Présidence Obama: Quand le WSJ félicite un président français pour sa fermeté (We thought we’d never see the day)

Bellydancers for ObamaNous pensions que nous ne verrions jamais le jour où un président français montrerait plus de résolution que le commandant en chef de l’Amérique pour affronter un des plus graves défis posés à la sécurité mondiale. Eh bien, nous y sommes. Le WSJ
Nous exigeons l’interdiction absolue de l’arme atomique, arme d’épouvante et d’extermination massive des populations. Nous exigeons l’établissement d’un rigoureux contrôle international pour assurer l’application de cette mesure d’interdiction. Nous considérons que le gouvernement qui, le premier, utiliserait, contre n’importe quel pays, l’arme atomique, commettrait un crime contre l’humanité et serait à traiter comme criminel de guerre. Nous appelons tous les hommes de bonne volonté dans le monde à signer cet appel. “Appel de Stockholm” (1950, signé par le vendeur d’Humanité Jacques Chirac)
La résolution historique que nous venons d’adopter incarne notre engagement collectif envers l’objectif d’un monde débarrassé des armes nucléaires. Barack Hussein Obama (présidence du Conseil de sécurité de l’ONU, 24.09.09)
Nous avons raison de parler de l’avenir (…) mais nous vivons dans un monde réel, pas dans un monde virtuel. (…) le Président Obama a même dit : « je rêve d’un monde où il n’y en aurait plus ». Et sous nos yeux, deux pays font exactement le contraire, en ce moment. L’Iran a violé, depuis 2005, cinq résolutions du Conseil de Sécurité. (…) Monsieur le Président Obama, je soutiens la main tendue des Américains. Qu’ont amené à la communauté internationale ces propositions de dialogue ? Rien. Plus d’uranium enrichi, plus de centrifugeuses et de surcroît, une déclaration des dirigeants iraniens proposant de rayer de la carte un membre de l’Organisation des Nations Unies. Nicolas Sarkozy (Conseil de sécurité, 24.09.09)
Il n’y a rien qui fasse plus peur aux mollahs qu’un réchauffement avec les Etats-Unis : ils risquent d’y perdre la rue arabe, puis le pouvoir. C’est pourquoi, le 9 septembre, quand Téhéran a accepté une rencontre pour désactiver les sanctions promises en juillet, il s’est aussitôt mis en action pour faire capoter ce projet de dialogue apaisé qui est un véritable danger pour sa survie. Iran-Resist

Quand le WSJ félicite un président français pour sa fermeté… face au président américain!

A l’heure où, des Iraniens aux Cubains, Syriens, Birmans ou Soudanais, (à quand une petite virée shopping ou musée du Très Cher Leader de Pyongyang à Washington?), bat son plein la politique très chiraquienne de dialogue tous azimuts du Pleurnicheur en chef avec tout ce que la planète peut compter d’Etats voyous ou de dictateurs …

Retour, avec le WSJ, sur les coulisses de la dernière rencontre (et énième reculade) de Genève avec les mollahs …

Où l’on découvre, derrière l’ahurissante acceptation, de la part de la Patrie autoproclamée des droits de l’homme (certes sous pression suite à la prise d’otage par Téhéran d’une de nos malheureuses étudiantes), d’assurer elle-même l’enrichissement de l‘uranium iranien

– de façon, si l’on a bien compris, à leur permettre d’enrichir leur péniblement amassés 1 500 kg d’uranium du seuil actuel de 4,5 % aux 20% nécessaires à la production d’isotopes médicaux (on ne rit pas!) qui se trouvent être par ailleurs la limite magique entre le civil et le militaire (avant, on suppose à terme, les 90 % du nirvana militaire ?) –

L’apparemment fort tirage, si l’on en croit le WSJ et Le Monde, entre le Pleurnicheur en chef et notre Sarko national.

Contraint notamment à New York la semaine dernière (lors du sommet extraordinaire du Conseil de sécurité de l’ONU consacré au désarmement nucléaire sous, grande première, la présidence d’un président américain) de retarder au forum économique du G20 du lendemain la révélation à la face du monde (mais connue depuis des années par les services secrets occidentaux) de l’ampleur des dissimulations iraniennes en matière de prolifération avec le prétendu nouveau réacteur de Qom pour… éviter de « gâcher » le nouvel « Appel de Stockholm » (qui ressemble étrangement au syndrome du même nom) que venait de faire voter à l’unanimité le Danseur du ventre en chef!

