Société: Retour sur cette violence que l’on ne veut plus voir (Will fire-playing France finally get burned?)

21 octobre, 2010
French rioting
West Bank on the Left Bank. Foreign policy
L’agonie d’une croyance est toujours convulsive, nécessitant des rites. La réalité contraint le peuple français, sur certaines de ses croyances, à un travail de démythologisation. Paradoxalement, et à son insu, le mouvement social de cet automne accomplit ce travail. Ainsi, les imposantes manifestations de ces derniers temps sont-elles, malgré les couleurs vives des banderoles, la gaieté des chants et des rythmes musicaux, des cortèges funèbres : ils portent à sa dernière demeure, le grenier de l’histoire, un mythe social bien français, la retraite. Robert Redeker
Dans l’écrasante majorité des cas, les vandales ne sont pas extérieurs au mouvement protestataire. Il s’agit d’abord de lycéens eux-mêmes, voire de collégiens âgés de 12 ans à peine…Haut fonctionnaire
L’un des «casseurs» a même oublié le cahier de correspondance de son lycée dans une parfumerie mise à sac à Saint-Denis par quarante inconnus. Âgé de quinze ans et inconnu des services, il a été interpellé le lendemain à six heures à son domicile. Plus tôt, une autre bande s’en est prise à une boulangerie… pour rafler des bonbons. Le Figaro
Dans les manifestations, lycéens et collégiens issus des quartiers difficiles se transforment en casseurs. Ils mettent leur capuche et commencent à nous caillasser ou à incendier des poubelles, voire des voitures. Puis ils reviennent se fondre dans la masse des cortèges, certains échangeant leurs vêtements pour ne pas être reconnus sur les vidéos prises par nos services.
C’est toute la difficulté de ce mouvement. Certains profs militants ont poussé les élèves dans la rue et les gamins les plus fragiles, parmi lesquels beaucoup de filles, font n’importe quoi. Officier de police.
N’ayant jamais travaillé, ces squatters se sentent peu concernés par la réforme des retraites, qui n’est qu’un prétexte pour briser du flic et s’en prendre à l’État capitaliste et impérialiste. Policier (sur les «anarcho-autonomes», qui s’invitent en queue de cortège)
Alors que lundi les groupes les plus agités comprenaient plus de lycéens que de voyous des cités, mardi, ce sont surtout les casseurs bien connus des services de police qui se sont illustrés. Préfet (sur la multiplication des vols à l’arraché ou à la portière autour des manifestations, notamment, des passagers de taxis) …
La violence est le fait social fondamental, elle est la condition primordiale de la coexistence des hommes, ce contre quoi la vie collective doit en permanence lutter pour se maintenir. Or la violence est partout. Comme le pouvoir, dont Michel Foucault a montré qu’il n’était pas réduit à la seule figure polaire du souverain surpuissant, mais que, par capillarité, il s’insinue dans toute l’épaisseur des rapports sociaux, on peut dire de la violence qu’elle est dense dans la société. Violence et domination entre patrons et employés, violence et domination entre représentants et représentés, violence et domination entre chefs et subordonnés, entre clients et fournisseurs, professeurs et élèves, propriétaires et locataires, curés et ouailles, et, hors de toute dénivellation hiérarchique ou sociale, entre concurrents, entre collaborateurs même – et jusque dans le couple amoureux ou entre deux amis. La violence ne règne pas seule dans les rapports sociaux, elle n’y a pas toujours le dessus, mais elle les hante tous. C’est pourquoi elle est le péril social par excellence, le ferment de la décomposition explosive des groupes, leur menace permanente. Parce qu’elle a cette profondeur, parce qu’elle est inscrite comme possibilité au cœur même des rapports engendrés de la coexistence des hommes, les groupes n’ont pas d’autre choix que de « faire avec ». Son essentialité rendant tout à fait impossible la solution qui rêverait de l’extirper définitivement, ne restent disponibles que les diverses voies de son accommodation, c’est-à-dire des mises en forme qui la rendront supportable. Lutter mais dans des jeux sociaux et selon leurs règles instituées, s’efforcer de triompher mais dans des compétitions socialement organisées, conquérir mais dans les formes admises de la conquête, telles sont les stratégies de sublimation et de symbolisation qui peuvent seules permettre aux groupes de persévérer en dépit des pulsions violentes de leurs membres.
C’est peut-être en politique, c’est-à-dire quand il s’agit de s’emparer de l’imperium et d’occuper la place d’où l’on décide pour tous, que la violence est potentiellement portée à son comble… et que les dispositifs de son accommodation sont les plus nécessaires. C’est en pensant à ce travail civilisationnel de la mise en forme qu’on peut trouver la démocratie le plus admirable des régimes – et non pas en cédant au lyrisme des droits de l’homme ou aux illusions du sujet-électeur libre et souverain. Pour tous ceux qui ne sont pas décidés à croire aux miracles de la représentation, aux fictions électorales de la souveraineté des citoyens libres et égaux, ou à l’immaculée conception de la volonté générale, il reste que la démocratie s’offre comme l’un des plus remarquables appareils institutionnels de mise en forme de pulsions parmi les plus violentes puisqu’elles ont pour objet la conquête du pouvoir politique. Aux nécessairement grands violents qui ont l’ambition de s’en saisir, la forme démocratie impose ses compétitions réglées, ses contentions, et ses symbolisations.
Mais qu’on ne s’y trompe pas : en aucun cas elle n’éradique ou ne dépasse la conflictualité politique fondamentale qu’elle n’a pour objet que de faire vivre sous un régime de violence sublimée, supportable par le groupe. La démocratie se transforme en illusion quand certains en interprètent la tranquillité propre comme la possibilité d’oublier l’affrontement. Nous y voilà. Car le centrisme a fait de ce contresens le cœur de sa croyance politique. Prendre la pacification démocratique pour le dépassement de la guerre, c’est commettre la plus tragique des erreurs car on peut être certain que la conflictualité niée ici fera résurgence ailleurs, aussi sûrement que le mal-refoulé est voué à faire retour… c’est-à-dire sous les formes les moins contrôlables et potentiellement les plus monstrueuses. (…)  la violence ne connaît ni les impasses ni les culs-de-sac : barrée ici, elle resurgira là – mais sous quelle forme ? On connaît malheureusement la réponse : la conflictualité privée d’expression « officielle » se trouve toujours des émonctoires, et la violence niée dans le champ politique mainstream s’est logiquement redirigée vers de nouveaux entrants qui se sont précisément donné pour stratégie d’en récupérer le flot à haute pression. Front National est le nom de ce lieu ou s’accumulent et tournoient toutes les colères qui n’ont pas trouvé de débouché ailleurs, c’est-à-dire dans un système politique qui maintenant les nie puisqu’il a décrété que les conflits, archaïques (leur mot préféré), étaient passés de mode, qu’il n’y avait plus lieu de se mettre en colère mais de simplement et paisiblement constater l’inéluctable accord. Frédéric Lordon

Et si on finissait par réveiller l’eau qui dort?

Centaines de lycées bloqués, college incendié, voitures incinérées, pompiers caillassés, mobiliers urbains et commerces mis à sac, affrontements avec les forces de l’ordre, climat insurrectionnel de guérilla urbaine …

Alors que nos cheres tetes blondes dument encagoulées et encapuchonnées pourraient enfin offrir a nos apprentis-sorciers politico-syndicaux l’intifada qu’ils appelaient jusqu’ici de leurs voeux chez les autres …

Retour, avec l’historien Andre Larané, sur cette violence que l’on ne veut plus voir.

D’abord, au sens qu’on ne la supporte plus parce qu’a l’instar de ce paradoxe reperé par Tocqueville pour les droits féodaux, c’est au moment ou elle tend a disparaitre qu’on la voit le plus (notamment chez les autres).

Car, en dépit de  l’effet de saturation du a la multiplication et a la demande de nos medias pour remplir leurs journaux (voir la couverture mediatique du récent arraisonement israelien d’un cargo prétendument humanitaire sans commune mesure avec ce qu’a pu etre en 1943 les pas loin de 2 millions de morts de Stalingrad), elle a bel et bien diminué.

La derniere decennie (avec peut-etre un demi million de victimes contre une moyenne de 2 millions pour les précédentes) se trouvant etre (merci la mondialisation tant honnie chez nous avec, malgré ses indéniables dérapages et derives, son incroyable croissance économique et sa « modernisation » des moeurs et baisse concomitante de la fécondité) la moins violente depuis 1815-1840, mais avec quelque 7 fois plus de population.

Mais aussi, comme le rappelle – tout en tirant les plus douteuses conclusions – tres justement l’economiste antimondialiste Frédéric Lordon, parce que cette violence, fondamentale dans l’espece humaine, est délibérément niée.

D’ou, au-dela de la probable dimension rituelle ou ludique des violences actuelles de nos rues,  les postures contemporaines de mépris de nombre des enfants gatés que nous sommes (dont hélas celles dudit Lordon, a l’instar de l’appel  démagogique et irresponsable de nombre de ses petits camarades de gauche, a la rue contre le Parlement) face aux procédures de la démocratie représentative auxquelles nous devons justement pour une bonne part l’actuelle et relative maitrise de la violence.

L’actuelle baisse, au niveau interieur comme exterieur, pouvant tres bien n’etre si l’on n’y prend garde qu’un répit provisoire, comme le fut probablement, faisant suite  aux guerres napoléoniennes (1 million de morts rien qu’en Europe, de 1804 à 1814) mais avant la guerre civile americaine (600  000 a elle toute seule  ou la guerre chinoise des Taiping : 20 millions !), la décennie 1815-1840.

Ou, apres la génération la plus meurtrière de toute l’Histoire de l’humanité (1914-1947: 100 à 200 millions sur 2 milliards soit soit un taux de 5 à 10%),… la notre justement !

2001-2010 : la décennie la moins violente depuis 1840

André Larané.

Herodote

11 septembre 2010

À l’occasion du neuvième anniversaire des attentats du 11-Septembre, rappelons que ceux-ci, si spectaculaires qu’ils fussent, ont inauguré la décennie la moins violente qu’ait connue le monde depuis très longtemps, avec une baisse très significative par rapport aux décennies antérieures…

Ouvrons le journal, allumons la télé. Nous voilà inondés de mauvaises nouvelles. Serait-ce que le monde va de mal en pis ? Nous avons voulu y voir plus clair et nous avons comparé la violence guerrière actuelle à celle des décennies antérieures, en remontant jusqu’à Napoléon.

En cette première décennie du XXIe siècle, nous recensons trois zones de conflits :

– la région Irak-Afghanistan, où le total des victimes dans les deux camps (de l’ordre de 200.000) demeure environ cinq fois moins élevé qu’au Vietnam, pendant la période 1964-1973,

– le Proche-Orient, où le retentissement médiatique des affrontements est sans commune mesure avec leur violence meurtrière, heureusement très modeste,

– l’Est du Congo, où s’affrontent des groupes tutsis et hutus venus du Rwanda voisin ; peut-être la zone la plus conflictuelle à l’heure actuelle (quelques centaines de victimes civiles chaque semaine), mais à coup sûr la moins médiatique.

Rappelons le drame du Darfour, en voie de résorption (200.000 à 300.000 victimes). Notons aussi la Somalie, un territoire sans gouvernement livré aux bandes et aux pirates, et quelques conflits mineurs (Géorgie).

En marge de ces conflits perdure un «bruit de fond»(émeutes à Lhassa et Maputo, bombes à Madrid et Bilbao, coups d’État ici et là…). Ce bruit de fond alimente l’actualité quotidienne. Il est permanent et plutôt inévitable mais reste marginal en nombre de victimes avec bien moins de cent mille tués dans chaque décennie.

Si intolérables soient-ils, tous ces conflits et drames aboutissent en 2001-2010 à bien moins d’un million de morts au total (plus près de 500.000 que du million).

Le passé plus meurtrier que le présent

Bien plus bellicistes apparaissent les décennies précédentes avec à chaque fois un total de bien plus d’un million de morts (deux millions de morts ou davantage dans la plupart des cas, y compris les années 1990) :

– années 1990 : Tchétchénie, Rwanda et Grands Lacs, Yougoslavie,

– années 1980 : Irak-Iran (un à deux millions de morts), Éthiopie-Érythrée,

– années 1970 : Vietnam, Cambodge, Angola, Bangladesh,

– années 1960 : Chine-Inde, Vietnam, Indonésie, Révolution culturelle (Chine), Congo, Biafra,

– années 1950 : Corée, Indochine, Algérie, Grand bond en avant (Chine)…

Est-il utile de s’étendre sur le début du XXe siècle ? 1939-1945, Seconde Guerre mondiale (50 millions de tués), 1914-1918, Grande Guerre (10 millions de tués), Goulag soviétique, scission indo-pakistanaise etc.

Ce tiers de siècle (1914-1947) apparaît comme la période la plus meurtrière de toute l’Histoire de l’humanité avec 100 à 200 millions de morts violentes sur 2 milliards d’êtres vivants, soit un taux exceptionnel de 5 à 10% de tués en l’espace d’une génération.

1910-2010 : le siècle des extrêmes

Un centenaire de 2010 a traversé la génération assurément la plus meurtrière de toute l’Histoire (1914-1947) et la décennie sans doute la moins violente (2001-2010).

L’accalmie après Napoléon

Il faut en définitive remonter aux années 1815-1840 pour discerner un niveau de violence internationale aussi bas qu’aujourd’hui (moins d’un million de victimes par décennie).

En effet, après les guerres napoléoniennes (1 million de morts rien qu’en Europe, de 1804 à 1814), le monde n’a plus affaire qu’à des conflits mineurs, modérément meurtriers : Amérique latine, Grèce, Serbie.

Mais cette accalmie ne dure pas et les choses se gâtent à nouveau dans les années 1840 en Europe et dans le reste du monde. La Chine entre dans une période de graves turbulences : guerre de l’opium, Taiping (20 millions de victimes), Boxers,… dont elle ne sortira que dans les années 1970.

Dans le même temps, les Occidentaux se lancent dans des entreprises coloniales coûteuses en vies humaines (Indes, Mexique, Afghanistan – déjà -, Algérie, Afrique australe,…) sans parler des guerres internes : guerre de Sécession (600.000 morts), guerre de Crimée etc.

Pour mieux apprécier le faible niveau actuel de violence, considérons qu’il se rapporte à une population mondiale de 6,5 milliards d’êtres humains, tandis que les guerres napoléoniennes ou la guerre de Sécession se rapportaient à seulement un milliard d’êtres humains (le rapport du nombre de tués à la population totale «pèse» d’autant plus dans ce cas).

Une violence devenue insupportable

Après le constat ci-dessus, comment expliquer que nous ayons aujourd’hui le sentiment d’une violence sans pareille?

Sans doute sommes-nous d’autant plus sensibles à la violence que celle-ci est devenue plus rare (paradoxe mis en lumière par Tocqueville à propos des droits féodaux : ceux-ci n’ont plus été tolérés à partir du moment où ils étaient devenus marginaux).

Peut-être aussi sommes-nous victimes d’une forme de saturation médiatique ? Jour après jour, les journaux et la télévision doivent remplir leurs pages et leurs tranches d’actualités, de sorte que l’arraisonnement d’un cargo humanitaire par les Israéliens en vient à occuper autant de pages dans les journaux du monde entier qu’en 1943 la bataille de Stalingrad (2 millions de morts).

Les raisons de la paix

Laissons aux sociologues le soin d’identifier les raisons de la paix retrouvée, si relative soit-elle.

Peut-être sont-elles dans l’incroyable croissance économique dont ont bénéficié les pays asiatiques, sud-américains et dans une moindre mesure, africains et orientaux ? Peut-être dans la «modernisation» des moeurs avec des indices de fécondité qui rejoignent les indices occidentaux en Asie comme au Moyen-Orient ? Serait-on moins porté au conflit quand on a seulement un ou deux enfants et un espoir raisonnable de leur offrir un avenir prospère ?

Quoi qu’il en soit, notre constat rejoint l’analyse prémonitoire de l’historien Emmanuel Todd (Après l’Empire, 2002, Gallimard) sur un monde en voie d’apaisement. Il est de nature à réconforter les hommes et les femmes de paix qui se battent sans trêve dans la vie quotidienne, les gouvernements et les institutions internationales pour étouffer autant que faire se peut les germes de conflit.

Voir aussi:

Le centrisme, erreur anthropologique et Bayrou, vote révolutionnaire

Frédéric Lordon

Mouvements

28 mars 2007

François Bayrou offre peut-être la possibilité de rompre, à son corps défendant, avec l’indifférenciation droite-gauche, c’est-à-dire le déni de la conflictualité fondamentale de la vie politique.

[*Ceci est un exercice. Y voir un « appel-à-voter-machin » serait l’affliger du pire des contresens. Ceux qui, intuitu personae, lancent des appels-à-voter-machin sont d’ailleurs, avec leurs commanditaires quand ils en ont, les seuls à ne pas se rendre compte du ridicule de leur posture – pour ne pas même parler de son absence totale d’effet. Ici, il s’agit d’autre chose. Que veut dire la faveur apparemment incompréhensible dont jouit le candidat centriste ? Quelles tares profondes de notre vie politique révèle-t-elle ? Réponse : l’indifférenciation droite-gauche, c’est-à-dire le déni de la conflictualité fondamentale de la vie politique, auxquels le social-libéralisme, dérivant toujours plus à droite, a si bien œuvré. Qu’arrive-t-il à une société quand sont déniés, car déclarés « dépassés », les clivages structurants de sa conflictualité politique ? Réponse : le retour du refoulé – violent. On peut lire cette analyse sans penser à la conjoncture électorale immédiate. On peut aussi la prolonger dans ce registre pour lui faire donner ses dernières conséquences. Car, paradoxe, portant cette affliction à son degré maximum, le candidat centriste offre peut-être la possibilité d’en sortir – à son corps défendant et en contradiction formelle avec son propre projet, ça va sans dire… Ce texte n’est pas une « consigne autorisée » de plus ; il propose un argument. La seule chose à faire est d’y entrer et de voir jusqu’où on est prêt à le suivre. Si les réactions sont vives, c’est peut-être qu’il aura touché quelque point sensible…*]

On se doute qu’il faut avoir quelques sérieux arguments en stock avant de jeter à la tête d’un mouvement politique la qualification « d’erreur anthropologique »… Si pourtant il y a lieu de l’envisager, c’est parce que l’utopie centriste de réconciliation et de paix politique perpétuelle procède d’un contresens d’une profondeur telle qu’on peut bien dire qu’il touche à des choses si fondamentales de la vie collective qu’elles méritent d’être appelées « anthropologiques ».

Mais que peut bien être cet « essentiel » de l’existence des groupes que le centrisme méconnaît au point qu’on puisse voir en lui, et à rebours de l’image superficielle d’inoffensive modération qu’on en a le plus souvent, un réel péril ? Cet essentiel c’est le problème de la violence. La violence est le fait social fondamental, elle est la condition primordiale de la coexistence des hommes, ce contre quoi la vie collective doit en permanence lutter pour se maintenir. Or la violence est partout. Comme le pouvoir, dont Michel Foucault a montré qu’il n’était pas réduit à la seule figure polaire du souverain surpuissant, mais que, par capillarité, il s’insinue dans toute l’épaisseur des rapports sociaux, on peut dire de la violence qu’elle est dense dans la société. Violence et domination entre patrons et employés, violence et domination entre représentants et représentés, violence et domination entre chefs et subordonnés, entre clients et fournisseurs, professeurs et élèves, propriétaires et locataires, curés et ouailles, et, hors de toute dénivellation hiérarchique ou sociale, entre concurrents, entre collaborateurs même – et jusque dans le couple amoureux ou entre deux amis. La violence ne règne pas seule dans les rapports sociaux, elle n’y a pas toujours le dessus, mais elle les hante tous. C’est pourquoi elle est le péril social par excellence, le ferment de la décomposition explosive des groupes, leur menace permanente. Parce qu’elle a cette profondeur, parce qu’elle est inscrite comme possibilité au cœur même des rapports engendrés de la coexistence des hommes, les groupes n’ont pas d’autre choix que de « faire avec ». Son essentialité rendant tout à fait impossible la solution qui rêverait de l’extirper définitivement, ne restent disponibles que les diverses voies de son accommodation, c’est-à-dire des mises en forme qui la rendront supportable. Lutter mais dans des jeux sociaux et selon leurs règles instituées, s’efforcer de triompher mais dans des compétitions socialement organisées, conquérir mais dans les formes admises de la conquête, telles sont les stratégies de sublimation et de symbolisation qui peuvent seules permettre aux groupes de persévérer en dépit des pulsions violentes de leurs membres.

Le centrisme comme dénégation de la violence politique

C’est peut-être en politique, c’est-à-dire quand il s’agit de s’emparer de l’imperium et d’occuper la place d’où l’on décide pour tous, que la violence est potentiellement portée à son comble… et que les dispositifs de son accommodation sont les plus nécessaires. C’est en pensant à ce travail civilisationnel de la mise en forme qu’on peut trouver la démocratie le plus admirable des régimes – et non pas en cédant au lyrisme des droits de l’homme ou aux illusions du sujet-électeur libre et souverain. Pour tous ceux qui ne sont pas décidés à croire aux miracles de la représentation, aux fictions électorales de la souveraineté des citoyens libres et égaux, ou à l’immaculée conception de la volonté générale, il reste que la démocratie s’offre comme l’un des plus remarquables appareils institutionnels de mise en forme de pulsions parmi les plus violentes puisqu’elles ont pour objet la conquête du pouvoir politique. Aux nécessairement grands violents qui ont l’ambition de s’en saisir, la forme démocratie impose ses compétitions réglées, ses contentions, et ses symbolisations.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : en aucun cas elle n’éradique ou ne dépasse la conflictualité politique fondamentale qu’elle n’a pour objet que de faire vivre sous un régime de violence sublimée, supportable par le groupe. La démocratie se transforme en illusion quand certains en interprètent la tranquillité propre comme la possibilité d’oublier l’affrontement. Nous y voilà. Car le centrisme a fait de ce contresens le cœur de sa croyance politique. Prendre la pacification démocratique pour le dépassement de la guerre, c’est commettre la plus tragique des erreurs car on peut être certain que la conflictualité niée ici fera résurgence ailleurs, aussi sûrement que le mal-refoulé est voué à faire retour… c’est-à-dire sous les formes les moins contrôlables et potentiellement les plus monstrueuses. Cette véritable plaie politique, en quoi consistent l’oubli de la violence à accommoder et la confusion entre conflictualité régulée et conflictualité surmontée, est à l’œuvre dans la société française depuis bientôt deux décennies. Toutes les convergences larvées du social-libéralisme et du libéral-libéralisme gouvernementaux, toutes les alternances sans alternatives, tous les clubs de « raisonnables » qui s’en font le relais dans le débat public, tels les Fondation Saint-Simon (aujourd’hui disparue mais réincarnée), les Cercle Vauban, confondus dans leur projet de faire se rapprocher la gauche intelligente et la droite modérée, ou l’inverse, nourrissent cette calamité, et travaillent à donner pour dépassés les clivages structurants de la violence politique démocratiquement accommodée, telle qu’elle a été remarquablement symbolisée sous la forme de la polarité droite-gauche. Aux innocents les mains pleines : tous ces gens trop heureux de se retrouver subrepticement d’accord sur les grandes orientations de la politique publique, et notamment de la politique économique – pour faire simple : l’Europe de la concurrence, la financiarisation, les orthodoxies budgétaire et monétaire – et n’ayant plus à mettre en scène que des différences secondes, avec d’autant plus d’ostentation d’ailleurs que celles-ci sont tendanciellement évanescentes, œuvrent en fait, mais visiblement sans le savoir, au démantèlement d’un régime historique de régulation de la violence politique… et sans rien lui substituer puisqu’ils sont persuadés de faire « enfin » accéder le pays à un régime d’unanimité coordonnée par la raison experte, un « moderne » au delà du conflit en quelque sorte.

Or la violence ne connaît ni les impasses ni les culs-de-sac : barrée ici, elle resurgira là – mais sous quelle forme ? On connaît malheureusement la réponse : la conflictualité privée d’expression « officielle » se trouve toujours des émonctoires, et la violence niée dans le champ politique mainstream s’est logiquement redirigée vers de nouveaux entrants qui se sont précisément donné pour stratégie d’en récupérer le flot à haute pression. Front National est le nom de ce lieu ou s’accumulent et tournoient toutes les colères qui n’ont pas trouvé de débouché ailleurs, c’est-à-dire dans un système politique qui maintenant les nie puisqu’il a décrété que les conflits, archaïques (leur mot préféré), étaient passés de mode, qu’il n’y avait plus lieu de se mettre en colère mais de simplement et paisiblement constater l’inéluctable accord. Le centrisme porte à son point le plus haut cette tendance néfaste du champ politique mainstream et parachève, à la stupéfaction d’ailleurs de ses principaux protagonistes, PS en tête, la « grande convergence », logiquement accomplie comme « grande dissolution » de tous les clivages. Le ralliement à Bayrou de groupes de hauts fonctionnaires passés par les cabinets socialistes, vrais acteurs de la dérive indéfinie du PS vers le libéralisme, c’est-à-dire véritables opérateurs, quoique méconnus, de la convergence indifférenciatrice, est à cet égard d’une implacable logique. Que pouvait-on attendre d’autre de technocrates parfaitement dépolitisés, c’est-à-dire politiques mais de la pire manière, à savoir sans conscience de l’être, sinon ce réflexe ému de reconnaissance de leur « lieu naturel », et cette expression de bonheur à l’idée de rejoindre enfin, pour parler de nouveau comme Aristote, leur entéléchie politique : un cabinet Bayrou. Certes ils ont, depuis longtemps déjà, le pouvoir socialiste « à leur main », mais, signe supplémentaire de leur rejet de la conflictualité politique, porté jusqu’à l’ulcération, ils ne supportent même plus les moulinets et la rhétorique de gauche du candidat socialiste, pourtant strictement limités aux périodes électorales. Même la comédie de l’affrontement, c’est encore trop…

Le centrisme comme eucharistie laïque

Le pire dans cette affaire tient sans doute au fait que le centrisme peut compter sur le secours de forces collectives très puissantes qui travaillent le corps social en profondeur et sont le co-produit, mais inversé, de la violence fondamentale : les forces du désir de paix. Parce que les individus ont confusément conscience de cette omniprésente violence, la « grande réconciliation » est la plus tenace de leurs fictions consolatrices. L’amour, l’amitié, la famille sont sans cesse imaginés comme des havres de paix, des lieux où il sera possible de se reposer des agressions harassantes de la violence environnante. Un sociologue durkheimien qui passerait par là y ajouterait l’eucharistie dominicale, ce moment où il est explicitement dit que les fidèles communient, c’est-à-dire, on excusera la tautologie, fusionnent, pour un court moment, en une communauté qui suspend les clivages sociaux et délivre des fatigues de la lutte. Quand ils croient à la communion en Dieu, ajouterait ce sociologue, les fidèles communient en fait entre eux. Et ce n’est pas tant l’idée du corps du Christ qui les émeut, comme ils le pensent, mais l’unanimité fusionnelle où ils se trouvent rassemblés, expérience bouleversante à proportion de la prégnance de l’expérience inverse : celle du conflit et de ses tensions. Quand bien même ils sont usuellement recouverts par un quotidien de violences plus ou moins bien sublimées, ce sont là des attracteurs très puissants de la vie fantasmatique collective. Dans certaines circonstances favorables, ils peuvent même passer à une échelle plus large dans la vie sociale réelle. Nous y sommes. Comme « réconciliation de la droite et de la gauche », dépassement des « camps » et au-delà de la guerre partisane, le centrisme c’est la vie politique conçue sur le modèle d’une eucharistie à grande échelle, la transsubstantiation en moins. A ses tenants qui, sans surprise, se revendiquent chrétiens-démocrates, il faudra juste rappeler que vient toujours un moment où la messe est finie et où il faut sortir de l’église. Pour retourner dans le monde social tel qu’il est – c’est-à-dire traversé de conflits…

Mais pour l’heure il y a trop de profits politiques, et trop facilement ramassés, à tenir le discours de l’affect commun pacificateur. Comme si le corps social oscillait entre des états de fatigue et d’énervement, les seconds, qui portent à l’affirmation de puissance et au conflit, semblent en ce moment dominés par les premiers qui donnent l’avantage aux promesses de réconciliation. Il ne faut pourtant pas s’y tromper : cette conjoncture est nécessairement transitoire – elle n’est qu’un temps de pause dans le processus d’accommodation de la violence. Mais, de ces moments de fatigue, les plus habiles savent tirer le parti maximum. Quand elle ne passe pas par le centrisme politique, l’investissement du registre de la morale ou de la charité en est la stratégie la plus typique : contre la politique « qui divise » et fatigue, la morale est reposante puisque réputée productrice de commun et de communauté. Contre la politique qui sépare, dont, sans surprise, la forme la plus dénigrée est la forme partisane – précisément celle qui accommode la violence politique, et à laquelle on sait bien peu gré des immenses services civilisationnels qu’elle nous rend – le caritatif-moral rassemble et rassure la communauté sans cesse inquiétée de ses propres divisions. Il n’est que de voir l’empressement à s’y précipiter de ceux – acteurs, vedettes, philanthropes désireux de faire oublier les spoliations qui les ont enrichis… – dont le business model exige qu’ils restent au contact du plus grand nombre et ne s’aliènent aucune fraction importante de leur « marché ». Il y a toujours foule pour exploiter l’unanimité compassionnelle – mais on attend encore la vedette de cinéma qui se montrera sur un piquet de grève… L’affect commun d’unanimité est un filon. La compassion et le centrisme qui, chacun à leur manière, ont parfaitement compris tout l’avantage de nier les conflits et d’en appeler au « dépassement des clivages », en sont les deux modes d’exploitation les plus caractéristiques.

C’est pour ne pas le voir – ça non plus – que les « centrisateurs », ces non centristes, en général socialistes, qui ne rêvent que du centre, ne saisissent pas l’étrange paradoxe qui fait la fortune de la campagne Bayrou. Car après tout il y a bien quelque chose de surprenant à ce que le candidat centriste tonde la laine sur le dos de ses compétiteurs, et rafle la mise de la convergence indifférenciatrice, à laquelle ces derniers n’ont pourtant cessé d’œuvrer – qui plus est en les faisant passer pour des parangons du système conflictuel ! Il est vrai que le profil extrêmement brutal du candidat de droite aide beaucoup à cette opération dont la principale victime est évidemment Ségolène Royal. Le paradoxe tient donc à ce que le centriste est considéré par le corps électoral comme « solution » possible d’une pathologie politique directement issue de l’indifférenciation droite-gauche… alors même qu’il porte cette indifférenciation à son point culminant ! En d’autres termes, Bayrou est choisi alors qu’il propose en plus pur ce qui tourmente pourtant la société française et lui fait chercher désespérément des solutions autres ! Cherchant de « l’autre », la voilà donc qui se précipite dans le « super même » – faudra-t-il invoquer une sorte de nécessité dialectique bizarre voulant qu’il faille parcourir la courbe de l’indifférenciation jusqu’à l’écoeurement pour qu’il puisse se produire un dépassement ?…

Destructions, auto-destructions et reconstructions (post-)centristes

De fait l’illusion politique du centrisme au pouvoir est vouée à crever, et sans doute assez rapidement – ceci sans même invoquer les difficultés de son équation parlementaire. Car, un paradoxe s’ajoutant à l’autre, le centrisme, heureusement, est à lui-même sa propre vaccine, c’est-à-dire la dose supplémentaire, mais convenablement conditionnée, d’agent pathogène qui va tuer l’agent pathogène. C’est pourquoi paradoxalement il faut l’encourager ! En effet les solutions politiques qu’il se propose de mettre en œuvre sont aussi ineptes que celles qui les ont précédées – en fait, à peu de choses près, ce sont simplement les mêmes. Aussi, ne touchant à rien de ce qui produit conflits et colères depuis deux décennies, à savoir les formidables tensions qu’imposent au corps social les contraintes de la mondialisation parfaitement acceptées, et même mieux : intégrées, par la grande alliance des raisonnables, le centrisme de gouvernement est voué à lui voir revenir en pleine face la violence déniée que ré-engendre perpétuellement une configuration du capitalisme elle-même d’une violence inouïe – à laquelle vrais et faux centristes sont bien décidés à ne surtout pas s’attaquer de front. Cette anticipation pénible ne doit pas pour autant conduire à considérer que le vote Bayrou serait une expérience politique consentie avec légèreté, aux frais des catégories sociales les plus exposées à cette violence-là – n-ième variation sur le thème des conseilleurs qui ne sont pas les payeurs. Car, à ces catégories-là, l’alternative social-libérale n’offrira strictement rien de mieux. Y aura-t-il un plan social de moins avec Royal qu’avec Bayrou ? Y aura-t-il un jeune de banlieue de moins maltraité par la police de Royal que par celle de Bayrou ? Y aura-t-il un sans papier de moins reconduit à la frontière dans des charters Royal que dans des charters Bayrou ? Y aura-t-il une suppression de poste de prof, de chercheur, d’infirmière de moins, une fermeture d’hôpital de moins, une privatisation de moins – une résistance au néolibéralisme de plus – sous présidence Royal que sous présidence Bayrou ? Poser ces questions, c’est y répondre – et par là prendre la mesure du degré d’échouage où se trouve rendu le parti socialiste. Neutre du point de vue des politiques publiques, la candidature Bayrou ne l’est cependant pas du point de vue de ses effets dans le champ politique. Car, le pathétique joker épuisé et l’illusion du renversement du même par le même volatilisée, c’est peut-être cette fois l’indifférenciation politique elle-même qui viendra en accusation, et ceci d’autant plus que la dénégation de la convergence social-libérale aura volé en éclat dans l’instant même où entrera au gouvernement de Bayrou un wagon de sociaux-démocrates, décidés par l’opportunité historique à joindre enfin le geste à la parole – car ils y pensent tellement fort et depuis si longtemps ! Mais faire sous Bayrou ce qu’ils auraient fait sous Royal, ce ne sera pourtant pas tout à fait la même chose. Car d’une part l’électorat socialiste enfin dessillé saura désormais à quoi s’en tenir. Et d’autre part, il y a fort à parier que le PS ne résistera pas à la combinaison, il est vrai léthale, d’un nouvel échec au premier tour suivi d’une sécession d’une de ses fractions ralliant l’expérience « historique » centriste. Or, redisons-le, à politiques publiques invariantes, l’élection de Bayrou à la place de Royal a pour vertu de mettre le champ politique sens dessus dessous. A supposer qu’il en reprenne le motif, Bayrou ne réduira pas la fracture sociale d’un iota, mais pour la fracture politique, pardon ! on peut compter sur lui : ouverte, et pas qu’un peu. Or jusqu’ici la seule perspective de remise en mouvement des structures politiques résidait dans l’arrivée du FN au pouvoir, événement dont la probabilité suffisamment faible demeurait, en fait, la meilleure garantie de la reproduction du mainstream – il n’est que de voir les empressements à sécuriser pour Le Pen la place de troisième homme… inoffensif. Un Bayrou met à bas tous ces calculs, et sort le champ politique de sa glaciation pour lui faire connaître une salutaire débâcle, qui plus est – et c’est un immense mérite – dans des formes incontestablement moins répugnantes que s’il s’agissait d’en passer par un Le Pen.

La gauche de gouvernement ayant, ces deux dernières décennies, déserté avec constance son rôle politique historique, et démontré son incapacité à se reconstruire en dépit même des gifles électorales les plus retentissantes (22 avril 2002, 29 mai 2005), force est de constater que son maintien dans l’existence est maintenant le principal obstacle à la reconstitution d’une vraie gauche. Ce que la reconduction d’un président « socialiste » rend tout à fait impossible, l’élection d’un président Bayrou pourrait le faire avec d’assez bonnes chances de succès : tuer le PS – en fait déjà cérébralement mort – et créer les conditions d’une re-création de la gauche. Résumons nous : Bayrou tue Ségo au premier tour, Sarko au deuxième, le PS au troisième, et lui-même au quatrième… Pour un centriste réputé mollasson, on avouera qu’il ne manque pas d’abattage.

On connaît les préventions dont font généralement l’objet ce genre de stratégies de vote qualifiées au mieux de « révolutionnaires », et le plus souvent de « politique du pire », pour être mieux disqualifiées. Mais précisément : qui est pire que qui ? Bayrou que Royal ? La question est à coup sûr décisive car rien n’est plus détestable que les grandioses calculs politiques en chambre au mépris des populations qui en payeront tous les coûts « intermédiaires » en attendant la réalisation des « bénéfices de long terme » – ces politiques de la patience aux frais d’autrui, dans lesquels, par parenthèses, on reconnaîtra le type même des stratégies social-libérales européennes. Or, pour la première fois depuis très longtemps, la réponse à cette question ôte au « vote révolutionnaire » tout caractère révolutionnaire puisqu’elle rend quasiment nul le « sacrifice » à consentir. Ségolène Royal, candidate de droite par complexion personnelle, d’un parti passé à droite par déviation collective, en tout cas par la fraction de ses élites agissantes – ministres probables, futurs membres de cabinets ministériels, précepteurs « experts », etc. – est hélas aussi à droite que Bayrou, comme l’atteste, outre ce qu’on sait du PS au pouvoir, les tendances de sa propre campagne, entre sa course à l’échalote sur l’identité nationale, ses palinodies sur la loi Fillon (le 1er tour n’est même pas passé…), ses inclinations en matière de mœurs, etc. Seuls le poids des habitudes et une tenace illusion nominale – car c’est une fausse continuité d’appellation qui fait encore, contre toute évidence, prendre au sérieux « socialiste » dans « parti socialiste » – empêchent de prendre acte de cet état politique des choses, et nourrissent encore les résistances quasi psychanalytiques du déni de réalité : « tout de même Bayrou, c’est la droite ; tout de même Royal, c’est la gauche ». Si la première partie de la proposition est incontestable, la seconde n’a plus pour elle que les forces résiduelles, mais néanmoins puissantes, du mensonge à soi-même.

La disparition du PS comme condition de la reconstruction de la gauche

Mais, pour pénible qu’elle soit d’abord, l’abandon de cette fiction devrait en fait être libératrice. Dès lors qu’elle nous soulage de tous les coûts psychiques du fétichisme nominal – « tout de même Royal, c’est la gauche » –, elle nous délivre des culpabilités d’un vote qui n’a en fait rien de révolutionnaire mais tout de rationnel, et nous fait voir plus objectivement les potentialités d’une « situation Bayrou » : (1) à coût équivalent pour les populations qui ne souffriront pas moins avec Royal qu’avec Bayrou ; (2) la présence au pouvoir d’un homme de droite produit au moins, d’emblée, son « bénéfice » classique, à savoir le maintien à bon niveau du pouvoir de mobilisation de la gauche mouvementiste – là où la tétanie de la « solidarité » lui fait avaler toutes les couleuvres de la trahison social-libérale ; (3) mais surtout : le schisme du parti socialiste, dont l’aile droite ne résistera pas à « l’appel historique » de la raison centriste, redonne à la conjoncture politique une fluidité jamais vue en cinquante ans et rouvre des degrés de liberté inouïs qui peuvent seuls produire une reconstruction de la gauche. Car il faut avoir des capacités d’apprentissage singulièrement basses pour continuer d’espérer, contre deux décennies d’expérience, que cette reconstruction pourra s’opérer d’elle-même, qui plus est avec le parti socialiste au pouvoir ! Sauf à tragiquement surestimer les capacités propres des différentes forces de gauche à se réorganiser, comme l’atteste éloquemment la volatilisation de la dynamique pourtant impressionnante du 29 mai, plus encore sous les formidables contraintes institutionnelles imposées par les institutions de la Vème, qui aboutissent à neutraliser de fait le PC et les Verts, ne faut-il pas constater qu’à défaut d’une impulsion dynamique de l’ampleur du « choc Bayrou », il n’est malheureusement qu’une seule force – et encore ! – qui soutienne les mouvements de recomposition à gauche : la montée à des niveaux toujours plus hauts de la souffrance sociale… Ce genre de rude constat a au moins la vertu de relativiser les accusations de « vote révolutionnaire »… et peut-être même d’en inverser la charge ! Le vote révolutionnaire de fait, sinon d’intention, mais en tout cas avec tous ses cyniques attendus, n’est-ce pas plutôt celui qui aboutit, par défaut de perspective stratégique, à laisser les détériorations de la situation sociale « faire le travail » et passer le point critique pour produire un sursaut de gauche ? Le vrai vote révolutionnaire, de ce point de vue, c’est le vote Royal, et pour le coup il n’est pas joli joli…

Les mathématiciens parlent de discontinuité par passage à la limite quand la prolongation d’une tendance à son point ultime a pour effet de la renverser brutalement et au tout dernier moment. Bayrou, évidemment à son corps défendant, s’offre à produire cette discontinuité à la limite du processus de centrisation, de mortelle indifférenciation, non pas de la vie politique du pays, car le clivage droite-gauche n’a rien perdu de sa force objective, mais de la vie de la classe politique du pays, qui, elle, a cessé de prendre ce clivage au sérieux et, ne faisant plus que le parler, moyennant d’ailleurs des oblats verbaux de plus en plus rares, l’a finalement laissé en déshérence. Il s’offre à le faire dans des conditions de tumulte très acceptables et par un processus de restructuration des forces politiques bien civilisé. Comment peut-on imaginer que pareille restructuration, c’est-à-dire pareille revitalisation du clivage droite-gauche, ou plus exactement pareille ré-expression, pareille sortie de la dénégation du clivage droite-gauche, pourrait s’opérer spontanément en l’état actuel du principal responsable de son effacement, à savoir le parti socialiste ? Le constat n’est pas drôle mais on n’y échappera pas : la reconstruction de la gauche ne s’opérera que sur les cendres du parti socialiste. Que des partis anciens doivent mourir pour que du nouveau paraisse, après tout ça n’est pas une découverte, et particulièrement à gauche – il a bien fallu se débarrasser de la SFIO… Or voici que s’annonce un dynamiteur paradoxal, conjoignant des propriétés tout à fait contradictoires : finalement très peu dangereux pour la société, il a néanmoins un pouvoir de destruction réel mais digitalement ciblé – n’est carbonisé que ce qui porte l’étiquette « parti socialiste ». Quand les seules solutions de remise en mouvement prenaient jusqu’ici la figure détestable de l’extrême-droite, voici qu’il s’en présente une plutôt aimable et même probablement assez rigolote – car il va y avoir de la pantalonnade dans l’air… Ça mérite tout de même d’être étudié…

Les utopies de dépassement de la violence sont généralement le passeport pour les plus grandes violences. Qui n’en a vu le niveau graduellement monter dans la société française, et sous les formes les plus variées, dont la plus caractéristique est bien sûr l’ascension continue de l’extrême-droite ? Qui ne voit que la reconduction de l’alternance duopolistique des vrais-faux ennemis politiques, UMP et PS, et particulièrement l’oubli du PS d’être de gauche – une boulette sans doute – intensifie le malaise profond qui vient du défaut d’expression d’un clivage pourtant structurant de la vie politique – structurant parce qu’il est lui-même la solution de sublimation la plus robuste d’une violence fondamentale, dont jamais les sociétés ne se débarrasseront. Par une légèreté dont ils sont hélas accoutumés, les journalistes ont lu le texte de Pierre Bourdieu « Pour une gauche de gauche » comme un appel à « une gauche de la gauche ». Mais il n’en est rien. Qu’il y ait une gauche à la gauche du parti socialiste, ça Bourdieu le savait, et tout le monde avec lui. Mais c’est tout autre chose qu’il appelait de ses vœux : que ce qu’on appelle la gauche fût vraiment, et comme son nom l’indique, de gauche ! Or, que pareille tautologie dût faire l’objet d’un rappel spécifique, c’est bien qu’une évidence s’était perdue en route… Nier qu’il y ait affrontement entre des solutions de droite et des solutions de gauche, ou bien n’y consentir que dans les mots, et de plus en plus faiblement, c’est de fait laisser le terrain aux seules solutions de droite, une fois sur deux à peine ripolinées de « social » – « il faut plus de social » bafouillent gravement les hiérarques socialistes quand se profile le gadin électoral. C’est aussi abandonner tous ceux qui se trouvent d’un certain côté du conflit, et surtout les abandonner à leur propre violence puisqu’elle n’est plus prise en charge par personne. Mais voilà que les inconscients qui ont, sans le dire, et même en feignant le contraire, laissé dépérir le clivage droite-gauche, sont doublés par plus inconscient qu’eux, qui se propose cette fois à haute et intelligible voix de le déclarer officiellement caduc ! Or ce pourrait être le pas de trop, celui qui, au surplus aidé par les reclassements politiques grotesques, mais puissamment révélateurs, qu’il annonce à court terme, pourrait faire retrouver les voies d’une grammaire politique de très longue période, une grammaire de la violence sublimée et mise en forme, du conflit regardé en face, la seule qui puisse nous éviter de verser progressivement dans la violence de moins en moins contrôlée, de plus en plus décivilisée, celle contre laquelle il n’y a plus grand-chose à faire. S’il faut en passer par Bayrou – contre son propre projet ! – pour ré-apprendre à dominer les démons dont nous ne nous déferons jamais, puisqu’ils sont au cœur même de la société des hommes, alors ainsi soit-il !

P.-S.

Il faudrait être singulièrement inconscient pour ne pas voir d’ici l’énormité des malentendus, plus ou moins bien intentionnés, des contresens, des désorientations, peut-être même des haut-le-cœur que ce texte ne manquera pas de produire. Aussi, ses thèses délivrées et tous ses éventuels effets d’incompréhension produits, n’est-il sans doute pas inutile d’en rappeler les véritables intentions. Je n’aurais pas un instant songé à faire part de l’idée d’un vote possible, si celui-ci ne s’était trouvé parfaitement adéquat – mais comme pur instrument – à une analyse que j’aurais pu développer à l’identique hors de toute conjoncture électorale. Mais des opportunités de cette nature ne se présentent pas si fréquemment – la dernière en date remonte à 1981 lorsque Coluche, quoique très consciemment lui, s’apprêtait à mettre le champ politique sens dessus dessous – et c’est sans doute cette rencontre d’une analyse et d’une conjoncture qui m’a décidé à franchir un pas, dont, en principe, je souhaitais bien me garder. Si ceux qu’on appelle les « intellectuels », le plus souvent avec une grande légèreté, ont quelque titre à intervenir en une période électorale, ça n’est sûrement pas pour éclairer les foules de leurs avis souverains, mais pour tenter, si c’est possible, d’apporter à la discussion publique quelques éléments d’analyse. Si l’on voulait bien faire abstraction un instant de l’épouvantail Bayrou, il y a deux choses qui mériteraient d’être vraiment retenues : 1. L’indifférenciation politique, dont le socialisme de gouvernement porte la plus grande part de responsabilité, le parachèvement de cette indifférenciation sous la forme de la dénégation centriste du clivage droite-gauche procèdent, l’une comme l’autre, d’une tragique méconnaissance des nécessités de l’économie générale de la violence. Or, ignorée, celle-ci se venge, et sous des formes qui ne sont parfois pas belles à voir. 2. La perspective d’une recomposition endogène de la gauche (de gauche) est une chimère. On peut bien continuer de la poursuivre, mais dans vingt ans nous y serons encore. Qu’un événement politique aussi considérable, porteur d’une aussi grande impulsion dynamique que le 29 mai 2005, se soit révélé aussi improductif en offre la démonstration définitive. Ce sinistre constat enregistré, on peut dire les choses un peu plus précisément encore : il n’est pas de recomposition possible à gauche tant que le parti socialiste demeurera en l’état. Comme rien n’indique la présence d’aucune force de mutation interne, le dernier service qu’il puisse nous rendre est de disparaître. Et comme, cela non plus, il ne le fera pas de lui-même, il faut qu’un choc venu de l’extérieur l’y « aide ». Jusqu’à présent le seul candidat à l’administration d’un tel choc était Le Pen – et c’était la garantie de la reproduction. Voici qu’il s’en présente un autre. Voilà l’essentiel. Pour le reste, tout est offert à la discussion, et notamment les prémisses de mon argument. Un Bayrou président produirait-il nécessairement la fracture du PS ? Et celle-ci une recomposition à gauche ? Il faudrait être insensé pour l’assurer. Mais une probabilité existe. Or quelle est l’« alternative » ? Royal présidente. C’est-à-dire la reconduction du même – la glaciation de la gauche (la vraie). Mon argument est qu’entre la certitude du même et une probabilité de mouvement, je choisis la probabilité. On pourra discuter aussi des coûts politiques réels, en termes de bien-être des diverses catégories de la population, de substituer Bayrou à Royal – les sous-estimé-je ? etc. A tous ceux dont le sentiment de refus catégorique n’aurait pas été apaisé par le caractère purement instrumental, désubstantialisé, défait de toute adhésion, en fait même radicalement opposé à lui, d’un vote Bayrou, peut-être apparaîtra-t-il qu’entre mille motifs d’être détesté ce texte a au moins une vertu : porter à s’interroger sur le fait qu’on le déteste ! Or c’est sans doute parce que la thèse du « choc externe » oblige à rompre avec les fictions de la recomposition de gauche « par nos propres moyens » qu’il produira cet effet – il est vrai qu’il y a de quoi être attristé. Mais si cet affect triste permettait de poser à nouveau et sur des bases plus réalistes que des espérances cent fois déçues, des incantations cent fois envolées, le débat de la gauche à reconstruire, alors il n’aurait pas été totalement vain.


Yorktown/229e: Attention, une bataille peut en cacher bien d’autres (It seemed as if the strangers were the only defenders of Virginia and America)

19 octobre, 2010
Vous avez été l’arbitre de la guerre. Washington (à Grasse)
Défenseur de cette liberté que j’idolâtre, libre moi-même plus que personne, en venant comme ami offrir mes services à cette république (des États-Unis) si intéressante, je n’y porte nul intérêt personnel. Le bonheur de l’Amérique est intimement lié au bonheur de toute l’humanité ; elle va devenir le respectable et sûr asile de la vertu, de l’honnêteté, de la tolérance, de l’égalité et d’une tranquille liberté. La Fayette (lettre à sa femme,  7 juin 1777)
Jamais la France n’eut un avantage aussi marqué sur l’Angleterre que celui-là. Rochambeau
Oh God, it’s all over. Lord North (The British Prime Minister)
La nation était loin d’être prête pour les éventualités. Un esprit de lassitude et d’égoïsme régnait dans le peuple. L’armée, mal disciplinée et mal payée, était très-inquiète. Les milices de Pennsylvanie et de New-Jersey s’étaient révoltées au commencement de l’année. Le gouvernement était encore impuissant, la Confédération faible, le Congrès inerte, quoique existant toujours. Quand on lit que ce corps était prêt à livrer le Mississippi à l’Espagne, bien plus, à abandonner la reconnaissance expresse de l’indépendance de l’Amérique, comme le préliminaire indispensable des négociations avec la Grande-Bretagne, quand on lit cela, on peut bien se figurer qu’il y avait quelques préparatifs pour se soumettre aux exigences du moment. Le baron allemand de Steuben, qui rassemblait des troupes en Virginie au moment de l’invasion, fut rejoint après par La Fayette, dont les troupes avaient été habillées pendant la marche aux frais de celui-ci. Sur mer, la flotte française était occupée à défendre les côtes contre les envahisseurs. Il semble que les étrangers étaient les seuls défenseurs de la Virginie et de l’Amérique.Samuel Eliot (1856)

Retour, avec le site Herodote en ce 229e anniversaire de la reddition de Cornwallis, sur une bataille de Yorktown qui semble en cacher bien d’autres

Bataille terrestre (siege des troupes de Cornwallis par Rochambeau et Washington) qui se revele en fait etre une bataille navale (victoire decisive de la Baie de Chesapeake contre la Marine britannique puis blocus de Cornwallis par la flotte de l’amiral De Grasse destinée au depart à attaquer la Jamaïque)  …

Conflit nord-americain qui se revele etre simple partie d’un conflit mondial entre, de la mer des Antilles au Golfe du Bengale,  les trois plus grandes puissances du moment autour de leurs empires coloniaux (Nouvelle-France, Antilles, Indes, mais aussi Mediterrannee: Minorque et Gibraltar)…

Victoire officiellement d’insurges americains en realite mines, sans compter les 20% de loyalistes et les 40% d’indifferents, par les mutineries, désertions en masse, trahisons, manque de troupes, armes, munitions,  medicaments, argent et reduits, cinq ans durant avant l’intervention etrangere (Francais, Espagnols, Hollandais, Polonais, Prussiens), a une guerre d’escarmouches

Guerre franco-britannique (mais incluant tant l’Espagne que les Provinces unies) qui, entre deux traites de Paris,  se revele etre la suite ou la revanche d’une guerre quasiment mondiale commencee 20 ans plus tot (Guerre de sept ans ou, pour les Americains, « franco-indienne »), fournissant aux insurges eux-memes leur seule experience militaire et motivation pour une large part de leur revolte (taxes censees contribuer aux frais de guerre et  arret de la colonisation a l’ouest) …

Victoire militaire contre une Grande-Bretagne gardant encore quelque 30 000 hommes sur le terrain et qui, avec la remontee en puissance de la Royal navy (coques en cuivre, nouveaux canons) ne prend d’ailleurs effet que deux ans plus tard (traites de Paris et de Versailles), se revelant etre au bout du compte une victoire financiere par jet de l’eponge d’un Parlement et d’une population anglais atterres par l’accumulation des depenses  …

Capitulation comme traité boudés par les principaux acteurs (Cornwallis se faisant porter malade, Rochambeau passant la main a Washington qui la passe a son second, De Grasse oublié, représentant britannique qui refuse de poser pour le tableau, finalement abandonné, du traité) …

Victoire et evénement fondateur de l’histoire des Etats-Unis qui renforce aussi de fait la présence anglaise en Amérique du nord avec, via l’expulsion de 50 000 loyalistes américains,  la création du Canada anglais

« Victoire » francaise enfin qui verra non seulement son principal artisan défait et meme capturé par ceux qu’ils vient de battre (Grasse a la bataille des Saintes) mais qui par ses couts astronomiques  mais aussi son exemplarité contribuera pour une bonne part a la chute de l’Ancien régime qui l’avait rendu possible comme a bien des révolutions continentales …

19 octobre 1781

Victoire des Insurgents à Yorktown

Camille Vignolle.

Herodote

18 octobre 2010

Assiégée depuis plusieurs semaines, la base anglaise de Yorktown, sur la côte de Virginie, se rend le 19 octobre 1781 aux colons américains et au corps expéditionnaire français du général Rochambeau.

L’assaut final est conduit par le marquis de La Fayette (24 ans).

Suite à cette défaite face aux colons, les Anglais se décident à négocier l’indépendance de leurs Treize colonies d’Amérique du Nord, futurs États-Unis d’Amérique.

Renforts bienvenus

Depuis l’échauffourée de Lexington et leur déclaration unilatérale d’indépendance du 4 juillet 1776, les Insurgents des Treize Colonies anglaises d’Amérique n’avaient remporté qu’une médiocre victoire, à Saratoga, sur l’armée du roi Georges III et les Loyalistes américains fidèles à la couronne.

Les Insurgents ont néanmoins pu convaincre le roi de France Louis XVI et son ministre des Affaires étrangères, le comte Charles de Vergennes, de reconnaître leur indépendance et de signer avec eux une alliance en bonne et due forme. Ils ont aussi obtenu le soutien de l’Espagne et de la Hollande.

C’est ainsi qu’en 1780, Louis XVI envoie outre-Atlantique un corps expéditionnaire de 6.000 hommes sous le commandement du lieutenant général comte Jean-Baptiste de Rochambeau (65 ans)…

Le corps expéditionnaire débarque à Newport et fait sa jonction sur l’Hudson avec les 6.000 soldats américains de George Washington et les volontaires européens de La Fayette.

Cette coalition va assiéger Yorktown où sont retranchés 8.000 Anglais commandés par lord Charles Cornwallis.

Pendant ce temps, non loin de là, dans la baie de Chesapeake, la flotte de l’amiral François de Grasse (la Royale) débarque des armes et des renforts.

Victoire retentissante

Surprise par la Royal Navy, elle coupe les amarres et gagne le large pour l’affronter dans les règles le 5 septembre 1781. L’amiral canonne les mâts des navires ennemis et les entraîne à sa suite jusqu’au milieu de l’Atlantique. Puis, tandis que les Anglais bifurquent vers New York, il revient vers Chesapeake pour prévenir le débarquement de troupes anglaises.

Privée de secours, la garnison de Yorktown n’a bientôt plus d’autre recours que de se rendre. Le général O’Hara, adjoint de Cornwallis, tend son épée au comte de Rochambeau. Mais celui-ci refuse et c’est à George Washington, le chef des rebelles américains, que le vaincu doit remettre son épée et se rendre.

L’Angleterre conserve de solides positions au nord du pays et au Canada. Mais à Londres, les partisans d’un traité de paix prennent désormais le pas sur les jusqu’auboutistes.

Voir aussi:

Articles of Capitulation, Yorktown

(1781)

[The surrender of Cornwallis, arranged in these articles, virtually brought to a close the hostilities in the war between Great Britain and her American colonies, and assured the independence of the United States.]

Settled between his Excellency General Washington, Commander-in-Chief of the combined Forces of America and France; his Excellency the Count de Rochambeau, Lieutenant-General of the Armies of the King of France, Great Cross of the royal and military Order of St. Louis, commanding the auxiliary Troops of his Most Christian Majesty in America; and his Excellency the Count de Grasse, Lieutenant-General of the Naval Armies of his Most Christian Majesty, Commander of the Order of St. Louis, Commander-in-Chief of the Naval Army of France in the Chesapeake, on the one Part; and the Right Honorable Earl Cornwallis, Lieutenant-General of his Britannic Majesty’s Forces, commanding the Garrisons of York and Gloucester; and Thomas Symonds, Esquire, commanding his Britannic Majesty’s Naval Forces in York River in Virginia, on the other Part.

