Union européenne: Une fâcheuse géométrie variable (Back in the USSR: Former Soviet dissident warns of EU dictatorship)

L’anti-racisme sera le totalitarisme du XXIe siècle. Alain Finkielkraut
La destruction de l’URSS fut la plus grande catastrophe géopolitique du siècle. Poutine (le 25 avril 2005)
En tant que système de pensée, philosophie, organisation politique, le nazisme a été totalement réfuté, démantelé, ridiculisé, anéanti. Aucun intellectuel, à l’issue de la seconde guerre mondiale, ne pouvait prétendre soutenir la moindre théorie en rapport et garder son prestige et sa réputation. Le procès proprement dit vaut moins pour son déroulement que pour son symbolisme. (…) Concernant le communisme, il n’y a jamais eu de procès de Nuremberg et c’est un manquement crucial au démantèlement de cette idéologie criminelle. C’est la thèse que soutien Vladimir Bukovsky sur la fin de l’URSS, et force est de constater que ses arguments sont convaincants. Mis à part la pantalonnade du « putsch des généraux » de l’été 1991, il n’y a pas eu cette réfutation publique et totale du communisme. En ex-URSS, suite à la fin du régime les aparatchiks se sont empressés de se recycler dans le capitalisme d’Etat en se partageant le butin des régies d’Etat qui s’apprêtaient à être privatisées, et c’est désormais Vladimir Poutine, ancien colonel du KGB, qui est à la tête du pays. Faut-il s’en réjouir? Que la victoire sur l’Allemagne nazie aurait été amère si, dans les années 50, un Goebbels « repenti » s’était retrouvé élu à la Chancellerie fédérale! Stephane
Comme l’avait très bien montré Revel dans La Grande Parade, la plupart des communistes et socialistes européens, surtout français, n’ont pas tiré les leçons de l’écroulement du mur de Berlin et de l’échec de l’économie planifiée. Ils continuent à croire au Grand Soir en s’opposant systématiquement à l’économie libérale et aux valeurs de liberté individuelle. Leur aveuglement les a poussé à soutenir l’URSS jusqu’au bout et à croire en la perestroïka en l’arrosant de milliards de dollars (…) Ceux qui furent déçus de la chute de l’URSS font aussi partie des bâtisseurs de l’Europe communautaire  (…) La mauvaise compréhension de cet échec les a rendus nostalgiques d’un ordre bureaucratique dont les défauts ne pouvaient que cacher une réalité bien plus agreeable(…) C’est pourquoi ils ont essayé d’imaginer  cette Europe comme un ensemble d’Etats soumis à un centre administratif basé à Bruxelles. Pour l’instant, ils n’ont réussi que partiellement et, comme le dit Boukovsky, l’Europe « souffre aujourd’hui d’un syndrome brejnévien ». (…) Cette Europe s’est bâtie durant la période de la détente, euphémisme correspondant en fait aux phases qui permettaient aux Soviétiques de reprendre des forces et de consolider leurs « acquis » afin de mieux préparer de nouveaux coups. Seuls Reagan et Thatcher ne sont pas tombés dans ce piège. Plus tard, au temps de Gorbatchev, les Européens ont aveuglement soutenu son idée de « maison commune », une façon habile d’intégrer l’URSS moribonde dans un ensemble d’Etats « partageant les mêmes valeurs » de…. paix, protection sociale, de respect des frontières, des droits collectifs. C’est-à-dire une Europe intégrant l’Empire soviétique avec ses caractéristiques les plus déplorables. (…) Très instructives les déclarations de Mitterrand et de son « conseiller idéologique », Jacques Attali, sur cette « maison européenne » : « une grande idée pour converger les deux mondes socialistes » (Mitterrand). Bogdan Calinescu
Sur le plan culturel et civil, la mise en cause de la liberté de conscience et d’opinion d’un commissaire de formation et de confession catholiques, et la contestation de la distinction laïque faite par lui entre morale et loi, entre morale et droit, ont des relents intégristes, voire obscurantistes. Berlusconi
Le gonflement de l’appareil bureaucratique est l’un des traits immuables du socialisme. Vladimir Boukovsky (1981)
Pour continuer à exister, l’Union soviétique s’est étendue toujours plus loin. Dès qu’elle a cessé de s’étendre, elle a commencé à s’écrouler. Et je soupçonne qu’il en sera de même pour l’UE. (…) Comme l’Union soviétique, l’Union européenne porte en elle les germes de sa propre perte. Malheureusement, quand elle s’écroulera – et elle s’écroulera – elle laissera derrière elle une immense destruction et d’immenses problèmes économiques et ethniques. (…) J’ai vécu dans votre futur, et ça n’a pas marché. Vladimir Boukovsky
Bien sûr en Europe, celui qui pense autrement et qui ose exprimer son opinion sur des sujets sensibles, n’est pas envoyé au Goulag, mais les pressions qu’il subit sont telles qu’il est généralement condamné au silence ou à la marginalisation. J’ai peur que ce soit le début de quelque choses de plus grave. (…) Dans certains pays européens, la loi interdit d’exprimer des opinions négationistes, xénophobes, racistes, tout comme les incitations à la haine raciale ou l’apologie de crimes contre l’humanité. Il convient de constater à quel point la définition de tels délits peut être floue.
Déjà on constate une fâcheuse géométrie variable en ce qui concerne les opinions négationnistes : on peut être condamné à juste raison si l’on nie les crimes de Hitler. En revanche, pour une raison qui m’échappe, on reste libre de considérer Staline ou Mao Zedong ou Pol Pot comme de charmants bienfaiteurs de l’humanité et de le proclamer partout. Vladimir Boukovsky

