Education: On ne touche pas à la tour Eiffel (Blame it on Eiffel)

27 octobre, 2009
University world rankingsOn ne touche pas à la tour Eiffel. Xavier Darcos
Le programme de bourses d’excellence Eiffel, lancé en janvier 1999 par le ministère des Affaires étrangères et européennes, est destiné à soutenir l’action de recrutement à l’international des établissements d’enseignement supérieur français, dans un contexte de concurrence accrue entre pays développés pour attirer l’élite des étudiants étrangers dans des formations de niveau Master, Ingénieur ou Doctorat. Ministère des Affaires étrangères
Un lycéen a le choix entre près de 1.450 licences professionnelles, 109 BTS, 138 CAP ! C’est un casse-tête extraordinaire. Xavier Cornu (directeur délégué de la formation de la chambre de commerce et d’industrie de Paris)
Un rapport de la Banque mondiale explique la mauvaise position des universités françaises dans les classements internationaux par l’absence de sélection à l’entrée. Cette question reste taboue mais la sélection existe de façon larvée puisque seuls 64 % des inscrits obtiennent une licence, souvent après avoir redoublé. Un échec en partie lié à l’afflux des bacheliers professionnels et technologiques qui s’inscrivent à la fac, même s’ils n’y sont pas préparés. Aujourd’hui, 40 % des 25-34 ans ont un diplôme de l’enseignement supérieur, contre 20 % il y a vingt ans. Aux États-Unis c’était déjà 40 % il y a vingt ans. «La France a rattrapé son retard mais doit s’atteler aux problèmes que les autres pays ont résolus, comme l’efficacité des formations universitaires et leurs débouchés», affirme Éric Charbonnier, expert auprès de l’OCDE. Le Figaro
Alors qu’après la grande peur de la contagion grecque et les mois gagnés par la longue concertation avec le patron de Sciences Po Richard Descoings, notre omniprésident est bien obligé maintenant de trouver un contenu à sa réforme du lycée promise …
.
Et qu’abandonnant toute vélléité révolutionnaire pour le pragmatisme plus discret des petites touches et des simples circulaires, les nouveaux projets, au pays des présidents hommes de lettres et des concours d’orthographe, de revalorisation de la filière littéraire (devant la désertion de la série L réduite à 17% des lycéens) via l’accent sur les langues vivantes, l’ouverture aux civilisations étrangères, au droit et aux nouvelles formes d’expression artistique, ne devraient, hormis la sempiternelle question des moyens, pas faire trop de remous …

Comment ne pas voir, derrière la montagne des rapports et des missions comme la petite souris de l’accent sur l’encadrement et l’aide à l’orientation dont elle a accouché (nonobstant, pour sa gestion, un timide début d’autonomie locale sur lequel ne manqueront pas de s’acharner les citadelles syndicales), que les tabous de l’enseignement français ont encore de beaux jours devant eux?

Que ce soit, dans un pays endetté jusqu’aux yeux et plombé par des effectifs pléthoriques de fonctionnaires, celui de la gestion des deniers publics (ie. la nécessaire réduction des postes que devaient permettre semestrialisation et refonte du bac).

Ou, hormis les grandes écoles des enfants des élites protégées (4% des effectifs concentrant 30% des ressources), la vache sacrée du refus de toute sélection à l’entrée à l’enseignement supérieur sans laquelle se perpétuera le gâchis de la sélection insidieuse et hypocrite de l’échec massif dans les premières années de l’université …

En trente ans, la valeur du bac s’est effondrée
Marie-Estelle Pech
15/07/2009

Après un taux de réussite record de 86 % en 2009, les critiques pleuvent sur un diplôme «bradé». Amorcée en 1985, la démocratisation du bac montre ses limites.

Le bac a-t-il encore un sens alors que 86 % des candidats l’ont réussi cette année, un record ? On le dit bradé, pourtant, il reste aussi indéboulonnable que la tour Eiffel, affirment les ministres qui se succèdent. Car évoquer la fin du bac, c’est briser un symbole, celui de l’égalitarisme républicain, celui du diplôme unique qui donne accès à l’enseignement supérieur quel que soit le lycée d’où l’on vient. C’est abandonner l’objectif fixé en 1985 par Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de Mitterrand, de porter 80 % d’une classe d’âge au niveau du bac.

Mais de quel bac parle-t-on ? Car il en existe soixante-six aujourd’hui ! Au final, seuls 34 % d’une classe d’âge se voient délivrer un baccalauréat dit général – littéraire (L), économique (ES), ou scientifique (S) – le plus prestigieux dans l’opinion. C’est aussi le seul comparable au diplôme originel. Pour parvenir à 66,4 % de réussite dans une classe d’âge, il faut ajouter les filières technologique et professionnelle, inventées en 1968 et 1985 pour démocratiser le diplôme. Le record de cette année (86 % de réussite contre 83 % l’an dernier) est précisément lié à l’augmentation du succès au bac «pro». Pour la première fois, ses candidats ont eu droit à une épreuve de rattrapage, une réforme de l’ancien ministre de l’Éducation Xavier Darcos.

Le bac général, lui, est-il vraiment plus facile qu’avant ? Oui, répondent les enseignants. Les copies sont truffées de fautes d’orthographe, racontent-ils. «Sur un paquet de cent vingt copies, une dizaine sont rédigées en langage texto», s’exaspère un professeur de philosophie. Des études comparatives l’ont démontré : dès le primaire, le niveau est en forte baisse, comme le montrent les résultats à une même dictée à vingt ans d’intervalle. Lors des réunions d’harmonisation des notes, pour stabiliser les taux de réussite, les correcteurs peuvent être amenés à relever leurs appréciations. Un pourcentage important des copies voit leurs notes augmentées. D’ailleurs, dans certaines disciplines, le barème est au-dessus de 20, avec au final des notes surévaluées.

Même le niveau du bac S, le plus prestigieux, est remis en cause. Pour le recteur de l’académie de Versailles, «il est devenu l’un des bacs les plus faciles à obtenir». Selon un professeur en classe prépa scientifique, «depuis les années 1980, une grande part des réformes a eu pour but de rendre les sciences d’assimilation plus faciles. Ceci s’est payé par une baisse du niveau». Les responsables d’écoles d’ingénieurs s’inquiètent d’un bac qui serait devenu «moins scientifique» car depuis dix ans, le nombre d’heures de maths a été revu à la baisse.

L’an dernier un rapport sénatorial s’inscrivait en faux contre les Cassandre : «Non, le bac n’est pas dévalué puisqu’un tiers d’une génération ne le présente pas ou le rate.» Et ceux qui n’obtiennent pas le diplôme ne peuvent plus prétendre à un emploi d’enseignant ou de cadre, comme il y a trente ans. Enfin, la France reste en dessous des pays développés de l’OCDE : l’objectif fixé en 1985 par Jean-Pierre Chevènement de porter 80 % d’une classe d’âge au niveau du bac est loin d’être atteint.

Question taboue

Si supprimer le bac s’avère trop périlleux politiquement, certaines matières ne pourraient-elles pas être passées au contrôle continu, comme l’avait proposé en son temps François Fillon ? Il avait été désavoué par la rue… Reste à voir si la future réforme Chatel-Descoings du lycée abordera ce sujet sensible car, pour un élève de terminale, une discipline qu’il ne passe pas au bac perd une grande partie de sa valeur.

Un rapport de la Banque mondiale explique la mauvaise position des universités françaises dans les classements internationaux par l’absence de sélection à l’entrée. Cette question reste taboue mais la sélection existe de façon larvée puisque seuls 64 % des inscrits obtiennent une licence, souvent après avoir redoublé. Un échec en partie lié à l’afflux des bacheliers professionnels et technologiques qui s’inscrivent à la fac, même s’ils n’y sont pas préparés. Aujourd’hui, 40 % des 25-34 ans ont un diplôme de l’enseignement supérieur, contre 20 % il y a vingt ans. Aux États-Unis c’était déjà 40 % il y a vingt ans. «La France a rattrapé son retard mais doit s’atteler aux problèmes que les autres pays ont résolus, comme l’efficacité des formations universitaires et leurs débouchés», affirme Éric Charbonnier, expert auprès de l’OCDE. L’orientation apparaît bien comme la clef de la prochaine réforme du lycée.


Présidence Obama: Vous avez dit magie du verbe? (Harry Potter and the Half-Blood Prince)

26 octobre, 2009
Obama magic
Je veux que chaque laboureur de mon royaume puisse mettre la poule au pot le dimanche. Henri IV
Un poulet dans chaque casserole, une voiture dans chaque garage Herbert Hoover (1928)
Ensemble tout devient possible. Nicolas Sarkozy (2007)
« Yes we can » est tout le contraire d’un slogan politique. Il ne dit rien. Il ne condense aucun programme, aucune vision politique, ne fixe aucun horizon. Il n’a pas de contenu assignable, il est entièrement indéterminé. Il ne désigne ni adversaire ni ennemi. Il est difficile, dans l’histoire des démocraties, de trouver un mot d’ordre plus inconsistant que celui qui a rythmé la victoire d’Obama. (…) Ce logo sonore est une monade sans portes ni fenêtres. Il frappe par son indétermination. Robert Redeker

« Transcendance », « extériorité à son énonciation », « monde linguistique clos sur lui-même », « réel et Eros », « opposition freudienne », « monade sans portes ni fenêtres » …

A l’heure où, face à la dure réalité et après les fiascos en série de sa réforme du service de santé, de la candidature de Chicago pour les JO de 2016, de sa guerre contre Fox ou, autrement plus grave, celle de l’Afghanistan, la pure magie du verbe obamien commence, malgré sa toute récente nobélisation, à sérieusement montrer ses limites …

Et où l’on découvre (via Fox news à nouveau) qu’entre deux attaques contre la chaine de Rupert Murdoch, la directrice de la communication de la Maison blanche, louait dernièrement devant des étudiants les mérites (au côté – je vous le donne en mille – de… Mère Teresa!) d’un des plus grands bouchers de l’histoire …

Retour sur un article de janvier dernier du philosophe Robert Redeker dont il vient de sortir un petit livre (« Yes we can: slogan politique »), sur la remarquable « vacuité » du « logo sonore planétaire Yes we can » …

Et chapeau bas devant la perspicacité d’un philosophe dont on se souvient de la courageuse critique de l’islam il y a quelques années.

Tant d’ingéniosité critique et conceptuelle déployée pour pointer, chez le Prince de sang-mêlé de l’Amérique,… si peu de consistance!


Barack Obama Harry Potter

Robert Redeker
La Dépêche du Midi
le 4 janvier 2009

2008 fut l’année Obama, l’année du « yes we can ». L’Amérique a donné ces derniers temps au monde au monde deux icones médiatiques que l’on aurait tort de croire éloignées l’une de l’autre : Barack Obama et Harry Potter. Le slogan de la campagne électorale de Barack Obama – « yes we can » – a fait, entre mars et novembre, le tour de la terre. Dépassant le cadre américain, il s’est élargi aux dimensions de l’humanité. Il a pénétré le cœur d’une foule d’humains. Il s’est infiltré dans leur paysage intime. A la façon d’une chanson de Madonna ou des Beatles, à la façon de « We are the champions » naguère. A la façon, surtout, d’Harry Potter.

« Yes we can « est tout le contraire d’un slogan politique. Il ne dit rien. Il ne condense aucun programme, aucune vision politique, ne fixe aucun horizon. Il n’a pas de contenu assignable, il est entièrement indéterminé. Il ne désigne ni adversaire ni ennemi. Il est difficile, dans l’histoire des démocraties, de trouver un mot d’ordre plus inconsistant que celui qui a rythmé la victoire d’Obama.

Semblable à de la publicité, « Yes we can » est devenu malgré son inconsistance un logo sonore planétaire. Un logo sonore n’a rien à voir avec ce que naguère on appelait mot d’ordre politique. Tous, nous avons dans l’oreille des logos sonores : « Hollywood chewing-gum » par exemple, ou, en France « C’est la MAAF que je préfère ». La campagne présidentielle de Barack Obama a réussi le coup de génie d’imposer son slogan, supposé passer pour un slogan politique, comme un logo sonore venant se placer aux côtés des logos sonores publicitaires que tous les hommes, même dans les endroits déshérités de la planète, connaissent. Pourtant, il se trouve que « yes we can » se révèle encore plus vide qu’un slogan publicitaire. Qu’il en dit moins que « Mars et ça repart », ou « Parce que vous le valez bien ». Bref, qu’il en dit moins que la plupart des slogans publicitaires – du type « Mars et ça repart » ou « Parce que vous le valez bien » -, cantonnés pourtant du fait de leur nature à un impératif de vacuité. Ce logo sonore est une monade sans portes ni fenêtres. Il frappe par son indétermination.

« Yes we can » a été conçu comme un produit, vendable mondialement. Ce logo sonore est devenu une marque, comme Coca-Cola, comme Mc Donald, ou l’appel, la sonnerie d’une marque comme « Holywood chewing-gum ». De fait, il est encore plus vide que la publicité « Hollywood chewing-gum », dans la mesure où celle-ci présentait un style de vie, joyeux et acéphale, teen-ager et écervelé, qui pouvait entrer en opposition avec d’autres styles, plus consistants et répartis un peu partout sur la planète, de vie. « Hollywood chewing-gum » figure un cliché publicitaire à la fois universel (on le rencontre sur les écrans du monde entier) et implicitement conflictuel. « Yes we can » n’entre en contradiction ni en conflit avec rien. Il ne possède pas de transcendance, d’extériorité à son énonciation. Il est un monde linguistique clos sur lui-même. Son universalité ne s’ancre pas ailleurs que dans son abstraction vide. Ainsi, « Yes we can » fusionne-t-il ce que la politique doit disjoindre : le principe de réalité et le principe de plaisir. Le réel et Eros – les deux instances qui se mêlent dans le bouillon des sorcières pour cuisiner une potion magique.

La magie est cette pratique qui suppose le pouvoir des mots. Pour elle, les mots sont plus forts que les lois de la nature (ou de l’économie, ou de la politique) ; ils sont, contre le principe de réalité, les soldats efficaces et invincibles, du principe de plaisir, du désir. Le credo de toute magie se ramasse dans cet énoncé : je peux, nous pouvons. Pouvoir des mots : il suffit de répéter certaines formules idoines, dans le rythme d’une diction appropriée, pour que le désir se réalise. Le désir que la magie veut réaliser est un désir impossible. Prononcer certains mots dans certaines conditions et dans un certain état d’esprit est censé rendre possible la réalisation d’un désir impossible dans les circonstances normales de la nature, de l’histoire ou de la politique. N’est-ce pas ce qui se passe avec le « yes we can » ?

« Yes we can », psalmodié tout autour de la terre, ne manque pas de ressembler à une formule magique. Harry Potter a façonné l’imaginaire des années 2000. Est-ce un nouveau « Sésame , ouvre-toi » ? La formule suppose ceci : à force de répéter litaniquement et en chœur « yes we can », la réalité prendra la couleur de nos rêves, elle deviendra une réalité selon nos rêves. Réalité, rêve – une opposition freudienne. « Yes we can » se veut une formule politique. C’est en fait une formule magique infantile, refusant l’opposition entre principe et plaisir et principe de réalité (refus qui définit l’enfant) qui place Obama dans le rôle d’Harry Potter.

Voir aussi:

Anita Dunn and Mao Zedong
Hans von Spakovsky
The NRO
Friday, October 16, 2009

Glenn Beck showed an absolutely damning video of Anita Dunn on his show yesterday. As everyone knows, she is the White House communications director who has declared war on Fox News. The video shows Dunn giving a speech in which she highlights the two most important political philosophers shaping her outlook on politics: Mao Zedong and Mother Teresa. The first “political philosopher” Dunn is praising was a tyrannical dictator who imprisoned, tortured, and killed millions of his own people. In fact, it is estimated that the Chinese Communists — led, inspired, and controlled by Mao — have killed 65 million Chinese citizens since 1949 through the Great Leap Forward, the Cultural Revolution, and the Gulag system of slave-labor prisons (the “Laogai” system) that Mao implemented.

