Israël: La preuve qu’Israël est bien un Etat d’apartheid (The proof that Israel is indeed an apartheid state)

15 août, 2010
Comment comprendre que les Roms (…) puissent être extradés comme s’ils n’appartenaient pas à l’Union européenne ? Je ne savais pas que dans un même pays on pouvait faire la différence entre un citoyen européen de première et de deuxième catégorie. Nourredine Amir (expert algérien de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale)
Notre problème n’est pas la Judée et la Samarie, mais la direction fondamentaliste extrémiste qui se trouve à la Knesset. (…) Notre problème, ce sont [les dirigeants arabes israéliens] Ahmed Tibi et Barakeh — ils sont plus dangereux que [le leader du Hamas à Damas] Khaled Mechaal et [le chef du Hezbollah libanais] Hassan Nasrallah. Ils travaillent de l’intérieur et œuvrent méthodiquement à la destruction de l’Etat d’Israël comme Etat juif. Avigdor Lieberman (janvier 2008)
Nous acceptons le principe de la partition de 1947. Mais les Palestiniens veulent un Etat “judenrein”, les Israéliens un Etat juif à 100 % — et non un “Etat de tous ses citoyens”. Il suffira qu’un accord international redessine les frontières dans cet esprit. David Rotem (avocat proche de Lieberman)
Il n’y a aucun doute qu’à l’intérieur des territoires occupés palestiniens nous avons affaire à un exemple effarant d’apartheid. Jimmy Carter
Le cas de la député de Hanan Zoabi  et celui de Azmi Bishara remettent  sur le tapis la question des Arabes  de 1948, qui sont nés en Palestine  avant et après la création de  l’Etat d’Israël [1948], qui se sentent chez eux et qui refusent de quitter leur terre natale. Certes, ce sont des  Palestiniens et ils nourrissent un fort ressentiment contre Israël, mais ce sont aussi des citoyens israéliens, au même titre que les Juifs.  Dans la réalité ils sont réduits à l’état d’une  minorité dans une société faite par et pour les Juifs. Leur  loyauté à l’égard d’un Etat juif qui les opprime, qui les marginalise et qui les surveille sera toujours posée parce qu’ils se sentent d’abord arabes et palestiniens. Ces arabes de religions musulmane et chrétienne revendiquent leur  pleine appartenance au peuple palestinien et entendent  jouer un rôle à part entière dans sa lutte de libération et  en particulier l’établissement d’un Etat palestinien avec Jérusalem Est comme capitale. Mais ils réclament  aussi  la transformation de l’Etat israélien en un Etat réellement démocratique de tous ses citoyens, c’est-à-dire l’abolition de son caractère juif, considérée comme le seul moyen de parvenir à une égalité complète entre citoyens israéliens juifs et arabes. M. Lachkar

Embrigadement dans les paras d’une jeune beauté arabe-israélienne  à qui on fait dénoncer la violence arabe contre les Arabes

Agression et insultes en plein parlement d’une députée d’un parti arabe-israélien pour avoir dénoncé un assaut sanglant des forces armées israéliennes contre une flottille qui tentait le plus pacifiquement du monde, comme tout le monde a pu le vérifier sur les images de la télévision, de forcer un blocus militaire

Révocation d’une partie des privilèges diplomatiques d’une députée arabe pour avoir prétendument mis en danger la sécurité d’Israël en participant à une flottille contre le blocus de Gaza en compagnie de membres de l’association caritative Hamas (imagine-t-on une députée d’origine algérienne sanctionnée pour avoir participé à une opération humanitaire contre l’armée française parrainée par le GIA au moment des attentats de 95?) …

Pétition de près de 40 000 personnes en 24 h appelant à l’expulsion de la  Knesset d’une députée arabe ayant salué la possibilité que puisse se doter de l’arme nucléaire un Etat ayant appelé au rayage de la carte d’Israël

Alors que l’ONU s’acharne honteusement comme on le sait contre la Patrie des droits de l’homme pour de prétendues discriminations raciales contre ses 400 000 Roms

Et qu’ignorant le généreux projet que vient de dévoiler à un monde indifférent Mahmoud Abbas, nos médias préfèrent harceler l’armée libanaise pour avoir ajouté deux malheureuses victimes aux centaines de morts du massacre de Nahr al-Bared il y a trois ans dans un autre de ses 122 camps de réfugiés palestiniens …

Combien d’autres preuves faudra-t-il encore avant que le monde ne comprenne enfin qu’Israël est bien l’Etat d’apartheid que nous décrit si infatigablement dans ses discours et ses livres l’ancien président américain Jimmy Carter?

La polémique autour de la députée arabe israélienne pose la question de la pace des citoyens arabes dans l’Etat Juif

M. Lachkar

Mediapart

04 Juin 2010

Hanan Zoabi, la députée arabe israélienne, a été prise violemment à partie mercredi 2 juin 2010 en plein débat à la Knesset sur le raid meurtrier de l’armée israélienne. Hanin Zoabi représentante du parti Balad ( extrême gauche nationaliste arabe) appartient à la minorité palestinienne  d’Israël. Elle avait  fait parler  d’elle quand a été arrêtée  par les soldats de Tsahal qui avaient attaqué illégalement et violement  la flottille humanitaire de Gaza. Elle se trouvait sur le ferry turc Mavi-Marmara. Suite à sa libération en raison de son immunité parlementaire, elle avait témoigné aux médias internationaux  et surtout à la chaîneTV arabe Aljazeera  où elle a dénoncé les violences commises par les commandos israéliens qui avaient tiré sur les passagers du bateau faisant plusieurs morts.

La présence parmi les volontaires de la flottille pour Gaza  de Hanan Zoabi, une femme  de gauche, de nationalité israélienne et députée en plus,  venait de contredire tous les mensonges israéliens sur la nature du mouvement pacifiste qui n’avait comme objectif que de lever l’embargo sur Gaza et d’apporter de l’aide humanitaire à sa population. La propagande israélienne, pour  justifier l’acte de piraterie commis par son armée   prétendait que l’intervention de l’armée était   un acte d’autodéfense et portait  toute la responsabilité à ceux (des terroristes sympathisants du Hamas !!!) qui ont entrepris des actions violentes qui ont mis en danger la vie de soldats israéliens.

Hanin Zoabi était attendue à la Knesset de pied ferme. Avant même qu’elle ne monte sur le podium, les insultes avaient   fusé de partout pour l’empêcher de prononcer son discours. Son apparition  à la tribune a mis les nerfs à vif des parlementaires du  Likoud, parti de droite au pouvoir . Les esprits s’échauffent en hébreu, mais les images de l’agression verbale dont a été victime Hanin Zoabi sont très éloquentes.

Hanan a fait face, à la tribune, avec beaucoup de mérite aux insultes menaçantes dont la sommation raciste par excellence : « Va vivre à Gaza,  traîtresse »,  a été prononcée à son encontre en arabe puis en hébreu par Miri Reguev, députée du Likoud (une ancienne porte-parole de l’armée israélienne). La tension allait monter encore d’un cran lorsque Zoabi essaye de reprend la parole. Une parlementaire du parti d’extrême-droite d’Avigdor Lieberman s’avance vers le podium pour s’interposer entre Hanin Zoabi et le micro. «Pourquoi cette femme a-t-elle le droit de parler ?», s’exclame-t-elle, avant d’être expulsée de la salle. Le président de la Knesset a dû expulser plusieurs parlementaires de l’hémicycle pour tenter de rétablir  l’ordre.

Hanan Zoabi, dont le discours a été à de nombreuses reprises couvert par les cris et les sifflets, avait fini par prononcer avec sérénité quelques phrases. Elle a notamment défendu sa participation à la flottille pour Gaza. «C’était un impératif politique, humain et moral de s’opposer à ce blocus qui emprisonne 1,5 millions de personnes». Elle a dénoncé les députés de la coalition gouvernementale et de l’opposition qui l’ont taxée «d’ennemi d’Israël». «Qui est l’assassin ? Est-ce que j’ai tué quelqu’un ?», riposte-t-elle. Ce à quoi un élu réplique, selon le compte rendu du Jerusalem Post : «Vérifiez si elle a un couteau sur elle !».

Le président de la Knesset avait demandé à son tour à Zoabi de quitter la tribune .  La députée avait refusé, elle tenait absolument mais calmement à terminer son discours mais on l’a obligée de force de reprendre sa place et sous escorte.

Les choses ne se sont pas arrêtées là pour Hanan Zoabi. Un   député du Likoud a exigé la levée son immunité parlementaire  afin qu’elle puisse être jugée et bannie de la Knesset pour «son soutien au terrorisme». Une pétition circulant sur internet, qui appelle à son départ du parlement, a été signée par près de 40.000 personnes en 24 heures. Cela nous rappelle le cas du député arabe de la Knesset Azmi Bishara dirigeant du parti  Rassemblement patriotique démocratique et qui se trouve aujourd’hui exilé car interdit de rentrer en Israël.

Le cas de la député de Hanan Zoabi  et celui de Azmi Bishara remettent  sur le tapis la question des Arabes  de 1948, qui sont nés en Palestine  avant et après la création de  l’Etat d’Israël [1948], qui se sentent chez eux et qui refusent de quitter leur terre natale. Certes, ce sont des  Palestiniens et ils nourrissent un fort ressentiment contre Israël, mais ce sont aussi des citoyens israéliens, au même titre que les Juifs.  Dans la réalité ils sont réduits à l’état d’une  minorité dans une société faite par et pour les Juifs. Leur  loyauté à l’égard d’un Etat juif qui les opprime, qui les marginalise et qui les surveille sera toujours posée parce qu’ils se sentent d’abord arabes et palestiniens. Ces arabes de religions musulmane et chrétienne revendiquent leur  pleine appartenance au peuple palestinien et entendent  jouer un rôle à part entière dans sa lutte de libération et  en particulier l’établissement d’un Etat palestinien avec Jérusalem Est comme capitale. Mais ils réclament  aussi  la transformation de l’Etat israélien en un Etat réellement démocratique de tous ses citoyens, c’est-à-dire l’abolition de son caractère juif, considérée comme le seul moyen de parvenir à une égalité complète entre citoyens israéliens juifs et arabes.

Voir aussi:

 

Une députée arabe israélienne enflamme la Knesset

Le Monde

03.06.10

Une députée arabe israélienne, Hanin Zoabi, qui se trouvait à bord de la flottille humanitaire de Gaza, est au cœur d’une virulente polémique en Israël sur la loyauté des citoyens arabes israéliens à l’égard de l’Etat juif.

La représentante du parti Balad (extrême gauche nationaliste arabe) a été arrêtée par les autorités israéliennes alors qu’elle se trouvait sur le ferry turc arraisonné lundi par la marine israélienne, puis libérée en raison de son immunité parlementaire. Elle a, depuis, témoigné de la violence volontaire, selon elle, des commandos israéliens au moment de l’intervention.

Pendant une séance plénière très agitée à la Knesset – le Parlement israélien – consacrée mercredi à l’affaire de la flottille, elle a été empêchée de parler par plusieurs députés de la coalition gouvernementale et de l’opposition, qui lui ont vivement reproché sa complicité avec « les ennemis d’Israël ».

« VA VIVRE À GAZA, TRAÎTRESSE ! »

Une ancienne porte-parole de l’armée israélienne et députée du Likoud (droite, le parti du premier ministre Benyamin Nétanyahou), Miri Reguev, l’a interpellée en arabe : « Va vivre à Gaza, traîtresse ! » Au milieu d’un pandémonium sans précédent à la Knesset depuis des années, les invectives entre députés arabes, prenant la défense d’Hanin Zoabi, et leurs collègues juifs ont forcé le président de séance à expulser de l’assemblée quinze parlementaires, fait rarissime, selon le porte-parole de la Knesset.

Le président du Parlement, Reouven Rivlin, a demandé aux appariteurs d’assurer une protection rapprochée d’Hanin Zoabi. Le député Danny Danon (Likoud) a, de son côté, demandé la levée de l’immunité parlementaire de l’élue du parti Balad, afin qu’elle puisse être jugée et expulsée de la Knesset pour « son soutien au terrorisme ».

Hanin Zoabi avait déjà provoqué un scandale en mars 2009 quand elle avait salué « la possibilité que l’Iran puisse se doter de l’arme nucléaire ». Une pétition circulant sur l’Internet qui appelle à son expulsion de la Knesset a été signée par près de 40 000 personnes en vingt-quatre heures.

Ces derniers jours, des manifestations de soutien à l’armée israélienne ont été organisées en Israël, à la suite des critiques émises contre les commandos de la marine concernant l’abordage de la flottille. Jeudi soir, des milliers de manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade de Turquie à Tel-Aviv. Les manifestants brandissaient des drapeaux israéliens ainsi que des portraits du premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, portant les mots « islamo-fasciste » et « terroriste ».

Voir enfin:

Knesset

Hanin Zoabi privée de ses privilèges

Israël 7

13/07/2010

La Knesset a entériné par une majorité de 34 voix contre 16 l’annulation des privilèges de la députée Hanin Zoabi. Le vote a eu lieu après des débats particulièrement houleux qui ont duré trois heures. Il n’y a pas eu d’abstention. Deux députés présents n’ont pas voté. Les membres de la Knesset du parti religieux sioniste Habait Hayéhoud étaient absents lors du vote.

Pour rappel, Hanin Zoabi a participé à la Flottille pour Gaza dont le but était de forcer le blocus israélien et ainsi neutraliser les efforts israéliens d’empêcher la Bande de Gaza d’accumuler des armes pour le Hamas. Hanin Zoabi se trouvait sur le Mavi Marmara, le navire turc où s’est déroulé le 31 mai dernier le drame des terroristes islamistes turcs tués par les militaires de la Marine israélienne.

L’enjeu de ce vote n’est pas si dramatique que cela peut paraitre. Hanin Zoabi n’aura plus droit à un passeport diplomatique et ses frais juridiques ne seront plus couverts par le contribuable. Elle reste toutefois élue à part entière du Parlement israélien et continue de pouvoir y siéger, voter et d’en percevoir un salaire comme tous les autres députés.

Si la députée Hanin Zoabi n’avait pas été protégée par l’immunité parlementaire après avoir participé à bord du Mavi Marmara à la Flottille pour Gaza, elle aurait été écrouée en justice et passible de peine de prison.

