Conspirationnisme: Alors, faute du nom du mal, on accuse la CIA (Pont Saint Esprit’s 1951 mass hysteria incident: When all else fails, blame the CIA)

Bosch monsters
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La carte des théories révisionnistes épouse parfaitement celle de l’antiaméricanisme dans le monde. Claude Moniquet
Plus d’un siècle après que Charcot a démontré que les hystériques n’étaient pas des simulateurs et que Freud a découvert l’inconscient, il nous est difficile d’accepter que nos souffrances puissent être à la fois réelles et sans cause matérielle. Georges Saline (responsable du département santé environnement de l’INVS)
Chacun a bien compris que « syndrome du bâtiment malsain » est la traduction politiquement correcte d’ « hystérie collective ». Le Monde
Alors, faute du nom du mal, on veut connaître celui de l’homme responsable. Les versions les plus abracadabrantes circulent. On accuse le boulanger (ancien candidat RPF, protégé d’un conseiller général de De Gaulle), son mitron, puis l’eau des fontaines, puis les modernes machines à battre, les puissances étrangères, la guerre bactériologique, le diable, la SNCF, le pape, Staline, l’Église, les nationalisations. Steven Kaplan
Tout ce que je vois dans ces documents, c’est que la CIA s’intéresse à ce qui se déroule à Pont-Saint-Esprit. Mais dans le contexte de la guerre froide, où chaque camp mène des expériences, c’est logique. Et puis, politiquement, je n’imagine pas les Etats-Unis prendre le risque de faire ça en France, d’autant que la CIA a prouvé qu’elle pouvait faire ce genre de tests sur son territoire. Steven Kaplan
L’historien montre très bien comment cette ténébreuse affaire a permis à certains, en faisant circuler les rumeurs et les calomnies, de régler de vieux comptes ou de se faire de la publicité. C’est là l’autre volet de ce scandale du « pain maudit ». Celui de son exploitation corporatiste et politique. Corporatiste, car les événements de l’été 1951 ne manquèrent pas de mettre en évidence les dysfonctionnements de la filière « blé-farine-pain », ainsi que de raviver la méfiance séculaire entre boulangers et meuniers, les premiers accusant volontiers les seconds de leur fournir une farine de qualité douteuse. Politique, enfin, car dans un pays où les pouvoirs publics veillent depuis toujours à la bonne répartition des céréales, l’affaire ne pouvait que renvoyer l’Etat à l’un de ses devoirs traditionnels: garantir à la population du pain en quantité suffisante et de bonne qualité. Telle est sans doute la clé du retentissement extraordinaire du drame de Pont-Saint-Esprit: un banal fait divers qui, l’espace d’une saison, replongea une France encore marquée par la pénurie (les tickets de rationnement ne furent supprimés que deux ans plus tôt) dans des angoisses d’un autre âge. Comme un intempestif parfum d’Ancien Régime au temps des « trente glorieuses ». Thomas Wieder
En 1951, l’Office national interprofessionnel des céréales (ONIC), administration née avec le Front populaire, règne sur l’organisation de l’approvisionnement. Corporatiste, sa gestion associe les syndicats de la meunerie et de la boulangerie. Renforcé par la guerre, puis par les difficultés de ravitaillement qui la suivent, l’ONIC doit assurer à la fois de bons tarifs aux producteurs de blé et des prix bas aux consommateurs de pain. Problème politique quasi insoluble. L’ONIC fixe les tarifs et répartit la farine sur le territoire entre les départements excédentaires et déficitaires (la denrée empoisonnée du Gard vient de la Vienne). Défaillant, l’ONIC se révèle aussi coupable. Dans plusieurs départements approvisionnés, la qualité déplorable de farines à la couleur, à l’odeur et au goût douteux a suscité des cris d’alarme. Non seulement ils ne sont pas entendus, mais l’ONIC pousse toujours à accroître la production en maximisant le taux d’extraction et en ajoutant les farines d’autres céréales. La responsabilité est voilée par les autorités politiques. Le marché aurait-il été plus « efficient », selon le langage prisé par nos managers ? L’empoisonnement de Pont-Saint-Esprit et d’autres ont plus été provoqués par la recherche du profit de meuniers indélicats que par l’obéissance aux injonctions d’un office obsédé par la quantité. Alain Garrigou

Petite ville isolée, toxi-infection alimentaire inexpliquée, convergence (plusieurs personnes développent des symptômes indépendamment les unes des autres.), déclencheur (l’occurrence ou la perception d’un événement précis et inhabituel ou souvent une odeur étrange), contagion (propagation soit par rayonnement via les travailleurs-euses voisins soit par le réseau des individus intimement liés), contexte de tension sociale ou internationale (crises sociales ou économiques, guerres, bouleversement sociaux ou religieux, etc.), manifestations de la somatisation étrangement récurrentes voire stéréotypées (douleurs et malaises musculo-squelettiques, difficultés à respirer, nausées, faiblesses, étourdissements, maux de tête, embrouillement de la vision), scènes d’hallucinations tout droit sorties du Moyen Âge (maladies dansantes ou danse de St Gui, intoxications ergotées, « feu Saint-Antoine ou mal des ardents » ?) …

Et si la mystérieuse épidémie de folie collective de la ville natale du fondateur de l’Ordre du temple solaire n’avait été… qu’une énième forme d’hystérie collective?

