Conflit israélo-palestinien: Attention, une occupation peut en cacher une autre (What about the other nakbas?)

23 novembre, 2009
Conquête de la Jordanie et de l'Egypte en 48C’est la « Transjordanie » (créée en 1922 par l’empire britannique) qui a occupé et annexé les territoires de Judée et Samarie et Jérusalem-Est lors d’une guerre de conquête en 1947-1948. Elle devint alors la « Jordanie » et les territoires occupés, la « Cisjordanie ». Aucun mouvement de libération palestinien ne se leva contre cette occupation, ni contre celle de la bande de Gaza par l’Egypte. La « Palestine » n’était pas encore née.
L’existence d’Israël pose le problème du droit de vivre en sujets libre et souverains des nations non musulmanes dans l’aire musulmane. L’extermination des Arméniens, d’abord par l’empire ottoman, puis par le nouvel Etat turc a représenté la première répression d’une population dhimmie en quête d’indépendance nationale. Il n’y a quasiment plus de Juifs aujourd’hui dans le monde arabo-islamique et les chrétiens y sont en voie de disparition. Shmuel Trigano
Attention: une occupation et une expulsion peuvent en cacher bien d’autres!
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Retrait de nationalité, discrimination juridique suite à l’arabisation ou islamisation de la fonction publique, isolement et séquestration, spoliation économique, boycotts, suspensions des relations postales avec Israël, refus de passeports et donc de libre circulation, destructions de synagogues et profanations de cimetières, pogroms (1920, 1929, 1936 et 1939 pour la seule Palestine mandataire) et assassinats, expulsion (Egypte, Irak, Libye, Algérie), exclusion (Tunisie, Maroc, Syrie-Liban, Turquie, Yemen, Iran) …

Alors que, pendant qu’ils préparent tranquillement leur bombe pour la solution finale, les mollahs viennent, dans un « discours du Caire à l’envers », de proposer un nouveau départ au Génuflexeur en chef avec leur « demande de rupture des relations américaines avec Israël » (ouvrant ainsi la voie à la « création immédiate d’un Etat palestinien ») …

Et que notre Dieudonné national est reçu par Ahmadinejad et annonce triomphalement le financement iranien d’un film contre l’Holocauste …

Retour, avec Shmuel Trigano et contre tant la légende noire d’Israël colonisant la Palestine et en expulsant les populations que celle, dorée, d’un âge d’or de tolérance des pays musulmans envers leurs populations non-musulmanes

Sur « le point aveugle de la conscience politique contemporaine », à savoir, derrière la fable de la Shoah comme seule justification de l’État d’Israël et la mystification de la dépossession consécutive des Palestiniens de leur propre territoire, l’Exode oublié des juifs du Moyen-Orient.

Qui, entre 1940 et 1970 (mais en fait dès 1920) et de l’Egypte à la Turquie et de l’Iran au Yemen, a vu l’expulsion, de terres où ils résidaient depuis plus de deux millénaires, de quelque 900 000 juifs dont les deux tiers rejoindront Israël, le reste se répartissant entre la France et les Amériques.

Et ce donc bien avant la création de l’Etat d’Israël puisqu’il s’agit en fait, avec la décomposition de l’Empire ottoman et de la naissance du nationalisme arabe (mais aussi du mouvement d’auto-détermination juif dit sionisme comme de celui des Arméniens qui aboutit à leur génocide), de la continuation du statut inférieur issu de l’islam (la dhimmitude) et d’une sorte de punition collective pour les guerres (perdues) menées par les pays arabes contre Israël …

Le tout derrière le prétexte du départ, largement volontaire, de Palestine de 600 000 refugiés palestiniens alors qu’existait déjà dès 1922 un Etat palestinien, à savoir la (Trans)Jordanie à population à 75% palestinienne.

Qui, profitant de la guerre des pays arabes de 1948-49 contre Israël, se trouva être avec l’Egypte et pendant près de 20 ans… la véritable puissance occupante des territoires récupérées en 1967 par les Israéliens!

Déconstruire l’idéologie dominante
Shmuel Trigano
Octobre 2009

POUR ILLUSTRER NOTRE PROPOS, CI-JOINT UNE MODELISATION DE LA FIN DU JUDAISME EN TERRES D’ISLAM (lien vers pdf)

Le saviez-vous ? 900 000 Juifs ont été exclus ou expulsés des Etats arabo-musulmans entre 1940 et 1970.

L’histoire de la disparition du judaïsme en terres d’islam est la clef d’une mystification politique de grande ampleur qui a fini par gagner toutes les consciences. Elle fonde le récit qui accable la légitimité et la moralité d’Israël en l’accusant d’un pseudo « péché originel ».

La fable

La fable est simpliste : le martyre des Juifs européens sous le nazisme serait la seule justification de l’État d’Israël. Sa « création » par les Nations Unies aurait été une forme de compensation au lendemain de la guerre. Cependant, elle aurait entraîné une autre tragédie, la « Nakba », en dépossédant les Palestiniens de leur propre territoire.

Dans le meilleur des cas, ce récit autorise à tolérer que cet État subsiste pour des causes humanitaires, malgré sa culpabilité congénitale. Cette narration a, de fait, tout pour sembler réaliste. Elle surfe sur le sentiment de culpabilité d’une Europe doublement responsable : de la Shoah et de l’imposition coloniale d’Israël à un monde arabe innocent.

Dans le pire des cas, cette narration ne voit en Israël qu’une puissance colonialiste qui doit disparaître. Ce qui explique l’intérêt d’accuser sans cesse Israël de génocide et de nazisme : sa seule « raison d’être » (la Shoah) est ainsi sapée dans son fondement. La « Nakba » est le pendant de la Shoah.

La synthèse politiquement correcte de ces deux positions extrêmes est trouvée dans la doctrine de l’État bi-national ou du « retour » des « réfugiés » qui implique que les Juifs d’Israël mettent en oeuvre leur propre destruction en disparaissant dans une masse démographique arabo-musulmane.

Les implications

Ce discours manichéen a plusieurs implications symboliques et idéologiques :
– Il délégitime l’État d’Israël et justifie sa destruction
– Il implique que les Juifs ne sont pas un peuple et qu’ils n’ont aucun lien avec la « Palestine »
– Il entraîne que leur constitution en nation est en soi une violence et une mystification
– Il leur interdit la jouissance du droit à l’autodétermination qui est le privilège de tout groupe humain quel qu’il soit.
– Il accuse le sionisme d’avoir mis fin à la « coexistence pacifique » judéo-arabe : il aurait été responsable du départ des Juifs des pays arabo-musulmans
– Il innocente par principe les Palestiniens et les Etats arabo-musulmans
-Il « autochtonise » les « Palestiniens » alors que l’adjectif « palestinien » désignait auparavant les Juifs du Yichouv. La « Palestine » d’aujourd’hui est, en effet, une invention récente qui date des années 1970.

Or, ce récit s’expose à une contradiction majeure
– La majorité de la population israélienne n’est ni originaire d’Europe ni rescapée de la Shoah, et ce, dès les années 1950. Originaire des pays arabo-musulmans, elle est partie prenante de l’histoire politique et humaine de la région.

La mystification

Le destin de cette population est significatif : entre les années 1940 et 1970 elle a été expulsée ou exclue et poussée au départ. 900 000 Juifs d’alors ont dû fuir des pays où ils étaient présents bien avant l’invasion islamique du VII° siècle: 600 000 se sont réinstallés en Israël, le reste, en majorité en France.

– Dans leur grande majorité, ces populations ne sont pas parties volontairement mais sous le coup d’un véritable « statut des Juifs », d’un antisémitisme d’État, souvent systématique, soutenu par un arsenal de lois et de règlements.

– Cet événement massif et considérable, concernant 10 pays, sur une longue période, commençant dans les années 1920 pour certaines régions, est l’objet d’une véritable mystification qui prend la forme du mythe de la symbiose judéo-arabe que toute l’histoire dément, y compris l’âge andalou.

– Ce mythe n’est pas inoffensif : il est la couverture d’un projet de destruction de l’État d’Israël et connaît une diffusion mondiale, dans les pays les plus éloignés de l’arène du conflit. Il retentit sur la condition des Juifs dans les pays occidentaux et sur la réception de l’islam en leur sein.

Il est temps de restaurer le récit historique juif !

Ce n’est pas une question de mémoire, ni de dignité ou de reconnaissance, mais une question politique qui engage la justice.

Car les populations concernées sont toujours vivantes : la plus grande partie des Juifs du monde arabo-musulman constitue la majorité des citoyens israéliens et des Juifs de France.

Ils ont été victimes de violences, de graves spoliations économiques et financières de la part des nouveaux Etats arabes.

L’histoire des 40 dernières années a montré que les passer sous silence se retournait nécessairement contre elles.

Leur présence en Israël n’est pas une cause humanitaire – même si leur expulsion en fit des réfugiés contraints de quitter leur pays et d’abandonner leurs biens. Réfugiés, ils le furent clairement au Yémen, en Irak, en Egypte, en Libye. Ailleurs, ils le furent objectivement si partir précipitamment, sous la menace, en abandonnant ses biens, définit la condition de réfugié.

L’enjeu inavoué

– Les Juifs du monde arabe constituaient une nation dominée, assignée au statut infâme de dhimmi. La seule tolérance qu’ils connurent dans ces pays fut l’époque coloniale où ils échappèrent à cette condition dégradante de parias.
– Il faut voir dans l’immigration de ces populations en Israël le processus d’autodétermination d’une nation dominée du monde arabo-musulman au moment même où le nationalisme arabe conduisait à la création d’Etats qui n’existaient pas auparavant.
– Cette autodétermination s’identifiait naturellement avec le sionisme en quête d’auto-émancipation.
– C’est ainsi que l’existence d’Israël et le sionisme sont perçus dans la perspective du monde arabo-musulman : comme la rébellion d’une nation dominée contre la loi de l’islam et la oumma. C’est la cause unique du conflit israélo-arabe.
– La Palestine n’a jamais été une entité politique, culturelle, identitaire. Il n’y a pas de « Palestine » avant l’instauration du mandat britannique par la Société des Nations, en 1920. Une partie des Palestiniens sont des immigrés du monde arabe, installés là, à la fin du XIX° siècle et au début du XX°, favorisés par la politique ottomane et attirés par la prospérité économique, apportée par les Juifs. Ils sont au plus aussi « palestiniens » que les Juifs. Yasser Arafat comme Edward Saïd étaient des Egyptiens.

C’est un tout autre paysage historique et politique qui transparaît sous la chape de plomb de la mystification.

– L’État d’Israël, reconnu en 1948 par le Conseil de sécurité, est aussi légitime que les États arabes, pure invention post-coloniale. Ils n’existaient pas auparavant. Avant la colonisation européenne, leurs territoires étaient sous le pouvoir colonial – mais musulman – de l’empire ottoman.
– Il n’a pas de dette envers les Palestiniens. Un échange de populations s’est produit à cette époque d’après guerre : en Europe pour environ 18 000 000 de personnes (dont le déplacement vers l’Allemagne de 12 000 000 de ressortissants d’origine allemande, provenant de 5 pays) ; en Asie, pour les 12,5 millions d’Indous et de Pakistanais à la suite de la sécession du Pakistan musulman en 1947-1948. Rappelons le transfert avant-guerre de 1,3 millions de Grecs et de 400 000 Turcs, de 200 000 Bulgares en 1923-1933, et combien d’autres échanges de populations dans le monde entier. Parmi elles, 900.000 Juifs et 600.000 Palestiniens.
– Par contre, la dette arabe est réelle: les biens juifs spoliés sont 500 fois supérieurs à ceux des Palestiniens.
– Les Palestiniens et les États arabes sont les seuls responsables de leur situation :

* Ils ont systématiquement refusé tous les partages de la Palestine mandataire alors que les Juifs l’acceptaient.
* Un Etat palestinien s’est néanmoins déjà créé sur les deux tiers de la Palestine : la Jordanie. 75% de sa population est « palestinienne », même si le pouvoir est aux mains d’une minorité bédouine qui n’hésita pas à massacrer les « réfugiés palestiniens» lors du dramatique « Septembre noir » de 1970 (10 000 morts, 110 000 blessés).
* C’est la « Transjordanie » (créée en 1922 par l’empire britannique) qui a occupé et annexé les territoires de Judée et Samarie et Jérusalem-Est lors d’une guerre de conquête en 1947-1948. Elle devînt alors la « Jordanie » et les territoires occupés, la « Cisjordanie ». Aucun mouvement de libération palestinien ne se leva contre cette occupation, ni contre celle de la bande de Gaza par l’Egypte. La « Palestine » n’était pas encore née.
* Les réfugiés palestiniens ne sont pas innocents : ils étaient partie prenante de l’agression des États arabes contre Israël. Leur départ ou expulsion est directement lié à cette situation.
* Les Juifs des 10 pays arabo-musulmans, n’étaient pas sur le terrain du conflit armé, ni ne constituaient une puissance menaçant les États arabes où ils résidaient.

– Les Etats arabes n’ont pas intégré les réfugiés palestiniens, à l’inverse d’Israël pour ses réfugiés, pour en faire des foyers de guerre permanents.
– Les Palestiniens, y compris les « modérés », refusent toujours aujourd’hui le partage du territoire mandataire restant après la création de la Transjordanie, en refusant à Israël le droit à son caractère national juif, alors qu’ils définissent la Palestine comme arabe et islamique, une terre où, selon leurs documents constitutionnels et leur pratique, il n’y aurait plus aucun juif et où il n’y a déjà quasiment plus de chrétiens.
– L’existence d’Israël pose le problème du droit de vivre en sujets libre et souverains des nations non musulmanes dans l’aire musulmane. L’extermination des Arméniens, d’abord par l’empire ottoman, puis par le nouvel Etat turc a représenté la première répression d’une population dhimmie en quête d’indépendance nationale. Il n’y a quasiment plus de Juifs aujourd’hui dans le monde arabo-islamique et les chrétiens y sont en voie de disparition.

L’enjeu contemporain

Le critère déterminant d’appréciation de la situation d’Israël n’est pas seulement la Shoah des Juifs d’Europe mais celle dont le monde arabo-islamique menace l’Etat d’Israël qui résume l’impasse tragique que le « statut des Juifs », mis en oeuvre lors de la fondation des nouveaux États arabes, y annonçait et que la création de l’État et sa victoire militaire ont suspendue.

Elle plane toujours sur sa tête et la menace nucléaire iranienne lui donne toute sa crédibilité.

Le peuple juif n’est pas une cause humanitaire mais un peuple de l’histoire et il a le droit à la souveraineté sur une terre qui a connu trois Etats juifs et depuis la plus haute antiquité, en un temps où ni le mot arabe, ni le mot islam n’étaient encore connus. La condition des Juifs n’est pas vouée à la marginalité ou à la soumission par on ne sait quelle fatalité.

Ces quelques vérités constituent le B-A BA d’une vision saine et objective de la situation, fondée sur la réalité des faits.
Tels sont les éléments historiques et politiques qui doivent inspirer le discours juif aujourd’hui. Il est temps de reprendre l’initiative morale, symbolique, idéologique du débat et du combat.

Document élaborant le modèle historique de la fin des communautés juives en terres d’islam .

Bibliographie de l’auteur :
La fin du judaïsme en terres d’islam, (livre collectif sous sa direction), Editions Denoël, 2009.
« L’exclusion des Juifs des pays arabes » (livre collectif sous sa direction), Pardès, 28/2000, Editions In Press.
« La mémoire sépharade » (livre collectif sous la direction de Hélène et Shmuel Trigano), Pardès, 34/2003.
Le Monde Sépharade, histoire et civilisation, (livre collectif en 2 tomes sous sa direction), Le Seuil, 2006.

Voir encore:

Exode oublié des Juifs des pays arabes

Shmuel Trigano

Le Nouvel observateur

22 Février 2002

Le Nouvel Observateur. — Vous avez récemment organisé, sous l’égide du Congrès juif européen, un colloque sur l’exclusion des Juifs des pays arabes intitulé «l’Exode oublié». Pourquoi ce colloque aujourd’hui?

Shmuel Trigano. — C’est l’évocation du droit au retour par les Palestiniens, dès avant la deuxième Intifada, qui a réveillé cette mémoire. Cette idée induisait l’immoralité fondamentale de l’existence de l’Etat d’Israël fondé en lieu et place d’un autre peuple. C’était aussi une dénégation de l’histoire de 60% des Israéliens. Une mémoire occultée et refoulée est revenue aux Juifs du monde arabe, aux descendants de ces 900 000 personnes qui ont dû quitter des pays dans lesquels ils étaient installés depuis fort longtemps, en y abandonnant tous leurs biens. Comme les Palestiniens, ils ont eux aussi les clés de leur maison quittée en catastrophe.

N. O. — Ces Juifs n’ont pas été tous expulsés. Certains sont partis d’eux-mêmes!

S. Trigano. — Dans certains pays, à travers un ensemble de procédures juridiques de privation de leur citoyenneté, ils se sont retrouvés exclus. Et cette exclusion les poussait inévitablement dehors. En Irak, il y a même eu des projets d’expulsion manu militari, de transfert par camions à travers la Jordanie. Au Yémen, la communauté juive s’est vu donner une courte période pour quitter les lieux, avant que toute émigration lui soit interdite. Elle fut dépouillée de tous ses biens par un subterfuge des autorités locales. En Egypte, les Juifs ont été peu à peu exclus de la vie économique, puis internés, leurs biens placés sous séquestre au point que la vie était devenue un enfer. Ici aussi ils sont partis avec une valise. Partir était un choix bloqué. Dans d’autres cas, ils partaient parce qu’ils avaient peur et sentaient qu’ils n’avaient plus d’avenir là où ils étaient.

N. O. — En Tunisie et au Maroc, les Juifs sont partis de leur plein gré…

S. Trigano. — Oui, on peut le dire. Mais il faut se demander pourquoi, en quelques années, un groupe humain décide de quitter un pays où il a un enracinement millénaire. Un choix aussi massif indique la nature de la réalité que l’on quitte.

N. O. — Le départ des Français d’Algérie puis l’émigration algérienne ont été aussi massifs?

S. Trigano. — La fin du pouvoir français y fut abrupte, au terme d’une guerre sanglante. La menace pesant sur les Européens après l’indépendance était réelle: les Juifs partirent avec l’exode de 1 million de personnes.

N. O. — Pour quelles raisons les Juifs ont-ils quitté les pays arabes?

S. Trigano. — Bien avant le départ des puissances coloniales et la création de l’Etat d’Israël, la xénophobie des mouvements nationalistes arabes avait créé un climat inquiétant. Depuis le début des années 40, en effet, le nationalisme arabe s’était développé et de plus en plus cristallisé autour de la question de la Palestine. Elle commençait à devenir une cause panarabe dès ce moment-là. Dès 1941, dans de nombreux endroits du monde arabe éclatent une série de pogroms et d’émeutes antijuives qui touchent plusieurs pays: en Irak en 1941 il y a le farhoud — le pogrom — à l’occasion duquel 180 Juifs sont assassinés à Bagdad. La majeure partie des Juifs d’Irak a pu s’en aller à l’occasion d’un pont aérien organisé par Israël au début des années 50: l’opération «Ezra et Néhémie». Les quelques milliers de Juifs irakiens qui sont restés ont continué d’être victimes de privations économiques, d’arrestations et de harcèlement et ont fini par partir. De semblables émeutes se produisirent à Tripoli en Libye en 1945, à Alep et à Aden en 1947. La plupart des Juifs de Syrie quittèrent ce pays dès 1944.

En 1948, la guerre déclarée par six Etats arabes à l’Etat d’Israël au lendemain de sa proclamation devait conduire à une aggravation de la condition juive, à la suite de la défaite arabe. De 1948 à 1949, des centaines de Juifs furent internés dans des camps en Egypte. En 1956, la nationalité égyptienne fut retirée aux «sionistes», ainsi définis. En 1957, leurs biens furent mis sous séquestre. En Irak, en 1948, le sionisme fut rangé dans la catégorie des crimes d’opinion, passible de sept ans de prison et d’une amende. En 1950, les Juifs furent privés de leur nationalité et, en 1951, dépouillés de leurs biens. Cette même année la synagogue de Bagdad, où les Juifs s’enregistraient pour l’émigration, fut la cible d’un attentat. Dans la péninsule Arabique, même expulsion, par la violence et l’intimidation.

N. O. — Quel était le statut des Juifs dans les pays arabes?

S. Trigano. — Dans la cité musulmane, le Juif, comme le chrétien, a un statut de «protégé». C’est un dhimmi. Il se voit accorder le droit de pratiquer sa religion à condition qu’il se soumette au pouvoir islamique et n’oublie pas sa condition inférieure. Les dhimmis devinrent les métayers de leurs propriétés, servant des rentes au pouvoir islamique. Ils payaient des taxes sur leur personne et se voyaient astreints à un ensemble de dispositions infériorisantes, concernant l’habillement, le comportement et même le port de chaussures. C’est le monde arabe qui a inventé la rouelle, ce signe distinctif des Juifs, ancêtre de l’étoile jaune, qu’a repris le Moyen Age européen et chrétien.

N. O. — Jusqu’à quand s’est prolongé ce statut ?

S. Trigano. — Jusqu’à la venue des pouvoirs coloniaux. Le paradoxe qui peut choquer le manichéisme tiers-mondiste, c’est que l’arrivée des pouvoirs coloniaux a représenté, pour ces minorités opprimées, une libération. Quand ces pouvoirs se retirèrent dans les années 50, l’enjeu était clair: la menace d’un retour à la condition dhimmie planait à nouveau. Le départ massif des Juifs fut un plébiscite du refus de cette régression.