En réaction à ce vote, la députée Hanin Zoabi a déclaré: « il n’est pas surprenant qu’un pays qui nie les droits fondamentaux d’un million et demi d’Arabes retire les privilèges d’une députée arabe qui les représente fidèlement. La Knesset de toute manière limite l’activité parlementaire et publique par le truchement d’une législation raciste. Dans un Etat convenable on aurait puni et sanctionné ceux qui ont incité contre la députée Zoabi. »

Pendant la séance, la députée Anastasia Mikhaeli (Israël Beitenou)  a attaqué Hanin Zoabi:  » Dans un Etat normal, un membre du parlement qui traverse la ligne rouge et s’identifie avec l’ennemi et avec ses efforts de guerre pour saper les fondations de l’Etat, ne saurait posséder un passeport diplomatique du pays qu’il tend à faire exterminer. Je prends au sérieux le fait que Hanin Zoabi est fidèle à l’Iran et je lui suggère de s’adresser à Ahmadinejad afin qu’il lui octroie la citoyenneté iranienne ainsi qu’un passeport diplomatique. Entre temps, permettez-moi de lui remettre un laisser passer temporaire qui lui sera bénéfique pour ses déplacements à l’étranger d’incitation contre l’Etat d’Israël parce que son passeport israélien lui sera retiré dès ce soir »

Lorsque ce fut son tour de prendre la parole, le député Danny Danon (Likoud) a lu à haute voix le numéro de téléphone du bureau de la députée Hanin Zoabi et a déclaré: « j’appelle tous les citoyens d’Israël à lui téléphoner et à lui dire: ta place n’est pas à la Knesset mais en prison »

S’adressant à Hanin Zoabi, le député Yariv Lévin (Likoud) qui est aussi le président de la Commission de la Knesset a dit:  » Vous n’avez pas votre place à la Knesset d’Israël. Vous n’êtes pas digne de détenir une carte d’identité israélienne. Vous faites honte aux  citoyens d’Israël, au public arabe et à votre famille. »


Etat palestinien: Vous avez dit apartheid? (Abbas spills the beans on Palestine’s future apartheid state)

14 août, 2010
Mais il n’y a pas de doute qu’à l’intérieur des territoires occupés palestiniens on a affaire à un exemple effarant d’apartheid. Jimmy Carter
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. (…) Le partage de la Palestine en 1947 et la création de l’État d’Israël sont des événements nuls et non avenus. (…) La Charte ne peut être amendée que par une majorité des deux tiers de tous les membres du Conseil national de l’Organisation de libération de la Palestine réunis en session extraordinaire convoquée à cet effet. Charte de l’OLP (articles 15, 19 et 33, 1964)
La Palestine est le foyer du peuple arabe palestinien; c’est une partie indivisible du foyer arabe, et le peuple palestinien est une part intégrale de la nation arabe (…) L’unité arabe et la libération de la Palestine constituent deux objectifs complémentaires. (…) Le peuple de Palestine joue le rôle d’avant-garde dans la réalisation de ce but sacré ». La Déclaration Balfour, le Mandat pour la Palestine, et tout ce qui a été fondé sur eux, sont déclarés nuls et non avenus. Les prétentions à des liens historiques et religieux des Juifs avec la Palestine sont incompatibles avec les faits historiques et la véritable conception de ce qui constitue une nation. Le judaïsme, étant une religion, ne constitue pas une nationalité indépendante. De même que les Juifs ne constituent pas une nation unique avec son identité propre ; ils sont citoyens des Etats auxquels ils appartiennent. (…) Le sionisme est un mouvement politique lié de façon organique à un impérialisme international et antagoniste à toute action pour la libération et à tout mouvement progressiste dans le monde. Le sioniste est raciste et fanatique dans sa nature, agressif, expansionniste, colonial dans ses buts, et fasciste dans ses méthodes. Israël est l’instrument du mouvement sioniste, et la base géographique de l’impérialisme mondial placé stratégiquement au sein du foyer arabe pour combattre les espoirs de libération, d’unité, et de progrès de la nation arabe. (…) Le besoin de sécurité et de paix, ainsi que le besoin de justice et de droit, requièrent de tous les Etats qu’ils considèrent le sionisme comme un mouvement illégitime, qu’ils déclarent illégale son existence, qu’ils interdisent ses opérations, afin que les relations amicales entre les peuples puissent être préservées, et que la loyauté des citoyens envers leurs pays respectifs soit sauvegardée.  Charte de l’OLP  (Art. 1, 13, 22, 23)
 Le Mouvement de la Résistance Islamique croit que la Palestine est un Waqf [patrimoine religieux] islamique consacré aux générations de musulmans jusqu’au Jugement Dernier. Pas une seule parcelle ne peut en être dilapidée ou abandonnée à d’autres. Le Mouvement de la Résistance Islamique… est guidé par la tolérance islamique quand il traite avec les fidèles d’autres religions. Il ne s’oppose à eux que lorsqu’ils sont hostiles. Sous la bannière de l’islam, les fidèles des trois religions, l’islam, le christianisme et le judaïsme, peuvent coexister pacifiquement. Mais cette paix n’est possible que sous la bannière de l’islam. Charte du Hamas (Art. 11 et 31)
Je suis prêt à accepter une troisième partie qui contrôle l’exécution de l’accord, par exemple les forces de l’OTAN, mais je n’accepterai pas qu’il y ait des Juifs dans ces forces ni un Israélien sur la Terre de Palestine. Mahmoud Abbas
Pas un Juif, même sous la bannière de l’OTAN ou de l’ONU, ne pourra se trouver en Palestine, mais 5 millions d’Arabes s’ajouteront au million d’Arabes israéliens vivant déjà dans l’Etat d’Israël. (…) L’Autorité palestinienne concocte en fait pour l’Etat qu’on la presse de fonder un régime raciste sur la base d’un apartheid entre une Palestine pure de sang juif et un Etat d’Israël mélangé où les Juifs deviendront une minorité.
Les propos de Mahmoud Abbas sont passés inaperçus, à moins que le monde entier ne sache à quoi s’attendre des Palestiniens “modérés” ; mais alors, pourquoi fait-on croire à la volonté de paix palestinienne et au mythe de la “modération” de Abbas? Aucune réaction israélienne, européenne ou américaine, pour ne pas dire française, n’a condamné ces propos odieux. Aucune réaction de protestation des institutions juives européennes et américaines non plus n’est venue troubler la torpeur de l’été. Aucune réaction du gouvernement israélien. Où sont les belles âmes de J Call pour fustiger cette “faute morale” et cette déclaration ouvertement belliciste ? Cela donne une idée de la complaisance de ces gens envers les exigences palestiniennes et arabo-musulmanes et de leur désintérêt pour l’impasse dans laquelle ils veulent précipiter Israël et le monde juif dans son ensemble. Shmuel Trigano

Attention: un apartheid peut en cacher un autre!

A l’heure où, au nom d’un Etat qui n’existe pas (l’Etat palestinien), un  Etat membre de l’ONU depuis plus de 60 ans (l’Etat d’Israël) se voit l’objet d’une campagne de délégitimation proprement mondiale

Et où nos médias qui n’ont que le mot apartheid à la bouche quand ils s’agit de l’Etat d’Israël, se gardent bien de répercuter toute information allant à l’encontre de la nouvelle vulgate

Retour, avec Shmuel Trigano et le site Primo, sur justement la réalité de ce régime encore largement imaginaire mais en qui chacun, Etats-Unis comme Europe, fondent tous leurs espoirs de paix.

Et révélée de surcroit, dans l’étrange indifférence de nos médias comme de nos dirigeants (israéliens compris?), par celui qui est censé l’incarner et l’instaurer, à savoir le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas

Qui, abandonnant pour une fois le double langage habituel puisque s’adressant à un média et un auditore arabes (le bluff d’une “Palestine laïque et démocratique” des années 1980-1990 contre le racisme supposé d’un sionisme appelant à la création d’un Etat juif) au détour d’une question sur les conditions pratiques de mise en place du nouvel Etat (via les forces de l’ONU), laisse enfin libre cours au fond de sa pensée : il n’est « pas question qu’il y ait des Juifs dans ces forces ni un Israélien sur la Terre de Palestine”.

D’où, si l’on y ajoute l’exigence du même Abbas du retour, en plus de l’actuel million d’Arabes israéliens, de quelque 5 millions de prétendus réfugiés palestiniens sur le territoire de l’actuel Etat d’Israël, l’évidente conclusion que ce qui est proposé là par l’auteur d’une thèse notoirement négationniste sur le génocide juif, n’est rien d’autre à terme qu’une épuration ethnique.

Autrement dit, s’ajouterait à une Palestine Judenrein, le fameux Etat binational (à religion d’Etat islamique et statut de dhimmis pour juifs et chrétiens) que tant de belles âmes appellent de leurs vœux dans lequel les juifs se verraient peu à peu démographiquement noyés et absorbés avant à terme d’entre être vraisemblablement, comme à peu près partout dans le reste du monde arabe, à leur tour exclus …

Rejoignant par là, quoique de façon un peu moins abrupte, les positions du Hamas, les deux frères ennemis se révélant en réalité, comme le montre bien l’examen de leurs chartes (celle de l’OLP, on l’oublie souvent, n’ayant toujours pas été abrogée), « les deux versants d’une même tête ».

Et révélant du coup pour ce qu’il est le « mythe de la’modération’ de Abbas »

Racisme annoncé du futur Etat de Palestine

Shmuel Trigano

Primo

13-08-2010

Dans une rencontre avec la presse égyptienne, la semaine dernière, Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne, sur qui les Etats-Unis et l’Europe fondent tous leurs espoirs de paix, a dévoilé le fond de sa pensée sur les Juifs et la nature du régime qu’il entend instaurer dans un éventuel Etat de Palestine.

Les exigences officielles des Palestiniens pour un règlement sont connues (engagement préalable d’Israël à se retirer sur les frontières de 1967, l’arrêt de la construction dans les implantations, y compris à Jérusalem, la division de cette ville – l’Est, y compris la Vieille Ville, devant revenir à la Palestine -, la solution du problème des “réfugiés”, conforme aux exigences arabes et à la résolution 194 (1) de l’Assemblée des Nations unies) (2).

C’est l’intention qui fonde le principe, énoncé déjà à maintes reprises par Abbas ou Saeb Erekat, son “ministre” des affaires étrangères, de ne jamais reconnaître en Israël un Etat juif, qui prend sa véritable signification, à savoir une véritable épuration ethnique des Juifs, de la part de l’Etat de Palestine, et la submersion arabo-musulmane de l’Etat d’Israël.

Un discours antisémite

En envisageant la possibilité qu’une troisième force, comme l’OTAN, puisse être chargée de veiller à l’exécution de l’accord envisagé, Mahmoud Abbas s’est senti obligé d’y mettre une condition : qu’il n’y ait aucun soldat juif et aucun Israélien. “Je suis prêt à accepter une troisième partie qui contrôle l’exécution de l’accord, par exemple les forces de l’OTAN, mais je n’accepterai pas qu’il y ait des Juifs dans ces forces ni un Israélien sur la Terre de Palestine”.

L’inanité de toutes les gloses sur le refus de reconnaître un Etat juif (on n’a pas à reconnaître “la religion” d’un pays, disaient certains pacifistes), et autres excuses dilatoires, devient patente.

C’est bien de racisme antisémite qu’il s’agit de la part d’un homme qui fut l’auteur d’une thèse (soviétique) de doctorat négationniste de la Shoah.

Quand Mahmoud Abbas dit “Israélien” il pense clairement “Juif” si l’on fait le rapprochement avec ce qu’il demande aux forces de l’OTAN, à savoir : d’exclure les Juifs de leurs rangs.

Tous les Juifs, en effet, ne sont pas de nationalité israélienne mais des nationaux de leurs pays respectifs. Sans doute accepterait-il des Arabes israéliens – déjà considérés comme citoyens potentiels ? – dans le futur Etat de Palestine ?

Si l’on fait le rapport entre son exigence du retour des “réfugiés” de 1948 et le refus de reconnaître un Etat juif, on comprend bien que sa demande, abusive et exorbitante (3), est un paravent politiquement correct du refus réel de reconnaissance de l’Etat d’Israël.

Sous le poids de 5 millions de réfugiés ce pays deviendra ipso facto – en plus d’une ruine cédant sous le poids déferlant d’un tel afflux de populations (ennemies) -, un pays à majorité arabe et musulmane, un Etat binational où les Juifs deviendraient une minorité, alors que la Palestine sera uniquement arabe.

Pas un Juif, même sous la bannière de l’OTAN ou de l’ONU, ne pourra se trouver en Palestine, mais 5 millions d’Arabes s’ajouteront au million d’Arabes israéliens vivant déjà dans l’Etat d’Israël.

L’Autorité palestinienne concocte en fait pour l’Etat qu’on la presse de fonder un régime raciste sur la base d’un apartheid entre une Palestine pure de sang juif et un Etat d’Israël mélangé où les Juifs deviendront une minorité.

Dans le refus de l’Autorité palestinienne de reconnaître un Etat juif, il y a donc plus qu’un déni de l’histoire et de l’identité juives. L’OLP a abandonné, sur ce point, son bluff d’une “Palestine laïque et démocratique” des années 1980-1990, à moins que cette dénomination ne concerne désormais l’Etat d’Israël seul, à côté de l’Etat de Palestine.

Un racisme d’Etat

La Palestine, elle, sera arabe et musulmane. C’est ce qui est inscrit en toutes lettres dans le projet de constitution du futur Etat (4) : « Cette constitution se fonde sur la volonté du peuple arabe palestinien » (Art. 1), « le peuple palestinien est une partie des nations arabes et islamiques » (Art. 2), « la souveraineté appartient au peuple arabe palestinien » (Art. 10), « le caractère légal du peuple arabe palestinien sera incarné par l’Etat » (Art. 13). « L’islam sera la religion officielle de l’Etat » (Art. 6).

Nous pouvons vérifier ce dernier principe (l’islamité de l’Etat) à la lumière de l’opération de diversion rhétorique (l’article 6) à laquelle se livrent les rédacteurs de cette constitution, lorsqu’ils font mine de faire une place aux non-musulmans : « L’islam sera la religion officielle de l’Etat. Les religions monothéistes seront respectées ».

Qui sont ces étranges “monothéistes” (et quid des Indous, des confucianistes, des bahaïs, etc., interdits de séjour en Palestine ?) sinon une version politiquement correcte du vieux statut de dhimmi imposé aux non-musulmans par la loi coranique (5) ?

En l’occurrence, il ne s’agirait que de chrétiens, puisque des Juifs, il ne devra plus y en avoir dans l’Etat de Palestine…

Cet étrange statut de “monothéiste” nous aide à comprendre, par déduction, la vision que l’Autorité Palestinienne se fait de l’Etat d’Israël (entendez des Juifs israéliens).

En Palestine, les Juifs ne seraient théoriquement pas des citoyens, car ils ne sont ni « Arabes » (clé de la nationalité palestinienne, selon les articles 10 et 13), ni « musulmans » (clé de la loi nationale palestinienne selon l’article 6) ; ils seraient, quoique « respectés », hors souveraineté nationale, privilège exclusif des Arabes (art. 10), qui peuvent être chrétiens ou musulmans, certes, mais avec cette réserve que, puisque la loi sera conforme à la loi islamique, les Arabes chrétiens ne seront que des citoyens de seconde zone.

Ils seront soumis au statut que leur impose la loi coranique, un statut qui les exclut de la loi générale s’appliquant aux musulmans, assorti d’un “privilège” cependant : comme ils échappent aux règles du droit national (islamique) pour leur statut personnel, ils sont autorisés à le gérer de façon autonome, dans le cadre de leur loi et de leurs tribunaux religieux.

C’était déjà le cas avant l’ère coloniale, avant que l’islam ait perdu tout pouvoir sur les non-musulmans, et c’est bien ce que prévoit la constitution palestinienne dans son article 7 : « les principes de la Shari’a islamique sont la source première de la législation. Le pouvoir législatif déterminera la loi du statut personnel sous l’autorité des religions monothéistes conformément à leurs confessions, dans le respect des dispositions de la constitution et de la préservation de l’unité, de la stabilité et du progrès du peuple palestinien (sous-entendu “musulman”) ».

La Sharia ne pèse sur eux que pour leur statut “civil” et politique d’obligés (soumission politique, comportementale et religieuse, paiement d’une capitation, la djizya, ou d’un impôt foncier sur la terre dont ils ont été dépossédés, le kharadj, etc).

Comment le statut du monothéiste nous renseigne-t-il sur la vision que l’Autorité Palestinienne a de ce que devrait être cet Etat d’Israël qu’elle ne veut pas reconnaître comme ”juif” ? Elle reconnaîtrait les “monothéistes” mais pas le caractère juif de cet Etat ? “Juif” ne désignerait donc pas à ses yeux un “monothéiste” ?

C’est la compréhension du statut du dhimmi qui peut nous aider à comprendre cette apparente contradiction qui a tout d’une entourloupette pour ceux qui ne comprennent pas les catégories de la culture musulmane.

