Education: L’ingratitude des peuples est décidément sans limites (What’s the matter with France?)

Betrayed againIl n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Obama
Par principe, nous sommes favorables au débat. A sa liberté, à sa pluralité, à son utilité. C’est pourquoi nous refusons le « grand débat sur l’identité nationale » organisé par le pouvoir: parce qu’il n’est ni libre, ni pluraliste, ni utile. Pétition de Médiapart
Moins les personnes interrogées sont diplômées, plus elles souhaitent scolariser leur enfant dans le privé. Ceux qui ont un diplôme supérieur à bac + 2 sont 40 % à émettre ce souhait, les « niveau bac » et titulaires de BEP/CAP sont 55 % et les sans-diplôme sont 59 % à vouloir que leurs enfants soient scolarisés dans le privé. Sondage CSA

C’est chez les enfants d’ouvriers et d’employés que cette demande est le plus forte, car ils n’ont pas d’alternative. Les cadres et professions libérales peuvent se débrouiller pour mettre leurs enfants dans le bon lycée public, offrir des cours particuliers pour compléter, ou accompagner eux-mêmes leurs enfants. Julien Goarant (responsable d’études de CSA)

L’ingratitude des peuples est décidément sans limites.

A l’heure où notre Zorro planétaire nous fait son Sarko mais voit coup sur coup repoussés ses efforts pour offrir les JO à sa bonne ville de Chicago, des centaines de milliards aux kleptocrates africains ou d’ailleurs ou, pour la Noël, son historique « option publique » pour la santé de ses compatriotes …

Et où notre Sarko national nous fait son Obama, mais voit lui aussi dénoncés ses ouvertures aux régimes « voyous » (missions Lang à Cuba et en Corée du nord, accords UMP/PC chinois), ses milliards de dettes nouvelles (pardon: investissements pour l’avenir!), sa certes très soviétique campagne de vaccination qui voit la grippe A « continuer de progresser chez nous (à la nuage de Tchernobyl) tandis qu’elle se stabilise ailleurs », son débat (au sein de son propre parti!) sur l’identité nationale (comme les leçons de savoir-vivre de ses ministres aux encapuchonnés dont le chômage trône à 42%!) ou ses « méthodes fascisantes » et « pratiques coloniales » de renvois des clandestins, sans parler dela mise hors de cause des maitres du délit d’initiés d’EADS et à nouveau de l’amateur de Patek Philippe à 40 000 euros du PS Julien Dray ou de son rapprochement avec le délinquant multirécidiviste qui (au plus haut, il est vrai, dans les sondages à l’heure d’une nouvelle mise en examen) a squatté l’Elysée pendant 10 ans …

Consternation à présent, au pays dont le monde entier envie le modèle si patriarcalement français (21% de fonctionnaires, un policier pour 250 habitants contre 1 pour 380 au Royaume-Uni), avec ce sondage CSA/La Croix révélant, en ce 50e anniversaire de la Loi Debré, la préférence du bon peuple… pour l’école privée!

L’enseignement privé séduirait une famille sur deux en France
Le Monde avec AFP
16.12.09

D’après un sondage CSA pour l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre (APEL) et le quotidien La Croix, 55 % des Français (47 % de parents d’élèves interrogés) souhaiteraient scolariser leurs enfants dans le privé, soit une famille sur deux. Ce désir est partagé par 74 % des sympathisants de droite et 44 % des sympathisants de gauche. « C’est chez les enfants d’ouvriers et d’employés que cette demande est le plus forte, car ils n’ont pas d’alternative. Les cadres et professions libérales peuvent se débrouiller pour mettre leurs enfants dans le bon lycée public, offrir des cours particuliers pour compléter, ou accompagner eux-mêmes leurs enfants », a commenté, mardi 15 décembre, Julien Goarant, responsable d’études de CSA. « Ces catégories, plus que les milieux favorisés, nourrissent leurs enfants de l’idée que l’école va permettre l’ascenseur social », a-t-il expliqué. C’est dans la fourchette de revenus comprise entre 1 000 et 2 000 euros par mois que l’école privée, qui scolarise un enfant sur cinq, est le plus souhaitée, a relevé M. Goarant.

