Accrochage frontalier libano-israélien: A qui profite le crime? (From humanitarian to… military terrorism!)

No matter who dies, we're happy (Hezbollah, Dry bones)
Le Hezbollah transfère des armes, dont des missiles, dans ses bases au Liban, depuis des dépôts en Syrie selon des sources au sein des services de sécurité. Le Times a pu voir des images satellite de l’un de ces sites près de la ville d’Adra au nord de Damas où les militants y ont leurs logements, un dépôt d’armes et une flottille de camions qui seraient utilisés pour amener les armes au Liban. L’équipement militaire est soit d’origine syrienne, soit envoyé d’Iran par la mer, passant par des ports sur la Méditerranée ou l’aéroport de Damas. Les armes sont entreposées dans un dépôt du Hezbollah et acheminées au Liban dans des camions. Selon l’une de ces sources, le Hezbollah opère en toute liberté. Ils déplacent souvent les armes par mauvais temps quand les satellites israéliens ne peuvent les repérer. (…) Le réarmement du hezbollah a été interdit par la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU 1701 qui a mis fin à la guerre de 2006. Depuis lors, le Hezbollah a néanmoins réussi à refaire ses stocks et aurait amassé plus de 40.000 roquettes et missiles, allant de Katyushas à faible portée à des missiles à moyenne portée M600 et des missiles balistiques Scud de l’ère soviétique capables d’atteindre la plupart des grands centres de population d’Israël. Le Times (28.05.10)
Cette vallée, située non loin de Bint Jbeil, la «capitale» du Sud-Liban, et à quelques kilomètres de la frontière israélienne, «abrite des caches d’armes du Hezbollah», explique un bon connaisseur du dossier. Comme toute la zone, stratégique pour le Parti de Dieu, elle est l’objet d’une discrète mais constante surveillance de la part d’une population acquise au Hezbollah. Avec une obsession commune à tous : «l’ennemi israélien». Tout intrus est donc suspect. Les Casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies (Finul) n’échappent pas à cette suspicion permanente. (…) Ces derniers mois, les Casques bleus ont été la cible répétée d’agressions et de vols de matériel. Jets de pierre, confiscation d’appareils photos et de GPS, arrestations temporaires de militaires en patrouille par des villageois, les incidents sérieux ont débuté en mars et se sont multipliés. (…) L’incident frontalier d’hier vient s’ajouter à une longue liste de griefs. Le 8 juillet, l’Etat hébreu avait une nouvelle fois accusé le Hezbollah de stocker des roquettes au cœur des villages du Sud et, pour étayer ses dires, produit des images qui auraient été tournées dans le hameau de Khiam. De quoi attiser la paranoïa ambiante. (…) « Et pour couronner le tout, la Finul a organisé, fin juin, un exercice grandeur nature pour protéger Israël. Elle s’est entraînée à empêcher des tirs de roquettes à partir du territoire libanais, s’insurge un officier libanais. C’est une provocation pour la population du Sud ! » (…) Ces incidents, en tout cas, sont organisés. Il est probable que le Hezbollah, qui a redéployé l’essentiel de ses activités militaires au nord de la zone frontalière et dans l’ouest du Liban depuis l’arrivée de la Finul renforcée, cherche à accroître sa capacité de mouvement dans le Sud afin de pouvoir mieux se préparer à une nouvelle guerre avec Israël. Libération (04/08/2010)
Laquelle a ouvert les hostilités ? Les versions divergent. L’état-major israélien parle d’une « embuscade délibérée ». (…) Le scénario de l’armée libanaise est rigoureusement inverse. (…)  Une journaliste libanaise, citée par Associated Press, affirme avoir vu des casques bleus prévenir les forces israéliennes que leur vis-à-vis ouvrirait le feu si elles s’aventuraient au-delà de la frontière. Un reporter du quotidien libanais Al-Akhbar, Assaf Abou Rahhal, a été tué dans le bombardement israélien et trois personnes ont été blessées, dont le maire d’Adaissé. Le Monde
C’est l’histoire d’un arbre. Un arbre qui aurait pu causer une nouvelle guerre au Proche-Orient. Il est midi, hier, à la frontière israélo-libanaise, quand des soldats israéliens effectuent des travaux d’entretien. Ils veulent arracher un arbre qui se trouve de l’autre côté de la ligne bleue, c’est-à-dire en territoire libanais. Les deux pays ne sont séparés que par un rideau de barbelés, à portée de voix et de fusil. A partir de là, les informations divergent. Difficile de savoir qui a tiré en premier. Libération (04.08.10)

Après les terroristes déguisés en casques bleus puis en humanitaires

Voici les terroristes… en uniforme!!!

Annonce d’une nouvelle flottille pour Gaza, cargo japonais victime d’un engin improvisé dans le Détroit d’Ormuz, attaque de roquettes sur Eilat et le Golfe d’Aqaba, retour de roquettes Grad sur Israël, tout à fait improbable accusation d’Israël pour l’assassinat de Rafik Hariri, simulacre d’attentat contre le président iranien …

A l’heure où l’étau des sanctions semble se resserrer sur l’Iran

Et celui de la justice sur leurs supplétifs du Hezbollah, dont le réarmement massif via la Syrie et au nez et à la barbe de casques bleus impuissants vient d’être révélé, pour l’assassinat d’Hariri …

Pendant qu’à l’image du Monde avec son « accrochage sanglant à la frontière avec Israël (rappelant le fameux « assaut sanglant contre une flottille ») et sa photo de « soldats israéliens pointant leurs armes près de la frontière avec le Liban », nos médias ne se sont pas fait prier pour rappeler les « méthodes agressives d’Israël » et la fameuse « disproportion » de la guerre de l’été 2006 (« les 1 200 morts côté libanais, des civils en grande majorité, et 158 côté israélien, pour la plupart militaires ») …

Comment s’étonner, connaissant le goût particulièrement prononcé des mollahs et de leurs affidés pour les opérations de diversion, de l’accumulation et de la conjonction d’incidents terroristes qui ont précédé ou accompagné le plus grave incident frontalier au Sud-liban depuis la guerre de l’été 2006?

