Militantisme: Dur dur, le métier d’artiste engagé! (No Celebration of Occupation or… of its critique!)

18 septembre, 2009

Love parade protestor against the occupation, Tel Aviv, Aug. 2009

En tant que membres du monde de la culture, notamment du cinéma, nous sommes troublés par la décision du TIFF de réserver une place de choix à Tel Aviv et de s’être ainsi rendu complice, intentionnellement ou pas, de la machine de propagande israélienne. Nous ne visons pas les cinéastes israéliens dont les œuvres sont inscrites au programme du festival. Mais nous dénonçons l’instrumentalisation du festival, par une campagne de propagande au service d’un régime d’apartheid. Ken Loach et al
La présentation sélective de la façade moderne et sophistiquée de Tel-Aviv, sans égard au passé et aux réalités de l’occupation israélienne des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, ce serait comme si on glorifiait la beauté et la vie élégante chez les communautés exclusivement blanches au Cap ou à Johannesburg pendant l’apartheid, sans reconnaître les cantons noirs de Khayelitsha et de Soweto. Ken Loach , Jane Fonda, Naomi Klein, David Byrne, Alice Walker, Danny Glover, Harry Belafonte, Noam Chomsky, etc.

Alors qu’un film israélien dénonçant la guerre du Liban remportait le Lion d’or de Venise …

Dur dur, le métier d’artiste engagé!

Qui, au nom de la généreuse lutte contre le « régime d’apartheid » israélien, voit un maitre mondialement reconnu de la militance cinématographique comme l’Anglais Ken Loach obligé de choisir très précautionneusement ses cibles de boycott ou de pressions (Melbourne ou Edimbourgh ou Toronto mais pas Cannes aux trop gros enjeux commerciaux).

Et réduit finalement à punir les cinéastes israéliens les plus critiques de leurs propres société et gouvernement (tout en en recevant certes les subsides).

Au profit… des cinéastes de fait les moins critiques de la même région!

Israël, cible de Ken Loach
Ariel Schweitzer
Le Monde
15.09.09

On a appris cet été que le cinéaste Ken Loach, qui devait présenter son dernier film, Looking for Eric, au Festival de Melbourne, en Australie, a décidé de le retirer du programme. Loach a voulu ainsi protester contre la participation à cette manifestation d’un film israélien, Le Sens de la vie pour 9,99 dollars, dont les frais de voyage de l’auteur, Tatia Rosenthal, ont été payés par une institution publique israélienne. Auparavant, Loach avait demandé au directeur du festival, Richard Moore, de refuser la contribution financière israélienne. Devant le refus de ce dernier, qui a qualifié l’exigence de Loach de « chantage », le cinéaste anglais a choisi de boycotter l’événement.

Ce n’est pas la première fois que Loach applique la même méthode. Au mois de mai dernier, il a même réussi à convaincre la direction du Festival d’Edimbourg, en Ecosse, de refuser la venue d’une autre cinéaste israélienne, Tali Shalom-Ezer, dont le voyage devait être payé par l’ambassade israélienne. Au terme d’un long débat, la cinéaste est arrivée au festival qui a fini par assumer lui-même ces dépenses.

C’est le droit de Ken Loach d’envoyer son film où bon lui semble. C’est aussi son droit de protester contre l’Etat d’Israël et sa politique d’occupation. Le problème est la méthode choisie. Car si l’on suit la logique de Loach, on est en droit de questionner la décision du cinéaste de boycotter le Festival de Melbourne et non pas, par exemple, le dernier Festival de Cannes où il est venu présenter le même film, Looking for Eric, en compétition. En effet, cinq films israéliens (trois longs et deux courts métrages) furent présentés à Cannes cette année. Tous financés par des fonds publics israéliens et dont la venue au festival a été soutenue par des institutions du même pays.

Pourquoi donc Melbourne et pas Cannes ? Peut-être parce que Cannes est un grand festival dont les enjeux médiatiques et économiques sont trop importants, même pour un cinéaste engagé comme Ken Loach, alors que Melbourne est un petit festival où l’on peut faire son numéro de cinéaste militant donneur de leçons.

Liberté d’expression

Mais au-delà des méthodes pratiquées par Ken Loach, on peut aussi s’interroger sur le bien-fondé et l’efficacité de cette attitude. Car qui est finalement visé par ce boycottage ? Des cinéastes israéliens dont une grande majorité fait partie de la gauche israélienne et qui luttent depuis des années pour les droits des Palestiniens et contre la politique d’occupation de leur gouvernement. Des cinéastes d’opposition comme Amos Gitaï, Avi Mograbi, Ari Folman ou Keren Yedaya, pour ne citer que les plus connus, qui véhiculent dans leurs films une image complexe, souvent extrêmement critique de la société israélienne.

Loin de moi l’envie d’idéaliser l’Etat d’Israël, sûrement pas sa politique d’occupation, mais il faut au moins reconnaître que les auteurs israéliens bénéficient d’une grande liberté d’expression et que de nombreux films politiques sont financés par l’argent public israélien. Des mauvaises langues diront que cette politique cultuelle sert d’alibi, visant à donner du pays l’image d’une démocratie éclairée, une posture qui masque sa véritable attitude répressive à l’égard des Palestiniens. Admettons.

Mais je préfère franchement cette politique culturelle à la situation existante dans bien des pays de la région où l’on ne peut point faire des films politiques et sûrement pas avec l’aide de l’Etat. Les cinéastes israéliens, militants de gauche, sont déjà isolés dans leur propre pays. Au lieu de les isoler davantage, au lieu de les boycotter, donnons-leur au contraire la parole pour que leur voix et leur message soient entendus en Israël comme à l’étranger.

Ariel Schweitzer est historien du cinéma et critique.

Voir aussi:

La déclaration de Toronto : Pleins feux sur l’occupation

jeudi 17 septembre 2009

Lettre ouverte au festival international du film de Toronto :

Le 2 septembre, 2009

Nous, membres de la communauté canadienne et internationale des arts cinématographiques, des médias, et de la culture, sommes profondément déçus par la décision du Festival international du film de Toronto (TIFF) de mettre un « pleins feux » célébratoire sur Tel Aviv. Nous protestons que le TIFF, intentionnellement ou non, se soit rendu complice de la machine de propagande de l’État d’Israël.

En 2008, le gouvernement israélien, avec ses partenaires canadiens Sidney Greenberg de Astral Media, David Asper de CanWest Global Communications, et Joel Reitman de MIJO Corporation, lançait la campagne « Brand Israel » – une campagne publicitaire et médiatique d’un million de dollars visant à changer les perceptions du public canadien concernant l’État d’Israël. Plus précisément, la campagne « Brand Israel » détournerait l’attention de ses guerres agressives et son traitement inhumain de la population palestinienne, et mettrait l’accent sur ses réalisations dans les domaines de la médecine, de la science, et de la culture. Lors d’une conférence de presse où il annonçait le lancement de cette campagne, le Consul général d’Israël, Amir Gissin, déclarait que Toronto serait la ville-pilote d’une promotion qui pourrait alors être déployée dans le monde entier. Selon M. Gissin, la culmination de la campagne serait une importante présence israélienne au Festival international de film de Toronto en 2009. (Andy Levy-Alzenkopf, « Brand Israel set to launch in GTA, » Canadian Jewish News, la 28 août, 2008.)

En 2009, TIFF a annoncé que le festival allait inaugurer son nouveau programme, City to City, avec un « pleins feux » sur Tel-Aviv. Selon les notes de programmation écrites par Cameron Bailey, co-directeur du Festival et programmateur du volet City to City : « Les dix films dans l’édition 2009 du volet City to City témoignent des courants complexes qui se croisent à Tel-Aviv aujourd’hui. Alors qu’elle fête son centenaire en 2009, Tel Aviv est une ville jeune et dynamique qui, comme Toronto, célèbre sa diversité. »

L’accent mis sur la « diversité » en Ville à Ville est vide de sens, étant donné l’absence de cinéastes palestiniens dans le programme. En plus, ce que cette description ne révèle pas, c’est que Tel-Aviv est construite sur des villages palestiniens détruits, et que la ville de Jaffa, qui était au cœur de la vie culturelle palestinienne jusqu’en 1948, a été annexée à Tel-Aviv après l’exil en masse de la population palestinienne. Ce programme occulte la souffrance de milliers d’anciens résidents et leurs descendants de la région Tel Aviv/ Jaffa, qui vivent aujourd’hui dans des camps de réfugiés dans les territoires occupés, ou vivent dispersés dans d’autres pays, dont le Canada. La présentation sélective de la façade moderne et sophistiquée de Tel-Aviv, sans égard au passé et aux réalités de l’occupation israélienne des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, ce serait comme si on glorifiait la beauté et la vie élégante chez les communautés exclusivement blanches au Cap ou à Johannesburg pendant l’apartheid, sans reconnaître les cantons noirs de Khayelitsha et de Soweto.

Nous ne protestons pas contre les cinéastes israéliens inclus dans le programme City to City, et nous ne suggérons en aucune façon que le cinéma israélien devrait être exclu de TIFF. Toutefois, en particulier à la suite de l’assaut brutal de cette année sur Gaza, nous nous opposons à l’utilisation d’un festival international aussi important pour promouvoir une campagne de propagande au nom d’un régime que l’archevêque sud-africain Desmond Tutu, l’ancien président des États-Unis Jimmy Carter, et le président général des Nations-Unies Miguel d’Escoto Brockmann ont appelé un régime d’apartheid.

Cette lettre a été rédigée par le comité ad hoc suivant :

Udi Aloni, cinéaste, Israël ; Elle Flanders, cinéaste, Canada ; Richard Fung, vidéaste, Canada ; John Greyson, cinéaste, Canada ; Naomi Klein, écrivaine et cinéaste, Canada ; Kathy Wazana, cinéaste, Canada ; Cynthia Wright, écrivaine et universitaire, Canada ; b h Yael, cinéaste et vidéaste, Canada

Signée par :

Ahmad Abdalla, cinéaste, Égypte

Hany Abu-Assad, cinéaste, Palestine

Mark Achbar, cinéaste, Canada

Zackie Achmat, activiste de SIDA, Afrique du Sud

Ra’anan Alexandrowicz, cinéaste, Jerusalem

Anthony Arnove, éditeur et producteur, É.-U.

Ruba Atiyeh, cinéaste documentaire, Liban

Joslyn Barnes, écrivaine et productrice, É.-U.

John Berger, auteur, France

Dionne Brand, poète/écrivaine, Canada

Judith Butler, professeure, É.-U.

David Byrne, musicien, É.-U.

Guy Davidi, réalisateur, Israël

Na-iem Dollie, journaliste/écrivain, Afrique du Sud

Igor Drljaca, cinéaste, Canada

Eve Ensler, dramaturge et auteure, É.-U.

Eyal Eithcowich, cinéaste, Israël

Sophie Fiennes, cinéaste, Royaume-Uni

Peter Fitting, professeur, Canada

Jane Fonda, actrice et écrivaine, É.-U.

Danny Glover, cinéaste et acteur, É.-U.

Noam Gonick, réalisateur, Canada

Malcolm Guy, cinéaste, Canada

Mike Hoolboom, cinéaste, Canada

Annemarie Jacir, cinéaste, Palestine

Fredric Jameson, critique littéraire, É.-U.

Juliano Mer Khamis, cinéaste, Jenin/Haifa

Bonnie Sherr Klein, cinéaste, Canada

Paul Laverty, producteur, Royaume-Uni

Min Sook Lee, cinéaste, Canada

Paul Lee, cinéaste, Canada

Yael Lerer, éditeur, Israël

Jack Lewis, cinéaste, Afrique du Sud

Ken Loach, cinéaste, Royaume-Uni

Arab Lotfi, cinéaste, Égypte/Liban

Kyo Maclear, auteure, Canada

Mahmood Mamdani, professeur, É.-U.

Fatima Mawas, cinéaste, Australie

Tessa McWatt, auteure, Canada/Royaume-Uni

Cornelius Moore, distributeur de film, É.-U.

Yousry Nasrallah, réalisateur, Égypte

Rebecca O’Brien, producteur, Royaume-Uni

Pratibha Parmar, productrice/réalisatrice, Royaume-Uni

Jeremy Pikser, scénariste, É.-U.

John Pilger, cinéaste, Royaume-Uni

Shai Carmeli Pollak, cinéaste, Israël

Ian Iqbal Rashid, cinéaste, Canada

Judy Rebick, professeure, Canada

David Reeb, artiste, Israël

B. Ruby Rich, critique et professeure, É.-U.

Wallace Shawn, dramaturge et acteur, É.-U.

Eyal Sivan, cinéaste et universitaire, Paris/London/Sderot

Elia Suleiman, cinéaste, Nazareth/Paris/New York

Eran Torbiner, cinéaste, Israël

Alice Walker, écrivaine, É.-U.

Thomas Waugh, professeur, Canada

Howard Zinn, écrivain, É.-U.

Slavoj Zizek, professeur, Slovenie

Original:

Toronto Declaration: No Celebration of Occupation

An Open Letter to the Toronto International Film Festival:

September 2, 2009

As members of the Canadian and international film, culture and media arts communities, we are deeply disturbed by the Toronto International Film Festival’s decision to host a celebratory spotlight on Tel Aviv. We protest that TIFF, whether intentionally or not, has become complicit in the Israeli propaganda machine.

In 2008, the Israeli government and Canadian partners Sidney Greenberg of Astral Media, David Asper of Canwest Global Communications and Joel Reitman of MIJO Corporation launched “Brand Israel,” a million dollar media and advertising campaign aimed at changing Canadian perceptions of Israel. Brand Israel would take the focus off Israel’s treatment of Palestinians and its aggressive wars, and refocus it on achievements in medicine, science and culture. An article in Canadian Jewish News quotes Israeli consul general Amir Gissin as saying that Toronto would be the test city for a promotion that could then be deployed around the world. According to Gissin, the culmination of the campaign would be a major Israeli presence at the 2009 Toronto International Film Festival. (Andy Levy-Alzenkopf, “Brand Israel set to launch in GTA,” Canadian Jewish News, August 28, 2008.)

In 2009, TIFF announced that it would inaugurate its new City to City program with a focus on Tel Aviv. According to program notes by Festival co-director and City to City programmer Cameron Bailey, “The ten films in this year’s City to City programme will showcase the complex currents running through today’s Tel Aviv. Celebrating its 100th birthday in 2009, Tel Aviv is a young, dynamic city that, like Toronto, celebrates its diversity.”

The emphasis on ‘diversity’ in City to City is empty given the absence of Palestinian filmmakers in the program. Furthermore, what this description does not say is that Tel Aviv is built on destroyed Palestinian villages, and that the city of Jaffa, Palestine’s main cultural hub until 1948, was annexed to Tel Aviv after the mass exiling of the Palestinian population. This program ignores the suffering of thousands of former residents and descendants of the Tel Aviv/Jaffa area who currently live in refugee camps in the Occupied Territories or who have been dispersed to other countries, including Canada. Looking at modern, sophisticated Tel Aviv without also considering the city’s past and the realities of Israeli occupation of the West Bank and the Gaza strip, would be like rhapsodizing about the beauty and elegant lifestyles in white-only Cape Town or Johannesburg during apartheid without acknowledging the corresponding black townships of Khayelitsha and Soweto.

We do not protest the individual Israeli filmmakers included in City to City, nor do we in any way suggest that Israeli films should be unwelcome at TIFF. However, especially in the wake of this year’s brutal assault on Gaza, we object to the use of such an important international festival in staging a propaganda campaign on behalf of what South African Archbishop Desmond Tutu, former U.S. President Jimmy Carter, and UN General Assembly President Miguel d’Escoto Brockmann have all characterized as an apartheid regime.

This letter was drafted by the following ad hoc committee:

Udi Aloni, filmmaker, Israel; Elle Flanders, filmmaker, Canada; Richard Fung, video artist, Canada; John Greyson, filmmaker, Canada; Naomi Klein, writer and filmmaker, Canada; Kathy Wazana, filmmaker, Canada; Cynthia Wright, writer and academic, Canada; b h Yael, film and video artist, Canada

Endorsed By:

Ahmad Abdalla, Filmmaker, Egypt
Hany Abu-Assad, Filmmaker, Palestine
Mark Achbar, Filmmaker, Canada
Zackie Achmat, AIDS activist, South Africa
Ra’anan Alexandrowicz, Filmmaker, Jerusalem
Anthony Arnove, Publisher and Producer, USA
Ruba Atiyeh, Documentary Director, Lebanon
Joslyn Barnes, Writer and Producer, USA
Harry Belafonte, Musician/Actor, USA
John Berger, Author, France
Walter Bernstein, Screenwriter/Film Producer, USA
Dionne Brand, Poet/Writer, Canada
Daniel Boyarin, Professor, USA
Judith Butler, Professor, USA
David Byrne, Musician, USA
Noam Chomsky, Professor, USA
Julie Christie, Actor, USA
Nandita Das, Actor/Filmmaker, India
Guy Davidi Director, Israel
Na-iem Dollie, Journalist/Writer, South Africa
Igor Drljaca, Filmmaker, Canada
Eve Ensler, Playwright, Author, USA
Eyal Eithcowich, Director, Israel
Lynne Fernie, Filmmaker and Programmer, Canada
Sophie Fiennes, Filmmaker, UK
Peter Fitting, Professor, Canada
Jane Fonda, Actor and Author, USA
Danny Glover, Filmmaker and Actor, USA
Noam Gonick, Director, Canada
Malcolm Guy, Filmmaker, Canada
Rawi Hage, Writer, Canada
Anne Henderson, Filmmaker, Canada
Mike Hoolboom, Filmmaker, Canada
Annemarie Jacir, Filmmaker, Palestine
Gordon Jackson, Jazz Musician, South Africa
Fredric Jameson, Literary Critic, USA
Nadia Kamel, Filmmaker, Egypt
Juliano Mer Khamis, Filmmaker, Jenin/Haifa
Bonnie Sherr Klein Filmmaker, Canada
Joy Kogawa, Writer, Canada
Paul Laverty, Producer, UK
Min Sook Lee, Filmmaker, Canada
Paul Lee, Filmmaker, Canada
Yael Lerer, publisher, Tel Aviv
Mark Levine, Professor, USA
Jack Lewis, Filmmaker, South Africa
Ken Loach, Filmmaker, UK
Arab Lotfi, Filmmaker, Egypt/Lebanon
Kyo Maclear, Author, Toronto
Guy Maddin, Screenwriter/Director, Canada
Mahmood Mamdani, Professor, USA
Fatima Mawas, Filmmaker, Australia
Anne McClintock, Professor, USA
Tessa McWatt, Author, Canada and UK
Viggo Mortensen, Actor, USA
Cornelius Moore, Film Distributor, USA
Yousry Nasrallah, Director, Egypt
Joan Nestle, Writer, USA
Rebecca O’Brien, Producer, UK
Pratibha Parmar, Producer/Director, UK
Anand Patwardhan, Documentary Film Maker, India
Jeremy Pikser, Screenwriter, USA
John Pilger, Filmmaker, UK
Shai Carmeli Pollak, Filmmaker, Israel
Ian Iqbal Rashid, Filmmaker, Canada
Judy Rebick, Professor, Canada
David Reeb, Artist, Tel Aviv
B. Ruby Rich, Critic and Professor, USA
Wallace Shawn, Playwright, Actor, USA
Eyal Sivan, Filmmaker and Scholar, Paris/London/Sderot
Elia Suleiman, Fimmlaker, Nazareth/Paris/New York
Eran Torbiner, Filmmaker, Israel
Alice Walker, Writer, USA
Thomas Waugh, Professor, Canada
Christian Wiener Freso, President – Union of Peruvian Filmmakers, Peru
Debra Zimmerman, Executive Director Women Make Movies, USA
Howard Zinn, Writer, USA
Slavoj Zizek, Professor, Slovenia


Iran: De quel droit agissez-vous pire que tous les envahisseurs n’ont jamais traité les Iraniens? (Our country is under another siege of darkness and domination by outsiders)

18 septembre, 2009
Mongolian hordesL’armée de la République islamique et les corps des Gardes de la Révolution (…) ont la responsabilité non seulement de la sauvegarde des frontières mais également d’une mission religieuse, qui est la Guerre Sainte selon la voie d’Allah, et la lutte pour étendre la suprématie de la loi d’Allah dans le monde. Constitution islamique (L’Armée religieuse, préambules)
Ce jour-là, la stratégie de l’Ouest sera caduque, car une unique bombe atomique a le pouvoir de complètement détruire Israël, alors qu’une contre-attaque israélienne ne peut causer que des dégâts mineurs au monde musulman. Rafsandjani (Journée de Jérusalem, le 14 décembre 2001)
Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l’exportation de la révolution, puissent s’asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama? Reza Pahlavi
La légitimité et la crédibilité d’un régime politique ne s’apprécie pas qu’à la seule aune du vote populaire, mais également à celle de sa capacité à assurer le bien être de son peuple et d’œuvrer pour l’intérêt national dans le respect des droits de l’homme. Un pouvoir qui ne puisse satisfaire cette double exigence est aussi digne de confiance qu’un gouvernement d’occupation, c’est hélas, Monsieur Khamenei, le cas de l’Iran de ces trente dernières années. (…) Il n’existe, de par le monde, qu’une poignée de régimes ayant privé leurs peuples aussi bien des droits humains fondamentaux que conduit leurs pays à la faillite économique. Il n’est donc pas étonnant de compter parmi vos rares pays alliés la Syrie, le Soudan ou la Corée du Nord. Reza Pahlavi

En ce Nouvel An juif (Shana Tova à tous nos amis!) …

Et nouvelle « Journée de Jérusalem » qui voit chaque année depuis 1979 un régime iranien à bout de souffle menacer l’existence de l’une des plus anciennes civilisations de la région et du monde …

Comme au lendemain de l’annonce, par le Pleurnicheur en chef, de l’abandon d’un bouclier anti-missile (au profit de croiseurs antimissiles et missiles Patriot en Pologne ?) qui aurait pu protéger son propre pays comme l’Europe de la folie d’un régime de plus en plus aux abois …

Retour sur le puissant avertissement que vient d’envoyer aux mollahs la probablement seule alternative crédible au régime actuel, à savoir le prince héritier Reza Pahlavi, fils ainé du Chah.

Rappelant le bilan sanglant de 30 ans de dictature islamique et remettant magistralement en cause, pour ces obsédés de la loi islamique, leur droit à traiter leurs propres compatriotes « pire que tous les envahisseurs n’ont jamais traité les Iraniens »

Open letter of Crown Prince Reza Pahlavi to the Religious Authorities of the Regime

September 8 th, 2009

Fellow Iranians,

Since the day of Khomeini’s helicopter landing at the graveyard, and the conquest of nothingness, full of its emptiness, over our sacred country, the phrase “Second Qadisiyyah” resounded. The deceitful and shameful execution of our country’s courageous military officers, the murder of patriotic politicians, the especially vicious execution of the first female Iranian minister, and the systematic execution of all those brave, young, innocent Iranians who chose to dissent and, like Babak, held their position and rejected the jurist of ignorance and tyranny, all in all demonstrated one thing: our country is under another siege of darkness and domination by outsiders.

My countrymen,

Ata Malek Joveyni, the great historian of our land, describes the raid of the Mongolian army on Iran as such: “They came, uprooted, burned, killed, took and left.” This concise sentence, in my opinion, is the grandest and most descriptive short story of the long reprehensible history of desert-dwellers in our country. And I have no doubt that on the day after the fall of the current evil regime; history will bestow a similar phrase to describe their deeds.

Fellow Iranians,

Enough is enough. The time has come to accept our historic duty. Our nation is still suffering from historic shortcomings due to external or internal causes. But a new millennium has begun, and we are standing on the verge of a historic moment. It is in this vein that I ask each and every one of you to think clearly and choose wisely a way forth for our nation.

My dearest,

Let us come together and collaborate regardless of our ethnicity, kin, class, language, religion or beliefs. Let us do our historic duty in both the cultural and political arenas, and once and for all, close this chapter of our nation’s history. I, for my part, cannot tolerate seeing the children of Cyrus tossed like sacrificial lambs from university windows to their deaths while their murderers scream that this is being committed in the name of such-and-such “pious ones”.

I, for my part, cannot tolerate seeing the sons and daughters of this ancient land raped, tortured and killed and their lifeless bodies burned or covered in cement in this regime’s Halls of Injustice while they shamelessly and foolishly call this barbarism “jihad in the name of Allah”.

And it is in this vein that I address every figurehead of this insane regime of jurisprudence, especially those within the religious institution affiliated with the regime. It is the institution of religion that is today, without a doubt, at a great crossroads of historic destiny, not only for Iran, but for the whole of Iranian civilization.

The choice is this: Stand with the people and depart wholly from this regime, or remain allied with the regime and maintain the doctrine of tyranny and culture of torture.

Gentlemen,

It is in this vein that I address you and all those leaders who have ruled this land for 1,400 years in the name of religion, at times through an arbitrator, and for the past thirty years directly. I ask you to answer the simple questions of this unassuming Iranian:

How and with reference to which religious code is it that you gaze at this land as if it were foreign to you?

How and with reference to which religious code is it that you treat our country as if it is an orphan of history?

How and with reference to which religious code is it that you consider Iran’s historic inheritance worthy of sale and burning and flooding and destruction?

How and with reference to which religious code is it that you treat Iranians as servants, worthless and small, abusing their children, selling their women in different corners of the world, and mistreating and oppressing their men?

I ask you how and with reference to which religious code is it that the raping of the sons and daughters of this land is considered legal?

Gentlemen,

Today it is you and only you who rule our nation. In the end, it is you and your religious traditions that will have to answer for the past thirty years of legalized felony and destruction, so, why are you silent and remain indifferent? Why do you, the religious authorities and defenders of conscience, not acknowledge the endless injustice which has been unleashed upon the gentle and patient people of this land?

Why are you deaf to the incessant screaming of the victims, and why do you not reject the violence that has been unleashed upon the children of this ancient land, such as Mehdi and Taraneh? Why do you not stand with the people against the flagrant violence of the most deceitful regime in history which does not have an ounce of regard for human dignity? Seriously, why? Tell me, what is the motivation for this indifference against such clear oppression?

Clergymen,

I respect any faith which honors human dignity regardless of the culture and society from which it originates, and of course I will stand against any faith which disrespects human dignity, especially that of Iranians. So clarify your stance because my choice is as clear as day.

In choosing between that young Iranian who is sacrificed by being thrown out of the window and your altar, without a doubt, I will stand on the side of that broken Iranian, the afflicted son of Cyrus, and not at your altar.

May God protect Iran!

Reza Pahlavi

Voir aussi:

Iran: La lettre qui a mis le feu au régime
Iran-Resist
18.09.2009

Selon Courrier International, l’hebdomadaire qui participe -et nous en avons la preuve- à la désinformation des mollahs en Europe, Hassan Khomeiny, petit-fils du fondateur de la République islamique, serait la cible d’attaques répétées de la part de la presse conservatrice. Courrier International parle aussi de pressions sur les petits-fils de Montazéri, le n°2 de la révolution islamique. Via ses lobbies médiatiques, Téhéran cherche à améliorer l’image des pères fondateurs de la révolution islamique. A l’origine de cette opération se trouve une simple lettre.

Il y a plus d’une semaine (plus exactement le 8 septembre), Reza Pahlavi, qui jouit d’une très forte popularité en Iran [1], mais aussi parmi les exilés (surtout de gauche) qui le voient comme le seul à pouvoir fédérer toutes les oppositions laïques, a interpellé les membres du clergé chiite iranien pour leur demander de dénoncer 30 ans de crimes de la révolution islamique, de Khomeiny et du régime afin de ne pas être tenus pour responsables de ces crimes au lendemain d’une libération pas si lointaine.

