Turquie: La démocratie est comme un tramway (Democracy is like a streetcar. When you come to your stop, you get off)

Red-crescented Paris (Year of Turkey, 2009-2010)Certains en Europe ont refusé de donner à la Turquie le genre de lien organique avec l’Occident qu’elle recherche. Robert Gates (secrétaire à la Défense américain)
Si la Turquie rejoint l’Union européenne, et avec la présence des deux Etats des Balkans plus l’Albanie, cela voudra alors dire que le continent européen ne sera plus celui des croisés, il ne sera plus un continent chrétien, cela voudra dire que l’Islam deviendra un partenaire solide des européens. (…) Nous attendons le jour où la Turquie rejoindra l’Union européenne pour servir de cheval de Troie, comme le raconte l’histoire. Khadafi
La démocratie et ses fondements jusqu’à aujourd’hui peuvent être perçus à la fois comme une fin en soi ou un moyen. Selon nous la démocratie est seulement un moyen. Si vous voulez entrer dans n’importe quel système, l’élection est un moyen. La démocratie est comme un tramway, il va jusqu’où vous voulez aller, et là vous descendez.  Erdogan
On ne peut pas être musulman et laïque en même temps (…). Le milliard et demi de musulmans attend que le peuple turc se soulève. Nous allons nous soulever. Avec la permission d’Allah, la rébellion va commencer » Erdogan  (1992)
Notre démocratie est uniquement le train dans lequel nous montons jusqu’à ce que nous ayons atteint notre objectif. Les mosquées sont nos casernes, les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les croyants nos soldats. Erdogan (1997)
L’expression ‘islam modéré’ est laide et offensante,  il n’y a pas d’islam modéré. L’Islam est l’Islam. Erdogan (2007)
La mondialisation en constituants de grands ensembles régionaux entraîne partout la diminution de l’Etat-Nation. Plus la mondialisation s’accroit, plus l’Islam se propage. Ömer Dinçer (proche conseiller politique d’Erdogan)
Personne ne peut vous demander d’être assimilés. Pour moi, le fait de demander l’assimilation est un crime contre l’humanité. Erdogan (Paris, avril 2010)
La Turquie a besoin d’un nouvel esprit de conquête. Grâce à ce parc, nos enfants regarderont vers le futur à travers notre glorieuse histoire. Erdogan (inauguration du musée Panorama 1453)
Ni la mosquée d’Al Aksa, ni le tombeau du prophète Ibrahim ni la tombe de Rachel n’ont été et ne seront jamais des sites juifs, mais uniquement musulmans.Erdogan (mars 2010)
Arrivé au pouvoir alors que la Turquie était déjà en train de négocier son entrée dans l’Union européenne, Erdogan a laissé faire pour ne contrarier ni l’armée ni la bourgeoisie d’affaires d’Istanbul. Il n’a rien fait non plus pour hâter les choses et, aujourd’hui, a tout lieu de s’en féliciter! Joseph Savès

Mise au pas l’armée (pas moins de 200 arrestations en 2 ans dont 50 officiers de haut rang en février dernier), esclandre public contre le président israélien à Davos (‘vous savez tuer les enfants!’), intervention (avec le Brésil) pour défendre le programme nucléaire iranien, exhortation explicite à ses compatriotes établis en Occident à rester fidèles à leurs racines via les prénoms et la double nationalité (y compris lors de visites officielles dans les pays concernés comme récemment en Allemagne et en France), nostalgie et exaltation de l’empire et du ‘glorieux passé’ ottoman (eg. impasse sur Sainte-Sophie dans l’exposition ‘De Byzance à Istanbul’ l’an dernier au Grand Palais à Paris, à l’occasion de l’Année de la Turquie),  commémorations en grande pompe de la prise de Constantinople le 29 mai dernier …

A l’heure où, fort de son dernier coup de force contre le souffre-douleur universel (dont la génétique vient d’ailleurs de confirmer l’histoire multimillénaire sur le territoire qui lui est depuis 60 ans refusé), le Poutine d’Ankara apparait comme le nouveau champion des damnés de la terre

Et contre ceux qui n’y verraient  que l’effet des réticences européennes à sa candidature à l’UE …

Retour sur l’édifiant parcours du nouveau ‘Mehmet le Conquérant et notamment sur la tactique préférée de ce maitre incontesté de la taqqiah islamique.

