Nobel de la paix/2010: Liu Xiaobo sera-t-il l’Obama de la dissidence chinoise? (Only time can reveal the true face of Liu Xiaobo)

Bower in chief w Chinese PM (Ap. 10)

C’est donc la littérature, les discours d’Obama, que le jury Nobel célébrait... Guy Sorman
Le monde extérieur doit jouer la carte des Iraniens eux-mêmes, ne plus parler aux geôliers mais à ses prisonniers. Il ne faut pas retomber dans le piège du changement de sièges car le jeu de cartes est toujours identique même si les cartes qui sortent sont différentes. Reza Pahlavi
Renforcer les réformateurs modérés encourage les gens à coopérer avec le gouvernement, contribuant à stabiliser la situation politique en Chine et à retarder le moment où le peuple va renverser la dictature. Wei Jingsheng (dissident chinois exilé aux EU)
Le Prix Nobel est pour des gens qui défendent les droits de l’Homme. Il n’est pas de ceux-là. Il trompe les Occidentaux parce qu’ils ne parlent pas chinois. Diane Liu (blog San Mei, Chicago)
We are a group of exiled Chinese overseas writers, and dissidents, who are concerned about and have been participating in the Chinese democracy movement for many years. We have always condemned the persecutory conduct of the Chinese Communist Party (CCP) government, and we are equally opposed to the CCP’s current persecution of writer Liu Xiaobo. However, we do not consider that Liu Xiaobo qualifies as a candidate for the 2010 Nobel Peace Prize. (…) Liu Xiaobo (…) said in his “I have no enemies” statement that the Chinese government “recognizes universal standards of human rights.” This is consistent with his conduct after the Tiananmen movement of 1989. Back then in a speech broadcast across the national television network, he helped the CCP to cover up its massacre during the June 4th movement. Because of these deeds and conduct, he has lost the moral image fit for a Nobel Peace Prize recipient.
The point of dispute among the Chinese dissidents is this: How do we confront the totalitarian rule of the CCP? This dispute divides Chinese dissidents into those who favor change through resistance and those who favor change through cooperation. The former completely negate the totalitarian Communist system, calling for the people to reject dictatorship and establish a democratic government; the latter cooperate with the CCP, hoping to work with it to establish a “democratic system.” The existence of such severe differences among the Chinese dissidents, plus the CCP intelligence operation’s infiltration and buying off, makes the ranks of dissidents highly complex. The current Chinese democracy movement is as chaotic and complicated as the resistance movements before the collapse of the Communist parties in the Eastern European countries. It is our belief that perhaps only time can reveal the true face of Liu Xiaobo as a controversial figure and representative of the “cooperative faction.” Overseas Chinese Concerned with Chinese Democracy
Liu Xiaobo n’a pas constitué de parti, n’a pas agi, il a seulement exprimé ses idéaux et il a été condamné à onze ans de travaux forcés. Cela en dit long sur le pays. Wu (dissident chinois ayant passé presque 20 ans dans les camps de travail chinois, exile a Washington)
Un gouvernement qui n’est pas responsable face à son propre peuple ne peut être responsable face au reste du monde. (…) Ne pas vouloir offenser la Chine signifie qu’ils ne peuvent aider (…)  le peuple chinois à jouir de ses droits (…) Si le monde est indifférent, il porte une grande part de la responsabilité. Bao Tong (ami personnel de Zhao Ziyang)
Tant que le parti ne reverra pas son jugement sur le 4 juin, et ne reconnaîtra pas que c’était un mouvement patriotique et démocratique, la démocratie ne pourra pas avancer ici. Cela veut dire que tout ce qu’ils nous racontent sur la démocratie en marche et les droits de l’Homme ne sont que mensonges. Qi Zhiyong (ancien étudiant ayant perdu une jambe sous les balles le 4 juin)
Le gouvernement chinois ne semble pas être conscient de l’ironie de ses actes, car ses efforts pour étouffer la Charte 2008 ne font que souligner l’incapacité de la Chine à se conformer aux principes mêmes qu’elle avance. Howard Berman (président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, octobre 2009)
Si le juge viole la Constitution et ne connaît pas l’histoire du Parti… et produit des accusations fausses et incorrectes, cela ternira sérieusement l’image du pays et du Parti, et il sera difficile de montrer que la Chine est un pays régi par la loi et une société harmonieuse. Anciens dignitaires chinois (janvier 2010)
Je crois que la liberté d’expression est indispensable partout. Que ce soit dans un pays en train de se développer, ou dans un pays développé. Du reste, la liberté d’expression figure dans notre Constitution. Vous ne savez pas tout sur ce point : en Chine, il y a environ 400 millions d’utilisateurs d’Internet et 800 millions d’abonnés dans le secteur de la téléphonie mobile. Ils peuvent accéder au Web pour exprimer leurs opinions, même les plus critiques. Moi, je me connecte assez souvent et je lis des commentaires très critiques à l’égard du travail du gouvernement, même s’il y en a aussi qui le félicitent. (…) Je dis souvent que la question n’est pas seulement la liberté d’expression ; on devrait surtout créer des bonnes conditions pour critiquer le travail du gouvernement. C’est seulement dans un contexte de supervision et pouvoir critique du peuple que le gouvernement se trouve dans la possibilité d’améliorer son travail et que les fonctionnaires peuvent réellement “servir le peuple”. (…) Le peuple chinois et moi avons la conviction que la Chine continuera à se développer et que les espoirs de démocratie et de liberté du peuple sont irrésistibles. Wen Jiabao (CNN, 03.10.10)
(Cette attribution représente) une occasion en or pour ceux qui, au sein du Parti communiste, souhaitent apporter leur contribution à la transformation historique vers un système démocratique. (…). Les conditions objectives de la réforme sont mûres. La mise en place d’un nouveau système ne signifie pas une révolution violente et un chaos à l’échelle nationale. Le Parti communiste doit se débarrasser de sa vieille voiture, prendre un chemin nouveau et créer un nouvel espace. Jin Zhong (directeur de Kaifang magazine, South China Morning Post, 12.10. 10.)
Si, la Chine est une démocratie. Jin Chunlei (porte-parole de l’ambassade de Chine en France, tribune du Monde, 07.07.10)
This year, the Nobel Peace Prize was again conferred on a dissident and human rights activist like Sakharov, China’s Liu Xiaobo. The Chinese laureate will not be able to travel to Oslo to collect his award in person, as he has just begun serving an 11-year prison term back home for allegedly plotting a coup. History repeats itself: Sakharov could not come to Oslo for his Nobel, either, as he was living in internal exile at the time. (…) It is hard to say whether this year’s award to the Chinese dissident, in keeping with the Solzhenitsyn-Sakharov model, is a harbinger of a new cold war between the West and China. But there can be no doubt that Beijing will take this as an unfriendly, politically motivated gesture. Nikolai Troitsky
Au moment où la Chine réussissait à se faire accepter comme un acteur important sur la scène internationale, où elle développait son « soft power », la décision du comité Nobel la ravale au rang d’un Etat policier ordinaire. (…) Les dirigeants du Parti communiste peuvent-ils accepter longtemps que la Chine soit ravalée au rang de l’Allemagne hitlérienne, ou de la junte birmane, seuls régimes à avoir maintenu un Prix Nobel de la paix en prison ? Peuvent-ils se permettre d’être plus durs que l’Union soviétique de Brejnev et empêcher l’épouse de Liu Xiaobo d’aller recevoir le prix, alors qu’Elena Bonner, l’épouse de Sakharov, avait pu se rendre à Oslo ? Jean-Philippe Béja (chercheur au CNRS et au CERI-Sciences Po)
Est-ce à dire que le pouvoir central serait divisé, entre le président Hu Jintao, plus orthodoxe, et son premier ministre Wen, plutôt libéral ? Ou assiste-t-on à un jeu de rôles, celui du méchant étant dévolu à M. Hu, tandis que le gentil Wen serait chargé de peaufiner le discours attendu par l’étranger pour calmer les tensions ? Les deux hypothèses ne sont pas forcément contradictoires. En tout cas, pour l’heure, il est impossible de répondre. De toute façon, la « démocratie » version Wen ne signifie pas le droit de vote, la fin du parti unique, le pluralisme politique, et l’absence de contrôle étatique sur les médias. Elle vise plutôt à une démocratisation interne au Parti communiste passant par la reconnaissance des « courants » ainsi que par des formes de délibérations publiques associant la population. Cela s’appelle la « voie chinoise ». Martine Bulard (blog diplo)