Dernière aubaine, pour nos conspirationnistes, que cette ressortie 60 ans après de la mystérieuse épidémie de folie collective qui avait touché en 1951 la petite ville du sud de la France de Pont Saint Esprit (500 personnes, cinq décès dont deux par suicide).

après avoir accusé, comme le rappelait il a deux ans le spécialiste mondial du pain, l’historien de Cornell Steven Kaplan (lui-même fils de vctime de chasses aux sorcières), le boulanger et son mitron puis le « pain maudit » et l’ergot de seigle ou enfin un fongicide de la farine à base de méthyle-mercure, des « mycotoxines » des moisissures de silos à grain ou un produit blanchisseur de pain, on accuse à présent…. la CIA!

Qui, selon le récent livre du journaliste d’investigation américain HP Albarelli Jr. (« A Terrible Mistake: The Murder of Frank Olson and the CIA’s Secret Cold War Experiments, Une terrible erreur : L’assassinat de Frank Olson et les expériences de guerre froide secrète de la CIA »), y aurait testé le LSD comme arme de guerre par pulvérisation aérienne, d’où les hallucinations.

Sauf que le LSD (synthétisé, lui aussi à partir de l’ergot de seigle de nos sorcières) n’expliquerait tout simplement pas les troubles digestifs (nausées, brûlures d’estomac, vomissements) constatés …

Le Mot de l’éditeur : Le pain maudit (Steven Kaplan, 2008)

Le 16 août 1951, un terrible empoisonnement par le pain frappe la petite ville gardoise de Pont-Saint-Esprit : plus de trois cents personnes tombent malades. Une trentaine d’individus sont pris de démence et internés en hôpital psychiatrique. Une semaine plus tard, cinq Spiripontains meurent intoxiqués. L’affaire connaît un retentissement exceptionnel, passionne et terrifie l’opinion. Des experts du monde entier tentent de percer le mystère du pain maudit.
Si cette tragédie a été si intensément ressentie, c’est parce que le pain en est la cause. Redevenu brièvement, sans doute pour la dernière fois, un produit de première nécessité, le pain a tué et rendu fou. Pourquoi ?
Ce livre majeur, fondé sur des archives en grande partie inédites, cherche à résoudre l’énigme. Steven Kaplan refait l’enquête, convoque les acteurs, interroge leurs hypothèses, et, en s’emparant de ce fait divers, raconte la France des années 1945-1958 – un pays encore vacillant après la guerre et sur le point de basculer dans la modernité triomphante des Trente Glorieuses. Il livre ici, avec un souffle digne d’un auteur de roman policier, l’histoire méconnue d’un secteur essentiel à notre économie et à notre culture : la meunerie et la boulangerie.

Steven L. Kaplan est professeur d’histoire européenne à Cornell University. Il fut le premier à faire du pain un objet d’histoire totale, au carrefour du matériel et du symbolique. Il est l’auteur de nombreux ouvrages de référence sur la France, notamment Les Ventres de Paris (Fayard, 1987), Adieu 89 (Fayard, 1993), Le Meilleur Pain du monde (Fayard, 1996), La Fin des corporations (Fayard, 2001) et Le Retour du bon pain (Perrin, 2002).

Voir aussi:

Very bad trip à Pont Saint Esprit
Loïc Chauvin
Les Inrockuptibles
3 mars 2010

En 1951, un bourg entier du Gard hallucine pendant une semaine. Un journaliste américain prétend avoir percé le mystère : le village aurait été arrosé de LSD par la CIA pour une expérience secrète.

Au moins cinq morts, plus de trente personnes hospitalisées et près de trois cents malades. En août 1951, un fait divers tragique secoue une grosse bourgade paisible des bords du Rhône, Pont-Saint-Esprit. Ce qui commence comme une banale intoxication alimentaire collective culminera quelques jours plus tard en une nuit de pure folie, des scènes d’hallucinations dignes d’un tableau de Bosch, une “nuit de l’Apocalypse”, pour reprendre les termes d’un des médecins locaux, le Dr Gabbaï.

Récemment, France 3 exhumait ce fait divers sous la forme d’une fiction bourrée d’erreurs, Le Pain du diable, bien que le téléfilm s’inspirât essentiellement du remarquable travail d’un historien américain, Steven Kaplan, Le Pain maudit (Fayard), en 2008. Après des années d’enquête, Kaplan reste frustré : aucune des pistes suivies – ergot de seigle, fongicide, eau, mycotoxines – n’apporte d’explication définitive.

