Délinquance: Pas de trêve des confiseurs pour nos criminels (It’s the economy, stupid!)

« Les dirigeants gabonais ont utilisé les fonds détournés pour leur enrichissement personnel et, suivant les instructions de Bongo, ont remis une partie de l’argent à des partis politiques français, y compris en soutien au président Nicolas Sarkozy ».  L’argent aurait profité « aux deux camps, mais surtout à droite, en particulier à Chirac mais aussi Sarkozy ». « Bongo était le président africain préféré de la France », précise le fonctionnaire. L’Express
Le président de l’Observatoire de la délinquance, Alain Bauer, avance une explication: «Quand la police et la gendarmerie se spécialisent dans le traitement d’un problème, ils finissent toujours, selon lui, par obtenir des résultats.» Selon lui, les phénomènes de délinquance obéiraient à des cycles invariables, ascendants et descendants, un peu comme des cycles économiques. Le mécanisme est ainsi décrit: la police s’intéressant au problème, elle en révèle d’abord l’ampleur, d’où la phase d’augmentation. Puis en persévérant, elle finit par reprendre le dessus, enregistrant une baisse plus ou moins durable, jusqu’aux premiers relâchements… Le Figaro
 Avant, on était dans une situation de liberté totale. Maintenant, quand on entre dans un magasin, si les employés se rendent compte qu’on est des Roms, on est suivi partout dans les rayons où l’on va, jusqu’à la sortie du magasin. On ne peut plus rien voler. Elena B. (Rom de Rouen, 13.08.10)
Les policiers invoquent un véritable «effet iPhone ». Le Figaro
Les services de police parisiens ont mis à jour un véritable marché parallèle, principalement basé dans le XVIIIe arrondissement. Deux groupes d’une dizaines de personnes ont été interpellés récemment alors qu’ils revendaient des I Phone, a indiqué une source policière. « A la revente, ces portables, qui sont de véritables petits ordinateurs, peuvent se revendre jusqu’à 300 euros », a expliqué un enquêteur. En clair, le rapport risque-profit est de nature à susciter l’intérêt des délinquants. L’Expansion
Placée en garde à vue, elle a avoué qu’elle avait perdu son téléphone en août et que « le vendeur du magasin de téléphonie mobile lui avait conseillé ce stratagème ». Le Figaro
À en croire une estimation de la Préfecture, communiquée en septembre, près d’un tiers des plaintes pour vol de téléphone portable seraient en réalité mensongères et auraient pour finalité un remboursement par l’assurance après une banale perte. Le Figaro
En raison de la hausse brutale du prix du cuivre, l’entreprise n’a jamais eu autant de câbles dérobés. En juin dernier, les vols ont atteint un pic, avec 343 méfaits enregistrés, soit 11 par jour. Le dernier «record» remontait à août 2006 -année de l’explosion du phénomène- avec 323 actes de vandalisme recensés. Au cours des huit premiers mois de cette année, la SNCF a dénombré 2 121 attaques de lignes, soit quatre fois plus que l’an passé pendant la même période. Pour cette année noire, le montant du préjudice devrait atteindre des sommets: 30 millions d’euros, alors qu’en 2006 il était de 20 millions d’euros. Le Figaro
Les cours du cuivre comme ceux de l’acier et du plomb grimpent à nouveau en flèche. Du coup, les pillages de voies ferrées, de tombes ou de plaques d’égout progressent aussi. (…) Pas une semaine ne se passe sans que des plaques d’égout soient volées, des ornements de tombes subtilisés, des plaques de cuivre retirées des transformateurs de la SNCF, des tresses de métal arrachées le long des autoroutes. Le coût pour les entreprises et les collectivités sont exorbitants. Le Figaro