Cette lettre publiée sur son site en persan, mais aussi en anglais a été lue par son auteur pour être diffusé en Iran via son site (qui a plus d’1 million de visiteurs par mois) et aussi par les médias de l’opposition ou encore via Youtube. La lettre a soulevé immédiatement l’enthousiasme de nos compatriotes aussi bien en Iran que parmi les exilés car elle passait en revue toutes les exécutions sommaires dont certaines restent gravées dans les mémoires en raison de leur extrême cruauté. Reza Pahlavi a cité le cas des militaires torturés et exécutés pour avoir été fidèles à la constitution iranienne, les ministres torturés et exécutés pour avoir appliqué des lois laïques mais aussi de jeunes gauchistes tués pour avoir affirmé qu’ils étaient non croyants. Reza Pahlavi a aussi cité les victimes du récent soulèvement du peuple Iranien.

Cette lettre a réellement captivé les Iraniens car elle a été un cri du cœur plein de colère (comme eux aussi le sont) et pétrie de franchise comme ils souhaiteraient l’être, mais ne le peuvent par la peur des persécutions. Reza Pahlavi a dit ce qui pèse sur les cœurs : la manière dont les mollahs détournent les revenus destinés au peuple et à la construction de l’Iran… le traitement qu’ils infligent à l’histoire de ce pays et les vestiges préislamique et pire encore, la manière ignoble qu’ils ont de traiter les enfants (surtout les fillettes) ou les femmes, vendues comme prostituées à des amis du régime, sans que le clergé, normalement garant de la vertu et défenseur du peuple, ne manifeste la moindre critique.

Reza Pahlavi a posé une question simple : « de quel droit agissez-vous ainsi, pire que tous les envahisseurs n’ont jamais traité les Iraniens ? »

Reza Pahlavi qui tout au long de ces 30 ans avait toujours invité les Iraniens à concevoir la libération sans colère ni vengeance a, cette fois, parlé à ses adversaires de ce désir de vengeance qui habite les Iraniens, ce désir que les mollahs feignent d’ignorer. Pour rester fidèle à son idéal d’un Iran apaisé qui regarderait vers l’avenir et non vers le passé, Pahlavi a exigé des religieux qui font partie du pouvoir de rompre leurs liens pour sauver leurs têtes, mais aussi pour permettre à ce peuple méritant de se libérer sans plus de souffrance.

Le régime a très mal négocié cette attaque : Il a répondu à Reza Pahlavi … preuve que ce dernier a un poids et qu’il avait tapé juste. Le régime a même produit deux réponses, l’une plus mauvaise que l’autre.

Dans un premier temps, il s’est braqué pour défendre le bilan de Khomeiny et de la révolution dans une lettre rédigée le 10 septembre par Jannati, le président du Conseil des Gardiens de la Constitution. C’était une réponse sans remord ni regret.

A un moment où l’on parle d’un nouveau soulèvement combiné avec une grève générale pour renverser le régime, cette réponse a été une gaffe, une provocation. Il a essayé de réparer en se montrant moins cassant et plus à l’écoute.

C’est ce que le régime a fait de pire dans cette affaire car il a alors agi conformément à son habitude de fabriquer des faux opposants : le 15 septembre, il a pondu sa propre lettre de dénonciation et de mise en garde adressée au clergé !

Cela donne une lettre vide et sans saveur signée par le soi-disant dissident Montazéri qui parle de tout sauf des sujets cités par Reza Pahlavi et qui préoccupent les Iraniens. Dans un automatisme désarmant, le régime a complété le tableau par une soi-disant persécution à l’encontre de l’auteur et de sa famille.

Par ces réactions, le régime a prouvé qu’il ne savait pas répondre à une attaque inattendue sur son bilan et sur Khomeiny. Téhéran aurait dû ignorer la lettre ou bien rester sur la première réponse.

Que de panique pour un cri du cœur ! Que fera le régime quand les Iraniens scanderont « mort à la république islamique » ouvertement dans les rues et non dans l’obscurité de la nuit sur les toits de leurs maisons ?

La lettre de Reza Pahlavi a été une bombe, le régime a répondu par des pétards mouillés. Cela nous donne de l’espoir.

Voir enfin:

Message du Prince Reza Pahlavi:

Avertissement à Monsieur Ali Khamenei et à ses acolytes

Mercredi 21 Mai 2008

Comme une large majorité de mes compatriotes, je ne reconnais aucune légitimité juridique à votre pouvoir tyrannique, despotique et dépourvu de toute valeur morale. Bien que trompé sur vos véritables desseins, le peuple a donné par sa participation une légitimité à la révolution. Cette légitimité a été perdue par l’instauration et la poursuite dans la terreur et la corruption du régime fondé sur le magistère du guide suprême religieux.

La légitimité et la crédibilité d’un régime politique ne s’apprécie pas qu’à la seule aune du vote populaire, mais également à celle de sa capacité à assurer le bien être de son peuple et d’œuvrer pour l’intérêt national dans le respect des droits de l’homme. Un pouvoir qui ne puisse satisfaire cette double exigence est aussi digne de confiance qu’un gouvernement d’occupation, c’est hélas, Monsieur Khamenei, le cas de l’Iran de ces trente dernières années.

Depuis presque trente ans votre politique d’intimidation et de terreur a réduit à néant la liberté d’expression et de vote du peuple iranien. De notre vaste pays, vous n’avez fait qu’une large prison sans presse libre ni partis politiques indépendants pouvant être les portes paroles et défenseurs des différentes couches de la société.

Depuis son instauration, votre régime abuse toutes les couches de la société iranienne dans ses droits les plus élémentaires :

Je pense à nos travailleurs qui ont juste le droit de se taire mais jamais celui de pouvoir exprimer leurs revendications en se constituant en syndicats ;

Je pense à la bravoure de nos millions d’étudiants, ces portes paroles vigilants du peuple d’Iran, qui chaque fois qu’ils ont exprimé leur soif de démocratie ou défendu les intérêts de la nation n’ont reçu comme seules réponses que la prison, la torture ou la mort.

Je pense aux femmes d’Iran dont vous avez fait des citoyennes de seconde zone. Ces mères et filles démunies de notre patrie que votre régime maintient dans sa forteresse moyenâgeuse et qui luttent pour briser les chaines de la honte.

Je pense à ces religieux vertueux, réprimés pour avoir exprimé leur opposition et dénoncé que votre régime porte atteinte à la foi religieuse d’une large partie de la population.

De plus, vous avez fait des élections du Parlement une vulgaire mascarade truquée, un outil honteux dans le seul but de tromper notre peuple. Sans l’existence de partis politiques et de médias libres et d’une justice indépendante, vos « élections » sont comparables à celles qui avaient cours en ex URSS.

Monsieur Khamenei, votre inaptitude chronique ainsi que celle de vos prédécesseurs à satisfaire les besoins économiques minimaux du peuple d’Iran accentue l’illégitimité de votre régime despotique.

Je pense à nos ressources, à nos talents et à la place que l’Iran devrait occuper aujourd’hui dans le monde. Votre incompétence devient coupable alors que les revenus pétroliers de l’Iran de ces trente dernières années ont été nettement supérieurs à ceux du passé. Votre théocratie prive non seulement le peuple iranien de ses droits et libertés fondamentaux, mais après avoir hérité d’un Etat riche, prospère et servant de modèle de développement à toute la région, a amené notre pays au désastre et à la faillite économique, à l’hyperinflation et au chômage massif. Il n’existe, de par le monde, qu’une poignée de régimes ayant privé leurs peuples aussi bien des droits humains fondamentaux que conduit leurs pays à la faillite économique. Il n’est donc pas étonnant de compter parmi vos rares pays alliés la Syrie, le Soudan ou la Corée du Nord.

Dès le début de votre prise de pouvoir, vous avez insulté et humilié les grands héros de notre histoire, démontrant ainsi votre animosité à l’égard de notre identité et de notre culture, qui sont les véritables fondements des liens qui unissent notre peuple depuis des milliers d’années. Vous avez opprimé nos différentes communautés ethniques et minorités religieuses, affaiblissant ainsi notre coexistence pacifique et notre solidarité nationale. Dans le même esprit, dès le commencement de votre régime, vous avez œuvré à la destruction de notre puissante armée et exécuté ses chefs donnant au gouvernement irakien l’opportunité d’attaquer notre chère patrie.

Dans le but de dominer l’Irak et d’atteindre Jérusalem, vous avez prolongé la guerre en sacrifiant la vie des centaines de milliers de jeunes et d’adolescents et dilapidé d’énormes richesses. Cette guerre, vous l’avez tant prolongé que notre Iran, bien qu’agressé à l’origine, a été désigné co-agresseur par la communauté internationale et les Nations-Unies. En violant l’un des plus anciens et incontestables principes de droit international, avec l’occupation de l’ambassade des Etats-Unis et la prise d’otage de ses diplomates et en poussant ce pays à rompre ses relations avec l’Iran, vous avez fait supporter, à notre peuple, un coût économique et politique sans précédent.

Monsieur Khamenei, le non respect des droits et libertés fondamentaux du peuple iranien ainsi que l’accroissement des difficultés économiques sont intolérables pour notre peuple, mais votre politique qui consiste à générer des crises dans l’ensemble de la région, menace aujourd’hui la sécurité et l’intégrité territoriale de notre patrie.

Il est établi que dans les années précédant votre conquête du pouvoir, vous et vos complices avez théorisé et planifié l’utilisation de la religion comme un levier pour intervenir dans les affaires des pays voisins de l’Iran. D’ailleurs, dans le préambule de la Constitution de la République islamique, cette volonté est clairement affirmée.

Par votre ingérence directe ou indirecte dans les affaires des voisins de l’Iran, comme l’Irak, le Liban, la Palestine et l’Afghanistan ; et par votre soutien politique, financier et militaire, aux mouvements les plus extrémistes ennemis de la liberté et de la coexistence pacifique, vous avez associé le nom de l’Iran à ces organisations criminelles et terroristes. La conséquence de votre politique est que l’Iran est mis aujourd’hui au ban des nations. Si certains esprits naïfs dans le monde n’avaient pas encore réalisé le véritable rôle direct de votre régime dans les troubles et tueries effectués dans les pays voisins de l’Iran, les aveux prononcé récemment par votre vieux complice, Monsieur Mohammad Khatami, ne laissent plus aucun doute pour personne.

Cependant, en provoquant la communauté internationale et en recherchant la confrontation permanente, vous tentez d’atteindre votre objectif principal qui est de détourner l’opinion publique iranienne. En effet, sous le prétexte de posséder l’énergie nucléaire pour un usage civil, vous recherchez en réalité à obtenir des armes de destruction massive afin que l’Iran fasse une nouvelle fois l’objet de menaces et d’attaques. A cause de votre politique, notre patrie fait face à une crise extrêmement dangereuse et sans précédent. Une aventure clairement rejetée par notre peuple.

Le peuple avisé et clairvoyant d’Iran ne perçoit son intérêt, ni dans vos interventions armées et sournoises en Irak, au Liban et en Palestine, ni dans votre haine à l’égard des sociétés libres et développées du monde, ni dans votre course folle pour l’obtention de l’arme nucléaire. La nation iranienne n’ignore pas que bien avant la Révolution notre pays avait la compétence nécessaire et le droit d’obtenir l’énergie nucléaire et ce avec le soutien et la collaboration de la communauté internationale ; car aucun pays ne doutait des objectifs et de la politique de notre gouvernement de l’époque. Mais, avec votre politique agressive et provocante, vous avez anéanti cette atmosphère de confiance, et vous avez poussé la majorité des Etats du monde à prendre position contre l’Iran. Ainsi, vous cherchez à obtenir de nouveaux prétextes pour réprimer encore davantage le peuple d’Iran.

Monsieur Khamenei, bien qu’au début de cette lettre j’ai affirmé qu’aux yeux de mes compatriotes votre régime soit dépourvu de toute légitimité, cependant mon amour de la patrie et mon inquiétude à l’égard du destin de mes compatriotes m’obligent à vous avertir que vous et vos confrères êtes les principaux responsables de toute atteinte qui serait portée, par quelque force que ce soit, à l’intégrité et à la souveraineté de l’Iran.

Monsieur Khamenei je vous mets en garde; si une telle catastrophe se produit, votre destin sera comparable à celui de ces tyrans qui ces dernières années ont été traduits devant le Tribunal Pénal International pour crime contre l’humanité. Si vous ne tirez aucune leçon du destin de ces derniers, si la liberté et le bien être des Iraniens n’occupe aucune place dans votre cœur et dans votre esprit, au moins préoccupez vous de l’avenir de cette Terre qui vous a vu naître.

Aujourd’hui, vous pouvez encore solliciter le pardon de la nation, mais soyez averti que si vous n’acceptez pas les souhaits du peuple alors sa colère brisera votre pouvoir pharaonique et vous devrez répondre de trente ans de malheurs et d’injustices.

Que Dieu protège l’Iran.
Reza Pahlavi


Energies: Le politiquement correct coûte cher (Like forcing Greenland and the Sahara to quadruple their cereal production just for the example)

17 septembre, 2009

Your windmill kitIl faudrait tout de même s’interroger sur le coût pour la collectivité des transports publics urbains. C’est un mode de transport adapté au centre-ville – et tout ce qui devait être fait a été fait -, pas à la banlieue. En dehors des centres urbains, il est peu rentable. (…) La réalité, c’est que l’on se déplace en banlieue deux fois plus vite en voiture qu’en transport en commun, et que cela coûte beaucoup moins cher à la collectivité. (…) Le tramway par exemple coûte très cher, et souvent ne sert qu’à donner une image de modernisme au maire de la ville, dans un but électoral.
La bataille du CO2 se jouera, se gagnera ou se perdra, en Chine, en Inde, en Russie ou au Brésil. (…) Imaginons que la famine menace le globe, et qu’il soit impérieux d’augmenter la production de nourriture dans le monde (comme il est impérieux de diminuer les rejets de CO2). Que dirait-on d’une méthode planificatrice qui obligerait le Groenland et le Sahara à multiplier par quatre leur production de céréales, en alléguant que des zones plus fertiles vont « suivre cet exemple »? Rémy Prudhomme

A l’heure où le fond de l’air est chaque jour un peu plus vert …

Et où, sur fond d’opérations démagogiques comme la Journée du transport à 1 euro voire la gratuité des transports, les municipalités de nos villes sont reparties à la chasse aux crédits (hausses des impôts fonciers) …

L’économiste de l’Institut d’urbanisme de Paris Rémy Prudhomme remet quelques pendules à l’heure.

Notamment sur l’extension aux banlieues des transports collectifs des centres-villes, qui se révèlent à la fois inadaptés (moins rapides) et bien plus coûteux que les véhicules individuels.

Mais aussi sur les énergies renouvelables à la fois beaucoup moins utiles (1 000 heures de fonctionnement annuel pour un panneau solaire contre 7 000 pour une installation nucléaire) 1 000 heures et beaucoup plus chères (4 centimes le kWh éolien ou plus de 20 centimes le kWh solaire contre 2 centimes le kWh nucléaire, dont, à moins de passer à la fusion ou à la surgénération, le combustible – l’uranium – devrait certes être épuisé dans à peine 50 ans contre plus de 180 pour le charbon).

Ou les subventions plus ou moins hypocrites ( l’obligation d’achat par EDF de l’électricité éolienne ou de l’électricité solaire au double ou davantage de leur coût).

Soit un surcoût, pour les consommateurs que nous sommes (pour moitié en cadeau aux grands groupes énergétiques) qui dépassera à l’horizon 2020 les 5 milliards d’euros.

Sans parler, au-delà de la question de la réalité ou non du réchauffement climatique, de la folie du traitement hexagonal d’un problème mondial. Réduire de moitié les rejets d’un pays qui ne représente que 0,8 % des rejets du globe (moins de 200 tonnes par million de dollars de PIB produit contre 300 pour l’Allemagne, 500 pour les Etats-Unis, le Brésil ou le Mexique et plus de 2 500 pour la Chine et la Russie) aurait non seulement un impact négligeable mais pourrait même être contre-productif (« si une activité qui rejette 100 tonnes de CO2 est chassée hors de France et s’installe dans un pays où elle rejette 200 tonnes »).

Et de vouloir le faire comme actuellement indépendamment de leur coût. « A 300 ou 500 € la tonne de CO2 économisée » comme pour nombre des réductions du Grenelle de l’environnement, « le prix à payer pour réduire à 24 milliards de tonnes les rejets du globe en 2050 s’élèvera non pas à 1 %, mais à 5 ou 6 % du PIB mondial ».

La méthode économique consistant, pour atteindre le même objectif, à imposer partout dans le monde (et notamment dans les grands gisements de réduction de CO2 à un coût raisonnable que sont les pays émergents) une taxe carbone, avec au besoin une « assistance carbone » compensatrice des pays riches aux pays pauvres …

« La voiture coûte moins cher à la collectivité »

Rémy Prudhomme

20 minutes

le 17.09.09

Pensez-vous que le prix des transports publics augmentera ces prochaines années ?

Les fonds publics ne sont pas infinis, donc c’est sans doute l’usager qui paiera, que ce soit par l’impôt ou via le prix du ticket. Mais il faudrait tout de même s’interroger sur le coût pour la collectivité des transports publics urbains (TPU). C’est un mode de transport adapté au centre-ville – et tout ce qui devait être fait a été fait -, pas à la banlieue. En dehors des centres urbains, il est peu rentable.

Pourtant on entend dire qu’il faut densifier ces proches banlieues, il faudra donc bien y développer une offre de transports ?

Mais les gens, eux, veulent s’éloigner pour trouver des terrains moins coûteux. La réalité, c’est que l’on se déplace en banlieue deux fois plus vite en voiture qu’en transport en commun, et que cela coûte beaucoup moins cher à la collectivité.

Vous ne croyez donc pas à un développement massif des TPU ces prochaines années ?

Cela peut être nécessaire selon les besoins des collectivités, mais il y a quand même des projets déraisonnables en cours, que l’on ne devrait pas faire. Le tramway par exemple coûte très cher, et souvent ne sert qu’à donner une image de modernisme au maire de la ville, dans un but électoral.

Le projet de Nicolas Sarkozy, qui consiste à verser 35 milliards d’euros pour les transports dans le Grand Paris vous paraît-il aussi déraisonnable ?

Le Président a la dépense facile, mais cela peut se révéler raisonnable économiquement car il y a de grands pôles d’emploi. L’Ile-de-France représente un marché du travail considérable qu’il n’est pas absurde de vouloir développer pour créer de la richesse. W

Recueilli par M. B.

Voir aussi:

Débat – Eolien et solaire : le coût du conformisme

Rémy Prudhomme

Le Journal européen du développement durable

11 mars 2008

Rémy Prud’homme, professeur émérite à Paris XII, veut sortir de l’opposition artificielle faite en Europe entre énergies fossiles, donc mauvaises, et énergies renouvelables, donc propres. Une division qui fait l’impasse sur l’énergie nucléaire.

La vision dominante est qu’il y a deux types d’énergie : les mauvaises, les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), et les bonnes, les énergies renouvelables (vent, soleil, biomasse). Les énergies fossiles, qui sont de très loin les plus importantes, ont en effet des inconvénients très graves. Elles sont de plus en plus rares, et donc de plus en plus chères. Elles sont importées, et souvent de pays pas très stables. Enfin, leur consommation est la principale source de rejets de CO2 et donc la principale cause du réchauffement climatique. Trois raisons très fortes pour remplacer ces énergies fossiles par des énergies renouvelables qui n’ont aucun de ces inconvénients. C’est ce raisonnement simple qui motive la décision de l’Union Européenne et du Grenelle de l’Environnement de porter à plus de 20% la part des énergies renouvelables d’ici à 2020, à n’importe quel prix. Le raisonnement apparaît imparable. Il est faux.

La raison en est que cette vision dominante fait l’impasse sur l’énergie nucléaire, l’une des grandes innovations technologiques du vingtième siècle. C’est par un véritable tour de prestidigitation que le politiquement correct transforme la nécessité de réduire l’énergie fossile en nécessité d’augmenter les énergies renouvelables. En réalité, il n’y a pas deux types d’énergie, mais bien trois : fossile, renouvelable, et nucléaire. L’énergie nucléaire n’a aucun des trois péchés des énergies fossiles. Son prix, qui est bas, n’augmentera pas. Elle est presque totalement produite chez nous (le coût de l’uranium importé, facilement stockable et très abondant, est négligeable dans le coût total). Enfin, elle ne rejette pas de CO2. Contre les inconvénients des énergies fossiles, le nucléaire lutte clairement dans le même bataillon que les énergies renouvelables. Il en est même le meilleur soldat.

Mais il n’est pas du tout considéré comme tel à Bruxelles et à Grenelle. Le 20% d’énergie renouvelable à atteindre s’entend explicitement hors nucléaire. Le nucléaire est l’une des trois grandes haines du credo écologiste (avec la haine des véhicules automobiles et la haine des OGM). Plutôt des centrales au charbon qui rejettent des millions de tonnes de CO2 que des centrales nucléaires qui n’en rejettent pas ! Dans les pays européens qui n’ont pas d’industrie nucléaire et qui n’en veulent à aucun prix, l’objectif de l’Union Européenne de réduire à moins de 80% la part des énergies fossiles ne peut être atteint qu’au moyen de l’éolien, du solaire ou de la biomasse. Mais il en va différemment en France. La part de l’énergie fossile est déjà réduite à 70% environ, grâce au nucléaire (20%) et avec une part faible (10%) d’énergies dites renouvelables. Porter cette part à 20% est totalement injustifié parce que nuisible et coûteux.

Pour le comprendre, il faut considérer qu’une partie importante de l’énergie consommée l’est sous forme d’électricité. L’électricité est elle-même produite à partir de combustible fossiles (11% en France), d’énergie renouvelables (moins de 1%), de centrales hydrauliques (10%), et surtout de centrales nucléaires (78%). Augmenter l’énergie renouvelable en France, c’est changer ce cocktail en augmentant fortement (à 7 ou 8 % peut-être) la part de l’électricité solaire et éolienne, et en réduisant corrélativement la part de l’électricité nucléaire. Hélas, l’électricité renouvelable est à la fois beaucoup moins utile et beaucoup plus chère.

Moins utile. Une installation nucléaire fonctionne environ 7 000 heures par an, une éolienne environ 2 000 heures, un panneau solaire 1 000 heures. Surtout, éoliennes et panneaux solaires fonctionnent lorsque la météorologie le veut bien, et elle ne le veut pas nécessairement lorsque l’on a besoin d’électricité. Pour les pointes des soirées d’hiver froides, ne comptez pas sur le solaire. La fourniture d’électricité renouvelable, imprévisible, parfois à prendre au moment où l’on n’en a que faire, et souvent absente lorsqu’on en a besoin, peut même être une charge plus qu’une aide pour le réseau.

Plus chère. Le kWh nucléaire revient à peu près à 2 centimes (d’euro), le kWh éolien à 4 centimes, le kWh solaire à plus de 20 centimes. L’électricité renouvelable est donc de deux à au moins dix fois plus consommatrice de ressources rares que l’électricité nucléaire. Elle ne peut se développer qu’à condition d’être lourdement subventionnée. C’est bien ce qui se passe. Ces subventions prennent une forme particulièrement hypocrite : l’obligation d’achat par EDF de l’électricité éolienne au prix de 8 centimes le kWh et, tenez-vous bien, l’obligation d’achat de l’électricité solaire au prix de 55 centimes le kWh. Deux conséquences évidentes.

En obligeant EDF à acheter 8 ou 55 centimes ce qu’elle peut produire à 2 centimes, on augmente (de la différence) ses coûts, donc ses prix. On ampute d’autant le pouvoir d’achat des consommateurs. Pour des montants qui augmentent d’année en année, et qui vont vite devenir considérables. En 2020, si les objectifs de Grenelle sont atteints (et les mécanismes sont en place pour qu’ils le soient), on peut estimer que le surcoût éolien et solaire dépassera les 5 milliards d’euros. Comme la consommation d’électricité augmente moins vite que le revenu, cet impôt-là sera particulièrement régressif.

En obligeant EDF à acheter 8 ou 55 centimes ce qui coûte 4 ou 20 à produire, on crée une rente admirable pour les producteurs. Le plus fort est cette rente leur a été donnée par le politiquement correct, et qu’ils ne se sont, semble-t-il, même pas battus pour l’obtenir. Mais ils l’ont vite repérée, et tous les grands groupes se ruent sur des investissements sans risques (marché garanti) et à gros profits (achat au double du coût). Et on peut être sûr qu’ils se battront pour la conserver, cette rente. Elle est en gros la moitié du surcoût payé par les consommateurs.

Le politiquement correct coûte cher. Des 5 milliards ainsi prélevés sur le pouvoir d’achat en 2020 par la promotion des énergies renouvelables, la moitié sera du gaspillage pur et simple (le refus de la technique la moins coûteuse), l’autre moitié un cadeau aux grands groupes énergétiques. Au nom de l’environnement. Sans aucun gain pour l’environnement. Avec les compliments de MM. Borloo et Barroso.

Voir enfin:

Rémy Prud’homme: Les deux politiques du climat

Débat&Co
Institut de l’entreprise

le 05 mars 2008

Dans une tribune sur le site Débat&Co, espace de débats de l’Institut de l’entreprise, Rémy Prudhomme analyse les deux grandes politiques visant à protéger le climat : la méthode planificatrice (de la France et de l’Europe), et la méthode économique (avec une taxe carbone généralisée).

Acceptons la vision dominante sur les constats et les objectifs du réchauffement climatique, comme le fait par exemple l’excellent rapport Stern. Premièrement, en l’absence de politique volontariste de réduction des rejets annuels de CO2, le principal gaz à effet de serre d’origine humaine, nous allons à la catastrophe. Deuxièmement, une politique raisonnable est possible, qui consiste à réduire les rejets annuels de CO2 à environ 24 milliards de tonnes en 2050, soit environ 25 % de moins qu’en 2000. Cette politique limiterait le réchauffement, et ses dégâts. Elle coûterait environ 1 % du PIB.

Il y a un certain consensus sur cet objectif, mais pas sur la façon de l’atteindre. Deux méthodes s’affrontent : la méthode planificatrice, qui est celle de la France (et de l’Europe), d’un côté ; la méthode économique, avec une taxe carbone généralisée, de l’autre.

La méthode planificatrice consiste à dire : si le globe doit réduire ses rejets de 25 % par rapport à 2000, nous, pays riches, devons les réduire bien davantage. Bizarrement, en France, le -25 % a été transformé en -50 %. On a ensuite décidé que nous devions faire deux fois plus fort que les autres, et donc que nos rejets devaient être divisés par quatre d’ici 2050, dans chacun des secteurs. On en a déduit un long catalogue d’interdictions et d’obligations. Cette méthode est aussi inefficace que coûteuse.

Tout d’abord, traiter hexagonalement un problème mondial n’est pas une façon de le résoudre. En 2050 les rejets de la France représenteraient 0,8 % des rejets du globe (en l’absence de politiques volontaristes). Les réduire de 25 % ou de 50 % ou même de 75 % aurait un impact négligeable sur le total des rejets. Bon pour notre conscience, désastreux pour la planète. La méthode peut même être contre-productive : si une activité qui rejette 100 tonnes de CO2 est chassée hors de France et s’installe dans un pays où elle rejette 200 tonnes, notre zèle aura augmenté, pas réduit, les rejets mondiaux. La bataille du CO2 se jouera, se gagnera ou se perdra, en Chine, en Inde, en Russie ou au Brésil. Des politiques qui, par construction, ignorent ce que font ces pays n’atteindront certainement pas l’objectif de réduction globale visé.

La réponse à cette objection de bon sens tient en un mot : exemplarité. Si nous nous flagellons avec assez d’ostentation et d’obstination, les autres vont nous imiter. Cette foi dans la contagion de la vertu est naïve et irréaliste. La preuve en est que l’exemple, nous le donnons déjà, et qu’il n’est pas du tout suivi. La France est le pays du monde qui rejette le moins de CO2 par million de dollars de PIB produit : moins de 200 tonnes, à comparer avec 300 tonnes pour l’Allemagne, 500 pour les Etats-Unis, le Brésil ou le Mexique, plus de 2 500 pour la Chine et la Russie. Si l’exemplarité suffisait, tous les pays du monde s’aligneraient sur notre efficacité énergétique actuelle (pas même besoin d’une efficacité multipliée par quatre !), et l’objectif recherché serait atteint. Rien de tel ne se produit, hélas, ni ne se produira spontanément.

