Flottille de Gaza: Comment perdre un conflit où l’on a à la fois la force et la morale pour soi? (How a perverted media establishment keeps moving the moral goalposts against Israel)

La défaite du vainqueurNous avons vu aujourd’hui la différence entre un bateau de pacifistes, avec lesquels nous sommes en désaccord mais dont nous respectons le droit à une opinion différente de la nôtre, et un navire de haine organisé par des extrémistes turcs adeptes du terrorisme. Dans les deux cas, l’Etat d’Israël a agi de la même manière afin de faire respecter le blocus maritime pour empêcher la contrebande d’armes pour le Hamas et permettre l’entrée de marchandises civiles à Gaza après inspection. Benjamin Netanyahu
Comment, se demandent les Israéliens, peut-on confondre des activistes pro-Hamas utilisant des couteaux avec des pacifistes? Qu’y a-t—il de pro-paix au fait de renforcer le contrôle du Hamas sur Gaza et de réduire ainsi la probabilité d’une solution à deux-états ? D’ailleurs, qu’y a-t—il de pro-palestinien au fait de condamner les habitants de Gaza à l’oppression jihadiste? Iossi Klein Halevi
Depuis longtemps, le droit international usuel permet à des Etats d’imposer un blocus publiquement annoncé jusqu’en haute mer. Le blocus de Gaza était connu de tous, et certainement de ceux qui avaient lancé leurs bateaux dans le but même de le forcer. La vraie question est celle de la légalité du blocus israélien, dont disposent très certainement les blocus en temps de guerre ou de conflit armé, comme celui de l’Irak pendant la première guerre de Golfe. Le problème ici est le sens du terme « conflit armé ». (…) Traditionnellement, un conflit armé ne peut avoir lieu qu’entre des États souverains. Si Gaza était clairement un État souverain, alors Israël serait en guerre avec Gaza et le blocus serait légal. Si, cependant, Gaza était juste une région d’Israël, Israël aurait le droit de controler ses frontières mais pas en arrêtant les bateaux étrangers en dehors de ses 12 milles d’eaux territoriales ou de sa zone additionnelle contiguë. Gaza n’est pas un État souverain (bien qu’il ait son propre gouvernement, dirigé par le Hamas) et n’est pas une partie de l’Israël ou d’aucun autre état. Son statut est ambigu, comme l’est aussi la nature du conflit armé entre Israël et le Hamas. Ainsi n’y a-t-il aucune réponse claire à la question de la légalité du blocus. Eric Posner
La guerre asymétrique, c’est celle où l’ennemi n’utilise pas seulement les mêmes armes que nous, mais où il porte également le combat sur un autre terrain que celui où on se bat, où se déroule l’action sécuritaire (militaire, policière, judiciaire ?). Il ne s’agit donc pas d’une guerre « du faible au fort » mais plutôt, pour paraphraser une terminologie officielle actuelle, ‘du fou au fort’. Polemia
L’arme de l’embargo, décrété à l’encontre d’un état perturbateur en vue de l’isoler pour l’amener à la raison, a été remise à la mode par l’ONU depuis la guerre du Golfe. Les Nations Unies n’ayant pas les moyens de leur politique de coercition, les puissances navales dominantes ont été mandatées pour contrôler, essentiellement en mer, les résolutions visant l’Irak, l’ex-Yougoslavie et enfin Haïti. L’embargo, assorti d’une notification, s’applique le plus souvent aux importations d’équipements stratégiques et s’exerce dans les eaux internationales, souvent loin des côtes pour parer les dangers. (…) Ce recours fréquent à l’embargo et l’importance des moyens consacrés à son contrôle sont l’expression la plus forte d’une dissymétrie entre la ‘Communauté internationale’ et les Etats remettant en cause cet ordre. L’embargo est souvent considéré comme une arme du Fort au Faible, chère mais pratique car sa mise en place est aisée et les risques courus sont faibles : ‘arme douce’ utilisant l’intervention indirecte et une violence atténuée, élément de stratégie déclaratoire aux résultats improbables. Si les sanctions