Diplomatie française: Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ? (Which of these three was a neighbor to the man who fell into the hands of robbers?)

Van Gogh's good SamaritanVous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Jésus
Un docteur de la loi (…) voulant se justifier, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ? Jésus reprit la parole, et dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s’en allèrent, le laissant à demi mort. Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre. Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l’ayant vu, passa outre. Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit. Il s’approcha, et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l’hôte, et dit : Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ? C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et Jésus lui dit : Va, et toi, fais de même. Jésus (Luc 10 : 25-37)
Ce qui m’a motivé, c’était la parole de Jésus « vous êtes le sel de la terre » qui signifie que vous devez nous engager; vous ne pouvez pas rester dans votre église. Vous devez vous engager dans cette situation; le sel doit être inséré dans la blessure, dans l’endroit qui n’est pas en règle, qui est en difficulté. C’est là où vous devez aller. Cette idée d’engagement dans la politique est une pensée que Jésus a déjà exprimée dans la parabole du bon Samaritain. Quelqu’un a été battu et git là sur le chemin, ceux qui l’ont battu sont partis, et maintenant deux hommes venant du temple s’approchent, détournent la tête et s’en vont. Jésus dit qu’ils sont coupables non parce qu’ils [ont fait quelque chose] – ils n’ont rien fait, ce n’est pas eux qui l’ont battu – mais parce qu’ils ne l’ont pas aidé. Si nous nous contentons de laisser le monde tranquille et ne nous engageons, nous sommes tout aussi coupables que ces deux hommes qui, comme l’a dit Jésus dans cette parabole, se ont détourné les yeux et n’ont pas voulu en entendre parler. Vous devez vous engager parce que vous êtes le sel de la terre. Christian Führer
De plus, la Convention prévoit que les représentants ou les délégués des Puissances protectrices seront autorisés à se rendre dans tous les lieux où se trouvent des prisonniers de guerre, notamment dans les lieux d’internement, de détention et de travail; ils auront accès à tous les locaux utilisés par les prisonniers. Les délégués du CICR bénéficient des mêmes prérogatives. La désignation de ces délégués sera soumise à l’agrément de la Puissance au pouvoir de laquelle se trouvent les prisonniers de guerre à visiter. Convention de Genève [III, 126]
Les règles pour les prisonniers s’imposent à tout le monde. La France est à vos côtés pour exiger la libération de votre fils. Michèle Alliot-Marie (Jérusalem)
Le blocus de Gaza engendre la pauvreté et nourrit la violence. Au nom des valeurs de liberté et de dignité que nous avons en partage, la France appelle Israël à y mettre fin. (…) Des mesures d’allègement ont été prises (par Israël). Elles sont positives mais il faut aller plus loin. Ce sont les importations de biens de construction et de matières premières, les exportations et le libre mouvement des personnes qui doivent désormais être possibles. Michèle Alliot-Marie (Gaza)
MAM chahutée à cause d’un malentendu. Le Monde
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
Sur ce point, et comme autre réalité du conflit, on peut citer le traitement de l’information par les services de presse en France. Dans leur manière d’évoquer l’incident, la question n’a pas été de savoir si l’enlèvement d’une personne (et l’absence de nouvelles la concernant pendant plus de quatre ans et demi), était ou non un crime de guerre (ou un crime tout court), mais bien celui d’avoir attribué un propos à la Ministre Michèle Alliot-Marie alors qu’elle n’en était pas l’auteur. A cet égard, les titres sur le sujet ont bien souligné l’absence de solidarité française dans cette qualification retenue par le père du soldat. Un éminent quotidien national a titré « MAM chahutée à cause d’un malentendu », pendant qu’un autre évoquait « des propos qui lui ont été attribués par erreur au sujet du soldat israélien Guilad Shalit » voire un troisième qui évoquait encore «les manifestants reprochent à MAM des propos qui lui ont été attribués à tort ». Maître Bertrand Ramas-Muhlbach
Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ?

Le Palestinien qui jette des chaussures ?

 La ministre qui regarde de l’autre côté et se confond en excuses ?

Ou le journaliste qui crie au malentendu ?

Au lendemain de l’accueil musclé de notre ministre des Affaires étrangères de 3 mois à Gaza …

Petite leçon de droit, sur les sites de nos confrèes Lessake et Aschkel, avec l’avocat Bertrand Ramas-Muhlbach.