Ensuite, cette méthode planificatrice est sottement coûteuse. Lorsque le rapport Stern évalue à 1 % du PIB mondial le coût de la réduction des rejets de CO2 qu’il préconise, c’est à condition que les réductions soient faites là où elles coûtent le moins cher. En gros, si toutes les réductions qui coûtent moins de 20 € la tonne, et seulement celles-là, sont faites (le chiffre de 20 € est une estimation approximative). Mais si quelque Gosplan décide des réductions indépendamment de leur coût, ce qui est le cas actuellement (beaucoup des réductions du Grenelle de l’environnement coûtent 300 ou 500 € la tonne de CO2 économisée), alors le prix à payer pour réduire à 24 milliards de tonnes les rejets du globe en 2050 s’élèvera non pas à 1 %, mais à 5 ou 6 % du PIB mondial. Loin d’inciter les pays gros pollueurs à nous imiter, nos coûts élevés les en dissuaderont : exemplarité à l’envers.Qu’on le veuille ou non, les grands gisements de réduction de CO2 à un coût raisonnable ne sont pas chez nous, ils sont dans les pays émergents et un peu aussi aux Etats-Unis. Imaginons que la famine menace le globe, et qu’il soit impérieux d’augmenter la production de nourriture dans le monde (comme il est impérieux de diminuer les rejets de CO2). Que dirait-on d’une méthode planificatrice qui obligerait le Groenland et le Sahara à multiplier par quatre leur production de céréales, en alléguant que des zones plus fertiles vont « suivre cet exemple » ? La méthode planificatrice actuelle apparaît donc largement comme une impasse tragique.

La méthode économique consiste, pour atteindre le même objectif, à imposer partout dans le monde une taxe carbone, c’est-à-dire à faire payer 20 € à tous ceux qui rejettent une tonne de CO2 dans l’atmosphère commune. Pas pour les punir. Mais pour pousser tous ceux d’entre eux qui peuvent réduire leurs rejets à un coût moindre, à le faire. Cela stimulerait aussi chercheurs et industriels à trouver et à mettre en œuvre les innovations technologiques indispensables. Les spécialistes de l’Agence Internationale de l’Energie, et même du GIEC, nous assurent que cela suffirait à atteindre l’objectif de 24 milliards de tonnes de rejets de CO2 en 2050.

Cette taxe est évidemment inacceptable telle quelle pour les pays pauvres, qui sont les moins efficaces en CO2. La solution passe donc nécessairement par une « assistance carbone » compensatrice des pays riches aux pays pauvres.

Ce que nous pouvons faire, ce que nous devons faire, c’est aider ces pays à qui la nécessaire taxe carbone imposerait un fardeau injuste. C’est le meilleur usage que nous pouvons faire de nos ressources rares. Payer, hélas, mais payer utile. Non pas dépenser 1 000 € pour éviter un rejet d’une tonne de CO2 en France, mais dépenser 1 000 € pour économiser un rejet de 100 tonnes en Chine. Cette assistance peut prendre diverses formes, largement à inventer. L’une d’entre elles, peut-être la plus facile à mettre en œuvre, repose précisément sur la taxe carbone. Elle consiste à ce que tous les pays imposent la même taxe de 20 € par tonne de CO2 — pour l’efficacité — mais que les pays riches donnent aux pays pauvres tout ou partie du produit de cette taxe — pour la justice.


Présidence Obama: Assez de belles phrases! (This constant return to these soaring cadences that deliver banalities)

16 septembre, 2009
Obama doctrine Je pense qu’une part écrasante de l’intense animosité qui s’est exprimée envers le président Barack Obama tient au fait qu’il est noir, qu’il est afro-américain. Jimmy Carter (NBC, le 15.09.09)
Le temps des chamailleries est révolu. Le temps des petits jeux est terminé. Le moment est venu d’agir. Le moment est venu de réunir les meilleures idées des deux partis et montrer aux Américains que nous pouvons faire ce que nous avons été envoyés ici pour faire. Le moment est venu de ne pas trahir leurs attentes sur les soins de santé. Barak Hussein Obama
Le président devrait faire attention à ce retour constant aux cadences si altières qui ne renferment que des banalités. On ne peut pas ressembler à Lincoln s’il n’y a vraiment aucun message. Victor Davis Hanson
Qui sait? Peut-être qu’ils suivront le même plan que pour la guerre au terrorisme, quand ils ont condamné les tribunaux d’exception, l’externalisation des interrogatoires, les assassinats ciblés, etc. comme faisant partie de l’ordre du jour totalitaire de Bush – et puis arrivés au pouvoir ont tout adopté: ils pourraient reprendre des idées de certains modérés et conservateurs, déclarer que ce sont les leurs et en tirer une version améliorée de ce que nous avons maintenant comme preuve de l’habileté politique d’Obama. (…) On ne peut pas réinventer la physique et dire qu’il n’y a aucune conséquence à plonger le pays dans des déficits à 2 000 milliards annuels ou penser que s’excuser et apaiser des gaillards plutôt glauques comme Ahmadinejad, Chavez, Ortega, Poutin et compagnie n’aura pas de conséquences à un moment ou un autre. (…) C’est la faute à Bush commence à dater un peu au bout de 8 mois. Victor Davis Hanson

Alors que, comme prévu par notre commentateur préféré, les amis d’Obama ont déjà commencé à sortir l’accusation de racisme pour excuser l’effondrement de leur poulain dans les sondages (jusqu’à 47% d’avis favorables contre 52% de négatifs – certes pour le seul institut Rasmussen – à la fin de l’été!) …

Retour, avec une récente tribune et un entretien de Victor Davis Hanson, sur la manie des belles phrases à la Martin Luther King (« Now is the time » … répété ad nauseum) de l’auteur du hold up du siècle censées vendre à présent sa tentative de nationalisation du système de santé.

Et l’obligation, où il va bientôt se trouver, de choisir entre la réinvention centriste de lui-même comme Clinton en 1994 suite à l’échec de son propre plan santé.

Ou, à la Carter, de continuer à s’enferrer dans son arrogance moralisatrice et à terme de disparaître dans les oubliettes de l’histoire comme le pire président de l’histoire américaine récente.

Le fait que ce soit Carter lui-même qui ait le premier brandi l’excuse du racisme étant d’ailleurs aussi peu surprenant que peu rassurant pour la suite…

September 14, 2009
Obama’s Address to Congress Didn’t Quite Do It
Victor Davis Hanson
Pajamas Media

Obama’s problem with warning Americans about bickering, partisan politics, lying, and misrepresentation Wednesday night is that his green advisor Van Jones just left after it was disclosed that he called Republicans “a–holes”, whites polluters/more prone to mass murder in schools, and charged the former President with involvement in 9/11. Obama said nothing about such “lying” and “misrepresentation” in his administration — other than to warn school kids to be careful what they put on facebook, twitter and the internet since it can be brought back up for the rest of their lives (i.e., poor Van Jones).

Like ‘hope and change’, ‘this is our moment’, and the now old ‘greatest time in history’ tropes, so too we are getting used to a highly partisan president complaining about partisanship.

Yet, all the American people wanted to hear Wednesday night was 1) the rough cost and where the money comes from (not more gimmicks that bad people will have to cut their profits or magic savings will come from waste and fraud [if the latter is really true, why not bank the savings right now?]); 2) how those who fall through the cracks will be covered (is it 30, 46, or how many million in Obama’s latest version?); and some appreciation that a great system can be improved, rather than the old anecdotes about victims of bad people that we’ve become used to on the campaign trail. (Trying to attach his agenda to the condolences of Ted Kennedy or raising the bloody shirt that more will “die” will not scare or charm a reluctant public that likes its present health and is uneasy about a state-run plan with caretakers of the likes of a Geithner or Jones. Most believe that more will in fact die if we have a Canadian or British style system that devolves into rationing care.)

The President really has to watch this constant return to these soaring cadences that deliver banalities. One cannot sound like Lincoln if there really is no message. It is time to move on, ignore criticism, and offer something that most can work with; instead, after 9 months we are getting a ‘they are mean to me’ whine at about every speech and photo-op, in the manner of biblical prophets who lash out at doubters.

Obama never gives many concrete details, nor gets precise and concise, and now one wonders whether it is because he simply thinks he can go to the hope-and-change/soar-like-an-eagle mode, and we will once more get mesmerized, or he has nothing to say at all, or both. But most caught on to all that, and now want a plan, not a prophet.

Bottom line? Obama should just borrow from the Republican plan, assure the Democrats he’s extending coverage to those uncovered, and then, and only then, go back to his eagle routine and soar with it in the stratosphere with “I alone hoped and changed healthcare.”

Voir aussi:

September 15, 2009
Why Obama Blinked
Jamie Glazov
Frontpage Magazine

Frontpage Interview’s guest Victor Davis Hanson sheds light on the unfolding drama of a president whose unpopular proposals threaten to ruin his popularity.

FP: Victor Davis Hanson, welcome to Frontpage Interview.

I’d like to talk to you today about Obama’s retreat on healthcare and the hit he is taking in the polls.

The President has announced that his administration may abandon the idea of giving Americans the option of government-run insurance as part of a new health care system.

Your take on this retreat? What’s the significance here?

Hanson: Obama has discovered that his statist proposals are more unpopular than he is popular. But more importantly, dozens of Democratic Congress people sent a message to him that they simply cannot run next year in their purple districts on cap-and-trade energy taxes, $2 trillion deficits, socialized medicine, and higher taxes, with periodic gaffes like the Sotomayor « wise Latina » cut and the Gates « stupidly » fiasco. At some point, they made the decision that hope and change was being trumped by town hall meetings and as a result are making the necessary adjustments on healthcare.

If Obama is wise, he will do a little tinkering, and declare victory, and it will all go the way of Hillary-care. Then we will see whether Obama has a Clinton 1994 moment or prefers to go the Jimmy Carter oblivion route. Even more importantly is the President’s reaction to the setback, whether he will smile and move on, or lash out at « them » who « raised the bar » on him in a ‘downright mean » way.

FP: What is your view of the town hall protestors and their effectiveness?

Hanson: Well, they are less provocative than Code Pink, Moveon.org, and Michael Moore, who until this year were canonized as principled dissidents. Pelosi et al. once upon a time thought the boisterous anti-Bush demonstrators were reflective of the finest tradition of American protest. I’m sure our President, the ex-community organizer, would agree. As long as the town-hallers are non-violent and allow meetings to proceed as planned, I think they are admirable participants in direct democracy. Note they are increasingly non-partisan, but more representative of a senior cohort who fear Medicare will be looted for many of those who choose not to purchase catastrophic healthcare plans, illegal aliens, and others who make decisions for a variety of reasons not to acquire a private plan.

FP: So you believe that Obama’s Healthcare plans are, ultimately, doomed to fail?

Hanson: Well, I think he will now tinker and trim, and borrow some money to enable more to be able to have catastrophic insurance; but the notion of Hillary-care II I think just isn’t going to make it. The original secret dream was a single-payer system, then the fall-back was a Canadian-like system, then came a government medicare-like plan « competing » with private plans — and I think in the end they will just nuance the present system and declare victory. Who knows? Maybe they will follow the war on terror plan, when they damned tribunals, renditions, Predators, etc. as Bush’s totalitarian agenda — and then when in office adopted it whole hog: they could take some ideas from some moderates and conservatives, declare them their own, and get something more than we have now as proof of Obama’s statecraft.

FP: You referred earlier to Jimmy Carter’s “oblivion route.” Tell us a bit about it.

Hanson: Well, Obama shares some of Carter’s self-righteousness and messianic sense of self, and may really think, as did Carter, that his superior intellect and moral sense will inevitably be appreciated by hoi polloi — and therefore he will persist in the sermonizing, ramming down our throats the pie-in-the-sky therapeutic agendas, and then playing the wounded fawn when the rest of us don’t appreciate the genius of our President.

So if he does all that, he just won’t adjust — and we will probably get Carter stagflation at home, and a series of provocative challenges abroad. One cannot reinvent physics and say there is no consequence to running up annual $2 trillion deficits, or think that apologizing and appeasing rather creepy fellows like Ahmadinejad, Chavez, Ortega, Putin, and the rest will not have consequences down the line.

FP: So what is the overall good news regarding this retreat? What are the positive signs it gives off? What does it tell us and what hope does it give?

Hanson: Oh, I think it is all good news. Obama is now a mere mortal again, and will have to succeed or fail on his own merits, since a ministry-of-truth like obsequious media, vapid hope-and-change sloganeering, and tons of money have not exempted him from the normal political realities. So either Obama will go back and lick his wounds, study Clinton’s metamorphosis in 1995, and begin governing as promised in a ‘no more red state/blue state’ fashion, or he will persist in the European socialist mode and follow Pelosi, Reid, Frank, and the other hard-core partisans over the cliff, shrieking about how unfair it is, how illiberal the public is, how dastardly are Fox News, Drudge, and Rush Limbaugh all the way down into the political abyss.

FP: All of this is not happening at the best time for Obama. His approval rating has been dropping lately. One recent poll has his approval rating at 47 % and his disapproval at 52%.

What is going on?

Hanson: Two observations: one, Obama, in hubristic fashion confused general unhappiness with the two-term incumbent George W. Bush (who like Truman in 1952 was orphaned in the succession campaign), uncertainty in the midst of a recession and financial panic, and good will toward our first African-American president with a mandate for big government, higher taxes, nationalization, identity politics, and expansive liberal entitlement. The two were not synonymous; the country remains largely right/center, and Obama is losing an historic opportunity to govern from the center, as Clinton resorted to after his own 1994 disaster.

Two, the charisma and spell of the campaign have worn off. Obama is not reifying his ‘no more red state/blue state’ healing rhetoric, but turning out to be highly partisan, often unfortunately untruthful and gratuitously tough in off-teleprompter commentary, and highly sensitive to criticism. If his healthcare policies stagnate, if cap-and-trade crashes and burns, if the recession continues, and taxes must fall on the sacred 95% who were promised exemption even to meet $2 trillion annual deficits, and if his identity politics persist (e.g., the Gates incident, the « wise Latina », the Holder « cowards » outburst, etc.), then his polls will hit 40%, and we should expect his supporters in anguish to allege ‘racism’ to explain the President’s unpopularity. In truth, a fawning press has ensured Obama adulation in his decline in popularity, while in the past demonizing Bush as he too fell in the polls.

FP: In what ways does our country remain largely right/center?

Hanson: It still prefers low taxes, limited government, strong national defense, secure and enforced borders, more domestic gas and oil exploration and nuclear energy development, an end to affirmative action, strong ties with traditional allies like Britain and Israel, and on most social issues remains traditional like conventional marriage and no federal subsidies for abortions.

FP: What would governing from the center mean for Obama? In other words, what would he be doing different if he rose to that challenge?

Hanson: Well, just imagine: Obama enters office and realizes that the bailout, coupled with Bush’s prior $500 billion shortfall, left us with a $1 trillion shortfall. So instead of doubling it, he rides out the recession, and offers a plan to balance the budget. He could have modified rather than sought to replace the present healthcare system. Resorting to the Clinton income tax rates was enough without trying to lift caps on income subject to FICA taxes, as mere surcharges, at a time when state income tax rates are climbing.

Abroad, one liberal apology, not dozens, was enough. « Bush did it » is getting old after eight months. One can see that when he did seek the middle, such as the Gates retention at defense, he found success. And for all the campaign rhetoric about Bush shredding the Constitution, note that Obama in quiet fashion kept tribunals, renditions, wiretaps, intercepts, Predator missions, the Bush/Petraeus Iraq withdrawal plan, and troops in Afghanistan.

In short, anytime Obama sought moderate agendas, he enjoyed broad support. The question is not if, but when Obama realizes that the newfound prominence of a Nancy Pelosi, Barney Frank et al. is what may well wreck his presidency. With friends like those, who needs enemies?

FP: Expand for us a bit on why Clinton resorted to governing from the center after 1994. What did he do and what did it mean for the country?

Hanson: The successful 1994 Gingrich Contract for America was a reaction to Clinton’s initial plans for Hillary-care, open homosexuality in the military, and a host of planned new entitlements and further tax increases. By 1995-6 Morris had Clinton’s ear and the two adopted « triangulation, » or the tactic of running against both the ultra-conservative and liberal congressional factions. Not all of it was just politics, but valuable legislation like balance budget plans, deregulation, an « end of big government » credo, and welfare reform. Clinton triangulated to survive; and he managed to win again in 1996 — again without receiving a majority of the vote. Despite tax increases, there were two years of budget surpluses, reduced welfare rolls, and stronger defense such as the efforts to stop the Balkans genocide. True, much of Clinton’s few successes and undeniable popularity, despite his glaring character flaws, were due to Morris’s cynicism, the candidacy of Ross Perot in 1992 and 1996, the implosion of Newt Gingrich, and the disastrous Republican complicity in the shut-down of the government, but nonetheless Clinton the pragmatist prospered when Clinton the ideologue had failed utterly (not unlike the story of his Arkansas experiences as well.)

FP: How has Obama been untruthful?

Hanson: In a variety of ways:

[1] The constant refashioning of history — as in the crazy Cairo speech that alleged the U.S. ended slavery without violence, or that the Arab world was responsible for things from advanced medicine to the printing press, or that Muslims in Cordoba were beacons of tolerance during the Inquisition (cf. the chronology).

[2] The simple exaggerations that are nonsensical, whether his grandfather liberated Auschwitz, his parents first meeting at a civil rights march, or that if we inflate our tires properly we can thereby eliminate the need to drill offshore or in Alaska.

[3] Then there was the autobiographical revisionism about his real ties with Ayers, Rezko, Wright, Pfleger, etc. that were in fact quite close but air brushed away. But these are mere details.

[4] What is more dishonest are the ways in which he simply trashed Bush for things like rendition and military tribunals and then adopted them; or during the campaign suddenly swore off public financing and became the first candidate in three decades in the general election to do that, after saying he would not. We never heard a word from him that he was on record saying that the surge would make things worse. The result was Obama naturally campaigned one way, and immediately began to govern another. Imagine that in October 2008 Obama had said:

« I plan to run a $2 trillion deficit/stimulus, take over GM, Chrysler, AIG, etc. and refashion the order of creditors, nationalize healthcare, de facto stall on fossil fuel exploration, push through cap and trade, apologize to Europe, Turkey, the Muslim world, create distance between Israel and the US, etc. »

I don’t think he would have had a chance. He was the ultimate stealth candidate who knew that masking his intent was the only way to get elected. « Hope and Change » really meant « I am an old-fashioned statist liberal whose views are at odds with most of America, but which are in fact good for these lesser souls implemented from on high by gifted elites like myself — an agenda that means I must remain both charismatic and duplicitous in order that my personal popularity can carry through my unpopular agenda. »

Once Obama learns that his charisma wears thin, watch out — I think critics will be accused of all sorts of things for their apostasy.

FP: What most concerns you about Obama?

Hanson: I admire his set oratory, confidence, and ease under pressure. But I am worried on a number of counts:

[A] He distances himself from American history and traditions, as if he is a third party that can enjoy the prestige and power of the U.S. but at the same time not be subject to criticism from its envious enemies.

[B] His naiveté about human nature and his ignorance. He really does think that problems with a Putin, Chavez, Ahmadinejad, etc. were due to Bush and can be solved with his charismatic rhetoric, apologies, good intentions, and empathy, rather than seeing that the regional interests of such autocrats cannot be reconciled with U.S. interests in free commerce, safe seas, human freedom, and the integrity of existing borders.

[C] He has never run anything — other than having dispersed someone else’s money as a foundation board member. His cursus honorum is Ivy League, Chicago organizing, Chicago politics, Illinois politics, and so he seems completely unaware of the dilemma of those who run small construction companies, medical practices, real estate offices, etc. — the small businesses that are the backbone of America.

He has conflated them with Wall Street — as if making $250,000 a year is like taking a $10 million yearly bonus from AIG.

Finally, he seems to believe in a ‘spread the wealth’ equality of result creed that history shows has brought disaster everywhere it has been tried and failed. We are mimicking Europe at a time when they are having earnest discussions about trimming government and seeking more market than government solutions.

FP: Victor Davis Hanson, thank you so much for gracing us with your presence at Frontpage Interview. Your wisdom is priceless.


New York/400e: Bon anniversaire à nos amis néo-angoumoisins! (Happy 400 to the Big Apple!)

15 septembre, 2009

Image result for New York 400"Nouvelle Angoulème, Nouvelle Amsterdam, Nouvelle York, Nouvelle Orange, Nouvelle York …

Bon anniversaire à nos amis néo-angoumoisins!

Qui fêtent cette année leur quadricentenaire avec la commémoration de l’arrivée, pour le compte d’une compagnie hollandaise, de l’explorateur anglais Henry Hudson, qui donnera son nom au fleuve.

Mais qui se souvient encore qu’avant de s’appeler New York (en 1664 en l’honneur du roi Jacques II comte d’York), la « Grosse pomme » (« gros lot » des courses de chevaux puis des musiciens de jazz) s’est aussi appelée Nouvelle Angoulème (nom donné en 1524 par le navigateur italien Verrazano en l’honneur de son commanditaire François Ier comte d’Angoulème)?

Puis New Amsterdam (en 1610 et pendant 54 ans par les commanditaires hollandais de Hudson)?

Et même, pendant une courte année (1673-1674) quand New York retomba aux mains des Hollandais,… New Orange?

USA: le prince héritier des Pays-Bas à New York, qui fête ses 400 ans

Le Point/AFP

le 08/09/2009

Le prince héritier des Pays-Bas Willem-Alexander était à New York mardi pour participer aux cérémonies du 400e anniversaire de l’arrivée de l’explorateur Henry Hudson à Manhattan à bord d’un navire néerlandais.

Accompagné de son épouse Maxima, d’origine argentine, Willem-Alexander s’est rendu mardi matin à l’Académie militaire de West Point (nord de New York) où il devait prononcer un discours.

Six jours de célébrations devaient comporter une parade de navires de guerre de l’Otan, de chalands néerlandais, de yachts ainsi qu’une réplique du navire « Demie Lune » à bord duquel le navigateur britannique Henry Hudson voyageait.

« La princesse Maxima et moi même sommes touchés par l’accueil que nous a réservé New York », a déclaré le prince au cours d’une cérémonie présidée par le maire Michael Bloomberg. « Il est merveilleux de trouver encore tant de signes de la présence néerlandaise dans la ville », a-t-il notamment déclaré, selon un communiqué.

En septembre 1609, une expédition organisée par la compagnie néerlandaise « East India » avait permis de découvrir la région. En 1626, les Hollandais avaient acheté Manhattan à la tribu indienne des Lenapes pour l’équivalent de 24 dollars actuels.

D’abord connue comme la Nouvelle Amsterdam, la ville devint New York sous l’administration britannique en 1664, et l’explorateur donna son nom à l’un des deux fleuves qui l’encadrent, l’Hudson.


Orthographe: La dictée, c’est le QI à la française (Google made me do it: Is France losing its spelling religion?)

15 septembre, 2009
Frnch spelling textbookZéro faute (De Closets, 2009)Et n’est-ce pas une espece d’attentat à des particuliers, de défigurer ainsi les mots les plus saints & les plus sacrez.Régnier-Desmarais (secrétaire perpétuel de l’Académie, 1706)
En France, l’orthographe est une véritable religion. (…) La note de la dictée, c’est le QI à la française! François de Closets
Entendons-nous bien, j’espère ne pas faire de fautes de grammaire ou de vocabulaire. Mes fautes ne concernent que la graphie des mots, qui relève uniquement de la mémoire. Mais j’ai failli être éliminé des études supérieures pour cette seule raison. Sans fausse modestie, cela prouve manifestement que le critère de l’orthographe appliqué pour juger de la valeur intellectuelle d’une personne n’a aucun sens. François de Closets
L’orthographe n’est plus cette religion laïque dont des générations d’instituteurs et de professeurs ont été les impitoyables célébrants du culte. Bernard Pivot
Simplifier l’orthographe usuelle, la façon dont s’écrivent les mots, c’est rêver d’une coïncidence parfaite entre le son et la lettre. Cette correspondance est déjà de 85 % dans la langue française (elle est de 95 % en espagnol ou en italien et de 60 % en anglais). Il existe une façon de faire correspondre parfaitement la lettre et le son : c’est d’employer l’alphabet phonétique international. Mais ça ne garantit nullement que l’on comprenne ce que l’on retranscrit. Alain Bentolila (linguiste spécialiste de l’apprentissage du vocabulaire et de la grammaire)
La fameuse dictée de Sauver les lettres est là pour le prouver, le niveau en orthographe était meilleur au milieu des années 80, date à laquelle la massification était déjà intervenue dans le second degré. Et l’orthographe n’était pas plus facile il y a vingt-cinq ans. Cela démontre bien qu’on a lâché la bride aux élèves sur ce plan là. On a notamment interdit de distinguer les notes de Français selon qu’elles concernaient la rédaction, l’orthographe, la grammaire ou l’explication de textes. Au lieu d’avoir une note sur le bulletin trimestriel comme aujourd’hui, on en avait quatre, ce qui obligeait à faire un effort dans toutes ces disciplines. On a aussi concocté des barèmes plutôt empathiques envers les allergiques à la dictée. David Desgouilles
Si je traquais toutes les fautes, je ne recruterais plus grand monde. Tout est dans la mesure. Si la candidature proposée me semble sérieuse, je ne vais pas la rejeter parce que j’ai relevé trois fautes.Le fond prime sur la forme. Stéphane Morano (patron d’une petite société d’informatique lyonnaise)
L’employé va-t-il être amené à beaucoup écrire ? Sera-t-il en contact avec des clients ? On n’attend pas le même niveau d’orthographe d’un carrossier et d’une secrétaire. Agence Manpower
Pour moi, il y a faute et faute. Entre mettre un ou deux n à un mot et faire des barbarismes, il y a une nuance. Chef d’une entreprise de design
Face à une multitude de candidatures pour un même poste, ceux qui envoient un CV impeccable ont évidemment plus de chance de franchir la première étape. Responsable du cabinet de recrutement
Je suis choquée ; pour les lettres d’embauche, je ne réponds pas, même s’il y a un timbre.
Je lisais une critique intéressante… Il y avait deux fautes d’orthographe, ce qui enlevait à mon avis de la valeur à la critique.
Ma fille qui a 12 ans fait beaucoup de fautes, souvent elle me dit :  » Tiens, regarde, j’ai écrit ça, c’est beau « , alors d’abord je lui dis :  » Là, t’as pas mis d’ s, là t’as pas mis de t « , elle me dit :  » Mais écoute, je comprends pas, pourquoi tu corriges, pourquoi tu lis pas ? »
Le s du pluriel est une règle intangible, nul n’en disconvient, mais ce même statut doit-il couvrir l’exception des hiboux, choux, genoux, cailloux, bijoux, joujoux, poux … ? (…) Pourquoi dispenser mille et cent de se « traitd’unioniser » ? Pourquoi écrire mille sept cent quatre-vingt-dix-neuf et non pas mille-sept-cent-quatre-vingt-dix-neuf ? Poursuivons : pourquoi un faux témoignage et un faux-fuyant, un faux bond et un faux-jeton, un essuie-pieds et un chausse-pied , un portemanteau et un porte-parapluies ? Si j’écris un coupe-cigare , un coupe-ongle ou un coupe-légume en faisant remarquer qu’on ne coupe jamais qu’un objet à la fois, les puristes me compteront une faute, car il faut s’en tenir à la forme canonique et stupide de coupe-cigares , de coupe-ongles , de coupe-légumes , mais, on ne sait pourquoi, de coupe-circuit , de coupe-gorge ou de coupe-jarret. Et quel drame ce serait pour notre langue nationale d’appareiller d’un trait d’union le face à face tout comme un face-à-main.
Quelle ne serait pas notre stupéfaction de lire sur une affiche de la Comédie-Française : « Le misantrope ». C’est pourtant ainsi que Molière écrivait le titre de sa comédie. Toutes les répliques de sa comédie doivent aujourd’hui être rectifiées. François De Closets

La faute encore à Google?