Dans un livre publié aux Etats-Unis fin 2009, le journaliste Hank Albarelli affirme avoir percé incidemment le mystère. La crise de folie qu’a connue Pont-Saint-Esprit viendrait d’une expérience secrète sur les effets du LSD menée conjointement par l’armée américaine et la CIA.

“J’ai des serpents dans mon estomac!”

L’affaire du “pain maudit” débute le 17 août 1951. Les salles d’attente des trois médecins de la ville sont pleines. Une vingtaine de malades viennent consulter pour des symptômes apparemment digestifs : nausées, brûlures d’estomac, vomissements, diarrhées. Viendront s’ajouter dans les jours suivants des fatigues importantes et des insomnies. Pour nombre de malades, après une rémission de 48 heures, les symptômes s’aggravent pour culminer dans des crises hallucinatoires habitées, entre autres, par des flammes et des animaux.

Après une enquête sur place pour le magazine Look, un journaliste américain, John Fuller, décrit dans un article paru en 1968 des scènes d’hallucinations collectives. Un ouvrier, Gabriel Validire, hurle à ses compagnons de chambrée : “Je suis mort ! Ma tête est en cuivre et j’ai des serpents dans mon estomac !” Une jeune fille se croit attaquée par des tigres. Un gamin de 11 ans, Charles Granjhon, tente d’étrangler sa mère.

Le 24 août, la situation devient ingérable. Un homme saute du deuxième étage de l’hôpital en hurlant : “Je suis un avion.” Les jambes fracturées, il se relève et court cinquante mètres sur le boulevard avant qu’on puisse le rattraper. De nombreux hospitalisés sont saisis d’hallucinations insupportables. D’autres entendent des harmonies célestes.

Très rapidement, des indices pointent le coupable présumé : le pain du meilleur boulanger du bourg, Roch Briand. Dans un article publié par le British Medical Journal moins d’un mois après le début du drame, le Dr Gabbaï écrit :

“La fréquence des symptômes mentaux ramène à l’esprit le vieux nom de la maladie, mal des ardents.”

Autrement dit la maladie de l’ergot de seigle, un champignon parasite des graminées. Courante au Moyen Age, la maladie a disparu en France depuis le XVIIIe siècle.

Mais l’ergotisme peine à expliquer tous les symptômes cliniques constatés. Le Dr Gabbaï et le Pr Giraud de la faculté de médecine de Montpellier, appelés à la rescousse, font vite un parallèle avec les recherches menées en Suisse à la même époque dans le laboratoire Sandoz par Albert Hofmann et qui ont abouti à la découverte par hasard du LSD, synthétisé à partir d’ergot. Le juge d’instruction chargé de l’affaire évoque la piste criminelle d’une contamination du pain par “une forme de l’ergotine synthétique très nocive”.

Albert Hofmann, qui a fait le déplacement, entérine dans un premier temps la piste de l’ergot ou d’un alcaloïde proche du LSD. Mais une fois rentré à Bâle, le laboratoire rejette l’hypothèse sans appel. De son côté, l’agence américaine United Press rapporte les intrigantes conclusions d’un laboratoire américain à qui elle a transmis des échantillons :

“Les expériences faites (notamment sur des volontaires) en leur faisant absorber du pain ergoté à diverses doses n’ont donné aucun des symptômes constatés chez les malades de Pont-Saint-Esprit.”

Steven Kaplan regrette qu’à l’époque la presse n’ait pas creusé davantage la piste “crépusculaire, voire obscure, du laboratoire américain”!

Suicide d’un biochimiste de l’armée américaine

Deux ans plus tard, aux Etats-Unis, un biochimiste de l’armée américaine qui travaille sur des programmes ultrasecrets se suicide. Selon la version officielle, il se serait jeté du treizième étage d’un hôtel de New York. C’est en enquêtant sur cette mort suspecte que le journaliste Hank Albarelli a obtenu des documents de la CIA et de la Maison Blanche qui jettent un éclairage sinistre sur les événements de Pont-Saint-Esprit.

A l’issue de la guerre de Corée, les Américains sont persuadés que leurs soldats, prisonniers de guerre, ont subi des lavages de cerveau. Ils se lancent donc dans une vaste série de programmes défensifs et offensifs sur les questions de la manipulation mentale, des sérums de vérité pour faire parler des prisonniers ou même sur des méthodes pour “incapaciter” l’ennemi et gagner des batailles sans tirer une seule balle.

C’est à ces recherches confidentielles soutenues par la CIA que travaille Frank Olson au sein du SOD (Special Operations Department), à Fort Detrick. Parmi les documents obtenus par Albarelli, le premier retranscrit une conversation entre un agent de la CIA et le représentant américain du laboratoire Sandoz. Ce dernier insiste pour évoquer le “secret de Pont-Saint-Esprit” et explique à son interlocuteur qu’il ne s’agissait nullement d’ergot mais de diéthylamide (le D de LSD).