Votes imposes, appels explicites a la convergence partis sociaistes europeens-URSS dite notre « maison commune européenne », multiplication de soviets directement élus par personne et ne rendant de compte à personne, dizaines de milliers de pages de règlements gosplaniques planifiant tout dans l’économie, dans les moindres details crime d’injures concernant les homosexuels des annees à l’avance, corruption de haut en bas a la soviétique de corruption, allant plutôt que de bas en haut, creation de nouveaux crimes politiquement corrects mais a geometire variable (opposition à l’immigration incontrôlée du tiers-monde et à la poursuite de l’intégration européenne assimiles au racisme et a la xénophobie, repression du negationnisme nazi mais pas de l’apologie du communisme), endoctrinement ideologique sociale-démocrate, étatiste et politiquement correct, candidat commissaire europeen recale et pasteur suédois persécuté pour pensee non conforme concernant l’homosexualité, crime d’injures concernant les homosexuels), endoctrinement ideologique sociale-démocrate, étatiste et politiquement correct, candidat commissaire europeen recale et pasteur suédois persécuté pour pensee non conforme concernant l’homosexualité…

L’Union europeenne serait-elle en voie de sovietisation?

Suite  a notre dernier billet sur la singuliere indulgence francaise pour l’ideologie probablement la plus meurtriere de l’histoire …

Et a l’heure ou, a coup de milliers de milliards de dollars de deficits mais a la veille d’elections de mi-mandat annoncees catastrophiques, le troisieme compere de la Trilaterale socialiste, a savoir l’Amerique d’Obama, s’enfonce chaque jour un peu  plus dans la socialisation et l’etatisation a l’europeenne

Retour, avec l’ancien dissident russe Vladimir Boukovsky, sur l’etrange convergence qui semble se confirmer …

Entre une Russie non seulement jamais totalement decommunisee mais en pleine nostalgie sovietique et une Union europeenne en serieuse voie de sovietisation

Un ancien dissident soviétique met en garde contre une dictature de l’Union Européenne

Observatoire de l’Europe

20 mars 2006

Vladimir Bukovsky, l’ancien dissident soviétique âgé de 63 ans, craint que l’Union Européenne ne soit en train de devenir une autre Union Soviétique. Dans un discours prononcé à Bruxelles en février, Mr. Bukovsky a qualifié l’UE de « monstre » qui doit être détruit le plus tôt possible, avant qu’il ne se transforme en un Etat totalitaire en pleine puissance.

Un ancien dissident soviétique met en garde contre une dictature de l’Union Européenne

Mr. Bukovsky a rendu visite au Parlement Européen il ya quelques mois sur l’invitation du FIDESZ, le Forum civique hongrois. Le FIDESZ, membre du groupe chrétien-démocrate européen, avait invité l’ancien dissident soviétique, vivant en Angleterre, à l’occasion du 50e anniversaire de la révolte hongroise de 1956. Après sa rencontre du matin avec les Hongrois, Mr. Bukovsky a fait un discours l’après-midi dans un restaurant polonais de la Trier Straat, en face du Parlement Européen, où il a parlé sur l’invitation du Parti de l’Indépendance du Royaume-Uni (UKIP), dont il est le parrain.

Vladimir Bukovsky annonce une imminente « UERSS »

Dans son discours, Mr. Bukovsky fit référence à des documents confidentiels venant des dossiers soviétiques qu’il fut autorisé à lire en 1992. Ces documents confirment l’existence d’une « conspiration » pour transformer l’Union Européenne en une organisation socialiste. J’ai assisté à la rencontre et tapé le discours. Une transcription, ainsi que le fragment audio (environ 15 minutes), peut être trouvé plus bas. J’ai eu aussi une brève interview avec Mr. Bukovsky (4 minutes), dont une transcription et un fragment audio peuvent aussi être trouvés ci-dessous. L’interview sur l’Union Européenne a dû être abrégée parce que Mr. Bukovsky avait d’autres engagements, mais elle m’a rappelé quelques souvenirs, quand j’avais interviewé Vladimir Bukovsky vingt ans auparavant, en 1986, alors que l’Union Soviétique, le premier monstre qu’il avait si vaillamment combattu, était encore vivant et florissant.

Mr. Bukovsky fut l’un des héros du XXe siècle. Encore jeune homme, il dénonça l’utilisation de l’emprisonnement psychiatrique contre les prisonniers politiques dans l’ancienne URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques, 1917-1991) et passa au total douze ans (1964-1976), depuis l’âge de 22 ans jusqu’à 34 ans, dans les prisons, les camps de travail et les institutions psychiatriques soviétiques. En 1976, les Soviétiques l’expulsèrent en Occident. En 1992, il fut invité par le gouvernement russe pour servir d’expert témoignant au procès conduit pour déterminer si le Parti Communiste Soviétique avait été une institution criminelle. Pour préparer son témoignage, Mr. Bukovsky obtint l’accès à un grand nombre de documents des archives secrètes soviétiques. Il est l’une des rares personnes à avoir vu ces documents, puisqu’ils sont encore classifiés. En utilisant un petit scanner portable et un ordinateur portable, cependant, il réussit à copier beaucoup de documents (certains avec une mention de haute sécurité), y compris des rapports du KGB au gouvernement soviétique.