Moins les personnes interrogées sont diplômées, plus elles souhaitent scolariser leur enfant dans le privé. Ceux qui ont un diplôme supérieur à bac + 2 sont 40 % à émettre ce souhait, les « niveau bac » et titulaires de BEP/CAP sont 55 % et les sans-diplôme sont 59 % à vouloir que leurs enfants soient scolarisés dans le privé, relève le CSA. « L’école privée peut donc apparaître, aux yeux des personnes les moins diplômées, comme la possibilité de réduire les inégalités culturelles dont sont victimes leurs enfants et donc comme une meilleure chance d’ascenseur social pour ces derniers », commente CSA.
Quatre Français sur cinq (84 %) pensent que c’est une bonne chose de pouvoir scolariser ses enfants soit dans le public, soit dans le privé. Le clivage politique traditionnel sur cette question s’estompe, puisque cet avis est partagé par 79 % des sympathisants de gauche et par 93 % de ceux de droite.

Le 31 décembre célébrera le 50e anniversaire de la loi Debré, qui régit les rapports entre l’Etat et les établissements privés.

Voir aussi:

Les Français veulent un enseignement libre et accessible à tous
Christine Legrand
La Croix
Le 16.12.2009

Aujourd’hui, la moitié des parents souhaiterait scolariser ses enfants dans le privé, dont ils ont une image très positive, même s’ils ne le trouvent pas encore accessible à tous, en particulier au niveau financier. Tels sont les résultats de notre sondage exclusif CSA/Apel/ »La Croix »

C’est un véritable plébiscite : 84 % des Français (et 88 % des parents d’enfants scolarisés) estiment que la liberté donnée aux parents par la loi Debré de pouvoir choisir entre l’enseignement public et l’enseignement privé pour scolariser leurs enfants est une « bonne chose » (lire le sondage). Certes, ils sont encore un peu plus nombreux à l’affirmer parmi les sympathisants de droite (93 %) que parmi les sympathisants de gauche (79 %), mais les clivages politiques qui étaient autrefois très marqués dans ce domaine se sont estompés.

Une famille sur deux souhaiterait scolariser ses enfants dans le privé
Les Français sont un peu moins nombreux à vouloir eux-mêmes profiter de cette loi pour inscrire leurs propres enfants dans une école privée. Mais le résultat est tout de même étonnant : 55 % des Français (et 47 % des parents d’enfants scolarisés) souhaiteraient aujourd’hui le faire. Sur les quelque 12 millions d’enfants scolarisés en France, l’enseignement catholique n’en accueille pour l’instant que 2 millions, soit environ un sixième ! Ce souhait reste politiquement plus clivé : les sympathisants de droite sont nettement plus nombreux (74 %) que ceux de gauche (44 %) à l’exprimer.

Mais ce désir est également plus fréquent chez les non-diplômés (59 %) que parmi ceux qui ont fait des études longues. L’école privée apparaîtrait donc, aux yeux de ces parents, comme un moyen de réduire les inégalités culturelles dont sont victimes leurs enfants et de leur servir d’ascenseur social. Ce qui signifie aussi, en creux, que l’école publique ne remplit pas suffisamment ce rôle.

Les atouts de l’enseignement privé
Les Français estiment à une très large majorité que les écoles privées assurent un enseignement de qualité (84 %). Ils en confirment aussi les autres atouts : l’importance accordée à la dimension éducative, au suivi personnalisé des élèves, à l’implication des parents dans la scolarité de leurs enfants… La grande majorité des personnes interrogées estime aussi que, comme les y oblige la loi Debré, les établissements sous contrat suivent les programmes de l’éducation nationale et qu’ils sont ouverts aux élèves non croyants comme aux adeptes de toutes religions : tout en conservant leur « caractère propre », ils se doivent en effet d’accueillir « tous les enfants sans distinction d’origines, d’opinions ou de croyances ».

Une majorité de Français moins importante (58 %) estime qu’ils sont ouverts aux élèves en difficulté scolaire. Ce résultat traduit une réalité assez diversifiée de l’enseignement privé : si beaucoup d’établissements accueillent des élèves en difficulté – certains se sont même « spécialisés » dans le rattrapage d’élèves en échec dans le système public –, d’autres sont plus sélectifs.