Surtout que, comme en témoignent côté libanais la présence de tireurs d’élite (ayant visé délibérément les commandants israéliens) comme de journalistes et photographes sur place y compris parmi les victimes et le fait que l’opération de débroussaillage était prévue depuis 2 semaines, ladite embuscade semble avoir été très soigneusement préparée …

Autopsie d’un meurtre planifié, ou la 9ème Brigade libanaise supplétive du Hezbollah

Marc Brzustowski

pour http://lessakele.over-blog.fr et http://www.aschkel.info Lessakele

04 /08 /2010

Au déclenchement d’un conflit armé, l’effet de surprise est l’élément essentiel qui peut permettre au belligérant qui ne dispose pas de supériorité par sa puissance de feu, de marquer des points et d’enfoncer un coin dans le mental de la partie adverse.

Pour que cet élément de surprise soit total, on choisira de préparer l’évènement dans le cours des activités les plus routinières que peut mener l’adversaire. Les déclenchements, à la frontière libanaise, se déroulent toujours dans des moments ordinaires d’une absolue banalité.

En octobre 2000, 2 soldats de Tsahal sont enlevés par des miliciens du Hezbollah vêtus d’uniformes de la FINUL, qu’ils avaient troqués avec des soldats indiens de la « force de maintien de la paix ». Aucun détail extérieur ne pouvait suffire à mettre en alerte les deux combattants israéliens. Le 12 juillet 2006, c’est une patrouille de routine, lors du passage d’un fourgon blindé, que prend pour cible le Hezbollah. Il tue 8 de ses occupants et enlève Ehud Goldwasser et Eldad Reguev, dans un état grave.

Hier, 3 août, date anniversaire des 1500 jours de captivité de Guilad Shalit, otage du Hamas à Gaza, rien ne devait laisser présager de ce qui allait se passer. La FINUL avait passé à l’Armée libanaise, il y a deux semaines, l’information selon laquelle un petit travail de débroussaillage aurait lieu le long de la frontière, côté israélien. Tout portait à croire que l’armée libanaise était intéressée au maintien du cessez-le-feu et que le vrai danger ne pouvait provenir que d’un élément jihadiste incontrôlé, non d’un sniper en uniforme, risquant d’entraîner son pays dans une hécatombe. Pourtant, l’impensable, auquel il faudrait toujours penser, s’est produit.

Tous les détails dont on dispose à cette heure démontrent une planification de haut niveau et une collusion totale d’intérêt entre l’Armée libanaise et les objectifs du Hezbollah, de l’Iran et de la Syrie. D’abord, le choix du moment, qu’on vient d’évoquer, celui des cibles de premier ordre et de leur position en retrait, à 300 m du lieu réel de l’action de déracinement de l’arbre : les deux officiers Dov Harari z’l et Ezra Lakia, n’avaient aucune raison valable d’être au premier rang pour arracher eux-mêmes de mauvaises herbes. Leur présence, celle de la FINUL auraient normalement dû inciter la partie libanaise à des tirs de sommation. Les plus exposés à un acte de défi ou une « balle perdue » étaient les soldats chargés de ce petit travail…

Le journaliste tué durant les échanges de tir, Assaf Abu Rahal, travaillait pour le quotidien ak-Akhbar de Beyrouth. Un second journaliste blessé, Ali Shuaib, était correspondant de la chaîne al-Manar. Ces deux médias sont connus dans le monde entier pour leur appartenance à la milice chi’ite de Nasrallah. L’armée libanaise a, délibérement, laissé pénétrer dans le périmètre sous sa garde des caméras, appareils photo, présents dans un lieu banal de la frontière pour y capturer un « évènement » fabriqué sur mesure pour les chaînes affiliées à Nasrallah. Pour entrer dans ce type de zones gardées, il faut des laisser-passer, des autorisations administratives qu’on ne tire pas d’un chapeau.

Il s’agit d’une opération marketing visant à rappeler la nécessité de souder les rangs au prétexte même de la « souveraineté », si chère au mouvement du 14 mars… mais au seul profit de la « Résistance » contre un voisin présenté comme « hostile », lorsqu’il réplique aux provocations.

Il apparaît, de toute évidence, que la thèse de l’élément rebelle et radical au sein d’une armée prête à coopérer avec la FINUL et le voisin, ne tient pas et que le sniper préparé de longue date à faire mouche obéissait à des ordres stricts, consistant à provoquer une guerre « unificatrice ».

Lorsque Tsahal a riposté, l’armée libanaise était prête à entretenir le feu nourri de part et d’autre.

De fait, l’armée libanaise a développé des capacités d’observation des moindres faits et gestes des unités de Tsahal présentes face à elle, non pour des missions de supervision et de contrôle, mais bien en vue d’actions d’agression. Elles vont jusqu’à l’exploitation de la moindre faille, du moindre moment de relâchement ou de … routine.

L’armée du Liban vient donc de déclencher, à tout le moins, une guerre des nerfs ou « drôle de guerre », sachant que la moindre sur-interprétation ou sous-évaluation d’un événement ou non-évènement quelconque est, désormais, susceptible de mettre la région à feu et à sang.

La « naïveté » israélienne, une fois de plus, a été de ne pas réviser ses critères d’alerte, en ne guettant que « les mouvements suspects » d’une guérilla dissimulée, sans envisager qu’un ordre de tir la frapperait en plein coeur de son dispositif, dans l’accomplissement de gestes quotidiens. D’oublier que Tsahal se bat contre un ennemi vicieux, sans scrupule, rétif à tout réglement marqué par des résolutions, arrangements ou accords qu’il utilise à son seul avantage, et non dans l’espoir d’une « paix des braves »…

Il est toujours facile d’en parler après-coup. Mais cela intervient dans les suites d’un récent « incident » en mer, sur le pont du Mavi Marmara. Depuis 1973, il n’existait pas, dans la région, d’armée conventionnelle qui ose se lancer délibérément dans un conflit armé avec Israël. C’est désormais chose faite. Et ce n’est possible que parce que le niveau d’armement des milices supplétives comme le Hezbollah et le Hamas est jugé avoir atteint un seuil appréciable pour maximiser les dégâts stratégiques et médiatiques au détriment d’Israël. L’état-major israélien doit, désormais, identifier clairement les relais dans la chaîne de commandement adverse, qui participent de la mise en route d’actes de guerre.

