Bien-pensance: Les trop bons comptes de l’immigration (France’s true immigration costs)

Ni communauté de sang, de langue ou de religion mais adhésion à deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. Ernest Renan
Les immigrés sont une excellente affaire pour l’Etat français: ils rapportent une grosse douzaine de milliards d’euros par an et paient nos retraites. Juan Pedro Quiñonero (ABC)
L’entrée de 50 000 nouveaux immigrés par an permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites. Comité d’orientation des retraites
Il s’agit d’un processus historique lié à la structure de la population immigrée, majoritairement jeune. Comme ils sont peu qualifiés, les immigrés sont très souvent au chômage. Mais ils dépensent aussi beaucoup et sont très entreprenants. Les pensions que nous versons aux retraités sont plus que compensées par la consommation et les cotisations sociales que paient les plus jeunes, parmi lesquels on trouve des gens très dynamiques. Xavier Chojnicki
Maintenant, je me sens carrément isolée, je suis une toute petite minorité. C’est difficile de devenir une minorité chez soi, vous savez (…). Ce qui est nouveau, c’est que les Français d’origine étrangère se replient sur leur origine, ne se sentent plus français. Et moi, Française, je me sens mal (…) Même mes fils sont d’une autre culture que moi. Pour eux, être français, ça ne veut rien dire. Ils n’ont plus de nationalité, ils s’identifient de manière vague à une religion, celle qui est majoritaire. Ils observent les gestes de l’islam, une façon musulmane d’être et de parler, ils sont fiers d’appartenir à la majorité. Ils ne veulent pas être français, ils ne veulent pas s’intégrer dans la société, ils voudraient être blacks et beurs comme tout le monde, mais ils ne se comportent pas comme des musulmans. Tant de choses incohérentes. Christine C. (47 ans, cinq enfants, 28 ans de Courneuve, Le Monde, 12.11. 05)
Y en a marre ! Dans le RER D, il n’y a que des Arabes et des Noirs. Où sont les vrais Français ? Pourquoi ils ne viennent pas vivre ici, vivre avec nous ? Il faut du mélange ! Assia (Béninoise, Villiers-le-Bel, Val d’Oise, Le Monde, 06.12.07)
Avec la fin de la mixité sociale s’est mise en place la fin de la mixité ethnique. L’arrivée de l’immigration africaine a rajouté les blacks aux beurs. Le piège était refermé. Le processus d’intégration par le brassage des populations s’est brutalement interrompu… Beaucoup de jeunes impliqués dans des violences urbaines sont des blacks et des beurs. Réalité qu’enveloppe avec une fausse pudeur la périphrase « jeunes de banlieue »… Julien Dray (cofondateur de SOS Racisme, 1999)
On assiste à un retour sensible du phénomène de bandes ethniques composées en majorité d’individus d’origine subsaharienne, arborant une appellation, des codes ou signes vestimentaires inspirés des groupes noirs américains. Ces formations délinquantes constituées en majorité d’individus originaires d’Afrique noire ont la particularité d’instaurer une violence tribale ne donnant lieu à aucune concession, avec un rejet violent et total des institutions et un total détachement quant à la gravité de l’acte commis. Rapport des Renseignements Généraux (Le Monde, 6.09. 07).
L’explosion de l’immigration extra-européenne est venue paradoxalement des restrictions à l’entrée légale de travailleurs dans les années 1970. (…) à la fin des «Trente Glorieuses» (1944-1974), les gouvernements de droite comme de gauche, saisis de peur par la montée du chômage, ont multiplié les obstacles à l’entrée de nouveaux travailleurs au nom d’une certaine forme de «préférence nationale».(…) Depuis cette époque, les lois européennes organisent la prise en charge des étrangers qui se présentent au titre du regroupement familial ou de l’asile politique. Mais elles rejettent ceux qui prétendent travailler, créer des richesses et ne pas rester à la charge du pays d’accueil !… On convient d’appeler «clandestin» (ou plus pudiquement «sans-papier») un jeune Africain qui traverse au péril de sa vie le détroit de Gibraltar pour s’embaucher dans une exploitation agricole ou une entreprise de construction… Mais on considère comme immigrante régulière l’adolescente turque, nord-africaine ou noire qui est vendue par son père à un sien cousin déjà installé en Europe et présentée par ce dernier au consulat de son pays d’adoption comme son «épouse» légitime…(…)De la sorte, le mariage et le «regroupement familial» sont devenus le prétexte à une immigration clandestine déguisée. Cette immigration est de loin la plus importante et la plus pernicieuse car les femmes concernées et leurs enfants sont voués à la relégation dans des logements sociaux avec peu d’espoir d’assimiler un jour les valeurs et le mode de vie du pays d’accueil. L’assimilation est d’autant plus utopique que la majorité des enfants d’immigrants reviennent dans le pays d’origine de leurs parents pour y prendre un conjoint (98% des jeunes Turcs de France seraient dans ce cas). Chaque nouvelle génération effectue ainsi un retour à la case départ, vidant de son sens le concept de «deuxième ou troisième génération». Avec pour conséquence l’émergence de sociétés séparées et d’une ségrégation de fait. (…) La riche culture que les Français ont reçue en héritage est confrontée au développement d’une contre-culture archaïque (rejet de l’école, vocabulaire primaire, violence gratuite). Les chansons des rappeurs de banlieue expriment sans équivoque la montée de la haine. Ces paroles d’un racisme outrancier valent à leurs auteurs la compréhension énamourée de la bourgeoisie, comme si le mal-vivre excusait toutes les violences, y compris l’apologie du racisme et du meurtre ! (…) Ces violences sont attisées par l’attitude de la classe dominante, blanche, bourgeoise et bien-pensante. Celle-ci dénigre sa propre Histoire et jette Napoléon, Corneille et La Fontaine dans les poubelles de l’Histoire. Elle prive les nouveaux-venus d’un modèle dont ils pourraient tirer fierté. Elle «victimise» d’autre part les pauvres diables en peine de s’insérer dans le pays où ils ont cherché refuge. (…) La fracture nationale fait au moins l’affaire des classes supérieures qui tirent parti de leurs atouts (éducation, héritage) pour renforcer leur position sociale comme le démontre le chercheur Éric Maurin. Dans les «ghettos blancs» du VIIe arrondissement, de Neuilly, de Saint-Germain-en-Laye ou Chevreuse… les privilégiés considèrent avec détachement les troubles qui agitent le reste du pays. Qu’ont-ils à craindre ?… De l’École Alsacienne au lycée Henri IV, leurs enfants bénéficient d’un parcours fléché qui leur garantit de conserver leur statut social et les préserve de tout mélange. Les revenus de ces classes supérieures progressent à qui mieux mieux tandis que les classes moyennes voient les leurs stagner ou régresser sous le fardeau d’un État boulimique et impotent. À l’autre extrémité de l’échelle sociale, les enfants des classes populaires et immigrées n’ont plus guère l’espoir d’accéder un jour aux premières places de la fonction publique et des grandes entreprises. Depuis un quart de siècle, l’ascenseur social est en panne et les clivages culturels, religieux et linguistiques qui se mettent en place rendent plus minces encore leurs chances de promotion. (…) La très grande majorité des immigrants qui affluent en Europe par-dessus la Méditerranée ou le Bosphore n’ont pas de qualification professionnelle. Ils sont exclus des emplois légaux et grossissent l’économie souterraine (travail au noir, réseaux esclavagistes…), à moins qu’ils ne se cantonnent dans des emplois précaires (vigiles, nurses, aides-ménagères…). Quant aux diplômés du tiers monde qui quittent leur pays, ils choisissent unanimement les États-Unis et le Canada, assurés de pouvoir y travailler et développer leurs talents dans d’excellentes conditions et sans restrictions administratives (la moitié des 180.000 immigrants qu’a reçus le Canada en 2005 avaient un niveau d’études supérieures. Sans commentaire !). (…) Des démographes mandatés par l’ONU ont publié en 2000 un rapport mi-sérieux, mi-ironique où ils faisaient valoir que la France aurait besoin de 25 millions d’immigrants d’ici 2025 pour combler les postes vacants dans les entreprises… en l’absence de toute réforme d’envergure et à supposer que l’on trouve dans le tiers monde les compétences indispensables aux besoins d’une économie moderne. Il va de soi que l’entrée d’un aussi grand nombre d’immigrants ruinerait les fondations sociales, historiques et culturelles de la France et de l’Europe, et l’on comprend le désarroi des citoyens auxquels leurs leaders présentent cette éventualité comme une chance à saisir ! (…) Il est antinomique de faire venir de l’étranger des laveurs de carreaux, des infirmières ou des bûcherons et de prétendre résorber le chômage massif chez les jeunes Français issus des précédentes vagues de travailleurs immigrés. Les petits (et grands) patrons de la restauration jurent leurs grands dieux qu’ils ne trouvent personne à qui confier leur plonge ou même leur cuisine en-dehors d’Africains de la brousse n’ayant jamais touché la queue d’une poêle. Comment est-il possible dans ces conditions que McDonald’s arrive à recruter des jeunes dans les banlieues ou les milieux estudiantins pour des travaux similaires ? Les petits (et grands) patrons du bâtiment expliquent de la même façon qu’ils ne trouvent personne pour les emplois de manœuvres ou même de maçons et doivent recourir à des travailleurs africains. Mais comment se peut-il que les centres de tri d’ordures ménagères arrivent à recruter du personnel dans les milieux populaires pour des travaux autrement plus pénibles ? (…) Les sociétés de gardiennage recourent désormais de façon presque systématique à des immigrés africains… mais les entreprises de logistique trouvent bien à employer des jeunes Français dans des tâches autrement plus éprouvantes. Et que dire des musées ? La plupart, y compris les plus prestigieux, confient désormais la garde de leurs salles à des personnes étrangères qui souvent maîtrisent à peine la langue française. (…) La France n’échappera sans doute pas au retour des internats surveillés ni à l’apprentissage dès 14 ans (au lieu de 16) pour lutter contre la déscolarisation (pourquoi pas aussi des études surveillées dans les écoles jusqu’en fin de soirée pour dissuader les enfants de traîner dans les rues, selon une suggestion de feu Françoise Dolto ?). Un service civique obligatoire et universel devrait compenser la suppression hâtive du service militaire, qui était le seul lieu où les jeunes déclassés pouvaient rencontrer des Français d’autres milieux que le leur. Ce service civique devrait privilégier les échanges entre jeunes Français(es) de milieux différents, les plus favorisé(e)s instruisant les autres (alphabétisation, instruction civique, tenue d’un ménage, apprentissage de la conduite automobile, formation professionnelle…). André Larané