Un certain élitisme social
L’enseignement privé est également perçu comme étant socialement plutôt élitiste. Seule une minorité de Français (37 % en moyenne, et 27 % des moins de 30 ans) estime en effet qu’il « fait le nécessaire pour être accessible financièrement au plus grand nombre ». Et moins d’un tiers d’entre eux (30 %) pense qu’il « est accessible aux populations défavorisées » (et seulement 17 % des moins de 30 ans).

Si l’acte d’enseignement, selon la loi Debré, doit être gratuit et son financement pris en charge par l’État dans les établissements sous contrat, une participation est demandée aux familles pour couvrir les autres frais (coût du « caractère propre », du culte, etc.), sous forme de « forfait » : selon le secrétariat général de l’enseignement catholique, son montant moyen est de 350 € par an et par élève pour le primaire, 450 € pour le collège et 600 € pour le lycée, auxquels il faut ajouter le prix de la cantine (un repas coûte en moyenne deux fois plus cher que dans l’enseignement public, en raison de subventions inégales des collectivités locales) et les frais de transport. Ce qui représente un coût non négligeable pour certaines familles.

Deux systèmes concurrents
L’enseignement privé peut être ainsi considéré comme complémentaire de l’enseignement public, constituant une alternative, voire un recours possible pour les familles. Mais ce sentiment n’est partagé que par 30 % des Français. Le sentiment dominant est que les deux systèmes entrent plutôt en concurrence : 45 % des Français le pensent. Ce sentiment est encore plus net chez les jeunes (55 % des moins de 30 ans le disent). Un résultat qui confirme une tendance constatée – et souvent dénoncée – par de nombreux spécialistes de l’éducation aujourd’hui : le système scolaire tend à devenir un « marché » de plus en plus « concurrentiel », au risque de s’éloigner de l’esprit la loi Debré, qui garantit le pluralisme scolaire, au sein d’un même « service public » d’enseignement.

Un renforcement des aides de l’État
Pour autant, la grande majorité des Français (67 %) estime que l’État devrait aider l’enseignement privé à ouvrir d’autres établissements ou de nouvelles classes, afin que tous les parents qui le souhaitent puissent y scolariser leurs enfants. Ce souhait est encore plus fort chez les moins de 30 ans (80 %) et les sympathisants de droite (79 %).

Plus particulièrement, les trois quarts des Français pensent que l’enseignement privé devrait pouvoir ouvrir plus facilement des établissements dans les zones d’éducation prioritaire. Ce désir est également formulé depuis longtemps par l’enseignement catholique, parce qu’il considère qu’aller vers les populations les plus défavorisées fait partie de sa mission. Mais aussi parce qu’il a fait preuve de son savoir-faire dans ce domaine. Cela supposerait néanmoins qu’il puisse être, surtout dans ces zones sensibles, davantage accessible à tous.

Voir enfin:

Reportage
L’université Paris-XIII-Villetaneuse, victime d’intrusions et de violences répétées
Maryline Baumard
Le Monde
16.12.09

Il gèle à Villetaneuse et la violence jette un froid. Surtout lorsqu’elle s’abat en plein cours, dans un amphithéâtre d’université. Lundi 14 décembre, il est un peu plus de 15 heures lorsque trois individus s’introduisent dans un amphi de Paris-XIII-Villetaneuse et commencent à chahuter. Un étudiant demande le calme. Invectives. Bagarres. Le bras que lève le jeune homme pour se protéger le visage est lacéré de plusieurs coups de couteau. L’étudiant en droit a été opéré mardi. Et, dans les couloirs, l’émotion qui a saisi une partie des 20 000 étudiants de cette université de Seine-Saint-Denis n’est pas retombée. Les pétitions courent.

Les coups de couteau ont réveillé d’autres souvenirs. Parfois assez récents. « Jeudi dernier, je traverse le campus. En passant à l’endroit des deals (une passerelle difficile à surveiller, lieu de tous les commerces), un groupe d’individus à qui je refuse une cigarette, me traite de « gros pédé ». L’un d’eux ajoute que je peux bien le dénoncer à l’administration, il s’en « bat les couilles » puisqu’il n’est pas étudiant. » Thomas Ribémont, maître de conférences en sciences politiques en est à sa troisième agression verbale depuis son arrivée sur ce campus en 2007.