ARTICLE I.  The garrisons of York and Gloucester including the officers and seamen of his Britannic Majesty’s ships, as well as other mariners, to surrender themselves prisoners of war to the combined forces of America and France. The land troops to remain prisoners to the United States, the navy to the naval army of his Most Christian Majesty.

Granted.          1

Article II.  The artillery, arms, accoutrements, military chest, and public stores of every denomination, shall be delivered unimpaired to the heads of departments appointed to receive them.

Granted.          2

Article III.  At twelve o’clock this day the two redoubts on the left flank of York to be delivered, the one to a detachment of American infantry, the other to a detachment of French grenadiers.

Granted.          3

The garrison of York will march out to a place to be appointed in front of the posts, at two o’clock precisely, with shouldered arms, colors cased, and drums beating a British or German march. They are then to ground their arms, and return to their encampments, where they will remain until they are despatched to the places of their destination. Two works on the Gloucester side will be delivered at one o’clock to a detachment of French and American troops appointed to possess them. The garrison will march out at three o’clock in the afternoon; the cavalry with their swords drawn, trumpets sounding, and the infantry in the manner prescribed for the garrison of York. They are likewise to return to their encampments until they can be finally marched off.           4

Article IV.  Officers are to retain their side-arms. Both officers and soldiers to keep their private property of every kind; and no part of their baggage or papers to be at any time subject to search or inspection. The baggage and papers of officers and soldiers taken during the siege to be likewise preserved for them.

Granted.          5

It is understood that any property obviously belonging to the inhabitants of these States, in the possession of the garrison, shall be subject to be reclaimed.         6

Article V.  The soldiers to be kept in Virginia, Maryland, or Pennsylvania, and as much by regiments as possible, and supplied with the same rations of provisions as are allowed to soldiers in the service of America. A field-officer from each nation, to wit, British, Anspach, and Hessian, and other officers on parole, in the proportion of one to fifty men to be allowed to reside near their respective regiments, to visit them frequently, and be witnesses of their treatment; and that their officers may receive and deliver clothing and other necessaries for them, for which passports are to be granted when applied for.

Granted.          7

Article VI.  The general, staff, and other officers not employed as mentioned in the above articles, and who choose it, to be permitted to go on parole to Europe, to New York, or to any other American maritime posts at present in the possession of the British forces, at their own option; and proper vessels to be granted by the Count de Grasse to carry them under flags of truce to New York within ten days from this date, if possible, and they to reside in a district to be agreed upon hereafter, until they embark. The officers of the civil department of the army and navy to be included in this article. Passports to go by land to be granted to those to whom vessels cannot be furnished.

Granted.          8

Article VII.  Officers to be allowed to keep soldiers as servants, according to the common practice of the service. Servants not soldiers are not to be considered as prisoners, and are to be allowed to attend their masters.

Granted.          9

Article VIII.  The Bonetta sloop-of-war to be equipped, and navigated by its present captain and crew, and left entirely at the disposal of Lord Cornwallis from the hour that the capitulation is signed, to receive an aid-de-camp to carry despatches to Sir Henry Clinton; and such soldiers as he may think proper to send to New York, to be permitted to sail without examination. When his despatches are ready, his Lordship engages on his part, that the ship shall be delivered to the order of the Count de Grasse, if she escapes the dangers of the sea. That she shall not carry off any public stores. Any part of the crew that may be deficient on her return, and the soldiers passengers, to be accounted for on her delivery.              10

Article IX.  The traders are to preserve their property, and to be allowed three months to dispose of or remove them; and those traders are not to be considered as prisoners of war.             11

The traders will be allowed to dispose of their effects, the allied army having the right of preemption. The traders to be considered as prisoners of war upon parole.        12

Article X.  Natives or inhabitants of different parts of this country, at present in York or Gloucester, are not to be punished on account of having joined the British army.          13

This article cannot be assented to, being altogether of civil resort.    14

Article XI.  Proper hospitals to be furnished for the sick and wounded. They are to be attended by their own surgeons on parole; and they are to be furnished with medicines and stores from the American hospitals.    15

The hospital stores now at York and Gloucester shall be delivered for the use of the British sick and wounded. Passports will be granted for procuring them further supplies from New York, as occasion may require; and proper hospitals will be furnished for the reception of the sick and wounded of the two garrisons.              16

Article XII.  Wagons to be furnished to carry the baggage of the officers attending the soldiers, and to surgeons when travelling on account of the sick, attending the hospitals at public expense.     17

They are to be furnished if possible.   18

Article XIII.  The shipping and boats in the two harbours, with all their stores, guns, tackling, and apparel, shall be delivered up in their present state to an officer of the navy appointed to take possession of them, previously unloading the private property, part of which had been on board for security during the seige.

Granted.          19

Article XIV.  No article of capitulation to be infringed on pretence of reprisals; and if there be any doubtful expressions in it, they are to be interpreted according to the common meaning and acceptation of the words.

Granted.          20

Done at Yorktown, in Virginia, October 19th, 1781.

Cornwallis,

Thomas Symonds.     21

Done in the Trenches before Yorktown, in Virginia, October 19th, 1781.

George Washington,

Le Comte de Rochambeau,

Le Comte de Barras,

En mon nom & celui du

Comte de Grasse.


Nobel de la paix/2010: Liu Xiaobo sera-t-il l’Obama de la dissidence chinoise? (Only time can reveal the true face of Liu Xiaobo)

18 octobre, 2010

Bower in chief w Chinese PM (Ap. 10)

C’est donc la littérature, les discours d’Obama, que le jury Nobel célébrait... Guy Sorman
Le monde extérieur doit jouer la carte des Iraniens eux-mêmes, ne plus parler aux geôliers mais à ses prisonniers. Il ne faut pas retomber dans le piège du changement de sièges car le jeu de cartes est toujours identique même si les cartes qui sortent sont différentes. Reza Pahlavi
Renforcer les réformateurs modérés encourage les gens à coopérer avec le gouvernement, contribuant à stabiliser la situation politique en Chine et à retarder le moment où le peuple va renverser la dictature. Wei Jingsheng (dissident chinois exilé aux EU)
Le Prix Nobel est pour des gens qui défendent les droits de l’Homme. Il n’est pas de ceux-là. Il trompe les Occidentaux parce qu’ils ne parlent pas chinois. Diane Liu (blog San Mei, Chicago)
We are a group of exiled Chinese overseas writers, and dissidents, who are concerned about and have been participating in the Chinese democracy movement for many years. We have always condemned the persecutory conduct of the Chinese Communist Party (CCP) government, and we are equally opposed to the CCP’s current persecution of writer Liu Xiaobo. However, we do not consider that Liu Xiaobo qualifies as a candidate for the 2010 Nobel Peace Prize. (…) Liu Xiaobo (…) said in his “I have no enemies” statement that the Chinese government “recognizes universal standards of human rights.” This is consistent with his conduct after the Tiananmen movement of 1989. Back then in a speech broadcast across the national television network, he helped the CCP to cover up its massacre during the June 4th movement. Because of these deeds and conduct, he has lost the moral image fit for a Nobel Peace Prize recipient.
The point of dispute among the Chinese dissidents is this: How do we confront the totalitarian rule of the CCP? This dispute divides Chinese dissidents into those who favor change through resistance and those who favor change through cooperation. The former completely negate the totalitarian Communist system, calling for the people to reject dictatorship and establish a democratic government; the latter cooperate with the CCP, hoping to work with it to establish a “democratic system.” The existence of such severe differences among the Chinese dissidents, plus the CCP intelligence operation’s infiltration and buying off, makes the ranks of dissidents highly complex. The current Chinese democracy movement is as chaotic and complicated as the resistance movements before the collapse of the Communist parties in the Eastern European countries. It is our belief that perhaps only time can reveal the true face of Liu Xiaobo as a controversial figure and representative of the “cooperative faction.” Overseas Chinese Concerned with Chinese Democracy
Liu Xiaobo n’a pas constitué de parti, n’a pas agi, il a seulement exprimé ses idéaux et il a été condamné à onze ans de travaux forcés. Cela en dit long sur le pays. Wu (dissident chinois ayant passé presque 20 ans dans les camps de travail chinois, exile a Washington)
Un gouvernement qui n’est pas responsable face à son propre peuple ne peut être responsable face au reste du monde. (…) Ne pas vouloir offenser la Chine signifie qu’ils ne peuvent aider (…)  le peuple chinois à jouir de ses droits (…) Si le monde est indifférent, il porte une grande part de la responsabilité. Bao Tong (ami personnel de Zhao Ziyang)
Tant que le parti ne reverra pas son jugement sur le 4 juin, et ne reconnaîtra pas que c’était un mouvement patriotique et démocratique, la démocratie ne pourra pas avancer ici. Cela veut dire que tout ce qu’ils nous racontent sur la démocratie en marche et les droits de l’Homme ne sont que mensonges. Qi Zhiyong (ancien étudiant ayant perdu une jambe sous les balles le 4 juin)
Le gouvernement chinois ne semble pas être conscient de l’ironie de ses actes, car ses efforts pour étouffer la Charte 2008 ne font que souligner l’incapacité de la Chine à se conformer aux principes mêmes qu’elle avance. Howard Berman (président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, octobre 2009)
Si le juge viole la Constitution et ne connaît pas l’histoire du Parti… et produit des accusations fausses et incorrectes, cela ternira sérieusement l’image du pays et du Parti, et il sera difficile de montrer que la Chine est un pays régi par la loi et une société harmonieuse. Anciens dignitaires chinois (janvier 2010)
Je crois que la liberté d’expression est indispensable partout. Que ce soit dans un pays en train de se développer, ou dans un pays développé. Du reste, la liberté d’expression figure dans notre Constitution. Vous ne savez pas tout sur ce point : en Chine, il y a environ 400 millions d’utilisateurs d’Internet et 800 millions d’abonnés dans le secteur de la téléphonie mobile. Ils peuvent accéder au Web pour exprimer leurs opinions, même les plus critiques. Moi, je me connecte assez souvent et je lis des commentaires très critiques à l’égard du travail du gouvernement, même s’il y en a aussi qui le félicitent. (…) Je dis souvent que la question n’est pas seulement la liberté d’expression ; on devrait surtout créer des bonnes conditions pour critiquer le travail du gouvernement. C’est seulement dans un contexte de supervision et pouvoir critique du peuple que le gouvernement se trouve dans la possibilité d’améliorer son travail et que les fonctionnaires peuvent réellement “servir le peuple”. (…) Le peuple chinois et moi avons la conviction que la Chine continuera à se développer et que les espoirs de démocratie et de liberté du peuple sont irrésistibles. Wen Jiabao (CNN, 03.10.10)
(Cette attribution représente) une occasion en or pour ceux qui, au sein du Parti communiste, souhaitent apporter leur contribution à la transformation historique vers un système démocratique. (…). Les conditions objectives de la réforme sont mûres. La mise en place d’un nouveau système ne signifie pas une révolution violente et un chaos à l’échelle nationale. Le Parti communiste doit se débarrasser de sa vieille voiture, prendre un chemin nouveau et créer un nouvel espace. Jin Zhong (directeur de Kaifang magazine, South China Morning Post, 12.10. 10.)
Si, la Chine est une démocratie. Jin Chunlei (porte-parole de l’ambassade de Chine en France, tribune du Monde, 07.07.10)
This year, the Nobel Peace Prize was again conferred on a dissident and human rights activist like Sakharov, China’s Liu Xiaobo. The Chinese laureate will not be able to travel to Oslo to collect his award in person, as he has just begun serving an 11-year prison term back home for allegedly plotting a coup. History repeats itself: Sakharov could not come to Oslo for his Nobel, either, as he was living in internal exile at the time. (…) It is hard to say whether this year’s award to the Chinese dissident, in keeping with the Solzhenitsyn-Sakharov model, is a harbinger of a new cold war between the West and China. But there can be no doubt that Beijing will take this as an unfriendly, politically motivated gesture. Nikolai Troitsky
Au moment où la Chine réussissait à se faire accepter comme un acteur important sur la scène internationale, où elle développait son « soft power », la décision du comité Nobel la ravale au rang d’un Etat policier ordinaire. (…) Les dirigeants du Parti communiste peuvent-ils accepter longtemps que la Chine soit ravalée au rang de l’Allemagne hitlérienne, ou de la junte birmane, seuls régimes à avoir maintenu un Prix Nobel de la paix en prison ? Peuvent-ils se permettre d’être plus durs que l’Union soviétique de Brejnev et empêcher l’épouse de Liu Xiaobo d’aller recevoir le prix, alors qu’Elena Bonner, l’épouse de Sakharov, avait pu se rendre à Oslo ? Jean-Philippe Béja (chercheur au CNRS et au CERI-Sciences Po)
Est-ce à dire que le pouvoir central serait divisé, entre le président Hu Jintao, plus orthodoxe, et son premier ministre Wen, plutôt libéral ? Ou assiste-t-on à un jeu de rôles, celui du méchant étant dévolu à M. Hu, tandis que le gentil Wen serait chargé de peaufiner le discours attendu par l’étranger pour calmer les tensions ? Les deux hypothèses ne sont pas forcément contradictoires. En tout cas, pour l’heure, il est impossible de répondre. De toute façon, la « démocratie » version Wen ne signifie pas le droit de vote, la fin du parti unique, le pluralisme politique, et l’absence de contrôle étatique sur les médias. Elle vise plutôt à une démocratisation interne au Parti communiste passant par la reconnaissance des « courants » ainsi que par des formes de délibérations publiques associant la population. Cela s’appelle la « voie chinoise ». Martine Bulard (blog diplo)

Non-remise en cause du dogme fondamental du parti unique, refus de condamner clairement le massacre de Tienanmin, déclarations vantant de prétendus progrès dans la democratisation du régime, conditions de détention apparemment de faveur, publications de demi-critiques d’anciens ou actuels pontes  du régime, pétitions d’intellectuels sans leur accord …

Le Comité Nobel vient-il, après le prix des belles paroles de l’an dernier et sous les memes vivats d’un Occident encore une fois unanime, de primer un nouvel Obama de la dissidence chinoise?

Et ainsi, comme tentent de le rappeler de bien seuls dissidents en exil, faire a l’iranienne le jeu de la démocratie Potemkine avec son éternel jeu de factions prétendument modérées et de faux opposants?

Ou, grisés par leurs succès économiques face à l’habituelle pusillanimité occidentale (mais quelle liberté de critique garder quand l’atelier du monde devient aussi le renfloueur de ses banques, voire de son kimchi?), les autocrates chinois seraient-ils, 35 ans après leurs prédécesseurs sovietiques, en train de se fabriquer leur propre Sakharov et ainsi précipiter leur chute?

A letter to the Nobel Peace Prize Committee and Mr. Havel

from Overseas Chinese Concerned with Chinese Democracy

To: Nobel Peace Prize Committee

Copied to:

Dalai Lama

Desmond Tutu

Herta Müller, 2009 Nobel Prize Laureate in Literature

U.S. State Department

U.S. Congress

U.S. National Endowment for Democracy Foundation

U.S. Human Rights Organizations

International Human Rights Organizations

European Parliament

Respected Nobel Prize Committee and Mr. Vaclav Havel:

We are a group of exiled Chinese overseas writers, and dissidents, who are concerned about and have been participating in the Chinese democracy movement for many years. We have always condemned the persecutory conduct of the Chinese Communist Party (CCP) government, and we are equally opposed to the CCP’s current persecution of writer Liu Xiaobo.

However, we do not consider that Liu Xiaobo qualifies as a candidate for the 2010 Nobel Peace Prize. As recently as December 23, 2009, he made a statement entitled “I have no enemies—my final statement” during his trial after being detained for nearly a year. This statement was released to Radio Free Asia and Voice of Germany by his wife on January 21, 2010.

In this statement, he whitewashed the Communist regime’s appalling human rights record and legal system, based on only his own special treatment by the CCP justice system during his detention. He also contradicted himself by first saying that the CCP was criminalizing him for his speech, and then praising the CCP for putting “respecting and protecting human rights” into the constitution, saying that “it is a sign that human rights have become one of the fundamental principles of Chinese law.” Also in this statement, he praised the CCP prison system for its “tender management,” “offering inmates a humane living environment,” and “making them feel warm.”

At the same time that Liu Xiaobo was receiving “tender and humane” special treatment in jail, under the same totalitarian regime, in the same year, under the same legal system, Chinese human rights lawyer Gao Zhisheng and other prisoners of conscience were suffering from brutal tortures as atrocious as electric shocks to the genitals by the police.

Liu Xiaobo clearly knew that the CCP was deliberately giving him special lenient treatment while ruthlessly brutalizing Mr. Gao Zhisheng and other prisoners of conscience. But he still said in his “I have no enemies” statement that the Chinese government “recognizes universal standards of human rights.” This is consistent with his conduct after the Tiananmen movement of 1989. Back then in a speech broadcast across the national television network, he helped the CCP to cover up its massacre during the June 4th movement. Because of these deeds and conduct, he has lost the moral image fit for a Nobel Peace Prize recipient.

As everyone knows, the CCP has always refused to share power with any force outside the government. It also views anyone who demands it to relinquish its dictatorship as “hostile forces.” These “hostile forces” are subjected to brutal persecution by the CCP, regardless of whether the demand was in the form of resistance or gentle suggestions, including Liu Xiaobo’s Charter 08, which tries to persuade the CCP to adopt democracy. Liu’s arrest this time again demonstrates the fantasy that the CCP regime will reform itself and peacefully transition into a democracy. It also shows that Liu Xiaobo’s path of persuasion and advice can only lead to a dead end.

Liu Xiaobo is free to say whatever he wants, but as a public-figure “dissident,” his disregard for facts and open praise for the CCP regime that tramples on human rights, and his attempt to both defend himself and exonerate the CCP, all set a precedent of confounding truth and falsehood that misguides and negatively impacts the Chinese democracy movement.

The point of dispute among the Chinese dissidents is this: How do we confront the totalitarian rule of the CCP? This dispute divides Chinese dissidents into those who favor change through resistance and those who favor change through cooperation. The former completely negate the totalitarian Communist system, calling for the people to reject dictatorship and establish a democratic government; the latter cooperate with the CCP, hoping to work with it to establish a “democratic system.”

The existence of such severe differences among the Chinese dissidents, plus the CCP intelligence operation’s infiltration and buying off, makes the ranks of dissidents highly complex. The current Chinese democracy movement is as chaotic and complicated as the resistance movements before the collapse of the Communist parties in the Eastern European countries. It is our belief that perhaps only time can reveal the true face of Liu Xiaobo as a controversial figure and representative of the “cooperative faction.”

Finally, we would like to clarify that we are opposed to any infringements on freedom and human rights by the CCP. We also consider it illegal to criminalize free speech and persecute and imprison either those who try to bring change through resistance or those who try to achieve reform through cooperation.

Nonetheless, awarding the Nobel Peace Prize to Liu Xiaobo, with his defective image and being a representative of the “cooperative faction,” will have a negative impact on the Chinese peoples’ struggle for human rights, freedom, and democracy.

To inspire the Chinese people currently struggling against the brutal tyranny of the CCP, with respect to the selection of Chinese candidates for the Nobel Peace Prize, we hope that the Nobel Committee will consider those individuals who have made real contributions to the struggle for freedom, human rights and democracy in China. They are, for example,  Gao Zhisheng and Hu Jia who are currently being persecuted by the CCP, and Dr. Gao Yaojie who just fled China to escape persecution.

Sincerely and respectfully yours,

Co-signers:

Bian Hexiang Anti-CCP activist. Member, Central Committee of Chinese

Social Democratic Party; Chairman, The Coalition of Guards For American Values, Inc.; blacklisted by CCP for the pursuit of freedom and democracy in China and support for Fanlun Gong’s struggle against persecution. Now living in New York City, USA.

Huan Xuewen Freelance writer. Passport invalidated by CCP in 1992 for joining overseas independent students and scholars organizations and opposing the 1989 massacre by CCP. Now living in Essen, Germany.

Liu Guohua Anti-CCP activist, Former Associate Professor of Northeastern University, China. Vice Chairman, The Coalition of Guards For American Values, Inc. Now living in New York City, USA.

Liu Xiaodong Freelance writer, Pen name: San Mei. Blacklisted by CCP for supporting and participating in Chinese pro-democracy movements. Now living in Chicago, USA.

Lu Decheng Anti-CCP activist. Sentenced to imprisonment for 15 years for participating in the 1989 Tiananmen pro-democracy movement and defacing Mao’s portrait on Tiananmen with paint-filled eggs; released on parole in 1998. Now living in Calgary, Canada.

Su Junyan Freelance writer. Senior political critic, graduate of Department of History, Beijing University. Persecuted by CCP for expressing political views during the June 4th movement and sentenced to imprisonment; won the United Nations’ political asylum.        Now living in Toronto, Canada.

Tang Boqiao Chairman, China Peace and Democracy Federation. Sentenced to imprisonment for three years for participating and organizing the 1989 pro-democracy movement, and served for 18 months. Now living in New York City, USA.

Wang Gongbiao Human rights activist. Suffered from discrimination by the CCP government due to family origin, persecuted by CCP for free speech, exiled to Australia and won political asylum there. Now living in Sydney, Australia.

Wang Shenglin Chinese dissident, Senior Financial Information Analyst at HSBC. Blacklisted by CCP for supporting and participating in Chinese pro-democracy movements. Now living in Chicago, USA.

Wu Fan Anti-CCP activist. Chief Editor, China Affairs, member of Independent Chinese PEN Centre; member, Coordinating Committee of Chinese Liberal Culture Movement; labeled as a rightist by CCP in 1957, charged as a reactionary and sentenced to imprisonment for 20 years in 1968; served in labor camp for 12 years; released in November, 1979, and then taught in Anhui Teachers College, China. Now living in Los Angeles, USA.

Xiao Hong Freelance writer. Now living in Denmark.

Xiao Jing Manager, Broad Book USA. Rose against CCP for mother’s persecution by CCP for practicing Falun Gong; Canadian citizen. Now living in New York City, USA.

Xiong Yan Participant in the 1989 Tiananmen student pro-democracy movement. Arrested and sentenced to imprisonment on June 14, 1989; released in January, 1991; currently serving in US Army as Army Priest. Now living in Alabama, USA.

Xu Shuiliang Anti-CCP activist. Devoted to Chinese pro-democracy movement from 1973; jailed twice from 1975-1979 and May 1981- May 1991 for supporting and participating in Chinese pro-democracy movements. Now living in New York City, USA.

Xu Yi Associate Professor at University College London, UK. Blacklisted by CCP for supporting and participating in Chinese pro-democracy movements, and denied passport renewal for many years. Now living in London, UK.

Yuan Hongbing Freelance writer, jurist, founder of Chinese Liberal Culture Movement. Arrested by CCP for participating in the 1989 Tiananmen pro-democracy movement; exiled to Guizhou, China; sought political asylum in Australia in 2004. Now living in Sydney, Australia.

Zeng Dajun Teacher. Now living in New York City, USA.

Zhang Guoting Anti-CCP activist, Internet writer. Arrested and sentenced to labor camp in 1960 at age 16, subsequently sentenced to life imprisonment for reactionary crimes, served in prison for 22 years, released in 1982 and fled to Denmark. Now living in Denmark.

Zhong Weiguang Freelance writer. Blacklisted by CCP for publications that point out the problems of Communism and Communist culture, and articles that criticize the CCP government; passport invalidated by CCP in 1997. Now living in Essen, Germany.

Contact persons:

Diane Xiaodong Liu

Email: DianeLiu28@sbcglobal.net This e-mail address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it

Tel: 312-733-8123

Voir aussi:

Second letter to the Nobel Peace Prize Committee

from Overseas Chinese Concerned with Chinese Democracy

October 5, 201

To: Nobel Peace Prize Committee

Date:October 4, 2010

Respected Nobel Prize Committee:

We wrote to you in March this year to express our opinion that Mr. Liu Xiaobo is unsuitable as a candidate for the 2010 Nobel Peace Prize. Our reason is that as early as twenty years ago he collaborated with the totalitarian Chinese Communist Party (CCP) by making a speech on national TV denying CCP’s crime of murdering innocent students in Tiananmen Square.

In January 12th, 2009, nearly one year after he was illegally detained, he made a statement entitled “I have no enemies——my final statement” during his trial in a Beijing court. In this statement, he glorified the CCP’s prison system, and praised the CCP for putting “respecting and protecting human rights” into the constitution, and describing it as “a sign that human rights have become one of the fundamental principles of Chinese law.” His open praise in the last twenty years for the CCP, which has never stopped trampling human rights, has been extremely misleading and influential. Through these deeds he has lost the moral image fit for a Nobel Peace Prize recipient.

Additionally, we would like to inform you of a new development. That is, a letter entitled “Appeal for the Nobel Peace Prize for Liu Xiaobo” that someone recently sent to you has become a scandal, because the authors of the letter put all the names of a list in their possession on the letter as cosigners without their consent. In just a few days a number of people have issued statements on the Internet that their names had been used without their knowledge, and some of them did not even agree that Liu Xiaobo deserved the Prize. As far as we know, the following people have their names put on the letter without their consent: Yang Zi, Bei Ling, Deng Huanwu, Wang Zang, Liu Guokai, Xiong Yan,Zeng Dajun.

Most unfortunately, Ms. Yang Zi, whose name was also unwittingly included, is the wife of the well-known dissident writer Wang Ruowang. Wang wrote a long article over ten years ago criticizing Liu Xiaobo’s collaboration with the CCP. However, nine years after his death, his wife’s name was used to support Liu Xiaobo. In her phone call to the web writer San Mei, Yang Zi expressed her disappointment for the un-consented use of other people’s names, and said that many more than the above-mentioned names were also used without consent. Mr. Bei Ling, whose name was also unwittingly included, is the Chinese translator of Vaclav Havel’s book. In his article “It is freedom, not laureate”, published on September 30, 2010, he said that “I was really unexpected to see myself as a cosigner of a letter with the title ‘Appeal for the Nobel Peace Prize for Liu Xiaobo’, because I had never received from any person or organization a request for my signature on the letter, and I have never signed my name on the letter.”

Attorney Jiang Tianyong from Beijing also issued a statement on October 1, 2010 to withdraw his signature from the appeal letter. In his statement he explained his reason for the withdrawal: “I was deeply disappointed by those who always manage to defame Gao Zhisheng, Hu Jia and Chen Guangcheng when appealing for giving Liu Xiaobo the 2010 Nobel Peace Prize. When even the life or death of Gao Zhisheng is still unknown, when the whole family of Chen Guangcheng is being persecuted even as of today, and when Hu Jia is being imprisoned despite incurable diseases, how can I blow the same horn as those who persistently try to put them down?”

Such acts of using other people’s name without their consent and degrading other imprisoned lawyers is not only cheating the Nobel Prize Committee and the Western world, but also damaging the name of the Chinese dissidents, which makes the image of Liu Xiaobo even worse. We hope the Nobel Prize Committee will become aware of this situation.

Finally, Mr. Liu Xiaobo has been sued in the US Federal Court in a civil rights case, which is filed on August 30, 2010 (see web link at http://dockets.justia.com/docket/new-york/nysdce/1:2010cv06444/367294/)

This law suit has once again made Liu Xiaobo extremely controversial among Chinese dissidents. His nomination has also been questioned by more people.

Based on the afore-mentioned three reasons, we urge the Nobel Committee to seriously consider our opinion, namely, as a highly controversial figure, Mr. Liu Xiaobo has lost the moral image fit for a Nobel Peace Prize recipient.

Sincerely and respectfully yours,

Co-signers:

Bian Hexiang

Anti-CCP activist. Member, Central Committee of Chinese Social Democratic Party; Chairman, The Coalition of Guards For American Values, Inc.; blacklisted by CCP for the pursuit of freedom and democracy in China and support for Fanlun Gong’s struggle against persecution. Now living in New York City, USA.

Huan Xuewen

Freelance writer. Passport invalidated by CCP in 1992 for joining overseas independent students and scholars organizations and opposing the 1989 massacre by CCP. Now living in Essen, Germany.

Liu Guohua

Anti-CCP activist, Former Associate Professor of Northeastern University, China. Vice Chairman, The Coalition of Guards For American Values, Inc. Now living in New York City, USA.

Liu Xiaodong

Freelance writer, Pen name: San Mei. Blacklisted by CCP for supporting and participating in Chinese pro-democracy movements. Now living in Chicago, USA.

Lu Decheng

Anti-CCP activist. Sentenced to imprisonment for 15 years for participating in the 1989 Tiananmen pro-democracy movement and defacing Mao’s portrait on Tiananmen with paint-filled eggs; released on parole in 1998. Now living in Calgary, Canada.

Wang Shenglin

Chinese dissident, Senior Financial Information Analyst at HSBC. Blacklisted by CCP for supporting and participating in Chinese pro-democracy movements. Now living in Chicago, USA.

Wu Fan

Anti-CCP activist. Chief Editor, China Affairs, member of Independent Chinese PEN Centre; member, Coordinating Committee of Chinese Liberal Culture Movement; labeled as a rightist by CCP in 1957, charged as a reactionary and sentenced to imprisonment for 20 years in 1968; served in labor camp for 12 years; released in November, 1979, and then taught in Anhui Teachers College, China. Now living in Los Angeles, USA.

Xiao Hong

Freelance writer. Now living in Denmark.

Xiao Jing

Manager, Broad Book USA. Rose against CCP for mother’s persecution by CCP for practicing Falun Gong; Canadian citizen. Now living in New York City, USA.

Xu Shuiliang

Anti-CCP activist. Devoted to Chinese pro-democracy movement from 1973; jailed twice from 1975-1979 and May 1981- May 1991 for supporting and participating in Chinese pro-democracy movements. Now living in New York City, USA.

Xu Yi

Associate Professor at University College London, UK. Blacklisted by CCP for supporting and participating in Chinese pro-democracy movements, and denied passport renewal for many years. Now living in London, UK.

Yuan Hongbing

Freelance writer, jurist, founder of Chinese Liberal Culture Movement. Arrested by CCP for participating in the 1989 Tiananmen pro-democracy movement; exiled to Guizhou, China; sought political asylum in Australia in 2004. Now living in Sydney, Australia.

Zhang Guoting

Anti-CCP activist, Internet writer. Arrested and sentenced to labor camp in 1960 at age 16, subsequently sentenced to life imprisonment for reactionary crimes, served in prison for 22 years, released in 1982 and fled to Denmark. Now living in Denmark.

Zhong Weiguang

Freelance writer. Blacklisted by CCP for publications that point out the problems of Communism and Communist culture, and articles that criticize the CCP government; passport invalidated by CCP in 1997. Now living in Essen, Germany.

Contact persons:

Diane Xiaodong Liu

Email: DianeLiu28@sbcglobal.net

Tel: 312-733-8123 begin_of_the_skype_highlighting              312-733-8123      end_of_the_skype_highlighting

Voir egalement:

Nobel à Liu Xiaobo: des dissidents chinois en exil critiquent ce choix

La Croix/AFP

11/10/2010 14:35

Des dissidents chinois en exil aux Etats-Unis, dont Wei Jingsheng, ont mis en cause l’attribution du prix Nobel de la paix à Liu Xiaobo, le considérant parfois comme trop modéré, quand d’autres ont salué le courage d’un opposant resté dans son pays.

« Renforcer les réformateurs modérés encourage les gens à coopérer avec le gouvernement, contribuant à stabiliser la situation politique en Chine et à retarder le moment où le peuple va renverser la dictature », a déclaré à l’AFP Wei Jingsheng, considéré comme le père du mouvement démocratique en Chine.

Des « dizaines de milliers » de Chinois méritent le prix, y compris Gao Zhisheng, un avocat spécialisé dans les droits de l’Homme, et Chen Guangcheng, qui a dénoncé les abus de la politique de l’enfant unique, selon M. Wei, qui a passé près de vingt ans dans les geôles chinoises pour avoir réclamé la démocratie.

Libéré après une intervention du président américain Bill Clinton, il vit en exil à Washington. Son nom a circulé par le passé pour le prix Nobel.

Premier citoyen chinois à obtenir le prix Nobel de la paix, l’écrivain Liu Xiaobo, 54 ans, un des auteurs de la « Charte 08 » qui réclamait une Chine démocratique, purge une peine de onze ans de prison pour « subversion ».

Le régime chinois a estimé que lui attribuer le prix de la paix était contraire aux principes du prix Nobel.

Dans une initiative controversée, un groupe de Chinois en exil a écrit une lettre ouverte au comité Nobel affirmant que Liu ne le méritait pas. Wei ne faisait pas partie des signataires.

Diane Liu, qui tient un blog sous le nom de San Mei, et a aidé à rassembler les signataires, accuse Liu de négliger la répression du mouvement spirituel Falun gong, interdit depuis 1999.

« Le Prix Nobel est pour des gens qui défendent les droits de l’Homme. Il n’est pas de ceux-là », affirme Mme Liu, qui vit à Chicago. « Il trompe les Occidentaux parce qu’ils ne parlent pas chinois ».

D’autres dissidents en exil ont à l’inverse salué le courage de Liu Xiaobo.

« Liu Xiaobo n’a pas constitué de parti, n’a pas agi, il a seulement exprimé ses idéaux et il a été condamné à onze ans de travaux forcés. Cela en dit long sur le pays », explique Harry Wu, qui a passé presque vingt ans dans les camps de travail chinois. Basé à Washington, il fait campagne sur les réseaux sociaux pour sa libération.

Le choix d’un dissident plutôt qu’un autre était « délicat » pour le comité Nobel, relève Timothy Cheek, expert de la dissidence à l’université de Colombie britannique à Vancouver (Canada).

Selon lui, le fait que Liu soit privé de liberté a joué en sa faveur, donnant au prix un plus grand impact que s’il avait été décerné à un ancien prisonnier, comme Wei ou Wu.

« Liu Xiaobo est important pour deux choses: il critique le gouvernement et il vit en Chine. Et pour faire cela et rester vivant, il faut faire des compromis », explique M. Cheek.

« C’est un démocrate, un militant des droits de l’Homme. Mais il est prêt à faire des ajustements tactiques et le plus important a été de rester en Chine. Il n’a pas abordé certains thèmes dont nous parlons à l’étranger », mais « on ne vit pas en Chine, avec la police au coin de la rue », relève-t-il.

« Liu est un héros parmi d’autres héros », a estimé de son côté Christopher Smith, représentant républicain du New Jersey (est), instigateur en février d’une lettre d’élus américains recommandant au comité Nobel Liu, Gao ou Chen. « Je crois que dans les goulags chinois, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Cela leur donnera à tous l’espoir que le monde les soutient ».

Voir de meme:

Le prix Nobel de la paix remis à Liu Xiaobo pourrait diviser le pouvoir à Pékin

Le Monde

14.10.10

Le prix Nobel de la paix attribué à Liu Xiaobo pour sa « longue lutte non violente en faveur des droits fondamentaux de l’homme en Chine » constitue un encouragement important pour tous ceux qui, aujourd’hui, dans ce pays, se battent pour défendre leurs droits – paysans chassés de leurs terres par les entrepreneurs liés aux gouvernements locaux, locataires expulsés de leur logement par des promoteurs avides proches des autorités, etc. Il réconfortera aussi les avocats défenseurs des droits de l’homme menacés par les autorités, les journalistes dénonciateurs des scandales qui se font licencier, et tous les acteurs du mouvement de défense des droits civiques (weiquan yundong), nouvel avatar du mouvement pour la démocratie apparu, en Chine, au début de ce siècle.

Mais à part ce réconfort moral, quels seront les effets politiques de l’attribution de ce prix ? La première réaction des autorités a consisté à bloquer la nouvelle sur tous les sites Internet. Toutefois, nous ne sommes plus au XXe siècle et, malgré toutes les tentatives, la nouvelle atteindra les 400 millions d’internautes du pays.

Quelle sera la réaction du pouvoir ? Dans un premier temps, comme de rigueur, il a dénoncé ce « dévoiement » du prix Nobel, et la presse officielle s’est déchaînée contre les membres du comité Nobel, l’Occident, la Norvège. Toutefois, alors que le black-out avait été décidé, le ministère des affaires étrangères, en affichant un communiqué incendiaire sur son site, a paradoxalement permis aux internautes ordinaires d’apprendre que Liu Xiaobo avait obtenu le prix Nobel de la paix. Le lendemain, l’hebdomadaire Caijing publiait, sur son site, à la fois le communiqué du comité Nobel et celui du ministère des affaires étrangères. On voit que même des organismes officiels ont contribué à diffuser cette nouvelle.

Il ne fait guère de doute qu’en 2008 l’arrestation de Liu Xiaobo n’a pas fait l’unanimité. En témoigne le fait qu’il a fallu plus de six mois pour l’arrêter formellement, et encore plus de six mois pour annoncer sa condamnation. Cette décision a, selon toute vraisemblance, été prise au plus haut niveau, et montre que le numéro un chinois a décidé de punir sévèrement ceux qui osaient s’opposer ouvertement à lui, même s’ils étaient connus à l’étranger. Devant la multiplication des conflits dans la société chinoise, le président chinois, Hu Jintao, a opté pour le renforcement des organes de répression.

Une administration du « maintien de la stabilité » (weiwen) a été créée à tous les échelons, et un budget équivalent à celui de la défense nationale, 514 milliards de yuans (55 milliards d’euros), lui a été affecté. A Pékin, mais aussi dans les chefs-lieux de district, des sommes importantes sont consacrées à la surveillance des « éléments suspects » qui ne peuvent se déplacer sans une forte escorte de policiers en civil. Ce déploiement de forces de police n’a toutefois pas empêché la multiplication des affrontements, et les rapports entre les citoyens et la police ou les représentants du pouvoir sont exécrables.

Cette situation n’est pas du goût de tous et, depuis un an, des voix critiques s’élèvent. Au printemps, des éditoriaux et un rapport de la prestigieuse université Tsinghua, à Pékin, ont dénoncé la politique de « maintien de la stabilité » : « Plus on accorde d’importance à la stabilité sociale, plus une partie des gouvernements locaux ne peut supporter l’expression des intérêts des masses populaires. »

Ce rapport demandait le respect des droits des citoyens et la possibilité, pour eux, de créer des « canaux indépendants » pour exprimer leurs opinions. Il concluait : « Le maintien de la stabilité ne doit pas devenir un instrument de défense des intérêts des forts. »

Au printemps, puis à l’été, les articles et les discours du premier ministre, Wen Jiabao, ont également fait entendre un autre son de cloche. Après avoir écrit un article à la gloire de l’ancien secrétaire général réformateur du Parti, Hu Yaobang, dont la mort avait provoqué le mouvement pour la démocratie du printemps 1989, Wen a prononcé, lors du trentième anniversaire de la fondation de la zone économique spéciale de Shenzhen, un discours dans lequel il affirmait que « sans réforme du système politique, les avancées de la réforme économique ne seront pas garanties ».

Loin de nous l’idée d’affirmer que le Parti communiste chinois est en proie à un nouvel épisode de la « lutte entre les deux lignes » chère à Mao Zedong, avec Wen Jiabao comme chef des réformateurs. Mais, à deux ans de la fin du mandat des dirigeants suprêmes, il semble que l’on assiste à la fin du « consensus post-89 » : pas de frein à l’innovation dans le domaine de la réforme du système économique, mais pas de réforme du système politique.

Il fallait à tout prix empêcher l’apparition d’une lutte entre « réformateurs » et « conservateurs » comparable à celle des années 1980, et également empêcher l’émergence d’organisations autonomes. Celles-ci, en effet, risquaient de représenter un défi au monopole du Parti sur le champ politique, condition indispensable de la « stabilité » qui l’emporte sur tout.

Depuis deux décennies, le pouvoir a agi pour étouffer dans l’oeuf les tentatives d’organisation autonome. C’est cette politique qui a conduit à l’arrestation de Liu Xiaobo. Ceux qui ne partagent pas cette conception ont été choqués par cette arrestation et la lourde condamnation qui a suivi. L’attribution du Nobel au dissident les a encore plus convaincus de la nocivité du système : au moment où la Chine réussissait à se faire accepter comme un acteur important sur la scène internationale, où elle développait son « soft power », la décision du comité Nobel la ravale au rang d’un Etat policier ordinaire.

Lors du plénum du Parti communiste chinois, vendredi 15 octobre, il y a fort à parier que l’on discutera de l’attribution du prix Nobel, et que certains s’interrogeront sur l’efficacité du tout répressif, à l’intérieur comme à l’international. Certes, la teneur de ces débats ne filtrera pas dans un avenir proche. Liu Xia, l’épouse du Prix Nobel, et l’ensemble de ceux qui sont soupçonnés de proximité avec la dissidence, resteront l’objet d’une surveillance policière. Mais combien de temps cela peut-il durer ?

Les dirigeants du Parti communiste peuvent-ils accepter longtemps que la Chine soit ravalée au rang de l’Allemagne hitlérienne, ou de la junte birmane, seuls régimes à avoir maintenu un Prix Nobel de la paix en prison ? Peuvent-ils se permettre d’être plus durs que l’Union soviétique de Brejnev et empêcher l’épouse de Liu Xiaobo d’aller recevoir le prix, alors qu’Elena Bonner, l’épouse de Sakharov, avait pu se rendre à Oslo ?

La société chinoise est aujourd’hui beaucoup plus plurielle que son homologue soviétique il y a trente-cinq ans. Quant au Parti communiste chinois, il n’est pas aussi uni qu’il y paraît, et des voix s’élèvent pour critiquer les partisans de la ligne dure. Dans ces conditions, on peut penser que l’attribution du Nobel à Liu Xiaobo permettra peut-être d’accélérer la fin du consensus post-89 et de rouvrir le débat à l’intérieur de la direction.

Voir de plus:

Nobel Prize: A weapon in the battle for peace?

Nikolai Troitsky

RIA Novosti

08/10/2010

The announcement of the 2010 Nobel Prize winners this week coincided with two anniversaries. October 2010 marks 35 years since Soviet physicist and dissident Andrei Sakharov was awarded the Nobel Peace Prize and 20 years since Soviet President Mikhail Gorbachev was awarded his.

This year, the Nobel Peace Prize was again conferred on a dissident and human rights activist like Sakharov, China’s Liu Xiaobo. The Chinese laureate will not be able to travel to Oslo to collect his award in person, as he has just begun serving an 11-year prison term back home for allegedly plotting a coup. History repeats itself: Sakharov could not come to Oslo for his Nobel, either, as he was living in internal exile at the time.

Fifteen years after awarding the Soviet dissident, the Nobel Committee turned its attention to the leader of the USSR’s Communist Party, Mikhail Gorbachev. It then spent the next 20 years touring the world, only to return to another campaigner for « fundamental human rights » living in a country that is a permanent UN Security Council member and whose political system is not necessarily based on Western democratic principles.

This zigzag belies a consistent strategy, in fact. The Nobel Committee’s U-turn from Sakharov to Gorbachev had less to do with a change in worldview of the Norwegian Nobel Committee than a tectonic shift in world politics. The Soviet Union turned from a competitor and a Cold War adversary of the West into a constructive partner, willing to meet its former rivals halfway. The country humbly retreated from Eastern Europe following the fall of the Berlin Wall. And it did so while Gorbachev was in power. So it was only natural that the Nobel went to him.

But what do the five sages of the Nobel Committee, elected by the Norwegian parliament, have to do with this, you may be asking yourself? Ideally, they should act as a modern-day Areopagus, removed from the nuts and bolts of world politics and concerned only with high, immortal values. As Alfred Nobel wrote in his will, the Peace Prize should be awarded to « the person who shall have done the most or the best work for fraternity between nations, for the abolition or reduction of standing armies and for the holding and promotion of peace congresses. »

However, such abstract categories cannot hold up against the harsh realities of life. And so the Nobel Peace Prize has always been extremely politicized. In the past few decades, the committee’s sympathies have been with the U.S.-NATO-Western Europe camp. To prove this, look at the last three Nobel Peace Prize laureates before Liu.

One is former U.S. Vice President Al Gore, honored for his work exploring the implications of global man-made climate change and developing measures to prevent them. Studying climate change is important, by all means, but this is more about science than the struggle for peace. As for preventive measures, the recent Icelandic volcano eruption and the heat wave that struck central Russia this past summer prove that no one has found a way yet to « manage » Mother Nature.

After Gore came Finland’s Marti Ahtisaari, the mastermind behind the harsh peace settlement in the former Yugoslavia along NATO and EU lines, a staunch supporter of the NATO’s bombing of Serbia, and an architect of Kosovo’s sovereignty. Far from peace, these efforts have escalated tensions in the Balkans, Europe’s powder keg.

U.S. President Barack Obama was awarded the peace prize last year, and not without controversy. To be sure, the committee had strayed from Nobel’s will repeatedly, but they were mostly minor deviations. Also, how committed some of the laureates actually were to peace – such as Henry Kissinger, Yassir Arafat, Le Duc Tho, Itzhak Rabin – remains in doubt. Even so, all of these people were awarded for some concrete peace-related achievements, such as signed peace treaties or approved roadmaps to peace. Those accords may have been broken later on and the roadmaps may have never led anywhere, but the important thing is to have some real, tangible result of a laureate’s efforts to promote peace – a result that would prove his or her commitment.

As for Obama, he had not produced any such result by the time the Nobel Peace Prize was announced. He was awarded in advance, for good intentions and election-year promises. The Nobel Committee took this unprecedented step in an apparent attempt to please a global power, which generated a lot of criticism. Some claimed that the committee had compromised its independent status and violated Nobel’s last wishes.

Awarding the 2010 Peace Prize to Liu fits in with the Nobel Committee’s trans-Atlantic strategy. During the height of the Cold War, the committee occasionally honored some of the most uncompromising and vehement opponents of the Soviet regime. In 1970, for instance, they awarded the literature prize to Alexander Solzhenitsyn. According to the committee’s official statement, he was awarded the prize for upholding the traditions of Russian classical literature, but this explanation could not be taken seriously. As for the Sakharov’s peace prize in 1970, it had clear political motivations.

It is hard to say whether this year’s award to the Chinese dissident, in keeping with the Solzhenitsyn-Sakharov model, is a harbinger of a new cold war between the West and China. But there can be no doubt that Beijing will take this as an unfriendly, politically motivated gesture.

Voir enfin:

Liu Xiaobo, premier prix Nobel chinois

Martine Bulard

Planete Asie

12 octobre 2010

En accordant le prix Nobel de la paix au dissident chinois Liu Xiaobo, le comité norvégien a, sans surprise, déclenché la colère de Pékin. D’autant plus forte que l’écrivain est le premier Chinois à obtenir cette reconnaissance internationale. Emprisonné depuis décembre 2009 pour avoir lancé la « Charte 08 », sur le modèle de la Charte 77 qui a contribué au succès des dissidents en Tchécoslovaquie, Liu Xiaobo avait déjà connu la prison aux lendemains des évènements de la Place Tiananmen en 1989.

Table des matières

* Tous égaux dans la censure

Si la Charte elle-même n’a pas recueilli un assentiment unanime parmi les intellectuels chinois les plus critiques à l’égard du régime — en raison notamment de ses références prégnantes aux systèmes occidentaux —, l’emprisonnement de Liu Xiaobo a provoqué des vagues bien au-delà des rangs habituels des protestataires. En début d’année, quatre anciens dirigeants du Parti communiste, dont l’ex-patron de l’agence de presse Chine nouvelle, ont écrit une « lettre ouverte aux dirigeants du parti et du gouvernement » pour dénoncer cet embastillement contraire aux principes de la Constitution et pour réclamer la liberté de l’écrivain, ainsi que de sa femme Liu Xia, toujours assignée à résidence (lire « La “Bande des quatre”, version Chine moderne », 28 janvier 2010). Une déclaration suffisamment rare pour être significative du débat qui agite une partie des élites du pays.

Fin septembre, le philosophe Xu Youyu, connu pour ses prises de position sans concession, rendait publique une lettre envoyée au comité du Prix Nobel pour le « presser d’attribuer le prix à Liu Xiaobo » : « Quand les autorités chinoises violent la Constitution, quand elles piétinent leur propre légalité, il faut qu’une voix extérieure, celle de la communauté internationale, les rappelle à la réalité. » (lire « Donnez le prix Nobel de la paix à Liu Xiaobo », Rue 89, 25 septembre 2010). C’est en effet au nom même de la légalité chinoise que la plupart des opposants se battent, et que les mouvements sociaux se développent.

Le gouvernement, lui, joue la carte du silence. Le commun des Chinois ignore toujours la distinction reçue par Liu Xiaobo. L’accès à l’appartement de Lu Xia est interdit et les quelques manifestants ont été arrêtés. A l’extérieur, le pouvoir tempête, rédige des déclarations intempestives contre ces « interventions dans les affaires intérieures chinoises ». Fermez le ban. Pourra-t-il en rester là ?

Fort habilement, Jin Zhong, le directeur de Kaifang magazine, s’adresse directement aux membres du Parti communiste. Cette attribution, représente, selon lui, « une occasion en or pour ceux qui, au sein du Parti communiste, souhaitent apporter leur contribution à la transformation historique vers un système démocratique. (…). Les conditions objectives de la réforme sont mûres. La mise en place d’un nouveau système ne signifie pas une révolution violente et un chaos à l’échelle nationale. Le Parti communiste doit se débarrasser de sa vieille voiture, prendre un chemin nouveau et créer un nouvel espace. » (« Medal Contention », South China Morning Post, 12 octobre 2010.)

Cette adresse montre que, au sein même du Parti communiste, des voix s’élèvent en faveur d’une ouverture plus grande et surtout d’un recul de l’arbitraire. Il n’est pas sûr que les pressions extérieures facilitent leur tâche ; elles peuvent au contraire favoriser un repli nationaliste dont usent abondamment les plus conservateurs. Certains font déjà remarquer que l’attribution du prix Nobel arrive comme par hasard en pleine querelle monétaire et commerciale avec Washington.

De leur côté, des dissidents chinois en exil aux Etats-Unis ont mis en cause le choix du comité Nobel, Liu Xiaobo apparaissant à leurs yeux « trop modéré ». Ainsi Wei Jingsheng, considéré en Occident comme le père de la dissidence chinoise à l’extérieur, estime-t-il que « renforcer les réformateurs modérés encourage les gens à coopérer avec le gouvernement, contribuant à stabiliser la situation politique en Chine et à retarder le moment où le peuple va renverser la dictature » (AFP, 11 octobre).

Tous égaux dans la censure Retour à la table des matières

La censure qui touche une partie des opposants a même frappé le numéro deux du régime, le premier ministre Wen Jiabao. Interrogé le 3 octobre par Fareed Zakaria, commentateur vedette de la chaîne américaine CNN, sur la censure touchant Internet et les blogueurs, M. Wen assure : « Je crois que la liberté d’expression est indispensable partout. Que ce soit dans un pays en train de se développer, ou dans un pays développé. Du reste, la liberté d’expression figure dans notre Constitution. Vous ne savez pas tout sur ce point : en Chine, il y a environ 400 millions d’utilisateurs d’Internet et 800 millions d’abonnés dans le secteur de la téléphonie mobile. Ils peuvent accéder au Web pour exprimer leurs opinions, même les plus critiques. Moi, je me connecte assez souvent et je lis des commentaires très critiques à l’égard du travail du gouvernement, même s’il y en a aussi qui le félicitent. (…) Je dis souvent que la question n’est pas seulement la liberté d’expression ; on devrait surtout créer des bonnes conditions pour critiquer le travail du gouvernement. C’est seulement dans un contexte de supervision et pouvoir critique du peuple que le gouvernement se trouve dans la possibilité d’améliorer son travail et que les fonctionnaires peuvent réellement “servir le peuple” ». Et de conclure : « Le peuple chinois et moi avons la conviction que la Chine continuera à se développer et que les espoirs de démocratie et de liberté du peuple sont irrésistibles. »

Or, dans la presse chinoise, ces commentaires iconoclastes ont été effacés. « Le premier ministre s’est fait “harmoniser” », titre Aujourd’hui la Chine, qui reprend ainsi l’expression courante pour désigner le caviardage officiel. Seuls les blogs ont repris et commenté les propos… sans censure.

Est-ce à dire que le pouvoir central serait divisé, entre le président Hu Jintao, plus orthodoxe, et son premier ministre Wen, plutôt libéral ? Ou assiste-t-on à un jeu de rôles, celui du méchant étant dévolu à M. Hu, tandis que le gentil Wen serait chargé de peaufiner le discours attendu par l’étranger pour calmer les tensions ? Les deux hypothèses ne sont pas forcément contradictoires. En tout cas, pour l’heure, il est impossible de répondre.

De toute façon, la « démocratie » version Wen ne signifie pas le droit de vote, la fin du parti unique, le pluralisme politique, et l’absence de contrôle étatique sur les médias. Elle vise plutôt à une démocratisation interne au Parti communiste passant par la reconnaissance des « courants » ainsi que par des formes de délibérations publiques associant la population. Cela s’appelle la « voie chinoise ».


Serment d’allégeance: C’est le capitalisme, imbécile! (The Pledge was just an ad to sell magazines)

17 octobre, 2010
https://jcdurbant.files.wordpress.com/2012/01/no_more_pledge_allegiencecopy.jpghttps://i2.wp.com/undergod.procon.org/files/1-under-god-images/state-pledge-of-allegiance-requirements-for-schools-map.gifhttps://jcdurbant.files.wordpress.com/2010/10/96c32-ipledgeallegiance.jpghttps://i2.wp.com/www.celebratelove.com/gifs/pledge.jpghttps://i2.wp.com/illegalprotest.com/wp-content/uploads/2007/10/obama-no-patriotthumbnail.jpgPlusieurs milliers d’Israéliens juifs et arabes ont manifesté hier soir aux cris de « non au fascisme oui à la démocratie » contre un projet de loi controversé exigeant des candidats à la citoyenneté qu’ils prêtent allégeance à « Israël, Etat juif et démocratique ». Le Figaro
Le credo « Multikulti », « nous vivons maintenant côte à côte et nous nous en réjouissons » a échoué, totalement échoué (…) nous n’avons pas besoin d’une immigration qui pèse sur notre système social. Angela Merkel
Le fait, au cours d’une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques, d’outrager publiquement l’hymne national ou le drapeau tricolore est puni de 7 500 euros d’amende. Lorsqu’il est commis en réunion, cet outrage est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende. Code pénal francais (Article 433-5-1, Loi n°2003-239 du 18 mars 2003)
Le Gouvernement peut s’opposer par décret en Conseil d’Etat, pour indignité ou défaut d’assimilation, autre que linguistique, à l’acquisition de la nationalité française par le conjoint étranger dans un délai de deux ans à compter de la date du récépissé prévu au deuxième alinéa de l’article 26 ou, si l’enregistrement a été refusé, à compter du jour où la décision judiciaire admettant la régularité de la déclaration est passée en force de chose jugée. La situation effective de polygamie du conjoint étranger ou la condamnation prononcée à son encontre au titre de l’infraction définie à l’article 222-9 du code pénal, lorsque celle-ci a été commise sur un mineur de quinze ans, sont constitutives du défaut d’assimilation. En cas d’opposition du Gouvernement, l’intéressé est réputé n’avoir jamais acquis la nationalité française. Code civil francais (Article 21-4, modifié par Loi n°2006-911 du 24 juillet 2006)
It began as an intensive communing with salient points of our national history, from the Declaration of Independence onwards; with the makings of the Constitution… with the meaning of the Civil War; with the aspiration of the people…
The true reason for allegiance to the Flag is the ‘republic for which it stands’. …And what does that vast thing, the Republic mean? It is the concise political word for the Nation – the One Nation which the Civil War was fought to prove. To make that One Nation idea clear, we must specify that it is indivisible, as Webster and Lincoln used to repeat in their great speeches. And its future? Just here arose the temptation of the historic slogan of the French Revolution which meant so much to Jefferson and his friends, ‘Liberty, equality, fraternity’. No, that would be too fanciful, too many thousands of years off in realization. But we as a nation do stand square on the doctrine of liberty and justice for all… Francis Bellamy
…I would suggest that such practices as the designation of « In God We Trust » as our national motto, or the references to God contained in the Pledge of Allegiance to the flag can best be understood, in Dean Rostow’s apt phrase, as a form a « ceremonial deism, » protected from Establishment Clause scrutiny chiefly because they have lost through rote repetition any significant religious content. Justice Brennan
There are no de minimis violations of the Constitution – no constitutional harms so slight that the courts are obliged to ignore them. Given the values that the Establishment Clause was meant to serve, however, I believe that government can, in a discrete category of cases, acknowledge or refer to the divine without offending the Constitution. This category of « ceremonial deism » most clearly encompasses such things as the national motto (« In God We Trust »), religious references in traditional patriotic songs such as The Star-Spangled Banner, and the words with which the Marshal of this Court opens each of its sessions (« God save the United States and this honorable Court »). These references are not minor trespasses upon the Establishment Clause to which I turn a blind eye. Instead, their history, character, and context prevent them from being constitutional violations at all. Justice O’Connor

No Pasaran!

Alors que dans un pays qui continue obstinement a refuser de décreter sa propre disparition, on manifeste aux cris de « Non au fascisme » contre un serment d’allégeance a l’Etat juif …

Et qu’en pleine crise financiere et economique, une chanceliere allemande dénonce l’échec du multiculturalisme …

Pendant que dans la Patrie autoproclamée des droits de l’homme qui siffle ses hymne national et drapeau mais se réserve le droit de déchéance de nationalité, on se bricole, entre une obligation pour les nouveaux arrivés de s’engager par écrit comme au Quebec a accepter les valeurs de la République et un projet de rétablissement du serment politique pour le président, son petit code patriotique

Voici que l’on découvre, dans le pays meme qui avat inventé le déisme cérémoniel, que le fameux serment d’allégeance au drapeau ne serait, de la part d’un pasteur remercié pour cause de dérive socialisante, qu’une vulgaire pub pour vendre des magazines

The Pledge of Allegiance was just an ad to sell magazines

Twin Cities Daily Planet

Grace Kelly, MN Progressive Project

June 05, 2010

Mike Bellamy teaches English literature and rhetoric at the University of St. Thomas, while also directing an English Master’s Program. Francis Bellamy, who wrote the Pledge of Alllegiance, is the first cousin of Mike’s great-grandfather. Mike Bellamy’s research reveals the following:

The pledge was written by a socialist! Francis Bellamy was a Christian Socialist. As a Baptist minister, Francis got into trouble by trying to insert « social justice » into Christianity. The parish effectively fired him by cutting his salary drastically so that he had to find a different job.