Alors que la dernière tentative de réforme de l’orthographe de l’Académie française de 1990 (limitée pourtant aux anomalies les plus criantes: ponctuation, redoublements de consonnes, traits d’union, pluriel de mots composés) a vite été enterrée après le tollé qu’elle a suscité …

Et que l’Allemagne a renoncé ces dernières années à sa réforme de l’orthographe parce que les Allemands ne comprenaient plus leurs journaux …

Retour, avec la sortie du dernier ouvrage de l’essayiste François de Closets sur l’un des sujets de polémique préférés des Français (au moins de sa génération), à savoir la réforme de l’orthographe.

Qui, si l’on en croit les comptes-rendus, a le mérite de rappeler la véritable loi de fer et de sélection sociale qu’était effectivement devenue l’orthographe (une sorte de QI à la française – avec la… graphologie?) mais aussi la véritable désacralisation que sont en train d’imposer Internet, SMS, blogs, courriels et correcteurs orthographiques.

D’où apparemment le malentendu (mais la controverse, ça sert aussi à vendre les livres!) sur la démarche d’un auteur qui, si l’on en croit son dernier entretien sur le site de professeurs de français Vousnousils, semble y avoir lui-même (comme d’ailleurs l’Education nationale) renoncé.

Se contentant beaucoup plus modestement (comme si rien n’avait été fait depuis les années 50 de son enfance) de plaider pour une réforme de l’enseignement de l’orthographe, notamment via l’intégration des correcteurs orthographiques à l’apprentissage …

L’invité
Vousnousil
11 septembre 2009

François de Closets : « Je veux sauver l’orthographe ! »

Le dernier livre de François de Closets1 a relancé la polémique sur une éventuelle réforme de l’orthographe. Le journaliste affirme pourtant y être désormais lui-même opposé. Il milite en revanche pour une évolution de son enseignement.

Vous attendiez-vous à ce que votre livre suscite un débat aussi enflammé ?

Pas le moins du monde ! L’accueil médiatique réservé à ce livre dépasse, et de très loin, tout ce que j’ai connu pour la vingtaine d’ouvrages que j’ai déjà publiés. J’y vois à l’évidence le signe de la passion française qui se traduit déjà, quelques jours à peine après la sortie, par la crispation française ! Parce qu’en France, l’orthographe est une véritable religion. Y toucher, c’est remettre en cause nos cathédrales ! Or je suis, plus que quiconque, respectueux de notre langue et de notre orthographe dans ce qu’elle a d’essentiel.

Vous reprochez à l’orthographe d’être devenue un élément de ségrégation. Mais en avouant votre propre faiblesse en la matière, ne devenez-vous pas finalement votre meilleur contre-exemple ?

C’est vrai que j’ai commis une véritable transgression en avouant avoir eu des problèmes avec l’orthographe, alors que c’est finalement le cas de la moitié de la population française. Entendons-nous bien, j’espère ne pas faire de fautes de grammaire ou de vocabulaire. Mes fautes ne concernent que la graphie des mots, qui relève uniquement de la mémoire. Mais j’ai failli être éliminé des études supérieures pour cette seule raison. Sans fausse modestie, cela prouve manifestement que le critère de l’orthographe appliqué pour juger de la valeur intellectuelle d’une personne n’a aucun sens.

Nous n’en sommes tout de même plus là aujourd’hui, et bien des étudiants de l’enseignement supérieur commettent deux ou trois fautes d’orthographe par ligne…

Justement… Cette religion de l’orthographe à l’ancienne est en train de s’effondrer, en même temps hélas que la compétence en français. Or, lorsque vous faites une faute portant sur la grammaire ou le sens des mots, vous attentez à ce qui est depuis cinq siècles le socle inchangé de la langue française. Quand, en revanche, vous oubliez un accent ou une consonne redoublée, vous vous situez dans un domaine qui n’a cessé d’évoluer jusqu’à la grande glaciation du XIXème siècle. L’orthographe ne constitue pas l’une des bases de la langue. Alors, cessons de tout confondre. Oublier un trait d’union ne me semble pas du même ordre que faire une faute de conjugaison ou ne pas accorder un participe passé.

Que préconisez-vous, finalement ?

Je veux sauver l’orthographe et le français de la débâcle actuelle. Regardons les choses en face : l’enseignement de notre langue est entré en perdition. Or, le retour au passé et à l’école de la troisième République n’est plus possible. Il est, à l’inverse, trop tard pour simplifier l’orthographe. La solution, il faut donc la trouver en observant la fabuleuse mutation de l’écriture que nous vivons depuis 20 ans, en en tirant les conséquences, mesurant les dangers et utilisant les ressources. L’écriture doit épouser son temps. Les jeunes écrivent sans arrêt, mais il ne s’agit plus de textes destinés à être conservés, ce sont des propos qu’ils échangent. Ils mènent des conversations écrites en langage SMS. Ils ont désacralisé l’orthographe, et l’infamie qui s’attachait à toute faute va forcément se relativiser.

Faut-il les y encourager ? De toute façon, le débat semble clos, puisque Luc Chatel a d’ores et déjà repoussé l’idée d’une réforme de l’orthographe…

Mais je n’en veux pas non plus et cette querelle imbécile n’a aucune raison d’être ! Pour moi, le temps de la réforme est malheureusement passé. Ce n’est cependant pas une raison pour continuer à enseigner l’orthographe comme on le faisait en 1950. Les jeunes pratiquent en permanence l’écriture sur clavier, et c’est ce qu’ils feront toute leur vie. D’autre part, ils disposeront toujours de correcteurs intégrés, de la même façon que nous avions le dictionnaire. Une fois l’écriture manuscrite maîtrisée, utilisons ces outils ! Le correcteur d’orthographe ne peut être utile qu’à celui qui connaît la grammaire et le vocabulaire. Intégrons-le donc dans l’apprentissage du français. Il sera très efficace pour améliorer les performances si c’est un professeur qui explique comment s’en servir, faisant de l’apprentissage de la grammaire et du vocabulaire la condition même de son utilisation. C’est d’ailleurs déjà le cas dans beaucoup d’autres pays.

Propos recueillis par Patrick Lallemant

(1) « Zéro faute : l’orthographe, une passion française », Editions 1001 nuits, 318 pages, 20,90€
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Voir aussi:

http://www.lejdd.fr/Chroniques/Bernard-Pivot/C-est-la-faute-a-l-orthographe!-133098/

C’est la faute à l’orthographe!
Bernard Pivot
Le Journal du Dimanche
12 Septembre 2009

« La note de la dictée, c’est le QI à la française! », s’exclame François de Closets. C’est? Non, c’était. Depuis belle lurette, le QI est lié aux maths et à l’informatique.

Très bon en orthographe, l’élève d’aujourd’hui paraît être un olibrius, un original, un cas. De ses « zéro faute » à la dictée il ne tire qu’un prestige désuet parce que l’orthographe n’est plus qu’une discipline vieillotte. Il y a cinquante ans, il eût été considéré comme un crack parce que l’orthographe n’était surpassée en importance et en lustre par aucune autre matière. On est passé de l’orthographe, valeur suprême, républicaine, obligatoire – cinq fautes à la dictée du certificat d’études, et le candidat était recalé – à l’orthographe, valeur facultative d’ornementation. On est tombé d’un excès dans un autre.

En dépit de ses efforts, le brillant élève François de Closets était trop souvent brouillé avec l’écriture des mots. Cela faillit l’écarter des études supérieures. Aujourd’hui, il ne craindrait rien. Une orthographe défectueuse n’empêche plus quiconque de réussir au bac et de flamber à l’université. Tant mieux si l’étudiant écrit un français sans fautes. Mais ça n’est qu’un bonus. L’orthographe n’est plus cette religion laïque dont des générations d’instituteurs et de professeurs ont été les impitoyables célébrants du culte. Le mot « faute » n’est-il pas la preuve qu’en la matière une erreur touchait à l’intime et au sacré?

Sous le titre Zéro faute, François de Closets publie une histoire de l’orthographe et un procès de son inadaptation au monde d’aujourd’hui. Comme tous ses précédents livres sur la science, l’économie, le social, il est sérieusement documenté, toujours précis, écrit avec clarté et humour. Ainsi est fort bien expliqué pourquoi et comment l’orthographe n’a quasiment plus bougé depuis la première moitié du 19e siècle et a résisté à toutes les tentatives de réforme, de rectification ou de modernisation. Le français, c’est vrai, est une langue difficile à écrire, tant sont nombreuses les bizarreries, les anomalies, les exceptions, toutes ces chausse-trapes (ou trappes) qui faisaient les délices des Dicos d’or.

Mais le vulgum pecus, quand il n’a pas « le don de l’orthographe », éprouve bien des tourments à aligner deux phrases sans erreur. Il n’est pas contestable que les écoliers et les collégiens maîtrisent de moins en moins bien l’orthographe, grammaticale ou lexicale. La faute à la pédagogie nouvelle, aux heures moins nombreuses consacrées à cette discipline victime d’autres disciplines plus modernes et plus valorisantes. Même le b.a.-ba du français n’est plus maîtrisé. C’est embêtant si l’on doit écrire une lettre d’embauche, surtout quand le patron ou le DRH est enclin à penser qu’une écriture fautive est le signe de désordres plus graves.

Face à cette débandade de l’orthographe, faut-il tenter une nouvelle fois de la réformer pour l’adapter à la pédagogie et à la communication du 21e siècle? François de Closets – son nom comporte un « s » superflu, qu’il n’a pas supprimé – en serait un chaud partisan s’il n’était pas convaincu de son impossibilité. Je suis de son avis. Car dans un pays de forte tradition littéraire comme la France, les écrivains l’emporteront toujours sur les linguistes, ceux-ci étant prêts à toutes les audaces, ceux-là refusant que l’on « défigure » leur outil de travail et leurs œuvres.

On l’a bien vu, en 1990, lors de la dernière tentative de « rectification » des anomalies les plus criantes (redoublements de consonnes, traits d’union, pluriel de mots composés, etc.). Je faisais partie de la commission ad hoc. François de Closets rappelle que lorsque les conjurés se sont attaqués à l’accent circonflexe, j’ai dit que cette réforme-là ne passerait pas parce que les écrivains y verraient une atteinte à l’esthétique de la langue française. Je n’ai pas été entendu et, de fait, sitôt connues les propositions de la commission, c’est, si j’ose dire, l’accent circonflexe qui a porté le chapeau. Ce refus-là a provoqué le rejet de tout le reste.

François de Closets considère que le correcteur des ordinateurs rend désormais inutiles ces batailles de Diafoirus de l’orthographe. On écrit de moins en moins à la main et on écrira de plus en plus à la machine. Mieux vaudrait apprendre à l’école à se servir intelligemment de l’assistance orthographique. Certes, mais il est à craindre que les élèves n’ouvriront plus les dictionnaires de langue. Or, c’est en vérifiant leur orthographe qu’on apprend la juste signification des mots et que progressent la connaissance et l’amour du français.

Zéro faute, de François de Closets, Mille et Une Nuits, 322 p., 20,90 euros.

Voir enfin:

Le Point
le 03/09/2009

Zéro faute l’orthographe, une passion française de François de Closets.

Extraits…

« Ma parole, vous le faites exprès ! »

Etant catalogué « intelligent mais irrégulier », je voyais mes défaillances orthographiques mises au compte de cette « nonchalance », de cette « fantaisie » que mes professeurs dénonçaient à longueur de bulletins et qui, en langage domestique, s’appelait « paresse ». Je faisais des fautes d’orthographe parce que j’étais fainéant. Pour tout dire, « je m’en fichais ». Et pourtant… Dieu, que j’aurais voulu trouver dans mon stylo la sûreté graphique de ma mère ou de mes professeurs ! (…) A chaque réprimande, je me promettais, le temps d’une résolution, de ne plus jamais fauter d’un redoublement de consonne ou d’un accord de participe. Peine perdue. Je rechutais à la composition suivante. Mes graphocrates de maîtres me prêtèrent même un esprit d’insubordination : « Ma parole, vous le faites exprès ! » Ils ne pouvaient concevoir qu’un élève, à l’évidence doué pour les études, soit un cancre dans cette seule discipline. (…)

J’avais commencé mes études dans l’enseignement privé, et ma famille, assez désargentée, souhaita me les faire poursuivre dans l’enseignement public. Je fus donc soumis à un examen probatoire afin de valider mon entrée en troisième. Le résultat fut catastrophique. Le lycée ne pouvait m’admettre qu’en me faisant redoubler ma quatrième et, qui moins est, dans la filière « technique », celle des laissés-pour-compte. Mes parents refusèrent et s’imposèrent les sacrifices indispensables pour que je puisse poursuivre ma scolarité sans redoublement. Je n’ai rejoint le lycée public qu’en classe de philo, après la première partie du baccalauréat.

Que s’était-il passé ? (…) J’avais été sacqué en raison d’une orthographe défectueuse. Quel aurait été mon avenir si j’avais dû me soumettre à ce verdict ? Cet échec m’aurait vraisemblablement fait perdre pied. Nul parmi les nuls, je n’aurais décroché au mieux qu’un bac de miséricorde (à l’époque, le baccalauréat n’était pas encore un certificat d’études secondaires). Aurais-je bénéficié de la bourse à taux plein sans laquelle je n’aurais pu poursuivre à la fac ? Sans doute pas. Je n’aurais jamais achevé mon doctorat, jamais réussi Sciences po, et je me serais réfugié dans un poste d’employé. Au pliage des cartons plutôt qu’aux écritures. Un jeune délinquant orthographique ne pouvait certainement pas prétendre à la vie que j’ai menée. Un instant, j’imagine la tête scandalisée de mes correcteurs découvrant que je rêvais d’écrire des livres !

Cette histoire n’a rien que de fort banal, des millions de Français ont connu, chacun à leur manière, de telles difficultés, mais ils répugnent le plus souvent à les évoquer. Un péché de jeunesse que l’on veut oublier. Rien de tel avec les mathématiques : chacun peut reconnaître sans nulle gêne en avoir souffert tout au long de sa scolarité. Pour ces deux disciplines, la différence entre le bon élève et le cancre tient moins au travail qu’à un certain « don » bien difficile à définir. En dépit de tous leurs efforts, certains buteront toujours sur les dictées et d’autres sur les problèmes. Mais on se débarrasse des mathématiques, quand l’orthographe vous suit tout au long de votre vie. Résultat : les faiblesses orthographiques sont dévalorisantes, la nullité mathématique ne saurait l’être. (…)

La « faute » de Molière

L’orthographe a une fonction grammaticale. La construction de la phrase élémentaire, dans l’ordre sujet-verbe-complément, la conjugaison des verbes, les marques de genre et de nombre sur les mots variables, etc., forment en quelque sorte la Constitution de la langue française. Là encore, il ne s’agit pas de l’accessoire, mais de l’essentiel.

Les fautes qui violent ces règles sacramentelles fleurissent malheureusement dans les établissements scolaires, où les enseignants doivent apprendre à leurs élèves une langue prétendument maternelle et, en réalité, étrangère. On ne voit pas que des professeurs souhaitent normaliser cet anarchisme orthographique, et pas davantage que des linguistes veuillent réduire notre grammaire au n’importe quoi syntaxique. Inutile, donc, de déployer les banderoles, battre les estrades ou écrire des missives fulminantes au Figaro pour défendre notre socle orthographique : il est incontestable et incontesté. Une telle révolution n’est ni souhaitable ni possible.

Faut-il reconnaître cette même valeur « constitutionnelle » à l’entassement de singularités, de bizarreries, d’anomalies qui constituent l’ordinaire de notre orthographe ? Le s du pluriel est une règle intangible, nul n’en disconvient, mais ce même statut doit-il couvrir l’exception des hiboux, choux, genoux, cailloux, bijoux, joujoux, poux … ? Et le trait d’union dans les mots composés, dans les nombres ? Comment trouver le « génie de la langue française » dans les applications qui en étaient faites jusqu’à la réforme de 1990 ? Pourquoi dispenser mille et cent de se « traitd’unioniser » ? Pourquoi écrire mille sept cent quatre-vingt-dix-neuf et non pas mille-sept-cent-quatre-vingt-dix-neuf ? Poursuivons : pourquoi un faux témoignage et un faux-fuyant, un faux bond et un faux-jeton, un essuie-pieds et un chausse-pied , un portemanteau et un porte-parapluies ? Si j’écris un coupe-cigare , un coupe-ongle ou un coupe-légume en faisant remarquer qu’on ne coupe jamais qu’un objet à la fois, les puristes me compteront une faute, car il faut s’en tenir à la forme canonique et stupide de coupe-cigares , de coupe-ongles , de coupe-légumes , mais, on ne sait pourquoi, de coupe-circuit , de coupe-gorge ou de coupe-jarret. Et quel drame ce serait pour notre langue nationale d’appareiller d’un trait d’union le face à face tout comme un face-à-main . Ecrire sans faute, c’est se mettre en tête les milliers de cas particuliers qui ne découlent d’aucune règle grammaticale. Notre langue, magnifique dans son ordonnancement général, se démultiplie en des milliers de règles, puis de détails toujours particuliers, souvent déroutants, parfois aberrants. C’est alors que l’orthographe française devient diabolique. D’où la question récurrente depuis deux siècles : serait-ce un toilettage revigorant ou une chirurgie mutilante que de mettre un peu d’ordre dans ce fatras ? Nos puristes ne veulent pas en démordre : l’orthographe forme un tout, depuis le principe alphabétique jusqu’au redoublement de consonne. Les erreurs mêmes, comme le ph de nénufar , se trouvent sanctifiées. La langue écrite ne se défend que dans l’immobilisme, toute concession peut lui être fatale.

(…) [Or] le survol des siècles fait [pourtant] découvrir une langue qui n’a cessé d’évoluer. Sa structure grammaticale était fixée dès le XVe siècle, c’est celle qu’utilisaient les auteurs classiques et c’est aussi la nôtre. En revanche, les graphies ont varié au cours des siècles. Nous n’en sommes plus conscients, car leurs textes nous sont présentés le plus souvent dans une écriture modernisée. Une écriture qui n’est en rien une traduction, rien qu’une mise au goût du jour orthographique. Quelle ne serait pas notre stupéfaction de lire sur une affiche de la Comédie-Française : « Le misantrope ». C’est pourtant ainsi que Molière écrivait le titre de sa comédie. Toutes les répliques de sa comédie doivent aujourd’hui être rectifiées. Toutefois, l’auteur piège encore ses correcteurs posthumes lorsqu’il fait dire à Philinte :

« Lorsqu’un homme vous vient embrasser avec joie

Il faut bien le payer de la même monnoie. » (…)

Plus qu’une erreur, une faute !

Une équipe sociolinguistique de l’université de Grenoble a longuement enquêté sur le sujet.(…) Cette recherche, qui remonte à une vingtaine d’années, met en évidence des comportements qui, eux, remontent au XIXe siècle et qui commencent seulement à changer. (…) « Nous cherchions à rassembler un discours sur l’orthographe et nous avons obtenu aussi, toutes catégories confondues, un discours sur la faute. » Quand on parle orthographe aux Français, ils pensent « faute ». (…)

Tous les éléments du culte orthographique se retrouvent au travers de ces réponses. Tout d’abord, la soumission. « C’est un ordre établi comme allant de soi, comme un élément naturel. » Un ordre sur lequel se greffent toutes sortes de valeurs : le français, la culture, l’effort, l’éducation, le patriotisme. Certains trouvent l’orthographe française facile, d’autres l’estiment difficile, mais personne ne la remet en cause. C’est une institution fondatrice à laquelle tout le monde doit se soumettre.

Les réponses les plus significatives concernent les réactions face à la faute. « Ça me fait bondir », « Ça me met hors de moi », « C’est vraiment honteux… y a même des fautes horribles qui s’étalent complaisamment ». Réaction épidermique, phobique, dont les intéressés avouent qu’ils « ne connaissent pas le pourquoi de leur réaction ». Beaucoup admettent qu’à leurs yeux la faute d’orthographe est preuve de mauvaise éducation, de manque de rigueur ou de culture, qu’elle « entache tout l’individu ». « Je suis choquée ; pour les lettres d’embauche, je ne réponds pas, même s’il y a un timbre. » La faute détermine le jugement sur la personne et même sur le texte : « Je lisais une critique intéressante… Il y avait deux fautes d’orthographe, ce qui enlevait à mon avis de la valeur à la critique. » « Ma fille qui a 12 ans fait beaucoup de fautes, souvent elle me dit :  » Tiens, regarde, j’ai écrit ça, c’est beau « , alors d’abord je lui dis :  » Là, t’as pas mis d’ s, là t’as pas mis de t « , elle me dit :  » Mais écoute, je comprends pas, pourquoi tu corriges, pourquoi tu lis pas ? »» A la limite, la faute empêche la lecture. « Elle a ce curieux pouvoir d’annihiler la réflexion », constatent les auteurs. La faute d’orthographe a donc le même statut que le propos raciste qui entache l’auteur et pas seulement le texte, et interdit de pousser plus avant la lecture. (…)

Contre toute logique

Je me lançais dans des calculs logiques et rationnels qui ne pouvaient mener à rien. Arrivé devant un relais , je m’interrogeais sur le s final, je pensais à délai qui, je m’en souvenais, n’en prenait pas. Je passais donc sans s un relai qui tombait par terre. Je me souviens aussi d’un affreux cauchemar . Je m’interrogeais sur la terminaison, pensais à tard-tarder , retard-retarder , brancard-brancarder , flemmard-flemmarder ; depuis lors, on a vu smicard prendre un d terminal sans avoir besoin de smicarder . Je n’eus donc aucune hésitation à écrire cauchemard. Je fus indigné d’être fautif alors que j’étais logique. Sans être rationaliste , je suis obstinément rationnel (un n , deux n , allez savoir pourquoi, alors qu’ils viennent l’un comme l’autre du latin rationalis ) et cherche obstinément la règle que je dois suivre. Il est vrai que j’aurais pu tout aussi bien penser à pianoter qui ne donne pas un t à piano , numéroter qui ne prend pas son t à numéro, et la nudité , qui a longtemps donné à l’adjectif un d avant de le laisser tout nu. Pis que tout, voici tabac qui donne tabasser , tabagisme et tabatière , et non pas tabacière , tabacisme et tabacer . Quant aux redoublements de consonnes, ils arrivent au petit bonheur, faisant perdre au millionième le deuxième n du millionnaire , ou au conseiller prud’homal le deuxième m des prud’hommes. (…)

Les linguistes sortent du bois

Le 7 février 1989 paraît dans Le Monde « Le Manifeste des Dix », une tribune titrée « Moderniser l’écriture du français ». Les auteurs, constatant le décalage entre une langue parlée qui évolue et une langue écrite qui reste figée, affirment la nécessité de moderniser notre écriture tant pour en faciliter l’enseignement que pour assurer son expansion dans le monde. « Seule une langue qui vit et se développe, une langue parlée et écrite aisément par tous, peut se défendre et s’épanouir. Il faut donc moderniser la graphie du français. » Ils prennent soin de n’évoquer qu’un « aménagement » et préconisent la constitution d’un comité de sages qui devrait faire des recommandations en ce sens. Le texte est signé par les plus grands linguistes français : Nina Catach, Bernard Cerquiglini, Pierre Encrevé, Claude Hagège, Michel Masson, Bernard Quemada, Jean-Claude Milner, Maurice Gross, Jean-Claude Chevalier, etc. Notez parmi les signataires la présence de Claude Hagège. L’illustre linguiste, qui a mis toute sa flamme et toute son autorité au service du français, sait ce qu’ignorent les dévots : on ne défend pas une langue en la momifiant, mais en la faisant vivre. Ainsi les linguistes rejoignent-ils les instituteurs dans une même volonté novatrice, pour ne pas dire réformatrice .(…)

Bayrou contre-attaque

Le 11 décembre, l’attaque commence. Dans Le Figaro, comme il se doit, puisque, depuis un siècle, le quotidien à l’enseigne de Beaumarchais met à combattre toute réforme de l’orthographe la même pugnacité que L’Humanité à combattre toute réglementation du droit de grève. Ce n’est plus le duc d’Aumale, mais François Bayrou qui mène la charge.

« Je reproche, écrit-il, à cette réforme d’être à la fois arbitraire et péremptoire. Songez que 4 000 mots vont se trouver changés sans qu’il y ait eu de véritable débat sur le sujet. La langue française n’appartient à personne, seul l’usage peut la faire évoluer. » Bayrou annonce la création d’un mouvement, Le français libre-au grand scandale de l’association des Français libres (ceux de Londres en 1940)-, qui « rassemblera tous ceux, écrivains, universitaires, simples amoureux de la langue, qui ne veulent pas que l’Etat se mêle de la réformer ». Les jours suivants, il rassemble sous sa bannière une imposante brochette d’écrivains : Michel Tournier, Cavanna, Bernard-Henri Lévy, Alphonse Boudard, Alain Finkielkraut, Robert Sabatier, François Nourissier, Jean-François Revel, Philippe Sollers, Françoise Sagan, Yves Berger, mais aussi des éditeurs et des lexicographes qui refusent d’appliquer les rectifications proposées. En quelques jours, le petit monde des lettres s’enflamme comme la pinède à la première cigarette jetée un jour de mistral. Il n’est pas le seul.

Philippe de Saint Robert, à la tête de son association pour la Sauvegarde de la langue française, monte sur ses grands chevaux, embarquant sur son char cinq Prix Nobel : Claude Simon, Maurice Allais, François Jacob, Louis Néel, André Lwoff. Le 18 décembre, les deux associations se rejoignent pour lancer une « pétition nationale contre les rectifications ». « Au lieu de changer la norme, il convient de mieux en enseigner les rudiments », proclame l’appel au peuple. Et voilà que se forme, à l’extrême gauche, un comité Robespierre qui regroupe d’autres graphorigides, comme le professeur Léon Schwartzenberg, Jacques Vergès, Georges Wolinski.

En l’espace d’une semaine, la cause est entendue : les écrivains sont contre la réforme. Ils en avaient été les artisans sous l’Ancien Régime, ils s’en étaient désintéressés au XIXe siècle, on les retrouve en opposants farouches au XXe. Leur attitude n’est pas délibérée, elle est tout à la fois spontanée et immédiate. (…)

Vive le roué !

Le pluriel de cheval a varié au cours des siècles, passant de chevals à chevaus et même chevaulx pour arriver à chevaux … Mais, qu’ils portent une casaque graphique ou une autre, il s’agit toujours du même animal et du même mot pouvant être sujet ou complément dans la phrase.

(…) Louis XIV, qui parlait volontiers de lui-même à la troisième personne, ne disait pas « le roi a décidé » mais « le roué a décidé ». Ses prédécesseurs avaient prononcé roy , un peu comme le boy de l’anglais. Cela fait trois prononciations pour la même graphie. Au XVIIIe siècle, la Cour dit roué , le peuple parisien roua . Un petit malentendu qui trouva son issue à la Révolution, lorsque le parler populaire l’emporta sur le parler du roi… et emporta la monarchie d’un même mouvement. » (…)

Le français officiel

C’est la monarchie de Juillet qui met en place le nouvel ordre linguistique, celui qui nous régit aujourd’hui encore, qui confère à l’orthographe son statut d’idéologie nationale. En 1832, le gouvernement Guizot décide que tous les fonctionnaires devront savoir écrire le français sans fautes-exigence d’une administration moderne et centralisée. Pour un Etat qui entend recruter par épreuves écrites un personnel à l’uniformité toute militaire, la tentation orthographique est irrésistible, et, de fait, ne rencontre guère de résistance. Mais elle s’appuie sur une orthographe bien spécifiée. « L’orthographe de l’Académie [refondée par Napoléon] sera désormais la seule obligatoire et la seule officielle. » Dans les années suivantes, tous les imprimeurs s’alignent scrupuleusement sur l’écriture académique. Au XVIIe siècle, Vaugelas professait que l’usage était le maître de la langue ; le maître a changé, c’est désormais la norme définie par l’autorité publique. C’en est fini des fantaisies orthographiques que se permettaient nos classiques. Toute déviance est sanctionnée. L’administration devient le clergé de ce nouveau culte et valorise l’art du « français sans fautes » qui la distingue

Zéro faute L’orthographe,une passion française MILLE ET UNE NUITS

L’exemple vient d’en haut ?

