Délinquance/immigration: C’est la culture, imbécile! (French sociologist finally stumbles onto his country’s underclass)

On gagnerait sans doute beaucoup de temps à dépasser cette logique ethnique pour utiliser les outils de la démographie. Par nature, les populations migrantes sont plus jeunes et plus souvent masculines. Or les jeunes mâles (quelle que soit leur origine) sont par définition plus actifs que les vieilles dames … Alain Bauer
Avec la crise économique dans mon pays, peu d’hommes peuvent entretenir plusieurs épouses. En France, c’est différent, tous ces enfants sont une source de revenus. Oumar Dicko (ministre chargé des Maliens de l’extérieur)
La multitude d’épouses est une preuve de prospérité. Abdoulaye Doumbia
C’est Dieu qui nous le permet. Nous avons le droit d’avoir quatre femmes. Dans votre pays, les hommes ont des maîtresses. Nous, nous préférons les épouser. K (ouvrier malien bigame)
Après des décennies ici, certaines familles vivent encore comme au pays, car personne n’a jugé bon de leur expliquer comment vivre en France. N’diaye Sylla (Association pour la promotion de la langue et de la culture soninké)
Il faut durcir la loi et retirer les cartes de résident aux hommes. Les femmes, dans leur grande majorité, ne supportent pas de vivre avec d’autres épouses. Mais elles n’ont pas le choix et se soumettent à la décision du mari. Keita (mère malienne de cinq enfants, Clichy-sous-Bois)
Voir la CAF du département gaver ces familles de prestations sans essayer d’apporter des réponses autres que financières est désolant. D’autant plus que ces aides sont parfois un frein à l’intégration. Militante sociale de Montfermeil
On les scotche aux alloc’ alors qu’il faudrait d’abord leur apprendre le français. C’est presque du racisme. Militants associatifs
Mariés chacun à deux épouses, ils avaient à eux deux 40 enfants, la plupart inscrits dans la même école. Nous avons mis un an à les convaincre de disperser les gamins dans différents établissements scolaires. Les deux pères voulaient qu’on leur trouve un grand appartement pour continuer à vivre tous ensemble. J’ai refusé fermement: non seulement nous n’avons pas de 15-pièces, mais, en plus, la famille coûtait déjà une fortune à la commune. Jean-Pierre Brard (maire de Montreuil, au sujet de deux jumeaux maliens polygames)
On était d’accord avec l’anthropologue Tobie Nathan, la Ligue des droits de l’homme, SOS Racisme… il était de bon ton d’accepter toutes les coutumes, y compris la polygamie, en France. Claudette Bodin (association Afrique partenaires services)
J’en ai marre de voir toujours les mêmes prôner la solidarité, mais chez les autres. Jean-Pierre Brard (maire de Montreuil)
Dans les pays occidentaux, nous avons partout ce système d’allocations sociales qui est à peine utilisé par la population locale. D’un autre côté, il y a cette population immigrante dont les femmes ne peuvent être compétitives sur le marché du travail local. Pour les Danoises et les Allemandes, les allocations sont trop faibles pour être attractives. Pas pour les immigrants. Ce que l’on voit donc en Angleterre, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, ce sont des femmes issues de l’immigration qui complètent leur éventuel petit salaire par les deniers publics. Ce n’est pas un revenu extraordinaire, mais ça leur suffit. Et cela crée un genre de « carrière » réservé aux femmes, un modèle que leurs filles suivront.
Mais les fils n’ont pas ce choix. Ils ont grandi dans les basses couches de la société, sans les compétences intellectuelles nécessaires pour améliorer leur position. Ce sont ces garçons qui mettent le feu à Paris, ou dans des quartiers de Brême. Certains d’entre eux parviennent jusqu’à l’université et deviennent des leaders pour les autres – pas des pauvres, mais de jeunes hommes de rang social peu élevé, qui croient être opprimés à cause de leur confession musulmane, alors qu’en réalité c’est le système social qui a créé cette classe de perdants. Gunnar Heinsohn
On nous demandait de ne citer aucun prénom. C’était considéré comme trop stigmatisant. Communicant sous Jospin
Pendant les émeutes, beaucoup d’observateurs ont signalé que les jeunes Noirs étaient aussi nombreux que les jeunes Maghrébins. Cela traduit, en réalité, une surreprésentation, dans la mesure où les premiers sont quatre fois moins nombreux sur le territoire. Il ne s’agit pas d’un problème de couleur de peau mais des conditions dans lesquelles s’opère l’éducation de ces jeunes. Hugues Lagrange (juin 2006)
Pour des niveaux sociaux équivalents, le sociologue constate aussi que « les adolescents éduqués dans des familles du Sahel sont trois à quatre fois plus souvent impliqués comme auteurs de délits que les adolescents de famille autochtone, et le sont aussi deux fois plus que les adolescents d’origine maghrébine. Le Monde

Surcroît d’inconduites des jeunes, absentéisme et mauvais résultats scolaires, « surmises en cause » par la police …

Origine rurale, sous-qualification, illetrisme, surautoritarisme des pères (« education par les coups » au moment ou celle-ci est condamnée par l’école comme maltraitance), faible niveau culturel et sous-emploi des mères, polygamie, surfécondité et tres larges fratries, concentrations dans certaines villes (pres de 31% des jeunes de moins de 18 ans a Grigny contre 3% pour la France entiere) …

Alors que nos belles ames de gauche n’arretent pas de fustiger un gouvernement qui se décide enfin, sondages et échéances électorales obligent,  à prendre au sérieux la délinquance et le secret de polichinelle de l’évident lien immigration/surdélinquance

Enfin un sociologue qui, apres son collegue Sébastian Roché mais avec 2 ou 3 émeutes raciales de retard, ose (timidement) lever le tabou des tabous (jusque meme aux statistiques!) de l’origine ethnique (pardon: « culturelle ») des populations surdelinquantes (« Le deni des cultures », Hugues Lagrange).

