Turquie: Attention, une flottille de la paix peut en cacher une autre (Operation Attila: Looking back at Turkey’s other historic peace flotilla)

Image result for turkey invasion cyprus
Image result for Turkish occupation Cyprus stamp
Cyprus was an anomaly, Christianity’s forward position in a Muslim sea, isolated, fertile, hundreds of sea miles from Venice, both a provocation and a temptation to the sultans in Istanbul – ‘an island thrust into the mouth of the wolf’, one Venitian called it. Roger Crowley
Malta had escaped; five years later, Cyprus — scene four — was not so lucky. The island had been a Venetian colony since 1488, but after the fall of Rhodes, as Mr. Crowley notes, « Cyprus was an anomaly, Christianity’s forward position in a Muslim sea. » In 1570, the Turks attacked. There were two sieges, but the stories of these are overshadowed by a third tale, about the victors’ infamous treatment of the Venetian commander, Marcantonio Bragadin. After surrendering on honorable terms, he was dragged around the walls of the city of Famagusta, hauled to the yardarm of the Turkish flagship, and then tied naked to a column and flayed alive. His skin is still preserved in Venice, above his tomb in the church of Santi Giovanni e Paolo. The WSJ
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique de Villepin (Paris, automne 2001)
Cet acte, totalement contraire aux principes du droit international, est un acte inhumain de terrorisme d’Etat. Erdogan
Il n’est plus possible de cacher ou d’ignorer l’illégalité d’Israël. (…) La communauté internationale doit désormais dire ’ça suffit’(…) Les déclarations de condamnation, sans autre contenu, ne suffisent pas … il doit y avoir des résultats. Erdogan
C’est donc en connaisseur du racisme d’Etat et du scandale des bantoustans qu’il témoigne son soutien au peuple palestinien, qui connaît une situation comparable à celle des noirs dans l’ancien régime de Prétoria. Politis (évoquant le témoignage du romancier suédois Henning Mankell, présent sur l’un des bateaux de Gaza)
Il serait singulier que la Turquie, elle aussi candidate à l’Union [mais à l’horizon 2008], continue d’occuper militairement une portion de l’organisation qu’elle souhaite précisément intégrer. Si tout se passe comme nous l’entendons, les Quinze auront mis fin à un conflit sans mobiliser le moindre soldat. Du jamais-vu! Fonctionnaire européen (2002)
La Turquie a envahi de façon barbare 37 % de notre patrie et a pris le pouvoir par les armes. Patriarche Chrysostomos II (chef de l’Église orthodoxe chypriote)
L’opération Attila, laquelle mérite bien son nom, vu les atrocités qui l’accompagnèrent, c’est-à-dire le débarquement d’une forte armée qui occupa rapidement tout le Nord de Chypre – près de 40 % de sa superficie totale. Les habitants grecs de cette région s’enfuirent en masse – au nombre de cent quatre-vingt mille –, mais il y eut plus d’un millier de ‘disparus’ parmi les civils, certainement tués par les Turcs. François Crouzet
La politique de colonisation menée par Ankara grâce à l’afflux de 90 000 villageois d’Anatolie cause un déséquilibre, au point que nous, les 75 000 Chypriotes turcs, sommes désormais minoritaires dans notre pays. Alpay Durduran (opposant nord-chypriote)
A quoi attribuer cette haine préexistante qui assure la dénonciation d’Israël dans les termes les plus féroces – ou, pour employer le langage politiquement correct, ‘disproportionnés’? Il ne peut s’agir de ‘terre occupée’, étant donné les millions de km2 mondiaux actuellement occupés, de la Géorgie à Chypre et au Tibet. Ni de capitale divisée – Nicosie est partitionnée par un mur. Ce n’est pas une réaction exagérée à l’usage de la force en soi – les Russes ont rasé Grozny et abattu des dizaines de milliers d’habitants sans déranger un monde largement assoupi. Et cela ne peut pas être l’échelle de la violence, étant donné ce que nous voyons d’heure en heure au Pakistan, au Darfour et au Congo. Et, étant donné les histoires arménienne, grecque et kurde (et les réactions qu’elles ont tour à tour soulevées), le gouvernement turc actuellement outragé n’est sûrement pas un référent crédible en matière de violence disproportionnée. Victor Davis Hanson

Attention: une flottille de la paix peut en cacher une autre!

Mur de la honte, ligne verte, barbelés, miradors, chars, hommes de troupe, check points, couvre-feu, paupérisation, spoliations et expropriations, trafics illicites, partition ethnique, casques bleus, subventions européennes massives …

Alors que cinq jours après la violente tentative de forçage du blocus militaire de Gaza par des groupes pro-palestiniens, les donneurs de leçons, Turquie en tête, se déchainent contre le seul gouvernement israélien (même la Chine, en ce 21e anniversaire de Tienanmen, se dira choquée!) …

Et qu’au moment où arrive à nouveau de Chypre un 7e bateau forceur de blocus …

Où, hasard du calendrier au lendemain d’un énième assassinat d’un religieux chrétien en Turquie (le chef de l’Eglise catholique, cette fois, sauvagement égorgé par son chauffeur), le Pape entame un voyage de trois jours …

Petit retour sur une autre opération et flottille de la paix étrangement oubliée, 36 ans après par nos medias et la diplomatie internationale, certes fort occupés par les exactions quotidiennes de l’entité sioniste ….

A savoir l’Opération pour la paix de Chypre (dite aussi Opération Attila) par laquelle, une Turquie qui venait de régler, comme on le sait, la question chrétienne (dans ses versions grecque, assyrienne ou arménienne) au sein de son propre pays, avait sauvé la paix sur l’ile qui sert aujourd’hui de base de départ aux actuelles flottilles de la paix …

Apportant, entre ligne verte, mur, miradors et checkpoints, tous les symboles d’une pacification réussie à une Chypre et à un monde éternellement reconnaissants

Chypre : le dernier mur d’Europe?
Luce Ricard
Nouvelle Europe
03-11-2009

20 ans après le 9 novembre 1989, c’est une Europe persuadée d’en avoir fini avec les murs qui fête l’Allemagne réunifiée. Cependant, les yeux rivés sur son côté est, elle omet de regarder au sud, vers Chypre, île coupée en deux, seulement de jure dans l’Union européenne et où la notion de mur de séparation n’appartient toujours pas au passé.

Une île et une capitale divisées

Chypre est aujourd’hui une île au profil pour le moins atypique : il n’existe officiellement que la République de Chypre, membre de l’ONU et de l’UE. En effet, la moitié nord de l’île n’est reconnue que par la Turquie en tant que République turque de Chypre Nord. La « ligne verte », dite « ligne Attila » sépare les deux entités et les 200 000 Chypriotes turcs, au nord, des 700 000 Chypriotes grecs, au sud. L’adhésion de Chypre à l’Union européenne en 2004 n’a pas clarifié la situation puisque l’île est de jure membre de l’UE mais de facto seule la partie sud fait partie de l’UE.