Les pratiques « non éthiques » de la CIA

Albarelli entre en contact avec des anciens de l’armée ou de la CIA qui ont cotoyé Frank Olson. Deux d’entre eux, “Albert” et “Neal”, lui expliquent, sous couvert d’anonymat, que l’histoire de Pont-Saint-Esprit relève d’une opération conjointe du SOD et de la CIA. Mais lorsqu’il demande si d’autres services secrets, par exemple français, ont participé à l’expérience, il n’obtient qu’un silence.

Des scientifiques de Fort Detrick confient au journaliste américain que les services ont opéré par pulvérisation aérienne d’une mixture à base de LSD ainsi que par la contamination de “produits alimentaires locaux”. L’un d’eux explique que la pulvérisation a été “un échec complet”.

En 1975, une commission d’enquête présidée par Nelson Rockefeller avait commencé à révéler les pratiques “non éthiques” de la CIA, aux appellations multiples : Bluedbird, Artichoke, MK-Ultra, etc. En 2000, Albert et Neal transmettent à Albarelli une fiche d’identité de la Maison Blanche, certainement en rapport avec cette commission, et qui mentionne une “french embassy” et, erreur d’orthographe comprise, “Pont Saint Esprit incident (Olsojn)”

Cette version pose autant de questions qu’elle apporte de réponses. Sans rejeter l’hypothèse, Steven Kaplan s’interroge, par exemple, sur le choix de la ville cobaye : Pont-Saint-Esprit figure dans une région tenue par la gauche. Curieux pour une opération secrète américaine en pleine guerre froide.

“A l’époque, on a évoqué l’hypothèse d’une expérimentation destinée à contrôler une révolte de la population”, se souvient Charles Granjhon, 71 ans aujourd’hui, qui habite toujours Pont-Saint-Esprit. “J’ai failli caner. J’aimerais bien savoir pourquoi.” Il n’est pas le seul à vouloir connaître la vérité. Après la parution de son livre, Albarelli a appris d’un de ses contacts que la DGSE aurait demandé des informations sur l’affaire de Pont-Saint-Esprit au Département d’Etat américain, ce que démentent les services français.

Voir également:

ESSAIS
Le pain de la mort
Thomas Wieder
Le Monde
14.06.08
Steven Kaplan revient sur un fait divers qui effraya la France durant l’été 1951Il y a des étés où l’actualité semble comme en suspens et où les rédactions tournent au ralenti. Cela aurait pu être le cas en 1951. Ni la mort de Pétain, le 23 juillet, ni le remplacement d’Henri Queuille par René Pleven à Matignon, le 8 août, n’étaient de nature à passionner les Français. Et tout semblait indiquer que les vacances, cette année-là, s’achèveraient comme elles avaient commencé. Dans la tranquillité et l’insouciance.Un terrible fait divers allait cependant bouleverser cette fin d’été, au point de plonger l’opinion dans une véritable psychose. L’histoire éclate aux alentours du 20 août à Pont-Saint-Esprit, dans le Gard, un chef-lieu de canton sans histoire, principalement connu pour son pont de pierre qui enjambe le Rhône depuis le XIIIe siècle. Au départ, cela ressemble à une banale intoxication alimentaire. Vertiges, fièvres et nausées. A priori rien d’extraordinaire.SYMPTÔMES INQUIÉTANTSBientôt, cependant, les symptômes se font plus inquiétants. Certains patients sont en effet persuadés d’être dévorés par le feu ou rongés par des bêtes féroces. Le mal touche également les animaux. Ici, un chat fait des bonds jusqu’au plafond avant de succomber ; là, un chien trépasse après une danse frénétique ; même des canards nasillent à en mourir. Le bilan humain est lourd : 250 malades, 40 hospitalisations et 5 morts. Quant au coupable, il est vite identifié : il s’agit du pain, et plus précisément de miches vendues dans une boulangerie de la Grand’Rue quelques jours auparavant. La nouvelle se répand rapidement. Et les Français s’affolent à l’idée que le pain, la base de leur alimentation, puisse entraîner la mort.C’est à cette affaire, qui fit grand bruit à l’époque, que Steven Kaplan a consacré son dernier livre. Habituellement plus familier des fournils du XVIIIe siècle que de ceux de l’époque contemporaine (1), l’historien américain signe ici un ouvrage dense et fascinant. Une somme truffée de notes, qui a la rigueur – l’aridité parfois – d’une thèse de doctorat. Plus de mille pages au total, qui finissent pourtant par se révéler aussi captivantes qu’un bon polar, pour peu que l’on accepte de se laisser entraîner dans les méandres de l’investigation.Etape après étape, Kaplan a donc reconstitué l’enquête. De l’ergot de seigle au mercure, de l’eau empoisonnée à une mystérieuse substance censée rendre la mie plus blanche, toutes les hypothèses sur l’origine du mal – on ne dira pas ici le fin mot de l’histoire – font l’objet d’un réexamen scrupuleux.