Et rappeler l’évidence que, contre l’irénisme de la gauche bien-pensante et comme pour les Roms, « tous les immigrés n’éprouvent pas les mêmes difficultés » selon leurs origines ethniques et les modes différents  de socialisation, rapports hommes-femmes, modèles éducatifs ou « demographie » que celles-ci induisent.

Et notamment les derniers arrivés que sont les Africains du Sahel (Sénegal, Mali, Mauritanie. concentres depuis les annees 80 dans les villes peripheriques de la region parisienne) qui,  plus ruraux, patriarcaux, souvent illettrés et islamises, cumulent à statut social comparable plus grandes difficultés scolaires et surdélinquance des jeunes…

Polémique

Le poids des origines ethniques et la délinquance

Julie Joly

L’Express

le 14/09/2010 à 10:53

Le sociologue Hugues Lagrange livre en exclusivité les résultats de ses recherches sur les facteurs de délinquance. Un travail qui balaie hypocrisies et idées reçues.

Attention, cet homme n’est pas un provocateur médiatique – Eric Zemmour ne compte pas parmi ses amis. Il ne se classe pas non plus au rang des bien-pensants. Tandis qu’idéologues et militants se déchirent autour des Roms, des menaces intégristes, de l’identité nationale et des banlieues sensibles, Hugues Lagrange, sociologue investi, chercheur au CNRS, spécialiste de la violence et des politiques de la ville, le dit sans tomber de sa chaise: « Refuser de s’intéresser aux origines culturelles des délinquants est une hypocrisie. » Le propos est tranché, à rebours des précautions d’usage. Le spécialiste l’assume, après huit années d’une enquête inédite et scrupuleuse, au plus près des Français d’origine étrangère – du Bassin parisien à la banlieue nantaise. Surtout, il l’explique, comme personne avant lui, dans un livre limpide publié le 16 septembre, Le Déni des cultures (Seuil). Une oeuvre de salut public, en ces temps d’amalgames, sinon d’aveuglements.

Hugues Lagrange, chercheur au CNRS, auteur du livre « Le Déni des Cultures » paru aux Editions du Seuil, ici à la Maison des Sciences de l’Homme à Paris.

En ce jour de grève nationale, l’homme qui ouvre sans un bruit les portes d’un bureau parisien étriqué, au quatrième étage de la Maison des sciences de l’homme, revient d’un footing digestif. Sans doute faut-il avoir l’estomac solide avant d’asséner autant de vérités crues. Oui, affirme ce chantre de la tolérance, les émeutiers de 2005 et 2007 sont majoritairement de jeunes Noirs ayant grandi dans les cités. Traumatisée par un passé colonial qu’elle refuse de sonder, « la France se berce de refrains antiracistes et refuse la réalité ». Oui, les familles pauvres musulmanes, africaines ou encore maghrébines, sont des familles nombreuses et leurs enfants plus souvent déstructurés, séduits par l’islam radical ou tentés par la violence. Ils sont aussi plus dépressifs. Non, ils ne souffrent pas d’un manque d’autorité, mais d’un excès d’autoritarisme. Et non, l’école égalitaire et les valeurs universelles ne sont pas acces- sibles à tous. Pas plus que l’assimilation n’est un rêve partagé. Ni la polygamie un crime, mais une tradition désastreuse aggravée par l’exil…

Hugues Lagrange n’a que faire de heurter les bonnes âmes. Lui-même reconnaît avoir longtemps posé le problème à l’envers: « J’avais moi aussi une vision globale stupide des Français d’origine étrangère, dit-il. Je croyais qu’une politique égalitaire était la seule possible. Je réalise aujourd’hui combien les héritages culturels, la langue, la structure familiale, pèsent sur les individus. » Près de dix ans passés à interroger les migrants, les enseignants de ZEP, les acteurs de terrain lui ont ouvert les yeux. Et permis de comprendre.

Qui s’intéresse à la place des mères?

Comprendre quoi? Qu’un enfant pauvre d’origine malienne a plus de risques de décrocher que les autres au primaire, par exemple. Certainement pas parce qu’il est noir, ni musulman, ni moins doué. Mais parce qu’il s’est construit autour de valeurs familiales bancales, que la plupart de ses voisins « de souche » ignorent. « Dans les familles subsahariennes arrivées récemment en France, près de 30% des hommes mariés sont polygames », constate sobrement le spécialiste. Les femmes sont aussi jusqu’à quinze ans plus jeunes que leur mari et ont chacune, en moyenne, entre 6 et 7 enfants. Lesquels sont, culturellement encore, généralement livrés à eux-mêmes avant d’avoir atteint l’âge de trois ans… Autant dire qu’ils entrent à l’école de la République désarmés. Faute d’encadrement spécifique, ils en sortiront détruits.

La gauche prétend créer une société de Bisounours

Notre modèle méritocratique ne s’embarrasse pas de ce genre de nuances. Qui s’intéresse à la place des mères dans ces mêmes familles africaines, turques, maghrébines, repliées sur leurs traditions? Contrairement aux idées reçues, très peu élèvent seules leurs enfants. En revanche, à la maison, le père seul incarne l’autorité. Au pays, les solidarités villageoises rétablissent une sorte d’équilibre au sein des couples. Mais, en France, ces patriarches ne peuvent plus compter que sur eux-mêmes et sombrent le plus souvent dans un autoritarisme implacable. Répétant le même scénario infernal: mères disqualifiées, filles soumises et garçons hors de contrôle.