appliquées aux pays récalcitrants n’ont pas suffi à les détourner de leurs entreprises, elles ont sans aucun doute contribué à émousser leur combativité en les privant des instruments sophistiqués de la guerre. L’embargo permet de dénoncer le mal et de le punir. Il est un instrument de gradation dans l’échelonnement du conflit. (…) Il permet également d’exploiter une dissymétrie flagrante: le perturbateur régional, généralement bien équipé dans les domaines aérien et terrestre, ne dispose pas d’une marine océanique. Enfin, il assure la souplesse de la réaction et réduit le volume des forces exposées. (…)
L’emploi de la force navale est contraint par le droit international qui joue parfois en faveur des états ou des groupes perturbateurs. Une difficulté liée au caractère asymétrique des conflits est qu’un des protagonistes est assujetti à des règles strictes, édictées sans tenir compte de leurs difficultés d’application, alors que l’autre s’arroge une totale liberté d’action. Le second cherchera notamment à piéger le premier, dès qu’il s’écartera de la ligne de conduite autorisée, pour remettre en cause la légitimité de son action, voire de son mandat. Il utilisera à ces fins les moyens à sa portée, de la provocation à la manipulation. La mer est un milieu neutre et impartial. En corollaire, ce cadre est favorable aux contrevenants d’un ordre établi qui peuvent s’abriter derrière une logique juridique traditionnelle de liberté des espaces. Les notions de souveraineté, attachées soit aux eaux territoriales soit aux pavillons des navires de commerce, permettent de restreindre la liberté de contrôle des forces navales. Cette souveraineté est elle-même un objet de contestation : eaux archipélagiques, mers  » intérieures « , détroits, canaux. (…) La contestation de certains pays revendicateurs est souvent relayée par des groupes de pression remettant en cause le déséquilibre actuel. Capitaine de Vaisseau de Rostolan (Membre du Club Hadrien, 7 mai 2001)
A quoi attribuer cette haine préexistante qui assure la dénonciation d’Israël dans les termes les plus féroces – ou, pour employer le langage politiquement correct, ‘disproportionnés’? Il ne peut s’agir de ‘terre occupée’, étant donné les millions de km2 mondiaux actuellement occupés, de la Géorgie à Chypre et au Tibet. Ni de capitale divisée – Nicosie est partitionnée par un mur. Ce n’est pas une réaction exagérée à l’usage de la force en soi – les Russes ont rasé Grozny et abattu des dizaines de milliers d’habitants sans déranger un monde largement assoupi. Et cela ne peut pas être l’échelle de la violence, étant donné ce que nous voyons d’heure en heure au Pakistan, au Darfour et au Congo. Et, étant donné les histoires arménienne, grecque et kurde (et les réactions qu’elles ont tour à tour soulevées), le gouvernement turc actuellement outragé n’est sûrement pas un référent crédible en matière de violence disproportionnée. Victor Davis Hanson
Qu’est-ce qu’une double norme morale? Appeler cela une norme morale plus élevée est simplement un euphémisme. Comme une sorte de compliment. En fait, c’est une arme. Si je vous impose un niveau plus élevé de moralité que les autres, je signifie par là que je suis prêt à vous dénoncer pour des choses que je ne dénoncerais jamais chez un autre. Si je devais faire cette sorte de jugement concernant une personne de couleur – disons, si j’exigeais que les noirs répondent à des normes plus élevées dans leurs relations avec les autres – cela serait qualifié de racisme. (…) L’usage conscient d’une double norme morale envers l’Etat juif et aucun autre Etat dans le monde, la volonté de condamner systématiquement l’Etat juif pour des choses pour lesquelles les autres ne sont pas condamnés – ce n’est pas une norme plus élevée. C’est une norme discriminatoire. Et la discrimination contre les juifs a aussi un nom. Cela s’appelle tout simplement de l’antisémitisme. Charles Krauthammer (1990)