« Fréquenter l’infrécentable » , a griffonné Nicolas Sarkozy sur le dos de son menu lors de la soirée du Conseil représentatif des institutions juives de France du 13 février 2008. (Canal +)

Génie recalé

Jean-Paul Sartre , admis directement en huitième au lycée Montaigne, fut rétrogradé dès sa première dictée en classe de dixième. « Le lapen çovache ême le ten » (« le lapin sauvage aime le thym ») lui a été fatal. (Raconté par le philosophe dans « Les mots ».)

Zéro pour le prof

Claude Allègre , alors ministre de l’Education nationale et de la Recherche, écrit sur le livre d’or du Salon de l’agriculture 1998 : « On voit que la recherche à pénétrée le monde agricole comme peut-être aucune autre activité économique. »

Autocensure

Emmanuelle Béart écrit des textes destinés à ses metteurs en scène, mais n’ose pas les leur envoyer « à cause des fautes d’orthographe » ( Libération , 10 décembre 1996).

Un correcteur intelligent

Rouge pour les fautes d’orthographe, vert pour les erreurs grammaticales… et bientôt bleu pour les confusions homophones. En 2010, Microsoft Office sera doté d’un correcteur de troisième génération qui soulignera d’un trait ondulé azur « en son fort intérieur » et proposera « for intérieur » à l’utilisateur égaré. Les linguistes-informaticiens du Microsoft Natural Language Group se sont attaqués aux erreurs contextuelles : une structure syntaxique correcte (nom suivi d’un adjectif), mais erronée sur le plan du sens.

Alix Ratouis

Parlez-vous SMS ?

Koi 2 9

Quoi de neuf

T pa klr

T’es pas clair

D100 mnt

Descends maintenant

A12 c4

A un de ces quatre

Tummank

Tu me manques

G1 blem

J’ai un problème

J croi ke fodrai kon s explik 2 m1 b4 lcol.-G cour a 8 h c tro galR. Biz, j doi go .

Je crois qu’il faudrait qu’on s’explique demain avant [before] l’école.-J’ai cours à 8 h, c’est trop galère. Bises, je dois partir [go].

La repentie

« (…) derrière mes fautes de grammaire /Y avait de la rage / Messieurs, mesdames /je vous le jure j’avais des tubes dans mon cartable (…) J’ai vite compris qu’on me prenait pour une conne / Autant mes profs que mes potes », chante Diam’s dans « Petite banlieusarde ». La chanteuse a pris des cours d’orthographe et de grammaire et dit avoir toujours un dictionnaire dans son sac.

Exempté !

Napoléon Ier avait perdu la bataille de l’orthographe. « Il ne voulait pas que l’attention qu’il aurait donnée à l’orthographe pût brouiller ou rompre le fil de ses idées », explique l’historien Paul Noirot (« Napoléon Bonaparte », éd. In Forma).

Le jeu des 57 erreurs

Dans le texte ci-dessous figurent 57 « anomalies » préconisées par le Conseil supérieur de la langue française en 1990 et dont la perspective qu’elles soient appliquées a suscité un tollé national. Vont-elles aussi vous faire bondir ?

La pluie ruissèle sur les carreaux, les murs de la salle voutée sont boursoufflés par l’humidité. On grelote dans cet ancien relai de poste vieux de deux-cents ans. Mais le ragout qui mijote a l’air fameux : cuisseau de cerf aux ognons et giroles. « Un petit verre de ponch, pour se réchauffer ? propose avec bonhommie le patron. Le sucre est maintenant bien dissout. » La question plonge l’homme dans des abimes de réflexion. Il mangeote une croute de pain. « Plait-il ? » « Quelle buche, ce Valentin, grommèle la patronne, qui s’affaire à la recherche du tirebouchon qu’elle croyait avoir dument rangé dans son fourretout. Il respire l’imbécilité. Et toujours mis comme un vanupied ! » Valentin boit goulument le cordial, trop douçâtre à son gout. Le patron époussète la table. « Viens t’assoir, Valentin. Comment vont tes filles ?-Je les ai laissé partir à la ville. » Au dehors, le chien, enchainé, se morfond. Dans la bassecour, les poules caquètent. Le vieux coq, qui a perdu toute sa combattivité, est perché sur un charriot sur lequel s’amoncèle, pêlemêle, tout un mélimélo d’abat-jours cabossés. Mais voilà que la pluie a cessé et que dans son potager, comme tous les après-midis, le maraicher travaille d’arrachepied : il nivèle ses platebandes et repique en sifflotant des plants de cèleri, à contrecourant de toutes les modes, c’est sa nouvelle tocade. Sa fillette, toute frisotée, sautille à clochepied à ses côtés et de sa voix aigüe chantonne. Contigüe au potager, une pièce d’eau accueille des nénufars à la corole généreuse. Chaque soir, à la fraiche, une hase et ses levreaux s’y aventurent tandis que les chauvesouris entament leur ballet sous les rayons de la lune qui étincèle.

Alix Ratouis

Les 57 erreurs corrigées

1. ruisselle 2. voûte

3. boursouflés 4. grelotte

5. relais 6. deux cents

7. ragoût 8. cuissot

9. oignons 10. girolles

11. punch

12. bonhomie 13. dissous

14. abîmes

15. mangeotte

16. croûte 17. plaît

18. bûche

19. grommelle

20. tire-bouchon

21. dûment

22. fourre-tout

23. imbécillité

24. va-nu-pieds

25. goulûment 26. douceâtre 27. goût 28. époussette

29. asseoir 30. laissées

31. enchaîné 32. basse-cour

33. caquettent

34. combativité 35. chariot 36. s’amoncelle

37. pêle-mêle 38. méli-mélo

39. abat-jour 40. après-midi

41. maraîcher

42. arrache-pied 43. nivelle 44. plates-bandes 45. céleri

46. contre-courant

47. toquade 48. frisottée

49. cloche-pied 50. aiguë

51. contiguë

52. nénuphars

53. corolle 54. fraîche

55. levrauts

56. chauves-souris

57. étincelle.

On a trouvé la bosse de l’orthographe

On croyait que c’était à coups de règle qu’on apprenait à écrire sans fautes, on découvre que ça dépend pour beaucoup du cerveau. Grâce à l’imagerie cérébrale, les neurologues y voient plus clair dans les mécanismes d’apprentissage de l’orthographe. « On a localisé les deux zones qui entrent en jeu , indique le docteur Michel Habib, neurologue à l’hôpital de la Timone, à Marseille. La première a la taille d’une pièce de 2 euros, elle est située dans l’aire de Broca, la boîte noire qui contrôle le langage. « C’est elle qui permet de mettre en relation les sons avec des lettres, première étape obligée pour apprendre à lire. C’est à elle que vous faites appel pour déchiffrer un mot nouveau. Lequel est photographié par votre cerveau, qui le range dans son lexique mental. Une sorte de bibliothèque aux rayonnages infinis. » Un dictionnaire qui permet d’identifier un mot en moins de 200 millisecondes, et de l’écrire avec la bonne orthographe. « Quand on fait lire à quelqu’un un texte à haute voix, on voit sur son IRM une augmentation du débit sanguin, signe d’une intense activité électrique, dans l’aire de Broca mais aussi dans une zone pas plus grande qu’une pièce de 20 centimes. » Un endroit que les chercheurs ont baptisé l’« aire de la forme visuelle des mots ». C’est la porte qui permet d’accéder au lexique mental, qui, lui, reste non localisé. « C’est probablement un réseau de neurones dispersés dans tout le cerveau. » Si le mot est imprononçable, la porte ne prend même pas la peine de s’ouvrir. C’est cette zone qui est sous-activée chez les dyslexiques. Du moins pour les langues européennes. Chez les Chinois, dont l’écriture est totalement différente, c’est une autre zone, impliquée dans le geste graphique, qui passe en veille. « La facilité à lire, et donc la maîtrise de l’orthographe, est probablement, comme la dyslexie, en partie génétique. Mais il y a aussi une part d’entraînement. Plus on lit de mots, plus on les grave dans notre lexique mental. » Nous voilà rassurés : on peut travailler sa bosse de l’orthographe à tout âge.

Christophe Labbé et Olivia Recasens

« Apprendre sa langue et apprendre à penser » par Erik Orsenna*

J’adorais ces grands rendez-vous nationaux qu’étaient les dictées de Bernard Pivot. Car je suis loin d’être un expert dans la discipline orthographique. J’hésite encore beaucoup trop souvent sur le redoublement des consonnes et ne condamnerais personne à mort pour avoir posé un accent circonflexe sur le « i » de cime au lieu du « i » d’abîme. Simplifier l’orthographe ? Pourquoi pas ? Mais simplifier implique des règles nouvelles. Remplaceront-elles les anciennes ou s’y ajouteront-elles ? Ne risque-t-on pas d’accroître le désordre ?

Derrière cette affaire, récurrente, de la réforme de l’orthographe se trouve posée la question, cruciale, du rapport des Français avec leur langue. Je n’entrerai pas dans la querelle du niveau général des élèves d’aujourd’hui. Ce que je sais, c’est qu’en français ce niveau décline. Vite. J’ai été longtemps professeur et demeure « pédago » de toute mon âme. Je vais dans les classes. Je lis des devoirs. Pour se convaincre de ce déclin il suffit par exemple de lire les copies d’apprentis licenciés en droit, matière où la maîtrise de l’expression est le minimum requis. On a multiplié les options au lieu de mettre l’accent principal sur les fondamentaux. On s’est dispersé dans les savoirs et les techniques au lieu de donner la priorité aux méthodes et à la première d’entre elles : l’apprentissage de la langue commune. Apprendre sa langue, c’est apprendre à penser. Pauvre société où l’on emprisonne des gamins de 14 ans dans une spécialité ! Comment pourront-ils comprendre le monde actuel, de plus en plus relié, sans le secours d’un début de culture générale ? Cette manie des options est une fuite en avant. Un manque de courage. Un refus d’affronter le réel. De moins en moins de jeunes Français ont, à l’heure du bac, une aisance minimale dans la lecture et l’écriture. De ce fait, ils s’excluent de toute possibilité de trouver un jour un emploi véritable. Pis, ils deviennent étrangers dans leur propre pays. Comment ne pas prévoir que ces « zones de non-parole » vont engendrer d’autres « zones de non-droit » ?

Le langage est le premier des liens. C’est lui qui crée une communauté. Le langage est la première des choses communes : le fondement de la République


Technologies: Google dévalue tout ce qu’il touche (Google devalues everything it touches)

13 septembre, 2009
Internet overtakes newspaperInternet catches up with TVLe plus intéressant est de voir combien des intellectuels que tout sépare a priori en viennent à prononcer un même réquisitoire. Qu’ils soient humanistes (Georges Duhamel), personnalistes (Emmanuel Mounier), existentialistes (Simone de Beauvoir) ou gauchistes de Mai 68, tous s’accordent à dénoncer le caractère dictatorial de la prétendue démocratie américaine et la mécanisation d’une vie dont la dimension spirituelle est réduite à néant. Philippe Roger[L’édition en livre de poche est] une entreprise mystificatrice puisqu’elle revient à placer entre toutes les mains les substituts symboliques de privilèges éducatifs et culturels. Hubert Damisch (philosophe, Mercure de France)

Les livres de poche sont-ils de vrais livres ? Leurs lecteurs sont-ils de vrais lecteurs? Jean-Paul Sartre (Les Temps modernes)

Ce qui se passe pour les journaux américains est simple et terrible à la fois : Jusqu’ici, ils avaient une rente artificielle et une situation de monopole sur les petites annonces qui représentaient 50% de leurs revenus ». Celles-ci ont disparu en migrant massivement sur Internet. Les journaux ont donc du couper à même hauteur dans les coûts et donc dans la production de leurs contenus. Se sont ajoutés la gratuité de l’Internet, et maintenant, la crise, qui avec le retrait massif de la pub automobile et financière, ont fini de dégrader la qualité. C’est un krach Responsable d’un site américain de contenus éditoriaux

La qualité des quotidiens des grandes villes américaines, est en train de baisser. Ils ont ainsi nettement moins de correspondants à l’étranger. (…) Nous sommes confrontés à une situation de destruction créatrice, sous pression numérique, et à une banalisation de la valeur de l’information (…) Google dévalue tout ce qu’il touche. Google est bien pour Google, mais est terrible pour les fournisseurs de contenus. Il segmente les contenus de manière quantitative, et non de manière qualitative. Or si vous voulez que les gens paient pour votre contenu, vous voulez que ce soit sur une base qualitative. (…) Il subsiste aujourd’hui clairement un rôle social pour le journalisme de qualité . Mais, historiquement, les journalistes n’ont pas été très brillants pour anticiper les changements dans la société. Ils ont vécu dans une sorte de splendide isolement, en se référençant eux-mêmes et en s’admirant eux-mêmes. Robert Thomson (patron du Wall Street Journal)
Depuis l’invention de la peinture et de l’écriture, nous avons fixé notre mémoire, nos opinions, nos rêves, voire nos économies sur des supports physiques sans cesse renouvelés : parchemins, toiles, livres, bobines de films, disques, cassettes vidéo… C’était le monde analogique. Toute cette accumulation de pensées et de passé doit être numérisée, pour la sauver de la destruction et de l’oubli, mais aussi pour donner naissance à de nouveaux savoirs. ( …) Un monde numérique déjà constitué, où les régulations édifiées depuis des siècles en matière économique ou culturelle semblent avoir été supprimées au nom d’une nouvelle religion : l’accès immédiat à l’information. Emmanuel Hoog (PDG de l’Institut national de l’audiovisuel)

Imprimerie démonétisant le manuscrit, photographie la peinture, tube la peinture académique, caméras légères, pellicules plus sensibles et prise de son synchrone le cinéma de papa, livres de poche les éditions grand format, radio puis télévision le journal …

Alors que comme avec les précédentes révolutions techniques, le numérique remet en question bien des positions acquises …

Que les différentes tentatives françaises ou européennes de moteurs de recherche (Europeana, Qaero, etc.) échouent ou périclitent les unes après les autres …

Et qu’après l’affaire Wikipedia ou la question du piratage, la polémique ne cesse d’enfler avec le projet de numérisation massive des bibliothèques du monde lancé par Google en décembre 2004 qui, malgré les soupçons qui pèsent sur lui de « privatisation du patrimoine culturel de l’humanité » et via des accords avec 29 des plus grandes bibliothèques du monde ainsi que les auteurs et éditeurs américains, a déjà numérisé dix millions de livres (contre par exemple 300 000 pour Gallica, la bibliothèque numérique de la BNF) …

Retour, à l’heure où l’internet a non seulement dépassé la presse papier mais rattrapé la télévision comme source d’informations préférée notamment pour les plus jeunes (d’où l’inévitable perte de revenus publicitaires), sur un entretien de février dernier réunissant, autour de Charlie Rose et donc bien au-delà du discours protectionniste hexagonal habituel de l’exception culturelle, les directeurs de nombre des plus grands journaux américains dont Robert Thomson du Wall Street Journal, Mort Zuckerman du New York Daily News et du U.S. News & World Report ainsi que l’ancien rédacteur en chef du magazine Time Walter Isaacson ….

Où l’on entendit fameusement que… « Google dévalue tout ce qu’il touche »!
« CHARLIE ROSE » PANEL DISCUSSES THE FUTURE OF NEWSPAPERS

Poynter

FEB. 11, 2009

Tonight, we begin a new series on the future of newspapers. The industry is facing a critical time of uncertainty. Television, the Internet and other new technologies have caused a great shift in the media landscape. Newspapers are struggling to adapt. Overall revenues have fallen three years in a row. These numbers could reach double digits this year. Many advertisers have fled print for the Web.

Last December, the Tribune Company, which owns the L.A. Times and The Chicago Tribune filed for bankruptcy.

Yet thanks to the Internet, more people read news stories today than ever before. Editors and publishers are searching for ways to profit in the digital age.

Joining me now is Robert Thomson. He’s the managing editor of The Wall Street Journal. Also, Mort Zuckerman. He is owner and publisher of the New York Daily News and the editor in chief of U.S. News & World Report, a magazine he owns. With me in Washington is Walter Isaacson. He is president and CEO of the Aspen Institute. He’s also the author of this week’s cover story in Time magazine called, « How to Save Your Newspaper: A Modest Proposal. » I should also suggest that Walter was formerly the editor of Time magazine.

And I begin with you, Walter. Tell me how bad is it, from all the surveys that you took in putting this piece together, and what’s a modest proposal?

WALTER ISAACSON, ASPEN INST.: I think it’s pretty bad, because I think we’ve realized after the fourth quarter of last year in which Web advertising for newspapers started to decline, that Web advertising wasn’t going to continue to shoot up and form a business model where you could keep giving away newspapers for free online and hope that Web advertising would support it.

I don’t think that business model is ever going to work. And that, as Dr. Johnson would say, should concentrate our minds wonderfully.

I compliment The Wall Street Journal, because they have a model where they get revenue from a variety of sources, including people who subscribe online. They don’t just give everything away for free.

And so, I think we need to look at a variety of ways in which journalism, and for that matter music, as Steve Jobs has done with iTunes, or video or blogs or anything else, when people form — create good content, they find a way to get paid for it.

One way of adding to the mix of how you get paid for it is if there were micro payments, where people had sort of like an EZ Pass or an iTunes card, where if you wanted a magazine that week, you could pay a quarter and it would just come out of your account.

But that’s not the only way you can do it. It’s just one of many ways I think we are going to have to look to make sure that we get over this notion that content has to be free.

CHARLIE ROSE: Your analysis as a newspaper owner and publisher.

MORT ZUCKERMAN, NEW YORK DAILY NEWS: You know, I have a problem in the world of business, whether it be real state or newspapers, and that is it’s called realism.

CHARLIE ROSE: Well, let me tell you what I understand about this…

MORT ZUCKERMAN: There is no possibility of being able to introduce that at this stage of the game. And by the time that ever gets to be effective, in terms of revenue, we could be dead if that’s what we’re depending upon.

So we have taken a very different approach. I don’t think at this
stage of the game that is a realistic approach.

CHARLIE ROSE: What is a realistic approach?

MORT ZUCKERMAN: Either charging for the content on the Web or doing it in micro payments. I mean, I think it’s a wonderful idea, if it would be possible. I just don’t think it is. The market will simply not accept it.

WALTER ISAACSON: Haven’t you felt that way about music a couple of years ago, Mort, that nobody would ever pay for music?

MORT ZUCKERMAN: I don’t know whether I would have felt that way about music since I’m not a music producer. All I can say is that I listen to music. I don’t care how I pay for it. But that’s a very different — and different kind of thing. It’s a discretionary kind of thing.

This to my mind is not something quite as discretionary. All I can say to you, it is inconceivable to me that we’ll find a way — and we’ve tried in various ways, particularly in special segments, of what the U.S. News does.

And I would point out that, look at Time magazine. What it’s got, 56 pages? You can’t get a thinner version of a newspaper today…

CHARLIE ROSE: And Newsweek is announcing this week they’re changing format because they can’t live under the old format.

MORT ZUCKERMAN: Right. And U.S. News is the same thing. We’re faced with a double crisis now. One is, we have a tremendous economic decline now that is causing a lot of advertisers to withdraw or reduce their advertising, dramatically, particularly since we have a consumer-led recession at this stage of the game. So you’re going to see a major decline in advertising that I believe is going to continue through this year and maybe for several years.

But the other thing is, as implicit in that and in Walter’s suggestion, is that you have a fundamental change in the technology of the dissemination of news. And that’s the Internet, and that has taken a tremendous bite out of not necessarily the readership of the magazines, but at least of the advertisers who have moved on to the Web, because that seems to be the area where the audience is expanding dramatically.

CHARLIE ROSE: But right now, if you know what you know now, would you have bought The Daily News?

MORT ZUCKERMAN: Absolutely, I would.

CHARLIE ROSE: Because?

MORT ZUCKERMAN: Well, number one, we were able to turn The Daily News into quite a profitable enterprise, at least until this year, and we have plans for returning it to being profitable, which we believe will happen by the end of this year, because we have new presses that are coming on, which will do two things…

CHARLIE ROSE: I thought you just told me this was a terrible business to be in.

MORT ZUCKERMAN: I committed to the new presses out of sheer passion 18 months ago, or almost 18 months ago, and they will be installed by the end of this year. They will dramatically increase our revenues, because we’ll have all color, and this will increase our advertising revenues, and it will also increase our circulation, because it will be a completely
transformed visual product.

Now, if you want me to tell you that newspapers today are a profitable business, and I would do — invest a lot in newspapers, the answer is no. But I own The Daily News and I’m determined to keep The Daily News going because my daughter, who is 11, is now committed to be the next publisher.

CHARLIE ROSE: She’s agreed?

(LAUGHTER)

MORT ZUCKERMAN: She’s agreed. She liked the working conditions. She liked the demands.

CHARLIE ROSE: And she liked…

MORT ZUCKERMAN: She said…

CHARLIE ROSE: She liked her potential share of the ownership.

(LAUGHTER)

CHARLIE ROSE: All right. Here’s The Wall Street Journal, owned for many, many, many years by the Bancroft family. Rupert Murdoch and Newscorp comes in and buys it. They bring you in from England, where you had a perfectly nice and interesting job. And you take over The Wall Street Journal, a national newspaper. How do you see the problem?

ROBERT THOMSON, THE WALL STREET JOURNAL: For us, it’s not so much a problem. You have to make a distinction between general newspapers, where you’re seeing creative destruction digitally compressed and a commoditization of content. And that’s why people aren’t paying, because they can’t make a distinction.

And I think micro payments might work for general content, but readers have to — who are eclectic (ph), they’re digitally nondenominational, they have never had more choice than now. They have to understand why they’re paying for something. And in our case, business readers can. Businessmen and business women are forking out a lot of money every year to read The Wall Street Journal online, and at the same time, sales of the print edition are increasing quite significantly.

(CROSSTALK)

MORT ZUCKERMAN: Now, there’s one other important thing, and the reason for that is they can charge that against — as a business expense, which is not what you can do for The Daily News. But it is, by the way, a phenomenally better paper since this guy has taken over the leadership of that paper, but in addition to that, it is something that’s tax deductible, and that helps. A lot of business people will subscribe to it at the office and it gets a wider readership as a result of that, and it’s now such a much more lively and more interesting paper, that that’s going to din.

Having said that, their advertising has got to have dropped off the end of the table. At least if I can follow it by looking at the paper. Not because of the quality of the paper, just because of the fundamentals of the advertising market and the economy.

ROBERT THOMSON: I don’t think we jumped off the edge. This is a roundtable.

(LAUGHTER)

ROBERT THOMSON: To be honest, last week, bad week. This week, up on budget. So it’s very fluky. Very, very difficult to read the advertising market.

Mort is right. What you’re seeing was a decline last year, which we all hoped in the autumn would end this year. There is still a decline. But there are still opportunities out there for people who are constantly reviewing their strategy. Because one of the problems we have is that people are debating micro payments theories from a decade ago.

CHARLIE ROSE: Explain micro payments. Even though Walt started to talk about it.

ROBERT THOMSON: Well, essentially, it can work several ways. One, we can have your details — we can have your credit card and we can charge you monthly for a subscription. Or I think the idea that Walter is expounding is….

CHARLIE ROSE: And Michael Kinsley in today’s New York Times.

ROBERT THOMSON: Doesn’t agree. It is that for an article, an article that you’re interested in or a collection of articles that you’d open your e-purse and pay.

Now, there is absolutely no doubt that it’s getting much easier to charge people in that manner, and there’s absolutely no doubt that people are much more comfortable paying that way. Whether they will pay for a content that is now free is the question.

CHARLIE ROSE: OK. Did you guys consider for a moment moving off the model that you had…

(LAUGHTER)

ROBERT THOMSON: Well, more than for a moment, but…

(LAUGHTER)

ROBERT THOMSON: But we looked at it from every angle. Because people in the digital world actually are some of the most conservative, curmudgeonly types now, because they’re still having these digital debates from a decade ago.

People in the digital world were encouraging us to do so, because advertising was going to grow exponentially. Regardless of how much inventory, how many stores were created on the web. That’s just — and we could see then that that wasn’t going to happen.

And so, we liked the subscriber model, and now we love the subscriber model, but…

CHARLIE ROSE: Yeah. And it’s a wave of the future, so to speak?

ROBERT THOMSON: But one of the — Google — I mean, the harsh way of just defining it, Google devalues everything it touches. Google is great for Google, but it’s terrible for content providers, because it divides that content quantitatively rather than qualitatively. And if you are going to get people to pay for content, you have to encourage them to make qualitative decisions about that content.

CHARLIE ROSE: And Google doesn’t do that.

ROBERT THOMSON: Google doesn’t do that.

CHARLIE ROSE: Walter, do you agree with that? Google?

WALTER ISAACSON: I agree. And also, what Google does is it allows ads to be spread all over the Web. You can go to Google ad servers and put ads on any site there is. So you have a huge inventory of advertising sites, I mean places where people can place ads, and the declining amount of ad dollars. Which is why I think the basis premise I’m trying to push is that relying only on advertising dollars is, as Henry Luce once said, economically self-defeating, and it actually destroys your bond with the reader, because you’re chasing the advertiser and not trying to do what Mr. Thomson just said, which is distinguish yourself for your reader.

MORT ZUCKERMAN: Well, not on the Web perhaps, but I have to say, you have to distinguish yourself for the reader in terms of the print product. At least that’s still is a part of it. And bear in mind, a lot of the stuff that you read on the Web comes directly from the print product, and that’s where most of the best stuff on the Web comes from. And so that is still…

(CROSSTALK)

MORT ZUCKERMAN: I’m sorry?

WALTER ISAACSON: At least people should pay for it if they’re going to point to it or aggregate it or use it in their blogs or whatever.

MORT ZUCKERMAN: It’s interesting, though, I was on a panel with the head of Ogilvy & Mather just last week, and she was saying that they’re still not convinced — the advertisers are still not convinced that advertising on the Web really is persuasive and sells, the way it does, for example, in print, and particularly on television, she was saying. So…

CHARLIE ROSE: What do you think about that?

MORT ZUCKERMAN: Well, I mean, you know, I have to in a sense rely on people. The one thing I will say is that our Web revenues are going up, and going up considerably, as is our audience going up dramatically. But our advertising, either in the newsweekly except — the only thing it works in the newsweekly, for example, for us are those issues where we have the best of the best colleges and the best graduate schools, the best — that people really, both advertisers and readers, pile on to. But that’s because it’s unique. You can’t get it anywhere else. So that issue of quality in that sense — it’s not a news quality, because news, it’s very, very difficult to have news that differentiates itself from everybody else. I mean, The Wall Street Journal could do it. But what we were able to do at U.S. News — and we did start it for that reason — was to provide what we called news you can use, that you can’t get anywhere else, and now we have the brand in that sector, and that really gives us a real pull for advertisers. Otherwise, it’s really hugely difficult.

ROBERT THOMSON: I think Mort is on to something. Dead trees are definitely not dead. There is no doubt that in the modern age of content relationships, there is absolute intensity in the relationship between a reader and a newspaper. Now, given the Web surfing, ad skipping, channel changing consciousness that’s out there, the idea of spending 30 minutes with any medium, with — and the only multitasking you’re doing is drinking a cup of coffee, that does make newspapers unique. And actually if you talk to ad people, they’re starting to recognize that.

CHARLIE ROSE: All right. Walter, tell me the difference between local newspapers like the L.A. Times and like the Chicago Tribune and like The Miami Herald, and I could go down the list, and national newspapers like The Wall Street Journal and The New York Times.

