Islamophobie: Les temps sont durs pour les musulmans en Occident (These are uneasy times for the West’s Muslims)

Muslim Protests London 5C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
Le journaliste Alain Gresh, ainsi que les sociologues Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed notent entre autres une utilisation de l’expression « délire islamophobe » dès 1925 en France7. Le terme « islamophobie » était même apparu dès 1910 dans l’ouvrage d’Alain Quellien La politique musulmane dans l’Afrique Occidentale Française, ainsi que dans d’autres publications de la même époque, comme l’ouvrage de Maurice Delafosse Haut-Sénégal-Niger publié en 1912. Mais son usage se répandit dans le langage commun essentiellement à partir des attentats du 11 septembre 2001, qui, revendiqués par des musulmans affirmant agir au nom de l’islam, provoquèrent des actes de rétorsion envers des musulmans dans plusieurs pays, principalement occidentaux. Wikipedia
Les croisades et l’invasion de l’Europe par les Turcs avaient déjà engendré une suspicion permanente entre le monde de l’islam et l’Occident. Ensuite, le colonialisme qui, sous le visage du christianisme, s’est imposé à l’Orient a aggravé le malentendu. J’insiste sur ce terme de malentendu car la vraie nature de l’islam et de l’Orient, comme celle de l’Occident et du christianisme n’ont rien d’antagoniste. Dans le passé ils ont beaucoup appris l’un de l’autre. Les guerres étaient économiques et politiques, mais comme les guerriers se réclamaient de l’islam et du christianisme, le conflit s’est étendu aux religions. Le 11-Septembre a tout précipité. Et ce pour deux raisons. D’abord, les terroristes qui ont mis en danger la vie d’innocents ont commis leur crime au nom de l’islam, dénaturant une religion qui prône miséricorde et compassion. Ensuite, ceux qui poursuivent des politiques bellicistes ont pris prétexte de ces crimes pour attiser une sorte d’islamophobie en Occident, justifiant leurs visées expansionnistes. Mohammad Khatami (le Monde, 28.09.06)
L’islamophobie (…) réfère à une hostilité non fondée et à la peur envers l’islam, et en conséquence la peur et l’aversion envers tous les musulmans ou la majorité d’entre eux. Il se réfère également aux conséquences pratiques de cette hostilité en termes de discrimination, préjugés et traitement inégal dont sont victimes les musulmans (individus et communautés) et leur exclusion des sphères politiques et sociales importantes. Ce terme a été inventé pour répondre à une nouvelle réalité: la discrimination croissante contre les musulmans qui s’est développée ces dernières années. Doudou Diène (rapporteur spécial des Nations unies, 2007)
Une explication un moment à la mode de la judéophobie ( de l’  » antisémitisme  » ) a été que les antisémites appartenaient à un type caractérologique défini comme  » personnalité autoritaire « . On supposait en même temps implicitement que les Juifs eux-mêmes ne pouvaient être des  » personnalités autoritaires « . Si sophistiquées que puissent être les théories en question, elles reposent sur la même base sentimentale, la même perception diffuse, la même sensibilité dont on comprend fort bien qu’elle soit exacerbée. Les Juifs, dénoncés pendant longtemps comme une vermine malfaisante par nature, massacrés par millions, ne peuvent souffrir qu’on vienne reprocher à certains d’entre eux quelque chose. Les judéophiles, émus par leurs souffrances, se sentant collectivement coupables d’y avoir contribué (au moins par la passivité massive des groupes auxquels ils appartenaient en Europe), ne peuvent supporter des critiques à ce peuple qui a beaucoup souffert. Derrière chaque critique, ils subodorent (et parfois à juste titre) les relents des judéophobies d’autrefois ou les germes de judéophobies nouvelles. Il serait rationnel d’examiner chaque critique pour sa valeur propre et de refuser toute généralisation essentialiste de type judéophobe. Mais c’est bien là qu’apparemment une attitude dont l’humanité dans sa masse est incapable. Au mythe de la culpabilité totale, elle ne sait opposer que le mythe de l’innocence totale. Il est tout à fait nécessaire de remarquer que le même processus, très exactement, se fait jour chez les Arabes, les Palestiniens, les arabophiles et palestinophiles (entre autres). Non pas chez tous assurément (et certainement pas chez Waël Zu’ayter), mais chez beaucoup. Les souffrances des Palestiniens, la culpabilité à cet égard de Juifs sionistes ont entraîné certains à ne plus supporter qu’on parle des fautes, erreurs, crimes de certains Palestiniens ou Arabes non plus que des souffrances juives. Celles-ci, difficiles à mettre en doute absolument, ont été minimisées au maximum. De façon ridicule et odieuse, on discute le nombre de Juifs assassinés. On le réduit d’un million, de deux millions, de quelques millions! Comme si cette arithmétique macabre excusait l’énormité du crime ! Maxime Rodinson
Premier argument contre son emploi : il reviendrait à interdire toute critique de l’islam comme religion. Pourtant, quand la presse ou des intellectuels dénoncent la  » judéophobie « , personne ne pense qu’il s’agit ainsi d’un refus de la critique de la religion juive ; en revanche, pour certains, il définit mieux que l’antisémitisme certaines formes nouvelles de haine des juifs. S’il est vrai que certaines musulmans peuvent brandir l’islamophobie pour bannir toute critique de l’islam, cela ne doit pas nous décourager : la judéophobie ou l’antisémitisme est aussi utilisé par certains pour interdire toute critique de la politique israélienne. Faut-il bannir l’usage de ces mots pour autant ? (…) Il faut revenir un moment sur les origines du mot islamophobie. Une recherche sur la base du Monde indique que ce quotidien a utilisé deux fois le terme entre le 1er janvier 1987 et le 10 septembre 2001, l’une en 1994, l’autre en février 2001. Soheib Bencheikh, souvent présenté comme le porte-parole d’un islam libéral, l’utilise comme titre de chapitre dans Marianne et le Prophète ; il écrit que l’islam suscite en France  » un sentiment de rejet quasi unanime, implicite dans les discours, et assez catégorique dans l’imaginaire collectif des Français.  » Si on consulte la base du Monde diplomatique avant 11 septembre 2001, le terme est utilisé deux fois : l’une dans un reportage sur Marseille (juillet 1997), qui reprend des citations de Soheib Bencheikh et l’autre par Tariq Ramadan (avril 1998), qui cite l’étude commandée en Grande-Bretagne par le Runnymede Trust en 1997, dirigée par le professeur Gordon Conway, Islamophobia : Fact Not Fiction, octobre 1997. Quant à l’affirmation de Caroline Fourest et Fiammetta Venner, dans Tirs Croisés, selon lesquels le mot aurait été inventé par les mollahs pour contrer les critiques du régime iranien, elle ne repose sur aucune source précise ; et leur livre est tellement approximatif dans ses références et citations, qu’on ne saurait prendre leur affirmation pour argent comptant – d’ailleurs on trouve le terme déjà utilisé dans un texte de 1925, leurs auteurs parlant d’un  » accès de délire islamophobe « . Quoiqu’il en soit, le terme  » islampohobie « , utilisé très ponctuellement jusqu’au 11 septembre 2001, est devenu d’usage courant, non seulement en France mais aussi aux Etats-Unis et dans tous les pays européens. Il semble donc répondre à une conjoncture nouvelle. (…) C’est ce nouveau masque du vieux fond de racisme anti-arabe et anti-Maghrébin conjugué avec l’idée d’une  » menace  » internationale que le terme  » islamophobie  » recouvre. Dans un texte qui critique son usage , la Licra affirme :  » Il n’est pas sûr, voire peu probable, qu’il y ait un rejet [en France] de l’islam, mais plutôt un rejet des pratiques intégristes (…) L’acceptation des Musulmans et du culte musulman progresse de façon nette « . Mais on peut en dire autant du judaïsme : tous les sondages le montrent, la judéophobie est en recul dans l’opinion. Faut-il pour autant renoncer à prendre en compte les actes, très réels, d’hostilité aux juifs, même s’ils ne sont que l’expression d’une minorité ? Pour les musulmans, le rejet, même en recul, reste beaucoup plus large. L’article de la Licra lui-même reconnaît que, sur l’islam, selon un sondage de l’Ifop fait au lendemain du 11 septembre 2001, les adjectifs à connotation négative  » restent majoritaires « , même s’ils sont  » souvent moins choisis  » qu’il y a dix ans. Et des expressions d’hostilité à l’islam s’expriment plus librement dans les médias, mais aussi dans la rue, par de nombreuses agressions. Il est significatif qu’après tout le débat sur le foulard à l’école, les cas rapportés de musulmans agressés ou discriminés pour raison de leur religion se soient multipliés. Il est évident qu’il y a un recoupement entre racisme anti-Maghrébin et islamophobie, sans doute renforcé par la visibilité d’une partie de la jeune génération, qui s’affirme  » musulmane  » sur la scène publique et ne rase plus les murs. Il se développe ainsi un nouveau racisme anti-Arabe, porté par une partie des intellectuels et des médias, qui se camoufle sous le drapeau de la lutte contre l’islam. Sans parler de la jonction entre une partie de la droite extrême et de l’extrême droite juive, qui s’est opérée sur le terrain de la haine des musulmans, comme en témoigne l’itinéraire d’un Alexandre Del Valle ou les sites Internet dénoncés par un rapport du MRAP.(…) En conclusion, et pour éviter toute ambiguïté, je voudrais reprendre une réflexion de Maxime Rodinson sur la manière dont un groupe donné perçoit l’hostilité de la société. Cette hostilité, dit-il, aussi réelle soit-elle, suscite dans le groupe visé  » une hypersensibilité aux critiques, aux attaques et des fantasmes interprétatifs qui décèlent des agressions, des manifestations d’hostilité, même là où il n’y en a pas, dans des attitudes, des paroles, des gestes indifférents. Cette orientation de la perception aboutit même assez souvent à l’élaboration d’un mythe, à la supposition d’une hostilité mythique. Cette mythification de l’hostilité ressentie est souvent utilisée, plus ou moins consciemment, par les cadres dirigeants du groupe visé dans des buts réalistes, stratégiques et tactiques. Ils élaborent une idéologie d’intouchabilité, favorablement accueillie par la communauté, le groupe qu’ils guident, car elle légitime ses réactions spontanées, elle en fait pratiquement un groupe tabou .  » A cette logique, n’échappent pas les  » musulmans  » et il est évident que l’on ne doit pas céder à la tentation d’en faire  » un groupe à part « , un groupe – ou plutôt des groupes, tant est grande leur diversité – au-dessus de la critique. Mais ce n’est vraiment pas le risque que nous courons aujourd’hui. Alain Gresh
L’équation fondamentale qui sous-tend ce soupçon est celle-ci : ‘Islam = non intégration + violence + antisémitisme + oppression de la femme. Laurent Mucchielli
On assiste à l’émergence d’une ‘nouvelle islamophobie’, rejet spécifique de l’Islam et de ses valeurs, distinct du ressentiment anti-immigrés, masqué sous les dehors d’une défense de la laïcité et des valeurs républicaines. Dans les deux cas c’est le contexte international qui viendrait altérer les perceptions des groupes en cause, avec l’amalgame entre musulmans, ‘islamisme’ radical et terrorisme d’un côté et entre juifs, Israéliens et ‘sionisme’ de l’autre. Dans les deux cas, c’est l’autonomie de ces attitudes par rapport aux préjugés anciens, à fondements religieux, racial ou nationaliste, qui est postulée. Enfin tant le profil des judéophobes que des ‘islamophobes’ trancherait par rapport à celui des racistes ordinaires. Ces derniers sont socialement et culturellement défavorisés et plus nombreux à droite et à l’extrême droite. Ces nouveaux préjugés se développeraient au contraire dans les milieux intellectuels et cultivés, et dans les cercles de la gauche et de l’extrême gauche, parfois au nom même des valeurs laïques et antiracistes qu’ils défendent. Vincent Geisser
Le vote de la loi Stasi interdisant le port de signes religieux à l’école, loi souvent perçue comme ‘islamophobe’, a provoqué un débat plus large sur la place de l’Islam et l’intégration des musulmans dans la société française. Le débat s’est nourri de l’actualité internationale, avec en Irak la prise en otage des deux journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbruneau durant l’été, et la solidarité manifestée par les musulmans de France à cette occasion, les attentats du 11 septembre à Madrid, l’assassinat du cinéaste Théo Van Gogh aux Pays-Bas par un fanatique musulman. Nona Meyer et Guy Michelat (Cevipof)
Ce mot a une histoire, qu’il vaut mieux connaître avant de l’utiliser à la légère. Il a pour la première fois été utilisé en 1979, par les mollahs iraniens qui souhaitaient faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de « mauvaises musulmanes » en les accusant d’être « islamophobes ». Il a été réactivité au lendemain de l’affaire Rushdie, par des associations islamistes londoniennes comme Al Muhajiroun ou la Islamic Human Rights Commission dont les statuts prévoient de « recueillir les informations sur les abus des droits de Dieu ». De fait, la lutte contre l’islamophobie rentre bien dans cette catégorie puisqu’elle englobe tous les atteintes à la morale intégriste (homosexualité, adultère, blasphème etc). Les premières victimes de l’islamophobie sont à leurs yeux les Talibans, tandis que les « islamophobes » les plus souvent cités par ces groupes s’appellent Salman Rushdie ou Taslima Nasreen ! En réalité, loin de désigner un quelconque racisme, le mot islamophobie est clairement pensé pour disqualifier ceux qui résistent aux intégristes : à commencer par les féministes et les musulmans libéraux. Caroline Fourest et Fiammetta Venner (2003)
La requalification, par des chercheurs et des fonctionnaires onusiens, du racisme et de la xénophobie en « islamophobie » permet de ramener la question du racisme à une dimension étroitement religieuse, obligeant la victime à s’identifier elle-même prioritairement comme musulmane pour faire entendre sa voix citoyenne. Cette perspective induit inévitablement une visibilité de l’appartenance religieuse dans l’espace public où s’exprimeraient les discriminations et violences anti-musulmanes, cela autorise alors à cibler les pays laïcs cherchant à pacifier le « vivre-ensemble » en rendant leur espace public neutre en matière de religion. Barabara Lefèbvre

Victime des banques arrêté pour avoir voulu exercé, par voiture piégée interposée, son droit de réponse contre une chaine de télévision de Times Square ayant insulté le Prophète …

Père de famille nantais inquiété pour ses maitresses …

Femme en voile intégral trainée en justice pour avoir vengé son honneur bafoué dans un commerce de la région nantaise …

Réalisateur menacé pour avoir tenté de rétablir la vérité historique …

Activiste grossièrement diffamé, dans son éthique professionnelle et à la veille de son procès, par un film présenté à Cannes …

Militants molestés pour avoir tenté de corriger aux cris d’Allah akbar un dessinateur qui avait insulté leur religion …

Membres d’un mouvement pro-palestinien empêchés de défendre leurs idées par les forces de l’ordre …

Résidents privés bientôt peut-être d’apéros géants du vendredi matin dans les rues du 18e arrondissement de Paris …

Iraniens expulsés pour avoir puni comme il se doit un ancien premier ministre du Shah ou pour simple shopping nucléaire …

Joueuses de football iraniennes interdites de hijab intégral pour les premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse de Singapour d’août prochain …

Star de l’équipe de France honteusement conspué pour un mariage de quelques heures avec une call girl qui avait dépassé 17 ans …

Jeune collégien interpellé pour « jeux interdits » dans un cimetière …

Jeune fille poursuivie pour avoir manifesté un peu vigoureusement sa désapprobation suite au refus d’une conductrice de bus de la déposer là où elle voulait descendre …

Champions d’Europe privés de Coupe du monde pour cause de « caractère difficile, égo sur-dimensionné, absence de respect des autres et des coutumes en vigueur au sein de l’équipe de France » …

Lauréate du concours de beauté Miss America montrée du doigt
pour une vieille vidéo de dance à la barre et une grande famille de héros nationaux

Porteuses de voile intégral enceintes soupçonnées
de priver leurs futurs bébés de vitamine D …

Les temps sont durs, on le voit en ce jour où un projet d’interdiction du voile intégral est présenté en Conseil des ministres pendant que nos amis grecs se remémorent l’autre génocide turc, pour les musulmans européens et occidentaux …

Et bien peu immaculée la conception d’un terme comme celui d’ « islamophobie » …

Véritable et si commode machine de guerre (idéologique) concoctée, probablement sur le modèle de l’antisémitisme (comme une sorte de « contre-sionisme« ), par les Iraniens et leurs pantins onusiens (comme le Sénégalais Diène) au lendemain du 11/9 puis plus tard relayée par leurs idiots utiles en France (Gresh, Geisser, Delthombe, Ramadan, MRAP, etc.)  …

Pour tenter de faire condamner par la loi au niveau international toute critique de l’islam en ramenant systématiquement celle-ci à une question de racisme …

Montée des sentiments anti-islamiques suite aux restrictions sur le voile
Edward Cody
The Washington Post
15 mai 2010
traduit par Bivouac

Depuis qu’elle a commencé à porter le voile intégral il y a 6 semaines, nous dit Selma, les gens la fixent, froncent les sourcil ou marmonnent sur son passage, elle se fait traiter de fantôme, et un policier l’a forcée à soulever son voile pour montrer son visage.

«En Belgique, il est interdit d’afficher et de pousser ses convictions religieuses jusqu’à leur aboutissement logique», ajoute-elle. Cette jeune bruxelloise de 22 ans a demandé que son nom ne soit pas révélé pour éviter des problèmes à sa famille.

Les temps sont malaisés pour les 15 millions de musulmans d’Europe de l’Ouest, non seulement pour les fondamentalistes comme Selma, mais aussi pour la grande majorité de ceux qui veulent trouver leur place en tant que musulmans sans entrer en conflit avec les traditions séculaires et les traditions chrétiennes du continent qu’ils ont adopté pour y élire domicile.

En réponse à une vague de ressentiment qui traverse les sociétés européennes, plusieurs gouvernements ont commencé à légiférer et à imposer des restrictions sur la plus visible des pratiques islamiques : le voile intégral.

Sorti des lambris des parlements et des ministères, les sentiments anti-islamiques [en Europe] remontent à la surface en une déferlante d’insultes sur Internet ou d’attaques contre les symboles musulmans.

En Belgique, la Chambre des représentant a voté le 29 avril une interdiction du voile intégral en public, une décision qui en fait le premier pays d’Europe Occidentale à prendre une telle mesure. Certaines municipalités, dont Bruxelles, ont adopté des réglementations anti-voile au niveau local. Les législateurs expliquent qu’ils ont voulu envoyer un signal aux fondamentalistes musulmans, et préserver la dignité et le droit des femmes.