Le statut du dhimmi, il faut en effet le savoir, n’est pas individuel mais concerne des collectivités, des “nations” (millet, du temps des Ottomans) politiquement soumises au pouvoir islamique depuis la “conquête”.

La base théologique de la condition collective du dhimmi demande à être expliquée.

Dans la vision coranique, il y a eu, en effet, dans l’histoire, différentes “oumma”, chacune se levant à l’appel d’un prophète (Moïse, Jésus, etc.), jusqu’à l’avènement de la oumma finale, rassemblant toutes les autres, à l’appel de l’islam.

Le fond d’une oumma est donc une “religion”. En ce sens, les dirigeants palestiniens ne peuvent pas non plus reconnaître en droit un Etat juif (et en fait tout Etat qui ne serait pas musulman), ce qui impliquerait l’autodétermination et la souveraineté d’une collectivité, dont le seul statut possible sous l’islam est celui de dhimmi.

Il y aurait là un défi à la oumma islamique.

Un Etat juif constitue ainsi dans son essence un scandale. Si les Juifs n’ont pas de place en Palestine dans l’Etat d’Israël, par contre, ils seront, par la force des choses, voués à redevenir des dhimmis.

Les deux termes Etat et Juif constituent donc, en matière théologico-politique, un alliage impossible. Les Juifs ne peuvent avoir d’Etat, ils ne sont pas un peuple de rang politique, puisque seule la oumma doit l’être. Ils ne peuvent pas être libres, ni souverains.

La Charte de l’OLP est toujours valide (6)

Cette perspective apparaissait beaucoup plus clairement du temps où l’OLP ne pratiquait pas le double langage à un point aussi sophistiqué. Que lit-on dans cette charte ? « La Déclaration Balfour, le Mandat pour la Palestine, et tout ce qui a été fondé sur eux, sont déclarés nuls et non avenus. Les prétentions à des liens historiques et religieux des Juifs avec la Palestine sont incompatibles avec les faits historiques et la véritable conception de ce qui constitue une nation. Le judaïsme, étant une religion, ne constitue pas une nationalité indépendante. De même que les Juifs ne constituent pas une nation unique avec son identité propre ; ils sont citoyens des Etats auxquels ils appartiennent » (Art. 20).

Sur l’arabité exclusive de la Palestine, la même charte déclarait: « la Palestine est le foyer du peuple arabe palestinien ; c’est une partie indivisible du foyer arabe, et le peuple palestinien est une part intégrale de la nation arabe (Art. 1) […] « L’unité arabe et la libération de la Palestine constituent deux objectifs complémentaires » (Art. 13) […] « Le peuple de Palestine joue le rôle d’avant-garde dans la réalisation de ce but sacré ».

On découvre à ce propos combien le cadre strictement palestinien, “national”, est récent. « Le peuple palestinien croit en l’unité arabe. Afin de contribuer pour sa part à atteindre cet objectif, il lui faut cependant, à cette étape de sa lutte, sauvegarder l’identité palestinienne et développer sa conscience de cette identité, et s’opposer à tout plan qui pourrait la dissoudre ou lui faire obstacle » (Art. 12), car (Art. 1) : « la Palestine est le foyer du peuple arabe palestinien ; c’est une partie indivisible du foyer arabe, et le peuple palestinien est une partie intégrale de la nation arabe ».

La Palestine appartient donc à la Oumma (qui ne peut renoncer à une partie de la terre islamique).Autorité Palestinienne et Hamas: deux versants d’une même tête

Il est intéressant de souligner que, dans leurs documents constitutionnels, les frères ennemis écrivent la même chose des Juifs/Israéliens, quoique de façon plus abrupte dans le cas du Hamas.

Qu’on en juge.

Sur les dhimmis la charte du Hamas déclare que « le Mouvement de la Résistance Islamique… est guidé par la tolérance islamique quand il traite avec les fidèles d’autres religions. Il ne s’oppose à eux que lorsqu’ils sont hostiles. Sous la bannière de l’islam, les fidèles des trois religions, l’islam, le christianisme et le judaïsme, peuvent coexister pacifiquement. Mais cette paix n’est possible que sous la bannière de l’islam » (7).

Sur la nature du pays palestinien, le Hamas avance que : « Le Mouvement de la Résistance Islamique croit que la Palestine est un Waqf [patrimoine religieux] islamique consacré aux générations de musulmans jusqu’au Jugement Dernier. Pas une seule parcelle ne peut en être dilapidée ou abandonnée à d’autres […] (Art. 11).

En quoi s’agit-il de racisme et pas de nationalisme ?

Certains pourraient voir dans le qualificatif de “raciste” une expression polémique et idéologique. L’exigence de Mahmoud Abbas envers l’OTAN ne laisse aucun doute à ce propos. De quoi s’agit-il en effet quand il demande aux Etats européens, membres de l’OTAN, d’exclure des rangs de leurs forces leurs citoyens juifs ? Imagine-t-on la situation et les dispositifs juridiques que ces Etats devraient mettre en oeuvre pour écarter les Juifs de leurs citoyens ?

En l’occurrence, Mahmoud Abbas ne les aide pas en définissant le critère du Juif : la loi religieuse, les origines ethniques, le père, la mère, le grand père ?

Il frappe plus fort que l’Arabie saoudite, qui avait permis qu’au sein des forces américaines, lors de la guerre du Golfe en 1990-1991, il y ait des militaires américains juifs sur son territoire qui, pourtant, selon le Coran, est sacré et ne doit abriter aucun non-musulman. Remarquons qu’Israël, pour sa part, n’a jamais requis que dans les forces internationales au Golan, au Sinaï, et au Liban les musulmans soient bannis!

Dans tous ces cas, il n’est pas question d’Israéliens, mais de Juifs, et l’on comprend que les Palestiniens ne font pas, dans leur immense majorité de distinguo : “Yahoud” [Juif], dans cette région, désigne sans hésitation l’“Israélien”.

Ce que Abbas dit des Juifs, il le dit des Israéliens, comme on l’a vu, et il demande aux Européens, qui sont si complaisants avec lui, de s’aligner sur ses critères.

La Charte palestinienne de l’OLP est plus explicite, là aussi, sur l’intention raciste.

Elle écrit dans son article 23: « Le besoin de sécurité et de paix, ainsi que le besoin de justice et de droit, requièrent de tous les Etats qu’ils considèrent le sionisme comme un mouvement illégitime, qu’ils déclarent illégale son existence, qu’ils interdisent ses opérations, afin que les relations amicales entre les peuples puissent être préservées, et que la loyauté des citoyens envers leurs pays respectifs soit sauvegardée ».

Que désigne cette expression ampoulée de “loyauté des citoyens envers leurs pays respectifs” sinon les Juifs du monde entier (essentiellement les Etats occidentaux), non israéliens, que la charte désigne au soupçon et à la vindicte de leurs Etats respectifs, en laissant entendre qu’ils ne leur sont pas fidèles et pourraient prendre fait et cause pour Israël contre l’intérêt de leurs pays respectifs, qu’ils sont en fait des Israéliens, c’est-à-dire, plus crûment, des Juifs (8) ?

Ils sont justement peints dans les traits classiques de l’antisémitisme: le complot juif mondial.

L’article 22 de la Charte trace ainsi les frontières de sa forme « antisioniste”: « Le sionisme est un mouvement politique lié de façon organique à un impérialisme international et antagoniste à toute action pour la libération et à tout mouvement progressiste dans le monde. Le sioniste est raciste et fanatique dans sa nature, agressif, expansionniste, colonial dans ses buts, et fasciste dans ses méthodes. Israël est l’instrument du mouvement sioniste, et la base géographique de l’impérialisme mondial placé stratégiquement au sein du foyer arabe pour combattre les espoirs de libération, d’unité, et de progrès de la nation arabe.

Israël est une source constante de menaces pour la paix au Moyen-Orient et dans le monde entier.

Puisque la libération de la Palestine détruira le Sionisme et la présence impérialiste et contribuera à l’établissement de la paix dans le Moyen Orient, le peuple palestinien demande l’aide de toutes les forces progressistes et tournées vers la paix, et leur enjoint, sans distinction d’affiliation et croyances, d’offrir leur aide et leur soutien au peuple palestinien dans sa lutte pour la libération de sa patrie ».

La passivité internationale et… israélienne

Les propos de Mahmoud Abbas sont passés inaperçus, à moins que le monde entier ne sache à quoi s’attendre des Palestiniens “modérés” ; mais alors, pourquoi fait-on croire à la volonté de paix palestinienne et au mythe de la “modération” de Abbas?

Aucune réaction israélienne, européenne ou américaine, pour ne pas dire française, n’a condamné ces propos odieux. Aucune réaction de protestation des institutions juives européennes et américaines non plus n’est venue troubler la torpeur de l’été.

Aucune réaction du gouvernement israélien. Où sont les belles âmes de J Call pour fustiger cette “faute morale” et cette déclaration ouvertement belliciste ?

Cela donne une idée de la complaisance de ces gens envers les exigences palestiniennes et arabo-musulmanes et de leur désintérêt pour l’impasse dans laquelle ils veulent précipiter Israël et le monde juif dans son ensemble.

© Shmuel Trigano. Publié avec de l’autorisation de l’auteur.

Sources de l’article:

Jonathan Halevy, “Abou Mazen dévoile son approche raciste du peuple juif”. JCPA, 1/8/2010.Texte en hébreu ici.

Shmuel Trigano, “Le refus palestinien d’un Etat juif”, in Controverses 7/2008. Dossier téléchargeable.

Notes

(1) La résolution 194 a été adoptée le 11 décembre 1948 par l’Assemblée générale des Nations unies. Elle est donc non contraignante comme celles du Conseil de sécurité. Elle décide: « qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent, de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommagé lorsque, en vertu des principes du droit international ou en équité, cette perte ou ce dommage doi[ven]t être réparé[s] par les gouvernements ou autorités responsables. »

(2) C’est ce qu’il avait proposé à Olmert, mais les négociations avaient buté sur l’échange de territoires. Pour Olmert, elles devaient concerner 6,5 % de la Cisjordanie, alors que les Palestiniens ne souhaitaient pas aller au delà de 1,9 %. Olmert, en somme, était d’accord sur le reste.

(3) C’est le seul cas de l’histoire où le statut de réfugié devient héréditaire et où une institution comme l’UNWRA a été créée spécifiquement pour les Palestiniens, là où tous les réfugiés de la planète dépendent du Haut Commissariat des réfugiés de l’ONU. Ainsi, les 600 000 réfugiés de 1948 sont-ils devenus 5 millions et plus en 2010. Cette mascarade terminologique cache le fait que les Etats arabes n’ont pas voulu les intégrer comme cela s’est passé pour les dizaines de millions de réfugiés que le monde à connus depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, à commencer par Israël, qui a intégré les 600 000 juifs chassés des Etats arabes.

(4) Palestinian Center for Policy and Survey Research (PSR) : Palestinian draft constitution. Prepared by The Constitution Committee in cooperation with the Konrad Adenauer Foundation.

(5) Qui les définit comme les ´ gens du Livre ª.

(6) La Charte de l’Organisation de Libération de la Palestine (1968) n’a jamais été formellement abrogée par un vote aux 3/4, comme le stipulent ses clauses, malgré le processus d’Oslo.

(7) Art. 31, 18 août 1988.

(8) A ce propos, il était important que le juge Goldstone soit Juif pour cacher ce travers : un Juif condamnant Israël, certificat de non-racisme pour le bloc arabo-musulman, qui sait ce qu’il est, entraîné par l’Organisation de la Conférence Islamique sur la scène de l’ONU.


Mosquée de Ground Zero: Vous avez dit tolérance? (Mau-mauing the Flak Catchers all over again?)