Une interview avec Vladimir Bukovsky

(écouter)

Paul Belien : Vous avez été un célèbre dissident soviétique, et maintenant vous tracez un parallèle entre l’Union Européenne et l’Union Soviétique. Pouvez-vous expliquer cela ?

Vladimir Bukovsky : Je fais référence aux structures, à certaines idéologies qui sont inculquées, aux plans, à la direction, à l’inévitable expansion, à l’effacement des nations, ce qui était le but de l’Union Soviétique. La plupart des gens ne comprennent pas cela. Ils ne le savent pas, mais nous le savons parce que nous avons été élevés en Union Soviétique où nous devions étudier l’idéologie soviétique à l’école et à l’université. Le but ultime de l’Union Soviétique était de créer une nouvelle entité historique, le peuple soviétique, sur tout le globe. La même chose est vraie dans l’UE aujourd’hui. Ils tentent de créer un nouveau peuple. Ils appellent ce peuple les « Européens », quoi que cela signifie.

D’après la doctrine communiste ainsi que de nombreuses formes de pensée socialiste, l’Etat, l’Etat national, est supposé disparaître. En Russie, cependant, c’est le contraire qui arriva. Au lieu de disparaître, l’Etat soviétique devint un Etat très puissant, mais les nationalités furent effacées. Mais quand vint le temps de l’effondrement soviétique, ces sentiments réprimés d’identité nationale revinrent en force et ils détruisirent presque le pays. C’était si effrayant.

PB : Pensez-vous que la même chose puisse arriver quand l’Union Européenne s’effondrera ?

VB : Absolument, vous pouvez presser un ressort seulement jusqu’à un certain point, et la psyché humaine est très résistante, vous savez. Vous pouvez la presser, vous pouvez la presser, mais n’oubliez pas qu’elle accumule toujours de la force pour rebondir. Elle est comme un ressort et elle revient toujours en force.

PB : Mais tous ces pays qui ont rejoint l’UE l’ont fait volontairement.

VB : Non, ils ne l’ont pas fait. Regardez le Danemark qui a voté contre le traité de Maastricht deux fois. Regardez l’Irlande [qui a voté contre le traité de Nice]. Regardez beaucoup d’autres pays, ils sont sous une énorme pression. C’est presque du chantage. La Suisse a été forcée de voter cinq fois dans un référendum. Les cinq fois ils l’ont rejeté, mais qui sait ce qui arrivera la sixième fois, la septième fois. C’est toujours la même chose. C’est un truc pour les idiots. Les gens doivent voter dans des référendums jusqu’à ce que les gens votent de la manière souhaitée. Ensuite ils doivent s’arrêter de voter. Pourquoi s’arrêter ? Continuons à voter. L’UE est ce que les Américains appelleraient un mariage forcé.

PB : Que pensez-vous que les jeunes devraient faire concernant l’UE ? Sur quoi doivent-ils insister, démocratiser l’institution ou simplement l’abolir ?

VB : Je pense que l’UE, comme l’Union Soviétique, ne peut pas être démocratisée. Gorbatchev a tenté de la démocratiser et elle a éclaté. Ce genre de structure ne peut jamais être démocratisé.

PB : Mais nous avons un Parlement Européen qui est choisi par le peuple.

VB : Le Parlement Européen est élu sur la base de la représentation proportionnelle, ce qui n’est pas une vraie représentation. Et sur quoi vote-t-on ? Le pourcentage de graisse dans les yoghourts, ce genre de chose. C’est ridicule. On lui donne la tâche du Soviet Suprême. Le parlementaire moyen peut parler six minutes par an à la Chambre. Ce n’est pas un vrai parlement.

Transcription du discours de Mr. Bukovsky à Bruxelles

(écouter)

En 1992, j’ai eu un accès sans précédent aux documents secrets du Politburo et du Comité Central qui avaient été classifiés, et qui le sont encore maintenant, pour 30 ans. Ces documents montrent très clairement que toute l’idée de transformer le marché commun européen en Etat fédéral fut acceptée par les partis de gauche européens et par Moscou comme un projet conjoint que Gorbatchev appela en 1988-89 notre « maison commune européenne ».

L’idée était très simple. Elle apparut pour la première fois en 1985-86, quand les communistes italiens rendirent visite à Gorbatchev, suivis par les sociaux-démocrates allemands. Ils se plaignaient tous que les changements dans le monde, particulièrement après que Mme Thatcher ait introduit la privatisation et la libéralisation économique, menaçaient de balayer toutes les réalisations (comme ils les appelaient) de générations de socialistes et de sociaux-démocrates – menaçant de les inverser complètement. Par conséquent la seule manière de résister à cette agression du capitalisme sauvage (comme ils l’appelaient) était de tenter d’introduire les mêmes buts socialistes dans tous les pays immédiatement.

