France/USA: Un jour ils auront des vins (Judgement of Paris: The day France lost to America at wine)

Bottle shockBottle shockCorked!
Nous autres, civilisations, savons maintenant que nous sommes mortelles. Paul Valéry (1919)
Vous comprendrez, quand vous verrez l’Amérique, qu’un jour ils auront des peintres, parce que ce n’est pas possible, dans un pays pareil, qui offre des spectacles visuels aussi éblouissants, qu’il n’y ait pas de peintres un jour. Matisse (1933)
Où il y a de la vigne, il y a de la civilisation, il n’y a pas de barbarie. Hubert de Montille (propriétaire et viticulteur bourguignon, in « Mondovino », 2004)
Le vin, c’est l’histoire qui vit, qui respire, en relation constante avec le passé, celui du terroir, celui de cette bouteille elle-même, un passé qui continue de vivre au présent, voire qui s’améliore avec le temps. C’est un des liens essentiels qui nous restent avec notre propre histoire. En cela, le vin est progressiste et notre histoire est menacée par l’acte commercial envisagé comme unique raison d’être. Jonathan Nossiter
Le même vin, partout, chaque année, on y vient. Comme le Coca. Comme les McDo. Tout le monde aime la même chose, tout le monde est d’accord. Ce que Hollywood a réussi en un peu plus d’un siècle, la Californie du vin et ses alliés sont en passe de le réaliser en moins de vingt ans. Très fort. Le Nouvel observateur
Soyons clairs, le vin est mort. Et pas seulement les vins, mais aussi les fruits, les fromages (…) Souvenez-vous qu’aux jeux Olympiques d’Athènes, une seule boisson était autorisée: Coca-Cola. Toutes les autres étaient interdites! Aimé Guibert (« Mondovino »)

Pour ceux qui croient encore que le Jugement de Paris est une toile de Cézanne

A la veille de la sortie française du dernier opus du documenteur américain préféré des Français dénonçant une énième fois le capitalisme américain ..

Petit retour sur quelques films que vous n’êtes en revanche pas prêts de voir en France.

Comme par exemple deux petits films américain et britannique (« Bottle shock » et « Judgement of Paris » ) qui ont le malheur de toucher à l’une de nos vaches sacrées.

A savoir, le fameux et depuis longtemps refoulé concours de dégustation de 1976 (l’année du bicentenaire des Etats-Unis, dite justement « Jugement de Paris » ) qui, organisée par un marchand de vin britannique et en aveugle mais avec 9 juges français sur 11 (dont notre pauvre Raymond Oliver national!), vit les vins californiens battre à plate couture leurs homologues français.

Démontrant ainsi, au-delà de la marque et du prix comme le confirmera scientifiquement plus tard l’oenologue français Frédéric Brochet, le rôle décisif de la vue dans le processus d’évaluation, via notamment la couleur qui détermine le choix du vocabulaire descriptif des vins (« cassis », « fruits rouges », « cerise », « cuir », « réglisse », « torréfaction » pour le rouge ou « fleurs blanches », « citron », « tilleul », etc. pour le blanc), y compris pour du vin blanc artificiellement coloré …

Mais marquant surtout, à la manière du légendaire Armory show de New York de 1913 pour la peinture (où, après l’humiliation de leurs paysagistes à l’Exposition universelle de 1876 et face à la crème des peintres français, Edward Hopper vendit son premier tableau), la naissance officielle des vins américains dans le saint des saints de l’œnologie d’alors, jusque là véritable chasse gardée des grands crus français.

Sans compter que, histoire de bien remuer le couteau dans la plaie et balayant l’excuse française selon laquelle les vins américains ne vieilliraient pas aussi bien (reprise en chœur par la presse parisienne – le Figaro tentant notamment de donner le change en titrant ironiquement « La guerre des crus a-t-elle eu lieu? »), ces perfides Anglo-saxons avaient remis ça à trois reprises (1978, 1986 et 2006 pour le 30e anniversaire) avec quasiment les mêmes résultats.

Contraignant ainsi la terre natale de Gault et Millau à une remise en question aussi malvenue que déchirante (certains disent pour le meilleur, comme semble l’indiquer une dernière dégustation plus internationale début de l’année à Montréal?).

Et se payant même, tout dernièrement, le luxe de l’autodérision avec la sortie d’un faux documentaire (« Corked! »).

Que nous aurons d’ailleurs peut-être la chance de voir un jour en France, puisque, à l’instar du « Mondani » de Jonathan Nossiter qui dénonçait il y a cinq ans le rouleau compresseur californien Mondani rachetant à coup de millions de dollars des vignobles européens comme la mondialisation du goût imposée par le tastemaker Robert Parker, il moque le snobisme oenologique californien…

Guerre du vin à Hollywood

Courrier intrnational

le 3 août 2007

En 1976, une dégustation en aveugle menée par onze experts reconnus – dont neuf français – concluait à la supériorité des vins californiens sur les vins français. Deux films rivaux s’intéressent à cette histoire et se livrent aujourd’hui un combat sans merci.

La nouvelle fit l’effet d’une bombe dans le milieu viticole français – et marqua le début d’une guerre du vin qui continue de faire rage. En 1976, un groupe de 11 œnologues distingués fut convié à une dégustation en aveugle. Il s’agissait de comparer des grands millésimes français à des vins californiens inconnus. A l’époque, nul n’aurait osé remettre en cause la suprématie des vins français. La France produisait les meilleurs vins au monde, un point c’est tout. Mais l’impensable arriva : tous les juges – dont neuf étaient français – sans exception accordèrent les meilleures notes aux vins américains. Trente ans plus tard, le milieu vinicole français ne s’en est toujours pas remis et ce douloureux souvenir hante encore les mémoires.