 «Au début, il s’agissait d’une délinquance itinérante, d’équipes qui écumaient le pays. Dorénavant, dans 50% des cas, il s’agit d’habitants sédentaires qui volent dans leur région», raconte Stéphane Ottavi. La part des étrangers impliqués dans ces vols a par ailleurs doublé, passant de 10% en 2009 à 20% aujourd’hui. On se passe donc le mot pour dire que la rapine est aussi facile qu’elle rapporte gros. Le Figaro
Dès les premières grandes vagues de vols en 2006, les entreprises se sont tout d’abord barricadées. Cadenas, vidéosurveillance, gardiennage… tout l’arsenal anti-voleurs est désormais en place. Sur les chantiers, la Fédération française du bâtiment (FFB) a, de son côté, encouragé les équipes à ne plus laisser traîner les monceaux de métal convoité. «Dans les préfectures, les personnes ont été désignées pour conseiller les entreprises à mieux protéger les sites en travaux», signale-t-on à la FFB. Conséquence de cette muraille de protection dressée contre les malfrats… aucune! Les voleurs cassent seulement davantage de verrous et il y a donc beaucoup plus de vols commis avec effraction. En 2009, on dénombrait 68% de vols simples contre 32% de vols avec effraction. 2010: on compte 36% de vols simples contre 64% de vols avec effraction! Le Figaro
Pour barrer la route aux voleurs, il faut de toute évidence empêcher la revente facile. «Une plus grande traçabilité de ces opérations s’impose», insiste Stéphane Ottavi. Or, à ce jour, et jusqu’à 3000 euros, ces transactions peuvent se faire en liquide. Toutefois, un texte prévoyant de limiter davantage l’usage des espèces a été voté en juillet dernier. Mais le décret qui doit en déterminer le nouveau seuil n’a toujours pas été publié. De son côté, le député UMP Philippe Goujon déposera le mois prochain un amendement pour plafonner cette fois le montant annuel des transactions en liquide. Mais pourquoi ne pas imposer le chèque ou la carte bancaire une bonne fois pour toutes? Pour Philippe Goujon, il faut protéger les personnes indigentes qui vendent du métal. Pour la Federec, une pareille restriction aurait comme effet d’assécher le commerce en France. «Il se ferait chez les pays voisins où la législation est beaucoup moins contraignante», met en garde Robert Lifchitz, l’un de ses responsables. Commerce et répression ne font pas toujours bon ménage. Le Figaro
C’est bien connu, on ne parle que des trains qui n’arrivent pas à l’heure. Mais on en ignore le plus souvent les raisons. Or l’une des causes principales, selon la SNCF, est liée au vol de câbles de cuivre le long de ses lignes. Ce véritable pillage en règle occasionne des retards à répétition. Les câbles sont déterrés puis arrachés. Aussitôt la signalisation s’en trouve perturbée et ce sont des milliers de passagers qui, sur le quai de gare, pestent contre ces trains qui se font désirer. Le Figaro
L’une des causes principales du retard des trains est liée à ces vols, qui perturbent durablement la signalisation. À titre d’exemple, les 130 mètres de câble détournés et les 50 kg de plaques de cuivre dérobés dans un transformateur en septembre dernier sur la ligne Lyon-Bourg-en-Bresse avaient eu les conséquences suivantes: 76 retards de trains et deux jours de circulation perturbée. Le Figaro