13 août, 2010
https://scontent-a-ams.xx.fbcdn.net/hphotos-ash3/t1.0-9/1173608_4134557259298_8203482389143806641_n.jpghttps://i1.wp.com/www.nowtheendbegins.com/images/islam/stop-the-mosque-at-ground-zero-rally-july-2010-2.jpgL’une des règles minimales de la Nouvelle Société veut que tout ce qui rappelle la nostalgie de la boue – les manières d’être du peuple, le pittoresque, la vitalité fruste de ces gens, et leurs logements à bon marché – soit bien ; alors que tout ce qui a un caractère bourgeois, noir ou blanc, est mal. D’où il résulte que le chic gauchiste favorise dans la gauche ce qui paraît primitif, exotique et pittoresque, comme les travailleurs agricoles saisonniers, qui ne sont pas seulement de gauche et « près de la terre », mais de plus sont des Latino-Américains ; les Panthers avec leurs blousons de cuir, leurs coiffures afro, leurs lunettes de soleil et leurs fusillades ; et les Indiens Peaux-Rouges qui, bien sûr, ont toujours paru primitifs, exotiques et pittoresques. Au début du moins, ces trois groupes avaient un trait commun qui les rendait particulièrement acceptables: leurs quartiers généraux se tenaient à près de cinq mille kilomètres de l’East Side de Manhattan, en des endroits comme Delano (pour les travailleurs agricoles), Oakland (pour les Panthers), l’Arizona et le Nouveau-Mexique (pour les Indiens). On ne risquait pas trop… de marcher dessus, en somme. Exotiques, pittoresques et lointains… Comme nous le verrons bientôt, d’autres créatures partageaient avec eux, pour les mêmes raisons, les sympathies du chic gauchiste ; à savoir les ocelots, les jaguars, les léopards et les panthères des Somalis. Tom Wolfe (1963)
En tant que citoyen, en tant que président, je crois que les musulmans ont autant le droit de pratiquer leur religion que quiconque dans ce pays. Cela inclut le droit de construire un lieu de culte et un centre socio-culturel sur un terrain privé dans le lower Manhattan, en respect des lois et décrets locaux. Nous sommes en Amérique. Notre engagement en faveur de la liberté de religion doit être inébranlable. Barack Hussein Obama
Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez! Coran (9:5)
Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni en le Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit et qui ne reconnaissent pas la religion de la vérité, (même parmi) le Peuple du Livre, jusqu’à qu’ils paient la taxe de capitation en personne, après s’être humiliés. Coran (9:29)
Ne prenez pas les juifs et les chrétiens pour alliés. Coran (5:51)
Celui qui change de religion, tuez-le. Mahomet
Jamais nation ne nous a brimés, dégradés, avilis et haïs autant qu’eux. Maïmonide
Entre l’islam et l’islamisme, il n’y a pas de différence de nature mais de degré. L’islamisme est présent dans l’islam comme le poussin l’est dans l’oeuf. Il n’y a pas de bon ou mauvais islam, pas plus qu’il n’y a d’islam modéré. En revanche il y a des musulmans modérés, ceux qui n’appliquent que partiellement l’islam. (…) Pour accepter l’islam, l’Europe a forgé le mythe de l’Andalousie tolérante qui aurait constitué un âge d’or pour les trois religions. Tout ce qui concerne les combats, le statut humiliant du non musulman a été soigneusement gommé. Il s’agit d’une véritable falsification de l’histoire réelle. Anne-Marie Delcambre
Parce que Jésus s’était choisi 12 apôtres parmi les fidèles, Mahomet en choisit 12 parmi ses sectateurs, ce qui l’a fait appeler par un écrivain du Moyen Age le ’copieur de Dieu’ (…) A la place de la simplicité, de la douceur, de la bénignité, de l’esprit de paix et de pardon, de la pauvreté volontaire, de l’humilité, de l’amour des souffrances de Jésus, vous voyez éclater dans Mahomet la duplicité, la cruauté, la soif des jouissances, du butin, de la domination, de la vengeance et de l’orgueil, à leur paroxysme le plus élevé. Pourquoi suis-je obligé de taire ses 21 épouses qu’il se donne après s’être engagé à n’en avoir que 4, sans compter ses 4 concubines, et cette infâme loi qui lui accorde toute femme musulmane dont le coeur se sentira incliné vers lui, fût-ce une fillette de 8 ans ? Mgr Pavy (Evêque d’Alger, 1853)
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. A l’égard de l’islam, les chrétiens ont battu leur coulpe. Au point d’oublier que le Coran a récupéré et transposé leur patrimoine symbolique. Les figures bibliques majeures (Abraham, Moïse, Jésus) sont en effet totalement transformées, islamisées, dans le but d’accuser les  » juifs » et les  » chrétiens » d’être des falsificateurs de la Révélation, de s’être volontairement détournés de la vérité qu’ils avaient reçue à l’origine. Il y a, dans le Coran, à la fois imitation et rejet du judéo-christianisme. René Girard
Un dialogue qui veut dire s’entendre sur des formules chèvre-chou où les deux côtés prennent les mêmes mots dans des sens opposés, n’a pas d’avenir. (…) Si dialoguer signifie négocier pour qu’on vous tolère une place pas trop mauvaise, c’est-à-dire pour qu’on vous laisse disparaître en douceur, alors ce sont les chrétiens qui n’ont pas d’avenir. Rémy Brague
Je ne dirais pas que les Etats-Unis méritaient ce qui est arrivé mais la politique des Etats-Unis était complice du crime qui est arrivé. Feisal Abdul Rauf (60 Minutes, 30.09.01)
Il ne doit pas y avoir de mosquée près de Ground Zero tant qu’il n’y a pas d’église et de synagogue en Arabie saoudite. Newt Gingrich (ancien président républicain de la Chambre des représentants)
Les New-Yorkais ont été choqués de découvrir [au moment du 11-Septembre] que tant de valeurs qu’ils revendiquaient et chérissaient – liberté, ouverture d’esprit, tolérance des différences – avaient aidé les attaques à se produire. Aujourd’hui les New-Yorkais se voient demander plus de complaisance ; et un certain nombre se demande pourquoi il faudrait être généreux envers un groupe ou des individus rattachés à l’islam, dont les terroristes se sont réclamés. Julia Vitullo-Martin (directrice du Centre pour l’innovation urbaine à l’Association régionale du plan de New York)
Personne n’a rien contre les centres culturels japonais, mais en construire un à Pearl Harbor serait une offense. (…) Le lieu choisi a son importance. (…) Pas de passerelle pour les touristes au-dessus de Gettysburg, pas de couvent à Auschwitz – et pas de mosquée à Ground Zero. Charles Krauthammer (chroniqueur politique du Washington Post)
Ce projet traînait depuis quelques années dans la tête de Feisal Abdul Rauf, qui prêche depuis la fin des années 1980 un islam soufi modéré dans une mosquée non loin de Ground Zero, dans le sud de Manhattan. L’imam, qui bénéficie de nombreux soutiens, y compris dans la communauté juive, est le fondateur de la «Maison Cordoba». L’association, dont le nom fait référence à la cité médiévale espagnole où vécurent ensemble pendant 800 ans juifs, arabes et chrétiens, affirme avoir pour mission de «promouvoir le dialogue interreligieux» et de casser les «stéréotypes» américains sur l’islam. En juillet 2009, il a obtenu le soutien financier d’investisseurs musulmans, dont la société immobilière Soho Properties, afin de racheter pour cinq millions de dollars la Burlington Coat Factory au 45 Park Place, un magasin de vêtements laissé à l’abandon depuis huit ans. Situé à deux pâtés d’immeubles des anciennes tours jumelles, celui-ci a subi quelques dommages lors de l’attentat. Le projet de construction d’un complexe islamique, estimé à 100 millions de dollars, pour lesquels les investisseurs n’ont pas encore été trouvés, selon l’imam, comporte un immeuble moderne de 13 à 15 étages avec un lieu de prière pour les musulmans à l’intérieur, un auditorium de 500 places, une piscine et un restaurant. Depuis des mois déjà, des dizaines de musulmans assistaient dans le bâtiment actuel en décrépitude à la prière du vendredi, dans la plus grande discrétion. Le Figaro
Ses partisans soutiennent que la construction aidera à surmonter les stéréotypes négatifs dont souffre la communauté musulmane depuis les attentats. RFI
L’islam est en tension politique avec le monde au sujet du terrorisme islamique. La prochaine fois qu’un terroriste tente de faire sauter New York, espérons que le premier arrêt des caméras pour sa dénonciation ne sera pas les marches de la Mairie mais celles de Cordoba House. Daniel Henninger

Après l’assurance médicale universelle, le premier président musulman des Etats-Unis donnera-t-il enfin à Ground Zero la mosquée qu’elle mérite?

Minorités chrétiennes systématiquement persécutées et chassées de l’Egypte à l’Irak, églises brûlées ou démolies, exécutions régulières de Bahais en Iran, présence interdite de Chrétiens dans les lieux saints de l’islam, importation ou possession de bibles ou construction d’églises illégales en Arabie saoudite malgré la présence de près d’un million de travailleurs immigrés chrétiens sur place, sans compter les massacres de missionnaires

Voilà, comme le rappelle le chroniqueur du WSJ Daniel Henninger à l’heure où se déchaine à 3 mois des élections cruciales de mi-mandat la polémique sur la (re)construction d’une mosquée et d’un complexe culturel islamique sur les lieux mêmes des attentats islamistes de New York du 11/9, la réciprocité dont doit se contenter l’Occident pour les centaines de mosquées qui, Rome comprise, se construisent depuis des décennies sur son sol …

Construction présidée de surcroit, comme le précise très justement un Christopher Hitchens par ailleurs étrangement obnubilé lui aussi par l’habituelle légende dorée d’une tolérance andalouse largement mythique (ah les joies ineffables de la dhimmitude!), par un imam qui continue à refuser de condamner comme terroristes les jihadistes du Hamas et qui avec tant d’autres de ses coreligionnaires s’était permis au lendemain même du crime infâme perpétré au nom d’Allah un certain 11 septembre 2001 de dire sans le dire que les Etats-Unis méritaient leur sort …

Mais en ces étranges temps où, derrière la mascarade du sempiternel dialogue interreligieux et  des cultures, la cécité volontaire de la gauche radical chic des avant-gardes face au  chantage culturel des minorités extrémistes moquée par Tom Wolfe dans les années 60 est devenue la vulgate politiquement correcte de tout un chacun …

Quel plus grand frisson en effet que de voir la religion-coucou qui, de Jérusalem à Cordoue ou Istanbul plante ses mosquées partout, ajouter à sa collection sa « mosquée du 11-Septembre » sur le site même de la plus récente des innombrables infamies qu’elle a inspirées?

Tolerance at Ground Zero

Daniel Henninger

The WSJ

August 12, 2010

If there is a silver lining in the fight over Manhattan’s « Ground Zero Mosque, » it is to see that the events of September 11, 2001 remain strong in the public mind.

Thus it is affirming, in an ironic way, to see partisans on the left and right joining to defend the legal and Constitutional right of Imam Feisal Abdul Rauf to build an Islamic center and mosque at 45 Park Place, two blocks from the perimeter of the former World Trade Center towers.

It will be an irony of a different sort if the $100 million Islamic center rises 13 stories while the new World Trade Center site, nine years after, remains a pit of dust-covered construction struggling to rejoin the life of New York City. For the most extreme elements of Islam, this must seem a crude, enduring victory.

Recall the ringing cries that rebuilding the annihilated 108 stories would be the « best answer » to the terrorists. Absent that, the next-best answer that New York City gave recently was to reassert its belief in freedom of religion and legal title. In an August 3 speech on the Islamic center’s building approvals, New York City Mayor Mike Bloomberg summarized those freedoms as « tolerance. » One must agree. This is tolerance

Along the way, Mr. Bloomberg noted that denying someone the right to build a house of worship « may happen in other countries » but shouldn’t here. There is a school of thought in this controversy that bringing up the denial of religious practice in « other countries » is irrelevant to discussing the appropriateness of the Ground Zero mosque. I disagree.

Indeed, in the wake of much praise for Mayor Bloomberg’s defense of civil and religious liberty, let me modestly suggest that he next go to Rome in October and deliver a sequel at Pope Benedict XVI’s synod on what the pope recently called the « urgent » plight of Christian minorities in the Middle East. Here, Mr. Bloomberg was preaching to the choir. Try it over there, where it really matters.

We didn’t discover tolerance. Islam coexisted for centuries with Christianity and Judaism. No more. Minorities such as Coptic Christians in Egypt or the Chaldeans and Yazidi in Iraq are being punished or driven out. Churches are destroyed, not built. In April, the Archbishop of Canterbury, Rowan Williams, described the disappearance of Christians from the Middle East as « a possibility that appalls me. » Iran this week sentenced seven Bah·’i leaders, merely for being Bah·i’s.

These are national policies, not merely « extremist » Islam. This is directly linked to why the West, including lower Manhattan, is being attacked

It’s always stirring to see the American Constitution prevail on behalf of unpopular groups, whether neo-Nazis marching in Skokie or Imam Feisal’s Cordoba House in New York. But here’s what’s galling about the Cordoba House affair. There is a sense in which these unpopular causes and people always free-ride on the rest of us who defend freedom. It would be good to see them in return doing their part to keep these principles alive, and that includes Imam Feisal’s unambiguous public support for the embattled Christian minorities in the Middle East.

Islam isn’t just another religion in America. It is bound up in the biggest political struggle of our time. Notwithstanding Imam Feisal’s commitments to « dialogue, » what has he or the rest done to promote and protect the traditions of Western civil society, for which many here and in Europe have fought and died? Maybe the Constitution doesn’t explicitly require it, but where is the good faith on their part?

No institution has spent more time trying to bring Islam toward the modern world’s tradition of civil liberties – that is, the world as we’ve known it for about 250 years – than the Vatican. On behalf of tolerance in the Middle Eastern countries, the Vatican has set up active directorates, sent envoys and held endless symposia on behalf of « understanding » and « dialogue. »

In 1995, the Saudis and others, with the Vatican’s support, opened a large, beautiful mosque in Rome. The expectation was that the Saudis would loosen their restrictions on Christian practice. Despite some one million immigrant Christian workers there, the Saudis have done nothing.

Frustrated by the repeated failure of Islamic leaders to match promises with practice, Pope Benedict added to the Vatican’s strategy of accommodation a one-word policy, which the tolerance advocates here should adopt: « reciprocity. »

The idea: There will be support for fewer new mosques in the West until the home countries stop hammering non-Islamic religions. Until they reciprocate good will with good will.

Imam Feisal and his partners are getting more than they’ve earned. That’s nice. But even in tolerant America, political life isn’t a one-way street. Islam is in political tension with the world over Islamic terror. The next time a terrorist tries to blow up New York, let’s hope the TV cameras’ first stop for a denunciation won’t be the mayor, but the front steps of Cordoba House.

Voir aussi:

Mau-Mauing the Mosque

The dispute over the « Ground Zero mosque » is an object lesson in how not to resist intolerance.

Christopher Hitchens

Slate Magazine

Aug. 9, 2010

The dispute over the construction of an Islamic center at « Ground Zero » in Lower Manhattan has now sunk to a level of stupidity that really does shame the memory and the victims of that terrible day in September 2001. One might think that a mosque or madrassa was being proposed in the place of the fallen towers themselves or atop the atomized ingredients of what was once a mass grave. (In point of fact, the best we have been able to do with the actual site, after almost a decade, is to create a huge, noisy, and dirty pit with almost no visible architectural progress. Perhaps resentment at the relative speed of the proposed Cordoba House is a subconscious by-product of embarrassment at this local and national disgrace.)

I don’t like anything much about the Cordoba Initiative or the people who run it. The supposed imam of the place, Feisal Abdul Rauf, is on record as saying various shady and creepy things about the original atrocity. Shortly after 9/11, he told 60 Minutes, « I wouldn’t say that the United States deserved what happened, but the United States policies were an accessory to the crime that happened. » He added, « In the most direct sense, Osama Bin Laden is made in the USA. » More recently, he has declined to identify the racist and totalitarian Hamas party as being guilty of the much less severe designation of terrorist. We are all familiar by now with the peddlers of such distortions and euphemisms and evasions, many of them repeated by half-baked secular and Christian spokesmen. A widespread cultural cringe impels many people to the half-belief that it’s better to accommodate « moderates » like Rauf as a means of diluting the challenge of the real thing. So for the sake of peace and quiet, why not have Comedy Central censor itself or the entire U.S. press refuse to show the Danish cartoons?

This kind of capitulation needs to be fought consistently. But here is exactly how not to resist it. Take, for example, the widely publicized opinion of Abraham Foxman, national director of the Anti-Defamation League. Supporting those relatives of the 9/11 victims who have opposed Cordoba House, he drew a crass analogy with the Final Solution and said that, like Holocaust survivors, « their anguish entitles them to positions that others would categorize as irrational or bigoted. » This cracked tune has been taken up by Newt Gingrich and Sarah Palin, who additionally claim to be ventriloquizing the emotions of millions of Americans who did not suffer bereavement. It has also infected the editorial pages of the normally tougher-minded Weekly Standard, which called on President Obama to denounce the Cordoba House on the grounds that a 3-to-1 majority of Americans allegedly find it « offensive. »

Where to start with this part-pathetic and part-sinister appeal to demagogy? To begin with, it borrows straight from the playbook of Muslim cultural blackmail. Claim that something is « offensive, » and it is as if the assertion itself has automatically become an argument. You are even allowed to admit, as does Foxman, that the ground for taking offense is « irrational and bigoted. » But, hey—why think when you can just feel? The supposed « feelings » of the 9/11 relatives have already deprived us all of the opportunity to see the real-time footage of the attacks—a huge concession to the general dulling of what ought to be a sober and continuous memory of genuine outrage. Now extra privileges have to be awarded to an instant opinion-poll majority. Not only that, the president is urged to use his high office to decide questions of religious architecture!

Nothing could be more foreign to the spirit and letter of the First Amendment or the principle of the « wall of separation. » In his incoherent statement, Foxman made the suggestion that it might be all right if the Cordoba House was built « a mile away. » He appears to be unaware that an old building at the site is already housing overflow from the nearby Masjid al-Farah mosque.

I notice that even the choice of the name Cordoba has offended some Christian opponents of the scheme. This wonderful city in Andalusia, after the Muslim conquest of southern Spain, was indeed one of the centers of the lost Islamic caliphate that today’s jihadists have sworn in blood to restore. And after the Catholic reconquista, it was also one of the places purged of all Arab and Jewish influence by the founders of the Inquisition. But in the interval between these two imperialisms it was also the site of an astonishing cultural synthesis, best associated with the names of Averroes ibn-Rushd and Moses Maimonides. (The finest recent book on the subject is María Rosa Menocal’s The Ornament of the World.) Here was a flourishing of philosophy and medicine and architecture that saw, among other things, the recovery of the works of Aristotle. We need not automatically assume the good faith of those who have borrowed this noble name for a project in lower Manhattan. One would want assurances, also, about the transparency of its funding and the content of its educational programs. But the way to respond to such overtures is by critical scrutiny and engagement, not cheap appeals to parochialism, victimology, and unreason.

Voir enfin l’extrait du classique de Tom Wolfe de 1963 (Radical Chic & Mau-Mauing the Flak Catchers):

« Le gauchisme de Park Avenue » (1963)

Le « radical chic » des beaux quartiers de Manhattan

Tom Wolfe

Le Monde diplomatique

octobre 2008

L’une de ces règles [les règles minimales de la Nouvelle Société] veut que tout ce qui rappelle la nostalgie de la boue – les manières d’être du peuple, le pittoresque, la vitalité fruste de ces gens, et leurs logements à bon marché – soit bien ; alors que tout ce qui a un caractère bourgeois, noir ou blanc, est mal. D’où il résulte que le chic gauchiste favorise dans la gauche ce qui paraît primitif, exotique et pittoresque, comme les travailleurs agricoles saisonniers, qui ne sont pas seulement de gauche et « près de la terre », mais de plus sont des Latino-Américains ; les Panthers avec leurs blousons de cuir, leurs coiffures afro, leurs lunettes de soleil et leurs fusillades ; et les Indiens Peaux-Rouges qui, bien sûr, ont toujours paru primitifs, exotiques et pittoresques.