Aujourd’hui, cet événement déchaîne à nouveau les passions. Deux films hollywoodiens qui ont pris pour thème ce jugement légendaire se livrent une concurrence impitoyable. A l’époque, les Français avaient crié à la supercherie. Le verdict était caduc puisque tout amateur de vin un peu éclairé ressent dans sa chair et son âme la supériorité des vins français sur les vins californiens. Le négociant en vin britannique Steven Spurrier, organisateur de l’événement, a été accusé d’être à la solde de la « perfide Albion », tandis que les goûteurs français recevaient des courriers assassins leur reprochant d’ avoir « laissé tomber la France. »

Steven Spurrier a participé au film « officiel », Le Jugement de Paris, adapté du livre de George Taber, de Time Magazine, seul journaliste présent lors de la dégustation. Steven Spurrier accuse de « diffamation et de grossière réinterprétation » les producteurs du film concurrent – Bottle Shock, avec Alan Rickman dans le rôle de Steven Spurrier et Danny De Vito dans celui de Mike Grgich, propriétaire du chardonnay de la Napa Valley et vainqueur de la dégustation de 1976.

Furieux d’être dépeint comme un « snob de la pire espèce », il s’est senti insulté à la lecture du scénario et il a écrit aux producteurs de Bottle Shock pour les menacer de les attaquer en justice si son nom n’était pas retiré du générique. « En ce qui me concerne, ce scénario est un ramassis d’inventions fantaisistes », s’est indigné Steven Spurrier dans Decanter, un magazine dont il est rédacteur consultant.

M. Spurrier, qui a organisé une nouvelle dégustation à l’aveugle pour les trente ans du Jugement de Paris – avec le même résultat –, a été profondément choqué par la façon dont il était présenté dans Bottle Shock. « C’est n’importe quoi ! Je suis censé avoir des employés que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, avoir été dans des endroits où je n’ai jamais mis les pieds et avoir emprunté de l’argent dont je n’ai jamais vu la couleur », a-t-il déclaré récemment. « Mon nom a été retiré du script et, si ce film voit le jour, j’espère qu’il sera présenté comme une fiction et non comme une histoire vraie. » La société de production américaine du film officiel Le Jugement de Paris, qui détient les droits de l’histoire de Steven Spurrier, envisage également de poursuivre la production concurrente.

M. Spurrier, qui avait 34 ans à l’époque de la première dégustation, raconte que la production lui a proposé des grands noms du cinéma pour interpréter son personnage. « Je leur ai dit que je voulais un acteur anglais, ils m’ont proposé Hugh Grant mais il était trop vieux à mon goût, ils ont ensuite proposé Jude Law mais je le trouve trop beau ! » D’autres grands noms de Hollywood comme George Clooney et Keanu Reeves ont également été pressentis.

Pour sa part, Bottle Shock, actuellement en tournage, devrait sortir l’année prochaine. Les deux films cherchent à profiter de l’engouement des spectateurs pour les films sur le vin, comme Sideways, qui a reçu un Oscar en 2005. Nadine Jolson, porte-parole de Bottle Shock, a déclaré que le film retracera un événement historique et que « personne ne détient les droits de ce genre de chose ».

Cette dégustation catastrophique a eu lieu le 24 mai 1976 sur la terrasse de l’hôtel InterContinental. M. Spurrier, propriétaire d’une cave à vin dans le centre de Paris et d’une école d’œnologie, voulait attirer l’attention sur des vins exceptionnels venus de Californie et demeurés inconnus à Paris. Il rassembla un panel de juges, comprenant entre autres Odette Khan, rédactrice en chef de La Revue du vin de France, célèbre sommelier et propriétaire de l’un des meilleurs restaurants de France.

« Je ne pouvais rêver mieux comme jury. Je voulais simplement attirer l’attention sur ces nouveaux vins. Or j’ai rapidement compris que pour les persuader de les goûter il fallait procéder à une dégustation en aveugle et leur dire qu’il y avait de très grands vins français en jeu, raconte M. Spurrier. Des grands crus de Bourgogne et de Bordeaux contre des chardonnays et des cabernets californiens. J’avais tout fait pour que les Français gagnent. Une demi-douzaine de vins inconnus de Californie contre les meilleurs vins français, le résultat était couru d’avance ! »

M. Spurrier raconte que, pour les juges français, il s’agissait d’un exercice purement intellectuel et que leur suffisance leur a joué des tours. « Ce vin est trop riche, disaient-ils, il doit être californien, alors qu’il s’agissait d’un vin français, et ils donnaient les meilleures notes à un vin en étant persuadé qu’il était français. L’annonce des résultats a jeté un froid. L’une des juges voulait même reprendre ses notes et elle a ensuite écrit un article disant que j’avais truqué la dégustation, mais les autres goûteurs se sont montrés beaux joueurs. En 1976, nous avons montré que les vins californiens étaient meilleurs que les meilleurs vins français. C’était un signal d’alarme pour les exploitants français et ils n’en ont malheureusement pas tenu compte. »

Voir aussi:

« Mondovino », de Jonathan Nossiter

La guerre du vin

Pascal Mérigeau

Le Nouvel Observateur

28/10/2004

Aujourd’hui, le vin est un marché aux enjeux colossaux. Dans son film, présenté au dernier Festival de Cannes, l’Américain Jonathan Nossiter a mené l’enquête sur trois continents pour montrer que la mondialisation du goût est en marche. Entre se soumettre et résister, le choix, dit-il, est encore possible

«Mais pourquoi y a-t-il autant de chiens dans votre film?» Impossible d°¶y couper, la question revient toujours dans la bouche des journalistes et celle des spectateurs. Ce soir-là encore, à Montpellier, où était organisée la première séance publique après la présentation du film à Cannes, Jonathan Nossiter y a eu droit. La salle de 350places était comble, plusieurs dizaines de personnes navaient pas pu entrer. Tous ces gens pour un film sur le vin? Il est vrai que la région s°¶y prête, et parmi les spectateurs se trouvaient nombre de viticulteurs et d°¶étudiants en œnologie. Mais il faut dire surtout qu°¶en questionnant le monde du vin sur trois continents Nossiter a ouvert une porte sur quelques-uns des problèmes majeurs de ce temps, de ceux qui concernent tout le monde, tous les jours, à tous moments. Une affaire de goût? Oui, justement. Mais s’agit-il de votre goût, vraiment, ou de celui que le marché vous impose?