Les mobiles du crime laissent peu de place à l’interrogation :

4 hauts dignitaires arabes, dont Bachar al-Assad de Syrie et le Roi Abdallah d’Arabie Saoudite, se sont réunis vendredi à Beyrouth, afin de faire le point sur la situation, à la veille du Tribunal international sur le Liban. Il devrait impliquer plusieurs hauts-dirigeants du Hezbollah dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de Rafic Hariri en 2005. Derrière l’écran de fumée des discours bellicistes du despote syrien, certains ont voulu lire un infléchissement en cours : plus il criait haut et fort que jamais il ne lâcherait le Hezbollah face à ses accusateurs, plus on pouvait se demander : « pourquoi a t-il tant besoin d’en parler, puisque personne n’en doute? ». Qu’il ait eu ou pas la moindre intention de « prendre ses distances », le maintien d’une tension maximale à la frontière israélo-libanaise rectifie tous les discours et ramène le conflit « israélo-arabe » à l’avant-scène, dans la permanence et la durée. C’est autant de terrain perdu pour la « Ligue Arabe » incitant Mahmoud Abbas à envisager des pourparlers directs avec Benyamin Netanyahou. Le « front du refus » rappelle alors que si un seul membre s’y oppose, le « mariage », tant attendu à Washington, avant les élections de novembre, n’aura pas lieu. Mais bien plutôt, la guerre.

Comment Bachar pourrait-il se désolidariser, ni même du Hezbollah, ni même et surtout, du Liban, depuis longtemps considéré comme simple province de Damas? Il s’agit bien d’un glissement « stratégique », où Nasrallah a tout à gagner dans l’assimilation indistincte de ses intérêts propres et de ceux de Beyrouth en totalité. Le tir du sniper vient de balayer et d’annuler toutes les attentes des émirs venus du Golfe, la semaine précédente.

« L’effet domino » n’a jamais si bien joué, qui place la Syrie au centre de l’échiquier et la ramène objectivement au bercail. Ainsi le Hezbollah et l’Iran s’assurent-ils de la bonne coopération de leur relais et plaque tournante indispensable.

Nasrallah avait, quant à lui, tout intérêt à jouer profil bas, alors que la « résolution 1701 » de l’ONU qui pénalise son mouvement, est, tranquillement, en train de voler en éclats, sous les coups de butoir, non plus d’un « état dans l’état », mais bien de l’armée elle-même. Cette résolution avait pour vocation de « protéger une souveraineté » affaiblie par les puissances régionales et les groupes terroristes. Si le Liban soi-même viole les résolutions censées le protéger, hormis qu’il s’agit d’un état délibérément criminel et justiciable pour cela, c’est, vu sous cet angle de tir, « signe de bonne santé » et de bonne préparation à en assumer toutes les conséquences, à savoir son retour à l’âge de pierre, à partir de la toute prochaine provocation.

A qui « profite le crime »? Sûrement pas, en première lecture, à Saad Hariri, qui ne sait, décidément pas, s’il parviendra jusqu’au moment où un Tribunal statuera sur les culpabilités et complicités dans le meurtre de son père. Mais, l’armée étant sous ses ordres (suivis ou non) et ceux du Président Michel Sleimane, on est aussi en droit de se demander si l’assassin émarge d’un clan plutôt que d’un autre :

Saad Hariri lui-même aurait ordonné la semaine passée, à 1500 hommes d’aller renforcer la présence militaire libanaise dans le sud… « pour éviter toute provocation du Hezbollah, et « protéger la FINUL, suite à diverses agressions…

L’armée -ou/et certaines factions en son sein- fusionne de façon explicite avec la milice chi’ite. Près de 50 % de ses officiers sont issus de cette mouvance ou prêts à coopérer dans le sens de ses intérêts. Tant que la résolution 1701 subsistera, bon an mal an, le Hezbollah ne pourra reprendre pied massivement au Sud-Liban, qu’au travers de tactiques savantes pour confondre toute surveillance. Le meilleur camouflage est donc, évidemment, l’uniforme. Et la meilleure défense, l’attaque.

A ce degré de fusion, avec l’armée comme avec le pouvoir, il est, peut-être temps, pour le Hezbollah, de se fondre totalement dans l’appareil politique et de moins attirer l’attention comme groupe séditieux pouvant agir « contre les intérêts du Liban » : c’est aussi simple de le piloter de l’intérieur. Surtout, depuis l’élimination d’Imad Moughniyeh en février 2008, l’appareil terroriste montre ses limites et n’être vraiment à son affaire que dans les zones chaotiques de l’Irak ou de l’Afghanistan, voire, récemment du Sinaï.

L’hypothèse moins probable serait que des « souverainistes » quelconques aient décidé qu’ils pouvaient très bien se dispenser des coups d’éclats du Hezbollah et agir au nom du Liban pour mettre eux-mêmes le pays au bord du précipice les yeux bandés… Ou la gouvernance par l’appel au suicide de masse, par absence d’horizon politique, dans l’affrontement entre factions?

Plutôt la guerre avec Israël que la guerre civile?

Depuis le Détroit d’Ormuz et ce cargo japonais dont tout porte à croire qu’il a été la cible d’un engin improvisé, en passant par Eilat et le Golfe d’Aqaba, récemment le retour de Grads sur Ashkelon, jusqu’au sud-Liban, cette « suite d’incidents » laisse entendre que l’Iran fera tout pour mettre le feu aux poudres. Il dispose d’assez de pions et d’éléments dévoués dans la région pour mener la vie dure à des Occidentaux qui ne croient qu’aux sanctions et à la diplomatie pour prolonger les trêves, jusqu’au prochain round…

voir aussi:

Nouvelle donne au Nord d’Israël

Israel 7

04/08/2010

Selon la version officielle, un officier libanais aurait de son propre chef pris l’initiative de tendre une embuscade de tireurs de précision aux militaires de Tsahal. L’Armée israélienne voulait élaguer la végétation sur la ligne bleue et avait prévenu la FINUL afin de coordonner cela avec l’Armée libanaise.

