Habib, the Brotherhood’s former deputy supreme guide, told me in Cairo in 2006. But if that counts for moderation in the context of intra-Islamic politics, it hardly makes the Brotherhood moderate by Western standards. Hassan al-Banna (1906-1949), the Brotherhood’s founder, was an admirer of the fascist movements of his day, and he had similar ambitions for his own movement.

« Andalusia, Sicily, the Balkans, south Italy and the Roman sea islands were all Islamic lands that have to be restored to the homeland of Islam, » he wrote in a message dedicated to Muslim youth. « As Signor Mussolini believed that it was within his right to revive the Roman Empire . . . similarly it is our right to restore to the Islamic empire its glory. »

Today the Brotherhood has adopted a political strategy in keeping with Banna’s dictum that the movement must not over-reach on its way toward « [subjugating] every unjust ruler to its command »: « Each of these stages, » he cautioned his followers, « involves certain steps, branches and means. » Thus the Brotherhood has gone out of its way in recent weeks to appear in the most benign light, making an ally of former IAEA chief Mohamed ElBaradei and forswearing any immediate political ambitions.

But that doesn’t mean the Brothers don’t have an idea of what they’re aiming for. « We think highly of a country whose president is important, courageous and has a vision, which he presents in the U.N., in Geneva, and everywhere, » the Brotherhood’s Kamal al-Hilbawi told Iran’s Al-Alam TV earlier this month, referring to Mahmoud Ahmadinejad’s

Holocaust and 9/11 denials. « We think highly of a country . . . that confronts Western hegemony, and is scientifically and technologically advanced. Unfortunately, these characteristics can be found only in the Islamic Republic of Iran. I hope that Egypt, Saudi Arabia and Tunisia will be like that. »

Nor should there be any doubt about what the Brotherhood is aiming against. « Resistance is the only solution against the Zio-American arrogance and tyranny, » Muhammad Badie, the Brotherhood’s supreme guide, sermonized in October. « The improvement and change that the [Muslim] nation seeks can only be attained . . . by raising a jihadi generation that pursues death just as the enemies pursue life. »

Such remarks may come as a rude shock to James Clapper, the Director of National Intelligence who last week testified in Congress that the Brotherhood was « largely secular » (a remark his office later retracted). They may also surprise a coterie of Western analysts who are convinced that the Brotherhood is moving in a moderate direction and will only be further domesticated by participation in democratic politics. Yet the evidence for that supposition rests mainly on what the Brotherhood tells Westerners. What it says in Arabic is another story.

In 2005, candidates for the Brotherhood took 20% of the parliamentary vote. Gamal al-Banna, Hassan’s youngest brother, once told me they command as much as 40% support. Neither figure is a majority. But unless Egypt’s secular forces can coalesce into serious political parties, the people for whom Islam is the solution won’t find the fetters of democracy to be much of a problem.

Voir également:

‘Brothers’ in Egypt Present Two Faces

Charles Levinson

WSJ

2/15/2011

CAIRO—Moaz Abdel Karim, an affable 29-year-old who was among a handful of young activists who plotted the recent protests here, is the newest face of the Muslim Brotherhood. His political views on women’s rights, religious freedom and political pluralism mesh with Western democratic values. He is focused on the fight for democracy and human rights in Egypt.

A different face of the Brotherhood is that of Mohamed Badi, 66-year-old veterinarian from the Brotherhood’s conservative wing who has been the group’s Supreme Guide since last January. He recently pledged the Brotherhood would « continue to raise the banner of jihad » against the Jews, which he called the group’s « first and foremost enemies. » He has railed against American imperialism, and calls for the establishment of an Islamic state.

After Egyptian President Hosni Mubarak stepped down on Friday amid the region’s most dramatic grassroots uprising since the Iranian Revolution in 1979, the Brotherhood became poised to assume a growing role in the country’s political life. The question for many is: Which Brotherhood?

It was Mr. Karim and his younger, more tolerant cohorts who played a key role organizing the protests that began on Jan. 25 and ultimately unseated a 29-year president. But it’s the more conservative, anti-Western old guard that still make up by far the bulk of the group’s leadership.

Mr. Badi, the current leader, wrote an article in September on the group’s website in which he said of the U.S. that « a nation that does not champion moral and human values cannot lead humanity, and its wealth will not avail it once Allah has had His say. »

He wrote in that same article that « resistance is the only solution against the Zio-American arrogance and tyranny, and all we need is for the Arab and Muslim peoples to stand behind it and support it… We say to our brothers the mujahideen in Gaza: be patient, persist in [your jihad], and know that Allah is with you… »

On Monday, meanwhile, Mr. Karim stood shoulder to shoulder at a press conference with youth leaders from half a dozen mostly secular movements, to lay out their vision for how Egypt’s transition to democracy should proceed and to praise the Army for cooperating. Their top demand: a unity government that includes a broad swath of opposition forces.

