Je tends personnellement à croire que les porcs en vie aujourd’hui descendent de ces Juifs, et c’est pourquoi Allah nous en a interdit la consommation en ces termes: ‘Seront pour vous interdits [à la consommation] les charognes, le sang et la chair du porc [Coran 5:3].’ En outre, l’une des actions de Jésus quand il reviendra sur terre au Jour du Jugement sera de tuer tous les porcs, et c’est là la preuve qu’ils descendent des Juifs. Tous les porcs de la Terre seront détruits par Jésus au Jour du Jugement. Cheikh Ahmad Ali Othman (inspecteur des affaires relatives à la Dawa au ministère égyptien des cultes, extrait d’une fatwa demandant l’abattage des porcs, 9 mai 2009)
La liberté de réunion garantie par l’article 11 de la Convention protège aussi les manifestations susceptibles de heurter ou mécontenter des éléments hostiles aux idées ou revendications qu’elles veulent promouvoir. Cour européenne des droits de l’homme
Pourquoi le seul moment où on peut voir des homos s’embrasser dans la rue ailleurs que dans le Marais, c’est la Gay Pride ? Pourquoi il n’y a que les hétéros à pouvoir se bisouter en public sans gêner personne ? Pour ceux et celles qui pensent que ce n’est pas normal, rendez-vous tous ensemble pour des attentats aux bisous kamikazes ! » Collectif homosexuel
C’est une façon d’interpeller l’Église, de questionner la religion sur la question de l’amour et du mariage entre gays et entre lesbiennes (…) Nous avons déjà fait un kiss-in dans un endroit un peu “chaud”, aux Halles, et dans des endroits très fréquentés, comme le quartier des grands magasins, avant Noël. Quand bien même il y aurait des gens pour nous insulter, tant pis … Arthur Vauthier (co-fondateur des kiss-ins homosexuels)
Si les catholiques « traditionalistes » peuvent faire reculer le gouvernement en matière de lutte contre la discrimination à l’école en demandant l’interdiction du court-métrage Le Baiser de la lune, pourront-ils dire également: « Nous avons empêché les homosexuels de s’embrasser dans les lieux publics »? Collectif homosexuel
Dimanche 14 février, sur le parvis de Notre-Dame, plusieurs couples homosexuels, de retour d’un kiss-in organisé place Saint-Michel à l’occasion de la Saint-Valentin, se sont embrassés sur la place Jean-Paul-II, espace public. Ils ont été pris à partie par des groupes de jeunes catholiques proférant des insultes homophobes telles que «tarlouses de merde», «les pédés au bûcher», «cassez-vous, on est chez nous», «allez faire ça chez vous», les repoussant hors de la place. Que se serait-il passé si les forces de l’ordre ne s’étaient pas interposées ? Stéphane Lavignotte (Pasteur de la Maison verte de Paris 18e, membre du Carrefour de chrétiens inclusifs, 23/02/2010)
Le kiss in est déplacé place Saint-Michel, ce en quoi le « Collectif des gays pour le respect » se félicite. « Mais nous continuons à le trouver déplacé…tout court » ajoute Stéphane, porte-parole. Les organisateurs (qui ne représentent qu’eux-mêmes au sein de la communauté gay) ont clairement cherché à agresser les chrétiens à la sortie d’une de leur messe en ce lieu symbolique qu’est Notre-Dame. Ils savaient très bien quelles réactions allait provoquer un tel rassemblement. Arthur Vauthier et sa bande ont beau jeu aujourd’hui de jouer les naïfs et de s’étonner des déclarations des chrétiens sur leurs blogs. « Pour des raisons de décence vis-à-vis des croyants blessés dans leurs convictions, ils auraient du reporter le kiss in. Mais voilà, en plus d’être des organisateurs complètement amateurs et immatures, il semblerait que nous ayons affaire à des gays… intégristes. Et oui, nous avons les nôtres ! Collectif des gays pour le respect (10 février 2010)
Manoeuvre grossière aux relents racistes, cette invitation est bien évidemment une provocation dans un quartier où le vivre ensemble, malgré les difficultés sociales, est devenu proverbial. (…) cette écoeurante plaisanterie cherche à exacerber des différences qui font la richesse du XVIIIe arrondissement. Communiqué du PCF (14.06.10)