L’Armée libanaise avait réagi en appelant à la compréhension de Tsahal pour repousser de deux heures cette activité. Ce à quoi, Tsahal avait donné son accord étant donné le semblant d’atmosphère de coopération. Ces deux heures ont été exploitées par les militaires libanais aux préparatifs à l’embuscade. Ils ont même pris soin d’alerter les journalistes de Beyrouth d’arriver à temps pour immortaliser sur pellicule la tuerie qui allait s’en suivre.

Les questions qui se posent sont les suivantes:

– Est-ce qu’un officier libanais aurait pu faire tout seul les préparatifs pour une action demandant planification et prévenir les médias libanais de sa propre initiative sans en avoir auparavant l’aval tacite de ses supérieurs?

– La FINUL est préposée à préserver le calme et la paix dans la région selon la résolution 1701 du Conseil de Sécurité. Ayant été témoin de ces préparatifs, comment la force de paix onusienne s’est-elle abstenue de prévenir les Israéliens et pourquoi n’est-elle point intervenue auprès du haut commandement libanais pour éviter l’escalade de la violence prévisible? Ce n’est pas sans rappeller le rôle de complaisance de la FINUL lors de la prise d’otages des militaires Goldvasser et Regev et le meurtre de leurs camarades en juillet 2006, ce qui avait déclenché la Seconde guerre du Liban.

Comment pour la nième fois, Tsahal a-t-il été surpris alors que le déploiement offensif sur le terrain et la venue de journalistes libanais ne conféraient pas à cette embuscade libanaise un caractère d’opération ultra secrète et de discrétion extrême?

Et surtout, comment l’armée libanaise formée et équipée par les Etats-Unis dans le dessein avoué de faire écran au Hezbollah et donc, à l’Iran et à la Syrie au Liban, se joint-elle à l’axe Damas-Téhéran contre Israël sous l’œil bienveillant de Washington?

Dans la confrontation d’Israël avec la Syrie et avec l’Iran par le truchement du Hezbollah, c’est la première fois que l’armée libanaise, non seulement se joint à l’organisation terroriste chiite, mais prend  elle-même l’initiative d’une attaque contre Tsahal sur la frontière, et surtout, est prête à en subir les conséquences.

En opérant ainsi, l’Armée libanaise  redistribue les cartes de la scène libanaise, tout d’abord en ayant réussi à prendre Tsahal par surprise. Les implications de cet incident dépassent de loin les conséquences tragiques immédiates des échanges de coups de feu. C’est une nouvelle donne stratégique dans la région.

Personne jusqu’à hier matin n’aurait pu s’imaginer que l’Armée libanaise attaquerait des militaires de Tsahal alors que ces derniers se trouvaient sur la ligne bleue, donc en territoire israélien. Ce qui a été confirmé par la FINUL. Ainsi, l’Armée libanaise a pris le pas sur le Hezbollah en reprenant ses méthodes. Par ce fait accompli, alors que sa neutralité relative semblait un acquis immuable, l’armée libanaise devient ainsi un élément anti israélien majeur de plus dans l’imbroglio libanais qui pourrait même éclipser le Hezbollah. Que les Etats-Unis aient promu cette armée libanaise est un indice de plus de l’incompréhension chronique de Washington sur les processus Moyen orientaux. La réaction classique et toute faite de la Maison Blanche à cet incident était prévisible: « l’appel au calme et à la retenue ».

Voir également:

Embuscade: Collusion avec les médias au Liban

Honest reporting

Que font les photographes et les journalistes sur les lieux de l’incident à un moment qui précède un échange de tirs mortels entre forces libanaises et israéliennes? Un échange fatal de tirs entre soldats libanais et les forces de Tsahal sur la frontière Nord, a causé la mort d’un soldat israélien et la perte de quatre autres côté libanais. L’incident a également soulevé des questions concernant l’intégrité du media qui a couvert l’information.

Les forces libanaises ont ouvert le feu sur des soldats de IDF qui effectuaient un travail d’entretien routinier sur la clôture de sécurité près de la frontière. Les soldats de l’IDF débroussaillaient des buissons pour améliorer la ligne de mire de la frontière et ainsi empêcher les terroristes du Hezbollah de se cacher dans les broussailles en vue de la préparation d’une attaque ou d’un enlèvement. Le travail de routine avait été autorisé à l’avance avec la FINUL. Il est essentiel de noter que l’ONU qui a délimité la ligne bleue  marquant la frontière officielle entre Israël et le Liban, ne suit pas toujours le tracé de la barrière de sécurité. Alors que l’armée israélienne opérait sur la clôture, ils étaient encore en territoire israélien comme on le voit sur la carte ci-dessous.

Les services de transmission se trompent

Comme c’est souvent le cas lors de tout incident impliquant Israël, les déclarations officielles israéliennes ont été ignorées en faveur des accusations libanaises qui seraient que l’armée israélienne aurait pénétré sur le territoire libanais, un thème repris par les agences de presse telles que Reuters, qui décrit la grue comme étant située du côté libanais de la frontière.

Légende de la photo : Un soldat israélien est vu sur la grue du côté libanais, sur la frontière libano-israélienne près du village de Adaisseh. Sud Liban 3 Août 2010. L’artillerie israélienne pilonne le village libanais mardi, blessant deux personnes, après que les forces armées libanaises aient ouvert le feu en avertissement sur les soldats israéliens .le long de la frontière généralement calme mais tendue selon des témoins. (Reuters/STR )

De même, l’Associated Press a également, exposé à tort l’emplacement des faits, de nombreuses heures après l’incident, avant de faire la mise à jour suivante :

Si les photographes de l’agence de presse étaient sur le site de l’incident près de la clôture de sécurité, ne savaient-ils pas réellement où ils se trouvaient  à ce moment-là ?

Malgré la correction de la légende, un certain nombre de médias utilisent toujours des légendes erronées, comme le Daily Telegraph, tandis que The Independent a même précisé que l’incident avait eu lieu « sur le côté libanais de la frontière dans le sud du village de Adaisseh.

Comment et pourquoi les photographes étaient-il là ?