À Chypre, les violences ont débuté en 1963 avec la chute du gouvernement bicommunautaire suivie en 1974 par l’opération « Aphrodite » lancée par le régime des Colonels en Grèce (opération ayant pour objectif le rattachement de Chypre à la Grèce) ayant eu pour réponse l’intervention puis l’occupation turque de la partie nord de l’île. Dès lors, l’île, dont la capitale, est coupée en deux. Premier effet de la ligne verte : séparer Chypriotes grecs et Chypriotes turcs mais aussi la population de ses biens. Illustration souvent reprise par les médias de cette situation d’expropriations : le cas de Mme Loizidès, en 1989 – année de la chute du mur de Berlin – Titina Loizidès a réussi à faire condamner Ankara par la Cour européenne des droits de l’homme car l’occupation militaire la prive de l’usufruit de sa maison et de son terrain.

Nicosie est la seule capitale au monde à être coupée en deux par une zone démilitarisée contrôlée par l’ONU. La comparaison avec le Mur de Berlin est tentante puisque la séparation de la « double capitale » se matérialise par un mur et des check points. Sur l’île, quelques minutes suffisent pour passer du check point chypriote grec au chypriote turc mais venant de la partie sud, il n’est pas autorisé de revenir d’une excursion au nord après 17h. Cependant, pour beaucoup, le mur chypriote est avant tout incarné par la présence militaire turque au nord de l’île, forte de 300 chars et 40.000 hommes.

Un mur qui marque mentalités et sociétés

Abattre le dernier mur d’Europe afin de ré-unifier Chypre est l’objectif que se donnent beaucoup. Or, ce n’est pas si simple. La ligne de séparation constitue un traumatisme pour nombre de Chypriotes. Certains continuent de mêler nostalgie, rancœur et revendication par le biais de symboles marquants comme c’est le cas depuis 27 ans à Famagouste, Kyrenia et Morphou, en plein territoire chypriote turc, où sont toujours organisées les élections municipales, pour désigner un maire chypriote grec en exil. Pour nombre de Chypriotes, un combat est à mener, celui de la mémoire pour transmettre le souvenir d’une île unifiée mais aussi d’un conflit aux nouvelles générations.

En outre, si la ligne verte venait à être détruite, on pourrait redouter qu’un « mur virtuel» ne subsiste. En effet un mur s’est également construit dans l’esprit des habitants qui vivent séparés depuis 1974 et pour qui les habitants du village de l’autre côté représentent l’ « Autre ». La « ligne verte » cristallise un ressentiment général et laisse à penser qu’une réunification de l’île ne signifiera pas une réconciliation immédiate.

Par ailleurs, en cas de réunification de l’île, une autre ligne de séparation virtuelle persistera : celle qui sépare deux moitiés d’île au développement hétérogène. Le sud a connu une certaine croissance et modernisation qu’il doit en partie au tourisme contrairement au nord qui se vide peu à peu de sa population. En effet, le nord est en crise depuis la dévaluation de la monnaie turque et les faillites en série des banques. La vie d’un Chypriote du nord ne ressemble pas à celle de son voisin du sud : son salaire est de quatre fois inférieur. La fameuse ligne verte ne fait pas qu’empêcher une réunification de l’île, elle condamne également les populations à une hétérogénéité qui compliquera tout rapprochement.

Implications internationales

Une des caractéristiques frappantes du conflit chypriote est son absence dans les médias européens et son quasi abandon par la diplomatie internationale. En effet, il semblerait que cette question pourtant épineuse ne soit abordée que lors d’échéances telles que l’adhésion de l’île à l’UE ou les négociations tournant autour de la candidature turque.

La dernière tentative visant à résoudre la question chypriote est celle du plan de réunification proposé par Kofi Annan en novembre 2002. Ce plan s’appuyait sur l’implication directe des dirigeants des deux communautés, turque et grecque et sur trois États que l’on pourrait qualifier de « parrains », la Grèce, la Turquie et le Royaume-Uni. Ce « plan Annan » proposait la création d’une confédération relativement lâche, inspirée du modèle suisse, réunissant les deux communautés. En avril 2004, le plan était proposé par référendum et rejeté par la communauté chypriote grecque, mettant un terme aux espoirs de ceux qui souhaitaient que l’adhésion de Chypre à l’Union européenne soit l’occasion d’une ré-unification de l’île. Pour certains, l’échec de ce plan a renforcé les espoirs des leaders séparatistes de parvenir à une quasi-indépendance internationalement reconnue. Enfin, si le plan Annan permettait l’adhésion d’une île unifiée, il ne remettait pas en cause de la logique de séparation ethnique et n’apportait que des réponses partielles aux spoliations des terres des Chypriotes grecs. Enfin, concernant cet échec, force est de constater le manque d’anticipation de l’UE qui voyait dans la perspective d’adhésion un catalyseur suffisant pour assurer une réconciliation chypriote.

Une situation de plus en plus intenable pour l’UE

L’adhésion à l’Union européenne de Chypre en 2004, avant même le règlement du conflit chypriote a donné lieu à une situation absurde puisque Chypre dans sa totalité est membre de l’UE et qu’en réalité seule la moitié sud bénéficie de l’adhésion. Des dizaines de milliers de Chypriotes turcs vivant dans la partie nord ou dans le reste du monde ont demandé et obtenu des passeports de la République de Chypre et ce, malgré les appels de certains de leurs leaders à ne pas le faire et à continuer d’utiliser les passeports turcs fournis par la Turquie. Ces initiatives ont non seulement rappelé que la République de Chypre inclut tous les Chypriotes mais également que des dizaines de milliers de citoyens européens ne jouissent pas des droits et prérogatives qui sont ceux des autres citoyens de l’UE.

Le rôle de l’Union européenne au nord de l’île est ambigu : un bureau européen chargé de superviser l’utilisation de fonds envoyés au nord perçu comme « le poste avancé de l’UE » dépend de la Direction générale de l’élargissement de l’UE et non pas de la représentation de la Commission européenne à Nicosie. La République de Chypre, voulant empêcher à tout prix une reconnaissance de la RTCN, a un droit de regard sur l’utilisation des fonds versés par l’UE au nord, ce qui ne va pas sans attiser la colère des Chypriotes turcs pour qui « la partie chypriote grecque essaye d’empêcher le développement de (nos) relations avec l’UE et de renforcer notre isolement économique », selon les accusations de Mehmet Ali Talat, Président de la RTCN.

Nouveau casse-tête européen annoncé, celui qu’incarne la volonté chypriote d’intégrer l’espace Schengen dans les années à venir alors que la ligne verte ne constitue pas une frontière perméable vers la RCTN, région connue pour ses nombreux trafics illicites. Une entrée de Chypre dans l’espace Schengen impliquerait un contrôle des passages des biens et personnes sur la ligne verte par les Chypriotes du sud et donc une reconnaissance implicite de la frontière, ce que Nicosie veut à tout prix éviter.