WALTER ISAACSON: I think local newspapers are particularly important to try to save. And I would go to, you know, places like The Times-Picayune in New Orleans, my hometown. That’s an incredibly important newspaper, and nobody else is doing the type of journalism — it’s not commodity news when they’re covering the mayor, the city hall, the type of news that you really need to be a good citizen of your community. And I find it incomprehensible that these local newspapers are saying, we still want you to subscribe to us, but we will give you the newspaper for free on the Web, even if you don’t subscribe.

MORT ZUCKERMAN: I don’t think we have much choice, Walter, I really don’t. I don’t see how we’re going to be able to charge people. I mean, we like — the Daily News, I feel, is — with all due respect to other local newspapers who may be affiliated with certain people sitting at this table — I really think we are New York City’s local paper. And you know, we have an audience, frankly, that reads the newspaper. Our readership has stayed up there, quite remarkably, I think, and that’s the interesting thing.

We have been deserted by advertisers, that’s the problem. And we are going to — that has been such a critical part of the business model. I don’t know if there is another business model. We think there is for the Daily News for various reasons, including the fact that we are going to be able both to increase revenues and reduce costs through new presses. But short of that, I tell you, I think it’s going to be very, very tough for a lot of papers.

CHARLIE ROSE: But you’re saying maybe the only thing that your new business model has in it is a better printing press and a cheaper printing press?

MORT ZUCKERMAN: Well, it’s not — yes, well, it’s more efficient. We don’t like to call it cheaper.

CHARLIE ROSE: I understand.

(LAUGHTER)

MORT ZUCKERMAN: Thank you very much. It’s just an important difference. Words are important to me (ph).

CHARLIE ROSE: Yes, they are.

MORT ZUCKERMAN: But I think it will attract more advertising, because you get a color premium for — you get a premium from advertisers if you have color. And we had very little color in our paper.

CHARLIE ROSE: Most people would hear you say that, and they would say, you know, he doesn’t — with all due respect, you don’t get it.

MORT ZUCKERMAN: Yes.

CHARLIE ROSE: He thinks he can just change the nature of the printing, and therefore he is going to solve the big problems of newspapers, he’s dreaming.

MORT ZUCKERMAN: No, no, no, that’s not the only part of it. There’s also a hugely — there’s a huge cost benefit of new presses, which are much, much faster. I can do — I’ll be able to do with three presses what I was doing with nine presses. That’s a huge cost savings in addition to the revenue side of it.

CHARLIE ROSE: Is society, civilization at risk here in some way? I don’t want to overdo this, if newspapers somehow become very different, and are threatened, if they can’t adjust to a new model?

ROBERT THOMSON: Look, there’s clearly a social role for good journalism. And the newspaper traditionally has almost been the village square of content. You shared an experience. And I think it’s not just a question of is there — is society threatened. It’s, you know, where — what is the provenance of information that society is sharing? Because there is that great varying veracity of information that people access on the Web. And you know if it’s a story in The Journal or in Time magazine or in Mort’s paper or magazine, you know where the story comes from. You have a sense of its authenticity.

But back to the qualitative/quantitative distinction. People on the Web are not making those qualitative distinctions. They’re being socialized in a different way to the people engaged in this conversation.

CHARLIE ROSE: Is that healthy or not?

ROBERT THOMSON: Well, look, I don’t think — there’s a great tendency for journalists to be high and mighty, and to underestimate the intelligence of readers. And I think one of the reasons they’re losing readers is for that very reason. But what you can certainly say, is that it’s a different upbringing. And what will be the long-term social consequence of that? I don’t know.

But newspapers will have an ongoing role. Clever people, clever newspapers will understand that the Web-newspaper relationship is one of complementary content, that you have to work the Web.

MORT ZUCKERMAN: Right, right.

ROBERT THOMSON: It’s not just replacement theory. Every newspaper is of itself a great brand, and to have brand value on the Web is to have a great advantage.

CHARLIE ROSE: The old media-new media distinctions are fastly becoming irrelevant, Walter?

WALTER ISAACSON: I think they are, and I think what’s particularly true in new media is that we’re getting citizen journalists, bloggers, that are adding immensely to the wealth of information that we have. And in the sense of getting paid for content, I don’t think it just applies to saving the old media. I think what you are trying to do is incent good, decent people who want to cover their town planning meeting or become citizen journalists or write blogs that are actually worth reading. You want them to be able to do it not just as an ego kick or as a hobby or as a civic contribution, but have people who have to put food on their table be able to afford to be citizen journalists, afford to be good bloggers.

And that’s another reason, I think, it would be useful if we started to move to the concept that if people are producing good things, whether it’s music or applications or blogs or video, people ought to be able to pay a quarter or a dollar for it on the Web, instead of thinking it’s all got to be free.

CHARLIE ROSE: This is the iPod model, so to speak.

MORT ZUCKERMAN: We’re ready to be the second or third newspaper that does that, Walter.

(LAUGHTER)

CHARLIE ROSE: But not the first.

MORT ZUCKERMAN: Not the first.

CHARLIE ROSE: When you look at the quality of newspapers, are they different today than they were five years ago, 10 years ago?

ROBERT THOMSON: Well, they vary by country and they vary by city within country. I think what you are seeing is that the big city papers in the U.S. are greatly diminished in quality. They are greatly diminished in range. They don’t have as many foreign correspondents. Frankly, that’s a great opportunity forvThe Wall Street Journal, not only in this country, but globally.

And one thing to remember is, if you create a piece of content, the beauty of the Web is that you can repurpose it many times. For example, just this week, we launched a Europe wsj.com. We launched an Asia wsj.com. We also launched and India wsj.com. That has basically the same content, but rearranged in a different way to suit those audiences.

CHARLIE ROSE: And therefore more appealing to advertisers in each of those different places.

ROBERT THOMSON: Exactly. So you can actually generate revenue several times over…

CHARLIE ROSE: With the same news.

WALTER ISAACSON: Absolutely. And I may be wrong in the ideas of micro payment, but what you just said is the operative idea. When you get more and more of that information online — right now we’re discussing whether or not Hamas will be able to take over and has been helped by the Gaza invasion or whatever. I want an Ethan Bronner of The New York Times, who knows what he’s talking about there, because that’s where I’m going to get my information, and I’m going to get it online. That’s the way I read The New York Times. But I don’t — I want to make sure somebody can pay to send him there. I don’t want to have to rely on people I don’t know, who are blogging from heaven knows where and pretending to know what’s happening in the Gaza strip.

CHARLIE ROSE: Just to add another name to the mix, this broadcast is taped at — it’s done at Bloomberg. Does Bloomberg have a significant advantage in terms of the future of news gathering because it has an economic resource that is different from many?

MORT ZUCKERMAN: Different business model.

CHARLIE ROSE: Yes, business model, that’s what I mean.

MORT ZUCKERMAN: Absolutely.

CHARLIE ROSE: So therefore, it can be hiring foreign correspondents.

MORT ZUCKERMAN: Absolutely.

CHARLIE ROSE: And therefore, as it does that, it will enhance its
uniqueness.

MORT ZUCKERMAN: Absolutely.

CHARLIE ROSE: Or not?

ROBERT THOMSON: But for the general reader, Bloomberg is nice to have, occasionally — not as nice as wsj.com obviously — but at the same time, that’s not its reason for being. Bloomberg is a professional service for professional…

CHARLIE ROSE: Most of its revenue comes from selling terminals.

ROBERT THOMSON: Virtually all of the revenue comes from selling terminals. It’s nice to have a TV station, it’s nice to have a Web presence, but that’s not its raison d’etre.

CHARLIE ROSE: What’s the significance of being on Kindle, which is Amazon’s device for reading books and getting online stuff? What’s the difference in that and simply reading it on the computer screen? What’s the difference?

MORT ZUCKERMAN: Well, you may be able to charge for it. You may be able to charge for it differently. You may be able to charge for it on the basis of use, which is the way you do for books now with Kindle.

CHARLIE ROSE: Walter.

WALTER ISAACSON: The Kindle is truly wonderful. So is the Magic Plastic and all the things coming out. And it means that wirelessly, wherever you are, you can get that — a beautiful display of the newspaper.

The main thing I think we’ve got to do is prevent us from giving it away for free on the Kindles and the new devices, just like we gave it away for free on the Web. We’ve got one more shot at it with these new devices coming. Let’s make some really cool newspapers and really cool applications we can put on it that we can actually charge for.

CHARLIE ROSE: OK. So your central point in this entire conversation is that it’s all going digital, but you’ve got to figure out a way to charge for it…

ROBERT THOMSON: … with the same news.

CHARLIE ROSE: This seems to be obvious, Walter. We’re going to get more of our information online, period. I mean, that’s the operative idea everybody has to deal with. And then they’ve got a secondly, with that operative idea, figure out how to generate revenue with it.

MORT ZUCKERMAN: For the content.

CHARLIE ROSE: … because Mort has made the point — content, yes. It’s all going digital…

(CROSSTALK)

CHARLIE ROSE: You have to find a way to charge for it.

WALTER ISAACSON: We cannot be totally dependent on advertising. You’ve got to be depending on your readers wanting you. And with these new digital devices like the Kindle, if you can make a cool enough application that people really want, then I think you can charge for it.

CHARLIE ROSE: Here’s another idea about the Kindle, because you can put all those books on there and you can get them for 9.99. People are saying that’s going to change publishing. A technological device is going to change publishing.

MORT ZUCKERMAN: Absolutely. Absolutely. I think…

(CROSSTALK)

WALTER ISAACSON: But it also allows for every book to be available. I think there are 360,000 books now in the Amazon digital library. And this is wonderful. I mean, it is just expanding our ability to get information. And those of us who write books, we’re going to start writing for the Kindle. So if I am writing about Louis Armstrong, I can put music in the book. I can allow people to be interactive with the book.

CHARLIE ROSE: That’s a good idea.

MORT ZUCKERMAN: Even now, I mean, we think very differently about how we present the Daily News on the Web than we do now to present it on — in print.

CHARLIE ROSE: Because the connoisseur looks at it differently…

MORT ZUCKERMAN: They look at it differently.

(CROSSTALK)

MORT ZUCKERMAN: The stories to some extent have to be written differently, because it’s a very different kind of medium. And I’m sure if you’re thinking about the Kindle, we’re going to be thinking differently again.

CHARLIE ROSE: All right. Walter…

WALTER ISAACSON: Charlie…

CHARLIE ROSE: Yes.

WALTER ISAACSON: … in Time magazine this week, the one where I’ve written some, thereâ€â„¢s anther great story by Josh Quittner, who writes about the type of applications we can do as journalists on these new digital devices when they come along. So it’s not just making the pictures different or making it more visual. It’s entire small applets that can do things, be of service. And I think that’s what we have to look for in the next generation of journalism on the Kindle and other electronic readers.

CHARLIE ROSE: Here is the cover story, Time magazine, « How To Save Your Newspaper: A Modest Proposal » by Walter Isaacson.

This last question. You know, we all sit around here and talk about the present economic environment, and everybody who comes to this table says, yes, we’re going to see other bank failures. Are we going to be seeing newspapers fail?

MORT ZUCKERMAN: For sure.

(CROSSTALK)

CHARLIE ROSE: Is that your next book, Walter?

WALTER ISAACSON: I’m not sure.

(CROSSTALK)

(LAUGHTER)

CHARLIE ROSE: Connecting the dots is one of my ideas, one of my
skills.

ROBERT THOMSON: I think the thing to remember is that we are freezing a frame of evolution. That we’re talking about the Kindle now — the Kindle or a similar device in five years’ time is going to be very, very different. And the task for editors and for publishers is to anticipate what those devices are going to be like. Because journalists historically haven’t done a very good job of anticipating those social changes. Instead of being a part of their community, they’ve existed in a kind of splendid isolation, being self-referential and self-reverential. So — and how are people going to access information in the future? There is still an opportunity for people who attempt to think ahead.

CHARLIE ROSE: OK, but I mean, let’s assume you know how to do that.

ROBERT THOMSON: Well, you’re asking the wrong person.

CHARLIE ROSE: OK. Because I mean, that’s what we really want to know, before we leave this conversation. If you think ahead, what does it tell you? What is it — give me some…

ROBERT THOMSON: Different formats. Different looks. To understand that a young person today has been socialized visually in a totally different manner to the way we’ve been socialized. Their level of visual acuity is much more sophisticated.

WALTER ISAACSON: We’re going to see major cities in this…

MORT ZUCKERMAN: Absolutely.

CHARLIE ROSE: Wait, one at a time.

MORT ZUCKERMAN: Particularly those newspapers, for example, that have high levels of debt on them. I mean, I think they’re going to be unsustainable without a lot of capital infusion from the outside, either from the owner or from somebody else. There are going to be any number of newspapers that are going to go under.

(CROSSTALK)

WALTER ISAACSON: If we don’t do something, we’re going to have cities in this country that no longer have a local newspaper, and we’re going to have major newspapers, news organizations, magazines and networks that have two or three correspondents at most. This is not good for, you know, the country.

CHARLIE ROSE: Thank you, Walter Isaacson. Robert Thomson, Mort Zuckerman.

This is the beginning of a series about this. We will talk to people in communities, we’ll talk to people at other newspapers, and we’ll talk to reporters and connoisseurs of the news to get different perspectives on this.


Présidence Obama: Les juifs américains seraient-ils masos? (Earning like Episcopalians and voting like Puerto Ricans)

12 septembre, 2009
Hebrew Obama buttonsLes juifs gagnent leur pain comme des épiscopaliens et votent comme des Portoricains. Milton Himmelfarb
Fuck the Jews ! They don’t vote for us anyway. James Baker (1992)
Voulez-vous que je retourne à mon avion? Jacques Chirac (aux agents de sécurité israéliens, octobre 1996)
Aujourd’hui, Sarkozy va encore plus loin qu’Obama dans la critique d’Ahmadinedjad ou dans la vénération d’Israël. Il est devenu, avec une guerre de retard, un « Bush à la française », comme l’a dit récemment l’hebdomadaire Marianne. Paul-Éric Blanrue
En ces temps complètement inédits …
.
Où un président français est plus populaire en Israël qu’un président américain (4% trouvant ce dernier pro-Israël à la fin août contre 31% en mai et 88% pour son prédécesseur à la Maison Blanche) …

Et où une large majorité d’électeurs juifs (qui ont d’ailleurs voté pour lui à 78%) semblent continuer à soutenir quelqu’un qui est, du point de vue israélien et sans parler de son programme anti-économique, le pire président américain depuis Carter …

Retour, avec le commentateur Norman Podhoretz qui vient de lui consacrer un livre, sur cette fascinante communauté qui, selon le célèbre mot de Milton Himmelfarb, « gagne comme des Episcopaliens mais votent comme des Portoricains » …

Why Are Jews Liberals?
I’m hoping buyer’s remorse on Obama will finally cause a Jewish shift to the right.
Norman Podhoretz
The Wall Street Journal
September 10, 2009

One of the most extraordinary features of Barack Obama’s victory over John McCain was his capture of 78% of the Jewish vote. To be sure, there was nothing extraordinary about the number itself. Since 1928, the average Jewish vote for the Democrat in presidential elections has been an amazing 75%—far higher than that of any other ethno-religious group.

Yet there were reasons to think that it would be different in 2008. The main one was Israel. Despite some slippage in concern for Israel among American Jews, most of them were still telling pollsters that their votes would be strongly influenced by the positions of the two candidates on the Jewish state. This being the case, Mr. McCain’s long history of sympathy with Israel should have given him a distinct advantage over Mr. Obama, whose own history consisted of associating with outright enemies of the Jewish state like the Rev. Jeremiah Wright and the historian Rashid Khalidi.

Nevertheless, Mr. Obama beat Mr. McCain among Jewish voters by a staggering 57 points. Except for African Americans, who gave him 95% of their vote, Mr. Obama did far better with Jews than with any other ethnic or religious group. Thus the Jewish vote for him was 25 points higher than the 53% he scored with the electorate as a whole; 35 points higher than the 43% he scored with whites; 11 points higher than the 67% he scored with Hispanics; 33 points higher than the 45% he scored with Protestants; and 24 points higher than the 54% he scored with Catholics.

These numbers remind us of the extent to which the continued Jewish commitment to the Democratic Party has become an anomaly. All the other ethno-religious groups that, like the Jews, formed part of the coalition forged by Franklin Delano Roosevelt in the 1930s have followed the rule that increasing prosperity generally leads to an increasing identification with the Republican Party. But not the Jews. As the late Jewish scholar Milton Himmelfarb said in the 1950s: « Jews earn like Episcopalians »—then the most prosperous minority group in America— »and vote like Puerto Ricans, » who were then the poorest.

Jews also remain far more heavily committed to the liberal agenda than any of their old ethno-religious New Deal partners. As the eminent sociologist Nathan Glazer has put it, « whatever the promptings of their economic interests, » Jews have consistently supported « increased government spending, expanded benefits to the poor and lower classes, greater regulations on business, and the power of organized labor. »

As with these old political and economic questions, so with the newer issues being fought out in the culture wars today. On abortion, gay rights, school prayer, gun control and assisted suicide, the survey data show that Jews are by far the most liberal of any group in America.

Most American Jews sincerely believe that their liberalism, together with their commitment to the Democratic Party as its main political vehicle, stems from the teachings of Judaism and reflects the heritage of « Jewish values. » But if this theory were valid, the Orthodox would be the most liberal sector of the Jewish community. After all, it is they who are most familiar with the Jewish religious tradition and who shape their lives around its commandments.

Yet the Orthodox enclaves are the only Jewish neighborhoods where Republican candidates get any votes to speak of. Even more telling is that on every single cultural issue, the Orthodox oppose the politically correct liberal positions taken by most other American Jews precisely because these positions conflict with Jewish law. To cite just a few examples: Jewish law permits abortion only to protect the life of the mother; it forbids sex between men; and it prohibits suicide (except when the only alternatives are forced conversion or incest).

The upshot is that in virtually every instance of a clash between Jewish law and contemporary liberalism, it is the liberal creed that prevails for most American Jews. Which is to say that for them, liberalism has become more than a political outlook. It has for all practical purposes superseded Judaism and become a religion in its own right. And to the dogmas and commandments of this religion they give the kind of steadfast devotion their forefathers gave to the religion of the Hebrew Bible. For many, moving to the right is invested with much the same horror their forefathers felt about conversion to Christianity.

All this applies most fully to Jews who are Jewish only in an ethnic sense. Indeed, many such secular Jews, when asked how they would define « a good Jew, » reply that it is equivalent to being a good liberal.

But avowed secularists are not the only Jews who confuse Judaism with liberalism; so do many non-Orthodox Jews who practice this or that traditional observance. It is not for nothing that a cruel wag has described the Reform movement—the largest of the religious denominations within the American Jewish community—as « the Democratic Party with holidays thrown in, » and the services in a Reform temple as « the Democratic Party at prayer. »

As a Jew who moved from left to right more than four decades ago, I have been hoping for many years that my fellow Jews would come to see that in contrast to what was the case in the past, our true friends are now located not among liberals, but among conservatives.

Of course in speaking of the difference between left and right, or between liberals and conservatives, I have in mind a divide wider than the conflict between Democrats and Republicans and deeper than electoral politics. The great issue between the two political communities is how they feel about the nature of American society. With all exceptions duly noted, I think it fair to say that what liberals mainly see when they look at this country is injustice and oppression of every kind—economic, social and political. By sharp contrast, conservatives see a nation shaped by a complex of traditions, principles and institutions that has afforded more freedom and, even factoring in periodic economic downturns, more prosperity to more of its citizens than in any society in human history. It follows that what liberals believe needs to be changed or discarded—and apologized for to other nations—is precisely what conservatives are dedicated to preserving, reinvigorating and proudly defending against attack.

In this realm, too, American Jewry surely belongs with the conservatives rather than the liberals. For the social, political and moral system that liberals wish to transform is the very system in and through which Jews found a home such as they had never discovered in all their forced wanderings throughout the centuries over the face of the earth.

The Jewish immigrants who began coming here from Eastern Europe in the 1880s were right to call America « the golden land. » They soon learned that there was no gold in the streets, as some of them may have imagined, which meant that they had to struggle, and struggle hard. But there was another, more precious kind of gold in America. There was freedom and there was opportunity. Blessed with these conditions, we children and grandchildren and great-grandchildren of these immigrants flourished—and not just in material terms—to an extent unmatched in the history of our people.

What I am saying is that if anything bears eloquent testimony to the infinitely precious virtues of the traditional American system, it is the Jewish experience in this country. Surely, then, we Jews ought to be joining with its defenders against those who are blind or indifferent or antagonistic to the philosophical principles, the moral values, and the socioeconomic institutions on whose health and vitality the traditional American system depends.

In 2008, we were faced with a candidate who ran to an unprecedented degree on the premise that the American system was seriously flawed and in desperate need of radical change—not to mention a record powerfully indicating that he would pursue policies dangerous to the security of Israel. Because of all this, I hoped that my fellow Jews would finally break free of the liberalism to which they have remained in thrall long past the point where it has served either their interests or their ideals.

That possibility having been resoundingly dashed, I now grasp for some encouragement from the signs that buyer’s remorse is beginning to set in among Jews, as it also seems to be doing among independents. Which is why I am hoping against hope that the exposure of Mr. Obama as a false messiah will at last open the eyes of my fellow Jews to the correlative falsity of the political creed he so perfectly personifies and to which they have for so long been so misguidedly loyal.

Mr. Podhoretz was the editor of Commentary from 1960 to 1995. His latest book, « Why Are Jews Liberals? » is just out from Doubleday.

Voir aussi:

Analysis: Obama and the Jewish vote
Darren Pinsker
The Jerusalem Post
Aug. 27, 2009

There is a saying attributed, perhaps apocryphally, to the Chinese: « May you live in interesting times. » It is meant as a curse. The sage who sardonically coined the phrase may not have foreseen the calamities of our own day. Had he been so prescient, he might instead have opted for « May you live in riveting times » as more suitable for today’s zeitgeist.

Two issues are particularly interesting in our riveting times: radical Islam’s war against modernity and the West, directed primarily against the US and Israel, and government’s proper role in the world’s most innovative and prosperous economy, a question of acute resonance for a nation buffeted by an economic tempest.

The policies now crystallizing in the Obama administration will potentially have a long-term impact on America’s security, Israel’s security and Americans’ prosperity. The implications for the American Jewish community will likely be profound, meriting introspection. The fundamental question: Did American Jews, who overwhelmingly cast their lot with Barack Obama and the Democratic Party in the last election, vote in accord with, or contrary to, their foreign policy and economic self-interests?

Obama has signaled that he intends to « reset » US relations with the Muslim world. His premise, suggested both on the campaign trail and in office, has been that the rhetoric and actions of the Bush administration caused a sharp deterioration in US relations with much of the world, and that a more genial approach by the US will result in greater accommodation by America’s friends and foes. (Unabated Iranian and North Korean bellicosity, in spite of the change in presidents, points to a rapidly spreading crack in this premise, but the administration, for now, seems prepared to continue along this line of reasoning.)

Two different outcomes, located on opposite poles, may result from the administration’s approach. Under the optimistic scenario, the reset will pave the way for a diminution in discord in US-Islamic affairs and a reinvigorated Arab-Israeli peace process, one that will lead to long-term regional stability. Under the pessimistic scenario, radical Islamic forces will be emboldened by US appeasement, the US-Israel relationship will experience increasing friction and possible degradation and Israel will be pressured into making concessions that compromise its security.

The administration’s strategy consists of three elements. The first, the spearhead, is constructed of an adamantine faith in the power of dialogue and diplomacy and entails rhetorical appeals to the Muslim world. Instances of such outreach are by now legion: Obama’s first interview post-inauguration, on Arab television; his videotaped greeting to Iran earlier this year, sent for Iran’s holiday of Nowruz; his Cairo speech before the Muslim world; his reference to the « Islamic Republic » of Iran; his use of the honorific « supreme leader » in reference to Iran’s theo-dictator; his genuflection to the Saudi monarch; and a rhetorical shift that has all but banned talk of « terrorism » and the « war on terror » from the administration’s lexicon.

The second element, a corollary to the first, is its approach toward Israel. The signs of a change in tone have accumulated: the administration’s public statements on the cessation of natural growth in the Jewish settlements in the West Bank (in apparent contravention of oral understandings entered into between the Israeli government and the Bush administration); the public pronouncement by Assistant Secretary of State Rose Gottemoeller that Israel’s accession to the Nuclear Non-Proliferation Treaty is a goal of US policy; the linkage of efforts to stymie Iran’s deployment of nuclear weapons to Israeli flexibility in the peace process; the appointment to senior security positions of individuals who have exhibited antipathy toward Israel; and the exclusion of a stopover in Israel during the president’s trips to Turkey and Egypt. Indeed, some of the leaders of 16 Jewish organizations who met with Obama at the White House on July 13 expressed their concerns with his approach to Israel.

The third element, the bracket linking the Islamic and Israeli legs of the Obama strategy, consists of a deemphasis of the Bush administration’s efforts to promote democracy in the Middle East, a strategic shift which nascent democratic movements in this troubled region may regard with some chagrin.

To be sure, the administration’s approach to Israel and the Muslim world has entailed a number of pronouncements that supporters of Israel and advocates of a muscular response to Islamic radicalism would applaud. In Cairo, Obama did offer criticism of the Muslim world. Furthermore, he reiterated before the Muslim world the strength and importance of the US-Israel relationship, describing the bond as « unbreakable. » Moreover, he offered encouraging words following Prime Minister Binyamin Netanyahu’s recent speech in which he declared his conditional support for a two-state solution.

But the administration’s thinking on the great Middle Eastern trifecta of the Arab-Israeli conflict, Iran and the threat emanating from radical Islam appears often to be defined almost self-consciously in contradistinction to the policies of the Bush administration. And given that president George W. Bush was a staunch supporter of Israel and unabashedly confronted terrorism in his rhetoric and actions, it is not difficult to imagine that a foreign policy partly fashioned to distinguish itself from his policies could translate into a US stance less supportive of Israel and generally less favorable to Diaspora Jewish security interests.

Some would argue that none of this should come as a surprise to supporters of Israel, not least to those American Jews who voted for Obama. Robert Malley, one of Obama’s foreign policy advisers during the campaign, had penned political commentary for The New York Review of Books acrobatically absolving Yasser Arafat of primary blame for the breakdown of negotiations at Camp David in 2000 (on the heels of which the bloody second intifada followed). Obama’s long-time pastor Jeremiah Wright was considered to hold views hostile to Israel.

And Obama had an association at the University of Chicago with Rashid Khalidi, a Palestinian-American professor of Middle East studies who was quoted as a PLO spokesman in some news reports from Beirut in 1982. (Khalidi does not deny that he was in Beirut and was quoted by the press at the time, but he does claim he was misidentified as a PLO employee in those various instances in which he was quoted.) Has a pattern developed that should concern supporters of Israel?

IRA FORMAN, chief executive officer of the National Jewish Democratic Council (NJDC), a group that promotes the Democratic Party in the Jewish community, and a former employee of AIPAC, thinks not. He sees no dissonance between the Jewish vote for Obama and Jewish self-interest with respect to Israel. Forman refers to Israel as a « threshold » issue for American Jews, and for the vast majority of American Jews, « Obama makes that threshold. »

Furthermore, he dismisses the contention that Obama’s past associations imply he is less than empathetic to Israel, arguing this is easily refuted by the close relations Obama has maintained with the Chicago Jewish community. And he strongly takes issue with the claim that a change in US policy toward Israel is in process, arguing that « the basic policy of the Obama administration is in line with the previous five administrations. »

With respect to Obama’s vigorous promotion of a peace process that some critics have seen as a process of unreciprocated Israeli concessions, Forman argues, « The absence of a peace process is detrimental not only to our [America’s] interest, but to Israel’s interest as well. »

Forman sees hypocrisy in those critics who fault Obama for pushing the peace process again. Some of the loudest voices from the Right attacking the Obama administration’s reinvigoration of the peace process, he points out, were silent when the Bush administration engaged in a revival of the peace process at Annapolis in 2007.