La mouvance identitaire véhicule un message d’incitation à la haine et à la violence envers des groupes de personnes en raison de leurs origines, vraies ou supposées, et leurs rassemblements ont systématiquement donné lieu à des troubles graves à l’ordre public. SOS Racisme
On attend avec impatience que la HALDE exige que les bars cessent de servir de l’alcool afin de n’exclure personne – à part les alcooliques, bien sûr. (…) La bonne nouvelle, c’est qu’on pourra jouer à l’antifascisme quand l’extrême droite raflera la mise parce qu’une fois de plus, on lui aura laissé, selon l’expression d’Alain Finkielkraut, le monopole du réel. Elisabeth Lévy
C’est ça, la question: est-ce qu’on abandonne la défense de la laïcité, et le parler vrai sur la réalité du péril islamiste, à l’extrême droite? Les islamistes ont adopté la stratégie des petits pas : petit à petit, ils confisquent l’espace public pour la prière, ils imposent le voile, puis la burqa, puis la viande halal. Puis toute critique de la religion musulmane est assimilée à du racisme. Pierre Cassen (Riposte laïque)
Un ensemble d’associations et de partis politiques de gauche (…) dénoncent l’extrême droite et son opération ‘saucisson et pinard’ comme une croisade contre une « pseudo islamisation » du quartier. Mais les mêmes ne disent rien sur les problèmes réels qui rongent ce quartier.Des habitants du quartier Goutte d’Or Château Rouge (18 juin 2010)
A quand un méga kiss-in gay rue Myrrha?
Agressez des pêcheurs en haute mer, mettez des capotes à tous les coins de rue, squattez le parvis d’une cathédrale avec des dizaines d’homosexuels se roulant des pelles, bloquez des rues entières semaines après semaines avec des prières sur la chaussée, fêtez bruyamment autour au besoin de quelques vitrines brisées ou de voitures calcinées, les heurs et malheurs de votre équipe préférée, revendiquez capuches et voiles intégraux ne permettant pas de vous reconnaître, piscines séparées, associations caritatives communautaires, cantines voire restaurants hallal …
Et, à défaut de plaindre votre honteuse victimisation, on applaudira votre sens de la tolérance et de la diversité, que dis-je, votre progressisme nécessairement de gauche …
Mais exprimez votre ras le bol à coup de soupes au cochon ou d’apéros saucisson-vin rouge dans les rues …
Et, si on ne vous traine pas en justice à coup d’accusations d’atteinte à l’ordre public et à la dignité humaine, on vous traitera de tous les noms et du pire extrêmisme, de droite bien sûr !
Et surtout, derrière les grandes envolées lyriques sur le « quartier multiethnique de la capitale la Goutte-d’Or si célèbre pour ses richesses culturelles et ses traditions » …
On se gardera bien de s’occuper en quelque manière que ce soit des véritables problèmes de ceux qui doivent supporter au quotidien « le deal, la prière dans la rue et la violence quotidienne » …
« Apéro Goutte d’or » : un groupe d’habitants s’énerve
Marianne 2
Des habitants du quartier de la goutte d’Or, excédés se l’ampleur que prend la polémique sur l’apéro « saucisson pinard» nous ont adressé une lettre qui sera collée partout dans le quartier.
Ambiance d’avant débordement à la Goutte d’Or. Même si l’apéro géant « saucisson-pinard » a été interdit par la préfecture de police et que ses organisateurs « invitent » maintenant tous les Parisiens à se rassembler demain Place de l’Etoile, la population du quartier n’est pas rassurée pour autant. Depuis hier, les rumeurs les plus folles circulent rue Myrhra. Selon des parents d’élèves qui l’auraient entendu de la bouche d’éducateurs de rue, eux-même informés par des jeunes, des groupes de skinhead et autres groupuscules d’extrême droite viendraient débouler à la Goutte d’Or lors du match Angleterre-Algérie. Certains commerçants envisagent même de tirer leur rideau de fer…
Lassés d’être otages des provocateurs, un groupe d’habitants a aussi pris initiative d’un texte, qu’il collera dans le quartier. Son objectif : faire connaître, en marge du battage médiatique autour de cet apéro, la réalité du quartier.