En France, reprenant les mêmes arguments, l’Assemblée Nationale a voté à une large majorité un texte déclarant le voile intégral “contraire aux valeurs de la république“. Les députés considèrent la décision comme un premier pas vers une loi similaire à celle votée en Belgique. Le gouvernement conservateur de Nicolas Sarkozy a déclaré son intention de faire voter une loi interdisant le voile, malgré l’avis contraire de la Cour Constitutionnelle française, qui juge une telle décision anticonstitutionnelle et contraire à la règlementation sur les droits de l’homme.

En France, pays où les musulmans sont estimés à 5 millions de personnes (la plus large communauté d’Europe), la population a apporté un large soutien à cette volonté affichée du gouvernement Sarkozy. De récents sondages indiquent que deux tiers des personnes interrogées sont en faveur d’une interdiction partielle ou totale du voile intégral.

Des propositions de loi identiques ont été déposées aux Pays-Bas et en Italie, bien que l’adoption de ces textes soit plus incertaine. Dans ces deux pays, plusieurs villes ont imposé des interdictions locales. Une immigrant tunisienne a ainsi récemment reçu une amende de 500 euros à Novara, dans le nord de l’Italie, pour avoir circulé dans la rue le visage couvert.

En Suisse, où la construction de minarets est interdite depuis novembre dernier, la ministre de la justice a déclaré que le gouvernement avait l’intention d’user des mêmes méthodes pour interdire le voile intégral.

Pour Isabel Soumaya [photo ci-contre], vice-présidente de l’Association des Musulmans de Belgique, seules quelques douzaines de femmes sur les 600.000 musulmans du pays, portent le voile intégral.

Convertie à l’islam il y a 20 ans, Soumaya porte un voile qui lui couvre les cheveux, mais pas de voile intégral. «En désignant du doigt ces femmes», déclare-t-elle, le législateur belge «exploite les peurs de l’électorat». «C‘est du racisme, et une forme d’islamophobie. Les tensions se font plus vives, déclare-t-elle, car les immigrés d’Afrique du Nord, venues dans les années 60 et 70, ont maintenant des enfants et des petits enfants qui ont grandi ici».

«Et, ajoute-elle, la 2e et la 3e génération de musulmans, n’ont pas l’intention de retourner en Afrique du nord et ne ressentent plus le besoin de baisser la tête comme leurs prédécesseurs».

(source) Traduit par Jeannot pour Bivouac-ID.

Voir aussi

L’Europe foyer du racisme anti islamique ?
Barbara Lefèbvre
Le Meilleur des mondes
Septembre 2007

Le 14 septembre dernier, aux palais des Nations Unies à Genève, Doudou Diène a présenté au Conseil des droits de l’Homme son dernier rapport, publié le 21 août dans la perspective de cette 6ème session du CDH. Une fois encore, l’attention du Rapporteur spécial s’est fixée sur « l’islamophobie » décrite comme la forme de racisme ayant le plus progressé « depuis les évènements du 11 septembre ». Aux fins d’objectivité, il n’ignore pas les autres formes de racisme puisqu’il précise en introduction qu’il « n’établit aucune hiérarchie dans la discrimination qui vise les différentes religions » ; il évoque l’antisémitisme et la « christianophobie », non sans ambiguïté. Néanmoins, en étudiant ce texte, on relève que selon Doudou Diène c’est l’Islam et les musulmans qui sont aujourd’hui les principales victimes du racisme dans le monde, ou plus exactement dans la sphère occidentale. Sur les 48 paragraphes consacrés aux « formes de discrimination des religions », 21 concernent ce qu’il nomme « l’islamophobie », 7 à l’antisémitisme, 5 à la « christianophobie » et 6 pour « les autres formes de discriminations religieuses » (hindouisme, bouddhisme, syncrétismes etc.)

Le plus frappant reste la localisation du phénomène « islamophobie ». Comme dans tous les précédents rapports rédigés par M. Diène depuis 2002, celui de la 6ème session cible les démocraties occidentales, singulièrement l’Europe qui apparaît comme le foyer du racisme anti-islamique. On trouvera dans la réception du rapport par l’Assemblée du CHD un indice de son objectivité : un concert de félicitations chaleureuses et de surenchères d’exemples accusant l’Occident, venues de « démocraties » où le racisme n’existe pas telles que l’Iran, l’Algérie, la Syrie, le Soudan, rejointes par des nations membres du groupe des Non Alignés. Seuls la Belgique et les Pays-Bas ont critiqué ouvertement le rapport, la France, plus timide, s’est contentée d’une clarification sur les points du rapport la concernant.

Doudou Diène reprend dans le rapport d’août 2007, l’essentiel de ce qu’il écrivait déjà en 2003 et les années suivantes. Son constat demeure inchangé et se résume ainsi : après les attentats du 11 septembre 2001, une vague d’islamophobie a submergé le monde occidental où l’on assimile désormais islam et terrorisme, musulman et auteur potentiel d’attentat. La profondeur de cette « islamophobie » est telle qu’au fil des ans ce racisme a gagné les classes politiques, intellectuelles et médiatiques des démocraties occidentales conduisant à la stigmatisation et à la discrimination institutionnalisées des minorités musulmanes. Son constat est partagé par l’ensemble des pays membres du NAM (Mouvement des Non Alignés), soit 69% des membres de l’ONU, et de l’OIC (Conférence des Organisations islamiques)(1).

Qu’est-ce que « l’islamophobie » selon le Rapporteur spécial ?

Comme le rappelle Malka Marcovich, le concept d’islamophobie a fait son apparition dès le lendemain des attentats du 11 septembre, par la voix du président iranien Khatami qui voyait dans le 11/09 le début d’un courant anti-musulman conduit par l’Occident. La guerre contre le terrorisme est alors devenue l’argument récurent pour expliquer le racisme anti-musulman occidental. Les gouvernements occidentaux profiteraient du contexte international pour réprimer leurs minorités musulmanes.

Le prédécesseur de Doudou Diène, Maurice Glélé-Ahanzo l’affirme déjà dans son rapport de mars 2002, tout comme le Rapporteur spécial contre le terrorisme, Martin Sheinin, en octobre 2006. En 2004, M. Diène proposait à la CDH une définition qu’il réitère cette année : « Ce terme réfère à une hostilité non fondée et à la peur envers l’Islam, et en conséquence la peur et l’aversion envers tous les musulmans ou la majorité d’entre eux. Il se réfère également aux conséquences pratiques de cette hostilité en termes de discrimination, préjugés et traitement inégal dont sont victimes les musulmans (individus et communautés) et leur exclusion des sphères politiques et sociales importantes. Ce terme a été inventé pour répondre à une nouvelle réalité: la discrimination croissante contre les musulmans qui s’est développée ces dernières années ».

Nier l’existence d’un racisme à l’égard des individus de culture musulmane serait faux, mais ce qui pose problème dans cette définition c’est l’essentialisation opérée par le qualificatif « musulmans ». Cela induit en effet que chaque individu s’identifie lui-même et est identifié par la collectivité en fonction de son appartenance religieuse. Comment M. Diène peut-il caractériser certaines discriminations comme relevant de l’islamophobie et non du racisme au faciès le plus courant ? Parce qu’il semble que pour le Rapporteur spécial, la religion est l’identifiant primordial d’un individu. Ainsi, pour désigner les victimes du racisme, le mot « citoyen » n’apparaît nulle part dans son rapport. Cela est révélateur de l’inquiétante focalisation du CDH sur la dimension religieuse de tous problèmes politiques, économiques ou sociaux. Cette attention est le résultat pour partie de l’action des pays membres de l’OIC ayant entamé, depuis 2001, un efficace lobbying pour voir « la diffamation des religions » (entendre l’islam) définie comme un racisme.

En France, le terme « islamophobie » a été popularisé fin 2003 par Vincent Geisser dans un ouvrage intitulé La nouvelle islamophobie, se voulant une réponse à l’étude de Pierre-André Taguieff sur les nouvelles formes de l’antisémitisme, La nouvelle judéophobie publiée en 2002. Cette mise en regard n’est pas un hasard et se retrouve dans les assemblées onusiennes de Genève comme dans les rapports de M. Diène. Par le parallèle entre antisémitisme et « islamophobie » est établie, en creux, une concurrence visant à valoriser l’importance du second phénomène. La hiérarchisation entre les racismes est donc pratiquée par le Rapporteur spécial bien qu’il s’en défende. En minimisant la portée et la réalité des nouveaux visages de l’antisémitisme, M. Diène, à l’instar de l’OIC, espère porter davantage l’attention de l’opinion sur ce qui est tenu, désormais, au CDH, pour la véritable mutation contemporaine du racisme : « l’islamophobie ». Souvent, cela conduit à dévoyer et instrumentaliser la définition de l’antisémitisme pour l’appliquer à la rhétorique raciste anti-islamique. Ainsi, à l’ONU, des pays comme la Syrie, l’Egypte ou l’Algérie énoncent régulièrement que « les Arabes » sont, autant que les Juifs, victimes de l’antisémitisme puisqu’ils sont « des Sémites ». On ne reprendra pas ici le non-sens de l’analogie. Rappelons simplement que le mot « antisémitisme » fut inventé en Europe à la fin du 19ème siècle, époque où la terminologie racialiste est omniprésente pour caractériser les groupes humains. Mais le sens du mot se limite au racisme anti-juif tel qu’il est apparu à l’époque contemporaine, mêlant les caractères de l’anti-judaïsme religieux à des considérations politiques (les Juifs comme peuple et non comme religion) décrivant les Juifs comme un peuple perverti, cosmopolite, comploteur et oppresseur par excellence.

La requalification, par des chercheurs et des fonctionnaires onusiens, du racisme et de la xénophobie en « islamophobie » permet de ramener la question du racisme à une dimension étroitement religieuse, obligeant la victime à s’identifier elle-même prioritairement comme musulmane pour faire entendre sa voix citoyenne. Cette perspective induit inévitablement une visibilité de l’appartenance religieuse dans l’espace public où s’exprimeraient les discriminations et violences anti-musulmanes, cela autorise alors à cibler les pays laïcs cherchant à pacifier le « vivre-ensemble » en rendant leur espace public neutre en matière de religion.
Qu’entend le Rapporteur spécial par « diffamation des religions » ?

La première partie du rapport est consacrée au « contexte politique et idéologique actuel » dont M. Diène nous indique qu’il est marqué par « une tendance croissante » à la « diffamation des religions ». Rien de nouveau, ces précédents rapports relevaient déjà ce point, en écho aux demandes de résolution présentées à plusieurs reprises par l’OIC depuis 2003 visant à « lutter contre la diffamation des religions ». Celles-ci ont abouti à la suite de l’affaire des caricatures fin 2005 qui a constitué pour le CDH l’illustration de « l’islamophobie » occidental contre laquelle il fallait concentrer l’action onusienne toute affaire cessante (le Soudan, le Tibet, Cuba, la Tchétchénie, etc.)

En mars 2007, lors de la 4ème session du CDH, une résolution présentée par le Pakistan au nom de l’OIC est adoptée(2). Elle rappelle la « profonde préoccupation face à la montée de la discrimination à l’égard des musulmans » exprimé par la Conférence islamique de décembre 2005 (on relèvera l’indétermination, notamment géographique, de cette « montée »). L’affiliation de l’islam « avec le terrorisme, la violence et les violations des droits de l’homme » est dénoncée comme caractéristique de ces attaques. Cette résolution commandait également au Rapporteur spécial, M. Doudou Diène, de se pencher sur « toutes les manifestations de la diffamation des religions et en particulier sur les incidences graves de l’islamophobie sur l’exercice de tous les droits ».

Dans son rapport, M. Diène décrit le contexte prévalant à cette « diffamation des religions » qui, au fil des pages, se transforme en « discrimination religieuse ». Il y stigmatise les démocraties occidentales où « la banalisation du racisme et de la xénophobie par leur instrumentalisation politique et électorale » a conduit les partis, les médias et finalement les opinions publiques à se rallier aux arguments des « promoteurs d’idées nationalistes et d’extrême-droite » ; les « partis démocratiques traditionnels » étant selon M. Diène « de plus en plus nombreux » à cibler « les minorités ethniques et religieuses, et les immigrés et réfugiés en particulier ». Ainsi, se dessine l’image de pays occidentaux n’ayant plus de démocratique que le titre tant ils apparaissent gangrenés par le racisme véhiculé par « le concept manichéen d’un choc des civilisations et des religions ». Ce concept est, d’après le Rapporteur spécial, totalement intégré au « mode de pensée et à la rhétorique des élites politiques, intellectuelles et médiatiques ».

Doudou Diène, passant de la diffamation à la « discrimination religieuse », considère qu’elles relèvent toutes deux d’une « violence idéologique encouragée par des élites », le « rôle légitimant de la violence intellectuelle » banaliserait alors le racisme anti-religieux et favoriserait le passage à l’acte : « agressions contre les adeptes d’une religion ou attaques contre leur lieu de culte et de culture et, de plus en plus leur utilisation de signes religieux ».

Selon le Rapporteur spécial, la « diffamation des religions » joue donc un rôle éminent « dans la légitimation des discours discriminatoires et racistes » qui semblent être la prérogative des démocraties occidentales. De ce fait, l’équation « diffamation des religions = racisme » est admise par les institutions onusiennes, étant entendu que le sens du mot « diffamation » n’est jamais éclairci. Il semble que le terme s’étende au-delà du sens originel (porter atteinte à l’honneur, à la réputation de quelqu’un) pour qualifier toutes les formes de critiques politiques ou philosophiques d’une religion. Les écrivains, journalistes, essayistes qui émettent, en particulier, des critiques sur l’instrumentalisation politique d’une religion à des fins de haine et de terreur doivent être mis à l’index puisqu’en vertu de cette nouvelle norme internationale, ils portent atteinte « à l’honneur de l’ensemble d’une communauté religieuse ». L’Inquisition, version ONU-Genève 2007 !

Les combats démocratiques qui furent menés pour la liberté de critiquer les dérives du pouvoir religieux, notamment en Europe, au cours des siècles passés, que des hommes et des femmes mènent encore au péril de leur vie dans de nombreux pays, sont battus en brèche par le CDH onusien sous la pression d’une majorité de membres y instrumentalisant le droit international pour y voir valider leur vision sociale et politique d’un autre âge.

Ce qui est extrêmement inquiétant, c’est la régulière mise en accusation de la liberté d’expression par le Rapporteur spécial, rejoignant ici la Rapporteure spécial sur la tolérance religieuse, Asma Jahangir et le Rapporteur spécial sur la liberté d’expression, Ambeyi Ligabo. Tous deux observent, en Occident, une « instrumentalisation croissante de la liberté d’expression » visant à diffamer l’islam et les musulmans et à rendre acceptables les discriminations et agressions à leur encontre. Au sein du CDH, dans la perspective ouverte par le lobbying de l’OIC, l’objectif de ces émissaires est de contraindre les pays démocratiques à limiter la liberté d’expression en terme de critique des religions, en l’occurrence l’islam. Pour cela, dès son introduction, Doudou Diène « appelle tous les acteurs concernés à s’interroger sur la complémentarité entre la liberté d’expression et la liberté de religion et sur l’équilibre à préserver entre ces deux droits ». La formulation est habilement jargonneuse mais illustre la confusion, entretenue et volontaire, entre le droit à la critique d’une religion et le droit de culte. Dans quel pays d’Europe, M. Diène a-t-il constaté des législations interdisant à des fidèles de pratiquer individuellement et collectivement leur culte ? Les quelques débats municipaux qu’il évoquent relatifs à l’érection de minaret n’ont pas conduit pour autant au strict refus de construire de mosquées. Lorsque ce fut le cas, les communautés ont eu recours à la justice administrative.

Le racisme anti-musulman intrinsèque à l’Europe

Malka Marcovich l’a souligné dans sa synthèse : depuis 2003, Doudou Diène réitère les mêmes constats sur cette « violence intellectuelle » censée légitimer la diffamation des religions, banaliser et encourager le racisme anti-musulman. Cette « légitimation intellectuelle du racisme » (rapport 2004), il la voit à l’œuvre spécifiquement dans les démocraties occidentales.

Il convient de souligner la méthode et la rhétorique du Rapporteur spécial. Ces constats restent d’ordre général et, concernant « l’islamophobie », ne sont incarnés qu’au travers d’exemples européens. Ainsi, en terminant la lecture de ce rapport, le lecteur a le sentiment que les faits présentés au fil des pages ne sont imputables qu’à l’espace civilisationnel occidental. Et cela, bien que M. Diène s’insurge contre la vision d’une « civilisation européenne » fondée sur « le dogme du caractère chrétien » qu’il affirme très prégnant au sein des sociétés européennes. M. Diène ne s’attarde pas sur la distinction entre les pays européens où l’imprégnation religieuse est très variable. En effet, quel point commun entre les sociétés hollandaise ou française largement athées et la société polonaise profondément catholique?

D’un côté, donc, M. Diène décrit une Europe en proie à une « crise de l’identité européenne » dont « témoigne la montée de l’islamophobie ». Une Europe qui apparaît campée sur des positions rétrogrades tel le nationalisme, toujours présenté comme négatif puisqu’associé aux courants d’extrême-droite, et l’ethnocentrisme (« une idéologie manichéenne du type guerre froide (…) le nous face à eux, les lumières face à l’obscurantisme, la civilisation face à la barbarie »). De l’autre, il entend démontrer que l’Europe ne peut revendiquer une identité propre puisque « la place de l’islam est une question de plus en plus centrale dans la construction de la nouvelle identité européenne ». Selon lui, des forces travaillent à ralentir l’évolution inéluctable de ce qu’il nomme « le multiculturalisme » : « la reconnaissance et l’acceptation de l’identité multiculturelle de la nouvelle Europe ont également été freinées ». Les mots employés par M. Diène pour décrire ce qu’il appelle « la crise de l’identité européenne » peuvent sembler anodins, mais ils suggèrent en fait une alliance idéologique contre-nature entre les mouvements nationalistes d’extrême-droite et ce qu’il qualifie de « rhétorique laïciste virulente », dirigée exclusivement contre l’islam.

M. Diène ne perçoit visiblement pas que « l’identité européenne », que défendent les démocrates en s’insurgeant contre les intégrismes religieux, est fondée non pas sur la culture chrétienne ou le rejet de l’Autre, mais sur une longue histoire de luttes pour la paix et le respect des droits humains. Cette identité européenne là, a de quoi nous rendre fiers, et elle s’incarne notamment, depuis 1957, dans le projet européen.