Une chance pour la France, on vous dit !

Plus d’ allocations chômage (1,6 et 1, 7 fois), plus de RMI (3,8 et 3,9 fois), plus d’aides au logement (2,5 fois), disproportion des migrations de peuplement peu qualifiées par rapport à l’immigration de travail qualifiée …

A l’heure où, au nom de la laïcité, une crèche de Noël se voit interdite par un tribunal administratif français …

Et où l’Administration du premier président américain du tiers-monde semble s’intéresser de très près à nos minorités

A lire sur le site Hérodote, contre la bien-pensance sur les questions qui fâchent …

Le commentaire du spécialiste de l’Afrique et des migrations Jean-Paul Gourévitch, sur l’utilisation médiatique d’un récent rapport d’une équipe de chercheurs de l’université de Lille pour le ministère des Affaires sociales sur les coûts de l’immigration pour l’économie nationale.

Où, derrière les gains trompetés comme les habituelles dénonciations, l’on découvre un des pays les plus généreux d’Europe en matière d’accueil et de financement de l’immigration.

Mais aussi une majorité de natifs du Maghreb et d’Afrique subsaharienne de 1,5 à 4 fois plus dépendants des aides sociales (chômage, RMI ou logement).

Et au final, pour cause d’extrapolation à partir de données quantitatives incomplètes et de non-prise en compte des coûts associés sociétaux, fiscaux ou sécuritaires (travail illégal, fraude, contrefaçon, prostitution, étudiants étrangers, Aide Publique au Développement) …

Un déficit, pendant que fuient à l’étranger une partie de nos cerveaux, de plus du double des recettes supposées (30,4 contre 12, 4 milliards d’euros annuels, près de 2 points de PIB) pour une immigration de peuplement toujours aussi peu qualifiée …

L’immigration, ça coûte ou ça rapporte ?

Jean-Paul Gourévitch

Hérodote

6 décembre 2010

Le rapport remis par le laboratoire «l’Equippe» (Université de Lille) du professeur Xavier Chojnicki au Ministère des Affaires sociales en juillet 2010 concluait que «les immigrés sont une excellente affaire pour l’État français. Ils rapportent une grosse douzaine de millions par an et paient nos retraites», selon un article du journal Madrilène ABC, repris par Courrier International n° 1048 du 2 au 8 décembre 2010.

Ces résultats paraissent contredire les travaux de Jean-Paul Gourévitch, consultant international, spécialiste de l’Afrique et des migrations, auteur de L’immigration ça coûte ou ça rapporte ? (Larousse 2009) et des trois monographies publiées par l’association Contribuables Associés de 2008 à 2010 (téléchargeables sur le site http://www.contribuables.org) qui estime le déficit annuel de l’immigration à 30,4 milliards d’euros.

Les phénomènes migratoires sont des phénomènes historiques que nous ne pouvons ignorer ; aussi lui avons-nous demandé de réagir à ce rapport et d’expliquer les écarts constatés.

Tout d’abord, le rapport de l’équipe lilloise s’intitule : «Migrations et protection sociale : étude sur les liens et les impacts de court terme». Il ne traite pas de l’ensemble des coûts de l’immigration.

Les journalistes qui titrent sur «les bons comptes de l’immigration» (Direct matin du 2/12/2010) n’ont pas véritablement lu le document de 206 pages que j’ai sous les yeux… ou voudraient tellement que l’immigration soit positivée qu’ils prennent leur désir pour la réalité.

Le professeur Chojnicki lui-même a recommandé la prudence vis-à-vis d’«extraits diffusés hors contexte» compte tenu de la «forte incertitude, liée au type de données ainsi qu’à la méthodologie utilisées».

Un tabou levé

Il est salutaire que des chercheurs de l’Université française se soient mis au diapason de ceux qui, outre-Atlantique ou dans les autres pays européens, ont depuis longtemps publié ou lancé des études sur cette question sensible, comme le montre la bibliographie du rapport. La Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration dont j’ai moi-même applaudi à la création dans les colonnes d’Herodote.net, et les revues spécialisées comme Hommes et Migrations ou Migrations Société ignorent ce débat par peur de donner du grain à moudre aux xénophobes.

Quant au défunt Ministère de l’Immigration, il avait promis de confier à un organisme indépendant une étude sur «le coût des migrations irrégulières» qui sortirait en septembre 2010. Nous l’attendons toujours.

Reste qu’il faut s’interroger sur le rapport de «l’Equippe», le corpus et les méthodes utilisés et la fiabilité des résultats obtenus qui contredisent de fait les conclusions de la quasi-totalité des autres études publiées. Le plus simple paraît être de confronter ses résultats avec ceux que j’ai publiés dans la monographie de Contribuables Associés : «le coût de la politique migratoire de la France», sortie en mars 2010.

Des populations différentes

Non seulement le corpus est différent dans sa composition et son année de référence, mais l’étude de Lille s’appuie sur les données quantitatives des recensements de l’INSEE qui ne traitent que ceux qui peuvent ou veulent l’être, laissant de côté, selon l’INSEE lui-même, entre 1,5 et 3% de la population parmi lesquels un grand nombre d’immigrés et de leurs enfants.

Les dépenses de protection sociale

Au-delà de l’actualisation faite par la monographie sur près de 3 ans, qui justifie l’augmentation du poste vieillesse et de la précarité, la différence la plus importante est celle du régime santé-maladie. Selon l’INSEE, «malgré leur moins bon état de santé déclaré, les immigrés ont autant, voire un peu moins dans le cas du généraliste, recours au système de santé que les autres.»

La communauté d’origine étrangère, enfants compris – c’est ce qui fait le plus gros de la différence -, représentant 12% de la population métropolitaine, la part imputable à l’immigration est de 19 milliards sur 158. À quoi il faut ajouter les prestations invalidité et accidents y compris les pensions militaires et celles liées aux contaminations par l’amiante. Sur 37,2 milliards d’euros, les immigrés en reçoivent 4,1 milliards soit un total de 23,5 pour le poste santé.