Un rapport de l’AP, des lieux de l’incident, démontre qu’un journaliste libanais et un photographe, Ronith Daher étaient sur les lieux de l’incident ainsi que le montre la photographie ci-dessus. Evidemment, quelqu’un de Reuters était également là pour prendre l’image précédente. Mais pourquoi, étaient-ils là, en train de prendre des photos, avant l’incident ?

Après tout la taille de feuillages, ne fait pas les grands titres de l’actualité, un jour ordinaire, à moins que quelque chose d’extraordinaire ait été attendu. La FINUL et à travers elle, l’armée libanaise, avaient été informées de l’entretien de routine de l’armée israélienne et même la FINUL, admet maintenant que le tir libanais était injustifié.

Toujours selon l’AP, un journaliste libanais du quotidien Al-Akhbar, Assaf Abou Rahhal, a été tué par un obus israélien, qui a atterri à côté de lui dans le village frontalier de Adeisseh. Al-Akhbar, est censément associé avec le Hezbollah et a été dénoncé par le chef druze libanais, Walid Joumblatt comme étant financé par la Syrie et l’Iran. Donc, que faisait là, dans cette région, Abou Rahhal, à s’exposer au contre-feu des FDI ?

Un photographe de Reuters se trouvait également, sur les lieux de la scène, à Adeisseh, saisissant à ce moment-là les moments de représailles des IDF , qui ont conduit à la mort de Abou Rahhal et trois soldats libanais.

Encore une fois, nous nous demandons comment cela se fait-il qu’un photographe de Reuters se trouvait-il tout simplement présent sur les lieux à un moment aussi propice.

Ce n’est un secret pour personne qu’une partie de l’armée libanaise a été infiltrée par des sympathisants du Hezbollah et leurs renseignements. Ainsi, des informations partagées par Israël et la FINUL et l’armée libanaise, trouvent invariablement leurs voies vers le Hezbollah.

Est-ce une mise en scène et une embuscade pré-planifiées, comme en témoigne la présence des photographes et des journalistes, avant même l’échange de coups de feu ? Ces journalistes, étaient-il là, précisément parce qu’il y a eu un préavis de poudrière potentielle ?

Beaucoup parmi la masse des médias, y  compris la BBC, ont informé de manière soit impartiale, soit en donnant plus de poids aux revendications libanaises, concernant la nature de l’incident en dépit de l’évidence écrasante. CNN a déclaré que « Deux récits séparés ont émergé de l’incident. » En faisant des observations sur la couverture médiatique, particulièrement sur celle du New York Times, Barry Rubin a dit :

La vérité, cependant, est facile à vérifier – Israël, a-t-il annoncé l’entretien, a-t-il autorisé les photographes et les gens de l’ONU à regarder et ensuite sont-ils passés délibérément au Liban ? – Mais Israël, est décrit comme l’agresseur qui a provoqué le déclenchement du combat. Donc des millions de gens pourront croire que Israël a commis une faute ou qu’il est la cause de l’événement .

Le récit, cependant, est simple: lors d’une agression, les soldats libanais ont tiré sur les Israéliens et assassiné un soldat.

Voir enfin:

Une embuscade planifiée

Amos Harel et Avi Issacharof

Haaretz

Revue de la presse israélienne du service de Presse de l’ambassade de France en Israël

4 août 2010

Le fait que ce soient des soldats libanais, et non des hommes du Hezbollah, qui aient tué hier après-midi un commandant de bataillon de Tsahal à la frontière nord, est la principale raison pour laquelle Israël a réagi avec mesure à la provocation. On peut supposer que si l’organisation chiite avait revendiqué le meurtre du lieutenant-colonel Dov Harari, Tsahal aurait riposté en attaquant le long de tout le front sud-libanais.

Mais puisque c’est l’armée libanaise qui est responsable de cet acte, de nombreux efforts sont faits actuellement pour calmer les esprits. L’intervention d’acteurs de la communauté internationale, et notamment du gouvernement américain et des Nations-Unies, devrait permettre de rétablir le calme dans le nord, après l’incident le plus grave qu’ait connu la frontière depuis la fin de la deuxième guerre du Liban, il y a quatre ans.

L’incident a eu lieu aux environs de 12 h 10, face au kibboutz Misgav Am, alors que des soldats du génie et de l’infanterie de Tsahal opéraient à la limite de l’enclave entre la clôture frontalière et la frontière internationale (la « ligne bleue ») dessinée par l’ONU après le retrait israélien de 2000. Ces soldats étaient en train d’élaguer des arbres qui bloquaient la vue depuis la clôture. Le lieutenant-colonel Harari, qui commandait l’opération, se trouvait du côté israélien de la clôture, à une certaine distance de la grue utilisée par les soldats. Selon le commandant militaire de la région nord, le général Gadi Eizencot, seul le bras de la grue dépassait la clôture, pénétrant un demi-mètre à l’intérieur l’enclave. Des tireurs d’élite positionnés du côté libanais ont alors ouvert le feu, tuant le lieutenant-colonel Harari et blessant grièvement un commandant de compagnie, le capitaine Ezra L akia. Harari est la première personne à être tuée le long de la frontière nord depuis la fin du mois d’août 2006.

Tsahal a réagi en ouvrant le feu et les soldats libanais se sont enfuis de lieu de l’incident. Une demi-heure plus tard, des roquettes RPG ont été tirées vers un char israélien. Tsahal a alors pris pour cible les tireurs pendant que l’artillerie et des hélicoptères bombardaient un poste de commandement régional et des positions de l’armée libanaise. Selon des sources libanaises, trois personnes ont été tuées dans ces attaques, deux soldats et un journaliste.

Hier il a été décidé que le cabinet restreint de sécurité se réunirait dès ce matin pour débattre des derniers événements dans le nord ainsi que du tir de roquettes vers Eilat avant-hier.