While Forman is an ardent defender of the Democrats’ stance on Israel, a number of nonpartisan surveys offer a decidedly less flattering picture of the views on Israel held by liberals and Democrats. One recent poll, conducted by Pew Research Center in January 2009, indicated significantly greater support for Israel among conservatives and Republicans than among liberals and Democrats. Sixty percent of self-described conservatives stated that their sympathies lie with Israel versus only 8% with the Palestinians. By contrast, only 33% of self-described liberals declared their sympathies lie with Israel versus 21% with the Palestinians. Viewed from a different perspective, close to twice as many conservatives as liberals sympathize with Israel. Breaking out the poll results by party affiliation, 69% of Republicans stated they sympathize more with Israel than the Palestinians; only 42% of Democrats stated they sympathize more with Israel.

Other surveys concur with these results. A study published in October 2008 by the Berman Jewish Policy Archive at New York University concluded that « the most committed Jewish supporters of Israel come in a variety of political colorations; but when they engage with their most passionate pro-Israel allies among non-Jews, they find counterparts with decidedly Republican and conservative inclinations. »

In addition, the Israeli public is highly skeptical about Obama’s views. A recent poll by Smith Research, sponsored by The Jerusalem Post, found that only 6% of Israelis believe Obama to be pro-Israel.

Counterintuitively, in spite of the greater sympathy Israel elicited among the Republican and conservative rank-and-file, 52% of American Jews surveyed by the American Jewish Committee in its 2008 Annual Survey of American Jewish Opinion said the Democratic Party « is more likely to make the right decision » regarding American support for Israel; only 32% believed the Republican Party would do so. (16% said they were « not sure. »)

MATTHEW BROOKS is executive director of the Republican Jewish Coalition (RJC), a group that represents the Jewish community to Republican officials (but is not affiliated with the Republican Party), and is executive director of the Jewish Policy Center, a conservative think tank. In Brooks’s view, supporters of Israel should be very concerned about Obama’s stance on Israel. Obama has « taken the US-Israel relationship away from the policies of Bush, who was the most pro-Israel president in US history, » and brought about a « reincarnation of the Carter years. »

Brooks says that « this administration has a very different way of looking at the US-Israel relationship in a broader context in the Middle East, » a way that « doesn’t bode well for Israel. »

He cites as worrying signs the significant pressure the administration has applied on the issue of internal growth of settlements, pressure to conclude a peace agreement without regard for the costs to Israel, willingness to deal with a Palestinian unity government that will include Hamas and various pronouncements on Iran.

Brooks also argues that while one mustn’t lose sight of the distinction between peace and a peace process, whether or not a peace process is a virtuous activity « depends on whose peace process and what peace process. If you force the parties together regardless of issues of security and real peace, then that’s a bad peace process. » In contrast to Obama, « Bush understood you need a partner for peace and an end to the incitement for terror. »

Brooks does not see a viable partner on the Palestinian side today – not when rockets are fired from Gaza, Mahmoud Abbas is weak and Hamas rules.

THE DOVISH sentiment of the American Jewish mainstream may serve as one explanation for Jewish voting patterns that some say seem to run contrary to Jewish self-interest on the issue of Israel. This sentiment has deep roots in the Jewish community. When Jews were asked in the 1984 National Survey of American Jews if president Ronald Reagan « displayed poor judgment in calling the Soviet Union an ‘evil empire,' » 66% agreed that he had displayed poor judgment, 25% disagreed with the statement and 9% were unsure.

In attempting to understand why so few American Jews could bring themselves to agree that the Soviet Union – an enemy of Israel, Judaism and Jewish cultural expression, not to mention freedom generally – was evil, Milton Himmelfarb, an astute observer of American Jewish political and social trends, wrote, « The cause of this oddity is that so many Jews are doves. »

Little has changed in 25 years. The following question was posed in the 2007 Annual Survey of American Jewish Opinion conducted by the American Jewish Committee: « Would you support or oppose the United States taking military action against Iran to prevent it from developing nuclear weapons? » Fifty-seven percent of Jews responded that they would oppose military action. Only 35% were supportive of military action.

The Jewish community’s dovish orientation is one among several explanatory factors. Here’s another: Many American Jews do not rank Israel particularly high in their assessment of their self-interest. The New York University study found that Israel ranked only eighth in importance out of 15 issues for Jewish voters, and that only 15% of Jewish voters ranked Israel among their three most important issues. (The study found a positive correlation between a respondent’s ranking of Israel as an important issue and the likelihood that the respondent would vote for John McCain, the Republican candidate, for president.) Furthermore, a decline in the strength of American Jewish sentiment toward Israel appears to have occurred over the last few years. In 2006, in a survey of American Jews by the American Jewish Committee, 37% said they felt « very close » to Israel. In 2007, the percentage dropped to 30%. In 2008, it dropped again, to 29%.

THE REDISTRIBUTION of wealth through higher taxes on the upper-middle class and on the affluent is one of the ideological lodestars of modern liberalism. It is difficult to gainsay that, in line with that ideology, the Obama administration and the Democrat-controlled Congress are attempting the greatest expansion of government’s role in the economy since Lyndon Johnson’s Great Society. The administration is seeking to remake the health care and energy sectors, which constitute a very significant share of the economy; has taken ownership stakes in banks, insurance companies and car companies; and plans to oversee a massive increase in personal and capital gains taxes to pay for an unprecedented wave of federal spending. Additional taxes, such as a health care surtax on high earners, are now also under discussion in the Congress.

Some observers have sought to understand in what way is it in the interest of Jews, many of whom are members of the upper-middle and affluent classes, to vote for policies that will erode their own prosperity? Himmelfarb once highlighted this point by commenting that Jews « had the income of Episcopalians but voted like Hispanics. »

Forman maintains that Jewish voting patterns do not run in opposition to Jewish economic self-interest. He prefaces his argument by explaining that while income indeed correlated strongly with Republican voting patterns in the 1980s among the general population, the correlation no longer holds so tightly today. Instead, education level is correlated with Democratic voting. Therefore, the phenomenon of the affluent voting to give away a greater portion of their earnings is not just a Jewish phenomenon but one occurring more and more widely among the affluent across ethnic groups.

Furthermore, Forman argues, cultural factors are much better predictors of voting patterns than earnings. His argument concludes on a somewhat theoretical point: « The gap between the highest earners and others is inimical to the stability of society. Reducing the gaps is much more in the interest of the people who are doing the best, including American Jews. »

If that is not entirely convincing to the man on the street who wishes to maximize his economic well-being, to make matters more confusing it is not altogether clear that American Jews do actually favor the redistribution of wealth. When asked by the American Jewish Committee if they favored a « government reduction of income differences, » only 38% of Jews responded affirmatively, among the lowest of the 15 groups surveyed in the 2005 study.

For Matthew Brooks of the RJC, larger government and higher taxes are clearly not in the Jewish self-interest. Furthermore, redistributive policies are not the only, or best, way to bring about improvements in the lot of the disadvantaged. « Liberals don’t have a monopoly on tikkun olam, » Brooks says in reference to the Jewish tradition of repairing social ills. « Jack Kemp understood that as a conservative Republican you can apply conservative principles in a compassionate way to solve social problems. » (Brooks once worked for the well-known conservative Republican politician.)

In fact, Brooks points out, some of Obama’s policies run contrary to the stated social goals of Jewish voters. For example, while Obama wants to ameliorate some of the social problems in America, « proposing limits on the deductibility of charitable giving will turn off the spigot for a lot of organizations in the Jewish community that rely on [charitable] support. »

ACCORDING TO a survey recently conducted by two professors at Stanford University, 32% of Democrats blamed Jews for the current economic crisis versus only 18% of Republicans, adding another data point to a trend that points to a less hospitable intellectual home for Jews among Democrats and liberals than among Republicans and conservatives.

What then accounts for American Jews’ seemingly unshakeable attachment to liberalism? Several decades ago, Irving Kristol, in a rich and complex essay in Commentary magazine, argued that this attachment is rooted in two sweeping factors: Jewish political history and the evolution of Jewish religious history over the last two centuries.

In the political-historical realm, according to Kristol, Jews were more heavily influenced by the Continental radical liberalism of the French Revolution with its emphasis on economic equality than by the Anglo-American liberalism of the American Revolution with its emphasis on individualism and social and political equality. It was inevitable that the French Revolution would have a greater influence on Jews than the ideas animating the American Revolution since, according to Kristol, « It was the ideology of the French Revolution, incarnated in Napoleon, that liberated European Jewry from confinement in the ghetto. »

European Jews were grateful for this, and some of the descendants of Jews who saw emancipation in the ideas of the French Revolution emigrated to America, bringing with them political beliefs that « still dominate the thinking of most American Jews, » Kristol held. Writing in 1988, Kristol noted that « Jewish political attitudes in the 1980s have a more direct connection with Jewish political thinking in the 1880s than with current social, economic or even political realities in the United States. »

In the realm of religion, Kristol noted a transformation in the spiritual outlook of Jews beginning in the early 19th century, a shift away from the legalistic notions inhering in traditional rabbinic Judaism in favor of a focus on the teachings of the biblical books of the prophets with their emphasis on the downtrodden and universal peace. Jews came to see a close correspondence between liberalism and the prophetic form of Judaism which had come to dominate their religious life; in some respects, the two identities fused.

WHAT CAN we conclude from the complex, and sometimes contradictory, data describing Jewish perspectives? To begin to make sense of it all, we must admit that self-interest is a slippery concept. Various individuals in a group may define it differently; some do not properly identify their self-interest; others intentionally ignore their self-interest to pursue what they perceive to be the greater good. Each of these factors, as well as complex historical factors, come into play in understanding what drives the Jewish vote and whether or not Jewish voting patterns truly suit Jewish interests (assuming we can agree on what those Jewish interests are).

On foreign policy, Jews indeed believe they are voting in their self-interest, as they perceive it, when they vote for liberal candidates who seek to shrink the military budget, search out multilateral responses to international issues (often at a United Nations that is unreservedly hostile to Israel), support a less muscular US foreign policy and uphold peace processing even in the face of repeated and costly failure. As discussed, American Jews tend to be dovish in their views. Obama’s foreign policy orientation, and that of the majority liberal wing of the Democratic Party, is similarly drawn from a wellspring of thought on America’s proper place in the world that could be termed dovish.

The critical question though, is whether Jews are accurately assessing their self-interest. Arguably, the answer is no. It is natural for Jews to be concerned about Israel. To the extent that that concern is waning, Jews are misperceiving their self-interest. And if they are indeed concerned with Israel’s security, dovish attitudes are incompatible with that concern. Dovishness, ultimately, will not serve well an ethnic group that is the target of a global radical religious movement. Nor will such attitudes serve to enhance Israel’s security, since Israel relies upon America’s military technologies, and ultimately America’s military might, as a counterweight to its many enemies.

On the question of economics, the argument, common to liberal thought, that government should redistribute wealth to achieve social justice and guarantee social stability is rooted in social theories which, more often than not, have caused damage to Jews’ economic interests in the past. If today not only affluent Jews but affluent non-Jews vote for higher taxes, then one can convincingly say that Jews do not have a corner on the market for altruism; less convincingly can one assert that Jews vote in their economic self-interest. And ultimately, all Americans, Jewish and non-Jewish, must ask what price they are willing to have the US pay in lost dynamism, forgone innovation and erosion of economic freedoms for the abstract goal of economic egalitarianism, a goal which of necessity can only be brought about through coercion.

The historical factors underlying the Jewish attachment to liberalism perhaps offer the most robust explanation for Jewish voting patterns that so confound some observers. Liberalism in a certain respect, and for some Jews, has become intimately wrapped up with their identity, regardless of the suitability of liberal nostrums in addressing Jewish concerns. It reminds one of another saying attributed to the Chinese: « May you find what you are looking for. » That, too, is meant as a curse.

The writer is a corporate finance consultant based in New Jersey.

Voir encore:

The Bushes and the Jews
Explaining the president’s philo-Semitism.
Anne E. Kornblut
Slate
April 17 2002

In 1998, George W. Bush took his first and only trip to the Holy Land. During a helicopter tour—guided by none other than Ariel Sharon—Bush was astonished to discover how tiny Israel is compared to its Arab neighbors. He later described the visit as one of the most meaningful experiences of his life. A photographer captured a striking image of Bush, in a yarmulke, standing reverently at the Wailing Wall.

The picture may be a symbol of Bush foreign policy these days, but it speaks to an even more startling truth: Bush is the first in his family of politicians to craft a pro-Jewish image. Starting with accusations that Prescott Bush was a Nazi collaborator before Pearl Harbor, the Bush dynasty has generally been viewed with suspicion and at times outright hostility by Jewish Americans. The elder President Bush outraged the Jewish community with a series of perceived insults. Before he became president, the younger Bush, who once expressed doubt about whether non-Christians could get into heaven, seemed likely to follow in the family tradition.

The charges against Sen. Prescott Bush, the grandfather of the current president, went beyond the disdain for Jews and discriminatory practices that were characteristic of New England WASP culture in his day. Prescott Bush was a director of a New York bank where rich Germans who supported the Nazis stashed millions in personal wealth. He was still a director at the bank, Union Banking Corp., when its assets were frozen under the Trading With the Enemy Act in 1941—a fact that has provided endless fodder for leftists and conspiracy theorists since it came to light in the 1990s.

George Herbert Walker Bush shared the same exclusionary pedigree as his father, starting with Yale and the secret society Skull & Bones, and had extensive ties to Arabs through the oil industry as well. But most Jews did not consider him unfriendly to their interests so long as he served under Ronald Reagan. Reagan was the first Republican in 80 years to win a sizable share of the Jewish vote. There were a variety of reasons for this, but the key issue was Reagan’s hard line on the defense of Israel, which he considered a crucial democratic outpost in the fight against Soviet communism. In the 1980 election, Jimmy Carter won 45 percent of the Jewish vote. Reagan won 39 percent.

That remarkable shift, however, began to be undone almost as soon as George H.W. Bush took over in 1989. Bush was a self-described pragmatist in international affairs, and in the giddy early days after the end of the Cold War, it was no longer fashionable to view the world in binary terms. As a result, many conservative ideological causes—among them Israel—no longer found a champion in the White House. The point was made most clearly when Bush demanded, in 1991, that the Israelis stop building new settlements in Palestinian-controlled territories. Unlike previous presidents, Bush sounded serious, threatening to block millions in loan guarantees if Israel disobeyed. (Later, when his re-election was in doubt in 1992, Bush promised to press Congress for the loan guarantees unconditionally.)

Just as damaging was the elder Bush’s knack for seeming as out of touch with Jewish voters as he did with everyone else. Once, during a 1991 White House press conference, Bush Sr. complained about the strength of the Jewish lobby on Capitol Hill—the implication being that « Jews work insidiously behind the scenes, » as David J. Forman wrote in the Jerusalem Post. On another occasion, Bush reminded his critics that the United States gives « Israel the equivalent of $1,000 for every Israeli citizen, » a remark that detractors took as an allusion to the stereotype of Jews as money-obsessed and greedy.

And then there was Secretary of State James Baker’s infamous « fuck the Jews » remark. In a private conversation with a colleague about Israel, Baker reportedly uttered the vulgarity, noting that Jews « didn’t vote for us anyway. » This was more or less true—Bush got 27 percent of the Jewish vote, compared with 73 percent for Dukakis, in 1988. And thanks in part to Baker, it was even truer in 1992, when Bill Clinton got 78 percent of the Jewish vote and Bush got only 15 percent—the poorest showing by a Republican candidate since Barry Goldwater in 1964.

In 2000, as Al Gore hit the campaign trail with the first Jewish vice presidential running mate in U.S. history on his ticket, George W. Bush seemed to make only a half-hearted attempt to compete for Jewish votes. He paid the obligatory dues, speaking at the American Israel Public Affairs Committee and visiting the Simon Wiesenthal Center in Los Angeles (where, after touring the sobering Holocaust exhibit, he incongruously signed the guest book, « God bless this world! »). But Bush reserved his real pitch for Arab-Americans, whom his strategists viewed as an increasingly powerful voting bloc. Repeated trips to Michigan, a swing state, gave Bush ample opportunity to meet with Arab-American leaders, heavily concentrated around Detroit. Ironically, he made a campaign pledge to examine « secret evidence » cases against foreign suspects, a matter of great concern among Arab-Americans (and one that fell by the wayside after Sept. 11).
Like his father, Bush failed during the campaign to win over neoconservative Jewish intellectuals—most notably William Kristol, who openly backed John McCain. The problem wasn’t just the assumption that he shared his father’s coolness toward Israel. It was also his perceived insensitivity toward Jews, as characterized by the only-Christians-in-heaven remark. Bush later joked about the uproar caused by the exchange. Asked by a reporter what he planned to tell the Israelis as he prepared to embark on his 1998 trip to the Middle East, Bush replied, obviously in jest, « Go to hell. » Gore got 79 percent of the Jewish vote. Bush got only 19 percent.

But unlike his father, who never managed to repair his relationship with the Jewish community despite several attempts, Bush has only risen in the esteem of many prominent Jews since taking office. The biggest factor is probably the Sept. 11 attacks. After a brief flurry of activity to win Arab support for the war on Afghanistan, Bush began to connect America’s struggle against terrorism with Israel’s fight against Palestinian suicide bombers. Though he was criticized for sitting on the sidelines as the Palestinian-Israeli conflict worsened, Bush arguably took sides by dropping the standard call for the Israelis to « show restraint. » After briefly responding to international pressure to demand an Israeli withdrawal from the West Bank, Bush quickly backed off.

Another factor is shrewd political judgment. At pains to avoid repeating political mistakes his father made, Bush has actively courted conservatives within the Republican coalition. That includes Jewish neoconservatives such as Deputy Secretary of Defense Paul Wolfowitz, who hopes to encourage Bush to avoid another mistake of his father’s—failing to topple Saddam Hussein. It was Wolfowitz who Bush sent to address the big pro-Israel rally that took place at the Capitol on April 15.
But the biggest reason Bush has been able to win over Jews may be personal. Despite his own Skull & Bones pedigree, the president is far less WASP-ish in his tastes and manner than past generations of Bushes, making him less suspect in the eyes of some Jewish Americans. Moreover, he is openly religious in a way that conveys deep respect for religious believers of all kinds. He may even be influenced by the view of Gary Bauer and other fundamentalist Christians who believe that the Jews are biblically ordained to live in the Holy Land. And unlike his father’s administration, George W. Bush’s is prominently filled with members of the tribe. Most notably, the public face of the White House, spokesman Ari Fleischer, is a practicing Jew.
But whatever the impetus, Bush appears to be entirely sincere in his warmth toward the Jewish people. Since Sept. 11, he has resisted condemning his old tour guide, Ariel Sharon, as harshly as his father condemned former Israeli Prime Minister Yitzhak Shamir. He has also applied the « Bush Doctrine » to Israel, saying in his April 4 Rose Garden address: « Terror must be stopped. No nation can negotiate with terrorists. For there is no way to make peace with those whose only goal is death. » It’s hard to imagine any Bush from a previous generation taking the side of the Jews so unequivocally.

Anne E. Kornblut is the senior political correspondent for the Boston Globe.

Voir enfin:

Blaming The Victim
William Safire
The New York Times
March 19, 1992

WASHINGTON— Terrorists are blowing up Israeli embassies. A fanatic urged on by Iranian mullahs slashes and kills Israeli schoolchildren. In Washington, George Bush declares that unless Israel knuckles under to his demand that only Arabs and no Jews be permitted to move to the West Bank, refugees from the former Soviet Union will have to shift for themselves.

This terror-bombing, throat-cutting and arm-twisting is supposed to give Israelis the confidence necessary to take risks for peace.

Mr. Bush’s unprecedented rejection of humanitarian aid to a democratic ally — while continuing loan guarantees to dictatorships with no strings attached — followed the revelation that his Secretary of State said,  » [ Expletive deleted ] the Jews, they don’t vote for us anyway. »

At a Bush speech the other night, a White House aide sought me out to say, « You know, Baker never said that. »

Though constrained by the rules of deep background, I can confirm that Mr. Baker did say that, with the same vulgarism that made it so memorable, to two high officials on two different occasions. President Bush and his top staff know he did; it has been agreed that everybody would deny it was ever said. But James Baker said it — twice — and meant it. (Years from now, memoirs will confirm this; I’ll remind you.)

By extraordinary coincidence, just before the announcement of the Bush decision to scuttle all Senate compromises to house the refugees, a spate of stories was leaked from the State and Defense departments to justify the Bush-Baker intervention in Israel’s election.

Defense leakers worked through The Washington Times, which provided a banner headline, « China may have Patriot from Israel »; State and Defense had been working for six weeks through The Wall Street Journal’s Washington bureau, which the next day cited an unnamed official’s « overwhelming » evidence that Israel had re-exported U.S. technology.

ABC News trumpeted an anonymous allegation about the Copperhead missile. And old reliable Evans and Novak had Israel abandoning America for China. (Don’t Jews like Chinese food?)

The Israeli Defense Minister, Moshe Arens, in Washington to get the bad news on the loan guarantee, said that « there is not a grain of truth » to the missilery allegations from ambush.

When he asked our Defense Secretary where this intelligence speculation was coming from about the resale of Patriot missiles, Dick Cheney told him it was classified; that probably meant our Defense Intelligence Agency was too busy spying on Israel to be able to track a slow missile freighter through the Persian Gulf.

Mr. Arens offered to take a team of U.S. military men to Israel to count Patriot missiles; he is certain that all the not-very-accurate missiles are there, accounted for. But a State Department man was assigned to do the counting, enabling the Joint Chiefs to scoff at the inspection.

When that specific story is laid to rest, it will be discovered that some component of some Israeli missile or tank contains some U.S. technology that some inspector acting at the behest of Baker, Scowcroft or the Joint Chiefs considers unapproved for re-export. A loud « A-hah! » will change the subject from the headlines about selling the Patriot — the charge that most offends Americans.

Here is what is going on: We are watching bureaucratic elephants fighting under a huge tarpaulin.

The pro-Israel elephant is part of the technology control establishment at the Pentagon, which fought for decades against accommodating dictators with our most modern arms; their Cocom allies are a handful of State officials at the fringe of policy and a few C.I.A. men who rely on Mossad to fill in gaps in our humint.

The pro-Arab elephant, embarrassed at having supported Iraq before Kuwait, and irritated at criticism of the intelligence blunder that ended the war prematurely, is out to seize control of mid-level policy planning. It claims Israel took in naive Bill Casey on Iran-contra, and is now emboldened by serving a President with a lifelong pro-Arab tilt.

This bureaucratic breakout cries out for a profound study of fault lines and old grudges, of prideful Arabist starkers and intimidated supporters of Israel.

But first, let the Pentagon issue an inventory of Patriot missiles in Israel. Let objective media do the on-site inspecting. Reporters can count.


11/9: Ce n’est pas les Afghans qui ont frappé l’Amérique il y a huit ans (It was not the Afghans that struck America eight years ago)

11 septembre, 2009
Obama's equivocation on iraqLe front central dans la guerre contre le terrorisme n’est pas et n’a jamais été en Irak. Pour cette raison, mettre un terme à cette guerre est décisif si nous voulons en finir avec les terroristes responsables des attentats du 11 septembre, c’est-à-dire al Qaeda et les taliban, présents en Afghanistan et au Pakistan. Barack Obama (juillet 2008)
Après la défaite des Occidentaux en Afghanistan, le jihad continuera ailleurs. (…) Un exemple : si un élément particulièrement radical se manifeste dans un pays comme le Soudan, les services secrets saoudiens vont chercher à négocier avec lui. S’il veut vraiment se battre, ils lui disent d’aller en Afghanistan, car ce pays est devenu un champ de bataille international. (…) il y a des membres de l’ISI qui, individuellement, collaborent avec les talibans. Nous recevons aussi de l’aide des pays qui veulent que les Etats-Unis soient piégés en Afghanistan. Nous utilisons des armes comme les Sam-7 fabriqués en Russie et en Chine. Nous les achetons avec l’argent que nous recevons d’Arabie saoudite. Wahid Mojda (« théoricien islamiste » des talibans, Libération, le 19.08.09)

En ce 8e anniversaire du 11/9 …

Fouad Ajami pointe l’ambivalence fondamentale de la gauche américaine et de l’Aministration Obama face à la menace terroriste.

Et la non moins fondamentale erreur de vouloir distinguer la prétendue « guerre de choix » en Irak de la soi-disant « guerre de nécessité » en Afghanistan.

Autrement dit, la fondamentale malhonnêteté intellectuelle de présenter d’une part les attentats du 11/9 comme la raison de la guerre en Afghanistan tout en menaçant ses propres soldats de poursuites pour y avoir fait face sur le théâtre irakien.

Et ce tout simplement parce que « c’était la furie du Monde arabe et non pas l’Afghanistan qui a frappé l’Amérique il y a huit ans ».

D’où les réelles difficutés et les dangers qu’une telle attitude augure pour l’avenir de cette guerre dont personne, notamment du côté des alliés européens de l’Amérique, ne veut et pour laquelle nul n’est surtout prêt à contribuer sérieusement …

9/11 and the ‘Good War’
It was the furies of the Arab world, not Afghanistan, that struck America eight years ago today.
Fouad Ajami
The Wall Street Journal
September 11, 2009

The road that led to 9/11 was never a defining concern of President Barack Obama. But he returned to 9/11 as he sought to explain and defend the war in Afghanistan in a speech to the Veterans of Foreign Wars in Phoenix, Ariz., on Aug. 17. « The insurgency in Afghanistan didn’t just happen overnight and we won’t defeat it overnight, but we must never forget: This is not a war of choice; it is a war of necessity. Those who attacked America on 9/11 are plotting to do so again. If left unchecked, the Taliban insurgency will mean an even larger safe haven from which al Qaeda could plot to kill more Americans. »

This distinction between a war of choice (Iraq) and a war of necessity (Afghanistan) has become canonical to American liberalism. But we should dispense with that distinction, for it is both morally false and intellectually muddled. No philosophy of just and unjust wars will support it. It was amid the ferocious attack on the American project in Iraq that there was born the idea of Afghanistan as the « good war. » This was the club with which the Iraq war was battered. This was where that binary division was set up: The good war of necessity in the mountains of Afghanistan, the multilateral war born of a collective NATO decision—versus George W. Bush’s war of choice in Iraq, fought in defiance of the opinions of allies who had been with us in the aftermath of 9/11, and whose goodwill we squandered in the cruel streets of Fallujah and the deserts of Anbar.

Our elections last November, this narrative had it, had given us a chance to bring America’s embattled solitude and isolation in the world to an end. A man with strands of Islam woven into his identity and biography was catapulted to the presidency. We had drained the swamps of anti-Americanism. Assalam aleikum (peace be upon you) in Cairo, Ankara and Tehran. The great enmity, that unfashionable clash of civilizations, was declared done and over with. A new history presumably began with Mr. Bush’s return to his home in Texas.

But it will not do to offer up 9/11 as a casus belli in Afghanistan while holding out the threat of legal retribution against the men and women in our intelligence services who carried out our wishes in that time of concern and peril. To begin with, a policy that falls back on 9/11 must proceed from a correct reading of the wellsprings of Islamist radicalism. The impulse that took America from Kabul to Baghdad had been on the mark. Those were not Afghans who had struck American soil on 9/11. They were Arabs. Their terrorism came out of the pathologies of Arab political life. Their financiers were Arabs, and so were those crowds in Cairo and Nablus and Amman that had winked at the terror and had seen those attacks as America getting its comeuppance on that terrible day. Kabul had not sufficed as a return address in that twilight war; it was important to take the war into the Arab world itself, and the despot in Baghdad had drawn the short straw. He had been brazen and defiant at a time of genuine American concern, and a lesson was made of him.

No Arabs had been emotionally invested in Mullah Omar and the Taliban, but the ruler in Baghdad was a favored son of that Arab nation. The decapitation of his regime was a cautionary tale for his Arab brethren. Grant George W. Bush his due. He drew a line when the world of the Arabs was truly in the wind and played upon by powerful temptations. Mr. Obama and his advisers need not pay heroic tribute to the men and women who labored before them. But they have so maligned their predecessors and their motives that the appeal to 9/11 rings hollow and contrived. In those years behind us, American liberalism distanced itself from American patriotism, and the damage is there to see.

