Affaire BHL: Attention, un plantage peut en cacher bien d’autres! (My publisher just can’t say no to me)

Une imposture si française (BHL)
BHL.jpgC’est le classique Phénomènes de Foire Obèses Fanatiques & Excursion de Fausse Culture des journalistes européens des 50 dernières années, avec des arrêts à Las Vegas pour visiter un club de lap-dance et un bordel ; Beverly Hills ; Dealey Plaza à Dallas ; la Rue Bourbon à La Nouvelle-Orléans ; Graceland ; une salon d’armes à feu à Fort Worth ; un club écnangiste à San Francisco avec une drag queen aux méga-seins siliconés ; la Foire de l’Iowa (« un festival de kitsch américain »); Sun City (« ségrégation dorée pour vieux »); une course de stock cars; le Mall of America; le Mont Rushmore ; deux ou trois méga-églises évangéliques; les Mormons de Salt Lake ; quelques Amish ; les conventions politiques nationales de 2004; Alcatraz – vous voyez le topo. (Pour une raison ou une autre il a raté le rassemblement de moto de Sturgis, les Prix des vidéos X, la tombe de Warren G. Harding et la plus grande bobine de ficelle du monde). Vous rencontrez Sharon Stone et John Kerry et une femme qui avait dépassé les 100 kilos et un couple obèse portant des armes à feu, mais personne que vous n’ayez jamais connu. En plus de 300 pages, personne ne dit une blague. Personne ne semble beaucoup travailler. Personne ne prend le temps de manger et d’apprécier ce qu’il mange. Vous avez vécu toute votre vie en Amérique, jamais été à une méga-église ou à un bordel, ne possédez pas d’armes, n’êtes pas Amish, et d’un seul coup vous réalisez que c’est un livre sur les Français. Qu’il n’a aucune raison d’exister en anglais, excepté comme preuve que les voyages ne forment pas forcément la jeunesse et qu’il faut toujours se méfier des livres avec Tocqueville dans le titre. (…) Comme toujours avec les écrivains français, Lévy est court sur les faits, long sur les conclusions. (…) Et qu’est-ce que c’est que ces rafales de questions rhétoriques ? C’est comme ça que s’expriment les Français ou c’est quelque chose qu’ils se gardent pour leurs livres sur l’Amérique? Garnison Keillor
Il faut, en effet, un fantastique mépris de son propre métier, de la vérité certes aussi mais tout autant des lecteurs, pour inventer des faits et des citations. Il faut ce mépris du public au carré pour faire mine, lorsque ces bourdes sont relevées, de retourner l’accusation d’ignorance contre celui qui les a signalées. Cornelius Castoriadis
[Vous refuse-t-on des livres écrits ? demande une jeune femme.] Non, malheureusement pour moi. Mon éditeur ne me refuse rien. Il me faut deviner si le livre est mauvais ou non, parce qu’il ne me le dira pas. Beigbeder (réponse à une admiratrice)
(…) Kant, le prétendu sage de Königsberg, le philosophe sans vie et sans corps par excellence, dont Jean-Baptiste Botul a montré au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans sa série de conférences aux néo-kantiens du Paraguay que leur héros était un faux abstrait, un pur esprit de pure apparence -et cela à deux titres au moins : le concept de monde nouménal où s’entend l’écho d’une jeunesse spirite, vécue parmi les ombres et les limbes dans un royaume d’êtres énigmatiques et accessibles par la seule télépathie… BHL
Quand je lis un livre, je clique pas sur Wikipédia. BHL
Qui aujourd’hui est chiche d’allonger mine de rien quelques petites lignes de cet acabit, genre drôle et méchant, sur nos grands penseurs d’aujourd’hui ? Je ne sais pas. Des noms ! des noms ! Voyons… un peu de retenue. Botul, Jean-Baptiste de son prénom, écrit ses bouts de trucs, je lis, je ris. Etrange bonhomme que ce Botul qui a une prédilection pour le « mou ». 1896-1947. Inclassable. Aux amitiés louches. Aux humeurs crétines. Philosophe qui ne veut plus publier et choisit donc d’écrire des « bouts », entassés à qui mieux mieux. Manque de bol, La Métaphysique du mou (c’est du sérieux) en regroupe quelques-uns. C’est un must, un best-of… des meilleurs « bouts »… sur le fromage, l’être, le néant, la saucisse, et autres problèmes de société. A lire chez Mille et Une Nuits (www.1001nuits.com/) Martine Laval (Télérama)
Je le savais depuis quelques jours. J’avais reçu les épreuves du bouquin, mais je pensais qu’une maison sérieuse comme Grasset allait évidemment corriger ces choses. J’ai attendu que le livre soit imprimé, mais pour des raisons éditoriales, c’est le Nouvel Obs qui en a parlé en premier. Évidemment, il y aura un encart spécial dans le Canard, je suis en train de le boucler. Frédéric Pagès
Avec Botul, nous ne cherchons même pas à piéger les gens, c’est juste un auteur collectif. Ce qui est étonnant, c’est qu’il n’ait pas senti qu’il s’agissait d’une fable. La vie sexuelle d’Emmanuel Kant raconte l’histoire farfelue d’une communauté d’Allemands de Königsberg (devenu Kaliningrad) ayant fui au Paraguay pour constituer une colonie strictement régie par la philosophie kantienne. Cela aurait dû l’alerter. Cela pose une question sur sa façon de travailler. Frédéric Pagès
Ayant reçu les épreuves de son livre début janvier, je suis bien entendu immédiatement tombée sur le passage effarant où Bernard-Henri Lévy se réfère avec sérieux à un texte bouffon qu’il s’efforce aujourd’hui de présenter partout comme « très crédible ». L’œuvre d’un certain Jean-Baptiste Botul, que j’avais déjà personnellement évoquée en tant que canular à plusieurs reprises dans « le Nouvel Observateur », notamment dans un papier du 18 janvier 2007. Une fois encore, Bernard-Henri Lévy aurait dû vérifier ses sources. La charité la plus élémentaire incitait à ne pas évoquer ce ratage lors du débat organisé avec Slavoj Zizek. L’adversaire de Bernard-Henri Lévy, un des penseurs radicaux auxquels celui-ci s’en prend nommément dans son livre, en eût été pour le moins amusé. A cela il faut ajouter que lors de cette entrevue, le 13 janvier, je n’avais encore nullement prévu d’évoquer la bévue en question, ni sur BibliObs.com ni dans les pages du « Nouvel Observateur ». Seul le matraquage promotionnel invraisemblable dont Bernard-Henri Lévy a par la suite bénéficié dans la presse, et qui se poursuit aujourd’hui à un rythme effréné sur tous les écrans, dans tous les journaux et toutes les stations de radio, m’a convaincue de la nécessité de le faire. Aude Lancelin (NO)
Le monde vu par l’ancien boursier du Béarn devenu l’Homo academicus le plus respecté en même temps que le plus controversé de France ? Un monde d’airain, un monde de luttes inexpiables, implacables, permanentes, sans issue. Un monde pascalien sous ses faux airs néo-marxistes, vie éternelle exceptée. Aude Lancelin (Le hussard noir de la sociologie, NO, 2002)
Attention: un plantage peut en cacher bien d’autres!
Où l’on (re)découvre …Que, derrière le tout récent piégeage de notre BHL national et comme le reconnaissait récemment notre Beigbeider national, nos éditeurs ne relisent apparemment même plus les épreuves de leurs monstres sacrés (et poules aux œufs d’or) !Qu’avec ses compères dits nouveaux philosophes, ladite poule aux œufs d’or n’en était pourtant pas à sa première bourde, ayant été épinglé par nos Deleuze (« marketing littéraire», « pensée nulle »), Bourdieu (« fast thinkers ») ou Vidal-Naquet nationaux (« erreurs grossières », « médiocre candidat au baccalauréat », « déposition d’Himmler » au procès de Nuremberg, alors que le chef de la Gestapo s’était suicidé six mois avant son ouverture) ou même la veuve de Daniel Pearl (homme dont « l’ego détruit l’intelligence »), sans parler de tout un livre par un journaliste du Canard (« Une imposture française »).