L’armée libanaise et le Hezbollah se sont eux bien gardés de tirer des roquettes ou des obus de mortier vers Israël. Au Liban on a accusé Israël de provocation, mais le commandement de Tsahal a insisté hier sur le fait que l’armée israélienne n’avait pas violé, ne serait-ce que d’un millimètre, la souveraineté libanaise. Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui prononçait hier soir un discours à l’occasion du quatrième anniversaire de la deuxième guerre du Liban, a déclaré que son organisation était prête à se joindre aux opérations contre Israël mais ne l’a pas fait, n’ayant pas obtenu l’autorisation de l’armée libanaise.

Le long de la clôture frontalière on trouve plusieurs dizaines d’enclaves semblables, dont la largeur varie de quelques dizaines de mètres à plus d’un kilomètre. Tirant les leçons de la dernière guerre (l’enlèvement des réservistes israéliens, qui avait déclenché la guerre, avait été commis grâce aux cellules implantées par le Hezbollah dans une de ces enclaves), Tsahal s’efforce depuis 2006 d’y manifester sa présence.

Toute opération à l’intérieur ou en marge d’une enclave est annoncée préalablement à la FINUL, qui en fait part à l’armée libanaise. C’était aussi le cas hier. Mais depuis plusieurs mois, les Libanais ont adopté une ligne agressive à l’égard de forces israéliennes postées le long de la frontière, surtout autour des enclaves. A plusieurs reprises on a vu des soldats libanais pointer leurs fusils ou leurs lance-roquettes en direction des soldats israéliens. Dans le même temps, la coopération entre l’armée libanaise et la FINUL s’est nettement réduite. Selon des responsables israéliens, le Hezbollah échauffe les esprits au plus haut niveau de l’armée libanaise dont les commandants ont fait à plusieurs reprises l’éloge de la « résistance » contre Israël.

Hier, pour la première fois depuis trois ans, cela s’est terminé par un affrontement direct avec l’armée libanaise. Au sein du commandement militaire de la région nord on attribue aussi la multiplication des incidents à des changements de personnes et notamment par la nomination à la tête du 9ème régiment de l’armée libanaise, qui était impliqué dans l’incident d’hier, d’un officier chiite proche du Hezbollah.

Tsahal estime que l’incident est le résultat d’une initiative locale d’officiers de l’armée libanaise, des commandants de compagnies, de bataillons ou de régiments, sans qu’il y ait eu une intervention directe du Hezbollah. Les forces libanaises s’étaient déployées sur les lieux de l’incident pour, semble-t-il, « bomber le torse » face à Tsahal. Il est possible que le commandant du régiment ait donné directement l’ordre de tirer, mais il est également possible qu’un officier subalterne sur le terrain ait compris que c’était ce que souhaitait son supérieur. Quoi qu’il en soit, cela ressemble plus à une embuscade tendue aux soldats israéliens qu’à un incident spontané, ce qui pose la question : Comment se fait-il que Tsahal n’ait pas su qu’une telle embuscade était prévue, alors que des médias libanais avaient été prévenus et se trouvaient sur place ?

Le fait que l’armée libanaise soit responsable de l’incident pourrait contribuer à calmer les esprits, car le gouvernement libanais n’a pas intérêt à déclencher un conflit militaire avec Israël. Israël semble souhaiter lui aussi un retour au calme. Une guerre en pleine période de grandes vacances, alors que le nord du pays est submergé de touristes, est le cauchemar des habitants de Galilée. La manière mesurée dont Tsahal a réagi, sur l’ordre de l’échelon politique, soulève cependant une controverse au sein de l’armée où des officiers supérieurs estiment qu’il aurait fallu riposter avec plus de force.

Aujourd’hui se réunira à Naqoura, du côté libanais de la frontière, la commission commune à la FINUL, Tsahal et l’armée libanaise, pour débattre des plaintes réciproques des deux camps suite à l’incident.

Le principal problème est que dans cette crise intervient un acteur supplémentaire, le Hezbollah, qui se trouve ces dernières semaines dans une situation inconfortable, certains de ses hauts responsables devant prochainement être inculpés pour leur implication dans l’assassinat de Rafiq Hariri. Il est probable que le Hezbollah se contente des affrontements d’hier, qui ne lui ont causé aucun dommage, seule l’armée libanaise en ayant payé le prix. On ne peut s’empêcher de penser que Nasrallah a de bonnes raisons d’être satisfait.

Jusqu’à cette semaine, et malgré la flottille vers Gaza, Israël connaissait l’été le plus calme depuis des années. A ce stade, on ne peut établir de lien entre les tirs de roquettes vers Eilat et Aqaba avant-hier et l’incident à la frontière nord. Mais l’accumulation de tels incidents (qui s’ajoutent aux tirs des roquettes vers Ashkelon et Sdérot le week-end dernier) augmente la tension dans la région. Comme si cela ne suffisait pas, au Liban on s’attend en fin de semaine à l’annonce du départ de la flottille à destination de Gaza. Il faudra semble-t-il un effort de toutes les parties impliquées, et notamment du gouvernement américain, pour empêcher une

Voir enfin:

Liban: accrochage sanglant à la frontière avec Israël

Le Monde

04.08.10

A quelques jours de l’anniversaire de la fin de la guerre israélo-libanaise de l’été 2006, la frontière entre ces deux pays a été, mardi 3 août, le théâtre d’un sanglant accès de violence. L’accrochage, qui a coûté la vie à deux soldats et un journaliste libanais ainsi qu’à un officier israélien, paraissait, mercredi matin, ne pas devoir dégénérer, d’autant qu’à la différence du conflit d’il y a quatre ans le mouvement chiite libanais Hezbollah est resté en retrait.

Mais le spectre de cette guerre qui dévasta le sud du Liban, l’extrême volatilité qui prévaut depuis à la frontière et les menaces des responsables des deux camps entretiennent la crainte d’une escalade. Conscientes de ce risque, les capitales occidentales ont enjoint les deux camps à « un maximum de retenue », Paris exhortant le Liban et Israël au « sens des responsabilités et au plein respect de la ligne bleue », la frontière internationale entre les deux pays.

L’incident s’est déroulé au bout du doigt de la Galilée, au nord de la ville israélienne de Kyriat Shmona et en face du village libanais d’Adaissé. Les tirs ont éclaté alors que des soldats israéliens s’efforçaient de tailler un arbre planté le long de la frontière, afin d’améliorer leur visibilité dans une zone sensible où les deux armées patrouillent à portée de voix.