N. O. — Dans quels pays arabes reste-t-il des Juifs?

S. Trigano. — Au Maroc, et de façon moindre en Tunisie. Il en reste aussi quelques milliers dans un pays islamique comme l’Iran. Mais autrement, tout le monde arabe est vide de ses Juifs. C’est comme un cataclysme qui aurait éradiqué leur présence de tout un univers.

N. O. — Peut-on appeler «réfugiés» tous ces Juifs qui ont quitté les pays arabes?

S. Trigano. — Si un réfugié est celui qui n’a pas de foyer, il est certain que ces Juifs-là n’étaient pas des réfugiés. Ils ont reçu immédiatement la citoyenneté israélienne et sont devenus rapidement des citoyens dans les pays de la diaspora où ils ont émigré. Mais si le réfugié est l’homme qui doit surmonter des obstacles pour fuir un pays dans lequel il est persécuté, où il est discriminé ou encore ne jouit pas de tous ses droits, alors effectivement ils ont été des réfugiés.

N. O. — Pensez-vous que l’exode des Juifs des pays arabes soit comparable à celui des Palestiniens?

S. Trigano. — De facto, oui. Il y a un échange de population entre d’un côté 600 000 Juifs déplacés des pays arabes qui ont émigré en Israël, de l’autre 540 000 Palestiniens déplacés après la création d’Israël, et qui se sont retrouvés dans plusieurs pays arabes. Ces 600 000 Juifs, comme on l’a dit, ont été dépouillés de tous leurs biens. Ils ont vécu les «camps de transit». Cela reste encore inconnu. Les Palestiniens l’occultent pour les besoins de leur cause. Ils apparaissent ainsi comme les seules victimes de ce grand chambardement que fut la fin des empires coloniaux dans cette région et la naissance des Etats arabes et d’Israël. Les Juifs, au contraire, ne se sont pas inscrits dans la concurrence des victimes. Leur légitimité historique suffisait à leur identité. Ce qui ne veut pas dire que le contentieux puisse être effacé.

Propos recueillis par Alain Chouffan

(*) A paraître: «l’Ebranlement d’Israël» (Seuil).


Terrorisme: Plus les Américains dénigrent l’Islam, plus le virus a des chances de se propager (Bush did it again to poor Hasan!)

22 novembre, 2009
Radicalized right wing extremistsIl faut constamment se battre pour voir ce qui se trouve au bout de son nez. George Orwell
Dès le début du procès … les frères doivent faire tout leur possible pour démontrer au juge qu’ils ont été torturés par la sécurité d’État. Manuel d’al Qaeda
Le mensonge pour le Jihad est permis. Moussaoui
Nous avons un réel problème quand une grande partie de l’establishment politique et journalistique n’hésite pas une seconde à imaginer que leurs tout ce qu’il y a de plus pacifiques adversaires politiques soient de mêche avec les extrémistes violents, mais est terrifié d’envisager la possibilité que les extrémistes violents soient vraiment des extrémistes violents par peur d’attirer l’attention sur le fait qu’il s’agit de musulmans. Jonah Goldberg

Si seulement Hasan était un fan de Glenn Beck! Jonah Goldberg
Nous ne saurons peut-être jamais si la religion était un facteur à Fort Hood. Chris Matthews (MSNBC)
Quant au suspect, Nadal Hasan, comme une femme d’officier me disait: ‘si seulement il avait pu s’appeler Smith’. Martha Raddatz (ABC)
Comme tous les virus, le terrorisme infecte les personnes à basse résistance. Et sûrement le major Hasan n’est pas le seul musulman américain qui, pour des raisons d’histoire personnelle, a perdu son équilibre et est ainsi devenu vulnérable. (…) C’est un rappel que, contrairement au stéréotype de droite, l’Islam n’est pas une religion intrinsèquement belligérante. (…) Plus les Américains dénigrent l’Islam et se montrent soupçonneux des musulmans sur leur lieu de travail, plus le virus a des chances de se propager – et chaque apparition du virus tente à son tour plus de gens à dénigrer l’Islam et à se montrer soupçonneux des musulmans. Chaque fois que vous avez un tel système de rétroaction positive comme ceci, un incident isolé peut vous entrainer sur une pente glissante. (…) Bien que le 11 septembre 2001 a été un succès pour Oussama Ben Laden, il n’était en réalité qu’un petit triomphe tactique; ses aspirations grandioses dépassent bien le massacre de quelques milliers personnes et la destruction de quelques bâtiments. Peut-être estime-t-il que notre descente dans le carnage de l’Irak et de l’Afghanistan l’a rapproché un peu plus de son but. Mais s’il réussit à déchirer notre pays sur le terrain religieux et ethnique, il pourra vraiment déclarer victoire. Robert Wright

Avant le nouveau cirque que promet d’être le procès civil d’un des cerveaux des attentats du WTC …

Pendant que la Secrétaire américaine à la sécurité intérieure Janet Napolitano agite la terrible menace des groupes d' »extrême droite »

Voici, suite à la pire attaque terroriste sur le territoire américain depuis le 11/9 par un monsieur qui sur sa carte de visite avait inscrit « soldat du jihad » et avait poussé la compassion ou l’amour du travail bien fait jusqu’à achever ses victimes …

Après la tentative de médicalisation (le pauvre monsieur qui avait poussé la compassion avec ses frères agressés de par le monde jusqu’à une telle extrémité souffrait en fait de « syndrome pré-traumatique »)…

La dernière variation en date du thème favori de la gauche américaine, à savoir la bonne vieille culture de l’excuse.

En gros, si les pauvres terroristes en sont réduits à de telles extrémités, ce ne serait pas par pure compassion ou stress pré-traumatique mais tout simplement, comme pour les malheureux délinquants de nos ghettos,… notre faute!

Who Created Major Hasan?
Robert Wright
The New York Times
November 22, 2009

Princeton, N.J.

In the case of Maj. Nidal Malik Hasan and the Fort Hood massacre, the verdict has come in. The liberal news media have been found guilty — by the conservative news media — of coddling Major Hasan’s religion, Islam.

Liberals, according to the columnist Charles Krauthammer, wanted to medicalize Major Hasan’s crime — call it an act of insanity rather than of terrorism. They worked overtime, Mr. Krauthammer said on Fox News, to “avoid any implication that there was any connection between his Islamist beliefs … and his actions.” The columnist Jonah Goldberg agrees. Admit it, he wrote in The Los Angeles Times, Major Hasan is “a Muslim fanatic, motivated by other Muslim fanatics.”

The good news for Mr. Krauthammer and Mr. Goldberg is that there is truth in their indictment. The bad news is that their case against the left-wing news media is the case against right-wing foreign policy. Seeing the Fort Hood shooting as an act of Islamist terrorism is the first step toward seeing how misguided a hawkish approach to fighting terrorism has been.

The American right and left reacted to 9/11 differently. Their respective responses were, to oversimplify a bit: “kill the terrorists” and “kill the terrorism meme.”

Conservatives backed war in Iraq, and they’re now backing an escalation of the war in Afghanistan. Liberals (at least, dovish liberals) have warned in both cases that killing terrorists is counterproductive if in the process you create even more terrorists; the object of the game isn’t to wipe out every last Islamist radical but rather to contain the virus of Islamist radicalism.

One reason killing terrorists can spread terrorism is that various technologies — notably the Internet and increasingly pervasive video — help emotionally powerful messages reach receptive audiences. When American wars kill lots of Muslims, inevitably including some civilians, incendiary images magically find their way to the people who will be most inflamed by them.

This calls into question our nearly obsessive focus on Al Qaeda — the deployment of whole armies to uproot the organization and to finally harpoon America’s white whale, Osama bin Laden. If you’re a Muslim teetering toward radicalism and you have a modem, it doesn’t take Mr. bin Laden to push you over the edge. All it takes is selected battlefield footage and a little ad hoc encouragement: a jihadist chat group here, a radical imam there — whether in your local mosque or on a Web site in your local computer.

This, at least, is the view from the left.

Exhibit A in this argument is Nidal Hasan. By all accounts he was pushed over the edge by his perception of the Iraq and Afghanistan wars. He also drew inspiration from a radical imam, Anwar al-Awlaki. Notably, it had been eight years since Major Hasan actually saw Mr. Awlaki, who moved from America to Yemen after 9/11. And for most of those years the two men don’t seem to have communicated at all. But as Major Hasan got more radicalized by two American wars and God knows what else, the Internet made it easy to reconnect via e-mail.

The Fort Hood shooting, then, is an example of Islamist terrorism being spread partly by the war on terrorism — or, actually, by two wars on terrorism, in Iraq and Afghanistan. And Fort Hood is the biggest data point we have — the most lethal Islamist terrorist attack on American soil since 9/11. It’s only one piece of evidence, but it’s a salient piece, and it supports the liberal, not the conservative, war-on-terrorism paradigm.

When the argument is framed like this, don’t be surprised if conservatives, having insisted that we not medicalize Major Hasan’s crime by calling him crazy, start underscoring his craziness. The Iraq and Afghanistan wars, they’ll note, aren’t wars against Islam or against Muslims; Major Hasan must have been deluded to think that they are! Surely we can’t give veto power over our foreign policy to a crazy … well, not crazy, but, you know, not-entirely-sane person like Major Hasan.

It’s true that Major Hasan was unbalanced and alienated — and, by my lights, crazy. But what kind of people did conservatives think were susceptible to the terrorism meme? Like all viruses, terrorism infects people with low resistance. And surely Major Hasan isn’t the only American Muslim who, for reasons of personal history, has become unbalanced and thus vulnerable. Any religious or ethnic group includes people like that, and the post-9/11 environment hasn’t made it easier for American Muslims to keep their balance. That’s why the hawkish war-on-terrorism strategy — a global anti-jihad that creates nonstop imagery of Americans killing Muslims — is so dubious.

Central to the debate over Afghanistan is the question of whether terrorists need a “safe haven” from which to threaten America. If so, it is said, then we must work to keep every acre of Afghanistan (and Pakistan, Somalia, Sudan, etc.) out of the hands of groups like the Taliban. If not — if terrorists can orchestrate a 9/11 about as easily from apartments in Germany as from camps in Afghanistan — then maybe never-ending war isn’t essential.

However you come out on that argument, the case of Nidal Hasan shows one thing for sure: Homegrown American terrorists don’t need a safe haven. All they need is a place to buy a gun.

Concerns about homegrown terrorism may sound like wild extrapolation from limited data. After all, in the eight years since 9/11, none of America’s several million Muslims had committed violence on this scale.

That’s a reminder that, contrary to right-wing stereotype, Islam isn’t an intrinsically belligerent religion. Still, this sort of stereotyping won’t go away, and it’s among the factors that could make homegrown terrorism a slowly growing epidemic. The more Americans denigrate Islam and view Muslims in the workplace with suspicion, the more likely the virus is to spread — and each appearance of the virus in turn tempts more people to denigrate Islam and view Muslims with suspicion. Whenever you have a positive feedback system like this, an isolated incident can put you on a slippery slope.

And the Fort Hood shooting wasn’t the only recent step along that slope. Six months ago a 24-year-old American named Abdulhakim Mujahid Muhammad — Carlos Bledsoe before his teenage conversion to Islam — fatally shot a soldier outside a recruiting station in Little Rock, Ark. ABC News reported, “It was not known what path Muhammad … had followed to radicalization.” Well, here’s a clue: After being arrested he started babbling to the police about the killing of Muslims in Iraq and Afghanistan.

Both the Afghanistan and Iraq wars were supposed to reduce the number of anti-American terrorists abroad. It’s hardly clear that they’ve succeeded, and they may have had the opposite effect. Meanwhile, on the other side of the ledger, they’ve inspired homegrown terrorism — a small-scale incident in June, a larger-scale incident this month. That’s only two data points, but I don’t like the slope of the line connecting them.

Sept. 11, 2001, though a success for Osama bin Laden, was in the scheme of things only a small tactical triumph; his grandiose aspirations go well beyond the killing of a few thousand people and the destruction of some buildings. Maybe he feels that our descent into the carnage of Iraq and Afghanistan has moved him a bit closer to his goal. But if he succeeds in tearing our country apart along religious and ethnic lines, he will truly be able to declare victory.

Robert Wright, a senior fellow at the New America Foundation, is the author, most recently, of “The Evolution of God” and the editor in chief of the blog The Progressive Realist.

Voir aussi:

A Terror Suspect With Feet in East and West
Ginger Thompson
The New York Times
November 22, 2009

PHILADELPHIA — The trip from a strict Pakistani boarding school to a bohemian bar in Philadelphia has defined David Headley’s life, according to those who know the middle-age man at the center of a global terrorism investigation.

Raised by his father in Pakistan as a devout Muslim, Mr. Headley arrived back here at 17 to live with his American mother, a former socialite who ran a bar called the Khyber Pass.

Today, Mr. Headley is an Islamic fundamentalist who once liked to get high. He has a traditional Pakistani wife, who lives with their children in Chicago, but also an American girlfriend — a makeup artist in New York — according to a relative and friends. Depending on the setting, he alternates between the name he adopted in the United States, David Headley, and the Urdu one he was given at birth, Daood Gilani. Even his eyes — one brown, the other green — hint at roots in two places.

Mr. Headley, an American citizen, is accused of being the lead operative in a loose-knit group of militants plotting revenge against a Danish newspaper that published cartoons of the Prophet Muhammad. The indictment against him portrays a man who moved easily between different worlds. The profile that has emerged of him since his arrest, however, suggests that Mr. Headley felt pulled between two cultures and ultimately gravitated toward an extremist Islamic one.

“Some of us are saying that ‘Terrorism’ is the weapon of the cowardly,” Mr. Headley wrote in an e-mail message to his high school classmates last February. “I will say that you may call it barbaric or immoral or cruel, but never cowardly.”

He added, “Courage is, by and large, exclusive to the Muslim nation.”

Mr. Headley’s e-mail messages, including many that defended beheadings and suicide bombings as heroic, are among the evidence in the government’s case against him and his accused co-conspirator, Tahawwur Hussain Rana, who was born in Pakistan, is a citizen of Canada and runs businesses in Chicago.

The men, who became close friends in a military academy outside Islamabad, were arrested last month in Chicago. They are charged with plotting an attack they labeled the Mickey Mouse Project against Jyllands-Posten, the Danish newspaper whose cartoons provoked outrage across the Muslim world.

Since then, the investigation has widened beyond Chicago and Copenhagen. The authorities have learned more, with cooperation from Mr. Headley, about the two men’s network of contacts with known terrorist groups, including Al Qaeda and Lashkar-e-Taiba, a Pakistani militant group, as well as officials in the Pakistani government and military. United States and Indian investigators are also looking into whether the two Chicago men, who traveled to Mumbai before the deadly assault there last November, may have been involved in the plot.

Mr. Headley, 49, and Mr. Rana, 48, stand out from the young, poor extremists from fundamentalist Islamic schools who strike targets in or close to their homelands. Instead, their privileged backgrounds, extensive travel and bouts of culture shock make them more like Khalid Shaikh Mohammed, the self-proclaimed architect of the Sept. 11 attacks, who attended college in the United States, and Mohammed Atta, one of the lead hijackers.

Mr. Rana’s father is a former principal of a high school outside Lahore. One of his brothers is a Pakistani military psychiatrist who has written several books, and another is a journalist at a Canadian political newspaper, The Hill Times.

Trained as a physician, Mr. Rana immigrated to Canada in 1997 and became a citizen a few years later. Then he moved his wife and three children to Chicago, where he opened a travel agency that also provided immigration services on Devon Avenue, which cuts through the heart of the city’s Pakistani community. In 2002, he started a Halal slaughterhouse that butchers goats, sheep and cows according to Islamic religious laws.

He and his family live in a small brick house on the North Side with a huge satellite dish on the roof. Neighbors described Mr. Rana as a recluse who rarely spoke to anyone and whose children never played with others on the street.

“He seemed very committed to his Islamic religion,” said William Rodosky, who once managed Mr. Rana’s slaughterhouse, in Kinsman, Ill., about 65 miles southwest of Chicago. “He said he wanted the business so he could provide meat to his people and make a little money.”

Mr. Rodosky echoed the views of several others who knew and did business with Mr. Rana when he said he was “shocked about the terrorism charges.”

“As far as I knew, he was very nice man and a very good businessman,” Mr. Rodosky said.

But Mr. Headley did not draw the same expressions of shock. Those who knew him paint a more troubled image.

“Most people have contradictions in their lives, but they learn to reconcile them,” said William Headley, an uncle who owns a day care center in Nottingham, Pa. “But Daood could never do that. The left side does not speak to the right side. And that’s the problem.”

Daood Sayed Gilani was born in Washington, where his parents worked at the Pakistani Embassy. Friends of the family said his father, Sayed Salim Gilani, a dashing diplomat and an avid musicologist and poet, charmed his way into the heart of Serrill Headley, who had left Philadelphia’s Main Line to work as a secretary at the embassy.

In 1960, the couple and their infant son, Daood, left the United States bound for England aboard the ship America, and from there went on to Lahore. But the marriage quickly soured, friends said, as Mr. Gilani immersed himself in the traditions of his homeland and his bride refused to submit to them.

After Ms. Headley left Mr. Gilani and her son and a daughter, Syedah, in Pakistan, friends say, the details of her life become lost in a jumble of fact and fiction. Ms. Headley, a red-haired, green-eyed woman, told friends she married an “Afghan prince” but then had to flee Kabul after he was murdered.

She arrived back in Philadelphia, friends said, in the early 1970s, taking different office jobs and dating wealthy suitors until one of them lent her money to buy an old bar. She turned it into the Khyber Pass, decorated with billowing Afghan wedding tents and stocked with exotic beers.

In 1977, Pakistan’s government was overthrown in a military coup, and Ms. Headley, friends said, feared for her children. She traveled to Pakistan, withdrew her son from the Hasan Abdal Cadet College and brought him to live with her, a move recorded by The Philadelphia Inquirer. (Her daughter, Syedah, stayed behind with her father for several years.)

“He has never been alone with, much less had a date with, a girl, except the servant girls of his household,” the article said, referring to the teenage Daood Gilani. “But he has just this day found a cricket team to join. And he has just this day, after watching American TV, said to his mother in his soft Urdu-English that she is to him like the Bionic Woman.”

According to family friends, the teenager soon rebelled against his mother’s heavy drinking and multiple sexual relationships by engaging in the same behavior.

“Those were the days when girls, weed, and whatever, were readily available,” Jay Wilson, who worked at the Khyber Pass, wrote in an e-mail message from England. “Daood was not immune to the pleasures of American adolescence.”

Later, said Lorenzo Lacovara, another former worker at the bar, Daood Gilani began expressing anger at all non-Muslims.

“He would clearly state he had contempt for infidels,” Mr. Lacovara said in a telephone interview from New Mexico. “He kept talking about the return of the 14th century, saying Islam was going to take over the world.”

Ms. Headley tried to help her son straighten out his life. In 1985, she put him in charge of the Khyber Pass, but he proved to be such a poor manager that they lost the bar a couple of years later, friends of the family said.

Ms. Headley embarked on her third marriage, and her son set off for New York, where he opened two video rental stores in Manhattan. It is unclear where he got the money to start the ventures. But court files suggest that the source may not have been entirely legal.

In 1998, Mr. Gilani, then 38, was convicted of conspiring to smuggle heroin into the country from Pakistan. Court records show that after his arrest, he provided so much information about his own involvement with drug trafficking, which stretched back more than a decade, and about his Pakistani suppliers, that he was sentenced to less than two years in jail and later went to Pakistan to conduct undercover surveillance operationsfor the Drug Enforcement Administration.

In 2006, he changed his name to David Headley, apparently to make border crossings between the United States and other countries easier, court documents say. About that time, his uncle said, he moved his family to Chicago because it had a large Muslim community and he wanted to send his four children to religious schools.

There, the family lived in a small second-floor apartment. Mr. Headley claimed to work for Mr. Rana’s immigration agency. The two men attended the Jame Masjid mosque on Fridays, then stopped at the nearby Zam Zamrestaurant to eat and talk politics. Cricket, neighbors said, was their passion.

But Mr. Headley never seemed to fully fit in. Masood Qadir, who sometimes watched cricket with him, said he was “different” and kept mostly to himself.

E-mail messages show, however, that Mr. Headley stayed in regular contact with classmates from the military high school he attended in Pakistan, often engaging in impassioned debates about politics and Islam.

Earlier this year, Mr. Headley complained about “NATO criminal vermin dropping 22,000 lbs bombs on unsuspecting, unarmed Afghan villagers” or “napalming southeast Asian farmers.” Writing about Pakistan’s chief enemy, he said, “We will retaliate against India.”

And in an e-mail message defending the beheading of a Polish engineer by the Taliban in Pakistan, he wrote, “The best way for a man to die is with the sword.”

Reporting was contributed by Puk Damsgard in Islamabad, Pakistan; Emma Graves Fitzsimmons in Chicago; Nate Schweber and John Eligon in New York; and Ian Austen in Ottawa. Research was contributed by Barclay Walsh in Washington.