The pledge was an ad campaign to sell magazines in 1892!

Whatever else the « Pledge » has accomplished since then, the flag campaign that made it famous coincided with a huge increase in The Youth’s Companion’s circulation, something like a 50% increase, from about 4000,000, that is, to over 600,000.

The pledge was designed as the beginning of a civil religion, bringing the strength of religious belief into « patriotism ».

Most obvious was the need to acculturate, or « naturalize » as the odd term has it, a teeming influx of immigrants. Their usefulness as immigrant « operatives » who worked in America’s factories did little to ally the uneasiness of nativist sentiment.  It was felt that these great unwashed, especially the more swarthy Eastern and Southern European ones, who « inherit no love for our country, » as Margaret Miller puts it in her history of the « Pledge, » had to be imbued with a « thoroughly American feeling » .

Mike Bellamy gave me permission to publish this:

The Last Page

Many people have been distressed by post-9/11 advertising that confuses patriotism with consumerism. But using the flag to sell things is an old tradition — older than desecration laws that were enacted to criminalize this sort of behavior at the beginning of the last century.

Recently, I came across an earlier, noteworthy conflation of patriotic symbolism with greed. In this case it concerned The Pledge of Allegiance. I learned about this confusion inadvertently researching the life of my great-grandfather, Edward Bellamy, the author of Looking Backward. Edward’s first cousin, Francis Bellamy, briefly became a socialist after reading this celebrated political novel. Francis also wrote the Pledge of Allegiance.

Francis’s stint as a Christian Socialist was enthusiastic, if brief. So too was his tenure as a Baptist Minister. Exploring his life, I was hardly on the lookout for the now only-too-familiar tendency to conflate capitalism with Americanism. Though he did deliver his « Jesus was a Socialist » talk shortly before he wrote the Pledge, Francis played a role in this confusion. It may well be that his turn from socialism to reactionary politics was a reaction to his congregation’s resistance to his left-wing ideas. He preached to them relentlessly about Christian obligations to the poor. They grew weary and fired him. He then quit the ministry altogether.

Francis Bellamy wrote the Pledge the next year. It was the byproduct of a scheme to sell flags to public schools hatched by Francis’s employer. The Youth’s Companion was the best-selling American magazine of the time. The idea was to synchronize simultaneous flag-raisings over the nation’s schoolhouses on Columbus Day in 1892 (the four hundredth anniversary of the discovery of the New World). These celebrations were to coincide with the opening of the Chicago World’s Fair. For the occasion, the magazine published an elaborate ceremony, written mostly by Bellamy, which included the Pledge.

Over 26,000 flags were sold at cost — or so said The Youth’s Companion. The surrounding campaign certainly enhanced the magazine’s considerable prestige and helped boost its circulation by 50 percent. A variety of pseudo-events were orchestrated by Bellamy, the project manager. These included a Presidential Proclamation, interviews with Congressmen, and boiler-plate editorials distributed to newspapers across the nation. The Pledge attained its canonical status through this media blitz. Nothing of its scope had ever occurred before.

After its appearance, the Pledge has been surrounded by issues of ownership. Years after he wrote it, Francis discovered — thanks to hearing a quiz show on the radio — that the Companion attributed authorship of the Pledge to Bellamy’s deceased boss, unlike Bellamy, a long-time company man at the magazine. Years of depositions, recriminations, and character assassinations ensued. Congress itself finally vindicated Francis, although this didn’t prevent the later publication of a book-length polemic challenging his authorship.

In the meantime, Francis’s politics kept drifting rightward, much like the conservative uses to which the Pledge has since been put. In the xenophobic 1920s he devised « A Plan for a Counterattack on the Nation’s Internal Foes: How to Mobilize the Masses to Support Primary American Doctrines. » This proposal aimed to harness the Pledge to a campaign against « traitors. » For Francis, « traitors » included immigrants, Wobblies, and union members. The proposal was never published (though the desire to use the Pledge to purge has endured).

As I followed Francis Bellamy’s rightward drift, it occurred to me that his eventual identification of Americanism with capitalism was already implicit in the flag-and-pledge campaign. The Companion sent students across the country 100 « free shares » in « the influence of the flag. »  They, in turn, were to raise money to buy their school flags by selling these shares to classmates at 10 cents a share. Though the official theme of the Colombus Day extravaganza was the Enlightenment — manifested, in the inadvertent discovery of the New World and by the establishment of America’s « free » (tax-supported) schools — the flag-and-pledge caper actually equated citizenship with capitalism, and stake-holding with holding stock. Old Glory wasn’t a sacred symbol of the nation’s indivisible unity, but a commodifiable object like any other. In short, commercialized patriotism has been with us for some time, shock sensibilities about the recent unseemly commercialism notwithstanding.

— Michael Bellamy

Let me know if you like this, since Mike Bellamy has given me permission to publish an even longer piece with even better tidbits. History is facinating!

Voir aussi:

National School Celebration of Columbus Day: The Official Programme

(Prepared by Executive Committee, Francis Bellamy, Chairman)

The schools should assemble at 9 A.M. in their various rooms. At 9:30 the detail of Veterans is expected to arrive. It is to be met at the entrance of the yard by the Color-Guard of pupils,—escorted with dignity to the building, and presented to the Principal. The Principal then gives the signal, and the several teachers conduct their students to the yard, to beat of drum or other music, and arrange them in a hollow square about the flag, the Veterans and Color-Guard taking places by the flag itself. The Master of Ceremonies then gives the command “Attention!” and begins the exercises by reading the Proclamation.

1. READING OF THE PRESIDENT’S PROCLAMATION—by the Master of Ceremonies

At the close of the reading he announces, “In accordance with this recommendation by the President of the United States, and as a sign of our devotion to our country, let the Flag of the Nation be unfurled above this School.”

2. RAISING OF THE FLAG—by the Veterans

As the Flag reaches the top of the staff, the Veterans will lead the assemblage in “Three Cheers for ‘Old Glory.’ ”

3. SALUTE TO THE FLAG—by the Pupils

At a signal from the Principal the pupils, in ordered ranks, hands to the side, face the Flag. Another signal is given; every pupil gives the flag the military salute—right hand lifted, palm downward, to a line with the forehead and close to it. Standing thus, all repeat together, slowly, “I pledge allegiance to my Flag and the Republic for which it stands; one Nation indivisible, with Liberty and Justice for all.” At the words, “to my Flag,” the right hand is extended gracefully, palm upward, toward the Flag, and remains in this gesture till the end of the affirmation; whereupon all hands immediately drop to the side. Then, still standing, as the instruments strike a chord, all will sing AMERICA—“My Country, ’tis of Thee.”

4. ACKNOWLEDGMENT OF GOD—Prayer or Scripture

5. SONG OF COLUMBUS DAY—by Pupils and Audience

Contributed by The Youth’s Companion Air: Lyons

Columbia, my land! All hail the glad day

When first to thy strand Hope pointed the way.

Hail him who thro’ darkness first followed the Flame

That led where the Mayflower of Liberty came.

Dear Country, the star of the valiant and free!

Thy exiles afar are dreaming of thee.

No fields of the Earth so enchantingly shine,

No air breathes such incense, such music as thine.

Humanity’s home! Thy sheltering breast

Give welcome and room to strangers oppress’d.

Pale children of Hunger and Hatred and Wrong

Find life in thy freedom and joy in thy song.

Thy fairest estate the lowly may hold,

Thy poor may grow great, thy feeble grow bold

For worth is the watchword to noble degree,

And manhood is mighty where manhood is free.

O Union of States, and union of souls!

Thy promise awaits, thy future unfolds,

And earth from her twilight is hailing the sun,

That rises where people and rulers are one.

Theron Brown

6. THE ADDRESS

“The Meaning of the Four Centuries” A Declamation of the Special Address prepared for the occasion by The Youth’s Companion.

7. THE ODE

“Columbia’s Banner,” A Reading of the Poem written for the Occasion by Edna Dean Proctor.

Here should follow whatever additional Exercises, Patriotic Recitations, Historic Representations, or Chorals may be desired.

8. ADDRESSES BY CITIZENS, and National Songs.

Source: The Youth’s Companion, 65 (1892): 446–447. Reprinted in Scot M. Guenter, The American Flag, 1777–1924: Cultural Shifts (Cranbury, N.J.: Fairleigh Dickinson Press, 1990).


Découverte de l’Amérique/518e: Pire qu’Attila et Hitler réunis! (The trouble with Columbus)

16 octobre, 2010

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Une grande civilisation n’est conquise de l’extérieur que si elle est détruite de l’intérieur. Will Durant 
La manière la plus forte d’adorer Dieu est de lui offrir un sacrifice. […] De plus, la nature nous apprend qu’il est juste d’offrir à Dieu […] les choses précieuses et excellentes, à cause de l’excellence de sa majesté. Or, selon le jugement humain et selon la vérité, rien dans la nature n’est plus grand ni plus précieux que la vie de l’homme ou l’homme lui-même. C’est pourquoi c’est la nature elle-même qui enseigne et apprend à ceux qui n’ont pas la foi, la grâce ou la doctrine […] qu’ils doivent sacrifier des victimes humaines au vrai Dieu ou aux faux dieux qu’ils pensent être le vrai. Bartolomé de las Casas,
The evidence of Aztec cannibalism has largely been ignored and consciously or unconsciously covered up. Michael Harner (New School for Social Research)
Dr. Harner’s theory of nutritional need is based on a recent revision in the number of people thought to have been sacrificed by the Aztecs. Dr. Woodrow Borah an authority on the demography of ancient Mexico at the University of California, Berkeley, has recently estimated that the Aztecs sacrificed 250,000 people a year. This consituted about 1 percent of the region’s population of 25 million. (…) He argues that cannibalism, which may have begun for purely religious reasons, appears to have grown to serve nutritional needs because the Aztecs, unlike nearly all other civilizations, lacked domesticated herbivores such as pigs or cattle. Staples of the Aztec diet were corn and beans supplemented with a few vegetables, lizards, snakes and worms. There were some domesticated turkeys and hairless dogs. Poor people gathered floating mats of vegetation from lakes. (…) In contemporary sources, however, such as the writings of Hernando Cortes, who conquered the Aztecs in 1521, and Bernal Diaz, who accompanied Cortes, Dr. Hamer says there is abundant evidence that human sacrifice was a common event in every town and that the limbs of the victims were boiled or roasted and eaten. Diaz, who is regarded by anthropologists as a highly reliable source, wrote in “The Conquest of New Spain,” for example, that in the town of Tlaxcala “we found wooden cages made of lattice‐work in which men and women were imprisoned and fed until they were fat enough to be sacrificed and eaten. These prison cages existed throughout the country.” The sacrifices, carried out by priests, took place atop the hundreds of steepwalled pyramids scattered about the Valley of Mexico. According to Diaz, the victims were taken up the pyramids where the priests “laid them down on their backs on some narrow stones of sacrifice and, cutting open their chests, drew out their palpitating hearts which they offered to the idols before them. Then they kicked the bodies down the steps, and the Indian butchers who were waiting below cut off their arms and legs. Then they ate their flesh with a sauce of peppers and tomatoes.” (…) Diaz’s accounts indicate that the Aztecs ate only the limbs of their victims. The torsos were fed to carnivores in zoos. According to Dr. Harner, the Aztecs never sacrificed their own people. Instead they battled neighboring nations, using tactics that minimized deaths in battle and maximized the number of prisoners. The traditional explanation for Aztec human sacrifice has been that it was religious—a way of winning the support of the gods for success in battle. Victories procured even more victims, thus winning still more divine support in the next war. (…) Traditional anthropological accounts indicate that to win more favor from the gods during the famine the Aztecs arranged with their neighbors to stage battles for prisoners who could be sacrificed. The Aztecs’ neighbors, sharing similar religious tenets, wanted to sacrifice Aztecs to their gods. The NYT
Specialists in Mesoamerican history are going to be upset about this for obvious reasons. They’re not going to have the people they study looking like cannibals. They’re clinging to a very romantic point of view about the Aztecs. It’s the Hiawatha syndrome. Michael Harner
Some post-conquest sources report that at the re-consecration of Great Pyramid of Tenochtitlan in 1487, the Aztecs sacrificed about 80,400 prisoners over the course of four days. This number is considered by Ross Hassig, author of Aztec Warfare, to be an exaggeration. Hassig states « between 10,000 and 80,400 persons » were sacrificed in the ceremony. The higher estimate would average 15 sacrifices per minute during the four-day consecration. Four tables were arranged at the top so that the victims could be jettisoned down the sides of the temple. Nonetheless, according to Codex Telleriano-Remensis, old Aztecs who talked with the missionaries told about a much lower figure for the reconsecration of the temple, approximately 4,000 victims in total. Michael Harner, in his 1977 article The Enigma of Aztec Sacrifice, cited an estimate by Borah of the number of persons sacrificed in central Mexico in the 15th century as high as 250,000 per year which may have been one percent of the population. Fernando de Alva Cortés Ixtlilxochitl, a Mexica descendant and the author of Codex Ixtlilxochitl, estimated that one in five children of the Mexica subjects was killed annually. Victor Davis Hanson argues that a claim by Don Carlos Zumárraga of 20,000 per annum is « more plausible ». Wikipedia
Certains chercheurs ont émis l’hypothèse que l’apport en protéines des aliments dont disposaient les Aztèques était insuffisant, en raison de l’absence de grands mammifères terrestres domesticables, et que les sacrifices humains avaient pour fonction principale de pallier cette carence nutritionnelle. Cette théorie, en particulier quand elle a été diffusée par le New York Times, a été critiquée par la majorité des spécialistes de la Mésoamérique. Michael Harner a notamment accusé les chercheurs mexicains de minimiser le cannibalisme aztèque par nationalisme ; Bernardo R. Ortiz de Montellano, en particulier, a publié en 1979 un article détaillant les failles de l’analyse de Harner, en démontrant notamment que le régime alimentaire aztèque était équilibré, varié et suffisamment riche en protéines, grâce à la pêche d’une abondante faune aquatique et la chasse de nombreux oiseaux, et que donc l’anthropophagie ne pouvait pas être une nécessité, car elle n’aurait pas pu améliorer significativement un apport en protéines déjà suffisant. Michel Graulich a apporté d’autres éléments de critique. Il affirme que si cette théorie était exacte, la chair des victimes aurait dû être distribuée au moins autant aux gens modestes qu’aux puissants, mais il semble que ce n’était pas le cas ; il ajoute que seules les grandes villes pratiquaient le sacrifice humain de masse, et que ce phénomène n’a pas été prouvé dans la plupart des autres populations mésoaméricaines, dont l’alimentation semble pourtant comparable à celle des Aztèques. Wikipedia
Ces indiens, qui nous apparaissent sous un jour si féroce, ont néanmoins été à l’origine du mythe du ‘bon sauvage’. Alfred Métraux
Il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ; comme de vray il semble que nous n’avons autre mire de la verité et de la raison que l’exemple et idée des opinions et usances du païs où nous sommes. Là est tousjours la parfaicte religion, la parfaicte police, perfect et accomply usage de toutes choses. Ils sont sauvages, de mesmes que nous appellons sauvages les fruicts que nature, de soy et de son progrez ordinaire, a produicts : là où, à la verité, ce sont ceux que nous avons alterez par nostre artifice et detournez de l’ordre commun, que nous devrions appeller plutost sauvages. En ceux là sont vives et vigoureuses les vrayes, et plus utiles et naturelles vertus et proprietez, lesquelles nous avons abastardies en ceux-cy, et les avons seulement accommodées au plaisir de nostre goust corrompu. Et si pourtant la saveur mesme et delicatesse se treuve à nostre gout excellente, à l’envi des nostres, en divers fruits de ces contrées-là, sans culture. Ce n’est pas raison que l’art gaigne le point d’honneur sur nostre grande et puissante mere nature. Nous avons tant rechargé la beauté et richesse de ses ouvrages par nos inventions, que nous l’avons du tout estouffée. Si est-ce que, par tout où sa pureté reluit, elle fait une merveilleuse honte à nos vaines et frivoles entreprinses. (…) il s’en faut tant que ces prisonniers se rendent, pour tout ce qu’on leur fait, qu’au rebours, pendant ces deux ou trois mois qu’on les garde, ils portent une contenance gaye ; ils pressent leurs maistres de se haster de les mettre en cette espreuve ; ils les deffient, les injurient, leur reprochent leur lacheté et le nombre des batailles perdues contre les leurs. J’ay une chanson faicte par un prisonnier, où il y a ce traict : qu’ils viennent hardiment trétous et s’assemblent pour disner de luy : car ils mangeront quant et quant leurs peres et leurs ayeux, qui ont servy d’aliment et de nourriture à son corps. Ces muscles, dit-il, cette cher et ces veines, ce sont les vostres, pauvres fols que vous estes ; vous ne recognoissez pas que la substance des membres de vos ancestres s’y tient encore : savourez les bien, vous y trouverez le goust de vostre propre chair. Invention qui ne sent aucunement la barbarie. Ceux qui les peignent mourans, et qui representent cette action quand on les assomme, ils peignent le prisonnier crachant au visage de ceux qui le tuent et leur faisant la moue. De vray, ils ne cessent jusques au dernier souspir de les braver et deffier de parole et de contenance. Sans mentir, au pris de nous, voilà des hommes bien sauvages ; car, ou il faut qu’ils le soyent bien à bon escient, ou que nous le soyons : il y a une merveilleuse distance entre leur forme et la nostre. (…) Tout cela ne va pas trop mal : mais quoy, ils ne portent point de haut de chausses. Montaigne
Mel Gibson’s Apocalypto is one of the few films that can rightly be described as a journey. The viewer is snatched from the confines (and comforts) of a Hollywood movie and thrown deep into the jungles of Central America. The film itself is a visual masterpiece; shot entirely in a Mayan dialect, Gibson flexes his visual muscles to show rather than tell. Billed as a historical drama, Apocalypto is actually part revenge flick and part chase flick. (…) The plot itself is almost secondary, and little more than an excuse for Gibson to show off his phenomenal film making talents. In addition to the stunning jungle scenes, Gibson treats us to a view of what life in a vast Mayan city may have been like at the height of its culture. Immense pyramids rise out of the foliage; prisoners are sold as slaves and sacrificed in incredibly brutal ways; those not sacrificed are used for human target practice. If you can handle gore (and really, the movie is no more violent–and in some ways, far less so–than, say, Braveheart, which took home 5 Oscars, including Best Picture), do yourself a favor and see this innovative, unique movie. As interesting as the film itself has been the reaction to it by film critics and historians alike. Those who praise the movie almost uniformly mention, if not condemn, Gibson’s infamous anti-Semitic outburst (in the New York Times, A.O. Scott wrote that « say what you will about him–about his problem with booze or his problem with Jews–he is a serious filmmaker »). Other critics have, curiously, dismissed the film because it doesn’t inform us about some of the accomplishments of the Mayans. « It teaches us nothing about Mayan civilization, religion, or cultural innovations (Calendars? Hieroglyphic writing? Some of the largest pyramids on Earth?), » Dana Stevens wrote in Slate. « Rather, Gibson’s fascination with the Mayans seems to spring entirely from the fact (or fantasy) that they were exotic badasses who knew how to whomp the hell out of one another, old-school. » This is a strange criticism. If you were interested in boning up on calendars, hieroglyphics, and pyramids you could simply watch a middle-school film strip. And who complained that in Gladiator Ridley Scott showed epic battle scenes and vicious gladiatorial combat instead of teaching us how the aqueducts were built? And then there have been the multi-culturist complaints. Ignacio Ochoa, the director of the Nahual Foundation, says that « Gibson replays, in glorious big budget Technicolor, an offensive and racist notion that Maya people were brutal to one another long before the arrival of Europeans. » Julia Guernsey, an assistant professor in the department of art and art history at the University of Texas told a reporter after viewing the film, « I hate it. I despise it. I think it’s despicable. It’s offensive to Maya people. It’s offensive to those of us who try to teach cultural sensitivity and alternative world views that might not match our own 21st century Western ones but are nonetheless valid. » Newsweek reports that « although a few Mayan murals do illustrate the capture and even torture of prisoners, none depicts decapitation » as a mural in a trailer for the film does. « That is wrong. It’s just plain wrong, » the magazine quotes Harvard professor William Fash as saying. Karl Taube, a professor of anthropology at UC Riverside, complained to the Washington Post about the portrayal of slaves building the Mayan pyramids. « We have no evidence of large numbers of slaves, » he told the paper. Even the mere arrival, at the end of the film, of Spanish explorers has been lambasted as culturally insensitive. Here’s Guernsey, again, providing a questionable interpretation of the film’s final minutes: « And the ending with the arrival of the Spanish (conquistadors) underscored the film’s message that this culture is doomed because of its own brutality. The implied message is that it’s Christianity that saves these brutal savages. » But none of these complaints holds up particularly well under scrutiny. After all, while it may not mesh well with their post-conquest victimology, the Mayans did partake of bloody human sacrifice. Consider this description of a human sacrifice from the sixth edition of University of Pennsylvania professor Robert Sharer’s definitive The Ancient Maya: The intended victim was stripped, painted blue (the sacrificial color), and adorned with a special peaked headdress, then led to the place of sacrifice, usually either the temple courtyard or the summit of a temple platform. After the evil spirits were expelled, the altar, usually a convex stone that curved the victim’s breast upward, was smeared with the sacred blue paint. The four chaakob, also painted blue, grasped the victim by the arms and legs and stretched him on his back over the altar. The Nacom then plunged the sacrificial flint knife into the victim’s ribs just below the left breast, pulled out the still-beating heart, and handed it to the chilan, or officiating priest. » That exact scene, almost word for word, takes place in Apocalypto. After the Spanish conquest, the Mayans adapted their brutal methods of pleasing the gods to coexist with Christianity. Ambivalent Conquests: Maya and Spaniard in Yucatan, 1517-1570 contains the following description from a contemporary source of a post-invasion sacrifice: The one called Ah Chable they crucified and they nailed him to a great cross made for the purpose, and they put him on the cross alive and nailed his hands with two nails and tied his feet . . . with a thin rope. And those who nailed and crucified the said boy were the ah-kines who are now dead, which was done with consent of all those who were there. And after [he was] crucified they raised the cross on high and the said boy was crying out, and so they held it on high, and then they lowered it, [and] put on the cross, they took out his heart. As for whether or not there have been any murals found portraying decapitation, as Prof. Fash complains, heads were certainly cut off in ceremonial fashion by the Mayans. Again, The Ancient Maya: « The sacrifice of captive kings, while uncommon, seems to have called for a special ritual decapitation . . . The decapitation of a captured ruler may have been performed as the climax of a ritual ball game, as a commemoration of the Hero Twins’ defeat of the lords of the underworld in the Maya creation myth. » The protestation against Mayan slavery, is also off the mark: The Ancient Maya repeatedly refers to the purchasing of slaves. The first European contact with the Maya resulted, ironically, in the Spaniards being enslaved. After a shipwreck, Spanish survivors landed on the east coast of Yucatan, where they were seized by a Maya lord, who sacrificed Valdivia and four companions and gave their bodies to his people for a feast. Geronimo de Aguilar, Gonzalo de Guerrero, and five others were spared for the moment. . . . Aguilar and his companions escaped and fled to the country of another lord, an enemy of the first chieftain. The second lord enslaved the Spaniards, and soon all of them except Aguilar and Guerrero died. And it should be remembered that when the Spanish arrived in force, they had little problem recruiting allies as some Mayans fought with the Spanish against their own Mayan enemies. Matthew Restall’s Seven Myths of the Spanish Conquest reports that what has so often been ignored or forgotten is the fact that Spaniards tended also to be outnumbered by their own native allies . . . In time, Mayas from the Calkini region and other parts of Yucatan would accompany Spaniards into unconquered regions of the peninsula as porters, warriors, and auxiliaries of various kinds. Companies of archers were under permanent commission in the Maya towns of Tekax and Oxkutzcab, regularly called upon to man or assist in raids into the unconquered regions south of the colony of Yucatan. As late as the 1690s Mayas from over a dozen Yucatec towns–organized into companies under their own officers and armed with muskets, axes, machetes, and bows and arrows–fought other Mayas in support of Spanish Conquest endeavors in the Petén region that is now northern Guatemala. Which is not to say that Gibson’s film is an entirely accurate portrayal of life in a Mayan village. As they say in the business, for the sake of narrative, certain facts have been altered. The conflation of showing massive temples and then depicting the arrival of the Spanish at the end of the film is almost certainly anachronistic. Though Apocalypto is purposefully vague about its time frame, the appearance of Spanish galleons and conquistadors at the end of the film (as well as the sight of a little girl who might be suffering from small pox) suggests the action takes place in the early- or mid-16th century. But according to Sharer, « by 900 . . . monumental construction–temples, palaces, ball courts . . . [had] ceased at most sites, as did associated features such as elaborate royal tombs and the carved stone and modeled stucco work used to adorn buildings . » Almost any historical drama will contain such problems. That being said, it is specious for professional historians and grievance groups alike to argue that Apocalypto is a wanton desecration of the memories of the Mayan people. While it may be an inconvenient fact that the Mayans were skilled at the art of human cruelty, it is, nevertheless, a fact. Sonny Bunch
Gibson’s [scenes are] vital to his larger purposes regarding the exploration of death, consciousness, and transformation” (Maca and McLeod 2007: 4). In essence, Maca and McLeod grasped the enormous metaphors that Gibson was knitting into the film. (…) Mel Gibson’s Apocalypto, while it may seem on the surface to be another mindless, violent action epic, with the Maya as unwitting casualties, actually sets out to achieve similar goals: an exploration of consciousness and of modern man’s need for renewal and transformation. Like most films involving or based on native culture yet made by non-natives, Apocalypto is a grandiose and intricately nuanced commentary on white society. Because the hero and the villains are indigenous, however, the film also seeks to explore the basis of our humanity, regardless of race and ethnicity. The artistic devices Gibson uses to communicate his ideas draw heavily on tropes, symbols, and plotlines developed by earlier masters; but he also clearly develops and adopts themes and symbolic vehicles that are basic to myth and ritual. (…) Contrary to what some have concluded about this film, Apocalypto does NOT promote, celebrate or otherwise glorify the Spanish or Christianity; it is quite the opposite really. What is celebrated repeatedly is the jungle, a metaphor for peace, the higher mind and a more evolved consciousness. The jungle is a refuge… a place of understanding……where true creation and novelty may unfold……. The leading writers and directors intentionally play with symbols and meanings as a way to innovate. Not all film makers can do this very well. However, 2001: A Space Odyssey (1968) and Apocalypse Now (1979), directed by Stanley Kubrick and Francis Ford Coppola, respectively, are two films that set new models……Both are, explicitly and implicitly, antiwar, anti-US imperialism, and anti-colonialism and focus on the evolution of human consciousness…… These two films are at the center of the visual and philosophical mission of Mel Gibson’s Apocalypto. (…) we can’t help but wonder if the use of the trap in Apocalypto, as a vehicle for awareness, doesn’t also extend to our participation in Mel Gibson’s mission, such that all of us……may have been lured to exactly the space and place of discussion that he intended…. this creates discomfort even to contemplate. Alan Maca and Kevin McLeod
One of the more common struggles within anthropological disciplines is the concept of an emic interpretation (meaning the native or indigenous perceptions), as opposed to an etic interpretation (the perceptions of the observer). In some cases, a “revisionist” will ignore the facts and both the etic and emic interpretations and propose a popular perspective that is void of truth. Some more recent movements such as “aboriginalism” provides a perspective that “Indigenous societies and cultures possess qualities that are fundamentally different from those of non-Aboriginal peoples”. The avoidance of both the etic and emic perspectives will present serious flaws to an investigator and provides ample argument for a strong multidisciplinary approach to anthropological and archaeological research in the establishment of scientific “facts.” One of the more interesting examples of this problem became apparent in the release of the blockbuster film, Apocalypto, directed by actor/director Mel Gibson and produced by Mel Gibson and Bruce Davey, with Executive Producers Ned Dowd and Vicki Christianson. The film spurred a chorus of criticisms and complaints from some critics and members of the academic and native communities, a curious reaction in view of the fact that the film is entirely a work of fiction. In other cases, extraordinary praise and complements came from both critics and academic and Native American communities. A special session was organized at the American Anthropological Association meetings in 2007 entitled “Critiquing Apocalypto: An Anthropological Response to the Perpetuation of Inequality in Popular Media,” which merited being termed a “Presidential Session” sponsored by the Archaeology Division and the Society for Humanistic Anthropology. The obvious glaring flaw is that one would have to assume that it must have been established previously, somehow, that the film was a “perpetuation of inequality.” One of the organizers wrote “Mel Gibson’s Apocalypto is one recent example within a history of cinematic spectacles to draw directly upon anthropological research yet drastically misinform its audience about the nature of indigenous culture”. Additional recent movies depicting the past, such as Gladiator (Ridley Scott, director). Spartacus (Stanley Kubrick, director), Troy (Wolfgang Peterson, Director), or Gibson’s Braveheart and Passion of the Christ proved extraordinarily successful at the box office (Gladiator, Braveheart, Passion of the Christ), but had similar criticisms of “numerous historical inaccuracies and distortions of fact” from critics and academicians. The fascinating dichotomy of the historical truths and inaccuracies depicted in films and the emic and etic issues involved in popular movies representing the past, and in particular, the case of Apocalypto, has prompted a review of the issues of perception, relativism, revisionism, and truth and demonstrates an important need to re-evaluate anthropological trends and interpretations. In this case, the concept of aboriginalism or “exceptionalism” may have been infused in the criticisms, where it is assumed that “Aboriginal individuals and groups…assume rights over their history that are not assumed by or available to non-Aboriginals ». It is clear that many of the criticisms were a direct reflection of the disapproval of Gibson’s previous behavior, as well as a standing resentment because of the film Passion of the Christ, a movie which seemed to serve as a “pebble in the shoe” for many liberal, atheist, and in particular, Jewish people. In other cases, the criticisms were valid observations of the license taken by Gibson and the film staff in different aspects of the film Apocalypto, much of which was done for aesthetic reasons or for story expediency. One of the more comprehensive summaries of the film, the issues, and interviews as well as a host of conflicting criticisms are found online with Flixster. Some of the quibbling may have been as simple as the disagreement as to whether the High Priest had a frown or a smile on his face when he extracted a human heart in Apocalypto. This is a benign discussion and a shallow argument. A far more serious issue however, is the posture that some scholars and Native Americans have taken, which denies that human sacrifice among the Maya even took place. Such positions fall into concepts of “revisionism,” “aboriginalism,” and “relativism” that signals a threat to truth and understanding of the human saga. (…) The site selected was, interestingly enough, an ancient village site, as detected by numerous Preclassic figurine and ceramic fragments found in the area. The basic idea was to construct a Postclassic city, complete with pyramids, structures with columns, outset stairways, causeways, and residence structures. Indeed, the degree of detail in the city was extraordinary.  (…) The entire set was extraordinary in detail and represented a authentic reproduction seldom, if ever, provided on film sets. For an anthropologist, it was a time machine, because the elements, both organic and nonorganic included in the set were all characteristic of urban and village Maya societies, both past and present. However, since part of the story had to involve opulence and splendor, Gibson chose to have a small portion of the reconstructed city, which was the primary plaza and flanking structures, remain in the Classic period style since they generally were larger structures than those of the Postclassic period. A compromise was reached with the Classic period structures showing age with evidence of deterioration and decay on the buildings. In fact, to accommodate the “reality” of the setting, several of the larger Classic period structures were undergoing “remodeling” into architecture more characteristic of the Postclassic period. Even though the entire city was fictitious, the idea was to replicate the situation like that found at sites such as Cobá, Oxtankah, or Ichpaatun in Quintana Roo, Mexico, where large, earlier Classic and early Postclassic period structures were surrounded by a later Postclassic city. Yet, the primary buildings of the main plaza were designed to more closely resemble Tikal (Guatemala) because of the obvious mani- festations of splendor and cultural achievement. Therefore, some of the primary examples of art and architecture were cobbled together as general, generic Maya images. (…) the film was to be produced in Yucatec Maya, since the story was to have taken place in the general vicinity of eastern Quintana Roo, location of the first Spanish contacts by shipwrecked sailors Valdivia, Gerónimo de Aguilar and Gonzalo de Guerrero (1511), and later ship bound contact by Francisco Hernandez de Córdoba (1517) and Juan de Grijalva (1518). It was the relatively small amounts of gold and turquoise objects found among the Maya, a result of trade and contact with the Aztecs, that led to further exploration and organization of the conquest of the Aztecs in 1519 under Hernan Cortés. Furthermore, the Spanish friar, Diego de Landa explains that the Mexica had garrisons in Tabasco and Xicalango, and that the Cocom “brought the Mexican people into Mayapan” and other areas of the Yucatan Peninsula (Landa 1941: 32–36) which would explain the widespread influence that Aztec culture had on the Maya in the Yucatan area. (…) Eastern Yucatan was also selected because it would have been the source of origin for the first contact disease in the continental New World (Small Pox), a point that Gibson wanted to make with a diseased little girl (Aquetzali Garcia) in the film. (…) Upon its release in December 2006, Apocalypto was immediately declared by numerous critics as one of the most outstanding films of its genre and the “most artistically brilliant film” (…) The film was ultimately nominated for three Academy Awards in Makeup, Sound Editing, and Sound Mixing. According to several insid- ers to the movie industry, the film should also have been nominated for Academy Awards for Costume Design, Cinematography, Foreign-Language Film, and Supporting Actor, but Gibson’s unfortunate statements earlier in 2006 damaged his chances for such nominations (…) In spite of the laudatory recognition of the film, many negative criticisms of the film were forthcoming from members of the academic community, and much of this was conveyed to the press. New York Times writer Mark McGuire noted negative comments from anthropologists and professors at SUNY Albany in an article entitled “Apocalypto’ a pack of inaccuracies”. A letter was written to the monthly bulletin of the Society for American Archaeology (“SAA Archaeological Record”) noting that the film had “technical inaccuracies and distortions in its portrayal of the pre-Contact Maya.” “Anyone who cares about the past should be alarmed” and “Apocalypto will have set back, by several decades at least, archaeologists’ efforts to foster a more informed view of earlier cultures”. Harvard scholar David Carrasco, professor of religious history at Harvard was reported to have claimed that “Gibson has made the Maya into ‘slashers’ and their society a hypermasculine fantasy”, a curious interpretation of the film in light of late Postclassic society throughout Mesoamerica. Archaeologist Traci Ardren (University of Miami) spoke out against the film and was quoted extensively throughout U.S. press releases that Apocalypto represented “pornography” (Ardren 2006). Ardren and others had somehow assumed that the story dealt with the Late Classic Maya and the collapse in the ninth century, as one of the criticisms was that the “Spanish arrived over 300 years after the last Maya city was aban- doned” (?). Maya cities along the coastal areas were fully occupied when the Spanish arrived, with hundreds and in several cases, thousands of buildings recorded for several observed sites. However, in a conflicting argument, Ardren noted that she was aware that the “Maya practiced brutal violence upon one another” and that she had “studied child sacrifice during the Classic period” (ibid). Her fallacious supposition that it was Gibson’s intent to infuse his personal religion was evident in the arrival of the Spanish, which suggested to her that Gibson meant “the end is near and the savior has come” and that “Gibson’s efforts…mask his blatantly colonial message that the Maya needed sav- ing because they were rotten at the core” (ibid). The obvious fallacy here is that her position is based entirely on unsupported assertions. She also implied that Gibson was stating that “there was absolutely nothing redeemable about Maya culture” since there was “no mention….made of the achievements in science and art, the profound spirituality and connection to agricultural cycles, or the engineering feats of Maya cities”. Such an odd theoretical position is dealt with by several film critics below. While her criticisms were toned down in the special Presidential Session of the American Anthropological Association meeting in Washington, D.C., Ardren noted that: Aquetzali, (the diseased little girl with the prophetic statements) with her Hollywood lesions and Lacandon inspired styling, encapsulates the big budget manipulation of cultural history and fact that has disturbed so much of the academic and activist communities while simultaneously enthralling so much of the movie-going public. The obvious questions here are, how does the diseased little girl encapsulate a “big budget manipulation of cultural history and fact”? How does this disturb academic and activist communities? The little girl had Small Pox, a reality of death brought by the Spanish to Latin America. And, the Lacandon inspired styling was totally intentional, seeing how the Lacandon are Yucatecan Maya speakers who migrated very late in Maya history to the interior heartland. Other criticisms ranged from the presence of a blue and gold macaw (“wasn’t a scarlet macaw within reach of a multi-million dollar budget?”), the use of the eclipse (“fastest eclipse in history”), and slavery (“While the Maya engaged in slavery, the film’s sister vision of massive subjugated labor is shockingly unfamiliar”). These criticisms are curious. The blue and gold macaw was purposely incorporated to display the opulence and extensive trade networks of the Postclassic Maya, who had trading networks as far south as Honduras, Nicaragua, and Costa Rica. The eclipse episode would have been disastrous if the audience would have been forced to sit through an entire eclipse time cycle. It is clear from the film that the elite were acutely aware of the solar event, which in reality, they most likely were. I questioned numerous colleagues (Ph.D. level scholars) about when the next eclipse was to occur, and no one could answer, much less a Postclassic populous in a 1511 fictional Maya city. As for slavery, extensive raiding and slave systems existed throughout Mesoamerica during the late Postclassic period. (…) Another curious criticism was the charge that Gibson was using his religious views (i.e., Catholicism) as the “savior” and the “salvation” of the Maya with the arrival of the Spanish. Such arguments indicate an inherent personal prejudice against Gibson. In reality, the Spanish arrival to collect supplies represented a future devastating blow to the Maya, not their salvation, and Gibson and Farhad were fully aware of this. In reality, in addition to a metaphorical “New Beginning,” the segment was designed to provide an avenue for a future sequel, should it be desired, and to explain the separation of Yucatecan speakers into the interior forest to form the Lacandon societies in the sierras of northwestern Guatemala and Chiapas which would have occurred around this time. An even more vehement opposition was voiced by Dr. Julia Gurnsey (University of Texas, Austin) who was “visibly shaken….upset, and not a little angry”. According to the interview conducted by the Austin Statesman, she noted: “I hate it. I despise it. I think it’s despicable. It’s offensive to Maya people. It’s offensive to those of us to try to teach cultural sensitivity and alternative world views that might not match our own twenty-first-century Western ones but are nonetheless valid”. While Gurnsey was totally entitled to her opinion, she was not entitled to change the facts (elaborated below) which characterize the late Postclassic Maya societies of coastal Yucatan. Perhaps one of the more comprehensive criticisms and one that seemed to reflect a majority of the academic resistance was in the March/April 2007 Archaeology magazine which featured an article entitled “Betraying the Maya: Who does the violence in Apocalypto really hurt?” A renowned Maya scholar and colleague noted that the film was “crafted with devotion to detail but with disdain for historical coherence or substance” and that the “film is a big lie about the savagery of the civilization created by the pre-Columbian Maya”. In addition he adds, “Allegory and artistic freedom are well and good, except when they slanderously misrepresent an entire civilization”. In view of the wide public dissemination of these criticisms, it is perhaps worthwhile to explore Freidel’s arguments and compare them to the archaeological, ethnohistoric, ethnographic, and epigraphic facts. According to the criticism, the fallacy was that Gibson did not show the tiered society that Maya civilization represented and “the public deserves a more accurate and sophisticated view of the pre-Columbian Maya, and Gibson ….had the resources, advisors, and talent to have provided it”. (…)The Classic Maya wrote history, scripture, and poetry that contain knowledge of the human condition and spirit, as well as wisdom that compares favorably with that of ancient Egypt, Mesopotamia, and other hearths of civilization. Finally, the accuracy of modern depictions of the ancient Maya matters deeply and personally to those of us who care about the millions of people who speak a Mayan language…. In 2007, movie producer/director Mel Gibson “treated” audiences to a spectacularly inaccurate portrayal of ancient Maya civilization (emphasis mine). Called Apocalypto, Maya rulers and priests were depicted as blood-thirsty savages, Maya farmers as hunters and gatherers, and a Spanish galleon drifting somewhere off the coast of the Yucatán Peninsula seemed the only salvation available to the Comanche and Yaqui actor, Rudy Youngblood, and his brave young wife and two children. It is easy to lament with Freidel and others the lack of additional examples of Maya achievements in Apocalypto, such as ballgames, written scripts, dances, theater, and extensive trade networks. The sophistication of the cityscape, the economic and social activities visible in the film, the elaborate architecture, and the prognostication of the eclipse in Apocalypto implied an extraordinary cultural complexity. The extensive detail built into the cityscape at Veracruz would have allowed a greater insight into the economic, social, and political sophistication of the Maya, and it is unfortunate that more of the art, architecture, and the detailed cultural remains did not see more film time. Another criticism of some merit refers to the murals that were similar to the Preclassic Maya murals of San Bartolo, Peten, Guatemala which were incorporated into the scene, entirely at the whims of the director and the set designer to accommodate the story line. The use of this art was met with resistance by this author because of the obvious chronological disparity and because there were better Postclassic examples from Chichen Itza. The art, however, was selected for aesthetic reasons because it could be portrayed as large enough and explicit enough to mesh with the story. Furthermore, at the time of filming, it was unsure as to whether any images of the murals would be even used or incorporated into the film after editing. The mural moved the film along by allowing the prisoners to realize their fate without additional scenes of conversation. Additional questions posed by Freidel included phrases like “Were Classic Maya cities the dens of iniquity Gibson envisions?” and “Were city dwellers the blood-thirsty predators Gibson portrays?”. He further claims “Direct predation and slaughter of ordinary people is a reality in some times and places, but it is a slander when attributed to the ancient Maya.” With all respect to the need for cultural sensitivity, the arguments posed by Freidel are entirely subjective and unfounded according to the ethnohistoric and archaeological record. Perhaps it would have been useful to have asked the same questions to Capitan Valdivia and the sailors who were with Gonzalo Guerrero and Jeronimo de Aguilar when, after their shipwreck and landing on an Akumal beach in 1511, they were sacrificed and eaten. Would it have been “slanderous” to accuse the Maya of slaughter when referring to members of the Francisco Mirones y Lezcano expedition into the interior of Yucatan who were sacrificed via heart extractions. A similar fate fell upon the Spanish priests, Fray Cristobal de Prada and Jacinto de Vargas, on the island of the Itza in Peten, Guatemala  as well as Friar Domingo de Vico and his associates in Acalan. Direct captive predation slaughter and sacrifice were inflicted on the occupants of the ravaged villages recorded in murals on the walls of the Temple of the Jaguar and the Temple of the Warriors at Chichen Itza. Furthermore, the Apocalypto story takes place in 1511–1518, the proto-Historic period, not the Classic Maya period 600–700 years previous, a detail that seems to have escaped many of the critics. Freidel commented that the film “juxtaposes ideas about social and political failure from the ninth century crisis” or “collapse ” with the “decadence” of the Postclassic period, and that the “term ‘decadent’ is no longer used to describe that period (Postclassic) by Maya archaeologists”. It is partially true that the film juxtaposes ideas about the ninth-century Lowland Maya collapse, but it also includes ideas associated with the Preclassic “collapse” documented in the Mirador Basin of northern Guatemala. Such perceptions are timeless, particularly since many of the same ills are currently ongoing in many areas of the Maya heartland today. Freidel noted incorrectly that “Apocalypto is wrong from the opening shot of an idealized rainforest hamlet” because he has assumed there were no broad areas in the Maya heartland where a small hunting society could have existed. He based this perspective on his surveys on the island of Cozumel, where “the entire landscape was defined by stone walls”. He suggests that along the entire coast of the Yucatan peninsula “the Spanish encountered people living in towns” (ibid) and that “Gibson’s hunter-gatherers are pure fantasy” (ibid). This fallacious argument belies the fact that there were vast sections of rainforest in the interior of the Yucatan shelf that had absolutely no human intervention since about A.D. 840.  (…) Freidel notes that “While the ancient Maya had their shortcomings (??), including the organized violence typical of civilized people (??), they were remarkable in their achievements, and not just the brutal monsters depicted by Gibson”. The dichotomy of these statements is striking: it is precisely the “shortcomings” that Gibson was using as his metaphor for society, and the “organized violence” is a subjective comment of societies whose level of “civilization” may have begun to deteriorate. Freidel also suggests that, based on artistic representa- tions from sites such as Yaxchilan, Tikal, and Piedras Negras and hieroglyphic texts from Dos Pilas, Uaxactun, Yaxuna, and Waka-Peru, the elite were not predators of common people or peasants. This is a flawed perspective perhaps based on a perceived notion of Late Classic societies, not the terminal Postclassic period represented in Apocalypto. This small detail seems to have escaped many of the critics, despite the presence of smallpox on one of the characters and the presence of architecture in the cityscape that was obviously Postclassic period architecture. The Maya had long been subjected to or had adopted Toltec practices (skull racks), at least by about ad 1000 if not earlier, and had direct contact and influence from the Aztec societies (human sacrifice, use of Tlaloc figures, human consumption, trade, exchange). The shocking element of these criticisms is that they totally disregard the numerous colonial documents and writings of Spanish observers, not to mention the vast examples of archaeological data that support the perceptions that Gibson portrayed in the film. Criticisms asserted that the film was a racist depiction. Yet a TMZ poll conducted on line on March 29, 2007 had 79,395 responses to the question “Is Apocalypto racist?” of which 75% (59,546) replied negatively that it was NOT racist. If such a large proportion of the viewing population did not think Apocalypto was racist, why did so many prominent academicians proclaim that it was? (…) The level of sacrifice depicted in Apocalypto was based almost entirely on ethnohistoric data and archaeological interpretation, which coincides with the contextual cultural behavior noted in terminal Postclassic and proto-Historic Mesoamerica. Aztec influence, well established as a major protagonist of human sacrifices, had penetrated much of the Maya region through elaborate trade and exchange systems as well as outright Mexican settlements in the Yucatecan heartland, a concept blamed on the Cocom family. Outright migrations of Nahuatl-speaking occupants also occurred in the Highlands of Guatemala, and in El Salvador and Honduras. The Spaniards encountered widespread sacrifice among the major linguistic groups outside the Mexica homeland, including the Totonac and Maya areas. For example, the Totonac culture at Cempoala and Gulf Coast region practiced extensive human sacrifice, although they occasionally blamed the misdeeds on the Aztecs.  (…) The unusual numbers of sacrifices in Postclassic Mesoamerica were noted by Duran (1994), who recorded that, during Aztec coronation ceremonies, the ….captives were brought out. All of them were sacrificed in honor of his coronation (a pain- ful ceremony), and it was a pathetic thing to see these wretches as victims of Motecuhzoma. …I am not exaggerating; there were days in which two thousand, three thousand, five thou- sand, or eight thousand men were sacrificed. Their flesh was eaten…… The widespread Mesoamerican sacrificial practices (Aztec, Totonac, Mixtec, Zapotec, Maya) were duly recorded by Spanish observers such as Cortés, Sahagun, Duran, Torquemada, Tapia, Diaz de Castillo, Mirones y Lezcano, Avendaño y Loyala, Cárdenas y Valencia, Cervantes de Salazar, Bernardo Casanova, Villagutierre Soto-Mayor, Cogolludo, and Garcia de Palacios at sites such as the Mexican and Guatemalan Highlands, the Totonac Lowlands (i.e., Cempoala) of the Gulf Coast of Mexico, the Yucatecan Coast or the interior heartland region, showing a broad geographical and chronological consistency in the ritual behavior. The Italian translator and publisher Calvo noted, in his newsletter of 1521–1522 that the initial contact at Cozumel by Cortes observed “…men and people wearing fine-woven cloth and of every color, who practice numerous excellent arts such as gold-and silver smithery and European-style jewelry making, in honor of the idols they adore and to whom they sacrifice humans, cutting open their chests and pulling out their hearts which they offer to them” (the idols)….and that they (the Spanish) “cast them down (the idols) and put in place of them the image of our Lord and the Virgin Mary with the Cross, which they held in great veneration, and they themselves cleaned the temple where human blood from the sacrifices had fallen”. Human sacrifices by the Maya were frequently engaged in times of famine and plagues  or “some misfortune”, a point illustrated in Apocalypto.  (…) The stealth attacks were visible in the village scenes of Apocalypto in minute detail, including the wearing of human mandibles as trophies by the dominant leader of the warring band. The fictitious city in Apocalypto had a Tzompantli with vertical poles as that depicted in Chichen Itza and as described by the Spanish. The Aztec Tzompantli clearly had the perforations on the parietal side of the skull so that the skulls were displayed horizontally. The practice of heart extraction has been explicitly defined by Diego de Landa and numerous other Spanish observers. According to the accounts, a victim was often stripped naked, anointed with a blue color, and either tied to poles and shot with arrows (a scene that had been edited out and not included in Apocalypto), or taken to place of sacrifice (temple), seized by four Chacs, and suffered a heart extraction, throwing the decapitated head and body down the steps of the temple precisely as depicted in the film. However, the level of violence according to ethnohistoric accounts included the fact that the body was recovered at the base of the steps and flayed, with the skin worn by the naked priest with dancing in great solemnity, which was a scene NOT depicted in the film. Furthermore, the exaggerated body pit discovered by the escaping Jaguar Paw in Apocalypto is likely to not have existed because, according to Landa, Duran, and other observers, the victims were eaten, another scene NOT depicted in Apocalypto. However, if mass quantifies of victims were sacrificed similar to Duran’s account of the Aztecs, it is entirely possible that such a pit could have existed due to the excess of human flesh that was not consumed. Lopez-Medel (1612) notes that “Those compelled (for sacrifice) were captives and men taken in the wars they made against other pueblos, whom they kept in prisons and in cages for this purpose, fattening them.” The jawbones on arms were equally depicted in Apocalypto, indicating the level of butchery that accompanied Postclassic warfare. The removal and display of human jawbones is also a pan-Mesoamerican feat which dates as early as the Early Classic, based on burials in highland Teotihuacan and the Lowland Maya Mirador Basin site of Tintal. Freidel purports that the Maya were not predators of common people or peasants. However, Villagutierre records that villages were attacked with some regularity in the sixteenth century (…) The extraordinary detail in the murals from Chichen Itza confirms Villagutierre’s observations and suggests that common people and peasants as well as entire villages were targets for pillage, destruction, sacrifices, and captives. (…) The heavily fortified Postclassic sites of Mayapan, Tulum, Ichpaatun, Oxtankab, Tayasal, Muralla de Leon (Rice and Rice 1981), and three walled Terminal Classic sites of Chacchob, Cuca, and Dzonot Ake in the Lowlands as well as the heavily fortified Highland Maya sites of Iximche, Mixco Viejo, Rabinal, and Cumarcaj indicate the defensive postures of late Maya centers, a concept clearly in line with the social and political conditions of conflict and wars that Gibson was suggesting in Apocalypto. One of the more outstanding reviews of Apocalypto was written by Sonny Bunch (2006), an assistant editor at The Weekly Standard who noted the criticisms from academicians, and pointed out that the facts demonstrated either a complete distortion of reality, or a disturbing incompetence by the academic critics. (…) some of the more salient points of his arguments were that almost all critics mentioned Gibson’s alleged anti- Semitic statement and that the film did not inform adequately about the cultural achievements of the ancient Maya. Bunch notes that: ….This is a strange criticism. If you were interested in boning up on calendars, hieroglyph- ics, and pyramids you could simply watch a middle-school film strip. And who complained that in Gladiator, Ridley Scott showed epic battle scenes and vicious gladiatorial combat instead of teaching us how the aqueducts were built? Bunch also confronts the critics that suggest that the film portrayed “….an offensive and racist notion that Maya people were brutal to one another long before the arrival of Europeans…..” Newsweek reports that “although a few Mayan murals do illustrate the capture and even torture of prisoners, none depicts decapitation” as a mural in a trailer for the film does. “That is wrong”. It’s just plain wrong, “the magazine quotes Harvard professor William Fash as saying. Karl Taube, a professor of anthropology at UC Riverside, complained to the Washington Post about the portrayal of slaves building the Mayan pyramids. “We have no evidence of large numbers of slaves,” he told the paper. Even the mere arrival, at the end of the film, of Spanish explorers has been lambasted as culturally insensitive….. Here’s Gurnsey, again, providing a questionable interpretation of the film’s final minutes: “And the ending with the arrival of the Spanish (conquistadors) underscored the film’s message that this culture is doomed because of its own brutality. The implied message is that it’s Christianity that saves these brutal savages. “But none of these complaints holds up particularly well under scrutiny. After all, while it may not mesh well with their post-conquest victimology, the Mayans did partake of bloody human sacrifice.” While there may be some that might question the validity of the Spanish observations, the fact that the ethnohistoric observations match so seamlessly with the archaeological data from both earlier and later periods indicate that such doubts are highly unlikely. (…) It would be difficult to assert that all the scholars who spoke out against Apocalypto were ignorant or incompetent, but why did they make claims that were fallacious or inaccurate in the face of overwhelming data? Why was the response so vehement when many of the issues and situations portrayed in the film were accurate? It is likely that much of the resistance was created by Gibson’s anti-Semitic statement during an arrest about 6 months previous to the release of the film. In some cases, the opposition to Apocalypto may have been simple ignorance. However, it is also implied that scholars wittingly or unwittingly may have ascribed to a “revisionist” and/or “relativist/aboriginalist” perspective, concepts which can fall under the title of “neo-pragmatism”. A “revisionist” or “sham-reasoning” view may either represent an antithesis of truth or a decorative reasoning of truth, or the clarification and establishment of it. In some cases, revisionist perspectives ignore the vast amounts of data that have accumulated over periods of time, and seek to promote that which is ideologically expedient or politically “correct” or convenient within the bounds of “language”. While it is entirely possible that additional data may help establish a more accurate perspective based on additional information, often added by new technologies, the dangers and damage that a revi- sionist/relativist perspective can cause, if incorrect, is that it also has the potential to ultimately deceive and distort the reality of the human existence and defy truth. Such a position is “not to find out how things really are, but to advance (oneself) by making a case for some proposition to the truth-value of which he is indifferent”. It also suggests that “reasoning” can be mainly “decorative” and result in a “rapid deterioration of intellectual vigor”. In other cases, a certain movement purports that “indigenous rights should always trump scientific inquiry”. Such positions defy the establishment of truth and seek for an unqualified political correctness that is both unwarranted and dangerous to the realities of the human saga. On a more subtle note, it can lull a society into an intellectual complacency, generating a moral and intellectual failure to acknowledge or improve on mistakes or violations of accepted values of universal human rights. Perhaps a more viable alternative would be to return to the values of truth in science as determined by vigorous methodological procedure and evaluation via a multitude of multidisciplinary approaches. A solution lies in a return to the philosophical foundations of science such as that proposed by Peirce, Hempel, Haack, and others to organize and understand truth and valid objective reasoning as part of the ultimate goal. As Josh Billings noted more than a century ago, “As scarce as truth is, the supply has always been in excess of the demand”. (…) Such pragmatism formed in the late 1800s as a response to “antiscience” or “nominalist” movements which continue to the present day in scientific philosophy dressed as “relativism” or negative “revisionism.” The role of revisionism is based on the premise that “There is no single, eternal, and immutable ‘truth’ about past events and their meaning. The unending quest of historians for understanding the past – that is, ‘revisionism’ – is what makes history vital and meaningful”. In many cases, further revision of historical information can clarify or enhance the knowledge of the past. In other cases, the revision of history was designed to promote certain agendas or to ease or “whitewash” the uncomfortable aspects of events and actions so that “evil must be forgotten, distorted, skimmed over” and “history loses its value as an incentive and…paints perfect men and noble nations, but it does not tell the truth” (Du Bois).(…) The film Apocalypto is a fictional film which told the story of a chase scene, utilizing certain components of the Postclassic Maya cultural behavior as the setting for the drama which was unfolded. Perhaps the most accurate critique of the film was penned by Allan Maca and Kevin McLeod (2007) at the Presidential Session on Apocalypto at the American Anthropological Association Meeting in Washington, D.C. From their perception, “Gibson’s (scenes are) vital to his larger purposes regarding the exploration of death, consciousness, and transformation”. In essence, Maca and McLeod grasped the enormous metaphors that Gibson was knitting into the film. As Maca and McLeod (2007) note: Mel Gibson’s Apocalypto, while it may seem on the surface to be another mindless, violent action epic, with the Maya as unwitting casualties, actually sets out to achieve similar goals: an exploration of consciousness and of modern man’s need for renewal and transformation. Like most films involving or based on native culture yet made by non-natives, Apocalypto is a grandiose and intricately nuanced commentary on white society. Because the hero and the villains are indigenous, however, the film also seeks to explore the basis of our humanity, regardless of race and ethnicity. The artistic devices Gibson uses to communicate his ideas draw heavily on tropes, symbols, and plotlines developed by earlier masters; but he also clearly develops and adopts themes and symbolic vehicles that are basic to myth and ritual. Gibson utilized graphic scenes to visualize contemporary society and the hypocrisy that permeates the issues: the jungle=higher state of consciousness and peace, a societal refuge and environmental neutrality; “Sacrifices = bloody conflict/ soldiers in the Middle East”; Body Pit=“Nothing (small)compared to the daily abortion rate in the U.S”; Jaguar Paw escape = “the valiant human spirit in the face of unfavorable odds, the freedom from tyranny and social oppression”; environmental degradation near the city = “conspicuous consumption of resources and the contemporary destruction of the environment”; the pit where Jaguar Paw’s family was kept = “struggles , challenges, and obstacles of the contemporary family.” The strategy of joining the past to a critique of the present has been used repeat- edly in films for decades. Wolfgang Petersen, the director of Troy (2004) is reported to have stated: “Look at the present! What the Iliad says about humans and wars is, simply, still true. Power-hungry Agamemnons who want to create a new world order- that is absolutely current. … Of course, we didn’t start saying: Let’s make a movie about American politics, but (we started) with Homer’s epic. But while we were working on it we realized that the parallels to the things that were happening out there were obvious”. A certain level of allegory and metaphor permeated nearly all aspects of the film Apocalypto. As Maca and McLeod note: Contrary to what some have concluded about this film, Apocalypto does NOT promote, celebrate or otherwise glorify the Spanish or Christianity; it is quite the opposite really. What is celebrated repeatedly is the jungle, a metaphor for peace, the higher mind and a more evolved consciousness. The jungle is a refuge… a place of understanding……where true creation and novelty may unfold……. The leading writers and directors intentionally play with symbols and meanings as a way to innovate. Not all film makers can do this very well. However, 2001: A Space Odyssey (1968) and Apocalypse Now (1979), directed by Stanley Kubrick and Francis Ford Coppola, respectively, are two films that set new models……Both are, explicitly and implicitly, antiwar, anti-US imperialism, and anti-colonialism and focus on the evolution of human consciousness…… These two films are at the center of the visual and philosophical mission of Mel Gibson’s Apocalypto….. One of the more interesting concepts that the data on human sacrifice in the Maya/ Mesoamerica area has demonstrated is that the Maya were not radically different from anybody else and that they were consistent with the rest of humanity. The story, metaphorically, could be applied to almost any ancient society in the world. The Maya achieved extraordinary accomplishments comparable with Greeks, Romans, Mesopotamians, Egyptians, and Chinese, and they were no less brutal. But the consciousness of the story was far more profound than a “blood and gore flick.” The story was Gibson’s and Safinia’s to tell and, as Maca and McLeod astutely note, …… we can’t help but wonder if the use of the trap in Apocalypto, as a vehicle for awareness, doesn’t also extend to our participation in Mel Gibson’s mission, such that all of us……may have been lured to exactly the space and place of discussion that he intended…. this creates discomfort even to contemplate….. Apocalypto will be judged in time as a cinema masterpiece, not only in its superb execution of film production, but also as an allegorical reference to the present. The criticisms, which were both accurate and fallacious, will continue to surround this film due to its unique story, the extraordinary setting, the allegorical and metaphorical references, and the various levels of awareness that are inherent in the film regarding the human saga. We are all a part of it. Richard D. Hansen
Columbus makes Hitler look like a juvenile delinquent. Russell Means
It’s almost obscene to celebrate Columbus because it’s an unmitigated record of horror. We don’t have to celebrate a man who was really — from an Indian point of view — worse than Attila the Hun. Hans Koning
Ce que nous savons c’est que cette folie infantile – détenir des armes nucléaires et menacer de s’en servir – est au cœur de la philosophie politique américaine actuelle. Harold Pinter (2005)
For the Christian viewer, the biggest question about Mel Gibson’s movie Apocalypto is: why does its hero turn away from the Cross at the end? All in all, there’s not a lot of Christ — passionate or otherwise — in Apocalypto, Mel Gibson’s first film since The Passion of the Christ. But a crucifix finally shows up at the film’s end, and the film’s response to it is surprisingly equivocal. The movie tells the story of a peaceful 16th-century jungle-dweller named Jaguar Paw. The first quarter of the film presents his idyllic village as a kind of Eden. The second quarter is a vision of Hell, as a raiding party for the nearby Mayan empire torches the town, rapes the women and drags the men to the Mayan capital as featured guests at a monstrous and ongoing sacrifice to the gods. JP watches in horror as a priest has several of his friends spread-eagled on squat stone, then hacks out their still-beating hearts and displays them to a howling crowd. JP narrowly avoids the same fate, escapes, and spends most of the rest of the film picking off an armed pursuit party, one by one, in classic action-film fashion. It is only at the very end that Christianity makes a brief but portentous appearance, aboard a fleet of Spanish ships that appears suddenly on the horizon. JP and his long-suffering wife watch from the jungle as a small boat approaches shore bearing a long-bearded, shiny-helmeted explorer and a kneeling priest holding high a crucifix-topped staff. « Should we join them? » asks his wife. « No, » he replies: They should go back to the jungle, their home. Roll credits. Given Gibson’s fervent Christianity, you might have expected JP to run up and genuflect. Why does he turn away? My colleague, film critic Richard Schickel, has observed that Gibson has little use for the institutional Roman Catholic church, preferring a « less mainstream version of his faith. » True, but the Traditionalists with whom Gibson is often associated are defined primarily by their objections to the liberalizations under the Second Vatican Council of 1962-5 — not an issue in Jaguar Paw’s day. Another explanation is that the director has always been better at Crucifixions than at Resurrections. Just as the risen Christ seemed like something of a tack-on to The Passion, Mel may have little interest in how Christian culture might reconfigure either the peaceful village-dwellers’ way of life or the bloodthirsty Mayans’. The third possibility, it seems to me, is that Gibson does know — and wants no part of it. I tend toward that last one because it reflects a learning curve of my own. About a year ago I visited an exhibit on another Mexican civilization, the Aztecs, at New York’s Guggenheim Museum. The show was cleverly arranged. Visitors walked up the Guggenheim’s giant spiral, the first few twists of which were devoted to the Aztecs’ stunning stylized carvings of snakes, eagles and other god/animals, and explanations of how the ingenious Aztecs filled in a huge lake to lay the foundation for Tenochtitlan, now Mexico City. It was only about halfway up the spiral — when it had become harder to run screaming for an exit — that one encountered a grey-green stone about three feet high. It was sleek and beautiful — almost like a Brancusi sculpture, I thought — until I read the label. It was a sacrifice stone of the sort in the movie. Not a reproduction, not a non-functioning ceremonial model, but the real thing. People had died on this. I felt shocked and a little angry — it was like coming across a gas chamber at an exhibit of interior design. But I kept walking, and at the very top of the museum I encountered another object that might be considered an answer to the sinister rock: a stone cross, carved after the Spanish had conquered the Aztecs and were attempting to convert them to Catholicism. Rather than Jesus’s full body, it bore a series of small relief carvings: his head and wounded hands, blood drops — and a sacrificial Aztec knife. How striking, I thought. Here was a potent work of iconographic propaganda using the very symbols of a brutal religion to turn its values inside out, manipulating its images so that they celebrated not the sacrifice, but the person who was sacrificed. Visually, at least, it seemed an elegant and admirable transition. And after seeing Apocalypto, I wondered why Gibson hadn’t created the cinematic equivalent: an ode to the progression out of savagery, through the vehicle of Christianity. (…) Charles C. Mann, author of the highly respected history 1491: New Revelations of the Americas Before Columbus (…) first noted a couple of anachronisms in the film. The Mayan capital, including any great temple of the sort in the film, had mysteriously disappeared 700 years before the Spanish arrived. Moreover, although the Mayans probably engaged in some human sacrifice, there is no evidence that they practiced it on the industrial scale depicted in the movie. For that, as the Guggenheim exhibit suggested, one would have to look 300 miles west to the Aztecs, who had made it their religious centerpiece. Hernan Cortes (who probably rounded upward, since he conquered them), claimed the Aztecs dispatched between three and four thousand souls a year that way. Why Gibson decided to turn the Mayans into Aztecs is anyone’s guess. Most interesting, however, was Mann’s observation that if the boat Jaguar Paw sees is indeed the 1519 landing party of Cortes (who pushed quickly through what remained of Mayan territory on his way to the bloody battle of Tenochtitlan), the man holding up the cross was no particular friend to the indians. It was not until 1537, Mann said, that, after considerable debate both ways, Pope Paul III got around to proclaiming that « Indians themselves indeed are true men » and should not be « deprived of their liberty. » In the intervening 18 years roughly a third of Mexico’s 25 million indigenous population died of smallpox the Europeans brought with them, and the Spanish had enslaved most of the remaining six million able-bodied men. And that’s not counting the 100,000 Aztecs Cortes killed at Tenochtitlan alone. So here is the conundrum. If you had to choose between a culture that placed ritualized human slaughter at the center of its faith, but that only managed to kill 4,000 people a year, and a culture that put the sacrificial Lamb of God at the center of the universe but somehow found its way to countenancing the enslavement of millions and the slaughter of hundreds of thousands in the same neighborhood, which would be more appealing. David Biema
Reading the film as a simple account of Christian and colonialist triumphalism at the hands of a traditionalist Catholic filmmaker is too reductive. In 2006, David Van Biema of Time magazine wrote an essay about Gibson and the movie,  in which he wonders why  Gibson ended the film as he did. Specifically: For the Christian viewer, the biggest question about Mel Gibson’s movie Apocalypto is: why does its hero turn away from the Cross at the end? (…) It is only at the very end that Christianity makes a brief but portentous appearance, aboard a fleet of Spanish ships that appears suddenly on the horizon. JP and his long-suffering wife watch from the jungle as a small boat approaches shore bearing a long-bearded, shiny-helmeted explorer and a kneeling priest holding high a crucifix-topped staff. “Should we join them?” asks his wife. “No,” he replies: They should go back to the jungle, their home. Roll credits. He concludes that Gibson, who was also known for being alienated from mainstream Roman Catholicism, understands that the end of one violent civilization means the coming of one in which man’s propensity to violence and domination does not end, but simply takes new forms. (…) To be clear, from the point of view of a believing Christian, it really, really matters that the Gospel is true. The Spanish, whatever their grievous faults and wicked motivations, nevertheless carried with them true religion. (…) The more interesting discussion is why Mel Gibson — a self-tortured, radically alienated, but believing Catholic — had his heroes run away from the people who would be his deliverers. Has anybody seen a Girardian interpretation of Apocalypto? I’d love to read it. I found this short one from the Catholic bishop Robert Barron. It’s a great encapsulation of Girardian theory, and why Apocalypto is a film explaining it (…) here’s the core of Girardian theory: Primitive humans controlled the violence that threatened to overwhelm their societies and civilizations by means of the “scapegoat mechanism.” That is, they convinced themselves that the cause of the disorder was a scapegoat, and that only the sacrifice of the scapegoat would restore order to the civilization. In some civilizations — like the Aztecs’ — this turned into human sacrifice. Aztecs didn’t have the ritual slaughter of human beings because they enjoyed it, necessarily; they believed that the blood of human victims was necessary to keep the gods sated and the fertility cycle going. In Apocalypto, the protagonist, Jaguar Paw, is a tribesman who is hunted by the Maya, who intend to sacrifice him to propitiate their gods. The scapegoat mechanism is at the core of cultural anthropology, says Girard. Anyway, Christianity, alone among all religions, unmasks the lie of the scapegoat mechanism. In the Christian myth (I say “myth” in the technical sense), the god himself becomes the innocent victim, and throws down the scapegoat mechanism. The CBC, in a short piece on Girardian theory, explains: Jesus is innocent, the Gospels insist, and his innocence proclaims the innocence of all scapegoat victims. He reveals the founding violence, hidden from the beginning, because it preserved social peace. A choice is posed: humanity will have peace if it follows the way of life that Jesus preached. If not, it will have worse violence because the old remedy will no longer work once exposed to the light. (…) As Bishop Barron says, Gibson’s movie is a manifestation of Girardian theory. The word “apocalypse” derives from the Greek word meaning “unveiling.” In Apocalypto, the title does double meaning: because of the Book of Revelation (also called “The Apocalypse,”) the “unveiling” leads to the end of the world. This is why the word “apocalypse” has come to mean “end of the world” in popular usage. Gibson’s movie portrays the end of a violent primitive civilization at the hands of a higher Christian civilization, one whose religion unmasks and defeats the scapegoat mechanism that had upheld the dying civilization. It may be the case that Gibson has his heroes turn away from the cross-bearers because that’s what any Indian would normally do in that situation. Jaguar Paw doesn’t know who these strangers are, and that they might save him. It makes sense that he would want to hide out in the jungle and see what happens. Gibson’s decision to have them run away from the cross might not be a theological commentary, but might simply have been an artistic decision. After all, showing the Indians, who had been chased through the jungle for the entire movie by other Indians seeking to take them for ritual sacrifice, ending the film by running into the arms of Spanish Christians would have been seen as aesthetically cheap propaganda. Whatever Gibson’s intentions, a case could be made for a more ambiguous interpretation. It is undeniably true, as a historical matter, that the Spanish ended human sacrifice, and conquered the civilization that depended on human sacrifice. But it is also true that the Spanish were much better at controlling and deploying violence than the Aztecs were. Maintaining Spanish colonial civilization required immense violence. When a person or a civilization becomes Christian, they are still human, and still have to struggle against the “old man,” as Scripture says. There are no utopias. The anthropological and cultural value of Christianity, in this context, is that it does not allow even the Christian to scapegoat victims. Oh, they do! We do, all the time! The Christian faith, though, says: Stop. Look at what you are doing. It’s not right. You are making innocent people suffer. In the US in the Civil Rights Era, Martin Luther King confronted racist white Christians with the Christian message, which was radically incompatible with the unjust social order they had created in the American South, and maintained through violence. Again: Christianity doesn’t mean that sin ceases to exist; it only explains it, and shows a way out of the cycle of violence and retribution. So, look: I have no respect for the view that the native peoples of Mesoamerica were living a tranquil life until they were set upon by Spanish Christian colonialists, who subdued and immiserated them. That is sentimental claptrap. But the Christian analogue to this fairy tale — that the coming of Christianity on the sword tip of the conquistadores led to a kingdom of peace and justice — is also sentimental claptrap. We are not required to believe falsely that there is no moral difference between the Aztecs and the Spanish, and the civilizations they represented. A civilization that practices mass human sacrifice is objectively worse than one that outlaws it. And, for Christians, a civilization that, however grievously flawed, proclaims the truth of Christ is objectively better than one that denies it. But we have to come to terms as well with the violence and darkness that persisted, despite Christianity. After the bloodshed of the 20th century, the West — Christian and post-Christian — should consider exactly how we stand in relation to the bloodthirsty Aztec empire. St. Paul writes in his letter to the Romans that all of creation struggles as in labor pains. And so we will until the end of time, until the real Apocalypse. (…) For readers unfamiliar with the Christian texts, the Book of Revelation — The Apocalypse — predicts a time to come when Christianity will have failed, and the world will be plunged into an abyss of violence … and then Jesus Christ will return. The mass apostasy underway now in the West is a harbinger of the End. Girard says that the Christian unveiling “is wholly good, but we are unable to come to terms with it.” Think of the Spanish conquistadores, who could not come to terms with the religion they professed. Think of the whites of the pre-Civil Rights South. Think of the black, brown, and white Christians today, who sin and exploit others, in defiance of the religion they profess. Think of yourself. (…) Apocalypto is not about Good Spanish Christian Colonialists and Evil Aztec Pagans. It’s about violence, civilization, and religion. The civilizational catastrophe it dramatizes is not just that of the Aztecs. It is, as Girard might have said, our own, because it is the story of blind humanity. Rod Dreher
On sait que les victimes du sacrifice humain aztèque étaient très nombreuses. Il fut un temps, sans doute, où c’était surtout des esclaves, comme cela resta le cas chez les Mayas. Mais la forte expansion de l’empire aztèque fit que rapidement, ce furent les guerriers ennemis capturés qui fournirent l’immense majorité des victimes, suivis par les esclaves, les enfants, les condamnés à mort, des personnes anormales : albinos, nains, bossus, contrefaits, macrocéphales, tous sacrifiables d’office, des personnes libres ordinaires, volontaires (comme des prostituées ou des musiciens) ou non, des étrangers de passage et enfin, dans certains cas précis, des princesses de la cité. (…) La mission des Mexicas est en principe de faire la guerre pour nourrir ciel et terre et pour faire marcher la « machine mondiale ». Mais c’est là un discours particulier, propre essentiellement aux nobles, semble-t-il. En fait, il faut faire la distinction entre guerre fleurie et guerre tout court. Dans les deux, on faisait des prisonniers qui étaient sacrifiés. Mais la guerre ordinaire poursuivait avant tout les objectifs habituels d’une guerre. Il n’était pas question d’attaquer une cité sous prétexte de vouloir nourrir le soleil la terre : il fallait des motivations légitimes, telles que le massacre de marchands ou d’ambassadeurs, le refus de commercer, etc. Le roi doit soumettre ses motifs à une assemblée de vassaux, de guerriers distingués et de citoyens de la cité, qui donnent ou refusent leur approbation. En cas de refus, le roi peut reposer la question et, après un troisième refus, passer outre et procéder à la déclaration de guerre ou, le cas échéant, à une attaque surprise. La guerre fleurie (xochiyaoyotl) en revanche a théoriquement pour seul but la capture de prisonniers à sacrifier. Des batailles de ce nom, modérément sanglantes paraît-il, avaient lieu depuis longtemps, mais la véritable guerre fleurie opposant la Triple Alliance de Mexico, Texcoco et Tlacopan à des cités de la vallée voisine de Puebla, principalement Tlaxcala, Cholula et Huexotzinco, n’aurait été instituée qu’à l’occasion de la grande famine du milieu du XVe s., famine qui fut interprétée comme un châtiment des dieux insuffisamment alimentés. Les armées des deux camps s’opposaient régulièrement sur un champ de bataille précis et capturaient le plus possible de prisonniers pour les immoler ensuite au cours des grandes fêtes des vingtaines, garantissant ainsi aux dieux un garde-manger bien fourni. Deux types de guerres différents selon leurs objectifs, donc, mais deux guerres ritualisées, auxquelles une bonne partie de la population était invitée à s’associer. (…) Cette rigueur extrême dans l’attribution précise des victimes s’explique autant par l’importance religieuse de la capture de victimes que par son rôle de moteur social. L’avancement dans la hiérarchie militaire était en effet conditionné, du moins en grande partie, par le nombre de captifs qu’on avait fait immoler. (…)  Pour les nobles, des captures dans ces guerres confirment leur noblesse et leur qualité d’aigles-jaguars ; elle leur permet de gouverner des cités et de devenir des commensaux du roi.  (…) Sur place, après la prise de la cité, on procède au comptage des captifs obtenus par les différents alliés et des guerriers chevronnés vont faire rapport définitif au roi, en précisant notamment le nombre de nobles qui ont mérité des honneurs pour leur conduite. Ensuite on se met en route avec les prisonniers, dont beaucoup mouraient en chemin. Les Huaxtèques étaient retenus par une corde passée dans le trou qu’ils se percent dans le nez. Aux jeunes qui n’ont pas le nez percé, on met colliers de bois ou on leur entrave bras et pieds. Ceux de Miahuatlan décourageaient toute velléité de fuite en attachant la corde de leur arc au membre viril du captif. Le retour à Mexico donnait lieu à une entrée triomphale remarquable. Les anciens guerriers prêtres et les dignitaires de tout rang des temples attendent les prisonniers à l’entrée de la ville, rangés en ordre d’importance, avec leurs atours spécifiques. Ils encensent les « victimes des dieux », leur donnent un pain sacré enfilé sur des cordes (…) Puis on leur donne à boire le pulque divin (teooctli), les assimilant ainsi aux Mimixcoas, les guerriers sacrificiels proto typiques ivres de pulque. En un premier temps, on s’adresse donc aux prisonniers comme à des ennemis et on met d’emblée les choses au point : ils sont vaincus et leur sort est inéluctable, mais glorieux. En même temps, on leur souhaite la bienvenue, car ils seront bientôt « chez eux » et leur mort les transformera en Mimixcoas et en compagnons du Soleil. On les encense comme des entités sacrées, peut-être aussi pour les purifier en tant que future offrande aux dieux. (…) après avoir visité différents endroits qui joueront un rôle lors de leur mise à mort -le cuauhxicalli, le temalacatl, le tzompantli -, ils vont faire de même devant le souverain dans son palais. Celui-ci, qui est comme « seconde personne du dieu [ … ] et qu’ils adoraient comme des dieux », leur fait donner des vêtements et de la nourriture, voire même des fleurs et des cigares. Le « serpent femelle » ou cihuacoatl, seconde personne du roi, les appelle frères et dit qu’ils sont chez eux, dans leur maison. Il importe en effet d’intégrer les captifs dans le groupe des Mexicas, de faire en sorte qu’ils soient « chez eux ». Parfois, ils reçoivent peut-être des filles de joie qui égaient leurs derniers jours et qui sont ainsi, pour un temps, comme des épouses mexicaines de ces étrangers. Nous connaissons le cas d’un captif de marque qui vécut longtemps en liberté dans la ville avant d’être immolé : la victime devient membre de la cité. (…) Comment expliquer l’intégration-assimilation des prisonniers, dont l’exemple extrême bien connu est celui des Tupinambas du Brésil ? Par le fait que l’autre est différent, donc moindre, et qu’il ne devient une offrande digne qu’à partir du moment où il est acceptable, intégré ? Ou faut-il évoquer René Girard et sa théorie du sacrifice-lynchage ? Selon lui, on ne peut prendre la victime à l’intérieur du groupe, car on risque de provoquer le déchaînement de violence de la vengeance ; mais, d’autre part, l’effet apaisant que doit apporter au groupe le sacrifice ne se produit que si la victime en fait partie. Pour concilier ces impératifs, on la choisit marginale (membre du groupe sans l’être tout à fait, un enfant par exemple) ou étrangère, mais alors on l’intègre, on fait comme si la victime appartenait quand même au groupe. Qu’il y ait dans le sacrifice aztèque une volonté consciente ou non de canaliser la violence interne est possible, mais difficile à démontrer. La composition polyethnique des cités, leur fréquent manque de cohésion, montrent que les risques de violence et de conflits internes n’étaient pas illusoires. (…) Les occasions de conflits étaient donc nombreuses et cette spécificité peut avoir été une des causes de l’inflation sacrificielle. Mais, répétons-le, on ne voit pas comment on pourrait démontrer que le sacrifice humain tendait aussi à éviter la violence interne. Ce qui est sûr en revanche, c’est que la théorie aztèque du sacrifice rendait l’intégration de la victime et sa proximité au sacrifiant (ici, en premier lieu, celui qui avait fait le prisonnier) indispensable : le sacrifiant mourait en effet symboliquement à travers sa victime qui le représentait. Les captifs sont donc confiés aux intendants qui les répartissent dans les maisons de quartier, où ils sont mis dans de grandes cages de bois. Des personnes désignées les gardent, allant jusqu’à dormir sur ces cages; si elles doivent sortir pour des besoins naturels, on les retient par une corde passée autour de la taille. Plusieurs sources s’accordent sur le fait que les prisonniers étaient bien nourris en vue de leur consommation prochaine ; par contre, Mendieta affirme que les captifs, mal nourris, devenaient vite maigres et jaunes. Probablement cela variait-il selon le nombre de captifs, la période de l’année, la cité intéressée, etc. (…) Dans d’autres régions ou royaumes en revanche, on n’immolait pas toujours tous les guerriers prisonniers. Chez les Quichés, seuls les principaux, le seigneur et ses frères, étaient tués et mangés, pour semer l’épouvante. Chez les Mayas, les captifs de basse extraction étaient réduits en esclavage et les seigneurs sacrifiés, quoique parfois ils pussent se racheter. A Miahuatlan, « de ceux qu’ils prenaient en guerre, beaucoup étaient réduits en esclavage », mais on ignore à nouveau si cela concerne aussi les combattants prisonniers. Cette situation, où tous les prisonniers n’étaient pas sacrifiés, était fort répandue et peut donc être supposée plus ancienne que l’immolation générale. (…) L’immolation générale semble donc être un développement tardif à mettre en rapport avec la constante croissance démographique de l’époque ainsi qu’avec la grande extension de l’empire aztèque et l’afflux de captifs dans les cités puissantes. Cette évolution va de pair avec une manière de « démocratisation » du sacrifice humain et du cannibalisme, qui deviennent accessibles même aux guerriers issus du peuple. Non seulement les cités ne sacrifient pas toujours tous leurs captifs, mais souvent, si elles ne sont pas indépendantes, il leur est interdit de le faire parce qu’elles doivent de livrer une partie de leurs captifs en tribut à la cité dont elles dépendent, et ce selon des modalités qui peuvent varier. (…) D’une manière plus générale, Duran raconte que lors de l’inauguration de la pyramide principale du Grand Temple sous Ahuitzotl, on attendait des seigneurs invités qu’ils apportent l’habituel tribut d’esclaves « qu’ils étaient tenus d’apporter pour le sacrifice lors de telles solennités » et il est précisé plus loin qu’il s’agit de « tous les captifs pris en guerre qu’ils devaient en tribut à la Couronne royale de Mexico ». J’ai démontré ailleurs que la chasse à l’homme qu’était la guerre était à bien des égards assimilée à une chasse tout court. Chez les Quichés, les captifs étaient du reste qualifiés de gibier. Non seulement la proximité homme-animal était très grande, mais, on l’a vu dans les mythes, les hommes ont remplacé les animaux comme victimes. (…) Les captifs entrant à Mexico hurlaient comme des bêtes ; une fois sacrifiés, leurs têtes étaient exposées sur le tzompantli où elles devenaient les fruits d’une sorte de verger artificiel qui devait assurer la renaissance des victimes, de même que les rites effectués avec les os du gibier assuraient son retour. La guerre imitait donc la chasse, mais parfois c’était l’inverse, comme lors des fêtes de quecholli, de tititl et d’izcalli (toutes au cours de la saison des pluies, nocturne, présolaire), au cours desquelles avaient lieu de grandes battues au terme desquelles le gibier était sacrifié comme des hommes ou offert au feu (ce qui pouvait également arriver à des guerriers), tandis que les capteurs étaient récompensés comme des guerriers. En quecholli, on allait même jusqu’à assimiler des captifs à des cerfs et à les sacrifier comme tels. (…) Les guerriers sacrifiés n’étaient pas tous d’égale qualité. Il va de soi que la capture d’un roi, d’un seigneur, d’un noble, d’un haut gradé ou d’un vaillant était plus prestigieuse que celle d’un soldat ordinaire et que ces personnes avaient en elles plus de tonalli, de feu intérieur, de chaleur vitale susceptible de vitaliser les dieux et les hommes. Certains types de mise à mort leur étaient d’ailleurs réservés, en particulier le « gladiatorio », qui opposait un prisonnier attaché à une meule par une corde passée autour de la taille et pratiquement désarmé à des guerriers aigles ou jaguars pourvus d’épées à tranchants d’obsidienne. On dit que c’est le roi lui-même qui choisissait les victimes dignes de cet honneur après de multiples vérifications. Si la victime royale ou princière avait été capturée par un roi ou un seigneur, on conservait sa peau que le vainqueur revêtait parfois ou qu’on bourrait de coton ou de paille et pendait dans le temple ou le palais. (….) Il y avait aussi des différences de qualité entre les peuples. Les victimes les plus appréciées étaient celles qui appartenaient à des populations peu éloignées et dès lors pas trop différentes de la Triple Alliance. (…) La mort sacrificielle est (..) un châtiment. Les hommes ont négligé leurs créateurs et doivent expier. Qui plus est, ils sont nés sur terre, dans la matière qui les sépare des dieux et les condamne à mourir. (…) Par la mort héroïque, acceptée, sur le champ de bataille ou la pierre de sacrifice, le guerrier expie et gagne un au-delà glorieux. C’est pourquoi on dit au jeune homme qui avec l’aide d’autres, fait un premier prisonnier, au travers duquel il mourra symboliquement et expiera, que « Tonatiuh Tlaltecuhtli t’ont lavé la face ». Châtiment salvifique, la mort sacrificielle du guerrier est ressentie à la fois comme une gloire, un honneur, et un malheur. (…) Il reste un dernier et vaste sujet qui ne pourra être qu’effleuré ici, c’est celui du nombre des victimes. Un sujet éminemment sensible, qui souvent fait perdre tout sens critique aux chercheurs, trop prompts à vouloir minimiser à tout prix. Il est clair que dans les cités les plus puissantes, les victimes étaient très nombreuses ; elles le paraîtront un peu moins si on considère que nombre d’entre elles, normalement, auraient dû mourir sur le champ de bataille. Il est évident aussi que le nombre de victimes a fortement augmenté à mesure que la puissance grandissante de la Triple Alliance s’appuyait de plus en plus sur la terreur pour assujettir les population. Cette croissance va aussi de pair avec celle de la démographie, surtout entre, mettons, 1450 et 1519. S’il faut en croire Tezozomoc, sous Montezuma l, les Mexicas se réjouissent fort d’avoir fait 200 prisonniers de Chalco en une bataille (donc, probablement des guerriers). Quelques décennies plus tard, Ahuitzotl ramènerait 44.000 captifs (sans doute de tout ordre) de sa campagne au Guerrero ; la région devra être repeuplée par la Triple Alliance. De sa campagne contre Tututepec, Montezuma II et ses alliés ramènent 1350 prisonniers, et une autre fois, 2800, mais une bataille fleurie contre Huexotzinco ferait 10.000 morts. Après la prise de Mexico par Cortés, celui-ci ne peut empêcher ses alliés, notamment tlaxcaltèques, de sacrifier et de manger plus de 15.000 ennemis, chiffre qu’il n’avait pas intérêt à gonfler. Les guerres, faut-il le dire, étaient incessantes et les cités soumises devaient souvent livrer des victimes à sacrifier comme tribut. Dès lors, des fêtes au cours desquelles on immole quelques milliers de victimes deviennent assez rapidement chose courante à Mexico. Durán affirme que sous Montezuma II, il y avait des jours de deux, trois, cinq ou huit mille sacrifiés à Mexico. Pour l’inauguration du temple de Tlamatzinco et du cuauhxicalli, il y en aurait même eu 12.210. On est loin, bien sûr, des chiffres controversés de l’inauguration du Grand Temple de Mexico en 1487 par Ahuitzotl. La plupart des sources en nahuatl et en espagnol s’accordent sur le chiffre de 80.400 victimes sacrifiées à cette occasion, ce qui paraît énorme et a bien sûr donné lieu à toute une littérature révisionniste, certains allant même jusqu’à proposer le chiffre parfaitement fantaisiste de 320 morts seulement. Il faut dire que la circonstance était exceptionnelle. Les travaux ayant débuté sous Tizoc, celui-ci a d’emblée dû se mettre à stocker les victimes pour l’inauguration. Mais il mourut prématurément et Ahuitzotl lui succéda. Il acheva l’agrandissement de la pyramide dont il fit coïncider l’inauguration avec son intronisation, en vue de laquelle il fit également une campagne. Théoriquement, les victimes de cette vaste opération de terreur ont donc effectivement pu compter des dizaines de milliers de victimes. Pour la moyenne annuelle de victimes, les estimations anciennes diffèrent. Une lettre du moine évêque Zumarraga mentionnée par Torquemada mentionne 20.000 enfants sacrifiés par an, mais Clavijero évoque une autre lettre où ce seraient 20.000 personnes par an dans la seule ville de Mexico. Gómara semble faire de 20.000 à 50.000 victimes le total pour le pays tout entier. Il semble s’appuyer sur un propos d’un certain Ollintecuhtli qui, vantant la puissance de Montezuma, aurait dit à Cortés qu’il sacrifiait 20.000 personnes par an. Las Casas en revanche, parfaitement de mauvaise foi, admet tout au plus 10 ou 100 sacrifices par an alors que dans son Apologética, il reprend les données habituelles des autres sources. Dernier élément qui montre le grand nombre de sacrifices, c’est celui concernant les tzompantli ou plates-formes d’exposition des têtes des défunts. Je passe sur le tzompantli imaginaire inventé par Bernal Díaz à Xocotlan, mais à Mexico, selon le conquistador Andrés de Tapia qui, avec un collègue, les aurait comptées, le nombre de têtes s’élevait aux alentours de 136.000. Ici encore, le total est peut-être excessif, mais il montre bien que les victimes étaient nombreuses. Victimes qui, rappelons-le encore, dans des pays dotés d’armes meilleures et où on n’essayait pas de faire prisonnier pendant et après le combat, seraient mortes sur le champ de bataille. Outre les guerriers, il y avait toute une série d’autres victimes que je ne puis que survoler. Les esclaves, fort nombreux, provenaient de la guerre, du tribut ou étaient des condamnés, des enfants vendus ou des personnes qui se vendaient. Seuls pouvaient être sacrifiés, semble-t-il, les condamnés, les esclaves pour dettes de jeu qui ne pouvaient se racheter et les esclaves indociles qui avaient été vendus deux ou trois fois. (…) Un troisième groupe de victimes, bien moins nombreux, comprenait des condamnés à mort, une confirmation de plus du fait que la mort sacrificielle est expiatoire. Les victimes dont il a été question jusqu’à présent sont soit extérieures à la cité, soit marginales. D’autres marginaux sacrifiables sont les enfants – incomplètement intégrés dans le groupe et dépendant de leurs parents – et les personnes anormales, donc potentiellement dangereuses, ou marquées. Les sacrifices d’enfants, victimes faciles à obtenir, évidentes, étaient très fréquents. Des enfants de rois ou de seigneurs étaient requis quand il s’agissait d’assurer le succès des moissons, la bonne marche des saisons étant de la responsabilité des gouvernants. Pour les autres, c’étaient des enfants de prisonniers de guerre, ou, trop fréquemment, au point qu’à Texcoco il aurait fallu légiférer pour y mettre un frein, offert, ou vendus par leurs parents. On achetait aussi des enfants à l’extérieur. (…)  Le cas des albinos, nains, bossus, contrefaits, macrocéphales, tous sacrifiables d’office, semble-t-il, est plus difficile. Certains d’entre eux au moins étaient pourchassés, tous étaient mis à part, en particulier dans l’entourage du souverain, pour son divertissement mais surtout, sans doute, pour les contrôler, comme le porte à croire le fait que Montezuma II avait également concentré autour de lui, à Mexico, les fils des rois, les images de dieux et les animaux de l’empire. Ces personnes étaient immolées quand il y avait manque ou excès de pluie et lors d’éclipses du soleil, soit quand il y avait trop ou trop peu de soleil. Les nains et bossus devaient avoir des affinités avec les Tlaloque, les albinos étaient des élus du soleil. Enfin, dans le temple d’Iztaccinteotl, un dieu du maïs, on sacrifiait, paraît-il, des personnes qui souffraient de maladies contagieuses comme la gale ou la dartre, voire la lèpre, maladies attribuées à la déesse de l’amour Xochiquetzal . Il est d’autres personnes de la cité qui, libres, pouvaient être appelées au sacrifice ou qui le choisissaient. On dit qu’au besoin, le roi pouvait faire sacrifier n’importe quel citoyen. Lors de la fête de la moisson (tlacaxipehualiztli), dans certaines régions, on sacrifiait un étranger de passage qui probablement représentait la dernière gerbe de maïs. Pour la fête des montagnes, on sacrifiait deux vierges du lignage royal de Tezcacoatl, appelé ainsi semble-t-il d’après un des quatre guides des pérégrinations mexicas. On sait par recoupements qu’elles représentaient les déesses Ayopechtli et Atlacoaya, associées à l’eau et aux semis. Outre ces marginales du haut de la société, il y avait celles du bas. L’affirmation de Serna selon laquelle des jeunes femmes de petite vertu étaient recueillies par des prêtres qui leur promettaient de les établir mais les sacrifiaient au cours d’une fête est probablement une broderie sur la description que Sahagún fait de la fête d’ochpaniztli. Mais il y avait aussi les vraies prostituées, qui, en tepeilhuitl, fête au cours de laquelle on célébrait les amours, s’offraient librement au sacrifice en se maudissant et en injuriant les femmes honnêtes. (…) On trouvait aussi des volontaires parmi les musiciens, en échange de l’honneur de jouer du tambour lors d’une fête. Michel Gaulich
Tout mouvement qui prétendrait transcender (ou reléguer au second plan) le combat pour la souveraineté individuelle, en faisant passer d’abord les intérêts de l’élément collectif – classe, race, genre, nation, sexe, ethnie, Église, vice ou profession -, ressortirait à mes yeux à une conjuration pour brider encore davantage la liberté humaine déjà bien maltraitée. Derrière le patriotisme et le nationalisme flamboie toujours la maligne fiction collectiviste de l’identité, barbelés ontologiques qui prétendent agglutiner en fraternité inébranlable les ‘Péruviens’, les ‘Espagnols’, les ‘Français’, les ‘Chinois’, etc. Vous et moi savons que ces catégories sont autant d’abjects mensonges qui jettent un manteau d’oubli sur des diversités et des incompatibilités multiples, prétendent abolir des siècles d’histoire et faire reculer la civilisation vers ces barbares temps antérieurs à la création de l’individualité, c’est-à-dire de la rationalité et de la liberté: trois choses inséparables, sachez-le. Mario Vargas Llosa
On ne sort pas de la pauvreté en redistribuant le peu qui existe, mais en créant plus de richesse. (…) Les économies égalitaristes «n’ont jamais tiré un pays de la pauvreté: elles l’ont toujours appauvri davantage. Et souvent elles ont rogné ou fait disparaître les libertés, du fait que l’égalitarisme exige une planification rigide qui, économique au début, s’étend ensuite à toute la vie sociale. Mario Vargas Llosa
J’étais persuadé qu’un écrivain qui se déclarait libéral n’avait aucune chance de remporter le Nobel. C’est notamment pour cette raison que je pensais que je ne le recevrais jamais, que j’étais trop controversé, mes activités journalistiques et un temps politiques m’ayant entraîné, souvent malgré moi, dans de nombreuses polémiques. Eh bien, je me suis trompé ! {…) J’espère qu’il va encourager les partisans de la démocratie et de la liberté – économique, politique, culturelle… -, ce pour quoi je milite et me bats depuis des décennies dans mes articles de journaux, tous les quinze jours. J’ai toujours combattu l’autoritarisme, de gauche comme de droite. Et je dois dire que malgré des problèmes encore énormes, l’Amérique du Sud est bien orientée, il n’y a plus qu’une dictature – Cuba – et seulement quelques « demi-dictatures » comme le Venezuela de Chavez ou le Nicaragua… La gauche a opéré un tournant démocratique et social-démocrate, ouvert au marché, comme au Chili, au Brésil et en Uruguay, et la droite est elle aussi démocratique, ce qui est nouveau pour le continent sud-américain. Mario Vargas Llosa (prix Nobel de litterature 2010)
Les images du sauvetage des mineurs chiliens ont été sur tous les écrans de télévision. Le récit de leur captivité forcée, puis de leur délivrance, a fait les premières pages. Dans la presse et les médias américains, on en a parlé aussi. Mais on a donné un détail qui semble avoir échappé aux journalistes français (je ne puis imaginer qu’ils l’aient omis volontairement, cela va de soi) : ce sauvetage a été, quasiment de bout en bout, une entreprise américaine.  (…) S’il y avait un Président américain à la Maison blanche, il recevrait Jeff Hart et les autres en héros : mais nous sommes encore en l’ère Obama, hélas. (…) Je dois ajouter à ce que j’ai écrit que, sans l’ouverture et l’esprit d’entreprise du Président du Chili lui-même, Sebastian Piñera, l’action salvatrice du capitalisme américain n’aurait pas été possible. Sebastian Piñera est lui-même un capitaliste qui fait honneur au capitalisme international : si les Etats-Unis étaient gouvernés par un capitaliste, le désastre du golfe du Mexique aurait permis au capitalisme américain de donner sa pleine mesure, mais hélas, disais-je plus haut… Guy Millière