Enfin, la question mérite d’être posée : la situation est elle moralement tenable pour l’Union européenne ? Le flou que constitue l’île de Chypre et le conflit latent qui l’accompagne plongent l’UE dans l’embarras, qui gère aujourd’hui la situation à la manière d’une préparation à une intégration d’un espace du genre de la République démocratique allemande, en aidant la moitié nord dans une optique de remise à niveau économique de la RTCN aide qui doit transiter par la République de Chypre. Cependant, la question de l’adhésion de la Turquie impose à l’UE de se tourner vers la question chypriote, qui ne manque pas d’être intégrée et instrumentalisée dans le débat, ce que redoute Ankara.
L’exaspération de la population

La communauté internationale comme l’Union européenne semblent aujourd’hui impuissantes face à la situation chypriote. L’espoir d’une résolution du conflit et la fin de la partition serait dès lors à chercher du côté de la population elle-même qui est de plus en plus nombreuse à faire connaître son exaspération. Côté nord, les Chypriotes turcs sont de plus en plus critiques de la politique d’Ankara. « La politique de colonisation menée par Ankara grâce à l’afflux de 90 000 villageois d’Anatolie cause un déséquilibre, au point que nous, les 75 000 Chypriotes turcs, sommes désormais minoritaires dans notre pays » dénonçait récemment un leader du nord. Ces dernières années, se sont multipliées les manifestations dénonçant la présence militaire turque au cri de « Chypre est à nous ». Il se pourrait qu’un développement du sentiment d’identité chypriote et non plus turque ou Chypriote turque au nord doublé d’une volonté d’être des citoyens européens à part entière puisse constituer la meilleure promesse d’une réunification. En effet, l’appropriation de la question chypriote par les Chypriotes eux-mêmes en dehors du cadre gréco-turc.
Un espoir : les nouveaux dirigeants

Malgré l’accumulation d’échecs et de blocages connus par Chypre, il semblerait que l’arrivée au pouvoir de nouveaux dirigeants puisse constituer un espoir vers une « chute du mur chypriote ». A l’issue d’une première rencontre le 21 mars 2008 dans une zone « neutre » de la capitale et sous l’égide du représentant spécial des Nations unies pour Chypre, Michael Poller – M. Christofias, Président de Chypre et Mehmet Ali Talat, le leader de la République turque de Chypre Nord, ont annoncé qu’ils débuteraient des négociations en vue d’une réunification.

Ce réchauffement des relations entre le nord et le sud de l’île se traduit par la politique de « la porte ouverte ». Depuis 2003, plusieurs points de passage pour piétons ont été ouverts dans l’île et à Nicosie. Des contrôles d’immigration et de douanes sont aussi en place à ces points de passage, la Commission européenne accordant une aide de plus de 100 000 euros pour les travaux de sécurisation du nouveau passage.

Des côtés grec et turc, l’heure est aussi à l’apaisement : le gouvernement d’Ankara arrivé au pouvoir en 2002 a su résister aux pressions du lobby chypriote turc dirigé depuis trente ans par M. Denktash et le nouveau Premier ministre grec, dont le premier déplacement a eu lieu à Istanbul, est déterminé à faire avancer la relation gréco-turque. Par ailleurs, M. Papandréou (Grèce) et M. Christofas (Chypre) ont réaffirmé leur volonté de voir la question chypriote réglée en même temps que l’adhésion de la Turquie à l’UE via la mise en place du plan Annan et l’application uniforme de l’acquis communautaire sur l’île.
Rue de Ledra, symbole de la « porte ouverte »

Le cas du mur de la rue Ledra à Nicosie, abattu en mars 2007, est devenu le symbole de cette nouvelle politique de la « porte ouverte ». Si cette rue revêt une importance particulière, c’est parce qu’elle constitue un symbole historique puisqu’on y avait dressé les premières barricades au début des années 1960. À la fin des années 1950, cette artère commerciale gagna le surnom de « kilomètre du meurtre », en référence aux attaques de l’Eoka, milice chypriote grecque d’extrême droite, contre l’occupant britannique. Dès Noël 1963, les barricades apparurent et les heurts entre les deux communautés se multiplièrent, ce qui entraîna l’intervention de l’ONU. Après l’invasion de l’armée turque en juillet 1974, la rue fut définitivement coupée en deux. Lors de la réunification de la rue, la presse européenne titra alors sur la chute du « dernier mur d’Europe », soulignant la charge symbolique de l’événement. Cependant, pour beaucoup, l’ouverture de la rue est un non-événement puisque le libre passage entre les deux parties de la rue Ledra dépend encore, après la destruction du mur, du bon vouloir des troupes turques et la réalité de l’île est celle d’une division ethnique dans le cadre d’une présence militaire turque largement déployée.

Le mur chypriote constitue un véritable bourbier : la communauté internationale comme l’Union européenne peinent à s’impliquer concrètement dans la question puisque ce serait reconnaître qu’il existe une « question chypriote » et donc une partition de l’île. Cependant, en refusant de s’atteler à une situation certes au premier abord inextricable mais incontournable avant 2004, l’UE se retrouve aujourd’hui au pied du mur – le mur turc – et ne pourra plus se voiler longtemps la face.

Voir aussi:

The Turkish Government
Global Arbiter of Ethnic Violence?

Victor Davis Hanson
NRO’s The Corner
June 1, 2010

The virulent worldwide reaction to Israeli’s handling of the Gaza flotilla has been quite instructive. The bankrupt Greeks, for example, are taking a holiday from railing at the Germans to demonstrate in solidarity with the Turkish-organized Gaza effort, which puts them on the same side as those whose government supports the occupation of much of Greek-speaking Cyprus and its divided capital.

No one in Europe worried much about the constant shower of missiles from Gaza in the past. No one in Europe said a word when North Korea torpedoed and slaughtered South Koreans on the high seas. No one objected when the Iranians hijacked a British ship and humiliated the hostages.

We ourselves seem to be getting a sort of novel pass for executing scores of suspected terrorists — and anyone in their vicinity — in our new, stepped-up Predator drone assassinations.

But the Western and Islamic worlds have a preexisting furor at the Jewish state that can be tapped at will by almost any pro-radical-Palestinian group clever enough to do proper PR after a desired asymmetrical confrontation. The fallout from Sharon’s visit to the Temple Mount, the distortions around the 2002 terrorist storming of the Church of Nativity, the 2006 Lebanon war — over time, these incidents do their part, in weird fashion, to incur hatred for a liberal democracy while creating sympathy for a theocratic thugocracy like Hamas.

What explains this preexisting hatred, which ensures denunciation of Israel in the most rabid — or, to use the politically correct parlance, “disproportionate,” terms? It is not about “occupied land,” given the millions of square miles worldwide that are presently occupied, from Georgia to Cyprus to Tibet. It is not a divided capital — Nicosia is walled off. It is not an overreaction in the use of force per se — the Russians flattened Grozny and killed tens of thousands while the world snoozed. And it cannot be the scale of violence, given what we see hourly in Pakistan, Darfur, and the Congo. And, given the Armenian, Greek, and Kurdish histories (and reactions to them), the currently outraged Turkish government is surely not a credible referent on the topic of disproportionate violence.

Perhaps the outrage reflects simple realpolitik — 350 million Arab Muslims versus 7 million Israelis. Perhaps it is oil: half the world’s reserves versus Israel’s nada. Perhaps it is the fear of terror: draw a cartoon or write a novel offending Islam, and you must go into hiding; defame Jews and earn accolades. Perhaps it is anti-Semitism, which is as fashionable on the academic left as it used to be among the Neanderthal right.

Perhaps there is also a new sense that the United States at last has fallen into line with the Western consensus, and so is hardly likely to play the old lone-wolf supporter of Israel in the press or at the U.N.

At this point, it doesn’t much matter — as this latest hysterical reaction reminds us, much of the world not only sides with Israel’s enemies but sides with them to such a degree as to suggest that, in any existential moment to come, the world either will be indifferent or will be on the side of the side of Israeli’s enemies.

Quite frightening, when you think of it.

Voir également:

Full Text of Recep Tayyip Erdogan’s Speech on Israel’s Attack on Aid Flotilla
June 2nd, 2010

(extraits)

Today I do not only want to speak to my dear people but to all of humanity.