The Brotherhood, whose leaders Mr. Karim butted heads with in recent weeks, put out a similar message on Saturday calling for free and fair elections. Seeking to allay fears that it would make a power grab, the Brotherhood also said it wouldn’t run a candidate in presidential elections or seek a majority in parliament.

Both Egyptians and outsiders, however, remain wary. They are unsure about how the group will ultimately harness any newfound political gains and whether its more-moderate wing will, in fact, have lasting clout.

« It’s never entirely clear with the Brothers, » says Josh Stacher, a political science professor at Kent State University who spent years in Egypt studying the organization. « It’s a big group, with lots of different points of view. You can find the guy always screaming about Israel and then you got the other guys who don’t care about Israel because they’re too busy worrying about raising literacy rates. »

Israel, which shares a long and porous border with Egypt, fears that if a moderate wing of the Brotherhood exists—and many in Israel’s leadership are skeptical that it does—it could be shoved aside by more extreme factions within the group.

The Brotherhood’s conservative wing has for years put out anti-Israel comments and writings, and helped fund Hamas, the Palestinian militant group. It has also spoken out in support of attacks against U.S. soldiers in Iraq and Afghanistan. « If the Muslim Brotherhood comes to power, through elections or some other way, that would be a repeat of 1979 in Iran, » when moderate governments installed after the shah gave way to the ayatollahs, says a senior Israeli official. « It’s something we’re looking at with great caution. »

The U.S. appears to be taking a wait-and-see approach, with officials saying in recent days it should be given a chance. President Barack Obama, in an interview with Fox News, acknowledged the group’s anti-American strains, but said it didn’t enjoy majority support in Egypt and should be included in the political process. « It’s important for us not to say that our only two options are either the Muslim Brotherhood or a suppressed Egyptian people, » he said.

The outlawed Islamist opposition group is plagued by rifts between young and old, reformist and hard-liner. There are big city deal-making politicians, and conservative rural preachers who eschew politics in favor of proselytizing Islam. Egypt’s government has long highlighted the group’s hard-line wing as a threat to the country.

Yet its selective crackdowns have historically empowered the very hard-liners it has sought to undermine, analysts and Brotherhood members say.

The conservative leadership’s autocratic leadership style within the movement, its lack of tolerance for dissenting opinions and its preference to conduct business behind closed doors have all contributed to deep skepticism among outsiders about the Brotherhood leadership’s stated commitment to democracy.

In recent years, meanwhile, the group’s pragmatic wing has forged a historic alliance with secular opposition activists. Their role in the unseating of Mr. Mubarak appears to have given them a boost in a struggle for influence with the Brotherhood’s fiery old guard.

« The Muslim Brotherhood as a whole doesn’t deserve credit for this revolution, but certain factions within the movement absolutely do, generally those that have more modern views, » says Essam Sultan, a former member of the group who left in the 1990s to form the moderate Islamist Wasat, or Centrist, Party. « That wing should get a massive bounce out of this. »

Whether that bounce will be enough to propel the more-moderate Brothers to a permanent position of influence—or what their legislative agenda would actually be—is one of the key unknowns in Egypt’s political evolution.

In many ways, this faction resembles conservative right-of-center politicians elsewhere in the Arab world. They espouse a view of Islam as a part of Egyptian heritage and argue that democracy and pluralism are central Islamic values. They are pious and socially conservative, and reject the strict secularism that is a feature of most Western concepts of liberal democracy.

On Wednesday, when it was still unclear whether Mr. Mubarak would step down, Essam el-Eryan, one of the only reformists currently on the group’s 12-member ruling Guidance Council, said in a statement that the group didn’t seek the establishment of an Islamic state; believed in full equality for women and Christians; and wouldn’t attempt to abrogate the Camp David peace treaty with Israel—all tenets espoused by Brotherhood leaders over the decades. Mr. el-Eryan said those Brothers who had suggested otherwise in their writings and public comments in recent days and years had been misunderstood or weren’t speaking for the organization.

Founded in the Suez Canal town of Ismailiya in 1928 by a 22-year-old school teacher, the organization used violence to battle the British occupation in the 1940s.The group allied with some young officers to overthrow the king in 1952 and bring Gamal Abdel Nasser to power, only to become implicated in an assassination attempt on Nasser two years later. He responded with a fierce crackdown, sending the group’s leadership to prison for years, and its membership ranks into exile.

The Muslim Brotherhood abandoned violence in the years that followed, formally renouncing it as a domestic strategy in 1972. But some of its offspring have taken a bloodier path. Some former members established the group responsible for the assassination of Egyptian President Anwar Al- Sadat in 1981, and others have allied with Al Qaeda.

In the late 1970s and early 1980s, an older generation of leftist and Islamist student activists battled each other violently on college campuses. Egypt’s opposition grew increasingly ineffective, partially as a result of those rifts.