Imagine what would happen if a White House communications director cited Adolf Hitler as one of her favorite political philosophers. Not only would it be an above-the-fold, front-page story in every major newspaper in the country, but there would also be outraged howls in the editorial pages. Mao killed more people than Hitler — they were two of the three worst mass murderers of the 20th century (the third being Joseph Stalin). However, the revelation of Dunn’s comments will probably be greeted by the mainstream media with a big collective yawn.

Voir enfin:

Now We Know Why He Passed on the Dalai Lama
Victor Davis Hanson
NRO’s The Corner
October 22, 2009

I am not a big fan of saying that officials should resign for stupid remarks. But interim White House communications director Anita Dunn’s praise of Mao Zedong as a « political philosopher » is so unhinged and morally repugnant, that she should hang it up, pronto.

Mao killed anywhere from 50 million to 70 million innocents in the initial cleansing of Nationalists, the scouring of the countryside, the failed Great Leap Forward and Cultural Revolution, Tibet, and the internal Chinese gulag. Dunn’s praise of a genocidal monster was no inadvertent slip: She was reading from a written text and went into great detail to give the full context of the remark. Moreover, her comments were not some student outburst from 30 years ago; they were delivered on June 5, 2009. Her praise of Mao’s insight and courage in defeating the Nationalists was offered long after the full extent of Mao’s mass-murdering had been well documented. Mao killed more people than any other single mass killer in the history of civilization.

So where do all these people, so intimate with our president (Dunn is the wife of his personal lawyer), come from? A right-wing attack machine could not make up such statements as those tossed off by a Dunn or a Van Jones. There seems to be neither a moral compass nor even a casual knowledge of history in this administration. And now we have the avatars of the « new politics » claiming it’s okay to praise Mao’s political and philosophical insight and his supposed determination (« You fight your war, and I’ll fight mine. ») because Lee Atwater supposedly once evoked Mao too.

Ms. Dunn should simply duck out of her D.C. suburb and ask any Tibetan or Chinese immigrant in his 70s and 80s what life was really like in Mao’s China.


Guerre d’Obama: L’histoire est décidément cruelle (Fouad Ajami’s unequalled appreciation of historical irony)

25 octobre, 2009
Obama's quagmireComme dictature, l’Irak avait un fort pouvoir de déstabilisation du Moyen-Orient. Comme démocratie, il aura un fort pouvoir d’inspiration pour le Moyen-Orient. George Bush (September 2003)
Quand vous pilotez, vous devez le faire en fonction de l’endroit où vous vous trouvez, pas de celui où vous auriez aimé vous trouver ! (…) Une stratégie qui ne vise pas à laisser derrière nous un Afghanistan stable est une stratégie à courte vue. Général McChrystal (octobre 2009)
Ce qui caractérise pour l’essentiel Ajami n’est pas sa foi religieuse (s’il en a une au sens traditionnel) mais son appréciation sans égal de l’ironie historique – l’ironie , par exemple, dans le fait qu’en éliminant la simple figure de Saddam Hussein nous ayons brutalement contraint un Monde arabe qui ne s’y attendait pas à un règlement de comptes général; l’ironie que la véhémence même de l’insurrection irakienne puisse au bout du compte la vaincre et l’humilier sur son propre terrain et pourrait déjà avoir commencé à le faire; l’ironie que l’Iran chiite pourrait bien maudire le jour où ses cousins shiites en Irak ont été libérés par les Américains. Et ironie pour ironie, Ajami est clairement épaté qu’un membre de l’establishment pétrolier américain, lui-même fils d’un président qui en 1991 avait appelé les Chiites irakiens à l’insurrection contre un Saddam Hussein blessé pour finalement les laisser se faire massacrer, ait été amené à s’exclamer en septembre 2003: Comme dictature, l’Irak avait un fort pouvoir de déstabilisation du Moyen-Orient. Comme démocratie, il aura un fort pouvoir d’inspiration pour le Moyen-Orient. Victor Davis Hanson

L’histoire est décidément bien cruelle …

Quand le Naïf en chef découvre à son tour que « la guerre est hélas une activité humaine qu’on ne peut pas faire à moitié »…

Quand après s’être fait élire contre la guerre à présent gagnée de son prédécesseur, le fraichement nobélisé nouvel espoir noir du monde se voit plus que jamais empêtré dans sa propre guerre et contraint d’y ordonner les mêmes renforts victorieux qu’il avaient tant fustigés pour l’Irak …

Et quand, suprême ironie, Mr. Cool himself se voit emporté dans sa propre guerre avec la presse

Retour, avec l’historien militaire américain Victor Davis Hanson et le recul des trois années passées, sur l’un des meilleurs livres-bilan, par le célèbre politologue libano-américain Fouad Ajami, de la tant vilipendée guerre de Bush.

Et notamment sur la série d’ironies qu’il met à jour.

Comme le fait que par la simple élimination d’un Saddam, Bush ait réussi à contraindre l’ensemble du Monde arabe à un règlement de comptes général qu’il refusait jusqu’alors.

Ou que c’est par sa véhémence même qu’a finalement été vaincue et humiliée sur son propre terrain l’insurrection irakienneque tant de commentaeturs voyaient sans fin.

Ou encore que les mollahs que tous les observateurs voyaient alors gagnants aient déjà commencé, comme on déjà pu le voir cet été, à maudire le jour où leurs cousins shiites d’Irak ont été libérés par les Américains.

Ou enfin, ironie des ironies, que ce soit un membre de l’establishment pétrolier américain, lui-même fils d’un président qui en 1991 avait appelé les Chiites irakiens à l’insurrection pour finalement les abandonner à leur sort, qui ait transformé le puissant pouvoir de déstabilisation du Moyen-Orient que représentait l’Irak en septembre 2003 en un puissant pouvoir d’inspiration pour la région entière …

Free at Last
Victor Davis Hanson
Commentary Magazine
September 6, 2006

A review of The Foreigner’s Gift: The Americans, the Arabs, and the Iraqis in Iraq by Fouad Ajami (Free Press, 400 pp)

The last year or so has seen several insider histories of the American experience in Iraq. Written by generals (Bernard Trainor’s Cobra II, with Michael Wood), reporters (George Packer’s The Assassins’ Gate), or bureaucrats (Paul Bremer’s My Year in Iraq), each undertakes to explain how our enterprise in that country has, allegedly, gone astray; who is to blame for the failure; and why the author is right to have withdrawn, or at least to question, his earlier support for the project.

Fouad Ajami’s The Foreigner’s Gift is a notably welcome exception—and not only because of Ajami’s guarded optimism about the eventual outcome in Iraq. A Lebanese-born scholar of the Middle East, Ajami, now at the Johns Hopkins School of Advanced International Studies, lacks entirely the condescension of the typical in-the-know Western expert who blithely assures his American readers, often on the authority of little or no learning, of the irreducible alienness of Arab culture. Instead, the world that Ajami describes, once stripped of its veneer of religious pretense, is defined by many of the same impulses—honor, greed, selfinterest—that guide dueling Mafia families, rival Christian televangelists, and (for that matter) many ordinary people hungry for power. As an Arabic-speaker and native Middle Easterner, Ajami has enjoyed singular access to both Sunni and Shiite grandees, and makes effective use here of what they tell him. He also draws on a variety of contemporary written texts, mostly unknown by or inaccessible to Western authors, to explicate why many of the most backward forces in the Arab world are not in the least unhappy at the havoc wrought by the Sunni insurgency in Iraq.

The result, based on six extended visits to Iraq and a lifetime of travel and experience, is the best and certainly the most idiosyncratic recent treatment of the American presence there. Ajami’s thesis is straightforward. What brought George W. Bush to Iraq, he writes, was a belief in the ability of America to do something about a longstanding evil, along with a post-9/11 determination to stop appeasing terror-sponsoring regimes. That the United States knew very little about the bloodthirsty undercurrents of Shiite, Sunni, and Kurdish sectarianism, for years cloaked by Saddam’s barbaric rule—the dictator “had given the Arabs a cruel view of history,” one saturated in “iron and fire and bigotry”—did not necessarily doom the effort to failure. The idealism and skill of American soldiers, and the enormous power and capital that stood behind them, counted, and still count, for a great deal. More importantly, the threats and cries for vengeance issued by various Arab spokesmen have often been disingenuous, serving to obfuscate the genuine desire of Arab peoples for consensual government (albeit on their own terms). In short, Ajami assures us, the war has been a “noble” effort, and will remain so whether in the end it “proves to be a noble success or a noble failure.”

Aside from the obvious reasons he adduces for this judgment—we have taken no oil, we have stayed to birth democracy, and we are now fighting terrorist enemies of civilization—there is also the fact that we have stumbled into, and are now critically influencing, the great political struggle of the modern Middle East. The real problem in that region, Ajami stresses, remains Sunni extremism, which is bent on undermining the very idea of consensual government—the “foreigner’s gift” of his title. Having introduced the concept of one person/one vote in a federated Iraq, America has not only empowered the perennially maltreated Kurds but given the once despised Iraqi Shiites a historic chance at equality. Hence the “rage against this American war, in Iraq itself and in the wider Arab world.”

No wonder, Ajami comments, that a “proud sense of violation [has] stretched from the embittered towns of the Sunni Triangle in western Iraq to the chat rooms of Arabia and to jihadists as far away from Iraq as North Africa and the Muslim enclaves of Western Europe.” Sunni, often Wahhabi, terrorists have murdered many moderate Shiite clerics, taken a terrible toll of Shiites on the street, and, with the clandestine aid of the rich Gulf sheikdoms, hope to prevail through the growing American weariness at the loss in blood and treasure. The worst part of the story, in Ajami’s estimation, is that the intensity of the Sunni resistance has fooled some Americans into thinking that we cannot work with the Shiites—or that our continuing to do so will result in empowering the Khomeinists in nearby Iran or its Hizballah ganglia in Lebanon. Ajami has little use for this notion. He dismisses the view that, within Iraq, a single volatile figure like Moqtadar al-Sadr is capable of sabotaging the new democracy (“a Shia community groping for a way out would not give itself over to this kind of radicalism”). Much less does he see Iraq’s Shiites as the religious henchmen of Iran, or consider Iraqi holy men like Ayatollah Ali al-Sistani or Sheikh Humam Hamoudi to be intent on establishing a theocracy. In common with the now demonized Ahmad Chalabi, Ajami is convinced that Iraqi Shiites will not slavishly follow their Khomeinist brethren but instead may actually subvert them by creating a loud democracy on their doorstep.

In general,according to Ajami, the pathologies of today’s Middle East originate with the mostly Sunni autocracies that threaten, cajole, and flatter Western governments even as they exploit terrorists to deflect popular discontent away from their own failures onto the United States and Israel. Precisely because we have ushered in a long-overdue correction that threatens not only the old order of Saddam’s clique but surrounding governments from Jordan to Saudi Arabia, we can expect more violence in Iraq.

What then to do? Ajami counsels us to ignore the cries of victimhood from yesterday’s victimizers, always to keep in mind the ghosts of Saddam’s genocidal regime, to be sensitive to the loss of native pride entailed in accepting our “foreigner’s gift,” and to let the Iraqis follow their own path as we eventually recede into the shadows. Along with this advice, he offers a series of first-hand portraits, often brilliantly subtle, of some fascinating players in contemporary Iraq. His meeting in Najaf with Ali al-Sistani discloses a Gandhi-like figure who urges: “Do everything you can to bring our Sunni Arab brothers into the fold.” General David Petraeus, the man charged with rebuilding Iraq’s security forces, lives up to his reputation as part diplomat, part drillmaster, and part sage as he conducts Ajami on one of his dangerous tours of the city of Mosul. On a C-130 transport plane, Ajami is so impressed by the bookish earnestness of a nineteen-year-old American soldier that he hands over his personal copy of Graham Greene’s The Quiet American (“I had always loved a passage in it about American innocence roaming the world like a leper without a bell, meaning no harm”).

There are plenty of tragic stories in this book. Ajami recounts the bleak genesis of the Baath party in Iraq and Syria, the brainchild of Sorbonne-educated intellectuals like Michel Aflaq and Salah al-Din Bitar who thought they might unite the old tribal orders under some radical antiWestern secular doctrine. Other satellite figures include Taleb Shabib, a Shiite Baathist who, like legions of other Arab intellectuals, drifted from Communism, Baathism, and panArabism into oblivion, his hopes for a Western-style solution dashed by dictatorship, theocracy, or both. Ajami bumps into dozens of these sorry men, whose fate has been to end up murdered or exiled by the very people they once sought to champion. There are much worse types in Ajami’s gallery. He provides a vividly repugnant glimpse of the awful alGhamdi tribe of Saudi Arabia. One of their number, Ahmad, crashed into the south tower of the World Trade Center on 9/11; another, Hamza, helped to take down Flight 93. A second Ahmad was the suicide bomber who in December 2004 blew up eighteen Americans in Mosul. And then there is Sheik Yusuf alQaradawi, the native Egyptian and resident of Qatar who in August 2004 issued a fatwa ordering Muslims to kill American civilians in Iraq. Why not kill them in Westernized Qatar, where they were far more plentiful? Perhaps because they were profitable to, and protected by, the same government that protected Qaradawi himself. Apparently, like virtue, evil too needs to be buttressed by hypocrisy.

The Foreigner’s Gift is not an organized work of analysis, its arguments leading in logical progression to a solidly reasoned conclusion. Instead, it is a series of highly readable vignettes drawn from Ajami’s serial travels and reflections. Which is hardly to say that it lacks a point, or that its point is uncontroversial—far from it. Critics will surely cite Ajami’s own Shiite background as the catalyst for his professed confidence in the emergence of Iraq’s Shiites as the stewards of Iraqi democracy. But any such suggestion of a hidden agenda, or alternatively of naiveté, would be very wide of the mark. What most characterizes Ajami is not his religious faith (if he has any in the traditional sense) but his unequalled appreciation of historical irony—the irony entailed, for example, in the fact that by taking out the single figure of Saddam Hussein we unleashed an unforeseen moral reckoning among the Arabs at large; the irony that the very vehemence of Iraq’s insurgency may in the end undo and humiliate it on its own turf, and might already have begun to do so; the irony that Shiite Iran may rue the day when its Shiite cousins in Iraq were freed by the Americans. When it comes to ironies, Ajami is clearly bemused that an American oilman, himself the son of a President who in 1991 called for the Iraqi Shiites to rise up and overthrow a wounded Saddam Hussein, only to stand by as they were slaughtered, should have been brought to exclaim in September 2003: “Iraq as a dictatorship had great power to destabilize the Middle East. Iraq as a democracy will have great power to inspire the Middle East.” Ajami himself is not yet prepared to say that Iraq will do so—only that, with our help, it just might. He needs to be listened to very closely.

Voir aussi:

Obama est trop indécis sur l’Afghanistan
Renaud Girard
Le Figaro
14/10/2009

ANALYSE – Depuis un mois, le président Barack Obama donne l’impression, à propos du conflit en Afghanistan, de croire qu’on peut faire la guerre à moitié. Par Renaud Girard, grand reporter au service Etranger du «Figaro».

La guerre est hélas une activité humaine qu’on ne peut pas faire à moitié. Les Allemands et les Italiens l’ont récemment appris à leurs dépens en Afghanistan. Comme s’ils n’avaient pas été capables de tirer par eux-mêmes les leçons des difficultés connues par l’Armée rouge de 1980 à 1988, ils se plaignent d’avoir des soldats tués ou d’être critiqués à l’occasion de telle ou telle bavure, comme si la guerre pouvait se faire sans aucun mort, parmi les combattants comme parmi les civils. Cet angélisme européen n’est pas très grave, dans la mesure où la guerre occidentale en Afghanistan, qui dure depuis 2001, est avant tout une guerre américaine. Elle a été décidée par l’Amérique (après les attentats du 11 Septembre) ; elle a été conduite par les stratèges du Pentagone ; elle protège un leader afghan initialement choisi par Washington ; elle ne pourra être gagnée que par l’armée américaine. À l’exception des Anglais (qui se battent férocement dans la province de Helmand, grenier à opium du pays, et qui ont eu déjà plus de 200 soldats tués), les Européens ne font que de la figuration politique en Afghanistan.