D’abord pour notre docteure en droit du Quai d’Orsay qui vient si brillamment de démontrer au monde sa totale ignorance ou son oubli du droit international (priver un prisonnier militaire du droit aux visites de la Croix rouge fait bien partie des crimes de guerre et un blocus militaire fait partie de l’arsenal légal contre des Etats belligérants).

Mais aussi pour nos valeureux médias qui, au-delà de la simple solidarité humaine, ont eux rivalisé d’ignorance par rapport aux « valeurs de liberté et de dignité que nous avons en partage », et plus précisément à toute notre tradition spécifiquement occidentale et judéo-chrétienne du souci de la victime …

Michèle ALLIOT-MARIE plongée dans la réalité palestinienne

Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

23 janvier 2011

A l’occasion de son premier voyage à Gaza, ce 21 janvier 2011, la Ministre française des Affaires Etrangères Michèle Alliot-Marie a pu se convaincre du mode particulier de fonctionnement des Palestiniens. L’accueil, plus que discourtois, n’a pas été à la hauteur de l’honneur dû à son rang : huées, jets d’œufs et de chaussures sur les voitures blindées du cortège français, et, pour bloquer sa voiture, deux enfants, en pleurs et terrorisés, ont été allongés devant les roues des 4×4 des Nations Unies transportant la délégation, avant d’être récupérés par leur famille quelques minutes plus tard. La conseillère française pour le Moyen Orient Valérie Hoffenberg, a également été blessée par l’envoi d’un projectile. Cet épisode devrait être grandement instructif pour la Ministre des Affaires Etrangères, en ce qu’il révèle tous les aspects de la société palestinienne avec ses incohérences, sa violence, ses préjugés et ses raisonnements à l’emporte pièce.

La première réalité (pour ceux qui n’en seraient pas parfaitement convaincus), tient à la pleine et entière souveraineté des Palestiniens sur la bande de  Gaza. Ils y élisent démocratiquement les personnes chargées de les représenter, emploient librement les fonds alloués pour leur budget (et ce, sans contrôle), et décident seuls de qui peut ou non, pénétrer sur leur territoire. S’agissant de la Ministre Française des Affaires Etrangères, elle n‘était pas la bienvenue. Des  Palestiniens ont donc brandi une pancarte sur laquelle figurait sa photo barrée d’un trait rouge avec la mention : « get out of Gaza » (sors de Gaza). Bien évidemment les Palestiniens disposent également de forces de sécurité pour rétablir l’ordre et qui ont aidé le convoi à repartir.

Par ailleurs, la société palestinienne, d’une extrême sensibilité, exploite la moindre information, peu importe sa véracité, pour déchainer passion et haine à l’endroit d’autrui. Le jour de la visite de Michèle Alliot Marie, l’emportement palestinien était la conséquence des propos tenus par le père du soldat franco-israélien Guilad Shalit (enlevé le 25 juin 2006 par un commando palestinien) qui a réaffirmé le 20 janvier 2011 : « détenir un otage sans le laisser rencontrer des représentants de la Croix-Rouge est un crime de guerre ». Or, le service arabe de la radio israélienne a attribué ces propos à la Ministre française, alors que ces mots ne sortaient pas de sa bouche. Une fois encore, les Palestiniens ne se sont pas inquiétés du sérieux de l’information et ont laissé libre cours à leurs débordements de haine et de violence, sans même s’intéresser aux intentions de la Ministre.

Notons également l’absence de dimension morale dans l’analyse palestinienne des actes à l‘origine d‘un emprisonnement. Les Palestiniens reprochent à la Ministre sa partialité dans le traitement de la situation du soldat franco-israélien Guilad Shalit, et celle des prisonniers palestiniens détenus dans les geôles en Israël. Aussi, et sur l’une des pancartes, était inscrit : « Il y a Guilad Shalit mais aussi 8000 prisonniers palestiniens ». Le porte parole du Hamas Sami Abou Zouhri a ainsi rejeté la qualification de crime de guerre retenue pour Guilad Shalit et déclaré « nous exhortons la France à revoir sa position qui ne sert pas le rôle qu’elle joue dans la région ». Ce faisant, les Palestiniens mettent en parallèle le cas du soldat israélien et des prisonniers palestiniens alors qu’Israël est un Etat de droit, où les personnes arrêtées ne le sont pas de façon arbitraire, mais uniquement en raison de leur participation à un acte qualifié de crime ou de délit. Elles bénéficient de la présomption d’innocence, du respect du droit de la défense et enfin, de conditions de détention compatibles avec les principes de dignité, avec un accès aux soins, le bénéfice de visites et un certain confort. Pour sa part, l’enlèvement d’une personne (ajouté à l’absence d’information sur les conditions de sa détention), qu’elle soit militaire ou non, est qualifié de crime dans les pays démocratiques. Les deux situations ne peuvent donc en aucun cas être mises en balance.