Laquelle a ouvert les hostilités ? Les versions divergent. L’état-major israélien parle d’une « embuscade délibérée ». Il affirme que le mouvement de ses troupes avait été coordonné avec les casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) et que l’arbre en question était situé certes au-delà de la clôture électronique dressée par Israël, ce dont des photos attestent, mais en deçà de la ligne bleue qui diverge parfois du tracé de la clôture et donc, sur le territoire de l’Etat juif. Pendant qu’un membre du génie israélien, dans une nacelle mobile, procédait au débroussaillage, des tireurs embusqués de l’armée libanaise auraient tiré sans sommation sur un poste de commandement israélien, quelques centaines de mètres en retrait de la clôture. Blessant grièvement deux officiers, dont un lieutenant-colonel, décédé quelques heures plus tard.

Le scénario de l’armée libanaise est rigoureusement inverse. Selon elle, l’arbre de la discorde était situé en territoire libanais où des militaires israéliens auraient pénétré, en dépit de mises en garde de la Finul. C’est à ce moment-là que les soldats libanais auraient lâché quelques coups de semonce, avec des armes légères, déclenchant en retour des tirs d’artillerie sur le hameau d’Adaissé. Une journaliste libanaise, citée par Associated Press, affirme avoir vu des casques bleus prévenir les forces israéliennes que leur vis-à-vis ouvrirait le feu si elles s’aventuraient au-delà de la frontière. Un reporter du quotidien libanais Al-Akhbar, Assaf Abou Rahhal, a été tué dans le bombardement israélien et trois personnes ont été blessées, dont le maire d’Adaissé. Un peu plus tard, un hélicoptère a tiré deux missiles sur un poste de l’armée libanaise, faisant deux morts parmi les soldats.

QUATRE ANS APRÈS LA GUERRE

Les chancelleries occidentales sont vite entrées en action pour empêcher la répétition de l’engrenage qui mena à la guerre de juillet-août 2006, qui fit 1 200 morts côté libanais, des civils en grande majorité, et 158 côté israélien, pour la plupart militaires. De son côté, le premier ministre libanais, Saad Hariri, s’est entretenu avec plusieurs dirigeants, notamment le président français Nicolas Sarkozy, dont il a demandé l’aide pour mettre fin aux « méthodes agressives d’Israël ». Beyrouth dénonce les survols réguliers de son territoire par la chasse israélienne, en violation de la résolution 1701 de l’ONU qui mit fin au conflit. Israël réplique sur le même mode, en brandissant des rapports qui atteste d’un réarmement massif du Hezbollah depuis 2006. Ces derniers mois, deux développements ont accru encore la tension : la mise au jour, par les services secrets libanais, d’un vaste réseau d’espionnage en faveur d’Israël et la possibilité, avancée par l’Etat juif, que la Syrie ait fourni au Hezbollah des missiles Scud à moyenne portée.

Le président syrien Bachar Al-Assad, qui réfute cette accusation, avait déclaré le 1er juillet que le refus d’Israël de se retirer du plateau du Golan, occupé depuis 1967, augmentait la possibilité d’une guerre au Proche-Orient.

En l’absence de surenchères armées, le prochain round de la guerre froide israélo-libanaise pourrait se jouer devant le Conseil de sécurité de l’ONU, où les deux parties ont exprimé l’intention de déposer plainte. Dans un rapport préliminaire présenté mardi devant cette instance, le chef des opérations de maintien de la paix des Nations unies, le Français Alain Le Roy, dont dépend la Finul, s’est abstenu d’incriminer l’un des deux camps. Sur place, mercredi, des soldats de Tsahal ont déraciné le feuillu par qui la frontière israélo-libanaise aurait pu s’embraser.

Voir par ailleurs:

Syria accused of arming Hezbollah from secret bases

Richard Beeston

The Times

May 28, 2010

Hezbollah is running weapons, including surface-to-surface missiles, from secret arms depots in Syria to its bases in Lebanon, according to security sources.

The Times has been shown satellite images of one of the sites, a compound near the town of Adra, northeast of Damascus, where militants have their own living quarters, an arms storage site and a fleet of lorries reportedly used to ferry weapons into Lebanon.

The military hardware is either of Syrian origin or sent from Iran by sea, via Mediterranean ports, or by air, via Damascus airport. The arms are stored at the Hezbollah depot and then trucked into Lebanon.

“Hezbollah is allowed to operate this site freely,” said a security source. “They often move the arms in bad weather when Israeli satellites are unable to track them.”

Most of the weapons are sent from depots like the one near Adra and then stored at Hezbollah bases in the Bekaa Valley or southern Lebanon.

The revelation adds to growing fears in the West that the regime of Bashar Assad, the President of Syria, is becoming increasingly close to Hezbollah and its main supporter, Iran. Syria has long backed the Lebanese militant group, but until now most of those contacts have taken place on Lebanese soil.There are fears that if Israel and Hezbollah clash again — as happened in August 2006 — Syria could become directly embroiled in the conflict.

Israel reportedly planned recently to bomb one of the arms convoys as it crossed the border into Lebanon, but the operation was called off at the last minute. Western intelligence sources say that the Israelis have yielded — for now — to American diplomatic efforts to persuade Syria to stop the arms transfers. However, the apparent lack of success is increasing the chances that Israel may send a “calibrated signal” to Hezbollah and Syria by launching an airstrike against an arms depot or weapons convoy.

Jihad Makdissi, the spokesman for the Syrian Embassy in London, insisted that all military sites in Syria were exclusive to the Syrian military.

“Syria and Israel remain in a state of war as long as Israel refuses to implement UNSC [United Nations Security Council] resolutions to end the occupation of Arab lands; therefore if these military depots really exist it would be for the exclusive use of the Syrian Army to defend Syrian soil, and it is definitely nobody’s business,” he said.

Arming Hezbollah was banned under the provisions of UN Security Council Resolution 1701, which brought an end to the 2006 war. Since then, however, Hezbollah has managed to replenish its military stocks and the group is thought to have amassed more than 40,000 rockets and missiles, ranging from short-range Katyushas to medium-range M600 missiles and the Soviet-era Scud ballistic missile, which is capable of hitting most big population centres in Israel.