Au début du moins, ces trois groupes avaient un trait commun qui les rendait particulièrement acceptables : leurs quartiers généraux se tenaient à près de cinq mille kilomètres de l’East Side de Manhattan, en des endroits comme Delano (pour les travailleurs agricoles), Oakland (pour les Panthers), l’Arizona et le Nouveau-Mexique (pour les Indiens). On ne risquait pas trop… de marcher dessus, en somme. Exotiques, pittoresques et lointains… Comme nous le verrons bientôt, d’autres créatures partageaient avec eux, pour les mêmes raisons, les sympathies du chic gauchiste ; à savoir les ocelots, les jaguars, les léopards et les panthères des Somalis.

La règle n° 2 est que, de toute façon, il ne faut jamais renoncer à avoir une adresse convenable, un intérieur décoré de façon suffisamment élégante, et des domestiques. Les domestiques, en particulier, forment l’une des dernières lignes de démarcation indiscutables entre ceux qui appartiennent vraiment à la « société », nouvelle ou ancienne, et ceux qui constituent l’énorme masse grouillante des bourgeois ambitieux pouvant s’offrir des loyers de deux mille cinq cents dollars par mois ou acheter de coûteux appartements en copropriété dans l’East Side. Il n’y a pas deux façons de s’en sortir. Il faut avoir des domestiques.

Avoir des domestiques devient une telle nécessité psychologique qu’il n’est pas rare aujourd’hui, dans la « société », d’entendre des femmes se plaindre, en toute candeur, des difficultés qu’elles éprouvent à trouver quelqu’un qui veille sur les enfants le jour de sortie de la nurse. Et la célèbre Mme C., l’une des plus riches veuves de New York, qui a un duplex de dix pièces à Sutton Place, du bon côté de Sutton Place, pas du côté qui fait penser à Miami Beach, nous nous comprenons, mais qui est si assommante avec les domestiques qu’elle ne peut garder qu’une femme de ménage, est toujours à se lamenter : « A quoi bon posséder tout l’or du monde si vous ne pouvez rentrer chez vous le soir en sachant que quelqu’un vous attend pour vous débarrasser de votre manteau et vous préparer un verre ? » Derrière cette remarque, il y a une véritable angoisse ! Aussi, à l’époque du chic gauchiste, entre la nécessité absolue d’avoir des domestiques et le fait que les domestiques étaient le parfait symbole de ce que combattaient les nouveaux mouvements, blancs ou noirs, quelle tragique antinomie ! Et combien pressante devint la recherche de la seule issue : trouver des domestiques blancs !

Gallimard, Paris, 1972


Présidence Obama: Maintenant ils nous redemandent les clés! (Obamamania: When built-in obsolescence turns out to be a blessing)

12 août, 2010
Obama's clown car (cartoon)
Les républicains avaient mis la voiture Amérique dans le fossé. Nous avons plongé dans la boue, nous avons pelleté, nous avons poussé, nous avons remis la voiture sur la route. Et maintenant ils nous redemandent les clés! Nous leur répondons: pas question, vous ne savez pas conduire! Obama
Comme le plus grand homme d’État français du XXe siècle, il veut voir à long terme, et façonner l’avenir de son pays sur plusieurs générations. Naturellement moins intuitif que de Gaulle, Obama a toujours besoin d’une longue phase de réflexion avant d’arrêter ses grandes décisions. C’est un homme qui consulte beaucoup. (…) Les républicains fustigent son «indécision», mais le président sait qu’il n’a pas à rougir de son bilan. Il a obtenu du Congrès la plus grande réforme de sécurité sociale qui ait été faite depuis deux générations ; et il a réussi à mieux réglementer les pratiques de Wall Street. Certes, piétine encore sa grande ambition de forger une «économie verte» aux États-Unis. Pour ce qui concerne le moyen terme, son plan de sauvetage de l’industrie automobile a marché: Ford et General Motors sont désormais dans le vert. Le Figaro
Barack Obama (…) peut certainement s’enorgueillir d’avoir obtenu du Congrès la plus grande réforme sociale qui ait été faite depuis 50 ans, avec la mise en place d’un système de sécurité sociale pour les quelques 40 millions d’Américains qui en étaient privés. Il peut aussi se flatter d’avoir commencé à réglementer Wall Street. Mais il paraît aujourd’hui doublement bloqué: d’une part par la nature des institutions américaines, qui font du Congrès un pouvoir au moins égal, sinon supérieur au sien; et par l’approche des élections législatives de la mi-mandat de novembre prochain, perspective dans laquelle les élus démocrates semblent tétanisés de perdre la majorité au Sénat comme à la Chambre des Représentants. Jean-Marie Colombani

A l’heure où, sondages en chute libre (pays de ses ancêtres musulmans compris!), la tête d’Obama rejoint celles de Saddam et Ben Laden dans les cibles des stands de tir de certaines foires du trone américaines et que plusieurs voix de gauche se surprennent à regretter la détermination d’un George Bush…

Pendant que, tout aussi significativement soucieux de sa place dans l’Histoire, le vrai locataire de la Maison Blanche réunit dans son bureau les meilleurs historiens du pays et, après  avoir blamé son prédécesseur pour tout et son contraire pendant 2 ans proclame à présent refuser de « rendre les clés de la voiture Amérique » sous prétexte que les républicains n »e savent pas conduire » …

Alors que, de ce côté-ci de l’Atlantique et contre toute évidence, nos indécrottables obamalâtres le comparent à notre De Gaulle national (le Figaro) ou tentent de se raccrocher aux branches (l’ancien directeur du Monde) d’une prétendue universelle impopularité de tous les dirigeants occidentaux face à la terrible « menace populiste » (jusqu’à mettre en cause, s’il vous plait, le 14ème amendement et le droit du sol!) …

Retour, pour ceux qui n’ont toujours pas compris que « Bush n’était pas le problème » et  qu’Obama est justement trop  » obsédé par son désir de façonner l’Histoire » pour se recentrer comme avait pu le faire après un premier mi-mandat catastrophique un Clinton, sur l’implacable constat du commentateur américain Fouad Ajami.

Qui, ayant annoncé depuis longtemps la rupture définitive de la magie Obama, décrit, pour s’en féliciter, rien de moins que l’ « obsolescence » du personnage …

The Obsolescence of Barack Obama

The magic of 2008 can’t be recreated, and good riddance to it.

Fouad Ajami

The WSJ

August 11, 2010

Not long ago Barack Obama, for those who were spellbound by him, had the stylishness of JFK and the historic mission of FDR riding to the nation’s rescue. Now it is to Lyndon B. Johnson’s unhappy presidency that Democratic strategist Robert Shrum compares the stewardship of Mr. Obama. Johnson, wrote Mr. Shrum in the Week magazine last month, never « sustained an emotional link with the American people » and chose to escalate a war that « forced his abdication as president. »

A broken link with the public, and a war in Afghanistan he neither embraces and sells to his party nor abandons—this is a time of puzzlement for President Obama. His fall from political grace has been as swift as his rise a handful of years ago. He had been hot political property in 2006 and, of course, in 2008. But now he will campaign for his party’s 2010 candidates from afar, holding fund raisers but not hitting the campaign trail in most of the contested races. Those mass rallies of Obama frenzy are surely of the past

The vaunted Obama economic stimulus, at $862 billion, has failed. The « progressives » want to double down, and were they to have their way, would have pushed for a bigger stimulus still. But the American people are in open rebellion against an economic strategy of public debt, higher taxes and unending deficits. We’re not all Keynesians, it turns out. The panic that propelled Mr. Obama to the presidency has waned. There is deep concern, to be sure. But the Obama strategy has lost the consent of the governed.

Mr. Obama could protest that his swift and sudden fall from grace is no fault of his. He had been a blank slate, and the devotees had projected onto him their hopes and dreams. His victory had not been the triumph of policies he had enunciated in great detail. He had never run anything in his entire life. He had a scant public record, but oddly this worked to his advantage. If he was going to begin the world anew, it was better that he knew little about the machinery of government.

He pronounced on the American condition with stark, unalloyed confidence. He had little if any regard for precedents. He could be forgiven the thought that America’s faith in economic freedom had given way and that he had the popular writ to move the nation toward a super-regulated command economy. An « economic emergency » was upon us, and this would be the New New Deal.

There was no hesitation in the monumental changes Mr. Obama had in mind. The logic was Jacobin, the authority deriving from a perceived mandate to recast time-honored practices. It was veritably rule by emergency decrees. If public opinion displayed no enthusiasm for the overhaul of the nation’s health-care system, the administration would push on. The public would adjust in due time.

The nation may be ill at ease with an immigration reform bill that would provide some 12 million illegal immigrants a path toward citizenship, but the administration would still insist on the primacy of its own judgment. It would take Arizona to court, even though the public let it be known that it understood Arizona’s immigration law as an expression of that state’s frustration with the federal government’s abdication of its responsibility over border security.

It was clear as daylight that there was a built-in contradiction between opening the citizenship rolls to a vast flood of new petitioners and a political economy of redistribution favored by the Obama administration. The choice was stark: You could either « spread the wealth around » or open the gates for legalizing millions of immigrants of lower skills. You could not do both.

It was canonical to this administration and its functionaries that they were handed a broken nation, that it was theirs to repair, that it was theirs to tax and reshape to their preferences. Yet there was, in 1980, after another landmark election, a leader who had stepped forth in a time of « malaise » at home and weakness abroad: Ronald Reagan. His program was different from Mr. Obama’s. His faith in the country was boundless. What he sought was to restore the nation’s faith in itself, in its political and economic vitality.

Big as Reagan’s mandate was, in two elections, the man was never bigger than his country. There was never narcissism or a bloated sense of personal destiny in him. He gloried in the country, and drew sustenance from its heroic deeds and its capacity for recovery. No political class rode with him to power anxious to lay its hands on the nation’s treasure, eager to supplant the forces of the market with its own economic preferences.

To be sure, Reagan faltered midway through his second term—the arms-for-hostages trade, the Iran-Contra affair, nearly wrecked his presidency. But he recovered, the nation rallied around him and carried him across the finish line, his bond with the electorate deep and true. He had two years left of his stewardship, and his political recovery was so miraculous that he, and his first mate, Secretary of State George P. Shultz, would seal the nation’s victory in the Cold War.

There is little evidence that the Obama presidency could yet find new vindication, another lease on life. Mr. Obama will mark time, but henceforth he will not define the national agenda. He will not be the repository of its hopes and sentiments. The ambition that his would be a « transformational » presidency—he rightly described Reagan’s stewardship in these terms—is for naught.

There remains the fact of his biography, a man’s journey. Personality is doubtless an obstacle to his recovery. The detachment of Mr. Obama need not be dwelled upon at great length, so obvious it is now even to the pundits who had a « tingling sensation » when they beheld him during his astonishing run for office. Nor does Mr. Obama have the suppleness of Bill Clinton, who rose out of the debris of his first two years in the presidency, dusted himself off, walked away from his spouse’s radical attempt to remake the country’s health-delivery system, and moved to the political center.

It is in the nature of charisma that it rises out of thin air, out of need and distress, and then dissipates when the magic fails. The country has had its fill with a scapegoating that knows no end from a president who had vowed to break with recriminations and partisanship. The magic of 2008 can’t be recreated, and good riddance to it. Slowly, the nation has recovered its poise. There is a widespread sense of unstated embarrassment that a political majority, if only for a moment, fell for the promise of an untested redeemer—a belief alien to the temperament of this so practical and sober a nation.

Mr. Ajami is a professor at the Johns Hopkins School of Advanced International Studies and a senior fellow at the Hoover Institution.

Voir aussi:

Le temps de l’impopularité

Jean-Marie Colombani

Slate.fr

6 août 2010

Nous vivons le temps de l’impopularité. Le point commun des gouvernements de bon nombre de pays occidentaux est le haut niveau d’impopularité des dirigeants. Barack Obama, pourtant plébiscité lors de son installation à la présidence des Etats-Unis, n’est plus soutenu que par 44% de ses compatriotes  et n’est plus majoritaire que parmi les afro-américains. Angela Merkel en Allemagne, si elle était confrontée aujourd’hui à des élections, serait créditée du plus bas score historique de sa famille politique depuis une bonne trentaine d’années. Jose Luis Zapatero  est, lui aussi, au plus bas, alors qu’il a été réélu il y a à peine deux ans. Quant à Nicolas Sarkozy, il est à des niveaux que peu de ses prédécesseurs ont atteint, à ce stade de leur mandat, et n’est plus majoritaire dans aucune catégorie de la population,  pas même chez les seniors. Enfin, même l’indéracinable Berlusconi, celui qui paraissait devoir résister à tous les scandales -il y en a à peu près un par jour en Italie-  a également lourdement chuté et n’est plus soutenu que par une minorité de ses compatriotes.

Tous ont naturellement un point commun: la gestion de la crise économique. Celle-ci est loin d’être terminée et s’accompagne surtout d’un immense cortège de chômeurs, principal facteur  d’angoisse et d’inquiétude, notamment pour les classes moyennes. Tous avaient un programme commun: la réforme. Ils voulaient, et continuent de vouloir pour la plupart, incarner le parti de la réforme, même si celle-ci s’est trouvée très fortement contrariée par les impératifs de la gestion de la crise. Et même si les Etats-Unis sont encore dans une problématique de relance, on voit bien se mettre en place les mécanismes de retour aux équilibres fondamentaux  qui, dans la plupart des pays, seront synonymes d’effort fiscal, donc de ponctions sur le pouvoir d’achat. Le mieux-être collectif, que représentera la réduction des déficits, résonne surtout comme une promesse de davantage de mal-être individuel, s’agissant, encore une fois, des couches moyennes des salariés et des couches précaires. Autant de raisons qui structurent ces niveaux records d’impopularité.

Tous cependant ne sont pas égaux au regard de la possibilité qu’ils ont de continuer de gouverner. Par ordre de difficulté décroissante, on peut placer en tête Barack Obama. Ce dernier peut certainement s’enorgueillir d’avoir obtenu du Congrès la plus grande réforme sociale qui ait été faite depuis 50 ans, avec la mise en place d’un système de sécurité sociale pour les quelques 40 millions d’Américains qui en étaient privés. Il peut aussi se flatter d’avoir commencé à réglementer Wall Street. Mais il paraît aujourd’hui doublement bloqué: d’une part par la nature des institutions américaines, qui font du Congrès un pouvoir au moins égal, sinon supérieur au sien; et par l’approche des élections législatives de la mi-mandat de novembre prochain, perspective dans laquelle les élus démocrates semblent tétanisés de perdre la majorité au Sénat comme à la Chambre des Représentants. Difficile donc pour lui de continuer d’avancer.

Double difficulté également pour Angela Merkel, désormais contrainte d’obtenir l’aval de l’opposition, car elle n’a plus de majorité au Bundesrat; et sa coalition conservatrice libérale est non seulement très impopulaire, mais antagoniste sur des sujets essentiels comme celui de la fiscalité ou de l’Europe. Entre désormais dans cette catégorie Silvio Berlusconi, qui n’est plus majoritaire en termes parlementaires. Le programme notamment sur le fédéralisme qu’il voudrait voir adopté à la rentrée sera pour lui une épreuve de force décisive. La dissidence du président de l’Assemblée, Gianfranco Fini, et son rapprochement avec les centristes, privent le parti de Berlusconi de la majorité absolue à la Chambre des députés, et le placent dans une situation d’absolue dépendance avec la Ligue du Nord d’Umberto Bossi. Zapatero, lui, a la chance d’avoir face à lui une opposition toujours discréditée et, paradoxe de la situation actuelle, aussi impopulaire que lui. Ce qui lui permet d’avancer sur la voie de l’austérité.

Enfin, Nicolas Sarkozy est, lui, à l’abri des institutions de la Vème République et du sacrosaint «fait majoritaire». Cela lui assure de pouvoir, en toutes circonstances, faire prévaloir le point de vue de la majorité qu’il contrôle à l’Assemblée nationale, via l’UMP.

Tous, enfin, n’ont pas les mêmes chances de s’en sortir ou de rebondir. Ainsi, aux Etats-Unis, Barack Obama est moins impopulaire que ne le furent avant lui, après deux ans de mandat, Ronald Reagan ou Bill Clinton, qui furent tous deux réélus. Angela Merkel bénéficie de l’absence totale de leadership social démocrate face à elle. En revanche, il est clair que l’Italie a commencé d’entrer dans un processus de fin du berlusconisme, qui peut légalement encore durer deux ans. De même, il est désormais quasiment acquis que José luis Zapatero ne sera pas candidat à sa propre succession, à charge pour le PSOE de lui trouver un successeur. Quant à Nicolas Sarkozy, il est, électoralement parlant, dans un rapport de forces  moins négatif que ne le laisseraient penser les enquêtes de popularité, dans le sens que l’écart qui le sépare des candidats possibles de la gauche n’excède pas 4 points de pourcentage, ce qui est, en cours de campagne, un handicap qui laisse le jeu relativement ouvert.

Nicolas Sarkozy, on le sait, axe toute sa stratégie sur la réappropriation par lui-même de l’électorat de la droite sur le thème de la sécurité. Ce faisant, il prend le risque d’accompagner et, peut-être, d’encourager l’autre mouvement de fond qui accompagne, dans nos opinions, l’impopularité des gouvernants, à savoir la tentation de la radicalisation, du durcissement, du repli sur soi, bref du populisme. Ainsi, aux Etats-Unis, Barack Obama doit faire face à la tentative de certains élus républicains de mettre en cause le 14ème amendement de la Constitution, qui établit le droit du sol. La Ligue du Nord, en Italie, a toujours mis en cause l’immigration et polémique sur le thème de la nationalité. Autant de signes de ce populisme ambiant auquel seule l’Allemagne paraît avoir échappé à  travers l’enthousiasme populaire créé par une équipe nationale de football pour la première fois multiethnique. Un peu partout donc, nous sommes entrés dans une zone dangereuse…

Voir enfin:

Obama obsédé par son désir de façonner l’Histoire

Renaud Girard

Le Figaro

05/08/2010

Le président des États-Unis a l’ambition de laisser derrière lui des réformes qui amélioreront le bien-être de ses compatriotes pour des générations.

Dans le premier tome de ses Mémoires de guerre, le général de Gaulle relate comment, à peu près seul dans le Londres du Blitz, il se sentit, à 49 ans, soudain projeté dans l’Histoire. Barack Obama, premier Noir à accéder au plus haut poste de responsabilité de la planète, est, lui, entré dans l’Histoire à 47 ans, devant la foule d’un million de personnes qui l’acclamèrent dans un parc de Chicago, le soir de son élection, le 4 novembre 2008. Doté d’une très haute ambition, au meilleur sens du terme, le président américain n’est pas homme à se satisfaire seulement d’avoir incarné un extraordinaire exemple d’égalité des chances.

Comme le plus grand homme d’État français du XXe siècle, il veut voir à long terme, et façonner l’avenir de son pays sur plusieurs générations. Naturellement moins intuitif que de Gaulle, Obama a toujours besoin d’une longue phase de réflexion avant d’arrêter ses grandes décisions. C’est un homme qui consulte beaucoup.

Récemment, il a réuni, discrètement, dans son bureau de la Maison-Blanche, pour une conversation à bâtons rompus, un tout petit groupe d’historiens – les meilleurs du pays, issus des grandes universités de la côte Est.

«Transformationnel»

Les universitaires furent frappés par l’ampleur de la culture du président en matière d’histoire des États-Unis. Rahm Emanuel, le secrétaire général de la Maison-Blanche, devenu le plus proche conseiller d’Obama, lança le débat en proclamant que les quatre présidents qui avaient le plus marqué l’histoire du pays étaient Jefferson, Lincoln, Franklin Roosevelt et Reagan. Le premier pour avoir façonné des institutions politiques qui fonctionnent toujours ; le second pour avoir aboli l’esclavage ; le troisième pour avoir relevé le pays de la Grande Dépression et l’avoir hissé au rang de leader des nations libres ; le quatrième pour avoir rendu aux Américains le goût du patriotisme et de l’esprit d’entreprise.

Si le président consacre du temps à de telles séances de réflexion, c’est qu’il a l’obsession d’être, comme il dit, «transformationnel». Il a l’ambition de laisser derrière lui des réformes qui amélioreront le bien-être de ses compatriotes pour des générations. Lorsqu’il réunit son équipe de communication, Obama incite toujours ses conseillers à ne pas réagir aux petites querelles du jour et n’avoir que le long terme à l’esprit. Le rythme de la vie politique et médiatique américaine étant ce qu’il est, une telle hauteur de vues ne va pas sans problèmes. Ses adversaires républicains, qui cherchent à reprendre le contrôle du Congrès à la faveur des élections de mi-mandat du mois de novembre (renouvellement de la totalité de la Chambre des représentants et d’un tiers du Sénat), ont beau jeu de lui faire porter la responsabilité de la faiblesse de la croissance, de l’augmentation du chômage, et même de la pollution pétrolière en Louisiane.

Popularité

Ce 4 août, le président n’aura pas eu le loisir de fêter en famille son 49e anniversaire. Il est allé à Chicago soutenir la campagne d’un sénateur démocrate en difficulté, dans le cadre d’un déjeuner de levée de fonds, à 2 000 dollars le couvert.

Mais la force d’Obama est d’être capable de réagir avec sang-froid aux sondages de popularité. Est-il si dramatique que le taux d’approbation de son action soit descendu à 45%, contre 47% de mécontents? La réponse est non, si l’on compare ces chiffres avec ceux de Clinton ou de Reagan après dix-huit mois de mandat. Le premier jouissait d’un taux d’approbation comparable, le second était bien en dessous. Les deux hommes furent réélus. Le président Bush senior était, lui, extrêmement haut dans les sondages (74% contre 15%) ; deux ans et demi plus tard, il ne fut pas réélu.

«Vous ne savez pas conduire!»

Les républicains fustigent son «indécision», mais le président sait qu’il n’a pas à rougir de son bilan. Il a obtenu du Congrès la plus grande réforme de sécurité sociale qui ait été faite depuis deux générations ; et il a réussi à mieux réglementer les pratiques de Wall Street. Certes, piétine encore sa grande ambition de forger une «économie verte» aux États-Unis. Pour ce qui concerne le moyen terme, son plan de sauvetage de l’industrie automobile a marché : Ford et General Motors sont désormais dans le vert.

«Les républicains avaient mis la voiture Amérique dans le fossé. Nous avons plongé dans la boue, nous avons pelleté, nous avons poussé, nous avons remis la voiture sur la route. Et maintenant ils nous redemandent les clés! Nous leur répondons: pas question, vous ne savez pas conduire!», a dit, lundi dernier, le président. Les Américains ont beau vivre dans l’instant plutôt que dans le passé, Obama est sûr que son argument finira par porter…


Christopher Hitchens: La loi doit être résolument du côté de la transparence (What about the Klan?)

12 août, 2010
Would you let this man teach your kids? (Klan class)Comment je vais? Je suis en train de mourir. Comme tout le monde, mais pour moi le processus s’est brusquement accéléré. Christopher Hitchens
Sur la porte de ma banque à Washington, une pancarte me prie poliment, mais sans explications, d’ôter tout ce qui me cache le visage avant d’entrer dans les lieux. Une personne qui ferait irruption dans la banque avec un masque quelconque serait, à juste titre, suspecte. Cette présomption de culpabilité devrait valoir aussi hors des murs de la banque. Je serais indigné et je refuserais de traiter avec une infirmière, un docteur ou un enseignant qui cacherait son visage, ou pire, avec un inspecteur des impôts ou un douanier voilé. Ne dit-on pas toujours, dans les expressions de la vie courante, «Qu’est-ce que tu as à cacher?» et «Tu n’oses pas montrer le bout de ton nez»?
(…)
Je voudrais poser une question toute simple à ces pseudo-libéraux qui prônent la tolérance sur la question du voile et de la burqa: que dire alors du Ku Klux Klan? Célèbre pour ses cagoules et sa pensée réactionnaire, le gang a toujours eu pour objectif le maintien d’une pureté protestante et anglo-saxonne. Le KKK a certes le droit de défendre ses positions fondées sur la religion, c’est écrit dans le Premier amendement de la Constitution américaine. J’irais même jusqu’à dire que, lors de défilés protégés par la police, ils peuvent en toute légalité cacher leur vilain visage. Mais je ne laisserais pas un homme ou une femme encagoulés enseigner à mes enfants, entrer avec moi à la banque, ou conduire mon taxi ou mon bus -aucune loi ne m’obligera jamais à le faire.
(…)
Pourquoi les Européens et les Américains devraient-ils, pour chercher à satisfaire les immigrés, accepter la tradition des pays musulmans les plus arriérés et les plus primitifs? Nul doute, la burqa et le voile sont les marques les plus agressives du refus de s’intégrer et de s’adapter. Même en Iran, les femmes sont simplement obligées de se couvrir les cheveux, et je défie quiconque de trouver une ligne du Coran qui force les femmes à dissimuler leur visage.
(…)
La religion est la pire excuse pour ne pas respecter le droit commun. Les Mormons ne peuvent pas être polygames. L’excision est un crime fédéral aux Etats-Unis. Et dans certains Etats, les scientistes chrétiens risquent des poursuites s’ils mettent en danger leurs enfants en leur refusant des soins médicaux. Sommes-nous vraiment bien placés pour faire la leçon aux Français qui se contentent de déclarer que tous les citoyens et résidents, quelles que soient leurs croyances, doivent être capables de se reconnaître l’un l’autre, au sens le plus basique du terme? Christopher Hitchens

Pour ceux qui en seraient restés aux dernières et peu rassurantes images, emacié et affaibli par le cancer, du célébrissime polémiste anglo-américain Christopher Hitchens

Cette récente et comme d’habitude brillante défense, sur le site Slate, de l’actuel projet de loi français d’interdiction de toute dissimulation du visage …

Où, quelques discutables positions mises à part sur le christianisme et Obama (voire plus récemment sur Israël ou la mosquée de Ground zero?), le courageux et longtemps solitaire défenseur de l’intervention américaine en Irak démontre qu’il n’a rien perdu de son irremplaçable talent pour dénicher les images et les questions qui font mouche …

Pointant, contre l’auto-aveuglement de nos habituelles belles âmes et sans compter l’ineptie de s’aligner sur les traditions des régimes parmi les plus arriérés de la planète, l’évidence des raisons de simple sécurité:

Qui accepterait en effet de confier sa vie, ses affaires ou ses enfants à un infirmière, un docteur ou un enseignant, un inspecteur des impôts ou un douanier,  un chauffeur de bus ou de taxi en cagoule Klu Klux Klan?

Burqa: le droit de se regarder

En tentant de mettre la burqa hors la loi, la France se bat pour les droits des femmes, estime Christopher Hitchens, de Slate.com

traduit par Aurélie Blondel

19 mai 2010

On dit souvent que les élus français qui cherchent à légiférer contre le port du voile (qui ne couvre «que» le visage) ou de la burqa (qui couvre le corps entier) veulent imposer une «interdiction» et restreindre les droits des femmes. Mais ils cherchent au contraire à lever certaines entraves aux libertés: interdiction pour ces femmes de choisir leurs propres vêtements et de désobéir à l’autorité masculine et cléricale, interdiction pour tous les citoyens de se regarder l’un l’autre. La loi proposée est dans la pure tradition de la république française, qui veut que tous les citoyens soient égaux devant la loi et -tout aussi important- égaux les uns par rapport aux autres.

Qu’as-tu à cacher?

Sur la porte de ma banque à Washington, une pancarte me prie poliment, mais sans explications, d’ôter tout ce qui me cache le visage avant d’entrer dans les lieux. Une personne qui ferait irruption dans la banque avec un masque quelconque serait, à juste titre, suspecte. Cette présomption de culpabilité devrait valoir aussi hors des murs de la banque. Je serais indigné et je refuserais de traiter avec une infirmière, un docteur ou un enseignant qui cacherait son visage, ou pire, avec un inspecteur des impôts ou un douanier voilé. Ne dit-on pas toujours, dans les expressions de la vie courante, «Qu’est-ce que tu as à cacher?» et «Tu n’oses pas montrer le bout de ton nez»?

Faire une exception pour le voile et la burqa? Notez que cette demande ne concerne que les femmes, et qu’elle relève de la sphère religieuse. (Précisément d’une seule religion, il serait idiot de prétendre le contraire.) Tout est dit! On demande à la société de renoncer à une longue tradition d’égalité et d’ouverture pour faire plaisir à une religion qui a une réputation discutable pour ce qui est des femmes.

Je voudrais poser une question toute simple à ces pseudo-libéraux qui prônent la tolérance sur la question du voile et de la burqa: que dire alors du Ku Klux Klan? Célèbre pour ses cagoules et sa pensée réactionnaire, le gang a toujours eu pour objectif le maintien d’une pureté protestante et anglo-saxonne. Le KKK a certes le droit de défendre ses positions fondées sur la religion, c’est écrit dans le Premier amendement de la Constitution américaine. J’irais même jusqu’à dire que, lors de défilés protégés par la police, ils peuvent en toute légalité cacher leur vilain visage. Mais je ne laisserais pas un homme ou une femme encagoulés enseigner à mes enfants, entrer avec moi à la banque, ou conduire mon taxi ou mon bus -aucune loi ne m’obligera jamais à le faire.

Je vois d’autres objections aux visages voilés et aux vêtements qui dissimulent tout le corps. Ces derniers ont souvent été utilisés par des criminels, des hommes -pas seulement des terroristes religieux mais aussi de simples voyous- pour se cacher et pouvoir s’échapper. La burqa sert aussi parfois à couvrir d’horribles blessures infligées à des femmes battues. Parce qu’elle gêne la vision périphérique, elle est incompatible avec des activités comme la conduite. Il ne s’agit là plus seulement d’un choix relevant de la sphère privée, mais d’un danger pour les autres, autant que d’une injure à la politesse ordinaire et à ses tournures du style «Enchanté de vous voir».

Le «plein gré» est contestable

Les femmes n’ont de toute façon pas le droit de conduire dans certaines sociétés musulmanes, me direz-vous. Mais ça ne fait que conforter mon second point. Les critiques contre l’interdiction de la burqa seraient pertinentes si les musulmanes étaient aussi enthousiastes à la porter que les membres du KKK sont enthousiastes à porter ces linceuls blancs à bout pointu. Mais nous ne pouvons être sûrs que ces femmes mettent la burqa ou le voile de leur plein gré. Tout porte à penser le contraire. Des mères, des femmes et des filles risquent de recevoir de l’acide sur le visage, d’être tuées pour l’honneur ou d’être violemment battues si elles n’adoptent pas la tenue vestimentaire humiliante exigée par les hommes de leur entourage pour sortir de chez elles. C’est pour cela que dans beaucoup de pays musulmans, comme la Tunisie et la Turquie, le look «enveloppé» est illégal dans les bâtiments gouvernementaux, les écoles et les universités.