On laisse se propager les contrôles au faciès

Bien sûr, les traditions n’expliquent pas tout. Grandir dans une tour délabrée, un logement insalubre, isolé ou sans perspectives d’emploi, ajoute au sulfureux cocktail. De même que l’exil aggrave le repli communautaire, la ségrégation et la xénophobie brisent les plus beaux élans. Certaines habitudes héritées constituent, par ailleurs, de formidables paravents – l’entraide entre générations et les solidarités féminines notamment. Il n’empêche. « Faute de s’intéresser aux individus dans leur globalité, les politiques publiques se privent de leviers essentiels », assène le chercheur, qui le déplore: à elles seules, les récentes émeutes urbaines auraient pourtant pu révéler bien des carences liées aux origines, et permis d’y répondre. Si encore les autorités avaient pris la peine de briser l’omerta. Mais les tenants du tout-sécuritaire, ceux-là même qui « laissent se propager les contrôles au faciès au mépris des règles élémentaires de déontologie », fustige l’auteur, refusent de communiquer aux chercheurs l’origine des délinquants. Comment dès lors disséquer la secrète alchimie qui pousse certains au pire, et en assagit d’autres? La gauche est tout aussi coupable à ses yeux, quand « elle prétend créer une société de Bisounours », niant au passage la diversité des valeurs. Cette dernière existe pourtant, s’étend même, et mériterait que l’on s’y intéresse. Rapidement.l

Un chercheur lance le débat sur l’impact de l’immigration dans les quartiers ghettoïsésLaurent Mucchielli réfute les travaux d’Hugues LagrangeLe Monde14.09.10
Toutes les questions peuvent être débattues intellectuellement. Mais ma conviction de sociologue c’est que, sauf exception, les facteurs prédominants pour comprendre les conduites juvéniles délinquantes ne sont pas culturels », explique Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS. Le coauteur de La Violence des jeunes en question (Champ social, 2009) dénonce l’« ethnicisation » des analyses sociologiques. « Dans les travaux d’Hugues Lagrange, il y a une double généralisation : des familles polygames à l’ensemble des familles ; des quartiers les plus en difficulté à l’ensemble de l’Ile-de-France ou de la France. » Pour le chercheur, « la recherche montre un cumul de facteurs pour expliquer la délinquance, notamment les problèmes intrafamiliaux, l’échec scolaire et les effets d’«engrenage» dans les quartiers ».

Délinquance et immigration : le facteur culturel

Luc Bronner

Le Monde

14.09.10

A près plusieurs années de recherches dans des quartiers sensibles de la banlieue parisienne, le sociologue Hugues Lagrange a constaté la surreprésentation des jeunes issus d’Afrique noire dans la délinquance. Dans un livre à paraître le 16 septembre, Le Déni des cultures, le chercheur du CNRS met en avant le facteur « culturel » – pour ne pas dire ethnique – pour analyser ce phénomène. Son approche

Un chercheur lance le débat sur l’impact de l’immigration dans les quartiers ghettoïsés

Le Monde

14.09.10

Le sociologue Hugues Lagrange a constaté une surreprésentation des jeunes issus d’Afrique sahélienne dans la délinquance

Pour des raisons radicalement différentes, ni la droite ni la gauche n’ont saisi la réalité et l’ampleur des problèmes posés par l’immigration dans les quartiers les plus ghettoïsés de l’Ile-de-France. Dans un livre à paraître jeudi 16 septembre, intitulé Le Déni des cultures (Le Seuil, 350 pages, 20 euros), le sociologue Hugues Lagrange, directeur de recherche au CNRS, bouscule les représentations sur l’intégration et les phénomènes migratoires, replaçant la question « culturelle », pour ne pas dire ethnique, au coeur des débats intellectuels et scientifiques.

Y compris sur la question, très sensible, de la délinquance. Alors que les sociologues et la gauche privilégient traditionnellement l’explication sociale, le chercheur met en avant un facteur « culturel » pour expliquer son constat d’une surreprésentation des jeunes issus d’Afrique noire dans les affaires de délinquance. Mais, à rebours des discours de la droite, il plaide pour une politique d’intégration nettement plus vigoureuse et tenant compte des particularités culturelles des migrants.

La question ethnique oubliée ?

Le chercheur, membre de l’Observatoire sociologique du changement (OSC), laboratoire de Sciences Po, s’appuie sur plusieurs années d’études dans les quartiers sensibles de grande banlieue parisienne, principalement à Mantes-la-Jolie et aux Mureaux (Yvelines). Il a ainsi pu constituer un matériau scientifique inédit : ses travaux sur l’absentéisme au collège lui ont permis de rassembler des données scolaires et familiales individuelles sur plus de 4 000 adolescents, de 1999 à 2006, pour lesquels il a ensuite pu consulter, nominativement, les fichiers judiciaires afin de savoir lesquels avaient été « mis en cause » dans les procès-verbaux de la police (avant toute décision de la justice).

L’analyse détaillée des statistiques montre un « surcroît d’inconduites des jeunes Noirs », qu’il s’agisse de résultats scolaires, d’absentéisme ou de « mises en cause » par la police. A milieux sociaux comparables, Hugues Lagrange constate ainsi que « les adolescents éduqués dans des familles du Sahel sont trois à quatre fois plus souvent impliqués comme auteurs de délits que les adolescents élevés dans des familles autochtones » dans les mêmes quartiers. Il relève également que les adolescents d’origine maghrébine sont deux fois plus impliqués que les « autochtones ».

Ces données peuvent-elles s’expliquer par l’existence de contrôles au faciès ? Hugues Lagrange répond par avance à cette objection en soulignant que les écarts en termes de délinquance sont similaires à ceux observés dans le domaine scolaire, y compris pour les épreuves anonymes du brevet. Donc que les « inconduites » de ces adolescents se retrouvent autant dans le monde scolaire, peu suspect de racisme, que dans le domaine policier, où des travaux scientifiques ont effectivement pu démontrer l’existence de « contrôles au faciès ».