À ces coûts, le rapport de Lille ajoute deux postes, celui des dépenses d’éducation pour 4,2 milliards d’euros et celui des aides au logement pour 2,5. Pour nous, ces chiffres ne sont pas des dépenses d’immigration mais des investissements relevant de l’intégration. C’est à ce titre que nous les avons comptabilisés pour 5,7 milliards d’euros.

En aucun cas, ces coûts ne représentent la totalité des dépenses laissées à la charge des finances publiques par l’immigration.

Il faudrait en effet y ajouter la partie des coûts sociétaux et fiscaux (travail illégal, fraude, contrefaçon, prostitution…) qui relève de l’immigration (13,65 milliards d’euros), les coûts de structure de l’ex-Ministère de l’immigration, ceux de l’aide médicale d’État, ceux des retentions et des reconduites et de façon plus générale les coûts sécuritaires, soit un total de 5,24 milliards d’euros, celui de l’accueil de 270.000 étudiants étrangers pour 1,87 milliard d’euros, voire la part de l’Aide Publique au Développement en direction des pays d’origine de l’immigration qui vise à freiner le désir d’émigrer (investissement de 4,259 milliards d’euros).

Au total, cela représente 79,4 milliards d’euros de dépenses et de 10 milliards d’investissements soit une charge pour l’État de 89,4 milliards, supérieure aux 47,9 milliards du document de Lille.

Au delà de totalisations peu différentes, il existe des distorsions significatives sur les postes.

De même que nous avons comptabilisé les investissements, nous en avons mesuré la rentabilité, c’est à dire la plus-value en terme de PIB que le travail des immigrés apporte à l’économie nationale et les transferts de fonds qu’ils opèrent vers les pays d’origine qui, théoriquement, contribuent par le développement de ces derniers à freiner le désir d’émigration (en pratique ce sont plus des dépenses de consommation que des créations d’emplois ou des investissements).

Le grand écart (rapport 3 sur 1) sur les cotisations sociales s’explique par plusieurs facteurs :
– La sous-estimation par l’Université de Lille du chômage. Sa base de calcul repose sur un échantillon dont le taux de chômage national est de 5,94% et celui des immigrés de 10%, en décalage important avec les chiffres fournis par l’INSEE en 2009 et qui aboutissement à un chômage de 13,2 des immigrés actifs, ce qui se répercute sur les chiffres des recettes.
– Le fait que les immigrés travailleurs sont considérés par Lille comme des migrants en situation régulière acquittant les mêmes taux de cotisations patronales et salariales que les autochtones, ce qui ne tient pas compte de l’importance du travail illégal, des diverses fraudes ni des cotisations parfois prélevées par les patrons mais non reversées.

Résultats opposés mais diagnostics convergents

Nous n’avons trouvé dans le rapport aucune justification précise des quelque 12,4 milliards d’euros de bénéfices pour les finances publiques sinon page 122 : «En appliquant à chacun des paiements nets par âge et par origine la structure de la population pour l’année 2005, on en déduit l’impact net instantané des populations immigrées et autochtones au budget des Administrations Publiques (APU). La contribution nette globale de l’immigration au budget des APU serait ainsi positive et de l’ordre de 12 milliards d’euros pour l’année 2005. Dès lors, pour l’année 2005, un immigré aurait effectué un paiement net de l’ordre de 2250 euros, contre un peu plus de 1500 euros en moyenne pour un autochtone».

Il s’agit non pas ici d’un calcul scientifique mais d’une extrapolation faite sur l’année 2005 à partir d’un échantillon de population, qui de plus contredit totalement les écarts de salaires relevés par l’INSEE entre immigrés et autochtones. C’est pourtant cette affirmation qui fait la une des medias.

Pourtant, le diagnostic de l’équipe du professeur Chojnicki et le nôtre convergent sur les points suivants :
– La France est un des pays les plus généreux d’Europe en matière d’accueil et de financement de l’immigration.
– Par rapport aux autochtones, les migrants natifs du Maghreb et d’Afrique subsaharienne qui constituent la majorité de notre immigration actuelle sont «1,6 et 1, 7 fois plus nombreux à recevoir des allocations chômage, 3,8 et 3,9 fois plus représentés parmi les bénéficiaires du RMI, et 2,5 fois plus dépendants des aides au logement».
– Le retour à l’équilibre des finances publiques passe par un encadrement plus serré des migrations de peuplement et une augmentation de l’immigration de travail qualifiée qui diminuerait le déficit des retraites.

Encore faudrait-il que les medias, au lieu de mettre en exergue des titres et des chiffres qui plaisent à leurs rédacteurs mais ne correspondent pas à la réalité de ce qui est écrit, aient le courage de faire de l’information sur les aspects économiques de l’immigration (et aussi sur ceux de l’émigration), ce qui dans une année pré-électorale est peu probable.

L’auteur : Jean-Paul Gourévitch Jean-Paul Gourévitch est consultant international, spécialiste de l’Afrique et des migrations. Il a aussi enseigné l’image politique à l’Université Paris XII et publié une histoire de la littérature pour la jeunesse. Il écrit également des romans pour adultes ou pour les collégiens.

Il est l’auteur d’une soixantaine d’ouvrages dont La France en Afrique (Acropole 2008 3e édition), les Africains de France (Acropole 2009) , L’immigration ça coûte ou ça rapporte? (Larousse 2009 ) et Le rêve méditerranéen d’Ulysse à Nicolas Sarkozy (Ed de l’Oeuvre Prix Gaxotte de l’essai historique 2009, finaliste du prix Méditerranée 2010) .

Voir aussi :

Les très bons comptes de l’immigration

Les immigrés sont une excellente affaire pour l’Etat français : ils rapportent une grosse douzaine de milliards d’euros par an et paient nos retraites.

Juan Pedro Quiñonero

ABC

02.12.2010

Les immigrés sont une très bonne affaire pour l’économie française : ils reçoivent de l’Etat 47,9 milliards d’euros, mais ils reversent 60,3 milliards. Autant dire un solde positif de 12,4 milliards d’euros pour les finances publiques, qui ne représente pourtant que la part monétaire de transferts bien plus importants. Dans ce pays de 64,7 millions d’habitants, 6,5 millions de Français comptent au moins un immigré dans leur famille. Les chiffres de l’immigration légale sont très fluctuants. En France, on recense environ 5,3 millions de résidents étrangers avec leurs familles.

Une équipe de chercheurs de l’université de Lille, sous la direction du Pr Xavier Chojnicki, a réalisé pour le compte du ministère des Affaires sociales une étude sur les coûts de l’immigration pour l’économie nationale. Travaillant sur des chiffres officiels, les chercheurs ont décortiqué tous les grands postes de transfert des immigrés. Il en ressort un solde très positif. Les chercheurs ont remis leur rapport en 2009, au terme de trois ans d’études. Les 47,9 milliards d’euros que coûte l’immigration au budget de l’Etat (2009) sont ventilés comme suit : retraites, 16,3 milliards d’euros ; aides au logement, 2,5 milliards ; RMI, 1,7 milliard ; allocations chômage, 5 milliards ; allocations familiales, 6,7 milliards ; prestations de santé, 11,5 milliards ; éducation, environ 4,2 milliards.

De leur côté, les immigrés reversent au budget de l’Etat, par leur travail, des sommes beaucoup plus importantes : impôt sur le revenu, 3,4 milliards d’euros ; impôt sur le patrimoine, 3,3 milliards ; impôts et taxes à la consommation, 18,4 milliards ; impôts locaux et autres, 2,6 milliards ; contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) et contribution sociale généralisée (CSG), 6,2 milliards ; cotisations sociales, environ 26,4 milliards d’euros.

A ce solde positif de quelque 12,4 milliards d’euros il faut ajouter d’autres revenus pas toujours monétaires, mais d’une grande importance sociale et économique : les immigrés occupent l’immense majorité des emplois dont les Français ne veulent pas, et 90 % des autoroutes ont été et sont construites et entretenues avec de la main-d’œuvre étrangère. Sans immigrés, les prix à la consommation (produits agricoles et autres) seraient bien plus élevés, la main-d’œuvre étrangère étant bien moins payée.

La comptabilité réalisée par les chercheurs de l’université de Lille fait ressortir aussi de profonds changements sociaux. Majoritairement jeunes, les immigrés sont de grands consommateurs : comme nous venons de le voir, ils versent environ 18,4 milliards d’euros à l’Etat sur leurs dépenses personnelles, notamment en TVA. Les immigrés ont modifié en profondeur le sport et les arts populaires français : la grande majorité des footballeurs de haut niveau sont issus de l’immigration, et les artistes d’origine immigrée, noirs et maghrébins, peuplent le Top 50 de la chanson populaire.