Portables, ipods, chargements de cosmétiques, parfums, caviar, maroquinerie, champagnes et produits de haute technologie, or et bijoux, plaques d’égout, ornements de tombes, plaques de cuivre des transformateurs de la SNCF, tresses de métal le long des autoroutes …

Où l’on (re)découvre derrière les ripailles de ces fêtes de fin d’année ….

Pendant que nos pirates de Wall street  ou de Wikileaks comme nos Chirac ou leurs successeurs continuent eux leurs razzias financières ou informationnelles …

Ou que, des chasseurs russes aux TGV japonais et logiciels ou portables américains, nos amis chinois pillent, eux, les idées des autres …

Que les voleurs plus près de chez nous ne chôment pas eux non plus …

Et, outre les 10 000 euros de cocaïne à fournir mensuellement à nos Delarue,  suivent aussi apparemment de véritables cycles selon les opportunités économiques du moment (la faute à Steve Jobs et ses ipods !) ou les cours des matières premières ou métaux y compris précieux…

Où l’on (re)découvre aussi de véritables marchés parallèles de revente (officines de rachat d’or comprise ) qui entretiennent les trafics et les abus des fraudes à l’assurance (parfois suggérées ou encouragées, suite à de banales pertes, par les vendeurs eux-mêmes !) …

Mais surtout derrière  la valeur probablement très approximative de chiffres qui mesurent aussi l’activité de la police, la volonté des victimes à porter plainte ou les bizarreries statistiques (« les escroqueries à la carte bancaire commises via Internet -qui n’ont cessé de se développer- ne sont plus comptabilisées en plaintes ») …

Et, outre l’ingéniosité toujours plus grande des délinquants (contrefaçons, fausses sociétés de transport), les effets souvent inattendus des contre-mesures de sécurité  (les mesures de blocage automatique, marquage ou traçabilité, comme pour les véhicules, pouvant induire le recours à une violence plus grande à la carjacking) ….

 Les vulnérabilités toujours plus grandes, face à ce pillage en règle, des sociétés riches et ouvertes (frontière ouvertes, s’il vous plait et pas de caméras de surveillance dans les rues ni de charters de clandestins ! – ah ! ces « gens du voyage » dont il faut  protéger le précieux et millénaire  mode de vie!) et solidaires (on ne peut mettre un gendarme partout mais pas de paiement en chèque pour protéger les personnes indigentes qui vendent du métal ?)…

Avec bien sûr, des fouilles interminables aux violences physiques mais aussi aux retards des transports incessants, toutes les conséquences en chaine sur chacun de nous …

Les bandits font leurs courses à la veille du réveillon du 31

Christophe Cornevin

Le Figaro

28/12/2010

Des gangs font main basse sur des chargements de cosmétiques, de caviar ou de maroquinerie. 

Parfums dérobés, caviar trafiqué, champagnes et produits de haute technologie braqués… À l’approche des fêtes de fin d’année, de redoutables gangs criminels redoublent d’activité pour prendre d’assaut les marchandises de luxe qui circulent à flux tendu sur le territoire. Ignorant la trêve des confiseurs, ils font main basse sur les entrepôts et les transporteurs qui viennent achalander les rayons des commerces plutôt haut de gamme. L’année dernière, pas moins de 1.600 vols de frets ont été recensés sur l’ensemble du territoire, pour un montant global estimé à 31 millions d’euros. Selon un dernier bilan de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI), l’année 2010 pourrait franchir un nouveau palier.

Le 14 décembre dernier, un poids lourd venant de s’approvisionner dans les entrepôts d’une célèbre marque de parfumerie et de maroquinerie à Verneuil-en-Halatte (Oise) était arraisonné en rase campagne par une bande très déterminée. Après avoir barré la route, les malfaiteurs ont «saucissonné» le chauffeur, raflé la précieuse cargaison et incendié le véhicule en Seine-et-Marne pour effacer toute trace susceptible de les identifier. «Ces équipes, très professionnelles, agissent souvent selon un même mode opératoire, reconnaît le colonel Stéphane Ottavi, patron de l’OCLDI. Gantés, cagoulés, équipés d’armes à feu, ces pilleurs de la route bloquent le trajet du camion ciblé avec un 19 tonnes et passent à l’action en arborant des brassards estampillés “police”…»

L’appui du GIGN 

Les régions les plus touchées par ce fléau sont traditionnellement la Champagne-Ardenne, l’Ile-de-France, la Picardie et, dans une moindre mesure, le couloir rhodanien ou encore le Roussillon. Dans sept cas sur dix, les bandes dévalisent les camions en découpant les bâches au cutter sur les aires d’autoroutes ou sectionnent à la pince les verrous des portières arrière avant de se servir et de revendre la marchandise dans la journée même vers la Roumanie, la Moldavie et les États baltes.