Ces données individuelles sont, par ailleurs, corrélées avec l’analyse géographique qui montre une délinquance venant « de façon disproportionnée des quartiers pauvres et immigrés ». Le chercheur avait déjà démontré que les émeutes de l’automne 2005 avaient majoritairement touché les villes subissant la plus forte ségrégation sociale et ethnique et où la proportion de familles avec plus de six enfants était la plus élevée. « La tradition de recherche sociologique en France, influencée par l’idiome politique d’un pays qui rejette toute distinction d’origine culturelle, a conduit à contourner cette lecture », souligne Hugues Lagrange.

L’explication des difficultés d’intégration

Le chercheur ne s’arrête pas à ce constat et tente de comprendre pourquoi les adolescents issus d’Afrique noire éprouvent autant de difficultés – dont témoignent régulièrement des éducateurs, des policiers et des magistrats. Si les difficultés sociales explosent souvent au collège, les décrochages ont en effet lieu, en réalité, bien avant, dès l’école élémentaire, voire la maternelle. « Si des écarts de réussite interviennent de façon si précoce, c’est que les contextes de vie dans les quartiers d’habitat social et, sans doute, les pratiques éducatives des familles maghrébines, noires et turques pèsent sur l’acquisition des bases de la langue, de la numération et des premiers éléments de géométrie. »

Tous les jeunes immigrés n’éprouvent pas les mêmes difficultés. C’est là une des clés de l’analyse d’Hugues Lagrange : ne pas parler de façon générale de l’immigration mais comprendre les différences selon les origines en termes de socialisation, de rapports hommes-femmes, ou de modèles éducatifs. Il constate ainsi que les jeunes originaires des pays du Sahel (Sénégal, Mali, Mauritanie, etc.) rencontrent plus de difficultés que les migrants venus, par exemple, du golfe de Guinée (Congo, Côte d’Ivoire, Togo, Bénin, etc.).

Ce qu’Hugues Lagrange explique à la fois par l’évolution de l’immigration et l’implantation des Africains dans des quartiers ghettoïsés. Les migrants qualifiés ont été progressivement remplacés par des familles sahéliennes, de culture musulmane, plus pauvres, sans bagage scolaire. Avec, comme caractéristique, une forme aiguë de « domination masculine » : des épouses beaucoup plus jeunes que leurs maris ; le recours à la polygamie ; de très larges fratries ; des pères très autoritaires même s’ils sont fragilisés et dépassés par leurs garçons. Or, souligne le chercheur, le caractère le plus prédictif de la réussite scolaire reste le niveau culturel de la mère et son insertion professionnelle.

Ghettoïsation et régression traditionaliste. Hugues Lagrange considère que la ségrégation urbaine est un facteur majeur. Selon son analyse, les difficultés sont importantes parce qu’elles sont aggravées par l’absence de mixité sociale et ethnique – ce qui signifie que ses conclusions ne peuvent, en aucun cas, être généralisées à l’ensemble du territoire.

Dans les quartiers sensibles sur lesquels il a travaillé, les « autochtones », suivis par les classes moyennes maghrébines, sont en effet partis, remplacés par des plus pauvres, généralement les derniers immigrants, venus d’Afrique noire. Or « cette disparition de la fraction la plus éduquée a des conséquences désastreuses en termes d’émulation sociale et de modèle éducatif », analyse-t-il.

Là où un minimum de mixité sociale et ethnique favorise une intégration progressive, l’existence de quartiers ghettoïsés tend à provoquer une forme de régression « traditionaliste » des immigrants, qui entre en collision avec le modèle d’intégration républicain et contribue, en retour, à la « crispation » de la société française. « Bien qu’ancienne, la cosmopolitisation de notre vie nous prend à contre-pied d’autant que, loin d’être porteuse de modernité, elle introduit dans notre univers des pans entiers de coutumes lointaines, souvent rurales, très décalées », constate Hugues Lagrange. A l’opposé du discours républicain traditionnel, le chercheur plaide pour la reconnaissance des minorités « pour tenir compte du nouveau visage de la société française ».

se démarque de l’explication « sociale » généralement avancée par les sociologues et la gauche. Il plaide pour une politique d’intégration qui tiendrait compte de ces particularités « culturelles » des migrants.

Un chercheur lance le débat sur l’impact de l’immigration dans les quartiers ghettoïsés

ENTRETIEN

Hugues Lagrange : « Il vaut mieux dire les choses, même si elles nous gênent

Le Monde

14.09.10

Le sociologue Hugues Lagrange s’appuie sur son étude des quartiers sensibles pour démontrer que la délinquance a aussi des origines « culturelles ».

Vos travaux sortent alors qu’une partie de la majorité lie immigration et délinquance. Vous partagez ce point de vue ?

Je suis complètement en désaccord avec la politique actuelle d’hostilité vis-à-vis des migrants. L’attitude de fermeture envoie un signal qui contribue à la crispation mutuelle des migrants et des autochtones. C’est la pire des réponses.

Vous montrez pourtant une surreprésentation des jeunes Noirs dans la délinquance…

Ma position de scientifique est qu’il vaut mieux dire les choses, même si elles nous gênent. Il faut que nous prenions acte que nous vivons dans une société pluriculturelle. Ce qui pose problème, ce n’est pas que l’on accueille autant d’immigrés mais qu’on les accueille aussi mal, qu’on les mette à part dans des quartiers. Je n’ai pas une position essentialiste qui reviendrait à dire que l’on ne peut pas modifier les comportements parce qu’ils relèvent d’un facteur culturel. Au contraire, je crois que l’intégration est possible mais qu’il faut utiliser les bons leviers et accepter les différences. Pour cela, il faut aussi être capable de poser les bons diagnostics.

Pourquoi mettre en avant la question « culturelle » alors que la question « sociale » est traditionnellement privilégiée ?

