Russie: Quand le Monde libre tremble, les tyrans et les autocrates exultent (Is the West headed for a 30’s reboot with revanchist Russia?)

US secretary of state presents Russian foreign minister with reset button (Mar 2009)
No ressetting! (Animal crossing's Mr. Resetti)
L’objectif de Mr Resetti est d’apprendre aux joueurs l’importance de la sauvegarde. Cependant les parents doivent être prévenus que sa personnalité et son ton, bien qu’intentionnellement humoristiques, se révèlent très autoritaires et pourraient perturber les jeunes enfants. Nintendo (version européenne du jeu Animal crossing)
Un des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis. Thérèse Delpech
La destruction de l’URSS fut la plus grande catastrophe géopolitique du siècle. Poutine (25.04. 05)
La France doit porter des valeurs universelles, et la seule façon de les porter, c’est de les faire vivre. La France ne peut pas rester silencieuse quand un massacre est commis dans le monde. Que ce soit au Darfour, au Rwanda, en Tchétchénie, au Tibet. Ce n’est pas faire de l’ingérence dans les affaires des autres pays que de défendre des principes universels! Ce n’est pas donner des leçons de morale ou déterminer ce qui est le Bien, ce qui est le Mal, que de défendre des valeurs universelles. Et parmi ces valeurs universelles, il y a le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et le nécessaire respect des droits de l’homme. Que la France doive parler, ce n’est pas un droit, c’est un devoir. Le silence n’est ni plus ni moins que de la complicité. Il faut dire la vérité à un certain nombre de pays, sans pour autant se fâcher avec eux. Le rôle d’un ami, c’est de dire les choses telles qu’elles sont. Je ne peux pas accepter qu’au prétexte d’avoir de bons rapports avec la Chine ou avec la Russie, on s’abstienne de dire ce que l’on pense à propos de références universelles qui ont fait la place de notre pays à travers le monde comme le statut des prisonniers, le refus du travail des enfants, le respect des croyances ou la liberté de réunion. Si la France veut continuer à être un phare pour l’humanité, elle doit continuer à parler. Si elle se tait, c’est le phare qui s’éteint. Sarkozy (automne 2006)
J’ai l’impression que nos positions se sont très fortement rapprochées. j’ai senti une convergence. (…) J’ai trouvé un homme qui réfléchit, qui pèse le pour et le contre. un homme direct, courageux, déterminé. Le portrait qu’on a fait de Poutine me semble réducteur par rapport à la personnalité que j’avais devant moi … Sarkozy (10.10.07)
On a eu un bon échange avec les Russes. J’ai dit qu’il nous fallait relancer nos relations. Obama (05.03.09)
lls ont fait plus fort qu’Hitler: parce qu’il y avait réellement des Allemands sur le territoire des Sudètes, tandis que Poutine a dû inventer de toutes pièces sa “minorité russe opprimée” en Géorgie. Stuart Koehl
Monsieur le président, vous êtes le premier dirigeant de l’histoire russe qui ait accumulé cette puissance et en même temps ait été désireux de la partager avec d’autres… Ceci prouve que vous êtes un démocrate… Thierry de Montbrial (à Poutine, Valdaï, 2007)
Il y a deux options possibles: ou bien on veut à tout prix recréer la guerre froide, on montre du doigt la Russie, on l’isole, on continue à la piétiner comme ça a été le cas depuis une dizaine d’années – ce n’est pas la voie qu’a choisie la France, ce n’est pas la voie qu’a choisie l’Europe –, ou on choisit l’option du dialogue. François Fillon (1er septembre 2008)
L’ancien ordre mondial s’est effondré et un nouvel ordre mondial est en train d’apparaître, plus sûr et plus juste. La preuve en est l’action entreprise par la Russie en août dernier pour sauver le peuple d’Ossétie du Sud, pour protéger nos concitoyens et les intérêts de la Fédération russe. Medvedev (le 1er octobre 2008)
Les dirigeants européens et américains espèrent que les tyrans et les autocrates du monde vont disparaître tout seuls. Mais les dinosaures comme Vladimir Poutine, Hugo Chávez et les ayatollahs iraniens ne vont pas s’effacer comme cela. Ils ne doivent leur survie qu’au manque de courage des chefs du Monde libre. Garry Kasparov
La politique de « redémarrage » des relations russo-américaines proposée par le président Obama a été interprétée à Moscou comme l’indice de la prise de conscience par les Américains de leur faiblesse, et par conséquent comme une invitation à Moscou de pousser ses pions (…) Le contrat d’achat des Mistrals présente un triple avantage: d’abord, la Russie acquiert des armements de haute technologie sans avoir à faire l’effort de les développer elle-même ; deuxièmement, elle réduit à néant la solidarité atlantique et la solidarité européenne ; troisièmement, elle accélère la vassalisation du deuxième grand pays européen après l’Allemagne. Un expert russe a récemment comparé cette politique à celle de la Chine face aux Etats-Unis : selon lui, à Washington le lobby pro-chinois intéressé aux affaires avec la Chine est devenu si puissant que les Etats-Unis sont désormais incapables de s’opposer à Pékin; la même chose est déjà vraie pour l’Allemagne face à la Russie et elle le sera pour la France après la signature du contrat sur les Mistrals. (…) Aujourd’hui, Moscou (…) se pose en rempart de la civilisation « du Nord », ce qui ne manque pas de sel quand on se souvient avec quelle persévérance Moscou a défendu le programme nucléaire iranien, contribuant grandement à l’émergence de cette « menace » du Sud, et avec quel enthousiasme elle célébrait, il y a un an encore, le naufrage de la civilisation occidentale. (…) On l’a vu dans les années 1930, la présence d’un Etat revanchard sur le continent européen peut réduire à néant toutes les tentatives de fonder un ordre international sur le droit et l’arbitrage. Françoise Thom
Qui apprendra à notre Réinitialisateur en chef l’importance de la sauvegarde?
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Camouflets aux hommes d’affaires et aux chefs d’Etat européens, bourrages d’urnes, assassinats, insultes aux diplomates, nationalisations abusives, manquements aux engagements pris, violations du droit international, guerre de conquête, occupation de 20% du territoire d’un Etat voisin …