Hubert de Montille, propriétaire et viticulteur bourguignon, est une des vedettes de «Mondovino», pas uniquement parce que son crâne déplumé apparaît sur l°¶affiche du film. Une de ses phrases peut servir de première clé: «Où il y a de la vigne, il y a de la civilisation, il n’y a pas de barbarie.» Jonathan Nossiter est allé voir là où il y a de la vigne, au Brésil et en Sardaigne, en Bourgogne et en Argentine, dans le Bordelais et en Californie. Voir, et écouter ce que les gens ont à dire. Et pour qu°¶ils s°¶expriment, ces gens, il est entré chez eux le sourire aux lèvres, on le voit dans le film, accompagné seulement de deux complices, la photographe Stéphanie Pommez et un cinéaste uruguayen vivant à Paris, Juan Pittaluga: «Ceux qui nous recevaient ne voyaient pas débarquer une équipe de cinéma ou de télévision, mais trois copains avec lesquels ils pouvaient parler tout en continuant de se promener dans leurs vignes ou de goûter leur vin.» Deux complices qui ne s°¶intéressent pas particulièrement au vin, c°¶est ce qu°¶il souhaitait, parce qu°¶il voulait que le film ne se limite pas aux connaisseurs et amateurs de la chose: «Quand Juan tenait la caméra, comme il se fiche du vin, son regard se portait sur les à-côtés, grâce à lui j°¶ai vu ensuite des choses que je n°¶aurais pas remarquées.» Un chauffeur qui attend son maître, un ouvrier sur son échelle, des mains de filles qui se tordent tandis qu°¶on célèbre les noces de la Californie et du Bordelais, ces arrière-plans irriguent le film, fondent son humanité. La plupart du temps, cependant, Jonathan Nossiter tenait lui-même la caméra, comme une troisième casquette vissée sur la tête, avec celle du réalisateur et du sommelier. Au départ, il prévoyait deux mois de tournage et un de montage, finalement trois années ont passé.

Quelle impression a-t-il rapporté de l°¶aventure, lui demande une spectatrice? «On trouve chez les vignerons ce qu°¶il y a de plus beau chez les grands artistes, la prétention en moins.» Le temps, en effet, se charge de dégonfler les têtes. Le temps qui passe et le temps qu°¶il fait. Le soleil qui brille au mauvais moment, la pluie qui tombe quand il ne faudrait pas, le gel qui fiche tout en l°¶air, la vanité ne tarde pas à en prendre un coup. Le vin comme une école de l°¶humilité. Le ciel ne se soucie pas de l°¶orgueil des hommes et se moque de leurs besoins d°¶argent. Mais quand il y a beaucoup à gagner? Là, cela devient autre chose, le vin ne peut être la seule marchandise qui se dérobe aux impératifs du marché, il faut que sa qualité soit constante, il faut qu°¶il séduise, chaque année, qu°¶il neige ou qu°¶il pleuve, que la récolte soit abondante ou maigre, on ne plaisante pas avec le business. D°¶où le mot de l°¶importateur new-yorkais Neal Rosenthal, qui parle d°¶une «guerre entre résistants et collaborateurs». Résistance et collaboration, le film s°¶organise autour de ces deux pôles. Jonathan Nossiter: «Le vin, c°¶est l°¶histoire qui vit, qui respire, en relation constante avec le passé, celui du terroir, celui de cette bouteille elle-même, un passé qui continue de vivre au présent, voire qui s°¶améliore avec le temps. C°¶est un des liens essentiels qui nous restent avec notre propre histoire. En cela, le vin est progressiste et notre histoire est menacée par l°¶acte commercial envisagé comme unique raison d°¶être.»

Il a rencontré Michel Rolland, œnologue consultant de plusieurs centaines de vignerons de par le monde, Bordeaux, Californie, Argentine, Maroc, Inde, entre autres. L°¶homme qui «micro-bulle» à tour de bras (c°¶est son truc), se marre tout le temps et professe que l°¶on peut faire du vin partout. Le cinéaste l°¶a filmé dans sa voiture, dans son bureau, dans son labo. Pas dans les vignes? «Non, j°¶ai passé six heures avec lui, je n°¶ai pas choisi les lieux. Avec Aimé Guibert (autre vigneron, autre vedette du film), je n°¶ai passé que deux heures, dans ses vignes.» Michel Rolland est un ami de Robert Parker, le critique qui pour quelques points de plus ou de moins (il note les vins sur 100) fait la fortune d°¶un vigneron ou décide de sa ruine. Dans le Bordelais et la vallée du Rhône, on lui élèverait volontiers une statue, il la mérite. Mais aujourd°¶hui, son jugement fait loi, ce n°¶est plus une affaire de goût, c°¶est une question de pouvoir et d°¶argent. Et pour lui plaire, certains vignerons ont cessé de faire le vin qu°¶ils aimaient, celui de leur terroir, pour fabriquer celui que Parker aime. Quand Mondavi, qui règne sur le vin de Californie et sur quelques-uns des beaux crus de par le monde, rachète un vignoble toscan, les critiques américains décrètent d°¶un même élan que le vin produit est «le meilleur au monde», et si dans le même temps Parker lui attribue 100 sur 100 (cela peut arriver, c°¶est peut-être un hasard), le prix de la bouteille est multiplié par 100. Limpide. Le même vin, partout, chaque année, on y vient. Comme le Coca. Comme les McDo. Tout le monde aime la même chose, tout le monde est d°¶accord. Ce que Hollywood a réussi en un peu plus d°¶un siècle, la Californie du vin et ses alliés sont en passe de le réaliser en moins de vingt ans. Très fort.