M. Diène ajoute que « l’islamophobie » est si anciennement ancrée sur le continent européen que nos sociétés ne peuvent s’apercevoir de l’enracinement du racisme antimusulman. Son travail consiste à nous ouvrir les yeux. Ainsi pour replacer les faits dans la longue durée : « l’islamophobie se caractérise en Europe par sa profondeur historique ». Il remonte au temps des croisades, et dans un rapport de février 2006 à la Reconquista du 15ème siècle. Il souhaite éclairer le lecteur sur les racines de ce racisme que nous aurions tort de considérer comme nouveau puisqu’il est presque aussi ancien que l’Europe. Et le Rapporteur spécial de s’improviser psychanalyste de l’inconscient des masses, nous serions face au « retour du refoulé historique de l’imaginaire islamophobe en Occident » (2006). Il reprend l’exemple du « refoulé » des croisades moyenâgeuses dans son rapport d’août 2007 mais complète sa « réflexion » : « Si au cours des siècles passés, le moteur de l’islamophobie était la religion, il semble que ce soit la dimension politique qui domine aujourd’hui ». On ne peut s’empêcher de reconnaître le procédé créant une analogie entre l’antisémitisme occidental et ce qu’il nomme « islamophobie ». Quant au « refoulé » de l’esprit de croisades, on pourrait conseiller à M. Diène de visiter quelques collèges et lycées de France, d’Italie ou du Royaume-Uni pour qu’il constate la réalité des connaissances historiques de la jeunesse européenne sur les croisades, bien loin – et c’est heureux – d’être galvanisée par les récits de leurs professeurs à la gloire des moines-soldats et autres chevaliers progromistes.

Dans le rapport présenté à la 6ème session, les quelques exemples précis « d’islamophobie » donnés par M. Diène concernent toujours un pays européen, puisque c’est là que se trouvent les fondamentaux de ce racisme anti-musulman :

* La « légitimation de la violence intellectuelle », traduire par libre exercice du droit à critiquer les religions, M. Diène confondant a priori islamisme et islam.
* L’instrumentalisation de la guerre contre le terrorisme pour « restreindre ou méconnaître l’exercice des droits civils et politique » des minorités musulmanes ; il précise que les « droits économiques, sociaux et culturels, en particulier ceux des minorités, des immigrés et des étrangers, ont été délibérément bafoués ou relégués au second plan au nom de la protection de l’identité nationale ».
* Le « refus de la diversité » avec une « défense de l’identité fondées sur des valeurs intangibles ». Selon M. Diène, « la montée de l’islamophobie témoigne d’une crise de l’identité européenne », par le « rejet dogmatique du multiculturalisme », « la reconnaissance et l’acceptation de l’identité multiculturelle de la nouvelle Europe ont également été freinées ». Il faut entendre par « multiculturalisme » non pas la prise en compte de la diversité ethnique et culturelle européenne, mais l’acceptation d’une équivalence en droit entre les valeurs démocratiques universelles adoptées au cours de l’histoire européenne et des valeurs religieuses prétendument fondées sur une vérité révélée.
* Une « opinion publique prédisposée à se montrer discriminatoire à l’égard d’une communauté religieuse ».
* Cette prédisposition s’expliquant par l’activisme idéologique de « certains prétendus intellectuels et observateurs politiques et sociaux » qui tiennent des « propos explicitement diffamatoires à l’égard de l’islam » en associant « islam et terrorisme » et par « la manipulation et citation sélective de textes sacrés, en particulier du Coran »
* Cette propagande « islamophobe » largement pratiquée en Europe est due à la recrudescence d’une « rhétorique laïciste virulente entraînant une plus grandes discrimination des musulmans ».

Le tableau, dressé par M. Diène au fil de son rapport, sur le climat régnant en Europe est quasiment apocalyptique en matière de respect des droits de l’Homme. A le lire, on se demande pourquoi l’Europe continue d’être une terre d’asile et d’exil rêvée pour des milliers de migrants venus du monde musulman en quête d’un refuge ou d’un emploi ? Si personne, a fortiori la LICRA qui lutte depuis 80 ans contre le racisme, ne pourrait nier l’existence de mouvements racistes et la réalité de pratiques discriminatoires en Europe, on ne peut souscrire à l’outrance de la description faite par le Rapporteur spécial. Il dépeint des sociétés européennes où règne une violence raciste permanente, « institutionnalisée » et largement diffusée par des « élites » manipulatrices et acceptée par une opinion publique travaillée par des « peurs anciennes qui découlent soit de l’ignorance soit d’un esprit de croisade refoulé ».

M. Diène affirme avoir constaté une recrudescence des « violences et voies de fait dont leurs lieux de culte, leurs centres culturels, leurs commerces et entreprises et leurs biens sont la cible depuis les évènements du 11 septembre ». Plus loin, il prévient de l’imminence d’une « violence religieuse perpétrée sur une grande échelle, comme les massacres et les pogroms ». Aux agressions physiques contre des femmes dont on arracherait le voile « en public », s’ajoutent la difficulté pour les seules minorités musulmanes européennes « d’observer leurs pratiques religieuses (régimes alimentaires, rites funéraires etc.) ». Le « etc. » comprend bien entendu la question du port du hijab, le voile islamique, dans certains espaces publics et pour les agents de l’Etat.

Nous l’avons compris, la laïcité est la cible principale du Rapporteur spécial, rejoignant ici les pays musulmans membres du NAM et bien sûr de l’OIC, qui multiplient depuis des années leurs attaques contre le principe de laïcité qui ne serait rien d’autre que discriminante et raciste. Doudou Diène écrivait dans un précédent rapport que « la laïcité avait mené à la suspicion de la croyance religieuse ».

La France, une cible de choix pour M. Diène

On a vu que le Rapporteur spécial s’attache à identifier « islamophobie » et Europe, par extension « espace occidental », mais un pays semble particulièrement ciblé au fil du rapport par des citations directes ou des formules permettant son identification. La France est en effet le seul exemple récurent du rapport, tandis que des faits relevant de « l’islamophobie » en Allemagne, Suisse, Pologne ou aux Pays-Bas ne font l’objet que d’une citation. C’est qu’en France, la situation est grave : il y existe une véritable « islamophobie » d’Etat !

Doudou Diène affirme qu’en Europe, les « partis démocratiques » ont intégré dans leurs programmes les idées émanant de « plates-formes racistes et xénophobes ». Ces partis « démocratiques traditionnels sont maintenant de plus en plus nombreux à avoir recours au langage de la crainte et de l’exclusion, prenant pour cible les minorités ethniques ou religieuses en général, et les immigrés et réfugiés en particulier ». On ne peut s’empêcher d’y lire une critique de la campagne présidentielle française au cours de laquelle le candidat Nicolas Sarkozy fut largement accusé d’utiliser le langage du Front National.

M. Diène se garde de toute critique frontale contre les régimes autoritaires d’Amérique du sud, d’Asie ou d’Afrique, mais n’épargne pas ces démocrates occidentaux qui « compromettent les droits de l’homme ». en prétextant « protéger la sécurité nationale, des gouvernements ont adopté des politiques qui servent dans la pratique à restreindre ou méconnaitre l’exercice des droits civils et politiques (…) et économiques, sociaux et culturels, en particulier ceux des minorités , des immigrés et des étrangers ». M. Diène appuie son affirmation en précisant que ces droits ont été « bafoués ou relégués au second plan au nom de la protection de l’identité nationale ».

Cette formule qui a fait tant débat en France tout au long de la campagne présidentielle est répétée à maintes reprises dans le rapport permettant au lecteur d’identifier la France comme un de ces Etats officiellement discriminant. C’est un droit, voire un devoir citoyen, de critiquer l’usage politicien du concept d’ « identité nationale ». On est libre de regretter de la voir accolée au nom d’un ministère, de trouver que sa proximité avec le terme « immigration » est plus que maladroite, néanmoins l’idée d’une « identité nationale » n’est pas une ineptie. Elle doit être pensée non comme exclusive et xénophobe, mais en tant que notion sociopolitique, avec des termes permettant de rendre compte de la construction historique d’une identité française ayant donné le jour à notre démocratie moderne. Cette identité française républicaine est constituée de valeurs humaines universelles, dont la laïcité est une des clés de voute. Ces valeurs doivent être comprises, admises et transmises par toute personne aspirant à vivre en France. Mais M. Diène préfère voir dans l’expression « identité nationale » un visage du racisme occidental.En effet, selon son analyse, accepter les principes et les lois du pays d’accueil n’est pas une requête recevable s’il faut en passer par le renoncement ou l’adaptation de certaines de ses traditions coutumières ou culturelles incompatibles avec les valeurs nationales de la société d’accueil. Pour le Rapporteur spécial, une telle exigence est signe « d’islamophobie » : « il s’ensuit un discours qui cherche bien souvent à convaincre les musulmans établis à l’étranger qu’ils doivent ‘assimiler’ les cultures locales, en leur demandant implicitement ou explicitement de renoncer à leur patrimoine culturel et religieux, voire à leur visibilité ». La polygamie, le mariage forcée, le crime d’honneur et autre lapidation, la stigmatisation du corps féminin comme objet de convoitise à cacher sont-ils véritablement les clefs de voute du patrimoine islamique ? Ce serait insulter l’islam et ses croyants que l’insinuer comme le fait involontairement M. Diène. Beaucoup de dissidents de pays musulmans autocratiques luttent chaque jour contre ces pratiques rétrogrades, mais à Genève, dans le confort feutré du CDH, c’est le différentialisme qui règne et conduit à qualifier les démocraties d’intolérance.

Plus loin, ce point est repris : « des questions comme l’immigration, l’identité nationale, la sécurité nationale et la lutte contre le terrorisme sont groupées dans une même rhétorique politique qui sert à justifier une discrimination ouverte à l’égard des musulmans, qu’il soient ou non citoyens du pays ». Pour appuyer son propos, le Rapporteur spécial vise et dénonce « les tentatives de plusieurs pays pour se doter d’un organisme gouvernemental chargé de l’identité nationale et de l’immigration, dont la plus récente est celle de la France ». Pour le Conseil des droits de l’homme qui a validé le constat et félicité son Rapporteur spécial, le ministère français de Brice Hortefeux est une illustration de la «tendance islamophobe » qui se trouve « légitimée idéologiquement » par ce type de structures étatiques.

La France est clairement nommée à deux autres reprises pour des faits « islamophobes » datant de 2006 : l’affaire des 72 (sur 83 000 salariés) employés bagagistes de la zone aéroportuaire de Roissy et la tentative d’incendie criminelle de la mosquée de Quimper. Ces exemples sont donnés sans préciser les faits, les actions en justice des personnes incriminées ou victimes, ou les résultats d’enquête.

La République française est également ciblée à travers les accusations contre le « laïcisme antireligieux » dont elle semble être l’incarnation. M. Diène évoque « une forme particulièrement préoccupante de discrimination à l’égard de l’islam » dans ce qu’il nomme « une hostilité croissante qui vise les signes religieux ». Il relève l’action « en France et en Allemagne de groupes d’extrême droite faisant ouvertement campagne – parfois avec succès – contre la construction de mosquées ». Là encore, ni fait précis, ni exemple daté ne sont rapportés, l’objectif étant de créer le sentiment que, dans ces pays, les institutions démocratiques sont gangrénés par le racisme antimusulman, à l’échelle locale comme nationale. Inutile donc pour M. Diène de rappeler et valoriser les mécanismes de régulation administrative et judiciaire propres à un Etat démocratique qui permettent à toute personne ou communauté religieuse organisée s’estimant discriminées de faire valoir ses droits.

La législation française est mise en cause indirectement lorsque le Rapporteur spécial pointe « la violence idéologique institutionnalisée par des règles écrites ou tacites et par des comportements qui se traduisent dans la pratique par une discrimination sociale et des restrictions à la liberté de religion. Outre les législations de plus en plus ouvertement discriminatoires, différentes mesures » sont évoquées sans précision supplémentaire de l’auteur du rapport, elles viseraient pourtant à restreindre « l’utilisation de signes religieux ». On ne peut s’empêcher d’ y lire une critique de la loi du 15 mars 2004 sur l’interdiction du port ostensible de signes religieux par les élèves dans les établissements publics.

L’enjeu de l’« utilisation de signes religieux » est évoqué à plusieurs reprises par M. Diène, il est intéressant de relever le terme « utilisation ». En effet, un signe religieux se porte, mais quel sens lui donner s’agissant de « utiliser » ? Quelle fin précise sert-il ? Exposer et afficher physiquement vis-à-vis d’autrui qui l’on est, ou servir un culte ? Dans le cas du hijab, son port n’a aucun caractère d’obligation dicté par le droit coranique, il résulte d’une interprétation des textes religieux et d’un usage coutumier visant à limiter la visibilité de la femme dans l’espace public. Néanmoins, dans les pays démocratiques où la religion islamique est minoritaire, il a aussi une vocation de prosélytisme. Il sert de porte-drapeau à la diffusion d’un islam politique, d’abord en direction de coreligionnaires dont les islamistes estiment qu’ils ne pratiquent pas « le vrai islam ». Dans ce cas, il est « utilisé » par les femmes qui l’arborent pour imposer dans l’espace public la vision intégriste de la femme, espérant qu’elle devienne par capillarité et habitude, le signe, voire l’insigne, de LA femme de culture musulmane. M. Diène ne semble jamais dans son rapport entrevoir la possibilité que le signe religieux puisse être oppressif ou discriminant pour celui qui le porte, il s’agit pour lui de l’expression d’un libre choix. Sa connaissance sociologique des populations qu’il dit défendre ne semble donc pas entière.

Pour le Rapporteur spécial, toute entrave à « la visibilité » religieuse est un signe de racisme anti-musulman. Il insiste sur une agression qu’il qualifie de « fréquente » consistant à « arracher aux musulmanes leur hijab (foulard) en public, en accompagnant habituellement ce geste d’insultes et de menaces ». M. Diène se garde de donner des précisions sur ce fait grave, l’idée étant de laisser penser que ces comportements répréhensibles sont si courants en Europe qu’il n’est pas nécessaire de les localiser. De même, il choisit d’ignorer les rendus de justice qui auraient rétablies ces victimes dans leur droit de se promener librement coiffées d’une voile islamique. Rappelons que selon le Rapporteur spécial, c’est « la rhétorique laïciste virulente en train de prospérer » qui conduit à « une plus grande discrimination des musulmans ».

Cette présentation de la situation française paraît aujourd’hui validée par les instances onusiennes. On la retrouve ainsi dans le compte-rendu réalisé le 28 septembre dernier par Madame Gay J. Mc Dougall, Experte indépendante des Nations Unies sur les questions relatives aux minorités. Après une semaine en France (Paris, Marseille, Strasbourg et leurs banlieues) fin septembre au cours de laquelle elle a rencontré des représentants du gouvernement, des ONG, des associations, des chefs religieux et diverses personnalités, elle dresse un tableau inquiétant du sort des « nouvelles minorités » à savoir les « populations d’origine nord-africaine, d’Afrique sub-saharienne, les musulmans et celles originaires des DOM-TOM ». Les migrants asiatiques ou est-européens, et leurs descendants nés en France, ne sont pas du tout évoqués, ils semblent épargnés ! En revanche, les minorités précitées « en dépit de leur grand attachement au principe d’égalité et aux valeurs de la France » sont victimes d’une situation catastrophique : « discrimination raciale », « aucun espoir de promotion sociale en raison de la couleur de leur peau, de leur religion, de leur nom de famille ou de leur adresse », des populations « piégées dans des ghettos urbains » qui « se sentent rejetés par une conception rigide de l’identité nationale française qui ne leur correspond pas ».

Madame Mc Dougall met en cause l’opinion publique française et l’Etat en ajoutant que la discrimination est « répandue, enracinée et institutionnalisée ». La France a inscrit dans sa Constitution « la promesse d’égalité » mais selon l’Experte indépendante, ce n’est qu’une « vision et non pas la réalité de la France moderne ». Mais connaît-elle un Etat démocratique où règne une parfaite égalité entre ses citoyens ? Madame Mac Dougall feint d’ignorer qu’une démocratie, consciente de ses imperfections, inscrit ses idéaux dans ses principes fondamentaux afin de s’attacher à leur complète réalisation. Seuls les régimes autocratiques ou totalitaires sont convaincus de la perfection de leur mode de gouvernement et ne se remettent jamais en cause. Que dire de la notion d’égalité dans les constitutions cubaine ou iranienne ?

Personne, la LICRA moins encore que tout autre organisme, ne peut nier la réalité des discriminations vécues par les populations vivant dans les quartiers de relégation sociale que sont les banlieues des agglomérations ou certains quartiers des grandes villes. Il convient de déployer tous les efforts politiques et économiques, à l’échelle locale comme nationale, pour y remédier. Mais les victimes de ces discriminations ne sont pas qualifiables exclusivement à travers un critère ethnique ou religieux contrairement à la méthode de Madame Mc Dougall. Il existe aussi dans ces quartiers populaires d’autres citoyens victimes de cette discrimination socio-économique : Français de plusieurs générations, Français d’origine sud-européenne ou issus de famille rapatriées d’Afrique du Nord, récents migrants asiatiques, sud-américains ou européens. Mais ceux-là n’interpellent pas l’Experte indépendante de l’ONU qui, à l’instar de Doudou Diène, demeure concentrée sur les populations issues des anciennes colonies françaises.

Même si cela n’est pas explicitement évoqué, on comprend que ces observateurs lisent les crises sociales françaises à l’aune des théories des post-colonial studies. Ces dernières sont intéressantes, mais plus complexes que la lecture qui en est faite par ceux qui sont en quête d’une cause et d’une grille de lecture uniques aux problèmes de société traversés depuis quinze ans par tous les pays d’accueil de migrants, qu’ils aient été ou non une ancienne puissance coloniale (voir les cas du Canada, de l’Italie ou du Danemark).

Autre facteur d’explication régulièrement invoqué par M. Diène : les effets du 11 septembre et de la « guerre mondiale contre le terrorisme ». Comme on l’a vu, les vraies victimes en sont les populations musulmanes vivant dans les démocraties ciblées par les terroristes islamistes. Si les problèmes d’intégration des migrants récents et de leurs enfants nés dans le pays d’accueil sont, certes, aggravés par les tensions géopolitiques internationales. L’explication demeure sommaire !

Pour régler tous ces problèmes, Madame Mc Dougall et M. Diène ont la solution : « la discrimination positive » et pour qu’elle s’applique à ceux qui en ont « vraiment » besoin, « la société française » ne doit pas percevoir « comme une menace (…) la reconnaissance de l’origine ethnique, de la religion et de l’héritage de chacun ». Revoilà l’idée de fichiers et quotas ethniques. A quand la mention religieuse sur la carte d’identité ? Se trouve ainsi répudiée l’idée républicaine égalitaire selon laquelle c’est le mérite et la volonté individuelle qui doivent être récompensés et non une gratification socio-économique en fonction de l’origine culturelle. Mais c’est l’objectif des partisans du multiculturalisme version différentialiste aujourd’hui aux commandes des sous-commissions des Nations Unies et qui se voient systématiquement félicités et missionnés par les délégués des autocraties siégeant à l’ONU ou au CDH.