Restitution à l’Eglise orthodoxe russe de la cathédrale de Saint Nicolas à Nice, promesse d’aide à une compagnie automobile soutenue par Poutine, défilé de troupes françaises sur la place Rouge, inauguration conjointe de l’exposition « Sainte Russie » au Louvre sur la « Russie éternelle »…

A l’heure où, 7 ans après le soutien du « camp de la paix » à Saddam et avec le même mépris pour (avant le « petit pays de merde » d’un de nos ambassadeurs?) les « petits pays » d’Europe de l’est, le Pays autoproclamé des droits de l’homme déroule à nouveau le tapis rouge pour un dirigeant russe …

Et où, nouvelle étape dans la « schröederisation » de l’Europe, la France s’apprête à « offrir les moyens de sa prochaine guerre d’agression contre les Etats voisins » (porte-hélicoptères aujourd’hui, blindés et missiles demain?) à un pays aussi impénitent que revanchard qui, non content d’être classé 146e sur 180 pour la corruption (entre le Kenya et la Sierra Leone), musèle ou assassine ses dissidents ou intimide, prend en otage ou envahit ses voisins

Retour, avec le bien isolé dissident russe Garry Kasparov et la rare « soviétologue » française encore lucide Françoise Thom

Sur cet étrange aveuglement qui, du Remetteur à zéro en chef à notre Sarkozy national et sous le même prétexte de soutien à de prétendues sanctions contre les volontés nucléaires des mollahs, voit un singulièrement amnésique Occident faire les yeux doux au pays même qui, chute du prix du baril oblige, attise les flammes!

The U.S. Goes Wobbly on Russia
Iran’s dictators feel secure too.
Garry Kasparov
The WSJ
February 15, 2010

The first meeting of the loftily named U.S.-Russia Bilateral Presidential Commission’s Civil Society Working Group took place in Washington, D.C., on Jan. 27. Russian presidential first deputy Vladislav Surkov is the group’s co-chair—despite a letter of protest signed by 71 GOP members of the U.S. Congress pointing out that Mr. Surkov is « one of the masterminds behind Russia’s authoritarian course. »

The letter urged President Obama (in vain, as it turned out) to boycott the meetings until Mr. Surkov was replaced, perhaps by someone who hasn’t spent his career actively destroying the sort of civil society this working group is intended to promote. The group’s American co-chair, Michael McFaul, National Security Council senior director for Russian affairs and a strong critic of Putinism in the past, said afterward that « maybe there was a time . . . when we could tell other countries what to do all the time. » But failing to try is the only guarantee of failure.

One potentially awkward part of the D.C. meeting involved a presentation by the head of Transparency International, the corruption watchdog that on its latest list ranks Russia as No. 146 of 180 nations, between Kenya and Sierra Leone, and by far the lowest of the leading industrialized nations. But Mr. Surkov and his Kremlin allies feel no embarrassment, responding that the accusations were part of « negative stereotypes » and adding that the group would « try to avoid issues where we are unlikely to reach an agreement. »

Mr. Obama’s speech in Russia last July raised expectations that his administration would look at the Kremlin’s record of brutality at home and transgressions abroad and attempt to ally itself with the beleaguered Russian people. He said, « governments which serve their own people survive and thrive; governments which serve only their own power do not. » Instead of lines in the sand we have had words in the air, with dozens of these commissions established on the American president’s initiative, each more pathetic than the last. This one on civil society is simply insulting.