Parallèlement, de nombreux métiers, en particulier dans les services, ne fonctionnent en France que grâce à l’immigration. Plus de la moitié des médecins hospitaliers dans les banlieues sont étrangers ou d’origine étrangère. Pas moins de 42 % des travailleurs des entreprises de nettoyage sont des immigrés. Plus de 60 % des ateliers de mécanique automobile de Paris et de la région parisienne appartiennent à des mécaniciens et petits entrepreneurs d’origine étrangère.

Dans un domaine aussi crucial que l’avenir du système des retraites, les immigrés jouent un rôle des plus favorables. Le très officiel Comité d’orientation des retraites est parvenu à cette conclusion : “L’entrée de 50 000 nouveaux immigrés par an permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites.”

Xavier Chojnicki commente ces résultats en ces termes : “Il s’agit d’un processus historique lié à la structure de la population immigrée, majoritairement jeune. Comme ils sont peu qualifiés, les immigrés sont très souvent au chômage. Mais ils dépensent aussi beaucoup et sont très entreprenants. Les pensions que nous versons aux retraités sont plus que compensées par la consommation et les cotisations sociales que paient les plus jeunes, parmi lesquels on trouve des gens très dynamiques.”

RAPPORT Statistiques INED

Selon l’Institut national d’études démographiques (INED), l’immigration a baissé en France depuis les années 1970. Les flux migratoires vers la France ont été importants dans les années 1950 et 1960. L’Hexagone compte une proportion d’étrangers (11 %) comparable à ses voisins : 13 % en

Allemagne, 10 % au Royaume-Uni. Parmi les pays européens, l’Espagne est un cas particulier puisque l’immigration y est récente, remontant aux années 1990. Entre 2002 et 2007, quelque 600 000 migrants sont arrivés chaque année en Espagne, pays qui était lui-même, avant cela, un pays d’émigration. Les Etats-Unis, avec 42,8 millions d’immigrés, soit 13 % de la population, sont le premier pays d’accueil des étrangers à l’échelon mondial.

Voir également :

Le coût de la politique migratoire de la France : 38,3 milliards d’euros, près de 2 points de PIB

Contribuables.org

12 avril 2010

Publication de l’étude réalisée par Jean-Paul Gourévitch, expert international en sciences humaines,spécialiste de l’Afrique et des migrations.

Le coût de la politique migratoire de la France : 38,3 milliards d’euros, près de 2 points de PIB.

Cette monographie rédigée par Jean-Paul Gourévitch, expert international en ressources humaines, spécialiste de l’Afrique et des migrations, actualise, prolonge et approfondit les monographies n° 14 sur « le coût réel de l’immigration en France » (mars 2008) et n° 21 sur « le coût de l’émigration : ces Français qui quittent la France » (mars 2009).

Le coût de la politique migratoire de la France met en perspective les dépenses et recettes de l’Etat, mais aussi les investissements consentis, et les retombées économiques de l’immigration et de l’expatriation sur la productivité nationale.

Au total un déficit dépenses/recettes de 30,4 milliards d’euros pour l’immigration et de 7,9 milliards d’euros pour l’émigration, soit près de 2 points de PIB à la charge des contribuables, au moment où le pays s’interroge sur les moyens de sortir de la crise et de réduire sa dette.

La plus-value annuelle apportée par le travail des immigrés n’est pas négligeable (5 milliards d’euros) et équilibre presque les dépenses consenties par l’Etat pour l’ « intégration » des immigrés et de leurs enfants (5,70 milliards d’euros). En revanche, la part de l’aide au développement visant, entre autres, à freiner les flux migratoires (4,26 milliards d’euros) n’a généré que des résultats médiocres. La stabilisation relative de ces flux est davantage liée à la politique française et européenne de rééquilibrage entre migrations de main d’œuvre et migrations de peuplement.

Ce travail a été conduit selon une méthodologie rigoureuse à partir des données des organismes nationaux (INED, INSEE, Cour des comptes, Sénat, ministères…) et internationaux (OCDE, ONU, Eurostat, UNESCO, Conseil de l’Europe, Migrations Watch…) croisées avec des monographies régionales et locales.

Il devrait permettre à l’opinion publique de disposer d’une information précise et loyale sur l’importance de la communauté d’origine étrangère présente sur le territoire métropolitain (7,7 millions de personnes), sur le nombre d’expatriés (2,39 millions de personnes), sur les flux migratoires et leurs coûts.

Il se clôt par des hypothèses de travail chiffrées sur les moyens de réduire ces déficits et par une analyse de la lisibilité, de la cohérence et de l’efficacité de la politique migratoire conduite par ceux qui gouvernent aujourd’hui la France.

Voir de même :

Le coût de l’émigration. Ces Français qui quittent la France

Contribuables associés

20 mars 2009

21ème étude réalisée par Jean-Paul Gourévitch, expert international en ressources humaines, auteur de la monographie n° 14 sur « Le coût réel de l’immigration en France »

Chaque année, 233.000 Français quittent définitivement ou pour une longue période la France et 168.000 y reviennent, soit un solde migratoire négatif de 65.000 personnes.

Les raisons sont multiples : émigrations de main d’oeuvre, de compétence, entrepreneuriale, étudiante, fiscale, retraitée… Cette émigration a un coût pour l’État donc pour les contribuables.

Si les 2,390 millions de Français expatriés décidaient par un coût de baguette magique de revenir, ce seraient 233 Mds d’euros qui viendraient abonder les caisses de l’État, une manne providentielle en période de crise. Jean-Paul Gourévitch évalue les dépenses consenties par l’État pour l’éducation de ces émigrés, les manques à gagner fiscaux et sociaux et la perte de recettes entraînée par ces départs à un montant annuel de 11,117 Mds d’euros.

En contrepartie, les économies réalisées par l’État et les recettes générées par les transferts de fonds et les retours ne représentent que 3,323 Mds d’euros. Au terme de cette analyse, il présente les solutions qui permettraient de limiter cette émigration et de réduire ces coûts.

Voir enfin:

L’Europe et l’immigration

André Larané

Hérodote

Janvier 2005

1/4 – Une page se tourne

Depuis trente ans, l’Europe conjugue une baisse de la fécondité et une immigration sans précédent dans son Histoire. Face à ce double phénomène, la Commission européenne et la classe politique s’en tiennent à la méthode Coué et à des mesures contre-productives (mise à jour : juin 2006).

L’immigration est devenue en trois décennies le principal facteur de changement des sociétés européennes.

L’immigration, un phénomène sans précédent

Pendant les «Trente Glorieuses» (1944-1974), l’Europe affichait un indice de fécondité (nombre moyen d’enfants par femme) proche de 3. C’était un signe de bonne santé sociale et de dynamisme. «N’y voyons pas un hasard !…» note le philosophe Roland Hureaux. «La société du baby-boom est la plus favorable qu’il y ait eu aux jeunes dans le partage de la richesse au cours du XXe siècle» (*).

Mais le nombre de naissances a brusquement chuté à partir de 1974 dans presque tous les pays occidentaux. L’indice de fécondité est tombé très vite au-dessous du seuil indispensable au remplacement des générations (2,1). Aujourd’hui, dans certaines régions (Italie du nord, Allemagne orientale…), les couples ont en moyenne un enfant tout juste, ce qui implique à terme une division par deux de la population d’une génération à la suivante…

Cette implosion démographique est en passe de rompre la transmission des connaissances sur lesquelles la civilisation européenne a prospéré pendant un millénaire.

La rupture de la chaîne des générations s’accompagne d’une vague d’immigration sans précédent dans l’Histoire humaine par son ampleur et sa rapidité. Du jamais vu, même pendant les «Grandes Invasions » de la fin de l’empire romain.

Pour la première fois depuis l’arrêt des invasions hongroises, il y a mille ans, l’Europe est devenue terre d’accueil et d’immigration. Avec 1,5 million d’immigrants par an, le Vieux Continent est même aujourd’hui le premier pôle d’attraction mondial devant l’Amérique du nord.