In the best of circumstances, this Afghan campaign would be a hard sell. This is doubly so at a time of economic distress at home. There is no tradition of central government to be restored in that most tribalized of countries. The lessons, and the analogy, of Vietnam should perhaps be laid to rest. This is not Mr. Obama’s Vietnam. It is what it is—his Afghanistan. But there are irresistible parallels with Lyndon Baines Johnson and the way he committed his presidency, and the nation, to a war he dreaded from the start.

This is LBJ in 1964, from a definitive history by A.J. Langguth, « Our Vietnam, » published in 2000: « I just don’t think it is worth fighting for, and I don’t think we can get out. It’s just the biggest damn mess. » He would prosecute what he called that « bitch of a war » with a premonition that it could wreck his Great Society programs. He knew America’s mood. « I don’t think the people of the country know much about Vietnam, and I think they care a hell of a lot less. » Yet, he took the plunge, he would try to « cheat »—guns and butter at the same time, the war in Asia and the domestic agenda of civil rights and the Great Society. History was merciless. It begot a monumental tragedy in a land of no consequences to American security.

Wars are great clarifiers. Barack Obama’s trumpet is uncertain. His call to arms in Afghanistan does not stir. He fears failure in Afghanistan, and nothing more. Having disowned Iraq, kept its cause at a distance, he is forced to fight the war in Afghanistan. So he equivocates and plays for time. Forever the campaigner, he has his eye on the public mood, the steel that his predecessor showed in 2007 when all was in the balance in Iraq is not evident in Mr. Obama.

For the American effort in Afghanistan to stick on the ground in the face of a Taliban insurgency that’s gaining in strength and geographical reach, Mr. Obama will have to make a hard choice. He will need a troop commitment of sufficient weight to turn the tide of war. Furthermore, he will have to face his own coalition on the left and convince it that there is a project in Afghanistan worth fighting (and paying) for.

By the evidence of things, this is a decision that he has refused to make, as he pursues his sweeping domestic agenda while keeping Afghanistan in play. He had been sure that NATO forces would rush to his banners, that Europe had stayed away from a serious commitment in Afghanistan because it had been seized with an animus for his predecessor. But Mr. Bush had been an alibi all along. The Europeans are in no mood for this war.

There is a British contingent of decent size in Afghanistan, but there had been one in Iraq as well. The likes of Jacques Chirac and Gerhard Schroeder (who dabbled in the most craven of anti-Americanism) are gone and forgotten, but the French and the Germans have not ridden to the rescue of Kandahar. The stringent restrictions on their forces, their very rules of engagement, have left Afghanistan an Anglo-American burden in much the same way Iraq had been.

Eight years ago, we were visited by the furies of Arab lands. We were rudely awakened from a decade whose gurus and pundits had announced the end of ideology, of politics itself, and the triumph of the world-wide Web and the « electronic herd. » We had discovered that on the other side of the world masterminds of terror, and preachers, and their foot-soldiers were telling of America the most sordid of tales. We had become, without knowing it, a party to a civil war in the Arab-Islamic world between the autocrats and their disaffected children, between those who wanted to live a normal life and warriors of the faith bent on imposing their will on that troubled arc of geography.

Our country answered that call, not always brilliantly, for we are fated to be strangers in that world and thus fated to improvise and make our way through unfamiliar alleyways. We met chameleons and hustlers of every shade and had to learn, in a hurry, incomprehensible atavisms and pathologies. We fared best when we trusted our sense of things. We certainly haven’t been kept safe by the crowds in Paris and Berlin, or by those in Ankara and Cairo who feign desire for our friendship while they yearn for our undoing.

Mr. Ajami, a professor at Johns Hopkins University’s School of Advanced International Studies and an adjunct fellow at Stanford’s Hoover Institution, is the author, among other books, of « The Foreigner’s Gift: The Americans, the Arabs and the Iraqis in Iraq » (Free Press, 2007).

Voir aussi:

The Afghan Stakes
A U.S. withdrawal from Afghanistan would have terrible consequences in the war on terror.
Bret Stephens
The Wall Street Journal
SEPTEMBER 7, 2009

So George Will has noticed that Afghanistan is a backward place ill-suited to nation-building, and Nicholas Kristof thinks that war is a tricky, dirty business, and Tom Friedman is hedging his bets on yet another conflict he once supported but which now disturbs his moral equilibrium. Thus do three paladins of the right, left and center combine to erode support for a war that, if lost, would be to the United States roughly what the battle of Adrianople in 378 A.D. —you can look it up—was to the Roman Empire. Things did not go well for Western civilization for 1,100 or so years thereafter.

Overstated? I don’t think so.

The simplistic case for NATO’s mission in Afghanistan is that it’s the country that harbored al Qaeda when the plans for 9/11 were hatched. The simplistic rebuttal is that nothing prevents al Qaeda from planning another attack from another country, if not in the Pakistan hinterland then perhaps in Somalia or Yemen—and the U.S. has no plans to physically occupy any of these places. Ergo, goes the argument, we should « offshore » our military and intelligence capabilities so we can strike at will while leaving Afghans to their own incompetent and tragic devices.

But Afghanistan matters not because that’s where 9/11 was conceived. It matters because that’s where it was imagined.

In 1979 the Soviet Union invaded Afghanistan. A little less than a decade later, the Soviets left, humiliated and defeated. Within months the Berlin Wall fell and two years later the USSR was no more. Westerners may debate whether credit for these events belongs chiefly to Mikhail Gorbachev, Ronald Reagan, Pope John Paul II, Charlie Wilson or any number of people who stuck a needle in the Soviet balloon. But in Islamist mythology, it was Afghan and Arab mujahedeen who brought down the godless superpower. And if one superpower could be brought down, why not the other?

You can’t “offshore” a handshake.

Put simply, it was the Soviet withdrawal from Afghanistan that laid much of the imaginative groundwork for 9/11. So imagine the sorts of notions that would take root in the minds of jihadists—and the possibilities that would open up to them—if the U.S. was to withdraw from Afghanistan in its own turn.

Notion One: Attacks on the scale of 9/11 are by no means fatal to the cause of radical Islam. On the contrary, despite the huge losses the movement has suffered over the past eight years, it would emerge from a U.S. defeat in Afghanistan with something it was denied in Iraq: a monumental political and ideological victory from which it could recruit a new field of avid jihadists. Ergo, further attacks on the U.S. homeland could yield similar long-term benefits.

Notion Two: The U.S. has no stomach for long-term counterinsurgency. Ergo, surrender or political accommodation to apparent U.S. military success is pointless; if you hold out long enough, they leave and you win.

Notion Three: The U.S. is not prepared to stand by its clients in the Third World if it believes those clients are morally tainted. That happened to South Vietnam’s Nguyen Van Thieu, it happened to the Shah of Iran and, if the U.S. leaves Afghanistan, it will happen to the lamentable Hamid Karzai. Ergo, other shaky or dubious U.S. allies in the Muslim world—Algeria, for instance, or, yes, Saudi Arabia—are prime targets for renewed assault.

Notion Four: A U.S. that doesn’t have the stomach for a relatively easy fight like Afghanistan, where even now casualties are a fraction of what they were in Iraq during the worst of the fighting, will have even less stomach for much tougher fights. Ergo, maximum efforts should go into destabilizing and, not implausibly, taking over Pakistan, a country that, as Mr. Will says, « actually matters. »

And from here the possibilities flow. Withdrawal from Afghanistan, and a Taliban takeover in Kandahar and perhaps Kabul, would plunge Afghanistan into another civil war infinitely bloodier than what we have now. Withdrawal would force Islamabad to abandon its war on terror and again come to terms with its own militants, as it did in the 1990s. Only this time, it wouldn’t be clear who is patron and who is client. Withdrawal would give Pakistan’s jihadists the freedom to shift fronts to India, with all the nightmare scenarios that entails. Withdrawal would invite the al Qaeda remnant in Iraq—already on an upswing—to redouble its efforts, and do so with the confidence that the U.S. has permanently soured on Middle Eastern interventions.

This is a partial list. The alternative is a winding and bloody struggle to defend and improve a hapless and often corrupt government in a godforsaken land of often (though by no means pervasively) ungrateful people. This is not the noblest fight, and no sane nation would wage it by choice. But we did not choose it and, if we keep our nerve, we can win it. Otherwise, the consequence will be ashes flying again in our own streets, something to remember on the eve of another 9/11 anniversary.


Désinformation: On aménage la région parisienne comme un grand bordel (Two or Three Things I Know About the Gestapo of Structures)

11 septembre, 2009
2 ou 3 choses que je sais sur elle (Godard, 1967)Le rédacteur en chef du New York Times a qualifié jeudi de « simplistes » les voix qui se sont élevées pour critiquer les méthodes d’enquêtes d’un journaliste du quotidien, enlevé en Afghanistan samedi puis secouru lors d’une opération où son interprète afghan est mort. Le reporter britannique Stephen Farrell, otage des talibans dans la province de Kunduz, a été libéré mercredi par un commando de l’Otan. L’opération s’est soldée par la mort de son interprète afghan Sultan Munadi, d’une femme, d’un enfant et d’un soldat britannique. Dépêche du Monde (le 11.09.09)
L’antiaméricanisme en France n’est pas un sentiment populaire, il est le fait d’une certaine partie de l’élite. Un livre est à citer : « Les Scènes de la vie future », de Georges Duhamel, paru en 1930. Le titre exprime bien la répulsion: l’Amérique d’aujourd’hui, c’est notre monde de demain. Et Duhamel de fustiger les horreurs du cinéma, la musique en boîte (le disque), la publicité, “l’omniprésence de l’automobile, le jazz (pas de musique aux Etats-Unis, sauf celle des “nègres monocordes”), les ascenseurs, l’horrible promiscuité de toutes les races du monde, le goût excessif du sport, la cuisine qui n’est pas naturelle…”Nous nous sentons orphelins de notre grandeur, non seulement politique, mais littéraire, artistique, intellectuelle. L’antiaméricanisme est une des modalités de la nostalgie nationale. Michel Winock (historien)

Quand on soulève les jupes de la ville, on en voit le sexe. Jean-Luc Godard
Silence
Apprenez en silence deux ou trois choses que je sais d’ELLE
ELLE, la cruauté du néo-capitalisme
ELLE, la prostitution
ELLE, la région parisienne
ELLE, la salle de bain que n’ont pas 70 % des Français
ELLE, la terrible loi des grands ensembles
ELLE, la Gestapo des structures
ELLE, la physique de l’amour
ELLE, la vie d’aujourd’hui
ELLE, la guerre du Vietnam
ELLE, la call-girl moderne…
(Cartons du film de Godard « Deux ou trois choses que je sais d’elle »)
On aménage la région parisienne […] comme un grand bordel […] Et si j’ai filmé une prostituée, c’est disons, pour mettre cela en évidence. Je veux dire que j’aurais pu le faire sur un ouvrier ou un technicien qui les trois quarts du temps ne se comporte pas, grosso modo, différemment… JL Godard
C’est l’histoire d’une femme, une ouvrière qui se prostitue pour se payer un manteau de fourrure. Luc Favory (interviewer de l’ORTF sur les lieux lors du tournage du film de Godard en 1966)
Je suis pas d’accord, les deux dames qui travaillent avec moi ce sont deux petites Portugaises qui habitent dans un bidonville, c’est des femmes courageuses. Elles veulent arriver alors elles travaillent. Femme de ménage résidente des 4000
D’une récente enquête, menée dans une cité neuve, à l’est de Paris où sont logées deux mille familles, il ressort qu’une ménagère sur deux, mères de famille comprises, pratique « en amateur » le plus vieux métier du monde. Catherine Vimenet (journaliste du Nouvel Observateur, 23 mars 1966, au sujet d’une enquête de son partenaire Claude Vimenet sur la prostitution dans les grands ensembles publiée les 29 mars et 10 mai 1966)
Évidemment, il n’y a pas une femme sur deux, et dans aucun ensemble, qui se livre à la prostitution. Qu’il y en ait beaucoup est déjà suffisamment grave. Ce n’est pas une réalité que nous avons traquée volontairement, par goût du scandale : elle nous a sauté au visage dès que nous avons commencé à mettre en place les structures du club Louise Michel. Jeannette Brutelle (militante socialiste)
S’il y a scandale, il n’est pas dans la publication de Catherine Vimenet, mais dans les conditions de vie qui sont faites à des centaines de milliers de femmes et qui conduisent certaines d’entre elles – certaines seulement bien sûr- à se prostituer. Autre militante

Déshumanisation, aliénation, inhumanité des nouvelles formes d’habitat, déconstruction et refus de l’artefact de la cohérence du récit, non-sens de la société de consommation, implacable de sa domination, terrible loi des grands ensembles, dépossession de soi, exploitation capitaliste, cruauté du néo-capitalisme, Gestapo des structures, violence de l’univers concentrationnaire, inhumanité du régime policier nazi, violence de la mise en ordre capitaliste, « CRS SS » …

A l’heure où l’irresponsabilité d’un journaliste a encore frappé …

En ce 8e anniversaire d’une journée d’infamie et de tragédie que certains de nos « grands intellectuels » avaient, avec leurs sophismes à la petite semaine, trouvé moyen d’aggraver …

Retour, avec une fascinante analyse de la revue Cahiers d’histoire (« Les 4000 logements de La Courneuve: réalités et imaginaires cinématographiques », Aurélie Cardin, 2006 – merci José), sur cette époque bénie où, sous prétexte de « critique de la société de consommation » et de « l’aliénation imposée par l’exploitation capitaliste » (entendez- « Made in USA »), nos journalistes (le Nouvel observateur déjà) et nos cinéastes (nos Godard ou nos Tati) ou nos « sémiologues » (nos Barthes) ou nos écrivains (nos Pérec) pouvaient se permettre à peu près n’importe quoi.

Y compris (mais les choses ont-elles tellement changé?) de jouer avec l’image des lieux d’habitation de toute une population tout juste sortie de l’insalubrité des bidonvilles, des taudis des quartiers parisiens (Belleville) ou de l’hébergement d’urgence du rapatriement d’Algérie.

Ainsi ce célèbre film de Godard dûment subventionné comme les autres par le Centre National de la Cinématographie (« Deux ou trois choses que je sais » d’elle) où, reprenant son thème sensationnaliste de la prostitution (« Vivre sa vie ») tout en rêvant avec ses petits camarades à une Chine de Mao alors en plein dans ses massacres de la Révolution culturelle comme « symbole du possible d’une société autre » ( « La Chinoise »), notre maitre à penser de la Nouvelle vague et consommateur boulimique de série B américains (pour leur subversivité supposée) veut, sur fond d’antiaméricanisme bien de chez nous (en pleine contestation de la Guerre du Vietnam) nous faire prendre (à partir d’une enquête bidonnée du Nouvel Observateur) la prostitution occasionnelle d’une femme de cadre moyen (incarnée par Marina Vlady) comme « typique d’une certaine petite bourgeoisie » de la cité HLM des 4000 …

Extraits :

Deux ou trois choses que je sais d’elle est tourné durant le mois d’août 1966 dans l’ensemble des 4000 logements de La Courneuve dont la construction, hors équipements, s’est achevé en 1963. C’est le troisième film de Jean-Luc Godard réalisé cette année-là, et le cinéaste suisse a obtenu pour ce film l’avance sur recette, une aide versée par le Centre National de la Cinématographie 14. Il s’agit pour Godard d’années de grande créativité au cours desquelles il inscrit sa production dans l’urgence du moment. Le premier long-métrage terminé cette année 1966, Made in USA, s’inspire de l’histoire d’un assassinat politique commis l’année précédente, celui de Medhi Ben Barka, leader de l’opposition marocaine au roi Hassan II. Le troisième film de cette année sera La Chinoise, film sur la nouvelle jeunesse étudiante des années soixante, habitée par les références à la Chine de Mao, alors symbole du possible d’une société autre. Ce film traduit lui aussi la sensibilité de Godard aux mutations de l’espace urbain et à leurs conséquences sur la façon de vivre des individus ; notamment, il contient une séquence située sur le campus de Nanterre, symbole de l’université en train de sortir de terre, au milieu des friches, à proximité des bidonvilles et des grands ensembles, qui n’est pas sans rappeler certaines séquences de Deux ou trois choses. Mais Deux ou trois choses que je sais d’elle est le film dans lequel Godard choisit la transformation urbaine comme objet même du film et cherche à créer une forme de cinéma adéquate à son objet, une forme elle-même nouvelle, elle-même en construction, faite de pièces disjointes, caractérisée par la juxtaposition, les ruptures des contenus et des formes, des récits qui se croisent sans se mêler. Le film a une dimension explicitement expérimentale. Jean-Luc Godard s’interroge et interroge le spectateur sur le film en train de se faire, notamment par le moyen de la voix off qui énonce ses commentaires 15. On y voit à l’œuvre une esthétique inspirée par la déconstruction du récit pratiquée à la même époque dans d’autres domaines de la création, notamment dans le domaine de l’écriture à travers le nouveau roman 16. On y retrouve le refus de l’artefact de la cohérence du récit, de l’auteur prenant de fait la place d’un dieu omniscient. Le titre du film suggère que l’on n’apprendra que « deux ou trois choses » que connaît l’auteur. On y retrouve aussi le refus de la fiction psychologique comme base de l’intrigue ainsi qu’une fascination pour les effets de construction par le cadrage, par l’organisation des regards travaillant les relations du champ et du hors-champ. Le personnage de femme qui est au cœur du film reste étranger. L’importance rendue volontairement visible de la technique et donc de l’arbitraire du créateur doit aussi beaucoup à la nouvelle puissance attribuée aux signes dans la mouvance du renouveau de la sémiologie de Roland Barthes. Les Mythologies sont parues en 1957 dans lesquelles l’auteur décrivait le fonctionnement de mythes contemporains mettant sur le même plan la fameuse Citroën DS ou Greta Garbo. La démarche du film doit beaucoup à cet environnement culturel marquée par le structuralisme, lecture qui permet de dire le non-sens de la société de consommation en même temps que l’implacable de sa domination. Le film est ainsi une des manifestations les plus novatrices de La Nouvelle Vague. Le titre du film est l’expression de cette démarche qui fait des objets des acteurs. Le « elle » du titre du film se réfère, autant qu’à la femme omniprésente de toutes les mythologies, à la « région parisienne » et à « la terrible loi des grands ensembles ». L’actrice Marina Vlady incarne le rôle de Juliette Janson, une femme d’une trentaine d’années, apparaissant ainsi que le remarque Jacques Belmans comme « typique d’une certaine petite bourgeoisie » 17, qui vit avec son mari, Robert, et ses deux enfants dans l’univers impersonnel d’une HLM. Elle se prostitue occasionnellement car « il faut qu’elle se débrouille. Robert, je crois, a cent dix mille francs par mois »18. Ce qui correspond alors au salaire d’un cadre moyen. Le ton de l’enquête, reprenant celui de l’approche sociologique qui se développe alors pour justifier par les besoins, les « attentes » des gens, les choix politiques, est le moyen d’exprimer l’aliénation instillée par les faux semblants de choix offerts par la société de consommation. Expression de cette aliénation, la passivité face à la guerre que les États-Unis mènent alors au Vietnam, guerre que Godard fait surgir dans ce quotidien. Autant de thèmes qui font de ce film une anticipation du mouvement de mai 1968. (…)

(…)

Les habitants des grands ensembles, eux-mêmes, sont montrés comme souscrivant au sacrifice du collectif au nom de la possible acquisition de nouveaux biens de consommation. Le réalisateur montre qu’à un certain mode d’habitat correspond un mode de consommation quotidienne qui vient redoubler l’aliénation de ceux qui subissent le grand ensemble : il montre Juliette faisant la vaisselle devant un alignement de dizaines de produits. Le supermarché Prisunic, équipement indispensable, central, se trouve au coeur de la cité, est devenu le cœur même de la cité. Le tournage du film a lieu en 1966, en plein essor de ce que l’éditorialiste du Monde Maurice Duverger, deux ans plus tard, définira comme « la société de consommation ». C’est en effet en 1966 que l’on assiste à la création du premier hypermarché, baptisé du nom de Carrefour, où l’on vend des marchandises à des prix réduits par la rationalisation de la chaîne de distribution. D’autres suivent comme l’établissement de vente d’électroménager des frères Darty et les supermarchés du groupe Auchan en 1967. Nouveau mode de consommer qui accompagne la nouvelle façon d’habiter, également déshumanisante, fondée sur l’uniformisation des produits comme des comportements.

La forme ultime de cette déshumanisation des rapports sociaux est la banalité de la prostitution. Elle apparaît chez Godard comme une des manifestations d’un système dans lequel le besoin d’argent saisit tous les individus à la gorge et où seul l’argent circule librement entre les personnes. Dans ce système, les femmes sont particulièrement mise à mal et la prostitution est une des formes de leur esclavage, nié dans le cadre du mariage par l’hypocrisie bourgeoise.

La prostitution est une activité ordinaire de toutes les femmes, y compris les femmes mariées, vivant dans le grand ensemble des « 4000 » tel que Godard le met en scène. Cet angle d’approche est choisi par le cinéaste en raison de la situation extrême qu’il exprime et de la tension qu’il institue pour traiter du problème du mal-vivre généré par les concentrations urbaines. Pour construire son propos, Godard s’est inspiré d’une enquête à sensation parue le 29 mars 1966 dans Le Nouvel Observateur 35. Ce parti pris suscita de vives réactions à l’époque et se trouva notamment au centre des questions d’un reportage effectué par une équipe de l’ORTF pour l’émission « Dim, Dam, Dom » 36. L’équipe se rendit sur les lieux lors du tournage du film de Godard en 1966. L’interviewer, Luc Favory, demanda à plusieurs habitantes ce qu’elles pensaient du thème retenu pour le film, la prostitution dans les grands ensembles, en formulant la question ainsi : «…c’est l’histoire d’une femme, une ouvrière qui se prostitue pour se payer un manteau de fourrure ». Plusieurs interlocutrices s’offusquèrent de cette présentation de leur vie comme cette femme de ménage qui réagit en disant : « Je suis pas d’accord, les deux dames qui travaillent avec moi ce sont deux petites Portugaises qui habitent dans un bidonville, c’est des femmes courageuses. Elles veulent arriver alors elles travaillent ». La publication de l’article est ressentie comme une atteinte à l’honneur de l’ensemble de ceux qui vivent dans les grands ensembles, une « insulte à la classe ouvrière » et le scandale provoqué a amené le journal à se justifier en poursuivant l’enquête sur un phénomène nié par la société.

Dans son enquête du Nouvel Observateur intitulée « Les étoiles filantes », Catherine Vimenet affirmait en effet : « D’une récente enquête, menée dans une cité neuve, à l’est de Paris où sont logées deux mille familles, il ressort qu’une ménagère sur deux, mères de famille comprises, pratique « en amateur » le plus vieux métier du monde ». Ce chiffre fut par la suite démenti par l’hebdomadaire sans qu’il lui soit possible d’apporter une statistique fiable. Mais dans sa livraison du 4 mai 1966 38, la parole était donnée à Jeannette Brutelle, militante socialiste, présidente du « club Louise Michel » ainsi qu’à d’autres femmes de ce club politique, à une assistante sociale, un éducateur, un conseiller psychopédagogique, tous travaillant dans les grands ensembles et appelés à préciser la réalité des difficultés sociales de leurs habitants. Jeannette Brutelle rectifiait le chiffre avancé dans l’enquête mais confirmait la gravité de la situation : « Évidemment, il n’y a pas une femme sur deux, et dans aucun ensemble, qui se livre à la prostitution. Qu’il y en ait beaucoup est déjà suffisamment grave. Ce n’est pas une réalité que nous avons traquée volontairement, par goût du scandale : elle nous a sauté au visage dès que nous avons commencé à mettre en place les structures du club Louise Michel ». Une autre militante du club rajoutait : « S’il y a scandale, il n’est pas dans la publication de Catherine Vimenet, mais dans les conditions de vie qui sont faites à des centaines de milliers de femmes et qui conduisent certaines d’entre elles – certaines seulement bien sûr- à se prostituer. »

(…)

Le film de Godard s’inscrit dans les réalités et les débats du moment de sa réalisation. Ces débats fournissent une grande part de la matière première de son film qui, à la différence de ces débats, se déroule là où ils s’enracinent, les grands chantiers de la périphérie parisienne. Mais de par cette présence des matériaux mêmes de l’enquête sociologique, par le fait de placer la caméra dans les immeubles en construction, le film est radicalement neuf, tant dans sa forme que dans son contenu. Le cinéaste est un regard sur ce qui apparaît de neuf dans son monde : regard qui met en évidence les effets de contrainte provoqués par la rénovation urbaine, les illusions produites et la brutalité des désillusions qui naissent de la pauvreté réelle, en dépit du mirage de la consommation. Avec certains architectes de son temps, il dit que l’architecture n’est pas neutre, que les façons d’habiter sont dans l’ordre social, ne laissant que des choix marginaux aux individus. D’où la « gestapo des structures ». Il dit la violence impensée d’une architecture moderne, reprenant sans l’avis des acteurs le principe de Le Corbusier justifiant l’uniformisation par l’existence de « besoins identiques entre tous les hommes ». Cette violence est portée par la place faite à la prostitution, pratique qui exemplarise les ravages provoqués par la misère financière et affective des habitants du grand ensemble. Ainsi, à partir d’une situation limite à l’époque, la prostitution d’une femme de cadre moyen dans un grand ensemble de la proche banlieue, le réalisateur anticipe sur la crise qui frappera ce territoire de plein fouet quelques années plus tard. Mais déjà au moment où il tourne, l’enquête du Nouvel Observateur a révélé les dommages provoqués par un endettement massif (qui conduit au moins un tiers des ménages à la misère), endettement qui renvoie à l’enfermement solitaire dans un monde où les objets tiennent place d’interlocuteurs, notamment à travers leur obsédante présence dans les images publicitaires. Cette omniprésence et cette dangerosité des objets rapproche le film de Jean-Luc Godard de l’univers de Jacques Tati tel qu’il se déploie dans Mon Oncle, tourné lui en1958. Comme Tati, Godard nous livre aussi une réflexion sur le temps et le langage : de nouveaux mots sont créés comme « échangeur », mais en fait qu’échange t-on ? Pas du sens, simplement du flux. Comme « bretelle » qui ne retient rien… Le but de Godard est bien de donner à penser le radicalement nouveau de ce qui s’édifie, bien plus qu’un ensemble de logements, une nouvelle façon de vivre en ville. Godard fait dire à Marina Vlady : « Personne aujourd’hui ne peut savoir quelle sera la ville de demain. Une partie de la richesse sémantique qui fut sienne dans le passé…, elle va la perdre certainement… Peut-être… Le rôle créateur de la ville sera assuré par d’autres systèmes de communication…, peut-être… Télévision, Radio, Vocabulaire et Syntaxe, sciemment et délibérément… »

Le film rompt donc totalement avec les représentations alors données souvent du grand ensemble comme lieu de vie pour l’avenir, sans pour autant être travaillé par la nostalgie d’un âge d’or de la banlieue. Cette réalité existe et c’est de là qu’il faut partir, qu’il faut analyser des paysages, des situations, inventer des personnages. Esthétiquement, il introduit une écriture cinématographique inévitablement très particulière : réduction de la trame fictionnelle, voix off omnisciente, direction d’acteur originale (il n’existe pas de scénario ; Godard chuchote le texte aux acteurs avant chaque prise), invention d’un personnage hors du commun : le grand ensemble. Après Deux ou trois choses que je sais d’elle, les cinéastes ne pourront plus filmer le grand ensemble de la même façon. Ce qui n’empêchera pas certains politiques de continuer à le penser comme avant.

Aurélie Cardin

Les 4000 logements de La Courneuve : réalités et imaginaires cinématographiques
La représentation des « 4000 » à travers Deux ou trois choses que je sais d’elle (1967) de Jean-Luc Godard


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