Prime Minister Vladimir Putin’s functionaries are happy to pass the time in the world’s capitals being treated as equals instead of being berated for rigging elections and shamed for the growing list of dead Russian opposition figures. But why should the U.S. provide credentials of legitimacy and good faith to such people?

Last week, an advisory panel set up by Russian President Dmitry Medvedev released a report full of liberalization ideas, from returning to the election of regional governors to the employment of a multiparty framework and even eventual membership in the European Union. Yet the institute’s head, Igor Yurgens, admitted in an interview on Gazeta.ru that in the end Mr. Putin will « make any decision he likes. » He also said « free elections are impossible today because the Russian population is politically ignorant, passive, and dislikes democracy, » and therefore « Mr. Putin and Mr. Medvedev should decide » who is to be president.

The U.S. is taking a weak approach to problems other than Russia—specifically, Iran, homeland security and the economy.

Nearly every day brings news of Iran’s nuclear progress. The American response is always the same. The White House repeatedly makes statements about how « unacceptable » Iran’s actions are and threatens sanctions it knows will not pass—thanks to China and Russia—and would not deter Iran’s nuclear programs even were they to pass.

On homeland security, one maniac with explosive powder down his pants has become the mouse that roared, sending the bureaucrats and politicians into a frenzy. More charades. Travel delays are up, security costs rise by billions of dollars, and we’re told that the attack was a failure? Not by the measure of total war, including economic war, that the terrorists have declared on the civilized world.

It’s plain politics to make people feel safe instead of doing what’s required to make them safer, and to admit that they can never be completely safe on an airplane or anywhere else. Instead of a profiling system in which 10% of the highest-risk passengers get 90% of the attention, we have a political-correctness culture that gives priority to protecting feelings instead of lives.

It is easier for a terror group to obtain a surface-to-air missile and blow a jetliner from the sky than to perform the attempted detonations we have witnessed recently. So why aren’t such attacks common? A missile might kill hundreds, but it is a poor terror plot simply because there is so little that can be done about it. Antimissile systems would be installed—effective or not—and the self-inflicted economic impact would be negligible. One failed suicide bomber, on the other hand, and institutional paranoia and political grandstanding do the rest.

Massive U.S. borrowing, and the false sense of liquidity it produces, is currently all that is supporting large swaths of the debt-ridden Russian economy by providing cheap credit to the overextended oligarchs. Mr. Putin’s cronies and other leaders sitting on failed economies benefit as America continues to move from Keynesian to Ponzian economics, desperate to postpone the inevitable reckoning. Runaway inflation in the U.S. is being put off because dollars are making their way out of the country—not by creating jobs or industry, but by boosting gains in the speculative stock and currency markets.

The Obama administration seems to be engaged in an endless campaign to make people believe these problems can and will be solved eventually instead of taking the tough steps required to solve them. It is true that doing what must be done can be a thankless task and that telling the truth does not always poll well. But promises are for candidates. Fulfilling promises is for leaders.

Mr. Kasparov, leader of The United Civil Front in Russia, is a contributing editor of The Wall Street Journal.

Voir aussi (merci james):

La Russie prépare la revanche
Françoise Thom
The Jean-Jacques Rousseau Institute
21 février 2010

Ceux qui dénonçaient naguère « l’interventionnisme » des Etats-Unis dans les affaires internationales s’accomodent sans sourciller de la nouvelle « politique de force » de la Russie.

Ce qui frappe l’historien lorsqu’il se penche sur les rapports Russie-Europe, c’est la permanence des fantasmes que la Russie engendre dans l’imagination des Occidentaux et la capacité de la Russie à dicter les cadres conceptuels dans lesquels elle veut être pensée – et incomprise – à l’étranger.

Ceci explique un autre mystère des relations entre Russes et Européens, l’imperméabilité à l’expérience des partenaires occidentaux.

France-Russie : une voie périlleuse

Les déboires successifs essuyés par les hommes d’affaires en Russie, les camouflets régulièrement infligés aux hommes d’Etat européens, les assassinats, les insultes aux diplomates, les nationalisations abusives, les manquements aux engagements pris, les violations du droit international, tout cela est oublié instantanément.

A peine la Russie a-t-elle mené une guerre de conquête lui permettant d’occuper 20% du territoire d’un Etat voisin que les Etats-Unis parlent d’un « redémarrage », c’est-à-dire d’un effacement de l’ardoise (et donc l’oubli d’une utile expérience dont il eût fallu tirer les leçons), tandis que la France se hâte d’offrir à la Russie les moyens de sa prochaine guerre d’agression contre les Etats voisins en lui vendant des porte-hélicoptères Mistral.