La Russie cumule les handicaps. Le plus vaste pays du monde, et l’un des moins denses (8 habitants/km2), perd près d’un million d’âmes par an ! De foyer d’émigration, elle devient terre de peuplement. C’est ainsi que les immigrants chinois remplacent peu à peu les Russes en Sibérie orientale…

Concernant la France, rappelons qu’elle n’a connu aucune immigration pendant un millénaire, entre l’établissement des Normands à l’embouchure de la Seine en 911 et l’arrivée de mineurs dans les houillères du Nord à la fin du XIXe siècle. Cette exceptionnelle stabilité démographique lui a permis de rassembler ses composantes (Français, Picards, Flamands, Bretons, Basques, Alsaciens, Corses, Languedociens…) sous l’égide d’un État fort.

L’immigration s’est intensifiée au cours du XXe siècle et, d’européenne, elle est devenue mondiale. Le nombre d’entrées est passé de 100.000 par an vers 1980 à plus de 200.000 par an en ce début du XXIe siècle. A quoi s’ajoute l’importante contribution des néo-Européens à la natalité. Il s’ensuit que la France métropolitaine abrite d’ores et déjà la plus importante minorité d’origine africaine du Vieux Continent. En l’absence de statistiques officielles, on l’estime à près de 10% de sa population, soit 2 à 3 millions d’Africains installés en métropole et 2,3 millions de ressortissants des DOM-TOM dont 700.000 en métropole (en 1963, le territoire métropolitain comptait officiellement 50.000 immigrants d’Afrique noire) (*)

Au vu de ce bouleversement continental, on peut prédire sans trop de risque d’erreur qu’une ère historique se clôt et qu’une nouvelle se profile. Le passage de l’une à l’autre s’annonce d’autant plus périlleux que les leaders politiques ont choisi la politique de l’autruche. N’osant aborder de front les questions migratoires, ils gèrent tant bien que mal le court terme, ce qui les conduit à des contresens dramatiques.

L’échec de la «politique d’intégration» à la française fait écho à celui de la «mission civilisatrice» de la France républicaine et laïque dans ses colonies…..

Janvier 2005

L’Europe et l’immigration

2/4 – Politiques de Gribouille D

L’Europe est devenue en ce début du XXIe siècle la principale région d’immigration dans le monde, devant l’Amérique du Nord.

Tout oppose en ce domaine les deux rives de l’Atlantique. Aux États-Unis et au Canada, la plupart des immigrants (Chine, Inde, Mexique, Moyen-Orient, Afrique…) s’intègrent vite et bien en travaillant dur. Ils n’ont d’autre objectif que de devenir d’authentiques Américains ou Canadiens, fiers de leur drapeau et de leur culture.

Rien de tel en Europe où les pouvoirs publics rejettent avec frilosité les immigrants désireux de travailler et n’osent refuser les autres qu’attirent les aides sociales. Cette attitude dissuade les nouveaux-venus de s’intégrer à la société d’accueil (nous sommes «Français de papier mais pas de coeur», entend-on dans certaines banlieues). Elle promet aux sociétés européennes de très graves secousses.

«Préférence nationale»L’explosion de l’immigration extra-européenne est venue paradoxalement des restrictions à l’entrée légale de travailleurs dans les années 1970.

Avant 1974, les pays européens accueillaient librement les travailleurs étrangers dans la mesure où ces derniers trouvaient à s’employer. Certains faisaient souche, la plupart revenaient chez eux au bout de quelques années avec un pécule et se faisaient remplacer par un fils ou un neveu. Mais à la fin des «Trente Glorieuses» (1944-1974), les gouvernements de droite comme de gauche, saisis de peur par la montée du chômage, ont multiplié les obstacles à l’entrée de nouveaux travailleurs au nom d’une certaine forme de «préférence nationale».

Les étrangers déjà installés en Europe n’ont pas eu d’autre choix que d’y vivre à demeure avec leur famille.

Depuis cette époque, les lois européennes organisent la prise en charge des étrangers qui se présentent au titre du regroupement familial ou de l’asile politique. Mais elles rejettent ceux qui prétendent travailler, créer des richesses et ne pas rester à la charge du pays d’accueil !…

Immigration «légale», immigration «clandestine»La différence entre l’immigration «légale» (réputée utile) et l’immigration «clandestine» (officiellement réprouvée) tient désormais à peu de chose.

D’un côté, bon an mal an, la police fait du «chiffre» en expulsant à prix d’or quelques milliers de réfugiés russes, roumains, maghrébins… D’un autre côté, son ministre régularise sous un motif passe-partout des dizaines de milliers d’immigrants de toutes origines dont beaucoup se retrouveront ensuite dans des squats ou dans la rue, réclamant un logement décent aux frais de la République.

L’une des ambiguïtés majeures de la réglementation concerne le regroupement familial.

On convient d’appeler «clandestin» (ou plus pudiquement «sans-papier») un jeune Africain qui traverse au péril de sa vie le détroit de Gibraltar pour s’embaucher dans une exploitation agricole ou une entreprise de construction… Mais on considère comme immigrante régulière l’adolescente turque, nord-africaine ou noire qui est vendue par son père à un sien cousin déjà installé en Europe et présentée par ce dernier au consulat de son pays d’adoption comme son «épouse» légitime…

Le droit au regroupement familial se fonde sur une conception traditionnelle et très occidentale de la famille : un homme et une femme unis en principe pour la vie ainsi que les enfants nés de leur union. Mais cette conception est caduque (aucun contrat civil n’est aujourd’hui plus éphémère que le mariage !). Elle est surtout en contradiction avec les conceptions qui prévalent sous d’autres cieux (polygamie, mariage forcé d’adolescentes…).

De la sorte, le mariage et le «regroupement familial» sont devenus le prétexte à une immigration clandestine déguisée. Cette immigration est de loin la plus importante et la plus pernicieuse car les femmes concernées et leurs enfants sont voués à la relégation dans des logements sociaux avec peu d’espoir d’assimiler un jour les valeurs et le mode de vie du pays d’accueil.

L’assimilation est d’autant plus utopique que la majorité des enfants d’immigrants reviennent dans le pays d’origine de leurs parents pour y prendre un conjoint (98% des jeunes Turcs de France seraient dans ce cas). Chaque nouvelle génération effectue ainsi un retour à la case départ, vidant de son sens le concept de «deuxième ou troisième génération». Avec pour conséquence l’émergence de sociétés séparées et d’une ségrégation de fait…..

L’Europe et l’immigration

3/4 – Fractures nationales

L’Europe change. Avec le non-remplacement des générations et l’immigration massive de déshérités dépourvus de tout bagage professionnel ou culturel, le rêve d’une société égalitaire et d’une nation unie s’éloigne chaque jour un peu plus.

Sociétés séparées

Dans l’Hexagone, le mythe irénique d’une «France black-blanc-beur» a fait long feu. Les nouveaux immigrants se regroupent par affinités ethniques et religieuses. Ils se constituent en communautés distinctes et rendent plus difficile l’intégration de leurs prédécesseurs comme le constate Jean Daniel, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur (*).

La ségrégation s’installe. D’ores et déjà, certaines banlieues françaises (La Courneuve, Sarcelles, Le Mirail…) sont presque exclusivement peuplées de personnes venues d’au-delà des océans et des mers, essentiellement d’Afrique noire et d’Afrique du Nord. Ces cités qui faisaient autrefois la fierté de nos grands architectes (Le Corbusier, Aillaud, Candilis…) sont les ghettos et les bantoustans en devenir d’un apartheid qui ne dit pas son nom. Il y a aussi des ghettos blancs et bourgeois (Neuilly, Auteuil, Passy, Versailles…), avec familles nombreuses, beaux enfants blonds, écoles religieuses etc.

Sur le territoire français, plusieurs sociétés cohabitent désormais sans se voir. Il suffit pour s’en rendre compte de se promener un samedi soir à Saint-Germain-des-Prés et de prendre le lendemain un train de banlieue sur les lignes Gare du Nord-Creil ou Austerlitz-Corbeil. D’un côté la France de Maurice Chevalier, de l’autre la reproduction de l’Afrique Occidentale Française.

