Yorktown/229e: Attention, une bataille peut en cacher bien d’autres (It seemed as if the strangers were the only defenders of Virginia and America)

Vous avez été l’arbitre de la guerre. Washington (à Grasse)
Défenseur de cette liberté que j’idolâtre, libre moi-même plus que personne, en venant comme ami offrir mes services à cette république (des États-Unis) si intéressante, je n’y porte nul intérêt personnel. Le bonheur de l’Amérique est intimement lié au bonheur de toute l’humanité ; elle va devenir le respectable et sûr asile de la vertu, de l’honnêteté, de la tolérance, de l’égalité et d’une tranquille liberté. La Fayette (lettre à sa femme,  7 juin 1777)
Jamais la France n’eut un avantage aussi marqué sur l’Angleterre que celui-là. Rochambeau
Oh God, it’s all over. Lord North (The British Prime Minister)
La nation était loin d’être prête pour les éventualités. Un esprit de lassitude et d’égoïsme régnait dans le peuple. L’armée, mal disciplinée et mal payée, était très-inquiète. Les milices de Pennsylvanie et de New-Jersey s’étaient révoltées au commencement de l’année. Le gouvernement était encore impuissant, la Confédération faible, le Congrès inerte, quoique existant toujours. Quand on lit que ce corps était prêt à livrer le Mississippi à l’Espagne, bien plus, à abandonner la reconnaissance expresse de l’indépendance de l’Amérique, comme le préliminaire indispensable des négociations avec la Grande-Bretagne, quand on lit cela, on peut bien se figurer qu’il y avait quelques préparatifs pour se soumettre aux exigences du moment. Le baron allemand de Steuben, qui rassemblait des troupes en Virginie au moment de l’invasion, fut rejoint après par La Fayette, dont les troupes avaient été habillées pendant la marche aux frais de celui-ci. Sur mer, la flotte française était occupée à défendre les côtes contre les envahisseurs. Il semble que les étrangers étaient les seuls défenseurs de la Virginie et de l’Amérique.Samuel Eliot (1856)

Retour, avec le site Herodote en ce 229e anniversaire de la reddition de Cornwallis, sur une bataille de Yorktown qui semble en cacher bien d’autres

Bataille terrestre (siege des troupes de Cornwallis par Rochambeau et Washington) qui se revele en fait etre une bataille navale (victoire decisive de la Baie de Chesapeake contre la Marine britannique puis blocus de Cornwallis par la flotte de l’amiral De Grasse destinée au depart à attaquer la Jamaïque)  …

Conflit nord-americain qui se revele etre simple partie d’un conflit mondial entre, de la mer des Antilles au Golfe du Bengale,  les trois plus grandes puissances du moment autour de leurs empires coloniaux (Nouvelle-France, Antilles, Indes, mais aussi Mediterrannee: Minorque et Gibraltar)…

Victoire officiellement d’insurges americains en realite mines, sans compter les 20% de loyalistes et les 40% d’indifferents, par les mutineries, désertions en masse, trahisons, manque de troupes, armes, munitions,  medicaments, argent et reduits, cinq ans durant avant l’intervention etrangere (Francais, Espagnols, Hollandais, Polonais, Prussiens), a une guerre d’escarmouches

Guerre franco-britannique (mais incluant tant l’Espagne que les Provinces unies) qui, entre deux traites de Paris,  se revele etre la suite ou la revanche d’une guerre quasiment mondiale commencee 20 ans plus tot (Guerre de sept ans ou, pour les Americains, « franco-indienne »), fournissant aux insurges eux-memes leur seule experience militaire et motivation pour une large part de leur revolte (taxes censees contribuer aux frais de guerre et  arret de la colonisation a l’ouest) …

Victoire militaire contre une Grande-Bretagne gardant encore quelque 30 000 hommes sur le terrain et qui, avec la remontee en puissance de la Royal navy (coques en cuivre, nouveaux canons) ne prend d’ailleurs effet que deux ans plus tard (traites de Paris et de Versailles), se revelant etre au bout du compte une victoire financiere par jet de l’eponge d’un Parlement et d’une population anglais atterres par l’accumulation des depenses  …

Capitulation comme traité boudés par les principaux acteurs (Cornwallis se faisant porter malade, Rochambeau passant la main a Washington qui la passe a son second, De Grasse oublié, représentant britannique qui refuse de poser pour le tableau, finalement abandonné, du traité) …

Victoire et evénement fondateur de l’histoire des Etats-Unis qui renforce aussi de fait la présence anglaise en Amérique du nord avec, via l’expulsion de 50 000 loyalistes américains,  la création du Canada anglais

« Victoire » francaise enfin qui verra non seulement son principal artisan défait et meme capturé par ceux qu’ils vient de battre (Grasse a la bataille des Saintes) mais qui par ses couts astronomiques  mais aussi son exemplarité contribuera pour une bonne part a la chute de l’Ancien régime qui l’avait rendu possible comme a bien des révolutions continentales …

19 octobre 1781

Victoire des Insurgents à Yorktown

Camille Vignolle.