Rarement l’incompréhension réelle de la Russie a été aussi grande qu’aujourd’hui, et lourde de conséquences désastreuses pour l’Europe. La France en particulier s’engage sur une voie périlleuse. La Russie lui a trouvé un rôle exaltant : celui d’un partenaire dans la modernisation du grand voisin oriental.

Nous nous rengorgeons de tant d’honneur, notre vanité nationale est flattée. L’encens russe nous monte à la tête et nous ne voyons pas les dures réalités. Nous croyons la Russie faible, handicapée par une démographie catastrophique, une économie sous-développée.

Nous nous imaginons que devant tant de difficultés elle va se tourner vers l’intérieur, panser ses plaies. Nous croyons que la crise a mis un frein aux ambitions de Moscou. Nous sommes à cent lieues de percevoir le monde comme le font les élites russes. Nous ne voyons pas les conséquences qu’elles ont tirées de la crise.
Le droit est toujours la codification d’un rapport de force

Certes, l’optimisme qui régnait en Russie au début de l’année 2008 a été tempéré. A l’époque, la Russie se voyait puissance émergente faisant partie du bloc Brésil-Chine-Inde dont l’ascension irrésistible allait détrôner le monde occidental, et surtout les Etats-Unis haïs.

Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe se félicitait sans vergogne du naufrage des valeurs occidentales. « Le vieil Occident a perdu son rôle de leader intellectuel et moral dumonde », se réjouissait le politologue S. Karaganov [1].

Le modèle autoritaire, antidémocratique, semblait en passe de s’imposer, revanche éclatante pour la Russie qui n’a pas digéré l’éclatement de l’URSS et la défaite de son régime à parti unique en 1991.

Au printemps 2008 le nouveau président russe Dmitri Medvedev, à peine élu, propose la mise en place d’un nouveau système de sécurité en Europe. Les Européens n’ont pas compris que cette démarche résultait de l’évaluation faite à Moscou de la nouvelle « corrélation des forces ».

Aux yeux des dirigeants russes l’effacement américain était désormais acquis et il fallait que l’Europe en prenne acte et lui donne une forme institutionnelle.

Pour les Russes, le droit est toujours la codification d’un rapport de forces. Celui-ci ayant évolué au détriment des Etats-Unis et en faveur de la Russie, l’architecture de sécurité européenne devait être modifiée en conséquence.

Comme en Europe on traînait les pieds et continuait à refuser de voir les « réalités » , comme on dit en Russie, Moscou décida de faire une petite démonstration : la guerre russo-géorgienne avait avant tout pour objectif de montrer aux Européens que l’alliance avec les Etats-Unis ne valait plus rien.
Le message de la crise Georgienne

La Russie était en situation de force et pouvait agir unilatéralement dès qu’elle le souhaitait.

Sitôt la démonstration finie, le président Medvedev remit sur le tapis sa proposition de nouveau système de sécurité européen. Les Occidentaux naïfs s’étonnaient de voir la Russie préconiser la sécurité collective tout en violant de façon flagrante les accords Medvedev-Sarkozy et en marginalisant l’OSCE : le raisonnement russe tel que nous venons de le reproduire montre que, de son point de vue, la position de Moscou était parfaitement conséquente.

Medvedev ne disait pas autre chose lorsqu’il déclarait le 1er octobre 2008:

“L’ancien ordre mondial s’est effondré et un nouvel ordre mondial est en train d’apparaître, plus sûr et plus juste. La preuve en est l’action entreprise par la Russie en août dernier pour sauver le peuple d’Ossétie du Sud, pour protéger nos concitoyens et les intérêts de la Fédération russe ».

Ainsi, l’action unilatérale de la Russie était l’indice de l’émergence d’un « nouvel ordre mondial » qu’il était urgent de faire reconnaître par les Européens. La politique de « redémarrage » des relations russo-américaines proposée par le président Obama a été interprétée à Moscou comme l’indice de la prise de conscience par les Américains de leur faiblesse, et par conséquent comme une invitation à Moscou de pousser ses pions.

La guerre russo-géorgienne et la crise ont entraîné une évolution de l’analyse russe, mais pas celle que l’on croit naïvement en Occident. La crise a été perçue comme une occasion à ne pas manquer.

D’abord, elle accélérait l’affaiblissement des Etats-Unis et leur désengagement de « l’étranger proche » de la Russie.

Ensuite, elle a laminé les élites pro-occidentales qui s’étaient constituées dans les pays de la CEI et au contraire renforcé les clans mafieux vivant de la prédation, qui sont d’orientation pro-russe.

La crise présentait donc l’occasion rêvée de restaurer l’influence russe sur la périphérie déstabilisée par le choc.
La modernisation militaire

Mais, par ailleurs, la guerre russo-géorgienne et la crise ont aussi révélé aux dirigeants du Kremlin que l’archaïsme de l’économie et de la machine militaire russes pouvait être un obstacle à leurs ambitions de puissance.