Suite à l’un de nos derniers billets sur Columbus Day

Cet article sur le site conservateur americain Human events …

Qui, au-delà du bien connu génocide et de la mise en esclavage de peuples entiers, a le mérite de rappeler tout ce qu’a rendu possible la découverte de Colomb …

A savoir, pour des peuples qui n’avaient rien demandé a personne, non seulement la scandaleuse imposition du port de vêtements, de l’écriture et du christianisme …

Mais, ajouterions-nous, l’abjecte privation, par le sanguinaire Cortes et pour des générations de jeunes  esclaves ou prisonners de guerre aztèques, de l’insigne privilège d’offrir, par dizaines de milliers annuellement, leurs coeurs encore palpitants à leurs divinités bien-aimées …

Ou des joies si délicatement variées et raffinées des différentes formes de combat gladiatorial, éviscération, crémation,  pendaison, coups de flèches ou de javelines, chute dans le vide, enfouissement vivant, coups de la tête contre un rocher, écrasement dans un filet, noyade, décapitation, dépeçage, lapidation, écorchement vivant, cannibalisme postsacrificiel …

Sans compter tout récemment …

Après les Sartre, Neruda, García Márquez, Paz, Heaney, Fo, Saramago, Grass et autres Pinter …

Et outre, avec leur aventure humaine parfaitement scénarisée, la particulièrement arrogante intervention du capitalisme américain en plein coeur du Chili …

L’avènement de cette abomination des abominations…

Un prix Nobel de littérature authentiquement libéral !!!

Christopher Columbus: Hero

Daniel J. Flynn

Human events

10/11/2010

Upon returning to Spain, Christopher Columbus wrote of his discovery that “Christendom ought to feel delight and make feasts and give solemn thanks to the Holy Trinity.” Until fairly recently, all of Christendom agreed. Just as much of Christendom now recoils at the term “Christendom,” the “delight” and “thanks” for Columbus’ historic voyage hardly remains universal.

The feast day has been transformed into a day of mourning.

Since Berkeley, Calif., jettisoned Columbus Day in favor of Indigenous Peoples’ Day almost two decades ago, Brown University, Santa Cruz, Calif., and Venezuela have similarly ditched the holiday.

“Columbus makes Hitler look like a juvenile delinquent,” professional Indian Russell Means once remarked. Faux Indian Ward Churchill, who has been arrested with Means for blocking a Columbus Day parade in Denver, likens the discoverer to Heinrich Himmler and calls the day honoring him “a celebration of genocide”

Granting Columbus’s bravery, James Loewen writes in Lies My Teacher Told Me that the Genoese sailor “left a legacy of genocide and slavery that endures in some degree to this day.” Howard Zinn dismisses Columbus the seaman as “lucky” and condemns Columbus the man as a practitioner of “genocide” upon a people whose “relations among men, women, children, and nature were more beautifully worked out than perhaps any place in the world.”

Indeed, the explorer initially praised the Indians as “gentle,” “full of love,” “without greed,” and “free from wickedness.” He exclaimed, “I believe there is no better race.” Columbus also reported tribal warfare, cannibalism, castration, the exploitation of women, and slavery. The locals slaughtered the dozens of men he left behind in the New World. Put another way, in 1493 the natives conducted genocide on every European in the Americas.

This is not to whitewash Columbus’s crimes, which have not aged well. The explorer kidnapped natives for show in Spain (none of them made it alive) on his first voyage, enslaved several hundred bellicose Indians on his second visit, and after his third trip faced charges back home of governing as a tyrant. At sea, the admiral and his crew also ate a dolphin—another act that offends 21st-Century tastes.

But fixation upon his sins obscures his accomplishment: Columbus discovered the New World.

Any assessment of the admiral that doesn’t lead with this fact misses the forest for the trees. Enslavement and cultural conquest are common. Discovering two continents is unprecedented. Other than Christ, it is difficult to name a person who has changed the world as dramatically as Columbus has.

Unlike the adventurers of today, who climb tall mountains and balloon over oceans, Columbus did not trek across the Atlantic for the hell of it. If his dangerous journey had been a mission to resolve a mid-life crisis, perhaps his modern detractors would understand it better. As it was, Columbus sailed to enrich his adopted country (he naturally got a cut) and spread Catholicism.

Columbus described the Indians as “a people to be delivered and converted to our holy faith rather by love than by force.” He planted a cross on each island he visited and taught the natives Christian prayer. Elsewhere, his journal obsesses over gold, spices, cotton, and other valuables that might uplift Spain. Given the boogeyman status on the Left of both capitalism and Christianity, it is no surprise that Columbus has himself become a boogeyman.

Had Columbus never discovered America, the Indians never would have discovered Europe. Columbus encountered naked natives with neither the iron nor the courage with which to effectively fight. The civilizations peopling the New World possessed no written language and didn’t use the wheel. All of history points to some kind of eventual conquest. Isn’t it worth celebrating that the pope’s mariner, rather than, say, the henchmen of sultans or khans, discovered the Americas?

No, say the critics of America and the West, who, not coincidentally, are also Columbus’s critics. Multiculturalists see Columbus as the symbol for all subsequent atrocities that befell Native Americans.

Couldn’t he be more plausibly viewed as the catalyst for ensuing greatness?

America first sending men into flight, over the Atlantic, and to the moon; thwarting tuberculosis, yellow fever, and polio; fighting Nazism, Communism, and al Qaeda; serving as a welcome mat to humanity’s “wretched refuse;” inventing the light blub, the telephone, the computer, and the Internet; and standing as a beacon of freedom in an unfree world all happened in the wake of the Nina, the Pinta, and the Santa Maria.

Columbus endured the skepticism of potential patrons, a near mutiny, and more than a month at sea to reach the Americas. His good name can probably withstand the assaults of Ward Churchill, Howard Zinn, and the Berkeley city council.

Mr. Flynn is the author of A Conservative History of the American Left (Crown Forum), and editor of http://www.flynnfiles.com. Mr. Flynn has been interviewed on The O’Reilly Factor, Hardball, Fox & Friends, Donahue, and numerous other public affairs television programs. His articles have appeared in The Boston Globe, The Washington Times, The City Journal, The New Criterion, National Review Online, and The American Enterprise, among other publications.

Voir aussi:

The Trouble With Columbus

Paul Gray;Cathy Booth/Miami, Anne Hopkins and Ratu Kamlani/New York

Time

Oct. 07, 1991

Planned more than a century ago as a tribute to the landfall of Christopher Columbus in 1492, a five-story lighthouse now, finally, thrusts itself into the sky over Santo Domingo, in the Dominican Republic. Aggressively supported by the nation’s octogenarian President Joaquin Balaguer, the project will cost, when all the finishing touches are completed, about $20 million. It will also, when the switch is pulled, put on quite a show: 147 giant beams projecting a cross of light 3,000 ft. into the Caribbean night. The lighthouse comes equipped with its own power generators, which was a prudent idea on someone’s part. The Dominican Republic’s electricity system has virtually collapsed for lack of funding. Like the rest of the country, the neighborhoods surrounding this soaring beacon are routinely blacked out 20 hours a day.

The grandiose new lighthouse already looks like an anomaly, while the old poverty huddling at its edges seems all too contemporary. Overarching light and enforced darkness, cheek by jowl. The Manichaean contrast is altogether fitting for this, the 500th anniversary of Columbus’ world-shattering voyage, which is itself increasingly seen in opposing terms of black and white. The Columbus quincentennial officially kicks off this Columbus Day, Oct. 12 — but it has even now generated enough contrast and controversy to outlast its appointed year and, quite possibly, this decade.

At the heart of the hubbub lies a fundamental disagreement, not so much about Columbus himself as about the Columbian legacy. What, in other words, did the enigmatic Genoan set in motion when he first reached the New World? In one version of the story, Columbus and the Europeans who followed him brought civilization to two immense, sparsely populated continents, in the process fundamentally enriching and altering the Old World from which they had themselves come.

Among other things, Columbus’ journey was the first step in a long process that eventually produced the United States of America, a daring experiment in democracy that in turn became a symbol and a haven of individual liberty for people throughout the world. But the revolution that began with his voyages was far greater than that. It altered science, geography, philosophy, agriculture, law, religion, ethics, government — the sum, in other words, of what passed at the time as Western culture.

Increasingly, however, there is a counterchorus, an opposing rendition of the same events that deems Columbus’ first footfall in the New World to be fatal to the world he invaded, and even to the rest of the globe. The indigenous peoples and their cultures were doomed by European arrogance, brutality and infectious diseases. Columbus’ gift was slavery to those who greeted him; his arrival set in motion the ruthless destruction, continuing at this very moment, of the natural world he entered. Genocide, ecocide, exploitation — even the notion of Columbus as a « discoverer » — are deemed to be a form of Eurocentric theft of history from those who watched Columbus’ ships drop anchor off their shores.

Not surprisingly, those who see Columbus’ journey as a triumph of the human progress toward perfection and those who view the same event as a hemispheric rape do not have many kindly things to say to one another. But they are shouting a lot, and this clamor, so far, has defined the ceremonies to come.

Outwardly, at least, the planned hoopla looks much the same as that attending other big-bow-wow anniversaries, such as the bicentennials of the U.S. Declaration of Independence in 1976 or of the French Revolution in 1989. Columbus will be given the now obligatory PBS documentary series for important occasions: Columbus and the Age of Discovery will spread seven hours over four nights, beginning Oct. 6, with the whole shebang to be repeated on Columbus Day. Furthermore, those hungering for Columbus T shirts, watches or other memorabilia should not have to search far to satiate themselves. The spirit of good old-fashioned boosterism in pursuit of tourist revenues is alive and well wherever a claim can be laid to Columbus.

Starting next April 20, Spain will stage Expo ’92, billed as the largest World’s Fair in history. The host city is Seville, which is not far from where the explorer set out on the ocean blue, and the extensive plans for the event include three replica ships — of the Nina, the Pinta and the Santa Maria — to be moored in a re-creation of a 15th century port. Another set of three replica ships will sail from Spain Oct. 12 and retrace Columbus’ first voyage to the New World. In Columbus, Ohio, « the largest city in the world bearing the explorer’s name, » yet another replica of the Santa Maria will be christened Oct. 11 and then docked on the Scioto River downtown. The city’s year-long schedule of events includes performances of new works by its orchestra, opera, ballet and theater groups, not to mention an educational exhibit called « 500 Years of Accounting » to commemorate the Italian invention of double-entry bookkeeping.

And so it will go, in both hemispheres. A 14 1/2-ft. fiber-glass statue of the explorer has gone up in Columbus, Wis. Club Med is struggling to complete a new getaway retreat on the Bahamian island of San Salvador, one of the many spots that claim to be the place where the explorer first landed. Commercialism does, of course, entail risks. Genoa, Columbus’ birthplace, confidently expects at least 2 million visitors to attend its « Man, the Ship and the Sea » extravaganza, which begins May 15, amid rampant rumors in Italy – of corruption and misuse of funds by the planners.

The grandiloquently named Christopher Columbus Quincentenary Jubilee Commission, established by Congress in 1984, has also run into some fiduciary problems. Its first chairman, Miami developer and Republican fund raiser John Goudie, resigned last year amid complaints of mismanagement. Meanwhile, the U.S. recession has put a crimp in the commission’s ability to obtain public and private donations. In Florida three separate state Columbus commissions have foundered on a lack of money.

This rain on the Columbus parade is nothing, though, compared with the storm of outrage that the prospect of quincentennial partying has unleashed among the anti-Columbians. « Our celebration is to oppose, » says Evaristo Nugkuag, a member of the Aguaruna people, who is president of the Coordinating Body for the Indigenous Peoples’ Organizations of the Amazon Basin (COICA), an umbrella group in Lima, Peru. On Oct. 7, in Quetzaltenango, Guatemala, about 1,000 members of COICA and other groups, representing 24 countries in the Western Hemisphere, will gather at a « Continental Encounter » meeting. One of the purposes is to determine strategies to counter the 1992 Columbus celebrations, including the establishment of an « alternative Seville » at a yet to be chosen site in Mexico. Nugkuag thinks such an antimainstream World’s Fair can be an occasion for reflection rather than celebration: « We want to recover our history to affirm our identity, to achieve true independence from exploitation and aggression and to play a role in determining our future. »

Similar protests have been percolating, or even boiling, for some time. When it opened at the University of Florida’s Museum of Natural History two years ago, an exhibit called « First Encounters: Spanish Explorations in the Caribbean and the United States 1492-1570 » drew spirited opposition from Native American activists, including Russell Means of the American Indian Movement. « Columbus makes Hitler look like a juvenile delinquent! » yelled demonstrators. COLUMBUS MURDERED A CONTINENT read one of the placards. Last July a group of protesters dressed as South American Indians appeared unannounced in Spain, wearing loincloths, their faces and bodies painted. The invaders peacefully entered the shrine of the nation’s patron saint at Santiago de Compostela. They left flowers and other offerings and a message to ask « forgiveness for those who used his name to conquer, murder and destroy peoples. »

Anti-Columbus sentiments are by no means restricted to the descendants of those who were on hand when the Genoan first showed up. Last year the National Council of the Churches of Christ in the U.S. adopted a resolution suggesting how 1492 should be commemorated: « For the descendants of the survivors of the subsequent invasion, genocide, slavery, ‘ecocide’ and exploitation of the wealth of the land, a celebration is not an appropriate observance of this anniversary. »

The charge that Columbus’ arrival instigated genocide has become a major weapon in the anti-Columbian arsenal. George Tinker, a Native American who teaches at the Iliff School of Theology in Denver, says of the quincentennial plans: « We’re talking about celebrating the great benefit to some people brought by the murder of other people. » Further to Columbus’ discredit, at the bar of contemporary judgment, is his identity as a white European male. Across the U.S., academicians will be jetting to innumerable conferences where they will give papers on the colonial depredations and horrors that Columbus inaugurated. Author Hans Koning, who has written a scathing biography titled Columbus: His Enterprise (Monthly Review Press; $8.95), sums up this school of scandalized thought: « It’s almost obscene to celebrate Columbus because it’s an unmitigated record of horror. We don’t have to celebrate a man who was really — from an Indian point of view — worse than Attila the Hun. »

Granted, as less vitriolic modern historiography makes clear, Columbus was not the gem of the ocean, the flawless hero of so many earlier hagiographies. But was the historic figure whose name was adopted by a South American republic, the District of Columbia and countless other places and entities, really worse than Hitler or Attila the Hun? What in the New World is going on around here?

For all its intensity, the Columbus controversy has very little to do with 1492 and almost everything to do with 1991. The peoples of the New World, the land that Columbus made inevitable, are engaged in another convulsive attempt to reinvent themselves, to conceive a version of the past that will justify the present and, if possible, shape the future. In older, fixed civilizations, this sort of cultural enterprise would be all but inconceivable. History is what happened and what everyone is stuck with — « a nightmare, » as James Joyce’s Stephen Dedalus described it, « from which I am trying to awake. » But bad dreams have never been popular, particularly in the U.S., where it has been assumed they can be erased by a different way of seeing the things that caused them.

Ironically, Columbus drew much of his stature from one such national mind- change. Prior to the War of 1812, he did not figure large in the U.S. imagination. But after that conflict, American patriots felt an urgent need to link the national cause with non-British heroes: the New World needed new ancestors. Washington Irving’s 1828 A History of the Life and Voyages of Christopher Columbus glorified a commanding character with an Italian name and sailing under a Spanish flag who nonetheless displayed virtues and characteristics that U.S. citizens, most of them from northern Europe, could admire. Thus did the heyday of Columbus idolatry begin — in an early attempt to provide the nation with the icons of multicultural diversity.

That idolatry is now guttering out — inconveniently, by many people’s lights — for several reasons. The U.S. population is not what it was during the first decades of the 19th century; it now includes a higher percentage of people, and a number of far more vocal people, who feel they have a historic grievance against Columbus and the European invasion he represented. These include, most prominently, Native Americans, many of whom have joined hands with their coevals in Latin and South America to take a stand against a long- ago uninvited guest; and African Americans, whose forebears were packed into slave ships and sent across the Atlantic because the Europeans needed their labor to replace that of the decimated indigenous populations. Their toppling of the Columbus icon represents, at its best, a bid to construct a new national mythology — an urge they paradoxically share with the patriots after the War of 1812.

At the same time, what Columbus actually wrought by bringing Europe into the Americas is being assessed with increased historical sophistication. Two worlds collided nearly 500 years ago, and none of the fallout from that impact now seems as simple as it was once portrayed. Textbooks on American history once began with Columbus’ arrival, as if nothing that had happened before bore mentioning. Those careful enough to note that the explorer found people already living where he touched down did not go on to say very much about them.

Yet there is much to say, as archaeologists, anthropologists and ethnographers have known for a long time. The prospect of the Columbus quincentennial not only lent new urgency to scientific research already under way about the land that the Italian encountered, but also suggested an expanded context in which discoveries could be viewed. « The impetus has changed, » says archaeologist Jerald Milanich, « from a celebration of Columbus and the triumph of European civilization to a new theme: the people that discovered Columbus. There’s a huge amount of research focusing on the impact of native Americans. »

It has never been a secret that the Americas and Europe reciprocally influenced each other, although the focus in much traditional history was on how the colonializers tamed — or exterminated — the natives and resettled the land along European models. The process worked both ways. The New World galvanized the European imagination; knowledge of its existence and its peoples was an important factor in the explosion of the Renaissance, which involved not only the reappropriation of classical learning but also the heady sense of a future yet to be discovered. In « To His Mistress Going to Bed, » written roughly a century after Columbus’ landing, the English poet John Donne describes his lover’s disrobing until her final article of clothing is cast off and then exclaims, « O my America! my new-found land. »

In the current politically correct climate, Donne’s rapturous recognition can easily be dismissed as a typically white European male response toward unclaimed territory, combining voyeurism, sex and predatory aggression. This reading filters out all the fun and, more important, the awe and wonder that the Americas sparked in European minds. And the New World fed Europe more than literary tropes, intellectual excitement and a whiff of the exotic. It fed Europe . . . food, stuff that native Americans had been cultivating for thousands of years and that Europeans had never heard of: peppers, paprika, potatoes, corn, tomatoes.

A wider understanding of this transfer of knowledge from the New World to the Old should by fostered by the Smithsonian Institution’s « Seeds of Change, » the largest exhibition ever mounted at the National Museum of Natural History in Washington. Opening Oct. 12 and running through April 1993, the Smithsonian exhibit sets forth five « natural » elements — sugar, disease, maize, the potato and the horse — the exchange of which has profoundly altered both the New and Old Worlds in the 500 years since Columbus’ first voyage.