Les dessous du « pinard saucisson »
Nous, habitants de la Goutte d’Or – Château Rouge, quartier auquel nous sommes attachés, tenons à dénoncer fermement les manœuvres de certaines organisations ou groupes d’intérêts qui font de notre quartier un théâtre d’affrontements tactiques loin de nos réalités concrètes.
La dernière en date est cette initiative annoncée par un groupe d’extrême droite, d’organiser un apéro géant autour du menu « saucisson et pinard », un vendredi, rue Myrrha. Le rassemblement a pour cible la mosquée du milieu de la rue qui attire, précisément chaque vendredi à l’heure de la prière, de nombreux fidèles qui se déploient sur la chaussée. Outre son caractère spectaculaire et délibérément provocateur, la démarche entend exploiter voire capitaliser au profit de la droite raciste, le mécontentement, bien réel, de nombre de citoyens exaspérés par le laxisme des autorités devant cette ostensible occupation de l’espace public.
La réaction, juste par principe, à ce projet d’apéro géant est venue d’un ensemble d’associations et de partis politiques de gauche qui dénoncent l’extrême droite et son opération « saucisson et pinard » comme une croisade contre une « pseudo islamisation » du quartier. Mais les mêmes ne disent rien sur les problèmes réels qui rongent ce quartier.
Exception faite d’un programme municipal de réhabilitation du bâti destiné à masquer le scandale d’une misère trop visible, notre quartier est véritablement le laissé pour compte des politiques publiques. On attend toujours qu’il soit mis un terme au commerce informel qui prolifère dangereusement sur les trottoirs des rues Poulet, Dejean, des poissonniers, Doudeauville interdisant toute circulation piétonnière et freinant tout développement commercial normal. On attend toujours que soit respecté la réglementation en matière d’hygiène et de sécurité alimentaire. On attend toujours qu’on intervienne auprès des responsables des mosquées pour limiter l’empiètement de la pratique du culte sur l’espace public. On attend toujours qu’il soit mis un terme au règne des caïds et des délinquants en certains endroits du quartier, etc.
En fait, l’administration et les responsables politiques toutes couleurs confondues, n’ont jamais cessé de considérer notre quartier comme un réceptacle de toutes les nuisances au lieu de répondre aux attentes légitimes des habitants par des politiques d’aide sociale réelles et concrètes, de soutien linguistique et éducatif, de restauration du tissu culturel et commercial, d’éradication de la prostitution, de la délinquance et de la toxicomanie..
Cette provocation de l’extrême droite à l’endroit de notre quartier nous parait être l’occasion de mettre les pendules à l’heure et de s’interroger si le désintérêt manifeste pour des solutions adaptées aux difficultés du quartier n’est pas, jusqu’à la caricature, le signe de l’abandon des classes populaires par toutes les élites politiques ?
Des habitants du quartier Goutte d’Or Château Rouge
18 juin 2010
cgoutteor@yahoo.fr
Voir aussi:
Contre tous les fascismes
Communiqué
Le « Collectif des gays pour le respect » demande à la Préfecture de police de Paris d’intervenir pour empêcher l’irréparable.
Ce 14 février, des extrémistes (qui ne représentent qu’eux-mêmes et surtout pas la communauté gay dans son ensemble) ont décidé de provoquer les milieux chrétiens en organisant un kiss in devant Notre-Dame de Paris, à la sortie de la messe de 12h45.
Cette initiative, totalement contre-productive, risque de menacer notre image dans les médias et constitue, de l’aveu de nombre de participants déclarés sur des fora gays, une provocation anti-catholique délibérée.
Le « Collectif des gays pour le respect » tient à se dissocier de l’organisation d’un tel rassemblement. Il rappelle son hostilité au racisme, à l’islamophobie, à l’antisémitisme, à l’antichristianisme et plus généralement à toute forme de haine. Les croyants de toutes les religions, quelle qu’elles soient, ont le droit de pratiquer librement, sans se sentir agressé à la sortie de leur culte. C’est ce droit que remet en cause le kiss-in organisé dimanche.