En Russie les revers, notamment sur le champ de bataille, sont le principal ressort de la modernisation : ce fut le cas de Pierre le Grand après la défaite de Narva, d’Alexandre II après la guerre de Crimée, de Nicolas II après la guerre russo-japonaise. Dans ces trois cas, les réformes spectaculaires mises en oeuvre avaient pour but de faire de la Russie une grande puissance militaire capable de défier l’Europe, et non d’émanciper la société russe.

La situation est analogue aujourd’hui. Le programme de « modernisation » lancé par Medvedev a pour but de renforcer la puissance russe et nullement de démocratiser le pays.

Il n’est que de voir les axes d cette modernisation pour s’en convaincre. Le système politique demeure inchangé, les fraudes massives aux élections continuent de plus belle.

En revanche, le régime russe a entrepris une réforme militaire radicale dont les grandes lignes ont été définies par le président Medvedev en septembre 2008 : amélioration de la capacité de déploiement des troupes, des systèmes de commandement et de contrôle, et de l’entraînement ; développement d’un armement de haute technologie, amélioration de la situation matérielle des militaires, développement d’une flotte de sous-marins armés de missiles de croisière, création d’un système de défense dans l’espace.

« La guerre peut éclater subitement et devenir tout à fait réelle. Des conflits locaux, larvés que l’on appelle même parfois conflits gelés, peuvent se transformer en véritable conflagration militaire…

Un système garanti de dissuasion nucléaire répondant à diverses circonstances militaires et politiques doit être mis en place d’ici 2020»,

a déclaré Medvedev aux généraux russes en introduisant la réforme.

La loi sur la Défense a été modifiée en octobre 2009. Désormais, le président russe a le droit d’engager les forces armées sans l’autorisation du Conseil de la Fédération. Il peut faire intervenir les troupes en cas « d’attaque contre les forces armées russes à l’étranger », pour « défendre les citoyens russes à l’étranger », « défendre un Etat qui a demandé l’aide de la Russie » [2] ; ce dernier point est particulièrement important, car il montre que la Russie est prête à des interventions militaires même si le territoire russe n’est pas menacé.

Précisons que la nouvelle doctrine militaire russe stipule aussi que la Russie est en droit de recourir à l’arme nucléaire pour repousser une agression faisant appel aux armes conventionnelles et réserve à la Russie le droit de lancer des guerres préventives et la possibilité d’employer les armes nucléaires même dans un conflit local.

Ainsi, la Russie se dote d’un arsenal législatif justifiant les interventions militaires contre des Etats tiers.

N’oublions pas non plus que Moscou a suspendu sa participation au traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE). Que l’on compare le raffut médiatique qui avait accompagné l’annonce de la doctrine Bush et le silence presque total de la presse occidentale sur l’évolution de la doctrine militaire russe –et on pourra mesurer l’efficacité de la machine de propagande poutinienne.

Rappelons que le budget prévu pour la propagande à l’étranger en 2010 atteint 1,4 milliards de dollars, dépassant celui de l’aide aux chômeurs, ce qui montre une fois encore les priorités du Kremlin [3].

L’innovation du régime medvedevien consiste en ceci que la Russie a décidé d’atteler les Européens de l’Ouest à la construction du secteur de puissance (nous retrouvons la politique de Pierre le Grand).
Attention au processus de vassalisation

Le contrat d’achat des Mistrals présente un triple avantage : d’abord, la Russie acquiert des armements de haute technologie sans avoir à faire l’effort de les développer elle-même ; deuxièmement, elle réduit à néant la solidarité atlantique et la solidarité européenne ; troisièmement, elle accélère la vassalisation du deuxième grand pays européen après l’Allemagne.

Un expert russe a récemment comparé cette politique à celle de la Chine face aux Etats-Unis : selon lui, à Washington le lobby pro-chinois intéressé aux affaires avec la Chine est devenu si puissant que les Etats-Unis sont désormais incapables de s’opposer à Pékin ; la même chose est déjà vraie pour l’Allemagne face à la Russie et elle le sera pour la France après la signature du contrat sur les Mistrals [4].

Déjà, la France ne sait plus dire non à Moscou : elle rend à l’Eglise orthodoxe russe la cathédrale de Saint Nicolas à Nice, elle s’engage à voler au secours d’Avtovaz, la compagnie automobile au déficit abyssal soutenue par Poutine, elle accepte de faire défiler ses troupes sur la place Rouge, oubliant, comme l’y invite l’historiographie poutinienne, que la victoire de l’Armée rouge a entraîné un nouvel asservissement pour la moitié de l’Europe.