On peut lire dans Le Monde du 12 novembre 2005 le témoignage émouvant de Christine C., 47 ans, cinq enfants, vingt-huit ans de Courneuve : «Maintenant, je me sens carrément isolée, je suis une toute petite minorité. C’est difficile de devenir une minorité chez soi, vous savez (…). Ce qui est nouveau, c’est que les Français d’origine étrangère se replient sur leur origine, ne se sentent plus français. Et moi, Française, je me sens mal (…) Même mes fils sont d’une autre culture que moi. Pour eux, être français, ça ne veut rien dire. Ils n’ont plus de nationalité, ils s’identifient de manière vague à une religion, celle qui est majoritaire. Ils observent les gestes de l’islam, une façon musulmane d’être et de parler, ils sont fiers d’appartenir à la majorité. Ils ne veulent pas être français, ils ne veulent pas s’intégrer dans la société, ils voudraient être blacks et beurs comme tout le monde, mais ils ne se comportent pas comme des musulmans. Tant de choses incohérentes.»

Ces propos témoignent d’une intégration à l’envers dans les cités ghettos. En sont victimes les familles désireuses de respectabilité mais dépourvues de ressources suffisantes pour s’établir ailleurs. Le résultat, c’est une «France black-blanc-beur» qui prend le visage sordide du «gang des barbares» (un groupe de jeunes de toutes origines entraîné par un Franco-Ivoirien dans l’enlèvement et le meurtre d’un jeune d’origine israélite en février 2006).

Le phénomène progresse rapidement si l’on en croit un rapport des Renseignements Généraux sur le phénomène des bandes en France : «On assiste à un retour sensible du phénomène de bandes ethniques composées en majorité d’individus d’origine subsaharienne, arborant une appellation, des codes ou signes vestimentaires inspirés des groupes noirs américains», peut-on lire. «Ces formations délinquantes constituées en majorité d’individus originaires d’Afrique noire ont la particularité d’instaurer une violence tribale ne donnant lieu à aucune concession», avec un «rejet violent et total des institutions» et un «total détachement quant à la gravité de l’acte commis» (Le Monde, 6 septembre 2007, page 3).

Sous-culture

Faut-il rappeler la définition de la Nation par Ernest Renan : ni communauté de sang, de langue ou de religion mais adhésion à «deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis.»

On en est très loin aujourd’hui. La riche culture que les Français ont reçue en héritage est confrontée au développement d’une contre-culture archaïque (rejet de l’école, vocabulaire primaire, violence gratuite). Les chansons des rappeurs de banlieue expriment sans équivoque la montée de la haine. Ces paroles d’un racisme outrancier valent à leurs auteurs la compréhension énamourée de la bourgeoisie, comme si le mal-vivre excusait toutes les violences, y compris l’apologie du racisme et du meurtre !

Julien Dray, l’un des fondateurs de SOS Racisme, avait déjà pressenti en 1999 cette montée de la haine : «Avec la fin de la mixité sociale s’est mise en place la fin de la mixité ethnique. L’arrivée de l’immigration africaine a rajouté les blacks aux beurs. Le piège était refermé. Le processus d’intégration par le brassage des populations s’est brutalement interrompu… Beaucoup de jeunes impliqués dans des violences urbaines sont des blacks et des beurs. Réalité qu’enveloppe avec une fausse pudeur la périphrase « jeunes de banlieue »…» (*).

À Villiers-le-Bel (Val d’Oise), l’un des «territoires perdus de la République» où le président de la République lui-même n’ose plus s’aventurer, Assia, Béninoise, corrobore les propos du leader socialiste : «Y en a marre ! Dans le RER D, il n’y a que des Arabes et des Noirs. Où sont les vrais Français ? Pourquoi ils ne viennent pas vivre ici, vivre avec nous ? Il faut du mélange !» (Le Monde, 6 décembre 2007).

Les troubles raciaux sont la conséquence de cette dérive. Voir le récit des affrontements entre loubards africains et lycéens blancs dans Le Monde du 12 mars 2005 et les violences à répétition dans les collèges et lycées des quartiers «sensibles».

Ces violences sont attisées par l’attitude de la classe dominante, blanche, bourgeoise et bien-pensante. Celle-ci dénigre sa propre Histoire et jette Napoléon, Corneille et La Fontaine dans les poubelles de l’Histoire. Elle prive les nouveaux-venus d’un modèle dont ils pourraient tirer fierté.Elle «victimise» d’autre part les pauvres diables en peine de s’insérer dans le pays où ils ont cherché refuge (*).

Tartufferies

L’assimilation est en panne et même régresse. Mais plutôt que d’aborder avec lucidité et courage les questions migratoires, les élites politiques, droite et gauche réunies, préfèrent expliquer le repli communautaire et les violences par des raisons sociales ou urbanistiques, par des discriminations dans le travail ou même par l’oppression qu’auraient subie autrefois les esclaves et les indigènes des colonies.

Ces explications ne suffisent pas. Ainsi, on observe que la minorité turque est l’une des plus rétives à l’assimilation (très forte endogamie et très mauvais résultats scolaires selon une enquête parue dans Le Monde à l’été 2005). Pourtant, la Turquie n’a jamais été colonisée et ses élites se veulent européennes !

A contrario, les immigrants d’origine indochinoise ont subi plus que quiconque l’oppression coloniale et connu l’extrême misère mais ils se sont intégrés à la société française sans difficulté apparente. Même constat pour les immigrants venus il y a un siècle de Russie ou d’Arménie. Ceux-là ont connu à leur arrivée une xénophobie et une misère autrement plus violentes qu’aujourd’hui. Il n’empêche que leurs enfants se sont pleinement assimilés à la nation… Et si les statistiques révèlent un taux de chômage faible chez les enfants de l’immigration italienne ou hispanique, c’est qu’ils ont pris la peine comme les précédents de travailler à l’école et d’en sortir avec un métier solide (ouvrier qualifié ou artisan, technicien ou ingénieur, scientifique…).

À quoi tiennent ces succès et l’échec cinglant d’autres immigrations ? Sans doute à ce que les uns sont mûs par l’amour de la «France éternelle», la confiance en l’avenir et la passion de l’étude et du travail, conditions indispensables de la promotion sociale ; les autres par la désinvolture et l’immaturité… Ainsi, que penser d’adolescents qui, à l’image de beaucoup de Noirs des ghettos américains ou des townships sud-africains, disent rejeter l’école parce qu’ils y voient une forme de «blanchiement» ?…

La faute au «manque d’emplois» ?Il est tentant de croire et laisser croire que le mal-être urbain peut se résoudre en «offrant» des emplois.

C’est oublier que l’exercice d’un travail salarié (comme la lecture d’un livre ou la visite d’un musée) exige concentration, discipline, volonté, estime de soi, envie de se surpasser… toutes choses qui ne vont pas de soi mais s’acquièrent à travers l’éducation et la famille. De là les taux de chômage massifs que connaissent certaines banlieues… De là aussi le manque d’appétence de leurs habitants pour la culture.

Trahison des élites

La fracture nationale fait au moins l’affaire des classes supérieures qui tirent parti de leurs atouts (éducation, héritage) pour renforcer leur position sociale comme le démontre le chercheur Éric Maurin (*).

Dans les «ghettos blancs» du VIIe arrondissement, de Neuilly, de Saint-Germain-en-Laye ou Chevreuse… les privilégiés considèrent avec détachement les troubles qui agitent le reste du pays. Qu’ont-ils à craindre ?… De l’École Alsacienne au lycée Henri IV, leurs enfants bénéficient d’un parcours fléché qui leur garantit de conserver leur statut social et les préserve de tout mélange. Les revenus de ces classes supérieures progressent à qui mieux mieux tandis que les classes moyennes voient les leurs stagner ou régresser sous le fardeau d’un État boulimique et impotent.

À l’autre extrémité de l’échelle sociale, les enfants des classes populaires et immigrées n’ont plus guère l’espoir d’accéder un jour aux premières places de la fonction publique et des grandes entreprises. Depuis un quart de siècle, l’ascenseur social est en panne et les clivages culturels, religieux et linguistiques qui se mettent en place rendent plus minces encore leurs chances de promotion…

L’Europe et l’immigration

4/4 – Illusions fatales

Ce dessin de Plantu (Le Monde, 8 novembre 2003) exprime le rêve de la bourgeoisie européenne : dépouiller le tiers monde de ses trop rares «cerveaux» pour maintenir à bon compte son propre niveau de vie.

– Rêve immoral : en désertant leur pays, les travailleurs qualifiés et les diplômés contribuent à l’enfoncer dans la misère (*).

Ce phénomène est perceptible dans la dégradation accélérée des systèmes de santé en Afrique, ainsi que le note Nelson Mandela lui-même (*). Et ce n’est pas le dévouement de quelques «French doctors» qui peut compenser la fuite massive des infirmières et des médecins du tiers monde.

