Conflit israélo-palestien: Les erreurs et les échecs ont cependant un intérêt (20 years of a failed policy can’t be all bad)

US trained Palestinian army
Avec les grands espoirs viennent les gros risques. On peut vous amuser pendant un maximum de deux ans  en vous disant que vous êtes en train de créer un État, si ça n’est pas réellement le cas. Général Dayton (formateur des forces armées de l’Autorité palestinienne)
La France soutient, d’ici le premier trimestre de l’année 2012, la création d’un État palestinien viable, indépendant, démocratique et vivant en paix et en sécurité aux côtés d’Israël. (…) Le Délégué général de Palestine sera désormais désigné sous le titre d’ « Ambassadeur, chef de Mission de Palestine ». Bernard Kouchner
Soyons clairs : la situation à Gaza doit changer (…) On ne peut et ne doit pas permettre que Gaza reste une prison à ciel ouvert. David Cameron (Ankara)
20 ans de pourparlers de paix, 17 ans de reconnaissance officielle de l’autorité Palestinienne. 10 ans après le retrait du Liban Sud. 5 ans après le retrait de Gaza. Toutes les promesses faites de normalisation, de « marché commun du Levant », de paix vraie entre les peuples, d’acceptation d’Israël comme juive et démocratique. Tout n’a été que mensonges. Gilgoul
C’est un rapport servile et contrit qui réduira de manière notable la marge de manœuvre lors de la prochaine opération. A cause d’un tel document, qui a valeur juridique, des officiers hésiteront à agir lors du prochain conflit. Officier israélien (sur le rapport israélien sur l’opération Plomb Durci)
Je ne suis pas sûr qu’il faille promettre au monde que la prochaine fois il y aura ‘zéro victime’ parmi la population civile. C’est quelque chose qui n’arrivera pas. Officier israélien
Un lien spécial existe entre nos deux pays… Il est indestructible… Notre soutien à Israël est inébranlable… Je suis convaincu que le premier ministre Netanyahu veut la paix… Obama (06.07.10)
Aux Etats-Unis, Israël est plus populaire qu’Obama. La Maison Blanche a fini par s’en apercevoir. Moins de quatre mois avant les élections de la mi-mandat. (…) Obama est assez pragmatique pour en tirer les conséquences. Il se rapproche donc aujourd’hui d’Israël, en gestes, en paroles. Il faut souhaiter que les électeurs juifs et pro-israéliens américains soient assez pragmatiques, à leur manière, pour ne pas oublier comment il s’est comporté quand il croyait encore que l’opinion lui était acquise. Michel Gurfinkiel
Comme si toutes les démissions d’Israël, ses signes de « bonne volonté », n’avaient pas conduit à des catastrophes toujours plus grandes : la terreur terroriste après Oslo, le Hezbollah après le retrait du Liban, le Hamastan après le retrait de Gaza. Demain, le retrait des territoires rapprochera encore plus la menace des centres vitaux d’Israël. Les signataires de JCall pourront alors pleurer en chœur très « moralement ». Il sera trop tard. Ses signataires invoquent souvent la façon dont la France a mis un terme à la guerre d’Algérie mais qui s’est soucié de ce que ce pays ne respecta jamais les accords d’Evian, de ce que un million de Français furent chassés de leur pays et de leurs biens alors que des millions d’Algériens s’installèrent en France et que la terreur totalitaire s’installa dans ce pays ? Une telle cécité politique travestie en grandiloquence morale a quelque chose de pathétique. Elle ne sert qu’à approfondir la délégitimation d’Israël au pire moment : l’affaire de la flottille est venue illustrer la manipulation de la « morale » et autres « droits de l’Homme », devenus aujourd’hui des armes idéologiques aux mains de menées totalitaires. Michel Gurfinkiel
Les erreurs et les échecs ont cependant un intérêt: ils aident l’opinion publique à mieux cerner les problèmes. De même que l’échec des pourparlers de Camp David, en 2000, a révélé à la plus grande partie des Israéliens – notamment de gauche ou du centre-gauche –  que le « processus de paix d’Oslo » était un leurre, de même le bilan des évacuations du Liban et de Goush-Katif rappelle-t-il aux Israéliens que si le contrôle de certaines positions géographiques a un coût, leur abandon en a aussi. Michel Gurfinkiel

A l’heure où, après les échecs répétés de Camp David et d’Oslo comme des retraits du Liban et de Gaza ou la toute récente pantalonnade de la flottille de Gaza, les appels et les rapports se multiplient pour imposer à Israël des concessions toujours plus grandes et unilatérales …

Et qu’à l’approche d’élections de mi-mandat annoncées comme catastrophiques, le Génuflexeur en chef de la Maison Blanche redécouvre comme par magie son « lien spécial avec Israël » …

Pendant qu’en Palestine même, nos apprentis sorciers tant américains que français forment de futurs « terroristes en uniforme » ou accordent privilèges et immunités diplomatiques à une Autorité palestinienne qui continue à refuser des négociations directes …

Retour, avec Michel Gurfinkiel, sur le bilan de ces 20 années d’erreurs et d’échecs qui auront peut-être eu le mérite d’aider l’opinion publique (au moins du côté israélien) à mieux cerner les problèmes et à comprendre tant le caractère illusoire que le véritable coût de ces initiatives …

Israël/ Bilan de deux retraits

Il y avait apparemment de bonnes raisons de quitter le Liban-Sud en 2000 et le Goush-Katif en 2005. L’échec n’en est que plus flagrant.