Nos gaullistes, autrefois si soucieux d’indépendance nationale quand il s’agissait des Etats-Unis, ne trouvent rien à redire à cette politique pourtant autrement dangereuse à terme pour notre liberté et celle de l’Europe.
La « schröderisation » de la classe politique européenne

Car la « schröderisation » de la classe politique européenne avance à pas de géant, et le Traité de Lisbonne qui fait la part belle aux grands Etats risque d’accélérer ce processus (c’est d’ailleurs l’analyse faite à Moscou).

Car il ne s’agit pas que de la menace militaire (encore que celle-ci ne doive pas être sous-estimée : au moment où les Mistrals seront livrés à la Russie, en 2012, Poutine risque d’être de nouveau président, avec une constitution taillée sur mesure, comme nous venons de le voir, et le doigt prompt à tirer sur la détente, comme le montre l’expérience).

Le plus dangereux pour l’Europe est l’influence délétère qu’exercent sur les élites européennes les idéologues russes.

Ce sont eux qui ne cessent de répéter que la nature des systèmes politiques importe peu, pourvu qu’ils soient « pragmatiques » ; de souffler que le souci des libertés fondamentales n’est qu’une hypocrisie utilisée par les Anglo-Saxons pour camoufler leur volonté de détruire les nations ; qu’en relations internationales seule l’approche « réaliste » et égoïste serait payante, c’est-à-dire celle qui se fonde sur la prise en compte cynique du rapport de forces.

En Europe, seuls devraient compter les grands pays, en partenariat bien sûr avec la Russie ; seul importerait l’intérêt national, défini bien sûr pour chacun par la Russie.

L’experte russe Lilia Chevtsova s’étonnait récemment de la facilité avec laquelle les Européens se font les perroquets de la propagande russe [5].

Elle citait une remarque extatique adressée à Poutine par Thierry de Montbrial lors de la rencontre de Valdaï en 2007 :

« Monsieur le président, vous êtes le premier dirigeant de l’histoire russe qui ait accumulé cette puissance et en même temps ait été désireux de la partager avec d’autres… Ceci prouve que vous êtes un démocrate… » [6]

Combien de fois avons-nous entendu que la Russie avait été « humiliée », que chaque pays avait le droit de défendre ses « valeurs », que nous n’avions pas à chercher à imposer notre démocratie libérale, etc.

Selon l’ex-chancelier Schröder, la Russie « a le droit de défendre ses intérêts de sécurité », c’est-à-dire d’interdire à l’Ukraine et à la Géorgie de choisir leurs alliances.

En avril 2008, Jacques Sapir expliquait gravement dans le Figaro que la Russie était « une zone de stabilité et de croissance » dans une Europe en pleine crise financière, alors que « les banques russes n’avaient pas été contaminées par la crise » et qu’il fallait s’attendre « à des entrées massives de capitaux » en Russie.
Le danger d’un état revanchard

Après la guerre russo-géorgienne le premier ministre français François Fillon s’est mis en quatre pour éviter des sanctions à la Russie, reprenant mot pour mot les arguments ressassés par la propagande russe depuis des années, assimilant les partisans d’une politique de fermeté à des ringards de la guerre froide (dont bien sûr les Occidentaux étaient « largement responsables ») :

« Il y a deux options possibles : ou bien on veut à tout prix recréer la guerre froide, on montre du doigt la Russie, on l’isole, on continue à la piétiner comme ça a été le cas depuis une dizaine d’années – ce n’est pas la voie qu’a choisie la France, ce n’est pas la voie qu’a choisie l’Europe –, ou on choisit l’option du dialogue » (1er septembre 2008).

A force de marteler que la défense de la démocratie libérale était l’apanage des néo-conservateurs américains, les propagandistes russes en arrivent à inciter les Européens à renier les bases mêmes sur lesquelles s’est construite l’Europe pendant plus de cinquante ans.

L’idée d’une égalité de droits entre les Etats européens, petits et grands, l’idée que le rapport de forces est exclu entre Européens, l’idée d’une solidarité européenne, tout cela est dédaigneusement balayé de la main à Moscou.

Si cette « philosophie » du Kremlin gagne du terrain, l’Europe risque de régresser prodigieusement et d’oublier les dures leçons tirées des deux guerres mondiales.

On l’a vu dans les années 1930, la présence d’un Etat revanchard sur le continent européen peut réduire à néant toutes les tentatives de fonder un ordre international sur le droit et l’arbitrage.

Comment expliquer qu’il se trouve tant d’Européens, notamment de Français, qui acceptent de devenir les apologistes du darwinisme social post-communiste russe appliqué aux relations internationales ?

Nadejda Mandelstam, la veuve du poète Osip Mandelstam mort au Goulag, se demandait dans ses Mémoires pourquoi l’intelligentsia russe avait massivement pactisé avec le bolchevisme. Elle en était arrivée à la conclusion que c’était la fascination de la violence qui avait suscité cette complaisance chez les intellectuels.