– Rêve illusoire : de fait, la très grande majorité des immigrants qui affluent en Europe par-dessus la Méditerranée ou le Bosphore n’ont pas de qualification professionnelle. Ils sont exclus des emplois légaux et grossissent l’économie souterraine (travail au noir, réseaux esclavagistes…), à moins qu’ils ne se cantonnent dans des emplois précaires (vigiles, nurses, aides-ménagères…).

Quant aux diplômés du tiers monde qui quittent leur pays, ils choisissent unanimement les États-Unis et le Canada, assurés de pouvoir y travailler et développer leurs talents dans d’excellentes conditions et sans restrictions administratives (la moitié des 180.000 immigrants qu’a reçus le Canada en 2005 avaient un niveau d’études supérieures. Sans commentaire !).

Le chancelier Gerhard Schröder a tenté en 2000 de faire venir en Allemagne 20.000 informaticiens indiens («Vieux peuple riche, qui n’aime pas plus les enfants que son passé, cherche désespérément jeunes diplômés déjà éduqués pour pourvoir à sa retraite», semblait-il annoncer). Sa tentative a fait long feu et n’a freiné en rien les entrées illégales…

Il en va de même du système de quotas professionnels proposé par Nicolas Sarkozy (l’«immigration choisie») : il ne change rien au regroupement familial, à l’asile politique et à l’immigration clandestine de jeunes gens sans qualification ; il ajoute à ces filières d’immigration une filière de recrutement sur dossier, avec un effet d’entraînement sur les autres (les travailleurs, une fois installés dans leur pays d’accueil, feront venir leur famille et beaucoup de leurs enfants galèreront comme leurs prédécesseurs).

«Immigration choisie» et chômage de masseAu nom de l’«immigration choisie», Nicolas Sarkozy, candidat aux présidentielles de 2007, a promis un visa aux Sénégalais qui pourraient se prévaloir d’une qualité d’«étudiant», de «sportif» ou d’«artiste», autant dire à toute la jeunesse du pays ! Entré à l’Élysée, il ouvre en janvier 2008 les frontières aux travailleurs étrangers, régularise les travailleurs clandestins et amnistie leurs employeurs suivant les recommandations de Jacques Attali, l’ancien «électron libre» de François Mitterrand, qui préconise de porter à 500.000 le nombre d’immigrants annuels (L’Express, 24 août 2006).

Qu’en penser ? Des démographes mandatés par l’ONU ont publié en 2000 un rapport mi-sérieux, mi-ironique où ils faisaient valoir que la France aurait besoin de 25 millions d’immigrants d’ici 2025 pour combler les postes vacants dans les entreprises… en l’absence de toute réforme d’envergure et à supposer que l’on trouve dans le tiers monde les compétences indispensables aux besoins d’une économie moderne. Il va de soi que l’entrée d’un aussi grand nombre d’immigrants ruinerait les fondations sociales, historiques et culturelles de la France et de l’Europe, et l’on comprend le désarroi des citoyens auxquels leurs leaders présentent cette éventualité comme une chance à saisir !

Plus prosaïquement, l’«immigration choisie» comble les voeux de nombreux patrons désireux d’obtenir rapidement et à moindres frais une main-d’oeuvre pas trop exigeante. Mais elle se heurte à l’intérêt général en dissuadant les employeurs et les laissés-pour-compte des banlieues ethniques de faire les uns et les autres des efforts pour se rapprocher. Il est antinomique de faire venir de l’étranger des laveurs de carreaux, des infirmières ou des bûcherons et de prétendre résorber le chômage massif chez les jeunes Français issus des précédentes vagues de travailleurs immigrés.

Fatalité ? Non, facilité !Il est convenu de juger inévitable le recours massif à une main-d’œuvre étrangère, qualifiée ou non, pour le développement des économies occidentales. Ce jugement appelle toutefois quelques interrogations.

Les dirigeants européens lorgnent sur les scientifiques du tiers monde mais ne devraient-ils pas commencer par se donner les moyens pour éviter que leurs propres scientifiques ne s’installent au Canada ou aux États-Unis ?

Les petits (et grands) patrons de la restauration jurent leurs grands dieux qu’ils ne trouvent personne à qui confier leur plonge ou même leur cuisine en-dehors d’Africains de la brousse n’ayant jamais touché la queue d’une poêle. Comment est-il possible dans ces conditions que McDonald’s arrive à recruter des jeunes dans les banlieues ou les milieux estudiantins pour des travaux similaires ?

Les petits (et grands) patrons du bâtiment expliquent de la même façon qu’ils ne trouvent personne pour les emplois de manœuvres ou même de maçons et doivent recourir à des travailleurs africains. Mais comment se peut-il que les centres de tri d’ordures ménagères arrivent à recruter du personnel dans les milieux populaires pour des travaux autrement plus pénibles ?…

Les sociétés de gardiennage recourent désormais de façon presque systématique à des immigrés africains… mais les entreprises de logistique trouvent bien à employer des jeunes Français dans des tâches autrement plus éprouvantes. Et que dire des musées ? La plupart, y compris les plus prestigieux, confient désormais la garde de leurs salles à des personnes étrangères qui souvent maîtrisent à peine la langue française…

Ces incohérences donnent à penser que les employeurs ne sont pas victimes d’une quelconque fatalité mais succombent seulement à la facilité, au détriment de l’intérêt national (et au détriment des pays d’émigration).

Le tonneau des Danaïdes

Les budgets publics (éducation, social, logement) explosent devant l’arrivée continue de familles du tiers monde. En France, l’administration s’est déchargée sur des «associations de terrain» de la gestion au jour le jour des difficultés, en combinant subventions et actions caritatives.

Remède à courte vue et tonneau des Danaïdes, l’action sociale en faveur des néo-Européens et la «discrimination positive» présentent plusieurs inconvénients lourds de menaces :

– encouragement de l’immigration jusqu’à épuisement des ressources publiques,

– paupérisation des classes moyennes, des classes laborieuses et des immigrés les plus anciens, appelés à se sacrifier pour de plus pauvres qu’eux (combien de jeunes ménages de travailleurs ne s’entendent-ils pas dire qu’ils n’ont aucune chance pour une place en crèche ou un logement social car il y a plus prioritaire qu’eux ?…),

– maintien des immigrants dans l’assistanat, la marginalité et le ressentiment.

Dans les cités où les pouvoirs publics entassent les nouvelles vagues d’immigrants, les jeunes générations ne croisent plus d’Européens en nombre suffisant pour pouvoir s’imprégner du mode de vie et des valeurs du pays d’accueil, si ce n’est les policiers et enseignants recrutés à coups de primes, lointains avatars des fonctionnaires coloniaux d’antan. C’en est fini du modèle national évoqué par Ernest Renan.

Improbable sursaut

On voit mal comment les sociétés européennes pourraient demeurer stables sans une politique à l’opposé de la résignation actuelle, incluant :

– une ferme réglementation du regroupement familial et de l’acquisition du droit de séjour et de la citoyenneté avec en contrepartie de généreuses facilités pour l’obtention d’un contrat de travail par les étrangers (comme avant 1974),

– l’insertion des enfants issus de l’immigration récente grâce à :

1) l’étude, le travail et l’effort personnel, conditions incontournables de la promotion sociale,

2) l’obtention d’un vrai savoir-faire professionnel au lieu de formations «bidons»,

3) l’adhésion à l’Histoire de la France, de Vercingétorix à de Gaulle en passant par Jeanne d’Arc et la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

– une politique familiale aussi résolue qu’à la Libération (1945), avec la possibilité pour les femmes de concilier maternité et emploi sans perte de revenu ni surcharge de travail, car l’immigration ne saurait suppléer sur le long terme au déficit des naissances.

La France n’échappera sans doute pas au retour des internats surveillés ni à l’apprentissage dès 14 ans (au lieu de 16) pour lutter contre la déscolarisation (pourquoi pas aussi des études surveillées dans les écoles jusqu’en fin de soirée pour dissuader les enfants de traîner dans les rues, selon une suggestion de feu Françoise Dolto ?).

Un service civique obligatoire et universel devrait compenser la suppression hâtive du service militaire, qui était le seul lieu où les jeunes déclassés pouvaient rencontrer des Français d’autres milieux que le leur. Ce service civique devrait privilégier les échanges entre jeunes Français(es) de milieux différents, les plus favorisé(e)s instruisant les autres (alphabétisation, instruction civique, tenue d’un ménage, apprentissage de la conduite automobile, formation professionnelle…).