Herodote

18 octobre 2010

Assiégée depuis plusieurs semaines, la base anglaise de Yorktown, sur la côte de Virginie, se rend le 19 octobre 1781 aux colons américains et au corps expéditionnaire français du général Rochambeau.

L’assaut final est conduit par le marquis de La Fayette (24 ans).

Suite à cette défaite face aux colons, les Anglais se décident à négocier l’indépendance de leurs Treize colonies d’Amérique du Nord, futurs États-Unis d’Amérique.

Renforts bienvenus

Depuis l’échauffourée de Lexington et leur déclaration unilatérale d’indépendance du 4 juillet 1776, les Insurgents des Treize Colonies anglaises d’Amérique n’avaient remporté qu’une médiocre victoire, à Saratoga, sur l’armée du roi Georges III et les Loyalistes américains fidèles à la couronne.

Les Insurgents ont néanmoins pu convaincre le roi de France Louis XVI et son ministre des Affaires étrangères, le comte Charles de Vergennes, de reconnaître leur indépendance et de signer avec eux une alliance en bonne et due forme. Ils ont aussi obtenu le soutien de l’Espagne et de la Hollande.

C’est ainsi qu’en 1780, Louis XVI envoie outre-Atlantique un corps expéditionnaire de 6.000 hommes sous le commandement du lieutenant général comte Jean-Baptiste de Rochambeau (65 ans)…

Le corps expéditionnaire débarque à Newport et fait sa jonction sur l’Hudson avec les 6.000 soldats américains de George Washington et les volontaires européens de La Fayette.

Cette coalition va assiéger Yorktown où sont retranchés 8.000 Anglais commandés par lord Charles Cornwallis.

Pendant ce temps, non loin de là, dans la baie de Chesapeake, la flotte de l’amiral François de Grasse (la Royale) débarque des armes et des renforts.

Victoire retentissante

Surprise par la Royal Navy, elle coupe les amarres et gagne le large pour l’affronter dans les règles le 5 septembre 1781. L’amiral canonne les mâts des navires ennemis et les entraîne à sa suite jusqu’au milieu de l’Atlantique. Puis, tandis que les Anglais bifurquent vers New York, il revient vers Chesapeake pour prévenir le débarquement de troupes anglaises.

Privée de secours, la garnison de Yorktown n’a bientôt plus d’autre recours que de se rendre. Le général O’Hara, adjoint de Cornwallis, tend son épée au comte de Rochambeau. Mais celui-ci refuse et c’est à George Washington, le chef des rebelles américains, que le vaincu doit remettre son épée et se rendre.

L’Angleterre conserve de solides positions au nord du pays et au Canada. Mais à Londres, les partisans d’un traité de paix prennent désormais le pas sur les jusqu’auboutistes.

Voir aussi:

Articles of Capitulation, Yorktown

(1781)

[The surrender of Cornwallis, arranged in these articles, virtually brought to a close the hostilities in the war between Great Britain and her American colonies, and assured the independence of the United States.]

Settled between his Excellency General Washington, Commander-in-Chief of the combined Forces of America and France; his Excellency the Count de Rochambeau, Lieutenant-General of the Armies of the King of France, Great Cross of the royal and military Order of St. Louis, commanding the auxiliary Troops of his Most Christian Majesty in America; and his Excellency the Count de Grasse, Lieutenant-General of the Naval Armies of his Most Christian Majesty, Commander of the Order of St. Louis, Commander-in-Chief of the Naval Army of France in the Chesapeake, on the one Part; and the Right Honorable Earl Cornwallis, Lieutenant-General of his Britannic Majesty’s Forces, commanding the Garrisons of York and Gloucester; and Thomas Symonds, Esquire, commanding his Britannic Majesty’s Naval Forces in York River in Virginia, on the other Part.

ARTICLE I.  The garrisons of York and Gloucester including the officers and seamen of his Britannic Majesty’s ships, as well as other mariners, to surrender themselves prisoners of war to the combined forces of America and France. The land troops to remain prisoners to the United States, the navy to the naval army of his Most Christian Majesty.

Granted.          1

Article II.  The artillery, arms, accoutrements, military chest, and public stores of every denomination, shall be delivered unimpaired to the heads of departments appointed to receive them.

Granted.          2

Article III.  At twelve o’clock this day the two redoubts on the left flank of York to be delivered, the one to a detachment of American infantry, the other to a detachment of French grenadiers.

Granted.          3

The garrison of York will march out to a place to be appointed in front of the posts, at two o’clock precisely, with shouldered arms, colors cased, and drums beating a British or German march. They are then to ground their arms, and return to their encampments, where they will remain until they are despatched to the places of their destination. Two works on the Gloucester side will be delivered at one o’clock to a detachment of French and American troops appointed to possess them. The garrison will march out at three o’clock in the afternoon; the cavalry with their swords drawn, trumpets sounding, and the infantry in the manner prescribed for the garrison of York. They are likewise to return to their encampments until they can be finally marched off.           4

Article IV.  Officers are to retain their side-arms. Both officers and soldiers to keep their private property of every kind; and no part of their baggage or papers to be at any time subject to search or inspection. The baggage and papers of officers and soldiers taken during the siege to be likewise preserved for them.

Granted.          5

It is understood that any property obviously belonging to the inhabitants of these States, in the possession of the garrison, shall be subject to be reclaimed.         6

Article V.  The soldiers to be kept in Virginia, Maryland, or Pennsylvania, and as much by regiments as possible, and supplied with the same rations of provisions as are allowed to soldiers in the service of America. A field-officer from each nation, to wit, British, Anspach, and Hessian, and other officers on parole, in the proportion of one to fifty men to be allowed to reside near their respective regiments, to visit them frequently, and be witnesses of their treatment; and that their officers may receive and deliver clothing and other necessaries for them, for which passports are to be granted when applied for.

Granted.          7

Article VI.  The general, staff, and other officers not employed as mentioned in the above articles, and who choose it, to be permitted to go on parole to Europe, to New York, or to any other American maritime posts at present in the possession of the British forces, at their own option; and proper vessels to be granted by the Count de Grasse to carry them under flags of truce to New York within ten days from this date, if possible, and they to reside in a district to be agreed upon hereafter, until they embark. The officers of the civil department of the army and navy to be included in this article. Passports to go by land to be granted to those to whom vessels cannot be furnished.

Granted.          8

Article VII.  Officers to be allowed to keep soldiers as servants, according to the common practice of the service. Servants not soldiers are not to be considered as prisoners, and are to be allowed to attend their masters.

Granted.          9

Article VIII.  The Bonetta sloop-of-war to be equipped, and navigated by its present captain and crew, and left entirely at the disposal of Lord Cornwallis from the hour that the capitulation is signed, to receive an aid-de-camp to carry despatches to Sir Henry Clinton; and such soldiers as he may think proper to send to New York, to be permitted to sail without examination. When his despatches are ready, his Lordship engages on his part, that the ship shall be delivered to the order of the Count de Grasse, if she escapes the dangers of the sea. That she shall not carry off any public stores. Any part of the crew that may be deficient on her return, and the soldiers passengers, to be accounted for on her delivery.              10

Article IX.  The traders are to preserve their property, and to be allowed three months to dispose of or remove them; and those traders are not to be considered as prisoners of war.             11

The traders will be allowed to dispose of their effects, the allied army having the right of preemption. The traders to be considered as prisoners of war upon parole.        12

Article X.  Natives or inhabitants of different parts of this country, at present in York or Gloucester, are not to be punished on account of having joined the British army.          13

This article cannot be assented to, being altogether of civil resort.    14

Article XI.  Proper hospitals to be furnished for the sick and wounded. They are to be attended by their own surgeons on parole; and they are to be furnished with medicines and stores from the American hospitals.    15

The hospital stores now at York and Gloucester shall be delivered for the use of the British sick and wounded. Passports will be granted for procuring them further supplies from New York, as occasion may require; and proper hospitals will be furnished for the reception of the sick and wounded of the two garrisons.              16

Article XII.  Wagons to be furnished to carry the baggage of the officers attending the soldiers, and to surgeons when travelling on account of the sick, attending the hospitals at public expense.     17

They are to be furnished if possible.   18

Article XIII.  The shipping and boats in the two harbours, with all their stores, guns, tackling, and apparel, shall be delivered up in their present state to an officer of the navy appointed to take possession of them, previously unloading the private property, part of which had been on board for security during the seige.

Granted.          19

Article XIV.  No article of capitulation to be infringed on pretence of reprisals; and if there be any doubtful expressions in it, they are to be interpreted according to the common meaning and acceptation of the words.

Granted.          20

Done at Yorktown, in Virginia, October 19th, 1781.

Cornwallis,

Thomas Symonds.     21

Done in the Trenches before Yorktown, in Virginia, October 19th, 1781.

George Washington,

Le Comte de Rochambeau,

Le Comte de Barras,

En mon nom & celui du

Comte de Grasse.

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