Aujourd’hui, on a l’impression que c’est la brutalité russe, le torse nu et le langage cru de l’ex-président Poutine, qui exercent une séduction fatale sur nombre de dirigeants européens.

Ceux-ci cherchent peut-être dans ce monde hobbesien un remède à l’étouffant « politiquement correct » distillé par les media et les institutions européennes – sans voir que ce remède est pire que le mal.

Aujourd’hui, Moscou propose une alliance des Etats-Unis, de l’Union Européenne et de la Russie contre les menaces « du Sud » [7].

La Russie se pose en rempart de la civilisation « du Nord », ce qui ne manque pas de sel quand on se souvient avec quelle persévérance Moscou a défendu le programme nucléaire iranien, contribuant grandement à l’émergence de cette « menace » du Sud, et avec quel enthousiasme elle célébrait, il y a un an encore, le naufrage de la civilisation occidentale.

Visiblement, la Russie table sur le « redémarrage » des Occidentaux, voire l’effacement total de leur disque dur. Espérons qu’elle a tort.

© Françoise Thom, 2010

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[1] Cité in : Nezavisimaja Gazeta, 29/10/08

[2] gazeta.ru 8/12/09

[3] The Guardian, 18/12/09

[4] Fiodor Lukianov, « Integracia po poniatiam », gazeta.ru, 26/11/09

[5] Lilia Shevtsova, « The Kremlin Kowtow », Foreign Policy, January 5, 2010

[6] Lilia Shevtsova, « Druzja Rossii », EÏednevny Ïurnal, 29/06/09. La citation est retraduite du russe.

[7] V. D. Rogozin, « Bez tarakanov russofobii », gazeta.ru, 15/12/09. Ceci au moment où une officine de propagande russe a couvert la Grande-Bretagne d’affiches représentant Obama et Ahmadinejad, avec la mention : « Lequel représente le plus grand risque nucléaire ? » Cf. The Guardian, 18/12/09

15 Responses to Russie: Quand le Monde libre tremble, les tyrans et les autocrates exultent (Is the West headed for a 30’s reboot with revanchist Russia?)

  1. […] nous refait, via notre Rocky national et face aux champions de la solution finale de Téhéran, le coup obamien de la “remise à zéro” […]

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  2. […] La politique de "redémarrage" des relations russo-américaines proposée par le président Obama a été interprétée à Moscou comme l’indice de la prise de conscience par les Américains de leur faiblesse, et par conséquent comme une invitation à Moscou de pousser ses pions (…) Le contrat d’achat des Mistrals présente un triple avantage: d’abord, la Russie acquiert des armements de haute technologie sans avoir à faire l’effort de les développer elle-même ; deuxièmement, elle réduit à néant la solidarité atlantique et la solidarité européenne ; troisièmement, elle accélère la vassalisation du deuxième grand pays européen après l’Allemagne. Un expert russe a récemment comparé cette politique à celle de la Chine face aux Etats-Unis : selon lui, à Washington le lobby pro-chinois intéressé aux affaires avec la Chine est devenu si puissant que les Etats-Unis sont désormais incapables de s’opposer à Pékin; la même chose est déjà vraie pour l’Allemagne face à la Russie et elle le sera pour la France après la signature du contrat sur les Mistrals. (…) Aujourd’hui, Moscou (…) se pose en rempart de la civilisation « du Nord », ce qui ne manque pas de sel quand on se souvient avec quelle persévérance Moscou a défendu le programme nucléaire iranien, contribuant grandement à l’émergence de cette « menace » du Sud, et avec quel enthousiasme elle célébrait, il y a un an encore, le naufrage de la civilisation occidentale. (…) On l’a vu dans les années 1930, la présence d’un Etat revanchard sur le continent européen peut réduire à néant toutes les tentatives de fonder un ordre international sur le droit et l’arbitrage. Françoise Thom […]

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  3. […] La politique de « redémarrage » des relations russo-américaines proposée par le président Obama a été interprétée à Moscou comme l’indice de la prise de conscience par les Américains de leur faiblesse, et par conséquent comme une invitation à Moscou de pousser ses pions (…) Le contrat d’achat des Mistrals présente un triple avantage: d’abord, la Russie acquiert des armements de haute technologie sans avoir à faire l’effort de les développer elle-même ; deuxièmement, elle réduit à néant la solidarité atlantique et la solidarité européenne ; troisièmement, elle accélère la vassalisation du deuxième grand pays européen après l’Allemagne. Un expert russe a récemment comparé cette politique à celle de la Chine face aux Etats-Unis : selon lui, à Washington le lobby pro-chinois intéressé aux affaires avec la Chine est devenu si puissant que les Etats-Unis sont désormais incapables de s’opposer à Pékin; la même chose est déjà vraie pour l’Allemagne face à la Russie et elle le sera pour la France après la signature du contrat sur les Mistrals. Françoise Thom […]