I want to call to the conscience and hearts and minds of the whole of humanity, I would like to share courageously my feelings.

Yesterday, in the darkest moment of the night two bloody attacks occurred.

The first of them was the terrorist attack against our military troop at the Iskenderun Naval Base. In this malicious, vicious attack six of our soldiers died, and they have become martyrs. Seven of our soldiers have been injured.

The second, at dawn in the waters of the Mediterranean Sea, the heart of humanity has taken one of her heaviest wounds in history. The aid ships, from the humanitarian heart, these flowing aid ships have been hindered with guns, by violence, despotism.

They, who with mercy, compassion and humaneness, loaded onto these ships, they could not reach their place of destination, they were wreaked in carnage.

Yesterday, beginning in the morning hours, armed elements of the Israeli Army stopped humanitarian aid being brought to the Gazan people, from more than 32 countries, with 600 people inside carried by the Free Gaza Flotilla, in international waters, in an absolutely illegal way did they attack, spilling the blood of innocent humans.

At this violent attack, resulting in casualties and persons being wounded, the humanitarian aid ships were seized and sequestered. This inhuman attack against those women, young people, religious functionaries that the ship was carrying, I do one more time strongly, severely condemn.

I have declared in Chile. Here I do stress it one more time. The bloody massacre of Israel, brought against the ships bringing humanitarian aid to Gaza is a massacre deserving of any kind of curse and condemnation. This is openly an attack against international law, against the heart of humanity, against world peace; I say against the heart of humanity, for, on those ships were people from all nations, all religions. People alone and they only were bringing humanitarian aid to those under blockade, embargo, to the people in Gaza. The ships, before they left openly declared to the entire world their cargo, their intention, their mission. As witness to this openly humanitarian aid from the world and our country 60 journalists have entered the ships as well. In international waters, in open sea, this armed attack against 600 people and 6 ships which were carrying aid to oppressed people, poor people, to starved people, to people whose homes were destroyed – this was openly an attack against the basic philosophy of the United Nations. Erdogan Regrettably I must say, the incidents which occurred yesterday, in terms of humanity’s collective civilisation and culture have been a black mark. In terms of history of humanity this has been recorded as a major shame. Attacking humanitarian aid ships with arms, to massacre innocent people, treating civilians as terrorists is in terms of humanity a great defeat. A despicably cowardly and vicious act of presumption that is recklessness and dauntless. [20 seconds applause].

We know, war as well as peace has its laws. In war you do not attack children, in war you do not attack women, old people, in war you do not attack civilians or religious functionaries, in war you do not attack those who are hoisting the white flag, health and rescue personnel; not in wartime, but in peace time, those who do these things not only violate the law, at the same time they trample humanity under their feet, they abandon humanity.

Despots, gangsters even pirates have specific sensitiveness, follow some specific morals. Those who do not follow any morality or ethics, those who do not act with any sensitivity, to call them such names would even be a compliment to them. Israel has, by attacking a ship with volunteers from 32 countries, in fact defied the world. World peace has been deeply wounded. This brazen, irresponsible, reckless government that recognises no law and tramples on any kind of humanitarian virtue, this attack of the Israeli government by all means – but by all means, must be punished.

A government, having made lying its state policy and does not blush on account of the crime it commits, instead of expecting them to open an investigation, the international community must investigate this incident in all its dimensions and must give the legal response.

The State of Turkey won’t be satisfied only by watching this. Turkey is not an adolescent, rootless state. It is in no way a tribal State! No one should attempt to play around with this nation, to test the patience of Turkey. As precious as Turkey’s partnership is, so harsh will be her hostility.

(…)

The issue is Israel’s present lawlessness, and recognising the present government’s inhuman practices, using violence, spilling blood, showing approaches that threaten peace.

Turkey has always been, in the Middle East, on the side of peace. She has contributed to regional stability and security. In the recent past, for Israel’s relations with Palestine, Syria and Lebanon to be normalized, the country contributing was also Turkey. Israel now is showing attitudes, taking the most important peace defender in the region, and opposing her. Israel from now on, must give up the carelessness it shows in explaining the injustice being practised with their justifications about security, criticism that they call anti-Semitism.

There is an understanding where violence is its policy, Israel sees that it is licit for itself to oppress, tyrannize, maltreat and she does not hesitate to shed blood. There is no longer any way for the illegal actions of Israel to be covered, to be misinterpreted intentionally, to be ignored. The time has come for the International community to say: STOP!

It is Israel who does not recognise over 100 UN Security Council resolutions against her. So, the United Nations cannot be content with the condemnation decision it has taken last night.

(…)

We cannot leave Israel with what they have done, alone. We cannot say to the Israeli government, all you do will go to your advantage. Everything has a price. And this government will have to pay for this.

For this kind of comprehension that does not show respect for human life, that they find it impossible to esteem any right and law, we cannot have a peaceful attitude, my comrades.

It is impossible to support a comprehension that does not esteem and respect the human and human rights.

A State considering the security of its own people cannot achieve this by obtaining the hate and hostility of the whole world with their actions.

An administration that does not esteem others as humans except its own people cannot have a concern called peace.

(…)

72 miles far from their own waters, entirely in open sea and international waters, Israel carried out an operation on a ship, a civil ship, not a military ship, one is not allowed even do this at all. To make an operation on a civil ship, even the capture of the passengers is itself a crime. Attacking innocent people with arms, to shed blood, and to massacre is clearly state terrorism. They deny, they say that they were shot at. We are sick of your lies, we are sick. Be honest, honest, be honest.

(…)

I have said it once before. The Israeli administrators, whom we told into their face how well they know how to murder, have one more time shown the world how good they indeed are at massacres. To comprehend, handcuffing even heavily wounded innocent people they have shot at. Hey! Can there be an explanation for his? Lying on the stretcher, wounded, you even handcuff him! Can that be explained with human rights, with universal values? It is no longer possible to tell the world how much those were shown humanity.

All people of the earth condemn this clear cruelty, I know this. But it is not enough anymore to only condemn, we have to obtain results.

All people on earth who want justice on earth, one day not power but justice will dominate, you should know that, I want this.

Turkey will use all opportunities that international law allows. At this course we will move together with the international community. I want all humanity to attract attention to this issue. With her blood-shedding policy Israel cannot legitimate this illegal, this bloody murder with any excuse, she cannot explain it.

Israel, with no excuse, no reason can wash the blood on her hands. The issue, case created by the bloody attack in the Mediterranean Sea, is not the problem between two countries but the problem of the entire world. I believe that no country considering humane values and virtues, no international institution will just watch a murder of these dimensions.

From now on, whoever shuts their eyes to the bloody attacks of Israel, whoever ignores them, should know, they are accomplices of these murders. It has been understood that the matter is not a matter of defending against terrorism, that the matter is not struggle against terrorism, but that the matter is an effort of a massacre towards a city, towards all people of a city, in order to completely exterminate them, has one more time been proven with this last incident that occurred.

You throw bombs on these people, you try phosphorous bombs on these people, you bomb hospitals, you bomb mosques, you attack schools, you bomb playgrounds, you even aim at the UN Office, as if this illegality was not enough, you also cut off all kinds of needs of those people.

And after all of this, you won’t withhold the aid volunteers who try to deliver to these people medicine, food, construction materials, to feel your inhuman savagery.

