Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
Robert Putnam a découvert que plus la diversité dans une communauté est grande, moins les gens votent et moins ils donnent à des associations caritatives et travaillent à des projets communautaires. (…) Dans une étude récente, Glaeser et son collègue Alberto Alesina ont démontré qu’à peu près la moitié de la différence dans les dépenses sociales entre les Etats-Unis et l’Europe — l’Europe dépense bien plus — peut être attribuée à la diversité ethnique plus grande de la population américaine. Michael Jonas
Les Suisses n’ont pas voté pour l’interdiction des mosquées, ni pour l’interdiction de l’islam. Ils ont uniquement voté pour la “discrétion” de l’islam. (…)[ils] n’ont pas raisonné en islamologues mais ils ont obéi au bon sens et exprimé ce qu’ils ressentaient. (…) ce qui est refusé, c’est une manifestation trop visible, trop triomphaliste de l’islam. En fait, ce vote traduit, de leur part, le refus de tout signe qui tend à rompre l’uniformité qu’ils jugent être de bon goût, surtout si ce signe appartient à une culture qui n’est pas la leur. Anne-Marie Delcambre
Et si la raison de cette honteuse préférence (autre nom de la discrimination) était que des années d’Act’Up (entre autres) ont ancré dans la tête du bon peuple l’idée que le sida c’est la maladie des homos et des toxicos ? Peut-être la France profonde des foules sentimentales qui donne librement et anonymement préfère-t-elle aider les rares enfants myopathes que les baiseurs qui ne mettent pas de capote et les drogués qui font tourner leur seringue. Cyril Bennasar
Si je veux voir la Mosquée bleue, je pousse jusqu’en Turquie car j’aime que les choses soient bien rangées. Je suis donc heureux que les paysages suisses soient encore dessinés par les Suisses. Cyril Bennasar
Les homos dans leurs chambres, les Helvètes dans leurs banques et leurs alpages, les Anglais dans leurs chapeaux melons-bottes de cuir, les Belges dans leurs frites-moules, la Mosquée bleue en Turquie …
Pour ceux qui, entre deux distributions de capotes réelles ou sur affiches murales (ou, jusque dans les écoles de nos enfants,… sur des dessous de table!), continuent à avoir du mal à distinguer campagne de lutte contre le sida et promotion de l’homosexualité …
Ou à comprendre pourquoi, au nom de l’intérêt supérieur des amis de Pierre Bergé, la liberté et la générosité des gens devraient nécessairement être kolkhozées …
Ou encore à saisir pourquoi une population n’aurait pas son mot à dire face à, si l’on en croit certains dirigeants musulmans, des « mosquées-casernes », des « minarets-baïonnettes », des « dômes-casques » ou des « croyants-soldats » …
Cette éclairante tribune, sur le site Causeur, qui, contre nos élites généralement protégées des effets réels de leurs idées généreuses et qui ont beau jeu de pointer les limites de l’expression populaire (et les Hitler et les Vichy qu’elle peut aussi effectivement produire à l’occasion), a le mérite, sur le mode humoristique de la défense de la couleur locale et du chacun chez soi, de montrer, y compris dans une société démocratique, les tout aussi réelles limites du relativisme culturel à tout va …
Salauds de peuples
Homophobes en France, islamophobes en Suisse. Changeons-les !
Cyril Bennasar
Causeur
le 02 décembre 2009
Ces temps-ci, le peuple a les oreilles qui sifflent. Si l’actualité s’acharne souvent sur quelques éléments perturbateurs, aujourd’hui c’est toute la classe qu’on réprimande. Malgré les moyens impressionnants mis en œuvre pour son éducation, on ne peut pas dire que le peuple se montre à la hauteur de la démocratie qu’on lui offre. Quand il donne, il se montre homophobe et quand il vote, il se révèle raciste.