The Smithsonian show and much of the other serendipitous scholarly digging in preparation for the Columbus quincentennial actually work quietly against the more extreme positions staked out by those who hate or love what transpired 500 years ago. Thank goodness. Because it is impossible, even with the best will in the world, to find a simple common ground between the contending notions of Civilization or Genocide, Progress or the Cyclical Harmony of the Seasons, Mastering the Land or Living with the Bounty That the Land Will Provide on Its Own.

Impossible, because all these abstractions belong more to the world of morality plays than to the messy arena of history as it occurs. The vast amount of new information being discovered about the New World, both before and after 1492, actually points the way toward a genuinely harmonious understanding of the present moment and how it was achieved. The Columbus quincentennial deserves some credit for focusing this energy and attention. But the worry is that if the debate grows louder and more strident, it could obscure this increasing pool of common knowledge in a shouting match of cliches.

If any book can be said to summon up the passions of this moment, it is Kirkpatrick Sale’s The Conquest of Paradise, (Knopf; $24.95). Published last year, the 453-page popular history has become a call to arms for the anti- Columbians; it is also the book the traditional Columbus faction most loves to hate. Sale is a social historian whose research into Columbus’ life and travels and the explorer’s contemporary world is impressive; his narrative, especially when he joins Columbus aboard the Santa Maria, is gripping. Sale persuasively describes what it must have felt like for the explorer to stumble upon an unimagined world, peopled, as the author notes, by the tribe known as the Tainos, a European name attached to them that was taken from their own word for « good. »

Sale goes on to note that « the Tainos’ lives were in many ways as idyllic as their surroundings, into which they fit with such skill and comfort. They were well fed and well housed, without poverty or serious disease. They enjoyed considerable leisure, given over to dancing, singing, ballgames, and sex, and expressed themselves artistically in basketry, woodworking, pottery, and jewelry. They lived in general harmony and peace, without greed or covetousness or theft. »

Never mind the aesthetic objection that Sale makes these people sound ^ suspiciously like a bunch of New Agers vacationing in the Bahamas. Discount the fact that Sale does not mention evidence of the Tainos’ hierarchic social structure, which included, at the bottom level, slaves.

The deepest problem is that Sale, like others who idealize the people whose fate was sealed by the explorer’s arrival, actually does them another kind of injury. The perfect island race of Sale’s imagination is denied its commonality with the rest of humanity. Father Leonid Kishkovsky of the Orthodox Church in America, who chaired the National Council of the Churches meeting at which the controversial Columbus quincentennial resolution was debated, is one of those who question the notion implicit in Sale’s work that evil was something imported exclusively from Europe: « In a certain sense this is patronizing; it’s as if native indigenous people don’t really have a history, which includes civilization, warfare, empires and cruelties, before white people even arrived. »

Lurking behind Sale’s argument and that of many other vociferous critics is a prelapsarian myth: the world was once perfect and now it isn’t, so someone or something must have ruined it. Many cultures possess a form of this myth; it is particularly strong in Western thought because of the Adam and Eve story in the Old Testament. In the 18th century, Jean Jacques Rousseau popularized a secular version of that Eden story with his writings about the Noble Savage. And part of his inspiration for this concept came from his knowledge of the New World. Even Sale’s anti-Columbian ideas, it seems, owe more to Columbus than some of his readers might imagine.

Mythology is a closed system, a revolving circle of self-reinforcing perceptions. The true history of 1492 and ever after occurred in a different plane of existence, where questions like Were Savages Noble? are either meaningless or susceptible to proof. For too long, the American myth demonized or ignored the people whom Columbus encountered on these shores. Must people now replace this with a new myth that simply demonizes Columbus and Europeans? It is easy to see why former victims might like their turn as heroes. But if that is all the quincentennial produces, an important opportunity for self- reflection will have been wasted.

Celebrate Columbus? Not if that simply means backslapping and flag waving. But it can mean more: taking stock of the long, fascinating record, noting that inevitable conflict resulted in losers as well as winners and produced a mixture of races, customs and habits never before seen in the world. Columbus and all he represents may simply provide an excuse for finger shaking. But perhaps it is possible to celebrate Columbus by trying harder to understand each other and ourselves.

Voir de plus:

Aztec Sacrifices Laid to Hunger, Not Just Religion
Boyce Rensberger
The New York Times
February 19, 1977

The Aztecs sacrificed human beings atop their sacred pyramids not simply for religious reasons but because they had to eat people to obtain protein needed in their diet, a New York anthropologist has suggested.

Based on evidence he has gathered, Dr. Michael Harner, a professor of anthropology at the New School for Social Research, contends that in the 15th century, just before the Spanish conquerors arrived in Mexico, the Aztecs had the most cannibalistic culture known to modern anthropology.

Although most sources on the Aztecs note that human sacrifice and cannibalism were practiced, they seldom suggest that it was anything more than an occasional religious rite.

Dr. Harner’s theory of nutritional need is based on a recent revision in the number of people thought to have been sacrificed by the Aztecs. Dr. Woodrow Borah an authority on the demography of ancient Mexico at the University of California, Berkeley, has recently estimated that the Aztecs sacrificed 250,000 people a year. This consituted about 1 percent of the region’s population of 25 million.

Meat Shortage

While the Aztec civilization, with its architecturally spectacular cities and elaborately codified life‐styles, is usually thought of as having been bountiful, Dr. Harner contends that conventional food in the thickly populated region was not always abundant.

He argues that cannibalism, which may have begun for purely religious reasons, appears to have grown to serve nutritional needs because the Aztecs, unlike nearly all other civilizations, lacked domesticated herbivores such as pigs or cattle.

Staples of the Aztec diet were corn and beans supplemented with a few vegetables, lizards, snakes and worms. There were some domesticated turkeys and hairless dogs. Poor people gathered floating mats of vegetation from lakes.

Humans Fattened in Cages

Dr. Harner’s theories are to be published in a formal article in the February issue of American Ethnologist, a journal of the American Anthropological Association.

“The evidence of Aztec cannibalism.” Dr. Harner wrote for that article, “has largely been ignored and consciously or unconsciously covered up.”

In contemporary sources, however, such as the writings of Hernando Cortes, who conquered the Aztecs in 1521, and Bernal Diaz, who accompanied Cortes, Dr. Hamer says there is abundant evidence that human sacrifice was a common event in every town and that the limbs of the victims were boiled or roasted and eaten.

Diaz, who is regarded by anthropologists as a highly reliable source, wrote in “The Conquest of New Spain,” for example, that in the town of Tlaxcala “we found wooden cages made of lattice‐work in which men and women were imprisoned and fed until they were fat enough to be sacrificed and eaten. These prison cages existed throughout the country.”

The sacrifices, carried out by priests, took place atop the hundreds of steepwalled pyramids scattered about the Valley of Mexico. According to Diaz, the victims were taken up the pyramids where the priests “laid them down on their backs on some narrow stones of sacrifice and, cutting open their chests, drew out their palpitating hearts which they offered to the idols before them.

Then they kicked the bodies down the steps, and the Indian butchers who were waiting below cut off their arms and legs. Then they ate their flesh with a sauce of peppers and tomatoes.”

The skulls were placed on a skull rack near each pyramid, alongside the skulls of previous victims. In TenochtitIan, the royal city of the Aztecs and the precursor of Mexico City. Cortes’s associates counted a minimum of 136,000 skulls on the rack.

Diaz’s accounts indicate that the Aztecs ate only the limbs of their victims. The torsos were fed to carnivores in zoos.

According to Dr. Harner, the Aztecs never sacrificed their own people. Instead they battled neighboring nations, using tactics that minimized deaths in battle and maximized the number of prisoners.

The traditional explanation for Aztec human sacrifice has been that it was religious—a way of winning the support of the gods for success in battle. Victories procured even more victims, thus winning still more divine support in the next war.

Dr. Harner contends that a need for food, particularly during periods of famine, came to be a significant factor, especially as the human population in the Valley of Mexico grew to 25 million.

In 1450, for example, Aztec records indicated that famines were so severe that the royal granaries, which contained the grain surpluses of more than 10 good years, were depleted.

Traditional anthropological accounts indicate that to win more favor from the gods during the famine the Aztecs arranged with their neighbors to stage battles for prisoners who could be sacrificed. The Aztecs’ neighbors, sharing similar religious tenets, wanted to sacrifice Aztecs to their gods.

Voir encore:

Experts on Aztecs Deny Withholding Cannibalism ‘Facts’
Boyce Rensberger
The New York Times
March 3, 1977

A New York anthoropologist’s theory that the Aztecs practiced human sacrifice and cannibalism because they needed to supplement a marginal diet has been sharply criticized by a number of authorities on Aztec life.

The critics say there is substantial evidence indicating that the Aztecs had abundant sources of conventional food and that the cannibalism that existed was practiced strictly for religious reasons.

The criticism was directed at the writings of Dr. Michael Harner, a professor of anthropology at the New School for Social Research, who has asserted that most specialists on Aztec culture have “consciously or unconsciously” covered up evidence of what he believes to be the extent of Aztec cannibalism.

Dr. Harner’s theories were published last week as a formal report in the American Ethnologist, a journal of the American Anthropological Association. After his theory was described in The Times, 17 scholars specializing in Mesoamerican ancient history signed a telegram to The Times dissociating themselves from Dr. Harner’s views.

‘ “No reputable anthoropologist familiar with Aztec culture.” the statement said. “would subscribe to his views. We regard his statement that scholars have consciously or unconsciously suppressed the ‘facts’ about Aztec sacrificial practices as ridiculous.”

Dr. Peter T. Furst, a professor of anthropology at the State Univdrsity or New York at Albany, and a signer of the statement, said in a telephone interview that the Spanish priests who lived among the Aztecs immediately after their conquest by Cortes wrote about the abundance and variety of food available in Aztec markets.

Dr. Furst said that the priests had been astounded by the plentifulness of game such as deer and the pig‐like peccary in forests. He said that Lake Texcoco, in which the imperial island city of Tenochtitlan was situated, was a major wintering place for migratory ducks and geese. He noted also that the Aztecs grew corn and beans and many additional vegetables and received substantial quantities of food as tribute from conquered neighbors.

“The nutritional status of central Mexico of that day was very good,” Dr. Furst said. “There just wasn’t a nutritional need for human flesh.”

Dr. Nancy Troike, an ethnohistorian at the University of Texas and another signer of the statement, said; “The Aztec diet before Conquest was an awful lot better than what the Mexicans are eating today.”

Dr. Troike said that simply because Dr. Harner’s article had been accepted by reputable scientific journal did not mean it was proper for his views to be made known to the public.

“Things like this need to get in schools or any journals where they can be debated.” she said, “but not in the popular press where people are likely to believe anything they read.”

Dr. Furst said that many Aztec scholars would question the suggestion that there were 25 million people living in central Mexico in those days and that 250,000 of them were sacrificed and eaten every year. Those figures, developed by Dr. Woodrow Borah, a specialist on ancient Mexican demography at the University of California, Berkeley, were cited by Dr. Harner.

Dr. Harner argued that the level of human sacrifice had been so great that it could not be explained by religious reasons alone. He suggested that, because the Aztecs had lacked large domesticated animals such as cattle or pigs, they had resorted to cannibalism to meet their need for protein.

“That the scale of human sacrifice was very large, we know,” Dr. Furst said. “The Aztecs carried sacrifice to a much greater degree than anybody else. But is explainable in terns of their religion.”

Dr. Furst said that the Aztecs had believed that their world would be destroyed if the gods were not offered enough human hearts

Dr. Harner said that he was not surprised at the reaction of specialists in Mesoamerican history.

“They’re going to be upset about this! for obvious reasons,” Dr. Harner said. “They’re not going to have the people they study looking like cannibals. They’re clinging to a very romantic point of view about the Aztecs. It’s the Hiawatha syndrome.”

Voir enfin:

Les victimes du sacrifice humain aztèque

Michel Graulich
Civilisations
2002
p. 91-114

On sait que les victimes du sacrifice humain aztèque étaient très nombreuses. Il fut un temps, sans doute, où c’était surtout des esclaves, comme cela resta le cas chez les Mayas. Mais la forte expansion de l’empire aztèque fit que rapidement, ce furent les guerriers ennemis capturés qui fournirent l’immense majorité des victimes, suivis par les esclaves, les enfants, les condamnés à mort, des personnes anormales : albinos, nains, bossus, contrefaits, macrocéphales, tous sacrifiables d’office, des personnes libres ordinaires, volontaires (comme des prostituées ou des musiciens) ou non, des étrangers de passage et enfin, dans certains cas précis, des princesses de la cité.

Comme ailleurs en Amérique (Helfrich 1973 ; chez les Nicaraos du Nicaragua : Oviedo 1.40 c.l, 1959,4 : 373 ; Martyr, 6e déc. 1.6, 1965,2 : 571), à l’apogée de l’empire, les principales catégories étaient donc les guerriers et les esclaves. Elles correspondent aux deux victimes prototypiques du sacrifice humain dans le mythe dit de la création du soleil et de la lune à Teotihuacan : Nanahuatl, qui est revêtu des atours typiques des guerriers immolés et Tecciztecatl, de ceux des esclaves baignés (Sahagún VII c.5). L’imprécision terminologique des sources ne permet pas toujours de bien les distinguer : le mot (malli) désignant le captif de guerre est employé aussi bien pour le combattant destiné au sacrifice que pour les femmes et les enfants réduits en esclavage (Sahagún II c.20, 1950-81, 2 : 47 ; Anales de Cuauhtitlan :37, 59, 60 … ). D’autre part, les guerriers capturés sont parfois appelés esclaves (Sahagún II App. , XII c.34 ; 1950-81 :2 :204, 12 : 95).

  • 1 Voir aussi Ixtlilxochitl, Historia chichimeca c.38, 1975-77: 2: 103. Pour lui, c’est la Triple Al (…)
  • 2 Sur cette guerre et ses autres motivations, notamment politiques, voir Graulich 1994; Duran 1967, (…)

La mission des Mexicas est en principe de faire la guerre pour nourrir ciel et terre et pour faire marcher la « machine mondiale ». Mais c’est là un discours particulier, propre essentiellement aux nobles, semble-t-il. En fait, il faut faire la distinction entre guerre fleurie et guerre tout court. Dans les deux, on faisait des prisonniers qui étaient sacrifiés. Mais la guerre ordinaire poursuivait avant tout les objectifs habituels d’une guerre. Il n’était pas question d’attaquer une cité sous prétexte de vouloir nourrir le soleil la terre : il fallait des motivations légitimes, telles que le massacre de marchands ou d’ambassadeurs, le refus de commercer, etc. Le roi doit soumettre ses motifs à une assemblée de vassaux, de guerriers distingués et de citoyens de la cité, qui donnent ou refusent leur approbation. En cas de refus, le roi peut reposer la question et, après un troisième refus, passer outre et procéder à la déclaration de guerre ou, le cas échéant, à une attaque surprise (Motolinia Memoriales 1.2 c12, 1970 : 157-158, suivi par Mendieta II, cap. 26, 1 : 144)1. La guerre fleurie (xochiyaoyotl) en revanche a théoriquement pour seul but la capture de prisonniers à sacrifier. Des batailles de ce nom, modérément sanglantes paraît-il, avaient lieu depuis longtemps (Chimalpahin 1965 : 152 ; 1997 :66-67 ; Anales de Cuauhtitlan :27, 1945 : 32), mais la véritable guerre fleurie opposant la Triple Alliance de Mexico, Texcoco et Tlacopan à des cités de la vallée voisine de Puebla, principalement Tlaxcala, Cholula et Huexotzinco, n’aurait été instituée qu’à l’occasion de la grande famine du milieu du XVe s., famine qui fut interprétée comme un châtiment des dieux insuffisamment alimentés. Les armées des deux camps s’opposaient régulièrement sur un champ de bataille précis et capturaient le plus possible de prisonniers pour les immoler ensuite au cours des grandes fêtes des vingtaines, garantissant ainsi aux dieux un garde-manger bien fourni2.

Deux types de guerres différents selon leurs objectifs, donc, mais deux guerres ritualisées, auxquelles une bonne partie de la population était invitée à s’associer. Les femmes mariées, les jeunes filles, les recluses des couvents se mettaient à jeûner et s’abstenaient de se laver tandis que les prêtres s’extrayaient en outre du sang tous les quatre jours. Le matin, avant le lever de Vénus, les épouses et soeurs des guerriers en campagne allaient dans de petits oratoires où pendaient les mantes des absents et les os des guerriers qu’ils avaient immolés, et elles encensaient et imploraient les dieux et les os de leur donner la victoire. Elles leur donnaient à déjeuner, notamment de grandes tortillas blanches papalotlaxcalli, et les assuraient que leurs parents n’étaient pas partis au travail comme d’habitude, pour gagner leur vie, mais uniquement ( !) pour le service des dieux. Le roi jeûnait plus fort que les autres jusqu’au retour de l’armée (Tezozomoc c.70, 1878 :539 ; Durán c.46, 1967 :2 : 358-359 ; Pomar 1986 : 68-69).

La campagne était menée par les « seigneurs du soleil ». Les prêtres précédaient les armées d’un jour, portant sur le dos les images des divinités. Avant la bataille, presque toujours en rase campagne, ils s’activaient à allumer du feu (avec les bâtonnets), puis sonnaient les conques. Dès que le feu avait pris, ils donnaient le signal de l’attaque en poussant des cris. Le ou les premiers ennemis capturés étaient immédiatement immolés devant les images divines (Sahagún VIII c.17 §1 ; RG d’Ixtepexi, zapotèque ; d’Alauiztlan, chontal ; d’Ichcateopan, Instlauaca et Tecomastlahuala, mixtèques ; Graulich 1994 : 128). Habituellement, dès le premier choc, une des armées cédait et prenait la fuite. C’est surtout alors, pendant le sauve-qui-peut, qu’avait lieu la capture de prisonniers. Les vaincus se soumettent, éventuellement en obligeant leur roi à capituler, voire en le tuant. Habituellement, la chasse à l’homme se prolonge jusque dans la cité ennemie. Parfois, les Aztèques massacrent tout le monde après quelques sacrifices sur place, ou ils tuent quiconque a plus de huit ans, ou encore ils ne laissent en vie, pour les emmener captifs, qu’un jeune homme sur deux, ou les jeunes garçons et filles. Dans d’autres cas, le mot d’ordre est de capturer tout le monde (Motolinia Mem. II c.13-14, 1970 :158-159, Mendieta 1945 :1 :143-144 ; Tezozomoc 1878 :359, 422-423, 430-431, 342, 344-345 ; Durán 1967 :2. 208, 229, 269, 359).

  • 3 Ainsi, le premier recevait le corps et la cuisse droite, le second la cuisse gauche, le troisième (…)Quand un guerrier capture un vaincu, il dit : « il est comme mon fils chéri » et l’autre répond : « il est mon père chéri » (ca notatzin : Sahagún II c.21, p. 54). La capture n’étant pas toujours facile, parfois on coupe les jarrets de ceux qui se débattent. Plus souvent, on s’y met à plusieurs, au maximum six, pour neutraliser un ennemi ; par la suite, pour le banquet cannibale consécutif au sacrifice, le corps sera réparti entre les six dans l’ordre où ils ont mis la main sur leur victime3. Si plusieurs guerriers réclament un même captif et qu’il n’y a pas de témoins, c’est un « seigneur du soleil » qui départage, éventuellement après avoir entendu le témoignage du prisonnier. En cas de doute persistant, on peut décider de le remettre au temple Huitzcalco (du calpulli de Coatlan) ou au temple de calpulli (sans précision). Tout tromperie en la matière, comme de s’approprier le captif d’un autre ou de donner son propre prisonnier à autrui est puni de mort (Sahagún 1.8 c.17 §1, 1969,2 :317 ; Motolinia Mem. II c.13-14, 1970 : 160 ; Mendieta II c. 27,1945,1 :144 ; Pomar), le coupable fût-il fils de roi (Ixtlilxochitl, Historia Chichimeca c.67, 1975-1976, 2 :170).
  • 4 Pour Cervantes de Salazar, qui diffère ici, celui qui a fait 5 prisonniers « mudava el traje del c (…)

Cette rigueur extrême dans l’attribution précise des victimes s’explique autant par l’importance religieuse de la capture de victimes que par son rôle de moteur social. L’avancement dans la hiérarchie militaire était en effet conditionné, du moins en grande partie, par le nombre de captifs qu’on avait fait immoler. Plusieurs sources plus ou moins concordantes décrivent en détail le processus (Sahagún VIII c.21, 1950-1981, 8 :73-75 p.ex. ; Cervantes de Salazar 1 c.22, 1985 : 43-44). A partir de l’âge de dix ans, le petit garçon, jusqu’alors rasé, se laisse pousser une mèche sur l’arrière du crâne, mèche qu’on lui rase lorsqu’il a fait un premier prisonnier avec l’aide d’autres personnes. A partir de ce moment, il se laisse pousser une mèche sur le côté droit, jusque sous l’oreille. Elle lui vaudra des quolibets s’il revient deux ou trois fois de la guerre sans captif. Celui qui parvient à faire seul un prisonnier devient un « guide de jeunes gens » que le roi lui-même récompense et revêt de vêtements décorés (Sahagún 1950-1981 : 8 :75s.). Les captures suivantes lui vaudront des titres supérieurs et le droit de porter des insignes plus importants. A partir de quatre, il devient « guerrier chef chevronné » (tequihua) et peut prendre place sur la natte de la maison des aigles (cuauhcalli), où se réunissent les grands guerriers. Par la suite, s’il capture encore des Huaxtèques ou d’autres Barbares, il stagne, mais s’il fait des prisonniers de la vallée de Tlaxcala en guerre fleurie il devient huey tiacauh, cuauhyacatl et reçoit du roi de riches atours et insignes. Pour les nobles, des captures dans ces guerres confirment leur noblesse et leur qualité d’aigles-jaguars ; elle leur permet de gouverner des cités et de devenir des commensaux du roi. D’autres titres prestigieux étaient ceux de cuachic, guerrier d’arrière-garde et renfort ultime qui jamais ne recule, et d’Otomi4.

La victoire obtenue, un messager est dépêché chez le roi pour lui annoncer la prise de captifs, puis il est retenu jusqu’à plus ample informé. Sur place, après la prise de la cité, on procède au comptage des captifs obtenus par les différents alliés et des guerriers chevronnés vont faire rapport définitif au roi, en précisant notamment le nombre de nobles qui ont mérité des honneurs pour leur conduite. (Sahagún 1950-1981 : 8 : 72-73). Ensuite on se met en route avec les prisonniers, dont beaucoup mouraient en chemin. Les Huaxtèques étaient retenus par une corde passée dans le trou qu’ils se percent dans le nez. Aux jeunes qui n’ont pas le nez percé, on met colliers de bois ou on leur entrave bras et pieds. Ceux de Miahuatlan décourageaient toute velléité de fuite en attachant la corde de leur arc au membre viril du captif. (Durán c. 42, 1967,2 : 327, 330).

  • 5 Le sacrifice de guerriers est en effet double: l’excision du coeur pour le soleil, la décapitatio (…)

Le retour à Mexico donnait lieu à une entrée triomphale remarquable. Les anciens guerriers prêtres et les dignitaires de tout rang des temples attendent les prisonniers à l’entrée de la ville, rangés en ordre d’importance, avec leurs atours spécifiques. Ils encensent les « victimes des dieux », leur donnent un pain sacré enfilé sur des cordes et leur disent : « Soyez les très bienvenus à cette cour de Mexico Tenochtitlan, dans la mare où chanta l’aigle et siffla le serpent, où volent les oiseaux, où jaillit l’eau bleue pour se mêler à l’eau rouge [ … ], où le dieu Huitzilopochtli a son pouvoir et sa juridiction. Et ne croyez pas qu’il vous a conduits ici par hasard, ni à chercher votre vie, mais pour que vous mouriez pour lui et offriez au couteau votre poitrine et votre gorge5. Et c’est pour cela qu’il vous a été donner de jouir de cette insigne cité, car si ce n’était pour mourir, jamais on ne vous en ouvrirait las portes pour y entrer. Soyez les très bienvenus et ce qui doit vous consoler, c’est que vous êtes ici non par quelque acte femelle et infâme, mais pour des faits d’hommes, pour mourir ici et pour laisser de vous mémoire perpétuelle. » Puis on leur donne à boire le pulque divin (teooctli), les assimilant ainsi aux Mimixcoas, les guerriers sacrificiels proto typiques ivres de pulque.

En un premier temps, on s’adresse donc aux prisonniers comme à des ennemis et on met d’emblée les choses au point : ils sont vaincus et leur sort est inéluctable, mais glorieux. En même temps, on leur souhaite la bienvenue, car ils seront bientôt « chez eux » et leur mort les transformera en Mimixcoas et en compagnons du Soleil. On les encense comme des entités sacrées, peut-être aussi pour les purifier en tant que future offrande aux dieux.

  • 6 La source ne mentionne pas la Terre, second destinataire, mais celle-ci était présente en plusieu (…)

Après avoir présenté les victimes à la population, aux prêtres et en particulier aux guerriers qui, frustrés par l’âge ou leurs devoirs, n’ont pu participer à la chasse à l’homme, on les conduit devant le destinataire premier du sacrifice, Huitzilopochtli6. Ils doivent passer en rang au pied de l’idole, dans son temple, en faisant un profond salut, puis, après avoir visité différents endroits qui joueront un rôle lors de leur mise à mort –le cuauhxicalli, le temalacatl, le tzompantli -, ils vont faire de même devant le souverain dans son palais. Celui-ci, qui est comme « seconde personne du dieu [ … ] et qu’ils adoraient comme des dieux », leur fait donner des vêtements et de la nourriture, voire même des fleurs et des cigares. Le « serpent femelle » ou cihuacoatl, seconde personne du roi, les appelle frères et dit qu’ils sont chez eux, dans leur maison. Il importe en effet d’intégrer les captifs dans le groupe des Mexicas, de faire en sorte qu’ils soient « chez eux ». Parfois, ils reçoivent peut-être des filles de joie qui égaient leurs derniers jours et qui sont ainsi, pour un temps, comme des épouses mexicaines de ces étrangers (C.del Castillo 7r,1991 :128-9). Nous connaissons le cas d’un captif de marque qui vécut longtemps en liberté dans la ville avant d’être immolé (Graulich 2000a) : la victime devient membre de la cité.

Après des danses, dont on ne sait trop si elles sont exécutées par les prisonniers ou leurs vainqueurs ou par les uns et les autres, les seigneurs vaincus viennent faire soumission devant Huitzilopochtli et le devant le roi, en s’extrayant du sang – signe d’humiliation – et en se disant dorénavant serviteurs du dieu. Ils entendent alors les conditions qui leur sont imposées. (Durán c.17, 21, 1967,2 :159-162, 188) Ensuite, les captifs sont confiés aux calpixque en tant que « grâce du soleil-seigneur de la terre » et « fils et vassaux du soleil » (Durán c.21, 1967, 2 : 182, 188 ; Tezozomoc c.29, 62, 1878 : 317, 469, 530) .

Comment expliquer l’intégration-assimilation des prisonniers, dont l’exemple extrême bien connu est celui des Tupinambas du Brésil (Métraux 1967 ; Combès 1992) ? Par le fait que l’autre est différent, donc moindre, et qu’il ne devient une offrande digne qu’à partir du moment où il est acceptable, intégré ? Ou faut-il évoquer René Girard (1972) et sa théorie du sacrifice-lynchage ? Selon lui, on ne peut prendre la victime à l’intérieur du groupe, car on risque de provoquer le déchaînement de violence de la vengeance ; mais, d’autre part, l’effet apaisant que doit apporter au groupe le sacrifice ne se produit que si la victime en fait partie. Pour concilier ces impératifs, on la choisit marginale (membre du groupe sans l’être tout à fait, un enfant par exemple) ou étrangère, mais alors on l’intègre, on fait comme si la victime appartenait quand même au groupe.

Qu’il y ait dans le sacrifice aztèque une volonté consciente ou non de canaliser la violence interne est possible, mais difficile à démontrer. La composition polyethnique des cités, leur fréquent manque de cohésion, montrent que les risques de violence et de conflits internes n’étaient pas illusoires. A l’intérieur même de l’île de Mexico, les Mexicas étaient divisés en deux cités dont l’une a fini par asservir l’autre. A Tenochtitlan, il y avait les habitants les plus anciens, parmi lesquels les Amantèques et les marchands, les calpullis mexicas mais aussi nombre de nouveaux venus, dont les derniers, temporaires, semblent avoir été les Huexotzincas, peu avant la Conquête. D’autres cités de l’époque, comme Texcoco, Cholula, Huexotzinco, etc., abritaient également des populations disparates et notamment, à Cholula par exemple, des Mexicas qui avaient, comme de juste, leur propres intérêts qui ne coïncidaient pas nécessairement avec ceux de leurs hôtes. Les occasions de conflits étaient donc nombreuses et cette spécificité peut avoir été une des causes de l’inflation sacrificielle. Mais, répétons-le, on ne voit pas comment on pourrait démontrer que le sacrifice humain tendait aussi à éviter la violence interne. Ce qui est sûr en revanche, c’est que la théorie aztèque du sacrifice rendait l’intégration de la victime et sa proximité au sacrifiant (ici, en premier lieu, celui qui avait fait le prisonnier) indispensable : le sacrifiant mourait en effet symboliquement à travers sa victime qui le représentait.

Les captifs sont donc confiés aux intendants qui les répartissent dans les maisons de quartier, où ils sont mis dans de grandes cages de bois (Durán c.21, 22, 1967 :2 :182,188, RG d’Amula Ameca ; Mendieta 1945, 1 :151 ; des cages sont figurées dans Sahagún CF II f.58v, VIII f.27r ; la Mapa Quinatzin, etc.). Des personnes désignées les gardent, allant jusqu’à dormir sur ces cages (RG de Metztitlan) ; si elles doivent sortir pour des besoins naturels, on les retient par une corde passée autour de la taille (Sahagún II c.37). Plusieurs sources s’accordent sur le fait que les prisonniers étaient bien nourris (Sahagún VIII c.14 § 8) en vue de leur consommation prochaine (Durán 1967, 2 :169, 188 ; Gómara 1965, 2 :31 ; RG d’Amula Ameca ; Bernai Diaz 1947, 70, 78) ; par contre, Mendieta (1945, 1 :151) affirme que les captifs, mal nourris, devenaient vite maigres et jaunes. Probablement cela variait-il selon le nombre de captifs, la période de l’année, la cité intéressée, etc.

Si un prisonnier parvient à s’échapper, le quartier auquel appartient le gardien coupable doit payer en dédommagement un jeune esclave, une rondache et une charge étoffes (Motolinia Mem. II c.13, 1970 : 160 ; Mendieta II c. 27, 1945,1 :144), mais on parle aussi de mise à mort du responsable (Durán c.19, 1967, 2 : 169). On donnait évidemment la chasse aux fugitifs et selon la relation géographique de Miahuatlan, si on le rattrapait, il était immédiatement mis en pièces. L’évadé de basse condition qui rentrait chez lui était bien reçu et recevait même des étoffes, tandis que s’il était un personnage important, il était sacrifié pour avoir fait honte à sa cité. (Motolinia Mem. 1970 : 159-160 ; Sahagún VIII c.17, 21, 1950- 1981 : 8 : 53, 75 ; selon Ixtlilxóchitl 1975-1977, 2 :102, le noble est pendu). A Teotihuacan, le prisonnier de guerre mené au sacrifice qui parvenait à fuir, à escalader le temple et à passer derrière la statue du dieu échappait au sacrifice (RG San Juan Teotihuacan 1986 :237).

En général, dans les grandes cités de la Triple Alliance et du val de Tlaxcala, on ne relâchait jamais un prisonnier de guerre, surtout s’il était de haut rang (Motolinia, Mem. 1970 :160), sauf, paraît-il, pour persuader un ennemi de se soumettre. Dans ce cas, on libérait un grand seigneur qui retournait chez lui pour y rapporter l’effroyable immolation de ses concitoyens (Cervantes de Salazar c.22, 1985 :42). Une autre exception concernerait le vaillant qui parvenait à vaincre une seigneur mexica au cours du sacrifice dit « gladiatoire ». Paré de la peau du vaincu et de son coeur porté en collier, il était conduit devant le roi qui le nommait capitaine d’une province reculée de l’empire. La source qui rapporte cela, le codex Tudela (fo1.12v), n’est cependant pas des plus sûres et donne une version passablement singulière du « sacrificio gladiatorio ».

Plusieurs sources affirment que les guerriers capturés étaient tous mis à mort. Les renseignements concernent des cités importantes comme Mexico bien sûr (Duran c.20, 21, 1967, 2 : 181-182, 186 ; Motolinia 1970 : 160 ; Mendieta II c.16, c27 ; Ixtlilxóchitl 1975-197, 2 :145), mais aussi Metztitlan (RG) et les cités qui lui faisaient la guerre. On peut supposer qu’il en allait de même à Tepeucila, dans la Mixteca, où on précise qu’on ne faisait la guerre que pour attraper des victimes à immoler (RG de Tilantongo). Pour d’autres cités, comme Coatlan (RG), près de Miahuatlan, on est confronté à l’ambiguïté de la terminologie employée. On y sacrifiait, nous dit-on, « la plupart » des prisonniers, mais le texte poursuit en précisant que les hommes étaient immolés au dieu 7 Lapin et les femmes à 3 Cerf. Ici, visiblement, les captifs de guerre n’incluent pas que les belligérants, étant donné que, normalement, les femmes ne participaient pas au combat, sauf parfois en toute dernière extrémité.

Dans d’autres régions ou royaumes en revanche, on n’immolait pas toujours tous les guerriers prisonniers. Chez les Quichés, seuls les principaux, le seigneur et ses frères, étaient tués et mangés, pour semer l’épouvante (Las Casas 1967,2 : 503-4 ; Torquemada 1969, 2 : 388 suit Las Casas ; voir aussi Carmack 1976 : 269-71). Chez les Mayas, les captifs de basse extraction étaient réduits en esclavage et les seigneurs sacrifiés, quoique parfois ils pussent se racheter. (Gaspar Antonio Chi, dans Tozzer 1941 : 230-32 ; Bosch Garcia 1944 : 95). A Miahuatlan, « de ceux qu’ils prenaient en guerre, beaucoup étaient réduits en esclavage », mais on ignore à nouveau si cela concerne aussi les combattants prisonniers (RG Miahuatlan et Tecuicuilco Atepec Coquiapa Xaltianguez). A Tetela (RG) et alentours, « ils se battaient pour faire des prisonniers dont ils tuaient ceux qu’ils jugeaient bon », ou ils les livraient à leur seigneur qui en faisait ce qu’il voulait, comme de les installer sur des mâts et les faire percer de flèches. A Chimalhuacan, non loin de Coatepec (RG), vers 1400, le roi Tezcapoctzin captura le roi de Xiuhtepec qui paya tribut pour se libérer. Temazcaltepec (RG) faisait la guerre contre les Tarasques et les prisonniers étaient sacrifiés ou réduits en esclavage.

Cette situation, où tous les prisonniers n’étaient pas sacrifiés, était fort répandue et peut donc être supposée plus ancienne que l’immolation générale. Certains témoignages indiquent de surcroît qu’à leurs débuts et jusqu’à une date assez tardive, les Mexicas également ne sacrifiaient qu’un nombre limité de guerriers. Ixtlilxochitl (1975-77, 1 : 330) par exemple relate qu’en 1359, les Tépanèques capturèrent des Acolhuas dont eux-mêmes et leurs alliés mexicas ne sacrifièrent que les vaillants, les autres étant vendus comme esclaves. Sous Axayacatl, des prisonniers de guerre matlatzincas servirent à repeupler la cité de Xalatlauhco, et on peut supposer que ce n’étaient pas seulement des femmes, des enfants et des vieillards (Ixtlilxochitl 1975-77, 2 :144 ; voir aussi Durán c.28, 1967, 2 : 229 : les esclaves appartenaient à ceux qui les avaient capturés mais parfois le roi les prenait pour les immoler, « mais il en donnait le double de richesses de ce qu’ils valaient »). L’immolation générale semble donc être un développement tardif à mettre en rapport avec la constante croissance démographique de l’époque ainsi qu’avec la grande extension de l’empire aztèque et l’afflux de captifs dans les cités puissantes. Cette évolution va de pair avec une manière de « démocratisation » du sacrifice humain et du cannibalisme, qui deviennent accessibles même aux guerriers issus du peuple.

  • 7  » … and here, to Mexico, from everywhere, were brought captives, called « tribute-captives » (Ali (…)

Non seulement les cités ne sacrifient pas toujours tous leurs captifs, mais souvent, si elles ne sont pas indépendantes, il leur est interdit de le faire parce qu’elles doivent de livrer une partie de leurs captifs en tribut à la cité dont elles dépendent, et ce selon des modalités qui peuvent varier. Tel est le cas de Tepeaca qui, vaincu par Montezuma 1 doit fournir tous les 80 jours des captifs de guerre à s. à Mexico (Durán c.18, 1967,2 :158), ou de Tlatelolco, qui, lors de chaque campagne, doit livrer des prisonniers de guerre pour Huitzilopochtli (Tezozomoc c.46, 1878 : 397). Les Tépoztèques de Citlalatomaua, dans le Guerrero méridional, ne sont pas cannibales mais font la guerre pour livrer des esclaves à manger à Montezuma. (RG de Citlalatomaua ; aussi RG de Zumpango). Lorsque ceux d’Acapetlaguaya (RG) capturent une « personne principale », ils l’envoyent au roi à Mexico pour qu’il l’immole. Ceux d’Ahuatlan (RG), près de Puebla, « ne paient pas tribut » à Mexico mais participent à la guerre fleurie et conduisent leurs captifs au sacrifice à Mexico. Les Zapotèques d’Ocelotepec (RG ; voir aussi Soustelle 1955 :102) sont toujours en guerre et quand la prise est bonne, ils envoient quelques captifs à Montezuma « en signe de reconnaissance », « comme présent ». D’une manière plus générale, Duran (c.43, 1967, 2 :334) raconte que lors de l’inauguration de la pyramide principale du Grand Temple sous Ahuitzotl, on attendait des seigneurs invités qu’ils apportent l’habituel tribut d’esclaves « qu’ils étaient tenus d’apporter pour le sacrifice lors de telles solennités » et il est précisé plus loin qu’il s’agit de « tous les captifs pris en guerre qu’ils devaient en tribut à la Couronne royale de Mexico ». Enfin, on sait qu’à l’occasion de la fête de Macuilxochitl, donc le jour 5 Fleur, « de partout on amenait des captifs, appelés maltequime » (Sahagún 1 c.14, 1950-81, 1 :32)7.

J’ai démontré ailleurs que la chasse à l’homme qu’était la guerre était à bien des égards assimilée à une chasse tout court (Graulich 1997). Chez les Quichés, les captifs étaient du reste qualifiés de gibier. Non seulement la proximité homme-animal était très grande, mais, on l’a vu dans les mythes, les hommes ont remplacé les animaux comme victimes. Les sources (Anales de Cuauhtitlan fol.1-3 p.ex.) laissent aussi entendre qu’avant la création du soleil, alors que les peuples nomadisaient, Terre et Feu, qui alors dominaient, se contentaient des prémices de la chasse. Cette offrande autorisait la manducation du reste, de même que seul le sacrifice humain autorisait le cannibalisme. Les captifs entrant à Mexico hurlaient comme des bêtes ; une fois sacrifiés, leurs têtes étaient exposées sur le tzompantli où elles devenaient les fruits d’une sorte de verger artificiel qui devait assurer la renaissance des victimes, de même que les rites effectués avec les os du gibier assuraient son retour. La guerre imitait donc la chasse, mais parfois c’était l’inverse, comme lors des fêtes de quecholli, de tititl et d’izcalli (toutes au cours de la saison des pluies, nocturne, présolaire), au cours desquelles avaient lieu de grandes battues au terme desquelles le gibier était sacrifié comme des hommes ou offert au feu (ce qui pouvait également arriver à des guerriers), tandis que les capteurs étaient récompensés comme des guerriers. En quecholli, on allait même jusqu’à assimiler des captifs à des cerfs et à les sacrifier comme tels. A cette égard, la quête du peyote des Huichols actuels est particulièrement intéressante, car, tout en prolongeant la réactualisation précolombienne des pérégrinations vers la Terre promise ou la terre d’origine, elle perpétue aussi la chasse sacrificielle, le peyote étant assimilé au maïs, au cerf et à l’homme. A l’instar du sacrifiant aztèque, le peyotero, grâce au peyote mis à mort et mangé, monte au ciel et voit son dieu en face.

Les guerriers sacrifiés n’étaient pas tous d’égale qualité. Il va de soi que la capture d’un roi, d’un seigneur, d’un noble, d’un haut gradé ou d’un vaillant était plus prestigieuse que celle d’un soldat ordinaire et que ces personnes avaient en elles plus de tonalli, de feu intérieur, de chaleur vitale susceptible de vitaliser les dieux et les hommes (Sahagún IX c.2, 1950-81, 9 :3 ; aussi chez les Mayas p.ex. : Helfrich 1973 : 51-70). Certains types de mise à mort leur étaient d’ailleurs réservés, en particulier le « gladiatorio », qui opposait un prisonnier attaché à une meule par une corde passée autour de la taille et pratiquement désarmé à des guerriers aigles ou jaguars pourvus d’épées à tranchants d’obsidienne. On dit que c’est le roi lui-même qui choisissait les victimes dignes de cet honneur après de multiples vérifications (Pomar 1986 : 66). Si la victime royale ou princière avait été capturée par un roi ou un seigneur, on conservait sa peau que le vainqueur revêtait parfois ou qu’on bourrait de coton ou de paille et pendait dans le temple ou le palais. (Motolinia Mem. 1 c.18, II c.14, 1970 : 33, 161) .

Autre sacrifice de privilégié, celui que faisaient les Popolocas en l’honneur du « dieu papier » Amateotl, à qui, après la victoire, ils immolaient le « meilleur prisonnier » fait en guise d’action de grâces. Ils trempaient du papier dans le sang du coeur de la victime et le collaient sur l’idole (Histoyre du Méchique 1905 : 95).

  • 8 Les Anales de Cuauhtitlan p. 3 énumèrent comme buts des Chichimèques qui se dispersent en 1 Silex (…)

Il y avait aussi des différences de qualité entre les peuples. Les victimes les plus appréciées étaient celles qui appartenaient à des populations peu éloignées et dès lors pas trop différentes de la Triple Alliance (Motolinia Mem. 1 c.2l, 1970 : 35). Les Yopis, les Tarasques du Michoacan ou les Huaxtèques vivaient trop loin. « La chair de ces populations barbares, explique le cihuacoatl Tlacaelel, qui suggéra la guerre fleurie, n’est pas agréable à notre dieu. Il la tient pour du pain bis et dur et pour du pain fade et non relevé car, comme je le dis, ils sont barbares et de langue étrangère ». Les Tlaxcaltèques en revanche « sont comme du pain chaud à peine sorti du four, tendre et savoureux ». Ce sont là, avec ceux de Huexotzinco, Cholula, Atlixco, Tecoac et Tliliuhquitepec, les victimes préférées de Huitzilopochtli. Les Tlaxcaltèques, les Cholultèques, les Mexicas, les Huexotzincas sont tous d’une même famille, ils appartiennent à une seule et même génération, celle des Chichimèques … (Durán 1967,1 : 32 ; 2.232-235, 417, 449 ; Muñoz Camargo 1892 : 116)8.

L’origine spécifique de certaines victimes pouvait aussi leur conférer une valeur particulière. Ainsi, au mois d’izcalli, consacré au dieu du feu Xiuhtecuhtli, on sacrifiait des victimes appelées Ihuipaneca Temilolca, c’est-à-dire, « ceux de la passerelle de plumes, ceux des colonnes de pierre » (López Austin 1965 : 96 ; Garibay 1956 : 4 : 354). Ihuipan peut signifier aussi « sur la plume » ou « drapeau de plumes ». On sait par les Anales de Cuauhtitlan (p.1) qu’une des trois pierres du foyer s’appelait Ihuitl, « Plume » ; peut-être y avait-il un rapport avec le nom des victimes qui accompagnaient le dieu du feu, dans lequel cas les « colonnes de pierre » pourraient également faire allusion aux pierres qui « gardaient » le feu. Mais les Ihuipaneca Temilolca nous sont connus d’autre part. Chimalpahin parle fréquemment des « anciens », un peuple qu’il appelle les Eztlapictin Teotenanca Teochichimeca Cuixcoca Temimilolca Ihuipaneca Zacanca, et dont le dieu national n’était autre que Nauhyotecuhtli Xippilli, « Seigneur du Quadruple », Prince de Turquoise, c’est-à-dire Xiuhtecuhtli (Chimalpahin, Memorial Breve f.33r, 1991 :50). Sans doute les captifs appartenaient-ils à ce peuple qu’ils représentaient donc et que personnifiait leur dieu tutélaire, le dieu du feu.

Enfin, les futures victimes pouvaient aussi être traitées différemment si elles appartenaient à un roi ou à un seigneur. Dans ce cas, elles entraient dans la ville « en tenant des rondaches et des épées ou encore des encensoirs, des cigares allumés et des fleurs, et en chantant le chant de leur pays, en pleurant et en lamentant leur malheur. » Si leur vainqueur était un roi, elles étaient transportées en litière et recevaient de riches donc (Tezozomoc c.38, 49, 1878 : 360, 410, Mendieta 1945, 1 :146).

  • 9 Sur ce sujet, voir Klein 1994; Graulich 2000b.

Il semble bien, enfin, que parfois des femmes pouvaient être sacrifiées de la même manière que, et avec des prisonniers de guerre, pour des raisons qui ne sont pas spécifiées. Il y a à cela des précédents mythiques. D’abord, bien sûr, le mythe de Coatepec où les 400 Huitznahuas et leur soeur aînée Coyolxauhqui s’arment comme des guerriers pour aller tuer leur mère enceinte au sommet de la colline de Coatepec. Mais Huitzilopochtli naît et tue en premier lieu Coyolxauhqui, qui devient ainsi la toute première victime de Huitzilopochtli. D’autre part, selon les codex Boturini et Aubin, au début de leurs pérégrinations vers leur terre promise, les Mexicas voient, gisant sur des acacias et des cactées, trois Mimixcoas dont une femme, Chimalman, et Huitzilopochtli leur commanda de les sacrifier en tant que prémices de la guerre sacrée menée pour le nourrir. Là aussi, à en croire le Boturini, la femme fut la première victime9. Toujours pendant ces errances, après la défaite de Chapultepec, les filles du roi Huitzilihuitl réclamèrent la craie et les plumes, c’est-à-dire d’être sacrifiées comme des guerriers, ce qui eut lieu (Anales de Tlatelolco 1948 : 36-8). Enfin, après la prise de Tlatelolco par Axayacatl, la reine de cette cité plaignit les femmes, se demandant si on les mènerait au sacrifice avec les guerriers (Tezozomoc c.63, 1878 : 384). Dans ce dernier cas, on a au moins un semblant d’explication puisque, dans la bataille qui s’ensuivit, des femmes nues mais armées firent mine de se battre avec les Mexicas-Tenochcas, tandis que d’autres les bombardèrent de balais, d’instruments de tissage, de lait pressé de leurs seins et d’ordures mélangées à de la terre. Bataille dérisoire, moqueries qui signifiaient que les Tenochcas n’étaient dignes de se battre que contre des femmes, mais participation des femmes à la guerre quand même. D’autre part, l’héroïsme féminin était officiellement reconnu puisque les femmes mortes en premières couches devenaient dans l’au-delà des femmes guerrières compagnes du soleil de l’après-midi.

Dans tous les cas considérés jusqu’à présent, les guerriers sacrifiés sont des ennemis. Il faut toutefois signaler un cas tout à fait exceptionnel où des guerriers mexicas pouvaient être sacrifiés à Mexico. Pendant la fête du mois de panquetzaliztli, une bataille rituelle sanglante opposait des esclaves baignés figurant sans doute Huitzilopochtli à des personnificateurs des demi-frères ennemis du dieu, les 400 Huitznahuas, aidés par des vaillants mexicas. Dans ce combat, les esclaves sacrificiels qui réussissaient à capturer un guerrier l’immolaient sur tambour de bois horizontal en guise d’autel (Sahagún II c.34, 1950- 81,2 : 146).

  • 10 Dans les codex Telleriano-Remensis fol. 32v, 38v, 39r, 40 r, 40v, 4lr, 42v, les guerriers sacrifi (…)
  • 11 Cristobal dei Castillo, auteur assez tardif, doit toutefois être manié avec prudence vu sa manie (…)

Les attributs les plus caractéristiques dont on ornait les victimes guerrières étaient les rayures de craie (tizatl) sur le corps et le duvet (ihuitl) collé sur la tête avec la résine d’une sorte de pin (MarUnez Cortés 1974 : 42)10. Cristabal dei Castillo (f.7, 1991 : 126-29) présente cette pratique comme typiquement mexica, puisque c’est le dieu Tetzauhteotl même qui, au cours des pérégrinations mexicas, aurait instruit un Huitzilopochtli évhémérisé de la manière de traiter les prisonniers de guerre : « Tercera cosa : a los que harán cautivos los pintarán de blanco, los emplumarán con plumón ligero, los curarán, los atarán por el vientre con un cordel grueso y les colgarán plumas de garza. Los harán comer mucho para engordarlos, y cada vez que se cumpla una veintena los matarán, y para que se celebre la fiesta andaran danzando. Y cuando sea la víspera de su muer te, velarán toda la noche, comerán, danzarán y se emborracharán ; y si acaso alguno quiere acostarse con mujeres, le serán ofrecidas prostitutas, habrá muchísimas mujeres pervers as, prostitutas »11. Mais en fait, cette origine mexica est illusoire : les figurations de guerriers ornés de craie et de plumes sont très répandues et se retrouvent notamment dans les codex du groupe Borgia, où Huitzilopochtli brille par son absence, ou encore dans des codex mixtèques (Nuttall p. 4, 20). De plus, dans l’antique mythe pré-aztèque de la création du soleil et de la lune à Teotihuacan, la craie et les plumes ornent Quetzalcoatl, prototype des guerriers héroïques sacrifiés.

  • 12 Voir aussi Garibay, Poes(a Nâhuatl2: 5-6, 42-3, 53-4; Romances de los sefiores de la Nueva España(…)

Les termes mêmes de tizatl, ihuitl peuvent à eux seuls désigner les victimes guerrières, voire même le guerrier en général, ou encore le sacrifice, comme on l’a vu plus haut, à propos des filles de Huitzilihuitl12. A ces attributs s’ajoutaient habituellement la bannière et les atours de papier. Les informateurs de Sahagún (Sahagún II 2 c. 29, 1950-81, 2 :113) décrivent comme suit les guerriers sacrifiés en xocotl huetzi : « on les a couverts de craie (quintiçavia-.J, d’un pagne de papier blanc (amamaxtli), de sortes étoles blanches (amaneapanalli), d’une chevelure de papier (amatzontli), on leur a emplumé la tête (quinquapotonja), ils ont la lèvre ornée du labret de plumes (imjvitençac), ils ont la bouche peinte en rouge (motenchichiloa), ils ont le pourtour creusé des yeux teint en noir (mjxtentlilcomoloa) ».

Il faut souligner encore que tous ces attributs sont ceux de Mixcoatl et des Mimixcoas, prototypes toltèques des guerriers sacrifiés (Durán 1967, 1 :73 et pl.13 ; Codex Telleriano-Remensis f.29v, 38v, 39r ; Codex_Magliabechiano p. 42 ; autres codex : Spranz 1964 : 89- 98 ;voir aussi Seler 1890 : 608, 613-4 ; 1902-23, 1 :264-5 ; 2 :1019 ; 4 :66-7, 72-5, 84-5). Il est tout à fait remarquable que même en panquetzaliztli, au cours de ce mois qui voyait la réactualisation de la victoire de Huitzilopochtli à Coatepec, les multitudes de guerriers sacrifiés étaient toujours affublés comme des Mimixcoas et non des Huitznahuas. Les Mimixcoas étaient les adversaires malheureux de Quetzalcoatl sur la Montagne de Mixcoatl, le Mixcoatepec. Ce mythe du Mixcoatepec servit manifestement de modèle aux Mexicas pour créer leur mythe « national » de la victoire de Huitzilopochtli à Coatepec. J’ai dit ailleurs ma conviction que Mexico-Tenochtitlan, à son origine, était une cité dont la divinité tutélaire était Quetzalcoatl, le vainqueur du Mixcoatepec. Lorsque les Mexicas s’emparèrent du pouvoir dans cette ville, ils mirent Huitzilopochtli à la place de Quetzalcoatl dans les temples et dans les rites. Mais, on le voit, ils n’eurent même pas le temps, ou l’occasion, ou le souci, de modifier complètement les rituels en conséquence (Graulich 1992, 1999 : 187-92).

  • 13 Mendieta 1:110: les gens mettent dans les champs des pierres teintes de chaux ou de craie.

Seler (1902-23, 4 : 96-7) voit dans le duvet blanc des nuages, les âmes des morts devenant des messagers de la pluie. Pour Soustelle (1940 : 72), il était le symbole de l’heureux destin de la victime, le blanc étant « la couleur des premières lueurs du jour » et donc « du premier pas de l’âme ressuscitée, l’envol vers le ciel du guerrier sacrifié ». Pour moi, les plumes et la craie marquaient l’appartenance de la victime au ciel et à la terre. Les plumes sont des éléments aériens ; des boules de duvet, Durán (Ritos C.5, 1967, 1 :47 et pl. 9 ; l’auteur parle de « boules de coton » mais l’illustration montre les habituels duvets) disait qu’elles étaient « les vêtements du ciel ». La craie, par contre, est terrestre. Le rite consistant à s’humilier en mangeant de la terre s’appelait « goûter la craie » (sahagun 1958a : 50-1 et Durán_Ritos c.15, 1967, 1 :147-8)13. Dans le Popol Vuh, c’est pour avoir mangé un oiseau enduit de craie que Cabracan, alourdi, s’effondra et fut enseveli.

On ne sait pas grand-chose sur la signification de cette sorte de loup noir peint autour des yeux et du rouge qui entoure la bouche. Pour ce second élément, peut-être y a-t-il un rapport avec le fait que la bouche des idoles destinataires des sacrifices était ointe du sang des victimes. Quant à la peinture noire autour des yeux, elle est aussi appelée « peinture stellaire ». Le rapport entre les yeux et les étoiles est bien connu, puisque dans l’iconographie mésoaméricaine, les étoiles sont souvent figurées comme des yeux stylisés. Mais la « peinture stellaire » doit probablement aussi rappeler que, la nuit, les guerriers morts deviennent des astres, comme Quetzalcoatl qui devint le soleil ou Vénus, ou comme les 400 jeunes gens du Popol Vuh – équivalents des 400 Mimixcoas ou des 400 Huitznahuass – qui devinrent les Pléiades (Seler 1902-23, 4 : 72-84 ; Caso 1953 : 53).

Les guerriers voués au sacrifice ne représentaient pas seulement les Mimixcoas ou peut-être, parfois, les Huitznahuass. Dans le « gladiatorio », les victimes, qu’on écorchait, étaient Xipe Totec, l’antique dieu vêtu d’une peau d’écorché attesté, avec ses attributs, dès la phase Monte Alban III chez les Zapotèques. C’était une divinité complexe dont on ne sait trop si les victimes le représentaient ou si c’était l’inverse. Quoi qu’il en soit, ses connotations étaient à la fois solaires, lunaires, vénusiennes et en rapport avec le maïs (Graulich 1987). Ses victimes portaient un chapeau conique, une courte jaquette, des ornements et des rubans rouges et blancs (couleurs, aussi, des Mimixcoas) se terminant en queue d’aronde et des triples noeuds en papier. Ils avaient également les bras et la tête couverts de duvet blanc. (Codex Nuttall et Tudela p.ex.).

  • 14 Dans Sahagun (CF 2: 66), il est dit qu’on prenait l’ixiptla parmi les captifs et que « là on chois (…)

Les guerriers voués au sacrifice incarnent-ils parfois d’autres divinités, plus individualisées que les Mimixcoas ou Xipe, qui ne sont avant tout, somme toute, que de la nourriture pour dieux ? La question est complexe, comme l’illustre le cas de l’ixiptla, le personnificateur, l’image de Tezcatlipoca, sacrifié au mois de toxcatl. Précisons qu’un des aspects de Tezcatlipoca est celui de Yaotl, le Guerrier. A Texcoco, selon notre meilleure source sur cette cité, Pomar (1986 : 67), c’était indiscutablement un vaillant captif de Huexotzinco ou Tlaxcala qui l’incarnait. A Mexico, ç’aurait été un esclave baigné d’après Durán (1967, 1 :59 ainsi que Tovar 228 et Acosta 270-1, mais ces deux sources dépendent de Durán), mais Sahagún (1950-81, 2 :66-8 ; 1956, i : 114, 152-3), lui, est moins net : l’ixiptla du dieu était choisi parmi les nombreux ixiptla gardés et entretenus par les intendants (calpixque) ; il y en avait environ 10, des captifs (mamalti) choisis parmi les prisonniers de guerre. Seulement, on l’a vu, les prisonniers de guerre ne sont pas nécessairement des guerriers : ce sont toutes les personnes, hommes, femmes et enfants capturées lors d’une campagne. Le texte espagnol parle d’ailleurs d’un « mancebo escogido », « mancebo, muy acabado en disposicion », choisi pour son aspect physique qui devait être parfait, sans la moindre tache ou marque -ce qui, pour un guerrier, était plutôt rare14.

La question est tout aussi douteuse pour le personnificateur du dieu du feu Xiuhtecuhtli en izcalli. Motolinia (l, c.19, 1970 : 33) le dit un prisonnier de guerre, « uno de los cautivos en la guerra ». Il pourrait bel et bien s’agir d’un guerrier, d’autant plus que dans un autre passage du même chapitre, l’auteur semble (mais pas nécessairement) faire la différence entre esclaves et captifs en parlant de « algunos esclavos y otros cautivos que tenian de guerra ». On ne sait malheureusement pas dans quelle cité se déroule l’izcalli décrit par Motolinia.