Enfin, on est étonné d’apprendre en fin de compte-rendu que l’Experte indépendante se penchera dans son rapport intégral présenté au CDH sur les situations des « Roms, des Bretons et de la communauté juive ». Pourquoi ces trois groupes ? Impossible d’en savoir davantage. Quid des Corses, des Basques, des Auvergnats, des Chtis, des Bouddhistes, des Sikhs, etc. ?

Les démocraties islamophobes s’exposent aux représailles …

Dans son rapport, M. Diène entend aussi alerter les pays abritant des minorités musulmanes discriminées : « la montée de l’islamophobie augmente les risques de troubles sociaux ». A-t-il à l’esprit les émeutes françaises de novembre 2005 dont les motivations et les facteurs de déclenchement sont demeurés obscurs à l’opinion comme aux politiques ?

Selon le Rapporteur spécial, « l’exclusion » s’aggravant est un « cercle vicieux » qui va « conduire en fin de compte à l’extrémisme ». Ce serait le « sentiment d’infériorité culturelle et de vulnérabilité sociale chez les jeunes musulmans » qui place les plus «marginalisés » sous la férule de « certains groupes qui leur offrent une identité réaffirmée et des motifs de fierté ». Qui sont précisément ces « groupes » ? Quels sont leurs objectifs ? Et de quels « motifs de fierté » s’agit-il ? Nous ne le saurons pas. Quoiqu’il en soit, le message est clair : le développement du radicalisme islamiste chez les jeunes générations et les risques potentiels qu’ils font courir à leurs concitoyens dans le cas d’un prosélytisme djihadiste, sont en tout premier lieu imputables à la société d’accueil raciste et discriminante. Le même argument invoqué immédiatement après les attentats du 11 septembre est repris : les Etats-Unis avaient payé au prix fort leur impérialisme outrancier et leur légèreté géostratégique au Moyen-Orient.

Le propos de M. Diène vise à culpabiliser les démocraties et à déculpabiliser ceux qui en contestent les fondements et le mode de vie au nom de la différence culturelle. Si l’universalité des droits humains est parfois maladroitement invoquée par les Etats occidentaux, cela ne remet pas en cause sa validité et ne peut autoriser la contestation systématique de ses fondements à l’origine même de la création de la SDN puis de l’ONU.

L’argumentation du Rapporteur spécial s’étend d’ailleurs aux Etats musulmans qui maltraitent des minorités chrétiennes. Ces dernières attisent le feu par le « prosélytisme virulent de certains groupes évangéliques », et par le fait que la théorie du choc des civilisations émane d’une pensée chrétienne ayant « identifié implicitement l’Occident avec le christianisme ». Par conséquent, M. Diène voit dans les violences contre les chrétiens un des « effets pervers » de la théorie de Huntington. Une fois encore, c’est l’arrogance occidentale qui récolte ce qu’elle sème. Et le Rapporteur spécial de nous répéter plus loin l’origine de ce « prosélytisme virulent » qui expose les minorités chrétiennes aux foudres des majorités musulmanes ou hindouistes : « certains groupes évangéliques, en particulier ceux d’origine nord-américaine ». Qualifiés quelques pages plus loin de « puissants », ils sont également accusés de « mener une vaste campagne (…) pour diaboliser le vaudou en général et le candomblé au Brésil et la Santeria en particulier » ; ces « campagnes de diabolisation (…) ont pour effet de favoriser certaines formes de christianophobie », argument permettant de nouveau de minimiser la responsabilité des agresseurs, à moins qu’il ne s’agisse de laisser entendre que les Etats-Unis seraient partout les fauteurs de trouble ?
Pour conclure

M. Diène conclut son rapport par une série de recommandations où il ne met plus en exergue l’islam mais parle de « religions » de façon générale. Parmi ces recommandations, se trouve l’injonction aux Etats signataires de mettre en application le Programme de Durban (2001) et de créer à l’échelle nationale des structures visant à promouvoir « le dialogue entre les cultures et les religions ». Pour M. Diène, le racisme contemporain est donc avant tout un problème de conflictualité religieuse.

Il revient ensuite sur la problématique liberté d’expression versus liberté de religion pour encourager le CDH à « envisager d’adopter des règles complémentaires sur les relations réciproques entre liberté d’expression, liberté de religion et non-discrimination ». Autant dire qu’il s’agit de limiter de façon normative la première au nom de la seconde grâce à l’invocation de la « diffamation des religions » considérée comme une forme du racisme par le Rapporteur spécial.

Enfin, il renouvelle ses attaques contre la laïcité en appelant à la « vigilance pour maintenir l’équilibre entre la laïcité et le respect de la liberté de religion ». En identifiant la première à « une culture et une rhétorique antireligion », il explique qu’elle est « une source essentielle de diffamation des toutes les religions et de discriminations contre les croyants et les pratiquants ». A aucun moment, M. Diène ne met en valeur la dimension pacificatrice de la pratique sociale laïque. A le lire, elle n’est qu’un moyen autoritaire déployé par une société intolérante et fondamentalement raciste afin d’empêcher la visibilité religieuse des minorités. Le Rapporteur spécial a visiblement beaucoup à apprendre sur le concept de laïcité, qui est marqué par la complexité et une profondeur philosophico-historique. Mais peut-on lui en tenir rigueur lorsqu’en France même, pays ayant développé au fil des siècles une vision et une pratique sociale extrêmement élaborée de sa laïcité, nombre de nos dirigeants, de nos intellectuels ou de nos relais médiatiques en ignorent le sens profond et sont souvent incapables de la défendre à l’extérieur comme à l’intérieur. Pourtant, c’est la laïcité qui a mis fin aux conflits religieux en Europe car elle garantit la sérénité d’un espace public neutre où chacun doit se faire une place pour ce qu’il est, et non ce qu’il paraît être.

QUI EST DOUDOU DIENE ?

M. Diène est né en 1941 au Sénégal. Diplômé en droit public à l’université de Caen et en sciences politique à l’IEP de Paris, il siège à l’Unesco comme représentant du Sénégal de 1972 à 1977, et devient Vice-président et Secrétaire du groupe Afrique puis du groupe des 77. Cette présence et connaissance des rouages internes de la machine onusienne lui permettent d’intégrer l’administration de l’ONU en 1977. C’est à l’Unesco qu’il fait carrière et publie divers ouvrages issus de ses actions dans les années 1980-1990 dans le domaine du Dialogue Interculturel puis Interreligieux. En 2002, la Commission des droits de l’Homme (devenue Conseil des droits de l’Homme en juin 2006) le nomme Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée. En quoi consiste officiellement son mandat ? Examiner tous les incidents illustrant les formes contemporaines de racisme et de discrimination, évaluer les mesures prises par les gouvernements pour y remédier, enfin, remettre un rapport annuel au CHD et à l’Assemblée Générale pour les informer de ces analyses. Où M. Diène trouve-t-il toutes les informations nécessaires à la formulation de ces constats ? Impossible de le savoir en lisant la vingtaine de pages, en moyenne, de ces rapports puisqu’il ne cite aucune source : pas de références chiffrées, mais de fréquentes généralisations à partir d’un fait observé dans un pays et relayé par les médias. D’ailleurs, M. le Rapporteur Spécial semble conscient de cette faiblesse puisque le 14 septembre dernier à la tribune, il concluait en demandant au Président du CDH d’envisager la création d’un « observatoire permettant de quantifier les phénomènes » qu’il étudie pourtant dans ses rapports sans paraître soucieux de leur représentativité. Depuis 2002, M. Diène semble s’astreindre à visiter et auditer en particulier les pays démocratiques (Australie, Etats-Unis, Europe). Sans doute y met-on à sa disposition plus de matériel que dans des pays autoritaires qu’il se garde, le plus souvent, de critiquer nommément.
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NOTES

(1) La lecture du rapport de Malka Marcovich rédigé en mai 2007 pour la LICRA (L’ONU, laboratoire de haine) est indispensable pour tous les militants. A télécharger sur le site http://www.licra.org.

Voir également:

ISLAMOPHOBIE ?!

Caroline Fourest et Fiammetta Venner,

Fondatrices de la revue ProChoix et auteures de Tirs Croisés, la laïcité à l’épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman (éd. Calmann-Lévy).

Prochoix news

12 novembre 2003

Le mot « islamophobie » est aujourd’hui très largement repris, du MRAP à Jean-Pierre Raffarin, et plus maladroitement encore par Claude Imbert du Point. Il est dans l’air d’un temps où l’on s’obstine à vouloir réduire la question du racisme et de l’intégration à une question confessionnelle, comme si tous français originaires du Maghreb étaient tous musulmans pratiquants et comme si l’enclavement des banlieues n’était plus qu’une question de choc des religions. En cela, le remplacement du mot « racisme » par « islamophobie » correspond bien à la politique menée par Nicolas Sarkozy. La création artificielle d’un Conseil français du culte musulman n’a pas eu seulement pour effet désastreux d’amalgamer les musulmans libéraux et les musulmans extrémistes de l’UOIF, elle donne surtout le sentiment de vouloir traiter le dossier de l’exclusion sociale uniquement par le biais de l’intégration religieuse : les banlieusards révoltés par les bavures n’ont qu’à adresser leurs réclamations à des imams puisque le retour à la religion semble être la seule médiation possible proposée par le ministère de l’intérieur…

Plus inquiétant, de plus en plus de militants de gauche, y compris antiracistes, participent à cet amalgame en faisant de la question du foulard islamique une question de « racisme » et non plus une question d' »intégrisme ». Comme s’il n’était plus possible d’être à la fois antiraciste et opposé aux interprétations sexistes du Coran sous peine de se voir traités d' »islamophobes ». Les militants laïques, ceux qui ne souhaitent pas voir de signes religieux ostentatoires et prosélytes entrer à l’école, ceux qui s’opposent aux diktats de la religion des extrémistes, sont aussitôt soupçonnés de racisme. Comment en est-on arrivé là ? Par quel retournement de situation hallucinant, le débat public français a-t-il pu être piégé et verrouillé à ce point ? La réponse tient en un seul mot : « ISLAMOPHOBIE ».

Ce mot a une histoire, qu’il vaut mieux connaître avant de l’utiliser à la légère. Il a pour la première fois été utilisé en 1979, par les mollahs iraniens qui souhaitaient faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de « mauvaises musulmanes » en les accusant d’être « islamophobes ». Il a été réactivité au lendemain de l’affaire Rushdie, par des associations islamistes londoniennes comme Al Muhajiroun ou la Islamic Human Rights Commission dont les statuts prévoient de « recueillir les informations sur les abus des droits de Dieu ». De fait, la lutte contre l’islamophobie rentre bien dans cette catégorie puisqu’elle englobe tous les atteintes à la morale intégriste (homosexualité, adultère, blasphème etc). Les premières victimes de l’islamophobie sont à leurs yeux les Talibans, tandis que les « islamophobes » les plus souvent cités par ces groupes s’appellent Salman Rushdie ou Taslima Nasreen ! En réalité, loin de désigner un quelconque racisme, le mot islamophobie est clairement pensé pour disqualifier ceux qui résistent aux intégristes : à commencer par les féministes et les musulmans libéraux.

Au même moment, en France, les intégristes chrétiens ont d’ailleurs entamé très exactement la même démarche. L’AGRIF, l’association de Bernard Antony (FN) qui s’est beaucoup impliqué dans les campagnes contre Scorsese, ont imaginé un moyen beaucoup plus efficace de lutter contre le blasphème : faire des procès pour « racisme anti-chrétien ». La seule différence entre les deux démarches tient aux contre-feux qu’ils rencontrent. En effet, personne n’est dupe lorsque l’Agrif fait des procès pour « racisme anti-chrétien ». Tout le monde sait qu’il s’agit en réalité de lutter contre toute critique de la religion. En revanche, tout le monde est tombé dans le panneau de l' »islamophobie ». Après avoir gagné les associations antiracistes anglaises, le mot a été intronisé en France par Tariq Ramadan, dont la double casquette de musulman réformiste fondamentaliste et de militant tiersmondiste a permis sa diffusion rapide vers l’extrême gauche. Depuis, il piège nos débats ne mettant systématiquement en situation d’accusés, mieux que ne l’aurait fait une fatwa, toutes celles et tous ceux qui osent résister aux interprétations politiques et radicales de l’Islam… Un livre sur La nouvelle islamophobie, de Vincent Geisser, ne vient-il pas de qualifier de « facilitateurs d’islamophobie » pêle-mêle les associations comme SOS racisme, les recteurs et les imams libéraux proches de la Mosquée de Paris et les journalistes d’investigation enquêtant sur le terrorisme islamiste ? La boucle est bouclée. Qui osera encore s’opposer au voile ou aux autres interprétations archaïques de l’Islam sans avoir peur d’être traités d' »islamophobes » ?

Hier encore, à l’occasion de l’affaire Rushdie ou Scorsese, la presse et les associations de droits de l’homme se soudaient pour dire non aux « croisés de l’ordre moral » que sont les intégristes… Aujourd’hui, c’est tout le contraire. Les opposants au voile sont traités de « croisés de la laïcité » voire « d’ayatollahs de la laïcité » dans les pages du Monde (sic). Tandis que les militants et les militantes intégristes de l’UOIF (une organisation dont le Conseil européen de la Fatwa approuve les attentats kamikazes) sont invités sur tous les plateaux télé pour y jouer les victimes… Preuve que le mot a tenu toutes ses promesses.

Non seulement, il sert merveilleusement la lutte contre le blasphème mais il évacue totalement la question du racisme. Car c’est de « brulôt islamophobe » et non de « brulôt raciste » que le MRAP a traité le livre d’Oriana Fallacci. Au lieu de poursuivre les passage clairement racistes (et il y en avait), l’association a préféré poursuivre également les passages simplement critiques envers l’islam. Résultat, le MRAP a été débouté et l’auteure peut parader. Pire, La Ligue des droits de l’homme, qui jadis soutenait Salman Rusdhie, s’est récemment jointe aux associations musulmanes qui avaient attaqué les Versets Satanniques. Leur cible commune ? Une phrase de Houellebecq disant « quand on lit le Coran, on est effondré ». Rien de très alarmant, du moins si l’on considère que l’on peut toujours critiquer la religion et surtout que Houellebecq n’est pas tendre avec les autres religions. Voilà bien la situation intenable dans laquelle nous a conduit le concept d' »islamophobie ». Plus personne ne parle de racisme (le seul vrai fléau qu’il faut combattre) mais si Salman Rushdie sortait aujoud’hui ses Versets satanniques, certaine associations antiracistes seraient aux côtés des islamistes pour le traiter d » »islamophobe » !

Voir encore:

À propos de l’islamophobie

Plaidoyer en faveur d’un concept controversé

Alain Gresh

Le Monde diplomatique

4 mars 2004

L’utilisation du mot islamophobie a suscité un débat légitime, qui mérite approfondissement. Le terme est-il le mieux à même de rendre compte de certains phénomènes que nous connaissons en France, et plus largement dans le monde occidental ?

Une remarque sémantique préalable.  » Phobie  » vient du mot grec  » phobos  » qui signifie fuite (due à la panique), d’où un effroi, une peur intense et irraisonnée. C’est ce caractère  » irraisonné  » que met en avant le terme  » islamophobie « , et non une critique rationnelle. Premier argument contre son emploi : il reviendrait à interdire toute critique de l’islam comme religion. Pourtant, quand la presse ou des intellectuels dénoncent la  » judéophobie « , personne ne pense qu’il s’agit ainsi d’un refus de la critique de la religion juive ; en revanche, pour certains, il définit mieux que l’antisémitisme certaines formes nouvelles de haine des juifs. S’il est vrai que certaines musulmans peuvent brandir l’islamophobie pour bannir toute critique de l’islam, cela ne doit pas nous décourager : la judéophobie ou l’antisémitisme est aussi utilisé par certains pour interdire toute critique de la politique israélienne. Faut-il bannir l’usage de ces mots pour autant ?

Chacun a le droit, en France, de critiquer les religions. Le blasphème est même autorisé. Durant ces derniers mois, on a vu fleurir les références à Voltaire et il est vrai qu’il fait partie de l’héritage culturel française. Mais quand il s’attaquait à l’Eglise catholique, il prenait des risques sérieux en s’en prenant à une puissance temporelle et spirituelle omniprésente ; dénoncer l’islam dans notre société ne comporte pas de danger, si ce n’est de s’acquérir une notoriété facile. Nombre de ceux qui se réfèrent à Voltaire ne semblent en avoir gardé qu’un souvenir assez vague. S’il a publié une pièce, assez mauvaise – le théâtre ne fut pas son point fort -, dénonçant Mahomet, il a aussi écrit , en 1770 :

 » Dans cette prodigieuse étendue de pays [terres gouvernées par le Koran] il n’y a pas un seul mahométan qui ait le bonheur de lire nos livres sacrés et très peu de littérateurs parmi nous connaissent le Koran. Nous nous en faisons presque toujours une idée ridicule, malgré les recherches de nos véritables savants. L’Alcoran passe encore aujourd’hui pour le livre le plus élégant et le plus sublime qui ait encore été écrit dans cette langue. Nous avons imputé à l’Alcoran une infinité de sottises qui n’y furent jamais . « 

Entre l’appréciation de Voltaire et celle de Houellebecq ( » La religion la plus con, c’est quand même l’islam. Quand on lit le Coran, on est effondré, effondré ! La Bible, au moins, c’est très beau parce que les juifs ont une sacré talent littéraire « ), il y a l’abîme qui sépare la volonté de savoir de l’ignorance érigée en argument.

D’autres publicistes s’indignent : on aurait le droit de critiquer le pape Jean-Paul II et l’islam serait au-dessus de tout jugement ! Mais cela est-il vrai ? Bien sûr, on peut trouver des caricatures insultantes du pape, mais l’image globale qui se dégage du personnage est-elle vraiment négative ? On a célébré récemment le vingt-cinquième anniversaire du pontificat de Jean-Paul II et les éloges ont très largement dominé ; pourtant, au même moment, un documentaire de la BBC révélait que des envoyés spéciaux du Vatican envoyé en Afrique expliquaient aux populations que le préservatif ne protégeait pas contre le sida ! Imaginons un instant l’inverse : un haut dignitaire musulman ayant envoyé des missionnaires pour tenir le même discours ; peut-on imaginer un instant que les médias français donneraient de ce personnage, indépendamment de ce prêche, une image positive ?

Quoiqu’il en soit, je le répète, le droit de critiquer les religions est imprescriptible. Et chaque pamphlet hostile à l’islam n’est pas forcément  » islamophobe « . Alors, pour éviter toute ambiguïté, ne vaudrait-il pas mieux préférer au terme  » islamophobie  » celui de  » racisme  » (anti-arabe, ou anti-maghrébin) ?

Il faut revenir un moment sur les origines du mot islamophobie. Une recherche sur la base du Monde indique que ce quotidien a utilisé deux fois le terme entre le 1er janvier 1987 et le 10 septembre 2001, l’une en 1994, l’autre en février 2001. Soheib Bencheikh, souvent présenté comme le porte-parole d’un islam libéral, l’utilise comme titre de chapitre dans Marianne et le Prophète ; il écrit que l’islam suscite en France  » un sentiment de rejet quasi unanime, implicite dans les discours, et assez catégorique dans l’imaginaire collectif des Français.  » Si on consulte la base du Monde diplomatique avant 11 septembre 2001, le terme est utilisé deux fois : l’une dans un reportage sur Marseille (juillet 1997), qui reprend des citations de Soheib Bencheikh et l’autre par Tariq Ramadan (avril 1998), qui cite l’étude commandée en Grande-Bretagne par le Runnymede Trust en 1997, dirigée par le professeur Gordon Conway, Islamophobia : Fact Not Fiction, octobre 1997.

Quant à l’affirmation de Caroline Fourest et Fiammetta Venner, dans Tirs Croisés, selon lesquels le mot aurait été inventé par les mollahs pour contrer les critiques du régime iranien, elle ne repose sur aucune source précise ; et leur livre est tellement approximatif dans ses références et citations, qu’on ne saurait prendre leur affirmation pour argent comptant – d’ailleurs on trouve le terme déjà utilisé dans un texte de 1925, leurs auteurs parlant d’un  » accès de délire islamophobe « .

Quoiqu’il en soit, le terme  » islampohobie « , utilisé très ponctuellement jusqu’au 11 septembre 2001, est devenu d’usage courant, non seulement en France mais aussi aux Etats-Unis et dans tous les pays européens. Il semble donc répondre à une conjoncture nouvelle.

Il nous faut distinguer deux niveaux : celui du monde et celui de la France. Le premier nous amène à nous pencher sur la politique américaine, telle qu’elle se déploie après le 11 septembre 2001. Jusque-là, elle était marquée par une attitude ambiguë : un politique anti-Arabe et pro-israélienne ; une alliance avec un certain nombre de groupes islamistes et l’Arabie saoudite dans la lutte contre l’URSS et le communisme, alors même que la révolution iranienne crée une certaine inquiétude. Le thème de la  » menace islamique  » est limité à certains cercles intellectuels, proche des thèses du gouvernement israélien. Après le 11 septembre, cette vision devient celle de l’administration Bush : l’Occident est confronté à un nouvel ennemi, aussi dangereux que l’étaient en leur temps le nazisme et le communisme. Fleurissent alors des ouvrages sur la IIIème guerre mondiale, au moment même où l’administration Bush met en oeuvre une stratégie militaire et politique d’intervention et d’hégémonie. Sans développer une argumentation détaillée, faisons deux remarques sur cette comparaison :

– La  » menace soviétique  » fut largement gonflée dans les années 1980 par l’administration Reagan et par quelques intellectuels ; l’émission  » La guerre en face « , avec Yves Montand, selon un scénario de Jean-Claude Guillebaud et Laurent Joffrin, pouvait faire croire, sans rire, à une invasion de l’ouest du continent, sur FR3 le 18 avril 1985 – non, ce n’était pas le 1er avril ; combien d’intellectuels français ont soutenu les moudjahidin afghans, sans aucun esprit critique (notamment sur la question de leur vision de l’islam), au nom de la lutte contre la  » menace soviétique  » ?

– la  » menace islamique  » n’est jamais vraiment définie. Bien sûr, il existe des groupes terroristes qu’il faut combattre, qui mènent une croisade au nom de leur interprétation de l’islam. Mais ces groupes sont minoritaires et, contrairement au communisme par exemple, sont bien incapables d’attirer de leur côté une partie significative des opinions occidentales ; d’autre part, ces mouvements ne s’appuient sur aucune puissance étatique significative, comme le nazisme (avec l’Allemagne hitlérienne) ou le communisme (avec l’URSS et aussi la Chine).

Cette vision d’un  » danger mondial  » – qui met dans le même sac la lutte en Tchétchénie, celle en Palestine et Al-Qaida – s’accompagne, en France de certaines particularités dues, à la fois à l’histoire coloniale et à la présence de nombreux immigrés venant notamment d’Afrique du Nord. La vision de l’islam a toujours été négative durant la période coloniale et les propos ouvertement racistes sont monnaie courante. La résistance des Algériens à la pénétration coloniale – et notamment le refus de se convertir (comme en Cochinchine ou en Afrique noire) – sont interprétées comme une preuve de fanatisme. En Algérie, on divise la population entre les Français de souche et les Français musulmans, ces derniers étant des nationaux mais pas des citoyens. L’accession de l’Algérie à l’indépendance et la fin de l’empire colonial provoque quelques changements. Les immigrés, désignés d’abord comme Nord-Africains puis comme Arabes, vivent un racisme quotidien et les attaques de l’extrême droite. La place accordée à l’islam dans ces campagnes tend à diminuer, même si quelques livres tentent de redorer ce thème : Le Radeau de la méduse, de Jean-Pierre Péroncel-Hugoz (1982) et De l’islam en général et du monde moderne en particulier de Jean-Claude Barreau (1991).

La montée du Front national et la concurrence entre la droite et lui dans les années 1980 va durcir à nouveau certains discours, comme celui de Jacques Chirac parlant des  » odeurs « . En même temps, le racisme s’abrite de plus en plus derrière les  » différences  » culturelles ou religieuses, qui mettraient en danger l’identité de la France. Dès la fin des années 1980, notamment avec la première affaire du foulard, émerge l’argument selon lequel l’obstacle à l’intégration serait religieux et culturel – c’est l’islam, dans son essence même hostile à la laïcité et à la démocratie, qui créerait un obstacle à l’assimilation des immigrés.

C’est ce qu’explique, par exemple, Claude Imbert, directeur du Point, selon lequel on a atteint  » les limites de la tolérance  » :

 » Les Français n’ont jamais craint l’immigration [assertion que dément toute l’histoire du XXème siècle], parce qu’ils ont toujours réussi à l’intégrer. Mais, avec plus de trois millions de musulmans, ils voient désormais que la magie du creuset national n’opèrera pas comme jadis avec Polonais, Italiens, Espagnols et autres Portugais. La difficulté nouvelle n’est nullement raciale : elle est culturelle, religieuse et tient à l’islam. « 

Et de nous éclairer par  » quelques vérités  » : l’islam a une  » propension à mêler le spirituel et le temporel  » ; il  » a développé dans certaines de ses traditions un fanatisme abominable « . Rien sur le chômage ou le racisme qui frappe les jeunes d’origine maghrébine, mais quelques variations essentialistes sur l’islam, qui deviendront l’un des thèmes favoris du directeur du Point au cours des années qui suivent : l’islam est incompatible avec  » nos  » libertés, avec  » nos  » sociétés, avec la démocratie. On comprend qu’il se revendique d’abord  » un peu islamophobe « , puis islamophobe tout court.

On voit s’affirmer une vision essentialiste de l’islam politique : celui-ci serait monolithique et se résumerait à l’application de la charia, aucune différence n’est faite entre les divers courants, qualifiés tous d’intégristes pour le discréditer, mais sans qu’on puisse savoir exactement ce que ce terme recouvre. Ainsi on met dans le même sac, le Hamas et Al-Qaida, les Frères musulmans égyptiens et le Jihad, l’insurrection tchétchène et le parti de l’Islah au Yémen. En France, on confond allègrement l’Union des organisations islamiques de France (UOIF )- elle-même divisée en multiples courants et tendances -, le Collectif des musulmans de France, les groupes salafites. Alors que nous reconnaissons que, au nom du christianisme, se sont construits des courants aussi divers que la théologie de la libération et l’Opus Dei, nous sommes aveugles devant les clivages dans les organisations islamiques : du Coran, on  » déduirait  » une seule politique, une seule vision du monde. Se renforce dans l’opinion l’idée d’une menace omniprésente à la démocratie (avec un composante internationale) et à la laïcité, renforcée par l’existence d’une  » cinquième colonne  » massive que sont les musulmans. Personne n’a relevé cette affirmation de Jean-François Revel, dans son livre L’Obsession anti-américaine. Il se félicite du fait que George W. Bush et plusieurs dirigeants européens se soient rendus dans des mosquées après le 11 septembre, pour éviter notamment aux Etats-Unis que les Arabo-Américains ne deviennent des cibles de « représailles indignes « . Et il affirme :

 » Ce scrupule démocratique honore Américains et Européens, mais ne doit pas les rendre aveugles devant la haine pour l’Occident de la majorité des musulmans vivant parmi nous .  » Vous avez bien lu :  » la majorité des musulmans « . Je ne sais si notre philosophe propose de les expulser, mais sa remarque définit bien le discours islamophobe : sous couvert de critique de la religion, on stigmatise toute une communauté, renvoyée à son  » identité  » musulmane, qui serait  » naturelle « ,  » biologique « . Cet amalgame entre religion et communauté est proprement scandaleux et il suscite aujourd’hui un trouble important chez ce que l’on nomme les  » musulmans « , y compris les athées ou ceux qui n’accordent aucun poids à la religion.

C’est ce nouveau masque du vieux fond de racisme anti-arabe et anti-Maghrébin conjugué avec l’idée d’une  » menace  » internationale que le terme  » islamophobie  » recouvre. Dans un texte qui critique son usage , la Licra affirme :

 » Il n’est pas sûr, voire peu probable, qu’il y ait un rejet [en France] de l’islam, mais plutôt un rejet des pratiques intégristes (…) L’acceptation des Musulmans et du culte musulman progresse de façon nette « .

Mais on peut en dire autant du judaïsme : tous les sondages le montrent, la judéophobie est en recul dans l’opinion. Faut-il pour autant renoncer à prendre en compte les actes, très réels, d’hostilité aux juifs, même s’ils ne sont que l’expression d’une minorité ? Pour les musulmans, le rejet, même en recul, reste beaucoup plus large. L’article de la Licra lui-même reconnaît que, sur l’islam, selon un sondage de l’Ifop fait au lendemain du 11 septembre 2001, les adjectifs à connotation négative  » restent majoritaires « , même s’ils sont  » souvent moins choisis  » qu’il y a dix ans. Et des expressions d’hostilité à l’islam s’expriment plus librement dans les médias, mais aussi dans la rue, par de nombreuses agressions. Il est significatif qu’après tout le débat sur le foulard à l’école, les cas rapportés de musulmans agressés ou discriminés pour raison de leur religion se soient multipliés.

Il est évident qu’il y a un recoupement entre racisme anti-Maghrébin et islamophobie, sans doute renforcé par la visibilité d’une partie de la jeune génération, qui s’affirme  » musulmane  » sur la scène publique et ne rase plus les murs. Il se développe ainsi un nouveau racisme anti-Arabe, porté par une partie des intellectuels et des médias, qui se camoufle sous le drapeau de la lutte contre l’islam. Sans parler de la jonction entre une partie de la droite extrême et de l’extrême droite juive, qui s’est opérée sur le terrain de la haine des musulmans, comme en témoigne l’itinéraire d’un Alexandre Del Valle ou les sites Internet dénoncés par un rapport du MRAP. Ces  » nouveaux habits du racisme  » s’inscrit dans une vision du monde marquée par le  » choc des civilisations « , par la guerre qui serait engagée entre la civilisation et la barbarie. Ainsi, un ouvrage qui a marqué les esprits en France et reçu un éloge presque unanime, Les Territoires perdus de la République, développe un telle vision dont Emmanuel Brenner, son coordinateur se fait l’expression :

 » Evoquer un conflit de valeurs, c’est aujourd’hui prendre le risque de se voir cataloguer partisan des thèses de Samuel Huntington et de son « choc des civilisations ». Refuser de voir et de nommer un péril ne l’a jamais fait reculer. Il l’a seulement exacerbé . « 

Cette perspective n’est pas seulement, ni même principalement française – même si elle a, dans notre pays, une dimension propre liée à l’histoire coloniale sur laquelle il faudrait revenir plus longuement (en Algérie aussi,  » nous  » voulions libérer les femmes en les dévoilant). Elle est partie des Etats-Unis et sert de cadre de pensée à l’administration Bush. Elle permet d’inscrire chaque fait isolé dans une vision apocalyptique : un musulman qui effectue ses cinq prières et porte la barbe est  » un intégriste  » ; un attentat du Hamas comme le port du foulard par une jeune fille font partie d’une stratégie planétaire. Le terme d’islamophobie a l’avantage de rendre compte aussi d’un phénomène international. Aucun terme, aussi précis soit-il, ne peut définir une réalité complexe. Mais  » islamophobie  » me semble le mieux convenir, avec les restrictions que j’ai définies au début de ce texte. Il ne s’agit pas d’un usage  » exclusif  » – les termes de  » racisme « ,  » discrimination « , etc. restent, malheureusement aussi d’actualité.

En conclusion, et pour éviter toute ambiguïté, je voudrais reprendre une réflexion de Maxime Rodinson sur la manière dont un groupe donné perçoit l’hostilité de la société. Cette hostilité, dit-il, aussi réelle soit-elle, suscite dans le groupe visé  » une hypersensibilité aux critiques, aux attaques et des fantasmes interprétatifs qui décèlent des agressions, des manifestations d’hostilité, même là où il n’y en a pas, dans des attitudes, des paroles, des gestes indifférents. Cette orientation de la perception aboutit même assez souvent à l’élaboration d’un mythe, à la supposition d’une hostilité mythique. Cette mythification de l’hostilité ressentie est souvent utilisée, plus ou moins consciemment, par les cadres dirigeants du groupe visé dans des buts réalistes, stratégiques et tactiques. Ils élaborent une idéologie d’intouchabilité, favorablement accueillie par la communauté, le groupe qu’ils guident, car elle légitime ses réactions spontanées, elle en fait pratiquement un groupe tabou .  » A cette logique, n’échappent pas les  » musulmans  » et il est évident que l’on ne doit pas céder à la tentation d’en faire  » un groupe à part « , un groupe – ou plutôt des groupes, tant est grande leur diversité – au-dessus de la critique. Mais ce n’est vraiment pas le risque que nous courons aujourd’hui.

P.-S. Alain Gresh est rédacteur en chef du Monde diplomatique

Voir de plus:

Le MRAP assure la défense de l’islam

Athéisme.org

Entre une conférence avec Tariq Ramadan et une poussée de colère contre les laïques, Mouloud Aounit dispose de peu de temps pour lutter efficacement contre le racisme. Depuis 2003, le MRAP se perd régulièrement dans l’impasse de la défense de l’indéfendable : critiquer l’islam serait du racisme. L’organisation use à satiété du terme islamophobie pour désigner comme du racisme la critique de l’islam alors qu’elle doit être pratiquée au même titre que pour n’importe quelle autre secte. Sous le fallacieux prétexte que l’examen libre de l’islam serait une insulte envers les musulmans, le MRAP n’économise pas ses efforts, et ses amitiés fondamentalistes, pour tenter de museler la contestation par l’intimidation et les hauts cris.

Une chronologie, non exhaustive, des actions et déclarations pro-islamiques du MRAP et de son très irritable secrétaire général permet d’en juger aisément :

Septembre 2003 : le MRAP soutient les sœurs Levy pour porter le voile islamique dans le lycée Henri Wallon à Aubervilliers

Le père des deux filles, qui est aussi l’avocat du MRAP, a exprimé toute l’exécration de la laïcité observée au MRAP en qualifiant les laïques d' »ayatollahs de la laïcité », une formule complaisamment reprise par Xavier Ternisien dans Le Monde. Quant à Mouloud Aounit, il a déclaré que l’exclusion des deux sœurs « est une terrible défaite pour la laïcité, une victoire vénéneuse de l’intolérance » (Libération, 22 octobre 2003). Dans l’émission de Thierry Ardisson Tout le monde en parle, il ne dit pas un mot de protestation devant l’expression d’un véritable cliché antisémite par Alma Levy. A l’animateur qui lui demandait si le nom Levy n’est pas trop dur à porter, celle-ci répond : « Non, non… ça va. Au contraire, mon frère ça l’arrange quand il va chez le banquier ! » (cité par Caroline Fourest, Frère Tariq, p. 365).

20 septembre 2003 : le MRAP organise un colloque à l’Assemblée nationale intitulé Du racisme anti-arabe à l’islamophobie

Septembre 2003 – février 2004 : le MRAP organise la cabale contre l’enseignant Louis Chagnon

En septembre 2003, le cours de Louis Chagnon sur le début de l’islam et les activités guerrières de Mahomet lui vaut des attaques de la part du MRAP et de la LDH. Le MRAP dépose une plainte pour « provocation à la haine raciale envers des personnes de confession musulmane » mais, après que le rectorat ait donné un blâme à l’enseignant, le MRAP la retire le 12 février 2004, afin d’éviter que la question soit abordée par un tribunal, trop peu sûr du résultat. Mais Louis Chagnon décide de se retourner contre le MRAP pour diffamation et l’affaire a été plaidée le 10 février 2005. La Procureur de la République a confirmé le caractère diffamatoire des propos du MRAP. Elle a estimé que « la démarche du MRAP n’est pas loyale », qu’il y a « beaucoup d’hypocrisie dans la démarche du MRAP » et n’a pas hésité à employer le mot de tartufferie à son égard.

24 octobre 2003 : dans un communiqué de presse réagissant aux propos de Claude Imbert, qui s’était déclaré « un peu islamophobe », le MRAP assimile la critique de l’islam au racisme anti-musulman

« Ces propos blessants sont inacceptables de la part du fondateur et éditorialiste d’un grand hebdomadaire français qui affiche, revendique, et justifie son racisme viscéral à l’endroit des musulmans », communiqué de presse du 24 octobre 2003. Le MRAP refuse d’admettre qu’attaquer une religion n’est pas jeter l’opprobre sur les croyants.

Selon le MRAP, ces propos sont « d’autant plus inacceptables qu’ils participent à une inquiétante et insupportable banalisation de l’islamophobie, derrière laquelle se dissimule la haine des populations arabo-musulmanes » (Le Nouvel Observateur 27 octobre 2003). Le MRAP s’égare, intentionnellement, en prétendant que critiquer l’islam est haïr les musulmans. Ce faisant, il insulte en fait les musulmans en supposant que tous adhèrent à l’ensemble du Coran, y compris à ses préceptes les plus barbares et misogynes qui sont précisément la cause de l’islamophobie.