Yossi Baidatz, an Israeli intelligence officer, told the Knesset this month that the amount of arms being sent to Hezbollah by Syria and Iran could no longer be described as “smuggling”. He said it was an “organised and official transfer” of weapons and that the Scuds were “only the tip of the iceberg”.

Syria has denied arming Hezbollah with Scuds, but America and Israel insist they have hard intelligence to the contrary.

The Times has learnt that US and Israeli intelligence agencies suspect that two Scud missiles have entered Lebanon and could be hidden in underground arms depots in the northern Bekaa Valley. One source said there were indications that Hezbollah may even be considering returning the missiles because of the intensified scrutiny.

Western officials have repeatedly urged President Assad to halt the flow of weapons to Hezbollah. John Kerry, the head of the US Senate Foreign Relations Committee, visited Damascus in April and presented the Syrian President with evidence that Scuds had been transferred to Hezbollah, according to Western diplomatic sources. Mr Assad denied the allegations.

Western officials privately say that the Syrian leader is “flat out lying” about the arms transfers.

Voir enfin:

La Finul sous pression

Les incidents se multiplient entre Casques bleus et villageois acquis au Hezbollah.

Isabelle Dellerba correspondante à  Beyrouth

Libération

04/08/2010

A la vue d’étrangers dans son village, le conducteur de la voiture pile. «Qu’est-ce que vous faites là ? Vous avez l’autorisation de l’armée ? Montrez-la moi !» lance ce simple civil, agacé. «Ils étaient en train de filmer la vallée», affirme-t-il quelques minutes plus tard au téléphone, péremptoire, à un interlocuteur anonyme. Cette vallée, située non loin de Bint Jbeil, la «capitale» du Sud-Liban, et à quelques kilomètres de la frontière israélienne, «abrite des caches d’armes du Hezbollah», explique un bon connaisseur du dossier. Comme toute la zone, stratégique pour le Parti de Dieu, elle est l’objet d’une discrète mais constante surveillance de la part d’une population acquise au Hezbollah. Avec une obsession commune à tous : «l’ennemi israélien». Tout intrus est donc suspect.

Jets de pierre.

Les Casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies (Finul) n’échappent pas à cette suspicion permanente. Ces 12 000 soldats effectuent, depuis la fin de la guerre de 2006, 350 patrouilles par jour pour «contrôler la cessation des hostilités» et «aider le gouvernement libanais à assurer le rétablissement de son autorité effective dans la région». Ils sont l’objet d’une «surveillance continue par les civils», s’agaçait, début juillet, le secrétaire général des Nations unies. Les dizaines de milliers de paires d’yeux braqués sur eux s’assurent qu’ils restent dans les limites de leur mission et, surtout, qu’ils ne marchent pas sur les plates-bandes du Parti de Dieu. Au moindre écart, la sanction tombe. Ces derniers mois, les Casques bleus ont été la cible répétée d’agressions et de vols de matériel.

Jets de pierre, confiscation d’appareils photos et de GPS, arrestations temporaires de militaires en patrouille par des villageois, les incidents sérieux ont débuté en mars et se sont multipliés. «Nous n’avons rien contre eux, affirment pourtant de concert les villageois, mais ils ne doivent pas se comporter en terrain conquis.» Beaucoup leur reprochent une attitude trop intrusive. «Ils pénètrent dans les villages avec leurs blindés et prennent des tas de photos, s’inquiète ainsi Nasser, commerçant. C’est comme s’ils cherchaient des preuves contre nous. Ils doivent se contenter d’aider les autorités libanaises !»

En 2006, le Hezbollah, épuisé par trente-trois jours de guerre, avait donné son aval à l’arrivée de ces milliers de soldats étrangers dans son bastion militaire mais à condition qu’ils collaborent étroitement avec l’armée libanaise, en laquelle le parti a confiance. Ce fut effectivement le cas. Aujourd’hui, les représentants de la force onusienne affirment que rien n’a changé et appellent l’armée libanaise à «assurer la liberté de mouvement» de leurs troupes tandis qu’un certain nombre d’analystes reprochent à Israël de jeter de l’huile sur le feu.

L’incident frontalier d’hiervient s’ajouter à une longue liste de griefs. Le 8 juillet, l’Etat hébreu avait une nouvelle fois accusé le Hezbollah de stocker des roquettes au cœur des villages du Sud et, pour étayer ses dires, produit des images qui auraient été tournées dans le hameau de Khiam. De quoi attiser la paranoïa ambiante. D’autant que l’aviation israélienne poursuit ses violations quotidiennes de l’espace aérien libanais, au nez et à la barbe des Casques bleus, qui semblent, une fois de plus, impuissants à imposer le respect du droit international. «Et pour couronner le tout, la Finul a organisé, fin juin, un exercice grandeur nature pour protéger Israël. Elle s’est entraînée à empêcher des tirs de roquettes à partir du territoire libanais, s’insurge un officier libanais. C’est une provocation pour la population du Sud !»

Nucléaire iranien. Le contingent français est plus particulièrement dans le collimateur des villageois. Est-ce, comme l’affirme cet officier, à cause de son ancien chef d’état-major, le général Lafontaine, qualifié de «va-t-en-guerre» et arrivé à la fin de son mandat il y a peu ? Des journalistes libanais, férus d’analyses géopolitiques complexes, pensent qu’il pourrait s’agir de messages envoyés à la France, très active sur le nucléaire iranien ou sur le Tribunal spécial pour le Liban, chargé de juger les auteurs de l’attentat contre l’ex-Premier ministre Rafic Hariri et qui pourrait émettre des actes d’accusation contre des membres du Hezbollah.

Ces incidents, en tout cas, sont organisés. Il est probable que le Hezbollah, qui a redéployé l’essentiel de ses activités militaires au nord de la zone frontalière et dans l’ouest du Liban depuis l’arrivée de la Finul renforcée, cherche à accroître sa capacité de mouvement dans le Sud afin de pouvoir mieux se préparer à une nouvelle guerre avec Israël.

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