Identité nationale: Les sionistes ont même inventé le soft power! (Zionists even invented soft power!)

Alliance israélite UniverselleRentré à la maison, j’entendais parler de l’Affaire Dreyfus. Mon père nous lisait les articles de Zola et disait: La France, mes enfants, seul pays au monde dont le peuple pouvait se passionner et se déchirer pour défendre un juif innocent. Il me semblait que toute la beauté du monde, toute la justice de la terre s’étaient réfugiées dans ce pays qui portait le nom de France et que je rêvais de connaître un jour. Thérèse Mitrani (ancienne élève de l’AIU, mai 1956)
La distinction des croyances religieuses et des confessions ne pourra être opposée à personne comme un motif d’exclusion ou d’incapacité en ce qui concerne la jouissance des droits civils et politiques, l’admission aux emplois publics, fonctions et honneurs ou l’exercice des différentes professions et industries, dans quelque localité que ce soit. La liberté et la pratique extérieure de tous les cultes sont assurées à tous les ressortissants nationaux aussi bien qu’aux étrangers ; et aucune entrave ne pourra être apportée soit à l’organisation hiérarchique des différentes confessions, soit à leurs rapports avec leurs chefs spirituels. Déclaration de la conférence de Berlin (inspirée par les juristes de l’AIU, 1878)
Nous autres, démocrates chinois, nous sommes comme le Juifs dans l’ Allemagne nazie: le Parti communiste nous poursuit et nous extermine. Lorsque nous aurons tous disparu, vous, les Occidentaux, vous vous interrogerez gravement sur votre silence et votre indifférence. Liu Xia (femme du dissident chinois Liu Xiaobo)
Certains pays nous critiquent, redoutent un impérialisme chinois, mais nous nous sommes inspirés du modèle de l’Alliance française qui va bien au-delà de l’enseignement de la langue et présente aussi le cinéma, la littérature et les arts français… Tout comme le British Council, nous traduisons des manuels et notre budget est deux fois moins important que celui du Goethe-Institut allemand. Notre mission est d’encourager les jeunes à apprendre le chinois. On renforce ainsi les amitiés, les échanges et cela aidera à créer un futur meilleur pour l’humanité. Mme Xu Lin (directrice générale des Instituts de Confucius)
Aujourd’hui, les Chinois souffrent de se sentir incompris. Ils ont réalisé que le fait qu’ils parlent des langues étrangères ne suffisait plus. Il faut que la communication passe dans les deux sens. Diplomate chinois.
Le choix de Confucius pour patronner ce projet permet de désamorcer les critiques idéologiques. Confucius n’a-t-il pas été conspué pendant la Révolution culturelle ? En réhabilitant le vieux sage, le gouvernement chinois se démarque des excès de la révolution communiste et se replace dans une tradition de 2.500 ans qui prône la paix et l’harmonie. Le Point

Alliance française (1883, Barcelone), Società Dante Alighieri (1889, par le poète et écrivain Giosue Carducci), Goethe-Institut (Munich, 1925 sous le nom de Deutsche Akademie avec le géopoliticien Karl Haushofer), British Council (1938, Le Caire), Peace corps (1961), Fondation du Japon (1972), Instituto Cervantes (1991), Instituto Camões (1992), Institut de Confucius (Séoul, 2004) …

Après l’Amérique, Hollywood, Superman, les chants de Noël, les comédies musicales et le rock, les sionistes auraient-ils aussi inventé le soft power?

A l’heure où la Chine vient de montrer, devant le peu de réaction américaine et la non-réaction du Pays des droits de l’homme (voyage d’affaires de notre premier ministre oblige après en octobre dernier les accords UMP avec le parti communiste chinois), le peu de cas qu’elle fait de l’Occident en condamnant le jour même de Noël le dissident Liu Xiaobo à 11 ans de prison …

Et où, forts de leur nouvelle puissance (jusqu’à tenter d’acheter une mine d’or dans les zones militaires du Nevada!), les « nouveaux maîtres du monde » (dixit un dossier spécial du Point de 82 pages), s’essaient à leur tour au soft power avec l’ouverture de centres culturels et de langue à travers le monde, les Instituts de Confucius (bientôt 300, depuis 2004, dans près de 90 pays) …

Retour, à la veille justement de ses 150 ans, sur le grand oublié de ces réseaux culturels qui en est en fait l’ancêtre (l’Alliance française lui doit même son nom!), l’Alliance Israélite Universelle.