Non-remise en cause du dogme fondamental du parti unique, refus de condamner clairement le massacre de Tienanmin, déclarations vantant de prétendus progrès dans la democratisation du régime, conditions de détention apparemment de faveur, publications de demi-critiques d’anciens ou actuels pontes  du régime, pétitions d’intellectuels sans leur accord …

Le Comité Nobel vient-il, après le prix des belles paroles de l’an dernier et sous les memes vivats d’un Occident encore une fois unanime, de primer un nouvel Obama de la dissidence chinoise?

Et ainsi, comme tentent de le rappeler de bien seuls dissidents en exil, faire a l’iranienne le jeu de la démocratie Potemkine avec son éternel jeu de factions prétendument modérées et de faux opposants?

Ou, grisés par leurs succès économiques face à l’habituelle pusillanimité occidentale (mais quelle liberté de critique garder quand l’atelier du monde devient aussi le renfloueur de ses banques, voire de son kimchi?), les autocrates chinois seraient-ils, 35 ans après leurs prédécesseurs sovietiques, en train de se fabriquer leur propre Sakharov et ainsi précipiter leur chute?

A letter to the Nobel Peace Prize Committee and Mr. Havel

from Overseas Chinese Concerned with Chinese Democracy

To: Nobel Peace Prize Committee

Copied to:

Dalai Lama

Desmond Tutu

Herta Müller, 2009 Nobel Prize Laureate in Literature

U.S. State Department

U.S. Congress

U.S. National Endowment for Democracy Foundation

U.S. Human Rights Organizations

International Human Rights Organizations

European Parliament

Respected Nobel Prize Committee and Mr. Vaclav Havel:

We are a group of exiled Chinese overseas writers, and dissidents, who are concerned about and have been participating in the Chinese democracy movement for many years. We have always condemned the persecutory conduct of the Chinese Communist Party (CCP) government, and we are equally opposed to the CCP’s current persecution of writer Liu Xiaobo.

However, we do not consider that Liu Xiaobo qualifies as a candidate for the 2010 Nobel Peace Prize. As recently as December 23, 2009, he made a statement entitled “I have no enemies—my final statement” during his trial after being detained for nearly a year. This statement was released to Radio Free Asia and Voice of Germany by his wife on January 21, 2010.

In this statement, he whitewashed the Communist regime’s appalling human rights record and legal system, based on only his own special treatment by the CCP justice system during his detention. He also contradicted himself by first saying that the CCP was criminalizing him for his speech, and then praising the CCP for putting “respecting and protecting human rights” into the constitution, saying that “it is a sign that human rights have become one of the fundamental principles of Chinese law.” Also in this statement, he praised the CCP prison system for its “tender management,” “offering inmates a humane living environment,” and “making them feel warm.”

At the same time that Liu Xiaobo was receiving “tender and humane” special treatment in jail, under the same totalitarian regime, in the same year, under the same legal system, Chinese human rights lawyer Gao Zhisheng and other prisoners of conscience were suffering from brutal tortures as atrocious as electric shocks to the genitals by the police.

Liu Xiaobo clearly knew that the CCP was deliberately giving him special lenient treatment while ruthlessly brutalizing Mr. Gao Zhisheng and other prisoners of conscience. But he still said in his “I have no enemies” statement that the Chinese government “recognizes universal standards of human rights.” This is consistent with his conduct after the Tiananmen movement of 1989. Back then in a speech broadcast across the national television network, he helped the CCP to cover up its massacre during the June 4th movement. Because of these deeds and conduct, he has lost the moral image fit for a Nobel Peace Prize recipient.

As everyone knows, the CCP has always refused to share power with any force outside the government. It also views anyone who demands it to relinquish its dictatorship as “hostile forces.” These “hostile forces” are subjected to brutal persecution by the CCP, regardless of whether the demand was in the form of resistance or gentle suggestions, including Liu Xiaobo’s Charter 08, which tries to persuade the CCP to adopt democracy. Liu’s arrest this time again demonstrates the fantasy that the CCP regime will reform itself and peacefully transition into a democracy. It also shows that Liu Xiaobo’s path of persuasion and advice can only lead to a dead end.

Liu Xiaobo is free to say whatever he wants, but as a public-figure “dissident,” his disregard for facts and open praise for the CCP regime that tramples on human rights, and his attempt to both defend himself and exonerate the CCP, all set a precedent of confounding truth and falsehood that misguides and negatively impacts the Chinese democracy movement.

The point of dispute among the Chinese dissidents is this: How do we confront the totalitarian rule of the CCP? This dispute divides Chinese dissidents into those who favor change through resistance and those who favor change through cooperation. The former completely negate the totalitarian Communist system, calling for the people to reject dictatorship and establish a democratic government; the latter cooperate with the CCP, hoping to work with it to establish a “democratic system.”

The existence of such severe differences among the Chinese dissidents, plus the CCP intelligence operation’s infiltration and buying off, makes the ranks of dissidents highly complex. The current Chinese democracy movement is as chaotic and complicated as the resistance movements before the collapse of the Communist parties in the Eastern European countries. It is our belief that perhaps only time can reveal the true face of Liu Xiaobo as a controversial figure and representative of the “cooperative faction.”

Finally, we would like to clarify that we are opposed to any infringements on freedom and human rights by the CCP. We also consider it illegal to criminalize free speech and persecute and imprison either those who try to bring change through resistance or those who try to achieve reform through cooperation.

Nonetheless, awarding the Nobel Peace Prize to Liu Xiaobo, with his defective image and being a representative of the “cooperative faction,” will have a negative impact on the Chinese peoples’ struggle for human rights, freedom, and democracy.

To inspire the Chinese people currently struggling against the brutal tyranny of the CCP, with respect to the selection of Chinese candidates for the Nobel Peace Prize, we hope that the Nobel Committee will consider those individuals who have made real contributions to the struggle for freedom, human rights and democracy in China. They are, for example,  Gao Zhisheng and Hu Jia who are currently being persecuted by the CCP, and Dr. Gao Yaojie who just fled China to escape persecution.

Sincerely and respectfully yours,

Co-signers:

Bian Hexiang Anti-CCP activist. Member, Central Committee of Chinese

Social Democratic Party; Chairman, The Coalition of Guards For American Values, Inc.; blacklisted by CCP for the pursuit of freedom and democracy in China and support for Fanlun Gong’s struggle against persecution. Now living in New York City, USA.

Huan Xuewen Freelance writer. Passport invalidated by CCP in 1992 for joining overseas independent students and scholars organizations and opposing the 1989 massacre by CCP. Now living in Essen, Germany.

Liu Guohua Anti-CCP activist, Former Associate Professor of Northeastern University, China. Vice Chairman, The Coalition of Guards For American Values, Inc. Now living in New York City, USA.

Liu Xiaodong Freelance writer, Pen name: San Mei. Blacklisted by CCP for supporting and participating in Chinese pro-democracy movements. Now living in Chicago, USA.

Lu Decheng Anti-CCP activist. Sentenced to imprisonment for 15 years for participating in the 1989 Tiananmen pro-democracy movement and defacing Mao’s portrait on Tiananmen with paint-filled eggs; released on parole in 1998. Now living in Calgary, Canada.

Su Junyan Freelance writer. Senior political critic, graduate of Department of History, Beijing University. Persecuted by CCP for expressing political views during the June 4th movement and sentenced to imprisonment; won the United Nations’ political asylum.        Now living in Toronto, Canada.

Tang Boqiao Chairman, China Peace and Democracy Federation. Sentenced to imprisonment for three years for participating and organizing the 1989 pro-democracy movement, and served for 18 months. Now living in New York City, USA.

Wang Gongbiao Human rights activist. Suffered from discrimination by the CCP government due to family origin, persecuted by CCP for free speech, exiled to Australia and won political asylum there. Now living in Sydney, Australia.

Wang Shenglin Chinese dissident, Senior Financial Information Analyst at HSBC. Blacklisted by CCP for supporting and participating in Chinese pro-democracy movements. Now living in Chicago, USA.

Wu Fan Anti-CCP activist. Chief Editor, China Affairs, member of Independent Chinese PEN Centre; member, Coordinating Committee of Chinese Liberal Culture Movement; labeled as a rightist by CCP in 1957, charged as a reactionary and sentenced to imprisonment for 20 years in 1968; served in labor camp for 12 years; released in November, 1979, and then taught in Anhui Teachers College, China. Now living in Los Angeles, USA.

Xiao Hong Freelance writer. Now living in Denmark.

Xiao Jing Manager, Broad Book USA. Rose against CCP for mother’s persecution by CCP for practicing Falun Gong; Canadian citizen. Now living in New York City, USA.

Xiong Yan Participant in the 1989 Tiananmen student pro-democracy movement. Arrested and sentenced to imprisonment on June 14, 1989; released in January, 1991; currently serving in US Army as Army Priest. Now living in Alabama, USA.

Xu Shuiliang Anti-CCP activist. Devoted to Chinese pro-democracy movement from 1973; jailed twice from 1975-1979 and May 1981- May 1991 for supporting and participating in Chinese pro-democracy movements. Now living in New York City, USA.

Xu Yi Associate Professor at University College London, UK. Blacklisted by CCP for supporting and participating in Chinese pro-democracy movements, and denied passport renewal for many years. Now living in London, UK.

Yuan Hongbing Freelance writer, jurist, founder of Chinese Liberal Culture Movement. Arrested by CCP for participating in the 1989 Tiananmen pro-democracy movement; exiled to Guizhou, China; sought political asylum in Australia in 2004. Now living in Sydney, Australia.

Zeng Dajun Teacher. Now living in New York City, USA.

Zhang Guoting Anti-CCP activist, Internet writer. Arrested and sentenced to labor camp in 1960 at age 16, subsequently sentenced to life imprisonment for reactionary crimes, served in prison for 22 years, released in 1982 and fled to Denmark. Now living in Denmark.

Zhong Weiguang Freelance writer. Blacklisted by CCP for publications that point out the problems of Communism and Communist culture, and articles that criticize the CCP government; passport invalidated by CCP in 1997. Now living in Essen, Germany.

Contact persons:

Diane Xiaodong Liu

Email: DianeLiu28@sbcglobal.net This e-mail address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it

Tel: 312-733-8123

Voir aussi:

Second letter to the Nobel Peace Prize Committee

from Overseas Chinese Concerned with Chinese Democracy

October 5, 201

To: Nobel Peace Prize Committee

Date:October 4, 2010

Respected Nobel Prize Committee:

We wrote to you in March this year to express our opinion that Mr. Liu Xiaobo is unsuitable as a candidate for the 2010 Nobel Peace Prize. Our reason is that as early as twenty years ago he collaborated with the totalitarian Chinese Communist Party (CCP) by making a speech on national TV denying CCP’s crime of murdering innocent students in Tiananmen Square.

In January 12th, 2009, nearly one year after he was illegally detained, he made a statement entitled “I have no enemies——my final statement” during his trial in a Beijing court. In this statement, he glorified the CCP’s prison system, and praised the CCP for putting “respecting and protecting human rights” into the constitution, and describing it as “a sign that human rights have become one of the fundamental principles of Chinese law.” His open praise in the last twenty years for the CCP, which has never stopped trampling human rights, has been extremely misleading and influential. Through these deeds he has lost the moral image fit for a Nobel Peace Prize recipient.

Additionally, we would like to inform you of a new development. That is, a letter entitled “Appeal for the Nobel Peace Prize for Liu Xiaobo” that someone recently sent to you has become a scandal, because the authors of the letter put all the names of a list in their possession on the letter as cosigners without their consent. In just a few days a number of people have issued statements on the Internet that their names had been used without their knowledge, and some of them did not even agree that Liu Xiaobo deserved the Prize. As far as we know, the following people have their names put on the letter without their consent: Yang Zi, Bei Ling, Deng Huanwu, Wang Zang, Liu Guokai, Xiong Yan,Zeng Dajun.

Most unfortunately, Ms. Yang Zi, whose name was also unwittingly included, is the wife of the well-known dissident writer Wang Ruowang. Wang wrote a long article over ten years ago criticizing Liu Xiaobo’s collaboration with the CCP. However, nine years after his death, his wife’s name was used to support Liu Xiaobo. In her phone call to the web writer San Mei, Yang Zi expressed her disappointment for the un-consented use of other people’s names, and said that many more than the above-mentioned names were also used without consent. Mr. Bei Ling, whose name was also unwittingly included, is the Chinese translator of Vaclav Havel’s book. In his article “It is freedom, not laureate”, published on September 30, 2010, he said that “I was really unexpected to see myself as a cosigner of a letter with the title ‘Appeal for the Nobel Peace Prize for Liu Xiaobo’, because I had never received from any person or organization a request for my signature on the letter, and I have never signed my name on the letter.”

Attorney Jiang Tianyong from Beijing also issued a statement on October 1, 2010 to withdraw his signature from the appeal letter. In his statement he explained his reason for the withdrawal: “I was deeply disappointed by those who always manage to defame Gao Zhisheng, Hu Jia and Chen Guangcheng when appealing for giving Liu Xiaobo the 2010 Nobel Peace Prize. When even the life or death of Gao Zhisheng is still unknown, when the whole family of Chen Guangcheng is being persecuted even as of today, and when Hu Jia is being imprisoned despite incurable diseases, how can I blow the same horn as those who persistently try to put them down?”

Such acts of using other people’s name without their consent and degrading other imprisoned lawyers is not only cheating the Nobel Prize Committee and the Western world, but also damaging the name of the Chinese dissidents, which makes the image of Liu Xiaobo even worse. We hope the Nobel Prize Committee will become aware of this situation.

Finally, Mr. Liu Xiaobo has been sued in the US Federal Court in a civil rights case, which is filed on August 30, 2010 (see web link at http://dockets.justia.com/docket/new-york/nysdce/1:2010cv06444/367294/)

This law suit has once again made Liu Xiaobo extremely controversial among Chinese dissidents. His nomination has also been questioned by more people.

Based on the afore-mentioned three reasons, we urge the Nobel Committee to seriously consider our opinion, namely, as a highly controversial figure, Mr. Liu Xiaobo has lost the moral image fit for a Nobel Peace Prize recipient.

Sincerely and respectfully yours,

Co-signers:

Bian Hexiang

Anti-CCP activist. Member, Central Committee of Chinese Social Democratic Party; Chairman, The Coalition of Guards For American Values, Inc.; blacklisted by CCP for the pursuit of freedom and democracy in China and support for Fanlun Gong’s struggle against persecution. Now living in New York City, USA.

Huan Xuewen

Freelance writer. Passport invalidated by CCP in 1992 for joining overseas independent students and scholars organizations and opposing the 1989 massacre by CCP. Now living in Essen, Germany.

Liu Guohua

Anti-CCP activist, Former Associate Professor of Northeastern University, China. Vice Chairman, The Coalition of Guards For American Values, Inc. Now living in New York City, USA.

Liu Xiaodong

Freelance writer, Pen name: San Mei. Blacklisted by CCP for supporting and participating in Chinese pro-democracy movements. Now living in Chicago, USA.

Lu Decheng

Anti-CCP activist. Sentenced to imprisonment for 15 years for participating in the 1989 Tiananmen pro-democracy movement and defacing Mao’s portrait on Tiananmen with paint-filled eggs; released on parole in 1998. Now living in Calgary, Canada.

Wang Shenglin

Chinese dissident, Senior Financial Information Analyst at HSBC. Blacklisted by CCP for supporting and participating in Chinese pro-democracy movements. Now living in Chicago, USA.

Wu Fan

Anti-CCP activist. Chief Editor, China Affairs, member of Independent Chinese PEN Centre; member, Coordinating Committee of Chinese Liberal Culture Movement; labeled as a rightist by CCP in 1957, charged as a reactionary and sentenced to imprisonment for 20 years in 1968; served in labor camp for 12 years; released in November, 1979, and then taught in Anhui Teachers College, China. Now living in Los Angeles, USA.

Xiao Hong

Freelance writer. Now living in Denmark.

Xiao Jing

Manager, Broad Book USA. Rose against CCP for mother’s persecution by CCP for practicing Falun Gong; Canadian citizen. Now living in New York City, USA.

Xu Shuiliang

Anti-CCP activist. Devoted to Chinese pro-democracy movement from 1973; jailed twice from 1975-1979 and May 1981- May 1991 for supporting and participating in Chinese pro-democracy movements. Now living in New York City, USA.

Xu Yi

Associate Professor at University College London, UK. Blacklisted by CCP for supporting and participating in Chinese pro-democracy movements, and denied passport renewal for many years. Now living in London, UK.

Yuan Hongbing

Freelance writer, jurist, founder of Chinese Liberal Culture Movement. Arrested by CCP for participating in the 1989 Tiananmen pro-democracy movement; exiled to Guizhou, China; sought political asylum in Australia in 2004. Now living in Sydney, Australia.

Zhang Guoting

Anti-CCP activist, Internet writer. Arrested and sentenced to labor camp in 1960 at age 16, subsequently sentenced to life imprisonment for reactionary crimes, served in prison for 22 years, released in 1982 and fled to Denmark. Now living in Denmark.

Zhong Weiguang

Freelance writer. Blacklisted by CCP for publications that point out the problems of Communism and Communist culture, and articles that criticize the CCP government; passport invalidated by CCP in 1997. Now living in Essen, Germany.

Contact persons:

Diane Xiaodong Liu

Email: DianeLiu28@sbcglobal.net

Tel: 312-733-8123 begin_of_the_skype_highlighting              312-733-8123      end_of_the_skype_highlighting

Voir egalement:

Nobel à Liu Xiaobo: des dissidents chinois en exil critiquent ce choix

La Croix/AFP

11/10/2010 14:35

Des dissidents chinois en exil aux Etats-Unis, dont Wei Jingsheng, ont mis en cause l’attribution du prix Nobel de la paix à Liu Xiaobo, le considérant parfois comme trop modéré, quand d’autres ont salué le courage d’un opposant resté dans son pays.

« Renforcer les réformateurs modérés encourage les gens à coopérer avec le gouvernement, contribuant à stabiliser la situation politique en Chine et à retarder le moment où le peuple va renverser la dictature », a déclaré à l’AFP Wei Jingsheng, considéré comme le père du mouvement démocratique en Chine.

Des « dizaines de milliers » de Chinois méritent le prix, y compris Gao Zhisheng, un avocat spécialisé dans les droits de l’Homme, et Chen Guangcheng, qui a dénoncé les abus de la politique de l’enfant unique, selon M. Wei, qui a passé près de vingt ans dans les geôles chinoises pour avoir réclamé la démocratie.

Libéré après une intervention du président américain Bill Clinton, il vit en exil à Washington. Son nom a circulé par le passé pour le prix Nobel.

Premier citoyen chinois à obtenir le prix Nobel de la paix, l’écrivain Liu Xiaobo, 54 ans, un des auteurs de la « Charte 08 » qui réclamait une Chine démocratique, purge une peine de onze ans de prison pour « subversion ».

Le régime chinois a estimé que lui attribuer le prix de la paix était contraire aux principes du prix Nobel.

Dans une initiative controversée, un groupe de Chinois en exil a écrit une lettre ouverte au comité Nobel affirmant que Liu ne le méritait pas. Wei ne faisait pas partie des signataires.

Diane Liu, qui tient un blog sous le nom de San Mei, et a aidé à rassembler les signataires, accuse Liu de négliger la répression du mouvement spirituel Falun gong, interdit depuis 1999.

« Le Prix Nobel est pour des gens qui défendent les droits de l’Homme. Il n’est pas de ceux-là », affirme Mme Liu, qui vit à Chicago. « Il trompe les Occidentaux parce qu’ils ne parlent pas chinois ».

D’autres dissidents en exil ont à l’inverse salué le courage de Liu Xiaobo.

« Liu Xiaobo n’a pas constitué de parti, n’a pas agi, il a seulement exprimé ses idéaux et il a été condamné à onze ans de travaux forcés. Cela en dit long sur le pays », explique Harry Wu, qui a passé presque vingt ans dans les camps de travail chinois. Basé à Washington, il fait campagne sur les réseaux sociaux pour sa libération.

Le choix d’un dissident plutôt qu’un autre était « délicat » pour le comité Nobel, relève Timothy Cheek, expert de la dissidence à l’université de Colombie britannique à Vancouver (Canada).

Selon lui, le fait que Liu soit privé de liberté a joué en sa faveur, donnant au prix un plus grand impact que s’il avait été décerné à un ancien prisonnier, comme Wei ou Wu.

« Liu Xiaobo est important pour deux choses: il critique le gouvernement et il vit en Chine. Et pour faire cela et rester vivant, il faut faire des compromis », explique M. Cheek.

« C’est un démocrate, un militant des droits de l’Homme. Mais il est prêt à faire des ajustements tactiques et le plus important a été de rester en Chine. Il n’a pas abordé certains thèmes dont nous parlons à l’étranger », mais « on ne vit pas en Chine, avec la police au coin de la rue », relève-t-il.

« Liu est un héros parmi d’autres héros », a estimé de son côté Christopher Smith, représentant républicain du New Jersey (est), instigateur en février d’une lettre d’élus américains recommandant au comité Nobel Liu, Gao ou Chen. « Je crois que dans les goulags chinois, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Cela leur donnera à tous l’espoir que le monde les soutient ».

Voir de meme:

Le prix Nobel de la paix remis à Liu Xiaobo pourrait diviser le pouvoir à Pékin

Le Monde

14.10.10

Le prix Nobel de la paix attribué à Liu Xiaobo pour sa « longue lutte non violente en faveur des droits fondamentaux de l’homme en Chine » constitue un encouragement important pour tous ceux qui, aujourd’hui, dans ce pays, se battent pour défendre leurs droits – paysans chassés de leurs terres par les entrepreneurs liés aux gouvernements locaux, locataires expulsés de leur logement par des promoteurs avides proches des autorités, etc. Il réconfortera aussi les avocats défenseurs des droits de l’homme menacés par les autorités, les journalistes dénonciateurs des scandales qui se font licencier, et tous les acteurs du mouvement de défense des droits civiques (weiquan yundong), nouvel avatar du mouvement pour la démocratie apparu, en Chine, au début de ce siècle.

Mais à part ce réconfort moral, quels seront les effets politiques de l’attribution de ce prix ? La première réaction des autorités a consisté à bloquer la nouvelle sur tous les sites Internet. Toutefois, nous ne sommes plus au XXe siècle et, malgré toutes les tentatives, la nouvelle atteindra les 400 millions d’internautes du pays.

Quelle sera la réaction du pouvoir ? Dans un premier temps, comme de rigueur, il a dénoncé ce « dévoiement » du prix Nobel, et la presse officielle s’est déchaînée contre les membres du comité Nobel, l’Occident, la Norvège. Toutefois, alors que le black-out avait été décidé, le ministère des affaires étrangères, en affichant un communiqué incendiaire sur son site, a paradoxalement permis aux internautes ordinaires d’apprendre que Liu Xiaobo avait obtenu le prix Nobel de la paix. Le lendemain, l’hebdomadaire Caijing publiait, sur son site, à la fois le communiqué du comité Nobel et celui du ministère des affaires étrangères. On voit que même des organismes officiels ont contribué à diffuser cette nouvelle.

Il ne fait guère de doute qu’en 2008 l’arrestation de Liu Xiaobo n’a pas fait l’unanimité. En témoigne le fait qu’il a fallu plus de six mois pour l’arrêter formellement, et encore plus de six mois pour annoncer sa condamnation. Cette décision a, selon toute vraisemblance, été prise au plus haut niveau, et montre que le numéro un chinois a décidé de punir sévèrement ceux qui osaient s’opposer ouvertement à lui, même s’ils étaient connus à l’étranger. Devant la multiplication des conflits dans la société chinoise, le président chinois, Hu Jintao, a opté pour le renforcement des organes de répression.

Une administration du « maintien de la stabilité » (weiwen) a été créée à tous les échelons, et un budget équivalent à celui de la défense nationale, 514 milliards de yuans (55 milliards d’euros), lui a été affecté. A Pékin, mais aussi dans les chefs-lieux de district, des sommes importantes sont consacrées à la surveillance des « éléments suspects » qui ne peuvent se déplacer sans une forte escorte de policiers en civil. Ce déploiement de forces de police n’a toutefois pas empêché la multiplication des affrontements, et les rapports entre les citoyens et la police ou les représentants du pouvoir sont exécrables.

Cette situation n’est pas du goût de tous et, depuis un an, des voix critiques s’élèvent. Au printemps, des éditoriaux et un rapport de la prestigieuse université Tsinghua, à Pékin, ont dénoncé la politique de « maintien de la stabilité » : « Plus on accorde d’importance à la stabilité sociale, plus une partie des gouvernements locaux ne peut supporter l’expression des intérêts des masses populaires. »

Ce rapport demandait le respect des droits des citoyens et la possibilité, pour eux, de créer des « canaux indépendants » pour exprimer leurs opinions. Il concluait : « Le maintien de la stabilité ne doit pas devenir un instrument de défense des intérêts des forts. »

Au printemps, puis à l’été, les articles et les discours du premier ministre, Wen Jiabao, ont également fait entendre un autre son de cloche. Après avoir écrit un article à la gloire de l’ancien secrétaire général réformateur du Parti, Hu Yaobang, dont la mort avait provoqué le mouvement pour la démocratie du printemps 1989, Wen a prononcé, lors du trentième anniversaire de la fondation de la zone économique spéciale de Shenzhen, un discours dans lequel il affirmait que « sans réforme du système politique, les avancées de la réforme économique ne seront pas garanties ».

Loin de nous l’idée d’affirmer que le Parti communiste chinois est en proie à un nouvel épisode de la « lutte entre les deux lignes » chère à Mao Zedong, avec Wen Jiabao comme chef des réformateurs. Mais, à deux ans de la fin du mandat des dirigeants suprêmes, il semble que l’on assiste à la fin du « consensus post-89 » : pas de frein à l’innovation dans le domaine de la réforme du système économique, mais pas de réforme du système politique.

Il fallait à tout prix empêcher l’apparition d’une lutte entre « réformateurs » et « conservateurs » comparable à celle des années 1980, et également empêcher l’émergence d’organisations autonomes. Celles-ci, en effet, risquaient de représenter un défi au monopole du Parti sur le champ politique, condition indispensable de la « stabilité » qui l’emporte sur tout.

Depuis deux décennies, le pouvoir a agi pour étouffer dans l’oeuf les tentatives d’organisation autonome. C’est cette politique qui a conduit à l’arrestation de Liu Xiaobo. Ceux qui ne partagent pas cette conception ont été choqués par cette arrestation et la lourde condamnation qui a suivi. L’attribution du Nobel au dissident les a encore plus convaincus de la nocivité du système : au moment où la Chine réussissait à se faire accepter comme un acteur important sur la scène internationale, où elle développait son « soft power », la décision du comité Nobel la ravale au rang d’un Etat policier ordinaire.

Lors du plénum du Parti communiste chinois, vendredi 15 octobre, il y a fort à parier que l’on discutera de l’attribution du prix Nobel, et que certains s’interrogeront sur l’efficacité du tout répressif, à l’intérieur comme à l’international. Certes, la teneur de ces débats ne filtrera pas dans un avenir proche. Liu Xia, l’épouse du Prix Nobel, et l’ensemble de ceux qui sont soupçonnés de proximité avec la dissidence, resteront l’objet d’une surveillance policière. Mais combien de temps cela peut-il durer ?

Les dirigeants du Parti communiste peuvent-ils accepter longtemps que la Chine soit ravalée au rang de l’Allemagne hitlérienne, ou de la junte birmane, seuls régimes à avoir maintenu un Prix Nobel de la paix en prison ? Peuvent-ils se permettre d’être plus durs que l’Union soviétique de Brejnev et empêcher l’épouse de Liu Xiaobo d’aller recevoir le prix, alors qu’Elena Bonner, l’épouse de Sakharov, avait pu se rendre à Oslo ?

La société chinoise est aujourd’hui beaucoup plus plurielle que son homologue soviétique il y a trente-cinq ans. Quant au Parti communiste chinois, il n’est pas aussi uni qu’il y paraît, et des voix s’élèvent pour critiquer les partisans de la ligne dure. Dans ces conditions, on peut penser que l’attribution du Nobel à Liu Xiaobo permettra peut-être d’accélérer la fin du consensus post-89 et de rouvrir le débat à l’intérieur de la direction.

Voir de plus:

Nobel Prize: A weapon in the battle for peace?

Nikolai Troitsky

RIA Novosti

08/10/2010

The announcement of the 2010 Nobel Prize winners this week coincided with two anniversaries. October 2010 marks 35 years since Soviet physicist and dissident Andrei Sakharov was awarded the Nobel Peace Prize and 20 years since Soviet President Mikhail Gorbachev was awarded his.

This year, the Nobel Peace Prize was again conferred on a dissident and human rights activist like Sakharov, China’s Liu Xiaobo. The Chinese laureate will not be able to travel to Oslo to collect his award in person, as he has just begun serving an 11-year prison term back home for allegedly plotting a coup. History repeats itself: Sakharov could not come to Oslo for his Nobel, either, as he was living in internal exile at the time.

Fifteen years after awarding the Soviet dissident, the Nobel Committee turned its attention to the leader of the USSR’s Communist Party, Mikhail Gorbachev. It then spent the next 20 years touring the world, only to return to another campaigner for « fundamental human rights » living in a country that is a permanent UN Security Council member and whose political system is not necessarily based on Western democratic principles.

This zigzag belies a consistent strategy, in fact. The Nobel Committee’s U-turn from Sakharov to Gorbachev had less to do with a change in worldview of the Norwegian Nobel Committee than a tectonic shift in world politics. The Soviet Union turned from a competitor and a Cold War adversary of the West into a constructive partner, willing to meet its former rivals halfway. The country humbly retreated from Eastern Europe following the fall of the Berlin Wall. And it did so while Gorbachev was in power. So it was only natural that the Nobel went to him.

But what do the five sages of the Nobel Committee, elected by the Norwegian parliament, have to do with this, you may be asking yourself? Ideally, they should act as a modern-day Areopagus, removed from the nuts and bolts of world politics and concerned only with high, immortal values. As Alfred Nobel wrote in his will, the Peace Prize should be awarded to « the person who shall have done the most or the best work for fraternity between nations, for the abolition or reduction of standing armies and for the holding and promotion of peace congresses. »

However, such abstract categories cannot hold up against the harsh realities of life. And so the Nobel Peace Prize has always been extremely politicized. In the past few decades, the committee’s sympathies have been with the U.S.-NATO-Western Europe camp. To prove this, look at the last three Nobel Peace Prize laureates before Liu.

One is former U.S. Vice President Al Gore, honored for his work exploring the implications of global man-made climate change and developing measures to prevent them. Studying climate change is important, by all means, but this is more about science than the struggle for peace. As for preventive measures, the recent Icelandic volcano eruption and the heat wave that struck central Russia this past summer prove that no one has found a way yet to « manage » Mother Nature.

After Gore came Finland’s Marti Ahtisaari, the mastermind behind the harsh peace settlement in the former Yugoslavia along NATO and EU lines, a staunch supporter of the NATO’s bombing of Serbia, and an architect of Kosovo’s sovereignty. Far from peace, these efforts have escalated tensions in the Balkans, Europe’s powder keg.

U.S. President Barack Obama was awarded the peace prize last year, and not without controversy. To be sure, the committee had strayed from Nobel’s will repeatedly, but they were mostly minor deviations. Also, how committed some of the laureates actually were to peace – such as Henry Kissinger, Yassir Arafat, Le Duc Tho, Itzhak Rabin – remains in doubt. Even so, all of these people were awarded for some concrete peace-related achievements, such as signed peace treaties or approved roadmaps to peace. Those accords may have been broken later on and the roadmaps may have never led anywhere, but the important thing is to have some real, tangible result of a laureate’s efforts to promote peace – a result that would prove his or her commitment.

As for Obama, he had not produced any such result by the time the Nobel Peace Prize was announced. He was awarded in advance, for good intentions and election-year promises. The Nobel Committee took this unprecedented step in an apparent attempt to please a global power, which generated a lot of criticism. Some claimed that the committee had compromised its independent status and violated Nobel’s last wishes.

Awarding the 2010 Peace Prize to Liu fits in with the Nobel Committee’s trans-Atlantic strategy. During the height of the Cold War, the committee occasionally honored some of the most uncompromising and vehement opponents of the Soviet regime. In 1970, for instance, they awarded the literature prize to Alexander Solzhenitsyn. According to the committee’s official statement, he was awarded the prize for upholding the traditions of Russian classical literature, but this explanation could not be taken seriously. As for the Sakharov’s peace prize in 1970, it had clear political motivations.

It is hard to say whether this year’s award to the Chinese dissident, in keeping with the Solzhenitsyn-Sakharov model, is a harbinger of a new cold war between the West and China. But there can be no doubt that Beijing will take this as an unfriendly, politically motivated gesture.

Voir enfin:

Liu Xiaobo, premier prix Nobel chinois

Martine Bulard

Planete Asie

12 octobre 2010

En accordant le prix Nobel de la paix au dissident chinois Liu Xiaobo, le comité norvégien a, sans surprise, déclenché la colère de Pékin. D’autant plus forte que l’écrivain est le premier Chinois à obtenir cette reconnaissance internationale. Emprisonné depuis décembre 2009 pour avoir lancé la « Charte 08 », sur le modèle de la Charte 77 qui a contribué au succès des dissidents en Tchécoslovaquie, Liu Xiaobo avait déjà connu la prison aux lendemains des évènements de la Place Tiananmen en 1989.