(…)

Israel, who shot a bullet on innocence and mercy, has chosen with this murder in the open sea, solitariness against the whole world. Has chosen to be isolated.

I say it one more time. If everyone keeps silent, if all shut their eyes, if all turn their backs; we, as Turkey, we won’t turn our back to Palestine, to the Palestinian people, to Gaza. We won’t shut our eyes! We won’t cease crying for Palestine!!!

My dear brothers and sisters, our nation has to be firm. Our people must have dignity worthy of Turkey. We will take it into our hearts. The wounds of our wounded we will all together heal.

We are aware with satisfaction that all around in Turkey our people with a great sensitiveness are watching the issue closely, they are showing their democratic reactions lawfully.

To say it, this is appropriate for our people. I believe that all our citizens will keep their steadfastness, and move in dignity and common sense. Everyone should know and be sure, the love and friendship ships flowing down from the heart of humanity will pass one day all hindrance, barricades and reach their destination.To those who stand behind this inhuman, this inhuman and illegal operation;

As much as you stand behind illegality, we stand behind laws.

As much as you stand behind the bloody operation, aggressiveness, behind terror, as much do we stand behind justice.

As much as you stand against civilians, against the oppressed in Gaza, Palestine as much stand we next to, behind civilians, innocent people, the Palestinian people, the people in Gaza.

We have been honoured having this status through history, we are proud of it, and also from now on we will continue to act and move with the mission our history, civilisation and State tradition has given us.

Voir enfin:

Chypre : une histoire conflictuelle
François Crouzet
Professeur émérite à l’université Paris IV-Sorbonne
Clio
Septembre 2002

La partition de Chypre que nous connaissons encore aujourd’hui est le résultat d’une histoire mouvementée et complexe due à sa position géostratégique en Méditerranée. D’un peuplement grec originel, la conquête ottomane introduisit un peuplement turc, ce qui a contribué à dresser la Grèce et la Turquie l’une contre l’autre. François Crouzet nous relate l’histoire de cette île dont le destin pourrait encore une fois basculer si était acceptée sa candidature de membre de l’Union européenne.

Les origines helléniques de Chypre

Troisième par la superficie des îles de la Méditerranée, Chypre est proche des côtes de l’Asie occidentale, mais le fait fondamental de son histoire est son caractère hellénique. Des Grecs s’y installèrent au XIIe siècle avant Jésus-Christ et à l’époque classique (V-IVe siècles), l’île était complètement hellénisée. Elle l’est restée : les quatre-cinquièmes de la population, sept cent cinquante mille habitants, parlent grec, ont une culture et un genre vie grecs et pour religion, l’Église grecque orthodoxe, qui est autocéphale, ayant été fondée par l’apôtre Barnabé. Cette hellénicité de Chypre s’est maintenue au cours des siècles, bien que l’île ait été soumise en leurs temps aux divers empires qui ont dominé la Méditerranée orientale, des Assyriens aux Ottomans et plus récemment aux Britanniques.

L’époque « franque »

Du VIIe au XIe siècle de notre ère, Chypre fut l’objet de disputes entre les Arabes et les Byzantins, puis en 1191, Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre, en route pour la troisième croisade, s’en empara ; mais il la céda en 1192 au roi de Jérusalem, dépossédé par Saladin, Guy de Lusignan. Ainsi, une dynastie d’origine poitevine régna près de deux siècles sur Chypre. De cette époque « franque », datent les cathédrales gothiques de Nicosie et de Famagouste, transformées en mosquées depuis, et l’abbaye de Bellapaix. En 1489, la reine de Chypre qui était vénitienne, veuve de l’avant-dernier roi, céda l’île à la République de Venise.

La conquête ottomane

Mais la période vénitienne de Chypre ne dura pas un siècle : en 1570-1571, l’île fut conquise par les Turcs ottomans, qui la gouvernèrent trois siècles, avec le mélange de négligence et de brutalité qui caractérisa partout leur domination. L’installation d’une partie de l’armée qui avait fait la conquête et l’immigration venue d’Anatolie créèrent une communauté turque, de langue turque et de religion musulmane, qui forme aujourd’hui environ 18 % de la population.

Chypre, colonie britannique

Nouveau changement en 1878 : à la suite de la guerre d’Orient entre Russie et Turquie, la Grande-Bretagne se fit céder l’administration de Chypre par l’empire ottoman ; elle voulait en faire une « place d’armes », à partir de laquelle les forces britanniques pourraient secourir les Turcs en cas d’agression russe. En fait, en 1915, l’Angleterre se trouva en guerre contre la Turquie et annexa l’île, qui devint colonie britannique. Le régime anglais fut bénéfique, assurant l’ordre, une administration et une justice honnêtes, des progrès économiques et sanitaires dont l’éradication de la malaria. Un conseil législatif fut créé et les Cypriotes jouirent d’une certaine autonomie.

Mais les Britanniques se heurtèrent aux revendications de la population grecque, non qu’elle ait réclamé l’indépendance – comme dans bien d’autres colonies – mais parce qu’elle souhaitait l’Enosis, ou union, avec la Grèce, aspiration qui s’était éveillée depuis que cette dernière était devenue un État indépendant en 1830. C’est ce qui fait la spécificité du mouvement « national » à Chypre ; une autre particularité fut que ce mouvement fut dirigé par l’Église orthodoxe. Les étrangers en furent surpris, mais c’était conforme à la tradition ottomane, qui faisait des chefs des communautés religieuses les interlocuteurs du pouvoir turc ; l’archevêque de Chypre était l’ethnarque, c’est-à-dire le chef de la nation grecque ; l’Église était la plus puissante des forces politiques de l’île. L’enseignement renforça ces tendances : il était donné aux enfants grecs en grec, selon des modèles venus de Grèce et il enseignait que les Cypriotes étaient grecs.

Le mouvement national à Chypre

Le mouvement national des Grecs de Chypre a donc des racines profondes, mais il resta longtemps pacifique, mis à part de sérieuses émeutes en 1931. En revanche, il reprit vigoureusement après la seconde guerre mondiale, stimulé par les promesses de liberté pour les peuples colonisés que contenaient la Charte de l’Atlantique et celle des Nations unies, puis par la décolonisation dans l’Empire Britannique. Mais le gouvernement de Londres n’était nullement disposé à céder Chypre à la Grèce et il devait même déclarer maladroitement que l’île ne pourrait jamais exercer le droit d’autodétermination. Cette attitude intransigeante contraste avec la politique libérale de décolonisation que suivit en général l’Angleterre ; elle s’explique par des raisons stratégiques liées à la guerre froide. Avec le retrait de Palestine, puis d’Égypte, des troupes britanniques, Chypre était devenue le seul territoire britannique proche du Moyen-Orient, une sorte d’immense porte-avions, qui permettait de lancer des opérations dans cette région, en cas d’attaque soviétique ou de menaces contre les intérêts pétroliers de l’Angleterre. On considérait à Londres que le maintien de la souveraineté britannique sur l’ensemble de l’île était nécessaire pour la sécurité et l’efficacité des bases militaires qui y furent établies. L’existence à Chypre d’un fort parti communiste, la méfiance envers la Grèce, pays instable, l’idée que la Turquie, pilier de l’aide droite de l’OTAN, s’opposerait à l’Enosis, tout cela ne pouvait que renforcer l’intransigeance britannique devant les revendications enosistes. Cependant, afin de désarmer les nationalistes, le gouvernement anglais offrit aux Cypriotes, en 1948, et à nouveau en 1954, une constitution, qui aurait accordé à l’île une large autonomie. Mais l’Église et les nationalistes refusèrent d’emblée, en proclamant : « l’Enosis » et rien que « l’Enosis ».