Beaucoup plus grave est l’indécision de Barack Obama sur le dossier militaire afghan. Depuis un mois, le président américain donne, lui aussi, la fâcheuse impression de croire qu’on peut faire la guerre à moitié. Durant sa campagne électorale, il tenait un langage clair : se retirer d’Irak et gagner en Afghanistan. Au mois de mars dernier, il annonçait solennellement sa stratégie, fondée sur un triptyque classique : sécurisation militaire des provinces malmenées par les insurgés ; amélioration de la gouvernance afghane dans les territoires repris à l’ennemi ; renforcement des projets de développement afin de gagner les «cœurs et les esprits» de la population afghane. Deux mois plus tard, Obama donne un nouveau commandant en chef aux 100 000 soldats de l’Otan (dont les deux tiers sont américains) déployés sur le terrain, le général McChrystal.

Mais lorsque ce dernier, après étude d’une situation militaire se détériorant de jour en jour, lui demande l’envoi de 40 000 soldats supplémentaires, le président tarde à lui répondre. Il atermoie parce que les sondages ne sont pas enthousiastes à l’égard de cette guerre et que son vice-président, l’ancien sénateur Joe Biden, milite pour un engagement minimum des forces américaines en Afghanistan, limité à 50 000 hommes des forces spéciales, prêtes à détruire toute résurgence des camps d’entraînement d’al-Qaida.

Interrogé sur la pertinence de l’option stratégique défendue par Biden, le général McChrystal a répondu avec son franc-parler habituel : «Quand vous pilotez, vous devez le faire en fonction de l’endroit où vous vous trouvez, pas de celui où vous auriez aimé vous trouver !» Puis ce soldat, très respecté par ses pairs comme par ses subordonnés, a eu le courage d’ajouter : «Une stratégie qui ne vise pas à laisser derrière nous un Afghanistan stable est une stratégie à courte vue.»

Peut-être les Américains ont-ils eu tort, lors de la conférence de Bonn de décembre 2001, de promettre à la population afghane la reconstruction de leur État, l’avènement de la démocratie et le retour à une économie viable. Peut-être auraient-ils dû se contenter du pouvoir tadjik et ouzbek qui avait chassé, avec leur aide financière et aérienne, les talibans de Kaboul. Il se trouve qu’ils ont vu les choses en grand et l’ont annoncé au monde entier. Le moment n’est pas de fléchir et de renier ses promesses. Car un tel aveu de faiblesse aurait des conséquences incalculables sur une région gangrenée par l’islamisme, à commencer par le Pakistan, pays doté de la bombe atomique.

Obama a, jusqu’à l’été, fait preuve d’une démarche logique. Il a investi de sa confiance McChrystal. Le général a forgé une nouvelle stratégie de terrain – louée par tous les observateurs -, privilégiant la protection de la population et du pays utile. Le président se contredirait lui-même à refuser à son général les moyens qu’il réclame aujourd’hui.


Liberté de la presse: Vous avez dit effet Obama? (Obama gets his very own war on the press)

24 octobre, 2009
Obama's war on Fox
La critique peut être désagréable, mais elle est nécessaire. Elle est comme la douleur pour le corps humain: elle attire l’attention sur ce qui ne va pas. Winston Churchill
En un an, les Etats-Unis sont remontés de 16 places, passant du 36e au 20e rang. L’arrivée du nouveau président Barack Obama et son attitude moins belliqueuse que celle de son prédécesseur à l’égard de la presse y est pour beaucoup. Mais cette forte remontée ne concerne que l’état de la liberté de la presse sur le territoire américain. Si Barack Obama a obtenu le Nobel de la paix, son pays reste engagé dans deux guerres. Malgré une légère amélioration de la situation, l’attitude des Etats-Unis à l’égard des médias en Irak et en Afghanistan est préoccupante. Plusieurs journalistes ont été blessés ou détenus par l’armée américaine. RSF (20.10.09)
Nous faisons ce que nous pensons important pour garantir que les nouvelles soient couvertes de la manière la plus équitable possible. Officiel de la Maison Blanche
La Maison blanche a exprimé certains propos virulents contre un ou deux commentateurs de Fox News. Tout ce que je peux vous dire, c’est que cela a incroyablement augmenté leur audience. Rupert Murdoch

Alors que le monde (principalement médiatique) n’en finit pas de s’extasier sur « l’effet Obama » …

Et qu’une fois la guerre d’Irak gagnée par son prédécesseur, RSF vient de lui attribuer la spectaculaire remontée de son pays dans son classement mondial (Israël: 93e reculant – on croit rêver – derrière… le Koweït: 60e et les Emirats arabes unis: 86e!) …

Matraquage de proches conseillers contre la chaine Fox, multiplication d’interviews anti-Fox aux grands médias par la directrice de la communication, dénonciation sur le blog présidentiel des « mensonges de Fox » et d’ »une tentative de diffamation visant les efforts de l’administration pour obtenir les Jeux olympiques », refus d’accréditation forçant les confrères de ladite chaine à protester …

Retour, après la démission précipitée d’un conseiller au passé trouble au début de l’été puis dernièrement le grand succès de la ville du Naïf en chef pour les JO 2016, sur la réalité de la situation médiatique à Obamaland (merci Sylvain).

Où, après les premières attaques contre les « talk radios » conservatrices, la tentative d’ostracisme de la chaine de télévision cablée Fox news par la Maison Blanche pourrait justement finir par se retourner contre elle.

Apportant à la machine de Rupert Murdoch, qui n’en demandait pas tant, l’onction ultime du titre d’opposition officielle de sa majesté

Obama dégaine contre Fox News
Mouna El Moktari
Courrier international
22 octobre 2009

Alors que la Maison-Blanche a du mal à trouver des solutions aux conflits irakien et afghan, elle a décidé d’ouvrir un troisième front en déclarant la guerre à la chaîne de télévision câblée conservatrice Fox News. La presse américaine est presque unanime sur l’échec de cette stratégie.

C’est la directrice de la communication de la Maison-Blanche, Anita Dunn, qui a mené la charge contre Fox News, lors d’interviews accordées ces derniers jours à la chaîne CNN, au magazine Time et au quotidien The New York Times. La riposte de l’administration Obama a également pris la forme d’un message publié sur le blog de la Maison-Blanche, dénonçant « les mensonges de Fox » et « une tentative de diffamation visant les efforts de l’administration pour obtenir les Jeux olympiques ».

Barack Obama doit faire face actuellement à une opposition croissante à son projet de réforme du système de santé, à une inquiétude grandissante de l’opinion publique vis-à-vis du conflit afghan et à un malaise persistant quant à la situation économique. De plus, l’obtention du prix Nobel de la paix, le 9 octobre, lui a attiré plus de railleries que de louanges. Mais est-ce la bonne façon de contre-attaquer ? s’interroge la presse américaine. « Continuer à sourire sous l’assaut médiatique, même le plus dévastateur, dépasse les simples bonnes manières, c’est aussi généralement une bonne politique », estime David Carr dans The New York Times. « L’Histoire montre que la liste des gouvernements qui se sont attaqués aux médias et qui ont gagné cette bataille est plus courte que cette phrase. »

Même son de cloche au Washington Post, où le chroniqueur Eugene Robinson se demande « ce que la Maison-Blanche a à gagner en élevant ainsi Fox News au statut de rival » politique. « S’il s’agit de redéfinir la lutte idéologique comme mettant aux prises les téléspectateurs de Fox et le reste du pays, alors la Maison-Blanche a gagné. » Autrement, les motivations d’Obama restent obscures, écrit Robinson. James Poniewozik renchérit et passe en revue dans le magazine Time les éventuels desseins politiques qui ont pu inciter l’administration Obama a réagir ainsi. Serait-ce un moyen de pousser Fox News à changer ses pratiques ? « Désolé, il est toujours de bon ton de commencer par une blague. » Le journaliste reprend plus sérieusement : « S’agit-il d’écorner la légitimité de la chaîne auprès de son public ? Je suis peut-être cynique – ou naïf ? –, mais j’ai du mal à croire que les téléspectateurs de la chaîne, qui jusque-là l’imaginaient objective et juste, soient convaincus du contraire par le président », ironise-t-il. Obama souhaite-t-il faire de Fox News « le visage de l’opposition » ? Si la Maison-Blanche pense déjà aux élections de mi-mandat ou à la prochaine présidentielle, « il y aurait pire qu’une chaîne de télévision câblée et des animateurs comme Glenn Beck pour tenir le rôle de l’opposition ». Se rallier la base mécontente du Parti démocrate ? Cela reste envisageable, selon Poniewozik : « L’attaque contre Fox News a l’avantage de ne rien coûter. » Autre motivation, ambitieuse, mais possible selon lui, « l’administration Obama veut influencer les autres médias, pour qu’ils vérifient plus rigoureusement les informations de Fox News ou qu’ils réfléchissent à deux fois avant de les reprendre ».

Si l’intelligence de la stratégie de l’administration Obama reste à prouver, il y a pire : la manœuvre pourrait se retourner contre elle. En menaçant Fox News de ne plus répondre à ses invitations, le gouvernement Obama « semble débarquer dans une fusillade équipé d’un couteau », commente David Carr dans The New York Times. Car « Fox News n’est pas dans le business de l’exclusivité des interlocuteurs. La chaîne prospère dans celui de l’agitation. » Plus inquiétant encore pour le président, qui s’est évertué pendant la campagne présidentielle à se montrer au-dessus des polémiques partisanes afin de rassembler la nation américaine, il semble perdre « l’attitude confiante qu’il dégageait » et qui faisait jusque-là son effet, relève le quotidien new-yorkais. Pour le mensuel The Atlantic, les démocrates ont tout à gagner à apparaître sur la chaîne câblée. « Fox News est conservatrice, et alors ? » interroge Matthew Cooper. « C’est une audience énorme » et, pour que le « charme Obama » agisse, il faut bien qu’il soit vu.
D’autant plus qu’une « logique de boycott impliquerait de l’appliquer à l’ensemble du conglomérat News Corporation de Murdoch ». Mieux vaut donc continuer de parler à l’ennemi. « Si la Maison-Blanche peut discuter avec les Iraniens et les Nord-Coréens, elle peut bien s’entretenir avec Shepard Smith [l’un des animateurs de Fox News]. »

D’autant plus qu’une « logique de boycott impliquerait de l’appliquer à l’ensemble du conglomérat News Corporation de Murdoch ». Mieux vaut donc continuer de parler à l’ennemi. « Si la Maison-Blanche peut discuter avec les Iraniens et les Nord-Coréens, elle peut bien s’entretenir avec Shepard Smith [l’un des animateurs de Fox News]. »

Voir aussi:

Les critiques contre Obama font tourner la machine Fox News
L’Express
Reuters
le 22/10/200

WASHINGTON – Quatre jours avant la prestation de serment de Barack Obama, l’animateur radio Rush Limbaugh, l’un des plus écoutés des Etats-Unis, déclarait à son auditoire conservateur qu’une grande publication américaine lui avait demandé d’écrire en 400 mots ses espoirs pour la future présidence. « Je n’ai pas besoin de 400 mots », dit-il. « Il m’en faut quatre: je souhaite son échec » (« I hope he fails »).

Différents commentateurs conservateurs ne cessant de critiquer Barack Obama depuis son arrivée au pouvoir – dont plusieurs travaillent pour Fox News, le réseau de télévision de Rupert Murdoch – ont vu les audiences de leurs émissions grimper. Mais depuis la mi-octobre, la Maison Blanche ne se contente plus de piques occasionnelles contre Fox et s’est lancée dans une offensive frontale. (Reuters/Kevin Lamarque)

Différents commentateurs conservateurs ne cessant de critiquer Barack Obama depuis son arrivée au pouvoir – dont plusieurs travaillent pour Fox News, le réseau de télévision de Rupert Murdoch – ont vu les audiences de leurs émissions grimper. Mais depuis la mi-octobre, la Maison Blanche ne se contente plus de piques occasionnelles contre Fox et s’est lancée dans une offensive frontale. (Reuters/Kevin Lamarque)

Cette remarque ouvrit les vannes d’un flux continu de critiques sans retenue de la part de Limbaugh et d’autres commentateurs du même bord, dont plusieurs travaillent pour Fox News, le réseau de télévision de Rupert Murdoch.

Barack Obama répondit quatre jours après son investiture, en déclarant à un groupe d’élus républicains qu’ils devaient en finir avec la logique de confrontation. « Vous ne pouvez pas vous contenter d’écouter Rush Limbaugh. »

L’animateur, qui gagne 38 millions de dollars par an en vertu d’un contrat de huit ans qui court jusqu’en 2016, se vanta alors de voir sa part d’audience « exploser » grâce à la controverse suscitée par ses voeux d’échec et à la publicité offerte par le président.

Aujourd’hui, la Maison blanche est engagée dans une bataille contre une cible bien plus grosse, Fox News, ce qui semble réjouir Rupert Murdoch.

« La Maison blanche a exprimé certains propos virulents contre un ou deux commentateurs de Fox News. Tout ce que je peux vous dire, c’est que cela a incroyablement augmenté leur audience », a-t-il dit lors de l’assemblée générale des actionnaires de News Corp, le conglomérat des médias auquel appartient le réseau Fox.

PICS D’AUDIENCE

Depuis la mi-octobre, la présidence américaine ne se contente plus de piques occasionnelles contre Fox, mais s’est lancée dans une offensive frontale.

Anita Dunn, la directrice des communications de la Maison blanche, a tiré la première salve en estimant que Fox News était l’instrument de communication du Parti républicain.

Le président Obama s’est tenu à l’écart mais deux de ses plus proches conseillers, David Axelrod et le secrétaire général de la Maison blanche Rahm Emanuel, ont tenu des propos similaires lors d’émissions télévisées.

Axelrod a été jusqu’à conseiller aux autres médias de ne pas considérer Fox News comme un homologue légitime.

Fox n’estime pas que sa couverture de l’actualité est biaisée, expliquant que ses détracteurs confondent ses reportages et les commentaires de ses éditorialistes.

Sans préjuger des futures audiences, on peut parier que les attaques de la Maison blanche seront bonnes pour les résultats de Fox News et que les commentateurs les plus provocants à l’encontre d’Obama en bénéficieront le plus, comme l’ont montré les résultats du troisième trimestre de la chaîne.

Ils ont montré que Fox News demeurait la première chaîne d’information du câble, avec 2,25 millions de téléspectateurs aux heures de grande écoute (2% d’augmentation par rapport à la même période de 2008), plus du double du nombre cumulé de téléspectateurs de CNN et MSNBC, qui subissent une baisse considérable de leur audience.

LA « HAINE DES BLANCS »

Les shows des commentateurs les plus conservateurs de Fox News ont tous vu leur audience grimper, mais aucun aussi fortement que Glenn Beck. Il a déclaré en juillet que Barack Obama avait une « haine profondément ancrée des Blancs et de la culture blanche ». Son audience a quasiment doublé.

Les animateurs ne s’attarderaient pas à rappeler, par exemple, que la mère du président américain est blanche et qu’Obama lui-même fut visiblement ébranlé par le décès de sa grand-mère blanche, Madelyn Dunham, à la veille de son élection.

La tirade de Glenn Beck a incité plusieurs annonceurs à se retirer de l’émission. Mais un porte-parole de Fox a expliqué que ces annonceurs s’étaient déplacés vers d’autres programmes de la chaîne, qu’il n’y avait donc pas de perte de revenu.

Comment expliquer que Fox News gagne davantage que ses concurrents qui diffusent des commentaires libéraux, favorables à Obama et laissent la parole à ceux qui souhaitent le succès du président américain ?

Après tout, Obama a gagné les élections sur son programme de réformes. Selon un sondage Washington Post-ABC marquant son neuvième mois de mandat, Obama conserve une cote de popularité de 57% et seulement 20% du pays se considère désormais comme républicain, le plus faible pourcentage en 26 ans.

Même sur l’aspect le plus disputé de la réforme du système de santé, la création d’une assurance publique dénoncée par ses adversaires comme une mesure « socialiste », une majorité d’Américains soutiennent le président, à en croire ce sondage.