Qui, à l’instar de son dernier coup de maitre (un véritable acte de guerre contre son ex-allié israélien finement déguisé derrière une prétendue flottille humanitaire), a toujours su avancer masqué.

Ainsi, s’appuyant démagogiquement sur l’islam des campagnes et du peuple contre la laïcité de l’armée et de la bourgeoisie d’affaires des villes, il utilisera toutes les ficelles de la démocratie (imposition contre l’armée de l’élection au suffrage universel du président de la République) pour imposer progressivement une sorte de national-islamisme à la Nasser.

De même, derrière la façade d’une candidature européenne reprise de ses prédécesseurs et, sous l’étiquette de ‘démocrate-conservateur’, quelques gages consentis à l’Europe (ouvertures en direction des Kurdes, autorisation des langues minoritaires dans les médias, abolition de la peine de mort), il ne lâchera jamais rien sur 36 ans d’occupation de Chypre.

Comme enfin, sous couvert de la redécouverte d’un ‘passé glorieux’ et l’image d’un islam prétendument modéré (‘il n’y a pas d’islam modéré’, avait-il un jour déclaré), c’est, à la fondation même du régime, le génocide de ses minorités chrétiennes (tant arméniennes que grecques ou assyriennes) qu’il tente à présent de faire oublier …

Turquie: le réveil ottoman
Joseph Savès
Hérodote
4 juin 2010

La Turquie change. En quatre mois, le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan (AKP, islamiste) a mis au pas l’armée, s’est rapproché de l’Iran et éloigné d’Israël et de l’Europe. La nostalgie de l’empire ottoman revient en force…

Les Européens croyaient avoir affaire à un État pauvre, désireux de se fondre dans l’Union européenne et de bénéficier de sa manne financière, comme en d’autres temps la Grèce, l’Espagne et le Portugal.

Ces dernières semaines, ils ont découvert un peuple «fier et sûr de lui», qui défie les Occidentaux en débattant avec le Brésil et l’Iran de l’avenir nucléaire de ce dernier (16 mai 2010) puis jette aux orties son amitié avec Israël et défie l’État hébreu en tentant de forcer le blocus de Gaza avec une flottille «humanitaire» (31 mai 2010).

Le 22 février 2010, l’a-t-on oublié ?, la justice turque a arrêté pas moins de cinquante officiers de haut rang. Ce coup de filet sans précédent a mis un point final à la guerre d’escarmouches que mène l’état-major laïciste contre le gouvernement islamiste du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan (56 ans), depuis l’arrivée au pouvoir de celui-ci, le 11 mars 2003.

Ces événements prennent tout leur sens dès lors qu’on les rattache à l’Histoire longue de la Turquie.

L’oeuvre d’Atatürk

La République turque a été fondée le 23 octobre 1923 sur les décombres de l’empire ottoman par le général Moustafa Kémal. Surnommé Kémal Atatürk («Père des Turcs») ou le Ghazi (le «Victorieux»), cet émule de Mussolini veut libérer son peuple de l’emprise de l’islam et bâtir un État-Nation sur le modèle occidental. Son principal soutien est l’armée, qui lui est reconnaissante de ses victoires sur les Grecs.

En 1937, un an avant sa mort, Atatürk fait inscrire le principe de laïcité dans la Constitution. Ses successeurs peineront toutefois à réaliser son rêve et, notamment, mettre en application ce principe. Mécontents des dérives du régime, les généraux commettent trois coups d’État en 1960, 1971 et 1980.

Instable et fragile, avec une économie en dents de scie, une rébellion persistante dans les régions kurdes (25% de la population totale) et la montée des mouvements islamistes dans les campagnes, la Turquie kémaliste joue à fond la carte occidentale. Membre de l’OTAN et du Conseil de l’Europe, partenaire privilégiée d’Israël, elle voit sa candidature à l’Union européenne agréée au sommet d’Helsinki en décembre 1999.

Là-dessus, coup de théâtre. Le Parti de la Justice et du Développement (AKP), qualifié d’«islamiste modéré», arrive au pouvoir à la faveur des élections législatives du 3 novembre 2002. Les militaires y voient une menace pour la République laïque et nationaliste de Moustafa Kémal.

