Liberté de la presse: Vous avez dit effet Obama? (Obama gets his very own war on the press)

Obama's war on Fox
La critique peut être désagréable, mais elle est nécessaire. Elle est comme la douleur pour le corps humain: elle attire l’attention sur ce qui ne va pas. Winston Churchill
En un an, les Etats-Unis sont remontés de 16 places, passant du 36e au 20e rang. L’arrivée du nouveau président Barack Obama et son attitude moins belliqueuse que celle de son prédécesseur à l’égard de la presse y est pour beaucoup. Mais cette forte remontée ne concerne que l’état de la liberté de la presse sur le territoire américain. Si Barack Obama a obtenu le Nobel de la paix, son pays reste engagé dans deux guerres. Malgré une légère amélioration de la situation, l’attitude des Etats-Unis à l’égard des médias en Irak et en Afghanistan est préoccupante. Plusieurs journalistes ont été blessés ou détenus par l’armée américaine. RSF (20.10.09)
Nous faisons ce que nous pensons important pour garantir que les nouvelles soient couvertes de la manière la plus équitable possible. Officiel de la Maison Blanche
La Maison blanche a exprimé certains propos virulents contre un ou deux commentateurs de Fox News. Tout ce que je peux vous dire, c’est que cela a incroyablement augmenté leur audience. Rupert Murdoch

Alors que le monde (principalement médiatique) n’en finit pas de s’extasier sur « l’effet Obama » …

Et qu’une fois la guerre d’Irak gagnée par son prédécesseur, RSF vient de lui attribuer la spectaculaire remontée de son pays dans son classement mondial (Israël: 93e reculant – on croit rêver – derrière… le Koweït: 60e et les Emirats arabes unis: 86e!) …

Matraquage de proches conseillers contre la chaine Fox, multiplication d’interviews anti-Fox aux grands médias par la directrice de la communication, dénonciation sur le blog présidentiel des « mensonges de Fox » et d’ »une tentative de diffamation visant les efforts de l’administration pour obtenir les Jeux olympiques », refus d’accréditation forçant les confrères de ladite chaine à protester …

Retour, après la démission précipitée d’un conseiller au passé trouble au début de l’été puis dernièrement le grand succès de la ville du Naïf en chef pour les JO 2016, sur la réalité de la situation médiatique à Obamaland (merci Sylvain).

Où, après les premières attaques contre les « talk radios » conservatrices, la tentative d’ostracisme de la chaine de télévision cablée Fox news par la Maison Blanche pourrait justement finir par se retourner contre elle.

Apportant à la machine de Rupert Murdoch, qui n’en demandait pas tant, l’onction ultime du titre d’opposition officielle de sa majesté

Obama dégaine contre Fox News
Mouna El Moktari
Courrier international
22 octobre 2009

Alors que la Maison-Blanche a du mal à trouver des solutions aux conflits irakien et afghan, elle a décidé d’ouvrir un troisième front en déclarant la guerre à la chaîne de télévision câblée conservatrice Fox News. La presse américaine est presque unanime sur l’échec de cette stratégie.

C’est la directrice de la communication de la Maison-Blanche, Anita Dunn, qui a mené la charge contre Fox News, lors d’interviews accordées ces derniers jours à la chaîne CNN, au magazine Time et au quotidien The New York Times. La riposte de l’administration Obama a également pris la forme d’un message publié sur le blog de la Maison-Blanche, dénonçant « les mensonges de Fox » et « une tentative de diffamation visant les efforts de l’administration pour obtenir les Jeux olympiques ».

Barack Obama doit faire face actuellement à une opposition croissante à son projet de réforme du système de santé, à une inquiétude grandissante de l’opinion publique vis-à-vis du conflit afghan et à un malaise persistant quant à la situation économique. De plus, l’obtention du prix Nobel de la paix, le 9 octobre, lui a attiré plus de railleries que de louanges. Mais est-ce la bonne façon de contre-attaquer ? s’interroge la presse américaine. « Continuer à sourire sous l’assaut médiatique, même le plus dévastateur, dépasse les simples bonnes manières, c’est aussi généralement une bonne politique », estime David Carr dans The New York Times. « L’Histoire montre que la liste des gouvernements qui se sont attaqués aux médias et qui ont gagné cette bataille est plus courte que cette phrase. »