Voir également:


Sometimes, an extremist really is an extremist

If we act as if ‘Islam is the problem,’ we will guarantee that Islam will become the problem.
Jonah Goldberg
The LA Times
November 10, 2009

Army Maj. Nidal Malik Hasan demonstrated many things when he allegedly committed treason in the war on terror. For starters, he showed — gratuitously alas — that evil is still thriving.

He demonstrated that being a trained psychiatrist provides no immunity to ancient hatreds and religious fanaticism, nor does psychiatric training provide much acuity in spotting such things in others. For example, the London Telegraph reports that, in what was supposed to be a medical lecture, Hassan instead gave an hourlong briefing on the Koran, explaining to colleagues at Walter Reed Army Medical Center that nonbelievers should be beheaded, have boiling oil poured down their throats and set on fire.

His fellow psychiatrists completely missed this « red flag » — a suddenly popular euphemism for incandescently obvious evidence this man had no place in the U.S. Army.

He proved how lacking our domestic security system is. According to ABC News, intelligence agencies were aware for months that Hasan had tried to contact Al Qaeda. His colleagues reportedly knew he sympathized with suicide bombings and attacks on U.S. troops abroad, and one colleague said Hasan was pleased by an attack on an Army recruiting office and suggested more of the same might be desirable. That’s treason, even if you’re a Muslim.

Which raises the most troubling revelation: For a very large number of people, the idea that he is a Muslim fanatic, motivated by other Muslim fanatics, was — at least initially — too terrible to contemplate. How else to explain the reflexive insistence after the attack that the real culprit was « post-traumatic stress disorder »? The fact that PTSD is usually diagnosed in people who’ve been through trauma (hence the word « post »), and that Hasan had never in fact seen combat, didn’t seem to matter much.

Apparently the « P » in PTSD can now stand for « pre. »

A few months ago, an anti-Semitic old nut named James von Brunn allegedly took a gun to the U.S. Holocaust Memorial Museum to get payback against « the Jews » and killed a black security guard in the process.

In response to this horrific crime, the leading lights of American liberalism knew who was to blame: Glenn Beck, Rush Limbaugh and the GOP. One writer for the Huffington Post put it succinctly: « Thank you very much Karl Rove and your minions. »

The fact that Von Brunn was a 9/11 « truther » who railed against capitalism, neocons and the Bush administration didn’t matter. Nor did the glaring lack of evidence that Rove

et al ever showed antipathy for the museum. It was simply obvious that Von Brunn was the offspring of the « right-wing extremism [that] is being systematically fed by the conservative media and political establishment, » wrote columnist Paul Krugman.

If only Hasan was a fan of Glenn Beck!

President Obama was right when he said, in the early hours after the shooting, that people shouldn’t « jump to conclusions » (a lesson he might have learned when he jumped to the wrong conclusion about a white cop who arrested Henry Louis Gates, a black Harvard professor). But just as we should not jump to conclusions, we shouldn’t jump away from them.

Despite reports that Hasan had shouted « Allahu Akbar » as he opened fire, MSNBC’s Chris Matthews insisted that « we may never know if religion was a factor at Ft. Hood. » Thursday night, NBC and CBS refrained from even reporting the man’s name. Meanwhile, ABC’s Martha Raddatz’s reporting on the subject reflected a yearning for denial: « As for the suspect, Nadal Hasan, as one officer’s wife told me, ‘I wish his name was Smith.’  »

We have a real problem when much of the political and journalistic establishment is eager to jump to the conclusion that peaceful political opponents are in league with violent extremists, but is terrified to consider the possibility that violent extremists really are violent extremists if doing so means calling attention to the fact that they are Muslims.

I am more sympathetic toward this reluctance to state the truth of the matter than some of my colleagues on the right. There is a powerful case to be made that Islamic extremism is not some fringe phenomena but part of the mainstream of Islamic life around the world. And yet, to work from that assumption might make the assumption all the more self-fulfilling. If we act as if « Islam is the problem, » as some say, we will guarantee that Islam will become the problem. But outright denial, like we are seeing today, is surely not the beginning of wisdom either.

I have no remedy for the challenge we face. But I do take some solace in George Orwell’s observation that « to see what is in front of one’s nose needs a constant struggle. »

Voir enfin:

Two Ground Zeroes
Bret Stephens
The Wall Street Journal
November 18, 2009

I have long thought it would be a good idea to bring 9/11 mastermind Khalid Sheikh Mohammed and his accomplices to lower Manhattan. In my concept, the men would be taken by helicopter to a height of about 1,000 feet over Ground Zero and pushed out the door, so that they, too, could experience what so many of their victims did in the awful final flickering seconds of their lives.

And since al Qaeda intended the attacks as a spectacle for the benefit of its would-be recruits, I’d give al Jazeera the exclusive TV rights.

This, however, is not Eric Holder’s concept. In announcing his decision last week to send KSM and four other defendants to stand trial for their crimes in a federal courthouse just a few blocks from Ground Zero, the attorney general said the trial would offer the bereaved of 9/11 « the opportunity to see the alleged plotters of those attacks held accountable in court, » adding that he was « confident » the legal system would « rise to that challenge. »

We’ll see about that.

There are a few ways to predict the course of the trials. One is to consult what al Qaeda itself advises its members to do in the event that they are brought before a judge. « At the beginning of the trial . . . the brothers must insist on proving that torture was inflicted on them by state security before the judge, » goes a line in what is known as the Manchester Document, a 180-page al Qaeda how-to obtained by British police in 2000.

This is, of course, a prescription for lying, though it shouldn’t be a tough sell with the jury given that KSM was in fact waterboarded by the CIA some 183 times. If anything, it provides a perfect opening for him to turn the tables on his accusers and put the U.S. government on trial, while embellishing any which way he pleases. No small number of potential New York City jurors would find KSM a more credible witness than any number of Bush administration officials—think Alberto Gonzales or Dick Cheney—who might be called to the stand.

A second way to predict how the trials might go is to look back at the trial of al Qaeda’s Zacarias Moussaoui, often described as the « 20th hijacker. » Moussaoui’s case has been cited by defenders of Mr. Holder’s decision as an example of how civilian courts have succeeded in dealing with some of the most hardened terrorists.

Really? Moussaoui was arrested in August 2001, and indicted that December. It would take until May 2006 before a jury would sentence him to life in prison, a single juror having spared him a death sentence. Assuming a similar time frame for the KSM trials, that means we can expect verdicts in 2015. That’s a long time to keep lower Manhattan in a perpetual state of red alert.

Yet the Moussaoui trial wasn’t merely interminable. It was also incompetent. Moussaoui did everything he could to turn it into a circus, at various times entering contradictory pleas on the view, as he put it, that « you’re allowed to lie for jihad. » Lawyers for the government were repeatedly accused of malfeasance, leading Judge Leonie Brinkema to observe at one point that « I have never seen such an egregious violation of a rule on witnesses. » The judge herself came close to dismissing the entire case, even as the Fourth Circuit had to step in to reverse one of her rulings.

And this was a comparatively clean case, unlike, say, those of El Sayyid Nosair, acquitted in 1991 of the murder of Jewish fanatic Meir Kahane; or of Omar Abdel Rahman, the blind sheikh at whose trial for the 1993 World Trade Center bombing critical intelligence information was disclosed that gave Osama bin Laden clues as to what the U.S. knew about his network.

The third way to consider the trials is to look at Ground Zero itself. After eight years of deliberation, planning, money and effort, what have we got? The picture nearby is the answer.

Let me be more precise. After eight years in which the views and interests of, inter alia, the Port Authority, NYPD, MTA and EPA, the several governors of New York and New Jersey, lease-holder Larry Silverstein, various star architects, the insurance companies, contractors, unions and lawyers, the families of the bereaved, their self-appointed spokespersons, the residents of lower Manhattan and, yes, even the fish of the Hudson river have all been duly consulted and considered, this is what we’ve got: a site of mourning turned into a symbol of defiance turned into a metaphor of American incompetence—of things not going forward. It is, in short, the story of our decade.

Barack Obama, energetic and smart, was elected largely to change all that. But the thrust of his presidency so far has been in the direction of bloated government, deficits and health-care bills; paralysis over Afghanistan and Iran; the convulsions over Gitmo and the CIA torture memos. And now this: An effort to demonstrate the purity of our methods and motives that is destined, as all these things have been, to wind up as the legal equivalent of Ground Zero. Khalid Sheikh Mohammed, for whom no real justice will ever be meted, understood his targets well.


Histoire culturelle: Vous avez dit icône? (American Gothic: The extraordinary odyssey of America’s most loved – and reviled – painting)

21 novembre, 2009
American GothicAmerican gothic (plastic)Am gothic killerTransexual Am gothGothic Am goth
La démocratie américaine s’est construite sur le labeur d’hommes et de femmes aux coeurs vaillants et aux mâchoires fermes, des hommes et des femmes tels que ceux-ci. Légende d’une reproduction de 1935
Les Allemands peuvent bien massacrer mille Danois aujourd’hui, mais l’homme à la fourche sait qu’il aura du foin à faire quand les vaches rentreront ce soir. Brochure (Illinois, 1944)
I’m going home for good. And I’m going to paint those damn cows and barns and barnyards and cornfields and little red schoolhouses and all those pinched faces and the women in their aprons and the men in their overalls and store suits and the look of a field or a street in the heat of summer or when it’s ten below and the snow piled six feet high. Damn it, isn’t that what Sinclair Lewis has done in his writing— in Main Street and Babbitt? Damn it, you can do it in painting too! Grant Wood
Nous devrions avoir peur de Grant Wood. Chauqe artiste et chaque école artisitque devrait avoir peur de lui à cause de sa satire dévastatrice. Gertrude Stein
La famille qui tue ensemble reste ensemble. American gothic (accroche du film, 1988)
Toutes les bonnes idées que j’ai jamais eues me sont venues sous les pis d’une vache. Grant Wood
Il y a bien satire, mais seulement dans le sens qu’il y a satire dans toute œuvre réaliste. Ce sont des types de personnes que j’ai cotoyées toute ma vie. J’ai essayé de les représenter honnêtement – de les rendre plus eux-mêmes qu’ils ne l’étaient dans la vie réelle. Grant Wood
Mais la clé de la force d’attraction toujours renouvelée de ce tableau n’est pas son sujet ou son intrinsèque ambiguïté, mais sa forme – à savoir la pure frontalité des figures. Que l’on pense aux autres images iconiques de l’histoire de l’art: la Joconde, le cri de Munch, la Marilyn de Warhol, la mère de famille migrante de Dorothea Lange. Toutes dépeignent des figures humaines faisant directement face au spectateur – tout comme les images platement frontales des saints des icônes chrétiennes médiévales. Représenter ainsi des personnages les imprime dans nos mémoires et leur confère une certaine autorité et immédiateté. Les premiers chrétiens croyaient que les icônes étaient des portes donnant directement accès à la figure sacrée représentée. Les icônes séculaires modernes comme American gothic ont conservé une certaine part de sacré, dans le sens qu’elles relient à quelque chose de plus grand – non avec le divin, mais avec la mémoire collective de notre culture si friande d’images. Mia Fineman

Prix de consolation, longue obscurité d’une salle de musée, objet de malentendu puis de mépris, icône vénérée, objet de parodie, objet publicitaire ou télévisuel, sujet de films, série télé ou télé-réalité  …

En ces temps aux étranges relents, crise mondiale oblige, de Grande Dépression …
Et au moment où triomphe dans les musées parisiens la Renaissance flamande
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Retour, via un livre qui lui avait été consacré il y a quelques années pour son 75e anniversaire par l’historien de Harvard Steven Biel (« American Gothic: a life of America’s most famous painting », 2005 – merci Samuel Laurent) …
.
Sur le curieux destin d’un des plus célèbres mais aussi des plus décriés et parodiés tableaux américains du début justement des années 30 …
.
Le fameux American Gothic 

Où comment la redécouverte, par un peintre régionaliste américain (Grant Wood alors âgé de 39 ans) fraichement rentré d’Europe et confronté à l’abstraction continentale qui gagnait alors l’Amérique, de l’austérité sacrée de la Renaissance allemande dans la façade néo-gothique d’une maison de son Iowa natal

Elle-même d’ailleurs inspirée (grâce à l’invention de la scie à chantourner à vapeur et l’apparition des moulures en bois produites en série – on parle ainsi de « gothique du charpentier » ou gothique rural) de l’engouement de l’architecture anglo-saxonne d’alors pour les formes médiévales tant des temples protestants que des campus universitaires ou des édifices publics …

Finit, après une petite médaille de bronze, une acquisition pour le moins peu enthousiaste et pas moins de trente ans d’obscurité dans une salle de musée et par la seule magie ambigüe du climat anti-provincial des années 30 des Sherwood Anderson et des Sinclair Lewis puis de la contestation des années 60

En véritable icône, systématiquement et continument parodiée depuis, de la dénonciation de la culture censément bornée et répressive de la « Bible Belt » américaine (la menaçante fourche du puritain rural censée défendre tant la pruderie supposée de sa fille que le sacré emprunté de sa propriété) …

Mais aussi, par un curieux retour des choses et en réaction de la part des provinces ainsi stigmatisées (l’artiste se gardant bien lui-même de lever l’ambiguité de sa ruralité reconstituée – « le genre de personnes que j’imaginais vivre dans cette maison » – sa soeur et son dentiste jouant les fermiers américains) …

En véritable étendard et célébration des vertus et valeurs les plus sacrées, de détermination pionnière et de liberté individuelle, de l’Amérique profonde

Mais également, comme en témoignera le choix chez nous pour la couverture du célèbre « De la démocratie en Amérique » de Tocqueville, de l’Amérique tout court

The most Famous Farm Couple in the World
Why American Gothic still fascinates.
Mia Fineman
Slate Magazine
June 8, 2005

Of all the famous images in the history of art, only a handful have risen (or some might say sunk) to the status of cultural icons. At the top of this list are Leonardo’s Mona Lisa, Edvard Munch’s The Scream, and Grant Wood’s American Gothic. These images have been relentlessly copied, parodied, and reproduced in every conceivable form—from posters to neckties to life-sized inflatable dolls. The variations are endless: In a museum shop not long ago I came across a little flip-book in which American Gothic gradually morphs into The Scream—two for the price of one!

But how and why does an image become an icon? In his new book, American Gothic, published to coincide with the painting’s 75th anniversary, Harvard historian Steven Biel traces the cultural history of Wood’s famous portrait of a dour Iowa farmer and his stiff-necked wife (or daughter). Nearly everyone knows the image through copies and parodies, though few know much about the original painting. When Biel showed the picture to 59 Harvard sophomores, they all recognized it, but only 31 knew the title and only five could name the artist.

The story of American Gothic begins with a trim white cottage in Eldon, Iowa, that Wood, an Iowa-born artist with European training, spotted from a car window in August 1930.* He decided to paint the house—built in the « carpenter Gothic » style, which applied the lofty architecture of European cathedrals to flimsy American frame houses—along with « the kind of people I fancied should live in that house. » He recruited his sister Nan as a model for the woman, dressing her in a prim, colonial-print apron trimmed with rickrack (already out of date in 1930). He based the man on his stern-looking Cedar Rapids dentist, Byron McKeeby, whom he posed in a black jacket, collarless shirt, and clean denim overalls. In one hand, McKeeby holds a three-pronged pitchfork, which is visually echoed in the stitching of his overalls and in the Gothic window in the gable. In fact, Wood modeled each element separately—Graham and McKeeby never actually stood together in front of the house.

In the fall of 1930, Wood entered the painting in a competition at the Art Institute of Chicago. The judges dismissed it as a trifling « comic valentine, » but a powerful museum patron urged them to reconsider, and they awarded Wood a third-place bronze medal and $300. The patron also convinced the Art Institute to acquire the painting for its collection, where it remains today. The image quickly became famous through newspaper reproductions, first appearing in the Chicago Evening Post, and then in the rotogravure sections of newspapers in New York, Boston, Kansas City, and Indianapolis, often with the caption, An Iowa Farmer and His Wife.

When the picture finally appeared in the Cedar Rapids Gazette, real Iowa farmers and their wives were not amused. To them, the painting looked like a nasty caricature, portraying Midwestern farmers as pinched, grim-faced, puritanical Bible-thumpers. One Iowa farmwife told Wood he should have his « head bashed in. » Another threatened to bite off his ear. Stung by the criticism, Wood declared himself a « loyal Iowan » and insisted that the figures were not intended to be farmers but small-town folk, not Iowans but generic Americans. His sister Nan, perhaps embarrassed about being depicted as the wife of a man twice her age, started telling people that Wood had envisioned the couple as father and daughter, not husband and wife. (Wood himself remained vague on this point.)

The critics who admired the painting in the early ’30s—including Gertrude Stein and Christopher Morley—also assumed it was a satire about the rigidity of American rural or small-town life, lampooning the people H. L. Mencken called the « booboisie » of the « Bible Belt. » As Biel explains, « American Gothic appeared to its first viewers as the visual equivalent of the revolt-against-the-provinces genre in 1910s and 1920s American literature »—a critique of provincialism akin to Sherwood Anderson’s Winesburg, Ohio, Sinclair Lewis’ Main Street, and Carl Van Vechten’s The Tattooed Countess.

But a few years later, as the nation sank into the Great Depression, people started to see Wood’s painting in a different light. American Gothic was no longer understood as satirical, but as a celebratory expression of populist nationalism. Critics extolled the farmer and his wife as steadfast embodiments of American virtue and the pioneer spirit. « American democracy was built upon the labors of men and women of stout hearts and firm jaws, such people as those above, » read one caption in 1935.

Wood helped along this revisionist reading by repudiating the Paris-influenced bohemianism of his youth, refashioning himself as America’s « artist-in-overalls. » He allied himself with other regionalist painters like John Steuart Curry and the virulently jingoistic Thomas Hart Benton, who railed against the « control » of the East Coast art world by « precious fairies. » Wood echoed Benton’s anti-intellectual sentiments, announcing: « All the good ideas I’ve ever had came to me while I was milking a cow. »

The Depression-era understanding of American Gothic as an image of authentic American identity gave rise to its first known parody: In 1942, the photographer Gordon Parks posed a black cleaning woman with an upright broom in front of a large American flag and called it American Gothic. Since then, variants of Wood’s image have appeared in Broadway shows (The Music Man), movies (The Rocky Horror Picture Show), marketing campaigns (Saks Fifth Avenue, Country Corn Flakes, and Newman’s Own Organics, to name a few), television shows (Green Acres, The Simple Life), pornography (Playboy and Hustler), and in millions of jokey snapshots of two people facing front, one of them holding a vaguely pitchforklike object.

So, what is it about American Gothic that it makes such an indelible impression? Biel stops short of drawing any real conclusions, explaining how American Gothic became an icon, but not why. Of course, part of the answer lies in the built-in ambiguity of the image. Is the painting a satire or a celebration of the American heartland? Even Grant Wood seemed uncertain about this. (« There is satire in it, » he said, « but only as there is satire in any realistic statement. These are types of people I have known all my life. I tried to characterize them truthfully—to make them more like themselves than they were in actual life. »)

But the key to this painting’s enduring appeal is not its subject or its inherent ambiguity, but its form—specifically, the stark frontality of the figures. Think about the other iconic images from art history: the Mona Lisa, Munch’s Scream, Warhol’s Marilyn, Dorothea Lange’s Migrant Mother. All of them depict human figures directly facing the viewer—just like the flatly frontal images of saints in medieval Christian icons. Rendering figures in this way imprints them on our memories and endows them with both authority and immediacy. Early Christians believed icons were like portals that allowed the viewer to communicate directly with the sacred figure represented. Modern secular icons like American Gothic still retain some vestige of sacredness, in the sense that they connect with something larger—not with the divine, but with the collective memory of our image-loving culture.

Voir aussi:

Goth chic
‘American Gothic’ has become a cultural icon. But why? And what is it really about?
David Mehegan
The Boston Globe
May 21, 2005

CAMBRIDGE — It’s the most familiar American painting, even more than Emanuel Leuztze’s  »Washington Crossing the Delaware » or Gilbert Stuart’s portrait of George Washington. It’s instantly recognizable.

This year, Grant Wood’s  »American Gothic » turns 75, and in his forthcoming book of the same name, Harvard historian Steven Biel tells its history and raises questions so simple that no one seems to have asked them before: What does this literal icon mean to America, and why is it the most parodied image since the Mona Lisa?

There are no simple answers, because the image has been interpreted in various ways by various people — with anger, celebration, satire, even horror — for 75 years.  »It is randomly adapted to almost anything now, » said Biel, director of Harvard’s program in history and literature,  »but if you look at it and try to get beyond the blandness that comes from having seen it so many times, it can be unsettling. »

Biel’s 1996 book,  »Down With the Old Canoe, » was a similar treatment — in that case of the various cultural understandings of the Titanic disaster.  »I seem to be attracted to things that have been flattened, reduced to cliché, over time, » he said,  »and to recovering some of the richness of their meaning. »

In advertisements for corn flakes, Saks Fifth Avenue, Paul Newman’s organic produce, and even colleges, in political cartoons or television promotions (Paris Hilton’s  »The Simple Life »), we continually see versions of the famous image of a woman and dour man holding a pitchfork, in front of a house with a Gothic window. Many of us, as a joke, have struck that pose for a camera, holding a rake, a broom, or a snow shovel. But what is the joke? That we consider ourselves heartlanders, or just the opposite? Or are we poking fun at the idea of a heartland? Or are we merely imitating a famous painting?