Coincée entre deux cités, l’université de Villetaneuse est un lieu de squat pour les jeunes des quartiers voisins. Faute d’y étudier peut-être, ils y zonent. Le raconter contribue à stigmatiser l’université, se taire, c’est laisser la violence s’installer. Le choix est cornélien, et chacun le résout à sa façon.

« Oui, c’est l’omerta. Depuis pas mal de temps déjà, on fait comme si rien ne se passe. Je vote à gauche. Je n’aime pas le discours sécuritaire, mais je souhaiterais plus de présence policière », regrette Michel Renault, secrétaire pédagogique de l’institut d’études judiciaires. Une enseignante a demandé à ne pas assurer de cours en fin de journée pour éviter d’emprunter de nuit le bus qui mène à la gare.

En matière de violence, le seuil de tolérance des étudiants, souvent venus des cités, semble se situer un cran au-dessus de leurs enseignants. A l’instar de Faihina Saidani, étudiante en L3 information et communication, ils sont nombreux à se sentir bien « dans cet espace mélangé, où chacun trouve sa place, avec ses différences » et à estimer qu’il « faut arrêter de stigmatiser la banlieue en laissant penser qu’on est plus en danger ici qu’ailleurs ». Soulaiman Khan, en deuxième année d’informatique, travaille souvent jusqu’à 23 heures, et il aime « cette université où les enseignants ont une vraie proximité avec nous. Où on peut se faire aider dès qu’on a besoin ».

Un des points forts de l’établissement – qui propose des formations de pointe, notamment dans les métiers de l’édition – est de diplômer et d’insérer des jeunes issus pour moitié de Seine-Saint-Denis et pour un quart du Val-d’Oise. Avec ses 41 % d’enfants d’ouvriers ou d’employés, Paris-XIII est loin des campus favorisés. Pour Thomas Ribémont, cela rend attachante cette « fac ascenseur social ». « On a tellement envie que ces jeunes s’en sortent. Et eux s’en donnent vraiment les moyens. C’est pour cela qu’il faut qu’on leur offre un bon climat de travail. »

Depuis septembre, une vingtaine de plaintes ont été déposées pour des faits qui se sont déroulés sur le campus. Selon une main courante électronique, mise en place par le président de l’université, Jean-Loup Salzmann, 83 incidents ont été signalés : 10 agressions, 7 dégradations de biens publics, 7 dégradations de véhicules, 14 vols de biens privés et 45 perturbations de cours. « Et tous les incidents ne remontent pas. Ce n’est pas dans la culture universitaire », tempère un professeur.

Comme dit le même enseignant en guise de boutade, « on a tous lu Michel Foucault, alors, demander plus de surveillance ne va pas de soi pour nous ». C’est aussi ce qu’observe M. Salzmann, qui a fait voter le principe d’une carte professionnelle pour les personnels pouvant être contrôlés – projet qui s’est enlisé -, ou repensé l’éclairage des allées. L’idée du président serait de fermer ce campus trop ouvert et de filtrer les entrées. Une réunion aura lieu sur ce sujet à la préfecture, vendredi 18 décembre.

En attendant, « nous avons dévolu trois fonctionnaires à la sécurité, opté pour les services d’une entreprise de sécurité », rappelle celui qui dépense autant sur ce poste « que dans le budget de fonctionnement des laboratoires de recherche ». Et ça ne suffit pas.

Comme l’explique Marcel Dupas, de l’entreprise de surveillance, « nous faisons le maximum, mais compte tenu de la configuration du lieu, il faudrait plus de personnel. Et puis nos agents ne sont pas armés et n’ont pas un rôle répressif ». Mardi, les policiers avaient interpellé un des trois agresseurs présumés ainsi qu’un dealer.

Si 11 milliards d’euros du grand emprunt iront à l’université et si l’on ne parle que de campus d’excellence, un sentiment d’abandon règne à Villetaneuse. « L’Etat doit aussi assumer ses universités de banlieue, peste une enseignante venue de Paris. Avec l’autonomie, l’image est extrêmement importante. »

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