Face aux puissants, des culs-terreux, des attardés, des rétrogrades, c°¶est ainsi que les désignent ceux qui prétendent vivre avec leur temps. Ce n°¶est pas si simple, et dans «Mondovino» il n°¶y a ni bons ni méchants, ou du moins la distinction n°¶est-elle pas si tranchée. Aimé Guibert, qui a parcouru pour l°¶occasion les 30 kilomètres qui séparent ses vignes d°¶Aniane de Montpellier: «Sous Franco, il existait plusieurs catégories de criminels politiques et Nossiter me paraît correspondre à l°¶une d°¶elles: il est un anarchiste modéré.» Dans «Mondovino» comme chez Renoir, le problème est que tout le monde a ses raisons. Celles d°¶Hubert de Montille et de ses enfants, la jolie Alix en tête, ne sont pas celles du marché. Les vins dont on nous dit qu°¶ils sont meilleurs, ceux qui plaisent, donc, «vous bluffent, vous en mettent plein la gueule dès le départ et vous lâchent d°¶un seul coup, et alors il n°¶y a plus rien». La conclusion d°¶Hubert de Montille, dans le film: «Le monde moderne, parce qu°¶il n°¶a plus le temps de rien, est habitué à cela, il aime se faire bluffer.» Des vins bourrés d°¶effets spéciaux, si l°¶on veut. Aimé Guibert le dit autrement, mais cela revient au même: «Soyons clairs, le vin est mort. Et pas seulement les vins, mais aussi les fruits, les fromagesˇ» Le bonhomme joue volontiers les provocateurs, en tout cas il continue de faire comme il l°¶entend, attaché à ce «métier de poète» qui consiste à élever de grands vins. Le mystère n°¶est pas près de se dissiper, qui dure depuis aussi longtemps que la civilisation et que des milliers de gens dans le monde cultivent.

On dira peut-être qu°¶il y en a pour tous les goûts, des vins à l°¶épate, des grands, des bons et même d°¶infâmes piquettes. Oui, maisˇ «Souvenez-vous qu°¶aux jeux Olympiques d°¶Athènes, une seule boisson était autorisée: Coca-Cola. Toutes les autres étaient interdites!», tempête Aimé Guibert. Pas si loin de là, un vigneron sarde rappelle que «même les animaux choisissent ce qu°¶ils mangent».

Les clebs courent dans les vignes derrière leur maître. Ils sont les veilleurs, les gardiens, comme des totems, la truffe au ras des grappes. Allez savoir si le vin serait le même si parfois ils ne levaient pas la patte sur les ceps. Robert Parker, lui aussi, a des chiens. L°¶un d°¶eux est pétomane.

«Mondovino», de Jonathan Nossiter. En salles le 3 novembre.

Jonathan Nossiter, né aux Etats-Unis il y a 42 ans, cinéaste et documentariste, a réalisé notamment «Sunday»,«Resident Alien» et «Signs and Wonders».

Voir également:

Corked!

Film Review

Duane Byrge

The Hollywood reporter

May 22, 2009

CANNES — A satire of « fine wine » has found its time. A mockumentary in the « Spinal Tap » tradition, « Corked! » pops off the pretensions of the Northern California wine community. This aromatic outing distills all the pretentious sniffing and snobbing that accompanies the wine biz.

Drier and frothier than recent mockumentaries made by recognized Hollywood comics, « Corked! » is a pithy delight. It’s a brilliant lampoon of winemaking and will go well with either Milk Duds or organic popcorn.

If picked, this TriCoast Worldwide entertainment will entice on the select-site circuit, and perform superbly in festivals. With its ripe subject matter and brainy humor, « Corked! » could pop on cable outlets, from comedy channels to the food-stuff channels.

Written and directed by Ross Clendenen and Paul Hawley, « Corked! » blends the stories of four different, Northern California wineries. Poured out in a dead-on documentary style of interviews from vinters, wine critics, marketers and pickers, it’s like to tantalize the funny-bones of all of us who have endured wine-connoisseur talk. Hilarious and smart, it never falls flat, only occasionally bursting its bubble of documentary plausibility. So well-honed is « Corked! » that many viewers are not going to realize it’s a fictional entertainment.

Blue ribbons to filmmakers Clendenen and Hawley, and to their talented cast. In particular, plaudits to Todd Norris for his performance as a protector of the grapes, who blasts high-decibel jaguar sounds across the vineyards to startle starlings as well as other unsavory interlopers.

As two knucklehead wine-marketers, one in AA and the other a Bud man, Ben Tolpin and Rob Reinis are uproarious, while Ross Clendenen is perfect as a snooty, effete vineyard mogul.

Tech contributions are a perfect blend: Special praise to cinematographer/editor Miguel Medina for his acidic comic compositions and devilishly dry cuts.

Section: Market

Sales: TriCoast Worldwide

Production companies: TriCoast Worldwide and 28 Entertainment

Cast: Ross Clendenen, Ben Tolpin, Rob Reinis, Jeffrey Weissman, Devin Westberg, Martina Finch, Todd Norris.

Directors/Screenwriters: Ross Clendenen, Paul Hawley

Producer: Brian A. Hoffman

Director of photography/Editor: Miguel Medina

Music: Erin Davis, Dave Foley, Errol Reifman

No rating, 90 minutes.

WINE TALK

The Day California Shook the World

Frank J. Prial

The NYT

May 9, 2001

ON May 24, 1976, six weeks before America’s bicentennial celebration, there occurred in Paris a tasting that American winemakers and cultural historians have come to characterize as the defining moment in the evolution of fine wine in this country.

The effects on the California wine industry, as well as its distributors and, indeed, their customers, were profound. The winemakers had known they could make great wine; wineries like Beaulieu and Inglenook had been doing it for at least 30 years. What the Paris tasting did was bolster their self-esteem. It encouraged many who had been content making mediocre wine to go for the very best.

More important, it showed American consumers that they no longer had to look abroad for fine wine. Little more than a decade earlier, a general American embarrassment had greeted President Lyndon B. Johnson’s decree that American embassies serve only American wines.

At that tasting 25 years ago, nine judges, all prominent French food and wine people, gathered in the enclosed courtyard of the Paris Inter-Continental Hotel and tasted 20 wines, red and white, French and American. The tasting was blind; all the bottles were covered; no one was told which were French, which were American.