Mais il est certain qu’à Mexico et à Tepepulco, le ou les ixiptla du feu étaient des esclaves baignés (Sahagún II c.37-38 et Primeras Memoriales ; Codex Tudela f.28 ; Olivier 1997 : 234- 5).

Enfin, en tlacaxipehualiztli à Tlaxcala, il est question d’un « fils du soleil » immolé lors de l’allumage du feu nouveau à minuit (Motolinia l, c.27, 1970 : 42). C’était « uno de los más principales » dont on peut conjecturer que c’était un guerrier, comme lors des grandes fêtes séculaires du feu nouveau (Sahagún 1950- 81,7 :25-28). Seulement, un « fils du soleil » peut être, mais n’est pas nécessairement, un personnificateur de l’astre. Les mêmes réserves concernent le « messager du soleil » sacrifié le jour 4 Mouvement, nom de l’ère actuelle (Durán 1967, 1 :106-8). Dans une des ces interprétations audacieuses dont il est coutumier, Durán affirme que son ascension des marches de l’édicule sacrificiel imite la course du soleil et donc, que la victime joue le rôle de l’astre. Mais elle n’en a pas les attributs et est immolée d’abord à la terre, puis au soleil, car elle est d’abord décapitée et ensuite seulement, on lui arrache le coeur. Ajoutons que dans un cas au moins, les guerriers immolés peuvent représenter des cerfs, le gibier par excellence. On sait en effet qu’à l’aube de l’ère actuelle, les Mimixcoas furent massacrés parce que, lorsqu’ils tuaient du gibier, ils n’en faisaient pas d’abord l’offrande à leurs parents, Soleil et Terre. Aussi devinrent-ils désormais eux-mêmes la nourriture de ces dieux (Graulich 2000a).

La mort sacrificielle est en effet un châtiment. Les hommes ont négligé leurs créateurs et doivent expier. Qui plus est, ils sont nés sur terre, dans la matière qui les sépare des dieux et les condamne à mourir. « Notre tribut est la mort, que nous avons méritée » (Sahagún VI c.1). Par la mort héroïque, acceptée, sur le champ de bataille ou la pierre de sacrifice, le guerrier expie et gagne un au-delà glorieux. C’est pourquoi on dit au jeune homme qui avec l’aide d’autres, fait un premier prisonnier, au travers duquel il mourra symboliquement et expiera, que « Tonatiuh Tlaltecuhtli t’ont lavé la face » (Sahagún VIII c.2l, 1950-81, 8 : 75 p. ex.). Châtiment salvifique, la mort sacrificielle du guerrier est ressentie à la fois comme une gloire, un honneur, et un malheur. Parmi les catastrophes qu’on annonce à ceux qui sont nés un jour néfaste figure régulièrement le sacrifice. Par exemple, celui qui naît le jour 1 Maison périra d’une mort dangereuse, en guerre ou sur la pierre de sacrifice ou comme esclave baigné, ou bien il commettra un adultère et sera mis à mort ainsi que sa complice, ou il sera vendu comme esclave, ou volera, ou se ruinera au jeu (Sahagún IV c.3 ; V, c.1). Entendre rugir un jaguar est un mauvais présage qui annonce la mort en guerre (Sahagún V c.l). Celui qui gagne au jeu de balle est « grand adultère, et mourra en guerre ou des mains d’une mari outragé » (Tezozomoc c.2, 1878 : 228). Les proverbes et les métaphores aussi sont éloquents. Pour signifier qu’on a bien mis quelqu’un en garde, on dit (Sahagún VI c.43) : « je t’ai donné ton petit drapeau que tu devras prendre en mourant, je t’ai donné ton papier sacrificiel ». A un coupable dont on accepte de taire la faute, mais dont on exige qu’il s’amende, on dit : « je t’applique de la craie blanche et des plumes, je te donne ta bannière et le papier sacrificiel […] je t’enfonce dans la terre, je te donne l’eau épineuse, l’eau de douleur … ». Perdre tout espoir, c’est « recevoir la bannière, les bandes de papier sacrificielles » (Sullivan 1963 ; Preuss 1903a : 190-1 ; 1903b : 256-7). Enfin, Tezozomoc (c.70, 1878 : 516), parle de « pénitent » désigner la victime sacrificielle.

Il reste un dernier et vaste sujet qui ne pourra être qu’effleuré ici, c’est celui du nombre des victimes. Un sujet éminemment sensible, qui souvent fait perdre tout sens critique aux chercheurs, trop prompts à vouloir minimiser à tout prix (Graulich 1991). Il est clair que dans les cités les plus puissantes, les victimes étaient très nombreuses ; elles le paraîtront un moins si on considère que nombre d’entre elles, normalement, auraient dû mourir sur le champ de bataille. Il est évident aussi que le nombre de victimes a fortement augmenté à mesure que la puissance grandissante de la Triple Alliance s’appuyait de plus en plus sur la terreur pour assujettir les population. Cette croissance va aussi de pair avec celle de la démographie, surtout entre, mettons, 1450 et 1519.

S’il faut en croire Tezozomoc, sous Montezuma l, les Mexicas se réjouissent fort d’avoir fait 200 prisonniers de Chalco en une bataille (donc, probablement des guerriers). Quelques décennies plus tard, Ahuitzotl ramènerait 44.000 captifs (sans doute de tout ordre) de sa campagne au Guerrero ; la région devra être repeuplée par la Triple Alliance. De sa campagne contre Tututepec, Montezuma II et ses alliés ramènent 1350 prisonniers, et une autre fois, 2800, mais une bataille fleurie contre Huexotzinco ferait 10.000 morts. Après la prise de Mexico par Cortés, celui-ci ne peut empêcher ses alliés, notamment tlaxcaltèques, de sacrifier et de manger plus de 15.000 ennemis, chiffre qu’il n’avait pas intérêt à gonfler (Gómara 1975, 2 :114).

Les guerres, faut-il le dire, étaient incessantes et les cités soumises devaient souvent livrer des victimes à sacrifier comme tribut. Dès lors, des fêtes au cours desquelles on immole quelques milliers de victimes deviennent assez rapidement chose courante à Mexico. Durán (1967, 2 :415 ; aussi 443, 482) affirme que sous Montezuma II, il y avait des jours de deux, trois, cinq ou huit mille sacrifiés à Mexico. Pour l’inauguration du temple de Tlamatzinco et du cuauhxicalli, il y en aurait même eu 12.210. On est loin, bien sûr, des chiffres controversés de l’inauguration du Grand Temple de Mexico en 1487 par Ahuitzotl. La plupart des sources en nahuatl et en espagnol s’accordent sur le chiffre de 80.400 victimes sacrifiées à cette occasion, ce qui paraît énorme et a bien sûr donné lieu à toute une littérature révisionniste, certains allant même jusqu’à proposer le chiffre parfaitement fantaisiste de 320 morts seulement. Il faut dire que la circonstance était exceptionnelle. Les travaux ayant débuté sous Tizoc, celui-ci a d’emblée dû se mettre à stocker les victimes pour l’inauguration. Mais il mourut prématurément et Ahuitzotl lui succéda. Il acheva l’agrandissement de la pyramide dont il fit coïncider l’inauguration avec son intronisation, en vue de laquelle il fit également une campagne. Théoriquement, les victimes de cette vaste opération de terreur ont donc effectivement pu compter des dizaines de milliers de victimes.

Pour la moyenne annuelle de victimes, les estimations anciennes diffèrent. Une lettre du moine évêque Zumarraga mentionnée par Torquemada (1969, 2 :120) mentionne 20.000 enfants sacrifiés par an, mais Clavijero (1964 : 172) évoque une autre lettre où ce seraient 20.000 personnes par an dans la seule ville de Mexico. Gómara (1975,2 : 91,435) semble faire de 20.000 à 50.000 victimes le total pour le pays tout entier. Il semble s’appuyer sur un propos d’un certain Ollintecuhtli qui, vantant la puissance de Montezuma, aurait dit à Cortés qu’il sacrifiait 20.000 personnes par an. Las Casas (1985 : 247-8) en revanche, parfaitement de mauvaise foi, admet tout au plus 10 ou 100 sacrifices par an alors que dans son Apologética, il reprend les données habituelles des autres sources. Dernier élément qui montre le grand nombre de sacrifices, c’est celui concernant les tzompantli ou plates-formes d’exposition des têtes des défunts. Je passe sur le tzompantli imaginaire inventé par Bernal Díaz à Xocotlan, mais à Mexico, selon le conquistador Andrés de Tapia qui, avec un collègue, les aurait comptées, le nombre de têtes s’élevait aux alentours de 136.000. Ici encore, le total est peut-être excessif, mais il montre bien que les victimes étaient nombreuses. Victimes qui, rappelons-le encore, dans des pays dotés d’armes meilleures et où on n’essayait pas de faire prisonnier pendant et après le combat, seraient mortes sur le champ de bataille.

Outre les guerriers, il y avait toute une série d’autres victimes que je ne puis que survoler. Les esclaves, fort nombreux, provenaient de la guerre, du tribut ou étaient des condamnés, des enfants vendus ou des personnes qui se vendaient. Seuls pouvaient être sacrifiés, semble-t-il, les condamnés, les esclaves pour dettes de jeu qui ne pouvaient se racheter et les esclaves indociles qui avaient été vendus deux ou trois fois (Motolinia 1970 : 174 ; Duran 1 :183,200,210) . A Mexico du moins, on n’aurait pas sacrifié d’esclaves étrangers (Durán 1 :182), quoique selon Cortés (1963 : 26 ; Durán 2 : 465), il y aurait eu aussi des esclaves livrés comme tribut. La tendance à sacrifier de préférence des proches, plus semblables et donc meilleurs, a déjà été observée à propos des guerriers et cadre bien avec l’idée que la victime est substitut du sacrifiant. Si celui-ci était l’État, il pouvait donc puiser dans les esclaves de tribut, par exemple. Sinon, il fallait acheter au marché, au prix de 30 à 40 étoffes par esclave, selon sa qualité, sa perfection physique, ses aptitudes, notamment à chanter et à danser (Sahagún IX c.10). Avant d’incarner une divinité pendant un nombre de jours variable, la victime était rituellement baignée, selon des modalités variables (parmi lesquelles il ne faut pas inclure, semble-t-il, les bains quotidiens à l’eau chaude destinés à engraisser la victime), de manière à la purifier des souillures de sa condition d’esclave (Durán 1 : 64, 181-2). Celle-ci était en effet considérée comme un châtiment, non seulement pour des délits sanctionnés par la loi, mais aussi pour une vie déréglée. Certaines circonstances requéraient des jeunes vierges, parce que les déesses incarnées, ou ce qu’elles représentaient (p.ex., le maïs ), l’étaient.

  • 15 Cervantes de Salazar 1: 46; Tezozomoc 1878: 321; Mendieta 1: 144; Tovar 228; Pomar 1986: 89; Goma (…)

Un troisième groupe de victimes, bien moins nombreux, comprenait des condamnés à mort, une confirmation de plus du fait que la mort sacrificielle est expiatoire. Durán (1 : 185) dit clairement que le sacrifice était une des façons de châtier les criminels. Une bonne partie des condamnations étaient en rapport direct avec le sacrifice, la guerre et le culte (immolation de guerriers nobles qui, capturés, s’étaient échappés et étaient rentrés chez eux ; de gardes qui avaient laissé fuir des captifs ; de gens du commun ayant refusé d’assister à des sacrifices humains ; de serviteurs ayant laissé s’éteindre le feu domestique lors de la fête du Feu nouveau ; d’ennemis de la « guerre fleurie » trouvés en territoire adverse ; d’émissaires considérés comme traîtres ; de voleurs de biens du temple …15), mais elles concernaient aussi les sorciers et les devins qui se trompaient (Torquemada 2 : 386), dans certains cas les adultères et, au Guatemala, les violeurs de vierges (Castañeda Paganini 1959 : 33). On sait par les codex (Borbonicus, Telleriano-Remensis … ) que des exécutions d’adultères pouvaient avoir lieu en présence de la divinité. On tuait de même des criminels et des guerriers devant le souverain pour le « vivifier, renforcer son tonalli (feu intérieur) » (le texte, ambigu, peut désigner les seuls guerriers) (Sahagún IV c.1l, 12). Se pose alors la question du destin dans l’au-delà de ces exécutés : partageaient-ils celui des sacrifiés ? Certaines indications le suggèrent, comme le fait que les parents d’un condamné pour adultère lui faisaient une image de la déesse de l’amour et de la saleté.

Les victimes dont il a été question jusqu’à présent sont soit extérieures à la cité, soit marginales. D’autres marginaux sacrifiables sont les enfants – incomplètement intégrés dans le groupe et dépendant de leurs parents – et les personnes anormales, donc potentiellement dangereuses, ou marquées. Les sacrifices d’enfants, victimes faciles à obtenir, évidentes, étaient très fréquents. Des enfants de rois ou de seigneurs étaient requis quand il s’agissait d’assurer le succès des moissons, la bonne marche des saisons étant de la responsabilité des gouvernants (Motolinia 1970 : 34-5 ; Anales de Cuauhtitlan 1949 : 8). Pour les autres, c’étaient des enfants de prisonniers de guerre, ou, trop fréquemment, au point qu’à Texcoco il aurait fallu légiférer pour y mettre un frein, offert, ou vendus par leurs parents (Ixtlilxochitl 1 : 405, 447). On achetait aussi des enfants à l’extérieur. L’immense majorité d’entre eux étaient offerts aux eaux et aux dieux de la pluie, qu’ils représentaient, peut-être en raison de leur aspect de nains, semblable à celui des Tlaloque. D’autres destinataires étaient Quetzalcoatl (Codex Vaticanus A foI.20), qui, en tant que dieu du vent, appartient aux Tlaloque, un certain Aztacoatl (RG Tetela) et Tezcatlipoca, associé à la fête des enfants morts (Codex Magliabechiano fol. 36v) pour des raisons qui restent à éclaircir. Deux sources mentionnent des immolations d’enfants en cas de guerre (RG Coatepec et Chimalhuacan). Plusieurs, européennes ou assimilées, évoquent du sang d’enfants qui aurait été mélangé à des images de pâte ou à des cendres de divinités mais les textes nahuatl restent discrets sur ce point.

  • 16 Le tonalli des victimes renforce celui des dieux ou des rois. Si je l’invoque ici à propos de ces (…)

Parmi les guerriers captifs, certains pouvaient être choisis pour certains rites particuliers en fonction de leur nom personnel ou gentilice. Parmi les enfants, ceux qui avaient deux boucles au sommet de la tête étaient particulièrement recherchés (Sahagún II c.20), soit parce qu’elles évoquaient le tourbillon dans la lagune qui était un lieu de contact privilégié avec les Tlaloque, soit parce que le mot nahuatl pour les désigner signifiait aussi « grenier » et promettait l’abondance, ou encore, parce que ces enfants avaient un tonalli – un feu intérieur, une force vitale -, particulièrement puissant16. Le cas des albinos, nains, bossus, contrefaits, macrocéphales, tous sacrifiables d’office, semble-t-il, est plus difficile (Tezozomoc 1878 : 517, 563, 601 ; Sahagún VII c.1). Certains d’entre eux au moins étaient pourchassés, tous étaient mis à part, en particulier dans l’entourage du souverain, pour son divertissement mais surtout, sans doute, pour les contrôler, comme le porte à croire le fait que Montezuma II avait également concentré autour de lui, à Mexico, les fils des rois, les images de dieux et les animaux de l’empire. Ces personnes étaient immolées quand il y avait manque ou excès de pluie et lors d’éclipses du soleil, soit quand il y avait trop ou trop peu de soleil. Les nains et bossus devaient avoir des affinités avec les Tlaloque, les albinos étaient des élus du soleil. Enfin, dans le temple d’Iztaccinteotl, un dieu du maïs, on sacrifiait, paraît-il, des personnes qui souffraient de maladies contagieuses comme la gale ou la dartre, voire la lèpre, maladies attribuées à la déesse de l’amour Xochiquetzal (Torquemada 2 :150-1).

Il est d’autres personnes de la cité qui, libres, pouvaient être appelées au sacrifice ou qui le choisissaient. On dit qu’au besoin, le roi pouvait faire sacrifier n’importe quel citoyen (Cortés, RG d’Atlatlahuaca … ). Lors de la fête de la moisson (tlacaxipehualiztli), dans certaines régions, on sacrifiait un étranger de passage qui probablement représentait la dernière gerbe de maïs (RG Teotitlan). Pour la fête des montagnes, on sacrifiait deux vierges du lignage royal de Tezcacoatl (Durán 1 :154), appelé ainsi semble-t-il d’après un des quatre guides des pérégrinations mexicas. On sait par recoupements qu’elles représentaient les déesses Ayopechtli et Atlacoaya, associées à l’eau et aux semis. Outre ces marginales du haut de la société, il y avait celles du bas. L’affirmation de Serna (1892 :357-8) selon laquelle des jeunes femmes de petite vertu étaient recueillies par des prêtres qui leur promettaient de les établir mais les sacrifiaient au cours d’une fête est probablement une broderie sur la description que Sahagún (II c.30) fait de la fête d’ochpaniztli. Mais il y avait aussi les vraies prostituées, qui, en tepeilhuitl, fête au cours de laquelle on célébrait les amours, s’offraient librement au sacrifice en se maudissant et en injuriant les femmes honnêtes (Torquemada 2 : 299). Leur mort est à rapprocher d’un passage de Sahagún (X c.15, 1950-81, 10 :55) qui les caractérise comme menant une vie d’esclave baigné ou de victimes sacrificielle : peut-être vise-t-on leur mode de vie aussi luxueux et éphémère que celui des personnificateurs de dieux – d’autant plus que souvent, elles finissaient par se vendre comme esclaves. On trouvait aussi des volontaires parmi les musiciens, en échange de l’honneur de jouer du tambour lors d’une fête (Codex Tudela).

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Tozzer 1941, voir Landa 1941.

Notes

1 Voir aussi Ixtlilxochitl, Historia chichimeca c.38, 1975-77: 2: 103. Pour lui, c’est la Triple Alliance qui se réunit en conseil de guerre « con sus capitanes y consejeros ».

2 Sur cette guerre et ses autres motivations, notamment politiques, voir Graulich 1994; Duran 1967, 2: 232-3, 235, 417; 1: 32-3; Mufioz Camargo 1892: 116; Motolinia 1970: 219-20.

3 Ainsi, le premier recevait le corps et la cuisse droite, le second la cuisse gauche, le troisième le bras droit, le quatrième bras gauche, le cinquième l’avant-bras droit et le sixième l’avant-bras gauche.

4 Pour Cervantes de Salazar, qui diffère ici, celui qui a fait 5 prisonniers « mudava el traje del cortar del cabello, hazia las orejas, hechas dos rasuras : a este llamaban quachic qu’es el titulo mas honroso. Auiendo muerto seis, se podia cortar el cabello de la media cabeça hasta la frente »; avec 7 tués, il devient cuauhnochtli, avec 10, tlacatecuhtli et en outre seigneur d’un village où il se repose pour le restant de ses jours. Voir sur ce sujet Piho 1970, 1974; Hassig 1988. A Tlaxcala, il y avait des vaillants qui avaient pris ou tué plus de 20,90 et même 100 personnes: Motolinia 1970: 42.

5 Le sacrifice de guerriers est en effet double: l’excision du coeur pour le soleil, la décapitation subséquente pour la terre.

6 La source ne mentionne pas la Terre, second destinataire, mais celle-ci était présente en plusieurs endroits et sous plusieurs formes dans la pyramide principale de Mexico.

7  » … and here, to Mexico, from everywhere, were brought captives, called « tribute-captives » (Ali who lay surrounding, those who held the enemy borders, those who dwelt on the enemy borders, brought their captives, their prisoners here. [These] became their tribute-captives [maltequjhoan]. The stewards [calpixque], each of the stewards, guarded them here …. and if one of them f1ed, … they replaced him; a man was purchased; they delegated another [qujxiptlaiotiaia], they placed in his stead. Then the slaves died, when the feast day was celebrated. »

8 Les Anales de Cuauhtitlan p. 3 énumèrent comme buts des Chichimèques qui se dispersent en 1 Silex 804, avant Quetzalcoatl, toutes les régions qui resteront insoumises à l’empire aztèque (mais sans préciser ce point): Michoacan, Cohuixcon Yopitzinco, Totollan (un quartier de Tlaxcala),Tepeyacac (près de Quecholac), Quauhquechollan, Huexotzinco, Tlaxcala, Tliliuhquitepec, Zacatlantonco et Tototepec.

9 Sur ce sujet, voir Klein 1994; Graulich 2000b.

10 Dans les codex Telleriano-Remensis fol. 32v, 38v, 39r, 40 r, 40v, 4lr, 42v, les guerriers sacrifiés à Mexico lors des occasions les plus diverses en sont ornés. Voir aussi, pex, certains objets archéologiques comme l’os gravé du Musée de l’Homme, seler 1902-23, 2: 682.

11 Cristobal dei Castillo, auteur assez tardif, doit toutefois être manié avec prudence vu sa manie de broder. Le discours de la divinité à Huitzilopochtli évoque assez fort celui de Dieu à Moïse avant l’arrivée dans la Terre promise ( Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome ).

12 Voir aussi Garibay, Poes(a Nâhuatl2: 5-6, 42-3, 53-4; Romances de los sefiores de la Nueva España f.42 v°; l’hymne à Mère des Dieux, Teteo innan, recueilli par Sahagun 1956, 4: 296; à rapprocher du livre 2, App., 1956, 1: 246-7. On envoie de la craie et des plumes comme déclaration guerre: Broda 1970: 204.

13 Mendieta 1:110: les gens mettent dans les champs des pierres teintes de chaux ou de craie.

14 Dans Sahagun (CF 2: 66), il est dit qu’on prenait l’ixiptla parmi les captifs et que « là on choisissait quelqu’un s’il paraissait convenir, s’il était bien de corps. Alors on le prenait et les [sic] confiait aux intendants. Mais celui destiné à être esclave, le capteur le tue ». Je ne sais que faire de cette dernière phrase. Les esclaves sacrificiels incarnant des dieux devaient eux aussi être bien faits physiquement et purs.

15 Cervantes de Salazar 1: 46; Tezozomoc 1878: 321; Mendieta 1: 144; Tovar 228; Pomar 1986: 89; Gomara 1975-7: 95 …

16 Le tonalli des victimes renforce celui des dieux ou des rois. Si je l’invoque ici à propos de ces enfants à tourbillons, c’est grâce à Michel Duquesnoy, à qui je dois la précieuse information qui suit et que je remercie vivement. Il a donc entendu dire par Horacio, un de ses principaux informateurs à San Miguel Tzinacapan, que « el tonal es el remolino que tiene uno en la cabeza. es el remolino de cabellos. Es mejor tener dos remolinos porque es fuerte de su tonaltsi [ …… ] Porque este remolino que tenemos es como un enchufa que tenemos con el sol (in tonal), por alli entra el calor (in tonal dei sol. Cuando tiene uno dos remolinos, tiene dos soles, es como un favor dei sol. Pero es muy daflino para las cosas. »

Auteur

Michel Graulich

Professeur Ordinaire en Histoire de l’Art et Archéologie et en Histoire des Religions, Faculté de Philosophie et Lettres (CP175), Av. F. Roosevelt 50, B-1050 Bruxelles / Directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, Section des Sciences religieuses, Sorbonne, 45 rue des Ecoles, F-75005 Paris.

Voir par ailleurs:

Brutally Honest
Sonny Bunch
The Weekly Standard/The Washington Examiner
December 14, 2006

MEL GIBSON’S Apocalypto is one of the few films that can rightly be described as a journey. The viewer is snatched from the confines (and comforts) of a Hollywood movie and thrown deep into the jungles of Central America. The film itself is a visual masterpiece; shot entirely in a Mayan dialect, Gibson flexes his visual muscles to show rather than tell.

Billed as a historical drama, Apocalypto is actually part revenge flick and part chase flick. After being brutally taken from his idyllic home (where his beloved father’s throat was slit by the cruelest of his captors), the hero, Jaguar Paw, narrowly escapes having his heart torn from his chest as part of a human sacrifice. He then leads his tormentors on a harrowing chase through the jungle, utilizing his knowledge of the familiar terrain that surrounds his village to pick off his enemies one by one.

The plot itself is almost secondary, and little more than an excuse for Gibson to show off his phenomenal film making talents. In addition to the stunning jungle scenes, Gibson treats us to a view of what life in a vast Mayan city may have been like at the height of its culture. Immense pyramids rise out of the foliage; prisoners are sold as slaves and sacrificed in incredibly brutal ways; those not sacrificed are used for human target practice. If you can handle gore (and really, the movie is no more violent–and in some ways, far less so–than, say, Braveheart, which took home 5 Oscars, including Best Picture), do yourself a favor and see this innovative, unique movie.

AS INTERESTING as the film itself has been the reaction to it by film critics and historians alike. Those who praise the movie almost uniformly mention, if not condemn, Gibson’s infamous anti-Semitic outburst (in the New York Times, A.O. Scott wrote that « say what you will about him–about his problem with booze or his problem with Jews–he is a serious filmmaker »).

Other critics have, curiously, dismissed the film because it doesn’t inform us about some of the accomplishments of the Mayans. « It teaches us nothing about Mayan civilization, religion, or cultural innovations (Calendars? Hieroglyphic writing? Some of the largest pyramids on Earth?), » Dana Stevens wrote in Slate. « Rather, Gibson’s fascination with the Mayans seems to spring entirely from the fact (or fantasy) that they were exotic badasses who knew how to whomp the hell out of one another, old-school. »

This is a strange criticism. If you were interested in boning up on calendars, hieroglyphics, and pyramids you could simply watch a middle-school film strip. And who complained that in Gladiator Ridley Scott showed epic battle scenes and vicious gladiatorial combat instead of teaching us how the aqueducts were built?

AND THEN there have been the multi-culturist complaints. Ignacio Ochoa, the director of the Nahual Foundation, says that « Gibson replays, in glorious big budget Technicolor, an offensive and racist notion that Maya people were brutal to one another long before the arrival of Europeans. » Julia Guernsey, an assistant professor in the department of art and art history at the University of Texas told a reporter after viewing the film, « I hate it. I despise it. I think it’s despicable. It’s offensive to Maya people. It’s offensive to those of us who try to teach cultural sensitivity and alternative world views that might not match our own 21st century Western ones but are nonetheless valid. »

Newsweek reports that « although a few Mayan murals do illustrate the capture and even torture of prisoners, none depicts decapitation » as a mural in a trailer for the film does. « That is wrong. It’s just plain wrong, » the magazine quotes Harvard professor William Fash as saying.

Karl Taube, a professor of anthropology at UC Riverside, complained to the Washington Post about the portrayal of slaves building the Mayan pyramids. « We have no evidence of large numbers of slaves, » he told the paper.

Even the mere arrival, at the end of the film, of Spanish explorers has been lambasted as culturally insensitive. Here’s Guernsey, again, providing a questionable interpretation of the film’s final minutes: « And the ending with the arrival of the Spanish (conquistadors) underscored the film’s message that this culture is doomed because of its own brutality. The implied message is that it’s Christianity that saves these brutal savages. »

But none of these complaints holds up particularly well under scrutiny. After all, while it may not mesh well with their post-conquest victimology, the Mayans did partake of bloody human sacrifice. Consider this description of a human sacrifice from the sixth edition of University of Pennsylvania professor Robert Sharer’s definitive The Ancient Maya:

The intended victim was stripped, painted blue (the sacrificial color), and adorned with a special peaked headdress, then led to the place of sacrifice, usually either the temple courtyard or the summit of a temple platform. After the evil spirits were expelled, the altar, usually a convex stone that curved the victim’s breast upward, was smeared with the sacred blue paint. The four chaakob, also painted blue, grasped the victim by the arms and legs and stretched him on his back over the altar. The Nacom then plunged the sacrificial flint knife into the victim’s ribs just below the left breast, pulled out the still-beating heart, and handed it to the chilan, or officiating priest.

That exact scene, almost word for word, takes place in Apocalypto.

After the Spanish conquest, the Mayans adapted their brutal methods of pleasing the gods to coexist with Christianity. Ambivalent Conquests: Maya and Spaniard in Yucatan, 1517-1570 contains the following description from a contemporary source of a post-invasion sacrifice:

The one called Ah Chable they crucified and they nailed him to a great cross made for the purpose, and they put him on the cross alive and nailed his hands with two nails and tied his feet . . . with a thin rope. And those who nailed and crucified the said boy were the ah-kines who are now dead, which was done with consent of all those who were there. And after [he was] crucified they raised the cross on high and the said boy was crying out, and so they held it on high, and then they lowered it, [and] put on the cross, they took out his heart.

As for whether or not there have been any murals found portraying decapitation, as Prof. Fash complains, heads were certainly cut off in ceremonial fashion by the Mayans. Again, The Ancient Maya: « The sacrifice of captive kings, while uncommon, seems to have called for a special ritual decapitation . . . The decapitation of a captured ruler may have been performed as the climax of a ritual ball game, as a commemoration of the Hero Twins’ defeat of the lords of the underworld in the Maya creation myth. »

The protestation against Mayan slavery, is also off the mark: The Ancient Maya repeatedly refers to the purchasing of slaves. The first European contact with the Maya resulted, ironically, in the Spaniards being enslaved. After a shipwreck, Spanish

survivors landed on the east coast of Yucatan, where they were seized by a Maya lord, who sacrificed Valdivia and four companions and gave their bodies to his people for a feast. Geronimo de Aguilar, Gonzalo de Guerrero, and five others were spared for the moment. . . . Aguilar and his companions escaped and fled to the country of another lord, an enemy of the first chieftain. The second lord enslaved the Spaniards, and soon all of them except Aguilar and Guerrero died.

And it should be remembered that when the Spanish arrived in force, they had little problem recruiting allies as some Mayans fought with the Spanish against their own Mayan enemies. Matthew Restall’s Seven Myths of the Spanish Conquest reports that

what has so often been ignored or forgotten is the fact that Spaniards tended also to be outnumbered by their own native allies . . . In time, Mayas from the Calkini region and other parts of Yucatan would accompany Spaniards into unconquered regions of the peninsula as porters, warriors, and auxiliaries of various kinds. Companies of archers were under permanent commission in the Maya towns of Tekax and Oxkutzcab, regularly called upon to man or assist in raids into the unconquered regions south of the colony of Yucatan. As late as the 1690s Mayas from over a dozen Yucatec towns–organized into companies under their own officers and armed with muskets, axes, machetes, and bows and arrows–fought other Mayas in support of Spanish Conquest endeavors in the Petén region that is now northern Guatemala.

WHICH IS NOT TO SAY that Gibson’s film is an entirely accurate portrayal of life in a Mayan village. As they say in the business, for the sake of narrative, certain facts have been altered. The conflation of showing massive temples and then depicting the arrival of the Spanish at the end of the film is almost certainly anachronistic. Though Apocalypto is purposefully vague about its time frame, the appearance of Spanish galleons and conquistadors at the end of the film (as well as the sight of a little girl who might be suffering from small pox) suggests the action takes place in the early- or mid-16th century. But according to Sharer, « by 900 . . . monumental construction–temples, palaces, ball courts . . . [had] ceased at most sites, as did associated features such as elaborate royal tombs and the carved stone and modeled stucco work used to adorn buildings . »

Almost any historical drama will contain such problems. That being said, it is specious for professional historians and grievance groups alike to argue that Apocalypto is a wanton desecration of the memories of the Mayan people. While it may be an inconvenient fact that the Mayans were skilled at the art of human cruelty, it is, nevertheless, a fact.

Sonny Bunch is assistant editor at THE WEEKLY STANDARD.

Voir aussi:

What Has Mel Gibson Got Against the Church?

Time
Dec. 14, 2006

For the Christian viewer, the biggest question about Mel Gibson’s movie Apocalypto is: why does its hero turn away from the Cross at the end?

All in all, there’s not a lot of Christ — passionate or otherwise — in Apocalypto, Mel Gibson’s first film since The Passion of the Christ. But a crucifix finally shows up at the film’s end, and the film’s response to it is surprisingly equivocal.

The movie tells the story of a peaceful 16th-century jungle-dweller named Jaguar Paw. The first quarter of the film presents his idyllic village as a kind of Eden. The second quarter is a vision of Hell, as a raiding party for the nearby Mayan empire torches the town, rapes the women and drags the men to the Mayan capital as featured guests at a monstrous and ongoing sacrifice to the gods. JP watches in horror as a priest has several of his friends spread-eagled on squat stone, then hacks out their still-beating hearts and displays them to a howling crowd. JP narrowly avoids the same fate, escapes, and spends most of the rest of the film picking off an armed pursuit party, one by one, in classic action-film fashion.

It is only at the very end that Christianity makes a brief but portentous appearance, aboard a fleet of Spanish ships that appears suddenly on the horizon. JP and his long-suffering wife watch from the jungle as a small boat approaches shore bearing a long-bearded, shiny-helmeted explorer and a kneeling priest holding high a crucifix-topped staff. « Should we join them? » asks his wife. « No, » he replies: They should go back to the jungle, their home. Roll credits.

Given Gibson’s fervent Christianity, you might have expected JP to run up and genuflect. Why does he turn away?

My colleague, film critic Richard Schickel, has observed that Gibson has little use for the institutional Roman Catholic church, preferring a « less mainstream version of his faith. » True, but the Traditionalists with whom Gibson is often associated are defined primarily by their objections to the liberalizations under the Second Vatican Council of 1962-5 — not an issue in Jaguar Paw’s day.

Another explanation is that the director has always been better at Crucifixions than at Resurrections. Just as the risen Christ seemed like something of a tack-on to The Passion, Mel may have little interest in how Christian culture might reconfigure either the peaceful village-dwellers’ way of life or the bloodthirsty Mayans’.

The third possibility, it seems to me, is that Gibson does know — and wants no part of it. I tend toward that last one because it reflects a learning curve of my own. About a year ago I visited an exhibit on another Mexican civilization, the Aztecs, at New York’s Guggenheim Museum. The show was cleverly arranged. Visitors walked up the Guggenheim’s giant spiral, the first few twists of which were devoted to the Aztecs’ stunning stylized carvings of snakes, eagles and other god/animals, and explanations of how the ingenious Aztecs filled in a huge lake to lay the foundation for Tenochtitlan, now Mexico City.

It was only about halfway up the spiral — when it had become harder to run screaming for an exit — that one encountered a grey-green stone about three feet high. It was sleek and beautiful — almost like a Brancusi sculpture, I thought — until I read the label. It was a sacrifice stone of the sort in the movie. Not a reproduction, not a non-functioning ceremonial model, but the real thing. People had died on this. I felt shocked and a little angry — it was like coming across a gas chamber at an exhibit of interior design.

But I kept walking, and at the very top of the museum I encountered another object that might be considered an answer to the sinister rock: a stone cross, carved after the Spanish had conquered the Aztecs and were attempting to convert them to Catholicism. Rather than Jesus’s full body, it bore a series of small relief carvings: his head and wounded hands, blood drops — and a sacrificial Aztec knife.

How striking, I thought. Here was a potent work of iconographic propaganda using the very symbols of a brutal religion to turn its values inside out, manipulating its images so that they celebrated not the sacrifice, but the person who was sacrificed. Visually, at least, it seemed an elegant and admirable transition. And after seeing Apocalypto, I wondered why Gibson hadn’t created the cinematic equivalent: an ode to the progression out of savagery, through the vehicle of Christianity.

The answer, of course, is that the cross’s iconography was a lot simpler than Mexican history. I called Charles C. Mann, author of the highly respected history 1491: New Revelations of the Americas Before Columbus. Mann first noted a couple of anachronisms in the film. The Mayan capital, including any great temple of the sort in the film, had mysteriously disappeared 700 years before the Spanish arrived. Moreover, although the Mayans probably engaged in some human sacrifice, there is no evidence that they practiced it on the industrial scale depicted in the movie For that, as the Guggenheim exhibit suggested, one would have to look 300 miles west to the Aztecs, who had made it their religious centerpiece. Hernan Cortes (who probably rounded upward, since he conquered them), claimed the Aztecs dispatched between three and four thousand souls a year that way. Why Gibson decided to turn the Mayans into Aztecs is anyone’s guess.

Most interesting, however, was Mann’s observation that if the boat Jaguar Paw sees is indeed the 1519 landing party of Cortes (who pushed quickly through what remained of Mayan territory on his way to the bloody battle of Tenochtitlan), the man holding up the cross was no particular friend to the indians. It was not until 1537, Mann said, that, after considerable debate both ways, Pope Paul III got around to proclaiming that « Indians themselves indeed are true men » and should not be « deprived of their liberty. » In the intervening 18 years roughly a third of Mexico’s 25 million indigenous population died of smallpox the Europeans brought with them, and the Spanish had enslaved most of the remaining six million able-bodied men. And that’s not counting the 100,000 Aztecs Cortes killed at Tenochtitlan alone.

So here is the conundrum. If you had to choose between a culture that placed ritualized human slaughter at the center of its faith, but that only managed to kill 4,000 people a year, and a culture that put the sacrificial Lamb of God at the center of the universe but somehow found its way to countenancing the enslavement of millions and the slaughter of hundreds of thousands in the same neighborhood, which would be more appealing?

Perhaps Gibson’s problem is with the institutional church after all. Not the institutional church of Vatican II, but the church that managed to get so mixed up with worldly power that it was able to side with the centurions rather than with Christ for those crucial 18 years.

And perhaps he was right to have Jaguar Paw, having sampled the worst that the first civilization had to offer, take one look at the arrival of the second, and head back into the woods.

Voir également:

 

Mario Vargas Llosa: l’humanisme de droite récompensé

Patrick Leblanc

Cyberpresse.ca

le 12 octobre 2010

Dans l’univers culturel québécois, être un «écrivain engagé» signifie nécessairement militer à gauche. L’attribution du prix Nobel de littérature 2010 à Mario Vargas Llosa provoquera donc sans doute quelques sourcillements. L’auteur péruvien est en effet un vigoureux défenseur du libéralisme politique et économique.

Parmi ses oeuvres de fiction, La fête du bouc (Gallimard, 2002) a été largement citée comme exemple d’un ouvrage dénonçant les méfaits du pouvoir absolu. L’auteur y met en scène les derniers jours de la dictature de Rafael Trujillo en République dominicaine.

Moins connus, Les cahiers de don Rigoberto (Gallimard, 1998) mettent en scène un personnage explicitement libéral, voire libertarien, dont la pensée rejoint celle qui anime Vargas Llosa lui-même.

Ce Don Rigoberto, vendeur d’assurances le jour et écrivain la nuit, écrit notamment dans ses cahiers: «… tout mouvement qui prétendrait transcender (ou reléguer au second plan) le combat pour la souveraineté individuelle, en faisant passer d’abord les intérêts de l’élément collectif – classe, race, genre, nation, sexe, ethnie, Église, vice ou profession -, ressortirait à mes yeux à une conjuration pour brider encore davantage la liberté humaine déjà bien maltraitée.»

Sur le nationalisme plus spécifiquement, Vargas Llosa attribue cette tirade au même personnage: «Derrière le patriotisme et le nationalisme flamboie toujours la maligne fiction collectiviste de l’identité, barbelés ontologiques qui prétendent agglutiner en fraternité inébranlable les ‘Péruviens’, les ‘Espagnols’, les ‘Français’, les ‘Chinois’, etc. Vous et moi savons que ces catégories sont autant d’abjects mensonges qui jettent un manteau d’oubli sur des diversités et des incompatibilités multiples, prétendent abolir des siècles d’histoire et faire reculer la civilisation vers ces barbares temps antérieurs à la création de l’individualité, c’est-à-dire de la rationalité et de la liberté: trois choses inséparables, sachez-le.»

Engagement politique

Au-delà de la fiction, c’est par son action politique que Vargas Llosa a manifesté le plus clairement son engagement envers la liberté.

Préoccupé par l’avenir de son pays, il se porte candidat à l’élection présidentielle de 1990. Dans un Pérou où l’étatisme avait imprégné non seulement la gauche mais aussi le centre et la droite, l’écrivain-politicien proposait un projet de développement économique et social aux antipodes du collectivisme socialiste ou du protectionnisme conservateur. Authentiquement libéral, son programme avait pour objectif de retirer à l’État la responsabilité de la vie économique pour la confier à la société civile et au marché.

«On ne sort pas de la pauvreté en redistribuant le peu qui existe, mais en créant plus de richesse», précise l’écrivain dans ses mémoires politiques (Le Poisson dans l’eau, Gallimard, 1995). Pour lui, les économies égalitaristes «n’ont jamais tiré un pays de la pauvreté: elles l’ont toujours appauvri davantage. Et souvent elles ont rogné ou fait disparaître les libertés, du fait que l’égalitarisme exige une planification rigide qui, économique au début, s’étend ensuite à toute la vie sociale.»

Vargas Llosa n’a pas jeté la serviette après sa défaite électorale. Vingt ans plus tard, il poursuit d’une autre manière son engagement en faveur des libertés économiques et politiques, notamment au sein de l’Atlas Economic Research Foundation, un réseau international auquel est associé l’Institut économique de Montréal et d’autres think tanks canadiens.

En réaction à sa nobélisation, l’écrivain a dit espérer que cette distinction lui était attribuée pour son oeuvre littéraire et non pour ses opinions politiques. N’empêche, on se prend à rêver que l’élite culturelle qui célébrera ce prix saura aussi reconnaître dans l’oeuvre et l’action de Vargas Llosa la possibilité d’un humanisme de droite, un humanisme qu’il devrait être possible de pratiquer dans toutes les cultures et tous les pays, y compris au Québec.

Voir enfin:

« L’impérialisme Américain » au Chili

Guy Millière

Drzz

15 octobre 2010

Les images du sauvetage des mineurs chiliens ont été sur tous les écrans de télévision. Le récit de leur captivité forcée, puis de leur délivrance, a fait les premières pages. Dans la presse et les médias américains, on en a parlé aussi. Mais on a donné un détail qui semble avoir échappé aux journalistes français (je ne puis imaginer qu’ils l’aient omis volontairement, cela va de soi) : ce sauvetage a été, quasiment de bout en bout, une entreprise américaine.

L’entreprise qui a réalisé l’opération, très délicate, et impliquant une extrême précision technologique, est celle d’un homme appelé Jeff Hart. Elle s’appelle Geotech. Elle est basée dans le Colorado. Elle s’est spécialisée dans le forage de puits, et a travaillé sous contrat avec l’armée américaine en Irak, puis en Afghanistan, permettant d’alimenter en eau potable des gens qui n’y avaient pas accès. Jeff Hart et ses équipes ont foré trente trois jours, dans un contexte de risques extrêmes d’éboulement. Le conduit creusé a été équipé de façon à ce que puissent y circuler des capsules conçues sur la base de technologies mises an point par la Nasa. Les mineurs emprisonnés ont bénéficié pendant tout le temps de leur emprisonnement des conseils, méthodes et moyens de la Nasa pour garder leur équilibre physique, sous la supervision du docteur Polk. Ils ont, avant remontée à la surface, absorbé une boisson spécialement conçue par la Nasa encore, destinée à compenser les différences de pression et les risques de vertige et de malaise liés à la remontée.

Jeff Hart, ses équipes, le Dr Polk, la Nasa n’ont fait que leur devoir moral. Ils ont montré que les Etats-Unis restaient une puissance indispensable et généreuse. Même Barack Obama qui, en général, préfère s’excuser pour l’existence des Etats-Unis n’a pu faire autrement que prononcer une phrase : « Nous sommes fiers de tous les américains qui ont travaillé avec nos amis chiliens de façon à tout faire pour que ces mineurs rentrent chez eux ».

S’il y avait un Président américain à la Maison blanche, il recevrait Jeff Hart et les autres en héros : mais nous sommes encore en l’ère Obama, hélas.

Si les journalistes faisaient leur travail d’information, le détail que je viens d’exposer ne leur aurait pas échappé.

Il semble que lorsqu’il s’agit de critiquer les Etats-Unis, de les fustiger, de les traîner dans la boue, il ne manque jamais de bonnes volontés. Lorsqu’il s’agit de donner de simples faits montrant ce que les Etats-Unis sont essentiellement, les bonnes volontés semblent défaillir.

Faut-il le rappeler, en effet ? L’essentiel des technologies qui permettent la mondialisation accélérée dans laquelle nous sommes et contre laquelle certains pestent tout en utilisant en parallèle leur smartphone ou leur ordinateur portable, et internet à très haut débit, sont américaines. Et ce qui en elles n’est pas américain est le plus souvent israélien.

L’essentiel des aides et actions humanitaires sur la planète, quel que soit le continent, sont américaines aussi.

On pourrait ajouter accessoirement que sans les Etats-Unis, l’Europe occidentale aurait connu un tout autre destin à l’issue de la Seconde Guerre Mondiale : cela devrait aller sans dire. Cela va, à mes yeux, beaucoup mieux en le disant.

C’est pour toutes ces raisons et un nombre infini d’autres que j’aime les Etats-Unis d’Amérique et le peuple américain, et que je continuerai à les aimer.

Ceux qui veulent continuer à fustiger « l’impérialisme américain », eux, méritent plus que jamais mon profond mépris.

PS. Je dois ajouter à ce que j’ai écrit que, sans l’ouverture et l’esprit d’entreprise du Président du Chili lui-même, Sebastian Piñera, l’action salvatrice du capitalisme américain n’aurait pas été possible. Sebastian Piñera est lui-même un capitaliste qui fait honneur au capitalisme international : si les Etats-Unis étaient gouvernés par un capitaliste, le désastre du golfe du Mexique aurait permis au capitalisme américain de donner sa pleine mesure, mais hélas, disais-je plus haut…

COMPLEMENT:

Relativism, Revisionism, Aboriginalism, and Emic/Etic Truth: The Case Study of Apocalypto

Richard D. Hansen

In: Chacon R., Mendoza R. (eds) The Ethics of Anthropology and Amerindian Research

R.D. Hansen, Ph.D. (*)
Department of Anthropology, Institute of Mesoamerican Studies, Idaho State University, 921 South 8th Ave., Stop 8005 Gravely Hall, Pocatello, ID 83209, USA

Foundation for Anthropological Research & Environmental Studies (FARES), Pocatello, ID 83209, USA.
e-mail: hansric2@isu.edu

R.J. Chacon and R.G. Mendoza (eds.), The Ethics of Anthropology 147 and Amerindian Research: Reporting on Environmental Degradation and Warfare,
DOI 10.1007/978-1-4614-1065-2_8, © Springer Science+Business Media, LLC 2012

Abstract

Popular film depictions of varied cultures, ranging from the Chinese, Africans, and Native Americans have repeatedly provided a variant perception of the culture. In works of fiction, this flaw cannot only provide us with entertainment, but with insights and motives in the ideological, social, or economic agendas of the authors and/or directors as well as those of the critics. Mel Gibson’s Maya epic Apocalypto has provided an interesting case study depicting indigenous warfare, environmental degradation, and ritual violence, characteristics that have been derived from multidisciplinary research, ethnohistoric studies, and other historical and archaeological investigations. The film received extraordinary attention from the public, both as positive feedback and negative criticism from a wide range of observers. Thus, the elements of truth, public perception, relativism, revisionism, and emic/etic perspectives coalesced into a case where truth, fiction, and the virtues and vices of the authors and director of the film as well as those of critics were exposed. A fictional movie such as Apocalypto can provide entertainment and/or evoke moods and thoughts that usually extend beyond the “normal” as a work of art. In documentaries and academic publications and presentations, however, such flaws are much more serious, and provide distortions and misrepresentations of the “truth” that are (equally) perpetuated in literature and popular perceptions.

While certain criticisms of Hollywood portrayals of varied cultures can be justi- fied, particular academic and social agendas equally use aboriginalism, relativism, and revisionism as an attempt to distort the past and manipulate academic and social fabric. Claims of “cultural or religious inequality” are flawed if and when they dis- tort truth, as best determined by multidisciplinary scientific studies, involving a full range of scientific query and investigation, ethnography, ethnohistory, and extensive methodological procedure. A solution lies in a return to the philosophical foundations of science a la Peirce, Hempel, and Haack, among others, to organize and understand an objective truth as part of the ultimate goal in anthropological research.

Introduction

One of the more common struggles within anthropological disciplines is the concept of an emic interpretation (meaning the native or indigenous perceptions), as opposed to an etic interpretation (the perceptions of the observer) (Pike 1967). In some cases, a “revisionist” will ignore the facts and both the etic and emic interpretations and propose a popular perspective that is void of truth. Some more recent movements such as “aboriginalism” provides a perspective that “Indigenous societies and cultures possess qualities that are fundamentally different from those of non-Aboriginal peoples” (McGhee 2008:579). The avoidance of both the etic and emic perspectives will present serious flaws to an investigator and provides ample argument for a strong multidisciplinary approach to anthropological and archaeological research in the establishment of scientific “facts.” One of the more interesting examples of this problem became apparent in the release of the blockbuster film, Apocalypto, directed by actor/director Mel Gibson and produced by Mel Gibson and Bruce Davey, with Executive Producers Ned Dowd and Vicki Christianson. The film spurred a chorus of criticisms and complaints from some critics and members of the academic and native communities, a curious reaction in view of the fact that the film is entirely a work of fiction. In other cases, extraordinary praise and com- plements came from both critics and academic and Native American communities. A special session was organized at the American Anthropological Association meetings in 2007 entitled “Critiquing Apocalypto: An Anthropological Response to the Perpetuation of Inequality in Popular Media,” which merited being termed a “Presidential Session” sponsored by the Archaeology Division and the Society for Humanistic Anthropology. The obvious glaring flaw is that one would have to assume that it must have been established previously, somehow, that the film was a “perpetuation of inequality.” One of the organizers wrote “Mel Gibson’s Apocalypto is one recent example within a history of cinematic spectacles to draw directly upon anthropological research yet drastically misinform its audience about the nature of indigenous culture” (Ardren 2007a; emphasis mine). Additional recent movies depicting the past, such as Gladiator (Ridley Scott, director). Spartacus (Stanley Kubrick, director), Troy (Wolfgang Peterson, Director), or Gibson’s Braveheart and Passion of the Christ proved extraordinarily successful at the box office (Gladiator, Braveheart, Passion of the Christ), but had similar criticisms of “numerous historical inaccuracies and distortions of fact” from critics and academicians (e.g., Winkler and Martin 2004: Xi, 2007). The fascinating dichotomy of the historical truths and inaccuracies depicted in films and the emic and etic issues involved in popular mov- ies representing the past, and in particular, the case of Apocalypto, has prompted a review of the issues of perception, relativism, revisionism, and truth and demonstrates an important need to re-evaluate anthropological trends and interpretations. In this case, the concept of aboriginalism or “exceptionalism” may have been infused in the criticisms, where it is assumed that “Aboriginal individuals and groups…assume rights over their history that are not assumed by or available to non-Aboriginals” (McGhee 2008: 581). It is clear that many of the criticisms were a direct reflection of the disapproval of Gibson’s previous behavior (Bunch 2006), as well as a standing resentment because of the film Passion of the Christ, a movie which seemed to serve as a “pebble in the shoe” for many liberal, atheist, and in particular, Jewish people. In other cases, the criticisms were valid observations of the license taken by Gibson and the film staff in different aspects of the film Apocalypto, much of which was done for aesthetic reasons or for story expediency. One of the more comprehensive summaries of the film, the issues, and interviews as well as a host of conflicting criticisms are found online with Flixster (http://www. flixster.com/actor/mel-gibson/mel-gibson-apocalypto).

Some of the quibbling may have been as simple as the disagreement as to whether the High Priest had a frown or a smile on his face when he extracted a human heart in Apocalypto. This is a benign discussion and a shallow argument. A far more seri- ous issue however, is the posture that some scholars and Native Americans have taken, which denies that human sacrifice among the Maya even took place. Such positions fall into concepts of “revisionism,” “aboriginalism,” and “relativism” that signals a threat to truth and understanding of the human saga. This chapter will explore this dichotomy through an examination of the historical setting of Apocalypto, the acclaims and criticisms of the film, and explore in greater depth just one of the criticisms that the Maya were not practicing large-scale human sacrifice by the Late Postclassic period, and that depiction as such represented an “inequality,” “racism,” and “slander.” The reality of the depicted sacrifice scenes in Apocalypto, as deter- mined by ethnohistoric, ethnographic, iconographic, and archaeological data sug- gests that many of the critics may have subscribed to a revisionist/relativist/ aboriginalist perspective which distorts the past and creates a philosophical dilemma that can be addressed by a return to a scientific model proposed by Peirce, Hempel, Haack, and others as a theoretical solution to the issue.

Historical Context

In August 2004, this author (Hansen) was requested to attend a series of meetings at the headquarters of Icon Productions in Santa Monica, California to discuss the ancient Maya. The interests of Mel Gibson, Farhad Safinia, and producer Stephen McEveety of Icon Productions were the perspectives of ancient Maya culture that were observed in the National Geographic film, “Dawn of the Maya” (National Geographic 2004). The meetings resulted in lengthy discussions on nearly every aspect of Maya civilization, chronologies, and societal evolution. This further evolved into several trips to the Maya area, particularly Tikal and the Mirador Basin of northern Guatemala, where Gibson asked questions, toured sites, engaged in discussions with local Maya inhabitants and workers, and explored the environmental and cultural aspects of Maya civilization. His interest in the Preclassic societies of the Mirador Basin, the Classic cultures as portrayed at Tikal, Palenque, and Copan, and the Postclassic cultures of Mayapan, Tulum, and Iximche led him and associate Farhad Safinia to write the story line for a movie (see Padgett 2006a, b:60). In par- ticular, he wanted a film to be a “chase scene” because it had the more “universal appeal” and was something that he had wanted to do for some time (Flixster 2006:10). A script was drafted by Gibson and Safinia, and research was imple- mented for setting and filming locations. Hotel facilities were reviewed in Guatemala, Belize, Costa Rica, and Mexico, with the final location selected in Veracruz, Mexico, because of adequate hotel space, ease of access, abundant industrial capability, and sufficient infrastructure for a movie of this nature.

An elaborate set depicting a Maya Postclassic period city was built to accommodate the story. Gibson and his award winning set production engineer, Thomas E. Sanders, built the entire set on an area of about 40 acres (35 ha) on a sugar cane farm bordering a small section of forest behind a hill near the small town of Boqueron, located about 40 miles to the west of Veracruz. A common misconception is that the film used computer graphics to depict the city, which was entirely untrue. Hansen was brought in for consultations and observation on two separate occasions during the middle and termination of the construction of the ancient cityscape. The site selected was, interestingly enough, an ancient village site, as detected by numerous Preclassic figurine and ceramic fragments found in the area. The basic idea was to construct a Postclassic city, complete with pyramids, structures with columns, outset stairways, causeways, and residence structures (Figs. 8.1–8.4). Indeed, the degree of detail in the city was extraordinary. Site designer Tom Sanders was quoted as saying that the film was “the hardest set he had ever worked on” (Padgett 2006a, b:61; personal communication to Hansen 2006), a revealing comment considering the extraordinary sets that Sanders has created and worked on (e.g., Saving Private Ryan, Hook, Jurassic Park 3, Superman, Braveheart, Dracula). Corn processing facilities, cacao preparation areas, basketry and mat production areas, cotton processing and weaving areas, tropical fruit, bean, and chile produc- tion areas, hide tanneries, textile dyeing vats, wood working shops, butcher shops, markets, ceramic and figurine manufacturing, sweat baths, monuments, and resi- dences were all prepared with maximum detail (Figs. 8.5–8.9). Corn husks, iguana skins, mats, turtle shells, ceramic bowls, cooking pots, storage vessels, gourds, baskets, mats, hammocks, ropes, wooden artifacts, lithic waste flakes, grinding stones, feath- ers, and dogs, ducks, and turkeys were all present within the extensive residential zone (Figs. 8.10–8.14). Existent Ceiba trees, the sacred trees of the Maya, were left standing and incorporated within the city as part of the props (Fig. 8.15). The entire set was extraordinary in detail and represented a authentic reproduction seldom, if ever, provided on film sets. For an anthropologist, it was a time machine, because the elements, both organic and nonorganic included in the set were all characteristic of urban and village Maya societies, both past and present (Figs. 8.16–8.19). However, since part of the story had to involve opulence and splendor, Gibson chose to have a small portion of the reconstructed city, which was the primary plaza and flanking structures, remain in the Classic period style since they generally were larger structures than those of the Postclassic period (Fig. 8.20). A compromise was reached with the Classic period structures showing age with evidence of deterioration and decay on the buildings. In fact, to accommodate the “reality” of the setting, several of the larger Classic period structures were undergoing “remodeling” into architecture more characteristic of the Postclassic period (Figs. 8.21 and 8.22). Even though the entire city was fictitious, the idea was to replicate the situation like that found at sites such as Cobá, Oxtankah, or Ichpaatun in Quintana Roo, Mexico (Boot 2007), where large, earlier Classic and early Postclassic period structures were surrounded by a later Postclassic city. Yet, the primary buildings of the main plaza were designed to more closely resemble Tikal (Guatemala) because of the obvious mani- festations of splendor and cultural achievement. Therefore, some of the primary examples of art and architecture were cobbled together as general, generic Maya images. Chenes and Puuc art were selected on the facades of temples, primarily due to “artistic license,” since it was the most glaringly opulent Yucatecan Maya-related art, and only a minor detail in Gibson’s mind, in comparison to the story that was to be unfolded (Figs. 8.23 and 8.24). Since the story was set in sixteenth-century coastal Yucatan, the language needed to be Yucatec to provide linguistic authenticity and a realistic context. It was difficult to conceive of a Maya warrior shouting, in English, “Come on Joe, let’s go get him!”