Parfois, ces pirates sont tellement dangereux que les enquêteurs demandent l’appui du GIGN. Ainsi, le 4 novembre dernier, une cinquantaine de supergendarmes et une trentaine d’enquêteurs ont été mobilisés dans la région d’Orléans pour neutraliser un gang multipliant les vols de fret depuis des mois dans le Loiret, les Yvelines et la Sarthe. Au moment de leur interpellation en flagrant délit, une demi-douzaine d’hommes communiquant entre eux à l’aide de talkies-walkies et armés de fusils à pompe s’apprêtaient à prendre d’assaut toute une cargaison de produits cosmétiques haut de gamme à la sortie d’un entrepôt. Appartenant majoritairement au milieu du voyage, ils ont été mis en examen pour «association de malfaiteurs, vols et recels en bande organisée» et placés sous mandat de dépôt.

Pour tenter de retarder la prédation des pilleurs, les professionnels s’organisent en installant de hauts grillages et de la vidéoprotection autour des entrepôts les plus isolés. Certains emballages dissimulent leurs marchandises sous des films noirs et anonymes pour ne plus attirer les convoitises ou glissent des balises GPS dans les cartons, comme le font notamment les cigarettiers.

Jamais en panne d’imagination, les malfaiteurs les plus audacieux font depuis leurs courses en usant de la ruse: ils montent une fausse société de transports et présentent des bordereaux de livraison falsifiés avant de prendre des palettes entières de téléphones portables ou de télévisions à écrans plats.

Dans un style différent, la direction interrégionale de Roissy présente aujourd’hui la saisie réalisée par ses services de 354 contrefaçons d’œufs Fabergé. Ces marchandises étaient destinées aux marchés de Noël parisiens. En 2009, les trafiquants de bijoux, de parfums ou encore d’horlogerie ont mis les bouchées doubles. À elles seules, ces contrefaçons représentaient 12% des 7 millions d’articles saisis. Selon l’Association pour la protection des marchandises transportées, le montant des vols de marchandises de forte valeur ou facilement négociables se produisant tout au long de la chaîne de transport dépasse les 8,6 milliards de dollars par an en Europe. En constante augmentation, la menace criminelle se fait de plus en plus violente.

Voir également :

Flambée des vols avec violences dans les transports

Christophe Cornevin

29/12/2010

Ils ont augmenté de 39,3% sur le réseau ferré d’Ile-de-France. Les policiers invoquent un véritable «effet iPhone ».

 Le nombre des vols avec violences explose dans les transports en communs d’Ile-de-France. Selon une note de la Direction de sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP) datée de mercredi et que Le Figaro s’est procurée, quelque 9.501 agressions de ce type ont été recensées dans les onze premiers mois de l’année, soit un bond de 39,3% par rapport à la même période de 2009 qui avait comptabilité 6.821 faits.

L’«analyse territoriale» enseigne que les réseaux ferrés de Paris intra-muros sont touchés de plein fouet par le phénomène. Ils abritent à eux seuls 50,3% des attaques. Dès que l’on s’éloigne de cet épicentre, les agressions se font plus éparses, frappant les transports de la petite couronne à 27,4% et 22,3% pour ceux de la grande couronne. «Plus des deux tiers des vols avec violences commis dans la capitale sont des vols à l’arraché, 21,8% sont des vols perpétrés avec des violences physiques et 10,7% sont des extorsions», décrypte la note de la DSPAP.

Ces tendances statistiques préoccupantes sont directement imputables à ce que la Préfecture de police a baptisé «l’effet iPhone» dans un second document interne daté du 22 décembre. L’analyse de la délinquance par type d’objets volés sur les lignes du métro, du RER et du Transilien est sans appel. Sur les 2.813 biens et effets personnels volés le mois dernier aux voyageurs, pas moins de 1.395 étaient des téléphones portables, soit une affaire sur deux. «À eux seuls, les modèles iPhone (3G ou 4) représentent 27,59% du nombre total d’objets dérobés», précise la note. S’agissant du seul modèle iPhone 4, «le plus récent et le plus recherché», selon la police, il y a eu 297 appareils volés, soit 69 de plus que le mois précédent. «Novembre 2010 confirme les tendances structurelles dégagées en octobre», constate-t-on à la Préfecture de police où une vaste campagne de prévention, lancée avec les transporteurs, va permettre de distribuer 50.000 «flyers», de petits tracts très pédagogiques et concis, rédigés en plusieurs langues à l’adresse des voyageurs à la recherche d’informations pratiques.