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  4. […] y compris jusqu’en Grande-Bretagne ou en Géorgie et devant la pusillanimité de l’Occident, la bande d’anciens kagébistes de Poutine poursuit sur sa lancée en Crimée et en Ukraine […]

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  5. […] La politique de « redémarrage » des relations russo-américaines proposée par le président Obama a été interprétée à Moscou comme l’indice de la prise de conscience par les Américains de leur faiblesse, et par conséquent comme une invitation à Moscou de pousser ses pions (…) Le contrat d’achat des Mistrals présente un triple avantage: d’abord, la Russie acquiert des armements de haute technologie sans avoir à faire l’effort de les développer elle-même ; deuxièmement, elle réduit à néant la solidarité atlantique et la solidarité européenne ; troisièmement, elle accélère la vassalisation du deuxième grand pays européen après l’Allemagne. Un expert russe a récemment comparé cette politique à celle de la Chine face aux Etats-Unis : selon lui, à Washington le lobby pro-chinois intéressé aux affaires avec la Chine est devenu si puissant que les Etats-Unis sont désormais incapables de s’opposer à Pékin; la même chose est déjà vraie pour l’Allemagne face à la Russie et elle le sera pour la France après la signature du contrat sur les Mistrals. Françoise Thom […]

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  6. […] y compris jusqu’en Grande-Bretagne ou en Géorgie et devant la pusillanimité de l’Occident, la bande d’anciens kagébistes de Poutine poursuit sur sa lancée en Crimée et en Ukraine […]

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  7. […] La politique de "redémarrage" des relations russo-américaines proposée par le président Obama a été interprétée à Moscou comme l’indice de la prise de conscience par les Américains de leur faiblesse, et par conséquent comme une invitation à Moscou de pousser ses pions (…) Le contrat d’achat des Mistrals présente un triple avantage: d’abord, la Russie acquiert des armements de haute technologie sans avoir à faire l’effort de les développer elle-même ; deuxièmement, elle réduit à néant la solidarité atlantique et la solidarité européenne ; troisièmement, elle accélère la vassalisation du deuxième grand pays européen après l’Allemagne. Un expert russe a récemment comparé cette politique à celle de la Chine face aux Etats-Unis : selon lui, à Washington le lobby pro-chinois intéressé aux affaires avec la Chine est devenu si puissant que les Etats-Unis sont désormais incapables de s’opposer à Pékin; la même chose est déjà vraie pour l’Allemagne face à la Russie et elle le sera pour la France après la signature du contrat sur les Mistrals. Françoise Thom […]

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  8. […] La politique de "redémarrage" des relations russo-américaines proposée par le président Obama a été interprétée à Moscou comme l’indice de la prise de conscience par les Américains de leur faiblesse, et par conséquent comme une invitation à Moscou de pousser ses pions (…) Le contrat d’achat des Mistrals présente un triple avantage: d’abord, la Russie acquiert des armements de haute technologie sans avoir à faire l’effort de les développer elle-même ; deuxièmement, elle réduit à néant la solidarité atlantique et la solidarité européenne ; troisièmement, elle accélère la vassalisation du deuxième grand pays européen après l’Allemagne. Un expert russe a récemment comparé cette politique à celle de la Chine face aux Etats-Unis : selon lui, à Washington le lobby pro-chinois intéressé aux affaires avec la Chine est devenu si puissant que les Etats-Unis sont désormais incapables de s’opposer à Pékin; la même chose est déjà vraie pour l’Allemagne face à la Russie et elle le sera pour la France après la signature du contrat sur les Mistrals. Françoise Thom […]

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  10. […] La politique de "redémarrage" des relations russo-américaines proposée par le président Obama a été interprétée à Moscou comme l’indice de la prise de conscience par les Américains de leur faiblesse, et par conséquent comme une invitation à Moscou de pousser ses pions (…) Le contrat d’achat des Mistrals présente un triple avantage: d’abord, la Russie acquiert des armements de haute technologie sans avoir à faire l’effort de les développer elle-même ; deuxièmement, elle réduit à néant la solidarité atlantique et la solidarité européenne ; troisièmement, elle accélère la vassalisation du deuxième grand pays européen après l’Allemagne. Un expert russe a récemment comparé cette politique à celle de la Chine face aux Etats-Unis : selon lui, à Washington le lobby pro-chinois intéressé aux affaires avec la Chine est devenu si puissant que les Etats-Unis sont désormais incapables de s’opposer à Pékin; la même chose est déjà vraie pour l’Allemagne face à la Russie et elle le sera pour la France après la signature du contrat sur les Mistrals. Françoise Thom […]

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Répondre à Bons baisers de Russie: Les affaires humaines ont leurs marées (Back to the future: who laughed when Romney said Russia was our No.1 foe ?) | jcdurbant Annuler la réponse.

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