Costumes, ornaments, and props were produced in warehouses and workshops in Veracruz supervised by property master Richard (Rick) Young, costume designer Mayes C. Rubeo (Avatar), armourer Simon Atherton, (Gladiator, Saving Private Ryan, Robin Hood, Clash of the Titans), and a large and diverse staff of outstanding artists, hair, and makeup designers (http://www.visualhollywood.com/movies/apoc- alypto/credits.php). Extraordinary attention to detail of tattoos, jewelry, textiles, headdresses, banners, shields, weapons, and ceramics was based on images, monuments, ceramics, and murals from archaeological contexts (Figs. 8.25 and 8.26).

Filming was initially conducted in the Catemaco region to the south of Veracruz where a section of primal, original rainforest could still be found for the hunting camp scenes. Gibson employed cutting-edge digital camera technology consisting of Panavision’s Genesis system, providing extraordinary capability for specific scenes, and he worked with Oscar-award winning cinematographer Dean Semler (Dances with Wolves) to produce the visual effects he wanted. Actors were, for the most part, selected by Gibson and nearly all had no previous film experience (exceptions were Raoul Trujillo {Black Robe, The New World} and Mayra Sérbulo) (Padgett 2006a, b). Gibson’s coaching was exceptional because the actors were credible with no previous experience.

As noted earlier, the film was to be produced in Yucatec Maya, since the story was to have taken place in the general vicinity of eastern Quintana Roo, location of the first Spanish contacts by shipwrecked sailors Valdivia, Gerónimo de Aguilar and Gonzalo de Guerrero (1511), and later ship bound contact by Francisco Hernandez de Córdoba (1517) and Juan de Grijalva (1518). It was the relatively small amounts of gold and turquoise objects found among the Maya, a result of trade and contact with the Aztecs, that led to further exploration and organization of the conquest of the Aztecs in 1519 under Hernan Cortés. Furthermore, the Spanish friar, Diego de Landa explains that the Mexica had garrisons in Tabasco and Xicalango, and that the Cocom “brought the Mexican people into Mayapan” and other areas of the Yucatan Peninsula (Landa 1941: 32–36) which would explain the widespread influ- ence that Aztec culture had on the Maya in the Yucatan area.

The language training came under the tutelage of Hilario Chi Canul, a native monolingual Yucatecan Maya speaker who eventually learned Spanish at age 14, and who was the Mexican National Champion of Indigenous Maya Oratory in 2007. Dr. Barbara MacLeod (U of Texas, Austin) provided additional postfilming lan- guage assistance overdubbing and off-camera lines (see http://www.jonesreport. com/articles/121206_anthropologist_apocalypto.html). Eastern Yucatan was also selected because it would have been the source of origin for the first contact disease

in the continental New World (Small Pox), a point that Gibson wanted to make with a diseased little girl (Aquetzali Garcia) in the film. Set production and filming began in September 2005, and extended through June of 2006, with additional shoots in Costa Rica and England during June and July. Since the shooting was not done on a controlled set, it was subject to extremely rugged weather conditions, including extensive heat, humidity, and copious amounts of rain, which delayed the entire film about 3–4 months. Film editing was under the direction of Gibson and John Wright (Hunt for Red October, Speed, Passion of the Christ)

Apocalypto: Reactions

Upon its release in December 2006, Apocalypto was immediately declared by numerous critics as one of the most outstanding films of its genre and the “most artistically brilliant film” (e.g., Finke 2010; see also Bunch 2006; Berardinelli 2006; McCarthy 2006; Souter 2006; Baumgarten 2006; King 2007 ). Film critic Christopher Jacobs (2006) noted that “‘Apocalypto’ is not only a well-made film, an interesting anthropological artifact, and food for philosophical–political specula- tion, but is itself a revelation heralding the end of an era in motion picture production” (Jacobs 2006; see http://www.und.edu/instruct/cjacobs/Reviews. htm#apocalypto). Talk show hosts Alex Jones and Paul Watson called it the “most powerful film of all time” (Jones and Watson 2006). The film quickly climbed to No. 1 at the box office the first week of its release on December 2006, beating out “Happy Feet,” “The Holiday,” “Casino Royale,” and “Blood Diamond.” Similar responses were obtained in Europe and Asia, where the film remained at No. 1 for more than 4 weeks. The film established the UK box office record for the biggest opening weekend for a foreign language film, and reportedly earned $120.6 mil- lion (Finke 2010). Gibson received the Trustee Award from First Americans in the Arts (FAITA) and the Latino Business Associations Chairman’s Visionary Award. The film won the Dallas-Fort Worth Critics Association Award, the Central Ohio Film Critics Association (FOFCA), and the Phoenix Film Critics Society Award for Best Cinematography. The film was ultimately nominated for three Academy Awards in Makeup, Sound Editing, and Sound Mixing. According to several insid- ers to the movie industry, the film should also have been nominated for Academy Awards for Costume Design, Cinematography, Foreign-Language Film, and Supporting Actor, but Gibson’s unfortunate statements earlier in 2006 damaged his chances for such nominations (personal communication to Hansen, Feb. 2007; per- sonal communication to Hansen, Mar. 2007; see also Finke 2010). It was nomi- nated in the foreign language category for a Golden Globe Award. The film was also nominated for Best Direction and Best International Film in the Academy of Science Fiction, Fantasy, and Horror Films. It was nominated as the Outstanding Achievement in Cinematography in Theatrical Releases by the American Society of Cinematographers as well as Best Film not in the English Language by the British Academy of Film and Television (BAFTA).

In spite of the laudatory recognition of the film, many negative criticisms of the film were forthcoming from members of the academic community, and much of this was conveyed to the press. New York Times writer Mark McGuire noted negative comments from anthropologists and professors at SUNY Albany in an article enti- tled “Apocalypto’ a pack of inaccuracies” (McGuire 2006). A letter was written to the monthly bulletin of the Society for American Archaeology (“SAA Archaeological Record”) noting that the film had “technical inaccuracies and distortions in its por- trayal of the pre-Contact Maya.” “Anyone who cares about the past should be alarmed” and “Apocalypto will have set back, by several decades at least, archaeolo- gists’ efforts to foster a more informed view of earlier cultures” (Lohse 2007:3). Harvard scholar David Carrasco, professor of religious history at Harvard was reported to have claimed that “Gibson has made the Maya into ‘slashers’ and their society a hypermasculine fantasy” (Miller 2006:14), a curious interpretation of the film in light of late Postclassic society throughout Mesoamerica. Archaeologist Traci Ardren (University of Miami) spoke out against the film and was quoted extensively throughout U.S. press releases that Apocalypto represented “pornography” (Ardren 2006). Ardren and others had somehow assumed that the story dealt with the Late Classic Maya and the collapse in the ninth century, as one of the criticisms was that the “Spanish arrived over 300 years after the last Maya city was aban- doned” (?) (Ardren ibid: 2; interrogative mine). Maya cities along the coastal areas were fully occupied when the Spanish arrived, with hundreds and in several cases, thousands of buildings recorded for several observed sites. However, in a conflict- ing argument, Ardren noted that she was aware that the “Maya practiced brutal violence upon one another” and that she had “studied child sacrifice during the Classic period” (ibid). Her fallacious supposition that it was Gibson’s intent to infuse his personal religion was evident in the arrival of the Spanish, which sug- gested to her that Gibson meant “the end is near and the savior has come” and that “Gibson’s efforts…mask his blatantly colonial message that the Maya needed sav- ing because they were rotten at the core” (ibid). The obvious fallacy here is that her position is based entirely on unsupported assertions. She also implied that Gibson was stating that “there was absolutely nothing redeemable about Maya culture” since there was “no mention….made of the achievements in science and art, the profound spirituality and connection to agricultural cycles, or the engineering feats of Maya cities” (Ardren 2006:2). Such an odd theoretical position is dealt with by several film critics below (see Bunch 2006). While her criticisms were toned down in the special Presidential Session of the American Anthropological Association meeting in Washington, D.C., Ardren noted that:

Aquetzali, (the diseased little girl with the prophetic statements) with her Hollywood lesions and Lacandon inspired styling, encapsulates the big budget manipulation of cultural history and fact that has disturbed so much of the academic and activist communities while simultaneously enthralling so much of the movie-going public (Ardren 2007b:1).

The obvious questions here are, how does the diseased little girl encapsulate a “big budget manipulation of cultural history and fact”? How does this disturb aca- demic and activist communities? The little girl had Small Pox, a reality of death brought by the Spanish to Latin America. And, the Lacandon inspired styling was totally intentional, seeing how the Lacandon are Yucatecan Maya speakers who migrated very late in Maya history to the interior heartland.

Other criticisms ranged from the presence of a blue and gold macaw (“wasn’t a scarlet macaw within reach of a multi-million dollar budget?”), the use of the eclipse (“fastest eclipse in history”), and slavery (“While the Maya engaged in slavery, the film’s sister vision of massive subjugated labor is shockingly unfamiliar”) (Stone 2007:2–3). These criticisms are curious. The blue and gold macaw was purposely incorporated to display the opulence and extensive trade networks of the Postclassic Maya, who had trading networks as far south as Honduras, Nicaragua, and Costa Rica. The eclipse episode would have been disastrous if the audience would have been forced to sit through an entire eclipse time cycle. It is clear from the film that the elite were acutely aware of the solar event, which in reality, they most likely were. I questioned numerous colleagues (Ph.D. level scholars) about when the next eclipse was to occur, and no one could answer, much less a Postclassic populous in a 1511 fictional Maya city. As for slavery, extensive raiding and slave systems existed throughout Mesoamerica during the late Postclassic period. Landa notes that the Cocom leadership “oppressed the poor and made many slaves” (Landa 1941:32,35; see also Antonio Chi 1582:230–232), and that Cocom rulership “made slaves” and “made slaves of the poorer people” (ibid:36), although the practice apparently extended to much earlier periods.

Another curious criticism was the charge that Gibson was using his religious views (i.e., Catholicism) as the “savior” and the “salvation” of the Maya with the arrival of the Spanish (e.g., McAnany and Gallareta 2010:142). Such arguments indicate an inherent personal prejudice against Gibson. In reality, the Spanish arrival to collect supplies represented a future devastating blow to the Maya, not their sal- vation, and Gibson and Farhad were fully aware of this (see Maca and McLeod 2007 discussion below). In reality, in addition to a metaphorical “New Beginning,” the segment was designed to provide an avenue for a future sequel, should it be desired, and to explain the separation of Yucatecan speakers into the interior forest to form the Lacandon societies in the sierras of northwestern Guatemala and Chiapas which would have occurred around this time.

An even more vehement opposition was voiced by Dr. Julia Gurnsey (University of Texas, Austin) who was “visibly shaken….upset, and not a little angry” (Garcia 2006). According to the interview conducted by the Austin Statesman, she noted: “I hate it. I despise it. I think it’s despicable. It’s offensive to Maya people. It’s offensive to those of us to try to teach cultural sensitivity and alternative world views that might not match our own twenty-first-century Western ones but are none- theless valid” (Garcia 2006). While Gurnsey was totally entitled to her opinion, she was not entitled to change the facts (elaborated below) which characterize the late Postclassic Maya societies of coastal Yucatan.

Perhaps one of the more comprehensive criticisms and one that seemed to reflect a majority of the academic resistance was in the March/April 2007 Archaeology magazine which featured an article entitled “Betraying the Maya: Who does the violence in Apocalypto really hurt?” A renowned Maya scholar and colleague noted that the film was “crafted with devotion to detail but with disdain for historical coherence or substance” and that the “film is a big lie about the savagery of the civi- lization created by the pre-Columbian Maya” (Freidel 2007). In addition he adds, “Allegory and artistic freedom are well and good, except when they slanderously misrepresent an entire civilization” (emphasis, mine). In view of the wide public dissemination of these criticisms, it is perhaps worthwhile to explore Freidel’s argu- ments and compare them to the archaeological, ethnohistoric, ethnographic, and epigraphic facts.

According to the criticism, the fallacy was that Gibson did not show the tiered society that Maya civilization represented and “the public deserves a more accurate and sophisticated view of the pre-Columbian Maya, and Gibson ….had the resources, advisors, and talent to have provided it” (Freidel 2007:39; see also Ardren 2006). “Courtiers, craftsmen, warriors, and merchants – the usual professions of urban life – have been documented archaeologically and pictorially in the Classic Maya record” (Freidel 2007:38). According to Freidel, Apocalypto degraded the cultural accomplishments and intellectual achievements of the Maya:

The Classic Maya wrote history, scripture, and poetry that contain knowledge of the human condition and spirit, as well as wisdom that compares favorably with that of ancient Egypt, Mesopotamia, and other hearths of civilization. Finally, the accuracy of modern depictions of the ancient Maya matters deeply and personally to those of us who care about the mil- lions of people who speak a Mayan language…. (Freidel 2007:41).

In 2007, movie producer/director Mel Gibson “treated” audiences to a spectacularly inac- curate portrayal of ancient Maya civilization (emphasis mine). Called Apocalypto, Maya rulers and priests were depicted as blood-thirsty savages, Maya farmers as hunters and gatherers, and a Spanish galleon drifting somewhere off the coast of the Yucatán Peninsula seemed the only salvation available to the Comanche and Yaqui actor, Rudy Youngblood, and his brave young wife and two children.

It is easy to lament with Freidel and others the lack of additional examples of Maya achievements in Apocalypto, such as ballgames, written scripts, dances, the- ater, and extensive trade networks. The sophistication of the cityscape, the eco- nomic and social activities visible in the film, the elaborate architecture, and the prognostication of the eclipse in Apocalypto implied an extraordinary cultural com- plexity. The extensive detail built into the cityscape at Veracruz would have allowed a greater insight into the economic, social, and political sophistication of the Maya, and it is unfortunate that more of the art, architecture, and the detailed cultural remains did not see more film time.

Another criticism of some merit refers to the murals that were similar to the Preclassic Maya murals of San Bartolo, Peten, Guatemala which were incorporated into the scene, entirely at the whims of the director and the set designer to accom- modate the story line. The use of this art was met with resistance by this author because of the obvious chronological disparity and because there were better Postclassic examples from Chichen Itza. The art, however, was selected for aes- thetic reasons because it could be portrayed as large enough and explicit enough to mesh with the story. Furthermore, at the time of filming, it was unsure as to whether any images of the murals would be even used or incorporated into the film after edit- ing. The mural moved the film along by allowing the prisoners to realize their fate without additional scenes of conversation.

Additional questions posed by Freidel included phrases like “Were Classic Maya cities the dens of iniquity Gibson envisions?” and “Were city dwellers the blood- thirsty predators Gibson portrays?” (Freidel 2007:38). He further claims “Direct pre- dation and slaughter of ordinary people is a reality in some times and places, but it is a slander when attributed to the ancient Maya.” With all respect to the need for cul- tural sensitivity, the arguments posed by Freidel are entirely subjective and unfounded according to the ethnohistoric and archaeological record. Perhaps it would have been useful to have asked the same questions to Capitan Valdivia and the sailors who were with Gonzalo Guerrero and Jeronimo de Aguilar when, after their shipwreck and landing on an Akumal beach in 1511, they were sacrificed and eaten (Cervantes de Salazar 1941:236; Landa 1941:8). Would it have been “slanderous” to accuse the Maya of slaughter when referring to members of the Francisco Mirones y Lezcano expedition into the interior of Yucatan who were sacrificed via heart extractions (Scholes and Adams 1991). A similar fate fell upon the Spanish priests, Fray Cristobal de Prada and Jacinto de Vargas, on the island of the Itza in Peten, Guatemala (Cano 1697/1984:17) as well as Friar Domingo de Vico and his associ- ates in Acalan (Villagutierre 1701/1983: 49). Direct captive predation slaughter and

sacrifice were inflicted on the occupants of the ravaged villages recorded in murals on the walls of the Temple of the Jaguar and the Temple of the Warriors at Chichen Itza (Miller 1977; Morris et al. 1931) (Figs. 8.27–8.31). Furthermore, the Apocalypto story takes place in 1511–1518, the proto-Historic period, not the Classic Maya period 600–700 years previous, a detail that seems to have escaped many of the crit- ics. Freidel commented that the film “juxtaposes ideas about social and political failure from the ninth century crisis” or “collapse ” with the “decadence” of the Postclassic period, and that the “term ‘decadent’ is no longer used to describe that period (Postclassic) by Maya archaeologists” (Freidel 2007:39). It is partially true that the film juxtaposes ideas about the ninth-century Lowland Maya collapse, but it also includes ideas associated with the Preclassic “collapse” documented in the Mirador Basin of northern Guatemala (see Hansen et al. 2002; Schreiner 2000a, b, 2001, 2002). Such perceptions are timeless, particularly since many of the same ills are currently ongoing in many areas of the Maya heartland today.

Freidel noted incorrectly that “Apocalypto is wrong from the opening shot of an idealized rainforest hamlet” because he has assumed there were no broad areas in the Maya heartland where a small hunting society could have existed. He based this perspective on his surveys on the island of Cozumel, where “the entire landscape was defined by stone walls” (Freidel 2007: 39). He suggests that along the entire coast of the Yucatan peninsula “the Spanish encountered people living in towns” (ibid) and that “Gibson’s hunter-gatherers are pure fantasy” (ibid). This fallacious argument belies the fact that there were vast sections of rainforest in the interior of the Yucatan shelf that had absolutely no human intervention since about A.D. 840 (Wahl 2000, 2005; Wahl et al. 2005, 2006, 2007). Landa notes that the exploration of Hernan Cortes into the interior of Tabasco, Campeche, and Peten in 1524 indi- cated vast vacant areas of forest (Cortés 1986:372) and subsequent colonial docu- ments such as Avendaño y Loyola testify as to the complete isolation and total abandonment of vast sections with absolutely no human presence (Avendaño y Loyola 1987: 16, 56, 59–64). Landa notes that the inhabitants (“tribes”) “wandered around in the uninhabited parts of Yucatan for 40 years” (Landa 1941:30–31) and that they engaged in “hunting in companies of 50, more or less, and when they reach the town, they make their presents to their lord and distribute the rest as among friends” (ibid: 97). A similar situation occurred with the migration of Canek’s soci- ety from the area of Mayapan to Lake Peten Itza where the populations wandered “for many years in the wilderness” (Villagutierre Soto-Mayor 1701/1983: 24).

The Mexica term for the hunters and hunting camps in tropical forests was amiz- tequihuaque, and amiztlatoque (see Carrasco 1971:359), suggesting that hunters enjoyed a certain status or class in much the same fashion as the merchants. Gibson’s portrayal of small hunting hamlets in the middle of an unpopulated jungle is there- fore far more realistic and probable during the Late Postclassic period than the alternative proposed by Freidel.

Freidel notes that “While the ancient Maya had their shortcomings (??), includ- ing the organized violence typical of civilized people (??), they were remarkable in their achievements, and not just the brutal monsters depicted by Gibson” (Freidel 2007:39) (interrogatives mine). The dichotomy of these statements is striking: it is precisely the “shortcomings” that Gibson was using as his metaphor for society, and the “organized violence” is a subjective comment of societies whose level of “civi- lization” may have begun to deteriorate (Collier 1999; Stewart et al. 2001; Collier et al. 2003; Skaperdas 2009). Freidel also suggests that, based on artistic representa- tions from sites such as Yaxchilan, Tikal, and Piedras Negras and hieroglyphic texts from Dos Pilas, Uaxactun, Yaxuna, and Waka-Peru, the elite were not predators of common people or peasants (ibid: 40). This is a flawed perspective perhaps based on a perceived notion of Late Classic societies, not the terminal Postclassic period rep- resented in Apocalypto (see below). This small detail seems to have escaped many of the critics, despite the presence of smallpox on one of the characters and the presence of architecture in the cityscape that was obviously Postclassic period architecture. The Maya had long been subjected to or had adopted Toltec practices (skull racks), at least by about ad 1000 if not earlier, and had direct contact and influence from the Aztec societies (human sacrifice, use of Tlaloc figures, human consumption, trade, exchange). The shocking element of these criticisms is that they totally disregard the numerous colonial documents and writings of Spanish observers, not to mention the vast examples of archaeological data that support the perceptions that Gibson portrayed in the film.

Criticisms asserted that the film was a racist depiction. Yet a TMZ poll (http:// http://www.tmz.com/2007/03/23/mel-goes-ballistic-f-you) conducted on line on March 29, 2007 had 79,395 responses to the question “Is Apocalypto racist?” of which 75% (59,546) replied negatively that it was NOT racist. If such a large proportion of the viewing population did not think Apocalypto was racist, why did so many prom- inent academicians proclaim that it was?

As with any film of a historical nature, some of the criticisms of Apocalypto have merit. However, many, indeed most of the criticisms do not. As noted earlier, the film was a piece of fiction, a story, and Gibson was within his right to tell the story as he saw fit, particularly if it adhered to the ethnographic, ethnohistoric, and archaeological facts. It may be useful, therefore, to examine the criticisms in light of an anthropological approach and evaluate the merits of them. While there were many criticisms that would merit ample discussion in this chapter, a review of some of the major complaints, such as the level and degree of violence portrayed in the movie, requires further examination in light of multidisciplinary data because it has relevance to anthropological discourse.

Maya Human Sacrifice and Warfare Behavior

The level of sacrifice depicted in Apocalypto was based almost entirely on ethnohistoric data and archaeological interpretation, which coincides with the contextual cultural behavior noted in terminal Postclassic and proto-Historic Mesoamerica. Aztec influence, well established as a major protagonist of human sacrifices, had pene- trated much of the Maya region through elaborate trade and exchange systems as well as outright Mexican settlements in the Yucatecan heartland, a concept blamed on the Cocom family (Landa 1941:32–39; see Squier Note 66 in de Palacio and Diego de 1576; Bray 1977; Finamore and Houston 2010:177). Outright migrations of Nahuatl-speaking occupants also occurred in the Highlands of Guatemala, and in El Salvador and Honduras. The Spaniards encountered widespread sacrifice among the major linguistic groups outside the Mexica homeland, including the Totonac and Maya areas. For example, the Totonac culture at Cempoala and Gulf Coast region practiced extensive human sacrifice (Diaz de Castillo 1965:102–103), although they occasionally blamed the misdeeds on the Aztecs. At Quiahuitztlan on the eastern Gulf Coast, the “fat Cacique” complained that “every year, many of their sons and daugh- ters were demanded of them for sacrifice” and that the Aztec “tax-gatherers carried off their wives and daughters if they were handsome, and ravished them” (Diaz de Castillo 1965:90). Bernal Diaz de Castillo noted the situation with respect to the towns near the coast:

When Pedro de Alvarado reached these towns …….he found in the cues bodies of men and boys who had been sacrificed, and the walls and altars stained with blood and the hearts placed as offerings before the Idols. He also found the stones on which the sacrifices were made and the stone knives with which to open the chest so as to take out the heart……he found most of the bodies without arms or legs….that they had been carried off to be eaten… I will not say any more of the number of sacrifices, although we found the same thing in every town we afterwards entered (Diaz de Castillo 1965:85).

The Spanish did not have to enter deep into Aztec territory to detect the practice of human sacrifices, but rather, such behavior occurred on, or near the coast which would have had contact with the Lowland Maya. On another occasion, Diaz de Castillo notes that Cortes and his small army “slept in another small town” (near the Gulf Coast), where also many sacrifices had been made, but as many readers will be tired of hearing of the great number of Indian men and women whom we found sacrificed in all the towns and roads we passed (ibid:86–87).

The unusual numbers of sacrifices in Postclassic Mesoamerica were noted by Duran (1994), who recorded that, during Aztec coronation ceremonies, the ….captives were brought out. All of them were sacrificed in honor of his coronation (a pain- ful ceremony), and it was a pathetic thing to see these wretches as victims of Motecuhzoma. …I am not exaggerating; there were days in which two thousand, three thousand, five thou- sand, or eight thousand men were sacrificed. Their flesh was eaten…… (Duran 1994:407).

The widespread Mesoamerican sacrificial practices (Aztec, Totonac, Mixtec, Zapotec, Maya) were duly recorded by Spanish observers such as Cortés, Sahagun, Duran, Torquemada, Tapia, Diaz de Castillo, Mirones y Lezcano, Avendaño y Loyala, Cárdenas y Valencia, Cervantes de Salazar, Bernardo Casanova, Villagutierre Soto-Mayor, Cogolludo, and Garcia de Palacios at sites such as the Mexican and Guatemalan Highlands, the Totonac Lowlands (i.e., Cempoala) of the Gulf Coast of Mexico, the Yucatecan Coast (i.e., Landa 1941; Herrera 1601/1941; Cervantes de Salazar 1941) or the interior heartland region (Cano 1697/1984; Scholes and Adams 1991; Avendaño y Loyola 1987; Cogolludo 1688/2008; Villagutierre Soto-Mayor 1701/1983), showing a broad geographical and chronological consistency in the ritual behavior. The Italian translator and publisher Calvo noted, in his newsletter of 1521–1522 that the initial contact at Cozumel by Cortes observed “…men and people wearing fine-woven cloth and of every color, who practice numerous excellent arts such as gold-and silver smithery and European-style jewelry making, in honor of the idols they adore and to whom they sacrifice humans, cutting open their chests and pulling out their hearts which they offer to them” (the idols)….and that they (the Spanish) “cast them down (the idols) and put in place of them the image of our Lord and the Virgin Mary with the Cross, which they held in great veneration, and they themselves cleaned the temple where human blood from the sacrifices had fallen” (Calvo 1985: 11).

Human sacrifices by the Maya were frequently engaged in times of famine and plagues (Landa 1941:54) or “some misfortune” (ibid: 115), a point illustrated in Apocalypto. The defensive posture of wells, plazas, and residential patterns was so that the Maya could avoid being “captured, sold, and sacrificed” (Herrera 1601/1941:217), and that the “number of people sacrificed was great”(ibid).

Earlier Mexican influences, such as the Toltec presence at Chichen Itza appar- ently also had a profound influence on sacrificial conduct at an even earlier point in the Postclassic period in the Maya area. The Toltec/Toltec influences are believed to be associated with the Tzompantli skull racks in stone in the Great Plaza at Chichen Itza and other sites such as Uxmal. Cano notes the extraction of the hearts of Fray Christobal de Prada and Fray Jacintho de Vargas by the high priest “Cuin Kenek” (Cano 1697/1984:17).

The rituals enacted in the sacrificial executions of Father Diego Delgado, Don Cristobal Na (the chieftain of Tipu who had been converted to Christianity), and 13 Spanish soldiers involved the extraction of hearts and offerings to “idols” as well as the placement of all heads on poles (Tzompantli?) on a small hill near the city (Villagutierre 1701/1983: 92). Cogolludo notes the sacrifice, decapitation, and placement of heads on stakes (Tzompantli) in the village of Chemax (Cogolludo 1688/2008: 359; see also page 24, 47).

Furthermore, writings by Cervantes de Salazar noted that the Maya from Cozumel had a “great fear” of those along the coast because “they were at war with those of that coast” (Cervantes de Salazar 1941:233), indicating a constant and consistent state of warfare among the coastal Maya of Yucatan during the late Postclassic- Proto-Historic periods. In addition, some of the extraordinary exploits of Jeronimo de Aguilar were because of his valor on the battlefield against foes entrenched in enduring “hatreds” among the coastal and interior Maya (ibid:237–238). The con- stant state of warfare was also noted by Landa (1941:41–42) in which more than 150,000 men died in battle, and created a scenario of conflict, revenge, and hatred that worked to the advantage of the Spaniards (ibid). Such warfare involved stealth attacks and brutal treatment of captives:

Guided by a tall banner, they went out in great silence from the town and thus they marched to attack their enemies, with loud cries and with great cruelties, when they fell upon them unprepared….After the victory they took the jaws off the dead bodies and with the flesh cleaned off, they put them on their arms. In their wars they made great offerings of the spoils, and if they made a prisoner of some distinguished man, they sacrificed him immedi- ately, not wishing to leave any one alive who might injure them afterwards. The rest of the people remained captive in the power of those who had taken them (Landa 1941:123).

The stealth attacks were visible in the village scenes of Apocalypto in minute detail, including the wearing of human mandibles as trophies by the dominant leader of the warring band. The fictitious city in Apocalypto had a Tzompantli with vertical poles as that depicted in Chichen Itza (see Eberl 2001: 318) and as described by the Spanish. The Aztec Tzompantli clearly had the perforations on the parietal side of the skull so that the skulls were displayed horizontally. The practice of heart extrac- tion has been explicitly defined by Diego de Landa and numerous other Spanish observers. According to the accounts, a victim was often stripped naked, anointed with a blue color, and either tied to poles and shot with arrows (a scene that had been edited out and not included in Apocalypto), or taken to place of sacrifice (temple), seized by four Chacs, and suffered a heart extraction, throwing the decapitated head and body down the steps of the temple (Landa 1941: 117–123; see also the Florentine Codex, p. 58) precisely as depicted in the film. However, the level of violence according to ethnohistoric accounts included the fact that the body was recovered at the base of the steps and flayed, with the skin worn by the naked priest with dancing in great solemnity (Landa 1941:120; Herrera 1601/1941: 219), which was a scene NOT depicted in the film. Furthermore, the exaggerated body pit discovered by the escaping Jaguar Paw in Apocalypto is likely to not have existed because, according to Landa, Duran, and other observers, the victims were eaten (Landa 1941: 120; see also Lopez-Medel 1612: L. 227), another scene NOT depicted in Apocalypto. However, if mass quantifies of victims were sacrificed similar to Duran’s account of the Aztecs, it is entirely possible that such a pit could have existed due to the excess of human flesh that was not consumed.

Lopez-Medel (1612) (1941: 222) notes that “Those compelled (for sacrifice) were captives and men taken in the wars they made against other pueblos, whom they kept in prisons and in cages for this purpose, fattening them.” The jawbones on arms were equally depicted in Apocalypto, indicating the level of butchery that accompanied Postclassic warfare. The removal and display of human jawbones is also a pan-Mesoamerican feat which dates as early as the Early Classic, based on burials in highland Teotihuacan and the Lowland Maya Mirador Basin site of Tintal (Tintal Burial 1) (Hansen et al. 2006). Lopez-Medel also notes that Maya “sacri- fices….were so many in number” (Lopez-Medel (1612/1941: 222).

Freidel purports that the Maya were not predators of common people or peasants. However, Villagutierre records that villages were attacked with some regularity in the sixteenth century:

In 1552 the cruel and barbarous Lacandones, not content with the raids they had made every year on Spanish and Christian Indian villages in the province of Chiapas, which were closest to them, robbing, killing, taking their wives and children captive in order to sacrifice them to their idols, and having already destroyed 14 villages, continued their customary raids from two villages farthest away in the mountains….and at night attacked two other villages….. They killed and captured many people and sacrificed the children on the church altars, at the foot of the cross, taking out their hearts and smearing the holy images venerated in the temples with the blood. When all this was done, they destroyed and burned the villages, taking with them the men and women as captives….. (Villagutierre 1701/1983:44)

The extraordinary detail in the murals from Chichen Itza confirms Villagutierre’s observations and suggests that common people and peasants as well as entire villages were targets for pillage, destruction, sacrifices, and captives (Morris 1931: Plates 139–147; Miller 1977). The extraordinary detail in the murals in the Temple of the

Warriors shows the assault on a village with elite and commoner residences under siege (Figs. 8.27 and 8.28), with the heart extractions and slaughter of male and female captives who had been smeared with blue paint prior to heart extraction at the village (Morris et al. 1931: Plate 144; see Figs. 8.29 and 8.30) and the depictions of more formal heart extractions from captives in a temple complex (ibid: Plate 145; see Fig. 8.31).

The antiquity and geographical extent of Maya human sacrifices is ubiquitous throughout the Maya Lowlands. Explicit images of human captives and heart extrac- tion sacrifices were found in graffiti on Classic period architecture (post occupa- tional?) at Tikal (Orrego and Larios 1983: 169, 172). Excavations at the Maya site of Colha, Belize, revealed an extraordinary pit dating to the Terminal Late Classic period (ca. ad 800–900) which had been placed at the base of a structure (Operation 2011) that yielded 30 decapitated skulls, of which 10 were from children (Mock 1994; Massey 1994; Hester et al. 1983:49–53; see Figs. 8.32 and 8.33). In addition, the bodies of 20 people had been recovered at the base of the nearby pyramid stair- case (Operation 2012; Hester et al. 1983:51).

Such dramatic evidence over a vast area of the Maya Lowlands indicates that human sacrifice and human heart extractions were a widespread and common occur- rence. The heavily fortified Postclassic sites of Mayapan, Tulum, Ichpaatun, Oxtankab, Tayasal, Muralla de Leon (Rice and Rice 1981), and three walled Terminal Classic sites of Chacchob, Cuca, and Dzonot Ake (Webster 1980) in the

Lowlands as well as the heavily fortified Highland Maya sites of Iximche, Mixco Viejo, Rabinal, and Cumarcaj indicate the defensive postures of late Maya centers, a concept clearly in line with the social and political conditions of conflict and wars that Gibson was suggesting in Apocalypto.

One of the more outstanding reviews of Apocalypto was written by Sonny Bunch (2006), an assistant editor at The Weekly Standard who noted the criticisms from academicians, and pointed out that the facts demonstrated either a complete distor- tion of reality, or a disturbing incompetence by the academic critics. While the complete version of the review can be seen at (http://www.weeklystandard.com/ Content/Public/Articles/000/000/013/075khpyy.asp), some of the more salient points of his arguments were that almost all critics mentioned Gibson’s alleged anti- Semitic statement and that the film did not inform adequately about the cultural achievements of the ancient Maya. Bunch notes that:

….This is a strange criticism. If you were interested in boning up on calendars, hieroglyph- ics, and pyramids you could simply watch a middle-school film strip. And who complained that in Gladiator, Ridley Scott showed epic battle scenes and vicious gladiatorial combat instead of teaching us how the aqueducts were built? (emphasis mine)

Bunch also confronts the critics that suggest that the film portrayed “….an offensive and racist notion that Maya people were brutal to one another long before the arrival of Europeans…..” Newsweek reports that “although a few Mayan murals do illustrate the capture and even torture of prisoners, none depicts decapitation” as a mural in a trailer for the film does. “That is wrong”. It’s just plain wrong, “the magazine quotes Harvard professor William Fash as saying. Karl Taube, a professor of anthropology at UC Riverside, complained to the Washington Post about the portrayal of slaves building the Mayan pyramids. “We have no evidence of large numbers of slaves,” he told the paper.

Even the mere arrival, at the end of the film, of Spanish explorers has been lambasted as culturally insensitive….. Here’s Gurnsey, again, providing a questionable interpretation of the film’s final minutes: “And the ending with the arrival of the Spanish (conquistadors) underscored the film’s message that this culture is doomed because of its own brutality. The implied message is that it’s Christianity that saves these brutal savages. “But none of these complaints holds up particularly well under scrutiny. After all, while it may not mesh well with their post-conquest victimology, the Mayans did partake of bloody human sacrifice.” (emphasis mine)

While there may be some that might question the validity of the Spanish observa- tions, the fact that the ethnohistoric observations match so seamlessly with the archaeological data from both earlier and later periods indicate that such doubts are highly unlikely. The Maya had vast areas of forest without populations, small hunt- ing groups and camps, chronic warfare and insidious attacks on enemies and sacri- ficial victims. Captives were exploited as slaves throughout Mesoamerica. One of the best comprehensive studies of human sacrifice in the Maya/Mesoamerica area was published by Ruben G. Mendoza (Mendoza 2007; see also Chacon and Dye 2007; Chacon and Mendoza 2007). Warriors wore the jawbones of slain foes, cap- tured male and female captives, and engaged in exotic trade systems ranging from the Gulf Coast to Costa Rica. A detailed stucco panel at the site of Tonina, Chiapas, Mexico shows a decapitated sacrificial victim clasped in the hand of the Ak Ok Cimi, a death deity. Another stucco panel depicts a decapitated head on a leaf-covered Tzompantli. Sacrificial rituals included painting the sacrificial victims blue, erecting tzompantlis where human heads were skewered, sacrificing human victims on the “cues” or temples with heart extractions. Victims were decapitated, with the bodies rolled down the staircase and subsequently flayed and butchered (not depicted in the film). Priests and nobility were acutely aware of solar and celes- tial phenomena such as eclipses, which were celebrated with sacrifices during plagues, famine, or other misfortune.

It would be difficult to assert that all the scholars who spoke out against Apocalypto were ignorant or incompetent, but why did they make claims that were fallacious or inaccurate in the face of overwhelming data? Why was the response so vehement when many of the issues and situations portrayed in the film were accurate? It is likely that much of the resistance was created by Gibson’s anti-Semitic statement during an arrest about 6 months previous to the release of the film. In some cases, the opposition to Apocalypto may have been simple ignorance. However, it is also implied that scholars wittingly or unwittingly may have ascribed to a “revisionist” and/or “relativist/aboriginalist” perspective, concepts which can fall under the title of “neo-pragmatism” (see Buchler 1955:251–289; Haack 1998; Rorty 1982, 1991). A “revisionist” or “sham-reasoning” view may either represent an antithesis of truth or a decorative reasoning of truth, or the clarification and establishment of it (Haack 1997a, 1998; Peirce 1886: in Hartshorne and Weiss, Vol. I, pp. 57–59; McPherson 2003). In some cases, revisionist perspectives ignore the vast amounts of data that have accumulated over periods of time, and seek to promote that which is ideologically expedient or politically “correct” or convenient within the bounds of “language” (e.g., Rorty 1982; McPherson 2003). While it is entirely possible that additional data may help establish a more accurate perspective based on additional information, often added by new technologies, the dangers and damage that a revi- sionist/relativist perspective can cause, if incorrect, is that it also has the potential to ultimately deceive and distort the reality of the human existence and defy truth. Such a position is “not to find out how things really are, but to advance (oneself) by making a case for some proposition to the truth-value of which he is indifferent” (Haack 1997a:2). It also suggests that “reasoning” can be mainly “decorative” and result in a “rapid deterioration of intellectual vigor” (Peirce I: 57–58, in Hartshorne et al. 1931–1958; see Haack 1998:32). In other cases, a certain movement purports that “indigenous rights should always trump scientific inquiry” (Gillespie 2004:174, citing Zimmerman et al. 2003). Such positions defy the establishment of truth and seek for an unqualified political correctness that is both unwarranted and dangerous to the realities of the human saga. On a more subtle note, it can lull a society into an intellectual complacency, generating a moral and intellectual failure to acknowl- edge or improve on mistakes or violations of accepted values of universal human rights.

Perhaps a more viable alternative would be to return to the values of truth in sci- ence as determined by vigorous methodological procedure and evaluation via a multitude of multidisciplinary approaches. A solution lies in a return to the philo- sophical foundations of science such as that proposed by Peirce, Hempel, Haack, and others to organize and understand truth and valid objective reasoning as part of the ultimate goal. As Josh Billings noted more than a century ago, “As scarce as truth is, the supply has always been in excess of the demand” (Shaw 1865; Cited in Haack 1997b:241).

Charles Peirce, arguably the “greatest of American philosophers” (Haack 1997a:1) has been credited, along with William James as the creator of “pragma- tism” in scientific reasoning (ibid). Peirce had been strongly influenced by the German philosopher Immanuel Kant (1996) (1781, 1787) and the earlier scientists such as Copernicus, Kepler, and Galileo (Peirce 1877, cited in Buchler 1955:6). He wrote that he had also been profoundly influenced by the Scottish theologian John Duns Scotus (1265–1308). Peirce noted that one can “opine that there is such a thing as Truth,” meaning that “you mean that something is SO….whether you or I, or anybody thinks it is so or not….The essence of the opinion is that there is some- thing that is SO, no matter if there be an overwhelming vote against it” (Peirce 1898(2):135). He also noted that, in order to determine the veracity of a subject, one would have to “find out the right method of thinking and…follow it out” so that “truth can be nothing more nor less than the last result to which the following out of this method would ultimately carry us” (Peirce 1898 (5):553). The importance of a multidisciplinary approach is such that as “we push our archaeological and other studies, the more strongly will that conclusion force itself on our minds for- ever-or would do so, if study were to go on forever….” (Peirce 1898 (5):565–566). The result would “ultimately yield permanent, rational agreement among all inquir- ers, however various their beliefs at the outset” (Brunning and Forster 1997a, b:8; Buchler 1955; Hempel 1965:141). Therefore, the purpose of science was to “look the truth in the face, whether doing so be conducive to the interests of society or not” (Peirce 1901:300).

Such pragmatism formed in the late 1800s as a response to “antiscience” or “nominalist” movements which continue to the present day in scientific philosophy dressed as “relativism” or negative “revisionism.” The role of revisionism is based on the premise that “There is no single, eternal, and immutable ‘truth’ about past events and their meaning. The unending quest of historians for understanding the past – that is, ‘revisionism’ – is what makes history vital and meaningful” (McPherson 2003).

In many cases, further revision of historical information can clarify or enhance the knowledge of the past. In other cases, the revision of history was designed to promote certain agendas or to ease or “whitewash” the uncomfortable aspects of events and actions so that “evil must be forgotten, distorted, skimmed over” and “history loses its value as an incentive and…paints perfect men and noble nations, but it does not tell the truth” (Du Bois 1935, cited in Williams 2005:10–11). A posi- tive example of revisionism deals with the new data showing the precocious devel- opment of the Preclassic Maya in the Mirador Basin of northern Guatemala, a concept which fundamentally changed the understanding of the developmental and evolutionary history of the ancient Maya (e.g., Dahlin 1984; Hansen 1984, 2001, 2005; Matheny 1987). Another example is the understanding of royal marriage arrangements in ancient Egypt, such as the incestual relationship of Tutankhamun’s mother, as determined through DNA (Hawass 2010). A negative example of revi- sionism is the movement to deny that the Holocaust existed in Europe in World War II (e.g., Barnes 1968, 1969; Hoggan 1969; see Lipstadt 1994).

The “science” of historical revisionism infers that further studies would lead to the same fundamental premise, regardless of the personal opinions or perspectives. In this sense, an objective “absolute truth” is the ultimate goal or “ideal,” a la Peirce and Hempel, so that infinite, multidisciplinary studies or new technologies would lead to the same conclusions, “independent of individual opinion or preference” (Hempel 1965:141), a concept which had previously been eloquently espoused by Peirce (Vol. 8: 12, see Delaney 1993:46). In this sense, “truth is a property-and a property which, unlike justification or probability on present evidence, depends on more than the present memory and experience of the speaker” and is “the one insight of ‘realism’ that we should not jettison” (Putnam 1990:32). The quest for truth then becomes a refining process, an improvement on previously established precepts that were correct. A fundamental “truth” that has to be substantially altered because of new information from increasing multidisciplinary data or new technologies was never true in the first place, and, in this sense, can be discarded with a revision that can be justified with an eye always on the original premise that was corrected. The process becomes one of refining accuracy and an identification with a continuing community and probability (Sellars 1970:102).

Some of the more radical oppositions to the concept of the Peircean realism have been voiced by Richard Rorty and Donald Davidson (Rorty 1982, 1989, 1991, 1992; Davidson 1986) who have been dubbed “neo-pragmatists” and “relativists” (Haack 1998:31). Rorty has been one of the most influential forces in the “relativistic” thought, in which he notes that he does “not have much use for notions like… ‘objec- tive truth’” (Rorty 1992:141) because “science is no more than the handmaiden of technology” (Rorty 1989: 3–4), or the “human world, the world according to concep- tual and linguistic conditions” (Hausman 1997:198). According to Rorty, “truth is made because truth belongs to sentences and ‘Where there are no sentences, there is no truth’” (ibid:202). In like manner, Davidson’s position is that “what gives truth value is the cumulative mass of accepted beliefs that serve as backing for individual sentences when these are consistent with that mass of beliefs” (Hausman 1997:206). This would create what Rorty has referred to as a “seesaw” meaning that one “would never know when we were at the end of inquiry” (Rorty 1989:11, 1991:131).

The response to such a position was posited by Peirce, however, who saw the entire issue as a perspective of hope, “…more than a purely intellectual conception of pos- sibility…..(but)…that there is an actual, concrete state to be expected” (Hausman 1997:219). The refinement of intellectual knowledge, however, begs the need for a multidisciplinary approach, and, in the case of ancient societies, the combined and coordinated efforts of linguistics, ethnohistory, ethnography, archaeology, and the sociocultural and biological anthropology so as to cover a broader range of the emic and etic perspectives of the society. Such refining “truths,” when built line upon line and precept upon precept, lead one to arrive at the same conclusions regardless of the personal differences of opinion or biases that were inherent in the observer.

The film Apocalypto is a fictional film which told the story of a chase scene, utilizing certain components of the Postclassic Maya cultural behavior as the setting for the drama which was unfolded.

Perhaps the most accurate critique of the film was penned by Allan Maca and Kevin McLeod (2007) at the Presidential Session on Apocalypto at the American Anthropological Association Meeting in Washington, D.C. From their perception, “Gibson’s (scenes are) vital to his larger purposes regarding the exploration of death, consciousness, and transformation” (Maca and McLeod 2007: 4). In essence, Maca and McLeod grasped the enormous metaphors that Gibson was knitting into the film. As Maca and McLeod (2007) note:

Mel Gibson’s Apocalypto, while it may seem on the surface to be another mindless, violent action epic, with the Maya as unwitting casualties, actually sets out to achieve similar goals: an exploration of consciousness and of modern man’s need for renewal and transformation. Like most films involving or based on native culture yet made by non-natives, Apocalypto is a grandiose and intricately nuanced commentary on white society. Because the hero and the villains are indigenous, however, the film also seeks to explore the basis of our humanity, regardless of race and ethnicity. The artistic devices Gibson uses to communicate his ideas draw heavily on tropes, symbols, and plotlines developed by earlier masters; but he also clearly develops and adopts themes and symbolic vehicles that are basic to myth and ritual.

Gibson utilized graphic scenes to visualize contemporary society and the hypocrisy that permeates the issues: the jungle=higher state of consciousness and peace, a societal refuge and environmental neutrality; “Sacrifices = bloody conflict/ soldiers in the Middle East”; Body Pit=“Nothing (small)compared to the daily abortion rate in the U.S”; Jaguar Paw escape = “the valiant human spirit in the face of unfavorable odds, the freedom from tyranny and social oppression”; environmental degradation near the city = “conspicuous consumption of resources and the contemporary destruction of the environment”; the pit where Jaguar Paw’s family was kept = “struggles , challenges, and obstacles of the contemporary family.”

The strategy of joining the past to a critique of the present has been used repeat- edly in films for decades. Wolfgang Petersen, the director of Troy (2004) is reported to have stated:

“Look at the present! What the Iliad says about humans and wars is, simply, still true. Power-hungry Agamemnons who want to create a new world order- that is absolutely current. … Of course, we didn’t start saying: Let’s make a movie about American politics, but (we started) with Homer’s epic. But while we were working on it we realized that the parallels to the things that were happening out there were obvious” (Kniebe 2004; cited in Winkler 2007:8)

A certain level of allegory and metaphor permeated nearly all aspects of the film Apocalypto. As Maca and McLeod (2007:2) note:

Contrary to what some have concluded about this film, Apocalypto does NOT promote, celebrate or otherwise glorify the Spanish or Christianity; it is quite the opposite really. What is celebrated repeatedly is the jungle, a metaphor for peace, the higher mind and a more evolved consciousness. The jungle is a refuge… a place of understanding……where true creation and novelty may unfold…….

The leading writers and directors intentionally play with symbols and meanings as a way to innovate. Not all film makers can do this very well. However, 2001: A Space Odyssey (1968) and Apocalypse Now (1979), directed by Stanley Kubrick and Francis Ford Coppola, respectively, are two films that set new models……Both are, explicitly and implicitly, antiwar, anti-US imperialism, and anti-colonialism and focus on the evolution of human consciousness…… These two films are at the center of the visual and philosophical mission of Mel Gibson’s Apocalypto…..

One of the more interesting concepts that the data on human sacrifice in the Maya/ Mesoamerica area has demonstrated is that the Maya were not radically different from anybody else and that they were consistent with the rest of humanity. The story, metaphorically, could be applied to almost any ancient society in the world. The Maya achieved extraordinary accomplishments comparable with Greeks, Romans, Mesopotamians, Egyptians, and Chinese, and they were no less brutal. But the con- sciousness of the story was far more profound than a “blood and gore flick.” The story was Gibson’s and Safinia’s to tell and, as Maca and McLeod astutely note, …… we can’t help but wonder if the use of the trap in Apocalypto, as a vehicle for aware- ness, doesn’t also extend to our participation in Mel Gibson’s mission, such that all of us……may have been lured to exactly the space and place of discussion that he intended…. this creates discomfort even to contemplate….. (ibid: 6).

Apocalypto will be judged in time as a cinema masterpiece, not only in its superb execution of film production, but also as an allegorical reference to the present. The criticisms, which were both accurate and fallacious, will continue to surround this film due to its unique story, the extraordinary setting, the allegorical and metaphori- cal references, and the various levels of awareness that are inherent in the film regarding the human saga. We are all a part of it.

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Voir enfin:

Religion, Violence, And ‘Apocalpyto’

A new discovery from pre-Spanish Mexico:

Mexican archaeologists have discovered what they say is the first temple of a pre-Hispanic fertility god known as the Flayed Lord who is depicted as a skinned human corpse.

The discovery is being hailed as significant by authorities at Mexico’s National Institute of Anthropology and History because it is a whole temple, not merely depictions of the deity, which have been found in other cultures.

… “Priests worshipped Xipe Totec by skinning human victims and then donning their skins. The ritual was seen as a way to ensure fertility and regeneration,” according to the AP.

Xipe Totec was widely worshiped by Aztecs at the time of the Spanish conquest. From the Wikipedia entry:

Various methods of human sacrifice were used to honour this god. The flayed skins were often taken from sacrificial victims who had their hearts cut out, and some representations of Xipe Totec show a stitched-up wound in the chest.

“Gladiator sacrifice” is the name given to the form of sacrifice in which an especially courageous war captive was given mock weapons, tied to a large circular stone and forced to fight against a fully armed Aztec warrior. As a weapon he was given a macuahuitl (a wooden sword with blades formed from obsidian) with the obsidian blades replaced with feathers. A white cord was tied either around his waist or his ankle, binding him to the sacred temalacatl stone. At the end of the Tlacaxipehualiztli festival, gladiator sacrifice (known as tlauauaniliztli) was carried out by five Aztec warriors; two jaguar warriors, two eagle warriors and a fifth, left-handed warrior.

“Arrow sacrifice” was another method used by the worshippers of Xipe Totec. The sacrificial victim was bound spread-eagled to a wooden frame, he was then shot with many arrows so that his blood spilled onto the ground. The spilling of the victim’s blood to the ground was symbolic of the desired abundant rainfall, with a hopeful result of plentiful crops. After the victim was shot with the arrows, the heart was removed with a stone knife. The flayer then made a laceration from the lower head to the heels and removed the skin in one piece. These ceremonies went on for twenty days, meanwhile the votaries of the god wore the skins.

Another instance of sacrifice was done by a group of metalworkers who were located in the town of Atzcapoatzalco, who held Xipe Totec in special veneration. Xipe was a patron to all metalworkers (teocuitlapizque), but he was particularly associated with the goldsmiths. Among this group, those who stole gold or silver were sacrificed to Xipe Totec. Before this sacrifice, the victims were taken through the streets as a warning to others.

Other forms of sacrifice were sometimes used; at times the victim was cast into a firepit and burned, others had their throats cut.

Here is what sacrifice two other Mesoamerican gods was like:

Xiuhtecuhtli is the god of fire and heat and in many cases is considered to be an aspect of Huehueteotl, the “Old God” and another fire deity.

Both Xiuhtecuhtli and Huehueteotl were worshipped during the festival of Izcalli. For ten days preceding the festival various animals would be captured by the Aztecs, to be thrown in the hearth on the night of celebration.

To appease Huehueteotl, the fire god and a senior deity, the Aztecs had a ceremony where they prepared a large feast, at the end of which they would burn captives; before they died they would be taken from the fire and their hearts would be cut out. Motolinía and Sahagún reported that the Aztecs believed that if they did not placate Huehueteotl, a plague of fire would strike their city. The sacrifice was considered an offering to the deity.

Xiuhtecuhtli was also worshipped during the New Fire Ceremony, which occurred every 52 years, and prevented the ending of the world. During the festival priests would march to the top of the volcano Huixachtlan and when the constellation “the fire drill” (Orion’s belt) rose over the mountain, a man would be sacrificed. The victim’s heart would be ripped from his body and a ceremonial hearth would be lit in the hole in his chest. This flame would then be used to light all of the ceremonial fires in various temples throughout the city of Tenochtitlan.

A Harvard historian has more information about Mesoamerican human sacrifice.

When you hear people condemning the Spanish conquest for what it did to the native inhabitants, think of the fact that within a decade of the Spanish conquest, human sacrifice ended. That is something to be grateful for, and indeed proud of. We do not need to believe that the conquistadores were saints — they certainly were not — to recognize this.

Too few people saw director Mel Gibson’s stunning 2006 film Apocalypto, which is very violent (it’s Gibson, after all), but as an adventure and suspense movie, is terrific. Gibson fudged historical facts, and acknowledged that. It’s supposedly about the Mayas on the eve of the Spanish conquest, but the kind of human sacrifice depicted in the film was an Aztec thing, and anyway, Mayan civilization had already faded from history before the Spanish arrived. The Spanish conquered the Aztecs, and other Mesoamerican peoples. Nevertheless, the film (which is not about the Spanish!) is a gripping depiction of the terror of that culture of death.

At the time, Apocalypto was read — misread, I think — as an apologia for colonialism. It’s understandable, given Gibson’s fervent Catholicism. But the truth is almost certainly more complicated. Keep in mind how violent Gibson’s films are (the ones he’s directed, that is), and how Apocalypto, his most violent, begins with this Will Durant quote:

A great civilisation is not conquered from without until it has destroyed itself from within.

Aztec civilization — the one that resembles the civilization in the movie; I can’t figure out why Gibson called them Maya — was obsessed by death and violence. Given how spectacularly Gibson blew up his marriage, his career, and his life, in the years around the film’s release (his drunk driving arrest, the collapse of his marriage, etc.), it’s interesting to consider this unusual movie as a window into the soul of a man whose inner violence eventually bested him, and destroyed him.

[In what follows, I’m going to reveal a spoiler about the movie. Don’t read on if you don’t want to know it.]

Reading the film as a simple account of Christian and colonialist triumphalism at the hands of a traditionalist Catholic filmmaker is too reductive. In 2006, David Van Biema of Time magazine wrote an essay about Gibson and the movie,  in which he wonders why  Gibson ended the film as he did. Specifically:

For the Christian viewer, the biggest question about Mel Gibson’s movie Apocalypto is: why does its hero turn away from the Cross at the end?

The movie tells the story of a peaceful 16th-century jungle-dweller named Jaguar Paw. The first quarter of the film presents his idyllic village as a kind of Eden. The second quarter is a vision of Hell, as a raiding party for the nearby Mayan empire torches the town, rapes the women and drags the men to the Mayan capital as featured guests at a monstrous and ongoing sacrifice to the gods. JP watches in horror as a priest has several of his friends spread-eagled on squat stone, then hacks out their still-beating hearts and displays them to a howling crowd. JP narrowly avoids the same fate, escapes, and spends most of the rest of the film picking off an armed pursuit party, one by one, in classic action-film fashion.

It is only at the very end that Christianity makes a brief but portentous appearance, aboard a fleet of Spanish ships that appears suddenly on the horizon. JP and his long-suffering wife watch from the jungle as a small boat approaches shore bearing a long-bearded, shiny-helmeted explorer and a kneeling priest holding high a crucifix-topped staff. “Should we join them?” asks his wife. “No,” he replies: They should go back to the jungle, their home. Roll credits.

He concludes that Gibson, who was also known for being alienated from mainstream Roman Catholicism, understands that the end of one violent civilization means the coming of one in which man’s propensity to violence and domination does not end, but simply takes new forms. Van Biema talks about the film in context of a visit he made to an exhibition in NYC. Any kind of modern sentimentalizing of the Aztecs will not survive an encounter with their artifacts:

The third possibility, it seems to me, is that Gibson does know — and wants no part of it. I tend toward that last one because it reflects a learning curve of my own. About a year ago I visited an exhibit on another Mexican civilization, the Aztecs, at New York’s Guggenheim Museum. The show was cleverly arranged. Visitors walked up the Guggenheim’s giant spiral, the first few twists of which were devoted to the Aztecs’ stunning stylized carvings of snakes, eagles and other god/animals, and explanations of how the ingenious Aztecs filled in a huge lake to lay the foundation for Tenochtitlan, now Mexico City.

It was only about halfway up the spiral — when it had become harder to run screaming for an exit — that one encountered a grey-green stone about three feet high. It was sleek and beautiful — almost like a Brancusi sculpture, I thought — until I read the label. It was a sacrifice stone of the sort in the movie. Not a reproduction, not a non-functioning ceremonial model, but the real thing. People had died on this. I felt shocked and a little angry — it was like coming across a gas chamber at an exhibit of interior design.

But I kept walking, and at the very top of the museum I encountered another object that might be considered an answer to the sinister rock: a stone cross, carved after the Spanish had conquered the Aztecs and were attempting to convert them to Catholicism. Rather than Jesus’s full body, it bore a series of small relief carvings: his head and wounded hands, blood drops — and a sacrificial Aztec knife.

How striking, I thought. Here was a potent work of iconographic propaganda using the very symbols of a brutal religion to turn its values inside out, manipulating its images so that they celebrated not the sacrifice, but the person who was sacrificed. Visually, at least, it seemed an elegant and admirable transition. And after seeing Apocalypto, I wondered why Gibson hadn’t created the cinematic equivalent: an ode to the progression out of savagery, through the vehicle of Christianity.