Le conflit de Chypre – ou plutôt le « premier » conflit – fut donc au départ un conflit « colonial », avec la spécificité que l’on a indiquée. Mais il allait s’internationaliser d’une part, devenir violent de l’autre.

Vaine demande d’autodétermination de l’île

En janvier 1950, l’Église avait organisé un « plébiscite » officieux, par lequel 96 % de la communauté grecque avait réclamé l’Enosis. Mais les Britanniques refusèrent de le prendre au sérieux. Le nouvel archevêque, Mgr Makarios III – une forte personnalité, d’une intelligence et d’une habileté remarquables – résolut alors de rechercher l’appui du gouvernement grec, en lui demandant d’agir auprès des Britanniques en faveur de l’Enosis et en cas d’échec de porter le problème de Chypre devant les Nations unies. Le gouvernement d’Athènes hésista à s’allier avec l’Angleterre, l’un des principaux membres de l’Alliance atlantique, dont dépendait la sécurité de la Grèce. Il se serait contenté d’une vague promesse d’autodétermination pour Chypre dans l’avenir, mais les dirigeants Britanniques repoussèrent toute discussion. Pressé par son opinion publique, le gouvernement grec céda finalement en 1954 et demanda aux Nations unies que Chypre puisse exercer son droit d’autodétermination ; mais l’Assemblée générale refusa de discuter du problème de Chypre ; une raison de cet échec était que les États-Unis, soucieux de ménager la Grande-Bretagne et la Turquie, n’avaient pas appuyé la demande grecque. Cette dernière fut répétée les trois années suivantes, mais sans plus de résultats.

Attentats nationalistes et répression britannique

À la suite de cette déception, les nationalistes les plus ardents recoururent à la lutte armée. Soudainement, le 1er avril 1955, une série d’attentats à la bombe marqua l’entrée en scène de l’EOKA, l’Organisation nationale des combattants cypriotes, mouvement clandestin dirigé par un officier grec d’origine cypriote, le colonel Georges Grivas, un fanatique, qui se révéla un maître de l’action terroriste. La « guerre de Chypre », qui dura jusqu’à la fin de 1958, n’a rien de comparable à la plupart des guerres « coloniales ». L’EOKA était une petite organisation, qui n’avait pas plus de deux à trois cents combattants à plein temps, dont quelques groupes implantés dans les montagnes de Chypre et les autres dans les villes. Ils agissaient par embuscades et surtout par attentats individuels – principalement contre des civils grecs soupçonnés d’être des « traîtres », mais aussi contre les policiers et contre les militaires britanniques. Quelques civils anglais et quelques Turcs furent également tués. Au total, l’EOKA tua environ cinq cents personnes et elle perdit soixante hommes. Elle bénéficia d’un large soutien parmi la communauté grecque.

Le gouvernement britannique répliqua en nommant comme gouverneur un militaire de haut rang, le maréchal Harding et en portant les forces de sécurité à quarante mille hommes. Une politique de répression fut appliquée : quadrillages, ratissages, couvre-feux, lois sévères contre les « terroristes », dont neuf furent pendus. En même temps, il est vrai, le gouverneur entreprit des négociations avec Mgr Makarios afin de trouver une solution pacifique, mais elles n’aboutirent pas et finalement le gouvernement de Londres, qui soupçonnait l’archevêque de complicité avec l’EOKA, le fit arrêter et déporter aux Seychelles (9 mars 1956). La « guerre » continua, sans que les forces britanniques, malgré des succès, parviennent à extirper l’EOKA ou à prendre son chef mort ou vif.

Hostilité croissante entre Cypriotes grecs et turcs

Entre temps, un autre facteur était venu compliquer le conflit : le « facteur turc », qui devait être le roc sur lequel les aspirations enosistes se brisèrent. La communauté turque de Chypre était plus pauvre et moins évoluée que la grecque ; après 1945, ses dirigeants s’inquiétèrent de l’ampleur croissante de la campagne pour l’Enosis et craignirent d’être persécutés si celle-ci était réalisée. Ils demandèrent donc l’appui du gouvernement turc. Ce dernier ne s’émut pas d’abord, car il pensait que la Grande-Bretagne se maintiendrait à Chypre. Mais l’appel de la Grèce aux Nations unies en 1954 et la décision britannique de se retirer de la base de Suez le firent changer d’avis. Il s’inquiéta à la perspective que Chypre, proche de la seule partie de ses côtes qui s’ouvre sur une mer libre, tombât aux mains de la Grèce, son alliée en principe, mais dont il se méfiait. Il déclara donc que la Turquie n’accepterait jamais l’Enosis, en laissant entendre qu’il était prêt à s’y opposer par la force. En 1957, il devait réclamer le partage de l’île, bien que les deux communautés fussent fortement imbriquées et que les Turcs n’aient été en majorité dans aucune partie de l’île. Par ailleurs, une hostilité croissante opposait Grecs et Turcs, à Chypre et dans les deux pays. En 1955, de véritables pogroms frappèrent les Grecs d’Istanbul et d’Izmir. En 1958, des émeutes inter-communautaires éclatèrent à Chypre, faisant de nombreuses victimes et créant une menace d’hostilités entre la Grèce et la Turquie.

Proposition d’indépendance de Chypre

Pourtant, une solution allait être trouvée peu de temps après. Le gouvernement britannique se rendait compte que la « guerre de Chypre » nuisait, dans l’opinion internationale, à l’image de l’Angleterre ; il savait qu’il pourrait éventuellement se trouver en difficulté aux Nations unies ; il s’inquiétait des sentiments hostiles aux Occidentaux que les événements de Chypre suscitaient en Grèce, et de la menace que le conflit gréco-turc ferait peser sur l’OTAN. De plus, après le fiasco de l’expédition de Suez (1956), l’importance militaire de Chypre pour la Grande-Bretagne diminua, car il était clair qu’elle ne pouvait plus agir seule, c’est-à-dire sans les États-Unis, au Moyen-Orient. En 1957, les dirigeants britanniques devinrent anxieux de régler le conflit. En mars, Mgr Makarios fut libéré, mais ne fut pas autorisé à revenir à Chypre. En 1958, un nouveau gouverneur, de tendance libérale, sir Hugh Foot, élabora un plan de règlement, mais il fut repoussé par les Turcs ; le plan Macmillan, un peu différent, lui succéda, mais les Grecs le rejetèrent.

En fait, ce fut un changement de position de Mgr Makarios qui permit de sortir de l’impasse. Jusqu’alors, l’archevêque et ses partisans n’avaient pas pris au sérieux l’opposition à l’Enosis de la Turquie, dont ils pensaient qu’elle résultait de machinations britanniques. Les troubles inter-communautaires de l’été 1958 montrèrent qu’il fallait tenir compte des Turcs de Chypre et de la Turquie, cependant que les dirigeants grecs s’inquiétaient de l’hostilité croissante de leur opinion publique envers l’Angleterre et les États-Unis. En septembre 1958, Mgr Makarios déclara qu’il ne réclamerait plus l’Enosis et qu’il était prêt à accepter un statut d’indépendance pour Chypre, ce qui était acceptable pour la Turquie.