L’AKP, qui peut compter sur le soutien populaire, consolide les institutions démocratiques. Il fait des ouvertures en direction des Kurdes et autorise les langues minoritaires dans les médias. Il impose contre l’armée l’élection au suffrage universel du président de la République. Il donne aussi quelques gages à l’Europe en abolissant la peine de mort.

Fort de ces succès et d’une gestion globalement satisfaisante de l’économie, il met au pas l’armée. Pas moins de 200 arrestations en deux ans jusqu’au coup de force du 22 février 2010. Erdogan a dès lors les mains libres pour mener une diplomatie selon ses vœux : rapprochement avec l’Iran, rupture avec Israël, éloignement de l’Europe…

À bas Constantinople !

Un article du quotidien Le Monde (31 mai 2010) rapporte les commémorations de la prise de Constantinople par les Turcs, le 29 mai 1453. D’une ampleur exceptionnelle cette année, ces commémorations témoignent du retour en force d’un «néo-ottomanisme» qui exalte le passé ottoman.

Ce courant orientalisant éclaire d’un jour nouveau l’exposition «De Byzance à Istanbul», qui s’est tenue l’an dernier au Grand Palais, à Paris. Nous nous étions étonnés dans la lettre d’Herodote.net que la conservatrice turque de cette exposition ait souligné à gros trait la césure de 1453 et omis d’évoquer Sainte-Sophie, trait d’union majeur entre toutes les civilisations qui se sont succédé dans la ville. Cet «oubli» reflétait tout simplement le point de vue dominant dans la Turquie d’aujourd’hui, à savoir que celle-ci est fille de l’empire ottoman et en opposition avec l’Occident.

Dans le même temps, le Premier ministre turc exalte le «glorieux passé» de la Nation et invite ouvertement ses compatriotes établis dans les pays occidentaux à rester fidèles à leurs racines.

D’Atatürk à Erdogan

En cela Erdogan se pose en héritier d’Atatürk plus sûrement que ses officiers d’état-major.

Atatürk a créé la Turquie sur le modèle des prestigieux États-Nations européens d’avant 1914 pour lui éviter de sombrer dans le chaos moyen-oriental. Il n’a pas craint non plus de défier les vainqueurs de la Grande Guerre en déchirant le traité de Sèvres. Erdogan, quant à lui, encourage l’islamisation de son pays pour prévenir sa dissolution et la perte de sa singularité dans l’Europe anomique d’aujourd’hui. Tout islamiste qu’il soit, c’est, comme Atatürk, un nationaliste résolu, aux antipodes de l’internationalisme d’al-Qaida. Dans ses rapports avec Chypre, l’Iran et Israël, il ne craint pas de défier les Occidentaux lorsqu’il y va, de son point de vue, de l’intérêt national…

Arrivé au pouvoir alors que la Turquie était déjà en train de négocier son entrée dans l’Union européenne, Erdogan a laissé faire pour ne contrarier ni l’armée ni la bourgeoisie d’affaires d’Istanbul. Il n’a rien fait non plus pour hâter les choses et, aujourd’hui, a tout lieu de s’en féliciter !

Beaucoup de Turcs, il y a dix ans, fondaient leurs espoirs sur la générosité de l’Union européenne comme, avant eux, la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande. Submergés par l’argent «gratuit» de Bruxelles, ces pays sont aujourd’hui au bord de la faillite et sous tutelle de la Commission et du FMI. L’Union est elle-même à la dérive après avoir désarmé les États-Nations qui faisaient sa force.

Revenus de leurs illusions, les Turcs découvrent de nouveaux motifs de satisfaction dans les offensives diplomatiques de leur Premier ministre. Peu leur chaut qu’elles déplaisent aux Européens… Au terme d’un parcours sans faute, Recep Tayyip Erdogan est en piste pour devenir la personnalité de l’année 2010.

Voir aussi:

La Turquie fête la prise de Constantinople, illustration d’une nostalgie ottomane
Guillaume Perrier
Le Monde
30.05.10

Le parti au pouvoir célèbre un âge d’or censé avoir été marqué par une coexistence pacifique entre les différentes communautés du pays

Le musée Panorama 1453 est le plus visité d’Istanbul après le palais de Topkapi et Sainte-Sophie. Inaugurée en 2009, cette reconstitution panoramique de la prise de Constantinople par le sultan ottoman Mehmed II, en 1453, célébrée le 29 mai, a déjà attiré plus d’un million de personnes.