Les mots sont importants. Je ne parle pas d’ethnies ou de races, je parle des origines culturelles parce que je suis convaincu que les sociétés humaines sont modelées par leurs langues, leurs histoires, leurs conditions de vie, leurs modèles familiaux. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas une dimension sociale, elle est évidemment centrale. Mais il faudrait être aveugle pour ne pas voir que la dimension culturelle interagit, dans les quartiers où la ségrégation est la plus forte, avec la question sociale en matière de scolarité ou de comportements.

Vos solutions ?

Les femmes sont un levier de transformation. Aujourd’hui, elles sont dévalorisées dans beaucoup de familles. Or, on sait que la position de la mère est décisive dans la réussite. On gaspille un capital éducatif considérable en s’abstenant de les soutenir. Plutôt que de faire de la répression quand c’est trop tard, quand les enfants sont devenus des adolescents, il faut agir en amont avec les mères.

Propos recueillis par L. Br.

Émeutes urbaines et protestations. Une singularité française − Hugues Lagrange et Marco Oberti

Olivier de Broca

Émeutes urbaines et protestations. Une singularité française

Hugues Lagrange et Marco Oberti (dirs.)

Les Presses de Sciences Po

Coll. Nouveaux débats, mai 2006, 224 p.

L’étude suggérée par le titre et la quatrième de couverture − un parallèle entre les émeutes de novembre et les manifestations anti-CPE − tourne court : au-delà d’une angoisse commune face à la précarité, et d’une demande adressée dans les deux cas à l’Etat, les auteurs de cet ouvrage collectif reconnaissent qu’il est difficile de rapprocher davantage des couches de la jeunesse que tout sépare, les situations vécues, le niveau de diplôme et le rapport à l’emploi. Si des convergences se sont fait jour ici ou là, notamment parmi les lycéens, on ne peut en définitive souscrire aux formules d’un Alain Touraine, pour qui « il n’y a pas de différence de nature entre le mouvement de novembre et celui de mars », ou d’un François Dubet qui voyait dans les manifestations anti-CPE la « réplique » des émeutes dans les banlieues. Avec un regret à peine voilé, Marco Oberti (chercheur à l’OSC, Observatoire sociologique du changement, CNRS-Sciences Po) conclut sur ce point que « rassembler ceux qui veulent le retrait du CPE et les émeutiers de novembre […] apparaît comme un défi politique majeur, difficile à tenir ». L’essentiel de cet ouvrage collectif est donc consacré aux événements de novembre.

Le sociologue Hugues Lagrange (également chercheur à l’OSC) signe les deux articles les plus consistants. Dans « La structure et l’accident », il s’efforce de dégager les facteurs, circonstanciels ou durables, permettant d’expliquer la survenue des émeutes : quartiers d’habitat social et plus particulièrement ZUS (à 85 %), proportion très élevée des moins de vingt ans, concentration de grandes familles (six personnes et plus), chômage, zones franches urbaines actives créatrices d’emplois, et enfin existence de conventions avec l’ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine). Aucune de ces « conditions » n’est déterminante, c’est leur accumulation qui a rendu la situation explosive.

Ce que les auteurs soulignent à plusieurs reprises, c’est bien l’imbrication entre les facteurs sociaux et « ethnoraciaux ». Certes, le modèle français d’intégration républicaine a conduit à un déni de la dimension ethnique, mais il ne faudrait pas que « par un basculement qui ne serait que la forme inversée du déni, on en vienne à ethniciser à l’excès ces questions ». Certes la reconnaissance de la pluralité des cultures et leur prise en charge politique sont un enjeu important, mais qui ne doit pas gommer l’objectif premier de mixité sociale : « Nous ne sommes pas face à un processus de repli communautaire […] Nous devons faire face à une accentuation de la polarisation sociale et ethnique à l’extrémité inférieure du spectre social ».

Plus que le problème de la reconnaissance politique, les émeutes placent donc au centre du débat la question de la ségrégation urbaine, les quartiers impliqués se caractérisant par une forte « homogénéisation sociale par le bas ». Cette ségrégation a des coûts considérables (scolarisation moins efficace, stigmatisation des populations et donc risque de chômage accru, délinquance, mais aussi une charge de transport plus élevée dans les budgets des ménages) et des effets de spirale (la moindre attractivité de ces quartiers dissuade les entreprises de s’y installer et chasse les habitants les plus mobiles). Au fond, les événements de novembre valident les politiques urbaines actuelles en faveur de la mixité sociale, et plaident en faveur d’un renforcement de leurs moyens. Il reste à définir les objectifs réels de cette mixité et à se prémunir contre les effets pervers des politiques engagées, notamment en ce qui concerne les deux piliers de la mixité, l’école et le logement.

L’école a perdu de sa crédibilité comme outil d’ascension sociale pour apparaître de plus en plus comme un rouage de la relégation − relégation d’autant plus impitoyable que ceux qui jouent le jeu n’en tirent pas les bénéfices attendus en termes d’intégration. Les deux principaux dispositifs mis en place pour remédier à cette situation ont des effets contradictoires. Les ZEP, tout d’abord, constituent une « forme de discrimination positive modeste » visant à accorder des ressources supplémentaires aux établissements accueillant une forte proportion d’enfants de milieux défavorisés. Dans la perspective qui intéresse les auteurs, « le dispositif ZEP n’a pas vocation à lutter en tant que telle contre la ségrégation scolaire mais entend au contraire en prendre acte et aider les établissements à forte concentration d’élèves défavorisés ». Il ne peut donc s’agir d’« un maillon d’une politique plus large de déségrégation ». La carte scolaire, en second lieu, visait explicitement à maintenir la mixité sociale, mais elle ne fait en définitive que « valider la différenciation et les hiérarchies sociales inscrites dans l’espace urbain », accentuant donc la relégation des plus défavorisés. L’offre scolaire, en termes d’options, de choix de langues, de filières internationales, se raréfie dans les quartiers défavorisés, qui se « spécialisent » de plus en plus dans l’accueil d’un public « difficile » − une évolution qui ne contribue pas à motiver les élèves. Dans ce contexte, comment juger les axes d’intervention proposés à la suite des émeutes ? Favoriser l’accès des meilleurs élèves de ZEP aux lycées prestigieux, ou bien créer des établissements d’excellence en banlieue relève certes de l’idéal méritocratique républicain. Mais dans les deux cas, « c’est une logique de concentration de l’offre scolaire d’excellence qui l’emporte sur une logique de diffusion ». Marco Oberti plaide donc pour une véritable « homogénéisation des conditions d’études ». À rebours de la logique de spécialisation, il faut donc que les collèges des quartiers défavorisés soient en mesure de «  maintenir les options les plus attractives », un effort particulier devant être porté sur les classes préparatoires aux grandes écoles. Quant à la carte scolaire, elle doit s’affranchir des frontières municipales et « recomposer des secteurs à l’échelle de bassins scolaires qui peuvent rapprocher des communes contrastées mais proches ». Il faut en outre, pour que le système soit efficace, soumettre les établissements privés conventionnés à la carte scolaire.