« We saw three successive generations of Brotherhood leaders fail to bring change, and we learned from their mistakes, » says Mr. Karim, one of the leaders of the group’s youth wing. Brotherhood and secular leaders say the seeds of the cooperation that drove this year’s protests were planted in the early 2000s when Israel’s crackdown on the second Palestinian uprising and the 2003 U.S. invasion of Iraq brought secularists and Islamists alike into the streets to protest a common cause.

Then, in 2005, the Brotherhood struck a key victory in the parliamentary elections, winning an all-time high of 88 seats. Though officially banned, the organization is tolerated and allowed to put up candidates as independents.

Many of the Brotherhood lawmakers were pragmatists compared to the hard-line members of the group who preferred to stay out of politics.

They were more open to working with other groups to forge compromises, and won plaudits from secular opposition leaders by focusing their legislative efforts on fighting an extension of the country’s emergency law.

They also stood up for the independence of the judiciary and pushed for press freedoms, and didn’t work to ban books or impose Islamic dress on women—moves many critics had feared. « In the past, Muslim Brothers in parliament sometimes made noise about racy books or the Ms. Egypt beauty pageant, and it made a lot of us uncomfortable, » says Osama Ghazali Harb, head of the National Democratic Front, a secular opposition party. « They didn’t do this in the last five years. »

The regime responded to the Brothers’ newfound parliamentary prowess with one of the most brutal crackdowns in the group’s history. Instead of coming down on the organization’s hard-line leaders, it focused on the movement’s moderates. « The government wants them to be secretive, hard-line, because it makes them fulfill the role of the bogey man that they’re propped up to be, » says Kent State’s Mr. Stacher. « You don’t want soft and squishy huggable Islamists, and you don’t want sympathetic characters. You want scary people who go on CNN and rail against Israel. »

Eighteen Brotherhood legislative staffers drafting education and health-care reform bills were among hundreds arrested. So, too, were the leading pragmatists on the movement’s 12-man leadership bureau. The power vacuum was quickly filled by conservatives, who in 2007 put out a platform paper walking back many of the group’s more moderate views.

It stated, for example, that neither women nor Christians were qualified to run for president. Casting further doubts on the organization’s commitment to the separation of church and state, the paper called for a religious council to sign off on laws.

Rifts between conservatives and reformers in the group began to flare into the open. The group’s moderates argued that the paper was only a draft and never officially adopted. In the 2008 elections to the Brotherhood’s Guidance Council, hard-liners nearly swept the field, according to people familiar with the group. Only one seat on the leadership council is held by a consistent reformist, say these people, as well as one of the two alternate members who would step in should someone be arrested or die.

During this same period, Mr. Karim, from the Brotherhood’s youth wing, says his relationships with activists in other groups were being cemented through online networks. « The new media allowed me to connect with the other » activists in Egypt, he says. « And I realized that there are things we agree on, like human-rights issues and political issues. »

Past partnerships between the Brotherhood and secular parties had been top-down short-lived agreements born of political necessity. This latest alliance formed more organically, say several young activists who are working with the Brotherhood. « We just got to know, trust and like each other, even—believe it or not—the Brothers, » says Basim Kamel, a 41-year-old leader in Mohamed

ElBaradei’s secular movement.

As conservatives were gaining influence within the Muslim Brotherhood’s leadership ranks, Mr. Karim and his fellow youth cadres were growing impatient.

He says they began arguing with their superiors, saying the group was losing credibility in the street because they weren’t out protesting for democracy like the secular activists were. In November 2008, the Brotherhood’s then-leader Mahdy Akef called for « establishing a coalition among all political powers and civil society » to challenge the « tyranny that Egypt is currently witnessing. »

Mr. Akef couldn’t be reached for comment, but those familiar with the group’s inner workings say the shift came as the leadership realized they risked losing their youth cadres, particularly after a series of high-profile defections by young Brotherhood activists.

When Mr. ElBaradei returned to Egypt in February 2010 to lead an alliance of opposition groups, many of them youth-driven, the Muslim Brotherhood backed him, formalizing a partnership that had already gelled among the rank and file

The alliance was uneasy at times. When other opposition groups voted to boycott November’s parliamentary elections, for example, the Brotherhood broke ranks and ran. After the uprising in Tunisia in January, Brotherhood youth, including Mr. Karim, met with the leaders of other youth movements and decided to plan a similar uprising in Egypt.

A group of about 12 youth leaders, including Mr. Karim, met secretly over the course of two weeks to figure out how to plot a demonstration that would outfox security forces. The Brotherhood’s senior leadership refused to endorse their efforts at first. They ultimately agreed to allow members to participate as individuals—and to forgo holding up religious slogans that the Brotherhood might have used in the past, such as « Islam is the solution, » or waving Korans.

Un commentaire pour Egypte: Vers une personne, une voix, une seule fois? (Looking back at the Muslim brotherhood’s eight decades of tailoring messages to separate audiences)

  1. […] La démocratie ne m’intéresse pas, l’islam n’est pas la démocratie, l’islam est l’islam…. […]

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