La république de Chypre est née

Après des contacts préliminaires, les premiers ministres et les ministres des affaires étrangères de Grèce et de Turquie se rencontrèrent à Zürich en février 1959 et aboutirent à un accord. Puis ils se rendirent à Londres et ils obtinrent l’approbation du gouvernement britannique et de Mgr Makarios. D’après les traités signés le 19 février 1959, Chypre deviendrait d’ici un an une république indépendante, dont l’indépendance et l’intégrité seraient garanties conjointement par la Grande-Bretagne, la Grèce et la Turquie – chacune de ces puissances ayant un droit d’intervention en cas de violation des traités. L’annexion de Chypre à un autre État, c’est-à-dire l’Enosis, et le partage étaient prohibés. Par ailleurs, la Grande-Bretagne conserverait deux grandes bases militaires, en pleine souveraineté, ce qu’elle a encore aujourd’hui.

Les accords de Zürich et de Londres ramenèrent la paix à Chypre et mirent fin au « premier » conflit, mais leur application ne fut pas facile et la rédaction de la constitution, dont ces accords avaient tracé les grandes lignes, donna lieu à de longues discussions. Malgré tout, la nouvelle république fut officiellement instituée en août 1960 et admise aux Nations unies. Elle avait un régime présidentiel, avec un président grec, Mgr Makarios bien entendu, et un vice-président turc, disposant d’un droit de veto, tous deux élus par leurs communautés respectives. Dans tous les domaines publics, de la Chambre des députés à la police, une structure communautaire fut établie, avec 70 % des postes allant aux Grecs, 30 % aux Turcs, alors qu’ils n’étaient que 18 % de la population de l’île. Les Cypriotes grecs avaient obtenu la fin de la domination britannique, mais ils n’avaient pas réalisé leur rêve d’union avec la Grèce.

Le « second » conflit de Chypre : intervention des Nations unies

Le règlement de 1959-1960 ne fut pas durable et son effondrement entraîna un « second » conflit de Chypre, qui n’est pas encore terminé. En effet, le système imaginé en 1959 ne fonctionna pas de façon satisfaisante, car il exigeait de la confiance entre les deux communautés, alors qu’une profonde méfiance les séparait. Les Turcs soupçonnaient les Grecs de toujours souhaiter l’Enosis et ne montrèrent aucun esprit de coopération. Le veto du vice-président paralysa à plusieurs reprises le gouvernement ; le système de municipalités séparées dans les villes, que les Turcs avaient exigé, en rendit l’administration quasi-impossible.

Mgr Makarios se résolut donc, en 1963, à rechercher une révision de la constitution, afin notamment de réduire les privilèges exorbitants dont jouissait la minorité turque. Mais les Turcs préparèrent leur riposte et des troubles sanglants éclatèrent à Noël 1963 et au début de 1964, cependant que la Turquie menaçait d’intervenir militairement. Ce furent les troupes britanniques qui, à la demande de l’archevêque, séparèrent les combattants, jusqu’à l’arrivée d’une force de maintien de la paix envoyée par les Nations unies (UNFICYP), laquelle, trente-huit ans plus tard, reste stationnée dans l’île. Les Nations unies dépêchèrent aussi un médiateur, mais le rapport de ce dernier, qui se prononçait en faveur de l’indépendance et de l’unité de Chypre, fut rejeté par le gouvernement turc.

Les années suivantes furent marquées par de nombreux heurts entre Grecs et Turcs, en 1967 notamment, et surtout par une opposition croissante contre Mgr Makarios, de la part des nationalistes grecs les plus extrêmes, lesquels étaient encouragés par le « régime des colonels » qui régnait en Grèce depuis 1967. En 1971, Grivas revint à Chypre et son EOKA B, c’est-à-dire la seconde EOKA, entreprit une nouvelle campagne pour l’Enosis. Il devait mourir d’un malaise cardiaque en janvier 1974, mais peu après une crise extrêmement grave éclata, laquelle créa à Chypre une situation nouvelle, qui dure encore.

Débarquement turc dans le nord de l’île

Le 15 juillet 1974, les partisans de l‘Enosis lancèrent un putsch contre Mgr Makarios et s’emparèrent du pouvoir, mais l’archevêque échappa à la mort et put quitter Chypre. La Turquie réagit immédiatement par l’opération Attila, laquelle mérite bien son nom, vu les atrocités qui l’accompagnèrent, c’est-à-dire le débarquement d’une forte armée qui occupa rapidement tout le Nord de Chypre – près de 40 % de sa superficie totale. Les habitants grecs de cette région s’enfuirent en masse – au nombre de cent quatre-vingt mille –, mais il y eut plus d’un millier de « disparus » parmi les civils, certainement tués par les Turcs. Quant aux Turcs de Chypre, ils se regroupèrent dans la zone nord. Un effet collatéral important fut la chute des colonels et le rétablissement de la démocratie en Grèce.

Mais à Chypre, c’était la catastrophe, bien que la république ait survécu dans la partie grecque ; Mgr Makarios reprit la présidence jusqu’à sa mort en 1977 et ses successeurs ont été des « civils ». Mais l’île se trouvait partagée en deux secteurs, séparés par un « mur », que garde la force des Nations unies et que seuls les étrangers peuvent en fait franchir. Avec ses barbelés et miradors, la « ligne verte » passe en plein cœur de la capitale, Nicosie. Dans la zone turque, en plus d’une forte garnison, trente mille « colons » venus d’Anatolie, ont été installés. Le patrimoine culturel et religieux grec a été l’objet de vandalisme et de profanation, icônes et fresques étant vendues à l’étranger. En 1983, la République turque du Nord de Chypre a été proclamée, mais elle n’est reconnue par aucun État, à l’exception de la Turquie.

La situation créée par l’invasion turque de 1974 perdure encore en 2002. Ce n’est pas faute, il est vrai, de tentatives multiples pour résoudre le conflit et de multiples négociations, qu’il serait fastidieux d’énumérer. Négociations entre les dirigeants des deux entités qui se partagent Chypre ou bien entre les gouvernements grec et turc, tantôt directes, tantôt sous les auspices des Nations unies, lesquelles ont adopté maintes résolutions condamnant la situation actuelle. Les États-Unis ont également tenté de rapprocher les antagonistes, mais sans exercer une forte pression sur la Turquie. Mais toutes ces tentatives ont échoué. Les Turcs acceptent une réunification de l’île, mais seulement sous forme d’une confédération très lâche entre la partie grecque et la partie turque, ce qui est en fait, la reconnaissance du statu quo ; les Cypriotes grecs demandent une véritable fédération. L’intransigeance du leader des Cypriotes turcs, R. Denktash, est notoire.

Un espoir avec la candidature de Chypre à l’Union européenne ?

Les choses seraient donc totalement bloquées, s’il n’y avait pas un facteur nouveau : la république de Chypre est l’un des treize pays candidats à l’entrée dans l’Union européenne, et elle est même la plus qualifiée sur le plan économique. En effet, malgré les pertes de territoires, le partage, le fardeau des réfugiés, la zone grecque a connu depuis un quart de siècle une croissance économique rapide ; l’essor du tourisme y a contribué et Chypre est aussi devenue une grande place financière grâce, notamment, à la guerre civile au Liban. En conséquence, le produit intérieur brut, par tête d‘habitant, à parité de pouvoir d’achat, a été en 2001 de 20 400 dollars, contre 23 200 en moyenne pour l’Union européenne ; il est très supérieur à celui des autres pays candidats. Normalement, la république de Chypre devrait être l’un des premiers nouveaux membres de l’Union.