Même son de cloche au Washington Post, où le chroniqueur Eugene Robinson se demande « ce que la Maison-Blanche a à gagner en élevant ainsi Fox News au statut de rival » politique. « S’il s’agit de redéfinir la lutte idéologique comme mettant aux prises les téléspectateurs de Fox et le reste du pays, alors la Maison-Blanche a gagné. » Autrement, les motivations d’Obama restent obscures, écrit Robinson. James Poniewozik renchérit et passe en revue dans le magazine Time les éventuels desseins politiques qui ont pu inciter l’administration Obama a réagir ainsi. Serait-ce un moyen de pousser Fox News à changer ses pratiques ? « Désolé, il est toujours de bon ton de commencer par une blague. » Le journaliste reprend plus sérieusement : « S’agit-il d’écorner la légitimité de la chaîne auprès de son public ? Je suis peut-être cynique – ou naïf ? –, mais j’ai du mal à croire que les téléspectateurs de la chaîne, qui jusque-là l’imaginaient objective et juste, soient convaincus du contraire par le président », ironise-t-il. Obama souhaite-t-il faire de Fox News « le visage de l’opposition » ? Si la Maison-Blanche pense déjà aux élections de mi-mandat ou à la prochaine présidentielle, « il y aurait pire qu’une chaîne de télévision câblée et des animateurs comme Glenn Beck pour tenir le rôle de l’opposition ». Se rallier la base mécontente du Parti démocrate ? Cela reste envisageable, selon Poniewozik : « L’attaque contre Fox News a l’avantage de ne rien coûter. » Autre motivation, ambitieuse, mais possible selon lui, « l’administration Obama veut influencer les autres médias, pour qu’ils vérifient plus rigoureusement les informations de Fox News ou qu’ils réfléchissent à deux fois avant de les reprendre ».

Si l’intelligence de la stratégie de l’administration Obama reste à prouver, il y a pire : la manœuvre pourrait se retourner contre elle. En menaçant Fox News de ne plus répondre à ses invitations, le gouvernement Obama « semble débarquer dans une fusillade équipé d’un couteau », commente David Carr dans The New York Times. Car « Fox News n’est pas dans le business de l’exclusivité des interlocuteurs. La chaîne prospère dans celui de l’agitation. » Plus inquiétant encore pour le président, qui s’est évertué pendant la campagne présidentielle à se montrer au-dessus des polémiques partisanes afin de rassembler la nation américaine, il semble perdre « l’attitude confiante qu’il dégageait » et qui faisait jusque-là son effet, relève le quotidien new-yorkais. Pour le mensuel The Atlantic, les démocrates ont tout à gagner à apparaître sur la chaîne câblée. « Fox News est conservatrice, et alors ? » interroge Matthew Cooper. « C’est une audience énorme » et, pour que le « charme Obama » agisse, il faut bien qu’il soit vu.
D’autant plus qu’une « logique de boycott impliquerait de l’appliquer à l’ensemble du conglomérat News Corporation de Murdoch ». Mieux vaut donc continuer de parler à l’ennemi. « Si la Maison-Blanche peut discuter avec les Iraniens et les Nord-Coréens, elle peut bien s’entretenir avec Shepard Smith [l’un des animateurs de Fox News]. »

D’autant plus qu’une « logique de boycott impliquerait de l’appliquer à l’ensemble du conglomérat News Corporation de Murdoch ». Mieux vaut donc continuer de parler à l’ennemi. « Si la Maison-Blanche peut discuter avec les Iraniens et les Nord-Coréens, elle peut bien s’entretenir avec Shepard Smith [l’un des animateurs de Fox News]. »

Voir aussi:

Les critiques contre Obama font tourner la machine Fox News
L’Express
Reuters
le 22/10/200

WASHINGTON – Quatre jours avant la prestation de serment de Barack Obama, l’animateur radio Rush Limbaugh, l’un des plus écoutés des Etats-Unis, déclarait à son auditoire conservateur qu’une grande publication américaine lui avait demandé d’écrire en 400 mots ses espoirs pour la future présidence. « Je n’ai pas besoin de 400 mots », dit-il. « Il m’en faut quatre: je souhaite son échec » (« I hope he fails »).