Pourquoi la Maison blanche agirait-elle comme si ses pourfendeurs conservateurs présentaient pour elle une menace mortelle ? Pour John Batchelor, animateur radio conservateur, c’est une question d’ignorance plus que de susceptibilité.

« La guerre contre Fox menée par la Maison blanche montre qu’elle ignore la vraie motivation du réseau: le spectacle », écrit sur le site web The Daily Beast. « L’équipe Obama ne fait qu’offrir à Murdoch ce qu’il veut. »

Voir également:

W.H.: Media shouldn’t follow Fox
Josh Gerstein and Mike Allen
Politico
October 20, 2009

A White House attempt to delegitimize Fox News – which in past times would have drawn howls of censorship from the press corps – has instead been greeted by a collective shrug.

That’s true even though the motivations of the White House are clear: Fire up a liberal base disillusioned with Obama by attacking the hated Fox. Try to keep a critical news outlet off-balance. Raise doubts about future Fox stories.

But most of all, get other journalists to think twice before following the network’s stories in their own coverage.

« We’re doing what we think is important to make sure news is covered as fairly as possible, » a White House official told POLITICO, noting how the recent ACORN scandal story started because Fox covered it “breathlessly for weeks on end.”

“And then you had a couple days of breast-beating from The Washington Post and The New York Times about whether or not they were fast enough on the ACORN story,” the official said. “And it’s like: Wait a second, guys. Let’s make sure that we keep perspective on what are the most important stories, and what’s being driven by a network that has a perspective. Being able to make that point has been important.”

To some media observers, it’s almost the definition of a “chilling effect” – a governmental attempt to steer reporters away from negative coverage – but the White House press corps has barely uttered a word of complaint.

That could be because of the perception among some journalists that Fox blurs the line between reporting and commentary – making it seem like not the most sympathetic victim.

Fox denies its news coverage is slanted, and even White House aides say the network’s top correspondent there, Major Garrett, is a straight shooter. But in its non-news hours, Fox mixes in a steady diet of criticism of President Barack Obama by its prominent conservative commentators Bill O’Reilly, Sean Hannity and Glenn Beck. It’s a formula that works for Fox, with the highest ratings in cable news.

And in fact, not everyone at the network is complaining at being elevated into Obama’s target-of-choice. Some of the lack of protest from the mainstream press may be driven by the sense that the assault on Fox is actually strengthening the network.

Fox officials didn’t respond to a request for comment. But on Monday night, O’Reilly and former Fox News Washington Bureau chief Brit Hume seemed to be reveling in the attacks by Obama’s aides.

“This is an effort in effect to quarantine Fox News and to discourage other media outlets from picking up on stories that originate here,” Hume said on “The O’Reilly Factor.” “My guess is it won’t work….Look at Glenn Beck, he’s having a field day with this.”

O’Reilly keeps a page on his own website that urges his audience “not to patronize or advertise with” 11 news outlets, including the St. Petersburg Times, the New Yorker, Newsday and MSNBC.

Some see the warring between the White House and Fox as a boon to both sides.

“This is a mutually beneficial deal,” said Paul Begala, a former adviser to President Bill Clinton. “Fox’s ratings keep going up, as they’re seen as the voice of opposition to Obama. The Democrats need to do something to excite their base, which is suffering from a case of the blues.”

In the media world, the main reaction to the barrage of Fox criticism by the Obama White House has been less outrage, and more puzzlement as to what Obama’s aides hope to gain by taking on the network so forcefully.

A day after White House Chief of Staff Rahm Emanuel and Obama senior adviser David Axelrod said other journalists should no longer treat Fox as a bona fide news outlet, the comments generated only a single, tangential question at the White House’s daily briefing for reporters.

Still, the comments set off alarm bells with some journalists and media analysts.

“I can never remember a White House urging news organizations to boycott other news organizations. That strikes me as unprecedented,” said Thomas DeFrank, a Washington journalist who has covered eight presidents and now serves as the bureau chief of the New York Daily News.

“I see it as bullying a news organization, by the time you get to telling ABC or some other news organization how they should behave to another news organization,” said David Zurawik, media critic for the Baltimore Sun. “Someone should tell them: you’re one branch of government. We’re something else over here. Don’t lecture us about how we should behave towards one another.”

The salvos from Axelrod and Emanuel built on remarks a week earlier in which White House Communications Director Anita Dunn accused Fox News of operating as “a wing of the Republican Party.”

“They’re not really a news station,” Axelrod told ABC’s “This Week.” “It’s not just their commentators, but a lot of their news programming if you watch, it’s really not news….The bigger thing is that other news organizations like yours ought not to treat them that way, and we’re not going to treat them that way. We’re going to appear on their shows. We’re going to participate, but understanding that they represent a point of view.”

“It’s not a news organization so much as it has a perspective,” Emanuel said on CNN’s “State of the Union.” “More importantly, is to not have the CNNs and the others in the world basically be led in following Fox, as if what they’re trying to do is a legitimate news organization.”

The direct attacks, if leveled at another news outlet or by another White House might have aroused a torrent of criticism, but the flow of outrage from the Washington journalistic set has been more like a trickle.

“In the past, whether it was a Democratic or Republican president who stood up and attacked quote-unquote news organizations, the natural instinct of the Fourth Estate was to rally around and support that entity regardless,” said Chris Lehane, a Democratic strategist and communications aide in the Clinton White House. “The rest of the press corps winds up being the umpire on that.”

Lehane noted that the Clinton White House did campaign to de-legitimize some news outlets by drafting a “Conspiracy Stream of Commerce” report that traced the progress of anti-Clinton rumors from fringe media outlets to British newspapers to second-tier U.S. papers to major newspapers. However, Lehane said that lobbying was done one-on-one with individual reporters and not from the White House podium, to avoid triggering a backlash.

The Obama White House appears to have concluded that the media is now so splintered that an attack on one is no longer an attack on all. But other political veterans said they were baffled by the White House’s strategy.

“I’ve become more puzzled by the week about what this is ultimately all about,” said David Gergen, an adviser to four presidents who now teaches at Harvard’s Kennedy School and is a paid contributor on CNN.

“It does seem to me when CNN, MSNBC or anybody else—over the air networks—report on the Glenn Beck-Van Jones fight, that’s legitimate news,” said Gergen, referring to Obama’s “green jobs” czar, who later resigned. “Fox was a player in the resignation of Van Jones…..I think it would be irresponsible to avoid that story.”

At least one prominent Washington journalist publicly embraced the White House’s anti-Fox crusade.

“By appearing on Fox, reporters validate its propaganda values and help to undermine the role of legitimate news organizations,” former Slate editor Jacob Weisberg wrote in Newsweek. “Respectable journalists—I’m talking to you Mara Liasson—should stop appearing on its programs.”

Liasson, a National Public Radio reporter who is a regular on Fox News’s “Special Report,” did not respond to an e-mail seeking comment.

White House grudges against news outlets and individual journalists have a long and storied history.

President John Kennedy asked the New York Times to transfer David Halberstam because of his critical reporting on the Vietnam War.

In 1987, a Newsweek cover about then-Vice President George H. W. Bush, “Fighting the Wimp Factor,” led Bush’s presidential campaign to freeze the magazine out.

DeFrank, then a Newsweek reporter working on the magazine’s campaign book, remembers taking a call from the vice president’s son, future President George W. Bush. “Tommy, I got bad news for you. You’re out of business,” he said.

In 2004, several news outlets, including the New York Times, complained that they were being excluded from Vice President Dick Cheney’s official plane because of dissatisfaction with their coverage. Cheney’s aides denied any purposeful snub.

Tom Rosenstiel, a former Los Angeles Times media critic who now runs the Project for Excellence in Journalism, said the Obama team’s explicit, public call for other outlets to ignore Fox was somewhat different from run-ins between past White Houses and specific news outlets. But he said that’s just an indication of a new media age.

“There was a time you could drop a polite line in a meeting in the Oval Office with White House reporters and ice a whole news organization. Not anymore,” Rosenstiel said. “You have to speak in blunt terms to consumers who are making the decision for themselves how much credence to give to things in different places.”

Still, Rosenstiel said no one should doubt that the White House’s critiques have a political agenda.

“You should beware of politicians playing press critic. There’s always an ulterior motive, even if they’re sincere,” he said. “They’re working the refs.”

Voir de même:

L’effet Obama aux Etats-Unis, alors que l’Europe recule encore
Israël en chute libre, l’Iran aux portes du trio infernal
RSF
20.10.09

« La liberté de la presse doit être défendue partout dans le monde, avec la même force et la même exigence », a déclaré Jean-François Julliard, à l’occasion de la publication du huitième classement mondial de la liberté de la presse par Reporters sans frontières, le 20 octobre 2009.

« Il est inquiétant de constater que des démocraties européennes comme la France, l’Italie ou la Slovaquie continuent, année après année, de perdre des places dans le classement. L’Europe doit faire preuve d’exemplarité dans le domaine des libertés publiques. Comment dénoncer les violations commises dans le monde si l’on n’est pas irréprochable sur son territoire ? L’effet Obama, qui a permis aux Etats-Unis de regagner 16 places, ne suffit pas à nous rassurer. Dans le bas du classement, nous sommes particulièrement préoccupés par la situation en Iran. Le pays se rapproche dangereusement du trio infernal pour la liberté de la presse, constitué depuis des années par l’Erythrée, la Corée du Nord et le Turkménistan », a ajouté le secrétaire général de l’organisation.

Le classement mondial de la liberté de la presse est établi comme chaque année par Reporters sans frontières, grâce aux centaines de journalistes et experts des médias qui ont répondu à son questionnaire. Il prend en compte les violations de la liberté de la presse commises entre le 1er septembre 2008 et le 31 août 2009.

La fin du modèle européen ?

L’Europe a longtemps été exemplaire en matière de respect de liberté de la presse, mais cette année, plusieurs pays européens reculent très nettement. Même si les treize premières places restent occupées par des Etats européens, d’autres tels que la France (43e), la Slovaquie (44e) ou l’Italie (49e), continuent leur descente, perdant respectivement huit, trente-sept et cinq places. Ils se font distancer par de jeunes démocraties africaines (Mali, Afrique du Sud, Ghana) ou latino-américaines (Uruguay, Trinidad et Tobago). Des journalistes sont encore menacés physiquement, en Italie, en Espagne (44e), mais aussi dans les Balkans, notamment en Croatie (78e) où le 23 octobre 2008 le propriétaire et le directeur marketing de l’hebdomadaire Nacional ont été tués dans un attentat à la bombe. Mais la principale menace, plus grave à long terme, vient des nouvelles législations en vigueur. De nombreuses lois promulguées depuis septembre 2008 viennent remettre en cause le travail des journalistes. En Slovaquie (44e), elle a permis d’introduire la notion dangereuse de droit de réponse automatique et accroît fortement l’influence du ministre de la Culture dans les publications.

Israël : opération chape de plomb sur la presse

L’opération militaire « Plomb durci » menée par Israël contre la bande de Gaza a eu également des répercussions sur la presse. Israël perd quarante-sept places et se retrouve au 93e rang du classement. Cette chute libre fait perdre à Israël son statut de premier pays du Moyen-Orient, en le faisant passer derrière le Koweït (60e) et les Emirats arabes unis (86e). Sur son territoire, Israël commence à appliquer les mêmes méthodes qu’à l’extérieur. Reporters sans frontières a ainsi pu recenser cinq arrestations, parfois en dehors de tout cadre légal, et trois emprisonnements de journalistes. La censure militaire appliquée à tous les médias fait également planer une menace sur la profession. En dehors de son territoire, Israël atteint la 150e place. Le bilan de la guerre est très lourd : une vingtaine de journalistes ont été blessés dans la bande de Gaza par les forces armées israéliennes et trois ont péri alors qu’ils couvraient le conflit.

L’Iran aux portes du trio infernal

Les journalistes ont souffert plus que jamais cette année dans l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad. La réélection contestée du Président a plongé le pays dans une véritable crise et instauré une paranoïa à l’égard des journalistes et blogueurs. Censure préalable et automatique, surveillance des journalistes par l’Etat, mauvais traitements, journalistes obligés de fuir le pays, arrestations illégales et emprisonnements, tel est le tableau de la liberté de la presse cette année en Iran. Déjà proche de la fin du classement les années précédentes, l’Iran est arrivé aux portes du trio infernal, toujours composé par le Turkménistan (173e), la Corée du Nord (174e) et l’Erythrée (175e), où la presse a été tellement bâillonnée qu’elle y est aujourd’hui inexistante.

L’ »effet Obama » ramène les Etats-Unis parmi les vingt premiers pays

En un an, les Etats-Unis sont remontés de 16 places, passant du 36e au 20e rang. L’arrivée du nouveau président Barack Obama et son attitude moins belliqueuse que celle de son prédécesseur à l’égard de la presse y est pour beaucoup. Mais cette forte remontée ne concerne que l’état de la liberté de la presse sur le territoire américain. Si Barack Obama a obtenu le Nobel de la paix, son pays reste engagé dans deux guerres. Malgré une légère amélioration de la situation, l’attitude des Etats-Unis à l’égard des médias en Irak et en Afghanistan est préoccupante. Plusieurs journalistes ont été blessés ou détenus par l’armée américaine. L’un d’eux, Ibrahim Jassam, est toujours détenu en Irak.

Voir enfin:

L’effet Obama atténue l’antiaméricanisme… mais pour combien de temps?
Nathalie Kantt
L’Express
le 25/09/2009

Changement de ton par rapport à son prédécesseur: à l’ONU, le président Barack Obama a affirmé que l’Amérique ne pouvait pas résoudre « seule tous les problèmes du monde ». Qu’en pensent les antiaméricains? Pour Philippe Roger, directeur d’études à l’EHESS, l’effet Obama risque de ne pas durer. Explications.

Barack Obama ne veut plus être seul au sommet. C’est ce qui ressort du discours prononcé a l’Assemblée générale des Nations unies le mercredi 23 septembre: « Ceux qui ont l’habitude de réprimander l’Amérique pour son action solitaire dans le monde ne peuvent aujourd’hui rester de côté et attendre que l’Amérique résolve seule tous les problèmes du monde ».

Devant plus de 120 chefs d’Etat et de gouvernement réunis à New York, le président américain a appelé à « ouvrir une nouvelle ère de coopération multilatérale (…). Il est désormais temps pour chacun d’entre nous de prendre sa part de responsabilité dans la réponse globale aux défis mondiaux ».

Est-ce que quelqu’un escaladera la montagne avec lui? Qu’en disent les antiaméricains? L’analyse de Philippe Roger, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et auteur du livre L’ennemi américain, Généalogie de l’antiaméricanisme français (Seuil, 2002).

Est-ce que l’appel à la coopération lancé par Barack Obama a des chances d’être entendu?

Je ne sais pas s’il faut parler d’appel à la coopération. Ici, ce sont plutôt les adversaires d’Obama qui en parlent. Le New York Post lui a consacré un éditorial au vitriol, l’appelant le « naif-in-chief », autrement dit le contraire du « Commander-in-chief » [commandant en chef, ou chef sûpreme, NDLR] qu’il devrait être.

Obama marche sur une corde raide. Il tient à se démarquer très fortement de la politique de George W. Bush, alors que sur beaucoup de fronts, il le sait, il ne peut changer de cap facilement ni rapidement.

D’où l’importance du changement de ton, de style, de rhétorique. Avec le risque d’apparaître comme un doux rêveur, comme un idéaliste à la Wilson avec sa chère Société des Nations. Le risque aussi d’apporter de l’eau au moulin de ses détracteurs (ils sont déjà nombreux et bruyants), qui lui reprochent d’être dans les mots, pas dans les actes. L’exercice est difficile. Chaque formule doit être pesée.

A l’ONU, Obama a surtout annoncé son « re-engagement »… à l’ONU. (« We have re-engaged the United Nations »). C’est rompre avec des années de mépris affiché pour la communauté internationale. Succès assuré, du moins à l’ONU. Plus important, peut-être: c’est rompre avec la tradition plutôt isolationniste du Parti démocrate. C’est ainsi rassurer, dans un premier temps, des alliés ou amis auxquels on va certainement, dans un second temps, demander de s’aider eux-mêmes plus qu’ils ne le font…

Ce discours, si différent à la tendance dictée par George W. Bush, change-t-il la perception que la communauté internationale -surtout les antiaméricains- ont des Etats-Unis?

Ce discours contribuera sans doute à l’embellie que connaît « l’image des Etats-Unis » dans le monde depuis un an. L’effet Obama est indubitable: un sondage (américain) récent montre une montée des « opinions favorables » allant jusqu’à 10 ou 12% dans plusieurs pays européens.

Cette élection a évidemment eu un impact symbolique tout particulier, d’une part parce qu’une « gauche moderne » a gagné aux Etats-Unis alors qu’elle perd ou piétine presque partout; d’autre part, parce que l’élection d’Obama a semblé démentir quelques uns des stéréotypes antiaméricains les plus enracinés: racisme, extrême division sociale, vie politique dominée par l’argent et contrôlée par une oligarchie, etc. (En fait, pour ce qui est de l’argent, elle n’a rien démenti du tout: le candidat Obama a disposé d’un trésor de guerre beaucoup plus important que son adversaire républicain.)

Nous sommes donc dans une de ces phases rares et probablement courtes où la bonne impression donnée par un leader politique l’emporte sur les rapports et représentations de fond. Je parlais de Wilson: l’Europe l’a reçu comme un Dieu en 1919; six mois après, il était honni et les Etats-Unis avec lui.

Quelles sont les origines de cet antiaméricanisme de fond?

Il est clair qu’il n’a ni la même force, ni exactement les mêmes contours selon les pays. La plupart des antiaméricanismes sont de fraîche date (une cinquantaine d’années) et très liés à des traumatismes politiques. Voyez l’Iran depuis Mossadegh, l’Amérique latine depuis les dictatures militaires (seul le Mexique est anti-gringo de longue date), le Moyen-Orient, etc.

Dans d’autres pays, au premier rang desquels la France, l’antiaméricanisme est une histoire longue. Il s’est formé par sédimentation de couches successives. Mépris d’un pays inculte, vulgaire, obsédé par l’argent au XIXe siècle. Crainte et ressentiment devant une puissance en ascension irrésistible, capable de nous supplanter dans le monde et même de nous « coloniser », au moins par ses produits, au XXe siècle. « Personne n’aime une super-puissance », disait lucidement un néo-conservateur. Nous qui avons été, à notre manière, une super-puissance, nous les aimons un peu moins encore que les autres…


Prix Nobel: Obama ou l’anti-Churchill (Will Obama now send back the Statue of Liberty, too?)

23 octobre, 2009
Obama sends back Churchill's bust)
Combien effrayantes sont les malédictions que le mahométanisme fait reposer sur ses fidèles ! Outre la frénésie fanatique, qui est aussi dangereuse pour l’homme que la peur de l’eau pour le chien, on y trouve une terrible apathie fataliste. Les effets sont patents dans certains pays. Habitudes imprévoyantes, systèmes agricoles aberrants, lenteur des méthodes commerciales, et insécurité de la propriété se retrouvent partout ou les adeptes du Prophète gouvernent ou vivent. Un sensualisme avilissant dépouille la vie de sa grâce et de sa distinction, ensuite de sa dignité et de sa sainteté. Le fait que dans la loi mahométane toute femme, qu’elle soit enfant, épouse ou concubine doive appartenir à un homme comme son entière propriété, ne fait que repousser l’extinction totale de l’esclavage au jour où l’Islam aura cessé d’être un pouvoir important parmi les hommes. Certains musulmans peuvent montrer de splendides qualités, mais l’influence de la religion paralyse le développement social de ceux qui la suivent. Aucune force aussi rétrograde n’existe dans le monde. Loin d’être moribond le mahométanisme est une foi militante et prosélyte. Il s’est déjà répandu partout en Afrique centrale, attirant de courageux guerriers pour chaque avancée et partout où la chrétienté n’est pas protégée par les armes puissantes de la science, science contre laquelle elle a vainement luttée, la civilisation de l’Europe moderne peut s’écrouler, comme s’est écroulée la civilisation de la Rome antique. Winston Churchill (La Guerre du fleuve, 1899)
La presse américaine du jour, y compris celle qui est favorable au Président, constate que Barack Obama n’a encore rien réalisé de ce qu’il a promis: Guantanamo toujours ouvert, deux guerres qui s’éternisent, toujours pas d’assurance maladie, les bonus à Wall street mirobolants, les relances publiques sans effet sur l’emploi, les relations avec l’islam toujours médiocres, le Proche Orient en panne. C’est donc la littérature, les discours d’Obama, que le jury Nobel célébrait: une erreur de forme. Guy Sorman
En ces jours présents, nous vivons curieusement sous le signe, on pourrait dire sous la protection, de la bombe atomique. La bombe atomique est toujours aux mains d’un État et d’une nation dont nous savons qu’ils ne l’utiliseront jamais autrement que pour la cause du droit et de la liberté. Mais il se peut aussi que d’ici quelques années, cette énorme puissance de destruction soit largement connue et répandue, et alors la catastrophe engendrée par l’emploi de la bombe atomique par des peuples en guerre, signifierait non seulement la fin de tout ce que nous nous représentons sous le mot de civilisation, mais aussi peut-être la dislocation de notre globe. Winston Churchill (1946)
La résolution historique que nous venons d’adopter incarne notre engagement collectif envers l’objectif d’un monde débarrassé des armes nucléaires. Barack Obama (présidence du Conseil de sécurité de l’ONU, 24.09.09)
Nous devons continuer à insister auprès d’eux (sur les droits de l’homme). Mais notre insistance sur ces questions ne peut interférer avec la crise économique mondiale, avec la crise du changement climatique et avec la crise sécuritaire. Nous devons avoir un dialogue qui mène à une compréhension et à une coopération dans chacun de ces domaines. Hillary Clinton (Pékin, mars 2009)
Le referendum a eu lieu dans le cadre d’un processus totalement démocratique… Ce fut un processus pleinement consistant avec les pratiques démocratiques. Gordon Duguid (porte-parole du Département d’Etat, sur le referendum permettant la réélection à vie de Hugo Chavez, février 2009)
Il faut une présomption remarquable de bonne foi, ou peut-être de stupidité, pour imaginer que les Birmans ou les Soudanais du monde répondraient à l’engagement de M. Obama sinon en y cherchant leur propre avantage. Il faut également un degré remarquable de cynisme -ou peut-être de lâcheté – pour traiter les droits fondamentaux comme quelque chose qui interfère avec les objectifs de l’Amérique dans le monde, plutôt que comme la chose qui devrait précisément les définir. Pourtant c’est exactement jusqu’ici le bilan de ce début de mandat de M. Obama. Bret Stephens

Après le buste de Churchill, le tout nouveau prix Nobel de la paix va-t-il aussi renvoyer la Statue de la Liberté?

Sourdine, pour cause de crise économique, climatique et sécuritaire, sur les droits fondamentaux en Chine …

Refus de rencontrer le dalai lama …

Mesures incitatives et désincitatives pour le criminel de guerre soudanais Omar Bashir …

Long silence assourdissant pendant la répression des manifestants de Téhéran en juin dernier et prise de distance maximale face aux groupes de défense des droits fondamentaux iraniens …

Refus de subvention pour un Centre iranien de documentation pour les droits fondamentaux dans le Connecticut et coupure des fonds pour un forum politique en farsi et en anglais …

Abandon des sanctions et nouvelle politique de réengagement face aux tortionnaires et affameurs birmans…

Au lendemain de l’attribution, sur ses seules belles paroles, du prix Nobel de la paix au maitre-discoureur au bilan vide de la Maison-Blanche …

Comment ne pas repenser justement à une autre erreur de casting célèbre il y a près de 60 ans quand le prix Nobel de littérature cette fois fut attribué à… Churchill?

Et comment ne pas voir, en regard du prestigieux bilan d’un des principaux architectes de la victoire alliée sur le totalitarisme nazi et de la défense de la démocratie en Europe et dans le monde doublé, de plus, d’un talent hors pair d’orateur et d’historien et de mémorialiste …

Le bilan désespérément vide, comme le rappelle le WSJ (et en témoigne son traitement cavalier tant du buste que des propos du Lion britannique), du moulin à belles paroles de la Maison-Blanche?

Does Obama Believe In Human Rights?
Bret Stephens
The Wall Street Journal
October 21, 2009

Nobody should get too hung up over President Obama’s decision, reported by Der Spiegel over the weekend, to cancel plans to attend next month’s 20th anniversary celebration of the fall of the Berlin Wall. Germany’s reunited capital has already served his purposes; why should he serve its?

To this day, the fall of the Berlin Wall on the night of Nov. 9, 1989, remains a high-water mark in the march of human freedom. It’s a march to which candidate Obama paid rich (if solipsistic) tribute in last year’s big Berlin speech. « At the height of the Cold War, my father decided, like so many others in the forgotten corners of the world, that his yearning—his dream—required the freedom and opportunity promised by the West, » waxed Mr. Obama to the assembled thousands. « This city, of all cities, knows the dream of freedom. »

Those were the words. What’s been the record?

China: In February, Secretary of State Hillary Clinton landed in Beijing with a conciliating message about the country’s human-rights record. « Our pressing on those [human-rights] issues can’t interfere on the global economic crisis, the global climate change crisis and the security crisis, » she said.

In fact, there has been no pressing whatsoever on human rights. President Obama refused to meet with the Dalai Lama last month, presumably so as not to ruffle feathers with the people who will now be financing his debts. In June, Liu Xiaobo, a leading signatory of the pro-democracy Charter 08 movement, was charged with « inciting subversion of state power. » But as a U.S. Embassy spokesman in Beijing admitted to the Journal, « neither the White House nor Secretary Clinton have made any public comments on Liu Xiaobo. »

Sudan: In 2008, candidate Obama issued a statement insisting that « there must be real pressure placed on the Sudanese government. We know from past experience that it will take a great deal to get them to do the right thing. . . . The U.N. Security Council should impose tough sanctions on the Khartoum government immediately. »

Exactly right. So what should Mr. Obama do as president? Yesterday, the State Department rolled out its new policy toward Sudan, based on « a menu of incentives and disincentives » for the genocidal Sudanese government of Omar Bashir. It’s the kind of menu Mr. Bashir will languidly pick his way through till he dies comfortably in his bed.

Iran: Mr. Obama’s week-long silence on Iran’s « internal affairs » following June’s fraudulent re-election was widely noted. Not so widely noted are the administration’s attempts to put maximum distance between itself and human-rights groups working the Iran beat.

Earlier this year, the State Department denied a grant request for New Haven, Conn.-based Iran Human Rights Documentation Center. The Center maintains perhaps the most extensive record anywhere of Iran’s 30-year history of brutality. The grant denial was part of a pattern: The administration also abruptly ended funding for Freedom House’s Gozaar project, an online Farsi- and English-language forum for discussing political issues.

It’s easy to see why Tehran would want these groups de-funded and shut down. But why should the administration, except as a form of pre-emptive appeasement?

Burma: In July, Mr. Obama renewed sanctions on Burma. In August, he called the conviction of opposition leader (and fellow Nobel Peace Prize winner) Aung San Suu Kyi a violation of « the universal principle of human rights. »

Yet as with Sudan, the administration’s new policy is « engagement, » on the theory that sanctions haven’t worked. Maybe so. But what evidence is there that engagement will fare any better? In May 2008, the Burmese junta prevented delivery of humanitarian aid to the victims of Cyclone Nargis. Some 150,000 people died in plain view of « world opinion, » in what amounted to a policy of forced starvation.

Leave aside the nausea factor of dealing with the authors of that policy. The real question is what good purpose can possibly be served in negotiations that the junta will pursue only (and exactly) to the extent it believes will strengthen its grip on power. It takes a remarkable presumption of good faith, or perhaps stupidity, to imagine that the Burmas or Sudans of the world would reciprocate Mr. Obama’s engagement except to seek their own advantage.

It also takes a remarkable degree of cynicism—or perhaps cowardice—to treat human rights as something that « interferes » with America’s purposes in the world, rather than as the very thing that ought to define them. Yet that is exactly the record of Mr. Obama’s time thus far in office.

In Massachusetts not long ago, I found myself driving behind a car with « Free Tibet, » « Save Darfur, » and « Obama 08 » bumper stickers. I wonder if it will ever dawn on the owner of that car that at least one of those stickers doesn’t belong.


Documenteurs: J’ai tourné les séquences à Rafah par téléphone (What about the other Rachels?)

21 octobre, 2009
Rachel (Simone Botton, 2008)Les Palestiniens sont en ce moment, pour autant que je sache, engagés dans une résistance non-violente gandhienne. Rachel Corrie
Un faux documentaire (ou encore le mot-valise documenteur) est un canular qui tout en ayant l’apparence d’un vrai documentaire présente une histoire fictive ou défend une thèse farfelue. En anglais, on a recours au néologisme mockumentary. À ne pas confondre avec le docu fiction qui est un documentaire relatant des événements réels mais utilisant des reconstitutions avec comédiens. pour illustrer ce genre cinématographique marginal. Wikipedia
Le correspondant de France 2 à Gaza, Talal, qui a filmé la scène (…) travaille en toute confiance pour notre chaîne depuis 1988. Charles Enderlin
J’ai tourné les séquences à Rafah, en donnant mes indications de mise en scène par téléphone. Simone Bitton
Ecrasée sciemment ou non? Le Canard enchainé
Ménageant ainsi la raison des uns et des autres, le film ne se prononce pas explicitement en faveur d’une version ou de l’autre, mais induit par leur juxtaposition l’hypothèse du mensonge israélien. Ce faisant, il privilégie un débat dont la pertinence est toute théorique, tant il est clair que ce bulldozer est la cause directe de la mort de la jeune femme, et tant il semble que la mort de civils, du moins palestiniens, n’est pas toujours un facteur discriminant dans les actions menées par Tsahal. Le Monde
Ces militaires sont serviables et efficaces, lorsque vous vous intéressez à quelque chose dont ils veulent parler, mais lorsque vous arrivez avec un sujet qui leur déplaît ils sont très forts pour vous mettre des bâtons dans les roues. Je les ai tellement harcelés que finalement, pour se débarrasser de moi, ils m’ont accordé trente minutes d’entretien avec le Major Avital Leibovitch, qui est la propagandiste en chef de l’armée israélienne pour la presse étrangère. (…) Aujourd’hui, il y a des caméras presque partout. Les manifestants et les militants dans les zones de conflit savent que l’image de leur cadavre sera médiatisée s’ils sont tués ; non seulement ils ne s’y opposent pas, mais cela fait partie de leur démarche. (…) C’est une enquête cinématographique sur la mort d’une jeune fille, écrasée par un engin militaire dans un pays malade. Cette jeune fille était américaine, l’engin était un bulldozer israélien, et le pays, c’est la Palestine et Israël. Un lieu dont je ne cesse, film après film, de documenter le malheur et parfois la beauté. Mon enquête est rigoureuse. Comme l’affaire n’a jamais été jugée, je joue un peu le rôle d’un juge d’instruction, je  » cuisine  » les témoins, je relis les dépositions, j’examine les pièces à conviction, etc. Je détricote une montagne de versions et je laisse la vérité affleurer d’elle-même, sans commentaire. Cette rigueur est essentielle, car elle me permet d’aller plus loin, de transcender le sujet. Au cinéma, le résultat de l’enquête compte moins que le fait même d’enquêter. Il s’agit de filmer et d’observer des lieux, des gens, des objets ; de recueillir des paroles, des gestes et des silences. De faire jaillir l’émotion des matières les plus froides et les plus dures, comme les images d’une caméra de surveillance ou le métal lisse d’une table d’autopsie. Simone Bitton
J’ai du mal à croire que des soldats israéliens aient tué délibérément des civils palestiniens (…) Nous savons tous comment l’armée palestinienne opère à Gaza. Nous savons bien que ce n’est pas le cas. (…) Demander à Israël un gel intégral de la colonisation, c’est certes conforme au droit international (…) mais est-ce vraiment réaliste? C’est la logique du tout ou rien (…) Si la colonisation était le principal problème, on n’aurait pas attendu 2009 pour le traiter. Christophe Bigot (ambassadeur de France en Israël, cité par Le Canard enchainé, 21.10.09)

Vous avez aimé Human Rights Watch, Goldstone, les soldats tueurs d’enfants, les soldats violeurs, les soldats dépeceurs?

Vous aimerez aussi… les soldats équarisseurs!

« Négligences de l’enquête officielle », « mensonges de l’armée », « déshumanisation galopante », « soldats lobotomisés par la propagande », « civils impuissants », « élégante manière de retrouver sa propre jeunesse militante », « jeune Américaine refusant qu’à l’autre bout de la terre on tue en son nom », « inexpérience des soldats perchés sur les chars et contraints d’obéir aux ordres » …

Pour ceux qui se souviennent des fameuses images de la « mort en direct du petit Mohamed » tournées à portée de téléphone par notre Enderlin national …

Parmi les films recommandés par le Canard très enchainé cette semaine …

Qui fustige au passage le porte-voix de l’Elysée à Tel Aviv, le nouvel ambassadeur de France Christophe Bigot …

L’enquête poétique (« Rachel »), après le triomphe des scènes de Londres et de Broadway il y a quatre ans, de la documentariste franco-israélienne Simone Bitton, déjà auteure d’une dénonciation d’une barrière de sécurité israélienne qui empêche non seulement aux Palestiniens de s’éclater au soleil mais les contraint de lancer des roquettes par dessus (« Mur », 2004) …

Adapté du journal intime de la jeune pacifiste américaine Rachel Corrie, écrasée en 2003 par un bulldozer de l’armée israélienne dans la bande de Gaza alors qu’elle tentait d’empêcher la destruction d’une maison palestinienne dans le cadre de la construction d’un mur de séparation dans la zone frontalière avec l’Egypte …

Télérama revient, sans jamais (véritable tour de force partagé apparemment par l’ensemble de ses confrères!) évoquer une seconde les tunnels de contrebande de terroristes et d’armes – sans parler des autres morts de Rachel – que ladite barrière était censée arrêter), sur les difficiles conditions de cette « minutieuse reconstitution » tournée à des moments par téléphone …

A l’assaut de Tsahal

Rachel
Film français de Simone Bitton
Mathilde Blottière
Télérama
Samedi 24 octobre 2009

« Juive arabe », comme elle aime à se présenter, Simone Bitton n’en a pas fini avec Israël. Dans Mur, son précédent documentaire, la cinéaste démontait un à un les arguments des promoteurs de la « barrière de sécurité » qui, depuis 2002, sépare Israël des territoires palestiniens. Avec la même rigueur et une sensibilité toujours à vif, elle revient, cette fois, sur la mort d’une militante pacifiste américaine. Le 16 mars 2003, Rachel Corrie, 23 ans, membre de l’ISM (International Solidarity Movement), a été écrasée par un bulldozer de l’armée israélienne, alors qu’elle tentait de protéger la maison d’un Palestinien, à Rafah, dans la bande de Gaza.

Simone Bitton enquête. Elle passe au crible les multiples témoignages, les dépositions, les documents officiels et officieux. Elle reconstitue la chronologie des faits, repère les négligences de l’enquête officielle, pointe les mensonges de l’armée. Plus le film progresse, plus la réalisatrice révèle une déshumanisation galopante : dans ce pays, des soldats, lobotomisés par la propagande, détruisent des quartiers entiers sous les yeux de civils impuissants…

Filmer les amis de Rachel (« Bien plus courageux que moi au même âge », avoue-t-elle) est pour Simone Bitton une élégante manière de retrouver sa propre jeunesse militante. En eux, elle salue une nouvelle génération d’activistes prêts à défendre leurs convictions contre les idées de leur milieu. Et l’on devine l’admiration de la documentariste pour cette jeune Américaine, refusant qu’à l’autre bout de la terre on tue en son nom.

Lus par ses proches quatre ans après le drame, les mots de Rachel résonnent longtemps en nous. Des mots simples et bouleversants, extraits de mails ou de lettres, qui dévoilent une personnalité étonnamment mûre. Convaincue de la justesse de sa cause, mais émue par l’inexpérience des soldats perchés sur les chars et contraints d’obéir aux ordres.

Simone Bitton refuse l’émotion facile autant que le discours militant. Précis, dense, complexe, son film s’impose comme une réflexion passionnante sur la jeunesse et la résistance. Au-delà du conflit israélo-palestinien.

Voir aussi:

Critique
« Rachel » : autopsie d’une disparition à Gaza
Le Monde
20.10.09

Dans la bande de Gaza, le 16 mars 2003, Rachel Corrie, une Américaine de 23 ans, trouve la mort en s’interposant devant un bulldozer israélien affecté au déblaiement de la zone frontalière avec l’Egypte. La jeune femme faisait partie d’une organisation non violente, l’International Solidarity Movement (ISM), et était venue, comme d’autres jeunes gens de tous pays, pour s’opposer aux destructions menées par l’armée israélienne dans le cadre officiel de la lutte antiterroriste. Plus précisément, l’armée opérait dans la zone de Raffah pour y créer un no man’s land destiné à faciliter la construction d’un mur de séparation.

La réalisatrice Simone Bitton, qui tourne des films dans la région et sur ce conflit depuis une quinzaine d’années, s’empare de ce drame pour tenter de lever le voile sur les circonstances qui l’ont permis, voire en comprendre les raisons. Elle a retrouvé les principaux témoins de l’accident, s’est procuré les rapports de l’armée israélienne, le journal intime de la défunte, s’est entretenue avec un nombre considérable de gens, a retrouvé un reportage d’une télévision privée qui a recueilli anonymement le point de vue des deux conducteurs du bulldozer, a même mis la main sur une vidéo de surveillance de Tsahal, expurgée du moment fatal.

Le film est construit comme une enquête indépendante, qui entend aller plus loin que le classement de l’affaire par la commission d’enquête officielle israélienne, qui a conclu à un accident. Ce point de vue, repris dans le film par la porte-parole de Tsahal, qui se fonde sur le témoignage des conducteurs de l’engin et le rapport d’autopsie, fait état de la vision très réduite à bord du bulldozer, et de l’absence de contusions graves sur le corps de la victime, qui, selon le rapport d’autopsie, aurait péri par asphyxie.

Juxtaposition

Les compagnons de la jeune femme, comme les témoins palestiniens alentour, réfutent quant à eux cette thèse et prétendent avoir vu le bulldozer venir de loin et bel et bien renverser Rachel Corrie. Ils en concluent, d’une part, que les conducteurs de l’engin avaient eu tout loisir de voir la jeune femme, d’autre part et conséquemment qu’il y a donc eu volonté de tuer. Ménageant ainsi la raison des uns et des autres, le film ne se prononce pas explicitement en faveur d’une version ou de l’autre, mais induit par leur juxtaposition l’hypothèse du mensonge israélien.

Ce faisant, il privilégie un débat dont la pertinence est toute théorique, tant il est clair que ce bulldozer est la cause directe de la mort de la jeune femme, et tant il semble que la mort de civils, du moins palestiniens, n’est pas toujours un facteur discriminant dans les actions menées par Tsahal. Cette approche affaiblit en outre la puissance documentaire du film, en instrumentalisant ses personnages au profit du débat qu’il entend illustrer.

LA BANDE-ANNONCE (avec Preview Networks)
Bande-annonce fournie par Filmtrailer.com

Documentaire français de Simone Bitton. (1 h 40.)


ONG: Human Rights Watch fait le jeu de ceux qui veulent faire d’Israël un état paria (Founder condemns HRW’s use of indiscriminate fire)

21 octobre, 2009
HRW's indiscriminate fire
Je suis convaincu qu’il s’agissait d’un obus israélien. Marc Garlasco
Une des filles de la famille, Ilham Ghalia, qui a été hospitalisée à l’hôpital Ichilov de Tel Aviv a raconté une histoire bien différente de ce que la propagande palestinienne voudrait nous faire croire: son père avait causé l’explosion mortelle en manipulant une pièce d’artillerie non explosée abandonnée lors d’un incident précédent. Haaretz
Selon Human Rights Watch, les vingt années de règne de Saddam Hussein auraient coûté la vie de 250 000 à 290 000 civils irakiens, victimes des guerres non comprises. Le Monde (23.03.08)
En Irak, le CRED a évalué le bilan, jusqu’en juin 2006, entre 120 000 et 130 000 morts (…) Le Monde (11.04.08)
Une délégation d’Human Rights Watch était récemment en Arabie Saoudite. Pour étudier le traitement des femmes par la loi saoudienne ? Pour faire campagne pour les droits des homosexuels, passibles de peine de mort en Arabie Saoudite ? Pour protester contre le manque de liberté religieuse dans le royaume saoudien? Pour publier un rapport sur les prisonniers politiques saoudiens? Non, non, non et non. La délégation est venue solliciter des fonds auprès de riches Saoudiens en mettant en avant la diabolisation d’Israël par l’organisation [dans sa] (…) lutte avec les groupes de pression « pro-Israel aux Etats-Unis, dans l’Union européenne et aux Nations unies ». Robert Bernstein
Pour les inconditionnels des intermittents du spectacle à la Marc Garlasco qui ont donné au monde les mémorables bidonnages de Falloujah (2004), du Lancet (2005), de la plage de Gaza (2006), du Liban (2007) …
.
Au lendemain d’une nouvelle farce onusienne qui a vu l’approbation, par un Comité des droits de l’homme dirigé par des modèles de vertu démocratique tels que l’Iran ou Cuba, d’un rapport ouvertement biaisé contre Israël …

Nouvelle confirmation de la sérieuse dérive de nombre d’associations humanitaires (à l’image de leurs nouvelles recrues et sources de financement) avec, dans une tribune du NYT d’hier, la montée au créneau du propre fondateur de l’ONG Human Rights Watch, Robert Bernstein.

Dénonçant la perte de sens critique et des proportions de l’organisation qu’il a dirigée pendant 20 ans dans ses rapports sur les conflits d’Israël contre le Hamas et le Hezbollah, il rappelle comment celle-ci, en s’appuyant sur la pire sorte d’équivalence morale et « des témoins dont les récits ne peuvent être vérifiés », finit par faire le jeu de « ceux qui veulent faire d’Israël un état paria » …

Rights Watchdog, Lost in the Mideast
Robert L. Bernstein
The New York Times
October 20, 2009

AS the founder of Human Rights Watch, its active chairman for 20 years and now founding chairman emeritus, I must do something that I never anticipated: I must publicly join the group’s critics. Human Rights Watch had as its original mission to pry open closed societies, advocate basic freedoms and support dissenters. But recently it has been issuing reports on the Israeli-Arab conflict that are helping those who wish to turn Israel into a pariah state.

At Human Rights Watch, we always recognized that open, democratic societies have faults and commit abuses. But we saw that they have the ability to correct them — through vigorous public debate, an adversarial press and many other mechanisms that encourage reform.

That is why we sought to draw a sharp line between the democratic and nondemocratic worlds, in an effort to create clarity in human rights. We wanted to prevent the Soviet Union and its followers from playing a moral equivalence game with the West and to encourage liberalization by drawing attention to dissidents like Andrei Sakharov, Natan Sharansky and those in the Soviet gulag — and the millions in China’s laogai, or labor camps.

When I stepped aside in 1998, Human Rights Watch was active in 70 countries, most of them closed societies. Now the organization, with increasing frequency, casts aside its important distinction between open and closed societies.

Nowhere is this more evident than in its work in the Middle East. The region is populated by authoritarian regimes with appalling human rights records. Yet in recent years Human Rights Watch has written far more condemnations of Israel for violations of international law than of any other country in the region.

Israel, with a population of 7.4 million, is home to at least 80 human rights organizations, a vibrant free press, a democratically elected government, a judiciary that frequently rules against the government, a politically active academia, multiple political parties and, judging by the amount of news coverage, probably more journalists per capita than any other country in the world — many of whom are there expressly to cover the Israeli-Palestinian conflict.

Meanwhile, the Arab and Iranian regimes rule over some 350 million people, and most remain brutal, closed and autocratic, permitting little or no internal dissent. The plight of their citizens who would most benefit from the kind of attention a large and well-financed international human rights organization can provide is being ignored as Human Rights Watch’s Middle East division prepares report after report on Israel.

Human Rights Watch has lost critical perspective on a conflict in which Israel has been repeatedly attacked by Hamas and Hezbollah, organizations that go after Israeli citizens and use their own people as human shields. These groups are supported by the government of Iran, which has openly declared its intention not just to destroy Israel but to murder Jews everywhere. This incitement to genocide is a violation of the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide.

Leaders of Human Rights Watch know that Hamas and Hezbollah chose to wage war from densely populated areas, deliberately transforming neighborhoods into battlefields. They know that more and better arms are flowing into both Gaza and Lebanon and are poised to strike again. And they know that this militancy continues to deprive Palestinians of any chance for the peaceful and productive life they deserve. Yet Israel, the repeated victim of aggression, faces the brunt of Human Rights Watch’s criticism.

The organization is expressly concerned mainly with how wars are fought, not with motivations. To be sure, even victims of aggression are bound by the laws of war and must do their utmost to minimize civilian casualties. Nevertheless, there is a difference between wrongs committed in self-defense and those perpetrated intentionally.

But how does Human Rights Watch know that these laws have been violated? In Gaza and elsewhere where there is no access to the battlefield or to the military and political leaders who make strategic decisions, it is extremely difficult to make definitive judgments about war crimes. Reporting often relies on witnesses whose stories cannot be verified and who may testify for political advantage or because they fear retaliation from their own rulers. Significantly, Col. Richard Kemp, the former commander of British forces in Afghanistan and an expert on warfare, has said that the Israel Defense Forces in Gaza “did more to safeguard the rights of civilians in a combat zone than any other army in the history of warfare.”

Only by returning to its founding mission and the spirit of humility that animated it can Human Rights Watch resurrect itself as a moral force in the Middle East and throughout the world. If it fails to do that, its credibility will be seriously undermined and its important role in the world significantly diminished.

Robert L. Bernstein, the former president and chief executive of Random House, was the chairman of Human Rights Watch from 1978 to 1998.

Voir aussi:

Human Rights Watch Goes to Saudi Arabia
Seeking Saudi Money to Counterbalance « Pro-Israel Pressure Groups »
David Bernstein
The Wall Street Journal
July 15, 2009

A delegation from Human Rights Watch was recently in Saudi Arabia. To investigate the mistreatment of women under Saudi Law? To campaign for the rights of homosexuals, subject to the death penalty in Saudi Arabia? To protest the lack of religious freedom in the Saudi Kingdom? To issue a report on Saudi political prisoners?

No, no, no, and no. The delegation arrived to raise money from wealthy Saudis by highlighting HRW’s demonization of Israel. An HRW spokesperson, Sarah Leah Whitson, highlighted HRW’s battles with « pro-Israel pressure groups in the US, the European Union and the United Nations. » (Was Ms. Whitson required to wear a burkha, or are exceptions made for visiting anti-Israel « human rights » activists »? Driving a car, no doubt, was out of the question.)

Apparently, Ms. Whitson found no time to criticize Saudi Arabia’s abysmal human rights record. But never fear, HRW « recently called on the Kingdom to do more to protect the human rights of domestic workers.

There is nothing wrong with a human rights organization worrying about maltreatment of domestic workers. But there is something wrong when a human rights organization goes to one of the worst countries in the world for human rights to raise money to wage lawfare against Israel, and says not a word during the trip about the status of human rights in that country. In fact, it’s a virtual certainty that everyone in Whitson’s audience employs domestic servants, giving her a perfect, untaken opportunity to boast about HRW’s work in improving the servants’ status. But Whitson wasn’t raising money for human rights, she was raising money for HRW’s propaganda campaign against Israel.

Someone who claims to have worked for HRW wrote to me, « I can tell you that the people on the research and policy side of the organization have little, if any, contacts with people on the donor side. » If that’s true, apparently this is yet another exception HRW makes for Israel: Ms. Whitson, who gave the presentation to potential Saudi donors, is director of HRW’s Middle East and North Africa Division.

Also, as a Nathan Wagner comments at Opinio Juris: « Surely there is a moral difference between raising funds in free nations through appeals to ideals of universal human rights and raising money in repressive nations through appeals highlighting pressure brought against their enemies. [Moreover], the former type of fundraising does not imperil the organization’s mission, but fundraising Bernstein highlights does, since any significant reliance on such funds will necessarily mute criticism of the repressive government. »

Finally, some would defend HRW by pointing it that it has criticized Saudi Arabia’s human rights record rather severely in the past. The point of my post, though, is not that HRW is pro-Saudi, but that it is maniacally anti-Israel. The most recent manifestation is that its officers see nothing unseemly about raising funds among the elite of one of the most totalitarian nations on earth, with a pitch about how the money is needed to fight « pro-Israel forces, » without the felt need to discuss any of the Saudis’ manifold human rights violations, and without apparent concern that becoming dependent on funds emanating from a brutal dictatorship leaves you vulnerable to that brutal dictatorship later cutting off the flow of funds, if you don’t « behave. »

Mr. Bernstein is a professor of law at George Mason University and the author of « You Can’t Say That! The Growing Threat to Civil Liberties from Anti-Discrimination Laws. » This article first appeared on the Volokh Conspiracy web site.

Voir encore:

Abusing the Legacy of the Holocaust: The Role of NGOs in Exploiting Human Rights to Demonize Israel
Prof. Gerald M. Steinberg

October 28, 2004

Jewish Political Studies Review 16:3-4 (Fall 2004)

In the wake of the Holocaust, as human rights norms have come to the fore, NGOs have become major actors in international politics in general and in the Arab-Israeli conflict in particular. These organizations and their leaders form an extremely powerful “NGO community” that has propelled the anti-Israeli agenda in international frameworks such as the UN Human Rights Commission and the 2001 UN Conference against Racism in Durban. Through their reports, press releases, and influence among academics and diplomats, these NGOs propagated false charges of “massacre” during the Israeli army’s antiterror operation in Jenin (Defensive Shield) and misrepresent Israel’s separation barrier as an “apartheid wall.”

This community has exploited the “halo effect” of human rights rhetoric to promote highly particularistic goals. In most cases small groups of individuals, with substantial funds obtained from nonprofit foundations and governments (particularly European), use the NGO frameworks to gain influence and pursue private political agendas, without being accountable to any system of checks and balances.

This process has been most salient in the framework of the Arab-Israeli conflict. The ideology of anticolonialism (the precursor to today’s antiglobalization) and political correctness is dominant in the NGO community. This ideology accepted the post-1967 pro-Palestinian narrative and images of victimization, while labeling Israel as a neocolonialist aggressor. Thus, behind the human rights rhetoric, these NGOs are at the forefront of demonizing Israel and of the new anti-Semitism that seeks to deny the Jewish people sovereign equality.

In the past fifty years, NGOs (nongovernmental organizations) focusing on human rights issues have become influential actors in international politics in general, and in the Arab-Israeli conflict in particular. These organizations constitute an extremely wealthy and powerful “NGO community” that has propelled the anti-Israeli agenda in international frameworks such as the UN Human Rights Commission (UNHCHR) and the 2001 Durban UN Conference against Racism. In these and other examples, including the false charges of “massacre” during the Israeli military’s antiterror operation in Jenin (Defensive Shield) in April 2002, and the portrayal of Israel’s separation barrier as “the apartheid wall,” these NGOs have played a central role. Their reports, press releases, and political lobbying campaigns have had a strong influence in the United Nations, the media, and academia.

Enjoying a “halo effect” resulting from their appropriating rhetoric of universal human rights to pursue highly particularistic, political and ideological goals, the NGO community has also largely avoided serious analysis and accountability for its actions.

The “halo effect” is based on the history of human rights norms, beginning with the post-Holocaust conventions and treaties that reflected the horrors of genocide and mass violations of basic human rights. This was the background for the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide, and the Universal Declaration of Human Rights, both of which were adopted in 1948.1 The emphasis on these norms grew continuously, and, as Irwin Cotler has noted, human rights constitutes the new secular religion.2 The quote is not exact, so no quotes, but I have included the source. In the early years, enforcing these norms was seen as the responsibility of the United Nations and individual governments. However, citizen organizations (now referred to as civil society) also formed to pursue postwar human rights and other agendas, leading to the creation of a network of NGOs. The most powerful of them – Amnesty International, Human Rights Watch (HRW), and the International Commission of Jurists (ICJ), along with others – exert immense influence in the United Nations, the European Union, and Western capitals. In 1948, sixty-nine NGOs had consultative status at the United Nations; by 2000 the number was over two thousand, most of which emphasized “universal human rights” in their mission statements, as documented by the NGO Monitor.3

Much of the growth took place in the context of the Cold War, particularly during the 1970s. Groups such as Amnesty International and Helsinki Watch (which later became Human Rights Watch) were instrumental in the Helsinki process and the subsequent Conference on Security and Cooperation in Europe (CSCE). They actively protested the denial of human rights to Jews in the Soviet Union and the communist countries of Eastern Europe, including the denial of the right to emigrate.

By the mid-1980s these organizations were already very powerful international actors, but a few years later, with the coming of glasnost, perestroika, and the end of the Cold War, they needed to find new missions to justify their continued existence and importance. Many discovered the Middle East, and the Israeli-Arab conflict in particular, to be a good venue for maintaining and even increasing their influence. In this period, the ideology of anticolonialism (the precursor to today’s antiglobalization) became increasingly dominant in the NGO community, in parallel with the political correctness adopted in much of the media, academic, and diplomatic worlds (specifically in Europe). This ideology accepted the post-1967 pro-Palestinian narrative and images of victimization, while labeling Israel as a neocolonialist aggressor.

Many of the radical political leaders of the 1970s, at the forefront of this wave of anti-Israeli political radicalism, became central figures in the NGO community. Pierre Galand, a Socialist senator in Belgium and leading member of the NGO network that propels this agenda in Europe and the United Nations, gained public visibility while heading Oxfam Belgium for three decades.4 (Oxfam is a powerful NGO confederation of twelve branches based largely in Europe, providing humanitarian aid while also espousing a political agenda and ideology in which the Palestinians are consistently viewed as the victim and Israel as the aggressor. Oxfam Belgium became notorious in 2003 after producing an anti-Israeli poster based on the theme of the blood libel.)5 Galand is involved in many different political NGOs, and is the European chairman of the Coordinating Committee for NGOs on the Question of Palestine (ECCP), a Brussels-based association of NGOs cooperating with the UN Committee on the Inalienable Rights of the Palestinian People. He is also president of the Forum des Peuples NGO and the Belgo-Palestinian Association. Using these platforms to promote his political agenda, wrapped in the rhetoric of human rights, Galand continues to refer frequently to the Vietnam War, illustrating the political evolution of the NGO community.

Similarly, central to Human Rights Watch’s Middle East policies are four individuals with a strong anti-Israeli ideological agenda. Kenneth Roth, who was a prosecutor in New York before being chosen to head Human Rights Watch, has a long history of focusing on alleged Israeli human rights violations, which he attempts to dismiss by claiming to have been “drawn to the human rights cause in part by his father’s experience fleeing Nazi Germany in 1938.”6

Roth, in turn, brought in Joe Stork, who served for many years as editor of the Middle East Report, which had (and still has) a very explicit political agenda strongly biased against Israeli (and U.S.) policies. Stork was a core member of the Middle East Research and Information Project (MERIP), described by B’nai B’rith as “a propaganda mill of the Far Left,” which openly called for Israel’s destruction. MERIP Reports carried laudatory interviews with terrorist leaders and other activists distributed literature (including PLO buttons, posters, and flags), and MERIP’s anti-Israeli assault reflected the standard Marxist anti-imperialist analysis. Stork wrote repeatedly on “the origins of the State of Israel and its war with the people of the Middle East.” After the murder of Israeli athletes at the 1972 Olympics in Munich, MERIP issued a flyer stating: “Munich and similar actions cannot create or substitute for a mass revolutionary movement, but we should comprehend the achievement of the Munich action…. It has provided an important boost in morale among Palestinians in the camps.”7

At Human Rights Watch, Stork works with Gary Sick, an Islamophile who served in the National Security Council during the Carter administration and was responsible for much of America’s disastrous Iran policy in this period. Sarah Leah Whitson, executive director of HRW’s Middle East and North Africa division, has a long history of political activity related to opposing Israel’s antiterror activities in Southern Lebanon and is on the board of the New York chapter of the American-Arab Anti-Discrimination Committee, an anti-Israeli organization.

These examples and many more illustrate the close links between the radical political agenda and the NGO community that developed over the past three decades. This process is most salient with respect to exploiting the language of universal human rights to promote the particular political and ideological agenda of demonizing Israel and the new anti-Semitism.

Political Agendas and the Structure of the NGO Network

The ability of such key individuals in the NGO network to use these organizations to promote personal political and ideological objectives reflects their access to resources, as well as the structure of the NGO network, particularly in the framework of the Israeli-Palestinian conflict. This structure is threefold, consisting of the major international NGO powers, their local affiliates and allies, and the funding organizations that provide the glue and common interest in maintaining these links.

The international NGOs, such as Amnesty International, Human Rights Watch, the International Commission of Jurists, and Oxfam, are powerful global organizations with matching organizational interests and capabilities. Amnesty International, for example, claims a membership of one and a half million, and an annual operating budget of $30 million with projects in 140 countries. Human Rights Watch boasts over $22 million, and the annual income of Oxfam International (a loose confederation of national branches that also provide humanitarian relief ) is $300 million. These resources constitute a powerful foundation for maintaining access to the media (including a steady barrage of press releases, media appearances, and detailed reports) and to the diplomatic community.

The second element in this organizational structure consists of local and region-specific NGOs such as Miftah, Itajah, I’lam, Al Mazen, the Palestinian Center for Human Rights (PCHR), Physicians for Human Rights-Israel (PHR-I), Mossawa, LAW, and others. The exact number of such organizations is di.cult to determine, but umbrella groups such as PNGO (Palestinian NGO Network) claim hundreds of institutional members. In the very limited political framework of the Palestinian Authority and within the Arab dimension of Israeli society, these NGOs are generally headed by individuals loyal to the PLO and Yasser Arafat, and follow their political agenda. While producing a steady stream of allegations about Israeli behavior, they almost never mention or discuss Palestinian terrorism, corruption, or human rights violations by the Palestinian Authority.

The third element is the framework that is responsible for collecting and providing the funds and technical support to the individual members. Prominent examples include the Ford Foundation, the International Commission of Jurists, the New Israel Fund, Christian Aid, the Advocacy Project, and the Euro-Mediterranean Human Rights Network. Government bodies including aid agencies, such as CIDA (Canadian International Development Agency), USAID, and the British and Scandinavian equivalents, as well as national Foreign Ministry allocations constitute important funding sources for the individual NGOs at both the international and local levels. (The top-heavy role of government funding and influence among NGOs has led to the use of terms such as “QUANGO” for “quasi-nongovernmental organizations” and “GNGOs” for “governmental nongovernmental organizations.”) In addition, often through frameworks such as the European Initiative for Democracy and Human Rights (EIDHR), the European Union is a major source of support for some of the most politicized NGOs, such as the Israeli B’tselem, as well as the Israel-based Adalah8 and I’lam (an NGO that claims to monitor the media in the name of civil society but is actually a major source of anti-Israeli demonization).9 In addition, EU funding for the United Nations Relief and Works Agency (UNRWA) is redirected to finance highly political NGOs such as Ard el Atfal and Ard Al Insan,10 while the EU Commission office in Tel Aviv, as well as individual embassies, fund groups such as Physicians for Human Rights-Israel and the Israeli Committee against Housing Demolitions.11

Working as a closely linked structure, the resulting NGO network constitutes a very powerful force, as demonstrated in the cases of Durban, the condemnation of the Israeli operation in Jenin, and the campaign against the “apartheid wall” (including the exploitation of the International Court of Justice at The Hague). The “information chain” linking the local NGOs to the international giants is amplified by the public relations machines at the disposal of groups such as Amnesty International, Oxfam, Christian Aid, and Human Rights Watch, creating an overwhelming force that has captured and severely distorted the core human rights agenda and taken the lead in demonizing Israel.

Case Studies: The Local NGOs’ Role in Providing “Content” for the Anti-Israeli Agenda

The period of the “Oslo process,” beginning in the early 1990s, and particularly the establishment of the Palestinian Authority in 1994, created political and financial conditions that fostered the growth of hundreds of Palestinian and Israeli Arab NGOs. These organizations fall into three main groups in terms of their official (as distinct from actual) focus: legally based NGOs, environmental groups, and those claiming to focus on media activities. (In reality, they all pursue similar political agendas.)

Of these, the legal group has developed the greatest impact, with the main organizations consisting of LAW, Al-Haq, Al Mazen, B’tselem, and Adalah (the first three are Palestinian, and the latter two are based in Israel). These organizations serve as vital “grassroots” information providers for the international NGOs, which then use this information in their reports, political campaigns, and fundraising activities. The connections between Palestinian “legally focused” NGOs and the powerful international NGOs, which have the capacities and lobbying facilities, create an efficient channel for anti-Israeli propaganda to the media and to government officials. In addition to a steady stream of publicity-generating appeals to the Israeli Supreme Court, generally involving alleged human rights violations, these groups also issue regular reports and press releases.

In the context of the international NGO network, the reports from these local groups often constitute “eyewitness” accounts of Israeli behavior that allegedly violates human rights norms. The Palestinian NGOs often publish claims of Israeli “atrocities,” “aggressive actions,” and the resulting Palestinian suffering. Based on these claims, which are rarely supported by external and independent sources, the local NGOs, working with their international patrons, invoke the pseudorhetoric of international law, using terms such as war crimes, crimes against humanity, disproportionate use of force, excessive response, indiscriminate killing, arbitrary use of force. Indeed, at Durban, in the case of Jenin, and regarding the separation barrier, this has proved an effective weapon in the campaign to demonize and delegitimize Israel that is being led by some of the most powerful international human rights NGOs in cooperation with their Palestinian partners.

A recent example of how this information chain uses and distorts the language of international law for anti-Israeli political objectives is found in the Amnesty report entitled “Israel/Occupied Territories: Wanton Destruction Constitutes a War Crime,” issued 13 October 2003:12

Amnesty International calls on the Israeli authorities to put an immediate end to the practice of destroying Palestinian homes and other properties, and of using excessive, disproportionate and reckless force against unarmed Palestinians and in densely populated residential areas, which frequently result in the killing and injuring of unarmed civilians, including children.

This language is a very close echo of the terms used by the local NGOs. An Adalah Special Report, dated June 2002, on “Israeli Military Attacks on the Occupied Palestinian Territories”13 reads as follows:

the assault on the civilian population, infrastructure and property and against the lives and bodies of civilians is unreasonable and disproportionate, and was carried out with excessive force. The petitioners sought an immediate end to the shelling and striking of civilians and civilian targets, as the army is prohibited from indiscriminately attacking against [sic] civilian targets.

Another clear example of the flow of information from local to international NGOs is seen in the case of the International Commission of Jurists (ICJ). The ICJ claims it “is dedicated to the primacy, coherence and implementation of international law and principles that advance human rights….What distinguishes the [ICJ]…is its impartial, objective and authoritative legal approach to the protection and promotion of human rights through the rule of law.”

The ICJ’s Middle East division works through three Palestinian NGOs, namely, Al-Haq, LAW, and the Palestinian Center for Human Rights. All three of these organizations claim to be apolitical, but in reality their activities reveal a clear ideological agenda to undermine Israel’s international legitimacy. All three were also very active in the Durban framework and continue to produce reports that repeat gross inaccuracies and distort human rights terms. By using and abusing terms from international law, these NGOs have also contributed to the simplistic maxim that Palestinian suffering begins and ends with Israel’s military actions in the West Bank and Gaza Strip.

A clear example is LAW’s “Israeli Forces Rampant in Nablus Old City,” dated 23 February 2003.14 This press release features a long list of Palestinian casualties with no explanation as to why the Israeli operation was undertaken. A LAW press release, “Updated Overview of Israeli War Crimes and Crimes against Humanity,” goes even further. This statement, like many others issued in the name of human rights by the NGO community, fails to consider or analyze the complex legal and political questions of what constitutes a “war criminal” and what the term “crime against humanity” means. There is also no attempt to establish criteria and analyze the facts and circumstances of events. Instead the report makes brash statements and unsupported political allegations, such as:15

[there is] evidence of a policy to deliberately target civilians or indiscriminate attacks launched knowing they will cause excessive losses to civilians in deaths, injuries and property.

In addition to constituting a clear contradiction of the ICJ’s mission statement, some of their affiliates, including the Palestinian Center for Human Rights, enjoy observer status at the United Nations and regularly submit reports to the UN Human Rights Commission. Such reports leave no doubt that the use of such terms is a deliberate ploy to shape the public discourse and achieve an ideological aim of undermining Israel. As Jeremy Rabkin, professor of law at Cornell University has noted, “To judge by international authorities… Israel…is the world’s most odious regime. Driven in large part by the NGO agenda, the UN Human Rights Commission issued six condemnations of Israel in 2001 and eight condemnations in 2002, while no other state has ever received more than one condemnation in the same year.”16

At the same time, the UNHCHR’s consistent ignoring of Palestinian terrorism against Israeli civilians destroys the organization’s credibility. Terror directed against Israelis is not on the agenda of these local NGOs, and because of this and other factors, the immorality and illegality of such terror receives very limited attention at the level of the international NGOs.

At a different level, the Euro-Mediterranean Human Rights Network (EMHRN) provides another instance of the information chain used to politicize human rights, and the abuse of the language and substance of international humanitarian law. EMHRN receives 80 percent of its funding from the European Union and has considerable influence on its foreign policy. It has also been at the forefront of the campaign for suspending trade agreements with Israel, as seen in its “NGO Open Letter for the EU Concerning the EU-Israel Association Council” (18 October 2002), addressed to the EU Foreign Affairs Ministers, the EU High Representative for CFSP (Common Foreign and Security Policy), Javier Solana, and the EU Commissioner, Chris Patten. The letter states:17

In view of the large-scale human rights and humanitarian law violations committed by Israel and due to the fact that in practice the [Association] Agreement continues to cover goods produced in the Occupied Territories (in the settlements), we call on the EU to take negative measures under the agreement, such as the suspension of trade benefits.

The rationale given in the press release is:

Israel’s indiscriminate, excessive and disproportionate use of force…. Willful killings, arbitrary executions and targeted assassinations.

The report makes no mention of the Israeli army’s efforts to limit civilian casualties in its fight against a sustained campaign of terror. Instead of describing how Israel chose to risk its own soldiers in a land attack on the Jenin refugee camp in lieu of an aerial bombardment that would have been far less risky to them, Israel is accused of “willful killings.” Moreover, no mention is made of the willful killings, in the truest sense of the term, that Israelis have been exposed to by frequent Palestinian suicide bombings. The letter was signed by Abdelaziz Bennani, president of EMHRN, Sidiki Kaba, president of the International Federation for Human Rights (FIDH), and Eric Sottas, director of the World Organization against Torture (OMCT). A similar press release was issued just a few months earlier, on 11 April 2002, also calling for suspending the Association Agreement with Israel.

EMHRN’s core political agenda also reflects its reliance on the Nazareth-based Arab Human Rights Network as its “official” news source about Israel. This group has been active in spreading publicity for the campaign against the “apartheid wall” and pressuring the European Union to encourage Israel to adopt a law of “right of return” for Palestinian refugees.18 Thus, via EMHRN, as well as similar arrangements with other major NGOs at the international level, the local NGOs are able to transmit their agendas around the world.
The Funders

As noted, much of the moral authority of NGOs, as well as their political strength, is provided by the support from funding and facilitator organizations. The huge budgets that NGOs have acquired make them major sources of political power, and often dwarf the resources available to the targets of their campaigns. Although the funding groups have a normative responsibility to ensure that their funds and support are not being covertly directed to promote terrorism or political campaigns, such as the demonization of Israel, this requirement is largely ignored. Although funding organizations have taken great care to establish financial-transparency mechanisms to make sure money is not misappropriated (one notable exception of such misappropriation is the Palestinian NGO LAW), the NGOs’ substantive work has been subject to far less scrutiny. Funding institutions and individuals have granted significant political power to organizations that hide behind a veneer of “moral guardianship.”

There are three types of funding bodies active in the areas of human rights and humanitarian issues. The first consists of governmental bodies and UN organizations, such as the European Union, UNICEF, USAID, CIDA, and other agencies for overseas assistance. The second type, identified above, is made up of other NGOs that style themselves as “facilitator organizations,” providing invaluable logistical, technical, financial, and professional support, such as the ICJ. The third type includes foundations such as the Ford Foundation and the German Fund for Palestinian NGOs.

Following the exposure and analysis by http://www.ngo-monitor.org and in other sources, there is some evidence of a change in funding organizations’ attitude toward the demonization and incitement campaign against Israel. Ford Foundation president Susan Berresford published a public letter acknowledging that the Ford Foundation has been funding NGOs that pursue an anti-Israeli or anti-Semitic agenda. By carefully selecting the organizations that are supported, the funding agencies can exert great influence in setting the NGO community’s political agenda and, consequently, the focus of diplomatic and media attention. Thus, large-scale funding from the Ford Foundation, the European Union, and the Canadian government created the basis for the 2001 Durban Conference that was exploited by the NGO network for demonizing Israel and anti-Semitism.

Following exposure and a U.S. congressional investigation,19 Berresford declared that: “the Foundation has not and would never knowingly support racial, religious, ethnic or other forms of bigotry. Nor have we or would we knowingly fund any group that advocates violence or denies the legitimacy of Israel’s existence.” She also pledged to change NGO funding criteria. After stopping support for LAW (whose leadership had been caught embezzling), however, broader implementation has been slow.20

In addition, during off-the-record discussions of NGO-related issues, senior EU officials have mentioned privately that they are reviewing funding procedures for certain Palestinian NGOs in light of the information and analysis provided by the NGO Monitor. The steps taken by Berresford and perhaps under consideration by these officials, however, are minor compared to the extent of funding that ideological human rights NGOs are still receiving. Moreover, it is not clear to what extent the Ford Foundation and the European Union will actually effect a change. The Habitat International Coalition is a clear example of an NGO with a virulently anti-Israeli agenda that still enjoys Ford funding.
Removing the “Halo Effect”: Imposing Accountability on the NGO Network

The members of the NGO community have derived a great deal of international influence and power from the claim that they are “grassroots” organizations, representing individual interests often ignored by political parties, and are immune from short-term electoral requirements. They claim to represent global interests and norms, not restricted to the interests of one group or state. Together they form an integral part of “international civil society,” a concept that has won several NGOs, including a few virulently opposed to Israel’s existence such as the Palestinian Center for Human Rights, official status and access to the United Nations and other formal institutional frameworks.

This status and recognition derives its legitimacy from the universal norms and principles that are embodied in the post-Holocaust conventions and normative documents related to human rights. Over the years, as we have seen, the “halo effect” and the absence of any system of democratic or other form or accountability have allowed and even encouraged the very powerful NGO network to violate these norms quite blatantly. Without any system of external accountability, the political agendas of NGO officials have been amplified through the media, academic institutions, UN diplomats, and policymakers in individual governments. These institutions and individuals depend heavily on NGO assessments and reports (and vice versa, so that the NGOs often quote diplomats, journalists, and academics). This closed circle allows the journalists, diplomats, and academics to make direct use of the accessible, simplistic, packaged information and political analyses that the NGOs supply and distribute with great efficiency. In this way, the NGO community has become a major factor in the highly political campaign to delegitimize and demonize Israel.

But this vacuum in accountability is beginning to be filled, belatedly, through increasing exposure of these relationships via the NGO Monitor project and growing academic examination in this area. Recognition of the damage caused by replacing universal human rights norms with private political agendas has led to the slow but gradual reduction of the NGO community’s power. While Human Rights Watch, Amnesty International, Christian Aid, and the other NGOs were exploiting “human rights” to delegitimize Israel, they neglected mass killings and other real atrocities in Sudan and elsewhere, and this basic moral failure is slowly being recognized.21

The analyses of the biases and ideologies pursued by Pierre Galand, Joe Stork, Kenneth Roth, and others, and the absurd imbalance between the allegations against Israel and the lack of serious examination of Palestinian terrorism, have contributed to the demand for accountability in the “human rights industry.” Major donors have begun to force changes in the agendas of some of the international NGO giants, such as Human Rights Watch, and also in their credibility as independent arbiters of moral conduct. Similarly, donors to the New Israel Fund who have belatedly discovered its contributions to the anti-Israeli NGO network have curtailed this support, and the exposure of the Ford Foundation’s funding in Durban and elsewhere has led to at least a declaratory policy change. In Madison, Wisconsin, the NGO Monitor’s profile of Al Mazen as a Palestinian NGO active in Durban (and funded by the European Union, the New Israel Fund, the Ford Foundation, and other major agencies) led to a decision by the city council against a proposal to adopt the city of Rafah in Gaza, which would have given this NGO a major role.

Thus, although the self-proclaimed “human rights” NGOs and the network they have created remain very powerful, and continue to implement the campaign against Israel’s political and moral legitimacy, their credibility and influence have begun to wane. Continued exposure of the huge gap between declarations and actions, particularly with respect to demonizing Israel in the name of human rights, as well as the disproportionate focus on Israel (at the expense of real human rights catastrophes in places such as Sudan or Zimbabwe), will further decrease their power and influence. As in the case of government activities, the NGO world is also being forced to accept the demand for accountability and transparency.
Additional Sources

Kenneth Anderson. “The Limits of Pragmatism in American Foreign Policy: Unsolicited Advice to the Bush Administration on Relations with International Nongovernmental Organizations.” Chicago Journal of International Law, Fall 2001, pp. 371-388.

Mary B. Anderson. “Humanitarian NGOs in Conflict Intervention.” In Chester Crocker, Fen Hampson, and Pamela Aall, eds., Managing Global Chaos (Washington DC: United States Institute of Peace Press, 1996), pp. 343-344.

Irwin Cotler. “Durban’s Troubling Legacy One Year Later: Twisting the Cause of International Human Rights against the Jewish People.” Jerusalem Issue Brief 2:5, Institute for Contemporary Affairs/Jerusalem Center for Public Affairs, August 2002, http:// http://www.jcpa.org/brief/brief2-5.htm.

Michael Ignatieff. Human Rights as Politics and Idolatory. Princeton, NJ: Princeton University Press, 2001.

Richard Neuhaus. “The Public Square.” First Things, February 2000, http://www.firstthings.com/ftissues/ft0002/publich.html.

Jeremy Rabkin. Why Sovereignty Matters. Washington, DC: American Enterprise Institute Press, 1998.

David Rieff. A Bed for the Night: Humanitarianism in Crisis. New York: Simon & Schuster, 2002.

Gerald M. Steinberg. “Monitoring the Political Role of NGOs.” Jerusalem Letter/Viewpoints, No. 499, 1 Sivan 5763/1 June 2003, Jerusalem Center for Public Affairs, http:// http://www.jcpa.org/jl/vp499.htm.

* * *

Notes

1. Available at http://www.un.org/Overview/rights.html.
2. Irwin Cotler, “Beyond Durban,” The Agenda, Jewish Agency for Israel, http:// http://www.jafi.org.il/agenda/2001/english/wk3-22/6.asp, 4:24, 17 June 2003.
3. http://www.ngo-monitor.org, Jerusalem Center for Public Affairs/Institute for Contemporary Affairs, funded jointly by the Wechsler Family Foundation.
4. Pierre Galand (Belgium), “Using Political NGOs to Promote Demonization and Anti-Semitism in the UN and EU,” http://www.ngo-monitor.org/editions/ v2n11-5.htm.
5. NGO Monitor report, 24 June 2003, “Oxfam Belgium Produces Political Poster,” http://www.ngo-monitor.org/editions/v1n09/v1n09-3.htm.
6. Kenneth Roth biography, http://www.hrw.org/about/bios/kroth.htm.
7. Based on research by Rael Jean Isaac (“Why Breira?,” Americans for a Safe Israel, 1977).
8. NGO Monitor report, 23 October 2003, Adalah and the Impact of Legal- Based NGOs in the Arab-Israeli Conflict.
9. NGO Monitor report, 11 September 2003, EU Funds for NGOs Misused.
10. http://www.ngo-monitor.org/archives/infofile.htm#ard.
11. http://www.ngo-monitor.org/editions/v2n08/v2n08-5.htm.
12. http://web.amnesty.org/library/Index/ ENGMDE150912003?open&of>ENG-ISR.
13. http://www.adalah.org/eng/optagenda.php.
14. http://www.lawsociety.org/Press/Preleases/2003/feb/feb23e.html.
15. http://www.lawsociety.org/Reports/Index.html.
16. Azure, No. 14, Winter 2003.
17. “NGO Open Letter for the EU Concerning the EU-Israel Association Council,” 18 October 2002, http://www.euromedrights.net/english/emhrn-documents/ pressreleases/18-10-2002.htm.
18. http://www.ngo-monitor.org/archives/infofile.htm#arab.
19. Edwin Black, “Funding Hate,” Jewish Telegraphic Agency, http://www.jta.org/ ford.asp.
20. http://www.fordfound.org/newsroom/docs/svb-letter.pdf.
21. Don Habibi, “Human Rights NGOs and the Neglect of Sudan,” University of North Carolina at Wilmington, 2 July 2004, http://www.ngo-monitor.org/archives/ news/sudan.doc.

* * *

PROF. GERALD STEINBERG is director of the Conflict Management Program at Bar-Ilan University, a fellow of the Jerusalem Center for Public Affairs, and editor of http://www.ngo-monitor.org. He completed his doctorate in international relations at Cornell University, and his analyses on the Arab-Israel conflict, including strategic and diplomatic dimensions, have been published in journals such as Survival, Comparative Politics, Israel Affairs, Security Dialogue, and Middle East Quarterly. He serves as an adviser on foreign and defense policy to the Israeli government, and is currently writing a book on the political agendas of the human rights NGO network

The opinions expressed herein do not necessarily reflect those of the Board of Fellows of the Jerusalem Center for Public Affairs.

The above essay appears in the Fall 2004 issue of the Jewish Political Studies Review, the first and only journal dedicated to the study of Jewish political institutions and behavior, Jewish political thought, and Jewish public affairs.

Published by the Jerusalem Center for Public Affairs (http://www.jcpa.org/), the JPSR appears twice a year in the form of two double issues, either of a general nature or thematic, with contributors including outstanding scholars from the United States, Israel, and abroad. The hard copy of the Fall 2004 issue will be available in the coming weeks. This issue focuses on “Emerging Anti-Semitic Themes.”

From the Editor – Manfred Gerstenfeld

Foreword by Natan Sharansky

Foundations of an Israeli Grand Strategy Toward the European Union by Yehezkel Dror

Anti-Zionism and Anti-Semitism by Robert Wistrich

Watching the Pro-Israeli Media Watchers by Manfred Gerstenfeld and Ben Green

Abusing the Legacy of the Holocaust: The Role of NGOs in Exploiting Human Rights to Demonize Israel by Gerald M. Steinberg

International Organizations: Combating Anti-Semitism in Europe by Michael Whine

Confronting Reality: Anti-Semitism in Australia Today by Jeremy Jones

Anti-Semitism in Canada by Manuel Prutschi

Anti-Semitism in Germany Today: Its Roots and Tendencies by Susanne Urban

Iceland, the Jews and Anti-Semitism, 1625-2004 by Vilhjálmur Örn Vilhjálmsson

The Persistence of Anti-Semitism on the British Left by Ben Cohen

Suing Hitler’s Willing Business Partners: American Justice and Holocaust Morality by Michael J. Bazyler

A Case Study: Madison, Wisconsin, U.S.A.: A Battleground for Israel’s Legitimacy – by Joel Fishman

An Analytic Approach to Campus Pro-Israeli Activism Case Study: John Hopkins University by Yonit Golub

– See more at: http://jcpa.org/article/abusing-the-legacy-of-the-holocaust-the-role-of-ngos-in-exploiting-human-rights-to-demonize-israel/#sthash.nkyIWsdh.dpuf


%d blogueurs aiment cette page :