Pierre Bergé l’a dit, c’est un scandale, c’est du populisme. Il y a de quoi être en colère. Par l’effet d’un racolage facile, le Téléthon rapporte dix fois plus que le Sidaction. Populisme ? Et si la raison de cette honteuse préférence (autre nom de la discrimination) était que des années d’Act’Up (entre autres) ont ancré dans la tête du bon peuple l’idée que le sida c’est la maladie des homos et des toxicos ? Peut-être la France profonde des foules sentimentales qui donne librement et anonymement préfère-t-elle aider les rares enfants myopathes que les baiseurs qui ne mettent pas de capote et les drogués qui font tourner leur seringue. Les familles modèle « papa-maman » qui fournissent la plus grande partie des dons se laissent plus facilement émouvoir par des enfants en fauteuils roulants avec leur nounours que par deux mecs qui se roulent une pelle. Et pour les responsables du Sidaction, c’est un problème.
Je suis passé récemment dans la rue devant un stand de l’association AIDES. Des jeunes gens faisaient appel à la générosité des passants et sur les murs de leur cabane, on pouvait voir ou plutôt on ne pouvait pas ne pas voir une affiche représentant deux hommes nus, beaux comme des footballeurs, allongés l’un sur l’autre, tendrement enlacés. Je dois l’avouer, j’aime le sexe entre les sexes mais ce spectacle-là, je préfère ne pas le voir. Je sais, c’est une phobie, quand j’aurai le temps, j’irai me faire soigner, en attendant je détourne le regard. La liberté règne pour tous dans les chambres à coucher et je m’en réjouis. Ce que je fais dans l’intimité avec mon amoureuse en dégoûte peut être certains et certaines et je le comprends. Voilà pourquoi, si j’avais besoin de faire appel à la générosité publique, à part pour des dons de vêtements, j’éviterais de m’afficher dans la rue, nu et en train de baiser.
Après des années de lutte contre le sida, on fait encore appel à notre générosité en nous montrant des hommes en pleins préliminaires. Au point qu’on finit par avoir l’impression qu’il s’agit de campagnes jumelées de lutte contre la maladie et de promotion de l’homosexualité. Après des années de luttes agressives, de distributions de capotes jusque devant les églises, d’invectives et d’accusation de non-assistance à personnes en danger, le plouc père de famille en province, vexé comme un imam à qui on refuse un minaret, ne donne pas assez pour le Sidaction. Quand on l’interpelle à travers sa télé, il fait comme moi l’autre jour, il détourne le regard. Et Pierre Bergé s’en étonne ?
L’Etat finance 70 % de la recherche médicale et les dons privés, 30%. Les deux tiers des sommes sont donc affectées selon les besoins de la recherche sur décisions ministérielles disons, réfléchies et responsables. Pour le tiers restant c’est le cœur des foules qui parle et pour Pierre Bergé, il ne bat pas assez pour les malades du sida.
Deux tiers de solidarité imposée, un tiers librement consentie mais ce tiers-là est encore de trop. Cruelle réalité mais qui n’est pas de taille à arrêter un progressiste. Ecartons le peuple ! La liberté de choix des donateurs produit de la discrimination. Supprimons la ! La solution est simple, il faut mutualiser. Un pot commun à tous les dons et puis quoi ? Un komintern qui redistribue ? Pierre Bergé nous a confié qu’il était myopathe, il est aussi allergique au populisme et socialiste et ce n’est pas le moindre de ses handicaps.
Mais nous, Français, ne sommes pas les plus à blâmer pour nos choix malheureux. Malgré les consignes pourtant claires venues des plus hautes sphères de la société, dimanche en Suisse, ce sont, selon les commentateurs, les plus bas instincts qui ont parlés. Le plus coupable étant ce parti à l’initiative du référendum qui les a réveillés. Les voix s’élèvent partout pour coller à l’UDC l’étiquette infamante de droite populiste.
Doit-on comprendre que les partis responsables, honorables et dignes de gouverner car purs de tout populisme, sont ceux qui montrent la voie, guident le peuple sur le chemin du progrès et des valeurs morales mais décident à sa place, à son insu ou contre son gré ? Doit-on en déduire qu’à l’inverse, les partis populistes sont ceux qui se contentent d’écouter les demandes, de donner la parole et de se soumettre aux résultats ?