Différents commentateurs conservateurs ne cessant de critiquer Barack Obama depuis son arrivée au pouvoir – dont plusieurs travaillent pour Fox News, le réseau de télévision de Rupert Murdoch – ont vu les audiences de leurs émissions grimper. Mais depuis la mi-octobre, la Maison Blanche ne se contente plus de piques occasionnelles contre Fox et s’est lancée dans une offensive frontale. (Reuters/Kevin Lamarque)

Différents commentateurs conservateurs ne cessant de critiquer Barack Obama depuis son arrivée au pouvoir – dont plusieurs travaillent pour Fox News, le réseau de télévision de Rupert Murdoch – ont vu les audiences de leurs émissions grimper. Mais depuis la mi-octobre, la Maison Blanche ne se contente plus de piques occasionnelles contre Fox et s’est lancée dans une offensive frontale. (Reuters/Kevin Lamarque)

Cette remarque ouvrit les vannes d’un flux continu de critiques sans retenue de la part de Limbaugh et d’autres commentateurs du même bord, dont plusieurs travaillent pour Fox News, le réseau de télévision de Rupert Murdoch.

Barack Obama répondit quatre jours après son investiture, en déclarant à un groupe d’élus républicains qu’ils devaient en finir avec la logique de confrontation. « Vous ne pouvez pas vous contenter d’écouter Rush Limbaugh. »

L’animateur, qui gagne 38 millions de dollars par an en vertu d’un contrat de huit ans qui court jusqu’en 2016, se vanta alors de voir sa part d’audience « exploser » grâce à la controverse suscitée par ses voeux d’échec et à la publicité offerte par le président.

Aujourd’hui, la Maison blanche est engagée dans une bataille contre une cible bien plus grosse, Fox News, ce qui semble réjouir Rupert Murdoch.

« La Maison blanche a exprimé certains propos virulents contre un ou deux commentateurs de Fox News. Tout ce que je peux vous dire, c’est que cela a incroyablement augmenté leur audience », a-t-il dit lors de l’assemblée générale des actionnaires de News Corp, le conglomérat des médias auquel appartient le réseau Fox.

PICS D’AUDIENCE

Depuis la mi-octobre, la présidence américaine ne se contente plus de piques occasionnelles contre Fox, mais s’est lancée dans une offensive frontale.

Anita Dunn, la directrice des communications de la Maison blanche, a tiré la première salve en estimant que Fox News était l’instrument de communication du Parti républicain.

Le président Obama s’est tenu à l’écart mais deux de ses plus proches conseillers, David Axelrod et le secrétaire général de la Maison blanche Rahm Emanuel, ont tenu des propos similaires lors d’émissions télévisées.

Axelrod a été jusqu’à conseiller aux autres médias de ne pas considérer Fox News comme un homologue légitime.

Fox n’estime pas que sa couverture de l’actualité est biaisée, expliquant que ses détracteurs confondent ses reportages et les commentaires de ses éditorialistes.

Sans préjuger des futures audiences, on peut parier que les attaques de la Maison blanche seront bonnes pour les résultats de Fox News et que les commentateurs les plus provocants à l’encontre d’Obama en bénéficieront le plus, comme l’ont montré les résultats du troisième trimestre de la chaîne.

Ils ont montré que Fox News demeurait la première chaîne d’information du câble, avec 2,25 millions de téléspectateurs aux heures de grande écoute (2% d’augmentation par rapport à la même période de 2008), plus du double du nombre cumulé de téléspectateurs de CNN et MSNBC, qui subissent une baisse considérable de leur audience.

LA « HAINE DES BLANCS »

Les shows des commentateurs les plus conservateurs de Fox News ont tous vu leur audience grimper, mais aucun aussi fortement que Glenn Beck. Il a déclaré en juillet que Barack Obama avait une « haine profondément ancrée des Blancs et de la culture blanche ». Son audience a quasiment doublé.

Les animateurs ne s’attarderaient pas à rappeler, par exemple, que la mère du président américain est blanche et qu’Obama lui-même fut visiblement ébranlé par le décès de sa grand-mère blanche, Madelyn Dunham, à la veille de son élection.

La tirade de Glenn Beck a incité plusieurs annonceurs à se retirer de l’émission. Mais un porte-parole de Fox a expliqué que ces annonceurs s’étaient déplacés vers d’autres programmes de la chaîne, qu’il n’y avait donc pas de perte de revenu.

Comment expliquer que Fox News gagne davantage que ses concurrents qui diffusent des commentaires libéraux, favorables à Obama et laissent la parole à ceux qui souhaitent le succès du président américain ?

Après tout, Obama a gagné les élections sur son programme de réformes. Selon un sondage Washington Post-ABC marquant son neuvième mois de mandat, Obama conserve une cote de popularité de 57% et seulement 20% du pays se considère désormais comme républicain, le plus faible pourcentage en 26 ans.

Même sur l’aspect le plus disputé de la réforme du système de santé, la création d’une assurance publique dénoncée par ses adversaires comme une mesure « socialiste », une majorité d’Américains soutiennent le président, à en croire ce sondage.

Pourquoi la Maison blanche agirait-elle comme si ses pourfendeurs conservateurs présentaient pour elle une menace mortelle ? Pour John Batchelor, animateur radio conservateur, c’est une question d’ignorance plus que de susceptibilité.

« La guerre contre Fox menée par la Maison blanche montre qu’elle ignore la vraie motivation du réseau: le spectacle », écrit sur le site web The Daily Beast. « L’équipe Obama ne fait qu’offrir à Murdoch ce qu’il veut. »

Voir également:

W.H.: Media shouldn’t follow Fox
Josh Gerstein and Mike Allen
Politico
October 20, 2009

A White House attempt to delegitimize Fox News – which in past times would have drawn howls of censorship from the press corps – has instead been greeted by a collective shrug.

That’s true even though the motivations of the White House are clear: Fire up a liberal base disillusioned with Obama by attacking the hated Fox. Try to keep a critical news outlet off-balance. Raise doubts about future Fox stories.

But most of all, get other journalists to think twice before following the network’s stories in their own coverage.

« We’re doing what we think is important to make sure news is covered as fairly as possible, » a White House official told POLITICO, noting how the recent ACORN scandal story started because Fox covered it “breathlessly for weeks on end.”

“And then you had a couple days of breast-beating from The Washington Post and The New York Times about whether or not they were fast enough on the ACORN story,” the official said. “And it’s like: Wait a second, guys. Let’s make sure that we keep perspective on what are the most important stories, and what’s being driven by a network that has a perspective. Being able to make that point has been important.”

To some media observers, it’s almost the definition of a “chilling effect” – a governmental attempt to steer reporters away from negative coverage – but the White House press corps has barely uttered a word of complaint.

That could be because of the perception among some journalists that Fox blurs the line between reporting and commentary – making it seem like not the most sympathetic victim.

Fox denies its news coverage is slanted, and even White House aides say the network’s top correspondent there, Major Garrett, is a straight shooter. But in its non-news hours, Fox mixes in a steady diet of criticism of President Barack Obama by its prominent conservative commentators Bill O’Reilly, Sean Hannity and Glenn Beck. It’s a formula that works for Fox, with the highest ratings in cable news.

And in fact, not everyone at the network is complaining at being elevated into Obama’s target-of-choice. Some of the lack of protest from the mainstream press may be driven by the sense that the assault on Fox is actually strengthening the network.

Fox officials didn’t respond to a request for comment. But on Monday night, O’Reilly and former Fox News Washington Bureau chief Brit Hume seemed to be reveling in the attacks by Obama’s aides.

“This is an effort in effect to quarantine Fox News and to discourage other media outlets from picking up on stories that originate here,” Hume said on “The O’Reilly Factor.” “My guess is it won’t work….Look at Glenn Beck, he’s having a field day with this.”

O’Reilly keeps a page on his own website that urges his audience “not to patronize or advertise with” 11 news outlets, including the St. Petersburg Times, the New Yorker, Newsday and MSNBC.

Some see the warring between the White House and Fox as a boon to both sides.

“This is a mutually beneficial deal,” said Paul Begala, a former adviser to President Bill Clinton. “Fox’s ratings keep going up, as they’re seen as the voice of opposition to Obama. The Democrats need to do something to excite their base, which is suffering from a case of the blues.”

In the media world, the main reaction to the barrage of Fox criticism by the Obama White House has been less outrage, and more puzzlement as to what Obama’s aides hope to gain by taking on the network so forcefully.

A day after White House Chief of Staff Rahm Emanuel and Obama senior adviser David Axelrod said other journalists should no longer treat Fox as a bona fide news outlet, the comments generated only a single, tangential question at the White House’s daily briefing for reporters.

Still, the comments set off alarm bells with some journalists and media analysts.

“I can never remember a White House urging news organizations to boycott other news organizations. That strikes me as unprecedented,” said Thomas DeFrank, a Washington journalist who has covered eight presidents and now serves as the bureau chief of the New York Daily News.

“I see it as bullying a news organization, by the time you get to telling ABC or some other news organization how they should behave to another news organization,” said David Zurawik, media critic for the Baltimore Sun. “Someone should tell them: you’re one branch of government. We’re something else over here. Don’t lecture us about how we should behave towards one another.”

The salvos from Axelrod and Emanuel built on remarks a week earlier in which White House Communications Director Anita Dunn accused Fox News of operating as “a wing of the Republican Party.”

“They’re not really a news station,” Axelrod told ABC’s “This Week.” “It’s not just their commentators, but a lot of their news programming if you watch, it’s really not news….The bigger thing is that other news organizations like yours ought not to treat them that way, and we’re not going to treat them that way. We’re going to appear on their shows. We’re going to participate, but understanding that they represent a point of view.”

“It’s not a news organization so much as it has a perspective,” Emanuel said on CNN’s “State of the Union.” “More importantly, is to not have the CNNs and the others in the world basically be led in following Fox, as if what they’re trying to do is a legitimate news organization.”

The direct attacks, if leveled at another news outlet or by another White House might have aroused a torrent of criticism, but the flow of outrage from the Washington journalistic set has been more like a trickle.

“In the past, whether it was a Democratic or Republican president who stood up and attacked quote-unquote news organizations, the natural instinct of the Fourth Estate was to rally around and support that entity regardless,” said Chris Lehane, a Democratic strategist and communications aide in the Clinton White House. “The rest of the press corps winds up being the umpire on that.”

Lehane noted that the Clinton White House did campaign to de-legitimize some news outlets by drafting a “Conspiracy Stream of Commerce” report that traced the progress of anti-Clinton rumors from fringe media outlets to British newspapers to second-tier U.S. papers to major newspapers. However, Lehane said that lobbying was done one-on-one with individual reporters and not from the White House podium, to avoid triggering a backlash.

The Obama White House appears to have concluded that the media is now so splintered that an attack on one is no longer an attack on all. But other political veterans said they were baffled by the White House’s strategy.

“I’ve become more puzzled by the week about what this is ultimately all about,” said David Gergen, an adviser to four presidents who now teaches at Harvard’s Kennedy School and is a paid contributor on CNN.

“It does seem to me when CNN, MSNBC or anybody else—over the air networks—report on the Glenn Beck-Van Jones fight, that’s legitimate news,” said Gergen, referring to Obama’s “green jobs” czar, who later resigned. “Fox was a player in the resignation of Van Jones…..I think it would be irresponsible to avoid that story.”

At least one prominent Washington journalist publicly embraced the White House’s anti-Fox crusade.

“By appearing on Fox, reporters validate its propaganda values and help to undermine the role of legitimate news organizations,” former Slate editor Jacob Weisberg wrote in Newsweek. “Respectable journalists—I’m talking to you Mara Liasson—should stop appearing on its programs.”

Liasson, a National Public Radio reporter who is a regular on Fox News’s “Special Report,” did not respond to an e-mail seeking comment.

White House grudges against news outlets and individual journalists have a long and storied history.

President John Kennedy asked the New York Times to transfer David Halberstam because of his critical reporting on the Vietnam War.

In 1987, a Newsweek cover about then-Vice President George H. W. Bush, “Fighting the Wimp Factor,” led Bush’s presidential campaign to freeze the magazine out.

DeFrank, then a Newsweek reporter working on the magazine’s campaign book, remembers taking a call from the vice president’s son, future President George W. Bush. “Tommy, I got bad news for you. You’re out of business,” he said.

In 2004, several news outlets, including the New York Times, complained that they were being excluded from Vice President Dick Cheney’s official plane because of dissatisfaction with their coverage. Cheney’s aides denied any purposeful snub.

Tom Rosenstiel, a former Los Angeles Times media critic who now runs the Project for Excellence in Journalism, said the Obama team’s explicit, public call for other outlets to ignore Fox was somewhat different from run-ins between past White Houses and specific news outlets. But he said that’s just an indication of a new media age.

“There was a time you could drop a polite line in a meeting in the Oval Office with White House reporters and ice a whole news organization. Not anymore,” Rosenstiel said. “You have to speak in blunt terms to consumers who are making the decision for themselves how much credence to give to things in different places.”

Still, Rosenstiel said no one should doubt that the White House’s critiques have a political agenda.

“You should beware of politicians playing press critic. There’s always an ulterior motive, even if they’re sincere,” he said. “They’re working the refs.”

Voir de même:

L’effet Obama aux Etats-Unis, alors que l’Europe recule encore
Israël en chute libre, l’Iran aux portes du trio infernal
RSF
20.10.09

« La liberté de la presse doit être défendue partout dans le monde, avec la même force et la même exigence », a déclaré Jean-François Julliard, à l’occasion de la publication du huitième classement mondial de la liberté de la presse par Reporters sans frontières, le 20 octobre 2009.

« Il est inquiétant de constater que des démocraties européennes comme la France, l’Italie ou la Slovaquie continuent, année après année, de perdre des places dans le classement. L’Europe doit faire preuve d’exemplarité dans le domaine des libertés publiques. Comment dénoncer les violations commises dans le monde si l’on n’est pas irréprochable sur son territoire ? L’effet Obama, qui a permis aux Etats-Unis de regagner 16 places, ne suffit pas à nous rassurer. Dans le bas du classement, nous sommes particulièrement préoccupés par la situation en Iran. Le pays se rapproche dangereusement du trio infernal pour la liberté de la presse, constitué depuis des années par l’Erythrée, la Corée du Nord et le Turkménistan », a ajouté le secrétaire général de l’organisation.

Le classement mondial de la liberté de la presse est établi comme chaque année par Reporters sans frontières, grâce aux centaines de journalistes et experts des médias qui ont répondu à son questionnaire. Il prend en compte les violations de la liberté de la presse commises entre le 1er septembre 2008 et le 31 août 2009.

La fin du modèle européen ?

L’Europe a longtemps été exemplaire en matière de respect de liberté de la presse, mais cette année, plusieurs pays européens reculent très nettement. Même si les treize premières places restent occupées par des Etats européens, d’autres tels que la France (43e), la Slovaquie (44e) ou l’Italie (49e), continuent leur descente, perdant respectivement huit, trente-sept et cinq places. Ils se font distancer par de jeunes démocraties africaines (Mali, Afrique du Sud, Ghana) ou latino-américaines (Uruguay, Trinidad et Tobago). Des journalistes sont encore menacés physiquement, en Italie, en Espagne (44e), mais aussi dans les Balkans, notamment en Croatie (78e) où le 23 octobre 2008 le propriétaire et le directeur marketing de l’hebdomadaire Nacional ont été tués dans un attentat à la bombe. Mais la principale menace, plus grave à long terme, vient des nouvelles législations en vigueur. De nombreuses lois promulguées depuis septembre 2008 viennent remettre en cause le travail des journalistes. En Slovaquie (44e), elle a permis d’introduire la notion dangereuse de droit de réponse automatique et accroît fortement l’influence du ministre de la Culture dans les publications.

Israël : opération chape de plomb sur la presse

L’opération militaire « Plomb durci » menée par Israël contre la bande de Gaza a eu également des répercussions sur la presse. Israël perd quarante-sept places et se retrouve au 93e rang du classement. Cette chute libre fait perdre à Israël son statut de premier pays du Moyen-Orient, en le faisant passer derrière le Koweït (60e) et les Emirats arabes unis (86e). Sur son territoire, Israël commence à appliquer les mêmes méthodes qu’à l’extérieur. Reporters sans frontières a ainsi pu recenser cinq arrestations, parfois en dehors de tout cadre légal, et trois emprisonnements de journalistes. La censure militaire appliquée à tous les médias fait également planer une menace sur la profession. En dehors de son territoire, Israël atteint la 150e place. Le bilan de la guerre est très lourd : une vingtaine de journalistes ont été blessés dans la bande de Gaza par les forces armées israéliennes et trois ont péri alors qu’ils couvraient le conflit.

L’Iran aux portes du trio infernal

Les journalistes ont souffert plus que jamais cette année dans l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad. La réélection contestée du Président a plongé le pays dans une véritable crise et instauré une paranoïa à l’égard des journalistes et blogueurs. Censure préalable et automatique, surveillance des journalistes par l’Etat, mauvais traitements, journalistes obligés de fuir le pays, arrestations illégales et emprisonnements, tel est le tableau de la liberté de la presse cette année en Iran. Déjà proche de la fin du classement les années précédentes, l’Iran est arrivé aux portes du trio infernal, toujours composé par le Turkménistan (173e), la Corée du Nord (174e) et l’Erythrée (175e), où la presse a été tellement bâillonnée qu’elle y est aujourd’hui inexistante.

L’ »effet Obama » ramène les Etats-Unis parmi les vingt premiers pays

En un an, les Etats-Unis sont remontés de 16 places, passant du 36e au 20e rang. L’arrivée du nouveau président Barack Obama et son attitude moins belliqueuse que celle de son prédécesseur à l’égard de la presse y est pour beaucoup. Mais cette forte remontée ne concerne que l’état de la liberté de la presse sur le territoire américain. Si Barack Obama a obtenu le Nobel de la paix, son pays reste engagé dans deux guerres. Malgré une légère amélioration de la situation, l’attitude des Etats-Unis à l’égard des médias en Irak et en Afghanistan est préoccupante. Plusieurs journalistes ont été blessés ou détenus par l’armée américaine. L’un d’eux, Ibrahim Jassam, est toujours détenu en Irak.

Voir enfin:

L’effet Obama atténue l’antiaméricanisme… mais pour combien de temps?
Nathalie Kantt
L’Express
le 25/09/2009

Changement de ton par rapport à son prédécesseur: à l’ONU, le président Barack Obama a affirmé que l’Amérique ne pouvait pas résoudre « seule tous les problèmes du monde ». Qu’en pensent les antiaméricains? Pour Philippe Roger, directeur d’études à l’EHESS, l’effet Obama risque de ne pas durer. Explications.

Barack Obama ne veut plus être seul au sommet. C’est ce qui ressort du discours prononcé a l’Assemblée générale des Nations unies le mercredi 23 septembre: « Ceux qui ont l’habitude de réprimander l’Amérique pour son action solitaire dans le monde ne peuvent aujourd’hui rester de côté et attendre que l’Amérique résolve seule tous les problèmes du monde ».

Devant plus de 120 chefs d’Etat et de gouvernement réunis à New York, le président américain a appelé à « ouvrir une nouvelle ère de coopération multilatérale (…). Il est désormais temps pour chacun d’entre nous de prendre sa part de responsabilité dans la réponse globale aux défis mondiaux ».

Est-ce que quelqu’un escaladera la montagne avec lui? Qu’en disent les antiaméricains? L’analyse de Philippe Roger, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et auteur du livre L’ennemi américain, Généalogie de l’antiaméricanisme français (Seuil, 2002).

Est-ce que l’appel à la coopération lancé par Barack Obama a des chances d’être entendu?

Je ne sais pas s’il faut parler d’appel à la coopération. Ici, ce sont plutôt les adversaires d’Obama qui en parlent. Le New York Post lui a consacré un éditorial au vitriol, l’appelant le « naif-in-chief », autrement dit le contraire du « Commander-in-chief » [commandant en chef, ou chef sûpreme, NDLR] qu’il devrait être.

Obama marche sur une corde raide. Il tient à se démarquer très fortement de la politique de George W. Bush, alors que sur beaucoup de fronts, il le sait, il ne peut changer de cap facilement ni rapidement.

D’où l’importance du changement de ton, de style, de rhétorique. Avec le risque d’apparaître comme un doux rêveur, comme un idéaliste à la Wilson avec sa chère Société des Nations. Le risque aussi d’apporter de l’eau au moulin de ses détracteurs (ils sont déjà nombreux et bruyants), qui lui reprochent d’être dans les mots, pas dans les actes. L’exercice est difficile. Chaque formule doit être pesée.

A l’ONU, Obama a surtout annoncé son « re-engagement »… à l’ONU. (« We have re-engaged the United Nations »). C’est rompre avec des années de mépris affiché pour la communauté internationale. Succès assuré, du moins à l’ONU. Plus important, peut-être: c’est rompre avec la tradition plutôt isolationniste du Parti démocrate. C’est ainsi rassurer, dans un premier temps, des alliés ou amis auxquels on va certainement, dans un second temps, demander de s’aider eux-mêmes plus qu’ils ne le font…

Ce discours, si différent à la tendance dictée par George W. Bush, change-t-il la perception que la communauté internationale -surtout les antiaméricains- ont des Etats-Unis?

Ce discours contribuera sans doute à l’embellie que connaît « l’image des Etats-Unis » dans le monde depuis un an. L’effet Obama est indubitable: un sondage (américain) récent montre une montée des « opinions favorables » allant jusqu’à 10 ou 12% dans plusieurs pays européens.

Cette élection a évidemment eu un impact symbolique tout particulier, d’une part parce qu’une « gauche moderne » a gagné aux Etats-Unis alors qu’elle perd ou piétine presque partout; d’autre part, parce que l’élection d’Obama a semblé démentir quelques uns des stéréotypes antiaméricains les plus enracinés: racisme, extrême division sociale, vie politique dominée par l’argent et contrôlée par une oligarchie, etc. (En fait, pour ce qui est de l’argent, elle n’a rien démenti du tout: le candidat Obama a disposé d’un trésor de guerre beaucoup plus important que son adversaire républicain.)

Nous sommes donc dans une de ces phases rares et probablement courtes où la bonne impression donnée par un leader politique l’emporte sur les rapports et représentations de fond. Je parlais de Wilson: l’Europe l’a reçu comme un Dieu en 1919; six mois après, il était honni et les Etats-Unis avec lui.

Quelles sont les origines de cet antiaméricanisme de fond?

Il est clair qu’il n’a ni la même force, ni exactement les mêmes contours selon les pays. La plupart des antiaméricanismes sont de fraîche date (une cinquantaine d’années) et très liés à des traumatismes politiques. Voyez l’Iran depuis Mossadegh, l’Amérique latine depuis les dictatures militaires (seul le Mexique est anti-gringo de longue date), le Moyen-Orient, etc.

Dans d’autres pays, au premier rang desquels la France, l’antiaméricanisme est une histoire longue. Il s’est formé par sédimentation de couches successives. Mépris d’un pays inculte, vulgaire, obsédé par l’argent au XIXe siècle. Crainte et ressentiment devant une puissance en ascension irrésistible, capable de nous supplanter dans le monde et même de nous « coloniser », au moins par ses produits, au XXe siècle. « Personne n’aime une super-puissance », disait lucidement un néo-conservateur. Nous qui avons été, à notre manière, une super-puissance, nous les aimons un peu moins encore que les autres…

One Response to Liberté de la presse: Vous avez dit effet Obama? (Obama gets his very own war on the press)

  1. jcdurbant dit :

    BATTLE OF THE BUSTS

    Correction: An earlier version of the story said that a bust of Martin Luther King had been moved. It is still in the Oval Office.

    Time

    http://time.com/4642088/trump-inauguration-obamacare-repeal-order/

    http://morninganswerchicago.com/2017/01/21/reporters-jump-chance-report-fake-news-mlk-bust-removed-oval-office/

    Now, when I was elected as President of the United States, my predecessor had kept a Churchill bust in the Oval Office. There are only so many tables where you can put busts — otherwise it starts looking a little cluttered. (Laughter.) And I thought it was appropriate, and I suspect most people here in the United Kingdom might agree, that as the first African American President, it might be appropriate to have a bust of Dr. Martin Luther King in my office to remind me of all the hard work of a lot of people who would somehow allow me to have the privilege of holding this office.

    Barack Hussein Obama

    https://obamawhitehouse.archives.gov/the-press-office/2016/04/22/remarks-president-obama-and-prime-minister-cameron-joint-press

    Not surprisingly, the man who currently sits with Churchill looking over his shoulder every day rejects all three narratives. Sir Peter Westmacott, who next month finishes his stint as British ambassador to “the single most important country in the world”, says the bust was only ever on loan as a personal gift from Tony Blair to George W Bush for the duration of his presidency.

    “So, to be honest, we always expected that to leave the Oval Office just like everything else that a president has tends to be changed,” he explained in a valedictory interview with the Guardian. “Even the carpet is usually changed when the president changes.”

    https://www.theguardian.com/us-news/2015/dec/26/sir-peter-westmacott-british-ambassador-us-obama-years

    Deep meaning can be read into small shifts in Oval Office decor.

    Some Britons took offense when Winston Churchill’s bust was replaced with King’s. But the decision to return the Churchill bust to the British – it had been presented by former Prime Minister Tony Blair to Bush on loan – had been made before Obama even arrived.

    « It was already scheduled to go back, » Allman said.

    http://www.cbsnews.com/news/obama-has-made-the-oval-office-his-own/

    Sure everybody makes mistakes, but making a sensational false charge against a new president at the very first opportunity he allowed reporters into his Oval Office on Day One of his presidency sure looks like one of those narrative-confirming, “too-good-to-check” stories of journalistic lore that just happens to portray Trump as a racist “white nationalist” in the eyes of progressives. Zeke Miller of Time was allowed into the Oval Office as a pool reporter and tweeted out reports that the Churchill bust was back (true) and the MLK bust was gone (false). He was quickly corrected.

    While I credit him for acknowledging his mistake and apologizing, he certainly was ready to believe what he tweeted out without bothering to do a thorough examination of the evidence. It was news that was fake, so I guess it is #fakenews, even if a semi-honest mistake.

    This is a perfect anecdote for president Trump to resurrect whenever he feels like it. The very first moment the media got access to him, they tried to portray him as an enemy of our national hero of racial equality.

    http://www.americanthinker.com/blog/2017/01/msm_reporter_falsely_claimed_that_trump_had_mlk_bust_removed_from_oval_office.html#ixzz4Xh08GUGR

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