Comment perdre un conflit où l’on a à la fois la force et la morale pour soi?

Alors que l’arraisonnement sans encombre d’un 6e bateau (sur 7) de la flottille de Gaza ayant tenté de forcer un blocus militaire aurait dû démontrer, au-delà de tout doute pour ceux qui ont des yeux pour voir, la différence entre véritables pacifistes et extrémistes pro-terrorisme

Retour, avec le juriste de Chicago Eric Posner, sur toute l’ambiguité d’une situation où (c’est la nature des conflits asymétriques) il s’agit de se défendre contre une entité qui non seulement exploite systématiquement toutes les failles juridiques mais, par son non-statut même (gouvernement non-étatique et non-souverain), interdit à qui tente de s’y opposer toute action légale (blocus).

Mais aussi, avec Iossi Klein Halevi, sur ces étranges temps où, dans un conflit où il s’agit de ‘convertir la supériorité de l’adversaire en faiblesse’ et où donc tout se joue au niveau de l’information et de la communication .. .

Le côté qui cumule tant la supériorité militaire que la légitimité morale se voit plombé, en une forme complètement pervertie de ‘guerre du fou au fort’ (où le fou serait dans votre propre camp!), par l’aveuglement et la morale dévoyée de ses propres médias

The Gaza Blockade and International Law
Israel’s position is reasonable and backed by precedent.
Eric Posner
The Wall Street Journal
June 4, 2010

Israel’s raid on a fleet of activists bound for the Gaza Strip has led to wild accusations of illegality. But the international law applicable to the blockade eludes the grasp of those in search of easy answers.

The most serious charge is that by seizing control of the flotilla, Israel violated the freedom of ships to travel on the high seas. The basic law here is that states have jurisdiction over a 12-mile territorial sea and can take enforcement actions in an additional 12-mile contiguous zone, according to the 1982 Law of the Sea Convention (which Israel has not ratified, but which is generally regarded as reflecting customary international law). Outside that area, foreign ships can sail unmolested.

But there are exceptions. Longstanding customary international law permits states to enforce publicly announced blockades on the high seas. The Gaza blockade was known to all, and certainly to those who launched the ships for the very purpose of breaking it. The real question is whether the Israeli blockade is lawful. Blockades certainly are during times of war or armed conflict. The U.S.-led coalition imposed a blockade on Iraq during the first Gulf War.

The catch here is the meaning of « armed conflict. » Traditionally, armed conflict can take place only between sovereign states. If Gaza were clearly a sovereign state, then Israel would be at war with Gaza and the blockade would be lawful. If, however, Gaza were just a part of Israel, Israel would have the right to control its borders— but not by intercepting foreign ships outside its 12-mile territorial sea or contiguous zone.

Gaza is not a sovereign state (although it has its own government, controlled by Hamas) and is not a part of Israel or of any other state. Its status is ambiguous, and so too is the nature of the armed conflict between Israel and Hamas. Thus there is no clear answer to the question whether the blockade is lawful.

However, the traditional idea of armed conflict involving only sovereign states has long given way to a looser definition that includes some conflicts between states and nonstate actors. The international rules governing blockades attempt to balance belligerents’ interest in security and other countries’ economic interests in shipping. During war, security interests prevail.

War-like conditions certainly exist between Israel and Hamas. And because Israel intercepts only self-identified blockade runners, its actions have little impact on neutral shipping. This balance is reflected in the traditional privilege of states to capture foreign pirates on the high seas.

So Israel’s legal position is reasonable, and it has precedent. During the U.S. Civil War, the Union claimed to blockade the Confederacy while at the same time maintaining that the Confederacy was not a sovereign state but an agent of insurrection.

When the Union navy seized ships trying to run the blockade, their owners argued that a country cannot interfere with shipping on the high seas except during war, and one cannot be at war except with another sovereign state. The U.S. Supreme Court approved the captures in an ambiguous opinion that held that an armed conflict existed, even though one side was not a sovereign state. The opinion suggests a certain latitude for countries to use blockades against internal as well as external enemies.

Human Rights Watch argues that a blockade to strike at a terrorist organization constitutes a collective penalty against a civilian population, in violation of Article 33 of the fourth Geneva Convention. This argument won’t stand up. Blockades and other forms of economic sanction are permitted in international law, which necessarily means that civilians will suffer through no fault of their own.

Most attention has focused on the question whether Israeli commandos used excessive force while taking control of one of the flotilla ships, which resulted in nine deaths. Human Rights Watch says that Israel’s actions violated the 1990 United Nations Basic Principles on the Use of Force and Firearms by Law Enforcement Officials. However, that document is not international law; its principles are akin to a set of « best practices » for advising countries with poorly trained police forces. It is also vague and it would not apply to a military operation.

Military operations must respect the principle of proportionality, which is a fuzzy, « know-it-when-you-see-it » test. But one thing is clear. Ships that run blockades may be attacked and sunk under international law. If Israel had exercised that right, far more than nine people would have been killed.

Mr. Posner, a professor at the University of Chicago Law School, is the author of « The Perils of Global Legalism » (University of Chicago Press, 2009).

Voir aussi:

Extraits:

Israël et le reste du monde semblent parler des langues morales dissonantes. Comment, se demandent les Israéliens, peut-on confondre des activistes pro-Hamas utilisant des couteaux avec des pacifistes? Qu’y a-t—il de pro-paix au fait de renforcer le contrôle du Hamas sur Gaza et de réduire ainsi la probabilité d’une solution à deux-états ? D’ailleurs, qu’y a-t—il de pro-palestinien au fait de condamner les habitants de Gaza à l’oppression jihadiste ?