Le « Collectif des gays pour le respect » demande à la préfecture de police d’empêcher la tenue de cette provocation et se réserve le droit d’appeler la communauté homosexuelle qui ne se reconnaît pas dans le militantisme agressif et stérile des organisateurs du kiss-in à manifester leur hostilité sur place dimanche.
Le fascisme, vert, rouge, brun ou rose, ne passera pas !
Contact presse : gayspourlerespect@yahoo.fr
Voir également:
Le saucisson est-il anticonstitutionnel?
La provocation à la Goutte d’Or, c’est tous les vendredis
Elisabeth Lévy
Causeur
16 juin 2010
Je ne connais pas les groupes qui ont appelé vendredi à un “apéro saucisson et pinard” dans le quartier de la Goutte d’or, et je ne doute pas que parmi eux se trouvent des gens avec qui je n’ai aucune envie de festoyer parce qu’ils ont de la France une vision étroitement ethnique, voire raciale. Mais je suis sûr que pas mal d’autres gens, en particulier des habitants du quartier, seraient tentés par ces festivités si on ne nous rabâchait pas depuis quelques jours qu’il s’agit d’une provocation islamophobe d’extrême droite. Cette manifestation qui susciterait l’enthousiasme si elle s’appelait “fête des voisins” et se déroulait à Boboland peut en effet séduire pour des raisons honorables qui n’ont rien à voir avec le racisme et tout avec le souci de neutralité de l’espace public, ce qui est l’exacte définition de la laïcité.
L’alcool, c’est le racisme, sa prohibition la tolérance
Dans les médias, on nous explique avec gourmandise qu’un groupe s’est créé sur Facebook pour appeler à un “apéro géant halal et thé à la menthe”. Voilà en apparence une magnifique réponse du berger à la bergère. Sauf qu’à l’exception de quelques cinglés, personne ne s’offusque parce que quelqu’un ne boit pas d’alcool ou ne mange pas de porc, alors que pratiquer ces deux activités, traditionnelles sinon anodines pour un grand nombre de nos concitoyens, est considéré comme insultant par une autre partie de nos concitoyens. À ma connaissance, aucun élève ne s’est fait casser la figure parce qu’il jeunait pendant le Ramadan. Il faut en conclure que manger du porc est un signe d’intolérance quand ne pas en manger et s’offusquer parce que d’autres en mangent prouve à quel point on aime toutes les cultures. Ou encore que boire est un acte raciste et qu’interdire aux autres de le faire est une manifestation de tolérance.
Oublions, par charité républicaine, l’ânerie proférée par Jean-Luc Mélenchon qui a repéré dans l’affiche appelant au saucissonnage un rappel de l’insigne de la SS : soit l’estimable Jean-Luc avait bu des breuvages que l’islam réprouve, soit il a peur de s’aliéner le vote de musulmans s’estimant stigmatisés par le rejet de cet islam ostentatoire qu’ils affirment pourtant rejeter. Comme j’aime bien Jean-Luc Mélenchon et que je le tiens pour un authentique républicain, je préfère penser qu’il avait, exceptionnellement, forcé un peu sur la bouteille – ou que sa vue baisse. Quant à Bertrand Delanoë, il a vertement condamné les saucissonneurs, rappelant que “l’expression du racisme et de l’intolérance n’avait pas sa place à Paris”. Ceux qui prient dans la rue, empêchant ceux qui ne prient pas de circuler et de picoler, sont évidemment les apôtres de la tolérance et de l’antiracisme. Pour le maire de Paris, le fait que cet apéro-saucisson coïncide avec la date du match Algérie-Angleterre est une circonstance aggravante : peut-être conviendrait-il de mettre en berne tous les drapeaux tricolores qui pourraient apparaître comme autant de provocations si l’Algérie perdait. De ce point de vue, nous devrions être rassurés : si j’en crois mes amis initiés, il y a de fortes chances pour que l’Algérie et la France soient éliminées en même temps. Reste à savoir quels drapeaux nous brûlerons tous ensemble pour manifester notre amour du sport et de la fraternité.
Qui sont les provocateurs ?
À en croire Le Point.fr, “cette manifestation centrée sur la consommation de viande de porc et l’alcool, exclut de fait les participants de confession juive ou musulmane”. J’ignorais que la charia et la halakha étaient devenues des lois de la Républiques et que les Français musulmans et juifs étaient désormais obligés de se conformer aux préceptes de leur religion. On attend avec impatience que la HALDE exige que les bars cessent de servir de l’alcool afin de n’exclure personne – à part les alcooliques, bien sûr.
Ce qui donne envie de hurler dans la présentation de cette affaire d’apéro, c’est que personne ne dit que si provocation il y a – et il y a -, elle répond à une provocation plus grande encore, persistante depuis des mois mais, il est vrai, dûment autorisée par la Préfecture de police : l’organisation de la prière musulmane du vendredi à ciel ouvert, des milliers de fidèles occupant plusieurs rues du quartier. Qu’ils bloquent la circulation est certes fâcheux mais en vérité véniel à côté de l’insulte faite aux mœurs de notre République – et ce serait aussi scandaleux s’il s’agissait d’une autre religion. Il faut d’ailleurs saluer le recteur Dalil Boubakeur qui a appelé les fidèles à venir prier à la Mosquée de Paris – monument éminemment parisien au demeurant et qui témoigne de la présence d’un islam respectueux de la laïcité qui a toute sa place en France.
Apéro interdit, prière autorisée ?
Il ne s’agit pas d’être candide. Les saucissonneurs associés ont certainement des arrière-pensées politiques, et pas des plus ragoûtantes. Mais ce n’est pas en recouvrant le réel d’un voile de bons sentiments qu’on le fera disparaître. Que ces prières publiques soient dénoncées par des gens peu sympathiques voire infréquentables, ne change rien au fait qu’elles sont inacceptables. La France qui a connu une quasi-guerre civile pour sortir le christianisme de l’espace public devrait maintenant accepter que l’islam s’y déploie ? La Préfecture de Police, qui a reçu les organisateurs de cet apéro du 18 juin et ceux du contre-apéro hallal annoncé, a décidé, certainement avec d’excellentes raisons d’ordre public, de tout interdire. Tout sauf, semble-t-il, la prière (à moins que pour calmer le jeu, on ne demande aux prieurs de se faire oublier pour une semaine).
En vrai, peu me chaut que l’on interdise cet apéro auquel je n’irai pas parce qu’on ne boit pas des coups avec n’importe qui. En revanche, j’aimerais savoir ce qu’on attend pour interdire ces prières sur la voie publique. Il faudra surtout expliquer aux Français de tous bords et de toutes origines qu’inquiète l’affirmation d’un islam militant et identitaire, que dans leur pays, on a le droit de prier en public, mais pas de manger du porc. La bonne nouvelle, c’est qu’on pourra jouer à l’antifascisme quand l’extrême droite raflera la mise parce qu’une fois de plus, on lui aura laissé, selon l’expression d’Alain Finkielkraut, le monopole du réel.
Voir enfin:
Kiss-in : les Bisounours donnent l’assaut
Un superbe hommage à Philippe Muray
Causeur
le 23 février 2010
Kiss-in contre l’homophobie : sus à Notre-Dame !
Dimanche 14 février, dans une ambiance bon-enfant, le moderne a mordu le moderne a mordu le moderne. L’hommage à Philippe Muray organisé par “Kiss-in contre l’homophobie !”, SOS-Racisme, les “ultra-catholiques” et le “Collectif des gays pour le respect” a été un triomphe. Les acteurs de la comédie hyperfestive se sont avérés en très grande forme. Chacun a interprété son rôle magnifiquement, avec toutes ses tripes post-historiques.
L’histoire est admirable, du début à la fin. Les diverses sous-espèces du moderne s’y affrontent généreusement. Elle commence le 7 juin 2009, lorsque les intrépides Arthur Vauthier et Félix Pellefigues – même leurs noms semblent avoir été inventés par l’auteur des Roues carrées ! – organisent le premier kiss-in français à Paris place du Trocadéro et créent le mouvement “Kiss-in contre l’homophobie !”. Ce jour-là, ils permettent à la France de rattraper enfin son préoccupant retard en matière de kiss-in. Cette pratique de l’embrassage de masse dans des lieux publics, inventée par des militants gays américains dans les années 1980, s’est ensuite développée dans de nombreux pays. La raison pour laquelle elle ne s’appelle pas kiss-out demeure un peu mystérieuse.