Je ne reviendrai pas ici sur le symbole à peine voilé que représente le minaret. Il est habituel qu’en pays conquis ou sur une terre vierge, on érige un étendard mais les musulmans suisses sont allés un peu vite en besogne car il y a dans ces montagnes des gens qui ont autant envie de laisser l’islam dépasser les toits et les bornes que de tomber dans une crevasse. Et ces Suisses-là font mentir ce cher Philippe Muray : ils ne sont pas les plus morts.
J’en suis heureux d’abord pour la Suisse et pour l’Europe mais aussi égoïstement pour le touriste français que je suis. Quand je voyage, ce que j’aime, ce sont les frontières, l’exotisme, le typique. Si je vais faire un tour chez les Helvètes, je veux voir des banques, des alpages et avec de la chance, l’edelweiss ou même Heidi mais pas de minarets. En Angleterre, je veux des chapeaux melons même sur les musulmans et des bottes de cuir sur les filles, pas des burqas et en Belgique, des frites et des moules, pas des madrasas. Si je veux voir la Mosquée bleue, je pousse jusqu’en Turquie car j’aime que les choses soient bien rangées. Je suis donc heureux que les paysages suisses soient encore dessinés par les Suisses. Enfin ceux qui sont victimes des sirènes du populisme.
Un torrent d’insultes et de mépris international a déjà salué ce vote salutaire, les Verts parlent de le remettre en cause en appelant l’Europe à l’aide. Le monde somme les Suisses d’avoir honte, les élites leur répètent que la démocratie ce n’est pas fait pour ça. Sur France inter, Jean-Marc Four déclare sans rire : « Le résultat de ce vote est une insulte à la démocratie directe. » Je me demande si ce genre d’âneries fait sursauter beaucoup de monde.
Dans les démocraties où on hésite à soumettre au référendum les questions les plus préoccupantes, la majorité silencieuse a souvent le sentiment de vivre sous le règne du « Cause toujours ». Je conseille à nos amis suisses les plus populistes de répondre aux réprobations de l’élite internationale par un silencieux et déterminé : « Cause toujours ! »
Voir aussi:
Faut-il interdire les minarets
Anne-Marie Delcambre, docteur d’Etat en droit, docteur en islamologie.
Valeurs actuelles
le 10/12/2009
La question semble au premier abord étrange. Aurait-on l’idée de poser la question: faut-il interdire les clochers? Pourtant, il fut un temps, en France,au début du XXe siècle, où le Conseil d’État exigeait que les clochers demeurassent muets et, pour ce faire, cette juridiction suprême dans l’ordre administratif ne craignait pas, dans des arrêts célèbres, d’interdire que les cloches se mettent à carillonner, ceci au nom de la neutralité qu’exige la laïcité. Cette façon stricte de comprendre la laïcité semble aujourd’hui avoir totalement disparu dans la plupart des pays européens. C’est particulièrement regrettable car, alors que l’on assiste à un affaiblissement, voire à une totale absence du prosélytisme religieux dans les religions installées en Europe depuis longtemps, l’islam, lui, se présente avec un désir de conquérir du terrain et de s’imposer. La construction de mosquées est, pour la loi islamique (charia), une façon de rendre “musulman” le sol sur lequel elles sont construites car, pour le croyant musulman, la terre entière appartient à Allah.
Mais les minarets sont-ils vraiment comparables aux clochers ? Il semble que le symbolisme architectural ne soit pas du tout le même, sinon comment expliquer que le premier ministre turc, Recep Erdogan, ait jugé bon d’écrire: « Les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les dômes sont nos casques, les croyants sont nos soldats »?
Or, rappelons-le, les Suisses n’ont pas voté pour l’interdiction des mosquées, ni pour l’interdiction de l’islam. Ils ont uniquement voté pour la “discrétion” de l’islam. Des mosquées, oui, mais sans minarets.Mais où est donc le problème? Si le minaret n’est qu’un élément architectural de pure décoration et superflu, alors pourquoi cette levée de boucliers dans tout le monde musulman?