Avant cela, les partis de gauche et l’Union Soviétique s’étaient opposés à l’intégration européenne surtout parce qu’ils la percevaient comme un moyen de bloquer leurs buts socialistes.

A partir de 1985, ils changèrent complètement de vision. Les Soviétiques parvinrent à la conclusion et à un accord avec les partis de gauche, que s’ils travaillaient ensemble ils pouvaient détourner tout le projet européen et l’inverser complètement. Au lieu d’un marché ouvert, ils le transformeraient en un Etat fédéral.

D’après les documents [soviétiques], 1985-86 est le moment-clé. J’ai publié la plupart de ces documents. Vous pouvez même les trouver sur internet. Mais les conversations qu’ils ont eues sont vraiment révélatrices. Pour la première fois vous comprenez qu’il y a eu une conspiration – très compréhensible pour eux, puisqu’ils tentaient de sauver leurs peaux politiques. A l’Est, les Soviétiques avaient besoin d’un changement de relations avec l’Europe parce qu’ils entraient dans une crise structurelle prolongée et très profonde ; à l’Ouest, les partis de gauche craignaient d’être balayés et de perdre leur influence et leur prestige. Donc c’était une conspiration, faite par eux, négociée et élaborée tout à fait ouvertement.

En janvier 1989, par exemple, une délégation de la Commission Trilatérale vint voir Gorbatchev. Elle comprenait Nakasone, Giscard d’Estaing, [David] Rockefeller et Kissinger. Ils eurent une très jolie conversation où ils tentèrent d’expliquer à Gorbatchev que la Russie Soviétique devait s’intégrer dans les institutions financières du monde, comme le Gatt, le FMI et la Banque Mondiale.

Au milieu de la conversation, Giscard d’Estaing entre soudain en piste et dit : « Mr. le Président, je ne peux pas vous dire exactement quand cela arrivera – probablement dans 15 ans – mais l’Europe va devenir un Etat fédéral et vous devez vous y préparer. Vous devez élaborer avec nous, et avec les dirigeants européens, la manière dont vous réagiriez à cela, comment vous permettriez aux autres pays d’Europe de l’Est d’interagir avec lui ou comment en faire partie, vous devez être prêt ».

C’était en janvier 1989, à un moment où le traité de Maastricht [1992] n’avait même pas été esquissé. Comment diable Giscard d’Estaing savait-il ce qui allait se passer dans 15 ans ? Et surprise, surprise, comment devint-il l’auteur de la constitution européenne [en 2002-03] ? Très bonne question. Ça sent la conspiration, n’est-ce pas ?

Heureusement pour nous, la partie soviétique de cette conspiration s’effondra avant et elle n’atteignit pas le point où Moscou aurait pu influencer le cours des événements. Mais l’idée originelle était d’avoir ce qu’ils appelaient une convergence, par laquelle l’Union Soviétique s’adoucirait quelque peu et deviendrait plus sociale-démocrate, pendant que l’Europe occidentale deviendrait sociale-démocrate et socialiste. Ensuite il y aurait eu une convergence. Les structures devaient s’adapter l’une à l’autre. C’est pourquoi les structures de l’Union Européenne furent initialement bâties dans le but de s’adapter à la structure soviétique. C’est pourquoi elles sont aussi similaires dans leur fonctionnement et dans leur structure.

Ce n’est pas un hasard si le Parlement Européen, par exemple, me rappelle le Soviet Suprême. Il ressemble au Soviet Suprême parce qu’il a été conçu comme lui. De même, quand vous regardez la Commission Européenne, elle ressemble au Politburo. Je veux dire qu’elle lui ressemble exactement, sauf pour le fait que la Commission a maintenant 25 membres et que le Politburo avait habituellement 13 ou 15 membres. A part ça, ils sont exactement les mêmes, ne rendant de compte à personne, sans être directement élus par personne.

Quand vous regardez toute cette activité bizarre de l’UE avec ses 80.000 pages de règlements, ça ressemble au Gosplan. Nous avions une organisation qui planifiait tout dans l’économie, dans les moindres détails, cinq ans à l’avance. C’est exactement la même chose qui se passe dans l’UE. Quand vous regardez le type de corruption de l’UE, c’est exactement le type soviétique de corruption, allant de haut en bas, plutôt que de bas en haut.

Si vous parcourez toutes les structures et tous les traits de ce monstre européen émergeant, vous remarquerez qu’il ressemble de plus en plus à l’Union Soviétique. Bien sûr, c’est une version plus douce de l’Union Soviétique. S’il vous plaît, ne vous méprenez pas. Je ne dis pas qu’il a un Goulag. Il n’a pas de KGB – pas encore – mais je surveille très attentivement des structures comme l’Europol par exemple. Cela m’effraye réellement parce que cette organisation aura probablement des pouvoirs plus grands que ceux du KGB. Ils auront l’immunité diplomatique. Pouvez-vous imaginer un KGB avec l’immunité diplomatique ? Ils devront nous contrôler pour 32 sortes de crimes – dont deux sont particulièrement effrayants, l’un est appelé racisme, l’autre xénophobie. Aucune cour criminelle sur terre ne définit une telle chose comme un crime [ce n’est pas entièrement vrai, puisque la Belgique le fait déjà – PB].