30 octobre 2003 : tribune de Mouloud Aounit dans Libération où il se repaît, jusqu’à l’indigestion, du terme islamophobie qu’il assimile à du racisme.

2003 : la section de Paris du MRAP prend la défense de Tariq Ramadan à propos de son texte sur les intellectuels juifs (Caroline Fourest, Frère Tariq, p. 384)

15 novembre 2003 : Mouloud Aounit participe avec Tariq Ramadan à une conférence au Forum Social Européen à Ivry sur Seine

20 novembre 2003 : le MRAP pour le port du voile islamique à l’école

Le MRAP considère qu’une loi contre les signes religieux à l’école ferait « le jeu de l’extrême droite » et prétend, contre toute évidence, qu’il n’y a « pas plus de 10 cas litigieux par an » dans les affaires de voile islamique (déclaration du Bureau national du MRAP du 20 novembre 2003) alors qu’ils se comptent par centaines !

Novembre 2003 : Mouloud Aounit s’énerve contre Caroline Fourest lors d’un débat en l’accusant de faire « des amalgames qui excitent la peur » (Caroline Fourest, Frère Tariq, p. 360)

Décembre 2003 : Mouloud Aounit participe à une conférence sur l’islamophobie avec Tariq Ramadan et Vincent Geisser à Saint Etienne

Écouter la conférence sur le site du centre islamique Tawhid de Lyon.

14 février 2004 : le MRAP pour le port du voile islamique à l’école

Le MRAP apporte sa signature à un texte du collectif « Une école pour toutes et pour tous, contre les lois d’exclusion » qui considère la loi contre les signes religieux à l’école comme une loi raciste (liste des signataires).

2 avril 2004 : Mouloud Aounit bénéficie d’une tribune sur oumma.com

30 avril 2004 : Mouloud Aounit intervient sur OummaTV

Voir la vidéo réalisée pour oumma.com

21 mai 2004 : collaboration de Mouloud Aounit avec Tariq Ramadan

L’université de Jussieu à Paris décide de ne pas accorder de salle pour une conférence où devait participer Mouloud Aounit aux côtés de Tariq Ramadan (Caroline Fourest, Frère Tariq, p. 407)

7 novembre 2004 : MRAP et UOIF, même combat

Le MRAP accepte la présence de l’UOIF dans une manifestation antiraciste dont l’appel est aussi signé par le Collectif Une école pour toutes et tous, le Collectif des Musulmans de France (pro-Ramadan) et la Fédération Nationale des Musulmans de France.

18 novembre 2004 : le MRAP use de la calomnie pour museler, sans succès, la critique de l’islam

Le MRAP diffuse un communiqué de presse calomniateur et mensonger où, à l’aide de citations tronquées, il profère des accusations injurieuses, autant qu’infondées, d’antisémitisme et d’appartenance à l’extrême droite. Par le même canal, sur sa liste de diffusion électronique, le MRAP diffuse un article ahurissant de Vincent Geisser paru sur oumma.com pour qui la critique du judaïsme relève de l’antisémitisme. Aucun droit de réponse n’est accepté par cette organisation qui prétend pourtant défendre les libertés. Entre la manipulation des textes et le mépris pour le droit de la presse, le MRAP s’enfonce un peu plus dans l’abjection et la malhonnêteté.

3, 4 et 5 décembre 2004 : un Congrès national houleux

Au Congrès national du MRAP, réélection difficile de Mouloud Aounit par 131 voix contre 83 (Le Figaro 6 décembre 2004). Le Congrès a entériné l’utilisation du terme islamophobie à une courte majorité.

17 décembre 2004 : le MRAP considère le Comité contre l’islamophobie en France comme une source d’information fiable

Dans un communiqué réagissant à l’agression inadmissible d’une musulmane voilée, le MRAP se réfère à un « rapport » calamiteux du Comité contre l’islamophobie en France, renommé « Observatoire contre l’islamophobie » par le MRAP. Ce rapport range sans aucune distinction des sites internet laïques, athées et rationalistes aux côtés de sites d’extrême droite. Le MRAP se nourrit abondamment de ce genre d’amalgames.

6 janvier 2005 : Mouloud Aounit plus halal que halal

Au journal de 13h de France 2, Mouloud Aounit demande que des repas halal soient proposés dans les écoles et sa colère habituelle s’abat sur Jean-Yves Vayssières de l’Union des Familles Laïques qui défendait la stricte application des principes laïques à l’école. Dans Respublica n° 321 (7 janvier 2005), Michèle Vianès décrit la scène : « Les hurlements, éructations suivis de menaces d’ouverture d’école coranique du président du MRAP, utilisant le discours communautaro-religieux habituel de l’UOIF, ont été immédiats dès qu’il a entendu les mots de laïcité et de République. »

13 janvier 2005 : Mouloud Aounit pour le rétablissement du délit de blasphème

Au journal de 13h de France 3, dans une réaction aux propos pro-nazis de Le Pen, Mouloud Aounit demande que soit rétabli le délit de blasphème : « La justice doit être d’une fermeté exemplaire pour éviter non seulement la récidive mais aussi pour prévenir et de montrer qu’aujourd’hui si la liberté d’expression est un bien fondamental qui fait partie des droits de l’homme, la liberté de blasphémer et la liberté d’ouvrir le champ au racisme doit être condamnée avec la plus grande fermeté » (transcription exacte des propos entendus). Voir aussi L’Express du 24 janvier 2005.

14 janvier 2005 : le MRAP pour le port du voile islamique à l’école

Lors de sa rencontre avec Jean-Pierre Raffarin, Mouloud Aounit a poursuivi son combat antilaïque en voulant dénoncer « un certain nombre de dérapages au niveau de l’utilisation de la loi sur la laïcité » (Associated Press 14 janvier 2005) !

15 janvier 2005 : contestation interne au MRAP

La fronde au sein du MRAP donne de la voix contre la défense systématique de l’islam pratiquée par la direction nationale. Un « communiqué interne destiné aux adhérents du MRAP » est diffusé sur internet après le Conseil National du 15 janvier 2005.

4 février 2005 : la phobie de l’islamophobie

Mouloud Aounit demande à la Ligue de l’Enseignement que le terme « islamophobie » soit placé sur le document de présentation de la Semaine d’éducation contre le racisme du 21 au 26 mars (AFP 4 février 2005).

8 mars 2005 :

Mouloud Aounit proteste contre l’exclusion du collectif Une école pour toutes et tous des signataires de l’appel à manifester pour le droit des femmes le 8 mars (AFP 7 mars 2005). Normal, ce collectif a grossi les rangs du MRAP au cours de l’année 2004, dont Pierre Tévanian, président du MRAP Paris 20ème.

15 mars 2005 : le MRAP pour le voile islamique à l’école

Dans un communiqué de presse du 15 mars 2005, le MRAP manifeste une fois de plus son opposition à la loi contre les signes religieux à l’école. Cette loi aurait « des incidences non négligeables et particulièrement inquiétantes dans le développement du racisme anti-musulman » ! Le MRAP se désole en outre que le débat sur le voile à l’école ait « dégradé la perception de l’islam par l’opinion publique ». Mais motus sur le contenu raciste, guerrier et misogyne du Coran…

15 mars 2005 : une démission au Bureau National du MRAP

Après plus de 9 ans de participation à la direction nationale du MRAP, Isabelle Sirot démissionne du Bureau National du mouvement et explique sa décision : « Je ne resterai pas dans une association qui ne défend plus les valeurs universelles de l’antiracisme et qui favorise par ses prises de positions le communautarisme, pilier du racisme « . Elle dénonce « le dernier communiqué du 8 mars sans allusions aux discriminations faites aux femmes » ainsi que « l’entrisme fait par le groupuscule communautaire « une école pour tous » ». Enfin elle révèle que « le MRAP a perdu 8 % de ses adhérents en 2004 » !

7 avril 2005 : Mouloud Aounit pour le voile à l’école

Au cinéma Cin’Hoche de Bagnolet, une intervention de Mouloud Aounit est prévue à l’issue de la projection du film de Jérôme Host « Un racisme à peine voilé » pour apporter son soutien aux musulmanes voilées. Mais la municipalité en décide autrement en annulant la projection du film.

8 mai 2005 : le MRAP et la Marche des Indigènes de la République

Dans une acrobatie intellectuelle qui aurait rendu jaloux les Jésuites les plus expérimentés, le MRAP explique dans un communiqué qu’il sera présent « à sa manière » à la Marche des Indigènes de la République le 8 mai 2005 à Paris, bien qu’il n’en ait pas signé l’Appel (« certaines de ses formulations n’ont pas reçu l’agrément du mouvement ») : « une délégation du MRAP sera présente à la Marche et y diffusera la Déclaration adoptée à cet égard par le Conseil national du MRAP le 12 mars 2005. »

Octobre 2005 : démission de Pierre Tévanian

Roulé dans la farine par Dieudonné, plus expert que lui en joutes oratoires, Pierre Tévanian, animateur du collectif islamogauchiste Une école pour toutes et tous et accusé, à tort, d’antisémitisme, démissionne du MRAP. Sa carrière y aura été brève puisqu’il y avait adhéré au printemps 2004. Son credo politique se limite à considérer que, finalement, tout est racisme et colonialisme. Victime de méthodes qu’il a lui-même pratiquées en d’autres circonstances (il avait traité Michel Onfray de raciste, c’est dire la lucidité du personnage…), Tévanian est l’arroseur arrosé. Son amateurisme en politique aura eu raison de son militantisme puisqu’il a annoncé suspendre pour au moins un an tout engagement public…

1er février 2006 : les caricatures de Mahomet

Après la publication des caricatures de Mahomet dans France Soir le 1er février, le MRAP exprime sa « consternation devant une inquiétante et piteuse provocation » (AFP 1er février 2006).

4 février 2006 : le MRAP porte plainte contre France Soir

Le MRAP porte plainte contre France Soir pour la publication du dessin représentant une bombe dans le turban de Mahomet au titre de « provocation et incitation à la haine raciale » (AFP 4 février 2006). Le MRAP estime qu’il s’agit d’un « détournement raciste de la liberté d’expression ». C’est pourtant mal connaître le personnage réellement raciste de Mahomet qui a lui-même encouragé le recours à la violence et au meurtre pour affirmer l’islam (cf. les hadiths).

7 février 2006 : 12 élus du BN opposés à la plainte contre France Soir

La contestation se poursuit au sein du MRAP. Douze élus de la Direction Nationale du MRAP estiment que le fait d’engager des poursuites contre le journal France Soir est une grave erreur et demandent son réexamen : Frédérique Ferry (Membre du Conseil d’Administration et Présidente du Comité de Nancy), Jean-Marc Bourquin (Membre du bureau exécutif, comité de St Denis, 93), Nadia Kurys (vice-présidente, membre du bureau exécutif, fédération de l’Ardèche), Horiya Mekrelouf (Membre du Conseil d’Administration, Présidente du Comité de Marseille), Anne Savigneux ( Membre du bureau exécutif, Présidente du Comité de Bourgoin-Jallieu), Gérard Kerforn (Membre du Conseil d’Administration, Président de la fédération des Landes), Maya Vigier (Membre du Conseil d’Administration, Comité de Paris 5e-13e), Christian Delarue (Membre du Bureau exécutif et du Conseil d’Administration, Vice-président du Comité d’Ille et vilaine), Emmanuelle Le Chevallier (Membre du Conseil d’Administration, fédération de Paris), René Meyer (Membre du Conseil d’Administration, Président du Comité de Toulouse), Yves Loriette (Membre du Conseil d’Administration, Président de la Fédération du Val-de-Marne), Didier Poupardin (Membre du Conseil d’Administration, secrétaire de la Fédération du Val-de-Marne).

8 février 2006 : des comités et des fédérations ou responsables locaux s’opposent à la plainte contre France Soir

Dans un texte intitulé « Pas en notre nom ! « , des comités et des fédérations ou responsables locaux s’opposent à la plainte contre France Soir : « Les soussignés sont fondamentalement attachés à la liberté de culte. Ils affirment que la liberté de conscience comporte le droit d’être athée ou de pratiquer toute religion, mais aussi le droit de critiquer et de porter en dérision toutes les religions. […] Mais ils se dissocient de la décision du conseil d’administration du MRAP qui a décidé de poursuivre France Soir. Cette action en justice que le MRAP voudrait placer à l’aune d’une préoccupation antiraciste, se trouve diluée dans un contexte de violence et de racisme de masse dans certains pays du monde. »

Février 2006 : encore des contestations au MRAP

La Fédération du MRAP de Seine-Maritime et les comités du MRAP de Rouen et de Dieppe diffusent une déclaration intitulée : « Pourquoi nous nous désolidarisons de l’action en justice intentée par le MRAP contre France Soir ».

13 février 2006 : Aounit est attaqué de toutes parts

L’obsession islamophile de Mouloud Aounit lui vaut des critiques nombreuses dans la presse : Marianne le 10 février, Charlie Hebdo le 15 février qui brocarde « l’imam Aounit » et rebaptise le MRAP « Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié du Prophète », Libération le 6 février dans le courrier d’un lecteur intitulé « Mrap et Mollahs, même combat ? » ainsi que dans un article du 9 février. Aounit contre-attaque piteusement dans un communiqué le 13 février.

26 février 2006 : le MRAP refuse de participer à la manifestation à la mémoire d’Ilan Halimi

Le 26 février est organisée une manifestation à la mémoire d’un jeune homme juif torturé par des sauvages. Affirmant protester contre la présence annoncée de De Villiers, le MRAP a annulé sa participation mais De Villiers sera finalement chassé du cortège, preuve de l’hypocrisie de cet argument.

Mars 2006 : Jean Ferrat exprime son désaccord avec le MRAP à propos de la plainte contre France Soir

Dans une lettre ouverte à Mouloud Aounit (voir Respublica 428 du 17 mars 2005), Jean Ferrat déclare : « Je suis certainement un des plus anciens adhérents du MRAP mais c’est la première fois que je me demande si je ne vais pas être obligé de démissionner de l’association », « Je trouve la position du MRAP extrêmement grave pour notre mouvement et au delà pour l’avenir de notre démocratie laïque. Je me vois donc forcé de me désolidariser entièrement de cette position et de cette action et de le faire savoir publiquement. » Le festival anti-Aounit continue !

28 avril 2006 : le MRAP prend ses distances avec ses membres signataires d’une pétition « Contre un nouvel obscurantisme »

Le 28 avril 2006, Libération publie une pétition de Caroline Fourest, Corinne Lepage et Pierre Cassen intitulée « Contre un nouvel obscurantisme » et qui entend lutter contre toutes les formes de racisme (antiarabe, antijuif, antifemme ou antihomosexuel) et le fanatisme religieux. La pétition ayant été signée par Alain Callès (ancien président du Mrap), Emmanuelle Le Chevallier (membre du conseil d’administration du Mrap) et Nadia Kurys (membre du bureau exécutif national et de la présidence nationale du Mrap), le MRAP a émis un communiqué de presse ce même jour afin de prendre ses distances avec ces initiatives : « les signataires ne sauraient d’aucune manière engager le MRAP dans la mesure où celui-ci n’a pas délibéré sur le soutien à ce texte. »

7 juin 2006 : dans Le Monde, un article calamiteux pour Aounit

Parution dans Le Monde d’un article de Jean-Baptiste de Montvalon intitulé L’ « islamophobie » secoue le MRAP, un papier calamiteux pour Aounit. Celui-ci obtiendra de faire passer sa version des choses dans une tribune publiée le 16 juin : les sujets litigieux y sont soit évités, soit contestés avec la langue de bois habituelle.

7 octobre 2006 : Le Mouvement de Respect d’Allah et du Prophète

Le festival anti-Aounit continue avec un article de Guy Konopnicki paru dans Marianne le 7 octobre : « Le Mouvement de Respect d’Allah et du Prophète » ! Après les menaces de morts reçues par Robert Redeker, l’auteur écrit :

« Là-dessus, le Mrap intervient par la voix de Mouloud Aounit. Il admet, bien sûr, que les menaces de mort ne se justifient pas. Mais il les justifie aussitôt, en accusant Redeker d’avoir provoqué, insulté la conscience musulmane, en touchant à Mahomet. Le Mrap est ainsi devenu une institution jouant de l’antiracisme pour interdire toute critique de l’islam.

Le sigle a encore changé de signification. C’est donc le Mouvement pour le Respect d’Allah et du Prophète. Je ne respecte pas Allah, ni Mahomet. Guère plus Moïse ou Jésus. Ou Bouddah, ou même Guevara. Je tiens le principe de respect pour une saloperie. C’en est une autre que d’utiliser une organisation antiraciste pour interdire toute critique de l’idéologie coranique. »

25 octobre 2006 : pour Aounit, Redeker = Ben Laden

Le 25 octobre 2006, Mouloud Aounit est invité sur le plateau de « L’arène de France », l’émission de Stéphane Bern sur France 2. Avec pour thème  » Peut-on critiquer les religions ? « , il s’agissait de proposer un débat à la suite des menaces de mort proférées contre Robert Redeker pour sa tribune contre l’islam, parue dans Le Figaro : Mouloud Aounit, en très grande forme ce soir-là, n’a pas hésité à établir un lien entre Robert Redeker et Oussama Ben Laden !

Dès le lendemain, un communiqué est diffusé par les opposants du MRAP à Aounit (Respublica n°482, 31 octobre 2006) :

– « le président du MRAP aurait dû défendre l’exercice d’un droit fondamental: la liberté d’expression. Mais notre président a choisi un autre camp : celui des religieux qui voudraient limiter cette liberté. « ;

– « Nous déclarons nous désolidariser de cette dérive du président de notre mouvement. »

8 novembre 2006 : Aounit sur oumma.com

Nouvelle vidéo de Mouloud Aounit sur oumma.com, pour le collectif « l’Egalité d’abord ! », en prélude implicite à son soutien à Marie-Georges Buffet aux élections présidentielles de mai 2007, et à sa propre candidature aux élections législatives de juin 2007.

27 janvier 2007 : Aounit aux côtés du PCF et président du MRAP ?

En préparation des élections présidentielles, Mouloud Aounit est très engagé aux côtés de Marie-George Buffet, la candidate communiste. Le 27 janvier, lors de l’assemblée générale du MRAP, un tiers des membres du conseil d’administration ont demandé la démission d’Aounit, la confusion des rôles étant incompatible avec l’indépendance du mouvement. Pourtant, Aounit n’entend pas démissionner mais seulement se mettre en retrait de son rôle de porte-parole, une concession toutefois insuffisante (nouvelobs.com, 29 janvier 2007).