Seulement, pour l’islamologue que je suis comme pour les savants de l’islam, le minaret est tout autre chose qu’un simple ajout dans l’architecture de la mosquée. C’est la manifestation visible et triomphante de l’islam, religion qui estime être la dernière et la seule vraie religion.« La seule religion, aux yeux d’Allah (dieu des musulmans), c’est l’islam », dit le Coran (sourate 3, « La famille d’Imran », verset 19 « Inna ad-dîna ‘inda Allahi al-islâmu »). Et ce n’est pas un hasard si, dans le droit musulman (fiqh) (qui est la jurisprudence de la loi islamique – charia), il est interdit que les églises dépassent en hauteur les mosquées. Elles doivent rester modestes et discrètes.
Alors, c’est vrai, les Suisses n’ont pas raisonné en islamologues mais ils ont obéi au bon sens et exprimé ce qu’ils ressentaient.Pour ces tenants de la modération, de la retenue et du calme, ce qui est refusé, c’est une manifestation trop visible, trop triomphaliste de l’islam. En fait, ce vote traduit, de leur part, le refus de tout signe qui tend à rompre l’uniformité qu’ils jugent être de bon goût, surtout si ce signe appartient à une culture qui n’est pas la leur.
Le vote pour interdire les minarets sera peutêtre annulé mais il aura marqué, comme le fait remarquer l’islamologue américain Daniel Pipes (http://www.danielpipes.org/blog/2009/ 11/swiss-ban-minarets), un tournant décisif, aussi important que l’affaire Rushdie il y a vingt ans.
Le véritable raz de marée provoqué par ce vote suisse montre que, d’une certaine façon, toutes les digues de protection soigneusement érigées par les élites pour faire accepter une visibilité toujours plus grande d’une religion qui n’est pourtant pas encore la religion majoritaire, tous ces barrages ont volé en éclats. Le ras-le-bol ressenti par beaucoup de nonmusulmans nourris de laïcité et habitués aux luttes contre le pouvoir des religions, devant une islamisation croissante, s’est exprimé massivement dans ce vote.
Et,paradoxalement,ce peuple suisse,tranquille, ne cherchant pas à faire parler de lui, restera dans l’Histoire comme celui qui a osé dire halte à la progression des revendications islamiques ou islamistes, jamais freinées par des dirigeants frileux et insensibles à la résistance de ceux qui sont avides de stricte laïcité républicaine.Et puis, oser critiquer ce vote qui s’est déroulé selon la procédure régulière des votations, c’est critiquer le choix d’un peuple souverain. C’est penser que ce choix populaire n’est respectable que lorsqu’il va dans le sens exigé par les élites. C’est donc manifester le plus profond mépris pour la volonté du peuple. En d’autres termes, c’est imposer un vote politiquement correct et mettre, en quelque sorte, la démocratie sous tutelle.
Dernier ouvrage paru :
Mahomet, la parole d’Allah, Gallimard, coll. “Découvertes”, 160 pages, 14,50 €.
Magnifique la carte postale !
À propos de « les limites de l’expression populaire (et les Hitler et les Vichy qu’elle peut aussi effectivement produire à l’occasion) », ni les Français ni les Allemands n’ont voulu ce que sont devenus Hitler et Vichy, pas plus que des chambres à gaz. À la veille de la seconde guerre mondiale, les sondages en Allemagne montraient que les Allemands ne désiraient pas la guerre. Mais les peuples sont facilement impressionnables et étrangement obéissants…
C’était encore la volonté d’élites, juste différentes de celles d’aujourd’hui encore que. Les élites qui en Europe ont depuis longtemps divorcé du peuple, déméritant de leur nom d' »élites » pour celui plus réaliste de « classes dominantes et dirigeantes ».
J’aimeJ’aime
[…] Les Suisses n’ont pas voté pour l’interdiction des mosquées, ni pour l’interdiction de l’islam. Ils ont uniquement voté pour la “discrétion” de l’islam. (…)[ils] n’ont pas raisonné en islamologues mais ils ont obéi au bon sens et exprimé ce qu’ils ressentaient. (…) ce qui est refusé, c’est une manifestation trop visible, trop triomphaliste de l’islam. En fait, ce vote traduit, de leur part, le refus de tout signe qui tend à rompre l’uniformité qu’ils jugent être de bon goût, surtout si ce signe appartient à une culture qui n’est pas la leur. Anne-Marie Delcambre […]
J’aimeJ’aime