La première kiss-pride française fut un immense succès. Pourtant, au lendemain de la fête, et les jours suivants, Arthur et Félix sentirent planer sur eux une ombre. Ils éprouvaient le sentiment diffus d’un manque. Cette sensation désagréable, qui les accompagnait étrangement au faîte de la gloire, ne les quittait plus. Après plusieurs semaines, soudain, ils purent enfin mettre un nom sur ce malaise obscur : “Nous sommes en manque d’homophobes !” Voilà ce qui avait secrètement miné leur première fête des bisous. Ils souffraient d’une carence d’homophobes ! Voilà ce qui avait rendu leur premier kiss-in si insipide, si fade, que même nos deux bisounours d’élite en avaient été incommodés.
Arthur et Félix trouvèrent rapidement le théâtre que réclamait leur deuxième kiss-pride : le parvis de Notre-Dame. Le lieu était parfait : un symbole admirable de l’homophobie, en même temps absolument dénué de tout danger réel. Les lieux ne manquent hélas pas en France où ils eussent pu se confronter à une homophobie musclée et parfaitement réelle. Mais, à lutte irréelle, adversaires irréels ! Telle était la devise des deux intraitables bisounours d’assaut.
Quelques jours avant le grand kiss-in de la Saint Valentin, Arthur Vauthier et Félix Pellefigues doivent pourtant faire face à une grande déconvenue. Suite à l’appel de certains “groupuscules catholiques” à défendre la cathédrale, lancé notamment par les saintes voies d’Internet, ils se trouvent contraints à déplacer leur feu d’artifice de bisous quelques centaines de mètres plus loin, devant la fontaine Saint-Michel. Arthur et Félix, sous le choc, mais toujours décidés à terrasser le dragon de l’homophobie, déclarent alors : “La préfecture de police nous a vivement conseillé d’annuler l’événement, prétextant qu’elle craignait des actes de « violence grave » et nous alertant sur la difficulté qu’elle aurait à assurer notre sécurité.”
Arrive enfin le grand jour. A 14 heures, Arthur et Félix font retentir leur traditionnel coup de sifflet. Au signal, deux cents couples gays, lesbiens, bi, trans et quelques “couples hétéros” solidaires entament un long et langoureux baiser. Celui-ci s’éternise sous l’œil bienveillant de milliers de caméras, caméscopes, appareils photos et autres téléphones portables obscènes, modernoïdes et cancérigènes. Après quelques minutes d’amour euphoriquement déversé dans l’enfer de la “visibilité”, le second coup de sifflet de nos deux flics affectés à la circulation des bisous retentit. Il scande la fin de cette dérangeante performance, saluée par des applaudissements unanimes.
Mais la fête du bisou en colère est loin d’être finie. Arthur et Félix ont en effet allié leurs forces à celles de SOS-Racisme, afin d’asséner un second bisou fatal aux “idées reçues”. Une heure plus tard, à 15 heures, et dans une ambiance toujours aussi désespérément bon-enfant, un nouveau coup de sifflet lance le coup d’envoi des bisous antiracistes. Les militants de SOS racisme ont décidé de “souhaiter une Joyeuse Saint-Valentin à Eric Besson”. Ils invitent “tous les couples, qu’ils soient métissés, hétéros, homos, franco-français, à venir s’embrasser” à l’unisson.
Pourtant, la fête du bisou insoumis n’aurait jamais véritablement atteint son zénith sans l’initiative d’un petit groupe de lesbiennes et de transsexuels de l’extrême. Refusant d’obéir aux coups de sifflets d’Arthur et Félix, celui-ci a soudain pris la fuite, incapable de résister à l’irrépressible appel du saint parvis de Notre-Dame. Là, les invectives ont fusé et quelques “incidents” confus ont éclaté, jusqu’à ce qu’un cordon de policiers parvienne à séparer les “catholiques intégristes” des “lesbiennes fondamentalistes”.