Sur le volet répressif, la brigade des réseaux ferrés, qui dispose notamment d’une dizaine de patrouilles en civil à un instant T sur le réseau, a été très sollicitée cette année, élucidant 538 vols avec violences conduisant au placement en garde à vue de 697 suspects depuis le début de l’année. Soit 412 de plus que l’année précédente, avec un taux d’élucidation qui frise désormais les 33%. «Les voleurs sont souvent de jeunes individus venant en bandes depuis la banlieue vers Paris pour commettre des vols d’opportunité», explique un responsable policier qui invite les voyageurs à un «minimum de prudence quand ils pianotent sur l’écran tactile de leur smartphone». C’est une tentative de vol d’un téléphone qui est à l’origine de la mort d’une femme de 27 ans, poussée violemment lundi après-midi à la station Étienne-Marcel car elle entravait la course du fuyard. La victime, d’origine vietnamienne, a dévalé cinq ou six marches, tombant la tête la première en bas des escaliers.

En proie à de vives convulsions, elle est décédée dans la soirée des suites d’un traumatisme crânien. «Il est rarissime qu’une agression de cette nature finisse aussi tragiquement», confiait le commandant Bruno Terrenzi, du département d’investigations judiciaires de la brigade des réseaux ferrés (BRF), chargée de l’enquête. Il faut remonter à l’été 2007 pour retrouver semblable drame. À la veille du 15 août, le journaliste sportif italien Sergio Vantaggiato, 40 ans, s’était fait arracher un sac par deux voleurs qu’il avait pris en chasse avant de trébucher mortellement à la station Bir-Hakeim. À l’époque, cette station était l’une des dernières à ne pas être équipée de caméras mais la brigade criminelle avait quand même pu élucider l’affaire. Aujourd’hui, 80% des élucidations se font grâce à la vidéo.

Voir aussi:

75 % des vols violents visent les téléphones portables

Delphine Chayet

Le Figaro

12/12/2010

La Préfecture de police observe la forte proportion des vols de portables parmi les agressions commises dans les transports. Un dispositif de blocage des appareils pourrait devenir obligatoire.

Le téléphone portable est un objet toujours plus convoité. Selon une étude de la Préfecture de police de Paris, près d’un vol sur deux commis dans les transports en commun de la région parisienne concerne désormais un mobile. «La mode des smartphones, dont le prix est élevé, génère une multiplication des cas de vols à l’arraché, le plus souvent violents, souligne Alain Gardère, directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne. Et le phénomène a encore pris de l’ampleur avec l’iPhone 4, très recherché.»

La Préfecture de police, qui cherche à attirer l’attention des voyageurs sur cette délinquance, a examiné toutes les plaintes déposées au mois d’octobre dernier. Sur les 2723 vols dénoncés dans les transports publics parisiens, 1264 concernent des téléphones, alors que le vol de portefeuille ou de porte-monnaie représente 899 faits, soit 33%. Parmi les mobiles dérobés, 68% étaient des téléphones à écran tactile – des iPhone en majorité.

Or ces vols s’accompagnent souvent de violences. «Le voyageur est en général repéré alors qu’il utilise son téléphone sur le quai ou dans la rame, note Alain Gardère. Le voleur n’a plus qu’à l’arracher au moment propice et partir en courant. Comme le montrent régulièrement les images de vidéosurveillance, les menaces et coups de poings sont fréquents en cas de résistance.» Sur les 991 vols violents recensés en octobre, 75% visaient des téléphones.

Un marché parallèle

La Préfecture de police constate en outre l’émergence d’un «véritable marché parallèle», destiné à écouler cette marchandise. La semaine dernière, une quinzaine de jeunes gens qui revendaient sous le manteau des smartphones volés ont ainsi été arrêtés dans le XVIIIe arrondissement, à Paris. Selon un enquêteur, un iPhone peut rapporter jusqu’à 250 euros.

Une mesure pourrait toutefois porter un coup à ce marché, précise l’étude. La loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (Loppsi), qui doit être examinée cette semaine à l’Assemblée, prévoit d’obliger les constructeurs de portables à introduire un mécanisme de blocage définitif des terminaux volés, les rendant inutilisables en cas de revente. En attendant, la Préfecture mise sur la prévention. Des prospectus, invitant les usagers des transports en commun «à la discrétion et à la vigilance» avec leurs portables leur seront distribués au moment des fêtes de fin d’année.

Le résultat de cette étude doit cependant être nuancé. À en croire une estimation de la Préfecture, communiquée en septembre, près d’un tiers des plaintes pour vol de téléphone portable seraient en réalité mensongères et auraient pour finalité un remboursement par l’assurance après une banale perte.

Voir aussi :

30% des vols de portables sont faux

AFP

30/09/2010

 Près de 30% des déclarations de vols de téléphones portables sont mensongères, alors que la police parisienne a enregistré quelques 4.600 plaintes pour « vols avec violences » de portables au cours des 6 premiers mois 2010, a annoncé hier la préfecture de police (PP).

Selon la PP, « dans de nombreux cas », l’enquête effectuée par les policiers « révèle que le portable n’a pas été volé », soit grâce à la vidéosurveillance, soit en relevant le parcours du téléphone grâce au signal qu’il émet.

La PP cite le cas d’une femme qui avait porté plainte le 18 septembre au commissariat du XIe arrondissement pour « vol avec violence » de son portable, tout en donnant « les coordonnées d’un témoin des faits ».

Mais les circonstances de son agression « demeurant évasives », les enquêteurs ont convoqué la jeune femme afin d’obtenir de plus amples renseignements.

Placée en garde à vue, elle a avoué qu’elle avait perdu son téléphone en août et que « le vendeur du magasin de téléphonie mobile lui avait conseillé ce stratagème ».

Le faux témoin, « qui n’était autre que le beau-frère de la victime », a lui aussi reconnu les faits.

Une « composition pénale » leur a été proposée, explique la PP, qui rappelle que la peine encourue dans ce genre de cas est « de 6 mois d’emprisonnement et 7500 euros d’amende ».

Voir également:

Les vols de métaux : un casse-tête pour les autorités

Angélique Négroni

Le Figaro

28/10/2010

  Les cours du cuivre comme ceux de l’acier et du plomb grimpent à nouveau en flèche. Du coup, les pillages de voies ferrées, de tombes ou de plaques d’égout progressent aussi.

Le cuivre vaut à nouveau de l’or. Après une baisse durant la crise, le cours de ce métal, mais aussi celui de l’acier ou du plomb, s’envole à nouveau depuis plusieurs mois. Au grand dam des forces de l’ordre. La hausse importante des prix entraîne, une fois de plus, l’explosion des vols de ces matières. Entre le premier semestre 2009 et celui de cette année, l’augmentation atteint 123%!

Après une accalmie en 2009, la razzia sur le métal est donc bel et bien repartie. Villes et campagnes sont à nouveau consciencieusement désossées. Pas une semaine ne se passe sans que des plaques d’égout soient volées, des ornements de tombes subtilisés, des plaques de cuivre retirées des transformateurs de la SNCF, des tresses de métal arrachées le long des autoroutes. Le coût pour les entreprises et les collectivités sont exorbitants.

Face à ce pillage en règle, les forces de l’ordre semblent bien impuissantes. «On ne peut pas mettre un gendarme à chaque kilomètre le long des voies ferrées», convient le colonel Stéphane Ottavi, responsable de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) en charge de ce phénomène apparu en France en 2006. L’envolée des cours cette année-là avait déjà provoqué une brutale hausse des vols. Certes, des arrestations ont lieu régulièrement. Ainsi, au printemps dernier, douze personnes ont été appréhendées dans le Vaucluse après le vol de 10 tonnes de câbles. Récemment encore, un employé d’une société mécanique du Cher a été interpellé pour le vol de 10 tonnes de chutes de métaux qui lui ont rapporté 35.000 euros. Autant d’affaires qui se terminent devant le tribunal mais qui sont une goutte d’eau comparées à toutes celles qui n’aboutissent pas. Le taux de dossiers non résolus atteint les 90%.

Restent les 10% qui ont permis à l’OCLDI de mieux connaître le profil de ses redoutables adversaires. «Au début, il s’agissait d’une délinquance itinérante, d’équipes qui écumaient le pays. Dorénavant, dans 50% des cas, il s’agit d’habitants sédentaires qui volent dans leur région», raconte Stéphane Ottavi. La part des étrangers impliqués dans ces vols a par ailleurs doublé, passant de 10% en 2009 à 20% aujourd’hui. On se passe donc le mot pour dire que la rapine est aussi facile qu’elle rapporte gros.

Après les vols, les malfrats n’ont en effet aucune difficulté à trouver un acheteur en France. Selon la Fédération des entreprises de recyclage (Federec), des sites clandestins fonderaient le métal qui ensuite gagnerait les ports pour être exporté vers l’Asie du Sud-Est notamment. Mais c’est une évidence aussi, des recycleurs honnêtes se font berner et achètent en toute bonne foi du métal volé. D’autres aussi sont bien peu regardants sur l’origine frauduleuse de la marchandise.

Arsenal anti-voleurs

Pour le colonel Ottavi, la seule action des forces de l’ordre est insuffisante: tous les acteurs concernés doivent, selon lui, agir. Dès les premières grandes vagues de vols en 2006, les entreprises se sont tout d’abord barricadées. Cadenas, vidéosurveillance, gardiennage… tout l’arsenal anti-voleurs est désormais en place. Sur les chantiers, la Fédération française du bâtiment (FFB) a, de son côté, encouragé les équipes à ne plus laisser traîner les monceaux de métal convoité. «Dans les préfectures, les personnes ont été désignées pour conseiller les entreprises à mieux protéger les sites en travaux», signale-t-on à la FFB. Conséquence de cette muraille de protection dressée contre les malfrats… aucune! Les voleurs cassent seulement davantage de verrous et il y a donc beaucoup plus de vols commis avec effraction. En 2009, on dénombrait 68% de vols simples contre 32% de vols avec effraction. 2010: on compte 36% de vols simples contre 64% de vols avec effraction!

Pour barrer la route aux voleurs, il faut de toute évidence empêcher la revente facile. «Une plus grande traçabilité de ces opérations s’impose», insiste Stéphane Ottavi. Or, à ce jour, et jusqu’à 3000 euros, ces transactions peuvent se faire en liquide. Toutefois, un texte prévoyant de limiter davantage l’usage des espèces a été voté en juillet dernier. Mais le décret qui doit en déterminer le nouveau seuil n’a toujours pas été publié. De son côté, le député UMP Philippe Goujon déposera le mois prochain un amendement pour plafonner cette fois le montant annuel des transactions en liquide.

Mais pourquoi ne pas imposer le chèque ou la carte bancaire une bonne fois pour toutes? Pour Philippe Goujon, il faut protéger les personnes indigentes qui vendent du métal. Pour la Federec, une pareille restriction aurait comme effet d’assécher le commerce en France. «Il se ferait chez les pays voisins où la législation est beaucoup moins contraignante», met en garde Robert Lifchitz, l’un de ses responsables. Commerce et répression ne font pas toujours bon ménage.

Voir enfin:

La SNCF, principale victime des vols de métaux

Angélique Négroni

Le Figaro

28/10/2010 

Sur les huit premiers mois de l’année, on dénombre déjà 2121 attaques de lignes.

C’est bien connu, on ne parle que des trains qui n’arrivent pas à l’heure. Mais on en ignore le plus souvent les raisons. Or l’une des causes principales, selon la SNCF, est liée au vol de câbles de cuivre le long de ses lignes. Ce véritable pillage en règle occasionne des retards à répétition. Les câbles sont déterrés puis arrachés. Aussitôt la signalisation s’en trouve perturbée et ce sont des milliers de passagers qui, sur le quai de gare, pestent contre ces trains qui se font désirer.

Tel a été le cas pour les usagers de la ligne Lyon-Bourg-en-Bresse en septembre dernier. Les 130 mètres de câbles détournés et les 50 kilos de plaques de cuivre dérobés dans un transformateur ont occasionné des retards pour 76 trains et deux jours de circulation perturbée. Les conséquences d’un seul vol sont donc considérables. Depuis janvier dernier, cette razzia a ainsi entraîné 300.000minutes de retard de train, soit l’équivalent de 208 jours!

L’année 2010 s’annonce d’ailleurs une année noire pour la SNCF. En juin dernier et en raison de la hausse brutale du prix du cuivre, l’entreprise n’a jamais eu autant de câbles dérobés: 343 méfaits enregistrés, soit 11 par jour. Mieux que le dernier triste record qui remonte à août 2006 – année de l’explosion des vols – avec 323 actes de vandalisme recensés.

Sur ces huit premiers mois de l’année, on dénombre par ailleurs déjà 2121 attaques de lignes, soit quatre fois plus que l’an passé au cours de la même période. Le montant du préjudice devrait donc lui aussi atteindre des sommets: 30 millions d’euros, alors qu’en 2006 il atteignait les 20 millions d’euros.

Ces vols, au nombre d’une quarantaine par semaine, sont un véritable casse-tête pour les responsables de la SNCF comme pour les forces de l’ordre. Comment contrôler 30.000 km de voies ferrées qui sur toute la France traversent villes, zones périurbaines et rase campagne? «Selon nos calculs, il faudrait la présence d’un agent tous les deux kilomètres 24 heures sur 24», dit-on dans l’entreprise. Soit au moins 15.000 hommes mobilisés. Autant dire une armée. La mission est proprement impossible.

Recours aux drones

D’autres solutions plus réalisables sont envisagées par la SNCF. Parmi elles, le marquage des métaux, c’est-à-dire une signature indélébile qui devrait donc rendre la revente des câbles impossible.

Guillaume Pepy, le président de la SNCF, a annoncé en septembre dernier, que les installations seront aussi équipées de puces qui émettent des ondes radio afin de suivre la marchandise volée. Exaspéré par ces pillages, il a même évoqué, s’il le fallait, le recours aux drones pour surveiller les voies ferrées. Un équipement coûteux qui viendrait en renfort de celui qui existe déjà aujourd’hui. Des rondes sont en effet réalisées par les agents de la SNCF ainsi que par les forces de l’ordre, et 74 dispositifs d’alarmes équipées de vidéos sont à ce jour installés sur le réseau. Des études sont en cours pour en étendre le dispositif.

Autre idée avancée: remplacer le cuivre si convoité par des câbles en aluminium. «Mais la solution est coûteuse et parfois irréalisable pour des raisons techniques», signale-t-on à la SNCF. Enfin, pour les forces de l’ordre, il faut aussi dissuader les voleurs d’agir en rendant le matériel difficile à extraire de terre. Pour l’heure, rien ne vient contrarier les plans des malfrats qui de jour comme de nuit viennent à bord de 4×4 le long des voies. Puis avec une bonne dose d’huile de coude pour multiplier sans relâche les coups de pioche, ils déterrent et arrachent ce qui fera demain leur fortune. Les retards de trains sont donc appelés à durer.

2 Responses to Délinquance: Pas de trêve des confiseurs pour nos criminels (It’s the economy, stupid!)

  1. […] de pays de l’Est auxquelles sont de plus en plus soumis nos villes et nos campagnes comme nos voies ferrées et autoroutes ou nos locaux industriels ou agricoles […]

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