Au fil des pages, on se familiarise avec les protagonistes du drame : le boulanger Briand, commerçant aisé, donc forcément jalousé ; le meunier Maillet, avec ses airs de coupable idéal ; Sigaud, le commissaire sûr de lui et un brin fanfaron ; Hébrard, le maire, aussi attentif au sort des victimes que préoccupé par la réputation de sa ville ; sans oublier les experts et les médecins, plus rivaux que vraiment solidaires. On croise même le chimiste Albert Hofmann, l’inventeur du LSD, venu de Suisse pour comprendre les cas d’hallucinations observés à Pont-Saint-Esprit…

Tout cela, bien sûr, a un petit côté Clochemerle. D’autant que l’historien montre très bien comment cette ténébreuse affaire a permis à certains, en faisant circuler les rumeurs et les calomnies, de régler de vieux comptes ou de se faire de la publicité. C’est là l’autre volet de ce scandale du « pain maudit ». Celui de son exploitation corporatiste et politique. Corporatiste, car les événements de l’été 1951 ne manquèrent pas de mettre en évidence les dysfonctionnements de la filière « blé-farine-pain », ainsi que de raviver la méfiance séculaire entre boulangers et meuniers, les premiers accusant volontiers les seconds de leur fournir une farine de qualité douteuse. Politique, enfin, car dans un pays où les pouvoirs publics veillent depuis toujours à la bonne répartition des céréales, l’affaire ne pouvait que renvoyer l’Etat à l’un de ses devoirs traditionnels : garantir à la population du pain en quantité suffisante et de bonne qualité.

Telle est sans doute la clé du retentissement extraordinaire du drame de Pont-Saint-Esprit : un banal fait divers qui, l’espace d’une saison, replongea une France encore marquée par la pénurie (les tickets de rationnement ne furent supprimés que deux ans plus tôt) dans des angoisses d’un autre âge. Comme un intempestif parfum d’Ancien Régime au temps des « trente glorieuses ».

Voir encore:

France’s unsolved mystery of the poisoned bread
Mary Blume
The New York Times
July 23, 2008

PARIS — As a kid in Brooklyn Steven L. Kaplan ate pale sliced Wonder Bread like everyone else but had an epiphany in Paris as a Princeton student in 1962 when he happened on a small bakery on the Rue du Cherche-Midi called Poilâne and bought a bâtard which he filled with cheese and ate in the Luxembourg gardens. « I can still taste that first bite, » he says.

Kaplan went on to become a professor of history at Cornell University, always fascinated by bread as one of the principal actors in French life: it is bread, he says, that seals the social contract in France, the link between the government and the governed.

When in the United States Kaplan, from what he views as necessity, bakes his own bread. In France he is recognized as the bread authority, compared recently in Le Monde with Robert O. Paxton, the American historian who forced French eyes to open on the subject of Vichy. The occasion of the comparison was Kaplan’s new book, « Le Pain Maudit » (Cursed Bread), a study of an unsolved mystery dating back more than half a century but which lingers even in the memories of those not then born: the affair of the poisoned bread.

What became a national disaster began on Aug. 16, 1951, when the inhabitants of the small town of Pont-Saint-Esprit in the Gard region of southern France were suddenly stricken by frightful hallucinations of being consumed by fire or giant plants or horrid beasts.

A worker tried to drown himself because his belly was being eaten by snakes. A 60-year-old grandmother threw herself against the wall and broke three ribs. A man saw his heart escaping through his feet and beseeched a doctor to put it back in place. Many were taken to the local asylum in strait jackets. There was no treatment, no cure and only one possible explanation: something in the bread baked the night of Aug. 15-16 had caused the calamity.

« This made it worse, » Kaplan says. « Bread cannot be the vector of madness and death, bread is the body of Christ. » Local bakeries were briefly shut down and the national press followed the grisly story anxiously. « The baker whom we visit every day, the grocer we go to regularly, are they not, after all, maniacs or potential killers of whom we must beware ? » asked Paris-Presse.

The local baker most, if not solely, responsible was declared to be Roch Briand, who had unwittingly used contaminated flour. In what Kaplan calls a Soviet-style distribution system the government rigidly controlled everything from farmer to miller to where bakers were allowed to buy flour. Bakers of the time had to accept what they were allotted even when adulterated.

France’s controls of bread production and price would be dismantled over the decades but in 1951 the harm was done: more than 300 people afflicted, 7 to 10 dead, 46 detained in asylums, and many unable ever to hold jobs or lead normal lives. Kaplan gave a talk at Pont-Saint-Esprit a few months ago, expecting 30 people to attend. Some 400 came:

« The atmosphere was electric with anxiety, uncertainty, people who wanted to know how it happened. The mayor for 35 years, whose mother was slightly poisoned by the episode, has spent his entire life trying to disassociate Pont-Saint-Esprit from this stigma. »

Was the Church implicated (the local priest had not eaten Briand’s bread)? Was there a political explanation (the mayor was Socialist, Briand was described, improbably, as a close friend of General De Gaulle)? Was the fact that the arm of a statue of the Virgin had been torn off during a storm the previous May an omen of divine retribution? No answer was ever found.

