Flottilles: Le droit international le permettait et nous ne le savions pas! (French media rediscover international law)

Nous avons été attaqués dans les eaux internationales. Ce qui veut dire que les Israéliens se sont comportés en pirates, pas mieux que ceux qui operent sur les cotes somaliennes. Henning Mankell (The Guardian, 05.06.10)
Le fiasco diplomatique est d’autant plus spectaculaire que les commandos israéliens ont pris le contrôle de cette flottille dans les eaux internationales. LE MONDE (2.6.10)
Une nouvelle fois, Tel-Aviv se voit au-dessus des lois et une nouvelle fois, ce sont des civils qui en ont été victimes. (…) A Gaza, sur le nucléaire ou sur l’occupation de la Cisjordanie, l’Etat hébreu refuse de ses soumettre aux règles du droit, toujours au nom de sa sécurité. (…) Mais si Israël entend appartenir au concert des nations, il faut qu’il en respecte les règles. LIBERATION
Par cet acte barbare et sanglant, les dirigeants israéliens signifient bien qu’ils veulent que le blocus de Gaza soit total. Autrement dit, ils souhaitent étouffer ce peuple aux mains nues. Ces méthodes confinent à l’extrémisme d’État, au terrorisme d’État. Les mots ne sont pas trop forts. De toutes les chancelleries du monde, de l’ONU, de l’Union européenne, la quasi-totalité des institutions se disent choquées, indignées par ces nouveaux crimes de l’armée israélienne, par ces violations manifestes du droit international. L’HUMANITE
Je suis convaincu qu’à l’issue de votre enquête, il sera clair qu’Israël et les forces israéliennes ont agi conformément au droit international. Benjamin Nétanyahou (9.8.10)
Les navires de commerce neutres peuvent être capturés hors des eaux neutres s’ils (…) violent ou tentent de violer un blocus. Manuel de San Remo (sur le droit international applicable aux conflits armés en mer, article 146, 1994)
Cette disposition devrait être de nature à dissuader les compagnies maritimes qui louent des navires à des militants pro-palestiniens. En revanche, cela ne devrait pas avoir d’effet dissuasif sur des initiatives telles que celle du Mavi Marmara où les militants avaient eux-mêmes acheté le navire. Le Nouvel observateur
De nombreux propriétaires de bateaux vont envisager la possibilité que leur navire soit arraisonné ou mis à l’amende ou carrément saisi. Il s’agit de pertes contre lesquelles ils ne sont pas assurés et qui ne seront pas compensées par les organisations non gouvernementales. J. Peter Pham (conseiller auprès des autorités américaine et européenne)

Nos médias seraient-ils soudain touchés, 10 jours avant le Grand pardon, par l’esprit de Rosh Hashana?

Petit retour en cette fête par excellence de l’introspection et de la pénitence qui inaugure l’année juive (« Shana Tova » à tous nos amis!) …

Et trois mois après l’arraisonnement israélien d’une flottille de 7 navires turcs au large de Gaza dont celui du seul Mavi Marmara, on s’en souvient, avait provoqué la mort de 9 militants et le tollé universel du monde politico-médiatique …

Et échec apres échec de tentatives de rupture du blocus maritime de Gaza …

Sur l’apparente (re)découverte, par nos valeureux journalistes du Nouvel Observateur, du droit international.

Et notamment le fait, comme les autorites israéliennes avaient tenté de le rappeler, que le droit maritime permet tout à fait, y compris, ce genre d’arraisonnement pour les navires tentant de briser un blocus militaire

Flottilles : Israël mise sur le droit maritime

Dan Williams et Jonathan Saul

Le Nouvel observateur

08.09.10

JERUSALEM/LONDRES (Reuters) – Souhaitant éviter un nouvel épisode meurtrier après celui de la flottille de la paix au mois de mai, Israël a décidé d’avoir recours au droit maritime pour dissuader les tentatives contre le blocus pesant sur la bande de Gaza.

Des responsables israéliens ont expliqué que tous les navires à destination de l’enclave palestinienne seront avertis qu’ils encourent un risque d’arraisonnement et la possible arrestation de leur équipage.

Cette stratégie avait déjà été expérimentée avec succès au mois de juillet. Un bâtiment chargé d’aide humanitaire à destination des populations de Gaza et affrété par l’un des fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi avait renoncé à gagner les côtes du territoire palestinien.

« L’approche légale a démontré une efficacité dissuasive et nous sommes prêts à en faire une mode de punition », a déclaré un haut responsable gouvernemental s’exprimant sous le sceau de l’anonymat.

« Nous sommes prêts à payer le prix qui convient pour défendre le blocus. L’autre camp devra être prêt à payer le prix pour le remettre en cause », a ajouté ce responsable.

L’Etat hébreu estime que le blocus imposé sur la bande de Gaza, dirigée par le Hamas, est une des conditions à la sécurité de son territoire. Il permet de lutter contre la contrebande d’armes à destination du groupe islamiste.

Israël avait provoqué un tollé international en mai lorsque des commandos de marine de Tsahal avaient arraisonné un navire humanitaire turc, le Mavi Marmara, tuant neuf personnes au cours de l’opération.

RISQUES DE PERTES FINANCIÈRES

Selon des juristes spécialisés, le droit international permet à une nation souveraine d’arraisonner un navire qui tente d’enfreindre un blocus déclaré. Cette disposition devrait être de nature à dissuader les compagnies maritimes qui louent des navires à des militants pro-palestiniens.

En revanche, cela ne devrait pas avoir d’effet dissuasif sur des initiatives telles que celle du Mavi Marmara où les militants avaient eux-mêmes acheté le navire.

« De nombreux propriétaires de bateaux vont envisager la possibilité que leur navire soit arraisonné ou mis à l’amende ou carrément saisi », explique J. Peter Pham, conseiller auprès des autorités américaine et européenne.

« Il s’agit de pertes contre lesquelles ils ne sont pas assurés et qui ne seront pas compensées par les organisations non gouvernementales », ajoute-t-il.

Les autorités israéliennes ont été confortées dans cette nouvelle stratégie par le succès d’un face à face qui les a opposées en juillet à un navire humanitaire affrété par un fils de Kadhafi.

Face aux menaces de poursuites légales, le capitaine et l’équipage de l’Amalthea, appartenant à un armateur grec, avaient décidé de changer de route et avaient abordé dans le port égyptien voisin d’El Arich.

« Les menaces ont été prises en considération, mais la décision de changer de route a été prise après de longues discussions avec l’affréteur du bateau », a précisé Alex Angelopoulos dont la compagnie est propriétaire de l’Amalthea.

L’arraisonnement du navire aurait entraîné un coût de 5.000 euros par jour, a-t-il indiqué.

Interrogé, un autre responsable israélien a affirmé qu’une confiscation définitive du navire était « hors de question ». « Cela serait tout simplement intenable légalement et en pratique. Mais, nous pouvons exercer des pressions en tenant compte du fait que le propriétaire d’un bateau fait face à une importante perte d’argent pour chaque jour où le navire est détenu par Israël », a rappelé ce responsable.

Toute la question est de savoir combien de temps, en cas d’arraisonnement, les Israéliens pourraient retenir ainsi un navire. « A mon avis, pas très longtemps sans la preuve effective qu’il y avait autre chose que de l’aide humanitaire à bord », a déclaré John Dalby, directeur général de la compagnie MRM spécialisée dans ce domaine.

Parmi les sept navires de la flottille de la paix, quatre sont toujours détenus par Israël tandis que trois ont été restitués sans condition en geste d’apaisement à l’adresse d’Ankara.

Pierre Sérier pour le service français

Voir aussi:

[REVUE DE PRESSE] Le raid sanglant israélien

Les commentaires de la presse, mardi 1er juin, sur le raid sanglant israélien au large de Gaza.

LE FIGARO

(Pierre Rousselin)

« L’interception meurtrière de la flottille humanitaire au large de Gaza aggrave durablement l’isolement diplomatique d’Israël, à un moment déjà délicat pour le gouvernement de Benyamin Nétanyahou. (…) L’opération une ‘Flottille de la paix’ n’avait pas caché son intention de braver l’embargo naval de la bande de Gaza et de chercher la plus grande publicité. La crise est désormais politique. Elle remet le blocus de Gaza sur l’agenda international et oblige Benyamin Nétanyahou à annuler sa visite prévue à la Maison-Blanche, à un moment où ses relations avec Washington restent tendues. Après la remise en cause de son arsenal nucléaire par la conférence d’examen du TNP, la semaine dernière, Israël est dangereusement isolé. »

LIBERATION

(François Sergent)

« Rien ne peut justifier l’opération israélienne au large de Gaza. Les explications de l’Etat hébreu sont pathétiques. Jamais les militants humanitaires, certains bien intentionnés, d’autres moins, n’ont constitué la moindre menace pour Israël. (…) Une nouvelle fois, Tel-Aviv se voit au-dessus des lois et une nouvelle fois, ce sont des civils qui en ont été victimes. (…) A Gaza, sur le nucléaire ou sur l’occupation de la Cisjordanie, l’Etat hébreu refuse de ses soumettre aux règles du droit, toujours au nom de sa sécurité. (…) Mais si Israël entend appartenir au concert des nations, il faut qu’il en respecte les règles. La communauté internationale doit si nécessaire les imposer, y compris par des sanctions. (…) Il faut qu’une enquête indépendante soit menée, et Israël devra en accepter les conclusions. (…) »

L’HUMANITE

(Patrick Le Hyaric)

« (…) Par cet acte barbare et sanglant, les dirigeants israéliens signifient bien qu’ils veulent que le blocus de Gaza soit total. Autrement dit, ils souhaitent étouffer ce peuple aux mains nues. Ces méthodes confinent à l’extrémisme d’État, au terrorisme d’État. Les mots ne sont pas trop forts. De toutes les chancelleries du monde, de l’ONU, de l’Union européenne, la quasi-totalité des institutions se disent choquées, indignées par ces nouveaux crimes de l’armée israélienne, par ces violations manifestes du droit international. Mais les mots ne suffisent plus! Il faut des actes. (…) Les gouvernements, l’ONU et l’Union européenne doivent réagir avec fermeté. Une enquête internationale sous l’égide de l’ONU s’impose et une réunion du Conseil de sécurité doit condamner nettement, clairement, ces actes barbares pour en tirer toutes les conséquences. (…) Les États-Unis et l’Union européenne, comme d’autres grands pays, ont les moyens de faire cesser une situation qui n’a maintenant que trop duré. (…) »

LA CROIX

(Dominique Quinio)

« (…) L’opération maritime menée au départ d’Istanbul misait sur la médiatisation. L’avertissement d’Israël de ne pas laisser les navires se rendre jusqu’à Gaza avait renforcé le projet des militants pro-palestiniens, certains que des images d’arraisonnement feraient le tour du monde et serviraient leur cause. Mais l’intervention des commandos israéliens est allée au-delà de l’accostage attendu. (…) Pour une armée aussi entraînée que Tsahal, la riposte semble avoir été mal contrôlée. Manifestations de colère chez les Palestiniens, fureur de l’alliée stratégique qu’est la Turquie, consternation de la communauté internationale, inquiétude du Vatican, soutien embarrassé des amis de toujours : les motivations politiques du gouvernement Netanyahou, déjà critiqué pour sa politique de colonisation, sont incompréhensibles, au moment où Washington fait pression pour que reprennent des négociations indirectes au Proche-Orient. Où l’on se dit, dans un acte d’espérance obstiné – comme à chaque crise aiguë -, que de ce paroxysme naîtront peut-être une volonté nouvelle de dialogue et le moyen de convaincre Israël. »

LA REPUBLIQUE DES PYRENEES

(Jean-Marcel Bouguereau)

« Il faudra attendre pour savoir qui a tiré le premier. Mais au fond peu importe, car le mal est fait. Israël est plus isolé que jamais, le monde entier proteste. Cette flottille acheminait des centaines de militants pro-palestiniens et de l’aide pour Gaza. Certes les autorités de Tel-Aviv avaient prévenues qu’elles s’opposeraient à cette opération jugée illégale. Mais est-ce la ‘flottille’ qui était illégale ou le blocus de Gaza ? (…) Israël, en donnant l’assaut, va évidemment nourrir un peu plus la vague de haine, d’agressivité envers l’état juif et, malheureusement aussi, envers les juifs eux-mêmes. Mais il y a longtemps que Netanyahu a choisi cette voie quitte à piétiner les valeurs proclamées d’Israël. (…) »

LA MONTAGNE

(Daniel Ruiz)

« (…) Le prix de cet abordage sanglant risque d’être élevé pour les Israéliens. Sans doute la réponse du Hamas ne tardera-t-elle pas, meurtrière elle aussi, la macabre course aux martyrs recommencera et avec elle la fuite en avant d’Israël qui paraît considérer que plus on le déteste à l’extérieur plus il se légitime à l’intérieur. Obama est la seule clé d’une situation hautement déstabilisante pour la région. (…) Le pari est risqué car les grandes puissances ne pourront plus très longtemps porter le fardeau de l’indifférence des Israéliens, ni continuer à faire payer aux Palestiniens la mauvaise conscience occidentale face à la Shoah. »

LE DAUPHINE LIBERE

(Didier Pobel)

« (…) En prenant connaissance des détails de l’arraisonnement meurtrier, on est d’abord choqués. Et cela d’autant plus qu’on se dit qu’il n’aurait, à l’évidence, pas fallu grand-chose pour que le ‘carnage’ soit évité. Mais comment le définir ce ‘Pas grand-chose’? Dans quelle marge secrète aller le chercher? Les réponses, si elles existent, ne peuvent être que d’ordre ontologique. En attendant, et tant pis pour l’angélisme, nous ne pouvons que rêver de voir un jour bannie universellement l’idée même de guerre. L’exemple existe. On le trouve dans l’Allemagne du XXIe siècle où le mal absolu passé a engendré le plus intransigeant des pacifismes. Hier, Horst Köhler, le président de la République, rôle honorifique mais moralement déterminant outre-Rhin, a dû démissionner pour avoir lié l’intervention militaire en Afghanistan à la défense des intérêts économiques. Ah! ce serait bien si, un peu partout dans notre vieux monde, ‘Guerre et paix’ n’était plus que le titre d’un roman… »

OUEST-FRANCE

(Laurent Marchand)

« C’était une réalité depuis l’opération meurtrière menée à Gaza, au début de l’année 2009, par l’armée israélienne. C’est maintenant une évidence. Israël est isolé sur la scène internationale, comme rarement le pays l’a été depuis sa création. La raison en est simple. Ni la punition collective infligée de façon chronique à la population de Gaza ni la violence du commando intervenu, hier, dans les eaux internationales pour bloquer un convoi humanitaire ne peuvent être justifiées. La réaction indignée de la communauté internationale le dit on ne peut plus clairement. Beaucoup de détails doivent, bien sûr, être encore éclaircis, ce qui explique la prudence de la réaction américaine. De ce point de vue, une enquête internationale est plus nécessaire que jamais. L’opération meurtrière ayant eu lieu hors des eaux territoriales israéliennes, la violation du droit international est patente,  » grossière  » même, pour reprendre la terminologie utilisée à Moscou. (…) »

LE PROGRES DE LYON

(Francis Brochet)

« Tous les blocus sont destinés à sauter, tôt ou tard. On pourra disputer des circonstances exactes du drame de la flottille, mais c’est bien cette vérité qui en est à l’origine: un blocus est toujours maintenu par la force, et peut être levé par la force ou par la négociation. Mais cela fait des années qu’on ne parle plus de négociation à Gaza, territoire grand comme deux cantons français, concentré de toutes les contradictions de la région: cité dans la Bible mais inconnu sur la carte des Etats, fermé au sud par les alliés égyptiens, occupé de l’extérieur par l’armée israëlienne, surpeuplé de réfugiés au chômage, placé sous assistance des Européens, verrouillé par le Hamas vainqueur des élections puis d’une guerre fratricide… Gaza, bande de terre que le monde aimerait oublier. Blocus impossible, comme il est impossible d’imposer éternellement le blocus sur tout espoir de paix. »

L’EST REPUBLICAIN

(Chantal Didier)

« Une commission d’enquête devra établir si la flottille pour Gaza n’était pas qu’humanitaire et si le commando israélien se trouvait vraiment menacé. Quoi qu’il en soit, l’opération menée hier justifie le tollé international et apparaît comme une faute politique. Elle suscite la colère de la Turquie, jusque-là principale alliée de Tel Aviv, et l’irritation de Barak Obama, dont le soutien se heurte à des provocations à répétition de la part du gouvernement de Benyamin Netanyahou. Elle s’inscrit dans une série de défaites sur le terrain de la guerre des images entre Israéliens et Palestiniens, au point de renforcer l’isolement d’Israël sur la scène mondiale. Tout à sa volonté de rendre impossible un État palestinien, Tel Aviv prend le risque de s’aliéner jusqu’à ses amis. Le 28 mai, les États-Unis ont voté contre Israël à l’ONU en soutenant la dénucléarisation du Proche-Orient. L’assaut contre la flottille humanitaire s’apparente à une réponse. Pour sa sécurité, l’État hébreu ne compte que sur lui-même, jusqu’à l’obsession. »

LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE-OUEST

(Denis Daumin)

« (…) Certes Israël pourra plaider la provocation, s’adossant à de troublants arguments. Les intentions des commanditaires de cette armada humanitaire cinglant en Méditerranée n’étaient probablement pas aussi limpides qu’ils s’appliquent à le soutenir désormais. Et la flottille, bravant un blocus renforcé depuis trois années, n’avait aucune chance raisonnable de parvenir à bon port. Rien à voir avec l' »Exodus » de 1947.L’objectif était ailleurs et le piège tendu a parfaitement fonctionné.  » Ces images sont plus dévastatrices qu’une défaite militaire  » observait hier Bernard Henri Lévy, invité phare d’un colloque tenu à Tel -Aviv autour de la démocratie. La cause palestinienne ne pouvait espérer plus retentissante défense. Et BHL, valeur à la baisse ces temps-ci, plus reconstituante croisade. »

L’ALSACE

(Patrick Fluckiger)

« Israël a déjà souvent été isolé au plan diplomatique, mais jamais la condamnation internationale de l’Etat hébreu n’avait été aussi massive. Le raid sanglant contre la flottille civile venue ravitailler la bande de Gaza sous blocus israélien est injustifiable, tant sur le plan moral que juridique. (…) En utilisant la force de façon aussi disproportionnée et aussi brutale, Israël remporte un succès tactique – il a arraisonné les bateaux – tout en enregistrant ce qui pourrait être sa plus grande défaite politique. (…) L’engrenage enclenché par la lourde décision d’ouvrir le feu ne sert que les extrémistes des deux camps. Il faut dire qu’ils sont au pouvoir non seulement à Gaza, mais aussi à Jérusalem, où le gouvernement Netanyahu fait la part belle à la droite la plus arrogante et la plus irresponsable. Les faucons n’ont pas fini d’ensanglanter le Proche-Orient. »

LA REPUBLIQUE DU CENTRE

(Jacques Camus)

« L’opération militaire israélienne contre la « flotille de la paix », au large de Gaza, provoque une indignation générale. On peut le comprendre aisément. Mais ce que l’on comprend moins, c’est que l’ébranlement des consciences n’ait pas eu lieu avant ce nouveau drame, pourtant largement annoncé. Et même prémédité. (…) La communauté internationale est coupable de temporisation excessive. Elle a abandonné le terrain aux extrémistes. Avec le sanglant résultat que l’on déplore. On a du mal à concevoir qu’Israël soit tombé aussi grossièrement dans cette « embuscade médiatique » tendue par des « humanitaires » propalestiniens pas seulement armés de bons sentiments. Y a-t-il, dès lors, une paix possible entre des Palestiniens « enfermés » dans leur prison à ciel ouvert de Gaza et des Israéliens reclus dans leur fièvre obsidionale? Ce n’est pas sûr. Car si les premiers sont désespérés, les seconds sont carrément… désespérants. »

LE TELEGRAMME

(Hubert Coudurier)

« L’attaque par Israël d’un convoi humanitaire destiné aux Palestiniens ne va sûrement pas renforcer le prestige de l’État hébreu. Son image a d’ailleurs bien changé depuis les détournements d’avions dans les années 1970 et les opérations spectaculaires du Mossad (services secrets) jusqu’aux deux intifadas qui renversèrent le courant de sympathie dont jouissaient jusqu’alors les dirigeants juifs en Occident. (…) Si l’on ajoute à cela la scission du mouvement en deux entités, les islamistes du Hamas à Gaza et l’Autorité de Mahmoud Abbas en Cisjordanie, le poids relatif des Palestiniens, qui avait culminé lors des accords d’Oslo, a singulièrement décru, autorisant tous les dérapages, dont l’arraisonnement de ce convoi humanitaire fournit le dernier et triste exemple. »

PARIS NORMANDIE

(Michel Lepinay)

« Le tollé est général. Une fois de plus Israël a choisi la voie du pire. Comme au Liban envahi à l’été 2006, comme à l’hiver 2008-2009 si meurtrier à Gaza. En attaquant sans retenue la flotte humanitaire qui s’approchait des côtes de Gaza, les militaires israéliens ont déclenché une réaction en chaîne mondiale. (…) On peut bien imaginer, quel que soit le bilan, qu’il y aura une enquête. Et quel que soit son résultat, le gouvernement d’Israël aura du mal à s’en remettre. Même si l’enquête démontrait que les soldats d’Israël ont été provoqués par les militants, voire même attaqués avec des bouts de planche et des couteaux, comme ils l’affirment, personne au monde ne voudra excuser ce massacre. (…) Mais pour Israël les dégâts sont déjà considérables. En une expédition incroyable de maladresse, ou de cruauté, ou les deux, son armée a pris le risque de relancer la spirale de la violence. (…) »

LES DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE

(Jean-Claude Kiefer)

« Mais quelle image Israël donne-t-il ! Ce pays qui gagnait toutes les sympathies bascule à son tour dans ce qu’il faut bien appeler le ‘terrorisme d’État’ – et ce terme n’est pas seulement employé par le Premier ministre turc Erdogan. Voir sur les télévisions mondiales des soldats paniqués tirant à bout portant sur des civils provoque effroi et indignation. Que les victimes aient cherché à se défendre n’est que légitime. (…) Cerné de toutes parts, Israël a le droit de se défendre. Toutefois, pas à n’importe quel prix. Pas au prix de 1.300 morts civils à Gaza en 2009, dont 450 enfants. Pas en violant le droit international, maritime ou autre. Pas en pratiquant une politique de colonisation façon XIXe siècle dans les Territoires occupés. Mais en cherchant aussi la paix. Une paix qu’Israël ne semble pas plus vouloir que certains Arabes. Du moins pas sous le gouvernement Netanyahu, le plus médiocre depuis la fondation de l’État hébreu. »

LA CHARENTE LIBRE

(Jacques Guyon)

« (…) Ce qui s’est passé la nuit dernière au large de Gaza n’est pas seulement une erreur militaire de la part de soldats qui auraient eu une réponse totalement disproportionnée à une attaque à l’arme blanche et à l’arme de poing dont ils disent avoir fait l’objet, c’est une faute politique, morale et historique. Cette tragédie est la trahison d’un héritage qui veut que le plus « jamais ça » vaille pour tout le monde, y compris pour le sort qu’on réserve à ses adversaires. Qu’il y ait eu, sinon de la provocation dans l’opération « flottille de la paix », au moins une volonté d’orchestration médiatique, sans doute. Pour autant, il est parfaitement stupéfiant de voir avec quelle facilité les responsables israéliens – militaires et civils – sont tombés tête la première dans le piège qui leur était tendu. (…) La convocation en urgence du Conseil de sécurité dès hier vient encore ajouter à la gravité d’une situation où tout peut arriver. Y compris le pire. »

LE COURRIER PICARD

(Bertrand Meinnel)

« Le drame survenu en pleine mer au large de Gaza à bord de la flottille internationale pro palestinienne élève de plusieurs degrés le niveau de tension régnant autour d’Israël. L’intervention des commandos israéliens et les victimes à bord d’un cargo turc accentuent la crise sous-jacente qui couvait depuis plusieurs mois dans la région. (…) Le drame est d’autant plus grave, qu’il était question d’aide humanitaire, et non d’armes comme le dénonce Israël. Un contrôle international aurait pourtant bien pu mettre les parties d’accord, mais la communauté internationale n’ose pas souvent s’opposer au gouvernement israélien, comme elle sait bien le faire pour isoler le Hamas à Gaza. Cette mollesse a été utilisée par les faucons, offrant une raison de plus aux Palestiniens et à l’ensemble des pays arabes de brandir le drapeau de la colère. Et ce nouveau cran dans l’escalade rapproche le Proche-Orient d’une ligne rouge que la forteresse assiégée israélienne semble de moins en moins capable d’identifier et surtout de vouloir solutionner pacifiquement. »

3 Responses to Flottilles: Le droit international le permettait et nous ne le savions pas! (French media rediscover international law)

  1. […] après le fiasco des flottilles par mer puis par air , … la Marche globale sur […]

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  2. […] militaire du droit aux visites de la Croix rouge fait bien partie des crimes de guerre et un blocus militaire fait partie de l’arsenal légal contre des Etats […]

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