Et surtout, histoire de mesurer le chemin parcouru, sur les circonstances et les principes qui en avaient été à l’origine.

Fondée à Paris en 1860 par un groupe de six personnalités juives autour du juriste Adolphe Crémieux, l’Alliance Israélite Universelle répondait surtout à l’indignation soulevée par l’Affaire de Damas (juifs accusés du crime rituel d’un père franciscain et de son serviteur arabe en 1840) et l’Affaire Mortara (enfant juif converti en secret par une servante catholique et enlevé en 1858).

Résolus à poursuivre, contre les discriminations et les statuts de citoyens de 2e classe (la dhimmitude) dont était alors victimes les communautés juives d’Afrique du Nord et d’Orient, l’émancipation des juifs commencée en 1792 avec la Révolution française et étendue à une partie de l’Europe par les troupes napoléoniennes (avant le décret de 1870 initié justement par leur fondateur pour les indigènes – juifs comme musulmans – d’Algérie), ces derniers y voyaient une synthèse, fortement teintée de l’idée de « mission civilisatrice du ministre de l’Education et des colonies Jules Ferry (version elle-même laïcisée du missionarisme chrétien), des idéaux des Lumières et des principes du judaïsme.

Cependant, l’AIU ne se limita jamais, comme à la conférence de Berlin en 1878 suite à la guerre russo-turque, à la défense des minorités juives (de la Turquie d’Europe), mais intervint aussi, dès l’année de sa fondation en 1860, en faveur des chrétiens du Liban victimes d’émeutes populaires (de la part des Druzes) et, trois ans plus tard, des protestants d’Espagne emprisonnés pour prosélytisme.

Et surtout, au-delà des interventions auprès des Etats, elle préparait, dès sa première école en octobre 1862 à Tétouan au Maroc, les juifs à l’émancipation avec son réseau d’écoles, de l’Afrique du Nord aux Balkans et à la Perse …

Historique de l’Alliance

Le 17 mai 1860, dix-sept jeunes juifs français se réunissent au domicile parisien de l’un d’entre eux. Parmi eux, des médecins, des enseignants, des journalistes, des juristes, des hommes d’affaires… : autant de représentants de la bourgeoisie juive libérale de la fin du XIXe siècle, héritière des Lumières et de l’Emancipation, profondément patriote sans renier pour autant ses origines.

A l’issue de cette rencontre, six d’entre eux rédigent l’Appel de l’Alliance, texte fondateur de la nouvelle institution.

« Rassembler tous les cœurs généreux pour lutter contre la haine et les préjugés. Créer une société de jeunes israélites idéalistes et militants qui se sentiraient solidaires de tous ceux qui souffrent par leur condition de juifs ou tous ceux qui sont victimes de préjugés quelle que soit leur religion. Faire enfin que la culture supplante l’ignorance de quelques fanatiques, pour le bien de tous. […] Si vous croyez que ce serait un honneur pour votre religion, une leçon pour les peuples, un progrès pour l’humanité, un triomphe pour la vérité et pour la raison universelle de voir se concentrer toutes les forces vives du judaïsme, petit par le nombre, grand par l’amour et la volonté du bien, venez à nous, nous fondons, nous fondons l’Alliance israélite universelle. »

Une synthèse des principes du judaïsme et des idéaux de 1789

L’historien Michaël Graetz commente justement : Les fondateurs préconisèrent dans leur manifeste de 1860 une synthèse des idées de 1789, d’égalité, de justice et des droits de l’homme, et des principes du judaïsme, de sa conception d’un Dieu unique et de sa foi en une rédemption universelle au temps du Messie. Il est bon de rappeler les noms de ces six fondateurs, jeunes (la moyenne d’âge est de trente-trois ans) et enthousiastes :
– Charles Netter, fils d’une longue lignée de rabbins, lui-même homme d’affaires fortuné, depuis toujours attentif au sort des communautés d’Europe ;
– Narcisse Leven, avocat, collaborateur d’Adolphe Crémieux, déjà actif dans diverses œuvres de bienfaisance ;
– Isidore Cahen, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, professeur de philosophie, partisan affirmé de la liberté de l’enseignement et du principe de la séparation des Eglises et de l’Etat ;
– Eugène Manuel, lui aussi normalien, poète et homme de lettres ;
– Aristide Astruc, rabbin d’origine portugaise (sa famille s’est installée à Bayonne sous Louis XIII), adversaire déclaré des excès de l’assimilationnisme ;
– Jules Carvallo, enfin, le doyen, âgé de quarante-et-un ans, ingénieur des Ponts et Chaussées, pionnier des chemins de fer, président-fondateur d’un journal, L’Opinion Nationale, de tendance plutôt favorable à l’Empire.
Il y a, bien sûr, un grand absent : Adolphe Crémieux. Profondément déstabilisé par la récente conversion de ses enfants au catholicisme – à l’initiative de son épouse -, l’avocat nîmois, véritable instigateur de la fondation de l’AIU, n’a pas voulu apparaître au premier plan de ceux qui lançaient le projet. Mais trois ans plus tard, en 1863, il allait être porté à la présidence de l’institution.

La protection des minorités

Le combat pour l’égalité des droits – non seulement pour les juifs, mais pour toutes les minorités religieuses – figure parmi les priorités de l’Alliance.
Dès 1860, l’année même de sa fondation, elle intervient en faveur des chrétiens du Liban victimes d’émeutes populaires. En 1863, elle intercède auprès du ministre de la Justice espagnol pour des protestants emprisonnés auxquels on reproche leur propagande en faveur de leur religion. Dans la plupart des pays d’Europe, elle tente ainsi d’obtenir la grâce ou le sursis pour des malheureux condamnés injustement parce qu’ils n’étaient protégés par aucune juridiction, par aucune puissance.
A l’issue de la guerre russo-turque de 1877, une réunion des principales puissances est convoquée à Berlin, en juin 1878. Considérant que cette réunion internationale peut fournir l’occasion d’aborder en particulier la question des minorités juives dans toute la Turquie d’Europe, l’Alliance décide d’envoyer une délégation à Berlin. Ainsi la question juive est-elle introduite dans un ordre du jour qui n’en prévoyait pas le règlement. C’est une véritable « première » en matière de relations internationales.
Le succès est inespéré : sur proposition de la délégation française, soutenue par l’Allemagne et l’Angleterre, les conclusions suivantes sont adoptées : « La distinction des croyances religieuses et des confessions ne pourra être opposée à personne comme un motif d’exclusion ou d’incapacité en ce qui concerne la jouissance des droits civils et politiques, l’admission aux emplois publics, fonctions et honneurs ou l’exercice des différentes professions et industries, dans quelque localité que ce soit. La liberté et la pratique extérieure de tous les cultes sont assurées à tous les ressortissants nationaux aussi bien qu’aux étrangers ; et aucune entrave ne pourra être apportée soit à l’organisation hiérarchique des différentes confessions, soit à leurs rapports avec leurs chefs spirituels. »

L’accès à la culture française et à la modernité

Aux yeux des dirigeants de l’Alliance, l’accès à la culture est aussi une condition sine qua non de l’émancipation et participe du processus de « régénération » – terme compris dans l’acception de l’époque – qui a pour but de faire des juifs des citoyens modernes et éclairés, partout à travers le monde. La création d’écoles s’impose donc d’emblée comme corollaire indispensable à l’action d’aide et de soutien aux juifs opprimés. Ce projet est déjà inscrit dans l’Appel de l’Alliance de 1860: « Si vous croyez qu’un grand nombre de vos coreligionnaires, encore accablés par vingt siècles de misère, d’outrages et de proscriptions, peuvent retrouver leur dignité d’hommes, conquérir leur dignité de citoyens ; si vous croyez qu’il faut moraliser ceux qui sont corrompus, et non les condamner ; éclairer ceux qui sont aveuglés, et non les délaisser ; relever ceux qui sont abattus, et non se contenter de les plaindre ; défendre ceux qui sont calomniés, et non se taire […], israélites du monde entier, venez, écoutez notre appel, accordez-nous votre adhésion, votre concours. »

En octobre 1862, l’Alliance ouvre sa première école à Tétouan, au Maroc. La première pierre est posée de ce qui va peu à peu devenir un réseau scolaire intense et rayonnant.
Ainsi l’Alliance est-elle parvenue à articuler sous une forme moderne la tradition de solidarité juive.

Voir aussi le dossier de presse du livre d’Elisabeth Antébi (« Les Missionnaires Juifs de la France », 1999):

Dans cet ouvrage remarquable, l’auteur retrace et documente une partie de l’histoire de l’Alliance israélite universelle, véritable saga pédagogique et humaniste dont l’influence fut énorme. Fondée en 1860 à Paris, on sait qu’elle créa des écoles de plusieurs types dans tout le bassin méditerranéen et bien au-delà afin d’offrir aux jeunes juifs toutes les possibilités d’éducation intégrée dans les valeurs universelles de la République. L’extrême richesse de ce livre réside dans le très large usage des archives longuement citées, surtout de la correspondance de ces missi dominici de la culture. Dans des conditions de précarité inimaginables et avec un enthousiasme incroyable, ces véritables consuls juifs mirent sur pied des écoles primaires, secondaires et professionnelles fondées sur les valeurs d’un judaïsme ouvert sur le monde. Des milliers d’enfants sont entrés par l’AIU dans le monde moderne en même temps qu’ils s’affirmaient comme des juifs à part entière. De Mogador à Ispahan, de Sofia au Caire et bien sûr en Palestine, des hommes et des femmes se dévouèrent sans compter.[…] Trois établissements scolarisent en 1865 dans tout le réseau de l’AIU 680 élèves. Ils seront près de 48 000 répartis dans 127 institutions en 1939. Au milieu du démantèlement de l’Empire ottoman, des guerres européennes, la foi de ces hommes et de ces femmes dans les nécessités de l’éducation ne faiblira pas. Ce livre est la chronique inspirée d’une réussite évidente et capitale dans l’histoire du judaïsme. On éprouve beaucoup d’émotion à la lecture de ces documents parfaitement replacés dans leurs contextes, inoubliables souvenirs d’une splendeur passée. » Dominique Bourel, Culture de France en Israël, revue de l’ambassade de France, mars-avril 2000.

« Portraits de croisés du judaïsme : Dans son huitième ouvrage, Les missionnaires juifs de la France, E. Antébi fait corps avec ses héros, elle enrichit la galerie des portraits et fournit les clefs du monde que nous avons perdu. Vous mesurerez combien cette perte est cruelle, combien elle contribue, avec d’autres, à l’amenuisement de la France. […) Elizabeth Antébi a voulu en exergue cette confidence d’une ancienne élève de l’AIU (mai 1956), Thérèse Mitrani : ‘Rentré à la maison, mon père nous lisait les articles de Zola et disait : La France, mes enfants, seul pays au monde dont le peuple pouvait se passionner et se déchirer pour défendre un juif (Dreyfus) innocent. Il me semblait que toute la beauté du monde, toute la justice de la terre s’étaient réfugiées dans ce pays qui portait le nom de France et que je rêvais de connaître un jour.’ […] Les Alsaciens furent nombreux …[…] Ajoutez ceux de Smyrne, Andrinople, Salonique, Constantinople, de Turquie et des Balkans, l’élite, en première ligne, suivie de l’axe Livourne-Salonique, l’axe séfarade pur qui entraîne juifs italiens et tunisiens suivis de loin par les piétailles, Afrique du Nord, puis déclassés, Syrie, feu Eretz Israël devenue Palestine malgré Jérusalem ou ce qu’il en reste, Mésopotamie et les égarés de l’Asie et de l’Afrique profonde, sans oublier les juifs ‘russes’ difficiles à vivre, que poussent les pogroms, terreau pour les commentateurs de Marx.[…] Rien n’échappe à Elizabeth Antébi. Autour de vingt-quatre portraits en pied, hommes et femmes, croqués en peu de mots, elle balaie un siècle et, de New York à l’Asie centrale, une moitié de la planète. » Pierre Chaunu de l’Institut, Le Figaro, mardi 28 décembre 1999.

« L’auteur offre des portraits saisissants et vrais de personnages qui pourraient tous nourrir des scénarios inoubliables. Parfois la grande Histoire les attend au tournant de leur lutte modeste et courageuse. Voilà David Sasson confronté au massacre des Arméniens ; voilà Joseph Néhama (1880-1971) à Salonique, durant l’horreur absolue incarnée par le monstrueux Aloïs Brunner. Leurs témoignages, leurs écrits, rapportés ici, constituent des documents inestimables. » L’Arche, janvier 2000.

« La République avait ses ‘hussards noirs’, l’Alliance israélite universelle eut les siens. Ces missi dominici du judaïsme libéral voyaient dans la culture française issue des Lumières et de l’esprit révolutionnaire un puissant facteur de progrès. Parfois au péril de leur vie, ils s’acharnèrent à développer l’enseignement de notre langue dans les Balkans, au Maghreb et même au Moyen-Orient. A travers vingt portraits, E. Antébi leur rend un hommage très engagé. Pour autant, elle n’occulte en rien la violence des conflits qui opposèrent ces hommes aux juifs orthodoxes, souvent influencés par l’Allemagne, comme aux militants sionistes, résolus à pourfendre ces hérauts de l’assimilation. » Rémi Kauffer, Le Figaro Magazine, Samedi 13 novembre 1999.

Voir enfin:

Quand le monde parlera chinois
Afin d’accroître son influence et de rassurer le reste du monde sur ses ambitions de développement pacifique, la Chine a multiplié ces dernières années l’installation d' »instituts Confucius » sur les cinq continents. Ils sont débordés par leur propre succès !

De notre correspondante en Chine, Caroline Puel
LE POINT SPÉCIAL CHINE
le 25/12/2009

À quelques centaines de mètres de la Porte de la Victoire (« Deshengmen ») qui marquait autrefois l’entrée Nord de Pékin – à l’endroit même où s’arrêtaient jadis les caravanes des « barbares étrangers » – se dresse un élégant immeuble de cinq étages en briques grises, aux huisseries laquées de rouge. C’est là que se trouve le siège des instituts Confucius. La modernité des installations ne laisse aucun doute sur l’importance des moyens mis à disposition de cette tête de pont de la diplomatie culturelle chinoise. La présidente des instituts Confucius n’est autre que Mme Liu Yandong, une belle et énergique femme de 64 ans, proche du président chinois, entrée au Bureau politique en 2007, vice-présidente du Sénat (CCPCC – Chinese Communist Party Central Committee) et chargée des questions d’éducation parmi les cinq très influents conseillers d’État.

Sur le modèle de l’Alliance française

« Ces instituts Confucius sont une plate-forme de coopération et d’échanges avec les experts, mais aussi le grand public des pays étrangers, auquel nous voulons présenter l’histoire et la réalité de la Chine d’aujourd’hui », explique dans un style très ouvert la directrice générale, Mme Xu Lin. Très réputée dans le domaine de l’éducation, cette femme de 55 ans a été accueillie en novembre parmi les quelque deux cents conseillers du Premier ministre chinois. Opération de propagande ? L’accusation a fusé en Australie en 2007 de la bouche du professeur Jocelyn Chey, qui avait été dans les années 1990 consul général à Hongkong. « Certains pays nous critiquent, redoutent un impérialisme chinois, mais nous nous sommes inspirés du modèle de l’Alliance française qui va bien au-delà de l’enseignement de la langue et présente aussi le cinéma, la littérature et les arts français… Tout comme le British Council, nous traduisons des manuels et notre budget est deux fois moins important que celui du Goethe-Institut allemand », explique Mme Xu Lin. « Notre mission est d’encourager les jeunes à apprendre le chinois. On renforce ainsi les amitiés, les échanges et cela aidera à créer un futur meilleur pour l’humanité », déclarait en novembre Mme Liu Yandong, en accueillant un millier de boursiers étrangers. « Aujourd’hui, les Chinois souffrent de se sentir incompris. Ils ont réalisé que le fait qu’ils parlent des langues étrangères ne suffisait plus. Il faut que la communication passe dans les deux sens », explique un diplomate chinois.