Sous la coupole, les visiteurs sont plongés dans l’ambiance des combats : le feu des canons se mêle aux hennissements et au sifflement des flèches décochées vers les murailles byzantines. « C’est formidable, s’enthousiasme Necmettin, venu en famille. Le musée est très beau, cela plaît aux enfants. Et c’est l’un des événements les plus importants de notre histoire. »

Les écoles d’Istanbul y défilent. Panorama 1453 est emblématique de la nostalgie d’un empire ottoman idéalisé . La mode néo-ottomane est présente aussi bien dans les salles de cinéma que dans les boutiques de vêtements, largement remise au goût du jour par les autorités politiques, les publicitaires ou les designers comme Deniz Tunç, qui expose sa collection d’objets de décoration « néo-ottomans », dans le quartier huppé de Nisantasi.

Le musée est l’attraction principale du « parc culturel » conçu par la mairie d’Istanbul à l’extérieur des murs de Constantin, le symbole du siège de 1453.

Cet espace, « avec sa mosquée, ses théâtres, ses restaurants, ses aires de loisir et ses parkings, reflète l’idéal ottoman de l’Etat-nation, sur la rive du centre historique considérée comme le vestige de la ville ottomane », estime l’architecte Korhan Gümüs, qui se heurte régulièrement à la politique culturelle de la municipalité.

« La Turquie a besoin d’un nouvel esprit de conquête, a claironné le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, ancien maire d’Istanbul, pour l’inauguration. Grâce à ce parc, nos enfants regarderont vers le futur à travers notre glorieuse histoire. »

La mairie, contrôlée par le parti islamo-conservateur au pouvoir, l’AKP, a redessiné des quartiers entiers de la ville, rasé le quartier rom historique, Sulukule, pour y édifier des maisons ottomanes et un marché artisanal. Des dizaines de monuments religieux du XVe et XVIe siècle sont restaurés dans le cadre d’Istanbul 2010, capitale européenne de la culture. Mais les murailles de Constantin, symbole byzantin, menacent toujours de s’effondrer.

L’« ottomania » qui saisit la Turquie est perçue par l’historien Edhem Eldem comme « le rapt du passé ottoman que chacun veut récupérer. C’est la faillite de l’invention de la nation turque séculière, le retour de bâton du kémalisme ».

L’idéologie de la Turquie d’Atatürk, largement construite en opposition à la religion musulmane et à l’empire, n’a pas pour autant effacé les traditions, estime ce spécialiste de l’empire à l’université du Bosphore. « Il y a un besoin de réintégrer un passé qui est dénaturé. Mais la victime de tout ça, c’est -l’histoire. »

Dès les années 1950, l’anniversaire de la prise de Constantinople par les Ottomans a été à nouveau inscrit au calendrier, le 29 mai. Cette année, la mairie d’Istanbul organise un spectacle le long de la Corne d’or. Et le stade de Besiktas est réquisitionné par une association islamiste pour célébrer le sultan Mehmed le Conquérant. Ce dernier « chevauche l’idéologie islamique comme l’idéologie nationaliste turque », souligne M. Eldem, pour qui le populisme néo-ottoman recueille un quasi-consensus.

Au nom de la modernité et de la « turquification » du pays, la République avait remplacé la poésie et la musique traditionnelles par les valses et les ballets classiques. « Dans l’architecture, la cuisine ou la musique, cette culture oubliée revient au galop, mais sous une forme syncrétique qui a perdu toute sa logique et qui frise souvent l’orientalisme », constate M. Eldem.

Les effluves de narguilé avaient ainsi disparu d’Istanbul jusqu’aux années 1990, avant de revenir dans les cafés du centre-ville sous l’effet d’une « mode ethnique » venue d’Europe.

Le néo-ottomanisme se décline aussi dans le discours des dirigeants de l’AKP. « Nous devons être fiers de notre passé », clame Cüneyt Zapsu, conseiller du premier ministre. La glorification de la conquête et d’un âge d’or se mêle à la nostalgie d’une coexistence supposée pacifique entre les différentes communautés religieuses et ethniques.

La diplomatie turque, qui cherche à exercer son influence de Sarajevo à Kaboul, a souvent été qualifiée de néo-ottomane par ses détracteurs.

Le ministre des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, pieux musulman et fin connaisseur de l’histoire, est souvent accusé de poursuivre un idéal impérial, mélange de solidarité islamique et d’hégémonisme turc.