Sur ce point, et comme autre réalité du conflit, on peut citer le traitement de l’information par les services de presse en France. Dans leur manière d’évoquer l’incident, la question n’a pas été de savoir si l’enlèvement d’une personne (et l’absence de nouvelles la concernant pendant plus de quatre ans et demi), était ou non un crime de guerre (ou un crime tout court), mais bien celui d’avoir attribué un propos à la Ministre Michèle Alliot-Marie alors qu’elle n’en était pas l’auteur. A cet égard, les titres sur le sujet ont bien souligné l’absence de solidarité française dans cette qualification retenue par le père du soldat. Un éminent quotidien national a titré « MAM chahutée à cause d’un malentendu », pendant qu’un autre évoquait « des propos qui lui ont été attribués par erreur au sujet du soldat israélien Guilad Shalit » voire un troisième qui évoquait encore «les manifestants reprochent à MAM des propos qui lui ont été attribués à tort ».

Une autre réalité locale tient aux contre-vérités tant juridiques qu’historiques soutenues par la communauté internationale. Ainsi, et pour tenter de rassurer sur ses intentions, Michèle Alliot-Marie a avancé : « On connait très bien notre position qui est d’être opposés aux colonisations» tout en réaffirmant être attachée aux frontières 1967 comme base des négociations de paix. En réalité, Michèle Alliot-Marie qui est docteur en Droit, et ancien Maître de Conférences à l’Université de droit de Paris I, sait parfaitement que la ligne d’armistice avec la Jordanie de juin 1967 n’a jamais constitué les frontières de l’Etat palestinien. Plus précisément, en Droit international, les palestiniens ont été reconnus dans les années 60 comme constituant une « nation » avec cette particularité de ne disposer d’aucun territoire, véritable exception parmi les nations reconnues par l’Onu. Il est donc juridiquement impossible d’inventer, de façon rétroactive, les frontières d’un Etat qui n’a jamais existé. D’ailleurs, et s’il est vrai qu’au cours des années 60, les Palestiniens ont caressé  l’espoir de disposer d’un Etat, ils n’y sont pas parvenus. Leur tentative d’assassiner le roi Hussein de Jordanie, le 1er septembre 1970, a avorté  et provoqué une réaction musclée des Jordaniens contre les fédayins de l’Olp à l’origine de milliers de morts palestiniens (septembre noir 1970) et de l’expulsion, en juillet 71, de Yasser Arafat et de ses combattants au Liban. Leur refus de respecter la souveraineté jordanienne s’est donc soldé par un massacre, non par les frontières d‘un Etat palestinien de 1967.

Enfin, parmi les positions controversées de la Ministre, il est possible de citer son appel à la levée complète du blocus du territoire peuplé d’1,5 million d’habitants, dont 85% dépendent de l’aide internationale : « Le blocus de Gaza engendre la pauvreté et nourrit la violence. Au nom des valeurs de liberté et de dignité que nous avons en partage, la France appelle Israël à y mettre fin ». Il est étrange qu’en contrepartie, la Ministre n’ait pas appelé les Palestiniens à renoncer à leur  projet d’anéantir Israël, toujours au nom des valeurs françaises de liberté et de dignité.

Les réalités juridiques et historiques n’ont décidément rien à voir avec la réalité palestinienne. Après avoir reconnu l’Etat palestinien de Gaza contre renonciation à la lutte armée, seront discutées les fro

judéo-chrétienne du souci de la victime …

2 Responses to Diplomatie française: Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ? (Which of these three was a neighbor to the man who fell into the hands of robbers?)

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