5 février 2007 : un an après, le MRAP est toujours contre une des caricatures de Mahomet

A la veille du procès de Charlie Hebdo pour la parution des caricatures de Mahomet, le MRAP confirme, dans un communiqué, qu’il considère qu’une des caricatures est « une caricature raciste : celle représentant le prophète avec une bombe sur la tête « , et termine en rappelant « qu’il a engagé uniquement des poursuites judiciaires contre France Soir pour provocation à la haine et non contre Charlie Hebdo au motif que cet hebdomadaire inscrit son identité dans une tradition satirique connue de longue date. « 

9 février 2007 : des militants du MRAP s’opposent à Aounit en soutenant Charlie Hebdo dans son procès sur les caricatures de Mahomet

Le texte des militants du MRAP sur le site de Prochoix.

22 mai 2007 : Aounit candidat aux élections législatives et président du MRAP ?

Candidat à un mandat de député dans la 3e circonscription de Seine-Saint-Denis (élection des 10 et 17 juin 2007), Mouloud Aounit refuse de quitter son poste de Président du MRAP comme le lui demandent 26 militants du MRAP (cf. leur texte sur le site de Prochoix), dont des membres du conseil d’administration. Comme Aounit se présente en tant que « candidat des populations issues de l’immigration », les signataires estiment que sa candidature est « incompatible avec la présidence d’un mouvement qui repose sur des valeurs universelles » (nouvelobs.com, 23 mai 2007). Aounit use du MRAP comme d’un instrument personnel pour assurer son autopromotion, au mépris de l’indépendance du mouvement. Mais le résultat du 10 juin ne fut pas vraiment celui attendu avec un piteux 3,24 % des suffrages exprimés. Allah sait l’ingratitude des infidèles !

Octobre 2007 : procès du MRAP contre Fanny Truchelut

Le 2 octobre a eu lieu au tribunal de Grande Instance d’Epinal le procès intenté par le MRAP, la LDH et la LICRA contre la propriétaire d’un gîte des Vosges qui, en août 2006, avait demandé que les principes laïques soient respectés dans les parties communes du logement et, concrètement, qu’une musulmane y enlève son voile. Les avocats du Mrap, Gérard Welzer, et de la LDH, Michel Tubiana, ont pu s’acharner sur Fanny Truchelut en dressant d’elle le portrait calomniateur d’une raciste, catholique d’extrême droite, alors qu’il s’agit simplement d’une femme athée qui refuse la soumission à des religions machistes et l’oppression des femmes qui en résulte (Riposte Laïque n° 6, 5 octobre 2007). Le 9 octobre, Fanny Truchelut a été condamnée pour « discrimination religieuse » à quatre mois de prison avec sursis et à 8400 euros d’amende et de dommages et intérêts.

Décembre 2007 : le MRAP doit condamner le mouvement des Indigènes de la République

Sept membres du CA du MRAP demandent à la direction du mouvement une « condamnation sans appel et dans les plus brefs délais du Mouvement des Indigènes – mouvement qu’à ce jour le MRAP soutient toujours, suite à la décision de son conseil d’administration du 12 mars 2005 », après les propos insupportablement compréhensifs des Indigènes de la République à l’égard du groupuscule noir antisémite Tribu K (Respublica n° 572, vendredi 14 décembre 2007).

9 janvier 2008 : la fédération des Landes du MRAP ne participera pas au congrès national

En raison des nombreuses déviations de la direction nationale du MRAP, la fédération des Landes annonce qu’elle ne participera pas au congrès national de Saint-Denis. Sont en cause la déliquescence de la structure nationale, des moyens d’expression interne confisqués, des entorses graves au principe de laicité, et le développement d’une version corporatiste de l’antiracisme (cf. le texte de la déclaration sur le site du MRAP des Landes).

Avril 2008: un article calamiteux pour Mouloud Aounit dans Le Courrier de l’Atlas

« Un congrès largement boycotté, une direction contestée dans ses orientations « communautaristes », un fonctionnement dénoncé comme antidémocratique, des démissions en chaîne, des effectifs en chute libre… Rien ne va plus au Mrap. » L’article dévastateur de Yann Barte dans le Courrier de l’Atlas d’avril 2008 : http://vigilance-laique.over-blog.com/article-18368149.html .

19 juin 2008: Mouloud Aounit favorable aux revendications communautaristes concernant la séparation des sexes dans les lieux publics

Dans le journal de France 2 du 19 juin, Mouloud Aounit a défendu les revendications religieuses les plus rétrogrades en acceptant le principe de la séparation des sexes dans les gymnases et les piscines. Des militants du MRAP ont immédiatement demandé sa démission de la fonction de président du MRAP : « sa déclaration communautariste remet en cause la mixité de la société et entre en contradiction avec 60 ans d’existence du MRAP » (Respublica n° 593, mercredi 25 juin 2008).

3 septembre 2008: procès en appel de Fanny Truchelut

A Nancy, le 3 septembre, les trois mêmes avocats du MRAP, de la LDH et de la LICRA ont livré la deuxième salve contre Fanny Truchelut, accusée de racisme pour avoir simplement demandé à une musulmane de retirer son voile. Le verdict a été rendu le 8 octobre et il demeure insupportable bien qu’il allège un peu le précédent : deux mois de prison avec sursis et 4000 euros d’amende. Dans quel pays vit-on ? Est-il acceptable de menacer une femme d’une incarcération pour avoir refusé, dans un gite, le port du voile islamique, ce torchon dont le rejet condamne les femmes à mort dans certains pays ?

17 septembre 2008: le MRAP accuse de racisme une auto-école

En septembre 2008, une musulmane voilée, Sabeh Kadi, voit son inscription à des cours d’auto-école refusée du fait du port de son voile, comme précisé dans le règlement de cette société d’auto-école de Seine-Saint-Denis (Cabriolet Roadster des Pavillons-sous-Bois, lepoint.fr 18 septembre 2008). Comme il l’avait fait pour Louis Chagnon, enseignant, Fanny Truchelut, gérante d’un gite dans les Vosges, et d’autres, le MRAP aboie et crie au racisme alors qu’il s’agit d’une simple prescription bien compréhensible en matière de laïcité et de sécurité routière. Dans son communiqué, le MRAP annonce qu’il dépose une plainte et qu’il saisit la HALDE. La chasse est lancée.

3 janvier 2009: le MRAP aux côtés du Hamas à Paris

Le samedi 3 janvier, plus de 20 000 personnes ont défilé à Paris contre le bombardement de Gaza par l’armée israélienne. Le massacre s’élevait, à cette date, à plus de 300 morts dont beaucoup de civils, et il n’a cessé de croître depuis. Cependant, une partie importante du cortège manifestait moins pour la paix et l’arrêt de la guerre que contre l’Etat d’Israël, les sionistes, les juifs, avec d’insupportables parallèles avec le nazisme. Le vrai vainqueur de la journée a été le Hamas, dont la lutte armée reçoit aussi le soutien inconditionnel des Indigènes de la République. En 2006, le MRAP avait annulé sa participation à la manifestation du 26 février à la mémoire d’Ilan Halimi, torturé par des sauvages, en protestation à la présence de De Villiers dans le cortège qui, d’ailleurs, en avait été chassé. Ce 3 janvier, le MRAP n’a pas jugé que ces organisations et individus gêneraient sa présence et promenait donc ses drapeaux dans le cortège.

15 septembre 2009: plainte du MRAP contre Sihem Habchi de Ni Putes Ni Soumises

Le fauve qui rongeait sa corde depuis des années a enfin libéré ses pulsions : le MRAP a déposé une plainte contre la présidente de Ni Putes Ni Soumises, coupable de douter de l’efficacité de l’organisation, autrefois antiraciste, dans la promotion de l’émancipation des femmes. Dans France Soir du 14 septembre 2009, Sihem Habchi déclare : « Quand je vois le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), la LDH (Ligue des droits de l’homme), ou la Ligue de l’enseignement, tentés d’accepter l’excision comme une pratique culturelle, je prends conscience que ce ne sont pas ces gens-là qui vont m’aider à être libre. » L’occasion était trop belle pour, enfin, attaquer une organisation abhorrée par le magma de l’islam politique français et que les puritains musulmans écrivent « Ni **** Ni Soumises » dans les forums sur internet.

janvier 2010: le MRAP confond critique de l’islam et racisme

De plus en plus seul à croire en lui-même, le MRAP a tenté de se rappeler aux souvenirs des antiracistes en publiant début 2010 un document PDF intitulé Internet, enjeu de la lutte contre le racisme. Le document se présente comme une recension de sites internet racistes, tâche fort louable, mais le MRAP semble, dès le début, peu assuré de sa démarche : un préambule prévient que la méthode adoptée « a conduit à identifier aussi des sites contre lesquelles aucune accusation de racisme ne peut être lancée. » La stratégie est donc des plus crapuleuses : on juxtapose des sites clairement racistes et d’autres qui ne le sont pas afin de reporter sur ceux-ci la condamnation de ceux-là. C’est ainsi que la monumentale encyclopédie sur les origines de l’islam http://islam-documents.org figure dans le rapport du MRAP (page 56), non dans la catégorie des sites racistes mais dans celle des sites « islamophobes durs et mous, affichés et masqués ». Par cette classification, les inquisiteurs du MRAP le décrivent comme un des sites « susceptibles de favoriser le racisme contre l’ensemble des musulmans, du seul fait de leur appartenance, à des degrés divers, à cette religion. » Et on reste dans un flou malsain en découvrant que islam-documents.org est rangé dans une sous-catégorie fumeuse : « tous les sites mentionnés sous cette rubrique ne sont pas forcément racistes, mais la plupart sont au minimum racisants. » En résumé, un site pas raciste mais susceptible de favoriser le racisme, un site pas raciste mais racisant : les contorsions calomniatrices de ces champions de la sémantique sont dignes des prouesses les plus absconses des meilleurs théologiens qui tentent d’expliquer que, même avant l’invention de l’islam, Mahomet était déjà musulman. Une déception cependant : atheisme.org est absent de la liste des sites islamophobes. Très vexant.

Première version le 23 février 2005.

Actualisé le 26 mars 2006, le 22 avril 2009 et le 12 mars 2010

Voir enfin:

Antisémitisme éternel ou judéophobies multiples

Conclusion d’un article de Maxime Rodinson, prix 1995 de l’Union Rationaliste

in Peuple juif ou problème juif ?, 1979, repris aux Editions La découverte/Poche, numéro 23

A la mémoire de Waël Zu’ayter

[ancien chef du bureau romain de l’OLP, assassiné le 16 octobre 1972 par le MOSSAD ]

J’ai connu assez Waël pour être sûr qu’il adhérerait à mes conclusions et surtout qu’il les appliquerait tout aussi bien à ses compatriotes palestiniens et arabes, même si la lutte très dure où ils étaient engagés pouvait lui interdire de s’en désolidariser à tout moment.

Il faut poursuivre un travail acharné de démythification qui est une lutte. Les Juifs – j’ai écrit la même chose des musulmans – sont spécifiques, mais leur destinée a été forgée par l’action de facteurs qui ne sont nullement exceptionnels. Ils ont été persécutés comme beaucoup d’autres pour des raisons qui n’ont rien de métaphysique, mais qui se rattachent aux tristes ressorts sociaux de l’histoire humaine. C’est à ceux-ci que se rapporte l’hostilité qu’ils ont rencontrée sous ses formes les plus variées, des plus bénignes aux plus atroces. Ils ont réagi comme les autres individus et groupes avec les mêmes perceptions partiellement déformées et mythifiées qu’impose le type de conscience idéologique à tout homme et à toute communauté humaine. Ils peuvent commettre comme les autres de fautes ou des crimes, ils ne sauraient être toujours et partout innocents. Leurs qualités comme leurs défauts doivent être justiciables des mêmes règles de raisonnement ( quant à leur analyse ) et de jugement moral que les autres. On doit louer leurs qualités, leurs oeuvres intéressantes ou bénéfiques, on doit les défendre contre le dénigrement, les tracasseries, les persécutions. On doit critiquer leurs défauts, condamner les fautes et les crimes que certains d’entre eux peuvent commettre.

Comme je l’ai déjà noté, ces critiques, ces condamnations, les luttes qu’elles sont susceptibles d’entraîner peuvent avoir pour résultat, étant donné la déplorable tendance des idéologies humaines à une vision essentialiste, de développer aussi des effets néfastes. De la critique d’un Juif ou d’un groupe juif, certains peuvent tirer la conclusion à nouveau que l’essence du Juif est malfaisante. Mais si ce fait impose la prudence, l’honnêteté, des précautions constantes pour ne pas donner prise à la généralisation, il en est ainsi pour toutes les communautés. La critique des actes d’un Arabe ou d’un groupe d’Arabes peut entraîner ( et a en fait entraîné ) à un anti-arabisme total et sans nuances. L’ironie ou l’indignation à l’égard du maréchal Idi Amin Dada ou de l’empereur Bokassa Ier peuvent développer des complexes de dénigrement à l’égard de la masse des ethnies mélanodermes. Elles apportent une certaine aide à l’entreprise sud-africaine d’humiliation, d’assujettissement, d’oppression, de persécution des Noirs. Est-ce une raison pour s’abstenir, pour construire un tabou autour de tout un peuple, un groupe, un ensemble d’hommes, au risque – très grand lui aussi – de développer chez lui un complexe de supériorité dont l’expérience historique a montré ( et montre tous les jours ) le caractère terriblement malfaisant ?

Il faudrait renoncer à l’idée profondément enracinée dans la conscience idéologique des militants que toute action ( et les jugements sont des actions ) est univoque, ne peut aboutir qu’à une même catégorie de résultats, bons ou mauvais. Une action utile et nécessaire a, le plus souvent, aussi certaines conséquences nocives. L’inverse est également vrai. Cela devrait – en principe – être facile à comprendre pour les disciples de la pensée marxiste qui, à la suite de Hegel, mettait la contradiction au coeur de l’Etre. Mais, encore une fois en ce cas, les idéologies spontanément engendrées par les situations concrètes, par les nécessités de la lutte prévalent sur les principes théoriques auxquels on a adhéré idéalement. Argument de plus pour la sociologie marxiste d’ailleurs !

Il faut pourtant agir et la parole est une action. Ne pas agir aussi. Se taire, approuver, critique ou laisser critiquer, se joindre à des critiques, tout cela a également des conséquences. Une pause dans la critique des idéologies juives et judéophiles s’imposait lorsque se déchaînaient la propagande, puis les brimades, puis les persécutions et les massacres judéophobes. Actuellement, le danger semble moindre que ceux qu’encourage l’absence de critique, pour les Juifs sans doute en priorité. Ces idéologies ont entraîné ceux-ci sur les chemins de la déraison, dans une vision totalement fausse et nocive pour eux-mêmes des problèmes du Proche-Orient et souvent du monde en général, vers l’approbation moutonnière d’actes absurdes ou criminels, comme l’assassinat de Waël Zu’ayter par des terroristes d’Etat, vers un narcissisme ethnocentrique intense. Les conséquences d’un tel état d’esprit ont toujours été fatales aux peuples qui s’y sont complu. Il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement dans ce cas-là.

Il faut revenir à quelque modestie, à quelque humilité, à quelque compréhension des autres, bref à la raison. Il est indispensable maintenant de dénoncer toute la pensée essentialiste apologétique juive. Il est facile d’en montrer le caractère fallacieux, comme il a été facile de démontrer rationnellement la vanité des essentialismes dénigrants judéophobes – ce qui ne les a pas découragés. Je ne veux pas nier le caractère très particulier de l’histoire juive, les qualités des penseurs et idéologues juifs de l’Antiquité qui, aidées immensément par les circonstances concrètes comme ne l’ont pas été celles des penseurs de Moab, d’Ammon, d’Edom ou de Dedan, ont acquis à leurs idées un succès aussi immense. On ne peut pas nier non plus les qualités de pensée de beaucoup de ceux qui leur ont succédé dans le judaïsme. Il faut admettre assurément que des Hébreux et des Juifs ont souvent atteint ( à côté de bien d’autres ) certains sommets de la pensée humaine, que leurs thèses étaient ou sont restées d’une certaine manière spécifiques et, en ce sens, uniques.

Mais la pensée juive antique et médiévale n’est pas tout entière située du côté de ce que nous avons appris à considérer comme le Bien. Des courants de pensée non moins hébraïques et juifs ont été étroits, barbares, fanatiques, d’un ethnocentrisme farouche. Si les Juifs ont été plus souvent persécutés que persécuteurs, cela ne vient pas de leurs qualités supérieures ( thèse dont on ne voit pas en quoi elle diffère des thèses habituellement appelées racistes ) mais du fait qu’ils ont été, pendant la plus grande partie de leur histoire, sans pouvoir. Les Etats juifs de l’Antiquité ont traité leurs voisins avec cette même barbarie ( commune à l’époque ) dont ceux-ci en usaient avec eux. Quand de rares Etats juifs ont surgi plus tard, ils ont repris des pratiques semblables. L’Etat juif d’Arabie du Sud sous Dhou Nowâs au VIe siècle a commis contre les chrétiens des atrocités qui firent une impression d’horreur sur les contemporains. Ne parlons pas de l’Etat d’Israël d’aujourd’hui. Quelque excuse qu’on veuille lui accorder, il faut une forte dose d’aveuglement idéologique pour ne pas reconnaître au strict minimum que sa conduite vis-à-vis des Palestiniens n’a pas été exemplaire.

Or toutes les théories dont il vient d’être question aboutissent pratiquement à déclarer les Juifs incapables de faire subir aux autres les maux dont ils ont été victimes. Encore un exemple entre mille. Une explication un moment à la mode de la judéophobie ( de l’  » antisémitisme  » ) a été que les antisémites appartenaient à un type caractérologique défini comme  » personnalité autoritaire « . On supposait en même temps implicitement que les Juifs eux-mêmes ne pouvaient être des  » personnalités autoritaires « .

Si sophistiquées que puissent être les théories en question, elles reposent sur la même base sentimentale, la même perception diffuse, la même sensibilité dont on comprend fort bien qu’elle soit exacerbée. Les Juifs, dénoncés pendant longtemps comme une vermine malfaisante par nature, massacrés par millions, ne peuvent souffrir qu’on vienne reprocher à certains d’entre eux quelque chose. Les judéophiles, émus par leurs souffrances, se sentant collectivement coupables d’y avoir contribué (au moins par la passivité massive des groupes auxquels ils appartenaient en Europe), ne peuvent supporter des critiques à ce peuple qui a beaucoup souffert. Derrière chaque critique, ils subodorent (et parfois à juste titre) les relents des judéophobies d’autrefois ou les germes de judéophobies nouvelles. Il serait rationnel d’examiner chaque critique pour sa valeur propre et de refuser toute généralisation essentialiste de type judéophobe. Mais c’est bien là qu’apparemment une attitude dont l’humanité dans sa masse est incapable. Au mythe de la culpabilité totale, elle ne sait opposer que le mythe de l’innocence totale.