En faisant appel à la conscience du monde, les ennemis jihadistes d’Israël ont appris à transformer leur impuissance relative en atout stratégique. Israël est de plus en plus contraint à choisir entre l’autodéfense et l’acceptation par les nations. Le résultat probable sera un sens croissant de légitimité parmi les jihadistes et un sens croissant de démoralisation parmi les Israéliens.

L’aliénation croissante entre l’Israël et l’opinion mondiale est une négation tragique de la vision sioniste. Pour les fondateurs d’Israël, l’objet du sionisme n’était pas seulement de ramener les juifs à leur patrie mais de les réintégrer à la communauté des nations. La cause première de l’antisémitisme, arguait le penseur proto-sioniste du 19ème siècle Leon Pinsker, était la crainte humaine des fantômes: Les juifs, un peuple désincarné sans terre, hantaient les nations. En les rematérialisant et les faisant passer d’éternels errants à une nation comme les autres, avait-il prédit, la maladie de l’antisémitisme serait guérie. Aujourdhui, cependant, c’est l’Etat juif lui-même qui est la cible de la démonisation. Le résultat est une crise de confiance parmi un certain nombre de juifs par rapport à la capacité du Sionisme à leur assurer la sécurité. Yossi Klein Halevi

Israelis Wonder: Has the World Lost Its Mind?
The U.N. Security Council urgently convenes to create yet another anti-Israel kangaroo court—even as the sanctions effort against Iran’s nuclear program falters.
Yossi Klein Halevi
The WSJ
June 4, 2010

Jerusalem

The outcry in Israel over the operation against the Gaza flotilla has cut across political lines. Yet unlike the outrage being expressed abroad, the concern here is over tactics, not morality. « It’s not enough to be right, » wrote one liberal columnist in the daily Ma’ariv, « one also needs to be smart. » The assumption that Israel was right to stop the flotilla—and right to maintain its siege on Hamas-led Gaza—is largely a given here.

Israel and the rest of the world seem to be speaking dissonant moral languages. How, Israelis wonder, can pro-Hamas activists wielding knives be confused for peace activists? What is pro-peace about strengthening Hamas’s grip on Gaza and thereby reducing the likelihood of a two-state solution? For that matter, what is pro-Palestinian about condemning the people of Gaza to jihadist rule?

The disconnect between Israel and the international community begins with radically differing perceptions over why the peace process has faltered. Most Israelis believe that their country, under Labor and Kadima governments, made repeated efforts to achieve a two-state solution, only to be rebuffed by Palestinian leaders. The election of Benjamin Netanyahu as prime minister, Israelis note, wasn’t the cause of the breakdown of the peace process. It was the result. Even today, Fatah leaders continue to insist on the right of Palestinian refugees to return to Israel—rather than to a Palestinian state—thereby undermining Israel’s Jewish majority. Fatah insists, in other words, that the price for a two-state solution is a one-state solution.

In principle, the Israeli mainstream has endorsed the two-state vision of the international community. Many in Israel, and not only on the left, argue that a Palestinian state is an existential need for Israel—to extricate it from growing pariah status, from the moral dilemmas of occupation, and from an untenable choice between its democratic and Jewish identities.

But at the same time, Israelis also define a Palestinian state as an existential threat. Israelis fear that an independent Palestine would be either unwilling or unable to control terrorists from attacking the Israeli heartland just over the West Bank border. Even primitive Qassam rockets could make normal life in Tel Aviv and Jerusalem impossible. Moreover, international condemnation of Israel’s 2009 war against Hamas—initiated after Israel withdrew from Gaza and then endured three years of almost daily rocket attacks—has convinced Israelis that they would be denied world approval to re-invade the West Bank in response to terrorist provocation.

The growing estrangement between Israel and world opinion is a tragic negation of the Zionist vision. For Israel’s founders, Zionism wasn’t only about returning the Jews to their homeland but to the community of nations. The root cause of anti-Semitism, argued the 19th century proto-Zionist thinker Leon Pinsker, was the human fear of ghosts: The Jews, a disembodied people without a land, were haunting the nations. By « concretizing » the Jews and turning them from wanderers into a nation like any other, he predicted, the illness of anti-Semitism would be cured.

Now, though, it’s the Jewish state that is the target for demonization. The result is a crisis of confidence among some Jews in Zionism’s ability to keep them safe.