The story begins with a mystery. No one knows what Grant Wood, an Iowa painter with European training, was thinking in 1930 when he put together his sister, Nan Wood Graham, his Cedar Rapids dentist, Byron H. McKeeby, and a lonely little house in Eldon, Iowa. (Built in 1881, the house is owned by the state historical society.) Each element was modeled separately (Graham and McKeeby never stood in front of the house), then combined in Wood’s mind and painting.

In later years, when the work was famous, Wood gave different explanations. It was merely a composition of forms, such as  »Whistler’s Mother. » The couple were a married farm family. Or they were father and daughter. Later still, he said that the man was a local banker or a businessman who liked to dress up in farmer duds at home. They were  »basically solid and good people, » or they were  »prim » and  »self-righteous. » But there is no record of his thinking before or during the painting’s creation.

Its fame was a fluke. Wood entered it in the Art Institute of Chicago’s annual painting contest, where it was dismissed as cloying. But a museum trustee implored the judges to reconsider. They did and gave it the third-place bronze medal, with a $300 prize. It became part of the museum’s collection, where it remains. But fame rushed in with a reproduction in the Chicago Evening Post in October 1930, followed by appearances in rotogravure sections nationwide, including in Boston, New York, and eventually Cedar Rapids.

When Iowa farmers saw the painting, they were outraged, seeing it as another lampoon of small-town America, the sort of sneering at the  »booboisie » famously practiced by H.L. Mencken. Many critics, including an admiring Gertrude Stein, also assumed it was a satire. But Wood, stung by his neighbors’ anger, called himself  »a loyal Iowan » who would never make fun of his state’s people.

As times changed, so did understandings of the painting. In the Depression, some critics admired it as a celebration of authentic values, akin to the works funded by the Federal Arts Project. During World War II, some saw the farmer and his wife or daughter as symbols of triumphal strength.  »The Germans may today slay a thousand Danes, » an Illinois pamphleteer wrote in 1944,  »but the man with the pitchfork knows that . . . he will have hay to pitch when the cows come home. »

In the 1960s and since, critics have offered various understandings of  »American Gothic. » One pointed out that  »gothic » also means horrifying, that dark and shameful deeds might lie behind the subjects’ faces and veiled window. Robert Hughes wrote that Wood was obviously a deeply closeted homosexual, while Hilton Kramer attacked the work as kitsch that has no place in the canon of great 20th-century painting. John Seery saw  »Oedipal, generational, incestual » themes.

The image appeared in Meredith Willson’s  »The Music Man, » but the age of parody really got going in the late 1960s, when Nan Wood Graham (Grant had died in 1942) sued Johnny Carson and Playboy magazine for defamation. Carson had held up an image showing the man in bathing trunks and the woman in a bikini, while Playboy had showed her, of course, bare-breasted. Graham settled out of court but lost a similar 1988 suit against Hustler magazine. She died in 1990, and by then the flood of parodies was unstoppable.

 »American Gothic » is fixed in the nation’s collective brain, but perhaps mainly as parody. As an experiment, Biel showed  »American Gothic » to 59 Harvard sophomores and asked them to name the title and painter. Most of them recognized it, but only 31 knew the title, and only five could name the painter.

Uses of the image often stretch far beyond the original scene.  »There was a billboard I used to pass every day on Massachusetts Avenue in North Cambridge, » Biel said.  »It showed two college kids advertising Quincy College in the ‘American Gothic’ pose. Maybe somebody can tell me what that has to do with Quincy College. There are parodies that use it in thoughtful ways, but it also tends to get used in an automatic, ‘Oh well, everybody will recognize this’ fashion. » (A spokeswoman for Quincy College said the billboard promoted the fine arts department.)

 »American Gothic » may work so well as parody because it’s a kind of broad template. It shows middle-age, middle-class white people in the Midwest, apparently a family, before their middling house (neither imposing nor a hovel), an odd splice of agrarian and suburban elements, half home and half church. It may be that  »American Gothic » is the archetypal theme that we crave to vary. Possibly the earliest variation was Gordon Parks’s 1942 photograph of Ella Watson, an African-American charwoman in Washington, holding a broom in front of an American flag.

Growing up in suburban Cleveland, Biel, 44, says he was immersed in television and popular culture, and is clearly sensitive to cultural imagery. His book, which will be published June 6, has authoritative analyses of  »American Gothic » in the 1960s sitcoms  »Beverly Hillbillies » and  »Green Acres. » In addition to a large framed print of  »American Gothic, » Biel’s Harvard office is full of parody items, including a flip-book in which the painting gradually morphs into Edvard Munch’s  »The Scream. » He turns on his laptop computer to show the 1963 Country Corn Flakes ad, in which the painting’s familiar duo sings, amid clucking chickens,  »It won’t wilt/ when you pour on milk! »

Like  »The Scream, »  »American Gothic » could not work as parody if the original did not have power of its own. Biel is not an art critic, and he hesitated to comment on the painting, apart from the myriad understandings others have had. But when pressed to do so, he gazed up at it over his desk and mused,  »It’s haunting — creepy in a lot of ways. Look at those faces. They’re disturbing. Why isn’t she looking at us? He is — why isn’t she? What does he want, peering into our souls? He is holding a pitchfork, but there’s no dirt on it. Is he posing with it because this is Sunday afternoon and this is one of the tools of his trade? Or is there something — more sinister? »

Voir encore:
In 1930, Iowan artist Grant Wood paints American Gothic using his sister Nan and a local dentist as models. (The history’s recounted in Steven Biel’s new American Gothic: A Life of America’s Most Famous Painting.) The work places third at an Art Institute of Chicago competition (after nearly being eliminated in an early round). Critics interpret it as a bohemian’s caricature of Midwesterners, but Wood claims it’s simply an exercise in formal composition. The Institute buys it for $300.(2) The painting is displayed at the 1933–4 World’s Fair in Chicago and reproduced widely in newspapers. Iowa farmwives are livid; one threatens to bite off Wood’s ear. Photographer Gordon Parks later borrows American Gothic’s title for his 1942 photograph of an African-American cleaning woman holding a broom in front of the American flag.(3) The Music Man opens on Broadway in 1957; in it, two townsfolk pose in a familiar tableau. Six years later on The Dick Van Dyke Show, Rob thinks he’s bought a version of the painting at an auction. Laura points out that the subjects are smiling. Says Rob, “Well, maybe they had a good crop that year . . . ”

(4) In 1968, Nan Wood Graham launches a $9 million defamation suit against Johnny Carson and Playboy, prompted by a “Make Fun of the Classics” segment in which Carson shows the couple clad in skimpy bathing suits. Wood Graham wins a small settlement. Later, in 1977, she loses a similar $10 million suit against Hustler.

(5) In 1975, the cult painting makes a cameo in a soon-to-be cult film, when the American Gothic couple open the church doors for Brad and Janet in The Rocky Horror Picture Show.

(6) The painting, which Life magazine once used to illustrate the concept of middlebrow, hits its cultural nadir in 1988, when it lends its title to the slasher flick American Gothic, starring Rod Steiger and Yvonne De Carlo. (Tagline: “Families that slay together stay together!”)

(7) In 1997, critic Robert Hughes tries to “out” Wood in his book American Visions, calling the painting “an exercise in sly camp, the expression of a gay sensibility so cautious that it can hardly bring itself to mock its objects openly.” Gothic becomes not-so-sly camp when, in 2003, Paris Hilton and Nicole Richie strike the pose for a Simple Life publicity photo. This year, the painting marks its 75th anniversary by returning to Iowa for a Grant Wood retrospective at the Cedar Rapids museum in September.

Voir enfin:

October 1930, Grant Wood’s American Gothic comes in third at a Chicago Art Institute exhibit

American Gothic

by Sarah Vowell

Going Home for Good

Grant Wood, American Gothic (1930). Oil on beaver board. The Art Institute of Chicago®.

In August 1930, President Herbert Hoover appointed representatives from the Federal Reserve, the Federal Farm Board, the Red Cross, banks, and the railroads to form the National Drought Relief Committee in order to at least pretend to address what Secretary of Agriculture Arthur M. Hyde called “the worst drought ever recorded in this country.” Meanwhile, back in Iowa, painter Grant Wood went for a ride. At the moment Hyde’s department worried that dwindling stores of feed, including hay, in Southern and Midwestern states were in “critical condition,” Wood spotted an old white home in the town of Eldon and thought of painting its imaginary owners out front, with the man of the house gripping a hay fork. The pair’s outdated clothes would give them a nostalgic air. Or maybe as the 1930s wore on, they would come to appear nostalgic for a time when there was actually hay around to pitch.

By October, Wood’s painting, American Gothic, would come in third at the Art Institute of Chicago’s Forty-Third Annual Exhibition of American Paintings and Sculpture. Museum boosters purchased the work for $300 for the Art Institute’s permanent collection, where it remains in the company of Caillebotte and Matisse— real artists from France. A week after the exhibition’s opening, Wood’s hero and fellow Midwesterner, Sinclair Lewis of Minnesota, would become the first American to win the Nobel Prize in Literature. (Take that, France.) “They had labored, these solid citizens,” Lewis wrote in Babbitt. Not a stretch to describe Wood’s subjects that way too.

Wood, like Lewis (and F. Scott Fitzgerald of St. Paul and Ernest Hemingway of Oak Park), would ditch his hometown for Paris in the 1920s, where he would dab out the sort of blurry paintings of cathedrals he thought he was supposed to like. According to his friend there, the journalist William L. Shirer, one day Wood up and declared:

I’m going home for good. And I’m going to paint those damn cows and barns and barnyards and cornfields and little red schoolhouses and all those pinched faces and the women in their aprons and the men in their overalls and store suits and the look of a field or a street in the heat of summer or when it’s ten below and the snow piled six feet high. Damn it, isn’t that what Sinclair Lewis has done in his writing— in Main Street and Babbitt? Damn it, you can do it in painting too!

Thus Wood gave up on painting dappled French Gothic doors and hightailed it back to Iowa to start painting his famous flat, Gothic Revival window, hung with what Lewis called “curtains of starched cheap lace” probably ordered from the same mail-order catalog as those in Gopher Prairie, the town in Main Street. (Insert obligatory mention of the word “regionalism” here, along with legally required passing reference to painters John Steuart Curry of Kansas and the swirling pictorial narratives of Missouri’s Thomas Hart Benton.)

If Shirer’s memory of Wood’s Parisian outburst is to be believed, the painter made good on his pledge to depict “the women in their aprons and the men in their overalls” in American Gothic. There’s even a “damn barn” over the man’s shoulder, presumably to house a few “damn cows” he’s fixing to feed with his pitchfork. Though not if the aforementioned drought of 1930 has a say.

Let’s start with the apron. It’s a fake. The model for the farmer’s daughter in the painting is Wood’s sister, Nan. She later recalled that her brother requested that she sew an apron with rickrack, a “trim that was out of style and unavailable in stores. I ripped some off Mother’s old dresses, and after the painting made its debut, rickrack made a comeback.”

Nan’s point? This is a history painting. Three years later Wood made Portrait of Nan. In it, his sister lets her hair down. She wears makeup and a kicky, sleeveless polka-dot blouse. Compared to the fictional plain Jane in American Gothic, actual Nan verges on Veronica Lake. So that rickrack is literally a dead giveaway—that woman, and flinty women like her, according to Wood, are dead and gone so let us now praise famous whatever.

In a 1941 letter, Wood claimed he wanted the painting’s daughter to be “very self-righteous, like her father.” Her defiant cleanliness, however, is betrayed by a curl breaking free of her tight bun. Wood goes on to say that he “let the lock of hair escape to show that she was, after all, human.”

If self-righteousness was Wood’s intention, he failed. Trust the painting, not the painter. What we see here is self-doubt. All the starch in Iowa cannot stiffen the look on that woman’s face. Her sidelong glance betrays something more interesting than pain—ambivalence. Mixed feelings about her lot in life is the most modern feeling a woman can have. Just ask Carrie Kennicott: “That one word— home—it terrified her.”

Kennicott, Lewis’s protagonist in Main Street, turns down her college sweetheart Stewart’s marriage proposal because “I want to do something with life.” He rebuts, “What’s better than making a comfy home and bringing up some cute kids and knowing nice homey people?” Corny, but a fair point. This, Lewis deadpans, is the “immemorial male reply to a restless woman.”

Though Carrie turns down Stewart, she eventually gives up her career as a librarian to marry a doctor from Gopher Prairie, a place that is about as lively as it sounds. Mid-marriage, she abandons him too for Washington, D.C., for a while, to live and work among the suffragettes. Eventually, she gives up and goes back to her husband and Gopher Prairie, though not without screeching, “I do not admit that dish-washing is enough to satisfy all women!” So there!

The woman in American Gothic might even have such a backstory, if not an actual inner life. To see her, however, requires actually looking at the painting. This is harder than it sounds. There’s a lot of buildup that needs to be cleaned off. Scrape away that postcard of Ronald and Nancy Reagan in rickrack and overalls. As well as Paul Newman and his daughter on a package of Newman’s Own organic cookies. Along with the couple singing backup on “Dammit Janet” in the Rocky Horror Picture Show. And the opening credits of Green Acres—go ahead and sing along while you scrub: “The Chores! The Stores!” The only thing more American than turning American Gothic into a sight gag is the way the deep, dark, Norwegian anguish of Edvard Munch’s The Scream is turned into a fun backdrop for dark chocolate M&Ms. (In America, stores almost always win out over chores.)

After she saw American Gothic, august American-in- Paris Gertrude Stein said, “We should fear Grant Wood. Every artist and every school of artists should be afraid of him, for his devastating satire.” Certain ladies of Iowa concurred. Historian Steven Biel notes, “An Iowa farmwife, irate over American Gothic, told Grant Wood, by one account, that he should have his ‘head bashed in.’”

Wood’s upstanding, folksy couple are usually the sort of characters urbanites only care about when Truman Capote writes a pretty book about how they got gunned down. To his more rural fellow Iowans, Wood was a city slicker from Cedar Rapids. So was he making fun of farmers?

Wood claimed he didn’t mean to. In that 1941 letter, the artist argues:

The persons in the painting, as I imagined them, are small town folks, rather than farmers. Papa runs the local bank or perhaps the lumber yard. He is prominent in the church and possibly preaches occasionally. In the evening, he comes home from work, takes off his collar, slips on overalls and an old coat, and goes out to the barn to hay the cow.

In fact, the model for the man in overalls was not a farmer but Wood’s dentist, Byron McKeeby. In the letter, Wood goes on to say that he “did not intend this painting as satire.” He adds, “It seems to me that they are basically solid and good people. But I don’t feel that one gets at this fact better by denying their faults and fanaticism.”

As a D.C. suffragette tells Carrie Kennicott in Main Street, “Your Middlewest is double-Puritan— prairie Puritan on top of New England Puritan; bluff frontiersman on the surface, but in its heart it still has the ideal of Plymouth Rock in a sleet-storm.” Wood’s pair lives up to that assessment—they’re a tad too churchy but they won’t give up. There are worse sentiments for a painting made in the first year of the Great Depression to have.

American Gothic asks the same question of the country it asks of its prim couple staring down the viewer: is the basic, earthy goodness and potted-plants- on- the- porch cheer of the United States weakened by its preachy, confrontational zeal? Answer: yep. But that doesn’t mean the painting—or the country—is all that funny.

Bibliography:

Steven Biel, American Gothic: A Life of America’s Most Famous Painting (New York, 2005). Wanda M. Corn, “The Birth of a National Icon: Grant Wood’s American Gothic,” in Reading American Art, ed. Marianne Doezema and Elizabeth Milroy (New Haven, CT, 1998). Thomas Hoving, American Gothic: The Biography of Grant Wood’s American Masterpiece (New York, 2005). Jane C. Milosch, ed., Grant Wood’s Studio: Birthplace of American Gothic (Cedar Rapids, IA, 2005).


Mondial 2010: Le jour de la honte est arrivé (Shame on Thierry Henry! Shame on France!)

19 novembre, 2009
What a disgrace!

Pratiqué avec sérieux, le sport n’a rien à voir avec le fair-play. il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence; en d’autres mots, c’est la guerre, les fusils en moins. George Orwell
Thierry Henry est un volleyeur français d’origine antillaise, guadeloupéen (La Désirade) par son père et martiniquais par sa mère, né le 17 août 1977 aux Ulis … Notice wikipedia modifiée
Il aurait pu être un phare d’intégrité. A la place, il a jeté la honte, sur lui-même et sur le football. Henry parle avec éloquence, mais pour moi, il sera toujours un faussaire hypocrite, quelqu’un qui ne se préoccupe que de lui-même.Tony Cascarino (ancien international irlandais)
C’est un scandale, une honte, avec un H majuscule. C’est une grande chance qu’on ait eu affaire à des Irlandais qui sont des mecs sympas, parce que si ça avait été un autre pays, un pays chaud, il y aurait eu des morts au stade. Thierry Roland (commentateur sur M6)
Henry a en plus eu le culot de fêter dans l’euphorie l’un des tirs les plus mensongers de l’histoire du jeu. Mentir en mots, c’est moche, mais mentir en gestes peut être obscène. A Bola (quotidien portugais)
Je ne crois pas qu’un joueur de son envergure, avec son expérience, avec son palmarès, le nombre de sélections qu’il a eues en équipe de France, avec l’amour qu’il a du jeu, qu’il soit un homme à faire de la pratique anti-sportive. Rama Yade (UMP)
La main de Thierry Henry, c’est le summum de la chance. Il a fait son job, c’est l’arbitre qui aurait dû voir la main. Ce n’est pas de la tricherie, le football c’est comme ça. Daniel Cohn-Bendit (Europe-Ecologie)
La morale de ce match, c’est que l’on peut tricher du moment qu’on n’est pas pris. L’équipe de France va traîner pendant des années cette image d’équipe de tricheurs. Philippe de Villiers (Mouvement pour la France)
[L’engouement des Français d’origine algérienne] répond à une logique d’exclusion. Le regard de la population française sur cette partie de la population française dont l’intégration s’est parfois mal faite, qui peut connaître le racisme et les discriminations et qu’on continue d’appeler « immigrés », exprime souvent du rejet. Si on vous dit à longueur de journée : « Vous êtes différent, vous n’avez pas entièrement votre place dans la société », il arrive un moment où vous vous dotez d’éléments identitaires qui permettent de résister au mépris.
Quand un jeune Français d’origine algérienne affiche un drapeau algérien, il y a cette dimension de renversement des anciennes dominations. Il se dit: « Je mets fin au rapport colonial, je montre clairement que l’ancienne colonie est indépendante. » Le message est aussi social : « On a été exploités dans les usines mais on joue au football aussi bien que les autres ». Michel Wieviorka (Ecole des hautes études en sciences sociales)

Entraineur (français) qui propose de rejouer un match controversé, joueur (anglais) qui signale à l’arbitre sans obtenir gain de cause un penalty immérité pour son propre camp, joueur (allemand) qui obtient l’annulation d’un penalty litigieux, joueur (italien) qui voit annulé sur sa demande son but marqué de la main, joueur de tennis (suédois) qui demande qu’on rejoue un point décisif …

Au lendemain d’une prétendue victoire de l’équipe de France où, derrière leur Thierry Henry de capitaine, les joueurs français ont atteint des sommets tant de nullité athlétique que d’ignominie sportive …

Pendant que nos rues prenaient d’étranges couleurs vert et rouge croissant sur fond de pillages, vitrines brisées et voitures incendiées (plus de 300 pour la seule soirée!) …

Et contre les cyniques tenants du sport real politik du pas vu pas pris, les mêmes qui avaient soutenu le coup de folie de Zidane en 2006 et qui refusent aujourd’hui de même envisager, selon le précédent d’un match de qualification pour le Mondial 2006 entre l’Ouzbékistan et le Bahreïn à la suite d’une erreur d’arbitrage, la demande du Premier ministre irlandais de rejouer le match

Retour, avec l’Express, sur de véritables histoires de « gentlemen » du sport qui montrent bien comment l’ancien joueur d’Arsène Wenger et idole du football anglais aurait pu, avec ses coéquipiers, « entrer dans la légende » des grandes équipes et des grands sportifs.

Au lieu, sans compter les éventuelles pertes de revenus publicitaires pour cause de menaces de boycott et d’éventuel retrait de ses sponsors (près de la moitié de ses 18 millions annuels pour le sportif français le mieux payé et 3e mondial mais à la fin de carrière plutôt à court de résultats sportifs), des sifflets et huées qui risquent dorénavant de saluer son parcours …

Thierry Henry n’a pas retenu les leçons de fair-play
Philippe Broussard, Henri Haget, Boris Thiolay, Matthieu Deprieck, L’Express
le 19/11/2009

D’Arsène Wenger à Robbie Fowler en passant par Miroslav Klose, les histoires de « gentlemen » ne manquent pas. Ni dans le football, ni dans d’autres sports comme le tennis.

Le verbe encore plus mesuré qu’à l’habitude, Arsène Wenger, qui commentait le match sur TF1, n’a pas vraiment fêté le hold-up des Bleus face à l’Irlande. Il faut dire que l’entraîneur d’Arsenal est considéré par les Britanniques comme l’incarnation du fair-play depuis un fameux 8ème de finales de la coupe d’Angleterre opposant son équipe à Sheffield United, le 13 février 1999.