Une tradition qui prône la paix et l’harmonie

Le choix de Confucius pour patronner ce projet permet de désamorcer les critiques idéologiques. Confucius n’a-t-il pas été conspué pendant la Révolution culturelle ? En réhabilitant le vieux sage, le gouvernement chinois se démarque des excès de la révolution communiste et se replace dans une tradition de 2.500 ans qui prône la paix et l’harmonie. Ce message, poussé par les succès économiques de la Chine, fait des émules. Lorsque le premier institut Confucius a ouvert en 2004, la Chine prévoyait d’en inaugurer 100 avant 2010. Or, ce sont plus de 282 « centres Confucius » qui se sont implantés depuis dans 88 pays, toujours en partenariat avec une université ou une région, sans parler des 272 « classes Confucius » destinées aux écoliers du primaire et du secondaire.

En France, treize instituts Confucius ont ouvert ces dernières années, deux sont en projet (à La Réunion et à Bordeaux) et les premières « classes Confucius » démarrent. Le dispositif est pratiquement le même en Allemagne ou en Corée du Sud, mais le Royaume-Uni en accueille déjà le double et aux États-Unis le développement est carrément fulgurant (près de 60 instituts Confucius). 230.000 étudiants étrangers dans le monde suivent cette année une formation dans un centre Confucius et plus de 500.000 ont été formés depuis 2004. Le problème de Mme Xu Lin est aujourd’hui de répondre à la demande… « J’ai 300 demandes d’ouverture en attente… Jamais, nous n’aurions imaginé, voilà cinq ans, qu’il y aurait un tel engouement pour l’apprentissage du chinois. Aujourd’hui, plus de 40 millions d’étrangers apprennent notre langue (dont 36 millions d’origine chinoise). Tous les jours, je reçois de nouvelles requêtes pour ouvrir un institut, mais je veux maintenir la qualité de l’enseignement et il me faut encore trouver des financements ! »…

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5 Responses to Identité nationale: Les sionistes ont même inventé le soft power! (Zionists even invented soft power!)

  1. Thot Har Megiddo dit :

    Ces juifs français, bien que cosmopolites, étaient de « purs » français : en témoignent d’abord leurs prénoms, parfois leurs noms francisés, leur adhésion à la démocratie, aux droits de l’homme universels et à la séparation des religions et de l’État, au savoir et à la culture, à leur acceptation de la liberté religieuse même quand ce n’était pas toujours de gaieté de coeur lorsqu’un juif de leurs familles quittait le judaïsme. Belle démonstration de l’identité nationale, même si pour certains cela ne suffisait pas.
    Nb: On remarquera déjà le débat sur « l’assimilationisme »

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  2. jcdurbant dit :

    Oui, exactement comme les juifs américains qui, de Hollywood à Superman et des chants de Noël aux comédies musicales et au rock, ont donné à l’Amérique et au Monde libre les plus belles expressions de ses valeurs …

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  3. […] Thanksgiving, le panier à trois points, l’Amérique, Superman, le soft power, le génocide […]

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  4. jcdurbant dit :

    35 YEARS OF TYRANNIZING AND TORTURING AND THEY GIVE YOU THE CHINESE NOBEL PEACE PRIZE (After, Putin and Castro, African tyrant gets China’s counter-Nobel peace prize)

    Ever since Robert Mugabe was sworn in as the president of Zimbabwe in the 1980s, he has worked hard to bring political and economic order to the country and to improve the welfare of the Zimbabwean people by overcoming hardship,” the prize committee argued in a statement.

    The Confucius award was set up in 2010 as a Chinese alternative to the Nobel peace prize after the Norwegian Nobel committee infuriated Beijing by handing its annual peace prize to the jailed dissident writer Liu Xiaobo. Liu remains in prison for co-writing a pro-democracy manifesto called Charter 08.

    Previous winners of the Confucius prize include Vladimir Putin and Fidel Castro, who was praised by the committee for “speaking out against nuclear warfare” …

    https://www.hrw.org/news/2008/04/25/zimbabwe-surge-state-sponsored-violence

    http://www.theguardian.com/world/2015/oct/22/zimbabwes-robert-mugabe-awarded-chinas-nobel-peace-prize?CMP=share_btn_fb

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