Donc c’est un nouveau crime, et nous avons déjà été avertis. Un membre du gouvernement britannique nous a dit que ceux qui s’opposent à l’immigration incontrôlée du tiers-monde seront considérés comme racistes et que ceux qui s’opposent à la poursuite de l’intégration européenne seront considérés comme xénophobes. Je crois que Patricia Hewitt a dit cela publiquement.

Donc, nous avons maintenant été avertis. Pendant ce temps, ils introduisent de plus en plus d’idéologie. L’Union Soviétique était un Etat dirigé par l’idéologie. L’idéologie d’aujourd’hui de l’Union Européenne est sociale-démocrate, étatiste, et en grande partie politiquement correcte. Je surveille très attentivement la manière dont le politiquement correct se répand et devient une idéologie oppressive, sans parler du fait qu’ils interdisent de fumer presque partout maintenant. Regardez la persécution de gens comme le pasteur suédois qui a été persécuté pendant plusieurs mois parce qu’il a estimé que la Bible n’approuve pas l’homosexualité. La France a voté la même loi de crime d’injures [hate crime] concernant les gays.

La Grande-Bretagne est en train de voter des lois de crime d’injures concernant les relations raciales et maintenant le discours religieux, et ainsi de suite. Ce que vous observez, mis en perspective, est une introduction systématique d’idéologie qui pourrait être renforcée plus tard par des mesures oppressives. Apparemment c’est tout le but de l’Europol. Autrement pourquoi en aurions-nous besoin ? L’Europol me paraît très suspect. Je surveille très attentivement qui est persécuté, pour quelle raison, et ce qui se passe, parce que c’est un domaine dans lequel je suis un expert. Je sais de quelle manière le Goulag apparaît.

C’est comme si nous vivions dans une période de démantèlement rapide, systématique et très cohérent de la démocratie. Regardez ce projet de réforme législatif et de réglementation. Il transforme les ministres en législateurs qui peuvent introduire de nouvelles lois sans en parler au Parlement ni à quiconque. Ma réaction immédiate est : pourquoi avons-nous besoin de ça ? La Grande-Bretagne a survécu à deux guerres mondiales, à la guerre contre Napoléon, à l’Armada espagnole, sans parler de la guerre froide durant laquelle on nous disait à tout moment que nous pouvions avoir une guerre mondiale nucléaire, sans aucun besoin d’introduire ce genre de législation, sans avoir besoin de suspendre nos libertés civiles et d’introduire des pouvoirs spéciaux. Pourquoi en avons-nous besoin maintenant ? Ceci peut transformer votre pays en dictature en un rien de temps.

La situation d’aujourd’hui est vraiment sinistre. Les principaux partis politiques se sont fait complètement avoir par le nouveau projet de l’UE. Aucun d’entre eux ne s’y oppose vraiment. Ils sont devenus très corrompus. Qui va défendre nos libertés ? C’est comme si nous allions vers une sorte d’effondrement, une sorte de crise. Le résultat le plus probable est qu’il y aura un effondrement économique en Europe, ce qui arrivera forcément avec cette croissance des dépenses et des taxes. L’incapacité à créer un environnement compétitif, la sur-réglementation de l’économie, la bureaucratisation, cela va conduire à un effondrement économique. L’introduction de l’euro était une idée particulièrement folle. La monnaie n’est pas supposée être politique.

Je n’ai aucun doute là-dessus. Il va y avoir un effondrement de l’Union Européenne tout comme l’Union Soviétique s’est effondrée. Mais n’oubliez pas que quand ces choses s’effondrent, elles laissent une telle dévastation qu’il faut une génération pour s’en remettre. Pensez seulement à ce qui se passera s’il arrive une crise économique. Les récriminations entre nations seront immenses. Ça pourrait mener à une explosion.

Regardez l’immense nombre d’immigrants du tiers-monde vivant maintenant en Europe. Cela a été encouragé par l’Union Européenne. Que se passera-t-il avec eux s’il y a un effondrement économique ? Nous aurons probablement, comme en Union Soviétique à la fin, tellement d’affrontements ethniques que cela donne le vertige. Dans aucun autre pays il n’y a eu autant de tensions ethniques que dans l’Union Soviétique, sauf probablement en Yougoslavie. Donc c’est exactement ce qui arrivera ici aussi. Nous devons nous préparer à cela.

Cet immense édifice de bureaucratie va s’effondrer sur nos têtes. C’est pourquoi, et je suis très franc là-dessus, plus tôt nous en finirons avec l’UE, mieux cela vaudra. Plus tôt elle s’effondrera, moins il y aura de dégâts pour nous et pour les autres pays. Mais nous devons faire vite parce que les eurocrates agissent très rapidement. Il sera difficile de les vaincre. Aujourd’hui, c’est encore simple. Si un million de gens marchent sur Bruxelles aujourd’hui, ces types s’enfuiront jusqu’aux Bahamas. Si demain la moitié de la population britannique refuse de payer ses impôts, rien ne se passera et personne n’ira en prison. Aujourd’hui vous pouvez encore faire ça. Mais je ne sais pas quelle sera la situation demain avec un Europol en pleine puissance bourré d’anciens officiers de la Stasi [est-allemande] ou de la Securitate [roumaine]. Tout peut arriver.