Lors de ce match, Arsenal s’impose (2-1) grâce à un but de son avant-centre Marc Overmars sur une touche rapidement jouée alors que les joueurs de Sheffield avaient sorti volontairement le ballon du terrain à la suite de la blessure d’un des leurs. Dans ce cas, la règle non écrite aurait voulu qu’Arsenal rende le ballon à son adversaire. Mais Overmars, lui, a marqué, l’arbitre a validé le but, et le club londonien s’est qualifié sans mérite.

C’est là que Wenger a fait autant pour le rapprochement franco-britannique que le tunnel sous la Manche. A l’issue du match, de sa propre initiative, il propose que la rencontre soit rejouée dans son intégralité dix jours plus tard. Les dirigeants de Sheffield United acceptent. Même les tabloïds de sa Gracieuse Majesté n’ont pas assez de superlatifs pour louer Arsène le « sportsman ». Moralité de l’histoire: lors du deuxième match, Arsenal se qualifie sur le même score (2-1), mais à la régulière. Et c’est ainsi que les grands clubs, et les grands hommes, entrent dans la légende.

Un attaquant fait annuler un pénalty en sa faveur

Thierry Henry n’a pas à réfléchir trop longtemps pour trouver un autre exemple de fair-play. Cette fois, les faits remontent à mars 1997, et concernent toujours son ancien club d’Arsenal. Ce jour-là, l’équipe londonienne reçoit les Reds de Liverpool. L’arbitre de la rencontre siffle un penalty pour une faute supposée du gardien d’Arsenal, David Seaman, sur l’attaquant adverse Robbie Fowler. Celui-ci s’approche alors de l’arbitre et, assurant qu’il n’y a pas faute, lui demande de revenir sur sa décision. L’homme en noir n’en fait rien, et maintient le pénalty. Fowler se charge lui-même de le frapper, sans grande conviction. Le portier des Gunners repousse le ballon, repris aussitôt par un joueur de Liverpool, l’Irlandais Jason McAteer, qui marque. Ce jour-là, Liverpool s’est imposé (2-1) et mais Fowler a renforcé son image de « seigneur ».

Autre exemple, celui de l’international allemand Miroslav Klose. En mai 2005, alors qu’il évolue à Werder Brême, Klose bénéficie d’un penalty contre Bielefeld. En disant lui-même qu’il n’y pas faute, il obtient de l’arbitre qu’il annule sa décision.

Enfin, on a coutume de dire que les Italiens sont truqueurs, et pourtant Thierry Henry aurait été bien inspiré de suivre l’exemple de Daniele De Rossi. En 2006, sous les couleurs de l’AS Rome, il marque de la main. Les joueurs de Messine protestent. L’arbitre les ignore et valide le but. De Rossi s’avance alors vers lui et lui signale sa faute. Le goal est annulé. L’AS Rome l’emporte finalement 2-1.

La classe Wilander

L’histoire du tennis offre aussi quelques beaux exemples d’honnêteté sportive. Celle du Suédois Mats Wilander, par exemple…

Juin 1982. Demi-finale du tournoi de Roland-Garros. Un gamin de 17 ans, Wilander, affronte le numéro 5 mondial, l’argentin José-Luis Clerc. Menant deux sets à un et 6-5 dans la quatrième manche, Wilander obtient une balle de match sur le service de son adversaire. L’échange est interminable. A la quatorzième frappe, l’argentin lâche un coup droit décroisé qui mord la ligne. La balle est annoncée « faute ». Jacques Dorfmann, le fameux juge-arbitre de Roland-Garros, annonce: « Jeu, set et match Wilander, 7-5, 6-2, 1-6, 7-5 » et descend de sa chaise.

Clerc va voir Dorfmann, proteste, estimant que sa balle est bonne. Wilander s’approche du filet, semble hésiter. Il fait un tour sur lui-même, secoue la tête, l’air de dire: « Non, pas comme ça… » Puis, il se plante devant l’arbitre. Lui glisse quelques mots. Et là, stupeur. Dorfmann remonte sur sa chaise et annonce: « A la demande de Mats Wilander, on rejoue le point… »

Un joueur qui refuse de gagner sur une balle de match litigieuse en sa faveur: du jamais vu dans le tennis professionnel. Une immense ovation salue ce geste de fair-play. On rejoue donc le point. Quelques secondes plus tard, Clerc expédie un revers dans le filet. Cette fois, Wilander a bel et bien gagné. A la régulière. Le surlendemain, en finale, il s’impose en quatre sets face à Guillermo Vilas et devient, à 17 ans et 9 mois, le plus jeune vainqueur de Roland-Garros. Il sera par la suite numéro 1 mondial. Mais, ce jour de juin 1982, Wilander a certainement signé le coup le plus élégant de toute sa carrière.

Voir aussi:

Arsène Wenger offers an FA Cup rematch to Sheffield United 13
Arsenal
February 1999

The FA Cup often throws up weird and wonderful situations but in 1999 Highbury witnessed one of the strangest episodes in the competition’s history.

Arsenal were drawn at home against Sheffield United in the Fifth Round and beat the Yorkshire team 2-1 thanks to goals from Patrick Vieira and Marc Overmars. However, the winning goal caused plenty of controversy.

The ball had been kicked into touch by a United player so one of his team-mates could receive treatment. But when Kanu received possession from the resulting throw, he broke away down the right and squared for Overmars to score.

The Blades were outraged and pointed the finger at Kanu but the Nigerian had simply misunderstood the situation, unaware that a United player had needed treatment. Nonetheless, the dispute was not going to be settled easily.

Arsène Wenger stepped in and, recognising the unique situation Arsenal found themselves in, he offered United manager Steve Bruce a chance to replay the match at Highbury.

Wenger’s gracious offer was accepted and, with the FA’s consent, the rematch took place 10 days later. Overmars and Dennis Bergkamp put Arsenal in charge and, although the Blades grabbed a late consolation, they suffered another 2-1 defeat.


Chute du Mur/20e: Pour nous, tout a commencé à Prague le 17 novembre… (There is more to statesmanship than making speeches)

17 novembre, 2009
La destruction de l’URSS fut la plus grande catastrophe géopolitique du siècle. Poutine (le 25 avril 2005)
Nous avons besoin de nouveaux manuels qui rendent les jeunes fiers de leur pays. Poutine
La politique étrangère de l’Administration Obama a dirigé beaucoup d’optimisme et de bonne volonté vers les amis et les ennemis. Des perspectives si gaies sont louables tant qu’elles ne s’opposent pas à la réalité. (…) M. Poutine s’est servi des droits de l’homme et de la démocratie comme monnaies d’échange parce que ces choses importent à l’Occident et pas à lui. Jusqu’à ce que le jeu soit joué avec des enjeux de valeur pour le Kremlin, ce sera une confrontation à sens unique. (…) la politique, c’est bien plus que d’imprimer de l’argent et de faire des beaux discours. L’inflation rhétorique peut, comme l’inflation monétaire, mener au désastre. Garry Kasparov
En Russie, le régime est plus moderne, plus démocratique et plus sophistiqué que le stalinisme. Mais il faut être vigilant. L’action de Poutine doit au moins nous inviter à la prudence. Avec lui, la Russie veut restaurer sa zone d’influence, son « étranger proche », comme ils disent là-bas. Nous n’avons pas le droit de fermer les yeux et de le laisser faire. Vaclav Havel
Pendant qu’après avoir tout lâché (et d’abord ses alliés géorgiens, polonais ou tchèques) face au nostalgique de l’URSS et accessoirement l’une des probables plus grandes fortunes du monde mais aussi trahi (notamment sur le climat) ses thuriféraires européens, le Génuflexeur en chef poursuit sa tournée mondiale de dénigrement de son propre pays …
.
Retour, en cette Journée internationale des étudiants commémorant l’assassinat par les nazis en 1939 de neufs étudiants de l’Université de Prague (comme l’envoi de 1200 dans les camps de concentration), sur un autre 17 novembre (suite à l’annonce, celle-ci infondée, d’un nouveau Jan Opletal tué par la police) qui, comme le rappelle Vaclav Havel, marqua 50 ans plus tard le début de la fin du communisme en Tchécoslovaquie.

Et surtout sur l’avertissement de l’ancien dissident tchèque sur le nouveau danger de la Russie de l’ex-cagébiste Poutine …

Vaclav Havel : «Le régime s’effondrait d’heure en heure»
J.-M. G.
Le Figaro
30/10/2009

De passage à Paris pour recevoir un doctorat honoris causa de Sciences-Po, Vaclav Havel, l’ancien dissident tchèque devenu président revient sur la «révolution de velours».

Le Figaro Magazine – A quand remonte la véritable mort du communisme en Tchécoslovaquie, 1968 ou 1989 ?

Vaclav Havel – Certainement 1989. Le Printemps de Prague de 1968 était quelque chose d’ambigu. C’était un réveil, un sursaut qui s’est, malheureusement, arrêté à mi-chemin. Le pouvoir n’a pas compris ce que la société voulait exprimer. 1968, c’était une tentative de changement avortée qui s’est achevée par une brutale intervention militaire.

En 1989, nous avons commencé par suivre de près l’exode des Allemands de l’Est. C’était une fuite massive, notamment via Prague. Ils campaient dans le parc de l’ambassade d’Allemagne fédérale. Je m’étais rendu sur place pour voir ça de mes yeux. J’ai compris que le cours des choses avait changé. Les Tchèques leur témoignaient leur solidarité en apportant du thé, des couvertures… Le mouvement prenait de l’ampleur, y compris chez nous.

La «révolution de velours» naît-elle naturellement de la chute du Mur ?

En premier lieu, elle est partie de profonds changements dans la société. Dans chacun des pays socialistes, il a fallu lutter pour la liberté et la conquérir. Nulle part, il n’était garanti que cela allait se passer de manière pacifique et non-violente. Mais partout, on sentait quelque chose dans l’air. On devinait que l’Union soviétique ne pouvait plus intervenir sous peine d’ouvrir une crise internationale et de rompre toute la nouvelle politique de perestroïka. Mais personne ne savait où et comment l’avalanche partirait. Chez nous, tout a commencé à Prague le 17 novembre avec une manifestation d’étudiants que la police a brutalement réprimée.

Comment vous et vos amis dissidents avez pris les rênes du pouvoir ?

La dissidence n’était pas prête. Nous n’avions pas prévu de gouverner le pays. Le mouvement des dissidents disait seulement à haute voix ce qu’il se passait vraiment dans le pays. Nous répondions ainsi à la propagande monolithique du régime qui se faisait passer pour la voix de la société. Notre objectif consistait à promouvoir et exprimer une réflexion libre.

Nous n’avons eu qu’une influence minime sur les événements eux-mêmes. Mais quand le pouvoir a cherché à dialoguer, il a fait de nous ses interlocuteurs. Il n’existait pas de mouvement politique organisé auquel il pouvait parler. Nous avons alors fondé le Forum civique dans ce but. Rien n’était calculé. Et cela d’autant moins que l’effondrement du communisme s’est produit beaucoup plus tôt que nous le pensions.

Le communisme tchécoslovaque était au bout du rouleau…

Je sais qu’en France le Printemps de Prague a eu un grand retentissement. Mais ce qui l’a suivi a été terrible pour le pays. Des centaines de milliers de cadres ont été limogés et remplacés par les plus conservateurs. L’Etat a été placé entre les mains de gens de deuxième catégorie, des incompétents. L’intervention et l’occupation soviétiques ont produit une situation pire que dans tout le reste du bloc socialiste.

En 1989, pourtant, les choses se sont déroulées sans drame. Les Tchèques ont été conséquents. Mais ils n’ont pas cru un instant au communisme réformé, à une sorte de retour du Printemps de Prague vingt ans après.

Alexander Dubcek, figure de proue du Printemps, a tout de même été ressorti de l’oubli…

Il a fallu le tirer par la manche pour qu’il apparaisse au balcon face à la foule de Prague. Il avait préparé un long discours que nous lui avions demandé d’abréger. Les gens ne l’écoutaient pas, ils ne l’écoutaient plus. Ce qu’il disait n’était pas en phase avec la société de 1989. En plus, c’était un piètre orateur. Dans les jours qui ont suivi, il s’est révélé comme une sorte de pleurnichard qui versait des larmes sur chaque compromis passé entre le pouvoir et le Forum civique.

Pourquoi le communisme tchécoslovaque se réclamait-il d’une légitimité populaire ?

C’est une circonstance historique. Il n’avait pas d’ancrage particulier chez nous. Mais il est vrai qu’après la guerre le PC avait récolté 37 % des voix. C’était dû à l’atmosphère du moment. Les Soviétiques nous avaient libérés. Le nazisme était né d’une grave crise du capitalisme. Et le lâchage de Munich avait donné le sentiment aux gens que nous avions été abandonnés par l’Occident. Si l’on avait voté six mois plus tard, le PC n’aurait jamais récolté autant de voix. C’est pour ça que les communistes ont fait le coup de Prague en 1948.

Comment avez-vous conduit l’après-communisme ?

Nos idéaux étaient restés les mêmes. Les premières réformes se résumaient aux principes de la dissidence : élections libres, pluralisme, économie de marché, Etat de droit, respect des libertés individuelles. Ensuite, notre priorité a consisté à démettre et écarter tous les responsables des exactions du communisme.

Mais au-delà de ces bases établies très vite, il a fallu administrer le pays car le régime s’est effondré à une vitesse vertigineuse. Il s’écroulait d’heure en heure. Nous n’étions pas prêts à assumer ces responsabilités. Mais faute de classe politique de remplacement, nous avons pris le relais. Je me souviens que j’ai dû implorer un grand nombre d’amis pour qu’ils acceptent des fonctions ministérielles.

Quel regard portez-vous sur Gorbatchev ?

C’est une figure tragique de l’Histoire. Il a ouvert la chaudière du communisme pour faire baisser la pression. Elle lui a sauté au visage. Mais, d’un autre côté, sans la glasnost et la perestroïka, le communisme aurait chuté plus tard et Dieu sait dans quelles conditions et dans quel état.

Avec votre ami Milos Forman, vous voulez adapter le livre de Georges-Marc Benamou, « Le Fantôme de Munich ». Cet esprit a-t-il hanté votre pays après Yalta ?

Il est difficile de comparer Munich et Yalta. Mais on a exagéré la signification des accords de Yalta. C’était une répartition de zones militaires qu’on a transformées ensuite en sphères d’influence. En Crimée, on s’est distribué les rôles pour combattre le nazisme. Pas plus. Tandis qu’à Munich, on a passé un compromis avec le Mal.

Vous multipliez les mises en garde contre la Russie de Poutine. Le «fantôme» est-il de retour ?

En Russie, le régime est plus moderne, plus démocratique et plus sophistiqué que le stalinisme. Mais il faut être vigilant. L’action de Poutine doit au moins nous inviter à la prudence. Avec lui, la Russie veut restaurer sa zone d’influence, son « étranger proche », comme ils disent là-bas. Nous n’avons pas le droit de fermer les yeux et de le laisser faire.

Voir aussi:

Russia Worries About the Price of Oil, Not a Nuclear Iran
The Obama administration’s foreign-policy goodwill has yet to be repaid in kind.
Garry Kasparov
The Wall Street Journal
October 18, 2009

Last Wednesday in Moscow, the remaining illusions the Obama administration held for cooperation with Russia on the Iranian nuclear program were thrown in Secretary of State Hillary Clinton’s face. Stronger sanctions against Iran would be « counterproductive, » said Russian Foreign Minister Sergei Lavrov, just days after President Dmitry Medvedev said sanctions were likely inevitable. This apparent inconsistency should remind us that Mr. Medvedev is little more than a well-placed spectator, and that Prime Minister Vladimir Putin, who discounted sanctions in a statement from Beijing, is still the voice that matters.

This slap comes after repeated concessions—canceling the deployment of missile defenses in Eastern Europe, muted criticism of Russia’s sham regional elections—from the White House. Washington’s conciliatory steps have given the Kremlin’s rulers confidence they have nothing to fear from Mr. Obama on anything that matters.

And nothing matters more to Mr. Putin and his oligarchs than the price of oil. Even with oil at $70 a barrel, Russia’s economy is in bad straits. Tension in the Middle East, even an outbreak of war, would push energy prices higher. A nuclear-armed Iran would, of course, be harmful to Russian national security, but prolonging the crisis is beneficial to the interests of the ruling elite: making money and staying in power.

The Obama administration’s foreign policy has directed a great deal of optimism and good will toward friends and foes. Such a cheery outlook is commendable as long as it does not clash with reality. Unfortunately, there were several clashes in the past week.

On Wednesday, a top Russian security chief, Nikolai Patrushev, said in an interview in Izvestia, one of the main Kremlin propaganda papers, that Russia was planning to reshape its policies on nuclear force to allow for pre-emptive strikes and use in regional conflicts. Since it cannot be a coincidence that this news leaked while Mrs. Clinton was still in Moscow, it can be considered a response to Mr. Obama’s talk of a world without nuclear weapons and rescinding the deployment of missile defenses.

Also last week, Lt. Gen. Vladimir Shamanov was cleared of wrongdoing for dispatching a squad of his paratroopers to interfere with the criminal investigation of a firm owned by his son-in-law. Transcripts of the general’s phone calls demonstrating his involvement were published in Novaya Gazeta newspaper, the last print outlet critical of the Kremlin. But this was not enough to cause trouble for this idol of the second Chechen war, where his forces were repeatedly accused by Human Rights Watch and other organizations of atrocities against civilians.

Then there was the spectacle of Russia’s regional elections. They were as fraudulent and superfluous as every election under Mr. Putin’s reign, with real opposition candidates barred and the ruling United Russia party receiving its predetermined majority. This time the fraud was too blatant even for Kremlin-allowed opposition party leaders Alexander Zhirinovsky and Gennady Zyuganov, who loudly protested results that have moved Russia to the verge of a one-party dictatorship. Mr. Medvedev asserted that the elections had gone perfectly well. Meanwhile, the U.S. statement expressed the usual concerns and quoted President Medvedev’s own words on the importance of free and fair elections—as if he would be shamed by them.

From the shameless expect no shame. And from a corrupt and criminal regime, expect no changes unless real consequences are put on the table. With Russia, this would mean going after Mr. Putin’s coterie of oligarchs and hitting them where it hurts: their privileges and their pocketbooks. If the European Union and the U.S. started canceling visas and prying into finances, they would find the Kremlin far more interested in sanctions against Iran. Mr. Putin has used human rights and democracy as bargaining chips because these things matter to the West and not to him. Until the game is played for stakes with value to the Kremlin, it’s a one-sided contest.

If the U.S. is serious about preventing Iran from getting a nuclear weapon, then Mr. Obama must get to the point and state the penalties unequivocally. Repeating over and over that it is « unacceptable » has become a joke. For more than 10 years a nuclear North Korea was also « unacceptable. » If Mr. Obama says the U.S. will do whatever it takes to prevent Iran from attaining a nuclear weapon, then we will see if Tehran blinks. At a minimum, the White House should publicly promise that any attack on Israel with weapons of mass destruction will be treated as an attack on American soil and urge NATO to make a similar commitment.

Like many Russians, I was encouraged by Mr. Obama’s inspirational speech in Moscow last July, but he must know there is more to statesmanship than printing money and making speeches. Inflated rhetoric, like inflated currency, can lead to disaster. The goodwill bubble Mr. Obama is creating will burst unless there are real results soon.

Mr. Kasparov, leader of The United Civil Front, is a contributing editor of The Wall Street Journal.

Voir enfin:

RUSSIE | L’histoire selon Vladimir Poutine
Marin Coudreau
Europa
08/11/07

Depuis l’élection de Vladimir Poutine, une révolution idéologique s’est opérée en Russie, réhabilitant le passé soviétique, jusque dans les manuels d’histoire des écoliers.

« He who controls the past controls the future. And he who controls the present controls the past. » Vladimir Poutine semble bien avoir fait sienne cette maxime d’Orwell. Si le passé soviétique de la Russie a toujours été source d’embarras pour le Kremlin, le président russe, lui, ne se gêne pas pour réhabiliter certains aspects de l’histoire russe synonymes d’une puissance et d’un rayonnement aujourd’hui révolus, quitte à en occulter ses facettes les plus sombres. Avec l’éclatement de l’URSS en 1991, Boris Eltsine avait entamé une « désoviétisation » de la Russie dont l’aboutissement symbolique logique aurait dû être l’enterrement de Lénine – momifié à sa mort en 1924. Cependant, la dépouille de Vladimir Ilitch Oulianov repose toujours dans son écrin du mausolée de la Place Rouge, et comme elle, le fantôme de l’URSS ne cesse de planer sur la Russie. Aujourd’hui la page de l’autocritique semble définitivement tournée. Depuis son entrée en fonction en 2000, Vladimir Poutine a entamé une révolution idéologique. Au nom d’un certain relativisme historique et d’une approche « patriotique » du passé russe, l’ex-officier du KGB réhabilite nombre de personnages et d’évènements de sinistre mémoire. «Nos pages noires n’étaient pas si terribles…» a lâché dernièrement le président russe jugeant l’histoire américaine bien plus dramatique. Pour Poutine, l’éclatement de l’URSS en 1991 est «la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle». Étrangement, les manuels scolaires avaient jusqu’alors été épargnés. Mais depuis le printemps 2004, le Kremlin s’est affairé à « éliminer les distorsions de l’histoire dues au pseudo-libéralisme ». Aujourd’hui, dans les nouveaux manuels, beaucoup de crimes sont occultés par les litanies sur les victoires glorieuses de l’URSS. Le passé est désormais relu à la lumière des ambitions de retour à la puissance et à la grandeur de la Russie. On oublie le pacte germano-soviétique (union entre Berlin et Moscou en 1939), la police politique, et on encense la « Grande Guerre patriotique » – dont le mythe est extrêmement vivace – l' »antifascisme » et la victoire contre le nazisme, la conquête de l’espace, la puissance militaire et le rayonnement international de l’URSS d’après-guerre. Staline est moins dépeint comme le dictateur terrible des heures de la Grande Terreur et du Goulag que comme l’unique artisan de la victoire de 1945. Quant à Lénine, le créateur du système, il est perçu comme un grand chef et non comme le démiurge de l’État-parti soviétique et l’idéologue de la violence et de l’intolérance. Un ancien professeur de marxisme-léninisme travaille actuellement sur de nouveaux manuels visant l' »éducation national-patriotique » des élèves… « Nous avons besoin de nouveaux manuels qui rendent les jeunes fiers de leur pays » a déclaré Poutine.