Et qu’enfin nombre de nos auteurs comme de nos journalistes (on ne parlera pas des normaliens auxquels la conférence devenue livre était originellement destinée) ne prennent même pas non plus la peine de vérifier leurs sources sur wikipedia ou Google.

Ainsi, comme le rappelait le journaliste Pascal Riché du site Rue 89 (auteur lui-même en son temps d’un remarquable morceau de désinformation sur l’ouragan Katrina, l’auteur collectif de potacheries autour du journaliste du Canard enchainé Frédéric Pagès dit Jean-Baptiste Botul (« Landru, Précurseur du Féminisme : la correspondance inédite, 1919-1922 », « Nietzsche ou le démon de midi » (plaidoirie que Botul, accusé d’avoir détourné une jeune fille dans son taxi, aurait faite devant le tribunal professionnel des taxis parisiens), « Métaphysique du mou »), aurait aussi piégé une critique de Télérama …

Mais on sera peut-être rassuré d’apprendre que la charité chrétienne règne en ces milieux que l’on croyait sans pitié.

Puisque la lanceuse d’alerte sur la bourde BHL Aude Lancelin (ancienne élève d’H4 dument agrégée de philo), qui avait justement rendu compte de l’ouvrage de Botul en question il y a 3 ans, avoue que ce n’est que contrainte et forcée, devant « le matraquage promotionnel invraisemblable dont Bernard-Henri Lévy a par la suite bénéficié dans la presse, et qui se poursuit aujourd’hui à un rythme effréné sur tous les écrans, dans tous les journaux et toutes les stations de radio », qu’elle s’est résignée à lever le lièvre.

La cireuse de pompes attitrée du Nouvel Obs pour les si tendances grandes pointures stals à la Badiou, Sloterdijk ou Zilek (officiant aussi sur les plateaux télé de Culture et dépendances et Postface) et co-auteure elle-même remarquée il y a 2 ans d’un brillant ouvrage (mais pas sous la marque Botul) sur la vie sexuelle (pardon: « amoureuse ») de nos philosophes (« Les Philosophes et l’amour: de Socrate à Simone de Beauvoir ») aura en effet « la charité la plus élémentaire » d’interviewer tranquillement son futur pigeon avec justement l’un des stals du jour (un certain Ziliek) sans rien lui dire de sa mégabourde dans un livre dont elle venait pourtant de recevoir les épreuves …

L’affaire « Botul » pointe les dérives d’un système qui n’a rien à voir avec la philosophie .
Lionel Chiuch
La Tribune de Genève
13.02.2010

Depuis plus de trente ans, la France dispose d’une sorte de chevalier blanc. Un «penseur» multicartes qui s’élance sur tous les fronts de l’indignation, de la Bosnie au Pakistan en passant par le Bangladesh. Bernard-Henri Lévy, puisqu’il s’agit de lui, le reconnaît volontiers: l’actualité sociale locale n’est pas vraiment sa tasse de thé.

C’est pourtant à domicile que le compagnon d’Arielle Dombasle s’est fait péter une mine dans les pieds. En s’en prenant, à la page 122 de son essai De la guerre en philosophie, à Kant, «le philosophe sans vie et sans corps par excellence, dont Jean-Baptiste Botul a montré (…) dans sa série de conférences aux néokantiens du Paraguay que leur héros était un faux abstrait».

Las, c’est Botul qui est «sans vie et sans corps», puisqu’il s’agit d’un personnage fictif créé par le journaliste Frédéric Pagès.

Des «erreurs grossières»

Les réactions à cette incroyable bévue ont été aussi disproportionnées que le matraquage médiatique saluant la sortie des nouveaux ouvrages – il y en a deux – du «philosophe». Il y a pourtant longtemps que sa rigueur méthodologique fait l’objet de critiques. Dès 1977, le philosophe Gilles Deleuze comparait l’œuvre des nouveaux philosophes à du «marketing littéraire», parlant d’une «pensée nulle».

Deux ans plus tard, l’historien Pierre-Vidal Naquet relevait les «erreurs grossières» qui émaillent Le testament de Dieu, qualifiant son auteur d’un «médiocre candidat au baccalauréat». Parmi les perles relevées, une «déposition d’Himmler» au procès de Nuremberg, alors que le chef de la Gestapo s’était suicidé six mois avant son ouverture. Il y eut aussi le «roman-enquête» Qui a tué Daniel Pearl ?, qui fit dire à la veuve du journaliste américain décapité par des fanatiques que BHL est un homme dont «l’ego détruit l’intelligence».

Yann Moix, l’allié fidèle

Sur l’affaire Botul, on remarquera que BHL a cité le faux philosophe dans le cadre d’une leçon à l’Ecole normale supérieure de la rue d’ulm (Paris). Sachant que chaque intervention de notre homme est tarifée entre 12 500 euros et 50 000 euros (source : Speakers Academy), cela fait cher le canular. Le plus surprenant pour un observateur étranger, c’est le soutien dont jouit BHL dans les médias parisiens. Au point que Marianne, qui lui a consacré plusieurs pages dans son dernier numéro, n’aborde même pas l’affaire sur son site (à l’exception de quelques lignes sur le blog de Jean-François Khan).

Jean Daniel, du Nouvel Observateur, lui réitère son amitié, tout en laissant entendre qu’il voyait venir la catastrophe. Sur le site de Libé, on a carrément fermé aux commentaires l’article (gentil) consacré à l’affaire Botul, en précisant que BHL est «actionnaire et membre du conseil de surveillance» du journal.

Le pompon revient à L’Express qui, non content de trouver toutes les excuses au «philosophe», n’hésite pas à ajouter le ridicule au ridicule. En brandissant une interview dans laquelle BHL déclare qu’après l’éreintement de son film Le jour et la nui t, il avait vu apparaître dans ses mains des «sillons de sang».

Oui, vous avez bien lu. BHL frappé de stigmates. Même s’il s’agit d’une métaphore, elle est un peu raide. C’est tout de même sur le site de la revue de ce messie, La règle du jeu, qu’est paru le pamphlet haineux de Yann Moix consacré à la Suisse.

Voir aussi:

Poilade
BHL piégé, les amis de Botul « consternés et allègres »
Pascal Riché
Rue89
08/02/2010

C’est le site Bibliobs (Nouvel Obs) qui a levé le lièvre. Dans un de ses deux derniers livres (il a publié une paire), l’essayiste Bernard-Henri Lévy s’en prend à Kant « ce fou furieux de la pensée, cet enragé du concept ». A la page 122 de « De la guerre en philosophie » (Grasset) BHL cite les recherches sur Kant de Jean-Baptiste Botul. Problème : Botul n’a jamais existé.

BHL rappelle ainsi dans son petit ouvrage que Botul aurait définitivement démontré « au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans sa série de conférences aux néokantiens du Paraguay, que leur héros était un faux abstrait, un pur esprit de pure apparence ».
Qui est Jean-Baptiste Botul ?

De la guerre en philosophieDommage que BHL n’ait pas pris six secondes pour « googler » le nom de cet auteur sur internet. Il aurait découvert en moins de deux clics qu’il s’agit d’une créature fantasmatique et potachière sortie du cerveau de Frédéric Pagès, agrégé de philo et journaliste au Canard Enchaîné.

Une créature qui a pris vie grâce aux efforts d’un groupe d’amis d’horizons divers, dont le noyau dur est baptisé « NoDuBo ». Lévy serait par exemple tombé sur leur blog qui présente leur héros comme un « philosophe de tradition orale dont on ne connaît exactement ni la vie ni l’œuvre ».

Botul est apparu en 2004, avec la publication d’un livre choc : « La vie sexuelle d’Emmanuel Kant » chez Mille et Une nuits (il faut savoir que Kant est réputé puceau). C’est Pagès qui en est l’auteur. Chez le même éditeur d’autres botuliens ont poursuivi l’œuvre.

