Fièrement halal: Villepin aussi! (After Iraq, France’s latter-day Lawrence of Arabia lashes out at Israel to get Muslim votes)

Proudly halal (Muslim food ad campaign, Aug. 2010)
Proudly halal (mutilated Afghan woman, Time, Aug. 2010)
Que ne faut-il dire ou laisser dire pour se faire applaudir au Val-Fourré? Hervé Mariton (député villepiniste)
Huit civils occidentaux (six États-uniens, une Britannique et une Allemande) et deux traducteurs afghans ont été tués, vraisemblablement jeudi, au nord de l’Afghanistan. La police afghane en a fait l’annonce samedi (…) Les talibans, qui ont revendiqué l’action auprès de l’AFP, accusent les huit humanitaires d’être des missionnaires chrétiens . (…) Ils ont volé leurs affaires et leur argent, a dit le chef de la police, rapportant le témoignage de Zabihullah. Ce témoignage conduit la police locale à privilégier la piste de bandits plutôt que celle des talibans. L’Humanité
Selon un responsable de la police, une femme accusée d’adultère a été exécutée publiquement à Qades, une zone isolée située dans la province de Badghis, au nord de l’Afghanistan, toujours sous emprise talibane. Retenue en captivité pendant trois jours, Bibi Sanubar a écopé de 200 coups de fouet avant de recevoir trois balles dans la tête. (…) Un porte-parole des Talibans a toutefois nié toute responsabilité des Talibans dans cet assassinat. « Nous n’avons rien fait de tel, à Badghis ou ailleurs », a-t-il dit avant de qualifier ces accusations de propagande. Les Talibans et le gouvernement afghan, épaulé par les forces étrangères, s’accusent tour à tour des pires exactions. Des atrocités systématiquement démenties des deux côtés. Récemment, les Talibans avaient nié toute responsabilité après que le Time magazine ait publié en une la photo d’Aisha, une jeune Afghane défigurée. Celle-ci expliquait avoir eu le nez coupé comme punition pour avoir tenté de fuir son mari. Elle
un bon flic, c’est un flic mort, un flic = une balle, solidaire Villeneuve Tags (bâtiment de la police municipale de Sassenage, Isère)
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Villepin (2001)
Il y a à Gaza l’aboutissement d’un engrenage dont Israël est prisonnier, l’éternel engrenage de la force. (…) Cette logique mène à la surenchère, toujours plus d’usage de la force, toujours plus de transgression du droit, toujours plus d’acceptation de l’inacceptable. (…) Après le 11-Septembre, l’Amérique a été livrée, elle aussi, à la peur. Son aspiration à la sécurité était justifiée. Mais, en s’engageant dans l’aventure irakienne, les Etats-Unis ont fait primer la force sur le droit, s’enfermant dans un conflit qu’ils ne peuvent gagner. (…) On le voit en Cisjordanie, un autre avenir est possible. (…) Ce chemin passe par la création d’un Etat palestinien, car seule la reconnaissance d’un Etat palestinien souverain peut être le point de départ d’un nouvel élan pour la région. Dans ce processus, tout le monde le sait bien, il faudra impliquer le Hamas dans la dynamique de paix. Comme pour tout mouvement radical, chaque défaite devant la force est une victoire dans les esprits, par un effet de levier imparable. L’enjeu, c’est bien aujourd’hui d’avancer vers une unité palestinienne qui offre un interlocuteur crédible pour la paix. (…) C’est un enjeu pour la stabilité du Moyen-Orient. Car ceux qui veulent œuvrer à la stabilité du Moyen-Orient sont affaiblis par la logique de force. La spirale sert de justification à d’autres spirales, comme celle de la prolifération nucléaire en Iran. Villepin

Que ne faut-il dire ou laisser dire, comme le dit si bien Hervé Mariton, pour se faire applaudir au Val-Fourré?