Dans la plupart des comptes-rendus journalistiques de cette réjouissante échauffourée, avec peu de surprise, seuls les catholiques ont été désignés comme de dangereux extrémistes. Avec audace et fantaisie, le journal télévisé de France 3 les a même désignés comme des “militants ultra-catholiques”, suggérant ainsi un inquiétant rapprochement avec “l’ultra-gauche” – qui aurait tout, du reste, pour me réjouir. Ce modeste affrontement a été unanimement dépeint comme celui des réacs et des modernes. Pourtant, je soupçonne fortement les “ultra-catholiques” qui scandaient de tonitruants “Habemus papam” d’être eux aussi, pour la plupart – et comme moi-même, hélas – d’impardonnables modernes.
Des modernes ? Ce mot a pour moi à la fois les connotations que lui a prêtées Philippe Muray et celles que lui a attachées La Théorie du Bloom de Tiqqun, dont les lumières sur l’époque présente me semblent tout aussi décisives. Etre moderne signifie que nous sommes avant tout des êtres ontologiquement déracinés. Des Blooms. Des êtres ayant perdu souvent jusqu’au souvenir de ce qui donne réalité et consistance au phénomène humain et se nomme proprement communauté. Nous revendiquons et exhibons notre appartenance aux entités abstraites et glaciales que notre monde appelle “communautés” avec une énergie d’autant plus désespérée et fanatique que notre sentiment réel d’appartenance est plus faible. Nous autres modernes sommes incapables d’imaginer qu’une communauté puisse être autre chose qu’un regroupement paranoïaque de victimes agressives et désinhibées – définition qui me semble hélas convenir presque autant aux ultra-catholiques qu’aux ultra-bisounours. Nous tentons de donner consistance à ce néant en nous frottant perpétuellement à d’autres “communautés” tout aussi inconsistantes, n’aspirant elles aussi à rien d’autre qu’au statut de victime unique et suprême.
Mais nous n’avons pas encore rencontré le dernier protagoniste de cette mémorable Saint Valentin. Le plus sympathique, le plus étonnant de tous, le plus nouveau. La matrice imaginaire des Roues carrées vient de le cracher, rose et crû, dans le monde réel. Il est l’un des tous derniers personnages inventés par Philippe Muray. Il s’agit de l’anti-moderne parlant exclusivement le langage du moderne. Combattant le moderne en adoptant toute la grammaire et les formes de lutte du moderne. Et faisant sienne aussi, naturellement, l’absence d’humour acharnée commune aux modernes de tous poils.
C’est au fond d’une grotte internétique que j’ai déniché le “Collectif des gays pour le respect”. Je ne résiste pas au plaisir de citer longuement sa prose aimable et stupéfiante : “Le Collectif des gays pour le respect demande à la Préfecture de police de Paris d’intervenir pour empêcher l’irréparable. Ce 14 février, des extrémistes (qui ne représentent qu’eux-mêmes et surtout pas la communauté gay dans son ensemble) ont décidé de provoquer les milieux chrétiens en organisant un kiss in devant Notre-Dame de Paris, à la sortie de la messe de 12 h 45. Cette initiative, totalement contre-productive, risque de menacer notre image dans les médias et constitue, de l’aveu de nombre de participants déclarés sur des fora gays, une provocation anti-catholique délibérée. Le Collectif des gays pour le respect tient à se dissocier de l’organisation d’un tel rassemblement. Il rappelle son hostilité au racisme, à l’islamophobie, à l’antisémitisme, à l’antichristianisme et plus généralement à toute forme de haine. Les croyants de toutes les religions, quelle qu’elles soient, ont le droit de pratiquer librement, sans se sentir agressé à la sortie de leur culte. C’est ce droit que remet en cause le kiss-in organisé dimanche. Le Collectif des gays pour le respect demande à la préfecture de police d’empêcher la tenue de cette provocation et se réserve le droit d’appeler la communauté homosexuelle qui ne se reconnaît pas dans le militantisme agressif et stérile des organisateurs du kiss-in à manifester leur hostilité sur place dimanche. […] Il semblerait que nous ayons affaire à des gays… intégristes. Vert, rouge, brun, rose, le FASCISME ne passera pas !”
Avec cette dernière vrille, notre roue est enfin parfaitement carrée.