Nous perdons du temps. Nous devons les vaincre. Nous devons nous asseoir et réfléchir, élaborer une stratégie le plus rapidement possible pour obtenir un effet maximum. Autrement il sera trop tard. Donc que dirais-je ? Ma conclusion n’est pas optimiste. Jusqu’ici, en dépit du fait que nous avons des forces anti-UE dans presque chaque pays, ce n’est pas assez. Nous perdons et nous gaspillons du temps.

Du bureau de Paul Belien, le 27 février

Publié sur http://www.brusselsjournal.com/node/865

http://www.brusselsjournal.com/node/865

Lundi 20 Mars 2006

CHRISTOPHE BEAUDOUIN

Source :

http://www.observatoiredeleurope.com

Voir aussi:

L’UNION DES REPUBLIQUES SOCIALISTES EUROPEENNES

Bogdan Calinescu

Libres

Le 12 Mai 2006

Les coups de colère de l’un des plus célèbres dissidents soviétiques sont connus. Dans L’Union européenne, une nouvelle URSS ?, Editions du Rocher, 2005 Vladimir Boukovsky dénonce le lent mais sûr glissement de l’Europe vers le socialisme.

Quel est ce monstre bureaucratique qui a pris corps à Bruxelles ? D’après Valdimir Boukovsky, ce n’est rien d’autre qu’une nouvelle URSS, différente de l’ancienne, plus soft mais aussi adepte d’un système liberticide. Comme l’avait très bien montré Revel dans La Grande Parade, la plupart des communistes et socialistes européens, surtout français, n’ont pas tiré les leçons de l’écroulement du mur de Berlin et de l’échec de l’économie planifiée. Ils continuent à croire au Grand Soir en s’opposant systématiquement à l’économie libérale et aux valeurs de liberté individuelle. Leur aveuglement les a poussé à soutenir l’URSS jusqu’au bout et à croire en la perestroïka en l’arrosant de milliards de dollars : au cours de ses sept dernières années d’existence, l’URSS a reçu 45 milliards de dollars (à titre de comparaison, l’aide du FMI et de la Banque mondiale à la Russie entre 1991 et 1999 s’est élevée à 23 milliards de dollars).  Ceux qui furent déçus de la chute de l’URSS font aussi partie des bâtisseurs de l’Europe communautaire et les « experts » du communisme (comprendre les admirateurs de cette idéologie) sont devenus des analystes incontournables de la société russe d’aujourd’hui.

La mauvaise compréhension de cet échec les a rendus nostalgiques d’un ordre bureaucratique dont les défauts ne pouvaient que cacher une réalité bien plus agréable et « malheureusement » décrite par les thuriféraires de la société libérale. C’est pourquoi ils ont essayé d’imaginer  cette Europe comme un ensemble d’Etats soumis à un centre administratif basé à Bruxelles. Pour l’instant, ils n’ont réussi que partiellement et, comme le dit Boukovsky, l’Europe « souffre aujourd’hui d’un syndrome brejnévien ». Dès qu’un pays réfute le socialisme ambiant, il est voué aux gémonies. On a pu le voir avec l’arrivée au pouvoir en Autriche, en 2000, d’une coalition de droite dirigée par l’ÖVP, le parti populaire de Wolfgang Schüssel (cette coalition est à l’origine de nombreuses réformes libérales qui expliquent l’impressionnant décollage économique de ce pays). Cela a été le cas avec l’élection de George W. Bush en 2004 lorsque de nombreuses « personnalités » européennes, en s’appuyant sur des organisations « progressistes », ont contesté la légitimité du président américain.

Tout comme au Politburo on virait ceux qui s’écartaient de la ligne du parti, les commissaires européens ont poussé vers la sortie Rocco Buttglione, l’intellectuel catholique dont les prises de position sur le mariage étaient trop loin du moule « politiquement correct ». Toujours comme au sein de l’ancienne URSS, certains sont « plus égaux que d’autres ». La preuve, le non-respect des critères de stabilité par l’Allemagne et la France alors que les pays plus petits sont obligés de s’en tenir au Pacte sous peine de sanctions. Autres ressemblances : l’absence de limites, de frontières, à cette Europe, ses leaders veulent aller le plus loin possible ; la corruption étatiste qui la ronge (la France étant la plus touchée) ainsi que l’idéologie socialisante soutenue par les « conseillers » français mais heureusement combattue par les représentants anglo-saxons.

Cette Europe s’est bâtie durant la période de la détente, euphémisme correspondant en fait aux phases qui permettaient aux Soviétiques de reprendre des forces et de consolider leurs « acquis » afin de mieux préparer de nouveaux coups. Seuls Reagan et Thatcher ne sont pas tombés dans ce piège. Plus tard, au temps de Gorbatchev, les Européens ont aveuglement soutenu son idée de « maison commune », une façon habile d’intégrer l’URSS moribonde dans un ensemble d’Etats « partageant les mêmes valeurs » de…. paix, protection sociale, de respect des frontières, des droits collectifs. C’est-à-dire une Europe intégrant l’Empire soviétique avec ses caractéristiques les plus déplorables. Boukovsky livre au lecteur des citations des archives russes qui en disent beaucoup sur le penchant des dirigeants de plusieurs pays démocratiques vers le socialisme économique et politique. Très instructives les déclarations de Mitterrand et de son « conseiller idéologique », Jacques Attali, sur cette « maison européenne » : « une grande idée pour converger les deux mondes socialistes » (Mitterrand). Cette « construction » s’est heureusement interrompue après l’écroulement de l’empire soviétique ce qui n’empêche pas le dissident Boukovsky de nous mettre en garde contre ses futures dérives.