Il est tout à fait nécessaire de remarquer que le même processus, très exactement, se fait jour chez les Arabes, les Palestiniens, les arabophiles et palestinophiles (entre autres). Non pas chez tous assurément (et certainement pas chez Waël Zu’ayter), mais chez beaucoup. Les souffrances des Palestiniens, la culpabilité à cet égard de Juifs sionistes ont entraîné certains à ne plus supporter qu’on parle des fautes, erreurs, crimes de certains Palestiniens ou Arabes non plus que des souffrances juives. Celles-ci, difficiles à mettre en doute absolument, ont été minimisées au maximum. De façon ridicule et odieuse, on discute le nombre de Juifs assassinés. On le réduit d’un million, de deux millions, de quelques millions! Comme si cette arithmétique macabre excusait l’énormité du crime !

On me permettra une anecdote personnelle. Sur le bruit de mon activité antisioniste, une jeune Autrichienne m’écrivit un jour une lettre me demandant de la documentation pour prouver que le nombre des victimes (parmi lesquelles se trouvaient des êtres qui m’étaient des plus chers) n’avait pas été si grand. Je lui répondis de la façon la plus sévère. Quelque temps après, elle m’envoya une seconde lettre quelque peu hystérique. Ainsi, me disait-elle, vous niez les crimes des sionistes à l’égard des Arabes et des Palestiniens, vous vous rangez avec eux. Et d’énumérer ces atrocités, ces crimes, ces fautes dont elle ignorait apparemment que j’avais moi-même dressé le tableau, quoique avec plus d’esprit critique et de mesure, au point de m’attirer une solide réputation d’antisémite juif. Découragé par cette incapacité (fort répandue) à comprendre que ceux qui infligeaient des torts aux autres pouvaient eux-mêmes en avoir subi, et de plus graves, je m’abstiens de répondre. Comment ne pas désespérer des capacités de lucidité de l’esprit humain quand de telles passions sont en jeu !

Il faut lutter pourtant, car les chances de la raison, si elles sont réduites normalement, peuvent se développer elles aussi à la faveur de circonstances prévisibles ou non. Il faut lutter car les conséquences des idéologies dénoncées ici s’avèrent chaque jour plus malfaisantes.

Notons seulement la plus nocive actuellement : l’aveuglement largement répandu chez les Juifs devant les conséquences du projet sioniste et de sa réalisation. Le sionisme a été un choix historique, inscrit depuis longtemps dans les faits, et il n’est plus question de remettre en cause le résultat auquel il est arrivé, la nation israélienne, même si ses fruits amers peuvent permettre de douter pour le moins de la sagesse dudit choix. Mais le refus obstiné de comprendre et de reconnaître que ses conséquences ont apporté à d’autres – les Palestiniens au premier chef – un désastre immotivé (comme le reconnaît maintenant le monde entier) est une erreur fatale.

Ce refus enfonce la masse des Juifs du monde dans une attitude d’isolement au milieu de la communauté internationale et des communautés nationales au sein desquelles ils sont insérés. Il les conduit à des alignements politiques contre nature à côté des forces les plus rétrogrades. Cela ne peut que scier les branches sur lesquelles ils sont assis, entraîner les conséquences pour eux-mêmes les plus fatales.

Au Proche-Orient même, ce refus a bloqué toutes les chances de dialogue avec les Palestiniens et les Arabes. Comme je l’ai écrit depuis longtemps, provoquant un déluge d’insultes et de menaces, on peut parler de tout avec les Arabes et même des conditions de la perpétuation dans la Palestine historique d’une ethnie nouvelle (israélienne de souche juive), dotée d’une structure politique propre, mais à condition de commencer par reconnaître le tort qui leur a été porté.

C’est ce refus, cette conviction du droit total, éternel, exclusif des Juifs à la terre de Palestine qui animent les comportements les plus suicidaires des dirigeants israéliens et d’une grande partie de la population qu’ils encadrent. Ainsi la fondation continuelle de nouvelles colonies juives sur les terres palestiniennes conquises en 1967, ce qui ne peut que provoquer l’inquiétude, le désespoir, des difficultés supplémentaires apportées aux négociations nécessaires. Ainsi le refus de négocier avec l’Organisation de libération de la Palestine, seule organisation capable d’entraîner l’acquiescement de la plus grande partie des Palestiniens à un compromis sur les revendications spontanées de ce peuple. Et cela sous le prétexte que cette organisation a été impliquée, partiellement, dans des opérations terroristes, alors qu’Israël n’a conquis son indépendance à l’égard du mandat britannique que par une série d’opérations de même nature !

Que l’esprit de Waël nous guide sur cette voie difficile ! Si difficile que beaucoup peuvent légitimement hésiter à s’y engager. Mais, encore une fois, si ce n’est nous, qui donc ? Et si ce n’est maintenant, quand donc ? Après le nouveau Massada que préparent avec obstination, par des chemins peut-être encore une fous temporairement et mortellement victorieux, les chefs que s’est donnés Israël ?

3 Responses to Islamophobie: Les temps sont durs pour les musulmans en Occident (These are uneasy times for the West’s Muslims)

  1. jcdurbant dit :

    YES, I’M ISLAMOPHOBIC (France’s literary enfant terrible hits out at his country’s limp and cowardly intellectual and political class)

    Is he Islamophobic? “Yes, probably. One can be afraid,” he replies. I ask him again: you’re probably Islamophobic? “Probably, yes, but the word phobia means fear rather than hatred,” he says. What is he afraid of? “That it all goes wrong in the west; you could say that it’s already going wrong.” Does he mean terrorism? He nods. Some might say that’s a tiny percentage of people, I begin … “Yes, but maybe very few people can have a strong effect. It’s often the most resolute minorities that make history.”

    Was he deliberately playing on a mood of fear in France? “Yes, I plead guilty,” he says. For Houellebecq, the job of a novelist is foremost to hold a mirror up to contemporary society. He says the stream of books and magazine covers playing on fear of Islam “has effectively become obsessional”. Is his book part of that? “Certainly, certainly,” he says. “But I don’t particularly feel like apologising. It’s impossible to increase the proportion already given to Islam in the news. We’re already nearly at 100%.”

    Houellebecq insists that Submission is absolutely not an Islamophobic novel. “Everything returns to order … the moderate faction manages to control its extremists, which is far from a given at the moment.” But after the Charlie Hebdo attack, in terms of freedom of expression, he has argued that anyone should have the right to write an Islamophobic novel if they choose.

    I ask him if, as he has been accused, he hates Islam. “I think about it very little,” he says. “Well, I suppose I thought about it a little more this time …” he adds, trailing off.

    After he was acquitted in court for saying Islam was “the stupidest religion”, has he changed his mind? “I don’t know if I’ve really changed my mind,” he says. “It’s true that reading the Qur’an is rather reassuring. So I said [when Submission came out in France] that I was reassured after having read the Qur’an. That said, maybe I hadn’t thought it through enough before saying that, because objectively, there’s just as little chance of Muslims reading the Qur’an as Christians reading the Bible. So what really counts in both cases is who is the clergy, or middleman, or interpreter. And in the case of Islam, that’s very open.”

    He has argued in interviews that Islamophobia, or fear of Islam, is definitely not a kind of racism and that the judges’ decision to acquit him in 2002 proved that.

    Houellebecq flatly denies he is a provocateur. “No, no. A provocateur is someone who goes too far just to get on people’s nerves … A good provocateur knows who he’s going to shock. I’m absolutely incapable of predicting that … It’s always a surprise every time.”

    He feels that, although he has speeded up events to 2022, the premise of an Islamist party coming to power in France and facing Marine Le Pen is entirely plausible. Le Pen herself called the book “a fiction that could become reality”. To those who accuse Houellebecq of handing Le Pen a “Christmas present” with the novel, he says: “I don’t think I’ll bring her votes. And anyway, she doesn’t need it.”

    Houellebecq’s main target in Submission is what he believes is France’s limp and cowardly intellectual and political class. In Paris, the most visible change when he returned from self-exile three years ago was the number of homeless “that had really exploded in the 10 years I’d been away”, but in the nation as a whole he noticed the media obession with Islam (“it really wasn’t talked about before I left”) and, most importantly, he says: “the people’s great contempt for its elite: politicians, bosses, journalists … it was really very big.”

    I first met Houellebecq seven years ago on one of France’s live TV literary chatshows that run late into the night. Wrapped in his parka under the sweltering lights, he was promoting his book of letters with the philosopher Bernard-Henri Lévy, in which they complained of being “public enemies”, unfairly hounded. That night Houellebecq said he liked to live on the edge, that he liked driving “very, very fast” and making dangerous movements with the steering wheel, although he had stopped doing it.

    It was around that time that his mother, who abandoned him to his grandparents as a baby, had written a book furiously slating her son, something Houellebecq has always refused to comment on. He has long maintained that he will “always be an abandoned child” but he said media intrusion into his private life “brings me out in eczema”. Born on the French island of La Réunion, he was raised by his grandmother in northern France, and worked debugging computers for the French agriculture ministry before the success of his celebrated first novel, Whatever, about the empty life of a 30-year-old software engineer. This summer he got into a furious spat with Le Monde over a series of descriptive pieces about him that he hadn’t authorised. “He poses as a victim, as a sad and suffering person whom literature has allowed to rise above his destiny, but in reality he has become a tyrant,” one writer, who “Houellebecq admires”, told Le Monde, adding that he had surrounded himself with “the court of a Chinese emperor”.

    The issue of Houellebecq’s parents – his mother appeared thinly veiled as a selfish, sex-obsessed hippy in Atomised – returns in Submission, in which the central character’s parents have died. Houellebecq’s mother died five years ago. He says the parents in Submission are nothing like his own. But the issue of religious conversion – another central theme of the book – is linked to parental death and loss. “I think atheism becomes harder to bear after the problem of the death of someone close,” he says.

    Houellebecq, 59, is the misanthrope who runs his literary scalpel under the skin of contemporary France with such cruel precision that he has become an internationally bestselling phenomenon, his persona almost bigger than his books. Every novel he produces is a national event, from the bleak dissection of hippy narcissism of Atomised, to the controversial sex-tourism and terrorism of Platform and the art world takedown of The Map and the Territory, for which he at last won France’s leading literary prize, the Prix Goncourt, in 2010. But nothing in Houllebecq’s outrageous and nihilistic repertoire has ever created as much of a storm as his latest novel, Submission, published in English this week.

    It is set in France in 2022, where the Socialist president François Hollande’s second term has led to such turmoil that extreme-right “nativists” and Muslim youths stoke violence in the streets. The final round of the presidential election sees the far-right Marine Le Pen facing the talented and ambitious Muhammed Ben Abbes of France’s new party, the Muslim Fraternity, who sweeps to power backed by all the mainstream parties keen to keep Le Pen out. Under Ben Abbes, order is restored, Islamic law comes into force, polygamy is encouraged, women are veiled and the troublesome unemployment rate finally drops after women are removed from the workplace and sent back into the home. All is told through François, a middle-aged, spiritually barren academic, who between paying for sex and eyeing up his students, mulls over whether to convert to Islam to get ahead.

    Some French media have asked if the novel’s title really refers to the position of women, marked by sexual performance, paid sex, polygamy, withdrawal from the workplace. Houellebecq had originally thought feminists would take issue with it. “In fact, they haven’t taken it that badly,” he says. “That’s why people are unpredictable.”

    Why does he think the issue of women in the novel hasn’t sparked a bigger response? “I don’t know. It’s possible that in truth there aren’t really that many feminists.” Is he a feminist? “No, no.” A misogynist, as has been levelled against him? “No, no, not that either,” he says. “But it’s possible that feminism has slightly disappeared from women too … It’s been a long time since I’ve seen anyone expressing a feminist opinion. I can’t remember the last time. In France, anyway.” He feels his books have always been well received by women in France. Does he hate women? “No, not at all.”

    Houellebecq says he’s given up on political parties and only votes in referendums. He is anti-Europe and says of the UK’s EU referendum: “I’m really counting on the UK to vote no, which could have a domino effect of the collapse of Europe.”

    As in all of Houellebecq’s novels, Submission has an atmsophere of anguished ambiguity. “One very important condition of writing a novel is not to try to understand everything,” he says. “It’s best to observe the facts without necessarily having a theory.”

    With the characters in Submission all giving their competing views, encased in what has been called Houellebecq’s famous overarching clinical neutrality, some critics have said it’s hard to know what he really thinks. “It’s deliberate,” he concludes. “No doubt because actually I think nothing at all.”

    Should we believe that he thinks nothing at all? Is he a twisted provocateur? That is the riddle that Houellebecq deliberately likes to leave unsolved.

    http://www.theguardian.com/books/2015/sep/06/michel-houellebecq-submission-am-i-islamophobic-probably-yes?CMP=share_btn_fb

    Voir aussi:

    si l’antisémitisme et l’islamophobie peuvent servir un objet identique – jeter le soupçon sur la «francité» d’une minorité – c’est une erreur de leur prêter une nature commune. Car là où la hantise de l’enjuivement suppose forcément la croyance en un déterminisme racial (responsable de la corruption morale et physique des Juifs dont la société doit être préservée), la peur de l’islamisation ou de l’islamisme – quand cette peur n’est pas un simple avatar du racisme anti-maghrébin – postule seulement la nocivité d’un système de valeurs. Ainsi l’antisémite formule un problème qui appelle nécessairement l’instauration d’une politique raciale, alors que «l’islamophobe ordinaire» pose une question qui n’est pas contraire en soi à la raison démocratique.

    Tout ceci pour dire que le choix des comparaisons n’est pas neutre. Car ceux qui agitent de manière compulsive l’épouvantail du «retour des années trente» cherchent surtout à affirmer que la solution du «problème musulman» dépend au fond d’un examen de conscience unilatéral des «non-musulmans». Alors que s’ils acceptaient d’envisager sérieusement l’analogie historique entre l’islamophobie d’aujourd’hui et l’anticléricalisme d’hier, il leur faudrait aussi admettre que les torts sont partagés et que les musulmans ne sont pas des victimes ontologiques…

    Isabelle Kersimon – De l’affirmation selon laquelle l’islamophobie est un racisme découle nécessairement une analogie avec l’antisémitisme, et c’est la raison pour laquelle des groupes de pression comme le CCIF insistent sur ce point en opérant un mimétisme analytique qu’on ne saurait raisonnablement adopter.

    Pour nombre d’intellectuels et de personnalités médiatiques également, Edwy Plenel, par exemple, quand il publie son Pour les musulmans, les musulmans d’aujourd’hui sont les juifs d’hier. C’est certainement en toute bonne foi que s’exerce ce parallélisme, mais il faut comprendre cette crainte à l’aune de l’idéologie tiers-mondiste. Car dans les faits, la situation n’est absolument pas comparable, ni en terme de traitements discriminatoires, ni en terme d’appareillage juridique assurant la défense des victimes.

    Là où un parallèle pourrait être établi, c’est paradoxalement non pas en France ni en Europe, mais au Moyen-Orient, où la grande majorité des victimes des régimes totalitaires et des exactions de l’État islamique, nonobstant, bien sûr, les suppliciés chrétiens ou yezidis, sont musulmanes. Et c’est ce qui, à mon sens, devrait d’ailleurs préoccuper les associations «contre l’islamophobie».

    Pour certaines associations, la lutte contre l’islamophobie est-elle un moyen d’imposer certaines revendications communautaires ou religieuses?

    JC Moreau – Pour ne parler que du Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF), il semble assez évident que son véritable objectif n’est pas tant de faire valoir les droits des victimes de racisme anti-musulman en tant que citoyens (même s’il faut lui rendre justice du soutien juridique qu’il leur offre) que de faire naître une «conscience de classe» musulmane, c’est-à-dire d’inciter une partie des Français à se déterminer et à se mobiliser politiquement en tant que musulmans. D’où sa prédilection pour les chiffres anxyogènes, les discours catastrophistes et les analogies délirantes. En témoigne par exemple le discours du président du CCIF (Samy Debah) lors de la septième Rencontre Annuelle des Musulmans du Nord (2 mars 2013), au cours duquel il n’a pas hésité à comparer le fameux exemplaire de «Charia Hebdo» (qui dénonçait la confiscation religieuse des révolutions arabes) à un numéro de La Libre Parole de Drumont (qui réclamait l’exécution de Dreyfus), mettant ainsi sur le même plan une simple satire politique et un appel au meutre pour «éveiller les consciences» sur les dangers de «l’islamophobie»…

    Isabelle Kersimon – Pour le CCIF, par exemple, la «lutte contre l’islamophobie» est un moyen de combattre les lois de 2004 (sur les signes religieux ostentatoires à l’école) et de 2010 (interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public). Le collectif ne s’en cache pas, et il a toute légitimité à affirmer ses ambitions. Mais il ne se contente pas de militer pour l’abrogation de ces lois: bien qu’il se défende de vouloir restreindre la liberté d’expression, il dénonce comme actes islamophobes certains discours critiquant l’islam de manière plus ou moins virulente, voire l’expulsion d’imams appelant aux armes contre les mécréants…

    L’islamophobie considérée comme un délit, au même titre, donc, que le racisme, permettrait donc tant de clore le débat sur des revendications identitaires qu’on est légitimé à critiquer, que de faire taire toute critique de l’islam.

    Enfin, et pour en revenir à Houellebecq, avoir peur du terrorisme est-il un racisme? Évidemment pas, surtout quand on vit sous protection policière permanente pour avoir tenu quelques années plus tôt des propos certes désagréables aux yeux de certains croyants, mais qui ne sont ni des menaces, ni des assassinats.

    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/09/07/31003-20150907ARTFIG00264-michel-houellebecq-comment-peut-on-etre-islamophobe.php

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  2. jcdurbant dit :

    L’islamophobie a encore frappé !

    Même la Suède n’est pas épargnée !

    http://www.valeursactuelles.com/societe/un-elu-ecologiste-suedois-refuse-de-serrer-la-main-aux-femmes-61254

    L’islamophobie (…) réfère à une hostilité non fondée et à la peur envers l’islam, et en conséquence la peur et l’aversion envers tous les musulmans ou la majorité d’entre eux. Il se réfère également aux conséquences pratiques de cette hostilité en termes de discrimination, préjugés et traitement inégal dont sont victimes les musulmans (individus et communautés) et leur exclusion des sphères politiques et sociales importantes. Ce terme a été inventé pour répondre à une nouvelle réalité: la discrimination croissante contre les musulmans qui s’est développée ces dernières années.

    Doudou Diène (rapporteur spécial des Nations unies, 2007)

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