Alors qu’en « terre d’islam » nos amis talibans revendiquent à nouveau le détroussement et l’assassinat très probablement crapuleux d’humanitaires occidentaux et tentent de se défendre contre une vile et basse « propagande des médias occidentaux » qui, après le découpage du nez et des oreilles d’une jeune femme, voudrait leur faire endosser l’exécution  publique de trois balles dans la tête d’une femme enceinte …

Et qu’en « terre de la guerre » et notamment dans nos banlieues dument halalisées et avec le soutien des bonnes âmes habituelles, nos chères têtes blondes défendent au lance-roquettes et à l’uzi leurs trafics en mettant à prix, entre le saccage et l’autodafé des commerces et voitures de leurs voisins et tags avec leurs noms et plaques d’immatriculation à l’appui, la tête des policiers que l’Administration s’empresse d’exfiltrer…

Pendant qu’en ce début de ramadan où, faisant fi des directives européennes imposant l’étourdissement censément plus humain des animaux, une campagne d’affichage nationale (150 villes, 6.000 affiches grand format) rappelle opportunément et fièrement à tous les Français à quel point ils mangent sans le savoir de la viande sacrifiée à Allah …

Retour, avec un article du Point de cette semaine (« Comment Villepin enflamme les cités », payant), sur l’hallalisation de l’ancien premier ministre et candidat déclaré pour les prochaines présidentielles de dans deux ans …

Qui, après le triomphal lancement de sa République solidaire le 19 juin dernier et avant –  moins de deux mois après – de reprendre sa carte de l’UMP (mais aussi 5 ans après avoir décrété le couvre-feu des banlieues de novembre 2005), avait on s’en souvient mené une non moins triomphale tournée dans lesdites banlieues halales …

Entre ô combien courageuses dénonciations enflammées  et silences entendus mais éloquents contre Israël

Petit florilège:

Nous sommes face à une prison à ciel ouvert (…) nous ne sommes pas dans une politique de défense (…) nous sommes dans une politique de force… « Sur la corde à linge, il y a les mouchoirs du sang trop versé » (…) ce sang-là, il continue de goutter dans les cœurs de tous les Palestiniens. Ecoutons Mahmoud Darwich! Villepin (Mots croisés, France 2 31.05.10)

Ce gouvernement qui instrumentalise la peur de l’islam. Je me suis déjà élevé contre cet engrenage de la peur qui a conduit à la guerre en Irak. C’est la même logique de la peur qui règne aujourd’hui au proche-Orient. Villepin (salle du 13e arrondissement de Paris)

Hier, mes amis et moi étions heureux de vous entendre. Vous avez si bien cité Darwich ! (…) jamais un gouvernement n’a été aussi pro-israélien que celui de Nicolas Sarkozy. (…) Quand un homme portera les valeurs qui nous paraissent manquer aujourd’hui, les musulmans sortiront de leur tanière. Pas seulement ceux qui sont ici, mais partout, tout autour, les organisations … Ali Berka (recteur de la grande mosquée de Mantes-la-jolie)

C’est Israël qui agresse, qui assassine des populations civiles. Lahbib Eddaoidi (interview d’un Villepin qui reste silencieux, radio LFM)

Israël bafoue les droits de la population palestinienne et le droit international. C’est inqualifiable, totalement injustifiable. Villepin (réponse à Lahbib Eddaoidi, radio LFM)

Pour moi, c’est le meilleur, le plus proche de chez nous. Abdellah Boudiouf (vice-président de l’association Alif, Elancourt, Yvelines)

Sarkozy aime les juifs, on a besoin de quelqu’un qui aime les musulmans, heureusement que Villepin est là! Ahmed

A l’ONU, vous avez dit niet! Et maintenant à Israël  Enfin un politicien qui condamne clairement l’Etat sioniste! Bravo! Malika

De Villepin est un Monsieur avec un grand M. Il représente bien le Français qui œuvre pour la paix, pas comme Sarko, qui a choisi son camp: Israël et l’argent! Nordine (20 ans)

Il va avoir beaucoup d’électeurs en banlieue, c’est acquis. Il a une vraie popularité auprès de ces jeunes qui ont oublié qu’en 2005 il a décrété un couvre-feu chez eux. Mohamed Chanaï (président d’association du 95)

Je ne peux que regretter la tonalité des propos tenus par Dominique de Villepin sur Gaza. J’aurais souhaité de sa part un peu plus de retenue et je le lui ai dit. (…) Quand on défend la cohésion nationale, on doit faire attention à ce genre de choses. Frank Melloul (ancien-conseiller en communication de Villepin, RCJ, 23.06.10)

Villepin joue la politique du pire sur le conflit du Moyen-Orient. Francis Spizner (avocat chiraquien)

Villepin appartient à cette tradition française où le romantisme du discours s’accompagne d’une très classique fascination pour l’orient et ses grandes étendues désertiques, mais aussi d’une bonne dose de cynisme: il y a plus à gagner avec les musulmans qu’avec les juifs. Richard Prasquier (président du CRIF)