On doit ainsi à Jean-Baptiste Botul « Landru, Précurseur du Féminisme : la correspondance inédite, 1919-1922 », « Nietzsche ou le démon de midi » (plaidoirie que Botul, accusé d’avoir détourné une jeune fille dans son taxi, aurait faite devant le tribunal professionnel des taxis parisiens), « Métaphysique du mou »…
Des questions sur la façon de travailler de Bernard-Henri Lévy

Ce lundi soir, Frédéric Pagès s’amuse au téléphone de toute cette affaire : « Nous avons été consternés… et allègres » :

« Avec Botul, nous ne cherchons même pas à piéger les gens, c’est juste un auteur collectif. Ce qui est étonnant, c’est qu’il n’ait pas senti qu’il s’agissait d’une fable.

La vie sexuelle d’Emmanuel Kant raconte l’histoire farfelue d’une communauté d’Allemands de Königsberg (devenu Kaliningrad) ayant fui au Paraguay pour constituer une colonie strictement régie par la philosophie kantienne. Cela aurait dû l’alerter. Cela pose une question sur sa façon de travailler. »

Les « Botuliens », me raconte Pagès, se réunissent chaque mois en « salon ». Je lui ai demandé s’ils inviteraient BHL. « Pourquoi pas, on pourrait parler de Kant, par exemple ! »

J’ai laissé un message à Bernard-Henri Lévy, nous attendons sa réponse. Il a déjà réagi sur Parismatch.com :

« Bernard-Henri Levy a reconnu son erreur de bonne grâce, affirmant s’être laissé piéger et ne pas avoir deviné le canular. BHL entend cependant réserver l’ensemble de ses explications à son “Bloc-Notes” dans le prochain numéro du Point, à paraître jeudi de cette semaine. »

Bon, si cela peut consoler l’ancien-nouveau philosophe, il n’est visiblement pas le seul à s’être laissé prendre aux fruits botuliens, comme on peut le constater ici.

Voir également:

BHL en flagrant délire: l’affaire Botul
Aude Lancelin
Le Nouvel observateur
08/02/2010

Ce devait être le grand retour philosophique de Bernard-Henri Lévy [1]. Patatras ! L’opération semble compromise par une énorme bourde contenue dans « De la guerre en philosophie », livre à paraître le 10 février. Une boulette atomique qui soulève pas mal de questions sur les méthodes de travail béhachéliennes

Nul ne peut plus l’ignorer, Bernard-Henri Lévy, « ennemi public » ainsi qu’il se présentait à l’automne 2008 dans sa correspondance avec Michel Houellebecq, est de retour dans les magazines. Tous les magazines. Lorsque nous l’avions invité à débattre au « Nouvel Observateur », le 13 janvier dernier, avec le philosophe Slavoj Zizek [2], un de ses adversaires, nous étions encore loin de deviner l’ampleur de la tornade à venir. Grand entretien dans « l’Express », portrait d’ouverture dans « Paris Match », couverture de « Transfuge », panégyrique dans « le Point » signé Christine Angot, interview de six pages dans « Marianne ». On en oublierait presque une chose. La cause occasionnelle, le détail à l’origine d’une telle profusion : la parution de deux livres, le 10 février prochain chez Grasset. Un épais « Pièces d’identité », recueil de textes et d’entretiens déjà parus sur toutes sortes de supports, et « De la guerre en philosophie », version remaniée d’une conférence prononcée en 2009 à l’ENS de la rue d’Ulm.

Plaidoyer pro domo en faveur d’une œuvre injustement décriée, la sienne, ce second opus d’environ 130 pages, « De la guerre en philosophie », se présente comme le « livre-programme » de la pensée béhachélienne. Un « manuel pour âges obscurs, où l’auteur « abat son jeu » et dispose, chemin faisant, les pierres d’angle d’une métaphysique à venir » – rien de moins, trompette l’éditeur au dos de la couverture. On l’aura compris, ce livre devait signer le grand retour de BHL sur la scène conceptuelle dite sérieuse. Son ultime plaidoirie face à une caste philosophique qui l’a depuis toujours tourné en dérision, de Deleuze à Bourdieu, en passant par Castoriadis [3]. Une lecture attentive dudit opuscule révèle cependant que l’affaire est assez mal engagée.

« La vraie question pour une philosophie, c’est de savoir où sont vos adversaires, et non où sont vos alliés.» Ainsi l’auteur se lance-t-il, chemise au vent et sans crampons, à l’assaut de quelques contemporains gauchistes renommés, mais aussi de Hegel ou de Marx, « cet autre penseur inutile, cette autre source d’aveuglement », notamment reconnu coupable de ne pas donner les moyens de penser le nazisme. A la décharge, l’idéalisme et le matérialisme allemands, toutes ces conneries superflues ! Bernard-Henri Lévy ne s’est jamais laissé intimider par les auteurs mineurs.

Il s’en prend tout aussi fougueusement à Kant, « ce fou furieux de la pensée, cet enragé du concept ». Un peu audacieux de la part d’un penseur qui ne peut, somme toute, revendiquer à son actif qu’un brelan de concepts pour news magazines comme le « fascislamisme » ? Même pas peur. BHL a des billes. Le vieux puceau de Königsberg n’a qu’à bien se tenir. A la page 122, il dégaine l’arme fatale. Les recherches sur Kant d’un certain Jean-Baptiste Botul, qui aurait définitivement démontré « au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans sa série de conférences aux néokantiens du Paraguay, que leur héros était un faux abstrait, un pur esprit de pure apparence ». Et BHL de poursuivre son implacable diatribe contre l’auteur de « la Critique de la raison pure », « le philosophe sans corps et sans vie par excellence ».

Il en sait des choses, Bernard-Henri Lévy. Le néo-kantisme d’après-guerre. La vie culturelle paraguayenne. Seul problème, Jean-Baptiste Botul n’a jamais existé. Pas plus que ses conférences dans la pampa, auxquelles BHL se réfère avec l’autorité du cuistre. Ce penseur méconnu est même un canular fameux. Le fruit de l’imagination fertile de Frédéric Pagès [4], agrégé de philo et plume du « Canard enchaîné », où il rédige notamment chaque semaine « Le journal de Carla B.». Un traquenard au demeurant déjà bien éventé depuis la parution de « la Vie sexuelle d’Emmanuel Kant » [5], pochade aussi érudite qu’hilarante, publiée en 1999 et rééditée en 2004 aux éditions Mille et une nuits, sous le pseudonyme de Botul. Une simple vérification sur Google aurait d’ailleurs pu alerter le malheureux BHL. Le même Botul y est en effet aussi répertorié pour avoir commis une œuvre au titre prometteur : « Landru, précurseur du féminisme ».

Renseignement pris, personne ne s’était encore jamais pris sans airbag cet énorme platane. C’est désormais chose faite. Toutes proportions gardées, c’est un peu comme si Michel Foucault s’était appuyé sur les travaux de Fernand Raynaud pour sa leçon inaugurale au « Collège de France ». Mais alors, qu’a-t-il bien pu se passer dans le cerveau infaillible de notre vedette philosophique nationale ? Une fiche mal digérée ? Un coup de sirocco à Marrakech? « C’est sans le moindre état d’âme que j’ai, depuis 30 ans et plus, choisi le rôle du renégat, endossé l’habit du disciple indocile, et déserté ce mouroir de toute pensée qu’est devenue l’Université », écrit Bernard-Henri Lévy. Un peu trop, sans doute.

Ainsi se sera-t-il toujours trouvé un importun, un pédagogue indiscret et pointilleux, pour venir s’interposer entre sa personne et la gloire philosophique. Il y a trente ans, c’était l’historien Pierre Vidal-Naquet, qui avait recensé dans un texte mémorable publié par « le Nouvel Observateur » [6]les nombreuses perles d’écolier contenues dans son essai, « le Testament de Dieu ». Cette fois-ci, c’est un philosophe burlesque qui n’existe même pas.