When the bottles were unwrapped, the tasters were astonished to discover that the highest scorers were American: a 1973 cabernet sauvignon from Stag’s Leap Wine Cellars and a 1973 chardonnay from Chateau Montalena, both from the Napa Valley. Under the headline  »Judgment of Paris, » Time magazine said that the  »unthinkable » had happened:  »California defeated all Gaul. »

The tasting had been staged by Steven Spurrier, a 34-year-old Englishman who ran a wine shop and wine school just off the Place de la Madeleine. It grew from the influence of many of his customers and students, most of whom were American. I.B.M.’s French headquarters, with its cadre of upwardly mobile young Yankee executives, was just across the street.

In 1975, intrigued by their talk of American wines, he sent his American partner, Patricia Gallagher, to California. She was so impressed that Mr. Spurrier made his own voyage of discovery.

He returned to France excited by what he had found and determined to arrange a tasting event. He hoped to twit the xenophobic French, publicize the fine California wines he had found and, understandably, win some publicity for himself.

He succeeded on all three counts. The French tasters, who included the chief inspector of the National Institute of Controlled Appellations, the owners of two famous Paris restaurants and the sommelier of a third, were true to form. They lavished praise on what they thought were French wines and derided those they thought were American.

The California reds were all cabernet sauvignon; the French reds all cabernet-based Bordeaux. The California whites were chardonnay, the French whites Burgundy chardonnay. Here is how the judges ranked the wines.

The reds, in order of finish: Stag’s Leap Wine Cellars, 1973; Mouton-Rothschild, 1970; Haut-Brion, 1970; Montrose, 1970; Ridge Vineyards Monte Bello, 1971; Léoville-Las-Cases, 1971; Mayacamas Vineyards, 1971; Clos du Val, 1972; Heitz Cellars, Martha’s Vineyard, 1970; Freemark Abbey, 1969.

White: Chateau Montelena, 1973; Domaine Roulot, Meursault-Charmes, 1973; Chalone Vineyard, 1974; Spring Mountain Vineyards, 1973; Joseph Drouhin, Beaune Clos des Mouches, 1973; Freemark Abbey, 1972; Ramonet-Prudhon, Bâtard-Montrachet, 1973; Domaine Leflaive, Puligny-Montrachet, Les Pucelles, 1972; Veedercrest Vineyards, 1972; David Bruce, 1973.

 »The egg on the judges’ collective faces, » wrote Paul Lukacs in his  »American Vintage » (Houghton Mifflin, 2000),  »came from their inability to discern what until then everyone had assumed was obvious — namely that great French wines tasted better than other wines because they tasted, well, French. »

Still, there is one notion that the tasting should have dispelled, and that is that California wines do not last. I don’t know why the doubt persisted, but perhaps because it did, Mr. Spurrier decided to recreate the red-wine tasting in 1986.

By then, the wines were 13 to 16 years old. The French ones were in perfect condition, but so were the Americans. And a California wine again placed first — this time, Clos du Val — and the Ridge Monte Bello was second. The Stag’s Leap 1973 was sixth, after three French wines, but hardly because of age. Warren Winiarski, who owns Stag’s Leap Wine Cellars, served it at a dinner I attended at Stag’s Leap six weeks ago. It was in beautiful condition.

For the French, the impact of all the comparisons, starting with the first tasting, has been subdued. One early result was that it became easier for French and American winemakers to overcome their mutual suspicion and begin to exchange visits and information. It is a rare California winery these days that doesn’t employ a French apprentice or two, while young Americans can be found pulling hoses and scrubbing tanks in wineries in France.

But the overall effect on the French has become more evident over the years: American wines may still be rare in the French market, but then many French wines, particularly Bordeaux, now taste like American wines. Bordeaux producers have always prided themselves on their wines’ restraint, elegance and subtlety. But anyone who tastes them regularly can attest to how much more fruity, full-bodied and forward many have become.

Once, chateau owners were proud to say their wines took three decades to mature. Now there are Bordeaux winemakers who, like many Californians, insist that their wines are ready to drink after a few years.

One major change, both in France and California, is price. In its June 7, 1976, issue, Time magazine said of the Paris tasting:  »The U.S. winners are little known to wine lovers, since they are in short supply even in California and rather expensive. »

Time’s definition of expensive?

 »$6 plus. »

Photos: BIG MOMENT — In 1976, Steven Spurrier, left, held a tasting in Paris at which American wines placed highest. (Jean-Luce Huré for The New York Times

The Judgment of Paris

What the French didn’t learn from the legendary wine-tasting.

By Mike Steinberger

Slate Magazine

May 24, 2006

Today is the 30th anniversary of the Judgment of Paris, the legendary tasting in which a pair of unheralded California wines bested some of France’s most celebrated reds and whites. It was, you might say, the collective slurp heard round the world. France losing to the United States at wine? Unthinkable. In a century filled with indignities for France, the Judgment of Paris was another cruel blow. For the most part, though, the French refused to take the result seriously, dismissing it as either an aberration or, worse, the product of Anglo-American chicanery (the tasting was organized by a Brit, Steven Spurrier, who was accused of serving French wines that were either too young or from inferior vintages). The central lesson of the tasting—that competition was now at hand and that French wines would no longer necessarily enjoy a presumption of superiority—was lost on the French. Thirty years later, some of them are paying dearly for their complacency.