Voir enfin:

Qui a gagné la guerre froide?

Stephane

Le Meilleur des mondes

le 12 Dec 2005

L’Ouest, bien sûr! Vive l’occident! Comment peut-on en douter? Pourtant, la découverte des travaux de Vladimir Bukovsky m’amène à reconsidérer ma position. La différence avec la fin du régime nazi lors de la seconde guerre mondiale est édifiante; le travail n’a peut-être tout simplement pas été fini. Même si la guerre froide s’est conclue par une indiscutable victoire tactique, l’ennemi est loin d’avoir été défait.

Récapitulons la théorie à laquelle j’adhérais il y a quelques jours encore…

La guerre froide s’est achevée avec l’effondrement de l’URSS, piégée par le Président Reagan dans une course aux armements qu’elle ne pouvait gagner. Financièrement à bout, l’Empire soviétique a fini par s’effondrer alors que les peuples d’Europe de l’Est, sentant tourner le vent, se mirent à rejeter le communisme les uns après les autres. Les tentatives ultimes de Mikhaïl Gorbatchev pour maintenir l’empire en vie finirent par se retourner contre lui; en autorisant l’autocritique, le Premier Secrétaire brisa l’idéologie communiste et l’espoir de l’avenir meilleur, et les peuples s’engouffrèrent dans les brèches ouvertes, les agrandirent et finirent par faire éclater le tout.

Je discute parfois de cette période avec mon père, et lui comme moi sommes d’accord pour dire que ce qui ce passa ces jours de 1991 tient du miracle: un empire aussi totalitaire, aussi gigantesque, aussi violent que l’URSS qui finit par se désagréger sans massacre, pratiquement sans un seul coup de feu! Personne, cinq ans plus tôt, n’aurait cru une seconde à un dénouement aussi heureux.

Aussi heureux? Voire!

Retournons dans l’époque trouble qui a suivi la seconde guerre mondiale et le démantèlement de l’Allemagne nazie. Imaginons une variation sur le déroulement de l’histoire dans un point précis – disons, par exemple, que le putsch des généraux ait été mieux accueilli par les dirigeants alliés. On pourrait aussi imaginer que le Japon cédât plus tôt, permettant à l’Allemagne d’être le dernier pays de l’Axe à tomber face à la toute-puissance Alliée désormais libérée du théâtre d’opérations de l’Océan Pacifique. Ou encore que la progression des troupes lors du débarquement ait été ralenties par des problèmes d’intendance ou de météorologie qui auraient amené la guerre à durer un peu plus longtemps. Ou que Hitler ne parvienne pas à se suicider dans son bunker et permette d’expier de tous ses crimes comme un coupable unique.

Bref. Si la combativité ou la vitesse de progression des Alliés avait été différente, on aurait pu se figurer une toute autre issue à l’après-guerre. Les chars n’auraient peut-être pas eu à aller jusqu’à Berlin; le régime aurait de toutes façons fini par s’effondrer. Sous la pression, des rébellions auraient éclaté. Le scandale des camps de concentrations aurait fini par se savoir et aurait alors justifié un revirement (réel ou simulé) de certains hommes haut placés dans l’administration, ainsi que d’une bonne partie de la population. Des politiciens se seraient constitués prisonniers ou se seraient livrés à un repentir plus ou moins sincère.

De toute évidence, le chaos au sein du camp ennemi aurait forcé les Alliés à davantage de circonspection – car il aurait fallu épargner les transfuges du régime. Suivant une idéologie très à la mode de nos jours, il aurait fallu « mieux préparer l’après-guerre » en refusant de démanteler complètement l’appareil d’Etat allemand. Entre témoignages sous couvert d’immunité et retournement de veste, il aurait été très difficile de déceler les véritables responsables de l’Allemagne nazie. La variation la plus évidente de ce déroulement parallèle de l’histoire, c’est que le procès de Nuremberg n’aurait pas eu lieu.

Que ce serait-il alors passé? Le nazisme serait mort, évidemment, de toutes façons. Enfin, officiellement mort. Car entre la nécessité de maintenir une autorité gouvernementale et le revirement de façade de certains de ses défenseurs les plus illustres, la fin du Nazisme n’aurait nullement signifié celle de ses apôtres. Face à l’ampleur de la tâche de la reconstruction de l’Allemagne, ils se seraient débrouillés pour dénicher des postes clef, pour prendre la tête des entreprises à privatiser. Du point de vue électoral, gardant la mainmise sur des réseaux de relations, la majorité n’aurait pas été trop difficile à conquérir. Finalement, en bons requins politiques, ils n’auraient pas eu de mal à s’assurer un avenir au pays.

Certes, l’Allemagne ne serait plus nazie mais elle ne serait pas devenue réellement libre pour autant. Dans l’ombre, les artisans du nazisme auraient toujours les coudées franches.