Pourquoi les Européens et les Américains devraient-ils, pour chercher à satisfaire les immigrés, accepter la tradition des pays musulmans les plus arriérés et les plus primitifs? Nul doute, la burqa et le voile sont les marques les plus agressives du refus de s’intégrer et de s’adapter. Même en Iran, les femmes sont simplement obligées de se couvrir les cheveux, et je défie quiconque de trouver une ligne du Coran qui force les femmes à dissimuler leur visage.

Ce qui ne veut pas dire que si c’était écrit dans le Coran, ça changerait quelque chose. La religion est la pire excuse pour ne pas respecter le droit commun. Les Mormons ne peuvent pas être polygames. L’excision est un crime fédéral dans aux Etats-Unis. Et dans certains Etats, les scientistes chrétiens risquent des poursuites s’ils mettent en danger leurs enfants en leur refusant des soins médicaux. Sommes-nous vraiment bien placés pour faire la leçon aux Français qui se contentent de déclarer que tous les citoyens et résidents, quelles que soient leurs croyances, doivent être capables de se reconnaître l’un l’autre, au sens le plus basique du terme?

C’est donc simple. J’ai le droit de voir votre visage et vous avez le droit de voir le mien. Ensuite, mais c’est tout aussi important, vient le droit des femmes de montrer leur visage, qui bien sûr va à l’encontre du droit des hommes de leur entourage ou des imams d’en décider autrement. La loi doit être résolument du côté de la transparence. Les Français se battent pour la liberté, l’égalité, la fraternité… et la sororité.


Ramadan: Retour sur la charia incomprise (Using the wrong size of stone is against the law)

11 août, 2010
WrongStone
stoning1 Stoning2Stoning3Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et (…) quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers. Jean 8:7-9
Jésus s’appuie sur ce qu’il y a de plus humain dans la Loi, l’obligation faite aux deux premiers accusateurs de jeter les deux premières pierres; il s’agit pour lui de transformer le mimétisme ritualisé pour une violence limitée en un mimétisme inverse. Si ceux qui doivent jeter  « la première pierre » renoncent à leur geste, alors une réaction mimétique inverse s’enclenche, pour le pardon, pour l’amour. Mais il est périlleux de priver la violence mimétique de tout exutoire. Jésus sait bien qu’à dénoncer radicalement le mauvais mimétisme, il s’expose à devenir lui-même la cible des violences collectives. René Girard
D’abord, vous êtes enterré. Le Code Pénal Islamique dit qu’un homme déclaré coupable d’adultère est enterré jusqu’à la taille; une femme, jusqu’à la poitrine. Si la condamnation est basée sur la confession du prisonnier, selon la loi, c’est le juge présidant le tribunal qui jette la première pierre. Si la condamnation est basée sur le rapport de témoins, ce sont les témoins eux-mêmes qui lancent les premiers, puis le juge, puis les autres – en général d’autres officiels des forces de justice et de sécurité. Les pierres doivent être de taille moyenne selon le code pénal : pas trop grandes pour qu’une ou deux ne suffisent pas à tuer une personne, mais pas trop petites qu’on puisse les appeler des cailloux. En d’autres termes, à peu près la taille d’une mandarine. Toute la procédure prend moins d’une heure.
Un mince espoir pour les lapidés réside dans le fait que ceux qui arrivent à s’échapper de leur trou voient leur peine commuée. Mais cette règle s’applique uniquement pour ceux qui ont confessé leur crime. (Si vous êtes condamné à la lapidation sur la base de témoignages, s’extirper du trou ne sert à rien.) De toute manière, il est très difficile d’échapper à la punition: les prisonniers sont d’abord mis dans un sac en toile blanche avec leurs mains attachées. Christopher Beam
Parce qu’il s’agit d’une injonction divine, la rigueur de cette loi est éprouvante pour les musulmans eux-mêmes. Elle constitue une punition, mais aussi une forme de purification. Il est interdit d’insulter le coupable. Après sa mort, on prie pour lui. Ce que fit le Prophète pour une femme qui s’était livrée après avoir accouché d’un enfant adultérin, et dont le repentir avait été sincère. Hani Ramadan

A l’heure où nos amis musulmans s’apprêtent à fêter pendant tout un mois la fameuse bataille de Badr et la réception du Coran en une sorte, comme à peu près tout le reste, de resucée musulmane de Yom Kippour et Shavouot combinés …

Et pour ceux qui, au moment où comme chaque année nos journaux se dévouent d’un seul homme pour apporter leur petite pierre à l’halalisation de nos concitoyens, s’inquiéteraient encore du sort de cette mère iranienne condamnée à une prochaine lapidation pour « adultère »

Retour sur la célèbre tribune (en une du Monde s’il vous plait!) du frère de Tariq au nom prédestiné (un certain Hani Ramadan, lui aussi petit-fils du fondateur des Frères musulmans) qui avait, à la veille déjà d’une lapidation annoncée mais au Nigéria comme on s’en souvient, dissipé l’incompréhension dont souffre chez nous la charia et rassuré tout le monde.

Rappelant, contre ceux qui prétendent « résumer toute la médecine aux seules amputations chirurgicales », qu’il est « exclu de couper la main du voleur dans un Etat qui ne donne pas à ce dernier les moyens de vivre dignement ».

Et surtout qu' »injonction divine, la rigueur de cette loi est éprouvante pour les musulmans eux-mêmes » qui ont d’ailleurs l’interdiction d’insulter le coupable et l’obligation de prier pour lui  après sa mort

Sans compter, ce que rappelle dument le site Slate, que, ni trop grosses ou trop petites pour qu’elles ne tuent pas trop vite ou trop lentement pour des suppliciés enserrés les mains attachées dans un sac en toile blanche et enterrés jusqu’à la taille ou la poitrine pour les femmes, la taille des pierres est fort heureusement rigoureusement réglementée

La charia incomprise

Hani Ramadan

Le Monde

10.09.02

En Occident, qui voit dans l’application de la charia un retour à des règles moyenâgeuses, les condamnations à mort de Safiya et Amina au Nigeria ont soulevé un tollé. Doit-on comprendre que les musulmans, convaincus du bien-fondé des règles divines, sont des barbares, des coupeurs de mains sanguinaires et des assassins ?

Avant tout, il n’est pas inutile de rappeler que beaucoup, parmi ceux qui crient au scandale, ne réagissent pas devant des crimes d’une autre nature. Dans les capitales occidentales, on n’est guère ému par les rapports qui font état de l’extermination des Tchétchènes, avec son cortège de meurtres et de mutilations.

Personne ne se soucie du sort des enfants handicapés à vie en Palestine, fruit de la terreur et de la lâcheté de la communauté internationale, parce qu’il est plus facile de s’ingérer dans les affaires du Nigeria que dans celles des pays qui exercent au grand jour un terrorisme d’Etat inqualifiable.

A cela s’ajoute une vision caricaturale de la civilisation musulmane. Réduire la richesse de la loi islamique – reconnue par les plus grands spécialistes du droit comparé – aux seuls châtiments corporels, c’est un peu comme si l’on prétendait résumer toute la médecine aux seules amputations chirurgicales. La science médicale comprend une variété de disciplines, allant de la prévention aux traitements les moins éprouvants. Il en va de même pour la charia. Les peines concernant le vol et l’adultère ne peuvent être appliquées que dans une société où sont protégées les normes et les valeurs islamiques. Il est exclu de couper la main du voleur dans un Etat qui ne donne pas à ce dernier les moyens de vivre dignement.

La lapidation prévue en cas d’adultère n’est envisageable que si quatre personnes ont été des témoins oculaires du délit. Ce qui est pratiquement irréalisable, à moins que le musulman choisisse d’avouer sa faute. Avant l’exécution de la sentence, les juristes précisent qu’il lui est toujours possible de revenir sur son aveu.

Une grossesse illégitime peut également entraîner une mise en accusation. Mais en affirmant avoir été contrainte ou victime d’un viol, ou en soutenant que l’enfant est bien légitime, la femme échappera à toute sanction. Dans ce dernier cas, si son époux rejette la paternité du nouveau-né, les conjoints seront définitivement séparés, et elle conservera la garde de sa progéniture.

On le voit : ces peines ont donc surtout une valeur dissuasive. Le prophète Mahomet lui-même faisait tout pour en repousser l’application. Ainsi, lorsque Mâ’iz se présenta au Messager de Dieu en lui demandant de le purifier parce qu’il avait commis l’adultère, ce dernier se détourna de lui. Mais Mâ’iz confessa son erreur à quatre reprises. Dès lors, le Prophète ne pouvait qu’ordonner sa lapidation.

Parce qu’il s’agit d’une injonction divine, la rigueur de cette loi est éprouvante pour les musulmans eux-mêmes. Elle constitue une punition, mais aussi une forme de purification. Il est interdit d’insulter le coupable. Après sa mort, on prie pour lui. Ce que fit le Prophète pour une femme qui s’était livrée après avoir accouché d’un enfant adultérin, et dont le repentir avait été sincère.

La volonté de Dieu, pour les croyants, s’exprime à deux niveaux : dans le livre de la Révélation et dans celui de la Création. Les doctrines juive, chrétienne et musulmane affirment unanimement que Dieu seul est le créateur de toute chose. Or nous demandons : qui a créé le virus du sida ? Observez que la personne qui respecte strictement les commandements divins est à l’abri de cette infection, qui ne peut atteindre, à moins d’une erreur de transfusion sanguine, un individu qui n’entretient aucun rapport extraconjugal, qui n’a pas de pratique homosexuelle et qui évite la consommation de drogue. Par rapport à ces principes de base, seuls s’exposent à la contamination ceux qui ont un comportement déviant.

Avant de juger cette conception moralisatrice et complètement dépassée, je propose simplement que l’on fasse un effort de réflexion : la mort lente d’un malade atteint du sida est-elle moins significative que celle d’une personne lapidée ? Pour le musulman, les signes divins que l’intelligence humaine perçoit se découvrent aussi bien dans l’univers que dans la loi.

Soyons encore plus explicite, au risque de heurter cette fois la sensibilité des partisans invétérés des Lumières. Dans une tradition authentique, le prophète Mahomet annonçait : « La turpitude n’apparaît jamais au sein d’un peuple, pratiquée ouvertement aux yeux de tous, sans que ne se propagent parmi eux les épidémies et les maux qui n’existaient pas chez leurs prédécesseurs. » Qui pourrait nier que les temps modernes, conjuguant le déballage de la débauche sur grand écran et la hantise obsédante d’une contagion mortelle, offrent la parfaite illustration de cette parole ?

En clair, que ceux qui nient qu’un Dieu d’amour ait ordonné ou maintenu la lapidation de l’homme et de la femme adultères se souviennent que le virus du sida n’est pas issu du néant.

Remarquons cependant que l’éthique musulmane nous prescrit de soutenir le malade du sida dans l’épreuve qu’il subit, et qu’il est essentiel de l’accompagner et de le réconforter avec compassion. Remarquons encore que l’islam a encouragé la recherche médicale, le Prophète ayant indiqué qu’à toute maladie, si l’on excepte la vieillesse, correspondait un remède. Il reste que l’épidémie du sida devrait à notre sens, pour être conjurée, nous conduire à une réflexion morale sur le sens de nos responsabilités et sur la nécessité de revenir aux normes susceptibles de préserver notre spiritualité.

Les musulmans sont convaincus de la nécessité, en tout temps et tout lieu, de revenir à la loi divine. Ils voient dans la rigueur de celle-ci le signe de la miséricorde divine. Cette conviction n’est pas nourrie par un fanatisme aveugle, mais par un réalisme correspondant à la nature des choses de la vie. Vivre en paix et en conformité avec l’être et le devoir, tel est le principe de leur engagement, parce que, comme le souligne le Coran, « c’est certes à Dieu qu’appartiennent la création et le commandement ». (7, 54)

Les musulmans savent que la nature leur est soumise autant qu’ils se soumettent à Dieu, mais qu’elle se rebelle en revanche contre eux s’ils enfreignent les lois du Tout-Puissant. Ils ont la certitude que l’homme ne peut se suffire à lui-même, et que la libération des moeurs est à l’origine d’une incommensurable détresse qui touche des millions d’individus. Qui donc aurait le droit de le leur reprocher ?

Voir aussi:

Comment se passe une lapidation en Iran

De la taille des pierres à qui peut jeter la première.

Christopher Beam

Traduit par Holly Pouquet

Slate

Vendredi 6 août 2010

Le Brésil a offert l’asile à Sakineh Ashtiani, une Iranienne reconnue coupable d’adultère en 2006 et condamnée à la peine de mort par lapidation. Il y a quelques semaines, la peine a été temporairement suspendue par les officiels iraniens, mais Ashtiani reste quand même sous le coup de la peine de mort.  Au fait, comment une lapidation se déroule-t-elle?

D’abord, vous êtes enterré. Le Code Pénal Islamique dit qu’un homme déclaré coupable d’adultère est enterré jusqu’à la taille; une femme, jusqu’à la poitrine.  Si la condamnation est basée sur la confession du prisonnier, selon la loi, c’est le juge présidant le tribunal qui jette la première pierre. Si la condamnation est basée sur le rapport de témoins, ce sont les témoins eux-mêmes qui lancent les premiers, puis le juge, puis les autres – en général d’autres officiels des forces de justice et de sécurité. Les pierres doivent être de taille moyenne selon le code pénal : pas trop grandes pour qu’une ou deux ne suffisent pas à tuer une personne, mais pas trop petites qu’on puisse les appeler des cailloux. En d’autres termes, à peu près la taille d’une mandarine. Toute la procédure prend moins d’une heure.

Un mince espoir pour les lapidés réside dans le fait que ceux qui arrivent à s’échapper de leur trou voient leur peine commuée. Mais cette règle s’applique uniquement pour ceux qui ont confessé leur crime. (Si vous êtes condamné à la lapidation sur la base de témoignages, s’extirper du trou ne sert à rien.) De toute manière, il est très difficile d’échapper à la punition: les prisonniers sont d’abord mis dans un sac en toile blanche avec leurs mains attachées.

Les lapidations en Iran étaient publiques par le passé. Entre 1993 et 2000, tout le monde pouvait venir et lancer les pierres. Mais à la suite de cela, un tollé public s’est élevé contre cette pratique et les lapidations sont devenues des affaires privées. Elle ont lieu souvent maintenant à l’intérieur d’un cimetière. En 2002, le principal chef de l’institution judiciaire a même prononcé un moratoire contre les exécutions par lapidation. Mais il s’agissait plus d’une indication qu’un changement de loi, et la pratique de la lapidation s’est poursuivie pendant que les officiels niaient son existence. A l’été 2009, une commission parlementaire a recommandé qu’on abroge la loi autorisant la lapidation, mais le parlement ne l’a pas encore formellement révoquée.  (Vous pouvez regarder le film NSFW montrant une lapidation publique en 1994 ici.)

La loi iranienne décrit trois cas pour lesquels un coupable présumé d’adultère peut être condamné à la lapidation: l’auteur présumé fait lui-même une confession, des témoins attestent de sa culpabilité, ou bien encore le juge prononce la condamnation sur la seule base de sa «connaissance». (Cette dernière est aussi arbitraire que cela en a l’air).  Quand il s’agit de témoignages, un seul ne suffit pas: la cour a besoin de quatre hommes, ou trois hommes et deux femmes.  Si deux hommes et quatre femmes témoignent, l’adultère présumé est seulement passible du fouet.

L’Explication remercie Hadi Ghaemi de l’International Campaign for Human Rights in Iran.


Fièrement halal: Villepin aussi! (After Iraq, France’s latter-day Lawrence of Arabia lashes out at Israel to get Muslim votes)

11 août, 2010
Proudly halal (Muslim food ad campaign, Aug. 2010)
Proudly halal (mutilated Afghan woman, Time, Aug. 2010)
Que ne faut-il dire ou laisser dire pour se faire applaudir au Val-Fourré? Hervé Mariton (député villepiniste)
Huit civils occidentaux (six États-uniens, une Britannique et une Allemande) et deux traducteurs afghans ont été tués, vraisemblablement jeudi, au nord de l’Afghanistan. La police afghane en a fait l’annonce samedi (…) Les talibans, qui ont revendiqué l’action auprès de l’AFP, accusent les huit humanitaires d’être des missionnaires chrétiens . (…) Ils ont volé leurs affaires et leur argent, a dit le chef de la police, rapportant le témoignage de Zabihullah. Ce témoignage conduit la police locale à privilégier la piste de bandits plutôt que celle des talibans. L’Humanité
Selon un responsable de la police, une femme accusée d’adultère a été exécutée publiquement à Qades, une zone isolée située dans la province de Badghis, au nord de l’Afghanistan, toujours sous emprise talibane. Retenue en captivité pendant trois jours, Bibi Sanubar a écopé de 200 coups de fouet avant de recevoir trois balles dans la tête. (…) Un porte-parole des Talibans a toutefois nié toute responsabilité des Talibans dans cet assassinat. « Nous n’avons rien fait de tel, à Badghis ou ailleurs », a-t-il dit avant de qualifier ces accusations de propagande. Les Talibans et le gouvernement afghan, épaulé par les forces étrangères, s’accusent tour à tour des pires exactions. Des atrocités systématiquement démenties des deux côtés. Récemment, les Talibans avaient nié toute responsabilité après que le Time magazine ait publié en une la photo d’Aisha, une jeune Afghane défigurée. Celle-ci expliquait avoir eu le nez coupé comme punition pour avoir tenté de fuir son mari. Elle
un bon flic, c’est un flic mort, un flic = une balle, solidaire Villeneuve Tags (bâtiment de la police municipale de Sassenage, Isère)
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Villepin (2001)
Il y a à Gaza l’aboutissement d’un engrenage dont Israël est prisonnier, l’éternel engrenage de la force. (…) Cette logique mène à la surenchère, toujours plus d’usage de la force, toujours plus de transgression du droit, toujours plus d’acceptation de l’inacceptable. (…) Après le 11-Septembre, l’Amérique a été livrée, elle aussi, à la peur. Son aspiration à la sécurité était justifiée. Mais, en s’engageant dans l’aventure irakienne, les Etats-Unis ont fait primer la force sur le droit, s’enfermant dans un conflit qu’ils ne peuvent gagner. (…) On le voit en Cisjordanie, un autre avenir est possible. (…) Ce chemin passe par la création d’un Etat palestinien, car seule la reconnaissance d’un Etat palestinien souverain peut être le point de départ d’un nouvel élan pour la région. Dans ce processus, tout le monde le sait bien, il faudra impliquer le Hamas dans la dynamique de paix. Comme pour tout mouvement radical, chaque défaite devant la force est une victoire dans les esprits, par un effet de levier imparable. L’enjeu, c’est bien aujourd’hui d’avancer vers une unité palestinienne qui offre un interlocuteur crédible pour la paix. (…) C’est un enjeu pour la stabilité du Moyen-Orient. Car ceux qui veulent œuvrer à la stabilité du Moyen-Orient sont affaiblis par la logique de force. La spirale sert de justification à d’autres spirales, comme celle de la prolifération nucléaire en Iran. Villepin

Que ne faut-il dire ou laisser dire, comme le dit si bien Hervé Mariton, pour se faire applaudir au Val-Fourré?

Alors qu’en « terre d’islam » nos amis talibans revendiquent à nouveau le détroussement et l’assassinat très probablement crapuleux d’humanitaires occidentaux et tentent de se défendre contre une vile et basse « propagande des médias occidentaux » qui, après le découpage du nez et des oreilles d’une jeune femme, voudrait leur faire endosser l’exécution  publique de trois balles dans la tête d’une femme enceinte …

Et qu’en « terre de la guerre » et notamment dans nos banlieues dument halalisées et avec le soutien des bonnes âmes habituelles, nos chères têtes blondes défendent au lance-roquettes et à l’uzi leurs trafics en mettant à prix, entre le saccage et l’autodafé des commerces et voitures de leurs voisins et tags avec leurs noms et plaques d’immatriculation à l’appui, la tête des policiers que l’Administration s’empresse d’exfiltrer…

Pendant qu’en ce début de ramadan où, faisant fi des directives européennes imposant l’étourdissement censément plus humain des animaux, une campagne d’affichage nationale (150 villes, 6.000 affiches grand format) rappelle opportunément et fièrement à tous les Français à quel point ils mangent sans le savoir de la viande sacrifiée à Allah …

Retour, avec un article du Point de cette semaine (« Comment Villepin enflamme les cités », payant), sur l’hallalisation de l’ancien premier ministre et candidat déclaré pour les prochaines présidentielles de dans deux ans …

Qui, après le triomphal lancement de sa République solidaire le 19 juin dernier et avant –  moins de deux mois après – de reprendre sa carte de l’UMP (mais aussi 5 ans après avoir décrété le couvre-feu des banlieues de novembre 2005), avait on s’en souvient mené une non moins triomphale tournée dans lesdites banlieues halales …

Entre ô combien courageuses dénonciations enflammées  et silences entendus mais éloquents contre Israël

Petit florilège:

Nous sommes face à une prison à ciel ouvert (…) nous ne sommes pas dans une politique de défense (…) nous sommes dans une politique de force… « Sur la corde à linge, il y a les mouchoirs du sang trop versé » (…) ce sang-là, il continue de goutter dans les cœurs de tous les Palestiniens. Ecoutons Mahmoud Darwich! Villepin (Mots croisés, France 2 31.05.10)

Ce gouvernement qui instrumentalise la peur de l’islam. Je me suis déjà élevé contre cet engrenage de la peur qui a conduit à la guerre en Irak. C’est la même logique de la peur qui règne aujourd’hui au proche-Orient. Villepin (salle du 13e arrondissement de Paris)

Hier, mes amis et moi étions heureux de vous entendre. Vous avez si bien cité Darwich ! (…) jamais un gouvernement n’a été aussi pro-israélien que celui de Nicolas Sarkozy. (…) Quand un homme portera les valeurs qui nous paraissent manquer aujourd’hui, les musulmans sortiront de leur tanière. Pas seulement ceux qui sont ici, mais partout, tout autour, les organisations … Ali Berka (recteur de la grande mosquée de Mantes-la-jolie)

C’est Israël qui agresse, qui assassine des populations civiles. Lahbib Eddaoidi (interview d’un Villepin qui reste silencieux, radio LFM)

Israël bafoue les droits de la population palestinienne et le droit international. C’est inqualifiable, totalement injustifiable. Villepin (réponse à Lahbib Eddaoidi, radio LFM)

Pour moi, c’est le meilleur, le plus proche de chez nous. Abdellah Boudiouf (vice-président de l’association Alif, Elancourt, Yvelines)

Sarkozy aime les juifs, on a besoin de quelqu’un qui aime les musulmans, heureusement que Villepin est là! Ahmed

A l’ONU, vous avez dit niet! Et maintenant à Israël  Enfin un politicien qui condamne clairement l’Etat sioniste! Bravo! Malika

De Villepin est un Monsieur avec un grand M. Il représente bien le Français qui œuvre pour la paix, pas comme Sarko, qui a choisi son camp: Israël et l’argent! Nordine (20 ans)

Il va avoir beaucoup d’électeurs en banlieue, c’est acquis. Il a une vraie popularité auprès de ces jeunes qui ont oublié qu’en 2005 il a décrété un couvre-feu chez eux. Mohamed Chanaï (président d’association du 95)

Je ne peux que regretter la tonalité des propos tenus par Dominique de Villepin sur Gaza. J’aurais souhaité de sa part un peu plus de retenue et je le lui ai dit. (…) Quand on défend la cohésion nationale, on doit faire attention à ce genre de choses. Frank Melloul (ancien-conseiller en communication de Villepin, RCJ, 23.06.10)

Villepin joue la politique du pire sur le conflit du Moyen-Orient. Francis Spizner (avocat chiraquien)

Villepin appartient à cette tradition française où le romantisme du discours s’accompagne d’une très classique fascination pour l’orient et ses grandes étendues désertiques, mais aussi d’une bonne dose de cynisme: il y a plus à gagner avec les musulmans qu’avec les juifs. Richard Prasquier (président du CRIF)

Chez lui, la sincérité gaullienne rejoint l’opportunisme électoral. Je crois cette posture très calculée. Au moment où a éclaté l’affaire de la flottille, il s’en est allé partout expliquant qu’Israël était en proie à l’ivresse de la force et menait une politique criminelle. Il adapte à droite la stratégie recommandée à gauche voilà quelques années par Pascal Boniface : gagner les voix des musulmans de France. Au lieu de combattre la fantasmagorie de ces jeunes qui croient transposer l’intifada à la France, il flatte les réflexes les plus sauvages de la banlieue pour se faire aimer. C’est très grave. Et indigne. Faire ce choix politique dans une période d’extrême banalisation de l’antisémitisme, je trouve ça effrayant. Alain Finkielkraut

Voir aussi:

Le chemin de justice

Dominique de Villepin

Le Monde

5 juin 2010

L’arraisonnement brutal du Mavi-Marmara, chargé de civils, dans les eaux internationales, semble nous prouver une fois de plus l’impuissance du droit et de la raison.

Derrière ce drame, se pose à nous la question occultée du sort de Gaza. Rien ne saurait justifier qu’on prenne en otage une population d’un million et demi d’hommes, de femmes, d’enfants dans une ville asphyxiée.

Censé discréditer le Hamas, le blocus n’a fait que renforcer l’image de martyr dont se pare le mouvement. La marginalisation des radicaux ne peut qu’accompagner la paix, pas la préparer.

C’est d’autant plus incompréhensible venant d’une société démocratique, ouverte, prospère, comme l’est Israël. Ce paradoxe nous interroge: comment a-t-on pu en arriver là? Il y a à Gaza l’aboutissement d’un engrenage dont Israël est prisonnier, l’éternel engrenage de la force. Le souci de la sécurité d’Israël est légitime, et la France l’a toujours rappelé et s’en est toujours portée garante. Mais depuis dix ans, confronté à la terrible épreuve des tirs de roquettes et des attentats-suicides, déçu dans ses espoirs nés à Oslo, Israël s’est lancé dans une fuite en avant sécuritaire: érection du mur de sécurité, guerre au Liban de l’été 2006 et opération militaire dans la bande de Gaza l’an passé.

Cette logique mène à la surenchère, toujours plus d’usage de la force, toujours plus de transgression du droit, toujours plus d’acceptation de l’inacceptable. Mais surtout elle est inefficace et autodestructrice, car la force croit être un raccourci, alors qu’elle n’est qu’une impasse, et même un dévoiement.

La première impasse, c’est l’isolement, car la force se coupe de tout ce qui n’épouse pas ses vues. Le résultat des deux dernières années d’opérations à Gaza, c’est un isolement diplomatique croissant d’Israël. La relation privilégiée avec les Etats-Unis s’affaiblit. Le partenariat stratégique qui rapprochait Israël de la Turquie, essentiel au dialogue régional, se dégrade de jour en jour.

Deuxième impasse, le doute, car la force entraîne la radicalisation progressive, le repli sur des positions extrêmes et l’éclatement politique. L’union sacrée face au danger extérieur se transforme en une fracture intérieure. En Israël, l’échiquier politique se divise au détriment d’un gouvernement stable et capable de prendre des initiatives fortes en faveur de la paix et où les Arabes israéliens, un cinquième de la population, se sentent relégués. Mais aussi dans les communautés juives du monde entier, qui connaissent le doute. Le sionisme a été, un siècle durant, une pensée d’émancipation, de progrès et d’ouverture sur l’universel à partir de l’expérience historique singulière du judaïsme, bravant les violences, les préjugés et les haines. Aujourd’hui, il lui faut retrouver cette part d’universalité.

Troisième impasse, l’impossibilité de la paix, car la force nourrit la force en retour et les grands laissés-pour-compte des dernières années, ce sont bien les modérés, Israéliens comme Palestiniens, qui veulent croire qu’une paix juste est possible, qui savent que la coexistence de deux Etats est la seule solution et qu’elle est urgente. Mais à chaque excès de Tsahal, les hommes du Fatah sont fragilisés, à chaque tir de roquette du Hamas, le camp de la paix israélien se rétrécit. Le même gâchis se renouvelle sans cesse. Les négociations indirectes récemment reprises sont étouffées dans l’œuf.

Rappelons-nous que d’autres nations se sont lancées dans de telles surenchères – y compris la France, de la spirale des guerres napoléoniennes, qui prirent le relais de la patrie en danger, à l’engrenage du traité de Versailles qui mena à l’occupation de la Ruhr. Toutes y ont sacrifié une part de leur légitimité et de leur identité. Après le 11-Septembre, l’Amérique a été livrée, elle aussi, à la peur. Son aspiration à la sécurité était justifiée. Mais, en s’engageant dans l’aventure irakienne, les Etats-Unis ont fait primer la force sur le droit, s’enfermant dans un conflit qu’ils ne peuvent gagner. Toute notre histoire le montre, il n’y a pas d’exception de sécurité aux principes. Le seul verrou contre la démesure, c’est le respect intégral des principes et des valeurs.

Les événements récents marquent un tournant historique. Il faut casser la logique de la peur et de la force. Israël ne peut espérer garantir durablement sa sécurité tant que justice n’est pas faite au peuple palestinien. Cela signifie, pour Israël, de tracer un chemin de justice.

Et le premier pas, c’est la fin du blocus de Gaza. L’assistance à une humanité en danger, tel est le prix à payer pour la sécurité d’Israël.

On le voit en Cisjordanie, un autre avenir est possible. La population palestinienne est capable de prendre en main son destin économique et de connaître une croissance impressionnante – 8,5% en 2009 – qui est porteuse d’espoir à défaut de régler tous les problèmes.

Ce chemin passe par la création d’un Etat palestinien, car seule la reconnaissance d’un Etat palestinien souverain peut être le point de départ d’un nouvel élan pour la région.

Dans ce processus, tout le monde le sait bien, il faudra impliquer le Hamas dans la dynamique de paix. Comme pour tout mouvement radical, chaque défaite devant la force est une victoire dans les esprits, par un effet de levier imparable. L’enjeu, c’est bien aujourd’hui d’avancer vers une unité palestinienne qui offre un interlocuteur crédible pour la paix. Il faut pour cela que la communauté internationale assume toute sa responsabilité. Je crois pour ma part que l’Organisation des Nations unies (ONU) garde un rôle central à jouer pour faciliter le processus de paix, même si la mobilisation américaine est indispensable pour débloquer la situation.

C’est un enjeu pour la stabilité du Moyen-Orient. Car ceux qui veulent œuvrer à la stabilité du Moyen-Orient sont affaiblis par la logique de force. La spirale sert de justification à d’autres spirales, comme celle de la prolifération nucléaire en Iran. Le monde arabe doit surmonter ses ambiguïtés sur la question palestinienne pour peser de tout son poids afin de faciliter le règlement de ce conflit.

C’est un enjeu pour le monde, s’il veut montrer qu’il est capable de faire triompher le droit et la justice et qu’il n’est pas condamné à se taire devant les chars.

Saisissons l’occasion pour faire avancer la position d’une Europe unie, à rebours de son absence au cours des dernières années.

Compte tenu de ses liens historiques avec toute la région et de sa vocation de trait d’union au service de la paix, la France doit jouer son rôle.


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