The government did its best to smooth over the incident and after many inquiries and court cases the affair was finally dropped in 1978. Explanations abound, none of which Kaplan finds satisfying. The most popular one, poisoning by a form of ergot fungus, he finds unconvincing. Mercury poisoning caused by Panogen, a cleansing agent used in wheat containers, was disproved although Kaplan says the government used it as a cover-up.

« It focused away from flour, away from grain, away from the distribution system and moved the argument into the realm of safety in transport, » he says. Another explanation, contaminated water, he finds just silly because everyone would have been hurt.

Kaplan suggests that the question of harmful bleaching agents should have been more closely investigated. Briand was proud of the whiteness of his bread and his closest friend was a pharmacist who could supply the necessary powders. After all, at the end of World War II when the French were asked what they most wanted, the answer was liberty and white bread.

This brings Kaplan to his major interest as indicated in the subtitle of his book, « A Return to the France of the Forgotten Years, 1945-58. » The period 1945-75 has long been nicknamed « Les Trente Glorieuses, » the three decades in which France moved seamlessly into reconstruction and unprecedented economic growth.

To Kaplan the immediate postwar period was toxic, poisoned by divisions between classes, between resistance and collaboration, between dirigisme and liberalism, all compounded by poverty and Cold War fears. It was a time of vengeance and distrust.

« What I have tried to do, » Kaplan says, « is talk about this postwar period as being traumatic for most of the population, using Pont-Saint-Esprit as a metaphor. »

Indeed, he only reaches the Pont-Saint-Esprit affair on page 349 of his 1,090-page book, which he wrote in French. Despite its footnotes and unleavened prose, the book found a mainstream publisher, Fayard, and has been the subject of long articles in the Le Figaro, Libération and of two pieces in Le Monde, even though in one of them the author, who had made the Paxton comparison, admitted he had not reached the book’s end.

This unusual interest Kaplan attributes to his dissection of a murky period of history and to what he calls the particular relationship the French have with bread.

« There is still a mystique of bread. We don’t need bread – we have so many calories and so many proteins that we get elsewhere – but you can have a French table laden with the most sumptuous meal imaginable and without bread you don’t have a meal. »

In the book he goes back to the ancien régime’s bread laws and discusses the French obsession, sacred and profane, with white bread. « It is not a trivial matter because historically white bread is so identified with upward mobility, with well-being. The bread of the Eucharist was a piece of white wheaten bread until the Church sold out and went for those horrible wafers. »

The unfortunate baker Briand was giving his customers what they wanted. These days it is so much easier: every supermarket sells denture-white sliced bread. The French equivalent of the Wonder Bread that Kaplan so detests.

Voir de même:

Pont-Saint-Esprit poisoning: Did the CIA spread LSD?
Mike Thomson

BBC News
23 August 2010

Nearly 60 years ago, a French town was hit by a sudden outbreak of hallucinations, which left five people dead and many seriously ill. For years it was blamed on bread contaminated with a psychedelic fungus – but that theory is now being challenged.

On 16 August 1951, postman Leon Armunier was doing his rounds in the southern French town of Pont-Saint-Esprit when he was suddenly overwhelmed by nausea and wild hallucinations.

« It was terrible. I had the sensation of shrinking and shrinking, and the fire and the serpents coiling around my arms, » he remembers.

Leon, now 87, fell off his bike and was taken to the hospital in Avignon.

He was put in a straitjacket but he shared a room with three teenagers who had been chained to their beds to keep them under control.

« Some of my friends tried to get out of the window. They were thrashing wildly… screaming, and the sound of the metal beds and the jumping up and down… the noise was terrible.

« I’d prefer to die rather than go through that again. »

Over the coming days, dozens of other people in the town fell prey to similar symptoms.

Doctors at the time concluded that bread at one of the town’s bakeries had become contaminated by ergot, a poisonous fungus that occurs naturally on rye.

Biological warfareThat view remained largely unchallenged until 2009, when an American investigative journalist, Hank Albarelli, revealed a CIA document labelled: « Re: Pont-Saint-Esprit and F.Olson Files. SO Span/France Operation file, inclusive Olson. Intel files. Hand carry to Belin – tell him to see to it that these are buried. »

F. Olson is Frank Olson, a CIA scientist who, at the time of the Pont St Esprit incident, led research for the agency into the drug LSD.

David Belin, meanwhile, was executive director of the Rockefeller Commission created by the White House in 1975 to investigate abuses carried out worldwide by the CIA.

Albarelli believes the Pont-Saint-Esprit and F. Olson Files, mentioned in the document, would show – if they had not been « buried » – that the CIA was experimenting on the townspeople, by dosing them with LSD.