Van Biema then talks about how the Spanish did end human sacrifice, but ended up enslaving Aztecs (those they didn’t kill), and in any case there was a mass die-off when the Spanish inadvertently introduced smallpox into the native population. Van Biema:

So here is the conundrum. If you had to choose between a culture that placed ritualized human slaughter at the center of its faith, but that only managed to kill 4,000 people a year, and a culture that put the sacrificial Lamb of God at the center of the universe but somehow found its way to countenancing the enslavement of millions and the slaughter of hundreds of thousands in the same neighborhood, which would be more appealing?

Read the whole thing. 

To be clear, from the point of view of a believing Christian, it really, really matters that the Gospel is true. The Spanish, whatever their grievous faults and wicked motivations, nevertheless carried with them true religion. If you don’t believe that there is any such thing as true religion, well, I respect that, but I’m not really interested in having that discussion here. The more interesting discussion is why Mel Gibson — a self-tortured, radically alienated, but believing Catholic — had his heroes run away from the people who would be his deliverers.

Has anybody seen a Girardian interpretation of Apocalypto? I’d love to read it. I found this short one from the Catholic bishop Robert Barron. It’s a great encapsulation of Girardian theory, and why Apocalypto is a film explaining it:

If you don’t have time to watch that five-minute video, here’s the core of Girardian theory: Primitive humans controlled the violence that threatened to overwhelm their societies and civilizations by means of the “scapegoat mechanism.” That is, they convinced themselves that the cause of the disorder was a scapegoat, and that only the sacrifice of the scapegoat would restore order to the civilization. In some civilizations — like the Aztecs’ — this turned into human sacrifice. Aztecs didn’t have the ritual slaughter of human beings because they enjoyed it, necessarily; they believed that the blood of human victims was necessary to keep the gods sated and the fertility cycle going. In Apocalypto, the protagonist, Jaguar Paw, is a tribesman who is hunted by the Maya, who intend to sacrifice him to propitiate their gods.

The scapegoat mechanism is at the core of cultural anthropology, says Girard. Anyway, Christianity, alone among all religions, unmasks the lie of the scapegoat mechanism. In the Christian myth (I say “myth” in the technical sense), the god himself becomes the innocent victim, and throws down the scapegoat mechanism. The CBC, in a short piece on Girardian theory, explains:

Jesus is innocent, the Gospels insist, and his innocence proclaims the innocence of all scapegoat victims. He reveals the founding violence, hidden from the beginning, because it preserved social peace. A choice is posed: humanity will have peace if it follows the way of life that Jesus preached. If not, it will have worse violence because the old remedy will no longer work once exposed to the light.

Keep in mind that Girard, a Stanford scholar who is considered to be one of the greats of the 20th century, didn’t make these claims as some sort of Christian apologetic. He was making an objective claim about human nature and culture. As Bishop Barron says, Gibson’s movie is a manifestation of Girardian theory. The word “apocalypse” derives from the Greek word meaning “unveiling.” In Apocalypto, the title does double meaning: because of the Book of Revelation (also called “The Apocalypse,”) the “unveiling” leads to the end of the world. This is why the word “apocalypse” has come to mean “end of the world” in popular usage. Gibson’s movie portrays the end of a violent primitive civilization at the hands of a higher Christian civilization, one whose religion unmasks and defeats the scapegoat mechanism that had upheld the dying civilization.

It may be the case that Gibson has his heroes turn away from the cross-bearers because that’s what any Indian would normally do in that situation. Jaguar Paw doesn’t know who these strangers are, and that they might save him. It makes sense that he would want to hide out in the jungle and see what happens. Gibson’s decision to have them run away from the cross might not be a theological commentary, but might simply have been an artistic decision. After all, showing the Indians, who had been chased through the jungle for the entire movie by other Indians seeking to take them for ritual sacrifice, ending the film by running into the arms of Spanish Christians would have been seen as aesthetically cheap propaganda.

Whatever Gibson’s intentions, a case could be made for a more ambiguous interpretation. It is undeniably true, as a historical matter, that the Spanish ended human sacrifice, and conquered the civilization that depended on human sacrifice. But it is also true that the Spanish were much better at controlling and deploying violence than the Aztecs were. Maintaining Spanish colonial civilization required immense violence. When a person or a civilization becomes Christian, they are still human, and still have to struggle against the “old man,” as Scripture says. There are no utopias. The anthropological and cultural value of Christianity, in this context, is that it does not allow even the Christian to scapegoat victims. Oh, they do! We do, all the time! The Christian faith, though, says: Stop. Look at what you are doing. It’s not right. You are making innocent people suffer. 

In the US in the Civil Rights Era, Martin Luther King confronted racist white Christians with the Christian message, which was radically incompatible with the unjust social order they had created in the American South, and maintained through violence. Again: Christianity doesn’t mean that sin ceases to exist; it only explains it, and shows a way out of the cycle of violence and retribution.

So, look: I have no respect for the view that the native peoples of Mesoamerica were living a tranquil life until they were set upon by Spanish Christian colonialists, who subdued and immiserated them. That is sentimental claptrap. But the Christian analogue to this fairy tale — that the coming of Christianity on the sword tip of the conquistadores led to a kingdom of peace and justice — is also sentimental claptrap. We are not required to believe falsely that there is no moral difference between the Aztecs and the Spanish, and the civilizations they represented. A civilization that practices mass human sacrifice is objectively worse than one that outlaws it. And, for Christians, a civilization that, however grievously flawed, proclaims the truth of Christ is objectively better than one that denies it.

But we have to come to terms as well with the violence and darkness that persisted, despite Christianity. After the bloodshed of the 20th century, the West — Christian and post-Christian — should consider exactly how we stand in relation to the bloodthirsty Aztec empire. St. Paul writes in his letter to the Romans that all of creation struggles as in labor pains. And so we will until the end of time, until the real Apocalypse.

Here’s something truly ominous. Girard died a few years ago. In 2009, near the end of his life, he published a piece in First Things, titled “On War And Apocalypse” Excerpt:

Christianity is the only religion that has foreseen its own failure. This prescience is known as the apocalypse. Indeed, it is in the apocalyptic texts that the word of God is most forceful, repudiating mistakes that are entirely the fault of humans, who are less and less inclined to acknowledge the mechanisms of their violence. The longer we persist in our error, the stronger God’s voice will emerge from the devastation. This is why no one wants to read the apocalyptic texts that abound in the synoptic gospels and Pauline epistles. This is also why no one wants to recognize that these texts rise up before us because we have disregarded the Book of Revelation. Once in our history the truth about the identity of all humans was spoken, and no one wanted to hear it; instead we hang ever more frantically onto our false differences.

Two world wars, the invention of the atomic bomb, and all the rest of the modern horrors have not sufficed to convince humanity, and Christians above all, that the apocalyptic texts might concern the disaster that is underway. Violence has been unleashed across the whole world, and our paradox is this: By getting closer to Alpha, we are going toward Omega; by better understanding the origin, we can see every day a little better that the origin is coming closer. Our fetters were put in place by the founding murder and unshackled by the Passion—with the result of liberating planet-wide violence.

We cannot refasten the bindings because we now know that the scapegoats of sacrifice are innocent. Christ’s Passion unveiled the sacrificial origin of humanity once and for all. It dismantled the sacred and revealed its violence. And yet, the Passion freed violence at the same time that it freed holiness. The modern form of the sacred is thus not a return to some archaic form. It is a sacred that has been satanized by the awareness we have of it, and it indicates, through its excesses, the imminence of the Second Coming.

For readers unfamiliar with the Christian texts, the Book of Revelation — The Apocalypse — predicts a time to come when Christianity will have failed, and the world will be plunged into an abyss of violence … and then Jesus Christ will return. The mass apostasy underway now in the West is a harbinger of the End.

Girard says that the Christian unveiling “is wholly good, but we are unable to come to terms with it.” Think of the Spanish conquistadores, who could not come to terms with the religion they professed. Think of the whites of the pre-Civil Rights South. Think of the black, brown, and white Christians today, who sin and exploit others, in defiance of the religion they profess. Think of yourself.

More Girard:

Few Christians still talk about the apocalypse, and they usually have a completely mythological conception of it. They think that the violence of the end of time will come from God himself. They cannot do without a cruel God. Strangely, they do not see that the violence we ourselves are in the process of amassing and that is looming over our own heads is entirely sufficient to trigger the worst. They have no sense of humor.

Violence is a terrible adversary, since it always wins. Desiring war can thus become a spiritual attitude. We have to fight a violence that can no longer be controlled or mastered. More than ever, I am convinced that history has meaning, and that its meaning is terrifying.

Girard then takes the essay into a consideration of the meaning of Islamic terrorist violence. Read the whole thing. It’s not easy to understand, I must tell you. Here is one outstanding point:

Western rationalism operates like a myth: We always work harder to avoid seeing the catastrophe. We neither can nor want to see violence as it is.

All too true. Apocalypto is not about Good Spanish Christian Colonialists and Evil Aztec Pagans. It’s about violence, civilization, and religion. The civilizational catastrophe it dramatizes is not just that of the Aztecs. It is, as Girard might have said, our own, because it is the story of blind humanity.


L’humanitaire, ca sert aussi à faire la guerre (Humanitarian aid: From well-intentioned stupidity to permanent feature of military strategy)

15 octobre, 2010
HumanitarianCamp (palestinien) : Partout ailleurs, un « camp de réfugiés » est une ville de toile faite de tentes et plantée sur la boue ou la poussière. Un « camp » de « réfugiés » palestiniens n’est pas un camp, n’a pas de tentes et n’abrite pas de réfugiés : c’est une ville en dur, avec des rues, des immeubles élevés, etc. Il abrite des Palestiniens parqués de force par leurs « frères arabes » et arnaqués par les « leaders » palestiniens. N’invoquer que le misérabilisme victimaire. Cameraman, SVP, pas trop de plans sur ces immeubles – il faut faire dans le style bidonville.
Hamas : organisation charitable ; pourvoyeur de services sociaux pour les Palestiniens ; vecteur de La Rage et de La Frustration. Partisan irréductible de l’extermination des Juifs et d’Israël. Ne traiter le fait que comme exagération rhétorique bien compréhensible de la part des Victimes.
ONG: organisation auto-chargée d’avaliser la moindre baliverne émise par les organisations palestiniennes. N’ont jamais rencontré de dictateur arabe dont elles ne croient à la bonne foi, ni de tueur qui n’ait de circonstances atténuantes.
Palestinien: (1) bébé phoque de la Gauche européenne et de la Droite bien-pensante. (2) Espèce de victime largement préférée au Tibétain, au Darfourien, à l’Indio et autres. A l’avantage sur les autres d’être corrélatif de la haine du Juif. (3) D’apparition récente, inventé par le Colonel Nasser et fort prisé des régimes arabes et musulmans les jours de sommets diplomatiques. (4) N’est jamais responsable des conséquences de ses actions: c’est toujours la faute des autres.
Réfugié: s’il est palestinien, caste héréditaire : on est réfugié de père en fils et de mère en fille, comme certains sont cordonniers ou serfs. Exception géopolitique unique : nul ne parle de « réfugiés » allemands (12 millions d’expulsés en 1945) ni de leurs enfants, petits-enfants et arrières petits enfants. Entretenu depuis 1948 par le contribuable occidental (UNWRA), ce qui permet de maudire ce dernier du matin au soir. Laurent Murawiec
Le soutien public international détruit tout élan vers les réformes, le développement, la capacité de créer la richesse nationale et de l’exporter. Il alimente la corruption et les conflits internes et favorise le maintien de régimes pluriannuels. Dambiso Moyo
Selon plusieurs estimations, entre 15 et 20% des habitants des camps de réfugiés sont des refugee warriors qui, entre un repas et un traitement médical repartent en guerre. Linda Polman
Grâce aux gains des négociations avec les organisations internationales, les groupes en lutte mangent et s’arment, en plus de payer leurs troupes. Linda Polman
In the end, he claimed, the R.U.F. had escalated the horror of the war (and provoked the government, too, to escalate it) by deploying special “cut-hands gangs” to lop off civilian limbs. “It was only when you saw ever more amputees that you started paying attention to our fate,” he said. “Without the amputee factor, you people would never come.” Linda Polman
The conventional wisdom was that Sierra Leone’s civil war had been pure insanity. But Polman had heard it suggested that the R.U.F.’s rampages had followed from “a rational, calculated strategy.” The idea was that the extreme violence had been “a deliberate attempt to drive up the price of peace.” (…). Sowing horror to reap aid, and reaping aid to sow horror, Polman argues, is “the logic of the humanitarian era.” In case after case, a persuasive case can be made that, overall, humanitarian aid did as much or even more harm than good.
The scenes of suffering that we tend to call humanitarian crises are almost always symptoms of political circumstances and there’s no apolitical way of responding to them – no way to act without having a political effect. At the very least, the role of the officially neutral, apolitical aid worker in most contemporary conflicts is, as Nightingale forewarned, that of a caterer: humanitarianism relieves the warring parties of many of the burdens (administrative and financial) of waging war, diminishing the demands of governing while fighting, cutting the cost of taking casualties, and supplying food, medicine, and logistical support that keep armies going. At its worst, impartiality in the face of atrocity can be indistinguishable from complicity. Polman takes aim at everything from the mixture of casual cynicism and extreme self-righteousness by which aid workers insulate themselves from their surroundings to the deeper decadence of a humanitarianism that pays war taxes of anywhere from fifteen per cent of the value of the aid it delivered to eighty per cent.
And then there’s what happened in Sierra Leone after the amputations brought the peace, which brought the U.N., which brought the money, which brought the N.G.O.s All of them, as Polman tells it, wanted a piece of the amputee action. It got to the point where the armless and legless had piles of extra prosthetics in their huts and still went around with their stubs exposed to satisfy the demands of press and N.G.O. photographers, who brought yet more money and more aid … Officers of the new Sierra Leone government had only to put out a hand to catch some of the cascading aid money.
Most instances of humanitarian intervention in conflict zones has probably resulted in prolonging conflicts, and (…) in some cases it may be that conflicts were made more severe in order to attract humanitarian interventions. Philip Gourevitch

Et si l’humanitaire servait aussi à faire la guerre ?

En cette année, plus de mille milliards de dollars d’aides financières plus tard, du 50e anniversaire des indépendances de pays africains s’enfonçant toujours un peu plus dans le chaos et la gabegie

Et au lendemain de la publication d’un enième programme de politique extérieure socialiste appelant à toujours plus des mêmes recettes qui ont produit l’actuel fiasco

Telle est la question que soulève le dernier livre traduit en anglais de la journaliste neerlandaise Linda Polman (« The Crisis Caravan: What’s Wrong with Humanitarian Aid? »)

Rappelant au-dela des centaines de kilomètres de routes qui ne mènent nulle part, des « éléphants blancs »  mais inutilisables ou des « cathédrales dans le désert » sans produits ou débouchés …

L’inquiétante face cachée d’une aide humanitaire qui, entre son chiffre d’affaires de 160 milliards de dollars, ses  37,000 organisations et ses  250 000  employés, multiplie non seulement gaspillages, rapports bidons et chiffres gonflés ..

Mais, en refusant de prendre en compte la dimension politique de son action, contribue directement, comme au Rwanda, en Sierra Leone, au Congo ou au Darfour (comme, avant eux, la Croix rouge dans les camps nazis?), à l’intensité et à la duree des guerres et massacres …

Au point même d’en avoir fait, entre les camps de refugiés réduits à des camps de base pour génocidaires et l’aide alimentaire détournée pour nourrir les insurgés et sans parler de la diabolique vague d’amputations du Sierra Leone, un élément essentiel et permanent de la stratégie militaire des groupes en question …

Mais, depuis plus de 60 ans et à coup des mêmes milliards de dollars ou d’euros, le Machin fait-il autre chose avec les véritables pouponnières de terroristes que sont devenus les « camps » des pretendus réfugiés palestiniens du Proche-Orient?

The Crisis Caravan: What’s Wrong with Humanitarian Aid?

Richard Gowan

The National

Oct 8, 2010

At a recent conference on humanitarian aid, some American undergraduates asked a relief expert how to find work with charities in Darfur. He looked nostalgic. Back in the Balkans in the 1990s, he said, you hung out in a bar near the war zone until you got a job. This sort of mock-heroic amateurism draws an odd mix of young idealists and ageing alcoholics to aid work. It’s a bad business model. You would not staff a hospital or a hedge fund by grabbing whoever was in the pub next door. But humanitarian aid is big business nonetheless, employing 250,000 personnel worldwide for $16 billion a year.

The sheer scale of the humanitarian enterprise often gets played down. NGOs responding to the latest crisis emphasise that every donation can save lives, but in reality over two-thirds of all relief money comes from governments, with the US in the lead. Yet Linda Polman – a Dutch journalist who covered relief efforts for two decades – believes that aid operations are not only dysfunctional but contribute to human suffering.

This is, she argues, partially down to the way international agencies operate. There’s a mismatch between the amount of cash donors pump into the system and aid workers’ ability to put it to good use. Polman’s new book, The Crisis Caravan, bulges with examples of well-intentioned stupidity. She tells of plane-loads of soft toys flown to central Africa and a shipment of racy lingerie sent to Sri Lanka after the 2003 tsunami.

Some reviewers have compared these vignettes to the writings of Graham Greene and Evelyn Waugh. This is rather too generous. Polman’s book falls squarely into a genre of eyewitness critiques of international crisis management that emerged in the 1990s as journalists reeled from Somalia to Srebrenica before eventually heading to Afghanistan. Works in this genre – of which Polman’s previous book about UN peacekeepers, 1997’s We Did Nothing, is a minor classic – tend to involve a set of near-identical anecdotes.Before starting The Crisis Caravan I scribbled down some predictions about scenes that might occur in the book. I foresaw an account of a French restaurant in a war zone, with aid officials callously slurping fine wine. There would be a moment in which the author, having come face to face with new horrors, gazes at banal Western television in a hotel to try to escape. A horribly ill-informed American missionary must also surely feature.

Every one of these episodes duly crops up, pretty much to the letter, including catching an ice-skating contest on French TV after a day in an African refugee camp. « All night I watched finalists performing triple jumps in glittering costumes, » she recalls. This may have been affecting at the time, but it comes across as an over-stylised bid for pathos. For all that, she risked her life compiling her stories, and many still have a real sting. One particularly revolting passage involves the Christ End Time Movement International, a supposed « charity » set up by profiteers in Sierra Leone to scam money flying war orphans for treatment in Germany. The children « had to be amputees and no older than 18, » the chief racketeer told Polman, but the youngest was five and « really cute ». The patients were already well cared for in their home country, it wasn’t clear that the were all really orphans and the organisers wanted $1.5 m that could be better spent in Sierra Leone itself. But everyone loves a good airlift.

In focusing on aid-manipulators like these, Polman wants to raise her analysis above the level of other 21st-century war memoirs. Her core argument is not simply that the aid community includes a lot of fools and knaves. Instead she claims that warlords have learned how to control and exploit humanitarian aid flows, using supplies to keep their followers happy – or under control – while ensuring their opponents remain cut off.

Polman roots her assault on aid as a « weapon of war » in her experiences among refugees from the Rwandan genocide in the eastern Democratic Republic of Congo (then Zaire) in the mid-1990s. After the world failed to halt the 1994 Hutu-led genocide against the Rwandan Tutsis, there was almost nothing that outsiders would not give these refugees. The problem was that the recipients were not the Tutsi victims of the genocide. Instead, they were Hutus, and their ranks included many unashamed genocidaires. The regime that had ordered the killing of one million people ran a government-in-exile in the camps.

What makes this tale all the more depressing is that many aid agencies were complicit in propping up this monstrous system. NGOs scrabbled for contracts to service the camps, and if one finally gave up out of disgust, numerous others were ready to take its place. For Polman, this is indicative of a recurrent problem. Humanitarian organisations, from the International Red Cross to tiny one-man NGOs, claim to be above politics. Helping the needy is their sole goal. Yet by ignoring politics – or pretending to do so – they play into the hands of those malign forces that exploit aid for political ends.

If that was true in the Congo in the 1990s, it is also the case in today’s high-profile trouble-spots like Darfur. There, the Sudanese government has forced nearly 3 million people into camps fed, watered and very patchily administered by the UN and NGOs. Immigrants from elsewhere in Africa have occupied the displaced population’s land. The aid community effectively underwrites Sudan’s strategy to cleanse Darfur of its former inhabitants. Polman highlights this case, although in less detail than some earlier crises. Bizarrely, she quotes a passage from a novel by a US author (What is the What by Dave Eggers) to illustrate Darfur’s plight, undercutting the usual realism of her reportage.

Most thoughtful humanitarian workers would agree with much of her overall diagnosis of their industry’s ills. But what is the alternative? Polman asks her readers to « have the audacity to ask whether doing something is always better than doing nothing, » but she ultimately shies away from calling for a full-scale bonfire of aid agencies and NGOs. The book’s greatest weakness is that it fails to grapple with new forces shaping the future of humanitarian action. The Crisis Caravan first appeared in Dutch in 2008. There have been severe setbacks to the humanitarian project since then, and these have not resulted from organisational incompetence on the ground but international political shifts.

In 2009, the Sri Lankan government barred aid to civilians during in its campaign to crush the Tamil Tigers. There have been warnings that other governments facing internal resistance, will follow the same path – in part because they are increasingly unconcerned by criticism from western governments and NGOs as power shifts to China and India. Polman hardly addresses the implications of these geopolitical trends. This weakens her analysis of a case like Darfur, where Sudan’s behaviour and the West’s ability to intervene are constantly complicated by China’s steadfast support for President Omar al Bashir.

Meanwhile, the financial crisis has set limits on the amount of funding available for humanitarian operations. The international response to this year’s Haitian earthquake was generous, but that following Pakistan’s floods this summer was pathetically slow. Funds for other cases – even former priorities such as Iraq – have been hard to come by. The crisis caravan isn’t about to grind to halt. New donors are getting involved in aid. Brazil, for example, is investing in humanitarian assistance as a strategic priority.

Nonetheless, it remains to be seen whether the concept of apolitical international humanitarian assistance – the idea that Polman considers so wrong-headed – can survive the transition to a multipolar world. There is a plausible scenario in which aid becomes increasingly Balkanised, with China taking bilateral responsibility for starving North Koreans, India helping the Myanmarese and so forth, out of straightforward self-interest.

In this scenario, the largely western (and western-funded) aid workers on the receiving end of Linda Polman’s polemic will see their importance decline. Her book feels, if not outdated, then at least like a description of an era of do-goodery that may soon fade away. However humanitarianism evolves, there will probably still be French restaurants filled aid workers. And there will be no shortage of profiteers and warlords ready to take advantage of Chinese and Indian assistance, just as they have siphoned off western aid dollars. For all its flaws, The Crisis Caravan is a powerful primer in the realities of life in crisis zones – and how hard it is to provide real relief to the vulnerable.

Voir aussi:

Les aides qui n’aident pas

ESM

24 septembre 09

Il s’agit des… et ce sont les intellectuels africains eux-mêmes qui le dénoncent.

L’humanitarisme ne réduit pas la pauvreté. Au contraire. Il engraisse les corrompus, enrichit les dictateurs, habitue les gens à mendier. Lorsqu’il n’allonge pas les guerres. Ce sont les économistes africains qui le dénoncent.

Au milieu du siècle dernier, à partir de l’indépendance, l’Afrique a profité à divers titre d’aides financières pour plus de mille milliards de dollars sans que cela ait amené à une réduction de la pauvreté. Au contraire, entre 1970 et 1998, période où ont afflué vers le continent les plus grandes contributions de l’étranger, la pauvreté est montée de 11 à 66%.

Dans son essai intitulé « Dead aid. Why aid is not working and how there is better way for Africa », l’économiste zambien Dambisa Moyo rapporte ces faits, et d’autres données en démonstration du fait que la coopération au développement en Afrique a été jusqu’à présent un échec. Réfuter sa thèse est difficile. En effet, il y a trente ans, des pays comme le Burundi et le Burkina Faso, actuellement deux des États les plus pauvres du monde, avaient un PIB par habitant supérieur à celui de la Chine et, comme l’a rappelé le 11 Juillet dans son discours d’Accra (au Ghana) le président américain Barack Obama, en 1961, le Kenya alors Colonie britannique, vantait un PIB par habitant supérieur à celui de la Corée du Sud, mais depuis lors s’est laissé amplement dépassé.

Où a fini tout cet argent ?

Ce sont des faits sur lesquels il convient de réfléchir, et d’autant plus au lendemain d’un G8, celui qui vient de se terminer à l’Aquila, qui a vu lancer un nouveau programme triennal d’aides à l’Afrique pour un total de 20 milliards de dollars, qui vont s’ajouter aux fonds déjà considérables destinés au développement, aux urgences humanitaires et à l’effacement de la dette étrangère contractée par les pays africains compris dans la catégorie des 27 États les plus pauvres et les plus endettés au monde, comme il en avait été décidé par le G8 de 2005.

Le soutien public international, explique Moyo, « détruit tout élan vers les réformes, le développement, la capacité de créer la richesse nationale et de l’exporter. Il alimente la corruption et les conflits internes et favorise le maintien de régimes pluriannuels ».

Un autre économiste africain est du même avis, le kenyan James Shikwati : les aides financent d’énormes bureaucraties, contribuent à rendre envahissante la corruption, étouffent la libre initiative, permettent aux leaders politiques d’ignorer les besoins de leurs compatriotes. Partout ils ont créé une mentalité paresseuse et ont habitué les africains à être des assistés et des mendiants. Parmi les exemples les plus sensationnels, Shikwati cite le Nigeria et la République Démocratique du Congo qui, malgré leurs immenses richesses, n’ont rien fait pour réduire la pauvreté et font pression pour être classés parmi les nations les plus nécessiteuses afin de pouvoir recevoir des aides ultérieures.

C’est là le paradoxe africain : plus les ressources augmentent, plus la pauvreté croît. Au Nigeria, pendant des décennies premier producteur de pétrole de l’Afrique subsaharienne (dépassé en 2008 par l’Angola), 70% de la population vit toujours avec moins d’un dollar par jour et 92% avec moins de deux. Une réponse à la question inévitable (mais comment est-ce possible?) a été donnée par Barack Obama, déjà cité, parlant à Accra où il s’est rendu en visite tout de suite après la fin du G8. Dans un mémorable discours le président américain a adressé aux africains des reproches qu’avant lui, seul le pape Benoît XVI, pendant son voyage en Afrique d’avril, avait osé formuler lors d’occasions officielles et avec autant de fermeté.

Tant de gâchis de ressources doit être imputé au tribalisme, à la mal-gouvernance, à la corruption dont sont responsables les gouvernements africains. L’Occident n’est pas coupable de la banqueroute du Zimbabwe, des guerres où on fait combattre les enfants et des autres plaies qui affligent le continent : « Aucun pays – a dit Obama – ne peut créer de richesse si ses leaders exploitent l’économie pour s’enrichir. Aucun entrepreneur ne veut investir dans un pays dont le gouvernement prélève 20% sur tout. Personne n’a envie de vivre dans un pays où règnent férocité et corruption. Ceci n’est pas démocratie, mais tyrannie, même si quelquefois on va voter. Et cela doit finir ».

Le cimetière des éléphants blancs

Le problème est comment faire pour induire les gouvernements africains à changer de route.

Sur ce point il manque une résolution. Mais au moins, disent Moyo et Shikwati, les donateurs peuvent commencer à inverser la tendance, en réduisant les programmes de coopération sans craindre les inévitables critiques initiales de ceux qui, comme Bob Geldof (Ndr: chanteur irlandais, milliardaire spécialisé dans le « caritatif »…, plusieurs fois nommé pour recevoir le Prix Nobel de la paix), sont convaincus que le défaut fondamental des aides internationales est qu’elles sont insuffisantes. En réalité, même Bob Geldof pourrait se convaincre qu’il est temps d’en finir avec les « éléphants blancs » – ainsi sont appelés dans le monde de la coopération internationale les innombrables projets trop coûteux et réalisés sans en évaluer l’opportunité. Au sommet de la liste, il y des centaines de kilomètres de routes qui relient rien à rien et traversent des régions dans lesquelles presque personne ne dispose d’une automobile.

Mais ce sont aussi des « éléphants blancs » les structures hospitalières suréquipées mais inutilisables parce que construites dans des pays dépourvus de médecins, ou les édifices scolaire inaugurés avec fierté et ensuite restés vides par manque d’enseignants, qui sont si peu nombreux en Afrique que les classes de 40-50 élèves sont la règle est et pas rares celles qui dépassent la centaine : en 2005 au Burundi, avec l’introduction de l’instruction primaire gratuite, les proviseurs se sont vus contraints de former des classes de 250 enfants.

Par contre on appelle des « cathédrales dans le désert » les usines dont n’est jamais sorti aucun produit fini ou qui ont tourné à un rythme tellement bas qu’elles ont échoué en très peu de temps, comme celle pour la production du beurre de karité construite dans les années Quatre-vingt-dix par la coopération italienne au Burkina Faso, dans une région où personne ne cultivait le karité et où il manquait l’eau, nécessaire en grande quantité pour l’indispensable travail à froid des graines.

Le génocide assisté

Mais, tout en voulant donner raison à Dambisa Moyo, il y a un secteur de la coopération internationale dont l’utilité semble très évidente, et qui exclut sans discussion l’éventualité de le suspendre ou même seulement de le reformuler : il s’agit des aides humanitaires. Pourtant même là quelque chose ne fonctionne pas. Et il ne s’agit pas seulement de gaspillages, de rapports lacunaires sur les frais et les résultats atteints et de chiffres gonflés sur l’existence d’une urgence pour obtenir plus de fonds.

Dans un livre récemment publié par les éditions Mondadori, L’industria della solidarietà, la journaliste hollandaise Linda Polman soulève de sérieuses questions sur les résultats des activités humanitaires. Le principe de la Croix rouge Internationale de secourir tous ceux qui en ont besoin, qu’ils soient victimes ou agresseurs, fait par exemple, que ceux qu’on nomme refugee warriors, les combattants, qui se mélangent aux civils dans les camps de réfugiés, bénéficient de l’assistance fournie par les Organisations non gouvernementales : « Selon plusieurs estimations – écrit Polman – entre 15 et 20% des habitants des camps de réfugiés sont des refugee warriors qui, entre un repas et un traitement médical repartent en guerre ».

Le pire s’est passé en 1994 dans les camps préparés à Goma, République Démocratique du Congo, pour accueillir les réfugiés du Rwanda voisin, transformé en un abattoir à ciel ouvert par les extrémistes hutu décidés à exterminer les tutsi et les hutu qui n’étaient pas d’accord avec eux. Poursuivis par le Front patriotique rwandais à dominante tutsi, les hutu ont fui au-delà de la frontière, parmi eux, beaucoup d’auteurs de la tentative de génocide, y compris les militaires et l’entière classe politique, qui continuèrent pendant quelque temps le massacre des tutsi (et des hutu qui voulaient rentrer dans leur patrie), retournant chaque soir dans les camps transformés en quartiers militaires sous les yeux des opérateurs. « Quand les principes humanitaires cessent-ils d’être éthiques ? », questionne Polman.

Quand les ONG traitent avec les criminels

Mais il y a plus grave encore, c’est la quantité astronomique d’argent et de biens destinés aux populations qui, sous forme de droits pour le transit des convois, d’exactions, de pourcentages délivrés aux autorités politiques et militaires en échange de la permission d’intervenir dans un territoire donné, et ainsi de suite, passent des ONG dans les mains des adversaires qui disposent ainsi de ressources toujours renouvelées pour continuer à combattre et à s’acharner sur les civils. « Grâce aux gains des négociations avec les organisations internationales – soutient Polman – les groupes en lutte mangent et s’arment, en plus de payer leurs troupes » et ceci influe de manière décisive sur l’intensité et sur la durée des guerres. Dans le jargon des spécialistes, ces négociations s’appellent « shaking hands with the devil ». Pactes avec le diable

Voir egalement:

“Alms Dealers”

Philip Gourevitch

The New Yorker

October 11, 2010

Humanitarian Aid;

“The Crisis Caravan: What’s Wrong with Humanitarian Aid?” (Metropolitan; $24);

Linda Polman;

“Contemporary States of Emergency” (Zone; $36.95);

Didier Fassin;

Mariella Pandolfi;

Liz Waters (translated by)

ABSTRACT: A CRITIC AT LARGE about Linda Polman’s “The Crisis Caravan: What’s Wrong with Humanitarian Aid?”

In Biafra in 1968, a generation of children was starving to death. This was a year after oil-rich Biafra had seceded from Nigeria, and, in return, Nigeria had attacked and laid siege to Biafra. Mentions Frederick Forsyth. The humanitarianism that emerged from Biafra is probably the most enduring legacy of the ferment of 1968 in global politics.

Three decades later, in Sierra Leone, a Dutch journalist named Linda Polman visited Makeni, the headquarters of the Revolutionary United Front rebels. The conventional wisdom was that Sierra Leone’s civil war had been pure insanity. But Polman had heard it suggested that the R.U.F.’s rampages had followed from “a rational, calculated strategy.” The idea was that the extreme violence had been “a deliberate attempt to drive up the price of peace.”

Do doped-up maniacs really go a-maiming in order to increase their country’s appeal in the eyes of international aid donors? Does the modern humanitarian-aid industry help create the kind of misery it is supposed to redress? That is the central contention of Polman’s new book, “The Crisis Caravan: What’s Wrong with Humanitarian Aid?” (Metropolitan; $24), translated by the excellent Liz Waters. Sowing horror to reap aid, and reaping aid to sow horror, Polman argues, is “the logic of the humanitarian era.” In case after case, a persuasive case can be made that, overall, humanitarian aid did as much or even more harm than good.

The godfather of modern humanitarianism was a Swiss businessman named Henri Dunant, who founded the International Committee of the Red Cross. Humanitarianism also had a godmother named Florence Nightingale, who rejected the idea of the Red Cross from the outset. By easing the burden on war ministries, Nightingale argued, volunteer efforts could simply make waging war more attractive, and more probable. Polman has come back from fifteen years of reporting in the places where aid workers ply their trade to tell us that Nightingale was right. The scenes of suffering that we tend to call humanitarian crises are almost always symptoms of political circumstances and there’s no apolitical way of responding to them – no way to act without having a political effect. At the very least, the role of the officially neutral, apolitical aid worker in most contemporary conflicts is, as Nightingale forewarned, that of a caterer: humanitarianism relieves the warring parties of many of the burdens (administrative and financial) of waging war, diminishing the demands of governing while fighting, cutting the cost of taking casualties, and supplying food, medicine, and logistical support that keep armies going. At its worst, impartiality in the face of atrocity can be indistinguishable from complicity. Polman takes aim at everything from the mixture of casual cynicism and extreme self-righteousness by which aid workers insulate themselves from their surroundings to the deeper decadence of a humanitarianism that pays war taxes of anywhere from fifteen per cent of the value of the aid it delivered to eighty per cent. Mentions “Contemporary States of Emergency” (Zone; $36.95), edited by Didier Fassin and Mariella Pandolfi.

Voir enfin:

We Did Nothing: Why the Truth Doesn’t Always Come Out When the UN Goes in by Linda Polman

Reviewed by Mark Thwaite

Ready Steady books

19/09/2004

I’d have to say that this is a must-read. The UN are, consistantly, evoked as some kind of liberal White (sic) Knight in this bad, bad world. Even those concerned by America’s recent (ahem) robustness have held up the UN as the route to a better future (witness, in the UK, the difference in public opinion over supporting the invasion of Iraq with/without « UN approval »). Polman clearly punctures the ridiculous fallacy that « the UN » is something somehow separate from its members, specifically the permanent Five (the US, UK, France, Russia and China – the WWII victors plus Beijing). A favourite activity (and she singles out ex-US President Bill Clinton as the master of this) is to blame the UN for taking on a peace-keeping mission (e.g. in Somalia) that one of the permanent members has decided upon and then refused to back properly (with kit, soldier and/or funding). As Boutros-Ghali says, quoted by Polman, after hearing Clinton say, « the UN should learn to say No »: « It is not the UN that says Yes or No to anything. It is the Member States. » And the Member States vote for political reasons, and most usually the way the Five tell them to.

Polman’s mixture of (absurdist) frontline anecdotes (M.A.S.H. meets the reality of Mogadishu) and press reports (from AP, Reuters, de Volkskrant) is well done (if sometimes a little repetitive) and her thesis is compellingly hammered home. The UN costs per annum what Americans spend at the florists each year – and the Five who direct it have the cheek to blame it for failed missions that they impose on an organisation that they perenially underfund. The racism involved in all this will be apparent to anyone who has ever watched the TV news: Blue Helmets, in dangerous situations, are almost always Black/Asian soldiers (often from Pakistan, India, West African countries): « in Kuwait, for example, British soldiers clear mines with British detectors while detectorless Bangledeshis do the same job by prodding the ground with sticks. » Third World soldiers do all the UN’s dirty work – and understandably: for poor countries their soldiers have become an income generating export product.

« The West is providing the canons, the Third World the fodder. » And whilst Black soldiers die in failed missions, predominantly Western privateers and profiteers follow the UN around providing services (from catering to building work) for the soldiers, their command, and often to the local war chiefs too. Polman follows this circus in, amongst other places (her second chapter is entitled Haiti, Rwanda, Bosnia, Somalia and Thirteen Other Disaster Zones), Somalia, Haiti and Rwanda – and the picture is curiously and depressingly the same.

Both a more interesting, humane and incisive writer than Janine di Giovanni, whose Madness Visible traverses similar ground, Polman’s account (which the Guardian rather hyped as « one of the most affecting pieces of writing about man’s inhumanity this side of Primo Levi ») of the stupidity, desperate failure and deep-seated mendacity of « peacekeeping » missions, and the UN itself, should be read as widely as possible. A peaceful world is not likely to arise because of an all-powerful UN, but it is absolutely certainly not going to come about via an institution that is never allowed to stand on its own feet and apart from the countries who half-fund and wholly-hamstring it.


Retraites: PS/CGT, plus hypocrite que moi tu meurs! (France’s strikes: Will the irresponsible and demagogic street theater ever end?)

13 octobre, 2010
Comparative table retirement age Europe
Du fait de la croissance de la population âgée, en 2050, il n’y aurait plus que 1,4 actif pour un inactif de plus de 60 ans, contre 2,2 en 2005. INSEE
Je leur demande d’ailleurs de descendre dans la rue mais d’une maniere pacifique. Segolene Royal
Les syndicats ont gagné la bataille de l’opinion. L’intersyndicale n’a jamais appelé à une grève reconductible. S’ils le font, ce sera à cause de l’absence de réponse du gouvernement. La grande majorité de salariés n’ont pas les moyens de se lancer dans des grèves à répétition. François Chérèque (secrétaire général de la CFDT)
Ce ne serait pas forcément rendre service aux salariés, au mouvement social. Jean-Marie Le Guen (député PS)
Le PS n’a pas à appeler aux grèves (…) le PS doit faire en sorte que ce mouvement trouve son débouché politique au Parlement et le moment venu, en 2012, à la présidentielle. Le rôle du PS, ce n’est pas d’organiser des mouvements de rue, c’est de proposer des solutions. Quand les partis politiques font du syndicalisme, ils ne sont pas dans leur rôle, quand des syndicalistes font de la politique, ils ne sont pas dans leur rôle non plus. François Hollande (ancien premier secrétaire du PS)
Le PS dans le respect des décisions des syndicats appelle les français à peser massivement sur une question majeure. Si le pays venait à être bloqué, Nicolas Sarkozy en porterait seul la responsabilité. C’est lui qui veut l’épreuve de force. David Assouline (point de presse hebdomadaire du PS)
Si nous avons une situation d’intensification, de radicalisation, c’est directement la conséquence non pas d’une posture de fermeté mais probablement d’orgueil du président de la République qui refuse de négocier. Benoît Hamon (porte-parole PS)
Les organisations syndicales ont fait preuve d’une très grande responsabilité, c’est le pouvoir qui est en train de jouer la stratégie de la tension. Jean-Marc Ayrault (président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale)
Les agents des terminaux pétroliers ne font pas grève pour eux. La grève a été décidée par la CGT au niveau national pour mettre une pression forte sur le gouvernement et faire capoter la réforme des retraites. Salarié du port désirant rester anonyme
Je répète que les 62 ans de 2018 pèseront moins lourd biologiquement que les 60 ans de 1982. Dans les siècles passés, on était vieux à 45 ou 50 ans. Éric Woerth  (ministre du Travail)
Si on arrive à vivre 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60. Dominique Strauss-Kahn
Une augmentation de deux ans de l’âge légal de départ à la retraite suffirait à stabiliser la part des pensions dans le PIB pour les deux prochaines décennies. (…) Relever l’âge légal de la retraite doit être le point de départ de la réforme. Rapport du FMI (dirige par Dominique Strauss-Kahn)
Les lycéens et les étudiants devraient manifester pour défendre la réforme car elle est d’abord faite pour eux. Sans elle, ils seraient condamnés à payer deux fois: pour leur propre retraite et pour celle de leurs parents. C’est cela qui serait vraiment injuste. (…), les syndicats posent comme condition préalable à tout accord l’abandon par le gouvernement du report de l’âge de la retraite à 62 ans, mesure préconisée par toutes les organisations internationales y compris encore la semaine dernière par le FMI et pratiquée par tous les autres pays. Je comprends que les syndicats refusent de cautionner une réforme difficile. Mais, pour leur donner satisfaction, fallait-il renoncer au principe même de la réforme qui est démographique pour répondre à un problème, lui-même démographique?  (…) quel que soit le système retenu, on reste dans le cadre d’un régime de retraite par répartition, dont le déterminant est toujours le même, à savoir la démographie. Si les actifs ne travaillent pas plus longtemps pour tenir compte de l’allongement de l’espérance de vie, alors il faut baisser les pensions ou augmenter massivement les prélèvements obligatoires, ce que le président de la République a toujours refusé. Raymond Soubie (conseiller social de l’Elysee)

Blocage des ports, terminaux pétroliers et raffineries (11 sur 12, depuis 3 semaines a Marseille), menaces de ruptures d’approvisionnement dans les stations-service et de  pénurie de carburant, blocage des lycees, trains et vols annules, fermeture de la Tour Eiffel …

Alors qu’apres le vote de l’Assemblee et du Senat pour l’allongement de l’âge légal de départ en retraite à 62 ans …

Et a coup de menaces de greve reconductible ou illimitee et de surenchere d’appels a descendre dans la rue, la France qui a deja l’un des ages de depart a la retraite les plus bas d’Europe joue a nouveau a se faire peur …

Retour, avec la chronique – sortant pour une fois de sa posture o combien confortable d’eternel donneur de lecons- de l’ancien journaliste du Monde Daniel Schneiderman …

Sur l’eternel jeu de dupes de ces jeunes qui, a chaque nouvelle loi, manifestent systematiquement contre leurs propres interets

Ces irresponsables politiques et syndicaux qui tentent de nous refaire le coup du CPE d’il y a  4 ans ou un delinquant multirecidiviste squattant alors l’Elysee depuis bientot 10 ans avait retire un texte deja vote par le Parlement …

Et surtout l’insigne hypocrisie et irresponsabilite d’un parti socialiste qui, contre l’avis de son candidat le plus credible depuis bien des annees,  pousse hypocritiquement et  demagogiquement les feux de la contestation et de la radicalisation contre une reforme qu’il sait non seulement necessaire mais dont il espere secretement l’adoption …

Retraites : l’axiome secret de Thomas Legrand

Daniel Schneidermann

On peut le prendre par n’importe quel bout : la succès de la journée de mobilisation contre la réforme des retraites représente d’abord un très grave risque pour les socialistes. C’était le thème de l’édito de Thomas Legrand, retour de grève, sur France Inter. Je résume la pensée legrandienne : plus longtemps durera la grève reconductible, plus le PS se trouvera embarqué dans un mouvement qu’il ne maitrise pas, environné par les « ultras », cerné par les « surenchères », avec le risque de devoir, ensuite, au pouvoir, assumer un grand écart entre ce mouvement et une politique décevante, forcément décevante.

C’est un  paradoxe intéressant, entièrement dicté par un axiome secret, accepté par la quasi-totalité des éditorialistes français : la réforme du gouvernement est la seule imaginable, les socialistes et les syndicalistes le savent bien, et souhaitent secrètement son adoption. Bravo ! Il faut encourager les éditorialistes en surpoids de lucidité. Il faut donc pousser jusqu’au bout les conséquences de l’axiome de Legrand. Révélons-le donc : le succès de cette mobilisation est  un risque considérable pour les syndicats, entraînés dans l’impasse par leur base, et une jeunesse, également irresponsables.

A cet égard, l’entrée des lycéens dans le mouvement est particulièrement préoccupante pour eux. Si Ségolène Royal, qui a compris le danger, appelle les jeunes à manifester, c’est évidemment dans le but, faisant fonction d’épouvantail, de les faire rentrer dans les lycées. Et si tous les lemmings de l’exécutif la traitent d’irresponsable, c’est au contraire dans le dessein inavoué de radicaliser la jeunesse.

Car plus le mouvement sera puissant, plus éclatant sera le triomphe final du gouvernement. L’essouflement des grèves en fin de semaine, qui permettrait l’adoption de la loi, serait une défaite pour lui, la bataille de l’opinion (l’essentielle) étant d’ores et déjà perdue. A l’inverse, plus longue sera la pénurie d’essence, plus on s’entre-tuera dans les files d’attente aux stations-service, plus durs seront les blocages des lycées, plus sa victoire finale (qui ne fait aucun doute, puisqu’il-ne-reculera-pas) apparaitra éclatante à l’électorat de droite. A cet égard, on notera le machiavelisme du pouvoir, qui agite le spectre de la suppression de l’ISF à quelques heures des manifestations, dans le but évident de les faire grossir encore.

Voir aussi :

Une trop puissante mobilisation peut finir par embarrasser le PS…

Thomas Legrand

France inter

13 octobre 2010

Oui, c’est ça le paradoxe, la grève reconductible (et sa radicalisation) peut devenir encombrante pour le parti socialiste. Le PS n’est pas à l’origine du mouvement bien sûr, c’est un mouvement syndical mais depuis le début, les leaders socialistes prennent bien soin –et c’est naturel- de l’accompagner et d’apparaître dans les cortèges. Le mouvement étant populaire et particulièrement soutenu par l’opinion, le principal parti d’opposition ne peut qu’en être. Encore faut-il savoir comment en être. Appeler la jeunesse à manifester, comme l’a fait Ségolène Royal hier sur TF1, n’est pas forcement l’implication la plus fine ! Le problème pour un parti qui est en phase d’élaboration de son programme d’alternance, c’est d’être à ce point embringué dans un mouvement dont il ne contrôle pas l’évolution ! La puissance du mouvement ne veut pas forcément dire sa radicalisation. Pour l’instant du moins, ce n’est pas le cas, mais si ça le devient, les socialistes en pâtiront. Le meilleur scénario pour le PS serait que la grève reconductible soit suivie jusqu’à samedi, date de la prochaine manifestation, et que ça s’arrête. Bien sûr, le Président pourrait alors dire et faire dire qu’il a réussi à réformer les retraites. Il détiendrait enfin son brevet de réformateur, lui qui s’est fait élire (non pas sur la réforme des retraites qui ne faisait pas parti de son programme avant la crise) mais sur l’idée qu’il pourrait faire bouger une société qu’il juge engoncée dans son conservatisme. Nicolas Sarkozy ne serait pas dans la lignée du président « fainéant » Chirac, comme il l’avait lui-même qualifié.

Donc un mouvement qui se terminerait samedi serait bon pour le président et pour le PS ?!

Pour le Président, c’est plus compliqué. Il serait donc tenté de se présenter avantageusement comme réformateur qui a su affronter et surmonter le plus « grand mouvement de tous les temps » (attendez-vous au déluge de superlatifs)…mais en réalité il n’est pas sûr que le bilan politique soit positif en vue de 2012 : le sentiment d’injustice qu’inspire cette réforme, et à en croire les sondages, bien au-delà de l’électorat de gauche, montre que, sur les retraites, Nicolas Sarkozy a déjà perdu la bataille de l’opinion. De plus l’opposition n’aura pas de mal à démontrer que le problème du financement des retraites n’est pas réglé… Du coup la question des retraites sera encore au cœur du débat pendant la présidentielle. Si le mouvement, au contraire se poursuit, se radicalise, devient une contestation de la jeunesse ou un blocage économique, ce serait l’incertitude pour la majorité mais ce serait aussi un grand danger pour le PS. Le risque, pour lui, serait de se retrouver dans l’obligation d’accompagner une radicalisation qui se traduirait forcément par une radicalisation de l’image et du discours du PS. Or cet emballement ferait faire au principal parti de l’opposition un grand écart entre son discours contestataire et la politique qui serait réellement mise en place si le PS accédait au pouvoir. Ce grand écart serait d’autant plus spectaculaire que, de l’autre coté, les recommandations du FMI sur la nécessité de reculer l’âge légal du départ à la retraite seront toujours opposées au parti socialiste. Le projet alternatif du PS ne ressemble pas à ce que recommande le FMI de Dominique Strauss-Kahn, mais il ne ressemble pas non plus à l’idée que l’on se fait du projet d’un parti qui accompagnerait une contestation radicale de la réforme des retraites. Le grand écart en politique n’est pas la figure la plus confortable. Martine Aubry n’est pas Rudolf Noureev.

Voir de meme :

DSK, meilleur socialiste pour battre Sarkozy

Nicolas Barotte

Le Figaro

Selon un sondage OpinionWay, le directeur du FMI fait figure de champion des électeurs de gauche pour 2012.

L’ordre du quarté ne change guère. À un an des primaires de désignation du candidat socialiste à la présidentielle, ils sont quatre à jouer la partie avec quelques chances d’y parvenir. «Le casting des impétrants est bien installé dans les esprits», estime-t-on au siège du Parti socialiste. Les présupposés de victoire aussi.

Les sympathisants de gauche, à lire notre baromètre OpinionWay, croient à une large majorité (65 %) que Dominique Strauss-Kahn « peut battre Nicolas Sarkozy ». Sont cités ensuite Martine Aubry (34 %), Ségolène Royal (23 %) et François Hollande (14 %).

Le classement est le même lorsqu’on demande aux personnes sondées qui des quatre a la stature d’un président : 63 % répondent DSK, 31 % Aubry, 24 % Royal et 15 % Hollande. Si le directeur du Fonds monétaire international décide d’être candidat, il sera sans doute accueilli à bras ouverts. S’il renonce, la première secrétaire du PS part avec un net avantage sur ses deux principaux concurrents : Royal et Hollande. Les autres candidats, comme Manuel Valls ou Pierre Moscovici, n’ont pas été testés.

La bataille est-elle déjà jouée ? Évidemment non, car, dans le détail, chaque candidat a ses forces et ses faiblesses. OpinionWay a cherché à comparer les compétences de chacun auprès de l’électorat de gauche. Au vu des résultats, les profils des candidats sont très différents.

Dominique Strauss-Kahn apparaît comme le candidat de la régulation. Il surclasse ses rivaux sur la capacité à restaurer le rôle de la France dans le monde avec 56 % de citations (sa fonction de directeur du FMI lui donne une aura internationale), et sur les compétences pour rétablir la croissance économique et le pouvoir d’achat (son passé d’ancien ministre de l’Économie lui donne un légitimité sur le sujet). En revanche, il apparaît éloigné des préoccupations quotidiennes des Français : seulement 26 % des personnes interrogées le jugent « proche » , derrière Martine Aubry (38 %) et Ségolène Royal (28 %). Martine Aubry incarne, elle, une candidature de protection. Elle est jugée plus efficace que les autres sur les questions de santé ou de retraites (44 % la citent en première) ou en matière de réparation des inégalités sociales, de formation ou d’emploi. Ancienne ministre des Affaires sociales, la numéro un du PS est en pointe du combat contre la réforme des retraites. Consciente de ses atouts, elle mène aussi campagne autour du concept de « société du soin mutuel », le « care ». À l’inverse, elle manque d’une stature internationale : c’est sur la restauration du rôle de la France dans le monde qu’elle obtient son plus mauvais résultat.

Troisième dans la course, Ségolène Royal joue sur le terrain de l’humanité. Éducation, réduction des inégalités sociales et environnement sont ses points forts. Mais c’est seulement sur ce dernier sujet qu’elle est jugée plus efficace que les autres présidentiables avec 27 % de citations. Ségolène Royal tire aussi parti de son passé ministériel et de sa campagne présidentielle marquée sous le signe de la croissance verte. Mais elle ne tire pas profit d’avoir pris position sur la sécurité plus tôt que les autres (avec 16 % contre 30 %, par exemple, pour DSK qui n’a pas pris position). Elle reste cependant la principale rivale des deux favoris. Elle leur a proposé de discuter « d’un dispositif gagnant », c’est-à-dire pourquoi ne pas s’entendre sur une candidature commune.

Si DSK, Aubry et Royal s’entendent, « alors je suis deuxième dans la course », s’amuse parfois François Hollande. Dernier dans toutes les catégories, l’ancien premier secrétaire incarne finalement une candidature équilibrée : sans réel point fort mais sans faiblesse relative. Sur l’ensemble des questions, il oscille entre 10 % de citations (pour le rôle de la France dans le monde) et 15 % (sur l’emploi).

Par rapport à la précédente enquête, réalisée en mai, chaque prétendant a plutôt progressé, signe que l’image globale du PS s’améliore. Ségolène Royal et François Hollande enregistrent les plus forts bonds, de quatre, cinq ou six points parfois (+ 6 pour Royal en matière de pouvoir d’achat ; + 5 sur l’emploi pour Hollande). Mais sur deux questions, il leur reste à tous à faire des efforts : en matière de sécurité et d’environnement, un tiers des personnes interrogées ne citent aucun des quatre candidats comme le plus performant.

Voir enfin :

Soubie : « Les lycéens doivent défendre la réforme »

Interview Challenges.fr Raymond Soubie, conseiller social à l’Elysée, estime que les jeunes devraient défendre une réforme des retraites faite pour eux.

Alors que les manifestations en France semblent mobiliser davantage les jeunes générations que les journées précédentes, le conseiller social du président de la République, Raymond Soubie, fait notamment le point sur la méthode de Nicolas Sarkozy dans la conduite de la réforme.

De plus en plus de lycéens et d’étudiants rejoignent la contestation contre la réforme des retraites. Avez-vous peur que le conflit s’embrase?

– Les lycéens et les étudiants devraient manifester pour défendre la réforme car elle est d’abord faite pour eux. Sans elle, ils seraient condamnés à payer deux fois: pour leur propre retraite et pour celle de leurs parents. C’est cela qui serait vraiment injuste.

Dans cette réforme, on ne reconnaît pas vraiment la méthode Soubie, celle de la négociation avec les partenaires sociaux. Comment l’expliquez-vous?

– La méthode du président de la République a toujours consisté à préconiser pour la conduite des réformes à la fois la détermination et le dialogue avec les partenaires sociaux. Sur le sujet des retraites, je rappelle que d’innombrables travaux ont été menés depuis le livre blanc de Michel Rocard en 1991, tous concordants. Je rappelle aussi que, pour cette réforme, le dialogue a été mené pendant plusieurs mois par le ministre du Travail. Tout récemment encore, à l’occasion des débats à l’Assemblée nationale puis au Sénat, des demandes des syndicats ont été prises en compte sur la pénibilité, les carrières longues ainsi que sur la retraite des mères de famille de trois enfants et des parents d’enfant handicapé.

Alors pourquoi ça bloque?

– Malheureusement, les syndicats posent comme condition préalable à tout accord l’abandon par le gouvernement du report de l’âge de la retraite à 62 ans, mesure préconisée par toutes les organisations internationales y compris encore la semaine dernière par le FMI et pratiquée par tous les autres pays. Je comprends que les syndicats refusent de cautionner une réforme difficile. Mais, pour leur donner satisfaction, fallait-il renoncer au principe même de la réforme qui est démographique pour répondre à un problème, lui-même démographique? Il s’agit quand même de l’avenir de nos retraites et de celles de nos enfants. Je sais bien que certains préféreraient une baisse de pension à un recul de l’âge de départ. Ce n’est pas la position du gouvernement.

Selon les simulations de la Caisse d’assurance vieillesse, il manquerait 4 milliards d’euros pour assurer le financement de la réforme en 2018. Confirmez-vous ces calculs?

– La réforme permet à nos régimes de retraite d’atteindre l’équilibre dès 2018. Toutefois, cette situation d’ensemble implique que certains régimes seraient en équilibre tandis que d’autres connaîtraient plus structurellement une situation de déficit. C’est le cas en particulier de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) qui présenterait un déficit de 2,3 milliards d’euros en 2018. C’est pourquoi, lors de l’examen du projet de loi à l’Assemblée nationale, le gouvernement a déposé un amendement qui prévoit le principe d’un examen, en 2014, d’un éventuel transfert des recettes ou de charges entre régimes afin d’assurer l’équilibre de l’ensemble des régimes de retraite et en particulier de la Cnav. Il est prématuré aujourd’hui d’en examiner les modalités, celles-ci devant prendre en compte la situation de chaque régime en 2014.

Pourquoi ne pas avoir lancé le chantier d’une grande réforme de structure, à côté de cette réforme urgente, comme le réclament certains centristes ?

– Le président de la République et le gouvernement ne sont pas défavorables à ce que les travaux se poursuivent sur les avantages et les inconvénients d’une réforme dite systémique (comptes notionnels ou régimes par points). Mais, il faut rappeler que, quel que soit le système retenu, on reste dans le cadre d’un régime de retraite par répartition, dont le déterminant est toujours le même, à savoir la démographie. Si les actifs ne travaillent pas plus longtemps pour tenir compte de l’allongement de l’espérance de vie, alors il faut baisser les pensions ou augmenter massivement les prélèvements obligatoires, ce que le président de la République a toujours refusé. Ajoutons qu’une réforme systémique exige de longues années avant de pouvoir être mise en œuvre comme le montre l’exemple de la Suède. La situation de nos régimes de retraite montre qu’on ne peut pas attendre pour prendre des mesures structurelles.

Propos recueillis par Dominique Perrin, journaliste à Challenges, mardi 12 octobre 2010.


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