Les optimistes pensent que des dirigeants du nord de Chypre, qui reste très pauvre, devraient être séduits par cette perspective « européenne ». D’autre part, la Turquie est, elle aussi, candidate à l’admission dans l’Union européenne et la Grèce, qui en est membre, pourrait exercer un veto contre cette admission. Néanmoins, en cas d’adhésion de la république de Chypre à l’Union européenne, on ne peut exclure une réaction violente de la part de la Turquie, dont la situation économique et politique est actuellement fort instable, dont les chefs militaires surveillent de près le gouvernement, où l’islamisme a progressé. N’oublions pas non plus que Chypre est toute proche du Moyen-Orient et de ses points chauds. En tout cas, le « second conflit » de Chypre, qui oppose Cypriotes grecs et Cypriotes turcs, et dernièrement Grèce et Turquie, aura duré beaucoup plus longtemps que le premier conflit, qui était « colonial », et il n’est pas résolu.

5 Responses to Turquie: Attention, une flottille de la paix peut en cacher une autre (Operation Attila: Looking back at Turkey’s other historic peace flotilla)

  1. Thot Har Megiddo dit :

    TURKEY – VATICAN
    Funeral of Mgr. Padovese. Murderer, « I killed the great Satan! »
    by Geries Othman

    The bishop was stabbed in the house and beheaded outside. He cried help before he died. The murderer shouted « Allah Akbar! ». The alleged insanity of the murderer is now to be excluded. There is no medical certificate to prove it. Murat Altun accuses the dead bishop of being a homosexual. Turkish minister of justice condemns the murder and promises to shed light on the incident.

    Iskenderun (AsiaNews) – Today at 4pm local time the funeral will take place of Msgr. Padovese, killed by his driver, Murat Altun, strangely « crazed » last June 3. Meanwhile, new details have emerged on the dynamics and motives of the killing that has prostrated the Turkish Church.

    The funeral ceremony will be held in the Church of the Annunciation, with the participation of the apostolic nuncio, Mgr. Antonio Lucibello, the Latin bishops of Istanbul and Izmir, the Armenian Catholic Bishop of Istanbul, as well as the priests in Turkey and representatives of international embassies.

    There will also be a delegate of the Conference of Bishops of Europe present. The presence of bishops from other countries, particularly Italy, are not expected: After the funeral, in Iskenderun, the body of Mgr. Padovese will be brought to Milan, Italy, where he will receive other funeral. The funeral in Italy is likely to take place on Monday, June 14. The delay is due to the fact that the Italian courts have asked to do an autopsy on the body of the martyred bishop.

    As the days pass, new details emerge on the story of murder and the alleged « insanity » of the assassin.

    The doctors who performed the autopsy reveal that Mgr. Padovese had knife wounds all over his body, but especially in the heart (at least 8). His head was almost completely detached from his neck, attached to his body by only the skin of the back of the neck.

    Even the dynamics of the killing is clearer: the Bishop was stabbed in his house. He had the strength to go out the door of the house, bleeding and crying for help and there he was killed. Perhaps only when he fell to the ground, was his head cut off.

    Witnesses said they heard the bishop cry out for help. But more importantly, is that they heard screams of Murat immediately after the murder. According to these sources, he climbed on the roof of the house shouted: « I killed the great Satan! Allah Akbar! « .

    This call coincides perfectly with the idea of beheading, making sense that it is like a ritual sacrifice against evil. This correlates with the murders of ultranationalist groups and Islamic fundamentalists who apparently want to eliminate Christians from Turkey.

    Moreover, according to a Turkish newspaper, Milliyet on June 4, the murderer had told police that he his actions were the result of a  » divine revelation. »

    Faced with these new chilling details perhaps the statements by the Turkish government and the first views expressed by the Vatican need to be revised. They had claimed that the killing did not have political or religious implications. Notwithstanding that, as Benedict XVI said in the plane en route to Cyprus, this murder « can not be attributed to Turkey or the Turks, and should not obscure dialogue ».

    Adding to the pontiff’s justifiable concerns, are the increasing demands of Catholics and some Turkish NGOs that police should not stop the investigation at the presumed « insanity » of Murat, but proceed and delve deeper into his possible links with organizations of the « Deep State », even beyond the Turkish government.

    The alleged insanity of the 26 year old who for more than four years lived next to the bishop is now indefensible. Ercan Eris, the church’s lawyer, argues that the murderer can not become depressed in a day and that there is no medical report which declares that. Now it is certain that the young man is sane. There is no medical certificate attesting to his mental disability. Recently he said he was depressed, but now it is thought that this was all a strategy to defend himself later.

    Yesterday in the Ministry of Justice came directly from Ankara to Iskenderun and explicitly condemned the act and ensured that he will do everything possible to shed light on what happened.

    Establishing the truth is necessary for the Turkish State, because it shows its modernity and ability to guarantee rights, but it is also necessary for the Church. According to police sources, it seems that Murat is offering a new justification for his action: Mgr. Padovese was a homosexual, Murat, 26, was the victim, « forced to suffer abuse. » The killing of the bishop was not martyrdom, but an act of « legitimate defence ».

    But according to experts of the Turkish world, the killing of Mgr. Padovese shows an evolution of organizations of the « Deep State » being the first time they aim so high. So far they had targeted ordinary priests, but now they have attacked the head of the Turkish Church (Mgr Padovese was president of the Episcopal Conference of Turkey). At the same time, their actions are becoming more sophisticated, less crude than before. There not only limit their defence to claims of “insanity”, already used for the murder of Father Santoro, but offer more explanation to confuse public opinion nationally and internationally.

    J'aime

  2. […] du pays responsable du premier et toujours nié génocide du XXe siècle comme de l’occupation continuée depuis plus de 35 ans d’un membre de l’Union européenne dont […]

    J'aime

  3. […] conflit et bien à l’abri aux bon soins des financiers qataris du djihad international ou de ceux qui depuis 40 ans occupent en toute impunité un membre de l’Union européenne, les dirigeants dits "politiques" du mouvent terroriste semblent avoir lâché leurs […]

    J'aime

  4. […] conflit et bien à l’abri aux bon soins des financiers qataris du djihad international ou de ceux qui depuis 40 ans occupent en toute impunité un membre de l’Union européenne, les dirigeants dits "politiques" du mouvement terroriste semblent avoir lâché leurs […]

    J'aime

  5. jcdurbant dit :

    Turkish fighter jets and military helicopters have dramatically increased their incursions into Greek airspace, according to a study based on data from the Greek military, forcing the cash-strapped Greek air force to respond.

    On July 15, six Turkish fighters crossed into Greek airspace 20 times. Their visit followed aerial intrusions by Turkish military helicopters the week before. After a several years of declining numbers, Turkish air incursions into territory claimed by Greece are soaring, and so are the resulting aerial confrontations with the Hellenic Air Force.

    “The main reason for the [conflict] is sovereignty concerns over the Aegean region,” said Mustafa Kutlay, an assistant professor at TOBB University of Economics and Technology in Ankara.

    http://www.politico.eu/article/turkey-buzzes-weakened-greece-military-airspace/

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :