Tunisie: Attention, une révolution peut en cacher une autre (Why are the world’s jihadists hailing the Tunisian intifada while Tripoli and Algiers go on red alert?)

La liberté religieuse est un luxe. Ne l’oublions pas. Portes ouvertes
L’intifada tunisienne a réussi à faire tomber la dictature. Rached Ghannouchi
There are numerous indications that there were other sources of dissatisfaction in Tunisia with Ben Ali — including the relatively secular character of the government. Pro-Sharia Islamic supremacist forces are poised to take advantage.(…) The great unacknowledged truth about Tunisia and the rest of the Islamic world is that Islamic jihadists and pro-Sharia forces, far from being the « tiny minority of extremists » of media myth, actually enjoy broad popular support. Any genuine democratic uprising is likely to install them in power. That’s why jihadists are hailing events in Tunisia, and why all lovers of freedom should view those events with extreme reserve — for a Sharia government in Tunisia is unlikely to be any kind of friend to the United States, and if the « Jasmine Revolution » does indeed spread and other Arab and Muslim dictators are toppled, an already hostile anti-American environment could become much, much worse. The events in Tunisia also show yet again the crying need for realistic analysis in Washington of the jihad threat, rather than the fantasy-based analysis that prevails there now. But that is even less likely than the flowering of a pluralistic, secular democracy in Tunisia. Robert Spencer
La Tunisie passe de la 43ème à la 37ème position sur l’Index mondial de persécution. Cette remontée dans le classement s’explique par deux raisons principales. D’une part, la situation des chrétiens s’est vraiment détériorée au cours de l’année dernière. D’autre part, nous avons davantage d’informations quant aux persécutions que subissent les chrétiens tunisiens. L’attitude du gouvernement à l’égard des chrétiens s’est durcie. Les chrétiens étrangers font souvent l’objet d’inspections et ils pensent que leur téléphone est placé sur écoute. Les pasteurs des églises destinées aux chrétiens expatriés sont étroitement surveillés. L’importation de littérature chrétienne, notamment en arabe, est systématiquement entravée par des tracasseries administratives. On refuse aux églises tunisiennes toute reconnaissance officielle et si l’on apprend qu’un musulman s’est converti au christianisme, celui-ci est interrogé et passé à tabac. Certains chrétiens ont été condamnés à des peines de prison, arrêtés, menacés à cause de leur foi. Ils subissent également de fortes pressions pour revenir à l’islam. Certaines maisons de chrétiens ont été cambriolées, les malfaiteurs recherchant des preuves de leur conversion. Même si la Constitution tunisienne garantit la liberté religieuse et s’il n’est pas interdit de se convertir à une autre religion que l’islam, aucun fonctionnaire, à quelque niveau que ce soit, ne fait respecter ce droit. Depuis l’indépendance de la Tunisie en 1956, aucune nouvelle église n’a obtenu l’autorisation officielle de fonctionner. Index mondial de la persécution 2011

Cherchez l’erreur: Washington et Paris qui pavoisent, Tripoli et Alger qui ferment leurs frontières?

A l’heure où, 5 ans après l’Irak (merci qui ?), l’accès à la démocratie d’un peuple arabe est traitée comme une véritable maladie honteuse par nos médias s’inquiétant à qui mieux mieux de ses « risques de contagion » à travers le Moyen-Orient …

Pendant qu’avec la ferveur des nouveaux convertis et contre les mises en garde libyennes et algériennes (ou palestiniennes), la Patrie auto-proclamée des droits de l’homme se joint au concert de louanges occidental au moment même où les jihadistes du monde entier se frottent les mains à la perspective du retour d’exil du chef des islamistes tunisiens (17% aux législatives, 30 000 militants arrêtés dans les années 90)…

Et que dans le berceau même du judéo-christianisme la poursuite de l’épuration religieuse passe à présent (avec l’assistance de l’UNESCO, s’il vous plait !) par la conversion en mosquées ou en musées des derniers vestiges juifs ou chrétiens …

Remise des pendules à l’heure avec la publication du dernier Index mondial de persécution sur le site de l’ONG chrétienne Portes ouvertes.

Qui, contre l’euphorie ambiante, rappelle que la liberté religieuse est bien, en Tunisie déjà sous Ben Ali et comme ailleurs, un véritable luxe dans une bonne partie du monde …

Index Mondial de Persécution 2011

Les 50 pays où la foi chrétienne coûte le plus …

 

Chaque année, Portes Ouvertes publie l’Index mondial de persécution, un classement des 50 pays où les chrétiens sont le plus persécutés. Cet outil nous permet de faire une photographie de l’état de la persécution et nous donne des informations sur les actions à mener dans l’avenir. 

Ce qu’il faut retenir

La persécution des chrétiens augmente en Irak et baisse en Chine

Dégradations en Irak

En 2010, la situation des chrétiens s’est particulièrement dégradée dans plusieurs pays, comme en Irak, au Pakistan, au Maroc et en Russie.

L’Irak est le pays qui a le plus grimpé dans le classement de cette année : il est passé de la 17ème à la 8ème position. En effet, de très nombreux cas de violences à l’égard de chrétiens ont été enregistrés l’année dernière, faisant un grand nombre de morts et de blessés.

On a enregistré plusieurs assassinats de chrétiens dans le pays, faisant au total 90 morts.

On estime qu’en Irak le nombre de chrétiens s’élève à 334 000 soit moitié moins qu’en 1991.

Au Pakistan, entre novembre 2009 et octobre 2010, 29 chrétiens ont été assassinés, 4 ont été condamnés pour blasphème et plus de 21 sont en prison. 58 chrétiens ont été enlevés, plus de 100 ont été physiquement agressés. La condamnation à mort par pendaison de la chrétienne Asia Bibi (de son vrai nom Asia Noreen) pour blasphème en novembre 2010 a attiré l’attention de toute la communauté internationale.

Au Maroc, après avoir été pendant longtemps assez tolérantes sur le plan religieux, les autorités ont commencé à surveiller, menacer et discriminer les groupes de chrétiens.

En 2010, à deux reprises, la police est intervenue alors que des chrétiens s’étaient réunis. Au cours des 6 premiers mois de l’année 2010, plus de 150 expatriés chrétiens ont été expulsés. Les chrétiens marocains quant à eux, subissent des interrogatoires, sont intimidés, arrêtés et maltraités par la police.

La Russie revient dans l’Index mondial de la persécution après 5 ans d’absence. Plusieurs cas de persécutions sérieux ont été enregistrés en 2010. Dix chrétiens ont notamment été arrêtés et trois responsables d’églises ont été tués à cause de leur foi.

Améliorations en Chine

Dans d’autres pays, on constate une amélioration notable, comme en Chine ou au Sri Lanka.

En Chine, certains signes laissent à penser que le gouvernement tolère davantage les chrétiens que par le passé même si des cas de persécutions ont tout de même été enregistrés. Si les chrétiens n’organisent pas de manifestations publiques de grande ampleur ou si aucun incident sensible les concernant ne se produit, le gouvernement ne s’en prend plus systématiquement à eux comme auparavant.

Au Sri Lanka, beaucoup moins de faits de persécutions ont été enregistrés en 2010. Aucun chrétien n’a été tué, condamné ou emprisonné pour sa foi. Il semble également que la pression exercée par le clergé bouddhiste local et les villageois sur les chrétiens ait diminué.

Comment est élaboré l’Index mondial de persécution de Portes Ouvertes ?

Nous envoyons un questionnaire aux équipes de Portes Ouvertes basées sur le terrain ainsi qu’à des experts étrangers à notre organisation.

Nous complétons leurs données avec nos sources propres afin de saisir pleinement les informations

transmises par ces questionnaires.

Nous comparons les informations qui proviennent de différentes sources à celles que nous recevons via les questionnaires.

Nous élaborons un document standard par pays dans lequel nous mentionnons les informations propres à chaque nation concernant tous les points du questionnaire.

Enfin, l’équipe de Portes Ouvertes se réunit en interne pour s’assurer que, pour chaque question et pour chaque pays, tous les intervenants utilisent bien les mêmes normes et les mêmes qualificatifs.

Les 10 pays où la persécution est la plus forte

1. La Corée du Nord

Toute la population souffre en Corée du Nord, mais les chrétiens encore plus que les autres. Le régime de la Corée du Nord est fondé sur l’idéologie du Juche et le culte du « Grand Leader». Pour le gouvernement, les chrétiens ne devraient même pas exister !

Les chrétiens sont continuellement en danger, ils risquent leur vie tous les jours. En 2010, des centaines de chrétiens ont été arrêtés. Certains ont été tués, d’autres ont été envoyés dans des camps pour prisonniers politiques.

En mai 2010, par exemple, dans la province de Pyongsung, 23 chrétiens avaient secrètement formé une petite église. La police est intervenue pendant une de leurs réunions. Trois d’entre eux ont été immédiatement condamnés à mort. Les 20 autres ont été envoyés en camps de travaux forcés.

La manière dont les chrétiens seront traités à l’avenir dépend beaucoup des changements qui sont en train de s’opérer sur le plan politique.

En septembre 2010, Kim Jong Un, le troisième fils du dirigeant actuel Kim Jong Il, a officiellement été nommé général et élevé au poste de vice-président de la commission militaire centrale du parti (unique) de Corée du Nord. Cela confirme l’intention de Kim Jong Il d’en faire son successeur. La situation s’améliorerat-elle pour les chrétiens une fois que Kim Jong Un aura pris les rênes du pouvoir ? Le peu d’informations dont nous disposons sur cet homme ne nous permet pas d’envisager une amélioration de leurs conditions de vie. Mais nous savons que malgré les persécutions dont ils font l’objet, le nombre de chrétiens augmente lentement.

Plus d’infos sur le pays :

En 2010, la situation s’est aussi dégradée pour l’ensemble des Nord-coréens :

D’après des sources non officielles, à la suite de réformes monétaires, 2 personnes sur 10 ont dû vendre leur logement pour acheter de quoi se nourrir. De nombreux Nord-coréens dorment dans la rue, dans le métro, les gares ou dans des abris de fortune. En plus des difficultés liées à la crise économique, la Corée du Nord a été touchée par des catastrophes naturelles. Des dizaines de personnes ont péri.

2. L’Iran

Des vagues d’arrestations de chrétiens n’ont cessé d’avoir lieu, particulièrement en décembre 2009 et pendant les trois premiers mois de l’année 2010. Les chrétiens iraniens sont persécutés par :

La police secrète. Même dans les églises officielles, les cultes sont surveillés de près par la police secrète. Les chrétiens qui sont actifs au sein de ces communautés ou dans les églises de maison, subissent des pressions. Ils sont arrêtés, interrogés, mis en prison et battus.

Au cours des six premiers mois de l’année 2010 des centaines de bibles ont été saisies et brûlées par les forces de sécurité. Cela faisait longtemps que des mesures aussi radicales n’avaient été entreprises pour empêcher la circulation de bibles.

Le gouvernement iranien. Fragilisé par les manifestations antigouvernementales qui ont eu lieu entre novembre 2009 et octobre 2010, le gouvernement essaie de détourner l’attention de la population en s’en prenant aux chrétiens. Plusieurs centaines de chrétiens ont ainsi été arrêtés. Beaucoup d’entre eux ont été relâchés sous caution, mais la police continue de les surveiller et ils risquent à tout moment de devoir à nouveau comparaître devant un tribunal.

La société. Les chrétiens subissent également une pression énorme de la part de la société, elle-même conditionnée par les autorités.

Leur propre famille. Au cours du dernier trimestre 2010 un chrétien est mort de ses blessures après avoir été passé à tabac par un membre de sa famille qui avait appris sa conversion au christianisme.

Les islamistes. Les chrétiens risquent également d’être la proie des islamistes, surtout s’ils sont accusés d’avoir parlé de leur foi à un musulman.

Cependant, l’église locale continue de grandir et en comptant les églises assyriennes et arméniennes, on arrive à un total de 45 000 chrétiens en Iran.

Plus d’infos sur le pays :

En Iran, les chrétiens assyriens et arméniens sont reconnus comme minorités religieuses et bénéficient d’une certaine liberté religieuse, comme le droit d’enseigner et de prêcher dans leur propre langue, mais ils n’ont pas le droit de parler de l’Evangile avec un Iranien de langue farsi (persane), ni avec un musulman.

En 2010, nous avons constaté que certains membres de ces minorités se sont retrouvés emprisonnés, ont été maltraités physiquement, harcelés et discriminés à cause de leur foi.

L’islam est la religion officielle de l’Iran et toutes les lois et réglementations adoptées doivent être en accord avec l’interprétation officielle de la charia (loi islamique). Selon la charia, si un musulman quitte l’islam pour embrasser une autre religion il est passible de la peine de mort.

3. L’Afghanistan

L’Afghanistan compte une population de 28 millions d’habitants dont très peu de chrétiens. Pour ces derniers, la situation s’est beaucoup détériorée au cours de l’année dernière.

Les chrétiens afghans sont très mal vus par la société et la législation est assez floue quant à leurs droits religieux. En 2010, beaucoup ont été arrêtés et traduits en justice et en août, des humanitaires chrétiens ont été tués par les talibans.

Les chrétiens d’origine musulmane sont de plus en plus persécutés par le gouvernement. En 2010, beaucoup ont été intimidés et menacés.

En mai et juin 2010, la chaine de télévision Noorin TV a diffusé en boucle des images de chrétiens d’origine musulmane en train de se faire baptiser. Des organisations caritatives chrétiennes ont été accusées de faire de l’évangélisation.

A la suite du reportage, le secrétaire de la chambre basse du parlement afghan a convoqué une session extraordinaire lors de laquelle il a appelé à exterminer tous les chrétiens d’origine musulmane. Des centaines de manifestants sont descendus dans les rues à Kaboul et dans d’autres villes du pays, scandant des menaces de mort à l’égard des chrétiens d’origine musulmane et demandant l’expulsion des organisations humanitaires chrétiennes pour leur soi-disant influence religieuse. Menacés de mort, des dizaines de chrétiens afghans ont dû déménager, changer de ville. Certains ont dû quitter le pays.

Pour la première fois dans l’histoire du pays, des questions sur les chrétiens d’origine musulmane (un Afghan peut-il être chrétien ? Si oui, quels sont ses droits ?…) font l’objet de débats dans le domaine

public.

4. L’Arabie Saoudite

Cette année, le pays est passé de la 3ème place à la 4ème dans l’Index Mondial de Persécution. Cela ne signifie malheureusement pas que la situation des chrétiens s’est améliorée dans le pays. Si l’Arabie Saoudite s’est fait devancer par l’Afghanistan, c’est parce que la situation des chrétiens en Afghanistan s’est détériorée.

Au cours de l’année passée, des chrétiens ont été physiquement maltraités à cause de leur foi, ce qui n’avait pas été le cas en 2009. Nous n’avons reçu que quelques témoignages à ce sujet, car il est difficile d’obtenir des informations de la part d’un pays aussi fermé que le royaume wahhabite, mais nous pensons que beaucoup de chrétiens ont été maltraités.

Par exemple, le 1er octobre 2010, 12 chrétiens philippins et un prêtre ont été arrêtés alors qu’ils participaient à un culte chez un particulier. Ils ont été accusés de prosélytisme et ont été libérés temporairement (l’un d’entre eux sous caution). Un bon nombre de chrétiens ont également fui le pays, leur vie ayant été directement menacée en raison de leur foi.

Plus d’infos sur le pays :

La plupart des chrétiens en Arabie Saoudite sont des expatriés qui ne séjournent et ne travaillent dans le pays que temporairement. La majorité d’entre eux viennent des Philippines. Ces travailleurs immigrés, qui sont souvent exploités et sous-payés, sont en plus victimes de violences verbales et physiques à cause de leur foi chrétienne.

Il existe aussi des chrétiens d’origine musulmane mais ils vivent leur foi dans le plus grand secret. Ils risquent d’être assassinés par leur famille ou un membre de leur entourage s’ils sont découverts.

Il n’y a pas de liberté religieuse dans ce bastion de l’islam où les citoyens n’ont le droit de pratiquer qu’une seule religion. Dans aucun texte légal, il n’est fait mention de liberté religieuse et celle-ci n’existe pas en pratique non plus. Le système judiciaire est basé sur la charia (loi islamique) et l’apostasie (le fait de changer de religion) est passible de la peine de mort si l’accusé ne se rétracte pas. Le gouvernement reconnaît aux non-musulmans le droit de se réunir et de pratiquer leur religion en privé mais la mutawa, la police religieuse, ne respecte pas cette liberté. C’est elle, par exemple qui est responsable de l’arrestation des 13 chrétiens philippins en octobre 2010.

En Arabie Saoudite les non-musulmans n’ont pas le droit de pratiquer leur religion en public. Ceux qui s’y risquent peuvent être arrêtés, emprisonnés, flagellés, déportés et quelquefois torturés.

5. La Somalie

La situation des chrétiens somaliens s’est dégradée en 2010. Huit chrétiens sont morts en martyrs et un quart de la communauté chrétienne a fui le pays.

Les islamistes d’Al-Chabaab, qui contrôlent 90% du sud de la Somalie, ne cachent pas leur objectif de débarrasser le pays de sa communauté chrétienne.

Plus d’infos sur le pays :

La Somalie, qui est en état de guerre civile depuis 1991, est divisée entre le Somaliland au nord-ouest, qui s’est auto-proclamé indépendant, le Puntland, province autonome du nord-est et le sud du pays qui a pour capitale Mogadiscio.

Le Somaliland et le Puntland sont plutôt stables, ce qui n’est pas le cas du sud de la Somalie où la milice islamiste Al-Chabaab et le groupe Hizbul-Islam luttent contre le gouvernement national de transition, replié dans la capitale. Ce gouvernement a pour allié le groupe al Ahlu Sunnah Jama’a, et est également soutenu par 6000 soldats de l’Union Africaine.

Al-Chabaab impose aux territoires qu’il contrôle une interprétation très stricte de la charia. L’année dernière, cette milice s’est véritablement radicalisée sous l’influence d’Al-Qaïda, perdant du même coup une partie de sa popularité au sein de la population.

6. Les Maldives

En 2010, aucun chrétien d’origine musulmane n’a été tué pour apostasie mais il y a eu plusieurs cas de chrétiens étrangers arrêtés puis expulsés après que l’on ait découvert de la littérature chrétienne dans leurs bagages.

L’islam est la religion officielle de l’archipel des Maldives, et tous les citoyens doivent obligatoirement être musulmans.

Plus d’infos sur le pays :

Dans ce pays le christianisme est quasiment absent. Les chrétiens ne sont qu’une poignée. Ils vivent leur foi individuellement et dans le secret le plus absolu, de peur d’être découverts. La persécution des chrétiens locaux est systématique, car la loi interdit la pratique de toute autre religion que l’islam.

Les églises sont interdites. Il est également défendu d’importer de la littérature chrétienne, les non-musulmans sont systématiquement discriminés.

7. Le Yémen

Le Yémen se maintient à la septième position par rapport à l’année précédente. De novembre 2009 à octobre 2010, (période prise en compte pour l’Index 2011), nous n’avons pas entendu parler de chrétiens tués pour leur foi, alors que cela avait été le cas en 2009. Plusieurs chrétiens expatriés, qui travaillaient dans le pays depuis longtemps, ont été expulsés sans aucune raison.

Plus d’infos sur le pays :

On estime qu’il y a plusieurs milliers de chrétiens répartis dans tout le pays. La plupart d’entre eux sont des expatriés : occidentaux, ressortissants d’Asie du Sud et d’Asie orientale ou encore arabes. Il y a également de nombreux réfugiés éthiopiens. Tant qu’ils restent très discrets, le gouvernement laisse les expatriés pratiquer leur religion, mais les citoyens yéménites n’ont pas le droit d’adhérer à une autre religion que l’islam. Les chrétiens d’origine musulmane, qui sont très peu nombreux, encourent la peine de mort si l’on découvre qu’ils se sont convertis. Ils sont aussi la cible de groupes islamistes qui menacent de mort les « apostats» s’ils ne retournent pas à l’islam.

Selon la Constitution Yéménite, l’islam est la religion d’Etat et toute la législation du pays est basée sur la charia. Il est interdit de parler de la foi chrétienne à des citoyens musulmans. Il existe quelques églises à Aden, mais aucun bâtiment chrétien n’est autorisé dans le nord du pays.

8. L’Irak

L’Irak a effectué une grande montée dans le classement, passant de la 17ème place en 2010 à la 8ème place en 2011 dans la liste des 50 pays où les chrétiens sont le plus persécutés dans le monde.

De novembre 2009 à octobre 2010, on a enregistré plusieurs assassinats de chrétiens, entre autres à Mossoul, Bagdad et Kirkuk. En tout plus de 90 chrétiens ont ainsi trouvé la mort.

On nous a également signalé un grand nombre d’enlèvements de chrétiens et de nombreuses attaques visant précisément des chrétiens qui ont fait de nombreux morts et blessés en 2010.

En décembre 2009 : Plusieurs églises ont été la cible d’attentats à la bombe, ce qui a poussé la moitié de la communauté chrétienne de Mossoul à quitter la ville.

De janvier à mars 2010 : Le nombre d’attaques à l’encontre de chrétiens a augmenté pendant les élections législatives, la violence ayant commencé juste avant le premier tour prévu en janvier 2010 et ont duré jusque début mars, date à laquelle les élections ont effectivement eu lieu.

En mai 2010 : Un bus plein d’étudiants chrétiens a été la cible d’un attentat à la bombe. Dans l’attaque du bus, 3 étudiants chrétiens ont trouvé la mort et 180 ont été blessés. Beaucoup d’entre eux gardent de terribles cicatrices et d’autres sont handicapés à vie.

Le 31 octobre 2010 : A Bagdad, une église catholique syriaque a été victime d’une prise d’otages sanglante qui a été qualifiée « d’attaque la plus sanglante depuis 2003, année où les islamistes ont commencé à s’en prendre aux chrétiens locaux. ». 53 chrétiens sont décédés dans l’attaque et une soixantaine ont été blessés.

Plus d’infos sur le pays :

On estime qu’en Irak le nombre de chrétiens s’élève à 334 000, soit moitié moins qu’en 2003. La plupart sont issus des dénominations traditionnelles tels les arméniens, les assyriens, les chaldéens et les catholiques. On compte aussi plusieurs milliers de protestants évangéliques. Depuis la chute de Saddam Hussein, leur situation s’est considérablement détériorée pour eux. Ils sont pris pour cible pour différentes raisons : religion, situation politique, position sociale ou financière.

Ils souffrent aussi du sentiment antioccidental qui règne dans le pays et sont souvent considérés comme des traîtres. D’ailleurs, depuis le départ progressif des forces militaires d’occupation occidentales, les chrétiens sont moins protégés et les islamistes en profitent pour les chasser du pays en les persécutant.

Ce climat de violence a poussé au départ de centaines de milliers d’Irakiens, qu’ils soient musulmans ou chrétiens. A l’intérieur même du pays, beaucoup de familles ont dû quitter leur ville ou village pour le Kurdistan (Nord de l’Irak).

9. L’Ouzbékistan

L’Ouzbékistan se retrouve de nouveau cette année parmi les 10 pays où la persécution est la plus forte. La pression exercée sur les chrétiens s’est accentuée en 2010.

Par le passé, quand les chrétiens étaient arrêtés ils s’en sortaient avec une amende, aujourd’hui ils sont souvent condamnés à des peines de prison allant de 3 à 15 jours.

Le gouvernement ne délivre plus d’autorisation pour ouvrir de nouvelles églises. Certaines ont même perdu leur autorisation et d’autres se sont vu confisquer leur bâtiment.

Plus d’infos sur le pays :

Souvent les chrétiens protestants sont vus comme une force déstabilisante dans la société et ils sont attaqués de tous côtés. Ils sont persécutés par le gouvernement : arrestations, amendes, peines de prison. Ils sont également persécutés par la société : perte d’emploi, accès refusé à un certain nombre de services, sans compter la pression qu’exerce sur eux le clergé islamique. Ils ne sont pas soutenus par leur famille, qui bien souvent les passe à tabac, les rejette, les humilie et les chasse de la maison familiale. De plus ils sont souvent critiqués dans les médias et mal vus par les autorités locales et par les magistrats, ce qui rend leur situation encore plus délicate.

10. Le Laos

Le Laos est le second pays communiste, avec la Corée du Nord, à figurer parmi les dix pays où la persécution antichrétienne est la plus forte. Au cours de l’année 2010 (de novembre 2009 à octobre 2010), il n’y a pas eu d’amélioration de la liberté religieuse. Plus de 25 chrétiens ont été tués, plus de 20 autres ont été arrêtés et détenus sans jugement. Régulièrement, les chrétiens sont physiquement maltraités et un grand nombre d’églises ont été vandalisées ou détruites.

Plus d’infos sur le pays :

Les chrétiens laotiens, estimés à 200 000 dont une grande partie est issue de minorités ethniques, sont peu nombreux. Ils ne peuvent pas organiser d’activité d’église en public.

La loi laotienne discrimine les chrétiens, le gouvernement a une attitude très négative à leur endroit. Tous les chrétiens sont étroitement surveillés car ils sont suspectés d’être des agents à la solde des Etats-Unis, chargés d’amener le Laos vers davantage de « démocratie ». Les Laotiens qui se convertissent et renoncent au culte des esprits sont soumis à de fortes pressions par la société. Quand des chrétiens sont arrêtés, ils sont souvent torturés physiquement et moralement pour qu’ils renoncent à leur foi. Des milliers de chrétiens Hmong ont fui le pays pour s’installer en Thaïlande. Malgré les persécutions, les chrétiens multiplient les rencontres clandestines et il semblerait qu’ils soient de plus en plus nombreux.

Les pays qui sont montés dans le classement

La situation des chrétiens s’est détériorée en Afghanistan, en Irak, au Pakistan, au Vietnam, en Algérie, au Nigéria (nord), au Koweït, en Turquie, au Maroc, en Tunisie, en Syrie et au Kirghizistan.

L’Afghanistan (Position 3)

Le pays est passé de la 6ème à la 3ème position sur l’Index mondial des persécutions antichrétiennes.

En 2010, de nombreux chrétiens ont été arrêtés et traduits en justice et en août, des humanitaires chrétiens ont été tués par les talibans. Les chrétiens d’origine musulmane sont de plus en plus persécutés par le gouvernement. En 2010, beaucoup ont été intimidés et menacés.

En mai et juin 2010, la chaine de télévision Noorin TV a diffusé en boucle des images de chrétiens d’origine musulmane en train de se faire baptiser. Des organisations caritatives chrétiennes ont été accusées de faire de l’évangélisation.

A la suite du reportage, le secrétaire de la chambre basse du parlement afghan a convoqué une session extraordinaire lors de laquelle il a appelé à exterminer tous les chrétiens d’origine musulmane. Des centaines de manifestants sont descendus dans les rues de Kaboul et dans d’autres villes du pays, scandant des menaces de mort à l’égard des chrétiens d’origine musulmane et demandant l’expulsion des organisations humanitaires chrétiennes pour leur soi-disant influence religieuse. Menacés de mort, des dizaines de chrétiens afghans ont dû déménager, changer de ville. Certains ont dû quitter le pays.

Pour la première fois dans l’histoire du pays, des questions sur les chrétiens d’origine musulmane (un Afghan peut-il être chrétien ? Si oui, quels sont ses droits ?…) font l’objet de débats dans le domaine public.

L’Irak (Position 8)

Le pays est passé de la 17ème à la 8ème place du classement des pays où les chrétiens sont le plus persécutés. De novembre 2009 à octobre 2010, on a enregistré plusieurs assassinats de chrétiens, entre autres à Mossoul, Bagdad et Kirkuk. Au total, plus de 90 chrétiens ont ainsi trouvé la mort.

On nous a également signalé un grand nombre d’enlèvements de croyants et de nombreuses agressions visant précisément des chrétiens, violences qui ont fait de nombreux morts et blessés en 2010.

En décembre 2009 : Plusieurs églises ont été la cible d’attentats à la bombe, ce qui a poussé la moitié de la communauté chrétienne de Mossoul à quitter la ville.

De janvier à mars 2010 : Le nombre des attaques à l’encontre de chrétiens a augmenté pendant les élections législatives, la violence ayant commencé juste avant le premier tour (prévu en janvier 2010) a duré jusqu’à début mars, date à laquelle les élections ont finalement eu lieu.

En mai 2010 : Un bus rempli de jeunes chrétiens a été la cible d’un attentat à la bombe. Dans l’attaque du bus, 3 étudiants ont trouvé la mort et 180 ont été blessés. Beaucoup d’entre eux gardent de terribles cicatrices et d’autres sont handicapés à vie.

A la fin du mois d’octobre 2010 : A Bagdad, une église catholique syriaque a été la cible d’une prise d’otages sanglante qui a été qualifiée « d’attaque la plus sanglante depuis 2003, année où les islamistes ont commencé à s’en prendre aux chrétiens locaux. ». 58 chrétiens sont décédés dans l’attaque et une soixantaine ont été blessés.

Le Pakistan (Position 11)

Le pays devient de plus en plus dangereux pour les chrétiens, passant de la 14ème à la 11ème position dans l’Index.

Entre novembre 2009 et octobre 2010, 29 chrétiens ont été assassinés, 4 ont été condamnés pour blasphème, et plus de 21 ont été mis en prison. 58 chrétiens ont été enlevés, plus de 100 ont été physiquement maltraités et nous avons enregistré 14 cas de vandalisme sur des églises ou des maisons appartenant à des chrétiens.

Les partisans d’un islam dur ont multiplié les attaques envers les chrétiens, sachant qu’ils ne seront pas inquiétés par la police.

Pendant les inondations qui ont frappé le pays durant l’été 2010, les chrétiens ont été honteusement discriminés dans la distribution de l’aide humanitaire aux victimes.

La Constitution, le système judiciaire et l’Etat semblent échouer à défendre les droits des minorités au Pakistan.

Le Vietnam (Position 18)

La situation des chrétiens au Vietnam s’est légèrement détériorée. En 2011, le pays passe de la 21ème à la 18ème position sur l’Index mondial de persécution.

Le 26 janvier 2010, un chrétien vietnamien a été enlevé par deux agents des forces de sécurité sans qu’aucune raison ne soit donnée. Les chrétiens subissent également des pressions de la part de leur famille, des autres villageois, du clergé bouddhiste et des chamanes, surtout quand ils décident de quitter leur ancienne religion pour le christianisme.

L’Algérie (Position 22)

La situation des chrétiens s’est dégradée en Algérie. Le pays passe de la 25ème à la 22ème position.

En 2009, aucun fait grave de persécution antichrétienne n’avait été signalé, mais l’année dernière, un chrétien a été condamné à une peine de prison avec sursis pour prosélytisme et 11 autres chrétiens ont été arrêtés car ils ne respectaient pas le jeûne du ramadan.

En outre, les dix procès intentés en 2008 contre des chrétiens sont toujours en cours. A Tizi Ouzou, en Kabylie, une paroisse protestante a été à deux reprises attaquée par la foule. Ses membres ont été menacés et le pasteur a été physiquement agressé avant de recevoir des menaces de mort.

L’église protestante de Larbaa Nath, qui se réunissait dans un appartement en location, faute d’avoir accès à un lieu de culte, a été accusée d’exercer une activité religieuse illégale et condamnée selon l’ordonnance 06-03 de 2006. Son pasteur ainsi que 3 responsables ont été arrêtés.

Ailleurs dans le pays, des chrétiens ont été battus, menacés, condamnés à payer des amendes ou discriminés à cause de leur foi. Même si le gouvernement insiste sur le fait qu’il a toujours été tolérant en matière de religion, l’Eglise Protestante d’Algérie n’est toujours pas officiellement reconnue. L’influence d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique faiblit mais le poids des salafistes augmente. D’après certaines informations, ils surveilleraient étroitement les chrétiens.

Le Nord du Nigéria (Position 23)

Le pays est passé de la 27ème à la 23ème position dans l’Index mondial de persécution.

La situation des chrétiens au Nord du Nigéria s’est fortement détériorée en 2010. Dans l’Etat du Plateau, les émeutes qui ont opposé les musulmans aux chrétiens ont causé la mort de 2000 chrétiens. De plus, 2000 chrétiens ont perdu leur logement et 4000 ont été obligés de fuir la région. Du côté musulman, les émeutes ont fait 500 victimes.

Dans d’autres Etats comme celui de Kano, de Katsina ou de Zamfara, des églises ont été détruites, des chrétiens emprisonnés et une centaine d’enfants ont été enlevés. Les garçons sont enlevés à leurs parents chrétiens pour qu’ils soient élevés dans la foi musulmane. Les filles de familles chrétiennes sont kidnappées en vue de les marier à des musulmans et de les obliger à adopter l’islam.

Plus d’infos sur le pays :

Au Nigéria et dans l’Etat du Plateau en particulier, la persécution est un phénomène complexe aux dimensions historique, politique et économique non négligeables. D’après l’interprétation de l’islam en vigueur au Nigéria, les non-musulmans sont inférieurs aux musulmans. Ainsi les tribus musulmanes Hausa et Fulani considèrent comme des citoyens de seconde zone tous les non-musulmans qui se trouvaient sur les territoires qu’ils ont conquis pendant la guerre sainte (jihad) qu’ils ont menée au 19ème siècle. Par cette guerre, le califat de Sokoto voulait obtenir un maximum d’esclaves pour pouvoir se développer économiquement. Parmi les peuples conquis il y avait beaucoup de chrétiens, convertis grâce à la présence de missionnaires dans la région.

Pendant la colonisation britannique aux 19ème et 20ème siècles, l’esclavage a été aboli mais les britanniques ont utilisé les structures de gouvernement mises en place par les musulmans pour gouverner ce qui était à l’époque le protectorat du Nigéria du Nord (en fait, ils ont juste fait signer des traités d’allégeance aux tribus musulmanes locales). Ces structures de gouvernement se sont plus ou moins maintenues jusque dans les années 1990.

La guerre civile, qui a duré de 1967 à 1970 et qui a abouti à la création de 36 Etats, a ébranlé le pouvoir des musulmans dans le Nord du Nigéria. En conséquence, pour protéger leur identité et leur mainmise sur la région, les musulmans ont décidé, depuis 1999 d’instaurer petit à petit la charia dans les 19 Etats du Nord du pays. C’est déjà le cas dans 12 Etats. Dans les 7 Etats restants, ce sont les chrétiens qui sont majoritaires. C’est le cas dans l’Etat du Plateau, où de fréquents heurts entre chrétiens et musulmans ont lieu. Les musulmans, sous prétexte de protéger leurs intérêts locaux, cherchent, en fait, à faire avancer leur conquête des Etats du Nord. Les chrétiens sont accusés d’avoir recours à la violence contre les musulmans. Pour s’en défendre, les chrétiens rappellent que lors des 7 crises qui ont secoué l’Etat depuis 1994, ce sont les musulmans qui ont été à l’origine des atrocités et qu’eux n’ont fait que se défendre. L’Etat du Plateau n’est pas le seul à être le théâtre de conflits motivés par le pouvoir et la défense des privilèges, car le pays est composé de nombreuses ethnies.

Le Koweït (Position 28)

Le pays passe de la 31ème à la 28ème position sur l’Index mondial de persécution.

La situation au Koweït s’est également détériorée. Nous avons enregistré le cas d’un chrétien d’origine musulmane qui a fui le pays à cause de sa foi et d’un autre arrêté sur de fausses accusations. Nous avons reçu davantage d’informations sur la situation dans les écoles. Le gouvernement impose que l’islam soit enseigné dans les écoles, qu’elles soient publiques ou privées. En revanche, enseigner le christianisme est interdit et ce, même pour les personnes officiellement reconnues comme étant chrétiennes.

La Turquie (Position 30)

Le pays passe de la 35ème à la 30ème position sur l’Index mondial de persécution.

L’année dernière, des chrétiens ont été arrêtés et physiquement maltraités. Deux hommes ont été condamnés à 7 mois de prison pour avoir recueilli les noms de personnes intéressées par le christianisme. S’ils voulaient éviter la prison, il leur fallait s’acquitter d’une amende de 2500 euros.

Plus d’infos sur le pays :

Bien que la Turquie soit officiellement un Etat laïque, certaines lois discriminantes envers les chrétiens sont appliquées. La Turquie ne reconnaît officiellement qu’un petit nombre de groupes religieux et persécute les autres.

Quatre minorités religieuses seulement sont reconnues en Turquie: l’Ecole de pensée Hanafi de l’islam sunnite, l’Eglise orthodoxe grecque, l’Eglise apostolique arménienne et le judaïsme.

Les orthodoxes syriens ne sont pas reconnus comme minorité religieuse mais ils ont la permission d’avoir des églises. Les chrétiens protestants ne peuvent se réunir que s’ils ont reçu officiellement le statut d’association. Dans certaines régions, on recommande aux chrétiens de ne pas se réunir chez des particuliers, de peur de représailles de la part des islamistes. Il y a encore de nombreux problèmes, notamment en ce qui concerne les biens détenus par les églises et l’image déplorable que les médias donnent des chrétiens.

Le Maroc (Position 31)

La situation au Maroc s’est fortement détériorée l’année dernière.

Après avoir été pendant longtemps assez tolérantes sur le plan religieux, les autorités ont commencé à surveiller, menacer et discriminer les groupes de chrétiens. A deux reprises, la police est intervenue alors que des chrétiens s’étaient réunis. Les chrétiens locaux ont été arrêtés et les chrétiens étrangers présents ont été accusés de prosélytisme et chassés du pays. Au cours des 6 premiers mois de l’année 2010, plus de 150 expatriés chrétiens ont été expulsés pour prosélytisme, parmi eux des prêtres catholiques égyptiens et deux femmes mariées à des chrétiens marocains et mères de famille. Les églises de maison ont interrompu leur activité pour ne pas mettre leurs membres en danger. Certains craignent qu’une fois tous les chrétiens étrangers partis, les autorités s’en prennent systématiquement aux églises locales. Une campagne à l’échelle du pays, orchestrée par les islamistes, diffame les chrétiens, les accusant de prosélytisme et de donner de l’argent aux musulmans pour qu’ils se convertissent. 7000 responsables religieux musulmans ont signé un document dans lequel ils accusent les chrétiens de « viol moral » et de « terrorisme religieux ».

Le ministère de la justice a dressé un sombre tableau des chrétiens étrangers. En conséquence, les chrétiens marocains subissent encore davantage de pression de la part de leur famille et de discrimination de la part de la société. Ils subissent des interrogatoires, sont intimidés, arrêtés, maltraités par la police afin de leur soutirer des preuves qui justifieraient l’expulsion des expatriés chrétiens. Les responsables d’églises sont également surveillés par la police et les chrétiens sont soumis à de fortes pressions.

Ce durcissement à l’encontre des chrétiens est directement lié à une véritable remise en question de l’identité religieuse marocaine qui à eu lieu à la suite des attentats perpétrés en 2003 par des kamikazes islamistes. Afin de prévenir tout ce qui pourrait mettre en danger l’islam modéré prôné par l’Etat, les autorités ont décidé de contrôler étroitement tous les groupes religieux. Ainsi, les groupes liés à Al-Qaïda, les salafistes, les chiites mais également les chrétiens évangéliques ont vu leurs activités surveillées de près, limitées, voire même interdites. De plus, le Maroc a été la cible de critiques de la part d’autres pays musulmans qui l’ont qualifié de « Bangkok du monde arabe » en raison du tourisme sexuel qui s’y développe et de la multiplication du nombre de propriétés luxueuses détenues par des occidentaux.

Plus d’infos sur le pays :

La loi marocaine autorise l’expulsion de tout étranger considéré comme « une menace à l’ordre public » et ce, sans jugement. Il existe cependant des exceptions pour les étrangers qui répondent à certains critères de résidence. De même, un étranger peut demander l’annulation de son expulsion dans les 48 heures suivant la réception de l’avis d’expulsion.

Le fait de se convertir à une autre religion de son plein gré n’est pas punissable par la loi marocaine, cependant ceux qui adoptent la foi chrétienne sont traités comme des criminels par la police. Les chrétiens étrangers qui ont été expulsés reconnaissent avoir été témoins de la conversion de certains musulmans, mais ils rejettent l’accusation de prosélytisme (considéré comme une menace à l’ordre public). Ceux qui répondaient aux critères de résidence, qui auraient dû éviter l’expulsion, ont le sentiment que leurs droits ont été violés. Aucun des étrangers expulsés n’a eu le droit de demander l’annulation de son avis d’expulsion devant un tribunal. Les chrétiens du Maroc se préparent à vivre leur foi dans un environnement plus hostile que dans le passé.

La Tunisie (Position 37)

Le pays passe de la 43ème à la 37ème position sur l’Index mondial de persécution.

Cette remontée dans le classement s’explique par deux raisons principales. D’une part, la situation des chrétiens s’est vraiment détériorée au cours de l’année dernière. D’autre part, nous avons davantage d’informations quant aux persécutions que subissent les chrétiens tunisiens. L’attitude du gouvernement à l’égard des chrétiens s’est durcie. Les chrétiens étrangers font souvent l’objet d’inspections et ils pensent que leur téléphone est placé sur écoute. Les pasteurs des églises destinées aux chrétiens expatriés sont étroitement surveillés. L’importation de littérature chrétienne, notamment en arabe, est systématiquement entravée par des tracasseries administratives. On refuse aux églises tunisiennes toute reconnaissance officielle et si l’on apprend qu’un musulman s’est converti au christianisme, celui-ci est interrogé et passé à tabac. Certains chrétiens ont été condamnés à des peines de prison, arrêtés, menacés à cause de leur foi. Ils subissent également de fortes pressions pour revenir à l’islam. Certaines maisons de chrétiens ont été cambriolées, les malfaiteurs recherchant des preuves de leur conversion.

Plus d’infos sur le pays :

Même si la Constitution tunisienne garantit la liberté religieuse et s’ il n’est pas interdit de se convertir à une autre religion que l’islam, aucun fonctionnaire, à quelque niveau que ce soit, ne fait respecter ce droit. Depuis l’indépendance de la Tunisie en 1956, aucune nouvelle église n’a obtenu l’autorisation officielle de fonctionner.

La Syrie (Position 38)

Le pays passe de la 41ème à la 38ème position sur l’Index mondial de persécution.

Pendant longtemps la Syrie a été considérée comme l’un des pays les plus tolérants du Moyen-Orient sur le plan religieux. Les Eglises chrétiennes traditionnelles bénéficiaient d’une grande liberté dans ce pays à régime dictatorial, tant que leurs activités étaient discrètes. Mais quand, en 2010, des églises et des groupes religieux ont commencé à annoncer leur croyance, au moins 6 bâtiments dans lesquels des chrétiens se réunissaient ont été fermés, la plupart pendant le troisième trimestre de 2010. Plusieurs chrétiens ont été arrêtés ou ont subi des interrogatoires à cause de leurs activités. Des chrétiens étrangers qui travaillaient dans des églises protestantes ont dû quitter le pays car leur visa n’a pas été renouvelé. Durant l’été 2010, des conférences et des camps chrétiens ont dû être annulés.

Plus d’infos sur le pays :

La Syrie a accueilli un grand nombre de réfugiés irakiens et parmi eux, des dizaines de milliers de chrétiens. Des centaines d’entre eux sont encore victimes de violences à cause de leur foi. On compte 1 750 000 chrétiens en Syrie la plupart sont membres de l’Eglise orthodoxe, de l’Eglise catholique ou de groupes apostoliques. On estime également à environ 10 000 le nombre de chrétiens de dénomination protestante.

Le Kirghizistan (Position 46)

Le pays passe de la 49ème à la 46ème position dans l’Index mondial de persécution.

La situation dans ce pays n’a guère évolué au cours de l’année dernière. Cependant, les habitants s’opposent davantage aux chrétiens que par le passé, particulièrement dans les villages. En 2009, la loi sur les religions a été amendée et des restrictions assez sévères ont été ajoutées quant à la possession de littérature chrétienne.

Les pays qui sont descendus dans le classement

En Mauritanie, en Chine, aux Comores, en Libye, en Birmanie, en Inde, au Nord Soudan, à Djibouti, à Cuba et au Sri-Lanka, la situation s’est améliorée ou ne s’est pas dégradée.

La Mauritanie (Position 13)

Le pays passe de la 8ème à la 13ème position sur l’Index de persécution 2010.

Pour les chrétiens mauritaniens, la situation s’est améliorée l’année dernière. Il n’y a pas eu d’arrestation en masse, ni de maltraitance physique à grande échelle à l’encontre de chrétiens.

Cependant, dans le nord du pays, une femme de 25 ans a été cruellement battue et brûlée par son père et ses frères quand ils ont découvert sa conversion au christianisme. Elle est décédée à l’hôpital, des suites de ses blessures.

Une vingtaine d’autres chrétiens, certains avec des enfants en bas âge, ont reçu des menaces de mort à cause de leur foi et presque tous ont dû fuir leur maison de peur de subir le même traitement que celui infligé à cette jeune femme.

Plus d’infos sur le pays :

L’influence d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique augmente en Mauritanie. Ce groupe est de plus en plus soutenu par la population et en profite pour surveiller étroitement les chrétiens. Le gouvernement mauritanien travaille en collaboration avec la France et l’Algérie afin d’éradiquer les bastions d’Al-Qaïda présents sur son territoire et d’éviter qu’une guerre sainte ne déchire le pays.

La Chine (Position 16)

Le pays passe de la 13ème à la 16ème place sur l’Index mondial de persécution.

Certains signes laissent à penser que le gouvernement tolère davantage les chrétiens que par le passé même si des cas de persécution ont tout de même été enregistrés. Les groupes religieux ont l’autorisation, en tant qu’église, d’être plus actifs dans le domaine social à condition de ne pas compromettre l’harmonie et la stabilité de la société. Fin 2009, certains chrétiens ont fait de longs séjours en prison à cause de leur foi mais ce genre de cas a bien diminué en 2010. De même, par le passé, les maisons de chrétiens et leurs lieux de réunion étaient souvent attaqués, ce qui a été moins fréquent en 2010. La situation n’est cependant pas la même dans toutes les parties de la Chine. Si les chrétiens n’organisent pas de manifestations publiques de grande ampleur ou si aucun incident sensible les concernant ne se produit, le gouvernement ne s’en prend plus systématiquement à eux comme auparavant.

Les Comores (Position 21)

Le pays passe de la 16ème à la 21ème position sur l’Index mondial de persécution.

L’Union des Comores, à majorité musulmane, se divise en 3 îles : la Grande Comore, Anjouan et Moheli. Nous avons remarqué que la surveillance dont les chrétiens font l’objet est plus ou moins étroite dans chacune des 3 îles. Dans certaines îles, les chrétiens ont beaucoup plus de liberté que dans d’autres. Cependant, en mai 2009, un référendum visant à amender la Constitution a établi l’islam comme religion d’Etat. Même si l’attitude du gouvernement et de la société à l’égard des chrétiens n’a pas changé, le statut officiel des non-musulmans a, lui, été modifié par ce vote. Une fois que cet amendement sera appliqué, la situation des chrétiens s’en trouvera affectée d’une manière qui pourrait être négative.

La Libye (Position 25)

Le pays passe de la 22ème à la 25ème place du classement de l’Index mondial de persécution.

Nous avons enregistré moins de persécution l’année dernière, mais les chrétiens libyens vivent leur foi en secret, prisonniers d’une culture de l’autocensure. Chaque Libyen se sait épié par les forces de sécurité et les services de renseignements. En 2010, un chrétien libyen a été arrêté et a subi des pressions pour retourner à l’islam. Un autre a été chassé du pays à cause de sa foi.

Plus d’infos sur le pays :

La Constitution libyenne ne parle pas de liberté religieuse mais la Grande Charte Verte des Droits de l’Homme de Khadafi, elle, la mentionne. Si un musulman se convertit et qu’il est violenté ou arrêté par la police, il n’a aucun moyen légal de faire respecter son droit à la liberté religieuse. La Libye est majoritairement musulmane. La petite communauté chrétienne est essentiellement composée d’expatriés chrétiens originaires d’Afrique sub-Saharienne, d’Egypte et des Philippines. Il y a également des expatriés occidentaux et les quelques chrétiens libyens que l’on trouve dans le pays sont tous d’origine musulmane.

La Birmanie (Position 27)

Le pays passe de la 23ème à la 27ème position au classement sur l’Index de persécution.

Entre novembre 2009 et octobre 2010, nous n’avons enregistré aucun cas de chrétiens emprisonnés ou harcelés pour leur foi, même si la situation générale des chrétiens en Birmanie a peu évolué.

L’Inde (Position 32)

L’Inde passe de la 26ème à la 32ème place du classement sur l’Index mondial de la persécution.

L’année dernière, moins de chrétiens ont été assassinés. On en a comptabilisé 9. Par ailleurs, si dans certains Etats, comme le Karnataka et le Madhya Pradesh, les chrétiens sont pris pour cible par les hindouistes, ils bénéficient de la liberté de religion dans le Nagaland ou le Meghalaya, là où ils sont majoritaires. Un autre facteur explique le fait que la position de l’Inde a baissé dans le classement : la forte dégradation de la situation des chrétiens dans des pays comme le Nigéria, la Turquie et le Maroc, qui sont passés devant l’Inde en terme d’intensité de la persécution antichrétienne en 2010.

Le Nord Soudan (Position 35)

Le Nord Soudan passe de la 30ème à la 35ème position dans le classement de l’Index mondial de persécution. En novembre 2010, l’archevêque catholique de Khartoum, capitale du Nord Soudan, a été victime d’une tentative d’assassinat. Deux chrétiens  d’origine musulmane ont été emprisonnés. A Khartoum, les membres d’une église presbytérienne ont été chassés de leur bâtiment avec l’aide de la police afin de permettre à un homme d’affaires musulman d’occuper les lieux. Mais on peut quand même considérer qu’en 2010, la situation des chrétiens s’est un peu améliorée dans la région avec moins de cas de persécution enregistrés.

Plus d’infos sur le pays :

Le Nord Soudan est en majorité musulman et a adopté la charia, tandis que le Sud Soudan est en majorité chrétien et animiste. En 2005, suite à une guerre civile, un Accord de Paix Global ( APG) a été conclu entre le Nord, dirigé par les fondamentalistes du Parti National du Congrès (PNC) et le Sud gouverné par le Mouvement de Libération du Peuple du Sud Soudan (SPLM). En 2010, la question du référendum sur l’indépendance du Sud (prévu le 9 janvier 2011), a pesé sur les chrétiens du Nord. Ils craignent d’être chassés si le Sud demandait son indépendance.

Djibouti (Position 39)

Djibouti passe de la 36ème à la 39ème position dans le classement de l’Index mondial de persécution.

Même si la société se montre de plus en plus agressive, aucun incident n’a été enregistré entre novembre 2009 et octobre 2010. C’est pourquoi le pays est descendu dans le classement.

Plus d’infos sur le pays :

La république de Djibouti est majoritairement musulmane avec une petite communauté chrétienne, composée principalement d’expatriés. Il existe un petit groupe de chrétiens djiboutiens d’origine musulmane, qui sont persécutés par leur famille et par la société. En général, le gouvernement traite les non-musulmans avec tolérance et respect.

Cuba (Position 41)

Le pays passe de la 38ème à la 41ème position dans le classement de l’Index mondial de persécution.

Le cas de Cuba est particulier. D’un côté la situation des chrétiens dans l’île s’est dégradée, mais de l’autre, le pays a quand même baissé dans le classement. Cela est dû à des facteurs externes, à savoir aux évolutions dans les autres pays. En ce qui concerne Cuba, il a perdu des places parce que la Tunisie et la Syrie en ont gagné. D’autres pays ont vu leur classement modifié à cause de ce jeu de chaises musicales. C’est le cas de l’Arabie Saoudite, de la Somalie, des Maldives (qui a bénéficié de la montée de l’Afghanistan dans le classement), de l’Erythrée (qui a bénéficié de la montée du Pakistan dans le classement) du Koweït et des Emirats Arabes Unis (qui ont bénéficié de la montée de la Turquie et du Maroc dans le classement).

Sri Lanka (Position 49)

Le pays passe de la 40ème à la 49ème place dans le classement de l’Index mondial de persécution.

Beaucoup moins de faits de persécution ont été enregistrés en 2010. Aucun chrétien n’a été tué, condamné ou emprisonné pour sa foi. Seule une poignée de chrétiens ont été maltraités physiquement et très peu d’églises ont été attaquées. Le Sri Lanka continue à bénéficier de la fin du conflit avec les Tigres Tamoul. Les chrétiens ne sont plus pris en otage entre, d’un côté, le gouvernement sinhalese et de l’autre les rebelles tamouls. Il semble également que la pression exercée par le clergé bouddhiste local et les villageois sur les chrétiens ait diminué.

Les pays qui entrent dans le classement

La Malaisie et la Russie (Position 50 ex-æquo)

La Malaisie

En janvier 2010, neuf églises ont été vandalisées ou détruites, ce qui ne s’était jamais produit auparavant dans le pays. Heureusement, personne n’a été blessé. Ces attaques font suite à un procès : En 2009, le gouvernement et le journal catholique « The Herald » se sont affrontés à propos de l’utilisation du mot « Allah » (Dieu en langue arabe) par les chrétiens, alors que pendant des siècles, les chrétiens ont utilisé ce mot pour désigner Dieu. Le 31 décembre 2009, la cour suprême malaise a finalement statué que les chrétiens avaient le droit de continuer à utiliser ce mot. Les chrétiens s’en sont réjouis, les musulmans étaient furieux et le gouvernement a immédiatement fait appel du verdict. La situation reste tendue même si aucun autre cas d’attaque d’église ou d’agression de chrétiens n’a été enregistré.

Plus d’infos sur le pays :

La Malaisie a toujours été un pays divisé entre l’Ouest, profondément islamique, dont plusieurs Etats sont régis par la charia, et l’Est (comme l’île de Bornéo) où l’on trouve des animistes et des chrétiens. Officiellement aucune religion n’est prépondérante, mais la réalité montre le contraire. En malais, il existe une longue liste de mots qui ne peuvent être utilisés par aucune une autre religion que l’islam. Il est quasiment impossible pour un musulman d’adopter une autre religion. Le régime et la population ont toujours pensé qu’un vrai Malais doit être musulman. Il est interdit de parler de la foi chrétienne à un Malais et construire des églises est quasiment impossible. Lentement, le pays semble évoluer vers plus d’uniformité. Son ancienne diversité s’estompe. La législation laïque du pays est de plus en plus soumise aux lois islamiques. Les tribunaux laïques renvoient les affaires qui relèvent de la religion aux tribunaux islamiques. L’islam progresse, surtout dans l’Est du pays.

La Russie

L’intensité de la persécution varie selon les régions. La situation est plus grave dans le centre et le sud de la Russie alors que la Sibérie et l’extrême orient russe sont plus tolérants.

Plusieurs cas de persécutions sérieux ont été enregistrés en 2010 :

Dix chrétiens ont été arrêtés et trois responsables d’églises ont été tués à cause de leur foi. La plupart du temps, les protestants sont plus inquiétés que les orthodoxes, mais parmi les trois personnes assassinées il y avait un prêtre orthodoxe de Moscou. Les deux autres étaient un pasteur baptiste de Saint-Petersbourg et un pasteur pentecôtiste de Makhachkala au Daguestan. Ils ont été assassinés car ils étaient « trop impliqués » auprès des chrétiens d’origine musulmane.

Plusieurs chrétiens ont vu leur maison « caillassée » et des bâtiments d’églises ont été couverts de graffitis.

Plus d’infos sur le pays :

La Russie n’est pas vraiment une nouvelle venue dans le monde de la persécution.

L’URSS persécutait les chrétiens en Russie et en Europe de l’Est. Cependant l’URSS n’existe plus et il peut être surprenant de voir la Fédération de Russie partager la 50ème place du classement de l’Index de persécution 2011 avec la Malaisie. La législation russe définit les principes de base de la liberté de religion et de conviction, mais les différentes confessions présentes sur le sol russe ne sont pas à égalité devant le droit.

Dans la loi de 1997 sur la liberté de conscience, seules 4 religions « traditionnelles » sont reconnues en Russie, à savoir l’orthodoxie orientale, l’islam, le bouddhisme et le judaïsme. Les fonctionnaires d’Etat soutiennent officiellement l’Eglise orthodoxe au détriment des autres religions.

Les chrétiens sont persécutés par l’Etat et le FSB (services de renseignements) d’une part et par les musulmans (surtout au Daguestan) d’autre part. Beaucoup de nouveaux chrétiens doivent vivre leur foi discrètement et se réunir en petits groupes chez des particuliers.

Il quitte le classement

Le Kenya (nord-est)

Le Kenya, classé 50ème l’année dernière, ne figure plus dans l’Index de persécution 2011.

En 2010, seuls quelques rares faits de persécution ont été enregistrés. Dans la ville de Moyale, des musulmans ont attaqué, blessé et menacé les chrétiens locaux qui appartenaient tous à la même église.

Plus d’infos sur le pays :

Le Kenya est chrétien à 80% mais les chrétiens sont discriminés et persécutés dans les zones où ils sont minoritaires. C’est notamment le cas dans la Province Nord-Orientale où vivent les musulmans Somalis ; d’autres Somalis ainsi que des Boranas occupent la partie supérieure de la Province Orientale, alors que les swahili, descendants des Bantus et des Arabes se sont installés dans la partie Est de la Province de la Côte.

Trois faits majeurs détermineront l’avenir des relations entre musulmans et chrétiens.

En 2010, une nouvelle Constitution a été adoptée qui stipule que la juridiction des tribunaux

islamiques est à présent étendue à tout le pays et qu’ils ont encore plus de compétences qu’avant.

Les églises étaient contre le projet, ce qui a été mal vu par le gouvernement.

Au Kenya, selon le recensement de 2009, le nombre de musulmans est estimé à 3,39 millions. Cette augmentation a des répercussions sur l’économie locale car le marché s’adapte aux besoins des musulmans. Le nombre de musulmans a également augmenté du fait de l’arrivée de 2,4 millions de réfugiés somaliens. Ils se sont installés dans le nord et l’est du pays ainsi qu’à Eastleigh, une banlieue de Nairobi.

L’islam est de plus en plus enseigné et les Somaliens musulmans qui se convertissent au christianisme, ainsi que les Kenyans qui quittent l’islam sont menacés de mort.

Glossaire Index mondial de persécution 2011

L’index mondial de persécution 2011, publié par Portes Ouvertes regroupe des termes religieux

spécifiques. Ce glossaire en regroupe quelques-uns.

Eglises de maison ou groupe de maison : Eglises non officielles qui sont constituées de petits groupes de fidèles se réunissant chez les uns ou les autres

Charia : loi islamique

Apostasie : le fait de changer de religion

Apostats : ceux qui ont quitté leur religion d’origine

Salafisme : doctrine fondamentaliste de l’islam sunnite

Voir enfin :

 

A Jihad In Tunisia

Robert Spencer

Human events

01/18/2011

When Tunisian President Zine El Abidine Ben Ali was toppled from power and fled to Saudi Arabia on Friday, The Washington Post’s Jennifer Rubin hailed this « Jasmine Revolution » as a « remarkable event: a popular, secular revolt in a Muslim country » that « poses an opportunity and a risk for the U.S. » Mona Eltahawy, also writing in the Post, explained that « a 29-day popular uprising against unemployment, police brutality and the regime’s corruption » brought down Ben Ali. But there are numerous indications that there were other sources of dissatisfaction in Tunisia with Ben Ali — including the relatively secular character of the government. Pro-Sharia Islamic supremacist forces are poised to take advantage.

The popular perception is that Ben Ali was brought down by the will of the people. The French government declared that Tunisians, by toppling Ben Ali, had « expressed their democratic will. » German Chancellor Angela Merkel expressed her support for « real democracy » in the North African nation, adding in a message to officials of the new Tunisian government: « I appeal to you to use this deep break in Tunisia’s history as a new departure. »

A factory worker in Carthage had similar high hopes: « This is like the French Revolution, » he said enthusiastically. « It’s the end of an era. I’m hoping there is real change. We can’t continue like this. » Political analyst Ahmed Lashin declared: « The Arabs have been repressed for too long. They are eager for change and are on the verge of explosion. »

But what kind of change? What kind of Reign of Terror might come in the wake of this new French Revolution? Rached Ghannouchi, the London-based leader of the banned Tunisian pro-Sharia party, the Tunisian Renaissance Party (Hizb al-Nahdah), was quick to dub the Tunisian uprising an « intifada » and to claim it as a victory for Islam. « The Tunisian intifada, » he exulted, « has succeeded in collapsing the dictatorship. »

Pro-Sharia MPs in Kuwait applauded « the courage of the Tunisian people, » and Abdelmalek Deroukdal, a leader of al Qaeda in the Islamic Maghreb, hailed the revolution as a jihad and expressed solidarity with the Tunisians. In Gaza, the jihadist groups Hamas and Islamic Jihad were both thrilled at events in Tunisia. Hamas spokesman Sami Abu Zuhri hailed the victory for democracy, and Gaza Foreign Minister Fathi Hammad emphasized that « we are with the Tunisians in choosing their leaders, no matter what sacrifices it takes. »

Islamic Jihad praised the Tunisian people for liberating themselves « through blood, sacrifices and the expression of free will, » adding ominously that the toppling of Ben Ali was « a message to Arab and Islamic countries to pay attention to the aspirations of their people that are rejecting hegemony and tyranny before it is too late. »

Islamic Jihad held a rally in Gaza City, featuring hundreds of jihadists waving Tunisian flags festooned with the words « Revenge against tyranny. » Islamic Jihad spokesman Dawud Shehab sounded a drearily familiar note in accusing the Ben Ali regime of maintaining « suspicious ties » with Israel.

Meanwhile, a PLO faction warned Tunisians about « waves of political Islam » that could follow Ben Ali’s toppling, and urged them to « cut the road to political Islam and its misleading slogans to avoid a repeat of the Gaza Strip experience in Tunisia » — referring to the seizure of power in Gaza by the Islamic supremacists of Hamas.

The great unacknowledged truth about Tunisia and the rest of the Islamic world is that Islamic jihadists and pro-Sharia forces, far from being the « tiny minority of extremists » of media myth, actually enjoy broad popular support. Any genuine democratic uprising is likely to install them in power. That’s why jihadists are hailing events in Tunisia, and why all lovers of freedom should view those events with extreme reserve — for a Sharia government in Tunisia is unlikely to be any kind of friend to the United States, and if the « Jasmine Revolution » does indeed spread and other Arab and Muslim dictators are toppled, an already hostile anti-American environment could become much, much worse.

The events in Tunisia also show yet again the crying need for realistic analysis in Washington of the jihad threat, rather than the fantasy-based analysis that prevails there now. But that is even less likely than the flowering of a pluralistic, secular democracy in Tunisia.

Mr. Spencer is director of Jihad Watch and author of The Politically Incorrect Guide to Islam (and the Crusades), The Truth About Muhammad (both from Regnery—a Human Events sister company) and most recently coauthor of Pamela Geller’s The Post-American Presidency (Simon & Schuster).

Voir également:

Le nombre des chrétiens diminuent dans les territoires palestiniens

17 janvier 2011

Les chrétiens disent que leur nombre diminuant transforme leurs églises de lieux de culte en musées. Aujourd’hui il n’y a que 50.000 chrétiens en Cisjordanie et 1.000 dans la bande de Gaza, soit 2.2 % de la population globale de l’Autorité Palestinienne (AP). Les chrétiens quittent peu à peu les lieux d’héritage traditionnel pour des raisons de sécurité et des soucis économiques.

35% de la population en Cisjordanie a émigré entre 1967 et 1992 (dont 45% aux Etats–Unis), selon une étude réalisé en 1992 par Berbard Sabella de l’Université de Bethlehem. Les espoirs d’un accord de paix éventuel avec les accords d’Oslo en 1993 a ralenti cette tendance d’immigration massive, avant de reprendre en 1997.

L’Autorité Palestinienne n’a pas une constitution ratifiée mais leur Charte Nationale établie l’Islam comme religion officielle. Les principes de la charia sont les sources législatives principales, ” accordant une liberté de conscience et de religion”.

Cependant, L’Autorité Palestinienne est fortement critiqué de ne pas prendre les mesures nécessaires pour protéger les chrétiens habitant dans ses régions du harcèlement, de l’intimidation et des attaques.

Des nombreux chrétiens à Bethlehem et dans les villages avoisinants Beit Sahour et Beit Jalla se sont plaints à plusieurs reprises du fait que des musulmans s’emparent de leurs terres, en utilisant la force ou des documents falsifiés. Durant la 2ème Intifada de 2000, le village de Beit Jalla a servi de base pour des attaques contre le quartier juif de Gilo.

Il est bien connu que les chrétiens palestiniens n’osent pas signaler des cas de mauvais traitement aux autorités. L’incitation au terrorisme contre Israël et l’Occident chrétien fait grimper la tension entre cette minorité en déclin de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les organisations chrétiennes dans ces régions, telles que la Société Biblique Palestinienne ou la Young Mens Christian Organisation (YMCA), sont sujets à des menaces de la part des islamistes.

Chronologie des attaques récentes:

Mai 2009- Plus de 70 tombes chrétiennes profanées au village de Jiffra, près de Ramallah.

Mai 2008- Des agresseurs anonymes font exploser une bombe devant l’école chrétienne Zahwa Rosary School à Gaza.

Février 2008- Des incendiaires mettent le feu à une bibliothèque de la YMCA, brulant 10.000 livres.

Octobre 2007- Rami Khader Ayyad, chrétien éminent à Gaza, est enlevé et poignardé à mort après avoir reçu des menaces pendant des mois des musulmans locaux.

Juin 2007- Des extrémistes musulmans attaquent l’école chrétienne Zahwa Rosary School ainsi que l’église latine à Gaza.

Avril 2007- Centre de la Société Biblique Palestinienne bombardé.

Septembre 2006- Cinq églises incendiées et fusillées en Cisjordanie et à Gaza.

Février 2006- la Société Biblique Palestinienne est obligée de fermer temporairement leur centre et leur bibliothèque à Gaza suite à une menace à la bombe. Plus tard, deux bombe-tuyaux s’explosent, faisant des dégâts mais pas de blessés.

Septembre 2005- Des centaines des hommes musulmans incendient maisons et véhicules chrétiennes dans un village en Cisjordanie.

Voir enfin:

L’Autorité Palestinienne islamise les sites religieux juifs dans ses manuels scolaires

 David Koska

Israël infos

L’Autorité Palestinienne islamise les sites religieux juifs dans ses manuels scolaires

L’Autorité Palestinienne aurait renommé des sites historiques juifs dans des manuels scolaires, selon un rapport de l’Institut de Surveillance de la Paix et de la Tolérance Culturelle dans l’Éducation Scolaire paru mardi…

L’Institut a rédigé ce rapport à la suite de la décision de l’UNESCO de considérer le Tombeau de Rachel uniquement comme une mosquée.

D’après cette étude, les livres scolaires palestiniens utilisaient la dénomination ‘Tombeau de Rachel ‘ depuis 1995; après 2001 (et le déclenchement de l’Intifada), le site est devenu la « Mosquée de Bilal Ibn Rabah ». Rachel est donc devenue Bilal, personnage masculin de la tradition musulmane libéré de l’esclavage, et converti à l’Islam après avoir rencontré Mahomet.

Selon le directeur de l’Institut, l’éditeur palestinien explique ce changement par la volonté de « faire revivre l’héritage palestinien « .

One Response to Tunisie: Attention, une révolution peut en cacher une autre (Why are the world’s jihadists hailing the Tunisian intifada while Tripoli and Algiers go on red alert?)

  1. Thot Har Megiddo dit :

    Bilal Ibn Rabah fut l’esclave de Mahomet

    J'aime

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