En matière de logement, les dispositifs visant à la mixité résidentielle comportent les mêmes enjeux et les mêmes risques d’effet pervers. L’article 55 de la loi SRU a instauré un taux minimum de 20 % de logements sociaux dans les villes. Pour François Meunier, cette loi présente deux défauts : la dissymétrie créée entre les communes qui satisfont au quota et celles qui sont en dessous (les premières n’étant pas rétribuées pour le service social rendu, les secondes ne sont pas incitées à les imiter) ; et le manque de souplesse du quota (les communes sans espace urbain disponibles se trouvent pénalisées). Pour pallier ces inconvénients, François Meunier propose d’instaurer un « bonus/malus », un « système de droits aux logements sociaux », sur le modèle des droits à polluer : il s’agit idéalement de mesurer « le prix social attribué à la non-mixité » ou, de façon plus pragmatique, de « mettre en place une péréquation entre les communes à crédit et les communes à débit ». Les communes à fort taux de HLM verront leurs efforts rémunérés, tandis que les communes riches devront faire le choix : appliquer le seuil ou « payer le prix de l’exclusion des populations défavorisées ». De son côté, l’ANRU prévoit de créer une offre de 250 000 logements locatifs sociaux, de réhabiliter 400 000 logements et d’en démolir 250 000 entre 2004 et 2011. Il s’agit à la fois de diversifier l’offre de logements (pour le rapprocher de l’habitat privé d’une ville « classique ») et de disperser les habitants des tours démolies dans les communes avoisinantes, afin de rééquilibrer l’accueil des populations à revenus modestes. Cet objectif ambitieux de production de mixité se heurte à plusieurs écueils. Dans une première phase, le relogement des familles expulsées pose problème : les logements disponibles, et notamment les grands logements à loyer réduit, sont rares ; partent en premiers les ménages jeunes, ayant des revenus, présentant peu de risques pour les bailleurs… Plus grave, la rénovation urbaine risque à terme de réduire le logement très social : sous prétexte de diversifier l’habitat, les communes sont tentées de favoriser les classes moyennes, qui constituent un électorat bien plus attractif pour les maires que les classes populaires et immigrées.

Les émeutes de novembre ont conduit à une remise en cause des politiques de la ville. La pertinence de l’approche par les territoires plutôt que par les personnes a fait l’objet de vives critiques. Plutôt que de chercher à requalifier les quartiers, on a parlé de favoriser la mobilité individuelle des personnes. La mixité est apparue « comme un leurre, voire comme un horizon contre-productif pour les classes populaires ». Certains ont même avancé qu’une ségrégation urbaine « pacifiée » des populations issues de l’immigration pouvait jouer en faveur de la représentation et de la défense de leurs intérêts. Hugues Lagrange et Marco Oberti s’inscrivent en faux contre une telle vision. Ils défendent une conception de la ville comme espace d’intégration et de mixité sociale, définie comme un « bien précieux » : « On ne pense pas naïvement que l’accent mis sur le mélange résidentiel induira des relations sociales interclasses (…) On peut en attendre plus modestement un effet de réduction d’une logique globale d’homogénéisation sociale des espaces ».

Olivier de Broca

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http://www.strategie.gouv.fr

Voir enfin:

Le facteur démographique

Gunnar Heinsohn, sociologue à l’université de Breme

Jeune Afrique

04/02/2008

Comme dans beaucoup d’autres pays africains, l’explosion de violence au Kenya peut avoir un lien avec une explosion démographique qui a échappé aux médias locaux et internationaux. En seulement quatre-vingts ans, la population kényane a bondi de 2,9 millions d’habitants à 37 millions. Si l’Amérique avait connu une telle croissance démographique depuis 1928, où la population était de 120 millions d’habitants, elle en compterait aujourd’hui 1,56 milliard.

Le Kenya appartient à un groupe d’une quarantaine de pays qui ont eu une croissance démographique exceptionnellement élevée. Dans ces pays, pour 1 000 adultes masculins âgés de 40 à 44 ans, on trouve au moins 2 500 garçons âgés de 0 à 4 ans. Au Kenya, on en trouve 4 190.

Entre 1950 et 1985, l’indice de fécondité kényan a tourné autour de 8 enfants par femme. En 2007, chaque Kényane a donné naissance à une moyenne de 5 enfants (contre 2 par femme aux États-Unis et 1,6 en Grande-Bretagne), et il y avait 40 naissances pour 10 décès. Les chiffres correspondants aux États-Unis ont été de 14 naissances pour 8 décès et en Grande-Bretagne de 10 naissances pour 10 décès.

Conséquence, les Kényans de sexe masculin ont un âge moyen de 18 ans, contre 35 ans aux États-Unis et 39 ans en Grande-Bretagne. Et 42 % des Kényans de sexe masculin ont moins de 15 ans, contre 20 % aux États-Unis et 17 % en Grande-Bretagne. Et du fait de l’amélioration des conditions de vie, ces jeunes Kényans ont plus de dynamisme et d’ambition que leurs aînés.

Le Kenya est ainsi un cas de violence intérieure inspirée par ce que j’appellerais une « poussée de jeunesse » – une période de rapide croissance démographique avec 30 % à 40 % d’adolescents et d’adultes de sexe masculin âgés de 15 à 29 ans.

Avec autant d’hommes jeunes frustrés, mieux nourris et mieux instruits qu’ils ne l’ont jamais été, mais qui n’ont que peu de perspectives de trouver un bon emploi, les pays où cette poussée de jeunesse a eu lieu sont exposés à une forte agitation sociale. Dans ceux où des taux de natalité élevés s’accompagnent d’une grande misère et d’une alimentation pauvre, les jeunes sombrent le plus souvent dans la léthargie. Mais dans d’autres comme le Kenya, les jeunes qui ne se voient pas d’avenir n’hésiteront pas devant la violence plutôt que de se résigner à l’échec. Ces chiffres étant ce qu’ils sont, le plus surprenant au Kenya n’est pas la violence, mais les longues périodes de calme relatif. Ce calme est dû en partie au fait qu’il existe de la terre disponible pour les jeunes qui arrivent à l’âge adulte.

Mais il serait encore plus surprenant que le Kenya retrouve rapidement une harmonie interne. Dans les quinze prochaines années, environ 8,1 millions de Kényans de sexe masculin arriveront à « l’âge de la bagarre » – de 15 à 29 ans – contre 5,7 millions aujourd’hui. Les terres cultivables non utilisées s’épuisent. Le Kenya risque de connaître une vague de violence comparable à celle de ses voisins.

4 Responses to Délinquance/immigration: C’est la culture, imbécile! (French sociologist finally stumbles onto his country’s underclass)

  1. jcdurbant dit :

    Voir aussi Le Figaro:

    Les parents se sentent impuissants. Ils ont le syndrome du numéro vert ( …) la rencontre d’un père malien et d’une assistante sociale tourne souvent au dialogue de sourds. Elle le considère comme l’archétype du machisme. Et lui refuse qu’une jeune femme de 23 ans lui explique comment éduquer ses huit enfants.

    Ferdinand Ezembé (Psychiatre spécialiste de la médiation interculturelle)

    Vingt villes franciliennes présentent maintenant des concentrations exceptionnelles, avec un jeune sur cinq d’origine subsaharienne. À Grigny, dans l’Essonne, c’est un mineur sur trois. (…) Leur éducation par les coups est soudain montrée du doigt par l’école, comme une maltraitance. (…) L’arrivée récente de familles rescapées de pays en guerre, comme le Zaïre ou le Congo, ajoute ses drames. «Lorsque les enfants sont délinquants, ils sont souvent dans l’hyperviolence» , affirme le sociologue. Mais si les difficultés des enfants d’Africains sont bien réelles, elles restent, rappelle Hugues Lagrange, cantonnées à l’Ile-de-France.

    Le Figaro
    ——————————————————————————–
    Quatre facteurs déterminants

    Dans son livre, le sociologue Hugues Lagrange détaille les mécanismes qui freinent l’intégration des enfants d’Africains du Sahel.

    • Formation d’«enclaves ethniques»

    La très forte concentration de familles africaines concerne 20 à 25 communes d’Ile-de-France principalement. La moitié des migrants d’Afrique débarquent en Seine-Saint-Denis. Lorsqu’ils s’installent dans une cité, les classes moyennes autochtones sont déjà parties. «Ensuite, les phénomènes d’éviction sont importants.» Dans ces communes, la ségrégation ethnique s’est accrue dans les années 1990. Aujourd’hui, les classes moyennes maghrébines quittent à leur tour les cités. Certains quartiers sont ainsi devenus, selon le chercheur des «sortes d’enclaves ethniques». «Dans ces cités, le taux de délinquance se fixe haut, autour de 15 % mais n’augmente pas avec l’arrivée de nouvelles familles sahéliennes, comme si la régulation par le groupe se remettait à fonctionner.»

    • Monoparentalité, polygamie et délinquance

    Les enfants de familles monoparentales ont globalement plus de probabilité d’entrer en délinquance. En revanche, cette relation s’inverse pour les familles du Sahel. Ces foyers connaissent peu de divorces. Et lorsqu’une femme élève seule ses enfants, «c’est souvent une mère courage, qui a fini par quitter un époux polygame ou violent. Les enfants s’en sortent mieux : les filles se solidarisent avec la mère et les garçons assument le rôle de l’homme », selon le chercheur. Dans les familles polygames, l’échec scolaire est massif, tout comme la part des adolescents verbalisés. «Cependant, ces foyers sont peu nombreux en France. Au Val Fourré, il y a 70 familles concernées. Mais localement c’est un problème, car cela représente 1 200 enfants.»

    • L’islam comme lien avec les parents

    À l’adolescence, les garçons sont en opposition avec la société, qu’ils jugent hostile. Ils subissent des contrôles policiers à répétition et des discriminations. Ils se heurtent aussi à leurs parents. Pour ne pas rompre totalement avec leurs origines, certains adoptent un islam fondamentaliste. La pratique religieuse augmente parmi la deuxième génération.

    • L’absence des cadres

    Lorsque dans un quartier, le pourcentage de cadres grimpe de 3 % à 7 %… tout change ! Il suffit d’une petite élite pour modifier les dynamiques scolaires. À Paris, la mixité sociale se maintient jusqu’à l’entrée au collège.