En même temps, les responsables européens seront bien avisés d’abolir les barrières et les chausse-trapes administratives qui entravent l’entrée de travailleurs étrangers depuis 1974. Ainsi les chômeurs des pays pauvres pourront-ils travailler en Europe légalement et sans autorisation préalable. Ils pourront nourrir leur famille, avec leur salaire et les allocations familiales, sans avoir besoin de la faire venir auprès d’eux. En revenant chez eux, ils contribueront au développement de leur pays avec leurs économies, leur pension de retraite et le savoir-faire acquis en Europe…

Mais plus les années passent et plus devient difficile, dans une Europe à bout de souffle et d’inspiration, l’arbitrage entre une politique de l’urgence (réduire les explosions sociales à coup d’allocations supplémentaires) et un investissement en faveur de la jeunesse dont on ne verrait les fruits qu’au terme d’une à deux décennies.

L’Histoire s’écrit dans les berceaux. En brisant la chaîne des générations, les Européens se préparent des lendemains dramatiques… À moins d’un sursaut miraculeux comme il s’en est déjà produit dans le passé…

6 Responses to Bien-pensance: Les trop bons comptes de l’immigration (France’s true immigration costs)

  1. Thot Har Megiddo dit :

    «Avec la fin de la mixité sociale s’est mise en place la fin de la mixité ethnique. » (J. Dray).

    Fumisterie. Fumisterie également le fait d’attribuer aux lois de 1974 sur l’immigration le début d’une immigration massive qui avait en réalité commencée sous Pompidou. Mais surtout, il y a un énorme mensonge : le problème principal n’est pas l’immigration, mais les valeurs des immigrés. Les Russes les Polonais les Espagnols les Portugais les Arméniens ou les Vietnamiens ne sont pas opposés aux valeurs judéo-chrétiennes historiques de la France, que ce soit à propos de la nourriture, de la façon de rendre la justice, de la liberté religieuse, ou du statut de la femme. Aucun ne considère les gens ne partageant pas ses convictions religieuses de pervers, criminels, menteurs, stupides… (Le Coran). À la base de toute civilisation il y a un système de pensée qui se traduit par une religion et ou une philosophie. Il est interdit de dire que le système de valeurs de l’islam est en totale contradiction avec celui de l’Occident qui ne se veut surtout plus Chrétien. La France n’a pas de problèmes d’immigration, elle a un problème avec l’islam, cette religion encensée par des intellectuels pour qui tout vaut mieux que le christianisme et sa morale sexuelle contraignante.
    Quant aux États-Unis et au Canada qui se vantent de réussir à intégrer les musulmans, plus le nombre de ceux-ci va augmenter, plus ils vont déchanter. Le modèle britannique d’immigration le montre, et pourtant il n’est pas basé sur le système français. Parmi les fanatiques et terroristes de l’islam, on trouve également des ingénieurs et des médecins, certains mariés à des blondes aux yeux bleus d’Occident.

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  2. Thot Har Megiddo dit :

    Il s’agit de se demander si la raison est oui ou non au principe de toutes choses et à leur fondement. Il s’agit de se demander si le hasard et la nécessité sont à l’origine de la réalité, si donc la raison est un produit secondaire fortuit de l’irrationnel, et si dans l’océan de l’irrationalité en fin de compte elle n’a aucun sens ou si au contraire ce qui constitue la conviction de fond de la foi chrétienne demeure vrai ». Et le pape ajoute : « Permettez-moi de citer Jürgen Habermas, philosophe juif ». « Par l’autoconscience normative du temps moderne, le christianisme n’a pas été seulement un catalyseur. L’universalisme égalitaire, dont sont nées les idées de liberté et de solidarité, est un héritage immédiat de la justice juive et de l’éthique chrétienne de l’amour. Inchangé dans sa substance, cet héritage a toujours été de nouveau approprié de façon critique et de nouveau interprété. Jusqu’à aujourd’hui il n’existe pas d’alternative à cela ». Benoît XVI
    http://www.drzz.info/article-islam-occident-benoit-xvi-de-ratisbonne-aux-bernardins-par-a-r-arbez-62455552.html

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  3. Thot Har Megiddo dit :

    Le deuxième commentaire ci-dessus est du Père Arbez

    « 3) l’adhésion à l’Histoire de la France, de Vercingétorix à de Gaulle en passant par Jeanne d’Arc et la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. »: y compris à Charles Martel?

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  4. jcdurbant dit :

    « Surtout, il y a un énorme mensonge : le problème principal n’est pas l’immigration, mais les valeurs des immigrés. Les Russes les Polonais les Espagnols les Portugais les Arméniens ou les Vietnamiens ne sont pas opposés aux valeurs judéo-chrétiennes historiques de la France, que ce soit à propos de la nourriture, de la façon de rendre la justice, de la liberté religieuse, ou du statut de la femme. (…) La France n’a pas de problèmes d’immigration, elle a un problème avec l’islam, cette religion encensée par des intellectuels pour qui tout vaut mieux que le christianisme et sa morale sexuelle contraignante. (…) Quant aux États-Unis et au Canada qui se vantent de réussir à intégrer les musulmans, plus le nombre de ceux-ci va augmenter, plus ils vont déchanter. »

    Tout à fait d’accord, mais même si effectivement il n’ose pas pousser jusqu’au bout son raisonnement, je pense que cet article dit des choses intéressantes.

    De même pour les EU et la GB qui, avec respectivement moins d’un et de 3% d’immigrés musulmans contre 10 pour la France) croient qu’ils peuvent encore se payer le luxe de la politique de l’autruche …

    Voir à nouveau:

    Cette immigration est de loin la plus importante et la plus pernicieuse car les femmes concernées et leurs enfants sont voués à la relégation dans des logements sociaux avec peu d’espoir d’assimiler un jour les valeurs et le mode de vie du pays d’accueil. L’assimilation est d’autant plus utopique que la majorité des enfants d’immigrants reviennent dans le pays d’origine de leurs parents pour y prendre un conjoint (98% des jeunes Turcs de France seraient dans ce cas). Chaque nouvelle génération effectue ainsi un retour à la case départ, vidant de son sens le concept de «deuxième ou troisième génération». Avec pour conséquence l’émergence de sociétés séparées et d’une ségrégation de fait…..

    La riche culture que les Français ont reçue en héritage est confrontée au développement d’une contre-culture archaïque (rejet de l’école, vocabulaire primaire, violence gratuite). Les chansons des rappeurs de banlieue expriment sans équivoque la montée de la haine. Ces paroles d’un racisme outrancier valent à leurs auteurs la compréhension énamourée de la bourgeoisie, comme si le mal-vivre excusait toutes les violences, y compris l’apologie du racisme et du meurtre ! (…) Ces violences sont attisées par l’attitude de la classe dominante, blanche, bourgeoise et bien-pensante. Celle-ci dénigre sa propre Histoire et jette Napoléon, Corneille et La Fontaine dans les poubelles de l’Histoire. Elle prive les nouveaux-venus d’un modèle dont ils pourraient tirer fierté.Elle «victimise» d’autre part les pauvres diables en peine de s’insérer dans le pays où ils ont cherché refuge.

    Il va de soi que l’entrée d’un aussi grand nombre d’immigrants ruinerait les fondations sociales, historiques et culturelles de la France et de l’Europe, et l’on comprend le désarroi des citoyens auxquels leurs leaders présentent cette éventualité comme une chance à saisir !
    André Larané

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  5. Thot Har Megiddo dit :

    Même si il y avait une classe moyenne, une bourgeoisie aisée, une adhésion à l’histoire du pays, une égalité des chances pour tous, cela ne changerait rien: cf Liban, Syrie, Égypte, et de plus en plus Asie centrale. L’économie et le social n’expliquent pas tout. L’islam s’est bâti quasi exclusivement sur la conquête violente, violence à l’image de celle de son fondateur. Comment un musulman pourrait-il tirer fierté de Jeanne d’Arc qui était une « associatrice » d’après le Coran ?

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  6. jcdurbant dit :

    A l’heure où, au nom de la laïcité, une crèche de Noël se voit interdite par un tribunal administratif français …

    Et où l’Administration du premier président américain du tiers-monde semble s’intéresser de très près à nos minorités

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