« Je ne crois pas à la diplomatie néo-ottomane, juge cependant la sociologue Nilüfer Narli, professeur à l’université Bahçesehir. C’est une approche régionale plus ouverte et plus active dans la résolution des conflits. Il y a une redécouverte de la diversité. »

Voir enfin:

Istamboul s’expose

La Saison de la Turquie en France est le prétexte à plusieurs expositions.

De Byzance à Istanbul rassemble un grand nombre de belles pièces au Grand Palais, à Paris.

Mais si cette exposition avait pour objectif de témoigner de l’«européanité» de la Turquie, disons clairement que c’est raté : au rez-de-chaussée, nous avons droit à la Byzance païenne et à la Constantinople chrétienne, à l’étage à l’Istamboul ottomane.

Pour mieux dissocier les deux niveaux, on a installé dans l’escalier qui les sépare un canon et une chaîne du siège cruel de 1453 ! Et rien n’évoque le principal trait d’union des différentes époques : la basilique Sainte-Sophie (Ayasofya Camii)…

Évoquons pour mémoire le musée du Louvre qui s’est contenté de trois expositions au format de poche sur Smyrne, un tombeau d’Anatolie et les caftans du Grand Turc. Sans intérêt.

C’est en définitive le musée de Valenciennes (Nord) qui nous offre l’image la plus rafraîchissante d’Istamboul à travers le regard d’un peintre valenciennois, Jean Baptiste Vanmour (1671-1737), qui vécut 38 ans auprès de la Sublime Porte…

10 Responses to Turquie: La démocratie est comme un tramway (Democracy is like a streetcar. When you come to your stop, you get off)

  1. […] La démocratie et ses fondements jusqu’à aujourd’hui peuvent être perçus à la fois comme une fin en soi ou un moyen. Selon nous la démocratie est seulement un moyen. Si vous voulez entrer dans n’importe quel système, l’élection est un moyen. La démocratie est comme un tramway, il va jusqu’où vous voulez aller, et là vous descendez.  Erdogan […]

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  8. jcdurbant dit :

    Les nations et les peuples se vengent et l’idéal démocratique en fait les frais…‏

    C’est d’ailleurs, – ironie tragique du sort – l’Union européenne elle-même qui, au nom de l’intégration par Ankara des normes politiques européennes, a privé il y a quelques années de ses prérogatives constitutionnelles le Conseil National de Sécurité turc (MGK) jusqu’alors précieux défenseur du caractère laïc du pouvoir contre les dérives religieuses (Erdogan et Gülen avaient eux-mêmes subi ses foudres à la fin des années 90!). Nous n’avons rien compris à la réalité politique turque ni à la pénétration lente de l’islamisme dans ce pays. Voilà tout. Et ce n’est pas fini… L’accord de dupes conclu par la chancelière allemande nous expose désormais à tous les chantages du Sultan dont les déclarations comminatoires ont d’ailleurs déjà commencé.

    comme la Chine de son côté est en train de constituer un pôle gigantesque d’attraction politico-économique concurrent de celui d’un Occident en panne d’influence, Moscou prend acte de notre défiance et rejoint progressivement le groupe des nouveaux maîtres de l’ordre international… qui ont tous en commun de ne plus accepter la moindre leçon de notre part. Nous en sommes furieux, envieux, marris mais nous n’en pouvons mais… Quant aux peuples européens, qui perçoivent bien plus directement que nos élites hors sol le danger d’une perte de substance nationale et craignent chaque jour davantage l’emprise islamiste mais aussi, avouons-le, de l’islam tout court sur leurs contrées chrétiennes sécularisées mais affaiblies, ils conçoivent de plus en plus que leur sécurité passe désormais par la mise sous contrainte de certaines libertés et surtout par la verticalité assumée d’une «guidance», d’une direction courageuse donnée à l’Etat et à la Nation. La France, plus encore que d’autres nations en Europe, a un besoin urgent que soit forgée une synthèse politique spécifique adaptée à notre Etat de droit et au respect de notre histoire politique mais aussi à la réalité du monde, et qu’une telle autorité s’incarne enfin dans une personnalité véritablement convaincante et dédiée à notre salut collectif.