Chez lui, la sincérité gaullienne rejoint l’opportunisme électoral. Je crois cette posture très calculée. Au moment où a éclaté l’affaire de la flottille, il s’en est allé partout expliquant qu’Israël était en proie à l’ivresse de la force et menait une politique criminelle. Il adapte à droite la stratégie recommandée à gauche voilà quelques années par Pascal Boniface : gagner les voix des musulmans de France. Au lieu de combattre la fantasmagorie de ces jeunes qui croient transposer l’intifada à la France, il flatte les réflexes les plus sauvages de la banlieue pour se faire aimer. C’est très grave. Et indigne. Faire ce choix politique dans une période d’extrême banalisation de l’antisémitisme, je trouve ça effrayant. Alain Finkielkraut

Voir aussi:

Le chemin de justice

Dominique de Villepin

Le Monde

5 juin 2010

L’arraisonnement brutal du Mavi-Marmara, chargé de civils, dans les eaux internationales, semble nous prouver une fois de plus l’impuissance du droit et de la raison.

Derrière ce drame, se pose à nous la question occultée du sort de Gaza. Rien ne saurait justifier qu’on prenne en otage une population d’un million et demi d’hommes, de femmes, d’enfants dans une ville asphyxiée.

Censé discréditer le Hamas, le blocus n’a fait que renforcer l’image de martyr dont se pare le mouvement. La marginalisation des radicaux ne peut qu’accompagner la paix, pas la préparer.

C’est d’autant plus incompréhensible venant d’une société démocratique, ouverte, prospère, comme l’est Israël. Ce paradoxe nous interroge: comment a-t-on pu en arriver là? Il y a à Gaza l’aboutissement d’un engrenage dont Israël est prisonnier, l’éternel engrenage de la force. Le souci de la sécurité d’Israël est légitime, et la France l’a toujours rappelé et s’en est toujours portée garante. Mais depuis dix ans, confronté à la terrible épreuve des tirs de roquettes et des attentats-suicides, déçu dans ses espoirs nés à Oslo, Israël s’est lancé dans une fuite en avant sécuritaire: érection du mur de sécurité, guerre au Liban de l’été 2006 et opération militaire dans la bande de Gaza l’an passé.

Cette logique mène à la surenchère, toujours plus d’usage de la force, toujours plus de transgression du droit, toujours plus d’acceptation de l’inacceptable. Mais surtout elle est inefficace et autodestructrice, car la force croit être un raccourci, alors qu’elle n’est qu’une impasse, et même un dévoiement.

La première impasse, c’est l’isolement, car la force se coupe de tout ce qui n’épouse pas ses vues. Le résultat des deux dernières années d’opérations à Gaza, c’est un isolement diplomatique croissant d’Israël. La relation privilégiée avec les Etats-Unis s’affaiblit. Le partenariat stratégique qui rapprochait Israël de la Turquie, essentiel au dialogue régional, se dégrade de jour en jour.

Deuxième impasse, le doute, car la force entraîne la radicalisation progressive, le repli sur des positions extrêmes et l’éclatement politique. L’union sacrée face au danger extérieur se transforme en une fracture intérieure. En Israël, l’échiquier politique se divise au détriment d’un gouvernement stable et capable de prendre des initiatives fortes en faveur de la paix et où les Arabes israéliens, un cinquième de la population, se sentent relégués. Mais aussi dans les communautés juives du monde entier, qui connaissent le doute. Le sionisme a été, un siècle durant, une pensée d’émancipation, de progrès et d’ouverture sur l’universel à partir de l’expérience historique singulière du judaïsme, bravant les violences, les préjugés et les haines. Aujourd’hui, il lui faut retrouver cette part d’universalité.

Troisième impasse, l’impossibilité de la paix, car la force nourrit la force en retour et les grands laissés-pour-compte des dernières années, ce sont bien les modérés, Israéliens comme Palestiniens, qui veulent croire qu’une paix juste est possible, qui savent que la coexistence de deux Etats est la seule solution et qu’elle est urgente. Mais à chaque excès de Tsahal, les hommes du Fatah sont fragilisés, à chaque tir de roquette du Hamas, le camp de la paix israélien se rétrécit. Le même gâchis se renouvelle sans cesse. Les négociations indirectes récemment reprises sont étouffées dans l’œuf.

Rappelons-nous que d’autres nations se sont lancées dans de telles surenchères – y compris la France, de la spirale des guerres napoléoniennes, qui prirent le relais de la patrie en danger, à l’engrenage du traité de Versailles qui mena à l’occupation de la Ruhr. Toutes y ont sacrifié une part de leur légitimité et de leur identité. Après le 11-Septembre, l’Amérique a été livrée, elle aussi, à la peur. Son aspiration à la sécurité était justifiée. Mais, en s’engageant dans l’aventure irakienne, les Etats-Unis ont fait primer la force sur le droit, s’enfermant dans un conflit qu’ils ne peuvent gagner. Toute notre histoire le montre, il n’y a pas d’exception de sécurité aux principes. Le seul verrou contre la démesure, c’est le respect intégral des principes et des valeurs.

Les événements récents marquent un tournant historique. Il faut casser la logique de la peur et de la force. Israël ne peut espérer garantir durablement sa sécurité tant que justice n’est pas faite au peuple palestinien. Cela signifie, pour Israël, de tracer un chemin de justice.

Et le premier pas, c’est la fin du blocus de Gaza. L’assistance à une humanité en danger, tel est le prix à payer pour la sécurité d’Israël.

On le voit en Cisjordanie, un autre avenir est possible. La population palestinienne est capable de prendre en main son destin économique et de connaître une croissance impressionnante – 8,5% en 2009 – qui est porteuse d’espoir à défaut de régler tous les problèmes.

Ce chemin passe par la création d’un Etat palestinien, car seule la reconnaissance d’un Etat palestinien souverain peut être le point de départ d’un nouvel élan pour la région.

Dans ce processus, tout le monde le sait bien, il faudra impliquer le Hamas dans la dynamique de paix. Comme pour tout mouvement radical, chaque défaite devant la force est une victoire dans les esprits, par un effet de levier imparable. L’enjeu, c’est bien aujourd’hui d’avancer vers une unité palestinienne qui offre un interlocuteur crédible pour la paix. Il faut pour cela que la communauté internationale assume toute sa responsabilité. Je crois pour ma part que l’Organisation des Nations unies (ONU) garde un rôle central à jouer pour faciliter le processus de paix, même si la mobilisation américaine est indispensable pour débloquer la situation.

C’est un enjeu pour la stabilité du Moyen-Orient. Car ceux qui veulent œuvrer à la stabilité du Moyen-Orient sont affaiblis par la logique de force. La spirale sert de justification à d’autres spirales, comme celle de la prolifération nucléaire en Iran. Le monde arabe doit surmonter ses ambiguïtés sur la question palestinienne pour peser de tout son poids afin de faciliter le règlement de ce conflit.

C’est un enjeu pour le monde, s’il veut montrer qu’il est capable de faire triompher le droit et la justice et qu’il n’est pas condamné à se taire devant les chars.

Saisissons l’occasion pour faire avancer la position d’une Europe unie, à rebours de son absence au cours des dernières années.

Compte tenu de ses liens historiques avec toute la région et de sa vocation de trait d’union au service de la paix, la France doit jouer son rôle.

Un commentaire pour Fièrement halal: Villepin aussi! (After Iraq, France’s latter-day Lawrence of Arabia lashes out at Israel to get Muslim votes)

  1. […] Il y a à Gaza l’aboutissement d’un engrenage dont Israël est prisonnier, l’éternel engrenage de la force. (…) Cette logique mène à la surenchère, toujours plus d’usage de la force, toujours plus de transgression du droit, toujours plus d’acceptation de l’inacceptable. (…) Après le 11-Septembre, l’Amérique a été livrée, elle aussi, à la peur. Son aspiration à la sécurité était justifiée. Mais, en s’engageant dans l’aventure irakienne, les Etats-Unis ont fait primer la force sur le droit, s’enfermant dans un conflit qu’ils ne peuvent gagner. (…) On le voit en Cisjordanie, un autre avenir est possible. (…) Ce chemin passe par la création d’un Etat palestinien, car seule la reconnaissance d’un Etat palestinien souverain peut être le point de départ d’un nouvel élan pour la région. Dans ce processus, tout le monde le sait bien, il faudra impliquer le Hamas dans la dynamique de paix. Comme pour tout mouvement radical, chaque défaite devant la force est une victoire dans les esprits, par un effet de levier imparable. L’enjeu, c’est bien aujourd’hui d’avancer vers une unité palestinienne qui offre un interlocuteur crédible pour la paix. (…) C’est un enjeu pour la stabilité du Moyen-Orient. Car ceux qui veulent œuvrer à la stabilité du Moyen-Orient sont affaiblis par la logique de force. La spirale sert de justification à d’autres spirales, comme celle de la prolifération nucléaire en Iran. Villepin (2010) […]

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