Table des matières

* Tous égaux dans la censure

Si la Charte elle-même n’a pas recueilli un assentiment unanime parmi les intellectuels chinois les plus critiques à l’égard du régime — en raison notamment de ses références prégnantes aux systèmes occidentaux —, l’emprisonnement de Liu Xiaobo a provoqué des vagues bien au-delà des rangs habituels des protestataires. En début d’année, quatre anciens dirigeants du Parti communiste, dont l’ex-patron de l’agence de presse Chine nouvelle, ont écrit une « lettre ouverte aux dirigeants du parti et du gouvernement » pour dénoncer cet embastillement contraire aux principes de la Constitution et pour réclamer la liberté de l’écrivain, ainsi que de sa femme Liu Xia, toujours assignée à résidence (lire « La “Bande des quatre”, version Chine moderne », 28 janvier 2010). Une déclaration suffisamment rare pour être significative du débat qui agite une partie des élites du pays.

Fin septembre, le philosophe Xu Youyu, connu pour ses prises de position sans concession, rendait publique une lettre envoyée au comité du Prix Nobel pour le « presser d’attribuer le prix à Liu Xiaobo » : « Quand les autorités chinoises violent la Constitution, quand elles piétinent leur propre légalité, il faut qu’une voix extérieure, celle de la communauté internationale, les rappelle à la réalité. » (lire « Donnez le prix Nobel de la paix à Liu Xiaobo », Rue 89, 25 septembre 2010). C’est en effet au nom même de la légalité chinoise que la plupart des opposants se battent, et que les mouvements sociaux se développent.

Le gouvernement, lui, joue la carte du silence. Le commun des Chinois ignore toujours la distinction reçue par Liu Xiaobo. L’accès à l’appartement de Lu Xia est interdit et les quelques manifestants ont été arrêtés. A l’extérieur, le pouvoir tempête, rédige des déclarations intempestives contre ces « interventions dans les affaires intérieures chinoises ». Fermez le ban. Pourra-t-il en rester là ?

Fort habilement, Jin Zhong, le directeur de Kaifang magazine, s’adresse directement aux membres du Parti communiste. Cette attribution, représente, selon lui, « une occasion en or pour ceux qui, au sein du Parti communiste, souhaitent apporter leur contribution à la transformation historique vers un système démocratique. (…). Les conditions objectives de la réforme sont mûres. La mise en place d’un nouveau système ne signifie pas une révolution violente et un chaos à l’échelle nationale. Le Parti communiste doit se débarrasser de sa vieille voiture, prendre un chemin nouveau et créer un nouvel espace. » (« Medal Contention », South China Morning Post, 12 octobre 2010.)

Cette adresse montre que, au sein même du Parti communiste, des voix s’élèvent en faveur d’une ouverture plus grande et surtout d’un recul de l’arbitraire. Il n’est pas sûr que les pressions extérieures facilitent leur tâche ; elles peuvent au contraire favoriser un repli nationaliste dont usent abondamment les plus conservateurs. Certains font déjà remarquer que l’attribution du prix Nobel arrive comme par hasard en pleine querelle monétaire et commerciale avec Washington.

De leur côté, des dissidents chinois en exil aux Etats-Unis ont mis en cause le choix du comité Nobel, Liu Xiaobo apparaissant à leurs yeux « trop modéré ». Ainsi Wei Jingsheng, considéré en Occident comme le père de la dissidence chinoise à l’extérieur, estime-t-il que « renforcer les réformateurs modérés encourage les gens à coopérer avec le gouvernement, contribuant à stabiliser la situation politique en Chine et à retarder le moment où le peuple va renverser la dictature » (AFP, 11 octobre).

Tous égaux dans la censure Retour à la table des matières

La censure qui touche une partie des opposants a même frappé le numéro deux du régime, le premier ministre Wen Jiabao. Interrogé le 3 octobre par Fareed Zakaria, commentateur vedette de la chaîne américaine CNN, sur la censure touchant Internet et les blogueurs, M. Wen assure : « Je crois que la liberté d’expression est indispensable partout. Que ce soit dans un pays en train de se développer, ou dans un pays développé. Du reste, la liberté d’expression figure dans notre Constitution. Vous ne savez pas tout sur ce point : en Chine, il y a environ 400 millions d’utilisateurs d’Internet et 800 millions d’abonnés dans le secteur de la téléphonie mobile. Ils peuvent accéder au Web pour exprimer leurs opinions, même les plus critiques. Moi, je me connecte assez souvent et je lis des commentaires très critiques à l’égard du travail du gouvernement, même s’il y en a aussi qui le félicitent. (…) Je dis souvent que la question n’est pas seulement la liberté d’expression ; on devrait surtout créer des bonnes conditions pour critiquer le travail du gouvernement. C’est seulement dans un contexte de supervision et pouvoir critique du peuple que le gouvernement se trouve dans la possibilité d’améliorer son travail et que les fonctionnaires peuvent réellement “servir le peuple” ». Et de conclure : « Le peuple chinois et moi avons la conviction que la Chine continuera à se développer et que les espoirs de démocratie et de liberté du peuple sont irrésistibles. »

Or, dans la presse chinoise, ces commentaires iconoclastes ont été effacés. « Le premier ministre s’est fait “harmoniser” », titre Aujourd’hui la Chine, qui reprend ainsi l’expression courante pour désigner le caviardage officiel. Seuls les blogs ont repris et commenté les propos… sans censure.

Est-ce à dire que le pouvoir central serait divisé, entre le président Hu Jintao, plus orthodoxe, et son premier ministre Wen, plutôt libéral ? Ou assiste-t-on à un jeu de rôles, celui du méchant étant dévolu à M. Hu, tandis que le gentil Wen serait chargé de peaufiner le discours attendu par l’étranger pour calmer les tensions ? Les deux hypothèses ne sont pas forcément contradictoires. En tout cas, pour l’heure, il est impossible de répondre.

De toute façon, la « démocratie » version Wen ne signifie pas le droit de vote, la fin du parti unique, le pluralisme politique, et l’absence de contrôle étatique sur les médias. Elle vise plutôt à une démocratisation interne au Parti communiste passant par la reconnaissance des « courants » ainsi que par des formes de délibérations publiques associant la population. Cela s’appelle la « voie chinoise ».

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