Présidence Obama: Vous avez dit magie du verbe? (Harry Potter and the Half-Blood Prince)

Obama magic
Je veux que chaque laboureur de mon royaume puisse mettre la poule au pot le dimanche. Henri IV
Un poulet dans chaque casserole, une voiture dans chaque garage Herbert Hoover (1928)
Ensemble tout devient possible. Nicolas Sarkozy (2007)
« Yes we can » est tout le contraire d’un slogan politique. Il ne dit rien. Il ne condense aucun programme, aucune vision politique, ne fixe aucun horizon. Il n’a pas de contenu assignable, il est entièrement indéterminé. Il ne désigne ni adversaire ni ennemi. Il est difficile, dans l’histoire des démocraties, de trouver un mot d’ordre plus inconsistant que celui qui a rythmé la victoire d’Obama. (…) Ce logo sonore est une monade sans portes ni fenêtres. Il frappe par son indétermination. Robert Redeker

« Transcendance », « extériorité à son énonciation », « monde linguistique clos sur lui-même », « réel et Eros », « opposition freudienne », « monade sans portes ni fenêtres » …

A l’heure où, face à la dure réalité et après les fiascos en série de sa réforme du service de santé, de la candidature de Chicago pour les JO de 2016, de sa guerre contre Fox ou, autrement plus grave, celle de l’Afghanistan, la pure magie du verbe obamien commence, malgré sa toute récente nobélisation, à sérieusement montrer ses limites …

Et où l’on découvre (via Fox news à nouveau) qu’entre deux attaques contre la chaine de Rupert Murdoch, la directrice de la communication de la Maison blanche, louait dernièrement devant des étudiants les mérites (au côté – je vous le donne en mille – de… Mère Teresa!) d’un des plus grands bouchers de l’histoire …

Retour sur un article de janvier dernier du philosophe Robert Redeker dont il vient de sortir un petit livre (« Yes we can: slogan politique »), sur la remarquable « vacuité » du « logo sonore planétaire Yes we can » …

Et chapeau bas devant la perspicacité d’un philosophe dont on se souvient de la courageuse critique de l’islam il y a quelques années.

Tant d’ingéniosité critique et conceptuelle déployée pour pointer, chez le Prince de sang-mêlé de l’Amérique,… si peu de consistance!


Barack Obama Harry Potter

Robert Redeker
La Dépêche du Midi
le 4 janvier 2009

2008 fut l’année Obama, l’année du « yes we can ». L’Amérique a donné ces derniers temps au monde au monde deux icones médiatiques que l’on aurait tort de croire éloignées l’une de l’autre : Barack Obama et Harry Potter. Le slogan de la campagne électorale de Barack Obama – « yes we can » – a fait, entre mars et novembre, le tour de la terre. Dépassant le cadre américain, il s’est élargi aux dimensions de l’humanité. Il a pénétré le cœur d’une foule d’humains. Il s’est infiltré dans leur paysage intime. A la façon d’une chanson de Madonna ou des Beatles, à la façon de « We are the champions » naguère. A la façon, surtout, d’Harry Potter.

« Yes we can « est tout le contraire d’un slogan politique. Il ne dit rien. Il ne condense aucun programme, aucune vision politique, ne fixe aucun horizon. Il n’a pas de contenu assignable, il est entièrement indéterminé. Il ne désigne ni adversaire ni ennemi. Il est difficile, dans l’histoire des démocraties, de trouver un mot d’ordre plus inconsistant que celui qui a rythmé la victoire d’Obama.

Semblable à de la publicité, « Yes we can » est devenu malgré son inconsistance un logo sonore planétaire. Un logo sonore n’a rien à voir avec ce que naguère on appelait mot d’ordre politique. Tous, nous avons dans l’oreille des logos sonores : « Hollywood chewing-gum » par exemple, ou, en France « C’est la MAAF que je préfère ». La campagne présidentielle de Barack Obama a réussi le coup de génie d’imposer son slogan, supposé passer pour un slogan politique, comme un logo sonore venant se placer aux côtés des logos sonores publicitaires que tous les hommes, même dans les endroits déshérités de la planète, connaissent. Pourtant, il se trouve que « yes we can » se révèle encore plus vide qu’un slogan publicitaire. Qu’il en dit moins que « Mars et ça repart », ou « Parce que vous le valez bien ». Bref, qu’il en dit moins que la plupart des slogans publicitaires – du type « Mars et ça repart » ou « Parce que vous le valez bien » -, cantonnés pourtant du fait de leur nature à un impératif de vacuité. Ce logo sonore est une monade sans portes ni fenêtres. Il frappe par son indétermination.

« Yes we can » a été conçu comme un produit, vendable mondialement. Ce logo sonore est devenu une marque, comme Coca-Cola, comme Mc Donald, ou l’appel, la sonnerie d’une marque comme « Holywood chewing-gum ». De fait, il est encore plus vide que la publicité « Hollywood chewing-gum », dans la mesure où celle-ci présentait un style de vie, joyeux et acéphale, teen-ager et écervelé, qui pouvait entrer en opposition avec d’autres styles, plus consistants et répartis un peu partout sur la planète, de vie. « Hollywood chewing-gum » figure un cliché publicitaire à la fois universel (on le rencontre sur les écrans du monde entier) et implicitement conflictuel. « Yes we can » n’entre en contradiction ni en conflit avec rien. Il ne possède pas de transcendance, d’extériorité à son énonciation. Il est un monde linguistique clos sur lui-même. Son universalité ne s’ancre pas ailleurs que dans son abstraction vide. Ainsi, « Yes we can » fusionne-t-il ce que la politique doit disjoindre : le principe de réalité et le principe de plaisir. Le réel et Eros – les deux instances qui se mêlent dans le bouillon des sorcières pour cuisiner une potion magique.

La magie est cette pratique qui suppose le pouvoir des mots. Pour elle, les mots sont plus forts que les lois de la nature (ou de l’économie, ou de la politique) ; ils sont, contre le principe de réalité, les soldats efficaces et invincibles, du principe de plaisir, du désir. Le credo de toute magie se ramasse dans cet énoncé : je peux, nous pouvons. Pouvoir des mots : il suffit de répéter certaines formules idoines, dans le rythme d’une diction appropriée, pour que le désir se réalise. Le désir que la magie veut réaliser est un désir impossible. Prononcer certains mots dans certaines conditions et dans un certain état d’esprit est censé rendre possible la réalisation d’un désir impossible dans les circonstances normales de la nature, de l’histoire ou de la politique. N’est-ce pas ce qui se passe avec le « yes we can » ?

« Yes we can », psalmodié tout autour de la terre, ne manque pas de ressembler à une formule magique. Harry Potter a façonné l’imaginaire des années 2000. Est-ce un nouveau « Sésame , ouvre-toi » ? La formule suppose ceci : à force de répéter litaniquement et en chœur « yes we can », la réalité prendra la couleur de nos rêves, elle deviendra une réalité selon nos rêves. Réalité, rêve – une opposition freudienne. « Yes we can » se veut une formule politique. C’est en fait une formule magique infantile, refusant l’opposition entre principe et plaisir et principe de réalité (refus qui définit l’enfant) qui place Obama dans le rôle d’Harry Potter.

Voir aussi:

Anita Dunn and Mao Zedong
Hans von Spakovsky
The NRO
Friday, October 16, 2009

Glenn Beck showed an absolutely damning video of Anita Dunn on his show yesterday. As everyone knows, she is the White House communications director who has declared war on Fox News. The video shows Dunn giving a speech in which she highlights the two most important political philosophers shaping her outlook on politics: Mao Zedong and Mother Teresa. The first “political philosopher” Dunn is praising was a tyrannical dictator who imprisoned, tortured, and killed millions of his own people. In fact, it is estimated that the Chinese Communists — led, inspired, and controlled by Mao — have killed 65 million Chinese citizens since 1949 through the Great Leap Forward, the Cultural Revolution, and the Gulag system of slave-labor prisons (the “Laogai” system) that Mao implemented.

Imagine what would happen if a White House communications director cited Adolf Hitler as one of her favorite political philosophers. Not only would it be an above-the-fold, front-page story in every major newspaper in the country, but there would also be outraged howls in the editorial pages. Mao killed more people than Hitler — they were two of the three worst mass murderers of the 20th century (the third being Joseph Stalin). However, the revelation of Dunn’s comments will probably be greeted by the mainstream media with a big collective yawn.

Voir enfin:

Now We Know Why He Passed on the Dalai Lama
Victor Davis Hanson
NRO’s The Corner
October 22, 2009

I am not a big fan of saying that officials should resign for stupid remarks. But interim White House communications director Anita Dunn’s praise of Mao Zedong as a « political philosopher » is so unhinged and morally repugnant, that she should hang it up, pronto.

Mao killed anywhere from 50 million to 70 million innocents in the initial cleansing of Nationalists, the scouring of the countryside, the failed Great Leap Forward and Cultural Revolution, Tibet, and the internal Chinese gulag. Dunn’s praise of a genocidal monster was no inadvertent slip: She was reading from a written text and went into great detail to give the full context of the remark. Moreover, her comments were not some student outburst from 30 years ago; they were delivered on June 5, 2009. Her praise of Mao’s insight and courage in defeating the Nationalists was offered long after the full extent of Mao’s mass-murdering had been well documented. Mao killed more people than any other single mass killer in the history of civilization.

So where do all these people, so intimate with our president (Dunn is the wife of his personal lawyer), come from? A right-wing attack machine could not make up such statements as those tossed off by a Dunn or a Van Jones. There seems to be neither a moral compass nor even a casual knowledge of history in this administration. And now we have the avatars of the « new politics » claiming it’s okay to praise Mao’s political and philosophical insight and his supposed determination (« You fight your war, and I’ll fight mine. ») because Lee Atwater supposedly once evoked Mao too.

Ms. Dunn should simply duck out of her D.C. suburb and ask any Tibetan or Chinese immigrant in his 70s and 80s what life was really like in Mao’s China.

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