The conclusion drawn at the time was that one of the town’s bakeries, the Roch Briand, was the source of the poisoning. It’s possible, Albarelli says, that LSD was put in the bread.

It is well known that biological warfare scientists around the world, including some in Britain, were experimenting with LSD in the early 1950s – a time of conflict in Korea and an escalation of Cold War tensions.

Albarelli says he has found a top secret report issued in 1949 by the research director of the Edgewood Arsenal, where many US government LSD experiments were carried out, which states that the army should do everything possible to launch « field experiments » using the drug.

Using Freedom of Information legislation, he also got hold of another CIA report from 1954.

In it an agent reported his conversation with a representative of the Sandoz Chemical company in Switzerland.

Sandoz’s base, which is just a few hundred kilometres from Pont-Saint-Esprit, was the only place where LSD was being produced at that time.

The agent reports that after several drinks, the Sandoz representative abruptly stated: « The Pont-Saint-Esprit ‘secret’ is that it was not the bread at all… It was not grain ergot. »

‘Wrong symptoms’But American academic Professor Steven Kaplan, who published a book in 2008 on the Pont-Saint-Esprit incident, insists that neither ergot nor LSD could have been responsible.

Ergot contamination would not, he says, have affected only one sack of grain in one bakery, as was claimed here. The outbreak would have been far more widespread.

He rules out LSD on the grounds that the symptoms people suffered, though similar, do not quite fit the drug.

He also points out that it would have not have survived the fierce temperatures of the baker’s oven – though Albarelli counters that it could have been added to the bread after baking.

While they disagree on the cause of the hallucinations, on one point they are united – the need for a French government inquiry to get to the bottom of what really happened in Pont-Saint-Esprit all those years ago.

Voir enfin:

Was idyllic French village driven crazy by LSD in a secret American mind experiment?

Andrew Malone

The Daily Mail
18 March 2010

For centuries, nothing much happened in Pont-Saint-Esprit, a sleepy village in southern France. Perched on the banks of the River Rhone, people lived there much as they had done since Medieval times.

Indeed, throughout the great dramas of the past 100 years, peasant farmers toiled in the fields while housewives browsed for cheeses, bread and other local produce at the village market.

But then, one rainy Saturday in August 1951, life imploded for the good people of Pont-Saint-Esprit. That was the day that insanity came to call – bringing bedlam, bloodshed and worldwide infamy with it.

Without warning, local people – young and old, male and female – went mad. En masse.

Some ran screaming through the narrow, cobbled streets, crying out that terrible, flesh-eating demons were in hot pursuit. Others, wild-eyed and clearly deranged, jabbered that their brains had turned to molten lead and their internal organs were flowing, ablaze, from their ears.

One man leapt from a high window in the main street, shouting ‘I’m an aeroplane’, before plunging to the ground with his arms outstretched.

Despite breaking his legs in the fall, the man got to his feet and staggered for 50 yards – pursued by a mob of madmen and women – before collapsing in a pool of blood.

Small boys tried to strangle their mothers. One man tried to cut open his chest with a butcher’s knife, saying he had to ‘let his heart free’.

Gabriel Validire, a local stonemason, gabbled to his wife: ‘I’m dead! My head is copper! I’ve snakes in my stomach!’

Throughout the night, across the rooftops and spires of the old town, local people howled and begged for mercy, saying they were being attacked by strange, multi-coloured wild animals.

Even the dogs, cats and chickens went berserk and careered through the streets, while other animals foamed at the mouth and perished after uncontrollable convulsions.

The next morning, Dr Giraud Gabbai, the town’s doctor, described it as a time of ‘pure madness’ – scenes of lunacy and death that wouldn’t have been out of place in Bosch’s The Last Judgement.

When shocked gendarmes rushed from surrounding towns to restore order, the casualty list was grim.

‘Small boys tried to strangle their mothers’

At least five people had died and virtually every family in the village, which numbered 4,000 inhabitants, was affected by lunacy.

Hundreds of the afflicted had to be captured, cowering and whimpering, by police armed with nets usually used to round up stray dogs.

The local asylums were soon overflowing with townsfolk, many of whom needed to be strapped to beds or put in straitjackets.

Their minds forever shattered, some of those who were taken away would never emerge from the asylums, and were subjected to years of electroshock therapy to try to cure them.

With the deranged locked safely away, top detectives and forensic scientists from all over France descended on the village.

With the world gripped by reports of this outbreak of madness, in the classic fashion, investigators decided it was the baker that did it.

To his enduring shame, Roch Briand, who ran the most famous boulangerie in the village, was blamed for using contaminated rye flour bought from a government-controlled mill 300 miles away in Poitiers.

According to investigators, the flour had been contaminated by a fungus that was almost identical to synthetic lysergic acid diethylamide – better known as LSD, or acid – the hallucinogenic drug that fuelled the psychedelic hippy movement of the Sixties.

Known as ergot poisoning or Saint Anthony’s fire, the effects of contaminated rye had been blamed for driving other populations mad in previous centuries.