Michel Gurfinkiel

18 juillet 2010

Le 24 mai 2000, Tsahal évacuait unilatéralement – et précipitamment – la « zone de sécurité » qu’il détenait au Liban du Sud depuis 1978. Dix ans après, le débat va bon train en Israël : ce retrait a-t-il été l’une des plus graves erreurs stratégiques de l’histoire du pays ?  Le ministre de la Défense Ehud Barak, qui était alors premier ministre, assure qu’il reste « fier » de sa décision. « La vraie question »,  selon lui, «  c’est plutôt de savoir pourquoi on ne l’a pas prise au moins dix ans plus tôt ». Mais de nombreux analystes estiment au contraire que ce retrait a considérablement affaibli l’Etat juif. En projetant, à tort ou a raison, une image de faiblesse. Et surtout en créant un vide géostratégique qui n’a pas tardé à être empli par le Hezbollah pro-iranien.

Chose étrange, un chef d’Etat arabe avait tout fait, début 2000, pour dissuader Israël de quitter Liban-Sud : le Syrien Hafez el-Assad, qui allait être emporté par une crise cardiaque quinze jours seulement après le retrait, le 10 juin 2000. Dictateur implacable, mais stratège sagace, Assad avait répété  que cette initiative constituait une « provocation », et allait provoquer « une catastrophe ». A l’époque, ni les Israéliens, ni les Américains, qui tentaient de patronner un processus de paix accéléré dans la région, n’avaient compris son attitude. Sans doute par excès de logique linéaire, à l’occidentale : le président syrien étant un ennemi d’Israël, il ne pouvait, selon eux, que se réjouir d’un tel recul. Mais Assad suivait une autre logique, circulaire, orientale, où l’ennemi peut être, dans certaines circonstances, une sorte d’ami, et son affaiblissement, à certains moments, une mauvaise affaire.

Un débat analogue entoure une autre évacuation unilatérale, celle de la bande de Gaza ou plus précisément des zones stratégiques qui, dans ce territoire, relevaient toujours de l’autorité israélienne : localités civiles juives, telles que le Goush-Katif, et points d’appui militaires. Exécutée en août 2005, au prix d’une crise humaine sans précédent – cinquante mille soldats mobilisés pour contraindre près de huit mille habitants juifs au départ – , elle a apporté un prestige international considérable, mais éphémère, au premier ministre qui l’avait décidée et mise en œuvre, Ariel Sharon. Mais sur le terrain, elle a été interprétée, elle aussi,  comme un signe de faiblesse, et fait l’affaire du Hamas, qui devait prendre le contrôle du territoire moins de deux ans plus tard.

Avant de devenir premier ministre, Ehud Barak a été un général de premier plan, et a exercé le commandement en chef de Tsahal. Sharon fut probablement l’un des plus grands chefs de guerre du XXe siècle. Ni l’un, ni l’autre n’ont pris à la légère la décision d’évacuer un territoire considéré jusque là comme essentiel à la sécurité de leur pays. Leur raisonnement était à peu près celui-ci : au Liban-Sud comme à Gaza, Tsahal était condamné à faire une guerre de position et qui plus est au contact ou au milieu de populations hostiles. Ce type de guerre était démoralisant à divers titres. Et coûteux en vies humaines. Tant que Tsahal s’en tenait à la défense statique de certaines positions ou de certaines lignes, l’ennemi pouvait en effet monter contre lui des opérations limitées, sans utilité tactique réelle mais dépourvues, en même temps, de risque stratégique ou tactique : des « coup d’épingle » où finissaient par périr ou être blessés des dizaines de jeunes Israéliens, sans parler de quelques enlèvements. L’alternative consistait, selon eux, à revenir à une guerre de mouvement : un retrait spectaculaire autorisait Israël, moralement et politiquement, à lancer ultérieurement des offensives non moins spectaculaires,  « totales », annihilatrices, contre des adversaires qui n’auraient pas accepté les compromis qui lui étaient offerts.

A travers l’opération Rempart de 2001-2002 – la réoccupation militaire de la Judée-Samarie et la destruction du potentiel militaire du Fatah – , Sharon avait montré qu’il savait procéder à des contre-attaques de ce type. En aurait-il été à nouveau capable contre le Hezbollah et le Hamas, si sa santé lui avait permis de rester au pouvoir en 2006 ? Force est de reconnaître que ses successeurs n’y sont pas parvenus. La guerre punitive de l’été 2006 contre le Hezbollah, gérée par un trio que Sharon avait mis en selle – Ehud Olmert et Tsipi Livni au gouvernement, le général Dan Halutz à l’armée – a été un échec militaire et politique. Celle de l’hiver 2008-2009 contre le Hamas, gérée par un bon général, Gaby Ashkenazy, a été plus concluante sur le plan militaire, mais beaucoup moins sur le plan politique. Dans les deux cas, l’adversaire n’a pu être éliminé ni même suffisamment affaibli.

Les erreurs et les échecs ont cependant un intérêt : ils aident l’opinion publique à mieux cerner les problèmes. De même que l’échec des pourparlers de Camp David, en 2000, a révélé à la plus grande partie des Israéliens – notamment de gauche ou du centre-gauche –  que le « processus de paix d’Oslo » était un leurre, de même le bilan des évacuations du Liban et de Goush-Katif rappelle-t-il aux Israéliens que si le contrôle de certaines positions géographiques a un coût, leur abandon en a aussi.

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