The story of the Great Vinous Smackdown is retold in the recently published Judgment of Paris: California vs. France and the Historic 1976 Paris Tasting That Revolutionized Wine, written by George M. Taber, the Time magazine correspondent who covered the event. The tasting featured nine French wine experts, among them Odette Kahn, editor of the influential Revue du Vin de France; and Christian Vannequé, sommelier of the three-star Parisian restaurant La Tour d’Argent. The French wines were no less reputable and included the 1970 Haut-Brion, the 1970 Mouton Rothschild, and the 1973 Domaine Leflaive Puligny-Montrachet Les Pucelles. But when the scores were tallied that afternoon at Paris’ InterContinental Hotel, it was the 1973 Chateau Montelena Chardonnay from Napa that finished first among the whites, and the 1973 Stag’s Leap Wine Cellars Cabernet Sauvignon, also from Napa, that was tops among the reds. According to Taber, one unnamed, aggrieved Bordeaux chateau owner later told Spurrier, « You’ve spat in our soup. »

Taber’s book has inspired a number of commemorative tastings in the lead-up to the anniversary. But the most eagerly awaited Judgment of Paris re-creation is the one being held today—an event organized primarily by Spurrier that is taking place simultaneously in London and Napa. Once more, an impressive panel has been assembled, although this one is not exclusively French; the judges include Vannequé; two British masters of wine, Jancis Robinson and Michael Broadbent; and the journalist Michel Bettane, often called France’s Robert Parker. With a few exceptions, the wines are equally stellar. However, unlike the original Judgment of Paris, which became controversial only after the fact, the sequel has been plagued with problems from the outset.

Earlier this month, the Wall Street Journal ran a front-page story detailing the difficulties Spurrier has encountered. According to the Journal, the leading Bordeaux châteaux were reluctant to submit any recent vintages for a comparative tasting and ultimately persuaded Spurrier not to put the younger French wines up against their California counterparts (the concern is that the French wines, being slower to mature, would be at a disadvantage). Thus, the only competitive, fully blind portion of today’s tasting will be the first flight, featuring the same 10 red wines that were part of the 1976 event. The younger wines (from 2000 to 2004) will be segregated geographically and tasted semiblind—the participants won’t know which wine is which, but they will know that Flight 3 consists only of white Burgundies, Flight 4 California cabernets, and so forth.

This arrangement has caused much outrage in the wine blogosphere, where the French are being accused of—what else?—cowardice. (Never mind that two California wineries, Harlan and Kistler, declined to participate.) But when I spoke with Spurrier this week, he insisted the French didn’t have to twist his arm regarding the format. He agreed that it would be unfair to pit young Bordeauxs against equally youthful California cabernets in a blind tasting, because the wines do age differently. In 1976, when California wines still had something to prove, he explained, a head-to-head match-up was necessary. But California established its worthiness 30 years ago.

Still, I think it’s a pity they went with a watered-down format. True, we don’t need a competitive tasting to tell us that California makes great wines. But a second Judgment of Paris, done well, might have been even more interesting and revealing than the original. A blind tasting that included the three other major grape varieties in which the United States now produces noteworthy wines—merlot, syrah, and pinot noir—could have answered, or raised, all sorts of intriguing questions. Probably the most remarkable aspect of the 1976 tasting, for instance, was how often the California chardonnays were mistaken for white Burgundies. Today, would California chardonnays—which have generally become oakier and more alcoholic over the years—prove equally deceptive? And what about California pinot noir? It’s generally considered an entirely different breed than its Burgundian cousin, but who knows what a blind tasting would have turned up.

This new Judgment of Paris comes at a time when a large segment of the French wine industry is mired in crisis—a crisis that might have been mitigated had the French not ignored the message of the first Judgment of Paris. France is currently sitting on an ocean of unsold wine, a glut that has led to a collapse in prices at the cheaper end of the spectrum. According to the New York Times, some 100 million liters of Appellation d’Origine Controlee wine was distilled into ethanol last year. That’s enough to fill 133 million bottles. Across France, hundreds of winemakers, and possibly thousands, are on the verge of bankruptcy; it has been suggested by some trade organizations that in the Languedoc, the hardest-hit region, 30 to 50 percent of wineries may ultimately be forced out of business. There have been a number of protests tied to the crisis, and several suicides, as well.

The proximate cause of all this unhappiness is that sales of French wines have been plummeting at home and overseas, especially at the lower price points. Domestic consumption has dropped by more than 40 percent over the last four decades. And France has been hemorrhaging market share abroad, particularly in the two fastest-growing markets, the United States and Britain. The French share of the American market for imported wines fell from 26 percent in 1994 to 14 percent in 2004. Inept marketing is one big reason for the decline, and this ineptitude can be put down to complacency and chauvinism.

The French have been blindsided by the emergence of aggressive competition from Italy, Spain, Australia, South America, and other regions. This isn’t true of the very finest French producers; thanks in part to the Judgment of Paris, they recognized early on that the New World was capable of making excellent wine, and they worked to improve their own offerings (which they have done—the good French wines have never been better). By and large, though, after 1976, the French continued to assume that their wines were the only ones worth drinking. They had little interest in foreign wines (even now, French wine shops offer astonishingly few imports), and they put little effort into salesmanship because they figured that French wines, simply by virtue of being French, would sell themselves. Interviewed several years ago, one Burgundian winemaker, Patrick Hudelot, put it well: « In France, there is a belief that you don’t need to market your wine, that France’s reputation is enough. And that way we are being left behind. »

So they are. Thirty years after the Judgment of Paris, shrewdly marketed brands like Australia’s Yellow Tail are winning over budget-minded drinkers around the world while a bloated, inefficient French wine industry grapples with millions of liters of unwanted wine and a growing army of destitute vintners. The French can’t say they weren’t warned.

The 1976 Judgment of Paris tasting still has the French spluttering with indignation. Not only did a handful of then relatively obscure wines from California trounce the greatest names in France, but they did so in a blind tasting organised by an Englishman, in Paris, with a panel of judges including highly respected French wine trade luminaries.

Thirty years on denial still clouds the French viewpoint, but the Paris tasting proved pivotal for the confidence of New World wines. Americans began to buy top-end California wines and the concept of collectable « blue chip » wines emerged as select estates ratcheted up the price on their small batches of wine.

And Paris almost certainly proved the spur for the seminal Mondavi-Rothschild joint venture in 1979 that saw the creation of Opus One, forerunner of a host of similar high-profile Gallic-New World winemaking projects.

What began as « a fairly run-of-the-mill tasting » helped fuel the global rise in quality and diversity we see today. And, although our Gallic neighbours would never admit it, this rivalry has driven the quality of France’s wines to new heights.