Dr Sidney Gottlieb, former head of the CIA’s mind control project
Indeed, the infamous Salem witch trials of 1692, which saw women and children hung for saying they could see demons in hallucinations, were said to have resulted from ergot poisoning from damp rye flour.

Less than a month after the outbreak of the French madness, the British Medical Journal concluded that it was, indeed, the ageold curse of the baker that was to blame – saying that it immediately ‘brings to mind the old name of the disease: ergotism’.

And so poor Monsieur Briand took the blame, ending his life penniless and disgraced.

Renowned medical journals referred to the case over the years as being the most striking example of ergot poisoning in modern times. Case closed.

Or so it seemed. Not any longer. According to a new book, the people of Pont-Saint-Esprit were not simply victims of what became known as du pain maudit – bad bread.

Instead, it seems they were targeted by a top secret, U.S. government programme to test new drugs as potential weapons against enemy populations. New evidence suggests that the bread was deliberately infected with LSD as part of a covert operation mounted by MKULTRA, a shadowy operation run by a renegade, alcoholic intelligence agent called Sidney Gottlieb.

Known as the Black Sorcerer, Gottlieb – whose favourite hobby was stomping round nightclub dance floors despite being born with a club foot – was an American military chemist put in charge of the U.S. government’s secret mind control programme, which involved using drugs to kill and disable the enemy.

Obsessed with the potential of LSD, which had been synthesised from ergot fungus in 1943, Gottlieb once even plotted to have Cuban dictator Fidel Castro poisoned with the drug, hoping it would drive him mad.

As well as targeting U.S. enemies, he secretly tested drugs on prostitutes, university students and Vietnamese prisoners of war. Anyone was a potential guinea pig for his mad schemes.

‘I want to learn how to control the mind – and destroy it if need be,’ Gottlieb said at the time, arguing that LSD was a potent weapon to weaken enemy targets.

Fearing LSD could fall into Soviet hands, Gottlieb ordered that doses of the drug be bought by his unit – and set about using it on targets.

Having tested the drug himself, Gottlieb knew it could produce sensations ranging from kaleidoscopicvisions to temporary insanity. So where’s the proof that the Black Sorcerer targeted the village of Pont-Saint-Esprit?

Certainly, Gottlieb would have had no moral qualms about poisoning innocent people: he even set up his own brothel, paid for by CIA funds, where clients were secretly drugged so he could ‘study the effects’ of LSD on sexual behaviour.

Hank Albarelli, an investigative journalist and author, battled for years to obtain classified CIA documents about the death of Frank Olson, a member of Gottlieb’s unit, who reputedly committed suicide – but was long suspected of being murdered after threatening to blow the whistle on their activities.

‘An operation run by a renegade, alcoholic agent’

Albarelli kept stumbling across CIA documents relating to ‘the secret of Pont-Saint-Esprit’ – a place he had never heard of.

Sources came forward with more documents, including coded White House papers ordering that the ‘Pont-Saint-Esprit incident’ be kept under wraps.

‘It seems like a crazy idea,’ said Albarelli. ‘If someone came to you and said a CIA unit were going to poison a French town with acid, you’d laugh at them. But that’s what happened – no question.’

Of course, the absolute truth about du pain maudit may never be known for sure.

But it does seem likely that the Black Sorcerer, who died in 1999, had a hand in the terrible events – otherwise, why would it be in secret CIA files?

It would also explain why ergotism – a disease all but eradicated from Europe centuries ago – is such an unlikely explanation for a relatively modern episode.

Blaming the baker is just too convenient, considering that other bakers were also supplied with flour from the mill in Poitiers, but their loaves carried no hallucinogenic drugs – though sceptics of the other theory say the contaminated batch was found only in the barrel supplied to Monsieur Briand.

As one expert said: ‘Even if Gottlieb wasn’t involved, he’d wish he had been.

‘The chance to drive a whole bunch of Frenchman crazy with drugs would have been a dream for him. He was a classic evil genius. He’ll be laughing about it – in Hell.’

2 commentaires pour Conspirationnisme: Alors, faute du nom du mal, on accuse la CIA (Pont Saint Esprit’s 1951 mass hysteria incident: When all else fails, blame the CIA)

  1. ETIENNE dit :

    Nous publions un article sr ce sujet pour une revue anglaise. Je m’interesse surtout à l’image du journal « France Soir’ qui accompagne cette entrée. Sauriez vous me dire ou je pourrais trouver une version en plus haute définition? je ne trouve rien sur les archives du journal lui même. merci

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  2. jcdurbant dit :

    Non, désolé, moi, j’ai trouvé ça tel quel sur le net.

    Je ne sais pas où vous êtes, mais je suppose qu’il faudrait probablement aller aux archives du journal lui-même ou leur demander de vous l’envoyer mais aussi les droits si c’est pour une publication (100 ave. des Champs-Elysées Paris 75008 tel. 01 56 21 00 00)…

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