French Atomic Pique
Sarkozy unloads on Obama’s ‘virtual’ disarmament reality.
WSJ
September 29, 2009

President Obama wants a unified front against Iran, and to that end he stood together with Nicolas Sarkozy and Gordon Brown in Pittsburgh on Friday morning to reveal the news about Tehran’s secret facility to build bomb-grade fuel. But now we hear that the French and British leaders were quietly seething on stage, annoyed by America’s handling of the announcement.

Both countries wanted to confront Iran a day earlier at the United Nations. Mr. Obama was, after all, chairing a Security Council session devoted to nonproliferation. The latest evidence of Iran’s illegal moves toward acquiring a nuclear weapon was in hand. With the world’s leaders gathered in New York, the timing and venue would be a dramatic way to rally international opinion.

President Sarkozy in particular pushed hard. He had been « frustrated » for months about Mr. Obama’s reluctance to confront Iran, a senior French government official told us, and saw an opportunity to change momentum. But the Administration told the French that it didn’t want to « spoil the image of success » for Mr. Obama’s debut at the U.N. and his homily calling for a world without nuclear weapons, according to the Paris daily Le Monde. So the Iran bombshell was pushed back a day to Pittsburgh, where the G-20 were meeting to discuss economic policy.

Le Monde’s diplomatic correspondent, Natalie Nougayrède, reports that a draft of Mr. Sarkozy’s speech to the Security Council Thursday included a section on Iran’s latest deception. Forced to scrap that bit, the French President let his frustration show with undiplomatic gusto in his formal remarks, laying into what he called the « dream » of disarmament. The address takes on added meaning now that we know the backroom discussions.

« We are right to talk about the future, » Mr. Sarkozy said, referring to the U.S. resolution on strengthening arms control treaties. « But the present comes before the future, and the present includes two major nuclear crises, » i.e., Iran and North Korea. « We live in the real world, not in a virtual one. » No prize for guessing into which world the Frenchman puts Mr. Obama.

« We say that we must reduce, » he went on. « President Obama himself has said that he dreams of a world without nuclear weapons. Before our very eyes, two countries are doing exactly the opposite at this very moment. Since 2005, Iran has violated five Security Council Resolutions . . .

« I support America’s ‘extended hand.’ But what have these proposals for dialogue produced for the international community? Nothing but more enriched uranium and more centrifuges. And last but not least, it has resulted in a statement by Iranian leaders calling for wiping off the map a Member of the United Nations. What are we to do? What conclusions are we to draw? At a certain moment hard facts will force us to make decisions. »

We thought we’d never see the day when the President of France shows more resolve than America’s Commander in Chief for confronting one of the gravest challenges to global security. But here we are.

Voir aussi:

Nucléaire : le coup de poker des Occidentaux face à l’Iran
Natalie Nougayrède
Le Monde
26.09.09

La donne diplomatique pourrait-elle avoir brusquement changé avec la révélation subite d’un nouveau site nucléaire iranien, tenu secret depuis des années ? Alors qu’ils étaient réunis à Pittsburgh pour le G20, les présidents américain et français, Barack Obama et Nicolas Sarkozy, aux côtés du premier ministre britannique Gordon Brown, ont voulu en tout cas souligner, vendredi 25septembre, devant la presse, la gravité des informations dont ils disposent.

Les trois dirigeants ont annoncé avoir demandé à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) une enquête urgente sur un site identifié près de la ville iranienne de Qom. Construite sous une hauteur, cette installation est destinée à l’enrichissement d’uranium, une activité dont les résolutions successives du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’Iran, depuis 2006, ont demandé la suspension.

Selon nos informations, la France souhaitait que le site de Qom fasse l’objet d’une prise de parole des dirigeants occidentaux lors du sommet extraordinaire du Conseil de sécurité de l’ONU du 24septembre, présidé par M.Obama et consacré au thème du désarmement nucléaire. Pour Paris, c’était le meilleur moment pour révéler à la face du monde l’ampleur des dissimulations iraniennes en matière de prolifération. Un passage du discours de M.Sarkozy aurait même été initialement préparé pour cela.

L’administration Obama s’est formellement opposée à ce que le grand déballage intervienne à ce moment. Elle voulait à tout prix éviter de « gâcher » l’impression de succès qui se dégageait de l’adoption à l’unanimité d’une résolution sur le principe de la recherche d’un monde sans arme nucléaire. C’est donc le lendemain, vendredi, que l’événement a eu lieu, alors que tout le monde était déjà à Pittsburgh (Pennsylvanie).

Il s’agit d’un tournant. Le facteur aggravant que constitue pour l’Iran l’existence du site de Qom a pour effet d’apporter des arguments supplémentaires aux Occidentaux devant la Russie et la Chine. Deux pays qu’ils tentent depuis des mois de convaincre d’accepter le principe d’un renforcement substantiel des sanctions internationales, au cas où les efforts de dialogue avec l’Iran, relancés par l’administration Obama, s’enliseraient.

UN SITE SURVEILLÉ DEPUIS DES ANNÉES

Le sujet est « inquiétant », a dit M.Obama devant la presse. Il a ajouté, plus tard dans la journée, qu’il n’excluait «aucune option», tout en insistant sur le fait que sa « préférence va à la diplomatie ». « Nous sommes prêts à mettre en œuvre des sanctions supplémentaires et plus sévères », a déclaré Gordon Brown. « Si d’ici le mois de décembre, il n’y a pas de changement profond de la politique iranienne, des sanctions devront être prises, il en va de la paix et de la stabilité », a ajouté M.Sarkozy.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France semblent s’être livrés à un formidable coup de poker, à quelques jours de la réunion prévue le 1eroctobre à Genève entre les représentants des grandes puissances et un émissaire iranien – la première rencontre de ce type à impliquer l’administration Obama. Attrapé une nouvelle fois en flagrante violation de ses obligations internationales, l’Iran aura plus de mal, calculent les responsables occidentaux, à trouver des appuis diplomatiques extérieurs.

Le site de Qom était surveillé depuis des années par les agences de renseignement américaine, française, britannique et israélienne, selon nos informations. Il est le deuxième site clandestin d’enrichissement d’uranium à être découvert en Iran, après celui de Natanz, révélé en 2002. Depuis des mois, les responsables américains, britanniques et français, débattaient dans le secret de savoir quel serait le meilleur moment pour lever le voile, de préférence de manière fracassante, sur cette installation.

Au final, l’Iran a pris les devants, mais de façon partielle. Le 21septembre, ayant compris que son secret était débusqué, la République islamique a adressé une lettre à l’AIEA à propos des équipements de Qom. Elle se gardait toutefois d’en détailler le contenu. Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont transmis, jeudi, à l’Agence les briefings qu’ils avaient déjà préparés depuis des mois à cet effet.

Le site de Qom a une particularité: sa taille réduite (il peut accueillir 3000 centrifugeuses tandis que Natanz est prévu pour 50000 de ces appareils) ne permet pas d’y fabriquer du combustible pour centrale nucléaire. Alors qu’il s’agit de la raison constamment invoquée par l’Iran pour expliquer ses activités. Il pourrait en revanche servir à la production d’uranium hautement enrichi, la matière fissile utilisée dans les armes nucléaires.

Lorsque le président russe, Dmitri Medvedev, est sorti, mercredi, à New York, de son entretien bilatéral avec Barack Obama – qui lui aurait parlé à cette occasion du site de Qom, selon des officiels américains – il a déclaré que même si elles lui déplaisaient, parfois des sanctions pouvaient être nécessaires. Vendredi, il a déclaré que l’Iran devait fournir, le 1er octobre, « la preuve » des intentions « pacifiques » de son programme nucléaire. La Chine, quant à elle, apparaît toujours très réservée sur la possibilité de nouvelles sanctions.

Le site de Qom pourrait avoir pour finalité, dans l’esprit des dirigeants iraniens, de servir de solution de remplacement en cas de bombardement israélien de l’usine de Natanz. Des officiels américains indiquent qu’il ne pourra pas produire de l’uranium enrichi avant un an environ. Selon nos informations, sa construction est peu avancée, n’ayant pas dépassé le génie civil.

Voir également:

La France vote mais exprime avec force ses divergences
Natalie Nougayrède
Le Monde
26.09.09

Dans un discours important, explicitant pour la première fois au plus haut niveau la position de la France dans le nouveau débat qui s’ouvre sur l’élimination des armes nucléaires, le président français, Nicolas Sarkozy, a exprimé, jeudi 24 septembre, des divergences d’approche avec l’administration Obama. Ce positionnement pourrait peser sur la relation bilatérale, dans une période où se prépare la conférence de réexamen du traité de non-prolifération (TNP), prévue en 2010, et aussi affecter la cohésion des Occidentaux pour tenter de résoudre la crise du nucléaire iranien.

Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le président français a mis en doute l’un des fondements de la nouvelle politique déployée par Barack Obama : l’idée selon laquelle proclamer l’objectif d’un « monde sans armes nucléaires » puisse avoir une incidence sur le comportement de pays comme l’Iran et la Corée du Nord, lesquels bafouent depuis des années les règles de la non-prolifération.

M. Sarkozy a pris note du « rêve » du président Obama d’un monde débarrassé de l’arme suprême, mais il a souligné que la réalité est tout autre. Tout en soutenant « pleinement » la résolution votée jeudi à l’initiative des Etats-Unis, M. Sarkozy a souligné que le plus urgent était ailleurs. « Nous sommes ici pour garantir la paix, nous avons raison de parler de l’avenir. Mais avant l’avenir, il y a le présent. Et le présent, c’est deux crises majeures », a-t-il dit en évoquant l’Iran et la Corée du Nord. « Nous vivons dans le monde réel, pas le virtuel », a-t-il insisté.

La diplomatie de M. Sarkozy joue en fait une partie délicate. Comment défendre sa vision de la lutte contre la prolifération, et du rôle donné à la dissuasion nucléaire – concept au coeur de la politique extérieure de la Ve République – sans paraître s’isoler, au moment où l’administration américaine affiche son multilatéralisme et cherche à sensibiliser les opinions publiques avec le mot d’ordre « zéro bombe atomique ».

Les responsables français, eux, refusent d’établir un lien entre, d’un côté, la notion de désarmement nucléaire et, de l’autre, la lutte contre la prolifération et le terrorisme nucléaire. En résumé : ce n’est pas parce que les grands Etats réduisent leurs arsenaux que des régimes voyous ou des groupes extrémistes renonceront à acquérir des technologies menaçantes.

Ils ne sont pas non plus convaincus qu’un monde sans armes nucléaires serait nécessairement un monde plus sûr. En 1914, il n’y avait pas de bombe atomique, mais le monde était-il plus sûr pour autant ?, font-ils remarquer. La France estime par ailleurs qu’elle n’a pas de leçon à recevoir puisqu’elle a déjà accompli des gestes exemplaires, comme le démantèlement de tous ses sites de production de matière fissile pour des armes nucléaires.

L’experte britannique, Rebecca Johnson, de la revue Disarmament diplomacy voit une autre explication à ces réticences. La France, selon elle, a du mal à concevoir l’élimination de l’arme atomique car celle-ci reste la protection absolue, un marqueur identitaire fondamental hérité des années De Gaulle, une exigence enracinée dans le traumatisme de 1940.

Depuis le discours de Prague, de Barack Obama sur la perspective d’un monde « sans » la bombe, en avril, la diplomatie française a déployé beaucoup d’efforts, en coulisses, pour défendre sa ligne, selon laquelle le désarmement nucléaire ne peut être conçu que dans le cadre d’une approche équilibrée reposant sur deux autres piliers : la non-prolifération et l’usage du nucléaire civil.

Ainsi, pour les officiels français il était essentiel, par exemple, que la résolution adoptée jeudi – qui a fait l’objet, en amont, de discussions intenses avec les Etats-Unis – mentionne les cas iranien et nord-coréen, ne serait-ce qu’en citant les résolutions de l’ONU déjà adoptées à leur encontre.

Face à l’Iran, pays avec lequel les tentatives de dialogue depuis 2006 n’ont « rien apporté » si ce n’est « plus d’uranium enrichi et plus de centrifugeuses », a dit jeudi M. Sarkozy devant ses pairs, c’est « en ayant le courage d’affirmer des sanctions, ensemble, que nous donnerons de la crédibilité à notre engagement pour un monde à l’avenir avec moins d’armes nucléaires, et peut-être un jour sans arme nucléaire ».

Voir enfin:

Les grandes puissances amorcent avec précaution un dialogue avec l’Iran
Natalie Nougayrède avec Agathe Duparc à Genève
Le Monde
02.10.09

A défaut d’un geste iranien sur le « gel » de l’enrichissement d’uranium – encore réclamé par les grandes puissances une semaine plus tôt –, les discussions de Genève, jeudi 1er octobre, auront produit des surprises.

L’une a été l’annonce qu’une « conversation significative » avait eu lieu, durant la pause du déjeuner, entre le négociateur américain, William Burns, et l’émissaire iranien, Saïd Jalili. De source américaine, l’entrevue était décrite comme une première, à ce niveau, depuis trente ans de rupture de relations diplomatiques entre les deux pays.

L’autre surprise est venue de l’annonce d’un « accord de principe » pour que l’Iran transfère vers l’étranger (la Russie et la France ont été mentionnées) une partie importante de son uranium enrichi, afin qu’il soit transformé en combustible pour un réacteur de recherche à Téhéran produisant des isotopes médicaux.

Les modalités d’un tel transfert – pour autant qu’il soit décidé – sont restées très floues. Une réunion d’experts est prévue le 18 octobre à Vienne, au siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

NOUVELLE RÉUNION AVANT FIN OCTOBRE

La rencontre entre la délégation iranienne et les représentants du groupe des six pays traitant depuis trois ans le dossier nucléaire (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Russie, Chine), en présence du Haut-Représentant pour la politique étrangère européenne, Javier Solana, a duré plus de sept heures. Elle s’est tenue dans une villa surplombant le lac de Genève, à l’écart des nombreux journalistes qui avaient afflué pour suivre l’événement concrétisant la politique de dialogue voulue par M. Obama.

Les participants ont convenu de se retrouver pour une deuxième session « avant la fin du mois d’octobre ». L’Iran a accepté qu’une équipe d’inspecteurs de l’AIEA se rende dans un délai de deux semaines sur son site nucléaire de Qom. La subite divulgation de cette installation d’enrichissement d’uranium, tenue secrète pendant des années, avait placé, le 25 septembre, l’Iran sous une forte pression internationale.

De Washington, M.Obama a qualifié la journée de « début constructif », en ajoutant toutefois que l’Iran devait désormais enchaîner avec de « l’action constructive ». « Les promesses de coopération doivent être remplies », a-t-il dit.

De NewYork, où il se trouvait après un étonnant déplacement d’un jour à Washington, le ministre iranien des affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a souligné « l’atmosphère constructive » des discussions de Genève. Selon lui, celles-ci ont porté sur les thèmes contenus dans la lettre iranienne du 9 septembre adressée aux « Six », un texte vague accueilli avec consternation.

M. Mottaki a ajouté que l’Iran était prêt à hisser ce genre de rencontre au niveau d’un « sommet » de chefs d’Etat – un commentaire traduisant le souci iranien de saisir ces occasions pour relégitimiser le président Mahmoud Ahmadinejad, dont la réélection a été fortement contestée cette année.

L’idée d’un éventuel transfert d’uranium enrichi hors d’Iran semble s’insérer dans un vaste marchandage dont il est difficile de savoir où se situe la réalité et où est le bluff. L’Iran a amassé, selon le dernier rapport de l’AIEA, 1 500 kg d’uranium faiblement enrichi (à 4,5 %), une quantité qui suffit pour la fabrication d’une arme atomique à condition que cette matière soit portée à un taux d’enrichissement supérieur (à 90 %), de niveau militaire.

En juin, Téhéran s’était adressé à l’AIEA pour lui fournir de l’uranium enrichi à 20 %, la limite entre le civil et le militaire, afin de mener des recherches sur des « isotopes médicaux ». Les pays occidentaux savaient que, si un refus lui était opposé, l’Iran pourrait alors décider de fabriquer lui-même la matière, passant ainsi à un enrichissement s’approchant du niveau militaire : un dangereux scénario de rupture.

En suggérant qu’une quantité de 1 200 kg d’uranium soit d’abord transféré hors du pays, les grandes puissances semblent accéder à la demande iranienne, au risque de légitimer des activités d’enrichissement qu’elles ont jusqu’à présent réprouvées. Mais comme l’a commenté le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, en visite à Moscou jeudi, si la réponse à la demande iranienne est « plutôt positive », rien ne semble imminent : « Nous n’en sommes pas là du tout. »

« Ce n’est qu’un début, a commenté M. Solana à l’issue des discussions à Genève. Nous avons encore besoin de voir du progrès. » Il a aussi précisé que la demande du « gel » de l’enrichissement d’uranium avait été mise sur la table.

De nombreuses questions demeurent. Le transfert d’uranium hors d’Iran et son retour dans le pays sous une forme plus enrichie est-il considéré comme envisageable sans « gel » préalable des activités de l’usine d’enrichissement de Natanz ?

De même, l’inspection de l’AIEA à Qom se limitera-t-elle à ce seul site, sans être élargie aux autres sujets de préoccupation de l’Agence restés sans réponses ? Si c’est le cas, l’Iran aura remporté une manche dans la partie qui vient de s’ouvrir.

Voir enfin:

La « pique » française à propos du traitement de l’Iran nucléaire par l’administration Obama

Sarkozy s’en prend à la réalité « virtuelle » du désarmement d’Obama.
WSJ
30.09.09
Traduit par Objectif-info

Le président Obama veut un front unifié contre l’Iran, et, à cette fin, il s’est rapproché de Nicolas Sarkozy et de Gordon Brown à Pittsburgh, vendredi matin, pour révéler des informations sur une usine secrète de Téhéran, destinée à produire du combustible enrichi nécessaire à la fabrication de la bombe. Mais nous observons à présent que les dirigeants français et britanniques sont en train de se ronger silencieusement les sangs, irrités par les manœuvres américaines autour de cette annonce.

Les deux pays ont voulu dénoncer l’Iran un jour plus tôt aux Nations Unies. Après tout, M. Obama présidait une session du Conseil de sécurité consacrée à la non-prolifération. La dernière preuve des tentatives illégales de l’Iran en vue d’acquérir une arme nucléaire était disponible. Les dirigeants du monde entier étant rassemblés à New York, l’ordre du jour et le lieu fournissaient une occasion spectaculaire de rassembler l’opinion internationale.

Le Président Sarkozy en particulier a poussé fermement. Il avait été « choqué » pendant des mois par la réticence de M. Obama à affronter l’Iran. Une personnalité officielle du gouvernement français nous en a fait part. Il voyait là une occasion précieuse de passer à la vitesse supérieure. Mais, selon le quotidien parisien Le Monde, l’administration a expliqué aux Français qu’elle ne voulait pas « ternir l’image d’un succès » pour les débuts de M. Obama à l’ONU, ni son discours appelant à un monde sans armes nucléaires. C’est ainsi que la bombe iranienne a été repoussée d’un jour, à la réunion de Pittsburgh où le G-20 tenait une session pour débattre de la politique économique.

La correspondante diplomatique du Monde, Natalie Nougayrède, rapporte qu’une première version du discours de M. Sarkozy au Conseil de sécurité de jeudi comportait un paragraphe consacré à la dernière escroquerie de l’Iran. Forcé de rayer ce passage, le président français a laissé paraître sa déception avec une verve peu diplomatique dans son allocution officielle, s’étendant sur ce qu’il a appelé « l’illusion » du désarmement. Cette déclaration prend une signification supplémentaire maintenant que nous avons connaissance des discussions qui ont eu lieu en coulisses.

« Nous avons raison de parler de l’avenir », a dit M. Sarkozy en faisant référence à la résolution américaine qui préconisait un renforcement du contrôle des armements. « Mais le présent vient avant le futur, et le présent connaît deux crises nucléaires majeures » : celles de l’Iran et de la Corée du Nord. « Nous vivons dans un monde réel, pas dans un monde virtuel. » Il n’est pas difficile de deviner dans quel monde le Français plaçait M. Obama.

[N. Sarkozy] :

« Nous disons que nous devons réduire [la prolifération des armes atomiques]. Le président Obama a lui-même déclaré qu’il rêvait d’un monde sans armes nucléaires. Sous nos yeux, deux pays font exactement le contraire en ce moment même. Depuis 2005, l’Iran a violé cinq résolutions du Conseil de sécurité […] Je soutiens la ‘main tendue’ de l’Amérique. Mais qu’est-ce que ces propositions de dialogue ont apporté à la communauté internationale ? Rien d’autre qu’un supplément d’uranium enrichi et de centrifugeuses, et – ce n’est pas la moindre conséquence – une déclaration des dirigeants iraniens appelant à rayer de la carte un membre des Nations Unies. Que devons-nous faire ? Quelles conclusions devons-nous tirer ? À un certain moment, des événements graves nous forceront à prendre des décisions. »

Nous pensions que nous ne verrions jamais le jour où le président de la France montrerait plus de résolution que le commandant en chef de l’Amérique pour affronter un des plus graves défis posés à la sécurité mondiale. Eh bien, nous y sommes.

Voir enfin:

Iran – Genève 2 : Le régime qualifie Solana de menteur !
Iran Resist

03.10.2009

Il y a peu de nouvelles sur ce qui s’est réellement passé jeudi dernier à Genève entre les négociateurs du régime des mollahs et les Six. Ces derniers qui ont d’importants intérêts commerciaux présents ou futurs en Iran se montrent prudents et surtout réservés, voire pessimistes. Cette attitude est justifiée car à peine arrivée à Téhéran, un membre de la délégation iranienne a remis en cause l’ensemble des accords auxquels les Six prétendent être parvenu avec l’Iran.

Topo pour les mollahs | En juillet dernier, les Six ont menacé les mollahs de nouvelles sanctions, si ces derniers ne cessaient pas leurs activités nucléaires le 25 septembre 2009. Le 9 septembre, Téhéran a accepté le principe d’une rencontre pour désactiver cette date limite et les sanctions promises. Il n’avait pourtant pas l’intention de s’y rendre car en tant que défenseur de la rue arabe il ne peut pas avoir un dialogue apaisé avec les Etats-Unis, dialogue au cours duquel il accepterait les demandes de cet Etat qui est le protecteur par excellence d’Israël.

Téhéran a le soutien de la rue arabe, talon d’Achille des Alliés Arabes des Etats-Unis, car justement il refuse tout compromis et laisse entendre qu’il pourra un jour lui offrir une bombe nucléaire qui neutralisera la dissuasion israélienne. Pour préserver cette promesse utile, Téhéran doit sans cesse exagérer ses capacités militaires ou nucléaires et des slogans anti-israéliens.

Il faut cependant préciser que sur un plan concret, les actions médiatiques de Téhéran ne visent pas la sécurité d’Israël, mais celle des Alliés arabes des Etats-Unis, Etats dont les dirigeants ne peuvent satisfaire les attentes belliqueuses de la rue arabe. Ainsi Téhéran a un levier de pression extraordinaire sur Washington.

Comme toute forme de dissuasion, ce système exige un entretien permanent. Téhéran doit sans cesse fouetter la colère et les frustrations de la rue arabe ! Il doit aussi garder ses milices actives, de chaînes de propagande en effervescence et son programme nucléaire le plus opaque possible, sinon il ne serait pas menaçant. C’est pourquoi, il ne peut pas accepter des compensations purement économiques offertes par les Six en échange d’un apaisement ou une suspension de ses activités nucléaires.

topo pour les Américains | Ce refus permanent de compromis est vital pour le régime. A l’inverse, les Américains utilisent leur politique de main tendue pour engager Téhéran dans un apaisement forcé. L’objectif est de discréditer le régime auprès de ses fans de la rue arabe. Ils espèrent ainsi isoler les mollahs pour les contraindre à devenir leurs alliés régionaux. Le régime ne veut pas cette alliance qui peut lui être très lucrative car cela suppose qu’il renoue les relations diplomatiques avec les Etats-Unis. Cela permettra le retour en Iran de certains personnages, islamistes modérés (pions des Etats-Unis) qui pourront prendre le régime de l’intérieur lors de ses élections pour le transformer en une république islamique du modèle afghan ou irakien.

Conséquences | Il n’y a rien qui fasse plus peur aux mollahs qu’un réchauffement avec les Etats-Unis : ils risquent d’y perdre la rue arabe, puis le pouvoir. C’est pourquoi, le 9 septembre, quand Téhéran a accepté une rencontre pour désactiver les sanctions promises en juillet, il s’est aussitôt mis en action pour faire capoter ce projet de dialogue apaisé qui est un véritable danger pour sa survie [1].

Concession et provocation | Etant à l’origine de l’invitation, pour faire capoter la rencontre de la dernière chance, Téhéran ne pouvait pas se désister : cela aurait déclenché les sanctions. Il a donc entrepris une série de provocations pour énerver les Américains afin de les pousser à rompre leur politique de « main tendue » et à claquer la porte des négociations multilatérales. Téhéran aurait réussi un tir groupé en se débarrassant de cet apaisement qui lui pèse, de la rencontre du 1er octobre et aussi de l’unité des Six, nécessaire pour la poursuite des sanctions. Il aurait aussi comme il le souhaite provoqué une escalade avec un risque de confrontation en espérant que par la peur d’une guerre touchant le Golfe Persique, les alliés des Etats-Unis les poussent à abandonner leur politique hostile à l’encontre de Téhéran.

L’une de ces provocations a été de prétendre que le régime allait inaugurer une 2nde usine d’enrichissement pour pallier à une éventuelle destruction militaire de Natanz par des frappes aériennes. Les Américains qui depuis plus d’un an souhaitent l’attirer à la table des négociations (pour l’engagement dans un réchauffement forcé) ont esquivé la provocation en affirmant qu’ils étaient au courant et qu’il suffirait aux mollahs d’ouvrir cette usine aux inspecteurs de l’AIEA.

Genève 2 | Cette provocation ayant échoué, Téhéran a accepté les inspections, avant d’enchaîner sur des tirs de missiles pour excéder Washington. Mais tous ses efforts ont finalement échoué : Téhéran a dû envoyer une délégation à cette conférence qu’il avait lui-même proposée. Sur place, cette délégation a fait ce que le régime avait fait le 9 septembre, c’est-à-dire une concession tactique pour garder les sanctions en sommeil.

Cette concession a été de confirmer l’inspection de son second centre d’enrichissement qui au demeurant était selon toutes les informations des bâtiments vides. Téhéran a aussi donné un accord de principe à une proposition franco-américaine de faire enrichir de l’uranium par un pays tiers pour le réacteur de recherche de l’université de Téhéran. Il a enfin promis une prochaine rencontre fin octobre.

Solana et d’autres représentants ont alors parlé de percées décisives, du début d’un dialogue constructif. Ils ont précisé que l’on oubliait les sanctions pour l’instant pour permettre à l’Iran de mettre en œuvre ses engagements d’ici fin novembre selon l’accord franco-américain de livraison de combustible. Washington a rallongé le délai d’un à plusieurs mois supplémentaires quand il a annoncé que d’éventuelles sanctions sur le carburant, adoptées par la Chambre ne seraient opérationnelles qu’après la ratification par le Sénat courant 2010. Le ton a alors changé du côté des mollahs.

démentis | A peine les 3 négociateurs iraniens étaient rentrés au pays que le régime a renoué avec les provocations en faisant démentir par l’un d’eux (qui a souhaité garder l’anonymat) l’authenticité des annonces faites par Javier Solana au nom des Six à propos des de concessions iraniennes.

Dans une interview accordée à l’agence Mehr, organe de presse de l’organisation de la propagande pour l’image de la république islamique dans le monde, ce membre anonyme de la délégation iranienne à Genève 2 affirme que la république islamique d’« Iran n’a signé aucun accord sur aucun sujet nucléaire avec les Six. »

Selon ce personnage, « Solana a menti pour dissimuler que les Six n’avaient aucune carte gagnante dans leur jeu face à Téhéran qui est dans son droit. A Genève, on n’a conclu aucun accord sur les inspections pour l’usine d’enrichissement de Fordo près de Qom, car Téhéran avait déjà donné son accord sur le sujet à l’AIEA et en discutera le moment venu avec cet organisme. La délégation iranienne a fait le déplacement uniquement pour exposer ses propositions pour la paix dans la région ! »

Selon cette source officielle, Téhéran n’aurait également « aucun accord sur l’échange de 1200 kg d’uranium iranien enrichi à 3,5% contre la même quantité d’uranium enrichi à 19,7% ! Le projet ne concerne pas les Six, ou encore les Américains, mais encore l’AIEA ! De fait, la rencontre du 18 octobre encore évoquée par Solana n’aura aucun lien avec les Six. » Ce serait également « une réunion prévue depuis longtemps avec des pays membres de l’AIEA qui ont exprimé le souhait de vendre ce combustible à l’Iran. »

Le négociateur anonyme affirme que de ce fait, les Six devront se garder de tout triomphalisme : « ils ne peuvent pas revendiquer une victoire unilatérale. Si une partie peut le faire, elle ne peut que l’Iran. »

Et enfin en réponse à Obama qui a dit que les Etats-Unis n’allaient pas accorder des délais illimités à Téhéran, cet officiel anonyme a précisé que « l’Iran serait évidemment présent à la rencontre du fin de mois d’octobre avec les Six, mais n’accepterait aucune date limite ! »

Concession tactique (dialogue anti-sanction) et provocations (slogans régionaux pan-arabes) ! Nous le disions hier, on ne peut avoir de négociation constructive avec ce régime car il agit uniquement de manière ponctuelle pour désactiver des sanctions. On peut lui accorder tous les délais possibles, il ne saisira aucune main tendue car sa survie dépend de son refus.

On peut évidemment vivre avec cette saleté car il ne représente pas de menace majeure pour la région, tout n’étant que slogans. En revanche dans sa logique de chantage permanent, il bloque le développement de la région en s’opposant à tous les projets de pipelines et parallèlement vend à des concurrents Chinois les gisements convoités par les Européens pour influer sur leurs décisions au sein des Six. Le pétrole qui fait notre malheur fera peut-être notre bonheur si les Américains qui en sont si avides décidaient de se débarrasser de cette verrue en faisant appel à la seule force qui peut le faire : le peuple iranien (à ne pas confondre avec le Mouvement Vert, fausse opposition ouvertement pro-régime, partisane du Hezbollah et par conséquent totalement incapable de mobiliser).

[1] Il y avait aussi une raison supplémentaire assez drôle pour faire capoter la rencontre. Le 9 septembre, quand Téhéran a fait un pas en arrière pour désactiver les sanctions, il a fixé comme condition que l’ordre du jour soit défini par lui-même et non les Etats-Unis. Ainsi il n’allait pas vers les Etats-Unis par peur d’éventuelles sanctions, mais il allait à leur rencontre comme le porte-parole de la rue arabe notamment avec le projet d’un référendum en Israël avec la participation des Palestiniens. A ce moment, ses médias se sont immédiatement mis en branle pour affirmer que le temps des 5+1 était révolu, le 1er octobre, Téhéran allait « donner naissance aux 6+1, équipe idéale pour résoudre les problèmes de la région ». En cherchant à faire capoter la rencontre, il voulait éviter ce sommet imaginaire aux promesses difficiles à tenir…

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