Recherche: C’est une croisade contre l’islam (French academics finally discover there’s a war on)

16 novembre, 2009
Big Bro is watching youPar rapport aux collègues, on hésite à se mettre en avant, à prendre des risques sur le plan de la fiabilité professionnelle ou des relations personnelles, et aussi parce qu’on est pris dans tout un réseau de complicités. Le représentant du CNRS à Kaboul ne va quand même pas signer une pétition ni écrire un article sur l’Afghanistan, même s’il sait ce qui s’y passe. Son institution lui impose un devoir de réserve. Celui qui fait de l’archéologie ou l’ethnologie qui y a fait du terrain, même s’il n’en fait plus, ne va pas compromettre le travail de son collègue qui s’y trouve ou pourrait y retourner. (…) Qu’on le veuille ou non, l’ethnologue n’est pas seulement celui qui fait de l’observation participative avec des paysans et des nomades, c’est aussi celui qui a obtenu une autorisation de Kaboul et qui par cela est impliqué dans un réseau de complicités. Pierre Centlivres (ethnologue suisse interrogé par Pierre Bourdieu in Et si on parlait de l’Afghanistan ?, ARSS, septembre 1980)
Entre le discours de l’intellectuel de service qui met sa compétence particulière au service d’une ligne, qui, connaissant le résultat, maquille les données jusqu’à ce que l’addition tombe juste (chose d’autant plus facile que la réalité considérée est plus complexe, plus ambiguë, plus rebelle aux modèles familiers) et le silence du spécialiste qui ne parle que pour ses pairs et qui trouve dans les limites imposées par les règles de la bienséance académique une raison ou une excuse pour s’abstenir, il y a place pour une analyse qui (…) tente de fournir au moins les éléments d’une vision critique. Pierre Bourdieu (s’étonnant du silence des anthropologues lors de l’invasion soviétique de 1979)
Dans les circonstances actuelles, il est recommandé de surseoir à tout voyage non essentiel en Iran. Cette recommandation s’applique aussi bien aux voyages d’affaires qu’aux voyages touristiques. Les services de sécurité sont en effet très suspicieux à l’égard des contacts avec la population, notamment avec les milieux universitaires et étudiants, qu’ils observent avec attention, et à l’égard des prises de photographies. Conseil aux voyageurs (Affaires étrangères)
Même fonctionnaire, un intellectuel, un enseignant, un chercheur, doit bénéficier de la même liberté d’expression que celle de tous les autres citoyens de la République, y compris celui de dire et d’écrire des bêtises, pour autant qu’elles ne tombent pas sous le coup de la loi. A la différence des fonctionnaires d’autorité, comme les préfets, sous-préfets, ambassadeurs, etc., qui incarnent l’Etat dans les lieux où ils sont affectés, le discours des chercheurs n’engage qu’eux-mêmes. (…)Il est cependant savoureux de constater que parmi les pétitionnaires si attachés à la liberté d’expression de Vincent Geisser emmenés par Esther Benbassa, un bon nombre avait réclamé que l’on réduise au silence – et si possible au chômage – Sylvain Gouguenheim. Luc Rosenzweig
Le fonctionnaire de défense [qui, selon le comité de soutien, est intervenu dans cette affaire] est un idéologue qui traque les musulmans et leurs «amis» comme, à une certaine époque, on traquait les juifs et les Justes. Vincent Gesser
C’est une croisade contre l’islam. Olivier Roy
Les premières manifestations de ce fonctionnaire datent de quelques années. On a essayé de se renseigner, il semble qu’il ait le grade de général, mais on ne sait pas quelles sont ses prérogatives, ni ce qu’il fait au CNRS, ni en quoi il est qualifié pour valider nos travaux. Quand on part en mission à l’étranger dans des pays sensibles, on est obligés de lui communiquer nos plans de mission: qui on va rencontrer, où on va loger. Et on doit avoir son autorisation pour partir. Françoise Lorcerie
D’ailleurs, dans l’un de ses livres, notre « chercheur » avait dressé une belle liste de musulmans alimentant, de son point de vue, « l’islamophobie » et naturellement il me réservera une place de choix dans cette énumération digne justement de l’époque antidreyfusarde. Le « chercheur » me désigna, avec beaucoup d’autres, à la vindicte intégriste. Lui, l’homme intègre, honnête, neutre, universitaire froid adoptant une méthode scientifique avançant sous la couverture d’une prestigieuse demeure comme le CNRS décida alors, que nous étions bons pour la fatwa et l’excommunication. Mohamed Sifaoui
Vincent Geisser, chercheur au CNRS, a entamé une enquête sur les enseignants issus des migrations maghrébines. En 2007, la direction administrative lui demande d’interrompre ses recherches ; on découvre à cette occasion qu’au CNRS un « fonctionnaire de sécurité et de défense » est chargé de surveiller toutes les recherches sociologiques et sociopolitiques jugées « sensibles », et notamment celles concernant l’islam. On apprend aussi que ce type d’intervention n’est pas exceptionnel et que le même fonctionnaire a écrit à d’autres chercheurs pour exprimer sa désapprobation de leurs opinions ou études. Sur le fond, la décision du CNRS ne peut que laisser perplexe : faut-il interdire une recherche de peur que ses résultats ne déplaisent au pouvoir ? Autant casser tous les thermomètres pour s’assurer que la fièvre ne monte pas. Tzvetan Todorov
S’ils peinent à étayer leurs convictions par des faits, plusieurs chercheurs, sous le couvert de l’anonymat, dénoncent un contexte de « délire sécuritaire », accentué par le sentiment « antimusulman » du fonctionnaire de défense en poste au CNRS. Il se murmure par exemple que la jeune musulmane chercheuse en microbiologie sanctionnée à Toulouse l’a été « parce que, dans le cadre de ses recherches, elle avait accès à des virus ». (…) Selon lui, l’un de ses collègues du Cevipof (centre de recherches politiques de Sciences-Po) a même été consulté par le ministère de la Défense sur le « risque » que ses travaux ne cachent la constitution d’un « lobby arabo-musulman » au sein du CNRS. Le Monde

Jeune chercheuse en microbiologie ayant accès à des virus sanctionnée à Toulouse pour port du voile ostentatoire?

Travaux de recherche mis en question pour cause de « risque » de constitution d’un « lobby arabo-musulman » au sein du CNRS ?

Comme d’habitude, l’intérêt des polémiques, c’est ce qu’elles révèlent sur ce qui passait jusque là pour la normalité.

A l’heure où l’on reparle, en France et à tort et à travers, de droit de réserve

Et, où à l’occasion d’un nouveau cas de crise de jihadite subite aux Etats-Unis, l’on redécouvre la longue liste des cas précédents depuis les pirates de l’air du 11/9 …

Tandis que des mollahs condamnés à la provocation pour survivre nous ressortent, après l’Affaire Dudoignon il y a deux ans, le coup du procès de la jeune chercheuse française Clotilde Reiss comme de trois touristes américains d’origine juive …

Retour sur la polémique qui a déchiré le landerneau universitaire l’été dernier.

A savoir celle des sanctions administratives, pour propos insultants envers un haut fonctionnaire, contre le chercheur du CNRS très engagé et ouvertement islamophile Vincent Geisser.

Et qui, derrière la levée de boucliers et les pétitions habituelles de certains de ses collègues (dont nombre des mêmes, comme le rappelle malicieusement Luc Rosenzweig, qui avaient poussé un an plus tôt leur attachement à la liberté d’expression jusqu’à demander pour recherches non conformes l’exclusion de leur collègue Sylvain Gouguenheim), avait eu le mérite de rappeler ou faire découvrir au grand public l’existence, dans les domaines et pour les pays sensibles, d’une surveillance de la recherche française (qui vient d’ailleurs d’être classée 1ère par l’institut SCImago).

Et donc en gros que notre pays comme le reste de l’Occident, était, quoi qu’en disent nos savants distraits ou compagnons de route ou le tout fraichement nobélisé Apaiseur en chef à la tête du Monde libre, en guerre …

CNRS: polémique autour d’une procédure disciplinaire
Stéphanie Le Bars
Le Monde
13.06.09

La convocation de M. Geisser, spécialiste de l’islam, par un fonctionnaire de défense, met en émoi les chercheurs

C’est une petite phrase qui a tout déclenché. Dans un courrier électronique envoyé en avril, en soutien à une allocataire de recherche toulousaine menacée de licenciement pour port du voile islamique, le chercheur Vincent Geisser, spécialiste de l’islam au CNRS, laisse éclater son exaspération : « Le fonctionnaire de défense [qui, selon le comité de soutien, est intervenu dans cette affaire] est un idéologue qui traque les musulmans et leurs «amis» comme, à une certaine époque, on traquait les juifs et les Justes. »

Le « fonctionnaire de défense » en question est Joseph Illand, un ingénieur-général, chargé au CNRS de la « sauvegarde du patrimoine scientifique ». S’estimant diffamé, il porte plainte au pénal ; dans la foulée, la direction du CNRS convoque M. Geisser devant la commission de discipline le 29 juin, estimant ses propos « calomnieux et injurieux », et de surcroît contraires à l’obligation de réserve qui s’applique à tout fonctionnaire.

Sans cautionner les propos, qu’ils jugent souvent « excessifs » du mail de M. Geisser, nombre de chercheurs ont été indignés par cette convocation : 2 800 d’entre eux ont à ce jour signé une pétition lancée à l’initiative d’Esther Benbassa, directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études, au nom d’un collectif pour « la sauvegarde de la liberté intellectuelle des chercheurs de la fonction publique ». Interpellée, Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur, estime, dans une lettre datée du 10 juin, qu’elle ne peut s’exprimer sur « un litige qui donne lieu à une procédure ju diciaire », mais rappelle qu’il est de sa « responsabilité de garantir la liberté de pensée et d’opinion des chercheurs ». Mme Benbassa demande la suspension de la procédure disciplinaire contre M. Geisser.

Car, sur la forme et sur le fond, cette affaire fait visiblement écho à des inquiétudes partagées par nombre de chercheurs sur le respect de leur statut d’intellectuels indépendants et, plus généralement, sur l’état de la recherche française. Comme il l’explique dans un long texte, M. Geisser replace en effet cette affaire dans un contexte plus large.

Sur la forme, les écrits pour lesquels il est convoqué relèvent, assure-t-il, d’une correspondance « privée, voire intime », qui n’était pas destinée à être rendue publique sur le blog de soutien à la jeune chercheuse (il en a été retiré). Il n’y aurait donc, selon ses défenseurs, aucune raison d’invoquer une éventuelle « obligation de réserve » ou une quelconque « diffamation ». Le CNRS conteste le caractère « priv é » des propos. Sollicitée, l’avocate de M. Illand n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Sur le fond, le chercheur, réputé pour ses recherches, mais aussi pour ses prises de position publiques parfois vives et ses chroniques sur le site d’information Oumma.com, a saisi l’occasion pour alerter ses collègues sur le « harcèlement » dont il estime être l’objet de la part du militaire depuis 2004, date à laquelle il a lancé une recherche sur « la contribution des chercheurs et universitaires maghrébins au rayonnement de la recherche française dans le monde ».

S’ensuit, selon M. Geisser, une série de convocations et « d ‘interrogatoires sur mes activités scientifiques, philosophiques et politiques », jusqu’à la demande « de destruction des éléments collectés dans le cadre de cette enquête » en 2007. « Il semblerait que l’action du fonctionnaire de défense durant ces quatre années n’avait nullement pour but de m’assister techniquement dans la procédure de légalisation de l’enquête [auprès de la CNIL] , mais tout simplement de l’enterrer sous prétexte que son auteur serait suspect «d’islamophilie» ou de relations de proximité avec les milieux musulmans. »

Citant des témoignages de ses collègues, qui l’auraient averti d’une enquête sur sa personne au motif qu’il était en train de constituer « un lobby ara bo-musulman » au sein du CNRS, il accrédite la thèse que « cette affaire traduit l’intrusion inquiétante de logiques policières et sécuritaires au sein même des milieux scientifiques et universitai res ». « Je confirme tout ce qu’écrit Vincent Geisser », nous déclare Marie-Françoise Courel, directrice sciences humaines et sociales du CNRS au moment des faits. « Et je garantis la qualité scientifique de ses travaux. »

S’ils peinent à étayer leurs convictions par des faits, plusieurs chercheurs, sous le couvert de l’anonymat, dénoncent un contexte de « délire sécuritaire », accentué par le sentiment « antimusulman » du fonctionnaire de défense en poste au CNRS. Il se murmure par exemple que la jeune musulmane chercheuse en microbiologie sanctionnée à Toulouse l’a été « parce que, dans le cadre de ses recherches, elle avait acc ès à des virus ». « Depuis quatre ans, un chercheur spécialiste de l’Afghanistan est empêché d’aller enquêter sur son terrain. Il fait quoi ? Il change de métier ? », s’interroge une chercheuse.

Seul Olivier Roy, également spécialiste de l’islam, témoigne avoir reçu il y a deux ans un courrier électronique de M. Illand lui reprochant « de mieux traiter l’islam que le christianisme ». Pour le chercheur, preuve est faite qu’il ne s’agit pas « d’un conflit personnel entre [le fonctionnaire de défense] et Vincent Geisser, mais bien d’une attaque systématique envers les chercheurs qui refusent les clichés sur l’islam ». « C’est une croisade contre l’islam », nous assure-t-il, regrettant aujourd’hui d’avoir jeté le message en question et traité cette affaire « par le mépris ».

Voir aussi:

CNRS: polémique autour d’une procédure disciplinaire
Chaque organisme de recherche dispose de son fonctionnaire de défense
Philippe Jacqué
Le Monde
13.06.09

C’EST PEUT-ÊTRE l’une des plus étonnantes découvertes des chercheurs engagés derrière le sociologue Vincent Geisser : le CNRS emploie un fonctionnaire de sécurité et de défense (FSD). « L’ensemble des organismes de recherche et des universités disposent aujourd’hui d’un tel fonctionnaire », explique Jean-Marie Durand, le haut fonctionnaire de défense et de sécurité de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. « Au CNRS, il s’agit d’une personne à plein-temps, tandis que dans des structures plus petites, il peut s’agir du secrétaire général de l’université ou d’un chargé de mission sécurité », poursuit M. Durand.

Ce dernier donne son avis sur le recrutement du fonctionnaire de sécurité du CNRS. Cependant, celui-ci dépend directement de la direction générale de l’organisme.

Sa mission est avant tout de « protection », comme l’assurait Joseph Illand, l’actuel FSD, dans un entretien publié par le Journal du CNRS en 2004. Cette protection concerne, dans le périmètre d’activité de l’organisme, les « intérêts fondamentaux pour la nation » que sont la sauvegarde du patrimoine scientifique et technique, la sécurité de l’information, la défense et la sécurité publique.

Dans ce cadre, le FSD doit prévenir le CNRS contre des menaces qui vont « de la fuite de secret-défense à l’utilisation frauduleuse de moyens informatiques, en passant par le pillage technologique », expliquait M. Illand. Il doit ainsi assurer la sécurité des échanges internationaux, en contrôlant par exemple l’accueil des ressortissants étrangers dans les laboratoires de recherche et en donnant son avis sur les coopérations internationales et les missions dans les « pays à risques ». Théoriquement, il ne doit pas s’intéresser au traitement des sujets, quelle que soit leur sensibilité. Au CNRS, après cette affaire qui touche de fait à des travaux sur l’islam, une chercheuse s’indigne : « Nous n’avons pas besoin d’un fonctionnaire de défense qui s’arroge des compétences de déontologie. »

Voir également:

L’honneur d’un ingénieur-général
Joseph Illand
Le Monde
10.07.09
Réponse aux accusations de Vincent Geisser

Vincent Geisser et son comité de soutien ont lancé une campagne médiatique visant à me présenter comme une sorte de barbouze infiltré au CNRS, en croisade contre l’islam. Jusqu’ici, je n’ai pas pu répondre à ces accusations, attendant que la commission consultative rende son délibéré. Ceci étant fait, il m’est possible de m’exprimer, à titre personnel, pour donner ma version des faits. Certaines contre-vérités lancées ces dernières semaines dans la presse portent atteinte à mon honneur professionnel, à celle de mon équipe, et, plus encore, à la vérité.

D’abord ma fonction: je conçois qu’elle soit mal connue du grand public, mais, contrairement aux fantasmes qu’elle semble susciter, il ne s’agit en rien d’un poste d’agent secret. J’ai un statut d’ingénieur général, d’un corps à statut interministériel, et, au CNRS, j’exerce depuis 2003 des fonctions de protection du «patrimoine scientifique». Je n’ai pas de pouvoir contraignant ou disciplinaire. En 2008, mon équipe et moi avons ainsi aidé à sécuriser plus de 1000 déplacements d’agents du CNRS à l’étranger. Il ne s’agit pas du tout de les contrôler, mais de conseiller et d’être réactif dans des situations qui peuvent être dramatiques… Une tâche qui nous tient à coeur et qu’il est dur de voir présenter comme une volonté d’espionner.

Ma seule autorité «décisionnelle» concerne mon habilitation à signer les dépôts de plainte pour intrusion dans les systèmes d’information. Les procédures que mon service gère se font sous forme d’avis, sans autorité pour autoriser ou interdire. Au titre de la protection du CNRS, il m’arrive aussi de signaler d’éventuelles utilisations abusives ou illégales de la marque «CNRS». Là non plus, pas de façon contraignante mais en tant que conseiller.

C’est en septembre 2005, à l’occasion d’une enquête lancée par Vincent Geisser, que j’ai fait sa connaissance. Son enquête sur les trajectoires de chercheurs issus des migrations rencontrait des oppositions. Il est vrai qu’elle posait de sérieux problèmes au regard de la loi informatique et libertés. Je suis intervenu alors, non pour le sanctionner (quelle idée?), mais pour lui éviter d’être épinglé par la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) et de courir, lui et son directeur, des risques pénaux! J’ai tenté de sauver son enquête sur la base d’une reformulation des questions. Nous avons tenu une réunion de travail à Aix-en-Provence, dans un esprit plutôt amical dont pourront témoigner les nombreux participants. J’avais aussi, en fin de réunion, évoqué le problème de l’appui explicite de l’autorité de chercheur du CNRS lorsque des propos relèvent, non de la recherche, mais d’engagements personnels. Il m’est arrivé de soumettre cette interrogation à la direction du CNRS, sans aucune prétention d’autorité et encore moins de sanctions.

Le 14 avril, pendant mes congés, des personnes du CNRS ont eu la surprise de trouver mon nom dans un courriel de Vincent Geisser mis en ligne sur un site. Il m’accusait d’être «un idéologue qui traque les musulmans et leurs «amis», comme à une certaine époque on traquait les juifs et les Justes». Il s’agissait d’un message envoyé à un comité de soutien, destiné à faire témoignage public. Le comité défendait une allocataire de recherche travaillant dans un laboratoire du CNRS, licenciée par l’université pour maintien du port de signes religieux ostensibles. Visiblement, Vincent Geisser me rend responsable de cette décision. Je ne suis pour rien dans cette décision, très ferme, de l’université.

Choqué par la violence du message, j’ai souhaité porter plainte à titre personnel. La direction du CNRS a engagé en parallèle une procédure administrative et convoqué M.Geisser en commission paritaire. Ce qui a déclenché une tempête médiatique et une campagne présentant Vincent Geisser comme étant la victime d’un complot digne d’un film d’espionnage. Quelque 5000 chercheurs l’ont soutenu, sincèrement persuadés d’une obscure barbouzerie, une version accréditée par le témoignage d’un chercheur, Olivier Roy, que je cite: «(…) Il ne s’agit pas d’un conflit personnel entre lui et Vincent Geisser, mais bien d’une attaque systématique envers les chercheurs qui refusent les clichés sur l’islam. En 2007-2008, j’ai reçu un mail signé du haut fonctionnaire de défense me reprochant de mieux traiter l’islam que le christianisme.»

J’avoue ne pas m’être remis de ces lignes. Il se trouve que contrairement à Olivier Roy j’ai conservé ce courriel. Il s’agissait d’une simple question qui ne portait pas du tout sur l’aspect religieux. Pourtant, ce vague souvenir a suffi pour censer prouver chez moi une inquisition obsessionnelle et islamophobe. Comment peut-on formuler des accusations aussi graves avec autant de légèreté? Ce procès d’intention est à la fois salissant et blessant. Je ne me reconnais ni dans ce portrait ni dans cette version des faits, reconstruite et fantasmagorique. Voilà pourquoi je tenais, malgré mon devoir de réserve, à rétablir une part de rationalité.