From its founding, the state of Israel, denied legitimacy by its Arab neighbors, has had to contend with diplomatic isolation. It responded with daring and creativity. In the 1950s, Israel dispatched agricultural advisers to Africa and Asia, becoming a role model for developing nations. Later, its high-tech industries helped shape a strategic alliance with India.

The low point in Israel’s international stature occurred after the 1973 Yom Kippur War. Under pressure from the Arab oil boycott, Third World countries severed relations with the Jewish state. At the U.N., PLO leader Yasser Arafat declared that Israel had no right to exist and received a standing ovation from the General Assembly. A year later, in 1975, the U.N. voted to declare Zionism a form of racism.

With the collapse of the Soviet Union, which had instigated the anti-Zionism campaign, Israel’s status abruptly changed. The Zionism-racism resolution was repealed. And by the early 1990s, Israel was maintaining relations with most of the non-Muslim world.

The Zionist vision of acceptance by the nations seemed finally on its way to being fulfilled. The result was a greater willingness among Israelis to take risks for peace, as expressed by the 1993 Oslo peace process.

Now, Israel’s international status is perhaps even worse than it was in the 1970s. Anti-Israeli animus then was largely a result of political and economic motives. Today, however misguided, the moral outrage against Israel is real.

By appealing to the world’s conscience, Israel’s jihadist enemies have learned how to turn their relative powerlessness into a strategic asset. Israel is being increasingly forced to choose between self-defense and acceptance by the nations. The likely result will be a growing sense of empowerment among jihadists, and a growing sense of desperation among Israelis.

Israelis watch with cynical astonishment as the U.N. Security Council urgently convenes to create a Commission of Inquiry—yet another anti-Israel kangaroo court—even as the sanctions effort against Iran’s nuclear program falters. They contrast the banner headlines in the world’s media over the flotilla with the barely noted news item of recent days that Tehran now has enough uranium for two nuclear bombs. And as some self-described friends of Israel are publicly wondering whether the Jewish state needs to be « saved from itself, » Israelis reciprocate the outrage and ask: Has the world lost its mind?

Mr. Klein Halevi is a fellow at the Shalom Hartman Institute in Jerusalem and a contributing editor to The New Republic.

Voir enfin:

Conflits contemporains: une approche de la guerre asymétrique
Terrorisme.net
27 décembre 2003

Dans le contexte actuel dominé par les préoccupations liées au terrorisme, l’expression de « guerre asymétrique » revient constamment. Publié cette année, un livre de Jacques Baud s’efforce de clarifier ce concept galvaudé.

Si elle trouve des applications d’actualité dans l’approche des phénomènes terroristes, la guerre asymétrique n’est cependant pas limitée à ceux-ci. Plus généralement, elle exprime une transformation dans les rapports de force par rapport aux conflits tels que nous les connaissions – par exemple – durant l’époque pas encore si lointaine de la guerre froide. Elle est souvent, remarque d’emblée Jacques Baud, « une confrontation entre des systèmes politiques, sociaux, culturels, organisationnels obéissant à des logiques différentes » (p. 11). Elle se caractérise également par une relation différente à l’espace:

« Au plan opérationnel, le ‘champ de bataille’ a cédé la place à ‘l’espace opérationnel’, qui peut être défini comme le volume dans lequel les opérations sécuritaires et militaires sont menées. Il englobe l’espace tridimensionnel traditionnel, où les opérations sont menées physiquement, mais il comprend aussi l’espace hertzien (‘éther’), domaine de la guerre électronique, le cyberespace, où circule l’information numérique, l’infosphère où sont pratiquées les manipulations des opinions et l’espace humain, dont les interactions subtiles sont au coeur des problèmes sécuritaires modernes. » (p. 32)

La nouveauté – outre des espaces (comme le cyberespace) qui n’existaient pas précédemment et une dimension du temps différente – est que sur le succès sur le champ de bataille dépend de plus en plus des autres espaces.

L’auteur consacre plusieurs pages à s’efforcer de débroussailler la notion d’asymétrie, qui demeure souvent floue, observe-t-il – et peut-être est-ce d’ailleurs ce flou qui contribue à sa prolifération. Mais sa diffusion a été rapide, puisque ce n’est guère avant le milieu des années 1990 que l’expression de « conflit asymétrique » commence réellement à se répandre (p. 85).

L’asymétrie, explique Jacques Baud, n’est pas simplement un usage dissymétrique de la force, c’est-à-dire l’opposition de forces armées de structures, volumes, équipements, technologies ou doctrines différents. L’auteur insiste donc sur l’utilité de la distinction entre dissymétrie (c’est-à-dire des disparités capacitaires) et asymétrie, qui « peut être assimilée à un concept stratégique » (p. 93).

L’asymétrie s’efforce en effet de convertir « la supériorité de l’adversaire en faiblesse » (p. 96). Elle va donc jouer notamment sur les registres de l’information et de la communication. Alors que la guerre conventionnelle poursuit des objectifs stratégiques de nature matérielle (conquête de territoire, etc.), la guerre asymétrique a « des objectifs stratégiques de nature souvent immatérielle, avec un accent sur la légitimité » (p. 101). Bref, les stratégies asymétriques « visent davantage à influencer et à infléchir qu’à conquérir » (p. 107).

Non-violence, violence politique, terrorisme et « une partie de la guerre de l’information » sont classées par l’auteur dans la catégorie des guerres asymétriques. Les moyens utilisés seront liés à la finalité du conflit.

Jacques Baud consacre notamment tout un long passage de son ouvrage (pp. 114-146) à un tour d’horizon de la question du terrorisme – ou plutôt des terrorismes, puisque l’auteur est du nombre de ceux qui insistent (légitimement) pour l’usage du pluriel afin d’éviter d’ajouter à la confusion qui entoure parfois ce terme. Quant au terrorisme au singulier, il est « une méthode de combat », fondée sur l’usage de la terreur – et c’est en tant que méthode qu’il doit être considéré comme inacceptable, indépendamment de la légitimité de la cause, insiste l’approche occidentale. Mais Jacques Baud s’intéresse depuis trop longtemps à ces phénomènes pour ne pas avoir conscience qu’une définition fondée uniquement sur la méthode a ses limites, d’autant plus qu’elle peut conduire (et conduit souvent de fait) à la conclusion que des réponses similaires peuvent être appliquées à différents types de terrorisme. Or, si cela est dans une large mesure valable face aux effets du terrorisme, Baud souligne pertinemment qu’il n’en va pas de même des stratégies visant à anticiper et à prévenir le terrorisme, qui doivent être adaptées aux spécificités de chaque cas. En fait, il plaide pour l’analyse rigoureuse, qui sache éviter à la fois l’application systématique de la même grille de lecture à des actes différents et les idées toutes faites (terroristes considérés comme des psychopathes), qui sont loin de correspondre à tous les cas.

Baud esquisse également une classification en fonction de la nature du terrorisme, qui n’est probablement pas la partie la plus convaincante de l’ouvrage, car toute classification se heurte rapidement à des difficultés, liées notamment à la superposition de différentes dimensions. La classification soulève inévitablement aussi la question délicate des limites de la définition du terrorisme: le « terrorisme de guérilla », par exemple, s’il se concentre sur des forces militaires uniquement dans le cadre d’une guerre de libération, ne sera pas unanimement défini comme terrorisme. En outre, on devine que l’auteur a tenté de combiner en une seule classification des catégories provenant de sources diverses, ce qui soulève parfois des problèmes de cohérence. Mais c’est un obstacle auquel se trouve confronté quiconque s’attaque à cette entreprise: cette section du livre présente l’avantage d’offrir à ses lecteurs, de façon relativement concise, un panorama des différents types de terrorisme que nous rencontrons aujourd’hui dans le monde, ce qui permet par la même occasion de rappeler que les formes extrémistes de l’islam n’en sont qu’une manifestation parmi bien d’autres.

Quant à la lutte contre des stratégies asymétriques, Jacques Baud lui consacre le 5ème chapitre de son livre. Il définit cette lutte à trois niveaux: renseignement, stratégie et action. Et il insiste également sur l’importance du choix des moyens: « L’application de la force – par opposition à la violence – ne saurait être liée à l’arbitraire. » (p. 178) L’on ne saurait donc trop souligner l’importance de la légimité, liée à une perception et à une stratégie adéquate de communication.

Le livre de Jacques Baud constitue à la fois une réflexion et une information sur les nouvelles formes de guerre, un sujet qui suscite un grand intérêt depuis la fin de la guerre froide. Son ouvrage intéressera donc les spécialistes ou amateurs de stratégie ainsi que, plus largement, tous ceux qui se consacrent à l’analyse des développements internationaux et à la réflexion prospective.

Jacques Baud, La Guerre asymétrique ou la défaite du vainqueur, Paris, Editions du Rocher, 2003 (212 p.)

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