Voir enfin:

L’industrie du vide
Nouvel Obs
15/02/2010

C’était en 1979, dans les colonnes du « Nouvel Observateur ». Dans une lettre publiée le 18 juin [1], consacrée au « Testament de Dieu » de Bernard-Henri Lévy [2], l’historien Pierre Vidal-Naquet s’indignait d’avoir pu établir, au cours de sa lecture, une « simple anthologie de « perles » dignes d’un médiocre candidat au baccalauréat ». Dans ce même numéro, l’auteur mis en cause [1] répliquait à Vidal-Naquet qu’il venait « d’inventer un genre inédit dans la République des Lettres : le rapport de police philosophique ». Trois semaines plus tard, le 9 juillet, c’était au tour du philosophe Cornelius Castoriadis de prendre part à cette polémique, dans une grande tribune introduite par Jean Daniel. La voici

***

Helléniste connu, historien confirmé, ami sûr, compagnon des luttes anticolonialistes, Pierre Vidal-Naquet avait adressé à plusieurs journaux et agences de presse une lettre s’indignant du sort, bien trop favorable à ses yeux, fait à l’ouvrage de Bernard-Henri Lévy « le Testament de Dieu ».

Pour respecter les droits de la critique, et favoriser l’instauration d’un débat, « le Nouvel Observateur », seul de toute la presse, a cru devoir publier cette lettre [1]. Qu’en ont retenu les « amis » de Pierre Vidal-Naquet ? Non pas notre éventuel mérite mais le fait que nous ayons ôté quelques lignes d’un texte sacré.

Nous avons donné – évidemment – la parole à Bernard-Henri Lévy pour qu’il puisse se défendre. Il l’a fait avec violence. Pierre Vidal-Naquet a répondu au moins aussi violemment. Contrairement aux usages, nous lui avons laissé le dernier mot. Réaction des mêmes « amis » : nous n’aurions pas dû accepter le texte « injurieux » de Bernard-Henri Lévy. Enfin, crime des crimes, nous avons mis deux semaines au lieu d’une pour publier la longue diatribe qu’on va lire de Cornelius Castoriadis…

Que se passe-t-il dans le Landerneau littéraire et universitaire ? Il y a trois mois, Bernard-Henri Lévy ne trouvait que des laudateurs. Il ne s’en trouve plus un seul aujourd’hui pour le défendre – ni en somme pour le défendre. Or les laudateurs sont bien plus attaqués que l’auteur. Quelle est cette terreur qui répond à la terreur et qui s’exerce de tout côté ? Si nous publions le texte de Castoriadis, ce n’est pas que nous en approuvions ses inutiles outrances et son acharnement destructeur. Nous négligeons toute espèce d’intimidation et un certain ton finirait par nous rapprocher de celui dont on voudrait faire un maudit après l’avoir porté au pinacle. C’est parce qu’il nous importe de contribuer à redonner à la fonction critique sa dignité et son rôle. De ce point de vue, les passages de Cornelius Castoriadis sont essentiels. Pour notre part, nous en tiendrons compte.

J.D.

Voir par ailleurs:

Philosopher Left to Muse on Ridicule Over a Hoax
Doreen Carvajal
The NYT
February 10, 2010

PARIS — For the debut of his latest weighty title, “On War in Philosophy,” the French philosopher Bernard-Henri Lévy made the glossy spreads of French magazines with his trademark panache: crisp, unbuttoned white Charvet shirts, golden tan and a windswept silvery mane of hair.

But this glamorous literary campaign was suddenly marred by an absolute philosophical truth: Mr. Lévy backed up the book’s theories by citing the thought of a fake philosopher. In fact, the sham philosopher has never been a secret, and even has his own Wikipedia entry.

In the uproar that followed over the rigors of his research, Mr. Lévy on Tuesday summed up his situation with one e-mailed sentence: “My source of information is books, not Wikipedia.”

Despite his celebrity as a philosopher, Mr. Lévy has a long history of fending off critics who have attacked his research. In the United States, where Mr. Lévy published “American Vertigo,” his version of traveling in the footsteps of Alexis de Tocqueville, Garrison Keillor wrote a scorching critique in The New York Times Book Review in 2006 citing “the grandiosity of a college sophomore, a student padding out a term paper.”

The blunder particularly resonated in Paris, where Mr. Lévy is a ubiquitous presence on talk shows and in magazines, and is known simply as B.H.L.

In his newest book, Mr. Lévy attacked the 18th-century German philosopher Immanuel Kant as a madman, and in support cited the Paraguayan lectures of Jean-Baptiste Botul to his 20th-century followers.

In fact Mr. Botul is the longtime creature of Frédéric Pagès, a journalist with the satirical weekly Le Canard Enchaîné. “We’ve had a big laugh, obviously,” Mr. Pagès said of Mr. Lévy. “This one was an error that was really simple that the media immediately understood.”

Mr. Pagès has never made a secret of his fictional philosopher, who has a fan club that meets monthly in salons throughout Paris.

Mr. Botul’s school of thought is called Botulism, his followers are botuliennes and they debate such weighty theories as the metaphysics of flab. As they describe it, Mr. Botul’s astonishing ideas ranged from phenomenology to cheese, sausages, women’s breasts and the transport of valises during the 1930s.

Mr. Pagès said there was a distinct possibility that Mr. Lévy could become contender for the group’s annual literary honor, “Le Prix Botul.”

It appears that Mr. Pagès and Mr. Lévy could end up forming some sort of mutual admiration society. “It was a truly brilliant and very believable hoax from the mind of a Canard Enchaîné journalist who remains a good philosopher all the same,” Mr. Lévy wrote in an opinion piece. “So I was caught, as were the critics who reviewed the book when it came out. The only thing left to say, with no hard feelings, is kudos to the artist.”

Voir de plus:

Bernard-Henri Lévy a laughing stock for quoting fictional philosopher
Charles Bremner in Paris
The Times
February 9, 2010

When France’s most dashing philosopher took aim at Immanuel Kant in his latest book, calling him “raving mad” and a “fake”, his observations were greeted with the usual adulation. To support his attack, Bernard-Henri Lévy — a showman-penseur known simply by his initials, BHL — cited the little-known 20th-century thinker Jean-Baptiste Botul.

There was one problem: Botul was invented by a journalist in 1999 as an elaborate joke, and BHL has become the laughing stock of the Left Bank.

There were clues. One supposed work by Botul — from which BHL quoted — was entitled The Sex Life of Immanuel Kant. The philosopher’s school is known as Botulism and subscribes to his theory of “La Metaphysique du Mou” — the Metaphysics of the Flabby. Botul even has a Wikipedia entry that explains that he is a “fictional French philosopher”.

But Mr Lévy, a leader among the nouveaux philosophes school of the 1970s, was unaware. In On War in Philosophy, he writes that Botul had proved once and for all “just after the Second World War, in his series of lectures to the neo-Kantians of Paraguay, that their hero was an abstract fake, a pure spirit of pure appearance”.

The blunder was seized on with glee by a literary world fiercely jealous of BHL’s success. His credulity was spotted by Aude Lancelin, a journalist with the Le Nouvel Observateur, the left-leaning weekly that is de rigueur for the thinking classes. The Botul quotes were “a nuclear gaffe that raises questions on the Lévy method”, she wrote.

Mr Lévy admitted last night that he had been fooled by Botul, the creation of a literary journalist, Frédéric Pages, but he was not exactly contrite.

Appearing on Canal+ television, he said he had always admired The Sex Life of Immanuel Kant and that its arguments were solid, whether written by Botul or Pages. “I salute the artist [Pages],” he said, adding with a philosophical flourish: “Hats off for this invented-but-more-real-than-real Kant, whose portrait, whether signed Botul, Pages or John Smith, seems to be in harmony with my idea of a Kant who was tormented by demons that were less theoretical than it seemed.”

Ms Lancelin told The Times she was surprised that none of the journalists who had been giving Mr Lévy the celebrity treatment had noted that he spent two pages using a non-existent philosopher to prove his argument. “I came across the quotes from Botul and burst out laughing,” she said.

On the internet, where the affair took off yesterday afternoon, many others questioned why the reviewers and interviewers who have been filling pages and air time with Mr Lévy’s new book had failed to spot the blunder.

Mr Lévy’s slip was far from his first. His career as writer, moralist, occasional war correspondent and media commentator has been punctuated by claims that he cuts corners.

In his television interview last night he called philosophy a combat sport, insisting: “It’s the role of the philosopher to land blows.”

Voir enfin:

‘American Vertigo: Traveling America in the Footsteps of Tocqueville,’ by Bernard-Henri Lévy
On the Road Avec M. Lévy
Review by GARRISON KEILLOR
The New York Times
January 29, 2006

Any American with a big urge to write a book explaining France to the French should read this book first, to get a sense of the hazards involved. Bernard-Henri Lévy is a French writer with a spatter-paint prose style and the grandiosity of a college sophomore; he rambled around this country at the behest of The Atlantic Monthly and now has worked up his notes into a sort of book. It is the classic Freaks, Fatties, Fanatics & Faux Culture Excursion beloved of European journalists for the past 50 years, with stops at Las Vegas to visit a lap-dancing club and a brothel; Beverly Hills; Dealey Plaza in Dallas; Bourbon Street in New Orleans; Graceland; a gun show in Fort Worth; a « partner-swapping club » in San Francisco with a drag queen with mammoth silicone breasts; the Iowa State Fair (« a festival of American kitsch »); Sun City (« gilded apartheid for the old »);a stock car race; the Mall of America; Mount Rushmore; a couple of evangelical megachurches; the Mormons of Salt Lake; some Amish; the 2004 national political conventions; Alcatraz – you get the idea. (For some reason he missed the Sturgis Motorcycle Rally, the adult video awards, the grave site of Warren G. Harding and the World’s Largest Ball of Twine.) You meet Sharon Stone and John Kerry and a woman who once weighed 488 pounds and an obese couple carrying rifles, but there’s nobody here whom you recognize. In more than 300 pages, nobody tells a joke. Nobody does much work. Nobody sits and eats and enjoys their food. You’ve lived all your life in America, never attended a megachurch or a brothel, don’t own guns, are non-Amish, and it dawns on you that this is a book about the French. There’s no reason for it to exist in English, except as evidence that travel need not be broadening and one should be wary of books with Tocqueville in the title.

In New Orleans, a young woman takes off her clothes on a balcony as young men throw Mardi Gras beads up at her. We learn that much of the city is below sea level. At the stock car race, Lévy senses that the spectators « both dread and hope for an accident. » We learn that Los Angeles has no center and is one of the most polluted cities in the country. « Headed for Virginia, and for Norfolk, which is, if I’m not mistaken, one of the oldest towns in a state that was one of the original 13 in the union, » Lévy writes. Yes, indeed. He likes Savannah and gets delirious about Seattle, especially the Space Needle, which represents for him « everything that America has always made me dream of: poetry and modernity, precariousness and technical challenge, lightness of form meshed with a Babel syndrome, city lights, the haunting quality of darkness, tall trees of steel. » O.K., fine. The Eiffel Tower is quite the deal, too.

But every 10 pages or so, Lévy walks into a wall. About Old Glory, for example. Someone has told him about the rules for proper handling of the flag, and from these (the flag must not be allowed to touch the ground, must be disposed of by burning) he has invented an American flag fetish, a national obsession, a cult of flag worship. Somebody forgot to tell him that to those of us not currently enrolled in the Boy Scouts, these rules aren’t a big part of everyday life. He blows a radiator writing about baseball – « this sport that contributes to establishing people’s identities and that has truly become part of their civic and patriotic religion, which is baseball » – and when, visiting Cooperstown (« this new Nazareth »), he finds out that Commissioner Bud Selig once laid a wreath at the tomb of the Unknown Soldier at Arlington, where Abner Doubleday is also buried, Lévy goes out of his mind. An event important only to Selig and his immediate family becomes, to Lévy, an official proclamation « before the eyes of America and the world » of Abner as « the pope of the national religion . . . that day not just the town but the entire United States joined in a celebration that had the twofold merit of associating the national pastime with the traditional rural values that Fenimore Cooper’s town embodies and also with the patriotic grandeur that the name Doubleday bears. » Uh, actually not. Negatory on « pope » and « national » and « entire » and « most » and « embodies » and « Doubleday. »

He worships Woody Allen and Charlie Rose in terms that would make Donald Trump cringe with embarrassment. He admires Warren Beatty, though he sees Beatty at a public event « among these rich and beautiful who, as always in America . . . form a masquerade of the living dead, each one more facelifted and mummified than the next, fierce, a little mutant-looking, inhuman, ultimately disappointing. » Lévy is quite comfortable with phrases like « as always in America. » Bombast comes naturally to him. Rain falls on the crowd gathered for the dedication of the Clinton library in Little Rock, and to Lévy, it signifies the demise of the Democratic Party. As always with French writers, Lévy is short on the facts, long on conclusions. He has a brief encounter with a young man outside of Montgomery, Ala. (« I listen to him tell me, as if he were justifying himself, about his attachment to this region »), and suddenly sees that the young man has « all the reflexes of Southern culture » and the « studied nonchalance . . . so characteristic of the region. » With his X-ray vision, Lévy is able to reach tall conclusions with a single bound.

And good Lord, the childlike love of paradox – America is magnificent but mad, greedy and modest, drunk with materialism and religiosity, puritan and outrageous, facing toward the future and yet obsessed with its memories. Americans’ party loyalty is « very strong and very pliable, extremely tenacious and in the end somewhat empty. » Existential and yet devoid of all content and direction. The partner-swapping club is both « libertine » and « conventional, » « depraved » and « proper. » And so the reader is fascinated and exhausted by Lévy’s tedious and original thinking: « A strong bond holds America together, but a minimal one. An attachment of great force, but not fiercely resolute. A place of high – extremely high – symbolic tension, but a neutral one, a nearly empty one. » And what’s with the flurries of rhetorical questions? Is this how the French talk or is it something they save for books about America? « What is a Republican? What distinguishes a Republican in the America of today from a Democrat? » Lévy writes, like a student padding out a term paper. « What does this experience tell us? » he writes about the Mall of America. « What do we learn about American civilization from this mausoleum of merchandise, this funeral accumulation of false goods and nondesires in this end-of-the-world setting? What is the effect on the Americans of today of this confined space, this aquarium, where only a semblance of life seems to subsist? » And what is one to make of the series of questions – 20 in a row – about Hillary Clinton, in which Lévy implies she is seeking the White House to erase the shame of the Lewinsky affair? Was Lévy aware of the game 20 Questions, commonly played on long car trips in America? Are we to read this passage as a metaphor of American restlessness? Does he understand how irritating this is? Does he? Do you? May I stop now?

America is changing, he concludes, but America will endure. « I still don’t think there’s reason to despair of this country. No matter how many derangements, dysfunctions, driftings there may be . . . no matter how fragmented the political and social space may be; despite this nihilist hypertrophy of petty antiquarian memory; despite this hyperobesity – increasingly less metaphorical – of the great social bodies that form the invisible edifice of the country; despite the utter misery of the ghettos . . . I can’t manage to convince myself of the collapse, heralded in Europe, of the American model. »

Thanks, pal. I don’t imagine France collapsing anytime soon either. Thanks for coming. Don’t let the door hit you on the way out. For your next book, tell us about those riots in France, the cars burning in the suburbs of Paris. What was that all about? Were fat people involved?

Garrison Keillor is the host and writer of « A Prairie Home Companion » and the author of 16 books. He is the editor, most recently, of an anthology titled « Good Poems for Hard Times. »

19 Responses to Affaire BHL: Attention, un plantage peut en cacher bien d’autres! (My publisher just can’t say no to me)

  1. Thot Har Megiddo dit :

    « What do we learn about American civilization from this mausoleum of merchandise, this funeral accumulation of false goods and nondesires in this end-of-the-world setting? » : combien BHL demande-t-il par conférence ? Fait-il don des recettes à des oeuvres de charité ?

    Bien que n’étant pas particulièrement fan de notre idole du politiquement correct et de la bonne conscience, je lui attribue quand même les circonstances atténuantes : le faux auteur facilement décelable, mais uniquement par une infime minorité, a écrit quatre livres chez un éditeur parisien, rédigés par un agrégé en philosophie très bien renseigné sur les sujets qu’il traite. Est-ce un tort de ne pas consulter wikipédia ?

    Ensuite, sur les sujets, à une époque où l’on écrit n’importe quoi sur n’importe quoi (cf les sujets de thèses de philo depuis 30 ans au moins, ou les études sur l’homosexualité de Jésus), cela n’a rien d’exceptionnel : Freud a bien été publié…

    « La vie sexuelle d’Emmanuel Kant » passerait inaperçue dans n’importe quelle université aujourd’hui comme sujet de doctorat.

    Noël Mamère, cycliste des 300 derniers mètres, vient de déclarer que sa suppléante d’origine nord-africaine était musulmane et s’opposait à une loi sur le port de la burka, quand cette dernière vient d’affirmer qu’elle est agnostique et soutient une loi sur la burka au nom de la laïcité (sauf si l’article que je viens de lire raconte à son tour des stupidités). Voilà qui est bien plus scandaleux et que pourtant les médias refusent de traiter.

    Comme le dit un article ci-dessus, en réalité, c’est tout le milieu qui est pourri, inculte et malhonnête.
    BHL, comme dans ce jeu espagnol où autrefois un enfant, armé d’un sabre et les yeux bandés, cherchait à couper, à la volée, le cou d’un poulet suspendu en l’air attaché par les pattes, discute de tout à tort et à travers. Mais parfois, il fait mouche et dérange le landerneau dans ses opinions bien tranchées.

    Aujourd’hui, le landerneau se venge sur l’arrogant beau parleur que les médias ne quittent jamais, suscitant bien des jalousies. Le Johnny Hallyday de la littérature, ce qui est une forme de compliment si l’on considère le succès et la longévité de ce chanteur, ayant un art consommé d’attirer l’attention et les caméras.

    Un « philosophe » du vide pour une époque vide, critiqué par aussi vide que lui.

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  2. jcdurbant dit :

    « le faux auteur facilement décelable, mais uniquement par une infime minorité, a écrit quatre livres chez un éditeur parisien, rédigés par un agrégé en philosophie très bien renseigné sur les sujets qu’il traite. Est-ce un tort de ne pas consulter wikipédia? » …

    Effectivement, c’est un peu facile de tomber à bras raccourcis sur BHL qui de temps en temps sonne juste dans ses position mais n’est probablement pas non plus un tendre avec ses adversaires.

    En revanche, on peut quand même se poser des questions pour un grand éditeur comme Grasset qui de toute évidence fait pas son boulot ou, comme l’a reconnu Beigbeder, laisse trop la bride sur le cou à ses « stars » …

    Quant au Mamère, dont j’ai découvert le dernier bobard sur votre ô combien nécessaire blog, bien d’accord que c’est bien plus grave, mais les vieux requins comme lui (ancien présentateur de l’ORTF et de la télé d’Etat France 2 comme on le sait – recyclé tout dernièrement comme Villepin, Copé et peut-être l’autre escroc multirécidiviste Dray au Barreau de Paris), savent bien qu’une info chassant l’autre, ils ne risquent pas grand’ chose …

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  3. Thot Har Megiddo dit :

    Tout à fait d’accord avec vous. L’agressivité de BHL explique son succès dans les médias toujours friands de scandales. Nous sommes dans une époque où pour exister, il faut être iconoclaste, original et/ou casser quelque chose, plutôt que de développer quelque chose de vraiment intéressant. C’est valable pour tous les arts. C’est comme cela que René Girard est resté ignoré si longtemps. On pourrait également parler de Boutang, bien plus intéressant que Bourdieu Derrida ou Sartre.

    En fait, Bivouac-ID, si c’est le site auquel vous faites référence, ne bénéficie pas de ma contribution comme rédacteur (de toute façon, je n’aurais pas le temps), même si parfois il publie une information que je signale. Quelquefois une des vôtres d’ailleurs.

    À propos de notre philosophe Aude Lancelin qui a tout de suite vu l’erreur évidente de référence, la pampa ne se trouve pas au Paraguay…

    Je considère Kant comme étant chronologiquement le dernier philosophe classique potable. Cela dit BHL appuie parfois là où ça fait mal chez nos élites, tout à fait d’accord avec vous. Il est parfois encombrant pour les bien-pensants, soulevant des questions taboues, ou parlant de choses que l’on dissimule avec soin, même s’il se rattrape le reste du temps !

    Noël Mamère : une démocratie se mesure à la pluralité de ses médias : avec 92 % de ses journalistes qui votent à gauche, la France est-elle encore une démocratie ?

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  4. Thot Har Megiddo dit :

    quand à la fainéantise des éditeurs… Il faut dire qu’il y a de plus en plus de livres publiés me semble-t-il (de mémoire)

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  5. jcdurbant dit :

    Voir aussi sur le sérieux des critiques, cet intéressant commentaire de Pierre Jourde:

    « Haenel a été soutenu à bout de bras par certains journaux, soucieux de distinguer la vraie littérature. Un nouvel exemple nous en est donné dans l’avant-dernière livraison du Monde des livres, qui, parmi tous les premiers romans récemment parus, a choisi d’en évoquer un qui se distingue par la qualité de son style et l’originalité de son intrigue. Mes petites morts est, nous dit-on, un « livre sensible et émouvant », un « roman de la perte, à l’atmosphère trouble et mystérieuse, où se fait entendre une voix dont la sûreté augure d’un bel avenir ». Qui est l’auteur ? Une talentueuse jeune femme, Elsa Fottorino. Accessoirement, fille du directeur du Monde. L’article ne précisait pas ce détail sans importance. Mais ça n’a aucun rapport, bien sûr, qu’allez-vous penser? Il y a vraiment des mauvais esprits. Il se trouve, voyez comme sont les choses, que la fille du directeur est aussi une excellente romancière. Voilà tout. Amis lecteurs, faites confiance à la critique littéraire dans les journaux. Comme vous le voyez, elle fait son métier avec rigueur et honnêteté. Elle ne vous prend pas pour des imbéciles. Dans la masse de la production romanesque, elle choisira pour vous ce qui en vaut vraiment la peine. »

    Pierre Jourde

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  6. Thot Har Megiddo dit :

    elle choisira pour vous ce qui en vaut vraiment la peine, Elsa Fottorino au milieu de 3000 romans… :)

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  7. jcdurbant dit :

    Ca y est le mot est lâché, par son propre thuriféraire officiel: après le napalm,… le nucléaire!

    « Ainsi procède BHL. La littérature est une guerre, il l’a assez dit. Personne ne lit personne. Tout est donc affaire de commerce littéraire. Il faut tétaniser l’adversaire, d’un coup, sous une avalanche brutale, et à spectre large. Mais pourquoi ne reprocher qu’à lui «le tapis de bombes»? Outre le fait que n’importe quel écrivain rêverait de se voir ainsi attendu, la même semaine, par la presse de son pays, c’est oublier, par exemple, l’impressionnant dispositif déployé, il y a quelques semaines, pour l’écrivain américain James Ellroy et son roman Underworld USA. »

    (…)

    « Mais pour qui d’autre procède-t-on donc ainsi? Quel autre philosophe? Quel autre reporter? Qui affronte ainsi des comités de vigilance, tout à fait staliniens dans leur essence, à chacune de ses sorties sur la planète? (…) Poursuit-on encore Régis Debray pour ses myopies de Pristina, pendant la guerre du Kosovo? Alain Finkielkraut [une tête pourtant pas très catholique, lui non plus?], pour la critique d’un film, autrefois, qu’il allait reconnaître n’avoir pas vu? »

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  8. Thot Har Megiddo dit :

    Philippe Boggio « Bernard-Henri Lévy, ce juif », réflexion déplacée, sur cette affaire en tout cas à mon humble avis.

    De même que l’on ne peut pas mettre sur le même plan BHL qui met sa vie en scène en permanence, Régis Debray (qui n’a toujours pas changé d’avis sur Pristina, et qui fait désormais partie des damnés des médias), et le rat de bibliothèques torturé Alain Finkielkraut.

    Michel Houellebecq est probablement aussi attendu que BHL, et aussi haï, même si on le voit beaucoup moins souvent.

    Quant aux révoltes adolescentes de BHL, je préfère mère Teresa ou même Coluche. La révolte pour exister type James Dean, trop peu pour moi.

    Même si le procès de BHL me semble injuste et injustifié, je n’arrive toujours pas à coller au personnage.

    Le Nouvel Obs. pourrait peut-être offrir un manuel de géographie sud-américaine à Aude Lancelin.

    Cette histoire m’a fait repenser à toutes les colonies bizarres que les Allemands sont allés créer au XIXe en Amérique du Nord et du Sud : curieux peuple.

    Médiacratie, médiocratie

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  9. Thot Har Megiddo dit :

    De la vraie culture, Samuel Barber, Agnus Dei :

    En attendant que les éditeurs deviennent honnêtes…

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  10. jcdurbant dit :

    « Cette histoire m’a fait repenser à toutes les colonies bizarres que les Allemands sont allés créer au XIXe en Amérique du Nord et du Sud : curieux peuple. »

    Mais l’allusion de la bande du Canard n’était-elle pas aussi une allusion directe (et logiquement transparente pour un fin connaisseur de l’histoire du nazisme comme BHL?) aux nazis réfugiés après-guerre en Amérique latine (les fameux « nazis de la pampa » à la Mengele) et notamment au Paraguay voisin après la chute de Peron en Argentine en 55?

    Voir:

    « La vie sexuelle d’Emmanuel Kant raconte l’histoire farfelue d’une communauté d’Allemands de Königsberg (devenu Kaliningrad) ayant fui au Paraguay pour constituer une colonie strictement régie par la philosophie kantienne. Cela aurait dû l’alerter. »

    Frédéric Pagès

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  11. Thot Har Megiddo dit :

    Certes, ce qui aurait voulu dire que les admirateurs de Kant sont des nazis… Nietzsche je veux bien, mais Kant…
    Les conférences sont supposés avoir eu lieu avant la guerre.
    En réalité, je voulais faire référence aux mennonites qui sont présents au Paraguay. La présence allemande en Amérique du Sud avant la guerre explique que des nazis se soient réfugiés dans cette région.

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  12. jcdurbant dit :

    « Les conférences sont supposées avoir eu lieu avant la guerre » …

    Vous êtes sûr?

    « Kant, le prétendu sage de Königsberg, le philosophe sans vie et sans corps par excellence, dont Jean-Baptiste Botul a montré au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans sa série de conférences aux néo-kantiens du Paraguay que leur héros était un faux abstrait, un pur esprit de pure apparence -et cela à deux titres au moins : le concept de monde nouménal où s’entend l’écho d’une jeunesse spirite, vécue parmi les ombres et les limbes dans un royaume d’êtres énigmatiques et accessibles par la seule télépathie »…
    BHL

    Mais, effectivement, la présence mennonite rend beaucoup plus clair ce choix, sans compter le fait que c’était juste à côté de l’Argentine

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  13. Thot Har Megiddo dit :

    vous avez raison, c’était après la guerre. Mais juste après, je pense qu’à cette époque on ignorait la fuite des nazis vers l’Amérique du Sud (et accessoirement vers le monde musulman, entre antisémites on peut se comprendre…)

    « Kant semble avoir vécu dans la chasteté la plus cmplète. On ne lui connaît ni épouse ni maîtresse. C’est du moins ce que prétendent ses biographes.
    Philosophe français méconnu, Jean-Baptiste Botul (1896-1947) s’est penché sur ce délicat problème à l’occasion de conférences prononcées en mai 1946 au Paraguay. Il y expose pour la première fois la thèse selon laquelle « les philosophes ont inventé un moyen extraordinaire de se reproduire : ils ne pénètrent pas, ils se retirent. Ce retrait porte un nom : la mélancolie ».
    Ce texte retrouvé dans les archives de Botul, qui éclaire d’un jour nouveau La Vie sexuelle d’Emmanuel Kant, est ici présenté par Frédéric Pagès, agrégé de philosophie.  »
    http://www.1001nuits.com/Site/CtlPrincipal?controlerCode=CtlCatalogue&requestCode=afficherDetailArticle&code=110302&retour=listeArticles

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  14. jcdurbant dit :

    « la pampa ne se trouve pas au Paraguay » …

    « ce qui aurait voulu dire que les admirateurs de Kant sont des nazis… »

    « à cette époque on ignorait la fuite des nazis vers l’Amérique du Sud » …

    Oui, mais attention: faudrait pas refaire l’erreur de BHL de prendre tout ça au 1er degré alors que justement c’est censé être un canular et une parodie, d’où précisément l’empilement des clichés et du jargon philosophique en surface et le n’importe quoi au niveau du fond …

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  15. Thot Har Megiddo dit :

    La pampa au Paraguay, cela vient de l’article d’une journaliste « bien informée ».
    Sinon, j’essaie de me mettre dans la peau de BHL découvrant un livre qu’il croit sérieux.
    De mon côté, aucun risque que je lise un jour de la philosophie botulique ou apparentée : la philosophie moderne ne m’intéressant pas, exceptés quelques grands auteurs, du moins considérés comme tels, pour savoir de quoi il s’agit. Mais c’était plutôt par corvée que par plaisir !
    Sinon, je me suis déjà fait avoir par des canulars de 1 avril, n’étant qu’un simple mortel.

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  16. Weidman dit :

    J’ai été myope pendant les bombardements de la Serbie en 1999. J’ai cru à la propagande des Kouchner, des Julliard, des BHL et compagnie. Je me suis dit « quels salauds ces Serbes ! » Je ne serai plus jamais naïve comme je l’ai été. Heureusment, il y eu des Serge Halimi, des Régis Debray, des Noam Chomsky pour m’ouvrir les yeux. J’ai cherché à comprendre comment j’avais pu être victime d’un tel aveuglement en me rendant compte que finalement, ceux qui étaient victimes d’un nettoyage ethnique, c’était les Serbes et que ce n’était pas nouveau. Evidemment, pendant « la campagne aérienne », les journalistes français (pas du tout la voix de l’Otan) se sont bien gardé de rappeler que de 1974 à 1989, les Albanais violaient les jeunes filles serbes, empoisonnaient les puits, saccageaient les récoles des Serbes. Evidemment, ils ont nié le fait que l’UCK était une maffia terroriste. Evidemment, ils n’ont pas parlé des camps de la mort de l’UCK au kosovo. Evidemment, ils n’ont pas rappelé en quoi il était scandaleux que la Turquie, qui avait colonisé, brutalisé, empalé les Serbes pendant 500 ans, qui avait enlevé leurs enfants et les avaient abrutis d’impôts les bombardent de surcroît. Evidemment, les journalistes français n’ont pas dit combien il était scandaleux que la Turquie qui pratiquait une politique de terre brûlée à l’encontre des Kurdes et en massacrait sans retenue puisse aller bombarder un autre peuple pour des raisons prétendument humanitaires. On ne sait pas trop attardé non plus sur le fait que le prétendu génocide pratiqué par les Serbes à l’encontre des Albanais (rappelons-nous un instant les mensonges d’un Joshka Fischer) se soit révélé être une guerre civile de basse intensité. Il faut aussi beaucoup traquer la désinformation sur le sujet pour trouver les auteurs qui vous explique en quoi ce ne sont pas les Serbes qui ont fait capoter les négociations de Rambouillet mais les Américains. Pour ceux qui veulent connaître le réel dessous des cartes, ce n’est assurément pas un bhl qu’il faut lire. Il est assurément là pour vous abrutir et vous aveugler à coup d’invectives et d’anathèmes. Quel triste sire… Il se prend vraiment pour le bon Dieu celui-là de décider ainsi qui il faut sauver, qui il faut punir. Une pareille mégalomanie, c’est assez rare.

    Le « grand » philosophe bhl ne fait pas dans le compliqué. Ca tombe bien, ça arrange ceux qui n’aiment pas la complexité et qui ont besoin absolument qu’il y ait des salauds pour éprouver le bonheur intense de se prendre pour un petit saint. Les Serbes sont des monstres, les Albanais sont des anges, cognons sur les Serbes. Que le BHL ait besoin de se prendre pour un petit saint parce qu’il vit sur une fortune acquise par un père qui ne lésinait pas à traiter ses employés comme des esclaves, ça peut se comprendre mais pour celui qui parle de la prétendue myopie de Debray, (qui au contraire a été très clairvoyant et un peu plus au courant des haines balkaniques que le bhl) pour ceux qui ont le besoin de jouer les chevaliers blancs comme le bhl, quel est finalement le motif ? Vivent-ils aussi dans des palaces grâce à l’argent gagné en réduisant ses employés au statut de semi-esclave ? Pourquoi ont-ils besoin ainsi de venir au secours d’un pauvre peuple opprimé qui manifestement sait très bien poser des bombes, enlever ses ennemis, vendre ses organes, le chasser de chez lui ? Pourquoi tous ces beaux chevaliers blancs n’ont-ils rien dit pendant dix ans que les Albanais terrorisaient, chassaient les Serbes, les Tsiganes, les Goranis, les Egyptiens ? Pourquoi n’ont-ils rien dit pendant que les Albanais réalisaient leur grand projet de kosovo ethniquement pur à tel point que le drapeau du kosovo et ses six étoiles, la constitution du kosovo ne sont finalement que des coquilles vides ?

    Où trouve-t-on encore des territoires ethniquement mélangés dans les Balkans aujourd’hui ? En Voïvodine et dans le Sandjak de Novi Pazar. Dans quel pays se trouvent ces deux régions ?

    Ceux qui partagent le manichéisme du bhl sont soit d’aussi mauvaise fois que lui, soit se sont laissé berner par lui et traitent les autres de myopes alors que eux sont aveugles, soit ont les mêmes intérêts que le bhl a voir des victimes uniquement quand ça les arrange (à savoir pour affaiblir les non-alignés) et à ne pas les voir quand ça ne les arrange pas (nettoyage ethnique à l’encontre des Palestiniens ou des Kurdes, ne pas affaiblir les alliés des Etats-Unis, soutien inconditionnel d’Israël). En dehors des personnes que j’ai déjà citées et que celui qui traite les autres de myope ferait bien de lire pour ouvrir un peu les yeux (s’il en a envie), on trouve aussi en deux clics sur la toile un excellent article de Pascal Boniface qui résume très bien les choses.

    Certains feignent d’être surpris de la bombe que le bhl s’est fait exploser dans les pieds. Elle n’est qu’un des nombreux épisodes conséquences de sa malhonnêteté intellectuelle

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  17. Weidman dit :

    Certains feignent d’être surpris par la bombe que le bhl s’est fait exploser dans les pieds. Elle n’est qu’un des nombreux épisodes conséquences de sa malhonnêteté intellectuelle qui procède de sa volonté pathologique de vouloir détruire tout ce qui ne coîncide pas avec sa petite vision des choses, quitte à inventer des faits, à en ignorer d’autres, à avoir des indignations sélectives pour des victimes ultimes, indignations tellement sélectives qu’on conçoit aisément qu’elles ne sont que du flan, à faire croire qu’il était là où il n’était pas, à trouver « obsolètes » les questions qui le dérangent.

    Cet autoentartage est normal. C’est simplement une conséquence logique de sa mauvaise foi sidérante, de sa malhonnêteté intellectuelle et de cette volonté maladive d’injurier puis de nier celui qui ne pense pas comme lui.

    Enfin, je me rends compte que celui qui traite les autres de myope a des parti-pris politiques qui nécessairement le rendent myopes. Perso, je ne suis pas de droite ni de gauche. Je n’ai pas d’empire ni de positionnement géostratégique à défendre. C’est sans doute pourquoi je vais plus facilement vers les auteurs plutôt ostracisés, ceux qui ne passent pas leur vie à la télé pour défendre les intérêts de l’otan, des états-unis et d’israël, vers des auteurs qui me font comprendre ce que les médias français et ceux qui passent les plats, les bhl, les Glucksman et compagnie tentent de nous cacher.

    Maintenant, je ne doute pas que l’aveugle continuera à s’informer par l’intermédiaire de tf1 ou france 2 et le bhl qui sont là pour l’ammener à s’émouvoir quand c’est nécessaire.

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  18. Thot Har Megiddo dit :

    @ Weidman
    Noam Chomsky n’était pas pour les serbes, mais contre les Américains, c’est ce qui guide toute son action depuis longtemps, tout comme Pascal Boniface d’ailleurs. Pascal Boniface, l’anti-israëlien obsessionnel, qui avait prédit que jamais un 11 septembre ne serait possible… Qui plus est, Pascal Boniface étant islamophile, je ne me souviens pas qu’il ait soutenu les Serbes pendant la guerre du Kosovo. Ses affinités naturelles le poussaient plutôt vers l’autre côté.

    La guerre du Kosovo ne fut pas souhaitée par les Américains ni par le démocrate Bill Clinton (à l’origine de la crise des subprimes), qui furent très réticents à s’engager, mais par Jacques Chirac et l’intelligentsia européenne (dont BHL), moitié pour des raisons de politique intérieure, moitié au nom de la politique « arabe » de la France.

    Sur l’épuration ethnique des palestiniens, étant donné que leur population a été multipliée par 10 en quelques dizaines d’années en Palestine, je vous laisse votre opinion.

    Par contre, on ne parle jamais de l’épuration ethnique des chrétiens palestiniens dans les territoires palestiniens, pas plus que des discriminations et violences qu’ils y subissent comme tous les chrétiens et autres minorités religieuses du Proche-Orient.

    Les mêmes qui sont allés faire le djihad en Bosnie puis au Kosovo contre les Serbes soutiennent ardemment le noble combat des lanceurs de roquettes aveugles palestiniens, qui accessoirement avec le hamas persécutent les chrétiens dans l’indifférence générale (dont celle de BHL, grand ami du président islamiste bosniaque) : récemment, interdiction faite aux chrétiens de célébrer publiquement leurs fêtes. Tous les médias soutiennent la résistance palestinienne, et ce sont les mêmes qui ont soutenu les albanais indépendantistes du Kosovo.

    D’accord sur le Kurdistan, et sur les « gentils albanais » dont vous oubliez de dire qu’ils sont les champions du monde du trafic de chair humaine. Mais à une autre époque, les kurdes aujourd’hui persécutés massacraient les Arméniens… Violer une chrétienne quand on est musulman n’est pas un crime aux yeux des occidentaux : regardez ce qui se passe en Égypte ou au Pakistan, voire même en Palestine.

    « Perso, je ne suis pas de droite ni de gauche. Je n’ai pas (…) de positionnement géostratégique à défendre. » Euhhhhhhhh

    « C’est sans doute pourquoi je vais plus facilement vers les auteurs plutôt ostracisés, ceux qui ne passent pas leur vie à la télé pour défendre les intérêts de l’otan, des états-unis et d’israël » : en France, il n’y a pas beaucoup d’intellectuels dans ce cas, où vous ne regardez jamais la télévision. Pascal Boniface, l’homme qui combat le lobby juif, passe beaucoup plus à la télévision pour parler de géopolitique que BHL. Les pro américains sont quand même exceptionnellement rares en France.

    Sur la malhonnêteté de BHL, elle est rappelée par un des articles ci-dessus. Mais, dénoncer les idées de BHL serait un peu plus intelligent que cette histoire de référence. Malheureusement, les élites françaises en sont incapables puisqu’elles sont d’accord avec lui 90 % du temps (chaque fois qu’il fait preuve d’anti américanisme, d’opposition aux néo conservateurs et autres souverainistes d' »extrême droite », d’islamophilie suraigüe en ce qui concerne l’Occident, ou de soutien aux communautarismes (cf son débat avec Zemmour l’ostracisé)).

    Un autre scandale, la guerre du Vietnam qui aboutit au nom du combat contre l' »impérialisme américain » à une dictature communiste féroce et au massacre qui dure encore des Hmongs. En Corée-du-Sud, « l’impérialisme américain » a gagné aux côtés des soldats sud-coréens : devinez dans lequel des deux pays il fait mieux vivre.

    Certains auteurs ostracisés sont des nullités, certains auteurs « officiels » parlent d’or : Régis Debray fut pendant longtemps un penseur officiel.

    L’honnêteté demande d’arrêter de fantasmer sur « l’Amérique » qui est loin d’être la seule à être à l’origine des malheurs du monde, et qui parmi toutes ses erreurs en a quand même empêché beaucoup.

    Sur la Turquie, c’est une erreur géostratégique considérable de la part des Américains et des Européens. Mais la Turquie jouit également du support de tous les intellectuels européens généralement de gauche, dont Pascal Boniface…

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