Voir enfin:

Geisser, Redeker, même combat!
Islamophiles et islamophobes, le droit d’écrire des bêtises
Luc Rosenzweig
Causeur
le 11 juin 2009

Nous voilà de nouveau avec une de ces affaires dont le landerneau intellectuel français raffole : le politologue Vincent Geisser est, paraît-il, “sommé” de se présenter devant le conseil de discipline du CNRS pour y répondre de “manquement à l’obligation de réserve”.

Que reproche-t-on à Vincent Geisser ? D’avoir, dans un courriel de soutien à une jeune femme privée d’allocation-recherche pour cause de voile islamique, mis en cause le fonctionnaire du ministère de la Défense détaché au CNRS, chargé de veiller à ce que les chercheurs ne mettent pas en danger la sécurité nationale.

Selon Geisser, la jeune femme sanctionnée, Sabrina Trojet, chercheuse en microbiologie, serait victime de ce fonctionnaire, Joseph Illand, qui se livrerait de surcroît à un harcèlement incessant de sa propre personne, en raison de ses prises de positions favorables aux musulmans. Il concluait son courriel en affirmant que Sabrina et lui-même étaient l’objet d’une persécution semblable à celle subie par “les Juifs et les Justes” pendant l’occupation nazie. Ce courriel s’est retrouvé, à l’insu de Vincent Geisser, sur le blog de Sabrina et quelques sites pro-islamistes.

Il n’en fallait pas plus pour que les signataires habituels de pétitions “progressistes” (entendez par-là les Etienne Balibar, Esther Benbassa et consorts à la compassion unilatérale) montent au créneau pour dénoncer cette atteinte intolérable à la liberté d’expression.

Vincent Geisser est l’auteur, entre autres, d’un livre paru en 2003 La nouvelle islamophobie, une riposte à La nouvelle judéophobie de Pierre-André Taguieff, qui prétend démontrer que les seules vraies victimes du racisme dans notre beau pays sont les musulmans en général et les Arabes en particulier. Vincent Geisser est un représentant de cette gauche universitaire islamophile qui a parfois du mal à distinguer clairement islamisme et islam. L’auteur de La nouvelle islamophobie expose une thèse aussi erronée qu’insupportable : la France, en raison du traumatisme hérité de son histoire coloniale, n’arriverait pas à appréhender le fait musulman comme un fait religieux national. Le discours islamophobe emprunterait de manière privilégiée au registre républicain ses arguments d’un islam incompatible avec l’universalisme issu des Lumières. Dans le prolongement du racisme néo-colonial, les “républicains” ne seraient toujours pas sortis d’un rapport civilisateur à l’islam et verraient l’identité française comme exclusive de l’identité musulmane, d’où l’hostilité des républicains au port du voile islamique à l’école !

Geisser ne se contente pas, d’ailleurs, de défendre ses positions dans de savants écrits destinés à ses pairs, mais il descend sur le terrain, à savoir dans les cités HLM où les immigrés maghrébins sont nombreux, pour les appeler à la révolte contre la situation injuste qui leur serait faite. Ainsi, il est arrivé jusqu’au pied des montagnes où je demeure, dans la petite ville industrielle de Scionzier, en Haute-Savoie, pour prêcher la bonne parole aux musulmans y résidant en compagnie d’Hani Ramadan, le frère de Tarik. Hani, responsable du Centre islamique de Genève a connu son quart d’heure de notoriété grâce à une tribune publiée dans Le Monde où il justifiait la lapidation des femmes adultères. Vincent Geisser est un compagnon de route des Frères musulmans, qui, en France, contrôlent l’UOIF, comme on était jadis compagnon de route du PCF et admirateur des réalisations grandioses de l’URSS.

Dès lors que Geisser ne se contente pas de faire de la politologie dans le silence studieux de son bureau, il est naturel que les “services” surveillent du coin de l’œil ses activités. Les Frères musulmans ont parfois quelque attirance pour des méthodes brutales pour faire progresser leurs idées, et ne se contentent pas de la rhétorique policée d’un Tarik Ramadan destinée à séduire les belles âmes occidentales.

Faut-il pour autant rappeler Geisser à ce “devoir de réserve”, dont tout fonctionnaire ne devrait jamais se départir ? Robert Redeker se vit, en 2006, lâché par les collègues du lycée où il enseignait à Toulouse pour avoir écrit une tribune violemment anti-islamique dans Le Figaro. Soutenu mollement par sa hiérarchie après qu’il eut reçu des menaces de mort, il finit par se retrouver chercheur au CNRS, comme Vincent Geisser.

Même fonctionnaire, un intellectuel, un enseignant, un chercheur, doit bénéficier de la même liberté d’expression que celle de tous les autres citoyens de la République, y compris celui de dire et d’écrire des bêtises, pour autant qu’elles ne tombent pas sous le coup de la loi. A la différence des fonctionnaires d’autorité, comme les préfets, sous-préfets, ambassadeurs, etc., qui incarnent l’Etat dans les lieux où ils sont affectés, le discours des chercheurs n’engage qu’eux-mêmes. Le limogeage, en 2007 du sous-préfet Bruno Guigue, pour cause de publication d’une tribune violemment anti-israélienne sur le site islamiste Oumma.com était donc parfaitement justifié, comme l’a tranché le conseil d’Etat. Il l’aurait été tout autant, d’ailleurs, s’il avait publié un texte violemment anti-islamiste dans Tribune Juive1. Qu’on lâche donc les babouches de Vincent Geisser, qui n’en pourrait plus de satisfaction narcissique d’être, enfin, une “victime” de l’arbitraire étatique à l’image de ceux qu’il s’efforce de faire passer pour tels.

1. Il est cependant savoureux de constater que parmi les pétitionnaires si attachés à la liberté d’expression de Vincent Geisser emmenés par Esther Benbassa, un bon nombre avait réclamé que l’on réduise au silence – et si possible au chômage – Sylvain Gouguenheim. EL.


Terrorisme: La jihadite subite a encore frappé (Going jihadal: Aren’t those the guys that always go crazy and shoot everybody?)

15 novembre, 2009
Going postal
https://i2.wp.com/www.pewglobal.org/files/2009/07/Report-1-2009-78.pngC’est pas les types qui pètent tout le temps les plombs et reviennent avec un pistolet et tuent tout le monde? George (Seinfeld)
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
Si nous nous sommes penchés par le passé sur les conditions de travail et la sécurité de nos bureaux de poste quand les employés (entre 1986 et 1997) ont craqué sous le prétexte du stress au travail et si nous avons étudié la connexion jeux vidéo, drogues, cultes et aliénation de la contre-culture quand les jeunes de nos banlieues pavillonnaires ont été pris de crises de folie meurtrière, alors il semble légitime de rechercher des correlations quand quelqu’un se qualifie lui-même de musulman plutôt radical et ouvre le feu au cri d’ »Allah Akbar!  » – de la même manière que le conducteur fou de Caroline du Nord ou le tueur de Seattle ou le conducteur meurtrier de San Francisco ont dit après coup qu’ils avaient agi au nom de leur ferveur religieuse islamique contre les juifs ou les occidentaux. Victor Davis Hanson
Les gens partout dans le monde se font tuer dans des guerres et maintenant, c’est le tour des gens des États-Unis de se faire tuer. Mohammed Reza Taheri-azar
Je suis un Américain musulman; je suis furieux contre Israël (…)Je veux voir nos armes retirées d’Israël (…) Je veux que ces Juifs s’en aillent. (…) Votre politique étrangère me rend malade. Ce sont des Juifs. Je n’en peux plus de me faire marcher sur les pieds, de voir les nôtres malmenés par la situation au Moyen-Orient. (…) Je suis un Américain aussi, mais je veux juste que les nôtres quittent l’Irak.

Nous pensons (…) qu’il s’agit d’un individu solitaire exprimant son antagonisme. Rien n’indique que l’acte soit lié au terrorisme.
Police de Seattle
La réplique des Musulmans qui consiste à dénoncer ces attitudes comme autant de préjugés, comme le « nouvel antisémitisme » ou encore comme une « islamophobie » est aussi mal fondée que d’accuser les antinazis de « germanophobie » ou les anticommunistes de « russophobie ». Au lieu de se présenter comme des victimes, les Musulmans feraient mieux de contrer ces craintes en développant une version modérée, moderne et fraternelle de l’Islam qui rejetterait l’Islam radical, le djihad et l’assujettissement des «infidèles». Daniel Pipes
Certains islamistes peuvent se montrer respectueux des lois et raisonnables, mais ils font partie d’un mouvement totalitariste et, à ce titre, doivent être considérés comme des meurtriers potentiels. Daniel Pipes (nov. 2001)

Après la poste, l’école, le bureau, la route, l’air, le vélo, le caddy, l’ordinateur, les anabolisants, les emballages

Faudra-t-il bientôt ajouter l’islam à la déjà longue liste des causes des crises de violence subites?

Mohammed Reza Taheri-azar, Maher Hawash, Ryan Anderson, David Belfield, Clement Rodney Hampton-el, Mark Fidel Kools, John Muhammad, Randall Royer, membres de Jamaat ul Fuqra, Rashid Baz, Wadih el-Hage, John Samuel, Najibullah Zazi, Daniel Patrick Boyd, Hysen Sherifi, Hosam Maher Husein Smadi, Naveed Afzal Haq, Omeed Aziz Popal, Carlos Bledsoe, Nidal Hasan (Etats-Unis) …

Germaine Lindsay, Richard Reid, Andrew Rowe (Royaume-Uni) …

Muriel Degauque (Belgique) …

Jack Roche (Australie) …

David Courtailler, Pierre Richard Robert, Ruddy Teranova (France) …

Steven Smyrek (Allemagne) …

Domenico Quaranta (Italie) …

Jason Walters (Pays-Bas) …

Mouvement de convertis Rajah Solaiman (Philippines) …

Anti-dépresseur prescrit par ordonnance, cambriolage qui a mal tourné, violence de rue, beaucoup, beaucoup d’ennemis dans son esprit, accident de la circulation, dispute au travail, relation de famille orageuse, problème de comportement, maladie mentale, solitude et dépression, désaccord entre le suspect et un autre membre du personnel, animosité envers les femmes, stress du mariage arrangé, médicament contre l’acné, racisme, harcèlement subi en tant que musulman, sentiment de non-appartenance, syndrome de stress pré-traumatique, problèmes mentaux, problèmes émotionnels, quantité excessive de stress, crainte d’être envoyé en Afghanistan …

La liste est longue, au lendemain du plus grave attentat islamiste depuis le 11/9 sur le territoire américain, des attaques réussies ou déjouées, en Occident ou ailleurs, de musulmans ou convertis pris soudain de jihadite subite et aigüe.

Comme est sans limite l’imagination de nos belles âmes pour les faire oublier en en multipliant les raisons et les étiquettes pseudo-médicales.

Et surtout éluder, comme le rappelle Daniel Pipes, la question non seulement de la surveillance et du profilage des membres d’une religion qui continue à inciter à la violence mais la place, dans une société civilisée, de ladite religion qui, entre ses mosquées, ses écoles, ses associations et ses médias islamistes, les motive.

Question certes difficile quand on sait que selon un récent sondage, les attentats suicides sont considérés comme « souvent, parfois ou exceptionnellement justifiés » pour défendre l’islam par 13 % des musulmans allemands, 15 % des musulmans britanniques, 25% des musulmans espagnols et 35% des musulmans français.

Et qu’entre son enfance musulmane et ses liens avec des organisations anti-américaines et subversives ou pro-islamistes, le président américain actuellement en place… ne répondrait pas lui-même aux critères de sécurité exigés pour l’engagement des employés du gouvernement fédéral!

Djihad soudain ou syndrome d’extrême stress à Fort Hood?
Daniel Pipes
FrontPageMagazine.com
9 novembre 2009

http://fr.danielpipes.org/7750/djihad-soudain-ou-syndrome-dextreme-stress-a-fort

Version originale anglaise: Sudden Jihad or « Inordinate Stress » at Ft. Hood?
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

Quand un musulman en Occident, sans raison apparente, attaque violemment des non-musulmans, il s’ensuit une discussion prévisible sur les raisons qui l’ont poussé à agir.

L’Establishment – Force de l’ordre, politiciens, médias et monde académique- se trouve d’un côté de ce débat, insistant sur le fait qu’une certaine forme d’oppression a poussé le Major Nidal Malik Hassan, âgé de 39 ans, à tuer 13 personnes et à en blesser 38, au camp militaire de Fort Hood [au Texas], le 5 novembre.

Toutefois il y a désaccord sur les détails [de l’oppression]. Hassan est présenté alternativement comme victime de « racisme », de « harcèlement subi en tant que musulman », de « sentiment de non-appartenance », du « syndrome de stress pré-traumatique », de « problèmes mentaux », de « problèmes émotionnels », de « quantité excessive de stress » ou [la crainte]d’être envoyé en Afghanistan comme étant son « pire cauchemar ». La conclusion peut se lire dans un en-tête typique d’un journal : « Ce qui s’est passé dans la tête du Major solitaire reste un mystère »

Les cas de violence de Musulmans contre les non-musulmans inspirent à ceux qui tiennent Hassan pour une victime de nouvelles excuses pleines d’imagination.

Voici quelques exemples pittoresques (inspirés par mon article [d’il y a quelques années] et du billet de mon blogue au sujet du refus du terrorisme islamiste)

* 1990 : (pour expliquer l’assassinat du rabbin Meir Kahane ) [on a estimé que le meurtrier aurait pris ] « un anti-dépresseur prescrit par ordonnance ».
* 1991 : (l’assassinat à Sydney de Makin Morcos) [a été ainsi motivé] « un cambriolage qui a mal tourné ».
* 1994 : (L’assassinat au hasard d’un Juif sur le pont de Brooklyn ) [est expliqué comme] « violence de la rue ».
* 1997: (Les coups de feu qui ont tué des civils au sommet de l’Empire State Building) [ont été expliqués par] » beaucoup, beaucoup d’ennemis dans son esprit ».
* 2000 : (L’attaque contre un bus scolaire d’écoliers juifs près de Paris)[a été expliquée comme un] « accident de la circulation ».
* 2002 : ( le double meurtre de LAX [de los Angeles International Airport, a été expliqué comme] une « dispute au travail ».
* 2002 : (‘Les francs-tireurs embusqués de Beltway) [ont été expliqués comme ] une « relation de [famille] orageuse.
* 2003 : (L’attaque de Hassan Karim Akbar sur des compagnons d’armes en en tuant deux) [a été expliquée comme ] un « problème de comportement. »
* 2003 : (Le meurtre par mutilation de Sébastien Sellam) [a été qualifié de] « maladie mentale ».
* 2004 : (Une explosion à Brescia en Italie devant un restaurant McDonald)[a été expliquée par ] la « solitude et dépression. »
* 2005 : (Un massacre dans une maison de retraite en Virginie ) [ a été qualifié de ] « un désaccord entre le suspect et un autre membre du personnel » .
* 2006 : (La tuerie qui a eu lieu au siège de la Fédération juive de Greater Seattle) [a été expliquée comme] une « animosité envers les femmes ».
* 2006 : (Le meurtre avec un véhicule de sport en Caroline du Nord )[a été expliqué par] « son récent mariage arrangé peut l’avoir rendu stressé ».

Le sergent Karim Hassan Akbar , reconnu coupable du meurtre , en 2003, de deux autres soldats.
En outre, quand un admirateur arabo- américain d’Oussama Ben Laden a écrasé son avion sur un immeuble à Tampa , le blâme retombait sur le médicament contre l’acné, l’Accutane.

En tant que membre fondateur de l’école d’interprétation du djihad, je rejette ces explications comme étant faibles, tentant de noyer le poisson et cherchant des excuses. L’école djihadiste, toujours minoritaire, perçoit l’attaque de Hassan comme l’un des nombreux efforts musulmans déployés pour vaincre les infidèles et imposer la loi islamique. Nous nous rappelons un épisode antérieur de syndrome de djihad soudain dans l’armée américaine, ainsi que les nombreux cas de complots non meurtriers du djihad au Pentagone et l’histoire de la violence musulmane sur le sol américain.

Loin d’être mystifiés par Hassan, nous voyons des preuves accablantes de ses intentions djihadistes. Il a distribué des exemplaires du Coran aux voisins juste avant de devenir fou et il criait « Allahu Akbar » (Dieu est le plus grand), le cri du djihadiste , tandis qu’il tirait plus de 100 coups provenant de deux pistolets.

Ses supérieurs l’auraient mis en probation pour prosélytisme de façon inappropriée sur l’islam.

Nous notons ce que ses anciens compagnons disent de lui : l’un, Val Finnel, se souvient de Hassan disant « Je suis musulman d’abord et Américain ensuite » et il se rappelle Hassan justifiant les attentats-suicide ; un autre, le Colonel Terry Lee, rappelle que Hassan « a revendiqué que les musulmans aient le droit de se soulever et d’attaquer les Américains ». Le troisième, un psychiatre qui avait travaillé très étroitement avec Hassan, le décrit comme « presque agressif pour décrire son attitude concernant le fait d’être musulman. »

Enfin, l’école de pensée du djihad attribue de l’importance à l’attitude des autorités musulmanes américaines encourageant les soldats musulmans à refuser de combattre leurs coreligionnaires, fournissant ainsi une base pour le djihad soudain. En 2001, par exemple, en réponse à l’attaque américaine contre les Talibans, le mufti d’Egypte, Ali Gum’a, a émis une fatwa affirmant que « le soldat musulman dans l’armée américaine doit éviter de [participer] à cette guerre ». Hassan lui-même, faisant écho à ce message, a conseillé à un jeune disciple musulman, Duane Reasoner Jr, de ne pas rejoindre l’armée américaine parce que « les musulmans ne doivent pas tuer des musulmans ».

Si l’explication [ se référant au] jihad est à une écrasante majorité plus convaincante que celle [qui argue ]de l’état d’esprit de la victime, elle est aussi plus difficile à présenter.

Tout le monde trouve que blâmer la folie au volant, l’Accutane ou un mariage arrangé est plus facile que de discuter les doctrines islamiques. Ainsi, une prédiction [peut être faite]: ce que Ralph Peters appelle le « politiquement correct impardonnable de l’armée » attribuera officiellement l’agression de Hassan à sa victimisation et se gardera bien de mentionner le djihad.

Et c’est ainsi que l’armée se cache la réalité et ne se prépare pas à affronter une prochaine attaque djihadiste.

Voir aussi:

Obama ne répondrait pas aux critères de sécurité
Daniel Pipes
Philadelphia Bulletin
21 octobre 2008

http://fr.danielpipes.org/5988/obama-ne-repondrait-pas-aux-criteres-de-securite

Version originale anglaise: Obama Would Fail Security Clearance

Colin Powell répétant désormais le mensonge selon lequel Barack Obama a toujours été chrétien, ce « en dépit des informations confirmant l’enfance musulmane d’Obama » (ainsi l’inscription à une école indonésienne le répertoriant comme musulman), on doit constater avec consternation que le candidat démocrate s’emploie à dissimuler la vérité sur cette question.

Portons notre attention, en ce contexte, sur un sujet connexe, les relations d’Obama tout au long de sa carrière avec l’islam extrémiste, et l’endettement moral impliqué. Sur un plan plus précis, Obama maintient des liens indirects, mais anciens et persistants, avec deux organisations, le Council on American Islamic Relations (CAIR), incriminé, sans mise en examen, par le gouvernement américain en 2007 comme complice de conspiration dans un procès concernant le financement du Hamas ; et The Nation of Islam, condamnée par l’Anti-Defamation League pour un passé marqué « de manière constante par le racisme et l’anti-sémitisme ».

Commençons par les liens d’Obama avec des islamistes :

*

Les relations à Khalid al-Mansour. Selon l’ancien président du quartier de Manhattan Percy Sutton, Al-Mansour a collecté de l’argent pour financer les « dépenses d’Obama à la Harvard Law School ». Al-Mansour un noir américain (nom de naissance Don Warden) est devenu un conseiller du prince saoudien Al-Walid bin Talal, le principal donateur du CAIR. Al-Mansour a des positions islamistes classiques : il nie que le gouvernement soudanais entérine l’esclavage, il nie les liens des Juifs à Jérusalem. Il a écrit une brochure appelée « Américains, prenez garde. Le complot sioniste contre l’Arabie saoudite ». (Obama et al-Mansour réfutent les déclarations de Sutton).
*

Les relations avec Kenny Gamble (connu aussi sous le nom de Luqman Abdul-Haqq) : Gamble, un producteur de musique pop autrefois connu, a coupé le ruban lors de l’inauguration d’un quartier général de campagne d’Obama situé dans un immeuble du sud de Philadelphie dont il est propriétaire. Gamble est un islamiste qui achète de nombreuses propriétés dans Philadelphie aux fins de créer une zone résidentielle réservée aux Musulmans. En tant qu’émir autoproclamé du United Muslim Movement, il a aussi des liens nombreux avec des organisations islamistes, dont le CAIR et la Muslim Alliance in North America. (Siraj Wahhaj, l’émir du MANA a été impliqué, sans mise en examen, pour complicité de conspiration dans l’attaque contre le World Trade Center en 1993).
*

Les relations avec Mazen Asbahi. Le premier coordinateur de la campagne d’Obama en direction des Musulmans a démissionné après des révélations montrant qu’il avait fait partie du bureau d’une organisation financée par l’Arabie saoudite, le North American Islamic Trust, position qu’il partageait avec Jamal Said, incriminé lui aussi, sans mise en examen, comme complice de conspiration dans le procès concernant le financement du Hamas en 2007. Asbahi a des liens avec les bureaux du CAIR à Detroit et à Chicago, avec l’Islamic Society of North America, incriminée elle-même, sans mise en examen, pour le financement du Hamas et d’autres organisations islamistes.
*

Les relations avec Minha Husaini. Le second coordinateur de la campagne d’Obama en direction des Musulmans a un passé islamiste et a travaillé comme stagiaire au Muslim Public Service Network. Immédiatement après sa nomination par Obama, elle a rencontré un groupe dd’une trentaine de Musulmans incluant des gens aussi connus que Nihad Awad du CAIR, Mahdi Bray de la Muslim American Society, qui a soutenu publiquement des groupes terroristes tels le Hamas et le Hezbollah, et Johari Abdul Malik de la Dar Al-Hijrah Mosque de Falls Church en Virginie, qui a déclaré aux Musulmans Américains : « Vous pouvez faire sauter des ponts, mais vous ne pouvez pas tuer des gens innocents qui se rendent à leur travail ».