    La reprise en main magistrale du pouvoir est aussi un spectaculaire retournement de situation pour le président Erdogan, qui, il y a encore un mois, paraissait en fâcheuse posture, aux prises avec une vague d’attentats islamistes sans précédent, critiqué pour sa politique inefficace en Syrie, pour sa convergence objective d’intérêts (de toutes natures) avec Daech devenue trop voyante, enfin pour son offensive militaire contre les Kurdes alliés de Washington. Lui qui prétendait rebâtir l’Empire ottoman et faire jeu égal avec Vladimir Poutine ou Ali Khamenei voire même tenir la dragée haute à son maître américain semblait avoir fait de mauvais calculs, victime de sa folie des grandeurs et de ses double-jeux, réussissant à monter contre lui Moscou, Washington, Téhéran et Ryad… Las! Son cynisme et son opportunisme sans pareils lui ont permis de sentir le vent tourner sur le théâtre militaire syrien (au profit du régime et de ses mentors russe et iranien) et de faire à temps une volte-face spectaculaire pour rallier les positions de Moscou et Téhéran, trouver même soudainement des mérites à Bachar el-Assad, quitte à fâcher Washington (il sait qu’il reste important pour l’Alliance atlantique) et l’Europe insignifiante et piégée par un accord léonin sur les réfugiés qui va lui permettre de nous faire chanter tout à loisir…. Ce qui se passe en Turquie est donc aussi le signe d’une évolution globale de la situation au Moyen-Orient et du rapport de force américano-russe dans la région et même au delà.

    La Turquie d’aujourd’hui peut inquiéter à très juste titre, car Erdogan met cette synthèse au service d’une ambition néo-impériale, d’un national-islamisme offensif qui s’oppose frontalement à l’Europe. Elle n’est clairement plus compatible avec nos canons et nos référentiels d’Etat de droit ou de droits de l’homme. En fait, nous sommes soudainement rattrapés par une évidence: le décentrage non seulement géographique mais politique du monde. L’Europe (ni même l’Amérique) n’en sont plus le(s) centre(s) mais des pôles fragiles, prisonniers de leur renoncement déjà ancien à l’autorité, à la souveraineté, aux frontières, au courage politique, à la verticalité de l’exercice du pouvoir, à l’idée de guider un peuple au lieu «d’accompagner» ses turpitudes et des inconséquences.

    La Turquie peut inquiéter, car Erdogan met cette synthèse au service d’une ambition néo-impériale, d’un national-islamisme offensif qui s’oppose frontalement à l’Europe.

    Enfin, si nous n’avons certes, comme presque toujours rien vu venir, ne commençons pas en plus à battre notre coulpe sur le thème «si nous avions admis la Turquie dans l’UE, cela ne serait pas arrivé». C’est d’ailleurs, – ironie tragique du sort – l’Union européenne elle-même qui, au nom de l’intégration par Ankara des normes politiques européennes, a privé il y a quelques années de ses prérogatives constitutionnelles le Conseil National de Sécurité turc (MGK) jusqu’alors précieux défenseur du caractère laïc du pouvoir contre les dérives religieuses (Erdogan et Gülen avaient eux-mêmes subi ses foudres à la fin des années 90!). Nous n’avons rien compris à la réalité politique turque ni à la pénétration lente de l’islamisme dans ce pays. Voilà tout. Et ce n’est pas fini… L’accord de dupes conclu par la chancelière allemande nous expose désormais à tous les chantages du Sultan dont les déclarations comminatoires ont d’ailleurs déjà commencé.

    Notre aveuglement est confondant de naïveté et évidemment dangereux. Nous tenons, chez nous comme ailleurs, l’islamisme pour un inoffensif courant politico-religieux ; nous n’osons pas lui tenir tête au prétexte qu’il serait le légitime refuge des nouveaux «damnés de la terre». Et fait aggravant, nous ne pouvons pas concevoir que notre ethnocentrisme ignorant et pontifiant ait fait des ravages et provoque encore des réactions épidermiques dans lesquelles s’engouffrent l’autoritarisme et/ou et l’islam conquérant. Nous sommes face à un énième démenti de cette double faiblesse de jugement qui nous perd et nous aveugle face à la réalité du monde. Nous ne voulons pas voire la faillite manifeste de l’utopie du «Regime change» qui n’a provoqué que chaos et désolation et ouvert la voie à la pénétration massive de l’offensive islamiste …

    http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/08/08/31002-20160808ARTFIG00282-erodgan-premier-dictateurnational-islamiste.php

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