Sans aller jusqu’à réécrire l’histoire, c’est aussi une thèse avancée par Gunther Grass: l’Allemagne nazie n’a pas cessé d’exister, du jour au lendemain, avec la victoire des Alliés. Au lendemain de la capitulation, on dirait que tous les nazis ont disparu comme par enchantement. Ce n’est évidemment pas vrai.

La nuance entre la présence ou l’absence du procès de Nuremberg tient en la capitulation idéologique du nazisme. En tant que système de pensée, philosophie, organisation politique, le nazisme a été totalement réfuté, démantelé, ridiculisé, anéanti. Aucun intellectuel, à l’issue de la seconde guerre mondiale, ne pouvait prétendre soutenir la moindre théorie en rapport et garder son prestige et sa réputation. Le procès proprement dit vaut moins pour son déroulement que pour son symbolisme.

L’histoire-fiction présentée ci-dessus correspond très vraisemblablement à ce qui s’est passé lors de la fin de l’Union Soviétique.

Concernant le communisme, il n’y a jamais eu de procès de Nuremberg et c’est un manquement crucial au démantèlement de cette idéologie criminelle. C’est la thèse que soutien Vladimir Bukovsky sur la fin de l’URSS, et force est de constater que ses arguments sont convaincants. Mis à part la pantalonnade du « putsch des généraux » de l’été 1991, il n’y a pas eu cette réfutation publique et totale du communisme. En ex-URSS, suite à la fin du régime les aparatchiks se sont empressés de se recycler dans le capitalisme d’Etat en se partageant le butin des régies d’Etat qui s’apprêtaient à être privatisées, et c’est désormais Vladimir Poutine, ancien colonel du KGB, qui est à la tête du pays. Faut-il s’en réjouir? Que la victoire sur l’Allemagne nazie aurait été amère si, dans les années 50, un Goebbels « repenti » s’était retrouvé élu à la Chancellerie fédérale! Or, la dé-communisation n’a pas eu lieu. Les aparatchiks n’ont pas été destitués et obligés de vivre cachés, traqués par les descendants de leurs victimes. Les meutriers des régimes communistes n’ont pas fini pendus, malgré tout le sang qu’ils avaient sur les mains.

Il y a quelque chose de terrifiant dans la complicité et la complaisance dont font preuve les élites occidentales envers la fin du régime communiste depuis la fin de l’URSS. Pour eux, l’URSS n’était pas « le vrai communisme », seulement une perversion de ce noble idéal (comme partout où il a été instauré!) D’autres se sont simplement réfugiés dans des variantes comme le Maoïsme et ses laogaïs. Si les théories de suprématie raciale et d’espace vital ont disparu avec Hitler, celles sur la lutte des classes et la révolution prolétarienne ont toujours droit de cité et sont prises au sérieux. Ces idéologies abjectes donnent lieu à des débats convenus et des publications et ceux qui les défendent ne sont pas inquiétés le moins du monde, recevant considérations et respect pour leurs thèses. Des partis comme la Ligue Communiste Révolutionnaire en France prônent ouvertement la dictature du prolétariat et attirent un électorat régulier sans que personne ne s’en inquiète!

Il y a une différence de taille entre le socialisme international du communisme et le socialisme nationaliste créé par les nazis: le second a coulé avec le capitaine du navire, portant un discrédit fatal à toute la construction théorique. Car si le prophète lui-même échoue alors qu’il est aux commandes, comment peut-il prétendre à ce titre? Mais Marx n’a pas eu le privilège de mener la révolution de son vivant, laissant à des disciples plus ou moins sanglants le privilège d’interpréter son dogme. Le résultat est que l’échec peut être imputé à l’exécutant plutôt qu’au grand planificateur auréolé de gloire – une interprétation conforme au credo des croyants et permettant son renouvellement continu. Le communisme n’est pas néfaste, entend-t-on, il est seulement mal appliqué! Voilà qui rassure.

Contre le marxisme et ses innombrables avatars, la guerre idéologique est loin d’être terminée. Même si la guerre froide s’est achevée en laissant l’occident libéral et capitaliste maître du terrain, sur le plan intellectuel il n’y a guère de progrès. Pire encore, le mauvais exemple du socialisme réel étant désormais repoussé dans les limbes de l’histoire, rien n’empêche l’utopie de revenir sur le devant de la scène sans plus d’exemples concrets de massacres et de déportations pour pointer du doigt les effets de sa concrétisation. Le communisme est toujours aussi dangereux et, désormais désincarné suite à la dissolution de l’Empire soviétique, d’autant plus difficile à contrecarrer.

Dans la guerre froide, l’Ouest l’a emporté, mais ce n’était qu’une bataille pour le monde matériel. Dans le monde intellectuel, tout reste à faire.

4 Responses to Union européenne: Une fâcheuse géométrie variable (Back in the USSR: Former Soviet dissident warns of EU dictatorship)

  1. jcdurbant dit :

    IN MEMORIAM

    At a time when many young Russians waxed nostalgic for the iron fist of Josef Stalin, Bukovsky was a living role model to his native country’s new generation of dissenters…

    https://www.vladimirbukovsky.com/

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