Passons aux liens d’Obama à The Nation of Islam :

Le donateur et l’allié de longue date d’Obama, Antoin « Tony » Rezko a été, trois décennies durant, le partenaire de Jabir Herbert Muhammad, fils d’Elijah Muhammad, dirigeant de The Nation of Islam, et dit qu’il a donné à Jabir et à sa famille des « millions de dollars au fil des ans ». Rezko a aussi été directeur exécutif de la Muhammad Ali Foundation, une organisation douteuse qui, sans l’autorisation d’Ali, a utilisé le nom de celui-ci qui, par ailleurs, a été récompensé par le CAIR.

Jeremiah Wright, le pasteur estimé d’Obama pendant vingt ans, a des liens passés avec The Nation of Islam, a accepté récemment la protection d’un détachement de sécurité de The Nation of Islam, et a parlé louangeusement de Louis Farrakhan comme de « l’un des géants de l’expérience religieuse des Afro-Américains ». L’église de Wright a célébré Farrakhan pour avoir été « la parfaite illustration de la grandeur ».

Farrakhan lui-même a annoncé son soutien à Obama, le qualifiant d’ »espoir du monde entier », de « celui qui peut relever l’Amérique après sa chute », et même de « Messie ».

Le fait que la biographie d’Obama montre des liens si fréquents avec des organisations aussi peu recommandables que le CAIR et The Nation of Islam devrait donner à réfléchir. Combien de politiciens ont-ils eu des liens avec une organisation de ce genre, et combien en ont eu avec sept d’entre elles ? John McCain appelle charitablement Obama « une personne dont vous ne devez pas avoir peur si elle devenait Président des Etats-Unis ». mais les liens multiples d’Obama avec des organisations anti-Américaines et subversives, signifie qu’il ne répondrait pas aux critères de sécurité exigés pour l’engagement des employés du gouvernement fédéral.

L’agression islamique constitue l’ennemi stratégique de l’Amérique. Les nombreuses relations insalubres d’Obama suscitent des doutes graves concernant son aptitude à être Commandant en chef des Etats-Unis d’Amérique.

Voir également:

Les convertis au terrorisme
Daniel Pipes
New York Sun
6 décembre 2005

Version originale anglaise: Converts to Terrorism
Adaptation française: Alain Jean-Mairet

Des convertis à l’Islam prennent en charge des opérations effectuées auparavant essentiellement par des immigrants musulmans de naissance et leurs enfants.

Cette évolution est tragiquement illustrée par l’attentat-suicide à la bombe commis le 9 novembre dernier près de Bagdad par une Belge convertie à l’Islam, Muriel Degauque, 38 ans, qui s’attaquait de la sorte à des soldats américains, devenant ainsi la première femme occidentale née chrétienne à se tuer volontairement pour une cause islamiste. Et sur les quatorze personnes arrêtées pour leurs liens avec Degauque, la moitié étaient des convertis à l’Islam. En Hollande voisine, un rapport gouvernemental publié tout récemment s’inquiète expressément des convertis radicalisés.

En effet, les organisations terroristes prisent tout particulièrement les convertis. Ils connaissent la culture locale et s’y fondent aisément. Ils ne peuvent pas être déportés. Ils peuvent dissimuler leur allégeance religieuse en évitant les mosquées, en gardant un profil bas, voire en consommant de l’alcool et des drogues pour maintenir leur couverture. Un guide conseille aux candidats à l’attentat-suicide en route pour l’Irak de «porter des jeans, manger des beignets et ne jamais quitter son baladeur».

Les convertis qui exécutèrent une opération terroriste ou furent emprisonnés dans ce contexte viennent de nombreux pays occidentaux. En voici une liste non exhaustive (les convertis encore seulement soupçonnés, arrêtés ou inculpés seront mentionnés dans un article séparé de mon site Web: http://fr.danielpipes.org).

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Australie. Jack Roche, né en Grande-Bretagne, neuf ans d’emprisonnement pour tentative d’attentat à la bombe contre l’ambassade d’Israël à Canberra.
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France. David Courtailler, quatre ans pour assistance à des terroristes. Pierre Richard Robert, emprisonnement à vie pour avoir projeté des attentats terroristes au Maroc. Ruddy Teranova, trois ans pour avoir agressé physiquement un Musulman modéré.
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Allemagne. Steven Smyrek, sept ans pour avoir préparé une mission suicide pour le Hezbollah.
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Italie. Domenico Quaranta, 20 ans pour avoir bouté le feu à une station de métro de Milan et avoir tenté de s’attaquer à d’anciens temples grecs à Agrigente, en Sicile.
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Pays-Bas. Jason Walters, fils d’un Américain noir et d’une hollandaise, appartenait au réseau Hofstad et lança une grenade sur les forces de police; son procès débute cette semaine.
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Royaume-Uni. Germaine Lindsay, immigrant jamaïcain, un des auteurs des attentats-suicide perpétrés contre les transports publics londoniens en juillet 2005 qui tua 26 personnes. Richard Reid, emprisonnement à vie pour la «chaussure piégée» avec laquelle il tenta de détruire un avion de ligne reliant Paris à Miami. Andrew Rowe, 15 ans pour avoir projeté des attentats terroristes.
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Amérique. Ryan Anderson, emprisonnement à vie pour avoir tenté d’aider Al-Qaida alors qu’il servait dans la Garde nationale. David Belfield, assassina un ex-diplomate iranien près de Washington puis s’enfuit en Iran. Clement Rodney Hampton-el, 35 ans pour avoir participé à l’attentat à la bombe de 1993 contre le World Trade Center. Mark Fidel Kools, condamné à mort for avoir «tué à la grenade» deux officiers de l’armée. John Muhammad, condamné à mort pour son rôle de principal «tireur embusqué du Beltway». Randall Royer, 20 ans pour des armes et des explosifs «provenant de l’enquête sur un réseau djihadiste militant en Virginie du Nord». Cinq membres de Jamaat ul Fuqra, un groupe basé au Pakistan et suspecté d’avoir perpétré au moins treize meurtresaux États-Unis, peines d’emprisonnement allant jusqu’à 69 ans.

Dans «Al Qaeda in Europe» (Prometheus), Lorenzo Vidino cite les autorités affirmant que «des douzaines de convertis européens ont rejoint les groupes terroristes». Et le problème ne se limite pas aux convertis occidentaux à l’Islam.

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Aux Philippines par exemple, un converti avoua avoir piégé un ferry en février 2004, causant ainsi la mort de plus de cent personnes, et d’autres sont liés à une tentative d’attentat à la bombe contre l’ambassade américaine à Manille. D’une manière plus générale, le gouvernement affirme qu’Al-Qaida et le Jemaah Islamiyah se servent du mouvement Rajah Solaiman, un groupe de convertis, pour perpétrer des attentats terroristes.
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Des convertis non occidentaux émigrent en Occident pour y commettre des actes de terrorisme. Voici trois cas américains: Rashid Baz, Druze libanais de naissance, 141 ans d’emprisonnement pour le meurtre d’un jeune Juif sur le pont de Brooklyn. Wadih el-Hage, Catholique libanais de naissance, emprisonnement à vie pour son travail avec Oussama Ben Laden. John Samuel, Chrétien éthiopien de naissance, accusé d’avoir pénétré aux États-Unis dans l’intention d’y mener des actions terroristes pour Al-Qaida, attend son procès à Guantánamo.

L’importance croissante que revêtent les convertis au terrorisme indique que les instruments de contre-terrorisme tels que la recherche de noms musulmans ou l’interdiction de terroristes potentiels aux frontières ne suffisent plus. Il est maintenant indispensable également de savoir qui, exactement, se convertit à l’Islam et de surveiller les convertis afin de constater lesquels d’entre eux sont radicalisés.

Certains des individus susmentionnés pourraient avoir commis des actes de terrorisme sans être devenus des Musulmans. Mais pour garantir la sécurité en Occident, aux Philippines et ailleurs, il faut désormais se pencher sérieusement sur un fait très fâcheux: la conversion à l’Islam augmente considérablement la probabilité qu’une personne soit impliquée dans le terrorisme.

Voir encore:

Sacrificing Americans
Victor Davis Hanson
NRO’s The Corner
November 12, 2009

Many in the media are arguing there is nothing more to the Major Hasan mass murder than derangement and the various personal « issues » that « set him off. »

But there are two considerations that argue against such an interpretation. First, we look for patterns in all cases of individuals’ shooting others on a mass scale. Hasan gave every indication that he was channeling his own personal sense of frustration into a larger Islamic writ against the West — as have some 20 other killers since 9/11 who have shot, stabbed, or run over innocents at malls, airline counters, military facilities, and Jewish-affiliated centers.

If we once focused on postal conditions and security at post-office installations when workers (between 1986 and 1997) snapped under the thematic pretense of job stress, and if we investigated the nexus of video games, drugs, cults, and counter-culture alienation when suburban youths went on shooting sprees, then it seems legitimate to look for commonalities when someone self-identifies as a rather radical Muslim and shouts « Allahu Akbar! » as he fires — in the same manner that the mad driver in North Carolina, or the killer in Seattle, or the homicidal driver in San Francisco afterwards said they were acting out of Islamic religious fervor against Jews or Westerners.

Second, if we counted up the number of « lone wolf » incidents and added it to the number of Islamist terrorist plots that have been foiled since 9/11, we would arrive at more than 40 incidents of terrorist killings or efforts to kill on a wide scale. If anyone could find a comparable series of anti-abortion terrorist acts, backlash attacks on Muslims, anti-Semitic attacks perpetrated by non-Muslims, Jewish attacks on Middle Easterners, or radical environmentalist killings, then one could argue that the public was unduly focusing on Islam.

It seems, instead, that about every three to four months, either a single Muslim male will shoot or run over somebody and tie the violence to some sort of jihadist theme, or a group of Muslim males will be caught trying to blow up something or shoot someone, usually on a mass scale.

The general conclusions I would draw, based on the statements of the authorities, those in the military, the media, and the general public, are something like the following:

(1) Most people do not wish to be smeared as bigots, racists, or anti-Muslim, and therefore they will resist suggesting that such violence fits a pattern involving radical Islamic hatred.

(2) Most people assume either that the authorities will break up the plot before it reaches 9/11 proportions, or that the lone-wolf attacker will kill someone else far away, and therefore conclude that they are safe enough and it is a tolerable problem.

(3) Most also accept that (a) most Muslims in the U.S. are not violent, and therefore (b) we have no way in a free society to pick out in advance possible bad actors, and (c) the most likely preemptive strategies — screening imams, infiltrating « charities, » monitoring hate literature, reporting radicals at work, and screening web postings — are all fraught with civil-liberties and political-correctness land mines, and are as likely to boomerang on the authorities or well-intended citizens as they are to produce firm evidence that deters an Islamist killer before he acts.

Bottom line: The society at large, driven by the sermonizing of its elites, has come to an unstated conclusion that, unfortunately, a few Americans will have to be sacrificed from time to time, for the larger goal of establishing the fact that Americans in no way think Muslims are any more likely than any others to commit either random or premeditated terrorist violence. I think that is the initial lesson of Fort Hood. (I remember something similar from the 1980s and 1990s, when we accepted that to be a diplomat or a soldier stationed in the Middle East or Africa or anywhere in the Muslim world meant that there was some chance that your barracks, camp, hotel, embassy, or ship would be attacked — and very little chance that the U.S. government would do much in response other than launch an occasional ineffectual cruise missile or offer a bombastic « this will not stand » speech.)

If the lone-wolf incidents start happening ten times a year, rather than three or four, and if one or two terrorist plots succeed and result in several hundred killed, then attitudes may change (at least for a while).

Voir enfin:

Muhammad’s Willing Executioners
Jihad rages from Seattle to Israel.
Andrew G. Bostom
Front Page magazine
July 31, 2006

The ongoing violence in Lebanon and northern Israel, engendered by Hezbollah’s toxic amalgam of jihad and Jew hatred, reached Seattle, Washington this past Friday July, 28, 2006, just after 4 PM, local time. Naveed Afzal Haq, a Pakistani Muslim, hiding in the foyer of the entrance to the Jewish Federation of Greater Seattle, seized a 13-year old girl hostage. With a gun pointed to the young girl’s head, Haq forced his way through the buildings security door, and then opened fire with two semi-automatic pistols, killing a 58 year old woman, and wounding five other women, three of whom were wounded seriously. Haq reportedly exclaimed: “I am a Muslim American, angry at Israel” These are Jews and I’m tired of getting pushed around and our people getting pushed around by the situation in the Middle East.”

Earlier the same day, a triumphal pronouncement from Hezbollah accompanied the launching of so-called “Khaybar-1” rockets, five of which reached Afula, south of Haifa, and 30 miles from the Israeli-Lebanese border. A Hezbollah statement proclaimed, “With this, the Islamic Resistance begins a new stage of fighting, challenge and confrontation with a strong determination and full belief in God’s victory”. Throughout the preceding week, Al-Manar television and Al-Nur radio—Hezbollah-controlled media outlets which disseminate its propaganda—blared out in sonorous tones, “Nastarjiu Khaybar”—“We will return to Khaybar”.

These disparate events, occurring thousands of miles apart—the attack upon Jews in Seattle, and the firing of “Khaybar-1” rockets at Afula—reflect and celebrate the predatory relationship—Muslims preying upon Jews—established by Islam’s prophet Muhammad, and his earliest Muslim followers.

The late Muslim scholar Ali Dashti (d. 1984) wrote a biography of Muhammad entitled Twenty-three Years: A Study of the Prophetic Career of Mohammad. Dashti chronicles Muhammad’s “changed course” at Medina, where the Muslim prophet begins to “issue orders for war” in multiple and repeated Koranic revelations (sura [chapter] 9 being composed almost entirely of such war proclamations, for example). Prior to enumerating the multiple assassinations Muhammad ordered, Ali Dashti observes:

Thus Islam was gradually transformed from a purely spiritual mission into a militant and punitive organization whose progress depended on booty from raids and [tax] revenue….The Prophet’s steps in the decade after the hejra [emigration from Mecca to Medina] were directed to the end of establishing and consolidating a religion-based state. Some of the deeds done on his command [were] killings of prisoners and political assassinations…

Muhammad’s failures or incomplete successes were consistently recompensed by murderous attacks on the Jews. Thus Muhammad developed a penchant for assassinating individual Jews, and destroying Jewish communities—by expropriation and expulsion (Banu Quaynuqa and Nadir), or massacring their men, and enslaving their women and children (Banu Qurayza). Subsequently, in the case of the Khaybar Jews, Muhammad had the male leadership killed, and plundered their riches. The terrorized Khaybar survivors—industrious Jewish farmers—became prototype subjugated dhimmis whose productivity was extracted by the Muslims as a form of permanent booty. And according to the Muslim sources, even this tenuous vassalage was arbitrarily terminated within a decade of Muhammad’s death when Caliph Umar expelled the Jews of Khaybar (after whom the Khaybar-1 rockets were of course named).

Muhammad’s brutal conquest and subjugation of the Khaybar Jews, and their subsequent expulsion by one of his companions, the (second) “Rightly Guided” Caliph Umar, epitomize permanent, archetypal behavior patterns Islamic Law deemed appropriate to Muslim interactions with Jews. As the scholar George Vajda has observed, the theological-juridical, and historical consequences of these archetypes, resulted, at best, in the Jews being dhimmis “subject to Muslim domination”, and treated “with contempt”, under “humiliating arrangements”. When the Jews were perceived as having exceeded the rightful bounds of this subjected relationship, as in mythically “tolerant” Muslim Spain, the results were predictably tragic. The Granadan Jewish viziers Samuel Ibn Naghrela, and his son Joseph, who protected the Jewish community, were both assassinated between 1056 to 1066, and in the aftermath, the Jewish population was annihilated by the local Muslims. It is estimated that up to five thousand Jews perished in the pogrom by Muslims that accompanied the 1066 assassination. This figure equals or exceeds the number of Jews reportedly killed by the Crusaders during their pillage of the Rhineland, some thirty years later, at the outset of the First Crusade. The inciting “rationale” for this Granadan pogrom is made clear in the bitter anti-Jewish ode of Abu Ishaq, a well-known Muslim jurist and poet of the times, who wrote:

Bring them down to their place and return them to the most abject station. They used to roam around us in tatters covered with contempt, humiliation, and scorn. They used to rummage amongst the dung heaps for a bit of a filthy rag to serve as a shroud for a man to be buried in…Do not consider that killing them is treachery. Nay, it would be treachery to leave them scoffing.[The translator then summarizes, appropriately: “The Jews have broken their covenant (i.e., overstepped their station, with reference to the Covenant of Umar) and compunction would be out of place.”]

There have been ceaseless calls for jihad against the Jews in Palestine during modern times, since shortly after the Balfour Declaration in 1918, intensifying following Israel’s creation in 1948, through the present era. Jihad has remained the primary cause of the conflict between the global Islamic umma—Arab and larger non-Arab Muslim communities alike—and the Jewish state of Israel. Israeli Jews are regarded as merely a religious community, whose rightful place is under Islamic suzerainty as dhimmis. Thus as historian Bat Ye’or has explained, Israel’s national patrimony,

a geographical territory related to a past history, a system of legislation, a specific language and culture—[is]consequently denied. The “Arab” character of the Palestinian territory is inherent in the logic of jihad. Having become fay territory by conquest (i.e. “taken from an infidel people” by jihad), it must remain within the dar al-Islam. The State of Israel, established on this fay territory, is consequently illegal.

Accordingly, the source of the endless annihilationist animus against Israel—an unabashed Jewish state among the otherwise monolithically Islamic nations of the Middle East—becomes clear. Bat Ye’or elucidates:

Israel represents the successful national liberation of a dhimmi civilization. On a territory formerly Arabized by the jihad and the dhimma, a pre-Islamic language, culture, topographical geography, and national institutions have been restored to life. This reversed the process of centuries in which the cultural, social and political structures of the indigenous population of Palestine were destroyed.

To this day, the overwhelming majority of the global Muslim community, most notably Arab Muslims, refuses, as Bruce Thornton described so aptly,

…to recognize a legitimate state created by the same historical process that created their own nations, and their continuing failure to recognize Israel in deeds rather than in words, [is] the root cause of the ongoing crisis

These sentiments were confirmed at the 2003 Putrajaya Islamic Summit, when former Malaysian Prime Minister Dr Mahathir Muhammad refused to acknowledge Israel’s legitimacy, but did discuss “Jews”. Mahathir’s bellicose statement, below, was met by thunderous applause from all the Muslim leaders present, including our man in (then just liberated) Afghanistan, Hamid Karzai:

To begin with, the governments of all the Muslim countries can close ranks and have a common stand if not on all issues, at least on some major ones, such as on Palestine… We need guns and rockets, bombs and warplanes, tanks and warships…We may want to recreate the first century of the Hijrah, the way of life in those times, in order to practice what we think to be the true Islamic way of life l.3 billion Muslims cannot be defeated by a few million Jews. There must be a way. And we can only find a way if we stop to think, to assess our weaknesses and our strength, to plan, to strategize and then to counter-attack. As Muslims, we must seek guidance from the Al-Qur’an and the Sunnah of the Prophet. Surely the 23 years struggle of the Prophet can provide us with some guidance as to what we can and should do…

Assiduous documentation by Daniel Pipes (here, and here) underscores how Israel’s stubborn resistance to its annihilation appears to have fomented multiple acts of Muslim violence against the non-Israeli Jewish diaspora population during the past 15 years. The murderous attack on the Jewish Federation of Greater Seattle by Naveed Afzal Haq merely continues this alarming trend

Notwithstanding that he may never have encountered an actual Jew, the 17th century Indian Sufi jurist Sirhindi (d. 1621) expressed an (archetypal) sentiment, whose ultimate origins can be traced to the sacralized behaviors of the Muslim prophet Muhammad himself. Sirhindi wrote:

Whenever a Jew is killed, it is for the benefit of Islam.

Sadly, this ugly belief retains widespread legitimacy amongst contemporary Muslims.

Andrew G. Bostom is a frequent contributor to Frontpage Magazine.com, and the author of The Legacy of Jihad, and the forthcoming The Legacy of Islamic Antisemitism.


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