Hollywood goes nose to nose over French wine’s darkest moment

Rival films to tell tale of 1976 tasting when classics were humbled by the New World

Kim Willsher in Paris

Andrew Catchpole

The Guardian

1 August 2007

Wine tasting

It was a calamity for French viticulture – and it sparked a wine war that rages even to this day.

In 1976 a group of 11 distinguished wine experts were asked to compare some of France’s finest wines with some little-known California bottles in a blind test. At the time it was carved in stone that France produced the best wines in the world.

When the unthinkable happened and every one of the judges – nine of them French – awarded top marks to the American wines, the reaction brought a whole new meaning to the phrase grapes of wrath. Three decades on, French viticulture has never completely recovered and some in France still find the event too painful to discuss.

Now the tasting is the reason behind another round of bloodletting, this time over two rival Hollywood films – one starring British actor Alan Rickman – that are being made about the legendary judgment.

At the time the French cried foul, dismissed the result as a fluke and declaring that anyone who knew anything knew as a matter of fact and instinct that French wines were better than California wines. The British wine merchant Steven Spurrier, who had organised the competition, was shunned as an agent of perfidious Albion, while the Gallic tasters received hate mail for « letting France down ».

Mr Spurrier is involved in the so-called « official » version of the event, a film called Judgment of Paris based on a book by Time journalist George Taber, the only reporter present at the tasting. Mr Spurrier has accused the producers of a rival movie, entitled Bottle Shock and starring Rickman as Mr Spurrier and Danny DeVito as Mike Grgich, a celebrated Californian winemaker whose Napa Valley Chardonnay triumphed in the 1976 tasting, of « defamation and gross misinterpretation ».

Having read the script Mr Spurrier is reportedly outraged that he is being portrayed as an « impossibly effete snob » and says the portrayal of his character is « deeply insulting ». He has now written to the Bottle Shock producers threatening to sue and demanding that his name is excised from the story.

« There is hardly a word that is true in the script and many, many pure inventions as far as I am concerned, » Mr Spurrier said in Decanter magazine, where he works as consultant editor.

Mr Spurrier, who organised a re-run of the tasting – with the same results – last year, added that some « if not all » representations of him in the rival film are « false, defamatory and disparaging », and show him in a « false light ».

« It’s absolute rubbish the way they portray me. I’m supposed to have employees I never had, been in places I’ve never been, borrowed money from banks I never borrowed, » he said yesterday. « I’ve had my name taken off the script and I hope that if they make the film it will be as fiction rather than a true story. »

The American production company making the official Judgment of Paris, which owns the rights to Mr Spurrier’s story, is also considering suing the rival production.

Mr Spurrier, who was 34 at the time of the original tasting, said the production company had mooted some big names to play his character. « I said I wanted an English actor and they suggested Hugh Grant, but I said he’s too old. They said Jude Law, I said too beautiful. »

Other Hollywood leading men, including George Clooney and Keanu Reeves, have been suggested for major supporting roles.

Bottle Shock, which is currently being filmed, is due for release next year. Both films are hoping to cash in on the success of 2005’s wine-themed Oscar winner Sideways. Nadine Jolson, a spokesman for Bottle Shock, said the film was about a historical event « and nobody owns the rights to that ».

The infamous Paris tasting took place on May 24, 1976 in the covered terrace at the Intercontinental hotel. Mr Spurrier, who owned a small wine shop in the centre of the city and a wine school next door, wanted to draw attention to some exceptional wines from California, then unknown in Paris. He brought together a panel of judges, including Odette Kahn, editor of La Revue de Vin de France, a top sommelier and the owner of one France’s top restaurants.

« It was an absolutely impeccable range of tasters. My intention was simply to draw attention to these new wines but I realised the only way to persuade them to taste them was to do it blind and say there were benchmarks of French wine in there, » said Mr Spurrier.

He pitted premier and first cru Burgundy wines and grand and premier cru Bordeaux wines against Californian Chardonnay and Cabernet. « I had rigged the whole thing for the French to win. You don’t take half a dozen unknown Californian wines and put them up the very best of French wine, » he said.

Mr Spurrier said the French judges had treated the tasting as an intellectual exercise with only one outcome.

« They were saying things like « this is rather rich, it must be Californian », when it was a French wine, and they gave top marks to a wine convinced it was French. When they found out it wasn’t there was general consternation, » he said. « One of the judges wanted her notes back to change them, then wrote an article saying I had rigged the tasting, but the other testers were all very gentlemanly.

« What we showed in 1976 was that the Californian wines were better than the best French wines. It was a wake-up call to French winemakers. Sadly, it is a wake-up call they didn’t heed. »

A taste of the future

The 1976 Judgment of Paris tasting still has the French spluttering with indignation. Not only did a handful of then relatively obscure wines from California trounce the greatest names in France, but they did so in a blind tasting organised by an Englishman, in Paris, with a panel of judges including highly respected French wine trade luminaries.

Thirty years on denial still clouds the French viewpoint, but the Paris tasting proved pivotal for the confidence of New World wines. Americans began to buy top-end California wines and the concept of collectable « blue chip » wines emerged as select estates ratcheted up the price on their small batches of wine.

And Paris almost certainly proved the spur for the seminal Mondavi-Rothschild joint venture in 1979 that saw the creation of Opus One, forerunner of a host of similar high-profile Gallic-New World winemaking projects.

What began as « a fairly run-of-the-mill tasting » helped fuel the global rise in quality and diversity we see today. And, although our Gallic neighbours would never admit it, this rivalry has driven the quality of France’s wines to new heights.

Voir enfin:

Le goût du vin
Claude Fischler
Sciences Humaines
Juin 2007

Les tests à l’aveugle nous offrent des surprises quant à l’expertise des œnologues. Mais ils nous en apprennent aussi beaucoup sur la façon dont se construit le goût, en mélangeant les données sensorielles et les représentations mentales.

En 1976, un marchand de vin britannique installé à Paris, Steven Spurrier, organisa une dégustation « à l’aveugle » de grands crus français et américains. Le jury était constitué de dégustateurs français réputés. Le résultat fut jugé comme un coup de tonnerre historique par les Américains : au grand dam des experts français, ce furent les vins californiens qui l’emportèrent.