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  2. maherpra dit :

    Le sociologue Hugues Lagrange(H.L désormais) aurait constasté une surreprésetation des jeunes issus d’Afrique sahélienne dans la délinquance. J’emploie volontiers le conditionnel à la place du présent de l’indicatitif, car son ouvrage ne présente aucun caractère scientifique autre que celui que lui confère sa positon usurpée de Directeur de recherche au CNRS. Je m’explique:
    1) Le titre de l’ouvrage d’abord « Le déni des cultures » n’est pas scientifique. Il s’agit d’une proposition infalsifiable qu’on ne peut retenir dans un débat à caractère scientiffique.
    2)-Le constat. C’est un fait empirique dont il faut rechercher les causes et selon les cas les solutions . Or l’auteur de cet ouvrage biaise le constat en isolant les faits culturels du constat général(lien entre la délinquance et l’échec dans le parcours scolaire), pour les reprendre plus loin comme faits explicatifs(causes) et encore plus loin comme solutions. Et pourtant ces faits culturels sont connus et l’auteur ne les découvre pas. H.L donne donc dans le discours pseudo-rationnel qui pose un constat reprend ce même constat comme cause d’une part et comme solution plus loin d’autre part. Dès lors on comprend pourquoi le modèle explicatif qu’il propose n’intègre pas l’histoire de l’immigration italienne ou polonaise en France et les liens que les prétendus sociologues de l’époque étabissaient avec la délinquance. Naturellement tout un chacun voit comment ce modèle pseudo-scientifique de H.L ne tient pas la route. H.L. ne compare pas dans le temps sur une problématique où la diachronie s’impose non seulement comme démarche sientifique mais aussi comme fait empirique.Il s’écarte donc ainsi du vrai processus de la connaissance scientifique.
    3)- Sa méthode comparative, et le titre de son ouvrage suggère qu’il a pourtant bien comparé des catégories des la population française, ne relève pas plus de l’approche scientifique.
    H.L divisent ces catégories en deux groupes:les familes autochtones et les familles allochtones (dont sont issus les jeunes noirs en cause).Puis il parle de « milieux sociaux comparables » sans nous indiquer comment il a procéder pour homogénéiser ces deux modèles de familles en milieux sociaux comprables. Ainsi aurait-on aimer voir apparaître le taux de délinquance des jeunes noirs d’origine antillaise en regard d’une part de celui des jeunes noirs d’Afrique sahélienne, et dautre part de celui des jeunes français de souche europénne et/ou juive, puisque les jeunes noirs antillais sont inclus dans les familles dites autochtones. Pire HL se contente de parler de mileux sociaux comparables comme si la considération sociale dont jouit une famille autchtone ouvrière et la même que celle d’une famille ouvrère issue d’Afrique sahélienne ou non.
    4)- Données et interprètation :Le faux problème de contrôle au faciès, mais le réel problème cependant occulté, de la chaîne pénale. A l’objection des contrôle au faciès dont seraient victime les jeunes noirs, «  »lisse » les données en soulignant le faitque « les écarts en termes de délinquance sont similaires à ceux obsevés dans le domaine scolaire, peu suspect de racisme… » Or il s’agit là d’un faux problème. La surreprésentation des jeunes noirs est une conséquence de leur sous-représentation dans la chaîne pénales(police +gendarmérie+magistrats+ greffiers +Avocats). Concrètement pour la même infraction le jeune noir ou maghrébin ayant le même profil de prévenu sera condamné à une peine de prison ferme, alors que le jeune frannçais de souche européenne s’en tirera avec un condamnation avec sursis et au quantum le plus faible et le jeune français d’origine juive se verra tout au plus infiger un rappel à la loi. Donc surpénalisation des jeunes noirs et maghrébins parce qu’ils sont sous-représentés dans la chaîne pénale. Et cette surpénalisation que H.L retouve dans le dépouillement des données des fichiers de la police ou de la Gendarmerie. Corréler ces données à ceux du décrochage scolaire, c’est faire preuve de la part d’un sociologue,d’un manque d’expérience évident. H.L ignore les effets de la composition sociale et/ou ethnique de la chaîne pénale.
    5)- Comme il ignore, et c’est extrêmement grave de la part d’un sociologue, que dans la société française tout ce qui est mal est qualifié de noir. Qoui de plus naturel que les Noirs soient surreprésentés dans la délinquance en France!
    6)-La filiation de l’ouvrage H.L. est bien connue de tous ceux qui s’intérssent à la problématique de la délinquance et de l’immigration. H.L. est lebonien(de Gustave le Bon) et fidèle à Alexis Carrel ou encore à Charles Richet par exemple. Au psychologisme de Gustave le Bon, H.L. substitue lâchement le culturalisme comme catégorie intermédiaire entre la nation et les classes sociales.
    7)-Malgré ses dénégations, on sait que ce type de sophisme présenté come travil scientifique, aboutit invariablement à poser la quetion raciale et les solutions proposées se nourriront des polémiques générées sur ce terrain.
    Je ne peux donc que lui recommander de relire attentivement son mentor Gustave le Bon qui croyait échapper à la tyrannie de la ‘race naturelle’par son fameux psychologisme,fondateur des races historiques propres aux nations civilisées. On connaît la suite de l’ histoire.
    Au total, Hugues Lagrange( H.L.) en mal de notoriété, croit s’en faire une, au prix d’une polémique sur ouvrage sans intérêt scientifique.

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  3. jcdurbant dit :

    N’etant pas actuellement en France et n’ayant pas encore pu lire l’ouvrage en question, je ne pourrai vous repondre autrement que pour dire que telle qu’elle est actuellement presentee par la presse, l’approche de Lagrange me pose en effet aussi enormement de problemes, meme si ce ne sont probablement pas les memes que pour vous, excepte peut-etre cette idee de « milieux sociaux comparables » …

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  4. […] pour la France, nos chères têtes blondes qui s’appellent toutes Mamadou, nos familles recomposées, le précieux mode vie de nos « gens du voyage », nos longues traditions […]

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