Les Français se sont empressés d’oublier activement cet événement. Ils auraient pu néanmoins s’interroger sur cette question fondamentale : pour juger « objectivement » de la qualité d’un vin, est-il vraiment « scientifique » de le déguster à l’aveugle ? Encore faut-il préciser ce que l’on entend par ce terme : il ne s’agit pas de déguster les yeux fermés mais simplement d’ignorer l’étiquette, soit les informations portant sur l’origine, le nom, le cépage, le millésime du flacon dégusté. Répondre par l’affirmative, c’est accepter implicitement que la perception sensorielle (olfacto-gustative et visuelle pour l’essentiel) est seule pertinente pour juger de la qualité, de la « vérité » essentielle d’un flacon. Le reste, n’est-ce pas, n’est que de l’imaginaire : un concentré de symbolique, de connotations, d’implicite social et culturel. Et ce reste imaginaire, ajoutent implicitement les défenseurs du consommateur, n’existe que pour justifier un prix bien plus élevé.

Mais la question véritablement posée est autrement plus complexe : c’est de savoir comment se construisent la sensation et la perception, l’expérience de la dégustation. Une série de travaux récents montrent que nos sens olfactif et gustatif, à eux seuls, sont bien incertains. Les dégustateurs les plus avertis rapportent que, les yeux bandés, il est difficile après plusieurs essais de reconnaître le vin blanc du rouge. Il y aurait donc un rôle prééminent de la vision dans l’expérience de la dégustation et dans la capacité d’identifier et de juger. C’est ce que confirment de nombreuses expériences et en particulier celles menées dans sa thèse par l’œnologue et aujourd’hui producteur de vin Frédéric Brochet (1).

Le rôle précoce et décisif de la vue

F. Brochet est parti du langage : il a soumis un corpus de textes de critiques de vin à l’analyse lexicale au moyen du logiciel Alceste. Cette analyse a révélé que le vocabulaire employé par les dégustateurs ne variait significativement qu’en fonction d’un paramètre : la couleur du vin. Lorsque le vin était rouge, les descripteurs utilisés relevaient d’un répertoire renvoyant volontiers à cette couleur (« cassis », « fruits rouges », « cerise ») ou à des teintes sombres (« cuir », « réglisse », « torréfaction »). Inversement, lorsque le vin était blanc, le vocabulaire passait à des référents « pâles », (« fleurs blanches », « citron », « tilleul », etc.).

Dans une deuxième phase, expérimentale celle-là, F. Brochet proposa à des dégustateurs avertis de décrire et juger deux vins, un blanc et un rouge. Ce que les « cobayes » ne savaient pas, c’est qu’il s’agissait en fait du même vin, un blanc que l’on présentait tantôt tel quel, tantôt après l’avoir coloré en rouge. Conformément à la prédiction dérivant de la première phase, les dégustateurs changeaient leur vocabulaire selon la couleur du vin.

Que fallait-il en conclure ? Que les dégustateurs étaient incompétents et charlatanesques ? Nullement. Ce que montrait l’expérience, c’était que, dans le processus d’acquisition et de traitement de l’information sensorielle, la vision joue un rôle précoce et décisif, orientant quasi irréversiblement les processus cognitifs. Le langage lui-même suivait cet aiguillage précoce dans les commentaires.

La perception du vin constitue donc un processus complexe où les différentes modalités sensorielles jouent un rôle lui-même déterminé ou orienté par les informations de diverses natures qui le précèdent ou s’associent à lui. Les informations relevant de l’étiquette – l’histoire, l’imaginaire, la poétique du lieu et des « auteurs » du vin, son identité, son ancienneté, ses connotations prestigieuses, socialement valorisantes – participent à cette expérience et l’orientent, elles aussi.

Et l’on pourrait se poser cette question : s’il faut vraiment déterminer une « vérité » essentielle du vin, en l’occurrence son goût (c’est-à-dire le complexe olfacto-gustatif), pourquoi alors ne pas aller jusqu’à éliminer cette information potentiellement trompeuse et que l’on pourrait juger secondaire qu’est la couleur ? Faudrait-il, pour être « rationnel », bander les yeux des dégustateurs ou leur faire goûter le vin dans un verre noir ? Dépouiller en somme le vin de ce qui, au propre comme au figuré, fait tout son prix…

NOTE

(1) F. Brochet, « La dégustation. Étude des représentations des objets chimiques dans le champ de la conscience », thèse de doctorat en œnologie-ampélologie, université Victor-Segalen-Bordeaux-II, 11 juillet 2000.

One Response to France/USA: Un jour ils auront des vins (Judgement of Paris: The day France lost to America at wine)

  1. gaury didier dit :

    A l’époque du premier jugement de paris, il est vrai que l’éffet-verdict à marqué de façon indélébile le monde du vin et je persiste à croire que les auteurs de l’idée de rendre publique cette dégustation(steven spurrier et christian vannequé) étaient des hommes courageux et qu’ils ont rendu un service fou à la profession!.A partir de là n’oublions jamais les fameuses » dix glorieuses « ,période faste du vin,tant sur les ventes que sur les achats de vignobles,créations et expatriations de grands nons dans des terroirs jusque-là malconnus.Et le lancement de ce vieux bob PARKER…A MES Yeux le « produit vin » est vraiment extraordinaire,depuis que l’homme métrise la culture de la vigne,il ne cesse de la faire évoluer.Les nouveaux acteurs sur cette scène, sont les premiers à nous faire prendre conscience de de l’environnement et de redéfinir les qualités fondamentales de la plus pure et la plus hygiénique des boissons.Le sol transmet à la plante ce que l’on y à mis,toutes ces évidences,sont des prises de consciences.Ce qui est génial dans ce monde là(celui du vin),c’est qu’il ne s’arrète jamais de se remèttre en question et le fait à échelle humaine.BIEN à VOUS TOUS,amicalement.Didier

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :